Chimie des solutions 202-NYB • Examen blanc corrigé à Montréal
Examen blanc de synthèse : chimie des solutions (202-NYB)
Voici un examen blanc de synthèse pour le cours de chimie des solutions 202-NYB, deuxième cours de chimie du programme Sciences de la nature au cégep, également suivi en complément québécois par les élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas à Montréal.
Il est calibré sur un examen final réel : 12 exercices, 100 points, 3 heures. La différence avec les séries de chapitre est volontaire : chaque exercice croise au moins deux chapitres du cours et aucune question n'annonce sa méthode. C'est là que se joue la note, car un examen final ne demande pas de savoir appliquer un tableau ICE, il demande de reconnaître qu'il en faut un.
Toutes les constantes utiles sont fournies dans les énoncés.
Rappel de cours
•Pour un équilibre élémentaire, la constante d'équilibre est le rapport des constantes de vitesse des deux sens : K=k−1k1. Un catalyseur multiplie les deux par le même facteur, donc il ne change jamais K.
•Les énergies d'activation des deux sens sont reliées à l'enthalpie de réaction par Ea(direct)−Ea(inverse)=ΔH.
•Arrhenius : lnk1k2=−REa(T21−T11). Van 't Hoff : lnK1K2=−RΔH(T21−T11).
•Comparer Q à K donne le SENS de l'évolution ; seule la cinétique donne le TEMPS. Les deux questions sont indépendantes.
•Un ion dont l'acide conjugué est faible voit sa concentration commandée par le pH : pour H2S, [S2−]=[H3O+]2Ka1Ka2[H2S]. C'est le levier de toute précipitation sélective de sulfures.
•Un indicateur coloré vire sur environ pKa±1. On le choisit pour que sa zone de virage encadre le pH au point d'équivalence, qui n'est 7 que pour un titrage fort-fort.
•Relations d'oxydoréduction : ΔG∘=−nFE∘ avec F=96485 coulombs par mole, et E∘=n0,0592logK à 25 degrés Celsius.
•Énergie libre : ΔG∘=ΔH∘−TΔS∘. La température d'inversion vaut ΔS∘ΔH∘.
Partie A : Cinétique et équilibre (/25)
Exercice 1 : Deux vitesses, une constante d'équilibre
L'isomérisation A⇌B est élémentaire dans les deux sens. À 25 degrés Celsius, la constante de vitesse directe vaut k1=4,0×10−3s−1 et la constante inverse k−1=5,0×10−4s−1.
On part de [A]0=0,50 mole par litre, sans B.
a) Montrez qu'à l'équilibre les deux vitesses sont égales, et déduisez-en la constante d'équilibre K.
b) Calculez les concentrations de A et de B à l'équilibre, au dix-millième.
c) On montre que l'écart à l'équilibre décroît exponentiellement avec la constante k1+k−1. Calculez le temps nécessaire pour parcourir la moitié du chemin vers l'équilibre.
d) Un catalyseur multiplie k1 par 100. Que deviennent K, les concentrations finales et le temps calculé au c) ?
Voir la correction
a) À l'équilibre, la vitesse directe k1[A] et la vitesse inverse k−1[B] se compensent exactement, ce qui n'annule pas les deux mais les rend égales : c'est un équilibre dynamique. De k1[A]=k−1[B] on tire [A][B]=k−1k1, qui est par définition K. Donc K=5,0×10−44,0×10−3=8,0.
b) La quantité totale se conserve : [A]+[B]=0,50. Avec [B]=8[A], on obtient 9[A]=0,50, donc [A]≈0,0556 et [B]≈0,4444 mole par litre. Le rapport vaut bien 8.
c) La constante d'approche vaut k1+k−1=4,5×10−3s−1, donc le temps de demi-approche est 4,5×10−3ln2≈154,0 secondes, soit environ 2 minutes et 34 secondes. On notera que ce n'est PAS k1ln2 : les deux réactions se déroulent simultanément et c'est leur somme qui gouverne la vitesse de retour à l'équilibre.
d) Un catalyseur abaisse la barrière d'activation, qui est la même colline vue des deux versants : il multiplie donc k1 ET k−1 par le même facteur 100. Le rapport K=k−1k1 est inchangé et vaut toujours 8, donc les concentrations finales sont exactement les mêmes qu'au b). Seule la vitesse change : k1+k−1 est multipliée par 100 et le temps de demi-approche tombe à environ 1,54 seconde. C'est la formulation la plus nette de la règle du cours : un catalyseur agit sur le temps, jamais sur la destination.
Exercice 2 : Les deux versants de la colline
Une réaction en phase gazeuse a une énergie d'activation directe de 85 kilojoules par mole et une enthalpie de réaction de −45 kilojoules par mole.
On donne R=8,314 joules par mole et par kelvin, et on travaille entre T1=298 K et T2=348 K, pour lesquelles T21−T11≈−4,8214×10−4K−1.
a) Déduisez l'énergie d'activation de la réaction inverse et représentez la situation par un profil énergétique commenté.
b) Par combien la constante de vitesse directe est-elle multipliée lorsqu'on passe de 298 K à 348 K ?
c) Même question pour la constante inverse.
d) Déduisez des deux résultats précédents le facteur par lequel K est multipliée, puis retrouvez-le par la relation de Van 't Hoff.
e) Chauffer accélère pourtant les deux sens. Expliquez sans paradoxe pourquoi le rendement à l'équilibre diminue quand même.
Voir la correction
a) La barrière vue depuis les produits est plus haute que celle vue depuis les réactifs, de la valeur exacte de la chute d'énergie : Ea(inverse)=Ea(direct)−ΔH=85−(−45)=130 kilojoules par mole. Sur le profil, les réactifs sont à gauche, l'état de transition culmine 85 kJ plus haut, et les produits redescendent 45 kJ plus bas que les réactifs, donc 130 kJ sous le sommet.
b) lnk1k2=−8,31485000×(−4,8214×10−4)≈4,929, donc le rapport vaut e4,929≈138,3. Cinquante degrés de plus multiplient la vitesse directe par environ 138.
c) Avec Ea=130 kJ : lnk1k2=−8,314130000×(−4,8214×10−4)≈7,539, donc le rapport vaut e7,539≈1879,8. La réaction inverse est accélérée bien davantage, parce que sa barrière est plus haute et que c'est justement la hauteur de la barrière qui rend une réaction sensible à la température.
d) Comme K=k−1k1, le facteur sur K est le quotient des deux facteurs : 1879,8138,3≈0,0736. Par Van 't Hoff : lnK1K2=−8,314−45000×(−4,8214×10−4)≈−2,610, donc K1K2≈0,0736. Les deux voies donnent rigoureusement le même nombre, ce qui n'a rien d'un hasard : Van 't Hoff n'est que la différence des deux relations d'Arrhenius, puisque ΔH=Ea(direct)−Ea(inverse).
e) Il n'y a pas de paradoxe parce que vitesse et rendement répondent à deux questions différentes. Chauffer accélère effectivement les deux sens, donc l'équilibre est atteint bien plus vite : ici environ 138 fois plus vite pour le sens direct. Mais l'équilibre atteint n'est pas le même, car le sens inverse a été accéléré 14 fois plus que le sens direct, ce qui déplace le point de rencontre vers les réactifs. On retrouve Le Chatelier : pour une réaction exothermique, élever la température défavorise les produits. Le chimiste industriel arbitre donc en permanence entre arriver vite et arriver loin, et c'est exactement le compromis du procédé Haber.
Exercice 3 : Le sens, puis le temps
À 450 degrés Celsius, l'équilibre H2(g)+I2(g)⇌2HI(g) a pour constante Kc=50,0.
On introduit dans un ballon de 1,00 litre 0,100 mole de dihydrogène et 0,100 mole de diiode, sans iodure d'hydrogène.
a) Calculez le quotient réactionnel initial et prédisez le sens d'évolution.
b) Déterminez les trois concentrations à l'équilibre, au dix-millième. Remarquez que la forme de K permet ici d'éviter l'équation du second degré.
c) Le système ayant atteint l'équilibre, on injecte brutalement de l'iodure d'hydrogène pour porter sa concentration à 0,300 mole par litre, sans changer le volume. Calculez le nouveau quotient et prédisez l'évolution.
d) Un étudiant conclut du c) que « la réaction inverse est plus rapide que la directe ». Corrigez cette phrase.
Voir la correction
a) Q=[H2][I2][HI]2=0,100×0,10002=0. Comme Q<K, le système évolue dans le sens direct, vers la formation d'iodure d'hydrogène.
b) Avec un avancement volumique x : [H2]=[I2]=0,100−x et [HI]=2x. Alors K=(0,100−x)2(2x)2, et comme les deux membres sont des carrés de quantités positives on peut prendre la racine : 0,100−x2x=50,0≈7,0711. D'où 2x=0,70711−7,0711x, soit 9,0711x=0,70711 et x≈0,07795. Les concentrations à l'équilibre sont donc [H2]=[I2]≈0,0220 et [HI]≈0,1559 mole par litre. Vérification : 0,022020,15592≈50,0.
c) Q=0,022020,3002≈185,1. Comme Q>K, le système évolue cette fois dans le sens inverse, consommant l'iodure d'hydrogène jusqu'à ce que le quotient redescende à 50,0.
d) La phrase confond le sens d'évolution avec une comparaison de constantes de vitesse. Ce que dit Q>K, c'est qu'À CET INSTANT la vitesse inverse dépasse la vitesse directe, parce que la concentration en iodure d'hydrogène a été portée très au-dessus de sa valeur d'équilibre. Cela ne dit rien sur les constantes k1 et k−1, qui n'ont pas bougé puisque la température n'a pas changé. D'ailleurs, à mesure que le système revient vers l'équilibre, les deux vitesses se rapprochent et finissent par s'égaler à nouveau, sans qu'aucune constante n'ait varié. Une vitesse dépend des concentrations autant que de la constante.
Partie B : Acides-bases et solubilité (/25)
Exercice 4 : Précipiter un sulfure sous contrôle du pH
Une solution contient des ions cuivre (II) et des ions zinc (II), chacun à 1,0×10−2 mole par litre. On la sature en sulfure d'hydrogène, de sorte que [H2S]=0,10 mole par litre, et on fixe l'acidité à [H3O+]=0,30 mole par litre.
Données : Ka1=1,0×10−7 et Ka2=1,3×10−13 pour le sulfure d'hydrogène ; Kps(CuS)=8,0×10−37 et Kps(ZnS)=1,6×10−24.
a) Établissez l'expression de [S2−] en fonction de [H2S] et de [H3O+], en combinant les deux équilibres d'acidité.
b) Calculez [S2−] dans les conditions de l'énoncé.
c) Pour chacun des deux sulfures, calculez le quotient ionique et dites s'il précipite.
d) L'objectif est de séparer les deux métaux. Le pH choisi convient-il ? Sinon, faut-il l'augmenter ou le diminuer ? Justifiez sans recalculer.
Voir la correction
a) Les deux ionisations successives s'écrivent Ka1=[H2S][H3O+][HS−] et Ka2=[HS−][H3O+][S2−]. En multipliant membre à membre, l'ion HS− disparaît : Ka1Ka2=[H2S][H3O+]2[S2−], d'où [S2−]=[H3O+]2Ka1Ka2[H2S].
b) [S2−]=(0,30)21,0×10−7×1,3×10−13×0,10=0,0901,3×10−21≈1,44×10−20 mole par litre. La concentration en ion sulfure est donc pilotée au vingtième ordre de grandeur par la seule acidité, ce qui en fait un réglage d'une finesse remarquable.
c) Pour le sulfure de cuivre : Q=[Cu2+][S2−]=1,0×10−2×1,44×10−20≈1,44×10−22, très supérieur à 8,0×10−37 : il précipite massivement, avec quinze ordres de grandeur de marge. Pour le sulfure de zinc, le quotient est identique puisque les deux cations sont à la même concentration, soit 1,44×10−22, ce qui dépasse encore 1,6×10−24 d'un facteur 90 : il précipite lui aussi.
d) Non, le pH ne convient pas, puisque les deux sulfures précipitent ensemble et qu'on ne sépare donc rien. Il faut abaisser [S2−], or celle-ci varie comme l'inverse du carré de [H3O+] : il faut donc rendre la solution PLUS acide, c'est-à-dire diminuer le pH. Comme le sulfure de zinc est le plus soluble des deux, de treize ordres de grandeur, c'est lui qui cessera de précipiter le premier, et il existe une large fenêtre d'acidité où le cuivre est entièrement précipité tandis que le zinc reste en solution. C'est exactement le principe de la séparation analytique des cations en groupes.
Exercice 5 : Séparer deux métaux avec un tampon
Un effluent contient des ions fer (III) et des ions nickel (II), chacun à 1,0×10−2 mole par litre. On veut récupérer le fer sous forme d'hydroxyde sans entraîner le nickel.
Données : Kps(Fe(OH)3)=2,8×10−39 et Kps(Ni(OH)2)=5,5×10−16. On prendra Ke=1,0×10−14.
a) On tamponne à pH 3,0. Calculez la concentration résiduelle en ion fer (III) à l'équilibre avec son hydroxyde.
b) À ce même pH, le nickel précipite-t-il ? Justifiez par un calcul.
c) Quel pourcentage du fer initial reste en solution à pH 3,0 ? La séparation est-elle satisfaisante ?
d) Un technicien propose de travailler plutôt à pH 8,0 pour « précipiter plus complètement ». Calculez les deux concentrations résiduelles à ce pH et jugez la proposition.
e) Expliquez pourquoi c'est la charge du cation, et non la valeur brute des deux produits de solubilité, qui rend cette séparation si nette.
Voir la correction
a) À pH 3,0, [OH−]=10−310−14=1,0×10−11 mole par litre. L'équilibre donne [Fe3+]=[OH−]3Kps=(1,0×10−11)32,8×10−39=1,0×10−332,8×10−39=2,8×10−6 mole par litre.
b) Pour le nickel, la concentration qui serait à l'équilibre vaut (1,0×10−11)25,5×10−16=5,5×106 mole par litre, un nombre absurde qu'aucune solution ne peut atteindre. Autrement dit le quotient ionique réel, 1,0×10−2×(10−11)2=1,0×10−24, est très inférieur à 5,5×10−16 : le nickel ne précipite pas du tout.
c) Le fer résiduel représente 1,0×10−22,8×10−6=2,8×10−4, soit 0,028% du fer initial. Plus de 99,97 % du fer est précipité tandis que la totalité du nickel reste en solution : la séparation est excellente.
d) À pH 8,0, [OH−]=1,0×10−6. Le fer résiduel devient 10−182,8×10−39=2,8×10−21 mole par litre, gain parfaitement inutile puisqu'il était déjà négligeable. Mais le nickel résiduel tombe à 10−125,5×10−16=5,5×10−4 mole par litre, très inférieur à 1,0×10−2 : le nickel précipite alors à 94,5 %. La proposition est donc mauvaise, et même contre-productive : elle détruit exactement ce qu'on cherchait à obtenir, la sélectivité. Précipiter plus n'est un progrès que si l'on précipite ce qu'il faut.
e) Parce que l'exposant sur [OH−] diffère : il vaut 3 pour un cation trivalent et 2 pour un cation divalent. La concentration résiduelle du fer varie donc comme [OH−]−3 et celle du nickel comme [OH−]−2. Chaque unité de pH gagnée divise le fer résiduel par mille et le nickel seulement par cent : l'écart entre les deux se creuse d'un facteur dix par unité de pH, mécaniquement. Deux cations de même charge, même avec des produits de solubilité très différents, se sépareraient beaucoup moins proprement, car leurs courbes resteraient parallèles au lieu de diverger.
Exercice 6 : Choisir l'indicateur, et comprendre pourquoi
On titre 25,0 millilitres d'acide éthanoïque à 0,100 mole par litre par de l'hydroxyde de sodium à 0,100 mole par litre. On donne Ka=1,8×10−5 et Ke=1,0×10−14.
Trois indicateurs sont disponibles : l'hélianthine (pKa=3,7), le bleu de bromothymol (pKa=7,0) et la phénolphtaléine (pKa=9,4). Un indicateur vire sur environ pKa±1.
a) Calculez le volume de base versé à l'équivalence, puis la concentration en ion éthanoate à ce moment.
b) Calculez le pH à l'équivalence.
c) Donnez la zone de virage de chacun des trois indicateurs et choisissez celui qui convient.
d) Un étudiant choisit l'hélianthine « parce que c'est un titrage d'acide ». Quelle erreur commet-il, et de combien de millilitres se tromperait-il approximativement ?
e) Pour quel type de titrage les trois indicateurs conviendraient-ils tous les trois ?
Voir la correction
a) À l'équivalence, les quantités de matière sont égales, et comme les concentrations le sont aussi, le volume versé vaut 25,0 millilitres. Le volume total est alors de 50,0 millilitres, donc l'ion éthanoate formé, 2,50×10−3 mole, se trouve dans deux fois le volume initial : sa concentration vaut 0,0500 mole par litre.
b) À l'équivalence il ne reste que l'ion éthanoate, base faible conjuguée. Sa constante de basicité vaut Kb=KaKe=1,8×10−51,0×10−14≈5,56×10−10. En négligeant l'autoprotolyse, [OH−]=KbC=5,56×10−10×0,0500≈5,27×10−6, d'où pOH≈5,28 et pH≈8,72. Le point d'équivalence d'un titrage acide faible-base forte est donc basique, et non neutre.
c) Les zones de virage sont approximativement [2,7;4,7] pour l'hélianthine, [6,0;8,0] pour le bleu de bromothymol et [8,4;10,4] pour la phénolphtaléine. Seule cette dernière encadre le pH d'équivalence de 8,72 : c'est elle qu'il faut choisir.
d) Il applique une règle qui n'existe pas : l'indicateur ne se choisit pas d'après la nature du réactif titré mais d'après le pH au point d'équivalence, lequel dépend du COUPLE mis en jeu. L'hélianthine virerait vers pH 4, c'est-à-dire bien avant l'équivalence, dans la zone tampon où le pH monte très lentement. Comme le pH vaut pKa=4,74 à la demi-équivalence, un virage vers pH 3,7 à 4,7 se produit aux alentours de la demi-équivalence : l'étudiant arrêterait le titrage vers 12 à 13 millilitres au lieu de 25, sous-estimant la concentration de l'acide de près de la moitié. L'erreur n'est pas un détail de teinte, elle est du même ordre que la mesure.
e) Pour un titrage acide fort-base forte. Le saut de pH y est très grand, typiquement de 3 à 11 pour une seule goutte au voisinage de l'équivalence, si bien que les trois zones de virage sont toutes traversées en une fraction de millilitre. Le pH d'équivalence y vaut d'ailleurs exactement 7, puisque les ions restants sont ceux d'un sel neutre. C'est le seul cas où le choix de l'indicateur est indifférent, et c'est précisément ce qui le rend trompeur comme exemple d'introduction.
Partie C : Oxydoréduction et thermodynamique (/25)
Exercice 7 : Un potentiel standard caché dans un produit de solubilité
On plonge un fil d'argent dans une solution contenant des ions chlorure à 1,0 mole par litre, saturée en chlorure d'argent solide. L'électrode obtenue est l'électrode au chlorure d'argent, très utilisée comme référence.
Données à 25 degrés Celsius : E∘(Ag+/Ag)=+0,80 volt, Kps(AgCl)=1,8×10−10, et n0,0592log pour l'équation de Nernst.
a) Calculez la concentration en ion argent dans cette solution.
b) Déduisez-en le potentiel réel de l'électrode par l'équation de Nernst.
c) Montrez que ce potentiel est aussi le potentiel STANDARD du couple AgCl/Ag, et établissez la relation générale E∘(AgCl/Ag)=E∘(Ag+/Ag)+0,0592logKps.
d) La valeur tabulée est +0,222 volt. Commentez l'accord.
e) Expliquez pourquoi cette électrode fait une bien meilleure référence de laboratoire qu'un simple fil d'argent dans une solution d'ions argent.
Voir la correction
a) L'équilibre de solubilité impose [Ag+][Cl−]=Kps. Comme [Cl−]=1,0, on obtient directement [Ag+]=1,8×10−10 mole par litre.
b) L'équation de Nernst pour le couple Ag+/Ag, où n=1, s'écrit E=E∘+0,0592log[Ag+]=0,80+0,0592log(1,8×10−10). Or log(1,8×10−10)≈−9,745, donc E≈0,80−0,577≈0,223 volt.
c) Le couple AgCl+e−⇌Ag+Cl− est dans ses conditions standards dès que [Cl−]=1,0 mole par litre, le chlorure d'argent et l'argent étant des solides purs. Le potentiel calculé au b) est donc bien E∘(AgCl/Ag). En reprenant le calcul en lettres : E∘(AgCl/Ag)=E∘(Ag+/Ag)+0,0592log[Cl−]Kps, qui se réduit à la relation demandée pour [Cl−]=1,0.
d) L'accord est excellent : 0,223 volt calculé contre 0,222 volt tabulé, soit un millivolt d'écart, entièrement imputable aux arrondis sur Kps et sur le facteur 0,0592. Ce n'est pas une coïncidence numérique mais une vérification de cohérence du cours : la thermodynamique du couple redox et celle de l'équilibre de solubilité décrivent le même système et doivent nécessairement s'accorder. Précipiter l'argent fait chuter son potentiel de près de 0,58 volt, tout simplement parce que le précipité maintient sa concentration dix milliards de fois plus basse.
e) Parce que son potentiel est fixé par un solide en équilibre, et non par une concentration qu'il faudrait préparer et maintenir. Tant qu'il reste du chlorure d'argent solide et que la concentration en chlorure est connue, en pratique une solution saturée de chlorure de potassium, le potentiel se rétablit de lui-même : un peu d'argent qui se dissout est aussitôt recompensé par l'équilibre. Une électrode Ag+/Ag ordinaire, elle, dérive dès que la solution s'évapore, se dilue ou se contamine. C'est le même principe que le tampon en acide-base : un système à réserve solide résiste aux perturbations, une solution simple n'y résiste pas.
Exercice 8 : Décider la température, puis payer l'électricité
La réduction d'un oxyde métallique par le carbone a pour enthalpie standard ΔH∘=+180 kilojoules par mole et pour entropie standard ΔS∘=+160 joules par mole et par kelvin, toutes deux supposées indépendantes de la température.
L'alternative est la voie électrolytique. On donne F=96485 coulombs par mole et M(Al)=26,98 grammes par mole.
a) Calculez ΔG∘ à 800 K et à 1400 K, et concluez sur la spontanéité dans chaque cas.
b) Déterminez la température d'inversion, en kelvins puis en degrés Celsius.
c) Expliquez pourquoi le signe de ΔS∘ rend cette inversion possible, et ce qui se passerait s'il était négatif.
d) On produit plutôt l'aluminium par électrolyse, selon Al3++3e−→Al. Calculez la charge nécessaire pour obtenir 1,00 kilogramme d'aluminium.
e) La cellule industrielle fonctionne sous 4,50 volts. Calculez l'énergie électrique théorique par kilogramme, en kilowattheures, et commentez.
Voir la correction
a) À 800 K : ΔG∘=180000−800×160=180000−128000=+52000 joules par mole, soit +52 kilojoules. La réaction n'est pas spontanée. À 1400 K : ΔG∘=180000−1400×160=180000−224000=−44000 joules, soit −44 kilojoules : elle devient spontanée.
b) L'inversion a lieu quand ΔG∘=0, soit T=ΔS∘ΔH∘=160180000=1125 K, c'est-à-dire environ 851,9 degrés Celsius. Au-dessus de cette température le procédé fonctionne, en dessous il ne fonctionne pas.
c) La réaction est endothermique, donc le terme ΔH∘ s'oppose seul à la spontanéité et ne dépend pas de la température. Le terme −TΔS∘, lui, est négatif puisque ΔS∘>0, et sa valeur absolue croît proportionnellement à T : il finit donc nécessairement par l'emporter. C'est le désordre créé, ici typiquement par le dégagement d'un gaz à partir d'un solide, qui paie la facture énergétique. Si ΔS∘ était négatif, les deux termes seraient défavorables à toute température et la réaction ne serait spontanée à aucune température : chauffer ne servirait qu'à accélérer une réaction qui ne se produit pas.
d) Un kilogramme correspond à 26,981000≈37,06 moles d'aluminium. Chaque mole exige 3 moles d'électrons, donc 3×96485=289455 coulombs. La charge totale vaut environ 37,06×289455≈1,073×107 coulombs, soit environ 2980 ampères-heures.
e) L'énergie vaut W=QU=1,073×107×4,50≈4,83×107 joules. En kilowattheures, en divisant par 3,6×106, on obtient environ 13,4 kilowattheures par kilogramme. C'est énorme : produire une tonne d'aluminium demande de l'ordre de 13 400 kilowattheures, soit la consommation électrique annuelle de plusieurs foyers. Et ce chiffre est un minimum théorique, qui ignore le rendement faradique et les pertes thermiques. Cela explique deux faits concrets : les alumineries s'installent là où l'électricité est abondante et peu chère, ce qui est précisément le cas du Québec, et le recyclage de l'aluminium, qui ne demande que la fusion, économise environ 95 % de cette énergie.
Exercice 9 : La pile à combustible contre le moteur thermique
Pour la formation d'une mole d'eau liquide à partir de dihydrogène et de dioxygène, on donne ΔH∘=−285,83 kilojoules par mole et ΔG∘=−237,13 kilojoules par mole. On rappelle F=96485 coulombs par mole.
Une pile à combustible réalise cette réaction électrochimiquement ; un moteur thermique la réalise par combustion.
a) Écrivez les deux demi-équations et déterminez le nombre d'électrons échangés par mole d'eau formée.
b) Calculez la tension standard théorique de la pile.
c) Le rendement thermodynamique maximal d'une pile à combustible est le rapport ΔH∘ΔG∘. Calculez-le et expliquez pourquoi il n'est pas de 100 %.
d) Un moteur thermique fonctionnant entre 1000 degrés Celsius et 100 degrés Celsius a pour rendement maximal 1−TcTf. Calculez-le et comparez.
e) Le rendement de la pile dépasse-t-il celui du moteur pour une raison de principe ou de technologie ? Que se passerait-il si ΔS∘ de la réaction était positif ?
Voir la correction
a) À l'anode, l'oxydation : H2→2H++2e−. À la cathode, la réduction : 21O2+2H++2e−→H2O. Il s'échange donc n=2 moles d'électrons par mole d'eau formée.
b) De ΔG∘=−nFE∘ on tire E∘=nF−ΔG∘=2×96485237130≈1,229 volt. C'est la tension bien connue d'une cellule hydrogène-oxygène, et c'est aussi la raison pour laquelle l'électrolyse de l'eau exige au minimum cette même tension.
c) Le rendement vaut −285,83−237,13≈0,830, soit environ 83 %. Il n'atteint pas 100 % parce que ΔG∘ et ΔH∘ diffèrent de TΔS∘, et que l'entropie de cette réaction est nettement négative : trois moles de gaz, une de dihydrogène et une demie de dioxygène, donnent une seule mole de liquide. Le système doit donc évacuer de la chaleur vers l'extérieur pour compenser cette perte de désordre, et cette chaleur n'est pas récupérable en travail électrique. Les 17 % manquants ne sont pas une imperfection technique, ce sont les TΔS∘ imposés par le second principe.
d) En kelvins, Tc=1273 et Tf=373, donc le rendement de Carnot vaut 1−1273373≈0,707, soit environ 70,7 %. La pile l'emporte donc de plus de douze points, et l'écart réel est bien plus grand encore puisqu'un moteur d'automobile n'atteint pas la moitié de son rendement de Carnot.
e) C'est une raison de principe. Le moteur thermique est limité par Carnot parce qu'il convertit d'abord toute l'énergie en chaleur, ce qui détruit l'information sur la forme organisée de l'énergie chimique, et qu'il faut ensuite remonter la pente. La pile, elle, ne passe jamais par la chaleur : elle convertit directement l'énergie chimique en travail électrique, et sa seule limite est ΔG∘, c'est-à-dire précisément la part convertible en travail. Si ΔS∘ était positif, alors ΔG∘ serait plus négatif que ΔH∘ et le rendement dépasserait 100 %, ce qui n'est pas une absurdité : la pile absorberait de la chaleur de l'ambiante et la convertirait aussi en travail. C'est le cas de certaines piles réelles, et cela ne viole pas le second principe puisque l'entropie totale augmente quand même.
Partie D : Problèmes de synthèse (/25)
Exercice 10 : Problème : identifier une solution par quatre mesures
Une solution aqueuse incolore de concentration 0,10 mole par litre est constituée d'un seul sel, dont on cherche l'identité. Quatre mesures indépendantes sont réalisées.
Mesure 1 : le pH vaut 5,2. Mesure 2 : l'ajout de nitrate d'argent donne un précipité blanc qui noircit à la lumière. Mesure 3 : l'ajout d'hydroxyde de sodium concentré dégage un gaz à odeur piquante qui bleuit un papier pH humide. Mesure 4 : la solution conduit bien le courant.
Données : Ke=1,0×10−14, et pour l'ion ammonium Ka=5,6×10−10.
a) Que révèle la mesure 2 sur l'anion ? Écrivez l'équation de la réaction observée.
b) Que révèle la mesure 3 sur le cation ? Écrivez l'équation correspondante.
c) La mesure 4 est-elle informative ? Justifiez.
d) Le pH est acide alors qu'il s'agit d'un sel. Expliquez le mécanisme, écrivez l'équation en jeu, puis vérifiez par le calcul que la valeur 5,2 est cohérente avec le Ka fourni.
e) Concluez sur l'identité du sel. Quel pH aurait-on mesuré avec le sel de sodium correspondant, et pourquoi ?
Voir la correction
a) Un précipité blanc avec les ions argent, qui noircit à la lumière, est la signature du chlorure d'argent : l'anion est donc l'ion chlorure. L'équation est Ag++Cl−→AgCl(s), et le noircissement provient de la photoréduction de l'argent en argent métallique, la réaction qui a fondé la photographie argentique.
b) Un gaz à odeur piquante qui bleuit un papier pH humide est une base gazeuse : c'est l'ammoniac. Le cation est donc l'ion ammonium, déplacé par une base forte selon NH4++OH−→NH3(g)+H2O.
c) Elle est peu informative. Tout sel soluble se dissocie en ions et conduit le courant : la mesure confirme seulement qu'il s'agit bien d'un composé ionique dissous, ce que l'énoncé annonçait déjà. Elle aurait été utile dans le cas inverse, une conduction faible signalant un électrolyte faible, mais ici elle ne discrimine rien.
d) L'ion chlorure est la base conjuguée d'un acide fort, il est donc indifférent et n'influence pas le pH. L'ion ammonium, lui, est l'acide conjugué d'une base faible : il s'hydrolyse selon NH4++H2O⇌NH3+H3O+, ce qui acidifie la solution. Vérification : [H3O+]=KaC=5,6×10−10×0,10≈7,48×10−6, donc pH≈5,13. La valeur mesurée de 5,2 est parfaitement cohérente, l'écart étant de l'ordre de la précision d'un pH-mètre.
e) Le sel est le chlorure d'ammonium, de formule NH4Cl. Avec le chlorure de sodium, les deux ions seraient indifférents, l'ion sodium parce qu'il est le cation d'une base forte et l'ion chlorure comme on l'a vu : le pH serait donc de 7,0, celui de l'eau pure. C'est la démonstration la plus nette du principe des quatre cas d'hydrolyse : ce n'est pas le sel qui décide du pH, ce sont séparément la force de l'acide et celle de la base dont il dérive.
Exercice 11 : Problème : traiter une eau, de la précipitation au bilan thermique
Une eau industrielle de 1,00 litre contient des ions magnésium à 5,0×10−3 mole par litre. On l'adoucit en précipitant l'hydroxyde de magnésium par ajout de soude.
Données : Kps(Mg(OH)2)=1,8×10−11, Ke=1,0×10−14, enthalpie de neutralisation −57,3 kilojoules par mole, capacité thermique massique de l'eau 4,18 joules par gramme et par degré.
a) Calculez la concentration minimale en ion hydroxyde pour amorcer la précipitation, puis le pH correspondant.
b) On porte finalement le pH à 11,0. Calculez la concentration résiduelle en magnésium et le pourcentage éliminé.
c) L'eau contenait aussi 2,0×10−2 mole d'acide fort par litre, neutralisé au passage. Calculez la chaleur dégagée puis l'élévation de température de ce litre d'eau.
d) Cette élévation modifie-t-elle sensiblement les calculs précédents ? Discutez qualitativement en indiquant le sens de l'effet.
e) Un ingénieur propose d'atteindre pH 13 pour « éliminer tout le magnésium ». Évaluez le gain et le coût.
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a) La précipitation s'amorce quand le quotient ionique atteint Kps : [Mg2+][OH−]2=1,8×10−11. D'où [OH−]=5,0×10−31,8×10−11=3,6×10−9=6,0×10−5 mole par litre. Alors pOH≈4,22 et le pH vaut environ 9,78.
b) À pH 11,0, [OH−]=1,0×10−3, donc [Mg2+]=(10−3)21,8×10−11=1,8×10−5 mole par litre. Il reste donc 5,0×10−31,8×10−5=3,6×10−3, soit 0,36% du magnésium initial : 99,64% a été éliminé.
c) La neutralisation de 2,0×10−2 mole libère 2,0×10−2×57,3≈1,146 kilojoule. Pour 1,00 litre d'eau, soit 1000 grammes, l'élévation vaut ΔT=1000×4,181146≈0,27 degré.
d) L'effet est faible mais non nul, et il est instructif d'en donner le sens. Une élévation de 0,27 degré ne modifie pas mesurablement Kps, dont la dépendance en température est modérée sur un si petit intervalle. En revanche Ke augmente avec la température, car l'autoprotolyse de l'eau est endothermique : le pH de neutralité descend légèrement sous 7, et la lecture d'un pH-mètre s'en trouve décalée de quelques millièmes. À l'échelle de ce procédé, tout cela est négligeable ; à l'échelle d'un réacteur industriel où la neutralisation porte sur des moles et non des millimoles, l'échauffement se compte en dizaines de degrés et devient un paramètre de conception à part entière.
e) À pH 13, [OH−]=0,10 et le magnésium résiduel tombe à 10−21,8×10−11=1,8×10−9 mole par litre. Le gain est réel sur le papier, mais il ne fait passer l'élimination que de 99,64 % à 99,99996 %, ce qui n'a aucune portée pratique pour un adoucissement. Le coût, lui, est considérable : il faut cent fois plus de soude qu'à pH 11, puis il faudra ensuite ré-acidifier l'eau pour la rendre utilisable, donc consommer autant d'acide, produire du sel dissous et dégager à nouveau de la chaleur. La bonne réponse d'ingénierie est de fixer la cible sur le besoin réel, pas sur la perfection chimique.
Exercice 12 : Problème : cinq affirmations à vérifier
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou trompeuse. Expliquez précisément pourquoi, en appuyant chaque réponse sur un calcul ou sur un raisonnement du cours.
Données utiles : Ka de l'acide éthanoïque =1,8×10−5 ; Ke=9,6×10−14 à 60 degrés Celsius.
a) « Un catalyseur augmente le rendement d'une réaction à l'équilibre, puisqu'il accélère la formation des produits. »
b) « Diluer dix fois une solution d'acide fait toujours monter le pH d'une unité. »
c) « À 60 degrés Celsius, une solution de pH 6,8 est acide, puisque son pH est inférieur à 7. »
d) « Le sulfure de zinc a un Kps de 1,6×10−24 et l'hydroxyde de fer (III) de 2,8×10−39 : l'hydroxyde de fer est donc le moins soluble des deux. »
e) « La réaction est très exothermique, donc elle est rapide. »
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a) Faux. Un catalyseur abaisse la barrière d'activation, qui est la même pour les deux sens : il multiplie k1 et k−1 par le même facteur, donc laisse K=k−1k1 rigoureusement inchangée. Le rendement à l'équilibre est donc identique, seul le temps nécessaire pour l'atteindre diminue. Dire le contraire reviendrait à créer de l'énergie libre en ajoutant une substance qui n'est pas consommée, ce que le second principe interdit. C'est exactement le point établi à l'exercice 1.
b) Faux, cela n'est vrai que pour un acide FORT, entièrement dissocié, dont la concentration en ions hydronium est proportionnelle à la concentration. Pour un acide faible, [H3O+]=KaC varie comme la racine carrée : diluer dix fois ne divise la concentration en ions que par 10≈3,16, ce qui fait monter le pH d'une demi-unité seulement. Concrètement, une solution d'acide éthanoïque à 5,6×10−2 mole par litre a un pH de 3,0 ; diluée dix fois, elle atteint un pH de 3,5 et non de 4,0.
c) Faux. Le pH de neutralité n'est 7 qu'à 25 degrés Celsius. L'autoprotolyse de l'eau étant endothermique, Ke augmente avec la température, et à 60 degrés il vaut 9,6×10−14. La neutralité y correspond à [H3O+]=9,6×10−14≈3,10×10−7, soit pH≈6,51. Une solution de pH 6,8 est donc au-dessus de la neutralité : elle est légèrement BASIQUE. Il faut toujours comparer le pH à 21pKe à la température de travail, jamais au nombre 7 pris comme une constante universelle.
d) Faux, ou plutôt indécidable ainsi. On ne peut comparer directement deux produits de solubilité que si les composés ont la même stœchiométrie ionique, car l'exposant n'est pas le même. Pour le sulfure de zinc, de type MX, la solubilité vaut s=Kps=1,6×10−24=1,3×10−12 mole par litre. Pour l'hydroxyde de fer (III), de type MX3, on a Kps=27s4, donc s=(272,8×10−39)1/4≈1,0×10−10 mole par litre. C'est l'hydroxyde de fer qui est le PLUS soluble des deux, d'un facteur 80 environ, alors que son Kps est quinze ordres de grandeur plus petit.
e) Faux, et c'est la confusion la plus répandue de tout le cours. L'enthalpie décrit la différence d'énergie entre l'état initial et l'état final ; la vitesse dépend de la hauteur de la barrière à franchir entre les deux, c'est-à-dire de Ea, qui est une grandeur indépendante. La combustion du bois est très exothermique et pourtant une bûche ne s'enflamme pas spontanément à température ambiante, faute d'énergie d'activation suffisante. Inversement, certaines réactions endothermiques sont instantanées. Thermodynamique et cinétique répondent à deux questions distinctes : jusqu'où, et en combien de temps.
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