Calcul intégral 201-SN3-RE (ancien 201-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Séries numériques : les critères avancés et les pièges classiques
Voici la troisième série d'exercices corrigés sur les séries numériques en 201-SN3-RE (ancien 201-NYB), le cours de calcul intégral du cégep. Les deux premières couvrent les critères usuels et leur application aux fonctions transcendantes ; celle-ci existe pour combler ce qui restait, et pour un motif précis : un examen difficile ne teste pas les critères courants, il teste ceux que l'on n'a pas révisés et les pièges qui font tomber les bons élèves. Elle couvre le critère de Cauchy pour les séries, la condensation de Cauchy et les séries de Bertrand, la règle de Cauchy (la racine n-ième) comparée à celle de d'Alembert, la règle de Raabe-Duhamel, les séries télescopiques, le développement limité à l'ordre supérieur, le critère d'Abel et le produit de Cauchy de deux séries.
À la fin des quinze exercices, vous savez démontrer la divergence de la série harmonique par le critère de Cauchy (exercice 1), retrouver Riemann et Bertrand par condensation (exercice 2), conclure par la racine n-ième là où d'Alembert se tait (exercice 3), départager une série dont le rapport tend vers 1 par Raabe-Duhamel (exercices 4 et 12), calculer une somme exacte par télescopage, avec des racines, une arctangente ou des factorielles (exercices 5 et 11), et multiplier deux séries par le produit de Cauchy, jusqu'à la loi de la somme de deux attentes géométriques (exercices 9 et 14). L'exercice 15 accélère la série harmonique alternée en moyennant deux sommes partielles.
Trois exercices méritent une attention particulière. Le sixième montre qu'un raisonnement par équivalents, parfaitement légitime sur des termes positifs, devient FAUX dès que le signe change : c'est l'erreur la plus coûteuse de tout le chapitre. Le huitième présente le critère d'Abel, seul outil capable de traiter une série comme la somme des nsinn, dont les signes ne suivent aucune alternance régulière. Le neuvième montre que le produit de Cauchy de deux séries semi-convergentes peut diverger : l'hypothèse de convergence absolue n'est pas décorative. L'exercice 10 fait la synthèse : huit séries, et pour chacune le choix du critère AVANT le calcul.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Critère de Cauchy : ∑an converge si et seulement si pour tout ε>0 il existe N tel que ∑n=p+1qan<ε pour tous q>p≥N. C'est une condition NÉCESSAIRE ET SUFFISANTE, contrairement au test du terme général.
•Condensation de Cauchy : si (an) est positive et décroissante, ∑an et ∑2na2n sont de même nature.
•Si anan+1→L, alors n∣an∣→L aussi. Le critère de Cauchy conclut donc chaque fois que d'Alembert conclut, et parfois davantage.
•Raabe-Duhamel : si anan+1=1−nα+o(n1) avec an>0, la série converge si α>1 et diverge si α<1.
•Critère d'Abel : si (an) décroît vers 0 et si les sommes partielles de (bn) sont bornées, alors ∑anbn converge. Le critère des séries alternées en est le cas particulier bn=(−1)n.
•PIÈGE : la comparaison par limite et les équivalents exigent un SIGNE CONSTANT. Sur une série à signes variables, deux termes équivalents peuvent donner des séries de natures différentes.
•Produit de Cauchy : cn=∑k=0nakbn−k. Si ∑an et ∑bn convergent ABSOLUMENT, alors ∑cn converge vers le produit des sommes.
Partie A : Les critères que l'on n'apprend pas toujours (/50)
Exercice 1 : Le critère de Cauchy : nécessaire ET suffisant
Le test du terme général ne donne qu'une condition nécessaire : il permet de conclure à la divergence, jamais à la convergence. Le critère de Cauchy, lui, caractérise complètement la convergence.
a) Énoncez le critère de Cauchy pour une série ∑an.
b) Déduisez-en, en prenant q=p+1, que le terme général d'une série convergente tend nécessairement vers 0.
c) Utilisez le critère avec q=2p pour démontrer que la série harmonique DIVERGE, sans passer par l'intégrale ni par les blocs.
d) Utilisez-le pour montrer que ∑n21 converge, en majorant ∑n=p+1qn21 par une somme télescopique.
e) Pourquoi ce critère est-il précieux en théorie alors qu'on ne l'emploie presque jamais en pratique ?
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Réponses
a)Paquets ∑p+1qan<ε dès q>p≥N
b)q=p+1 : an→0
c)Paquet ≥21 : harmonique divergente
d)Paquet <p1 : converge
e)Outil de preuve plus que de calcul
a)
La série ∑an converge si et seulement si : pour tout ε>0, il existe un rang N tel que pour tous q>p≥N, ∑n=p+1qan<ε. Autrement dit, les paquets de termes consécutifs deviennent arbitrairement petits, aussi longs soient-ils.
b)
En prenant q=p+1, la somme se réduit au seul terme ap+1, et la condition devient ∣ap+1∣<ε dès que p≥N : c'est exactement la définition de an→0. Le test du terme général est donc un simple corollaire du critère de Cauchy, ce qui explique qu'il soit nécessaire mais pas suffisant : il n'utilise que les paquets de longueur 1.
c)
Prenons q=2p. Chacun des p termes de ∑n=p+12pn1 est supérieur ou égal à 2p1, donc ∑n=p+12pn1≥p⋅2p1=21. Ces paquets ne deviennent jamais petits, quel que soit p : le critère de Cauchy est mis en défaut avec ε=21, donc la série harmonique DIVERGE. (Numériquement ces paquets tendent d'ailleurs vers ln2≈0,693, bien au-dessus de 21.)
d)
Pour n≥2, n21≤n(n−1)1=n−11−n1. En sommant de p+1 à q, la somme télescope : ∑n=p+1qn21≤p1−q1<p1. Étant donné ε>0, il suffit de prendre N>ε1 pour que tous les paquets soient plus petits que ε. La série CONVERGE.
e)
Il est précieux parce qu'il caractérise la convergence sans jamais mentionner la valeur de la somme : c'est lui qui permet de démontrer les autres critères, et c'est lui qui fait le lien avec la complétude de R. En pratique on ne l'emploie pas, parce qu'il faut contrôler TOUS les paquets à la fois, ce qui est bien plus difficile que d'appliquer une comparaison. On s'en sert donc surtout comme instrument de preuve, et pour établir des divergences comme en c.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : La condensation de Cauchy : Riemann et Bertrand en une ligne
Le théorème de condensation affirme que si (an) est positive et décroissante, alors ∑an et ∑2na2n sont de même nature. Il transforme une série à décroissance lente en une série géométrique.
a) Appliquez la condensation à an=np1. Quelle série obtenez-vous, et que donne-t-elle ?
b) Concluez : pour quelles valeurs de p la série de Riemann converge-t-elle ? Vous venez de la démontrer entièrement.
c) Appliquez la condensation à an=nlnn1 pour n≥2.
d) Appliquez-la à an=n(lnn)β1 et retrouvez le critère de Bertrand.
e) Où intervient l'hypothèse de décroissance ? Donnez l'idée de la démonstration en encadrant ∑an par des blocs.
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Réponses
a)∑(21−p)n, géométrique
b)Converge si et seulement si p>1
c)nln21 : diverge
d)Bertrand : β>1
e)Décroissance : encadrement des blocs
a)
On calcule 2na2n=2n⋅(2n)p1=2n(1−p)=(21−p)n. C'est une série géométrique de raison r=21−p, qui converge si et seulement si r<1.
b)
21−p<1 équivaut à 1−p<0, c'est-à-dire p>1. La série de Riemann converge si et seulement si p>1. La condensation démontre donc le critère de Riemann en trois lignes, sans aucune intégrale : elle ramène tout à une géométrique, dont la nature est connue depuis le début du chapitre.
c)
2na2n=2nln(2n)2n=nln21. On obtient la série harmonique à une constante multiplicative près, qui DIVERGE. Donc ∑nlnn1 diverge, alors même que son terme général est bien plus petit que n1.
d)
2na2n=2n(nln2)β2n=(ln2)β1⋅nβ1. C'est une série de Riemann d'exposant β, à constante près : elle converge si et seulement si β>1. On retrouve exactement le critère de Bertrand, et la démonstration explique aussi POURQUOI le logarithme rejoue le rôle de la variable : la condensation transforme ln2n en nln2.
e)
La décroissance est indispensable pour encadrer chaque bloc par son premier et son dernier terme. Idée : on regroupe les termes en blocs [2k,2k+1[, qui contiennent 2k termes. Par décroissance, chacun est compris entre a2k+1 et a2k, donc le bloc est encadré par 2ka2k+1 et 2ka2k. En sommant sur k, la série entière est encadrée entre 21∑2k+1a2k+1 et ∑2ka2k : les deux séries sont donc de même nature. Sans décroissance l'encadrement s'effondre, et le théorème est faux.
Exercice 3 : Cauchy contre d'Alembert : lequel est le plus fort
On considère la série de terme général an=2−n−(−1)n, c'est-à-dire an=2−n−1 si n est pair et an=2−n+1 si n est impair.
a) Calculez a2, a3, a4 et a5, puis les rapports a2a3 et a3a4.
b) Montrez que le rapport anan+1 ne prend que deux valeurs et n'a donc pas de limite. Que conclut le critère de d'Alembert ?
c) Calculez nan et sa limite. Que conclut le critère de Cauchy ?
d) Énoncez le théorème général reliant les deux critères, et déduisez-en lequel est le plus puissant.
e) Donnez une série sur laquelle les DEUX critères échouent, et dites comment on conclut alors.
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Réponses
a)a3/a2=2 ; a4/a3=81
b)Rapport sans limite : d'Alembert muet
c)Racine vers 21 : converge
d)Cauchy strictement plus fort
e)∑n1 : les deux échouent
a)
a2=2−3=81=0,125, a3=2−2=41=0,25, a4=2−5=321, a5=2−4=161. Les rapports : a2a3=2 et a3a4=81. La suite n'est même pas décroissante, elle zigzague.
b)
anan+1=2−(n+1)−(−1)n+1+n+(−1)n=2−1+2(−1)n. Pour n pair cela vaut 21=2, pour n impair 2−3=81. Le rapport oscille indéfiniment entre 2 et 81 : il n'a pas de limite, et le critère de d'Alembert NE CONCLUT PAS. Il ne conclut même pas à la divergence, bien que le rapport dépasse 1 une fois sur deux.
c)
nan=2n−n−(−1)n=2−1−n(−1)n. Comme n(−1)n→0, la limite vaut 2−1=21<1 : le critère de Cauchy conclut à la CONVERGENCE. (La somme vaut d'ailleurs exactement 23, en séparant les indices pairs et impairs en deux géométriques.)
d)
Théorème : si anan+1 admet une limite L, alors n∣an∣ admet la même limite L. La réciproque est fausse, comme le montre l'exemple ci-dessus. Le critère de Cauchy est donc STRICTEMENT PLUS FORT : chaque fois que d'Alembert conclut, Cauchy conclut pareillement, et il conclut parfois quand d'Alembert reste muet. En pratique on garde tout de même d'Alembert en premier réflexe, parce que les rapports de factorielles se simplifient bien plus facilement que leurs racines n-ièmes.
e)
La série harmonique ∑n1 : le rapport tend vers 1 et la racine n-ième aussi, car nn1=e−nlnn→1. Les deux critères échouent ensemble, ce qui n'a rien d'un hasard : tous deux comparent implicitement la série à une géométrique, et aucune géométrique n'approche une décroissance polynomiale. On conclut alors par Riemann, par comparaison ou par l'intégrale.
Exercice 4 : La règle de Raabe-Duhamel : quand le rapport tend vers 1
Quand d'Alembert donne 1, tout n'est pas perdu : la VITESSE à laquelle le rapport approche 1 contient encore l'information. On écrit anan+1=1−nα+o(n1), et la série converge si α>1, diverge si α<1.
a) Appliquez la règle à an=np1 : calculez α et retrouvez le critère de Riemann.
b) On pose an=2⋅4⋅6⋯(2n)1⋅3⋅5⋯(2n−1). Calculez a1, a2 et a3, puis simplifiez le rapport anan+1.
c) Que donne d'Alembert sur cette série ? Appliquez ensuite Raabe-Duhamel et concluez.
d) On admet an∼πn1. Vérifiez la cohérence avec c, puis donnez la nature de ∑an2 et de ∑an3.
e) Pourquoi la règle de Raabe-Duhamel voit-elle ce que d'Alembert ne voit pas ?
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Réponses
a)α=p : Riemann retrouvé
b)a3=165 ; rapport 2n+22n+1
c)α=21 : diverge
d)∑an2 diverge, ∑an3 converge
e)Raabe lit le terme en n1
a)
anan+1=(n+1n)p=(1+n1)−p=1−np+o(n1) par le développement limité. Donc α=p, et la règle donne convergence pour p>1 et divergence pour p<1 : c'est exactement Riemann. (Le cas p=1 échappe à la règle, comme toujours à la frontière.)
b)
a1=21, a2=2⋅41⋅3=83=0,375, a3=2⋅4⋅61⋅3⋅5=4815=165=0,3125. Le rapport se simplifie brutalement, tous les facteurs communs disparaissant : anan+1=2n+22n+1.
c)
2n+22n+1→1 : d'Alembert ne conclut pas. On développe : 2n+22n+1=1−2n+21=1−2n1+o(n1), donc α=21. Comme α<1, la série DIVERGE. Vérification numérique : n(1−anan+1) vaut 0,490 pour n=50 et 0,499 pour n=500, confirmant α=21.
d)
Si an∼πn1=π1n−1/2, alors ∑an se comporte comme une série de Riemann d'exposant 21≤1 : elle diverge, ce qui confirme c. Ensuite an2∼πn1, exposant 1 : ∑an2 DIVERGE aussi. Enfin an3∼(πn)3/21, exposant 23>1 : ∑an3 CONVERGE.
e)
Parce que d'Alembert ne retient que la LIMITE du rapport et jette toute l'information sur la manière dont elle est atteinte. Or entre 1−2n1 et 1−n2, la limite est la même mais la décroissance de an est radicalement différente, en n−1/2 dans un cas et en n−2 dans l'autre. Raabe-Duhamel lit précisément le terme en n1 du développement, c'est-à-dire ce que d'Alembert avait négligé.
Exercice 5 : Éléments simples et télescopage : calculer la somme exacte
Décider de la nature d'une série est une chose, en calculer la somme en est une autre. Pour les fractions rationnelles, la décomposition en éléments simples fait souvent apparaître un télescopage qui donne la somme exacte.
a) Décomposez n(n+1)1 en éléments simples et calculez ∑n≥1n(n+1)1.
b) Même travail pour ∑n≥1n(n+2)1. Attention, le télescopage laisse ici DEUX termes.
c) Calculez ∑n≥1n(n+1)(n+2)1.
d) Montrez que n2(n+1)22n+1=n21−(n+1)21 et déduisez-en la somme de la série correspondante.
e) Calculez ∑n≥2ln(1−n21) en factorisant l'argument du logarithme.
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Réponses
a)1
b)43
c)41
d)1
e)−ln2
a)
n(n+1)1=n1−n+11. La somme partielle télescope : SN=1−N+11→1. La somme vaut exactement 1.
b)
n(n+2)1=21(n1−n+21). Le décalage étant de 2, les termes ne s'annulent qu'un sur deux et il RESTE deux termes au début : SN=21(1+21−N+11−N+21)⟶21⋅23=43. La règle générale est qu'un décalage de k laisse k termes de chaque côté.
c)
n(n+1)(n+2)1=21(n(n+1)1−(n+1)(n+2)1). C'est encore un télescopage, sur la suite un=n(n+1)1 : la somme vaut 21u1=21⋅21=41.
d)
On met au même dénominateur : n21−(n+1)21=n2(n+1)2(n+1)2−n2=n2(n+1)22n+1, ce qui est bien l'identité annoncée. La somme télescope donc vers 121=1.
e)
1−n21=n2n2−1=n2(n−1)(n+1), donc ln(1−n21)=ln(n−1)+ln(n+1)−2lnn=[ln(n+1)−lnn]−[lnn−ln(n−1)]. C'est la différence de deux termes consécutifs de la suite vn=ln(n+1)−lnn, donc la somme de 2 à N vaut vN−v1=lnNN+1−ln2→−ln2. La somme vaut −ln2≈−0,693. Noter au passage que tous les termes sont négatifs, ce qui est cohérent.
Partie B : Les pièges (/50)
Exercice 6 : Le piège majeur : un équivalent ne se manipule qu'à signe constant
La comparaison par limite est un théorème sur les séries à TERMES POSITIFS. Cet exercice montre que l'oublier conduit à des conclusions fausses, et que le piège est parfaitement invisible si l'on ne se méfie pas.
a) On pose an=n(−1)n et bn=n(−1)n+n1. Montrez que anbn→1, donc que an et bn sont équivalents.
b) Déterminez la nature de ∑an, puis celle de ∑bn. Que constatez-vous ?
c) Expliquez précisément quelle hypothèse du théorème de comparaison par limite est violée.
d) Étudiez ∑n≥2ln(1+n(−1)n). Le terme est équivalent à n(−1)n, dont la série converge : la série converge-t-elle pour autant ?
e) Énoncez la méthode correcte à appliquer sur une série à signes variables.
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Réponses
a)anbn→1
b)∑an converge, ∑bn diverge
c)Signe constant exigé
d)Développement : −2n1, diverge
e)Absolue d'abord, puis développement
a)
anbn=1+(−1)n/n1/n=1+n(−1)n⟶1. Les deux suites sont donc bien équivalentes au sens usuel.
b)
∑an est une série alternée dont la valeur absolue n1 décroît vers 0 : elle CONVERGE (semi-convergente). En revanche ∑bn=∑an+∑n1, somme d'une série convergente et de la série harmonique divergente : elle DIVERGE. Deux séries de termes équivalents ont donc ici des natures OPPOSÉES, ce qui est impossible pour des termes positifs.
c)
Le théorème de comparaison par limite exige que les termes soient de signe constant, au moins à partir d'un certain rang. Ici an change de signe à chaque indice. L'équivalence bn∼an contrôle le rapport, mais pas la DIFFÉRENCE : bn−an=n1 est négligeable devant an∼n−1/2 en valeur absolue, et pourtant sa série diverge. Sur des termes positifs, un tel accident est exclu, car la convergence est alors équivalente à la simple majoration des sommes partielles.
d)
Non. Le développement limité donne ln(1+n(−1)n)=n(−1)n−2n1+O(n3/21). Le premier terme donne une série convergente et le troisième aussi (Riemann d'exposant 23), mais le terme du milieu, −2n1, engendre une série divergente. La série DIVERGE donc, et ses sommes partielles se comportent comme −21lnN. C'est le contre-exemple type : l'équivalent était juste, la conclusion tirée de l'équivalent était fausse.
e)
Sur une série à signes variables, on ne raisonne JAMAIS par équivalent. On procède dans cet ordre : d'abord tester la convergence absolue, qui règle le cas si ∑∣an∣ converge ; sinon, effectuer un développement limité du terme général à un ordre suffisant pour séparer une partie alternée traitable par Leibniz et un reste de signe constant traitable par Riemann ; conclure sur la SOMME de ces morceaux. C'est exactement la démarche de la question d.
Exercice 7 : Quand l'équivalent est nul : le développement limité à l'ordre supérieur
Quand deux quantités équivalentes se retranchent, l'équivalent du premier ordre disparaît et ne renseigne plus sur rien. Il faut alors pousser le développement limité jusqu'au premier terme non nul.
a) Étudiez ∑n≥1(sinn1−n1). Que donne l'équivalent au premier ordre, et pourquoi ne suffit-il pas ?
b) Étudiez ∑n≥1(n1−ln(1+n1)).
c) Étudiez ∑n≥1(e1/n−1−n1).
d) Étudiez ∑n≥1((1+n1)n−e). Le terme tend vers 0 : cela suffit-il ?
e) Formulez la règle générale : jusqu'à quel ordre faut-il développer ?
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Réponses
a)∼−6n31 : converge
b)∼2n21 : converge
c)∼2n21 : converge
d)∼−2ne : diverge
e)Jusqu'au premier terme non nul
a)
Au premier ordre, sinn1∼n1, donc la différence est équivalente à 0 : l'information est perdue, un équivalent nul ne dit rien. On pousse le développement : sinu=u−6u3+O(u5) avec u=n1, d'où sinn1−n1=−6n31+O(n51)∼−6n31. Les termes sont de signe constant (négatifs) et comparables à n−3 : la série CONVERGE absolument. Vérification en n=100 : la différence vaut −1,6667×10−7, et −6⋅1061 vaut −1,6667×10−7.
b)
ln(1+u)=u−2u2+O(u3), donc n1−ln(1+n1)∼2n21. Termes positifs, exposant 2>1 : la série CONVERGE. En n=100 la différence vaut 4,967×10−5, proche de 2⋅1041=5×10−5.
c)
eu=1+u+2u2+O(u3), donc e1/n−1−n1∼2n21 : la série CONVERGE, pour la même raison qu'en b. En n=100 : 5,017×10−5.
d)
Non, cela ne suffit pas : un terme qui tend vers 0 est nécessaire mais jamais suffisant. On développe : (1+n1)n=exp(nln(1+n1))=exp(1−2n1+O(n21))=e(1−2n1+O(n21)), donc le terme vaut −2ne+O(n21)∼−2ne. Termes de signe constant équivalents à un multiple de n1 : la série DIVERGE. En n=1000 le terme vaut −1,3579×10−3 contre −2000e=−1,3591×10−3.
e)
Il faut développer jusqu'au PREMIER TERME NON NUL. Celui-ci fournit l'équivalent cherché, et c'est lui seul qui décide de la nature ; tout le reste est négligeable devant lui. Sur une série à signes variables, il faut aller un cran plus loin encore, jusqu'à avoir isolé tous les termes dont la série diverge, comme à l'exercice précédent.
Exercice 8 : Le critère d'Abel : au-delà des séries alternées
La série ∑nsinn n'est pas à termes positifs, et elle n'est pas alternée non plus : les signes de sinn se succèdent de façon irrégulière. Aucun critère vu jusqu'ici ne s'applique. Le critère d'Abel est fait exactement pour cela.
a) Énoncez le critère d'Abel, et montrez que le critère des séries alternées en est un cas particulier.
b) En utilisant la somme géométrique complexe ∑k=1neik, montrez que les sommes partielles ∑k=1nsink sont bornées. Donnez une borne explicite.
c) Déduisez-en que ∑n≥1nsinn converge.
d) Cette série est-elle absolument convergente ? Utilisez ∣sinn∣≥sin2n=21−cos2n.
e) Le critère d'Abel s'applique-t-il à ∑nsinn ? Et à ∑sinn ?
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Réponses
a)Leibniz : Abel avec (−1)n
b)∣∑sink∣≤sin211≈2,086
c)Converge, somme 2π−1
d)Semi-convergente
e)nsinn converge ; sinn diverge
a)
Critère d'Abel : si (an) est une suite positive DÉCROISSANTE tendant vers 0, et si les sommes partielles Bn=∑k=1nbk sont BORNÉES, alors ∑anbn converge. Cas particulier : avec bn=(−1)n, les sommes partielles valent alternativement −1 et 0, donc elles sont bornées par 1 ; on retrouve exactement le critère des séries alternées. Leibniz n'est donc qu'un Abel où la partie oscillante est la plus simple possible.
b)
La somme géométrique de raison ei=1 vaut ∑k=1neik=eiei−1ein−1, dont le module est majoré par ∣ei−1∣∣ein−1∣≤∣ei−1∣2=2sin212=sin211≈2,086. Comme ∑k=1nsink est la partie imaginaire de cette somme, elle est bornée par la même constante. (Numériquement, le maximum observé jusqu'à n=3000 vaut environ 1,958 : la borne est correcte et assez serrée.)
c)
On applique Abel avec an=n1, positive, décroissante et de limite nulle, et bn=sinn, dont les sommes partielles sont bornées d'après b. Le critère donne la CONVERGENCE de ∑nsinn. Sa somme vaut d'ailleurs 2π−1≈1,0708.
d)
Non. On a ∣sinn∣≥sin2n=21−cos2n, donc n∣sinn∣≥21⋅n1−21⋅ncos2n. La série ∑ncos2n converge par le même argument d'Abel, tandis que ∑n1 diverge. La minoration est donc la différence d'une série divergente et d'une série convergente : elle diverge, et par comparaison ∑n∣sinn∣ DIVERGE. La série est SEMI-CONVERGENTE.
e)
Pour ∑nsinn : oui, n1 décroît encore vers 0 et la partie oscillante est inchangée, donc la série converge (toujours semi-convergente). Pour ∑sinn : non, car il n'y a plus de facteur décroissant, an=1 ne tend pas vers 0. Et de fait la série diverge, puisque son terme général sinn ne tend pas vers 0.
Exercice 9 : Le produit de Cauchy et la condition qui le rend légitime
Multiplier deux séries terme à terme n'a aucun sens. Le bon produit est le produit de Cauchy, cn=∑k=0nakbn−k, qui rassemble tous les produits dont les indices ont la même somme, exactement comme pour les polynômes.
a) Écrivez c0, c1 et c2 en fonction des ak et bk.
b) Énoncez le théorème : sous quelle hypothèse a-t-on ∑cn=(∑an)(∑bn) ?
c) Appliquez-le aux séries exponentielles an=n!xn et bn=n!yn, et retrouvez l'identité exey=ex+y.
d) On prend an=bn=n+1(−1)n, séries semi-convergentes. Minorez ∣cn∣ et montrez que le produit de Cauchy DIVERGE.
e) Que conclure sur la nécessité de l'hypothèse du théorème ?
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Réponses
a)c2=a0b2+a1b1+a2b0
b)Convergence absolue des deux
c)exey=ex+y
d)∣cn∣≥n/2+1n+1→2 : diverge
e)Hypothèse indispensable
a)
c0=a0b0 ; c1=a0b1+a1b0 ; c2=a0b2+a1b1+a2b0. On reconnaît la règle de multiplication des polynômes, où le coefficient de xn rassemble tous les produits d'indices de somme n.
b)
Si ∑an et ∑bn convergent ABSOLUMENT, alors ∑cn converge absolument et sa somme est le produit des deux sommes. (Le théorème de Mertens affaiblit l'hypothèse : il suffit qu'une des deux converge absolument et l'autre simplement.)
c)
Les deux séries exponentielles convergent absolument pour tous x et y, l'hypothèse est donc satisfaite. On calcule cn=∑k=0nk!xk⋅(n−k)!yn−k=n!1∑k=0n(kn)xkyn−k=n!(x+y)n par la formule du binôme. En sommant : exey=∑n!(x+y)n=ex+y. Vérification numérique avec x=0,7 et y=0,4 : les deux membres valent 3,0041660239.
d)
Ces séries convergent (alternées) mais pas absolument, puisque ∑n+11 est une série de Riemann d'exposant 21. Tous les produits akan−k ont le même signe (−1)n, donc aucune compensation n'a lieu et ∣cn∣=∑k=0n(k+1)(n−k+1)1. Or (k+1)(n−k+1)≤(2n+1)2 par l'inégalité entre moyennes, donc chaque terme est minoré par 2n+11 et ∣cn∣≥2n+1n+1→2. Le terme général ne tend pas vers 0 : le produit de Cauchy DIVERGE. Numériquement ∣c200∣≈2,94 et ∣c800∣≈3,04.
e)
L'hypothèse de convergence absolue n'est pas une précaution de confort : elle est indispensable. Deux séries parfaitement convergentes peuvent avoir un produit de Cauchy divergent, donc l'égalité ∑cn=(∑an)(∑bn) n'a même pas de sens dans ce cas. C'est le même phénomène que pour le réarrangement : sans convergence absolue, les manipulations valables sur les sommes finies cessent d'être licites.
Exercice 10 : Problème de synthèse : l'arbre de décision complet
Pour chacune des huit séries, indiquez d'abord LE critère que vous choisissez et pourquoi, avant tout calcul, puis concluez. C'est la démarche complète du chapitre, et c'est exactement la question qui tombe en fin d'examen.
a)∑n≥1nnn!3nb)∑n≥2n(lnn)21c)∑n≥1n2cosn
d) ∑n≥1(n+1−n) e) ∑n≥1n+n(−1)n
f) ∑n≥1(n+1n)n2 g) ∑n≥1n1+1/n1 h) ∑n≥1nsinn
i) Résumez en cinq lignes l'arbre de décision que vous venez d'appliquer.
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Réponses
a)Divergente ; absolue ; absolue
d)Divergente ; semi-convergente
f)Absolue ; divergente ; semi-convergente
i)Terme général, signe, critère adapté
a)
Factorielle et puissance n-ième : d'Alembert. Le rapport tend vers e3≈1,104>1 : DIVERGE.
b)
Fraction avec logarithme au dénominateur : test de l'intégrale, ou condensation. Avec u=lnx, l'intégrale devient ∫u2du, convergente : CONVERGE. (La condensation donne ∑n2(ln2)21, même conclusion.)
c)
Numérateur borné sans équivalent : majoration directe. n2cosn≤n21, série convergente : ABSOLUMENT CONVERGENTE.
d)
Différence de deux quantités équivalentes : on rationalise plutôt que de développer. n+1−n=n+1+n1∼2n1, série de Riemann d'exposant 21 : DIVERGE. (On peut aussi voir que la somme partielle télescope en N+1−1→+∞.)
e)
Série alternée : critère de Leibniz. n+n1 décroît vers 0, donc la série CONVERGE ; mais n+n1∼n1, donc pas absolument : SEMI-CONVERGENTE.
f)
Puissance n-ième en bloc : critère de Cauchy. nan=(n+1n)n=(1+n1)n1→e1<1 : CONVERGE.
g)
Piège : l'exposant tend vers 1, on pourrait croire à la série harmonique. On écrit n1+1/n=n⋅n1/n et n1/n=enlnn→1. Donc an∼n1 et, par comparaison par limite sur des termes positifs, la série DIVERGE. L'exposant supplémentaire n1 est trop faible pour faire basculer quoi que ce soit.
h)
Signes irréguliers, ni positifs ni alternés : critère d'Abel. n1 décroît vers 0 et les sommes partielles de sinn sont bornées : CONVERGE, et seulement semi-convergente.
i)
L'arbre. Premièrement, le terme général tend-il vers 0 ? Sinon, divergence, terminé. Deuxièmement, les termes sont-ils de signe constant ? Si oui : chercher un équivalent et conclure par Riemann ou par comparaison ; en présence de factorielles ou de kn, prendre d'Alembert ; en présence d'une puissance n-ième en bloc, prendre Cauchy ; si le rapport donne 1, essayer Raabe-Duhamel, l'intégrale ou la condensation. Troisièmement, si le signe varie : tester d'abord la convergence absolue ; sinon appliquer Leibniz si la série est alternée, Abel si la partie oscillante a des sommes partielles bornées, et sinon développer le terme général jusqu'à séparer une partie convergente et une partie de signe constant. Quatrièmement, ne jamais raisonner par équivalent hors du cas du signe constant. Cinquièmement, si une somme exacte est demandée, chercher un télescopage, une géométrique ou une série connue.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Télescopages avec racines, arctangente et factorielles
Chaque série se télescope à condition d'écrire son terme comme la différence de deux termes consécutifs d'une même suite. Trouvez cette suite, écrivez la somme partielle, puis calculez la somme.
a) ∑n≥1(n1−n+11)
b) ∑n≥1arctann2+n+11, en utilisant arctanp−arctanq=arctan1+pqp−q pour p>q≥0.
c) ∑n≥1(n+2−2n+1+n)
d) ∑n≥1(n+1)!n
e) ∑n≥0(3n+1)(3n+4)1
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Réponses
a)1
b)4π
c)1−2
d)1
e)31
a)
Suite vn=n1 : SN=v1−vN+1=1−N+11→1. La somme vaut 1.
b)
Avec p=n+1 et q=n : arctan(n+1)−arctann=arctan1+n(n+1)1=arctann2+n+11. D'où SN=arctan(N+1)−arctan1→2π−4π=4π≈0,785.
c)
Le terme est une différence de différences : (n+2−n+1)−(n+1−n)=wn+1−wn avec wn=n+1−n=n+1+n1→0. Donc SN=wN+1−w1→0−(2−1)=1−2≈−0,414. Les termes sont négatifs, ce qui est cohérent avec la concavité de la racine.
d)
(n+1)!n=(n+1)!(n+1)−1=n!1−(n+1)!1 : SN=1!1−(N+1)!1→1. L'astuce consiste à faire apparaître au numérateur le facteur qui simplifie la factorielle.
e)
(3n+1)(3n+4)1=31(3n+11−3n+41) : la suite est 3n+11, et 3(n+1)+1=3n+4 est bien son terme suivant. SN=31(1−3N+41)→31. Le coefficient 31 est l'écart entre les deux facteurs, qu'on oublie souvent.
Exercice 12 : La règle de Raabe-Duhamel sur des produits
Rappel (exercice 4) : pour une série à termes positifs, si anan+1=1−nα+o(n1), la série converge si α>1 et diverge si α<1.
a) Soit an=3⋅6⋅9⋯(3n)1⋅4⋅7⋯(3n−2). Simplifiez le rapport anan+1, calculez α et concluez.
b) Contrôle numérique : calculez n(1−anan+1) pour n=100.
c) Pour a>0, on pose un=(a+1)(a+2)⋯(a+n)n!. Calculez α et discutez la nature de ∑un selon a.
d) Simplifiez un pour a=1 et pour a=3, retrouvez les conclusions de c), et calculez ∑n≥1un pour a=3.
e) Déterminez la nature de ∑an2 pour la suite de a).
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Réponses
a)α=32 : diverge
b)303200≈0,660
c)α=a : converge si a>1
d)a=1 : diverge ; a=3 : somme 21
e)α=34 : converge
a)
Passer de an à an+1 ajoute un facteur 3n+1 en haut et 3n+3 en bas : anan+1=3n+33n+1=1−3n+32=1−3n2+o(n1). D'Alembert donne 1 et ne conclut pas ; Raabe-Duhamel donne α=32<1 : la série DIVERGE.
b)
n(1−3n+33n+1)=3n+32n, et pour n=100 : 303200≈0,660, déjà proche de 32.
c)
unun+1=a+n+1n+1=1−n+a+1a=1−na+o(n1) : α=a. La série converge si a>1 et diverge si a<1 ; la règle ne dit rien pour a=1.
d)
Pour a=1 : un=2⋅3⋯(n+1)n!=n+11, série harmonique décalée : DIVERGE, le cas frontière est tranché à la main. Pour a=3 : 4⋅5⋯(n+3)=3!(n+3)!, donc un=(n+3)!6n!=(n+1)(n+2)(n+3)6∼n36 : CONVERGE, comme annoncé par α=3. Somme : (n+1)(n+2)(n+3)1=21((n+1)(n+2)1−(n+2)(n+3)1) télescope depuis n=1 vers 21⋅2⋅31=121, d'où ∑n≥1un=126=21.
e)
an2an+12=(1−3n+32)2=1−3n4+o(n1) : α=34>1, donc ∑an2 CONVERGE. Élever au carré double α : cela reflète que an se comporte comme une constante fois n−2/3, et an2 comme n−4/3.
Exercice 13 : Le critère d'Abel en pratique
Rappel (exercice 8) : si (an) décroît vers 0 et si les sommes partielles de (bn) sont bornées, alors ∑anbn converge. Pour chaque série, dites si elle est absolument convergente, semi-convergente ou divergente.
a) ∑n≥2lnnsin(2n), en admettant ∣∑k=1nsin(2k)∣≤sin11. Donnez la valeur de cette borne.
b) ∑n≥1n1cos3nπ. Donnez le maximum de ∑k=1ncos3kπ.
c) ∑n≥1n1cos2nπ, dont vous calculerez la somme.
d) ∑n≥1n3/2sinn
e) ∑n≥1nsin2n
Voir la correction
Réponses
a)Semi-convergente
b)Sommes partielles bornées par 23 ; semi-convergente
c)−21ln2 ; semi-convergente
d)Absolument convergente
e)Divergente
a)
lnn1 décroît vers 0 sur n≥2, et les sommes partielles de sin(2k) sont bornées par sin11≈1,188 (même calcul qu'à l'exercice 8 avec la raison e2i : ∣e2i−1∣2=sin11). Abel : la série converge. En valeur absolue, lnn∣sin2n∣≥lnnsin22n=2lnn1−2lnncos4n : la première série diverge (son terme dépasse 2n1), la seconde converge par Abel, donc la minoration diverge. SEMI-CONVERGENTE.
b)
cos3kπ est périodique de période 6 : 21,−21,−1,−21,21,1, de somme nulle. Les sommes partielles valent 21,0,−1,−23,−1,0 puis recommencent : bornées, de maximum 23 en valeur absolue. Abel avec n1 : la série converge. Comme cos3nπ≥21, la série des valeurs absolues dépasse ∑2n1 et diverge. SEMI-CONVERGENTE.
c)
cos2nπ vaut 0 pour n impair et (−1)m pour n=2m. La série est donc ∑m≥12m(−1)m=−21(1−21+31−⋯)=−21ln2≈−0,347. Retirer les termes nuls ne change ni la nature ni la somme, puisque les sommes partielles restent les mêmes. Valeurs absolues : ∑2m1 diverge. SEMI-CONVERGENTE.
d)
n3/2sinn≤n3/21, Riemann avec p=23>1 : ABSOLUMENT CONVERGENTE. Abel est inutile ici : on teste toujours la convergence absolue en premier.
e)
Termes positifs. sin2n=21−cos2n, donc nsin2n=2n1−2ncos2n. La série ∑2ncos2n converge par Abel et ∑2n1 diverge : la série DIVERGE. Un carré de sinus n'est pas petit : il vaut 21 en moyenne, et la série se comporte comme ∑2n1.
Exercice 14 : Le produit de Cauchy de deux lois géométriques
Deux files d'attente sont indépendantes. On attend X minutes à la première et Y minutes à la seconde, avec P(X=k)=(21)k+1 et P(Y=k)=32(31)k pour k=0,1,2,… La probabilité d'attendre n minutes au total est cn=P(X+Y=n)=∑k=0nP(X=k)P(Y=n−k) : c'est le produit de Cauchy des deux séries.
a) Vérifiez que ∑k≥0P(X=k)=1 et ∑k≥0P(Y=k)=1.
b) Calculez c0, c1 et c2.
c) Montrez que cn=2n1−3n+12, en utilisant ∑k=0nukvn−k=u−vun+1−vn+1 pour u=v. Déduisez-en c3.
d) Justifiez sans calcul que ∑n≥0cn=1, puis vérifiez-le avec la formule de c).
e) Calculez la probabilité d'attendre au moins 3 minutes au total.
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Réponses
a)Deux géométriques de somme 1
b)31, 185, 10819
c)cn=2n1−3n+12 ; c3≈0,100
d)Produit de Cauchy : 1
e)10823≈0,213
a)
Deux géométriques : ∑(21)k+1=1−1/21/2=1 et 32∑(31)k=32⋅1−1/31=1.
cn=∑k=0n21(21)k⋅32(31)n−k=31∑k=0nukvn−k avec u=21, v=31 et u−v=61. D'où cn=31⋅6(2n+11−3n+11)=2n1−3n+12. Contrôle : c0=1−32=31 et c1=21−92=185. Puis c3=81−812=64865≈0,100.
d)
Les deux séries sont à termes positifs et convergentes, donc absolument convergentes : le théorème du produit de Cauchy donne ∑cn=1×1=1. C'est aussi évident en probabilités, puisque X+Y prend forcément une valeur entière. Vérification : ∑2n1=2 et ∑3n+12=1−1/32/3=1, d'où 2−1=1.
e)
P(X+Y≥3)=1−(c0+c1+c2)=1−10836+30+19=10823≈0,213. On se sert de la somme totale connue : plutôt que d'additionner une infinité de cn, on retire les trois premiers.
Exercice 15 : Accélérer la série harmonique alternée
La série harmonique alternée converge vers ln2, mais lentement. On note Sn=∑k=1nk(−1)k+1 et l'on admet que ln2−Sn=(−1)nIn, avec In=∫011+xxndx. On veut gagner en précision sans calculer davantage de termes.
a) Calculez S10 au millième et l'erreur ∣ln2−S10∣. Comparez à la borne 111 du critère des séries alternées.
b) On pose An=2Sn+Sn+1. Montrez que An=Sn+2(n+1)(−1)n, puis calculez A10 et son erreur.
c) Par une intégration par parties, montrez que In=2(n+1)1+n+11∫01(1+x)2xn+1dx, puis que ∣ln2−An∣≤(n+1)(n+2)1. Donnez cette borne pour n=10.
d) Quel rang n garantit une erreur d'au plus 10−4, d'abord avec Sn et la borne du critère, puis avec An et la borne de c) ?
e) Pourquoi la moyenne de deux sommes partielles consécutives est-elle si efficace pour une série alternée ?
Voir la correction
Réponses
a)S10≈0,646, erreur 0,0475
b)A10≈0,6911, erreur 0,0021
c)Borne (n+1)(n+2)1
d)9999 contre 99
e)La moyenne compense le zigzag
a)
S10=1−21+⋯−101=25201627≈0,646. Avec ln2≈0,6931, l'erreur vaut 0,0475, à peu près la moitié de la borne 111≈0,0909. La borne du critère est sûre, mais pessimiste d'un facteur deux environ.
b)
Sn+1=Sn+n+1(−1)n, donc An=22Sn+n+1(−1)n=Sn+2(n+1)(−1)n. Pour n=10 : A10=S10+221≈0,6456+0,0455=0,6911, avec une erreur d'environ 0,0021 : plus de vingt fois plus précis que S10, pour le même travail.
c)
On intègre par parties avec xn comme dérivée de n+1xn+1 : In=[(n+1)(1+x)xn+1]01+n+11∫01(1+x)2xn+1dx=2(n+1)1+n+1Jn, avec 0≤Jn≤∫01xn+1dx=n+21. Or ln2−An=(−1)nIn−2(n+1)(−1)n=(−1)nn+1Jn, d'où ∣ln2−An∣≤(n+1)(n+2)1. Pour n=10 : 1321≈0,0076, compatible avec l'erreur réelle 0,0021.
d)
Avec Sn : n+11≤10−4 exige n≥9999. Avec An : il faut (n+1)(n+2)≥104 ; n=98 donne 99×100=9900, insuffisant, et n=99 donne 100×101=10100. Il suffit donc de n=99, c'est-à-dire de S99 et S100 : cent termes au lieu de dix mille.
e)
Les sommes partielles d'une série alternée sautent alternativement au-dessus et au-dessous de la limite, et celle-ci se trouve presque au milieu de deux sommes consécutives : l'erreur de Sn vaut environ la moitié du terme suivant, avec un signe qui alterne. La moyenne compense ces deux erreurs presque exactement et ne laisse qu'un résidu d'ordre n21. En moyennant à nouveau les moyennes, on accélère encore : c'est le principe des méthodes d'accélération de convergence.
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