Exercice 1 : Connecteurs logiques et tables de vérité
Une proposition est un énoncé qui vaut vrai (1) ou faux (0), jamais les deux. Les connecteurs se définissent uniquement par leur table de vérité : c'est elle, et non l'intuition du français, qui dit ce qu'une expression vaut.
| 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
| 1 | 0 | 0 | 1 | 0 |
| 0 | 1 | 0 | 1 | 1 |
| 0 | 0 | 0 | 0 | 1 |
- a) Construisez la table de vérité complète de .
- b) Sur quelle ligne, et sur elle seule, l'implication est-elle fausse ? Traduisez cette ligne en français avec l'exemple : « si le fichier existe, alors la lecture réussit ».
- c) Construisez la table du ou exclusif , puis celle de . Que concluez-vous ?
- d) Combien de lignes compte la table de vérité de cinq propositions ? Combien existe-t-il de fonctions booléennes distinctes de deux variables ?
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Réponses
- a) vaut et vaut : vraie sur la seule ligne ,
- b) La ligne , : la promesse n'est trahie que si le fichier existe et que la lecture échoue
- c) Les deux colonnes valent : et sont la même fonction
- d) lignes et fonctions booléennes de deux variables
a) inverse la colonne de , puis on applique le ET, qui ne vaut 1 que si les deux colonnes valent 1. Lignes dans l'ordre : vaut et vaut . L'expression n'est donc vraie que sur la ligne , . C'est exactement la ligne où est fausse, ce qui n'est pas un hasard : est la négation de .
b) Une seule ligne : et . Une implication n'est fausse que lorsque la prémisse est vraie et la conclusion fausse. Sur l'exemple : la promesse « si le fichier existe, alors la lecture réussit » n'est trahie que dans le cas où le fichier existe bel et bien et où la lecture échoue quand même. Si le fichier n'existe pas, la promesse n'est pas testée, et on la déclare tenue : les deux dernières lignes valent 1. C'est le point que les étudiants refusent le plus longtemps, parce que le « si » du français porte une idée de cause que le de la logique n'a pas.
c) vaut 1 quand les deux valeurs diffèrent : sur les quatre lignes. vaut 1 quand elles sont égales, soit , donc sa négation vaut . Les deux colonnes sont identiques : et sont la même fonction booléenne. Deux expressions sont équivalentes exactement quand leurs tables coïncident ligne à ligne, et c'est la seule preuve d'équivalence qui ne demande aucune astuce.
d) Avec propositions, chaque proposition prend 2 valeurs indépendamment des autres : la table compte lignes, donc lignes pour cinq propositions. Pour compter les fonctions de deux variables, on remarque qu'une fonction est entièrement déterminée par la colonne de résultats qu'elle produit, soit 4 cases à remplir par 0 ou 1 : il y a fonctions booléennes de deux variables. Elles ont toutes un nom : ET, OU, XOR, NAND, NOR, l'implication, les deux constantes, et ainsi de suite. Piège classique : répondre 4 en confondant le nombre de lignes et le nombre de fonctions.