Mathématiques pour l'informatique 201-N11 • Cégep à Montréal
Exercices corrigés : théorie des ensembles et relations (201-N11)
Voici la série d'exercices corrigés sur les ensembles et les relations du cours Mathématiques pour l'informatique 201-N11, suivi au cégep par les étudiants en techniques et en sciences de l'informatique à Montréal. La partie A couvre les bases : appartenance et inclusion, ensemble des parties et cardinal, réunion, intersection, différence, complémentaire et produit cartésien, les lois de De Morgan démontrées par double inclusion puis par table d'appartenance, les diagrammes de Venn avec le principe d'inclusion-exclusion, et les relations binaires vues comme ensembles de couples, avec leur matrice booléenne et leur graphe sagittal. La partie B monte au niveau examen : les quatre propriétés testées sur trois relations, les relations d'équivalence et les partitions avec l'exemple des tables de hachage, un sondage à trois ensembles où trois quantités de noms voisins se ressemblent dangereusement, et un problème d'ordre partiel avec composition et fermeture transitive.
Le fil de la série : un ensemble est défini par ses éléments, une relation par ses couples. Toute propriété se vérifie donc sur la liste, jamais sur le nom de la relation ni sur l'intuition. Pour réfuter, un contre-exemple suffit ; pour établir, il faut balayer tous les cas, et le diagramme sert à organiser ce balayage.
Les pièges désignés nommément dans les corrigés : confondre ∈ et ⊂, croire que « dans A∩B » signifie « dans exactement deux ensembles », penser que non symétrique entraîne antisymétrique, et oublier la région extérieure du diagramme de Venn.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•x∈A relie un élément à un ensemble ; A⊂B relie deux ensembles. 3 et {3} ne sont pas la même chose.
•∣P(X)∣=2∣X∣ : chaque élément est pris ou laissé.
•∅⊂A toujours, ∅∈P(A) toujours, mais ∅∈A presque jamais.
•De Morgan : A∪B=A∩B et A∩B=A∪B. Et A∖B=A∩B.
•Inclusion-exclusion : ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣, et pour trois ensembles on retranche les trois intersections deux à deux puis on rajoute l'intersection triple.
•Remplir un diagramme de Venn commence TOUJOURS par la région centrale.
•Une relation sur E est une partie de E×E : elle se décrit par ses couples, sa matrice booléenne ou son graphe sagittal.
•Les classes d'une relation d'équivalence forment une partition : non vides, deux à deux disjointes, de réunion E.
•Fermeture transitive : réunion de toutes les puissances S,S2,S3,… ; un couple (i,j) y figure s'il existe un chemin de i vers j.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Notations : appartenance, inclusion, ensemble des parties
Soit E={1,2,3,4,5,6,7,8,9,10}, A={x∈E:x est pair} et B={x∈E:x≤5}. Un ensemble est entièrement déterminé par ses éléments : ni l'ordre ni les répétitions ne comptent.
a) Écrivez A et B en extension.
b) Complétez par ∈, ∈/, ⊂ ou ⊂ : 3…A ; {3}…B ; 3…B ; {2,4}…A.
c) Écrivez tous les éléments de P({a,b,c}).
d) Combien d'éléments compte P(X) si X en compte n ? Et pour X=E ?
e) L'ensemble vide ∅ appartient-il à A ? Est-il inclus dans A ? Appartient-il à P(A) ?
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Réponses
a)A={2,4,6,8,10} et B={1,2,3,4,5}
b)3∈/A, {3}⊂B, 3∈B, {2,4}⊂A
c){∅,{a},{b},{c},{a,b},{a,c},{b,c},{a,b,c}}, soit 8 parties
d)2n parties, donc 210=1024 pour E
e)∅∈/A, mais ∅⊂A et ∅∈P(A)
a)
A={2,4,6,8,10} et B={1,2,3,4,5}. La définition en compréhension donne la règle, l'extension donne la liste : passer de l'une à l'autre est le premier réflexe du chapitre, parce qu'une propriété se vérifie beaucoup plus vite sur une liste.
b)
3∈/A, car 3 est impair. {3}⊂B, car l'unique élément de {3} est dans B. 3∈B. {2,4}⊂A. Le point à ne pas manquer : 3 et {3} ne sont pas la même chose. Le premier est un nombre, le second est un ensemble contenant ce nombre. On écrit 3∈B mais {3}⊂B, et jamais l'inverse.
c)
P({a,b,c})={∅,{a},{b},{c},{a,b},{a,c},{b,c},{a,b,c}}, soit 8 parties. On les énumère par taille croissante : c'est la seule façon de n'en oublier aucune, et le compte par taille doit donner 1,3,3,1.
d)
Chaque élément de X est soit pris, soit laissé, indépendamment des autres : cela fait 2 choix répétés n fois, donc ∣P(X)∣=2n. Pour E, qui compte 10 éléments, 210=1024 parties. Le lien avec la numération en base 2 est direct : une partie de X est exactement un mot binaire de n bits, où le bit de rang k dit si l'élément k est pris.
e)
∅∈/A : les éléments de A sont des nombres, pas des ensembles. Mais ∅⊂A : l'inclusion demande que tout élément de ∅ soit dans A, ce qui est vrai à vide puisqu'il n'y a aucun élément à vérifier. Et ∅∈P(A), puisque P(A) est l'ensemble des parties de A et que ∅ en est une. Les trois réponses diffèrent, et c'est ce qui rend l'exemple utile.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Opérations sur les ensembles et produit cartésien
Soit E={1,2,…,10} l'ensemble de référence, A={1,2,3,4,5,6} et B={4,5,6,7,8}. On note A le complémentaire de A dans E.
a) Donnez A∪B, A∩B, A∖B et B∖A en extension.
b) Donnez A et B.
c) Combien d'éléments compte A×B ? Donnez-en trois.
c)6×5=30 couples, par exemple (1,4), (3,8) et (6,5)
d){1,2,3}∪{4,5,6}=A : une partition de A en deux parties disjointes
e)6+5−3=8=∣A∪B∣
f)Non : (1,4)∈A×B mais (4,1)∈/A×B. Même cardinal, 30, couples différents
a)
A∪B={1,2,3,4,5,6,7,8} : tous les éléments qui sont dans l'un OU dans l'autre, comptés une seule fois. A∩B={4,5,6} : ceux qui sont dans les deux. A∖B={1,2,3} : dans A mais pas dans B. B∖A={7,8}. Notez que A∖B et B∖A n'ont rien à voir : la différence n'est pas symétrique.
b)
A={7,8,9,10} et B={1,2,3,9,10}. Le complémentaire n'a de sens que relativement à un ensemble de référence : sans E, l'écriture A ne veut rien dire. Contrôle : ∣A∣+∣A∣=6+4=10=∣E∣.
c)
A×B est l'ensemble des couples ORDONNÉS (a,b) avec a∈A et b∈B : il en compte 6×5=30. Par exemple (1,4), (3,8) et (6,5). Le produit cartésien fabrique des couples, pas des éléments : (1,4) n'est ni un nombre ni un ensemble à deux éléments.
d)
A∖B={1,2,3} et A∩B={4,5,6} ; leur réunion vaut {1,2,3,4,5,6}=A. L'identité est générale : tout élément de A est soit dans B, soit pas, et ces deux cas donnent précisément les deux morceaux. C'est une partition de A en deux parties disjointes, ce qui explique pourquoi les cardinaux s'additionnent ici sans correction.
e)
∣A∣=6, ∣B∣=5, ∣A∩B∣=3, donc la formule donne 6+5−3=8. Et ∣A∪B∣=∣{1,…,8}∣=8. La formule marche. La raison est qu'en additionnant ∣A∣ et ∣B∣, on compte deux fois les éléments communs : il faut donc en retrancher une copie.
f)
Non. A×B contient (1,4), mais pas (4,1), puisque 1∈/B. Or (4,1)∈B×A. Les deux produits ont le même cardinal, 30, mais ce ne sont pas les mêmes couples. Un couple est ordonné, c'est toute la différence avec une paire : (a,b)=(c,d) exige a=c ET b=d.
Exercice 3 : De Morgan et preuves par double inclusion
Deux ensembles sont égaux quand chacun est inclus dans l'autre : c'est la preuve par double inclusion, et elle se rédige toujours de la même façon. On prend x quelconque dans le premier, on montre qu'il est dans le second, puis on recommence en sens inverse. Une table d'appartenance, où l'on note 1 quand x est dans l'ensemble et 0 sinon, donne le même verdict avec quatre lignes.
a) Démontrez par double inclusion que A∪B=A∩B.
b) Établissez A∩B=A∪B par table d'appartenance.
c) Montrez que A∖B=A∩B.
d) La différence symétrique est AΔB=(A∖B)∪(B∖A). Exprimez ∣AΔB∣ à l'aide des cardinaux de A, B et A∩B.
e) L'égalité A∖(B∖C)=(A∖B)∖C est-elle vraie ?
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Réponses
a)A∪B=A∩B : c'est De Morgan transporté aux ensembles
b)Les deux colonnes valent 0,1,1,1 : l'égalité est établie
c)A∖B=A∩B
d)∣AΔB∣=∣A∣+∣B∣−2∣A∩B∣, soit 6+5−6=5 sur l'exemple
e)FAUSSE : avec A={1}, B={2}, C={1}, on obtient {1} d'un côté et ∅ de l'autre
a)
Sens direct. Soit x∈A∪B. Alors x∈/A∪B, donc x n'est ni dans A ni dans B ; d'où x∈A et x∈B, c'est-à-dire x∈A∩B. Sens réciproque. Soit x∈A∩B. Alors x∈/A et x∈/B, donc x n'est dans aucun des deux, donc x∈/A∪B, c'est-à-dire x∈A∪B. Les deux inclusions donnent l'égalité. C'est exactement la loi de De Morgan de la logique, transportée aux ensembles : la négation d'un OU est un ET de négations.
b)
Quatre lignes, selon que x appartient ou non à A et à B. Colonnes (x∈A,x∈B), puis A∩B, puis A∩B, puis A, B et leur réunion. Ligne (1,1) : A∩B vaut 1, son complémentaire 0 ; A∪B vaut 0∪0=0. Ligne (1,0) : 0, donc 1 ; et 0∪1=1. Ligne (0,1) : 0, donc 1 ; et 1∪0=1. Ligne (0,0) : 0, donc 1 ; et 1∪1=1. Les deux colonnes finales sont identiques sur les quatre lignes : l'égalité est établie. La table est plus rapide que la double inclusion, mais elle ne se généralise proprement qu'aux identités portant sur un petit nombre d'ensembles.
c)
x∈A∖B signifie x∈A et x∈/B, ce qui s'écrit x∈A et x∈B, c'est-à-dire x∈A∩B. Les deux écritures traduisent la même phrase, l'équivalence est donc immédiate dans les deux sens. Cette identité est celle qui permet d'éliminer partout le symbole de différence et de ne travailler qu'avec réunion, intersection et complémentaire.
d)
A∖B et B∖A sont disjoints, donc les cardinaux s'additionnent : ∣AΔB∣=∣A∖B∣+∣B∖A∣. Or ∣A∖B∣=∣A∣−∣A∩B∣ et de même pour l'autre. D'où ∣AΔB∣=∣A∣+∣B∣−2∣A∩B∣. Le facteur 2 est le point à comprendre : on retire l'intersection deux fois, une fois de chaque côté, parce qu'elle est justement ce que la différence symétrique exclut. Sur l'exemple de l'exercice précédent : 6+5−2(3)=5, et en effet AΔB={1,2,3,7,8}.
e)
Non. Contre-exemple : A={1}, B={2}, C={1}. À gauche, B∖C={2} et A∖{2}={1}. À droite, A∖B={1} puis {1}∖C=∅. On obtient {1} d'un côté et ∅ de l'autre : la différence n'est pas associative. Un seul contre-exemple suffit à réfuter une identité annoncée pour tous les ensembles, et il vaut mieux le chercher avec des ensembles à un élément, où tout se vérifie de tête.
Exercice 4 : Diagrammes de Venn et principe d'inclusion-exclusion
Trois parties A, B et C d'un ensemble E de 60 éléments vérifient : ∣A∣=27, ∣B∣=20, ∣C∣=29, ∣A∩B∣=8, ∣A∩C∣=10, ∣B∩C∣=7 et ∣A∩B∩C∣=3. Le diagramme ci-dessous délimite les huit régions à remplir.
a) Remplissez les huit régions du diagramme, en commençant par le centre.
b) Calculez ∣A∪B∪C∣ par la formule d'inclusion-exclusion, puis vérifiez sur le diagramme.
c) Combien d'éléments ne sont dans aucun des trois ensembles ?
d) Combien d'éléments sont dans exactement deux des trois ensembles ?
e) Pourquoi la formule ajoute-t-elle le terme ∣A∩B∩C∣ à la fin ?
e)Les éléments du centre sont comptés trois fois puis retirés trois fois : leur solde est nul, il faut les rajouter une fois
a)
On part TOUJOURS du centre, sinon on soustrait des quantités déjà retirées. Centre : ∣A∩B∩C∣=3. Région A∩B seule : 8−3=5. Région A∩C seule : 10−3=7. Région B∩C seule : 7−3=4. Région A seule : 27−5−7−3=12. Région B seule : 20−5−4−3=8. Région C seule : 29−7−4−3=15. Extérieur : 60−(12+8+15+5+7+4+3)=60−54=6. Contrôle : la somme des huit régions vaut 60, le cardinal de E.
b)
∣A∪B∪C∣=27+20+29−8−10−7+3=54. Sur le diagramme, la réunion est la somme des sept régions intérieures : 12+8+15+5+7+4+3=54. Les deux méthodes coïncident, et c'est ce double calcul qui sécurise le résultat.
c)
60−54=6 éléments sont hors de la réunion. C'est la région extérieure du diagramme, celle qu'on oublie systématiquement quand on ne dessine pas le rectangle de l'univers.
d)
Exactement deux : ce sont les trois régions en croissant, 5+7+4=16 éléments. Attention à la formulation : ∣A∩B∣=8 compte aussi les 3 éléments du centre, qui sont dans TROIS ensembles. « Dans exactement deux » n'est pas « dans A∩B », et cette nuance est le piège classique des problèmes de sondage.
e)
Parce que les éléments du centre sont comptés trois fois par ∣A∣+∣B∣+∣C∣, puis retirés trois fois par les trois intersections deux à deux : leur solde est nul, alors qu'ils doivent compter une fois. On les rajoute donc une fois. Le même raisonnement de compensation, appliqué à un élément situé dans exactement deux ensembles, donne 2−1=1 : il est bien compté une fois, et rien à corriger pour lui.
Une relation binaire R sur un ensemble E est simplement une partie de E×E : c'est la liste des couples (x,y) pour lesquels on écrit xRy. Rien d'autre. Toute propriété d'une relation se vérifie donc sur ses couples, jamais sur l'intuition du mot qui lui sert de nom.
On prend E={1,2,3,4} et la relation xRy définie par « x divise y ». Le graphe sagittal ci-dessous en donne toutes les flèches.
a) Écrivez R en extension, comme ensemble de couples.
b) Combien de relations différentes peut-on définir sur E ?
c) Écrivez la matrice booléenne M de R, avec Mij=1 quand iRj.
d) Donnez l'image de 2 et l'ensemble des antécédents de 4.
e) La relation « x divise y » sur E est-elle une fonction ? Justifiez.
c)Matrice triangulaire supérieure, première ligne pleine, 8 coefficients à 1
d)Image de 2 : {2,4}, deuxième LIGNE. Antécédents de 4 : {1,2,4}, quatrième COLONNE
e)Non : 1 a quatre images. Une fonction a au plus un 1 par ligne
a)
R={(1,1),(1,2),(1,3),(1,4),(2,2),(2,4),(3,3),(4,4)}, soit 8 couples. On les trouve en balayant les 16 couples possibles et en gardant ceux où la division tombe juste : 1 divise tout le monde, 2 divise 2 et 4, 3 divise 3, et 4 divise 4.
b)
Une relation sur E est une partie de E×E, qui compte 4×4=16 couples. Il y a donc 216=65536 relations possibles, une par sous-ensemble de couples. Le lien avec l'exercice 1 est direct : on choisit chaque couple ou non, ce qui est un mot de 16 bits.
c)
En rangeant les indices de 1 à 4 : M=1000110010101101. La première ligne est pleine, parce que 1 divise tout ; la matrice est triangulaire supérieure, parce qu'un diviseur d'un nombre non nul lui est inférieur ou égal. Contrôle : la matrice compte 8 coefficients à 1, autant que R a de couples.
d)
L'image de 2 est {y:2Ry}={2,4}, c'est-à-dire les 1 de la deuxième LIGNE. Les antécédents de 4 sont {x:xR4}={1,2,4}, c'est-à-dire les 1 de la quatrième COLONNE. Lire une ligne ou une colonne ne donne pas la même chose, et c'est la première source d'erreur sur les matrices de relations.
e)
Non. Une fonction associe à chaque élément de départ AU PLUS une image, or 1 est en relation avec 1, 2, 3 et 4 : quatre images. Une relation est une fonction exactement quand chaque ligne de sa matrice contient au plus un 1 ; ici la première ligne en contient quatre. C'est la différence essentielle entre les deux notions : une fonction est un cas très particulier de relation.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Les quatre propriétés d'une relation
Quatre propriétés se testent sur les couples. Réflexive : (x,x)∈R pour tout x. Symétrique : si (x,y)∈R alors (y,x)∈R. Antisymétrique : si (x,y)∈R et (y,x)∈R alors x=y. Transitive : si (x,y)∈R et (y,z)∈R alors (x,z)∈R. Pour réfuter, un contre-exemple suffit ; pour établir, il faut balayer tous les cas.
On étudie trois relations : R1 est « x divise y » sur {1,2,3,4} ; R2={(1,2),(2,1),(3,3)} sur {1,2,3} ; R3 est « x+y est pair » sur {1,2,3,4}.
a) Étudiez les quatre propriétés de R1 et concluez sur sa nature.
b) Étudiez les quatre propriétés de R2.
c) Étudiez les quatre propriétés de R3 et concluez sur sa nature.
d) Une relation peut-elle être à la fois symétrique et antisymétrique ? Donnez un exemple.
e) Comment reconnaît-on chaque propriété sur la matrice booléenne ?
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Réponses
a)Réflexive, antisymétrique, transitive, non symétrique : c'est un ORDRE partiel, 2 et 3 étant incomparables
b)Symétrique seulement : ni réflexive, ni antisymétrique, ni transitive
c)Réflexive, symétrique, transitive, non antisymétrique : c'est une ÉQUIVALENCE, celle de la parité
d)Oui, mais elle ne contient alors que des couples de la diagonale : l'égalité en est l'exemple
e)Diagonale pleine, matrice égale à sa transposée, jamais Mij et Mji hors diagonale, et M2≤M
a)
Réflexive : tout entier se divise lui-même, les quatre couples (x,x) sont là. Symétrique : non, (1,2)∈R1 mais (2,1)∈/R1, un contre-exemple suffit. Antisymétrique : si x divise y et y divise x avec x,y positifs, alors x=y ; on peut aussi le vérifier couple par couple, aucun couple symétrique n'apparaît hors de la diagonale. Transitive : si x divise y et y divise z, alors x divise z. Réflexive, antisymétrique et transitive : R1 est une relation d'ORDRE, et cet ordre est partiel puisque 2 et 3 ne sont pas comparables.
b)
Réflexive : non, (1,1)∈/R2. Symétrique : oui, (1,2) et (2,1) sont tous deux présents, et (3,3) est son propre symétrique. Antisymétrique : non, (1,2) et (2,1) sont là alors que 1=2. Transitive : non, (1,2) et (2,1) devraient forcer (1,1), qui manque. R2 n'est donc ni un ordre ni une équivalence : ce n'est qu'une relation quelconque, et c'est le cas le plus fréquent.
c)
Réflexive : x+x=2x est pair, donc oui. Symétrique : x+y=y+x, donc oui. Antisymétrique : non, (1,3) et (3,1) sont là avec 1=3. Transitive : si x+y et y+z sont pairs, alors x et y ont la même parité, et y et z aussi, donc x et z également, donc x+z est pair. Réflexive, symétrique et transitive : R3 est une relation d'ÉQUIVALENCE, celle qui classe les entiers par parité.
d)
Oui, mais cela contraint beaucoup : si (x,y)∈R avec x=y, la symétrie impose (y,x)∈R et l'antisymétrie impose alors x=y, contradiction. Une relation à la fois symétrique et antisymétrique ne contient donc que des couples de la diagonale. Exemple : l'égalité, R={(x,x):x∈E}. Symétrique et antisymétrique ne sont pas des contraires : ce sont deux conditions indépendantes qui peuvent être vraies ensemble, fausses ensemble, ou l'une sans l'autre.
e)
Réflexive : la diagonale ne contient que des 1. Symétrique : la matrice est égale à sa transposée. Antisymétrique : hors de la diagonale, jamais Mij et Mji simultanément à 1. Transitive : le carré booléen M2 n'a aucun 1 là où M a un 0, ce qui s'écrit M2≤M. Cette dernière lecture fait le pont avec le chapitre des matrices : un 1 en position (i,j) dans M2 signale un chemin de longueur 2, et la transitivité demande qu'un tel chemin ait toujours son raccourci direct.
Exercice 7 : Relations d'équivalence, classes et partition
Sur E={0,1,2,…,14}, on définit x∼y lorsque x et y ont le même reste dans la division par 5, ce que l'on note x≡y(mod5). Une relation d'équivalence découpe l'ensemble en paquets sans reste ni chevauchement : c'est le mécanisme qui fonde les tables de hachage.
a) Vérifiez que ∼ est une relation d'équivalence.
b) Donnez les classes d'équivalence en extension.
c) Vérifiez que ces classes forment une partition de E.
d) Combien y a-t-il de classes ? Combien d'éléments dans chacune ?
e) Dans une table de hachage à 5 alvéoles utilisant la fonction h(x)=xmod5, que représentent les classes ?
f) Deux classes d'équivalence peuvent-elles avoir un élément commun sans être égales ?
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Réponses
a)Réflexive, symétrique et transitive : la relation est définie par l'égalité d'une quantité
c)Aucune classe vide, deux à deux disjointes, de réunion E : c'est une partition
d)5 classes de 3 éléments, et 5×3=15
e)Le contenu d'une alvéole : les éléments équivalents modulo 5 entrent en collision
f)Non : deux classes sont soit égales, soit disjointes, par transitivité
a)
Réflexive : x a évidemment le même reste que lui-même. Symétrique : si x et y ont le même reste, alors y et x aussi, la condition est symétrique dans son écriture. Transitive : si x et y ont le même reste r, et y et z le même reste, ce reste est encore r, donc x et z ont le même reste. Les trois propriétés sont vérifiées : ∼ est une équivalence. Aucune de ces vérifications ne demande de calcul, parce que la relation est définie par l'égalité d'une quantité, et l'égalité est toujours une équivalence.
b)
Classe de 0 : {0,5,10}. Classe de 1 : {1,6,11}. Classe de 2 : {2,7,12}. Classe de 3 : {3,8,13}. Classe de 4 : {4,9,14}. On note [r] la classe du reste r ; par exemple [2]={2,7,12}, et [7] désigne le MÊME ensemble. Une classe a autant de noms que d'éléments, ce qui déroute au début mais ne pose aucun problème une fois admis.
c)
Trois conditions. Aucune classe n'est vide : chacune compte trois éléments. Elles sont deux à deux disjointes : deux restes différents ne peuvent pas coexister pour un même nombre, puisque le reste de la division euclidienne est unique. Leur réunion vaut E : tout entier de E a un reste, donc appartient à une classe. C'est bien une partition.
d)
Cinq classes, autant que de restes possibles 0,1,2,3,4, avec 3 éléments chacune. Contrôle : 5×3=15=∣E∣. Cette régularité vient de ce que E contient exactement trois blocs consécutifs de 5 entiers ; sur {0,…,13} les classes n'auraient plus toutes le même effectif.
e)
Chaque classe est le contenu d'une alvéole : les éléments qui entrent en collision sont exactement ceux qui sont équivalents modulo 5. Le nombre d'alvéoles est le nombre de classes, et l'uniformité des effectifs est précisément ce qu'on demande à une bonne fonction de hachage. Si les données présentaient toutes le même reste, tout atterrirait dans la même alvéole et la recherche redeviendrait linéaire.
f)
Non. Si z appartient à la classe de x et à celle de y, alors x∼z et z∼y, donc x∼y par transitivité, et les deux classes contiennent exactement les mêmes éléments. Deux classes sont donc soit égales, soit disjointes, jamais partiellement superposées. C'est cette dichotomie qui garantit qu'on obtient une partition, et elle repose entièrement sur la transitivité.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.
1) « L'ensemble vide appartient à tout ensemble. »
2) « Si X compte n éléments, alors P(X) en compte 2n. »
3) « Une relation qui n'est pas symétrique est antisymétrique. »
4) « ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣. »
5) « A×B=B×A, puisque ce sont les mêmes éléments pris deux à deux. »
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Réponses
1)FAUX : ∅⊂A toujours, ∅∈P(A) toujours, mais ∅∈A presque jamais
2)FAUX : ∣P(X)∣=2n, et pour n=3 cela fait 8, non 6
3)FAUX : les deux propriétés sont indépendantes. R={(1,2),(2,1),(1,3)} n'a ni l'une ni l'autre
4)FAUX : ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣, l'égalité simple exigeant des ensembles disjoints
5)FAUX : A×B={(1,2)} et B×A={(2,1)} n'ont aucun élément commun
1)
FAUX. C'est l'inclusion qui est universelle, pas l'appartenance : ∅⊂A pour tout A, mais ∅∈A seulement si A contient l'ensemble vide comme élément. Contre-exemple : A={1,2} ne contient que les nombres 1 et 2. Énoncé correct : ∅⊂A toujours, et ∅∈P(A) toujours, mais ∅∈A presque jamais.
2)
FAUX. Le nombre de parties double à chaque élément ajouté, il ne s'ajoute pas : c'est 2n, pas 2n. Contre-exemple : pour n=3, on a compté 8 parties, alors que 2n=6. Énoncé correct : ∣P(X)∣=2∣X∣, parce que chaque élément est pris ou laissé indépendamment des autres.
3)
FAUX. Les deux propriétés sont indépendantes, et une relation peut ne vérifier ni l'une ni l'autre. Contre-exemple : R={(1,2),(2,1),(1,3)} sur {1,2,3} n'est pas symétrique, car (3,1) manque, et n'est pas antisymétrique, car (1,2) et (2,1) coexistent avec 1=2. Énoncé correct : symétrique et antisymétrique sont deux conditions distinctes ; leur négation ne se déduit pas l'une de l'autre.
4)
FAUX. Les éléments communs seraient comptés deux fois. Contre-exemple : A={1,2} et B={2,3} donnent ∣A∪B∣=3 alors que ∣A∣+∣B∣=4. Énoncé correct : ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣, et l'égalité simple n'est vraie que si A et B sont disjoints.
5)
FAUX. Un produit cartésien est fait de couples ORDONNÉS. Contre-exemple : avec A={1} et B={2}, on a A×B={(1,2)} et B×A={(2,1)}, deux ensembles sans aucun élément commun. Énoncé correct : A×B et B×A ont toujours le même cardinal, ∣A∣×∣B∣, mais ils ne sont égaux que si A=B ou si l'un des deux est vide.
Exercice 9 : Problème : sondage sur les langages de programmation
Un sondage porte sur 120 étudiants d'un programme d'informatique. Il en ressort que 78 connaissent Python, 64 connaissent Java et 45 connaissent le langage C++. De plus, 40 connaissent Python et Java, 28 connaissent Python et C++, 22 connaissent Java et C++, et 15 connaissent les trois.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Combien d'étudiants connaissent au moins un des trois langages ?
b) Combien n'en connaissent aucun ?
c) Combien connaissent Python seulement ?
d) Combien connaissent exactement deux des trois langages ?
e) Le service des stages affirme que 30 étudiants connaissent Java sans connaître Python. A-t-il raison ?
f) Un responsable annonce que 50 étudiants connaissent Python et Java seulement. Montrez que ce chiffre est impossible.
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Réponses
a)78+64+45−40−28−22+15=112
b)120−112=8
c)78−40−28+15=25
d)25+13+7=45
e)Non : Java sans Python vaut 64−40=24, et Java seulement vaut 17. Le service se trompe de 6
f)La région vaut 40−15=25, et elle ne peut de toute façon pas dépasser ∣P∩J∣=40
a)
Inclusion-exclusion : 78+64+45−40−28−22+15=187−90+15=112. Contrôle d'ordre de grandeur : le résultat doit être compris entre le plus grand des trois effectifs, 78, et leur somme, 187 ; 112 est bien dans cet intervalle.
b)
120−112=8 étudiants ne connaissent aucun des trois langages. C'est la région extérieure du diagramme, et elle n'apparaît dans aucune des données de l'énoncé : il faut la calculer.
c)
Python seulement : on retire de 78 ceux qui connaissent aussi Java ou C++, sans oublier de remettre le centre. 78−40−28+15=25. La correction +15 est indispensable : les 15 étudiants qui connaissent les trois ont été retirés deux fois, une fois avec les 40 et une fois avec les 28.
d)
Python et Java seulement : 40−15=25. Python et C++ seulement : 28−15=13. Java et C++ seulement : 22−15=7. Total : 25+13+7=45 étudiants connaissent exactement deux langages. Le diagramme complet se lit alors : 25,17,10 pour les régions simples, 25,13,7 pour les doubles, 15 au centre, 8 dehors, et la somme fait bien 120.
e)
Java sans Python, c'est ∣J∣−∣P∩J∣=64−40=24, et non 30. Le service se trompe de 6. Trois quantités différentes portent des noms voisins : Java (64), Java sans Python (24) et Java seulement (17) ; les distinguer est tout l'enjeu du problème.
f)
« Python et Java seulement » vaut 40−15=25. Le chiffre 50 est impossible pour une raison plus forte encore : cette région est incluse dans P∩J, qui ne compte que 40 étudiants, donc elle ne peut en aucun cas dépasser 40. Un effectif de région ne peut jamais excéder celui d'un ensemble qui le contient, et cette inégalité est le contrôle le plus rapide pour rejeter une donnée aberrante avant tout calcul.
Soit E={a,b,c}. On munit P(E) de l'inclusion ⊆. Dans un second temps, on considère sur {1,2,3,4} la relation S={(1,2),(2,3),(3,4)}, dite relation de succession, et sa composée S∘S, définie par : x(S∘S)z s'il existe y tel que xSy et ySz.
a) Montrez que ⊆ est une relation d'ordre sur P(E).
b) Les parties {a} et {b} sont-elles comparables ? Que signifie le mot « partiel » ?
c) Donnez une chaîne contenant le plus de parties possible dans P(E).
d) Calculez S∘S, puis S∘S∘S.
e) Déterminez la fermeture transitive de S, c'est-à-dire la plus petite relation transitive contenant S.
f) S est-elle transitive ? Sa fermeture transitive est-elle une relation d'ordre ?
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Réponses
a)Réflexive, antisymétrique et transitive : l'inclusion est un ordre sur P(E), qui compte 8 éléments
b)Non comparables. « Partiel » : il existe au moins un couple d'éléments incomparables
c)∅⊂{a}⊂{a,b}⊂{a,b,c}, soit ∣E∣+1=4 parties
d)S∘S={(1,3),(2,4)} et S∘S∘S={(1,4)}
e){(1,2),(2,3),(3,4),(1,3),(2,4),(1,4)}, 6 couples : c'est la relation x<y
f)Non transitive. Sa fermeture est un ordre STRICT, non réflexif ; il faut ajouter la diagonale pour obtenir ≤
a)
Réflexive : X⊆X pour toute partie X, puisque tout élément de X est dans X. Antisymétrique : si X⊆Y et Y⊆X, alors X et Y ont exactement les mêmes éléments, donc X=Y ; c'est la définition même de l'égalité par double inclusion. Transitive : si X⊆Y et Y⊆Z, tout élément de X est dans Y donc dans Z. Les trois propriétés sont vérifiées : l'inclusion est une relation d'ordre sur P(E), qui compte ici 23=8 éléments.
b)
Non : {a}⊆{b} et {b}⊆{a}. Deux éléments sont comparables quand l'un des deux est en relation avec l'autre ; ici aucun des deux sens ne tient. Un ordre est dit PARTIEL quand il existe au moins un couple d'éléments incomparables, et TOTAL quand tous les couples sont comparables. L'ordre habituel sur les nombres réels est total, l'inclusion ne l'est presque jamais. La conséquence pratique : on ne peut pas ranger P(E) sur une ligne, il faut un diagramme à plusieurs niveaux.
c)
∅⊂{a}⊂{a,b}⊂{a,b,c} : une chaîne de 4 parties, chacune strictement incluse dans la suivante. On ne peut pas en mettre davantage, puisque chaque inclusion stricte ajoute au moins un élément et qu'il n'y en a que trois à ajouter en partant de ∅. Une plus longue chaîne compte donc ∣E∣+1=4 parties.
d)
S∘S contient les couples reliés par deux flèches consécutives : 1→2→3 donne (1,3), et 2→3→4 donne (2,4). Donc S∘S={(1,3),(2,4)}. En composant une fois de plus, seul 1→2→3→4 subsiste : S∘S∘S={(1,4)}. Chaque composition supplémentaire allonge le chemin d'un pas et raréfie les couples, jusqu'à ce que S4=∅, faute de chemin de longueur 4 dans une chaîne de quatre sommets.
e)
La fermeture transitive réunit tous les chemins de longueur au moins 1 : S∪S2∪S3={(1,2),(2,3),(3,4),(1,3),(2,4),(1,4)}, soit 6 couples. C'est exactement la relation x<y sur {1,2,3,4}, ce que confirme le compte : le nombre de couples (x,y) avec x<y parmi 4 éléments vaut 24×3=6. On s'arrête à S3 parce que S4 est vide, et plus généralement parce qu'un chemin sans répétition dans un ensemble à n éléments compte au plus n−1 arêtes.
f)
S n'est pas transitive : (1,2) et (2,3) y figurent, mais pas (1,3). Sa fermeture transitive, la relation <, est transitive par construction et antisymétrique, puisque x<y et y<x sont incompatibles. Mais elle n'est PAS réflexive, car (1,1) n'y figure pas : ce n'est donc pas une relation d'ordre au sens large, mais un ordre STRICT. Pour obtenir un ordre au sens large, il faut encore ajouter la diagonale, ce qui donne ≤ et s'appelle la fermeture réflexive et transitive. C'est cette opération que réalise l'algorithme de Warshall sur la matrice booléenne d'une relation, et elle relie directement ce chapitre à celui des graphes : un 1 en position (i,j) dans la fermeture signifie qu'il existe un chemin de i vers j.
Diagramme de Hasse de P({a,b,c}) : en bleu, la chaîne maximale ∅⊂{a}⊂{a,b}⊂{a,b,c} ; {a} et {b} ne sont reliés par aucun chemin montant, ils sont incomparables.
S en bleu marine, S2 en orange, S3 en vert : leur réunion, six couples, est la relation x<y.
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