Calcul intégral 201-NYB • Série longue de 20 exercices • Montréal
Intégration des fonctions trigonométriques : 20 exercices corrigés (201-NYB)
Voici une série longue de 20 exercices corrigés consacrée à un seul sujet : l'intégration des fonctions trigonométriques et de leurs réciproques. C'est le chapitre du calcul intégral où les étudiants perdent le plus de points, non parce que les calculs seraient difficiles, mais parce qu'une dizaine de familles s'y ressemblent et qu'aucun énoncé ne dit à laquelle il appartient. La série les traite TOUTES, y compris celles que les manuels expédient en une ligne : la cosécante, la cotangente, l'arc cotangente et l'arc sécante avec sa valeur absolue.
Elle se travaille en quatre séances d'environ 75 minutes, une par partie, et non d'un seul trait. Partie A, les puissances et produits : les trois cas de sinus et cosinus, la primitive de la sécante et celle de la cosécante, la famille tangente-sécante avec sa formule de réduction, son miroir cotangente-cosécante, et les identités qui remplacent une technique entière. Partie B, les trois substitutions trigonométriques, avec la complétion du carré et, surtout, les cas où la substitution trigonométrique est une mauvaise idée. Partie C, les six fonctions inverses : les trois formes de base à reconnaître, l'intégration par parties avec le facteur 1 invisible, les produits avec x, l'arc sécante et sa valeur absolue, puis les composées et les identités. Partie D, les intégrales définies et impropres, les primitives d'apparence différente, les applications géométriques et un arbre de décision final.
Chaque exercice se termine par une question de méthode plutôt que de calcul, parce que c'est là que se joue la note. Le fil conducteur de toute la série tient en une phrase : avant de choisir une technique, regardez le NUMÉRATEUR, puis la parité des exposants, puis le signe sous la racine. La substitution trigonométrique est le dernier recours du chapitre, jamais le premier réflexe.
Rappel de cours
•Puissances de sinus et cosinus : si un exposant est IMPAIR, détachez-lui un facteur et substituez l'autre fonction; si les deux sont PAIRS, linéarisez avec sin2x=21−cos2x et cos2x=21+cos2x. Raccourci : sinxcosx=2sin2x.
•Famille tangente-sécante : si la puissance de sec est PAIRE, détachez sec2x et posez u=tanx; si la puissance de tan est IMPAIRE, détachez secxtanx et posez u=secx. Sinon, convertissez par tan2x=sec2x−1. La famille cotangente-cosécante est identique au signe près, tout nom commençant par co portant un signe moins.
•Les quatre primitives à connaître par cœur : ∫tanxdx=−ln∣cosx∣, ∫cotxdx=ln∣sinx∣, ∫secxdx=ln∣secx+tanx∣, ∫cscxdx=−ln∣cscx+cotx∣. Et le cas cyclique ∫sec3xdx=21(secxtanx+ln∣secx+tanx∣).
•Substitutions : a2−x2 appelle x=asinθ; a2+x2 appelle x=atanθ; x2−a2 appelle x=asecθ, avec deux branches et x2−a2=a∣tanθ∣. Un trinôme se ramène toujours à l'une des trois par complétion du carré.
•Les trois formes inverses : ∫a2−u2du=arcsinau; ∫a2+u2du=a1arctanau; ∫uu2−a2du=a1arcsecau. La valeur absolue de la troisième n'est pas décorative : sans elle, la primitive est fausse sur la branche négative.
•Intégrer une fonction inverse : parties avec dv=dx, le facteur 1 invisible. ∫arcsinxdx=xarcsinx+1−x2; ∫arctanxdx=xarctanx−21ln(1+x2); les versions en arccos et arccot changent de signe, et la somme des deux primitives d'un couple vaut toujours 2πx.
Partie A : Puissances et produits trigonométriques (/50)
Exercice 1 : Les puissances de sinus et de cosinus : les trois cas
Tout produit sinmxcosnx se traite selon la PARITÉ des deux exposants, et il n'y a que trois situations. On détache un facteur de la puissance IMPAIRE, parce que c'est lui qui fournira le du; si les deux exposants sont pairs, aucun facteur ne peut être détaché et il faut linéariser.
a) Calculez ∫sin5xcos2xdx en précisant quelle puissance vous attaquez et pourquoi.
b) Calculez ∫cos5xdx.
c) Calculez ∫sin4xdx par linéarisation. Combien de fois faut-il abaisser la puissance ?
d) Calculez ∫sin2xcos2xdx de la façon la plus courte possible.
e) Calculez ∫0π/2sin6xdx et énoncez la règle de décision de tout l'exercice en deux phrases.
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a) Le sinus porte la puissance impaire : on lui détache un facteur. ∫sin4xcos2x⋅sinxdx=∫(1−cos2x)2cos2xsinxdx. Avec u=cosx et du=−sinxdx : −∫(1−u2)2u2du=−∫(u2−2u4+u6)du, soit −3cos3x+52cos5x−7cos7x+C. On attaque la puissance impaire parce qu'après lui avoir volé un facteur il en reste une puissance PAIRE, seule convertible par l'identité sin2=1−cos2.
b) ∫cos4x⋅cosxdx=∫(1−sin2x)2cosxdx. Avec u=sinx : ∫(1−u2)2du=u−32u3+5u5, soit sinx−32sin3x+5sin5x+C. Le cosinus seul, à puissance impaire, se traite exactement comme le cas mixte : c'est le cas n=0.
c) Aucune puissance impaire : il faut linéariser avec sin2x=21−cos2x. ∫sin4xdx=41∫(1−2cos2x+cos22x)dx. Le terme cos22x oblige à linéariser une SECONDE fois : cos22x=21+cos4x. On obtient 41[x−sin2x+2x+8sin4x]=83x−4sin2x+32sin4x+C. Règle : une puissance 2k demande k linéarisations successives, et le terme en x qui en sort explique que l'intégrale d'une puissance paire ne soit jamais périodique.
d) Le chemin court passe par l'angle double AVANT de linéariser : sin2xcos2x=(sinxcosx)2=4sin22x=81−cos4x. D'où ∫sin2xcos2xdx=8x−32sin4x+C, en une ligne au lieu de trois. Reconnaître sinxcosx=2sin2x évite systématiquement une linéarisation.
e) Puissance paire sur un intervalle standard : la formule de Wallis donne ∫0π/2sinnxdx=nn−1⋅n−2n−3⋯21⋅2π pour n pair, soit ici 65⋅43⋅21⋅2π=325π≈0,4909. Règle de décision : si l'un des deux exposants est IMPAIR, détachez-lui un facteur et substituez l'autre fonction; si les DEUX sont pairs, linéarisez par les formules de l'angle double, autant de fois qu'il le faut.
Exercice 2 : Sécante et cosécante : les deux primitives qu'on ne devine pas
∫secxdx ne se déduit d'aucune formule du tableau : il faut une multiplication artificielle, découverte au XVIIe siècle pour les besoins de la cartographie de Mercator. La même astuce, transposée, donne la cosécante.
a) Démontrez que ∫secxdx=ln∣secx+tanx∣+C en multipliant l'intégrande par secx+tanxsecx+tanx. Quelle structure apparaît alors ?
b) Obtenez de la même façon ∫cscxdx et écrivez le résultat sous deux formes équivalentes.
c) Montrez que ln∣secx+tanx∣ et −ln∣secx−tanx∣ sont la même fonction, sans dériver.
d) Calculez ∫0π/4secxdx et donnez une valeur décimale.
e) Un étudiant écrit ∫secxdx=2sec2x+C par analogie avec ∫xdx. Réfutez, puis dites laquelle des quatre intégrales secx, sec2x, secxtanx, sec3x est immédiate et pourquoi.
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a) ∫secx⋅secx+tanxsecx+tanxdx=∫secx+tanxsec2x+secxtanxdx. Or le numérateur est exactement la DÉRIVÉE du dénominateur, puisque (secx+tanx)′=secxtanx+sec2x. On reconnaît la forme ∫ff′, d'où ln∣secx+tanx∣+C. Toute l'astuce consiste à fabriquer artificiellement un dénominateur dont le numérateur soit la dérivée.
b) On multiplie par cscx+cotxcscx+cotx : le numérateur devient csc2x+cscxcotx, c'est-à-dire l'OPPOSÉ de la dérivée de cscx+cotx, puisque (cscx+cotx)′=−cscxcotx−csc2x. D'où ∫cscxdx=−ln∣cscx+cotx∣+C, que l'on écrit aussi ln∣cscx−cotx∣+C, ou encore lntan2x+C, cette dernière forme étant la plus commode pour les bornes.
c) Parce que (secx+tanx)(secx−tanx)=sec2x−tan2x=1 : les deux quantités sont INVERSES l'une de l'autre. Le logarithme d'un inverse étant l'opposé du logarithme, ln∣secx−tanx∣=−ln∣secx+tanx∣, ce qui donne l'égalité annoncée. Deux formules d'apparence différente dans deux manuels différents peuvent donc désigner rigoureusement la même primitive.
e) La réfutation est immédiate par dérivation : (2sec2x)′=secx⋅secxtanx=sec2xtanx, qui n'est pas secx. L'analogie avec ∫xdx est fausse parce que secx n'est pas la variable d'intégration : la règle des puissances ne s'applique qu'à x, jamais à une fonction. Parmi les quatre, DEUX sont immédiates et se lisent directement dans le tableau des dérivées à l'envers : ∫sec2xdx=tanx+C et ∫secxtanxdx=secx+C. Les deux autres ne le sont pas : secx exige l'astuce du a), et sec3x une intégration par parties cyclique.
Exercice 3 : Tangente et sécante : les deux cas et le cas rebelle
La famille tanmxsecnx obéit à deux règles, fondées sur les deux dérivées (tanx)′=sec2x et (secx)′=secxtanx, et sur l'identité sec2x=1+tan2x. Un seul cas échappe aux deux règles.
a) Calculez ∫sec4xdx. Quel facteur détachez-vous, et quelle substitution suit ?
b) Calculez ∫tan3xsec3xdx. Quel facteur détachez-vous cette fois ?
c) Calculez ∫tan4xdx. Pourquoi aucune des deux règles ne s'applique-t-elle directement, et quelle manœuvre les remplace ?
d) Calculez ∫sec3xdx par parties, en posant u=secx et dv=sec2xdx.
e) Établissez la formule de réduction ∫secnxdx=n−1secn−2xtanx+n−1n−2∫secn−2xdx et vérifiez qu'elle redonne le résultat du d).
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a) La puissance de sécante est PAIRE : on lui détache sec2x, qui sera le du. ∫sec2x⋅sec2xdx=∫(1+tan2x)sec2xdx. Avec u=tanx et du=sec2xdx : ∫(1+u2)du=u+3u3, soit tanx+3tan3x+C.
b) La puissance de tangente est IMPAIRE : on détache cette fois le bloc secxtanx, dérivée de la sécante. ∫tan2xsec2x⋅secxtanxdx=∫(sec2x−1)sec2x⋅secxtanxdx. Avec u=secx : ∫(u2−1)u2du=5u5−3u3, soit 5sec5x−3sec3x+C.
c) Ici n=0 : il n'y a aucune sécante dont détacher un sec2x, et la puissance de tangente est paire, donc on ne peut pas non plus détacher secxtanx. La manœuvre consiste à FABRIQUER la sécante manquante avec tan2x=sec2x−1 : ∫tan2x(sec2x−1)dx=∫tan2xsec2xdx−∫tan2xdx=3tan3x−(tanx−x)+C. On descend ainsi de deux en deux jusqu'à ∫tan2x=tanx−x ou ∫tanx=−ln∣cosx∣.
d) Avec u=secx, du=secxtanxdx, dv=sec2xdx et v=tanx : I=secxtanx−∫secxtan2xdx=secxtanx−∫secx(sec2x−1)dx=secxtanx−I+∫secxdx. L'intégrale cherchée réapparaît des deux côtés : 2I=secxtanx+ln∣secx+tanx∣, d'où I=21(secxtanx+ln∣secx+tanx∣)+C. C'est le cas CYCLIQUE, le seul de la famille qui ne se ramène à aucune substitution.
e) On généralise le d) en posant u=secn−2x et dv=sec2xdx : ∫secnxdx=secn−2xtanx−(n−2)∫secn−2xtan2xdx. En remplaçant tan2x par sec2x−1, l'intégrale de départ revient avec le coefficient −(n−2) : (n−1)∫secnxdx=secn−2xtanx+(n−2)∫secn−2xdx, ce qui donne la formule annoncée. Pour n=3 : 2secxtanx+21∫secxdx, exactement le résultat du d). Pour n=4, elle redonne aussi le a), ce qui fournit une vérification indépendante.
Exercice 4 : Cotangente et cosécante : le miroir, et ses signes
La famille cotmxcscnx est l'image en miroir de la précédente, avec (cotx)′=−csc2x et (cscx)′=−cscxcotx et l'identité csc2x=1+cot2x. Les deux signes moins sont la seule difficulté, et ils suffisent à faire perdre beaucoup de points.
a) Calculez ∫cotxdx et comparez avec ∫tanxdx.
b) Calculez ∫cot3xdx.
c) Calculez ∫cot4xcsc4xdx.
d) Calculez ∫csc3xdx par parties, puis vérifiez que le résultat est bien le miroir de ∫sec3xdx.
e) Dressez le tableau des huit dérivées et primitives trigonométriques de base, en signalant précisément où se trouvent les signes moins.
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a) ∫cotxdx=∫sinxcosxdx=ln∣sinx∣+C, forme ff′ directe. Pour la tangente, ∫tanxdx=∫cosxsinxdx=−ln∣cosx∣+C, qu'on écrit aussi ln∣secx∣+C. Le signe moins vient de ce que la dérivée du cosinus est négative : c'est le prototype de toutes les erreurs de signe de la famille cotangente-cosécante.
b) ∫cotx(csc2x−1)dx=∫cotxcsc2xdx−∫cotxdx. Pour la première, u=cotx et du=−csc2xdx donnent −2cot2x. D'où −2cot2x−ln∣sinx∣+C. Notez les deux signes moins, issus l'un de la substitution, l'autre du a).
c) La puissance de cosécante est paire : on détache csc2x. ∫cot4x(1+cot2x)csc2xdx; avec u=cotx et du=−csc2xdx : −∫(u4+u6)du=−5u5−7u7, soit −5cot5x−7cot7x+C. La règle est celle de la sécante, au signe global près.
d) Avec u=cscx et dv=csc2xdx, donc v=−cotx : I=−cscxcotx−∫cscxcot2xdx=−cscxcotx−∫cscx(csc2x−1)dx=−cscxcotx−I+∫cscxdx. D'où I=21(−cscxcotx−ln∣cscx+cotx∣)+C. C'est bien le miroir exact de ∫sec3xdx=21(secxtanx+ln∣secx+tanx∣), avec un signe global opposé : chaque fois qu'on passe d'une fonction à sa cofonction, un signe moins apparaît.
e) Dérivées : (sin)′=cos; (cos)′=−sin; (tan)′=sec2; (cot)′=−csc2; (sec)′=sectan; (csc)′=−csccot. Primitives correspondantes : ∫cos=sin; ∫sin=−cos; ∫sec2=tan; ∫csc2=−cot; ∫sectan=sec; ∫csccot=−csc. Puis les deux non immédiates : ∫tan=−ln∣cos∣ et ∫cot=+ln∣sin∣, ainsi que ∫sec=ln∣sec+tan∣ et ∫csc=−ln∣csc+cot∣. La règle mnémonique tient en une phrase : TOUTE fonction dont le nom commence par co, cosinus, cotangente et cosécante, porte un signe moins dans sa dérivée, donc dans la primitive de sa cofonction.
Exercice 5 : Les identités qui remplacent une technique
Certaines intégrales trigonométriques semblent réclamer un changement de variable lourd alors qu'une identité les rend immédiates. On utilisera 1+cosx=2cos22x, 1−cosx=2sin22x, et la multiplication par le conjugué.
a) Calculez ∫1+cosxdx par l'identité de l'angle moitié.
b) Calculez ∫1−cosxdx.
c) Calculez ∫1+sinxdx en multipliant par le conjugué 1−sinx.
d) Calculez ∫0π1−cosxdx.
e) Un étudiant calcule ∫02π1+cosxdx et trouve zéro. Où est l'erreur, et quelle est la vraie valeur ?
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a) 1+cosx=2cos22x, donc ∫2cos22xdx=21∫sec22xdx=tan2x+C, le facteur 2 de la dérivation interne annulant le 21. Trois lignes, là où la substitution de Weierstrass en aurait pris dix.
b) Symétriquement, 1−cosx=2sin22x donne 21∫csc22xdx=−cot2x+C.
c) ∫(1+sinx)(1−sinx)1−sinxdx=∫cos2x1−sinxdx=∫(sec2x−secxtanx)dx=tanx−secx+C. Le conjugué transforme un dénominateur rebelle en cos2x, et les deux morceaux sont alors des primitives du tableau. C'est la même idée qu'au dénominateur secx+tanx de l'intégrale de la sécante.
d) 1−cosx=2sin2x, et sur [0;π] l'argument 2x reste dans [0;2π] où le sinus est positif : la valeur absolue tombe. ∫0π2sin2xdx=2[−2cos2x]0π=2(0+2)=22≈2,828.
e) L'erreur est d'avoir écrit 1+cosx=2cos2x en oubliant la VALEUR ABSOLUE. Sur [0;2π], l'argument 2x parcourt [0;π] et le cosinus y change de signe en 2π, donc en x=π. Sans valeur absolue, la seconde moitié de l'intégrale annule exactement la première et l'on trouve zéro, ce qui est absurde pour une fonction positive. Il faut couper : ∫02π2cos2xdx=2∫0π2cos2xdx=22[2sin2x]0π=42≈5,657. Règle générale : u2=∣u∣, jamais u, et il faut TOUJOURS vérifier le signe sur l'intervalle avant de simplifier une racine.
Partie B : Les substitutions trigonométriques (/50)
Exercice 6 : La racine en a carré moins x carré : le sinus
Devant a2−x2, on pose x=asinθ avec θ∈[−2π;2π] : la racine devient acosθ, positive sur tout cet intervalle, et le radical disparaît. Le retour à la variable x se lit sur un triangle rectangle d'hypoténuse a.
a) Calculez ∫9−x2dx et dites pourquoi le résultat ne contient aucune racine.
b) Calculez ∫4−x2x2dx, en détaillant le retour en x par le triangle.
c) Calculez ∫x29−x2dx.
d) Calculez ∫024−x2dx en changeant les bornes, puis retrouvez le résultat par la géométrie.
e) Pourquoi impose-t-on θ∈[−2π;2π] et non un intervalle quelconque ? Que se passerait-il avec θ dans le deuxième quadrant ?
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a) x=3sinθ, dx=3cosθdθ et 9−x2=3cosθ. L'intégrale devient ∫3cosθ3cosθdθ=∫dθ=θ+C=arcsin3x+C. Le résultat ne contient aucune racine parce que la substitution a précisément servi à l'éliminer : c'est l'arc sinus qui en garde la trace, et c'est la raison profonde pour laquelle les fonctions trigonométriques inverses apparaissent partout dans ce chapitre.
b) x=2sinθ : ∫2cosθ4sin2θ⋅2cosθdθ=4∫sin2θdθ=2θ−2sinθcosθ+C. Le triangle rectangle d'angle θ, de côté opposé x et d'hypoténuse 2, donne sinθ=2x, cosθ=24−x2 et θ=arcsin2x. D'où 2arcsin2x−2x4−x2+C.
c) x=3sinθ : ∫9sin2θ3cosθ⋅3cosθdθ=∫sin2θcos2θdθ=∫cot2θdθ=∫(csc2θ−1)dθ=−cotθ−θ+C. Le triangle donne cotθ=x9−x2, d'où −x9−x2−arcsin3x+C. Remarquez que la partie A du sujet vient de servir : une substitution trigonométrique se termine presque toujours par une intégrale de puissances trigonométriques.
d) Avec x=2sinθ, la borne x=0 devient θ=0 et la borne x=2 devient θ=2π. ∫0π/22cosθ⋅2cosθdθ=4∫0π/2cos2θdθ=4⋅4π=π. Géométriquement, y=4−x2 est le demi-cercle supérieur de rayon 2, et l'intervalle [0;2] en découpe le QUART : son aire vaut 4π(2)2=π, ce qui confirme le calcul sans écrire une seule primitive.
e) Pour trois raisons qui vont ensemble. D'abord, l'arc sinus n'est défini comme réciproque que sur cet intervalle : sans cette restriction, θ ne se retrouverait pas de façon unique à partir de x. Ensuite, le cosinus y est POSITIF ou nul, ce qui permet d'écrire a2−x2=acosθ sans valeur absolue; dans le deuxième quadrant le cosinus est négatif et il faudrait écrire −acosθ, avec un signe qui se propagerait dans tout le calcul. Enfin, x=asinθ y parcourt exactement [−a;a], c'est-à-dire tout le domaine de définition de l'intégrande, une fois et une seule.
Exercice 7 : La racine en a carré plus x carré : la tangente
Devant a2+x2, on pose x=atanθ avec θ∈(−2π;2π) : l'identité 1+tan2θ=sec2θ transforme la racine en asecθ, et dx=asec2θdθ.
a) Calculez ∫x2x2+4dx.
b) Calculez ∫(x2+9)3/2dx et commentez la simplicité inattendue du résultat.
c) Calculez ∫x2+9dx. Quelle intégrale de la partie A apparaît en chemin ?
d) Évaluez ∫03x2+9dx et donnez une valeur décimale.
e) La même intégrale se traite par x=3sinhu. Écrivez les deux premières lignes de ce calcul et dites dans quel cas cette route est préférable.
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a) x=2tanθ, dx=2sec2θdθ, x2+4=2secθ : ∫4tan2θ⋅2secθ2sec2θdθ=41∫tan2θsecθdθ=41∫sin2θcosθdθ=−4sinθ1+C. Le triangle de côtés x, 2 et d'hypoténuse x2+4 donne sinθ=x2+4x, d'où −4xx2+4+C.
b) x=3tanθ : (x2+9)3/2=27sec3θ, donc ∫27sec3θ3sec2θdθ=91∫cosθdθ=9sinθ+C=9x2+9x+C. Le résultat est ALGÉBRIQUE, sans logarithme ni arc tangente, alors que l'intégrande paraissait pire que celui de ∫x2+9dx, qui donne pourtant un arc tangente. La leçon est qu'une puissance plus élevée au dénominateur simplifie souvent le calcul plutôt que de le compliquer.
c) ∫3secθ⋅3sec2θdθ=9∫sec3θdθ, c'est-à-dire exactement l'intégrale cyclique de la partie A. En reprenant son résultat : 29(secθtanθ+ln∣secθ+tanθ∣). Avec tanθ=3x et secθ=3x2+9 : 2xx2+9+29lnx+x2+9+C, la constante −29ln3 ayant été absorbée dans C.
d) À x=3 : 2318+29ln(3+18)≈6,364+8,910=15,274. À x=0 : 0+29ln3≈4,944. Différence : environ 10,33.
e) x=3sinhu donne dx=3coshudu et x2+9=3coshu, puisque cosh2u−sinh2u=1 et que le cosinus hyperbolique est toujours positif. L'intégrale devient 9∫cosh2udu=29∫(1+cosh2u)du, c'est-à-dire une LINÉARISATION élémentaire, là où la route trigonométrique imposait l'intégrale cyclique de sec3. La voie hyperbolique est donc nettement préférable dès que la puissance de la racine dépasse 1, et elle donne directement le logarithme puisque argsinhx=ln(x+x2+1). La voie trigonométrique reste préférable quand l'énoncé impose un triangle ou quand les autres facteurs de l'intégrande sont eux-mêmes trigonométriques.
Exercice 8 : La racine en x carré moins a carré : la sécante et ses deux branches
Devant x2−a2, on pose x=asecθ : la racine devient a∣tanθ∣. C'est la seule des trois substitutions dont le domaine se coupe en DEUX morceaux, x≥a et x≤−a, et c'est là que se logent presque toutes les erreurs.
a) Calculez ∫x2−4dx pour x>2, et exprimez le résultat sans fonction trigonométrique inverse.
b) Calculez ∫xx2−9dx pour x>3.
c) Pourquoi écrit-on x2−a2=a∣tanθ∣ et non atanθ ? Précisez l'intervalle de θ choisi pour chacune des deux branches.
d) Vérifiez que la primitive du a) reste valable sur la branche négative en calculant ∫−4−3x2−4dx, puis en recalculant la même intégrale par la substitution x=−u.
e) Résumez en un tableau les trois substitutions du sujet : quelle racine, quel changement de variable, quel intervalle, et en quoi la racine se transforme.
Voir la correction
a) x=2secθ, dx=2secθtanθdθ et, pour x>2 avec θ∈[0;2π), x2−4=2tanθ sans valeur absolue puisque la tangente y est positive. ∫2tanθ2secθtanθdθ=∫secθdθ=ln∣secθ+tanθ∣+C. Le triangle donne secθ=2x et tanθ=2x2−4, d'où ln2x+x2−4+C=lnx+x2−4+C′, la constante −ln2 étant absorbée.
b) x=3secθ : ∫3secθ3tanθ⋅3secθtanθdθ=3∫tan2θdθ=3∫(sec2θ−1)dθ=3tanθ−3θ+C. Avec tanθ=3x2−9 et θ=arcsec3x=arccosx3 : x2−9−3arccosx3+C.
c) Parce que u2=∣u∣ sans exception, et que la tangente CHANGE de signe selon la branche. Sur la branche x≥a, on prend θ∈[0;2π) où secθ≥1 et tanθ≥0 : la valeur absolue tombe. Sur la branche x≤−a, on prend θ∈(2π;π] où secθ≤−1, ce qu'il faut bien pour atteindre les x négatifs, mais où tanθ≤0 : la racine vaut alors −atanθ, et un signe moins traverse tout le calcul. Oublier ce signe est l'erreur classique, et elle produit une primitive de dérivée opposée à l'intégrande.
d) Avec la primitive lnx+x2−4 : en x=−3, −3+5≈0,7639 et en x=−4, −4+12≈0,5359; la différence des logarithmes vaut environ −0,2695+0,6237=0,3542. Par la substitution x=−u, l'intégrale devient ∫34u2−4du=ln(4+12)−ln(3+5)≈2,0100−1,6556=0,3544. Les deux valeurs coïncident : la forme logarithmique, contrairement à la forme en arc sécante, traverse les deux branches sans retouche, ce qui en fait la primitive à retenir.
e) Racine a2−x2 : poser x=asinθ, avec θ∈[−2π;2π], la racine devient acosθ. Racine a2+x2 : poser x=atanθ, avec θ∈(−2π;2π), la racine devient asecθ. Racine x2−a2 : poser x=asecθ, avec θ∈[0;2π) si x≥a et θ∈(2π;π] si x≤−a, la racine devient a∣tanθ∣. Dans les trois cas, l'intervalle est choisi pour que la fonction réciproque existe ET que la racine soit positive sans valeur absolue.
Exercice 9 : Compléter le carré d'abord
Une racine ou un dénominateur du second degré ne se présente presque jamais sous la forme canonique a2±x2. La complétion du carré est l'étape qui l'y ramène, et elle décide à elle seule laquelle des trois substitutions, ou laquelle des trois fonctions inverses, va sortir.
a) Calculez ∫x2+2x+5dx.
b) Calculez ∫3−2x−x2dx. Quel détail du signe du terme en x2 change tout ?
c) Calculez ∫x2+6x+13dx.
d) Calculez ∫3−2x−x2x+1dx. Pourquoi ce calcul est-il beaucoup plus court que celui du b) ?
e) Calculez ∫x2+6x+132x+5dx, puis énoncez la règle générale de découpage d'un numérateur du premier degré.
Voir la correction
a) x2+2x+5=(x+1)2+4 : c'est la forme u2+a2, donc la racine appelle la tangente, ou directement la formule ∫u2+a2du=lnu+u2+a2. Avec u=x+1 : lnx+1+x2+2x+5+C, que l'on peut aussi écrire argsinh2x+1+C.
b) Le coefficient de x2 est NÉGATIF : il faut d'abord le mettre en facteur, 3−2x−x2=3−(x2+2x)=3+1−(x+1)2=4−(x+1)2. On obtient cette fois la forme a2−u2, qui appelle le sinus et donne un arc sinus : arcsin2x+1+C. Le signe du terme carré décide donc de tout : positif, on obtient un logarithme ou un argument sinus hyperbolique; négatif, un arc sinus. Une erreur de signe à cette étape mène à une fonction d'un tout autre type.
c) x2+6x+13=(x+3)2+4, forme u2+a2 au dénominateur sans racine : c'est l'arc tangente. ∫u2+4du=21arctan2u, soit 21arctan2x+3+C. Le facteur 21 vient du a au dénominateur et s'oublie très souvent.
d) Parce que le numérateur est proportionnel à la DÉRIVÉE du radicande : (3−2x−x2)′=−2−2x=−2(x+1). L'intégrale s'écrit donc −21∫3−2x−x2(3−2x−x2)′dx=−21⋅23−2x−x2=−3−2x−x2+C. Aucune complétion du carré, aucune substitution trigonométrique : la présence du bon facteur au numérateur court-circuite toute la machinerie. Il faut donc TOUJOURS regarder le numérateur avant de compléter le carré.
e) On découpe le numérateur en deux morceaux : celui qui est proportionnel à la dérivée du dénominateur, et une constante. Ici 2x+5=(2x+6)−1, et 2x+6 est exactement (x2+6x+13)′. D'où ∫x2+6x+132x+6dx−∫x2+6x+13dx=ln(x2+6x+13)−21arctan2x+3+C; la valeur absolue est inutile, le trinôme étant toujours strictement positif. Règle générale : devant trinoˆmepx+q, écrivez le numérateur sous la forme α×(deˊriveˊe du deˊnominateur)+β. Le premier terme donne un logarithme, le second un arc tangente après complétion du carré. Sous une racine, le premier donne une racine et le second un arc sinus ou un logarithme.
Exercice 10 : Quand la substitution trigonométrique est une mauvaise idée
Une racine du type a2±x2 n'appelle pas automatiquement une substitution trigonométrique. Dans la moitié des cas rencontrés à l'examen, une simple substitution algébrique suffit, et sortir le triangle fait perdre dix minutes.
a) Calculez ∫4−x2xdx, puis comparez avec ∫4−x2dx. Qu'est-ce qui change tout ?
b) Calculez ∫xx2−9dx.
c) Calculez ∫1+x2x3dx. La présence d'une puissance IMPAIRE au numérateur suffit-elle ?
d) Calculez ∫x2+4xdx et ∫x2+4dx : deux intégrales voisines, deux réponses de nature différente.
e) Énoncez le test qui décide, en cinq secondes, entre substitution algébrique et substitution trigonométrique.
Voir la correction
a) Le numérateur x est, au facteur −21 près, la dérivée de 4−x2. Avec u=4−x2 et du=−2xdx : −21∫u−1/2du=−u=−4−x2+C. La seconde intégrale n'a PAS ce facteur x : aucune substitution algébrique ne fonctionne, il faut x=2sinθ et l'on obtient arcsin2x+C. Un seul facteur x sépare une réponse algébrique d'une réponse en arc sinus.
b) Même structure : u=x2−9, du=2xdx, donc 21∫u1/2du=3u3/2=3(x2−9)3/2+C. Une substitution trigonométrique aboutirait au même résultat après trois fois plus de lignes et un retour par le triangle.
c) Oui, à condition d'ajuster. Avec u=1+x2, on a x2=u−1 et xdx=2du, donc ∫1+x2x2⋅xdx=21∫uu−1du=21∫(u1/2−u−1/2)du=3u3/2−u1/2, soit 3(1+x2)3/2−1+x2+C. Une puissance impaire permet toujours de détacher un xdx et de convertir le reste, exactement comme les puissances impaires de sinus de la partie A : c'est la même idée dans un autre habillage.
d) ∫x2+4xdx=21ln(x2+4)+C, forme ff′, réponse LOGARITHMIQUE. ∫x2+4dx=21arctan2x+C, réponse en ARC TANGENTE. Deux intégrandes qui ne diffèrent que par un facteur x, deux familles de fonctions sans aucun rapport. C'est l'exemple à garder en tête pour ne jamais répondre par réflexe.
e) Regardez le NUMÉRATEUR, et lui seul, avant toute chose. S'il contient un facteur proportionnel à la dérivée de l'expression sous la racine ou au dénominateur, c'est-à-dire un x isolé quand l'expression est en x2, posez u= cette expression et le calcul est terminé en deux lignes. S'il n'en contient pas, ou s'il porte une puissance PAIRE de x, aucune substitution algébrique ne peut fonctionner et la substitution trigonométrique devient nécessaire. En une phrase : le facteur x manquant est précisément ce qui coûte le triangle.
Partie C : Les fonctions trigonométriques inverses (/50)
Exercice 11 : Les trois primitives de base et leur reconnaissance
Trois formes seulement produisent une fonction trigonométrique inverse : ∫a2−u2du=arcsinau, ∫a2+u2du=a1arctanau et ∫uu2−a2du=a1arcsecau. Tout l'art consiste à ramener l'intégrande à l'une des trois.
a) Distinguez les trois formes par leur seule silhouette : racine au dénominateur ou non, signe devant u2, présence d'un facteur u hors de la racine. Illustrez avec ∫25−x2dx, ∫25+x2dx et ∫xx2−25dx.
b) Calculez ∫8+2x−x2dx.
c) Calculez ∫(x+1)x2+2xdx.
d) Calculez ∫02x2−2x+5dx et donnez une valeur décimale.
e) Calculez ∫1+e2xexdx et ∫x1−(lnx)2dx. Quelle observation commune permet de traiter ces deux intégrales d'un seul coup d'œil ?
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a) Racine au dénominateur avec un SIGNE MOINS devant u2 : arc sinus, ici arcsin5x+C. Pas de racine, signe PLUS : arc tangente, ici 51arctan5x+C. Racine avec signe moins devant a2 ET un facteur u SEUL hors de la racine : arc sécante, ici 51arcsec5x+C. La silhouette suffit, à condition de vérifier les trois points dans cet ordre : la racine, le signe, le facteur extérieur.
b) On complète le carré sous la racine, en mettant d'abord le signe moins en facteur : 8+2x−x2=8−(x2−2x)=8+1−(x−1)2=9−(x−1)2. Avec u=x−1 et a=3, c'est la première forme : arcsin3x−1+C.
c) Ici x2+2x=(x+1)2−1, et le facteur x+1 hors de la racine est exactement le u de la troisième forme : ∫uu2−1du avec u=x+1 et a=1. D'où arcsec∣x+1∣+C. Sans le facteur x+1 au dénominateur, l'intégrale aurait donné un logarithme et non un arc sécante : ce facteur, apparemment gênant, est en réalité ce qui rend la formule applicable.
d) x2−2x+5=(x−1)2+4, deuxième forme avec u=x−1 et a=2. La primitive est 21arctan2x−1, donc [21arctan2x−1]02=21(arctan21−arctan(−21))=arctan21≈0,4636, l'arc tangente étant impaire.
e) Dans les deux cas, une substitution INTERNE ramène à une forme de base. Pour la première, u=ex donne du=exdx et ∫1+u2du=arctanu=arctan(ex)+C. Pour la seconde, u=lnx donne du=xdx et ∫1−u2du=arcsinu=arcsin(lnx)+C. L'observation commune est que le facteur qui semble encombrer l'intégrande, ex d'un côté et x1 de l'autre, est précisément la DÉRIVÉE de l'expression qui joue le rôle de u. Les trois formes de base ne s'appliquent presque jamais telles quelles : elles s'appliquent à un u, et repérer ce u est tout le travail.
Exercice 12 : Le facteur 1 invisible : intégrer une fonction inverse
Une fonction trigonométrique inverse n'a pas de primitive évidente, mais elle a une DÉRIVÉE simple. C'est exactement la situation où l'intégration par parties avec dv=dx résout tout : on dérive la fonction inverse et on intègre le facteur 1, resté invisible.
a) Calculez ∫arcsinxdx en posant u=arcsinx et dv=dx.
b) Calculez ∫arccosxdx, puis vérifiez la cohérence des deux résultats à l'aide de l'identité arcsinx+arccosx=2π.
c) Calculez ∫arctanxdx et ∫arccotxdx.
d) Calculez ∫arcsecxdx pour x>1.
e) Évaluez ∫01arctanxdx et donnez une valeur décimale.
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a) u=arcsinx donne du=1−x2dx, et dv=dx donne v=x. D'où ∫arcsinxdx=xarcsinx−∫1−x2xdx. La seconde intégrale est algébrique, le numérateur étant proportionnel à la dérivée du radicande : elle vaut −1−x2. Résultat : xarcsinx+1−x2+C.
b) Le même calcul, avec du=−1−x2dx, donne xarccosx−1−x2+C. Vérification : la somme des deux primitives vaut x(arcsinx+arccosx)=2πx, les deux racines s'annulant. Or c'est bien une primitive de arcsinx+arccosx=2π, fonction constante. Les deux calculs se contrôlent donc l'un l'autre, et le fait que les racines se compensent exactement n'est pas un hasard : c'est la traduction de l'identité.
c) ∫arctanxdx=xarctanx−∫1+x2xdx=xarctanx−21ln(1+x2)+C. Pour l'arc cotangente, la dérivée change de signe : ∫arccotxdx=xarccotx+21ln(1+x2)+C. Là encore, la somme des deux primitives vaut 2πx, puisque arctanx+arccotx=2π.
d) u=arcsecx donne du=∣x∣x2−1dx, qui vaut xx2−1dx puisque x>1. D'où ∫arcsecxdx=xarcsecx−∫xx2−1xdx=xarcsecx−∫x2−1dx. Le facteur x se simplifie, et il reste l'intégrale de la partie B : xarcsecx−lnx+x2−1+C.
Exercice 13 : Produits avec x : la division qui suit les parties
Quand une fonction inverse est multipliée par une puissance de x, on intègre encore par parties, mais l'intégrale restante n'est plus immédiate : elle exige une division polynomiale ou une identité. C'est cette seconde étape qui distingue le calcul soigné du calcul bâclé.
a) Calculez ∫xarctanxdx, en détaillant la division qui suit l'intégration par parties.
b) Calculez ∫xarcsinxdx.
c) Calculez ∫x2arctanxdx.
d) Évaluez ∫01xarctanxdx et donnez une valeur décimale.
e) Pourquoi choisit-on systématiquement la fonction inverse comme u, et jamais comme dv ? Reliez votre réponse à la règle mnémonique du choix de u.
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a) u=arctanx, dv=xdx, donc v=2x2 : 2x2arctanx−21∫1+x2x2dx. Le degré du numérateur égale celui du dénominateur : la division est OBLIGATOIRE avant toute chose, et elle donne 1+x2x2=1−1+x21. D'où 2x2arctanx−21(x−arctanx)=2x2+1arctanx−2x+C.
b) u=arcsinx, v=2x2 : 2x2arcsinx−21∫1−x2x2dx. L'intégrale restante est celle de la partie B, avec a=1 : ∫1−x2x2dx=21arcsinx−2x1−x2. D'où 2x2arcsinx−41arcsinx+4x1−x2=42x2−1arcsinx+4x1−x2+C.
c) u=arctanx, v=3x3 : 3x3arctanx−31∫1+x2x3dx. Division : 1+x2x3=x−1+x2x, dont l'intégrale vaut 2x2−21ln(1+x2). Résultat : 3x3arctanx−6x2+61ln(1+x2)+C.
e) Parce que l'intégration par parties n'est rentable que si l'on DÉRIVE le facteur difficile. Une fonction trigonométrique inverse a une dérivée algébrique très simple, une fraction rationnelle ou une racine, alors qu'aucune de ses primitives n'est connue au moment où l'on commence : la prendre comme dv obligerait à intégrer ce qu'on ne sait pas intégrer, et le calcul s'arrêterait à la première ligne. C'est exactement l'ordre de priorité résumé par le sigle LIATE, où le I des fonctions Inverses vient juste après le L des Logarithmes : ces deux familles sont celles qu'on dérive toujours, et jamais celles qu'on intègre.
Exercice 14 : L'arc sécante et la valeur absolue
L'arc sécante est la seule des six fonctions trigonométriques inverses dont la dérivée porte une valeur absolue : (arcsecx)′=∣x∣x2−11. Cette valeur absolue n'est pas une précaution d'écriture, c'est ce qui rend la formule vraie sur les deux branches du domaine.
a) Le domaine de arcsec est ∣x∣≥1, donc en deux morceaux. Justifiez la présence de ∣x∣ en dérivant arcsecx=arccosx1 dans les deux cas de signe.
b) Calculez ∫xx2−9dx et écrivez la primitive de façon valable sur les DEUX branches.
c) Un étudiant propose 31arcsec3x, sans valeur absolue. Testez sa proposition en x=−4 en dérivant, et dites précisément ce qui cloche.
d) Évaluez ∫−6−4xx2−9dx. Le signe de votre réponse était-il prévisible sans calcul ?
e) Certains manuels définissent l'arc sécante sur [0;2π)∪[π;23π) afin d'écrire la dérivée sans valeur absolue. Expliquez le mécanisme et dites quel inconvénient cette convention entraîne.
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a) En dérivant arccosx1 : (arccosx1)′=−1−x211⋅(−x21)=x2x2x2−11=x2⋅∣x∣x2−11=∣x∣x2−11. C'est la simplification x2=∣x∣ qui produit la valeur absolue, et elle est inévitable : pour x>1 elle donne xx2−11, mais pour x<−1 elle donne −xx2−11, une quantité POSITIVE alors que x est négatif. La dérivée de l'arc sécante est donc positive partout, ce qui est cohérent avec une fonction croissante sur chacune de ses branches.
b) Avec u=3x, la troisième forme de base donne 31arcsec3x+C, que l'on écrit aussi 31arccos∣x∣3+C. La valeur absolue à l'INTÉRIEUR est ce qui rend l'expression valable pour x>3 comme pour x<−3, sans changer de formule d'une branche à l'autre.
c) Sans valeur absolue, la proposition s'écrit 31arccosx3. En x=−4, sa dérivée vaut 31⋅∣x∣x2−93=∣x∣x2−91=471≈+0,0945, alors que l'intégrande y vaut xx2−91=−471≈−0,0945. Le SIGNE est faux : la proposition est une primitive de l'opposé de l'intégrande sur toute la branche négative. Elle reste parfaitement correcte pour x>3, ce qui la rend d'autant plus dangereuse : elle passe la vérification si l'on ne teste qu'un point positif.
d) Avec la primitive correcte : en x=−4, 31arccos43≈30,7227≈0,2409; en x=−6, 31arccos21=9π≈0,3491. L'intégrale vaut 0,2409−0,3491≈−0,108. Le signe négatif était entièrement prévisible : sur [−6;−4], la racine est positive mais x est négatif, donc l'intégrande est négatif sur tout l'intervalle, et l'intégrale d'une fonction négative ne peut qu'être négative. C'est la vérification à faire systématiquement avant d'accepter une réponse.
e) Le mécanisme est le suivant : sur [π;23π), la tangente est POSITIVE alors que la sécante est négative, si bien que la relation sec2θ−1=tanθ tient sans valeur absolue et que la dérivée devient xx2−11 sur les deux branches. L'écriture y gagne, et les substitutions trigonométriques de la partie B s'en trouvent allégées. L'inconvénient est réel : cette convention rompt la relation arcsecx=arccosx1, qui est celle qu'implémentent les calculatrices et les logiciels de calcul formel. Un résultat obtenu avec l'une des conventions et vérifié avec l'autre semblera faux alors qu'il ne l'est pas, et c'est exactement pourquoi il faut, dans une copie, préciser la convention employée ou, plus simplement, préférer la forme logarithmique lnx+x2−a2 chaque fois qu'elle est disponible.
Exercice 15 : Composées et identités : deux primitives pour une même intégrale
Une fonction inverse composée avec autre chose se traite en substituant d'abord, puis en intégrant par parties. Et comme les fonctions inverses obéissent à des identités, une même intégrale admet souvent deux réponses d'apparence incompatibles.
a) Calculez ∫arctanxdx en posant t=x.
b) Calculez ∫exarcsin(ex)dx.
c) Calculez ∫1+x2arctanxdx et ∫(1+x2)arctanxdx. Quelle est la structure commune ?
d) Sachant que arctanx+arctanx1=2π pour x>0, calculez ∫arctanx1dx sans aucune intégration par parties.
e) Deux étudiants calculent ∫xx2−1dx pour x>1. L'un répond arcsecx, l'autre arctanx2−1. Départagez-les.
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a) t=x donne x=t2 et dx=2tdt : ∫arctant⋅2tdt=2∫tarctantdt. C'est l'intégrale de l'exercice précédent : 2(2t2+1arctant−2t)=(t2+1)arctant−t. En revenant à x : (x+1)arctanx−x+C. Substituer d'abord a transformé une composée en un produit déjà traité.
b) Le facteur ex est la dérivée de l'argument : c'est le signe qu'il faut poser u=ex, d'où ∫arcsinudu=uarcsinu+1−u2, soit exarcsin(ex)+1−e2x+C, valable pour ex≤1, c'est-à-dire x≤0.
c) Dans les deux cas, 1+x2dx est exactement d(arctanx) : en posant u=arctanx, la première devient ∫udu=2u2, soit 2(arctanx)2+C, et la seconde ∫udu=ln∣u∣, soit ln∣arctanx∣+C. La structure commune est que l'arc tangente y apparaît DEUX fois, une fois comme fonction et une fois, déguisée, comme différentielle. Repérer 1+x2dx comme un du tout prêt fait tomber ces intégrales en une ligne.
d) ∫arctanx1dx=∫(2π−arctanx)dx=2πx−xarctanx+21ln(1+x2)+C, en réutilisant la primitive de l'arc tangente. L'identité a économisé toute une intégration par parties, et elle rappelle que arctanx1 n'est pas une fonction nouvelle mais l'arc tangente retournée. Attention toutefois : pour x<0, l'identité devient arctanx+arctanx1=−2π, et la constante change de branche.
e) Les deux ont raison. En dérivant la seconde proposition : (arctanx2−1)′=1+(x2−1)1⋅x2−1x=xx2−11, c'est bien l'intégrande. Les deux fonctions sont donc deux primitives d'une même fonction sur l'intervalle ]1;+∞[, connexe : elles diffèrent d'une constante, et comme elles s'annulent toutes deux en x=1, cette constante est NULLE, elles sont rigoureusement égales. Ce n'est d'ailleurs qu'une identité déguisée : si θ=arcsecx, alors secθ=x et tanθ=x2−1, donc θ=arctanx2−1. La leçon vaut pour tout le chapitre : deux réponses d'allure très différente sont souvent la même, et le seul juge est la dérivation.
Partie D : Intégrales définies, pièges et synthèse (/50)
Exercice 16 : Les bornes qu'on oublie de changer
Dans une intégrale DÉFINIE, un changement de variable s'accompagne obligatoirement d'un changement de bornes. Deux méthodes sont correctes : transformer les bornes et ne jamais revenir en x, ou garder les bornes en x et revenir à la variable initiale avant d'évaluer. Les mélanger est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
a) Calculez ∫014−x2dx par substitution trigonométrique, en transformant les bornes.
b) Calculez ∫02x24−x2dx.
c) Calculez ∫031+x2dx et interprétez géométriquement l'angle obtenu.
d) Un étudiant écrit ∫014−x2dx=∫01dθ=1. Diagnostiquez précisément son erreur et évaluez son ampleur.
e) Énoncez les deux méthodes correctes et dites laquelle vous recommanderiez à l'examen, avec sa raison.
Voir la correction
a) On pose x=2sinθ, donc dx=2cosθdθ et 4−x2=2cosθ. Les bornes suivent : x=0 donne θ=0, et x=1 donne sinθ=21, soit θ=6π. L'intégrale devient ∫0π/6dθ=6π≈0,5236. On vérifie directement : [arcsin2x]01=arcsin21=6π.
b) Mêmes substitution et bornes, sauf que x=2 donne θ=2π : ∫0π/24sin2θ⋅2cosθ⋅2cosθdθ=16∫0π/2sin2θcos2θdθ. La partie A a montré que sin2θcos2θ=81−cos4θ, d'où 2[θ−4sin4θ]0π/2=2⋅2π=π≈3,1416.
c) [arctanx]03=arctan3=3π≈1,0472. Géométriquement, la substitution x=tanθ fait de θ l'angle dont la tangente vaut x : intégrer 1+x2dx revient à accumuler du dθ, et l'intégrale mesure donc exactement l'angle balayé quand x passe de 0 à 3, c'est-à-dire 60 degrés. C'est aussi ce qui fait de arctan le moyen le plus commode de calculer π numériquement.
d) Il a bien substitué dx et la racine, mais il a gardé les bornes en x tout en écrivant l'intégrale en θ : la borne supérieure x=1 a été recopiée comme θ=1. Or θ=1 radian correspond à x=2sin1≈1,68, ce qui n'est pas la borne demandée. Son résultat, 1, dépasse la vraie valeur 6π≈0,524 de 91 %. Le symptôme est facile à repérer : une réponse sans π pour une intégrale qui devait en produire un.
e) Première méthode : transformer les bornes en même temps que la variable, puis évaluer directement en θ sans jamais revenir en x. Seconde méthode : traiter d'abord l'intégrale INDÉFINIE, revenir en x par le triangle, puis évaluer entre les bornes d'origine. À l'examen, je recommande la première : elle évite complètement le retour par le triangle, qui est l'étape la plus longue et la plus fautive de toute substitution trigonométrique. Elle a aussi l'avantage de produire des bornes numériques simples, souvent 0, 6π, 4π ou 2π, qui rendent l'évaluation immédiate. La seule règle absolue est de ne jamais laisser sur une même ligne une variable et des bornes qui ne se correspondent pas.
Exercice 17 : Deux primitives qui ont l'air différentes
Une même intégrale peut recevoir des réponses d'apparence incompatibles selon la méthode employée. Le théorème qui tranche est connu, mais il porte une hypothèse que le chapitre des fonctions inverses met précisément en défaut.
a) Calculez ∫sinxcosxdx de TROIS façons : par u=sinx, par u=cosx, puis par l'angle double.
b) Montrez que les trois réponses diffèrent deux à deux d'une constante, et calculez ces constantes.
c) Énoncez le théorème qui garantit ce résultat, en insistant sur son hypothèse.
d) Sur R∖{0}, ln∣x∣+3 et la fonction valant ln∣x∣ pour x>0 et ln∣x∣+7 pour x<0 sont toutes deux des primitives de x1. L'hypothèse du c) est-elle respectée ?
e) Reliez ce phénomène à la question de l'arc sécante traitée plus haut, et dites ce qu'il faut écrire dans une copie pour être irréprochable.
Voir la correction
a) Par u=sinx : ∫udu=2sin2x+C. Par u=cosx, avec du=−sinxdx : −∫udu=−2cos2x+C. Par l'angle double, sinxcosx=2sin2x : 21∫sin2xdx=−4cos2x+C.
b) 2sin2x−(−2cos2x)=2sin2x+cos2x=21, constante. 2sin2x−(−4cos2x)=2sin2x+41−2sin2x=41, constante également. Et par différence des deux précédentes, la troisième paire diffère de −41. Les trois réponses sont donc la même primitive à une constante près, ce qui est exactement ce que le +C autorise : trois méthodes correctes ne peuvent pas donner des fonctions essentiellement différentes.
c) Théorème : si F et G sont deux primitives d'une même fonction sur un INTERVALLE, alors F−G est constante sur cet intervalle. La démonstration tient en une ligne, (F−G)′=0, mais elle repose sur le théorème des accroissements finis, qui exige un intervalle, c'est-à-dire un domaine CONNEXE, d'un seul tenant. C'est cette hypothèse qu'on oublie de vérifier, parce qu'elle est presque toujours satisfaite.
d) Non, elle ne l'est pas : R∖{0} n'est pas un intervalle mais la réunion de deux intervalles disjoints. La différence des deux fonctions proposées vaut −3 sur la demi-droite positive et +4 sur la négative : elle est LOCALEMENT constante sans être constante. Les deux fonctions sont pourtant bel et bien des primitives de x1 sur chacun des deux morceaux. La conclusion correcte est donc que sur un domaine en plusieurs morceaux, une primitive comporte une constante PAR MORCEAU, et l'écriture ln∣x∣+C est un abus commode qu'il faut savoir désamorcer si l'on travaille des deux côtés de zéro.
e) C'est rigoureusement la même situation. Le domaine de xx2−91 est ]−∞;−3[∪]3;+∞[, lui aussi en deux morceaux : rien n'oblige la primitive à s'écrire d'un seul tenant, et c'est pour cette raison qu'une formule correcte sur une branche peut être fausse sur l'autre, comme la version sans valeur absolue de l'arc sécante. Pour être irréprochable dans une copie, il faut faire trois choses : préciser l'intervalle de travail avant de calculer, vérifier que la primitive proposée y est bien définie et dérivable, et, lorsque le domaine est en plusieurs morceaux, l'annoncer explicitement plutôt que d'écrire un +C global qui masque le problème. Une intégrale définie ne se calcule d'ailleurs jamais à cheval sur une discontinuité : il faut la découper, ou constater qu'elle est impropre.
Exercice 18 : Intégrales impropres à réponse trigonométrique
Les fonctions trigonométriques inverses sont bornées : c'est ce qui permet à certaines intégrales sur un intervalle infini de converger, et c'est aussi ce qui fait apparaître π dans des résultats où rien ne l'annonçait.
a) Calculez ∫0+∞1+x2dx en revenant à la définition par une limite.
b) Calculez ∫011−x2dx. En quoi cette intégrale est-elle impropre, alors que ses bornes sont finies ?
c) Calculez ∫−∞+∞x2+2x+5dx.
d) Calculez ∫0+∞(1+x2)2dx.
e) Calculez ∫1+∞xx2−1dx et expliquez pourquoi cette intégrale, doublement impropre, converge malgré tout.
Voir la correction
a) Par définition, ∫0+∞1+x2dx=limb→+∞∫0b1+x2dx=limb→+∞arctanb=2π≈1,5708. La convergence tient entièrement au fait que l'arc tangente est BORNÉE : l'aire s'accumule indéfiniment mais reste plafonnée, l'intégrande décroissant en x21.
b) Ses bornes sont finies, mais l'INTÉGRANDE ne l'est pas : 1−x21 tend vers l'infini quand x→1−. C'est une impropreté de seconde espèce, et il faut écrire limb→1−[arcsinx]0b=limb→1−arcsinb=2π. Une aire infiniment haute mais finie : le graphe monte à la verticale en x=1 tout en n'enfermant que 2π d'aire. Remarquez le résultat troublant : c'est la même valeur qu'au a), obtenue sur un intervalle borné.
c) On complète le carré : x2+2x+5=(x+1)2+4, donc la primitive est 21arctan2x+1. L'intégrale, impropre aux deux bornes, se coupe en deux et vaut 21(2π−(−2π))=2π≈1,5708. Chacune des deux moitiés converge séparément, condition indispensable pour que l'on puisse conclure.
d) La substitution x=tanθ transforme les bornes 0 et +∞ en 0 et 2π, ce qui rend l'intégrale PROPRE : ∫0π/2sec4θsec2θdθ=∫0π/2cos2θdθ=4π≈0,7854. C'est un des grands services de la substitution trigonométrique : elle ramène un intervalle infini à un intervalle borné, et la question de la convergence se règle d'elle-même.
e) L'intégrale est impropre en 1, où le dénominateur s'annule, et en +∞. La primitive est arcsecx, donc la valeur est limb→+∞arcsecb−lima→1+arcseca=2π−0=2π. Elle converge des deux côtés pour deux raisons distinctes : en 1, la singularité est en x−11, d'exposant 21<1, donc intégrable; à l'infini, l'intégrande décroît comme x21, d'exposant 2>1, donc intégrable aussi. Le fait que l'arc sécante soit bornée par 2π résume les deux à la fois, et l'on retrouve pour la troisième fois la même valeur : ce n'est pas un hasard, les trois intégrandes sont des images l'une de l'autre par les substitutions du chapitre.
Exercice 19 : Applications : aire, longueur d'arc et volume
Les intégrales de ce chapitre ne sont pas des exercices d'algèbre : elles sortent naturellement des trois grandes applications du calcul intégral, et c'est là qu'on les rencontre en physique comme en géométrie.
a) Démontrez la formule de l'aire du disque en calculant 4∫0aa2−x2dx.
b) Calculez la longueur de la courbe y=ln(cosx) pour x∈[0;4π]. Quelle intégrale de la partie A reconnaissez-vous ?
c) Calculez la longueur de la parabole y=2x2 pour x∈[0;1].
d) Calculez le volume engendré par la rotation autour de l'axe des x de la région sous y=1+x21 pour x∈[0;1].
e) Une pièce a la forme de la région sous y=1+x21 pour x≥0. Son aire est-elle finie ? Et le volume engendré par sa rotation autour de l'axe des x ?
Voir la correction
a) Par symétrie, le quart de disque situé dans le premier quadrant a pour aire ∫0aa2−x2dx. Avec x=asinθ, les bornes deviennent 0 et 2π : ∫0π/2acosθ⋅acosθdθ=a2∫0π/2cos2θdθ=a2⋅4π. En multipliant par 4 : πa2. La formule de l'aire du disque, apprise au secondaire sans démonstration, sort donc d'une substitution trigonométrique et de la linéarisation de cos2.
b) y′=−tanx, donc 1+y′2=1+tan2x=secx, la sécante étant positive sur [0;4π]. La longueur vaut ∫0π/4secxdx=ln(2+1)≈0,8814. C'est exactement l'intégrale de la sécante calculée en partie A, et la coïncidence n'en est pas une : l'identité 1+tan2=sec2 fait apparaître la sécante dans toute longueur d'arc d'une courbe dont la pente est une tangente.
c) y′=x, donc la longueur vaut ∫011+x2dx, l'intégrale de la partie B avec a=1 : [2x1+x2+21ln(x+1+x2)]01=22+21ln(1+2)≈0,7071+0,4407≈1,148. À comparer à la corde, de longueur 1+0,25≈1,118 : la parabole n'est que 3 % plus longue que le segment qui joint ses extrémités.
d) Par la méthode des disques, V=π∫011+x2dx=π[arctanx]01=4π2≈2,467. Un volume qui vaut 4π2 : le carré de π apparaît parce que π vient une fois de la rotation et une fois de l'arc tangente, deux origines totalement indépendantes.
e) L'aire vaut ∫0+∞1+x2dx=2π, elle est donc FINIE. Le volume de révolution vaut π∫0+∞(1+x2)2dx=π⋅4π=4π2≈2,467, fini lui aussi. Les deux convergent parce que l'intégrande décroît assez vite, en x21 pour l'aire et en x41 pour le volume : élever au carré accélère la décroissance et rend la convergence encore plus confortable. Ce n'est pas toujours le cas, et la comparaison mérite d'être faite avec la trompette de Gabriel, engendrée par y=x1 sur [1;+∞[, dont le volume est fini alors que l'aire sous la courbe est infinie.
Exercice 20 : Problème de synthèse : huit intégrales, un arbre de décision
Voici huit intégrales mélangées, sans indication de méthode, comme à l'examen. Pour chacune, la difficulté n'est pas le calcul mais le DIAGNOSTIC : identifier en quelques secondes la famille à laquelle elle appartient.
a) Calculez ∫sin3xcos4xdx et ∫sec4xtan2xdx.
b) Calculez ∫x2−16dx et ∫x2−16xdx.
c) Calculez ∫x2+4x+8dx et ∫x2x2+1dx.
d) Calculez ∫arctan(3x)dx et ∫xarcsin(x2)dx.
e) Rédigez l'arbre de décision complet du sujet : devant une intégrale trigonométrique ou à racine quadratique, quelles questions poser, et dans quel ordre ?
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a) Puissance impaire de sinus : on détache sinx et l'on pose u=cosx, d'où −∫(1−u2)u4du=−5cos5x+7cos7x+C. Pour la seconde, puissance PAIRE de sécante : on détache sec2x et l'on pose u=tanx, d'où ∫(1+u2)u2du=3tan3x+5tan5x+C.
b) La première n'a aucun facteur x au numérateur : c'est la substitution x=4secθ, ou directement la formule, et l'on obtient lnx+x2−16+C. La seconde en a un, et il est proportionnel à la dérivée du radicande : substitution algébrique u=x2−16, d'où x2−16+C. Deux intégrales voisines, deux familles opposées, et le facteur x est le seul juge.
c) x2+4x+8=(x+2)2+4 : complétion du carré puis arc tangente, 21arctan2x+2+C. Pour la seconde, racine en x2+a2 sans facteur utile au numérateur : substitution x=tanθ, qui donne −xx2+1+C.
d) Fonction inverse seule : intégration par parties avec le facteur 1 invisible. ∫arctan3xdx=xarctan3x−∫1+9x23xdx=xarctan3x−61ln(1+9x2)+C. Pour la seconde, le facteur x est la dérivée de x2 : on substitue d'abord u=x2, ce qui donne 21∫arcsinudu=21(uarcsinu+1−u2), soit 2x2arcsin(x2)+1−x4+C.
e) Première question : y a-t-il au numérateur un facteur proportionnel à la DÉRIVÉE de ce qui est sous la racine ou au dénominateur ? Si oui, substitution algébrique, et le travail est fini. Deuxième question : l'intégrande est-il une fonction trigonométrique inverse, seule ou multipliée par une puissance de x ? Si oui, intégration par parties en dérivant la fonction inverse. Troisième question : s'agit-il d'un produit de puissances trigonométriques ? Si oui, appliquer la règle de parité, en détachant un facteur de la puissance impaire ou en linéarisant si les deux sont paires. Quatrième question : le dénominateur ou le radicande est-il un trinôme du second degré ? Si oui, compléter le carré, ce qui ramène à l'une des trois formes canoniques. Cinquième question seulement : reste-t-il une racine du type a2−x2, a2+x2 ou x2−a2 ? Alors, et alors seulement, sortir la substitution trigonométrique et son triangle. L'ordre compte autant que la liste : la substitution trigonométrique est le dernier recours, pas le premier réflexe, et la moitié des points perdus à l'examen viennent de l'avoir dégainée trop tôt.
Vous bloquez sur les intégrales trigonométriques à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On reprend le chapitre famille par famille, avec la méthode pour identifier en trente secondes laquelle des dix techniques s'applique, plutôt que de toutes les essayer.