Mathématiques pour l'informatique 201-N11 • Cégep à Montréal

Exercices corrigés : théorie des ensembles et relations (201-N11)

Voici la série d'exercices corrigés sur les ensembles et les relations du cours Mathématiques pour l'informatique 201-N11, suivi au cégep par les étudiants en techniques et en sciences de l'informatique à Montréal. La partie A couvre les bases : appartenance et inclusion, ensemble des parties et cardinal, réunion, intersection, différence, complémentaire et produit cartésien, les lois de De Morgan démontrées par double inclusion puis par table d'appartenance, les diagrammes de Venn avec le principe d'inclusion-exclusion, et les relations binaires vues comme ensembles de couples, avec leur matrice booléenne et leur graphe sagittal. La partie B monte au niveau examen : les quatre propriétés testées sur trois relations, les relations d'équivalence et les partitions avec l'exemple des tables de hachage, un sondage à trois ensembles où trois quantités de noms voisins se ressemblent dangereusement, et un problème d'ordre partiel avec composition et fermeture transitive.

Le fil de la série : un ensemble est défini par ses éléments, une relation par ses couples. Toute propriété se vérifie donc sur la liste, jamais sur le nom de la relation ni sur l'intuition. Pour réfuter, un contre-exemple suffit ; pour établir, il faut balayer tous les cas, et le diagramme sert à organiser ce balayage.

Les pièges désignés nommément dans les corrigés : confondre ∈\in et ⊂\subset, croire que « dans A∩BA \cap B » signifie « dans exactement deux ensembles », penser que non symétrique entraîne antisymétrique, et oublier la région extérieure du diagramme de Venn.

Cette série existe aussi en anglais →

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Ce chapitre fait partie de Mathématiques pour l'informatique, 201-N11
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Rappel de cours

  • • x∈Ax \in A relie un élément à un ensemble ; A⊂BA \subset B relie deux ensembles. 33 et {3}\{3\} ne sont pas la même chose.
  • • ∣P(X)∣=2∣X∣\lvert \mathcal{P}(X) \rvert = 2^{\lvert X \rvert} : chaque élément est pris ou laissé.
  • • ∅⊂A\varnothing \subset A toujours, ∅∈P(A)\varnothing \in \mathcal{P}(A) toujours, mais ∅∈A\varnothing \in A presque jamais.
  • • De Morgan : A∪B‾=A‾∩B‾\overline{A \cup B} = \overline{A} \cap \overline{B} et A∩B‾=A‾∪B‾\overline{A \cap B} = \overline{A} \cup \overline{B}. Et A∖B=A∩B‾A \setminus B = A \cap \overline{B}.
  • • Inclusion-exclusion : ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣\lvert A \cup B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert - \lvert A \cap B \rvert, et pour trois ensembles on retranche les trois intersections deux à deux puis on rajoute l'intersection triple.
  • • Remplir un diagramme de Venn commence TOUJOURS par la région centrale.
  • • Une relation sur EE est une partie de E×EE \times E : elle se décrit par ses couples, sa matrice booléenne ou son graphe sagittal.
  • • Réflexive, antisymétrique, transitive : relation d'ORDRE. Réflexive, symétrique, transitive : relation d'ÉQUIVALENCE.
  • • Les classes d'une relation d'équivalence forment une partition : non vides, deux à deux disjointes, de réunion EE.
  • • Fermeture transitive : réunion de toutes les puissances S,S2,S3,…S, S^{2}, S^{3}, \dots ; un couple (i,j)(i,j) y figure s'il existe un chemin de ii vers jj.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Notations : appartenance, inclusion, ensemble des parties

Soit E={1,2,3,4,5,6,7,8,9,10}E = \{1,2,3,4,5,6,7,8,9,10\}, A={x∈E:x est pair}A = \{x \in E : x \text{ est pair}\} et B={x∈E:x≤5}B = \{x \in E : x \le 5\}. Un ensemble est entièrement déterminé par ses éléments : ni l'ordre ni les répétitions ne comptent.

  • a) Écrivez AA et BB en extension.
  • b) Complétez par ∈\in, ∉\notin, ⊂\subset ou ⊄\not\subset : 3 … A3 \ \dots \ A ; {3} … B\{3\} \ \dots \ B ; 3 … B3 \ \dots \ B ; {2,4} … A\{2,4\} \ \dots \ A.
  • c) Écrivez tous les éléments de P({a,b,c})\mathcal{P}(\{a,b,c\}).
  • d) Combien d'éléments compte P(X)\mathcal{P}(X) si XX en compte nn ? Et pour X=EX = E ?
  • e) L'ensemble vide ∅\varnothing appartient-il à AA ? Est-il inclus dans AA ? Appartient-il à P(A)\mathcal{P}(A) ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) A={2,4,6,8,10}A = \{2,4,6,8,10\} et B={1,2,3,4,5}B = \{1,2,3,4,5\}
  • b) 3∉A3 \notin A, {3}⊂B\{3\} \subset B, 3∈B3 \in B, {2,4}⊂A\{2,4\} \subset A
  • c) {∅,{a},{b},{c},{a,b},{a,c},{b,c},{a,b,c}}\{\varnothing, \{a\}, \{b\}, \{c\}, \{a,b\}, \{a,c\}, \{b,c\}, \{a,b,c\}\}, soit 8 parties
  • d) 2n2^{n} parties, donc 210=10242^{10} = 1024 pour EE
  • e) ∅∉A\varnothing \notin A, mais ∅⊂A\varnothing \subset A et ∅∈P(A)\varnothing \in \mathcal{P}(A)
a)

A={2,4,6,8,10}A = \{2,4,6,8,10\} et B={1,2,3,4,5}B = \{1,2,3,4,5\}. La définition en compréhension donne la règle, l'extension donne la liste : passer de l'une à l'autre est le premier réflexe du chapitre, parce qu'une propriété se vérifie beaucoup plus vite sur une liste.

b)

3∉A3 \notin A, car 3 est impair. {3}⊂B\{3\} \subset B, car l'unique élément de {3}\{3\} est dans BB. 3∈B3 \in B. {2,4}⊂A\{2,4\} \subset A. Le point à ne pas manquer : 33 et {3}\{3\} ne sont pas la même chose. Le premier est un nombre, le second est un ensemble contenant ce nombre. On écrit 3∈B3 \in B mais {3}⊂B\{3\} \subset B, et jamais l'inverse.

c)

P({a,b,c})={∅,{a},{b},{c},{a,b},{a,c},{b,c},{a,b,c}}\mathcal{P}(\{a,b,c\}) = \{\varnothing, \{a\}, \{b\}, \{c\}, \{a,b\}, \{a,c\}, \{b,c\}, \{a,b,c\}\}, soit 8 parties. On les énumère par taille croissante : c'est la seule façon de n'en oublier aucune, et le compte par taille doit donner 1,3,3,11, 3, 3, 1.

d)

Chaque élément de XX est soit pris, soit laissé, indépendamment des autres : cela fait 22 choix répétés nn fois, donc ∣P(X)∣=2n\lvert \mathcal{P}(X) \rvert = 2^{n}. Pour EE, qui compte 10 éléments, 210=10242^{10} = 1024 parties. Le lien avec la numération en base 2 est direct : une partie de XX est exactement un mot binaire de nn bits, où le bit de rang kk dit si l'élément kk est pris.

e)

∅∉A\varnothing \notin A : les éléments de AA sont des nombres, pas des ensembles. Mais ∅⊂A\varnothing \subset A : l'inclusion demande que tout élément de ∅\varnothing soit dans AA, ce qui est vrai à vide puisqu'il n'y a aucun élément à vérifier. Et ∅∈P(A)\varnothing \in \mathcal{P}(A), puisque P(A)\mathcal{P}(A) est l'ensemble des parties de AA et que ∅\varnothing en est une. Les trois réponses diffèrent, et c'est ce qui rend l'exemple utile.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Opérations sur les ensembles et produit cartésien

Soit E={1,2,…,10}E = \{1,2,\dots,10\} l'ensemble de référence, A={1,2,3,4,5,6}A = \{1,2,3,4,5,6\} et B={4,5,6,7,8}B = \{4,5,6,7,8\}. On note A‾\overline{A} le complémentaire de AA dans EE.

  • a) Donnez A∪BA \cup B, A∩BA \cap B, A∖BA \setminus B et B∖AB \setminus A en extension.
  • b) Donnez A‾\overline{A} et B‾\overline{B}.
  • c) Combien d'éléments compte A×BA \times B ? Donnez-en trois.
  • d) Vérifiez sur cet exemple que (A∖B)∪(A∩B)=A(A \setminus B) \cup (A \cap B) = A.
  • e) Vérifiez la formule ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣\lvert A \cup B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert - \lvert A \cap B \rvert.
  • f) A×BA \times B et B×AB \times A sont-ils égaux ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) A∪B={1,…,8}A \cup B = \{1,\dots,8\}, A∩B={4,5,6}A \cap B = \{4,5,6\}, A∖B={1,2,3}A \setminus B = \{1,2,3\}, B∖A={7,8}B \setminus A = \{7,8\}
  • b) A‾={7,8,9,10}\overline{A} = \{7,8,9,10\} et B‾={1,2,3,9,10}\overline{B} = \{1,2,3,9,10\}
  • c) 6×5=306 \times 5 = 30 couples, par exemple (1,4)(1,4), (3,8)(3,8) et (6,5)(6,5)
  • d) {1,2,3}∪{4,5,6}=A\{1,2,3\} \cup \{4,5,6\} = A : une partition de AA en deux parties disjointes
  • e) 6+5−3=8=∣A∪B∣6+5-3 = 8 = \lvert A \cup B \rvert
  • f) Non : (1,4)∈A×B(1,4) \in A \times B mais (4,1)∉A×B(4,1) \notin A \times B. Même cardinal, 30, couples différents
a)

A∪B={1,2,3,4,5,6,7,8}A \cup B = \{1,2,3,4,5,6,7,8\} : tous les éléments qui sont dans l'un OU dans l'autre, comptés une seule fois. A∩B={4,5,6}A \cap B = \{4,5,6\} : ceux qui sont dans les deux. A∖B={1,2,3}A \setminus B = \{1,2,3\} : dans AA mais pas dans BB. B∖A={7,8}B \setminus A = \{7,8\}. Notez que A∖BA \setminus B et B∖AB \setminus A n'ont rien à voir : la différence n'est pas symétrique.

b)

A‾={7,8,9,10}\overline{A} = \{7,8,9,10\} et B‾={1,2,3,9,10}\overline{B} = \{1,2,3,9,10\}. Le complémentaire n'a de sens que relativement à un ensemble de référence : sans EE, l'écriture A‾\overline{A} ne veut rien dire. Contrôle : ∣A∣+∣A‾∣=6+4=10=∣E∣\lvert A \rvert + \lvert \overline{A} \rvert = 6+4 = 10 = \lvert E \rvert.

c)

A×BA \times B est l'ensemble des couples ORDONNÉS (a,b)(a,b) avec a∈Aa \in A et b∈Bb \in B : il en compte 6×5=306 \times 5 = 30. Par exemple (1,4)(1,4), (3,8)(3,8) et (6,5)(6,5). Le produit cartésien fabrique des couples, pas des éléments : (1,4)(1,4) n'est ni un nombre ni un ensemble à deux éléments.

d)

A∖B={1,2,3}A \setminus B = \{1,2,3\} et A∩B={4,5,6}A \cap B = \{4,5,6\} ; leur réunion vaut {1,2,3,4,5,6}=A\{1,2,3,4,5,6\} = A. L'identité est générale : tout élément de AA est soit dans BB, soit pas, et ces deux cas donnent précisément les deux morceaux. C'est une partition de AA en deux parties disjointes, ce qui explique pourquoi les cardinaux s'additionnent ici sans correction.

e)

∣A∣=6\lvert A \rvert = 6, ∣B∣=5\lvert B \rvert = 5, ∣A∩B∣=3\lvert A \cap B \rvert = 3, donc la formule donne 6+5−3=86+5-3 = 8. Et ∣A∪B∣=∣{1,…,8}∣=8\lvert A \cup B \rvert = \lvert \{1,\dots,8\} \rvert = 8. La formule marche. La raison est qu'en additionnant ∣A∣\lvert A \rvert et ∣B∣\lvert B \rvert, on compte deux fois les éléments communs : il faut donc en retrancher une copie.

f)

Non. A×BA \times B contient (1,4)(1,4), mais pas (4,1)(4,1), puisque 1∉B1 \notin B. Or (4,1)∈B×A(4,1) \in B \times A. Les deux produits ont le même cardinal, 30, mais ce ne sont pas les mêmes couples. Un couple est ordonné, c'est toute la différence avec une paire : (a,b)=(c,d)(a,b) = (c,d) exige a=ca=c ET b=db=d.

Exercice 3 : De Morgan et preuves par double inclusion

Deux ensembles sont égaux quand chacun est inclus dans l'autre : c'est la preuve par double inclusion, et elle se rédige toujours de la même façon. On prend xx quelconque dans le premier, on montre qu'il est dans le second, puis on recommence en sens inverse. Une table d'appartenance, où l'on note 1 quand xx est dans l'ensemble et 0 sinon, donne le même verdict avec quatre lignes.

  • a) Démontrez par double inclusion que A∪B‾=A‾∩B‾\overline{A \cup B} = \overline{A} \cap \overline{B}.
  • b) Établissez A∩B‾=A‾∪B‾\overline{A \cap B} = \overline{A} \cup \overline{B} par table d'appartenance.
  • c) Montrez que A∖B=A∩B‾A \setminus B = A \cap \overline{B}.
  • d) La différence symétrique est AΔB=(A∖B)∪(B∖A)A \Delta B = (A \setminus B) \cup (B \setminus A). Exprimez ∣AΔB∣\lvert A \Delta B \rvert à l'aide des cardinaux de AA, BB et A∩BA \cap B.
  • e) L'égalité A∖(B∖C)=(A∖B)∖CA \setminus (B \setminus C) = (A \setminus B) \setminus C est-elle vraie ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) A∪B‾=A‾∩B‾\overline{A \cup B} = \overline{A} \cap \overline{B} : c'est De Morgan transporté aux ensembles
  • b) Les deux colonnes valent 0,1,1,10,1,1,1 : l'égalité est établie
  • c) A∖B=A∩B‾A \setminus B = A \cap \overline{B}
  • d) ∣AΔB∣=∣A∣+∣B∣−2∣A∩B∣\lvert A \Delta B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert - 2\lvert A \cap B \rvert, soit 6+5−6=56+5-6 = 5 sur l'exemple
  • e) FAUSSE : avec A={1}A=\{1\}, B={2}B=\{2\}, C={1}C=\{1\}, on obtient {1}\{1\} d'un côté et ∅\varnothing de l'autre
a)

Sens direct. Soit x∈A∪B‾x \in \overline{A \cup B}. Alors x∉A∪Bx \notin A \cup B, donc xx n'est ni dans AA ni dans BB ; d'où x∈A‾x \in \overline{A} et x∈B‾x \in \overline{B}, c'est-à-dire x∈A‾∩B‾x \in \overline{A} \cap \overline{B}. Sens réciproque. Soit x∈A‾∩B‾x \in \overline{A} \cap \overline{B}. Alors x∉Ax \notin A et x∉Bx \notin B, donc xx n'est dans aucun des deux, donc x∉A∪Bx \notin A \cup B, c'est-à-dire x∈A∪B‾x \in \overline{A \cup B}. Les deux inclusions donnent l'égalité. C'est exactement la loi de De Morgan de la logique, transportée aux ensembles : la négation d'un OU est un ET de négations.

b)

Quatre lignes, selon que xx appartient ou non à AA et à BB. Colonnes (x∈A,x∈B)(x \in A, x \in B), puis A∩BA \cap B, puis A∩B‾\overline{A \cap B}, puis A‾\overline{A}, B‾\overline{B} et leur réunion. Ligne (1,1)(1,1) : A∩BA \cap B vaut 1, son complémentaire 0 ; A‾∪B‾\overline{A} \cup \overline{B} vaut 0∪0=00 \cup 0 = 0. Ligne (1,0)(1,0) : 00, donc 11 ; et 0∪1=10 \cup 1 = 1. Ligne (0,1)(0,1) : 00, donc 11 ; et 1∪0=11 \cup 0 = 1. Ligne (0,0)(0,0) : 00, donc 11 ; et 1∪1=11 \cup 1 = 1. Les deux colonnes finales sont identiques sur les quatre lignes : l'égalité est établie. La table est plus rapide que la double inclusion, mais elle ne se généralise proprement qu'aux identités portant sur un petit nombre d'ensembles.

c)

x∈A∖Bx \in A \setminus B signifie x∈Ax \in A et x∉Bx \notin B, ce qui s'écrit x∈Ax \in A et x∈B‾x \in \overline{B}, c'est-à-dire x∈A∩B‾x \in A \cap \overline{B}. Les deux écritures traduisent la même phrase, l'équivalence est donc immédiate dans les deux sens. Cette identité est celle qui permet d'éliminer partout le symbole de différence et de ne travailler qu'avec réunion, intersection et complémentaire.

d)

A∖BA \setminus B et B∖AB \setminus A sont disjoints, donc les cardinaux s'additionnent : ∣AΔB∣=∣A∖B∣+∣B∖A∣\lvert A \Delta B \rvert = \lvert A \setminus B \rvert + \lvert B \setminus A \rvert. Or ∣A∖B∣=∣A∣−∣A∩B∣\lvert A \setminus B \rvert = \lvert A \rvert - \lvert A \cap B \rvert et de même pour l'autre. D'où ∣AΔB∣=∣A∣+∣B∣−2∣A∩B∣\lvert A \Delta B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert - 2\lvert A \cap B \rvert. Le facteur 2 est le point à comprendre : on retire l'intersection deux fois, une fois de chaque côté, parce qu'elle est justement ce que la différence symétrique exclut. Sur l'exemple de l'exercice précédent : 6+5−2(3)=56+5-2(3) = 5, et en effet AΔB={1,2,3,7,8}A \Delta B = \{1,2,3,7,8\}.

e)

Non. Contre-exemple : A={1}A = \{1\}, B={2}B = \{2\}, C={1}C = \{1\}. À gauche, B∖C={2}B \setminus C = \{2\} et A∖{2}={1}A \setminus \{2\} = \{1\}. À droite, A∖B={1}A \setminus B = \{1\} puis {1}∖C=∅\{1\} \setminus C = \varnothing. On obtient {1}\{1\} d'un côté et ∅\varnothing de l'autre : la différence n'est pas associative. Un seul contre-exemple suffit à réfuter une identité annoncée pour tous les ensembles, et il vaut mieux le chercher avec des ensembles à un élément, où tout se vérifie de tête.

Exercice 4 : Diagrammes de Venn et principe d'inclusion-exclusion

Trois parties AA, BB et CC d'un ensemble EE de 60 éléments vérifient : ∣A∣=27\lvert A \rvert = 27, ∣B∣=20\lvert B \rvert = 20, ∣C∣=29\lvert C \rvert = 29, ∣A∩B∣=8\lvert A \cap B \rvert = 8, ∣A∩C∣=10\lvert A \cap C \rvert = 10, ∣B∩C∣=7\lvert B \cap C \rvert = 7 et ∣A∩B∩C∣=3\lvert A \cap B \cap C \rvert = 3. Le diagramme ci-dessous délimite les huit régions à remplir.

EABC
  • a) Remplissez les huit régions du diagramme, en commençant par le centre.
  • b) Calculez ∣A∪B∪C∣\lvert A \cup B \cup C \rvert par la formule d'inclusion-exclusion, puis vérifiez sur le diagramme.
  • c) Combien d'éléments ne sont dans aucun des trois ensembles ?
  • d) Combien d'éléments sont dans exactement deux des trois ensembles ?
  • e) Pourquoi la formule ajoute-t-elle le terme ∣A∩B∩C∣\lvert A \cap B \cap C \rvert à la fin ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Centre 3 ; doubles 5, 7, 4 ; simples 12, 8, 15 ; extérieur 6. Somme : 60
  • b) 27+20+29−8−10−7+3=5427+20+29-8-10-7+3 = 54, et 12+8+15+5+7+4+3=5412+8+15+5+7+4+3 = 54
  • c) 60−54=660-54 = 6
  • d) 5+7+4=165+7+4 = 16
  • e) Les éléments du centre sont comptés trois fois puis retirés trois fois : leur solde est nul, il faut les rajouter une fois
a)

On part TOUJOURS du centre, sinon on soustrait des quantités déjà retirées. Centre : ∣A∩B∩C∣=3\lvert A \cap B \cap C \rvert = 3. Région A∩BA \cap B seule : 8−3=58 - 3 = 5. Région A∩CA \cap C seule : 10−3=710 - 3 = 7. Région B∩CB \cap C seule : 7−3=47 - 3 = 4. Région AA seule : 27−5−7−3=1227 - 5 - 7 - 3 = 12. Région BB seule : 20−5−4−3=820 - 5 - 4 - 3 = 8. Région CC seule : 29−7−4−3=1529 - 7 - 4 - 3 = 15. Extérieur : 60−(12+8+15+5+7+4+3)=60−54=660 - (12+8+15+5+7+4+3) = 60 - 54 = 6. Contrôle : la somme des huit régions vaut 60, le cardinal de EE.

b)

∣A∪B∪C∣=27+20+29−8−10−7+3=54\lvert A \cup B \cup C \rvert = 27+20+29-8-10-7+3 = 54. Sur le diagramme, la réunion est la somme des sept régions intérieures : 12+8+15+5+7+4+3=5412+8+15+5+7+4+3 = 54. Les deux méthodes coïncident, et c'est ce double calcul qui sécurise le résultat.

c)

60−54=660 - 54 = 6 éléments sont hors de la réunion. C'est la région extérieure du diagramme, celle qu'on oublie systématiquement quand on ne dessine pas le rectangle de l'univers.

d)

Exactement deux : ce sont les trois régions en croissant, 5+7+4=165 + 7 + 4 = 16 éléments. Attention à la formulation : ∣A∩B∣=8\lvert A \cap B \rvert = 8 compte aussi les 3 éléments du centre, qui sont dans TROIS ensembles. « Dans exactement deux » n'est pas « dans A∩BA \cap B », et cette nuance est le piège classique des problèmes de sondage.

e)

Parce que les éléments du centre sont comptés trois fois par ∣A∣+∣B∣+∣C∣\lvert A \rvert + \lvert B \rvert + \lvert C \rvert, puis retirés trois fois par les trois intersections deux à deux : leur solde est nul, alors qu'ils doivent compter une fois. On les rajoute donc une fois. Le même raisonnement de compensation, appliqué à un élément situé dans exactement deux ensembles, donne 2−1=12 - 1 = 1 : il est bien compté une fois, et rien à corriger pour lui.

EABC1281557436

Exercice 5 : Relations binaires : couples, matrice et graphe sagittal

Une relation binaire RR sur un ensemble EE est simplement une partie de E×EE \times E : c'est la liste des couples (x,y)(x,y) pour lesquels on écrit x R yx\,R\,y. Rien d'autre. Toute propriété d'une relation se vérifie donc sur ses couples, jamais sur l'intuition du mot qui lui sert de nom.

On prend E={1,2,3,4}E = \{1,2,3,4\} et la relation x R yx\,R\,y définie par « xx divise yy ». Le graphe sagittal ci-dessous en donne toutes les flèches.

départarrivée11223344
  • a) Écrivez RR en extension, comme ensemble de couples.
  • b) Combien de relations différentes peut-on définir sur EE ?
  • c) Écrivez la matrice booléenne MM de RR, avec Mij=1M_{ij}=1 quand i R ji\,R\,j.
  • d) Donnez l'image de 2 et l'ensemble des antécédents de 4.
  • e) La relation « xx divise yy » sur EE est-elle une fonction ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) R={(1,1),(1,2),(1,3),(1,4),(2,2),(2,4),(3,3),(4,4)}R = \{(1,1),(1,2),(1,3),(1,4),(2,2),(2,4),(3,3),(4,4)\}, 8 couples
  • b) 216=65 5362^{16} = 65\,536 relations
  • c) Matrice triangulaire supérieure, première ligne pleine, 8 coefficients à 1
  • d) Image de 2 : {2,4}\{2,4\}, deuxième LIGNE. Antécédents de 4 : {1,2,4}\{1,2,4\}, quatrième COLONNE
  • e) Non : 1 a quatre images. Une fonction a au plus un 1 par ligne
a)

R={(1,1),(1,2),(1,3),(1,4),(2,2),(2,4),(3,3),(4,4)}R = \{(1,1),(1,2),(1,3),(1,4),(2,2),(2,4),(3,3),(4,4)\}, soit 8 couples. On les trouve en balayant les 16 couples possibles et en gardant ceux où la division tombe juste : 1 divise tout le monde, 2 divise 2 et 4, 3 divise 3, et 4 divise 4.

b)

Une relation sur EE est une partie de E×EE \times E, qui compte 4×4=164 \times 4 = 16 couples. Il y a donc 216=65 5362^{16} = 65\,536 relations possibles, une par sous-ensemble de couples. Le lien avec l'exercice 1 est direct : on choisit chaque couple ou non, ce qui est un mot de 16 bits.

c)

En rangeant les indices de 1 à 4 : M=(1111010100100001)M = \begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 & 1 \\ 0 & 1 & 0 & 1 \\ 0 & 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}. La première ligne est pleine, parce que 1 divise tout ; la matrice est triangulaire supérieure, parce qu'un diviseur d'un nombre non nul lui est inférieur ou égal. Contrôle : la matrice compte 8 coefficients à 1, autant que RR a de couples.

d)

L'image de 2 est {y:2 R y}={2,4}\{y : 2\,R\,y\} = \{2,4\}, c'est-à-dire les 1 de la deuxième LIGNE. Les antécédents de 4 sont {x:x R 4}={1,2,4}\{x : x\,R\,4\} = \{1,2,4\}, c'est-à-dire les 1 de la quatrième COLONNE. Lire une ligne ou une colonne ne donne pas la même chose, et c'est la première source d'erreur sur les matrices de relations.

e)

Non. Une fonction associe à chaque élément de départ AU PLUS une image, or 1 est en relation avec 1, 2, 3 et 4 : quatre images. Une relation est une fonction exactement quand chaque ligne de sa matrice contient au plus un 1 ; ici la première ligne en contient quatre. C'est la différence essentielle entre les deux notions : une fonction est un cas très particulier de relation.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Les quatre propriétés d'une relation

Quatre propriétés se testent sur les couples. Réflexive : (x,x)∈R(x,x) \in R pour tout xx. Symétrique : si (x,y)∈R(x,y) \in R alors (y,x)∈R(y,x) \in R. Antisymétrique : si (x,y)∈R(x,y) \in R et (y,x)∈R(y,x) \in R alors x=yx=y. Transitive : si (x,y)∈R(x,y) \in R et (y,z)∈R(y,z) \in R alors (x,z)∈R(x,z) \in R. Pour réfuter, un contre-exemple suffit ; pour établir, il faut balayer tous les cas.

On étudie trois relations : R1R_{1} est « xx divise yy » sur {1,2,3,4}\{1,2,3,4\} ; R2={(1,2),(2,1),(3,3)}R_{2} = \{(1,2),(2,1),(3,3)\} sur {1,2,3}\{1,2,3\} ; R3R_{3} est « x+yx+y est pair » sur {1,2,3,4}\{1,2,3,4\}.

  • a) Étudiez les quatre propriétés de R1R_{1} et concluez sur sa nature.
  • b) Étudiez les quatre propriétés de R2R_{2}.
  • c) Étudiez les quatre propriétés de R3R_{3} et concluez sur sa nature.
  • d) Une relation peut-elle être à la fois symétrique et antisymétrique ? Donnez un exemple.
  • e) Comment reconnaît-on chaque propriété sur la matrice booléenne ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Réflexive, antisymétrique, transitive, non symétrique : c'est un ORDRE partiel, 2 et 3 étant incomparables
  • b) Symétrique seulement : ni réflexive, ni antisymétrique, ni transitive
  • c) Réflexive, symétrique, transitive, non antisymétrique : c'est une ÉQUIVALENCE, celle de la parité
  • d) Oui, mais elle ne contient alors que des couples de la diagonale : l'égalité en est l'exemple
  • e) Diagonale pleine, matrice égale à sa transposée, jamais MijM_{ij} et MjiM_{ji} hors diagonale, et M2≤MM^{2} \le M
a)

Réflexive : tout entier se divise lui-même, les quatre couples (x,x)(x,x) sont là. Symétrique : non, (1,2)∈R1(1,2) \in R_{1} mais (2,1)∉R1(2,1) \notin R_{1}, un contre-exemple suffit. Antisymétrique : si xx divise yy et yy divise xx avec x,yx,y positifs, alors x=yx=y ; on peut aussi le vérifier couple par couple, aucun couple symétrique n'apparaît hors de la diagonale. Transitive : si xx divise yy et yy divise zz, alors xx divise zz. Réflexive, antisymétrique et transitive : R1R_{1} est une relation d'ORDRE, et cet ordre est partiel puisque 2 et 3 ne sont pas comparables.

b)

Réflexive : non, (1,1)∉R2(1,1) \notin R_{2}. Symétrique : oui, (1,2)(1,2) et (2,1)(2,1) sont tous deux présents, et (3,3)(3,3) est son propre symétrique. Antisymétrique : non, (1,2)(1,2) et (2,1)(2,1) sont là alors que 1≠21 \neq 2. Transitive : non, (1,2)(1,2) et (2,1)(2,1) devraient forcer (1,1)(1,1), qui manque. R2R_{2} n'est donc ni un ordre ni une équivalence : ce n'est qu'une relation quelconque, et c'est le cas le plus fréquent.

c)

Réflexive : x+x=2xx+x = 2x est pair, donc oui. Symétrique : x+y=y+xx+y = y+x, donc oui. Antisymétrique : non, (1,3)(1,3) et (3,1)(3,1) sont là avec 1≠31 \neq 3. Transitive : si x+yx+y et y+zy+z sont pairs, alors xx et yy ont la même parité, et yy et zz aussi, donc xx et zz également, donc x+zx+z est pair. Réflexive, symétrique et transitive : R3R_{3} est une relation d'ÉQUIVALENCE, celle qui classe les entiers par parité.

d)

Oui, mais cela contraint beaucoup : si (x,y)∈R(x,y) \in R avec x≠yx \neq y, la symétrie impose (y,x)∈R(y,x) \in R et l'antisymétrie impose alors x=yx=y, contradiction. Une relation à la fois symétrique et antisymétrique ne contient donc que des couples de la diagonale. Exemple : l'égalité, R={(x,x):x∈E}R = \{(x,x) : x \in E\}. Symétrique et antisymétrique ne sont pas des contraires : ce sont deux conditions indépendantes qui peuvent être vraies ensemble, fausses ensemble, ou l'une sans l'autre.

e)

Réflexive : la diagonale ne contient que des 1. Symétrique : la matrice est égale à sa transposée. Antisymétrique : hors de la diagonale, jamais MijM_{ij} et MjiM_{ji} simultanément à 1. Transitive : le carré booléen M2M^{2} n'a aucun 1 là où MM a un 0, ce qui s'écrit M2≤MM^{2} \le M. Cette dernière lecture fait le pont avec le chapitre des matrices : un 1 en position (i,j)(i,j) dans M2M^{2} signale un chemin de longueur 2, et la transitivité demande qu'un tel chemin ait toujours son raccourci direct.

Exercice 7 : Relations d'équivalence, classes et partition

Sur E={0,1,2,…,14}E = \{0,1,2,\dots,14\}, on définit x∼yx \sim y lorsque xx et yy ont le même reste dans la division par 5, ce que l'on note x≡y(mod5)x \equiv y \pmod 5. Une relation d'équivalence découpe l'ensemble en paquets sans reste ni chevauchement : c'est le mécanisme qui fonde les tables de hachage.

  • a) Vérifiez que ∼\sim est une relation d'équivalence.
  • b) Donnez les classes d'équivalence en extension.
  • c) Vérifiez que ces classes forment une partition de EE.
  • d) Combien y a-t-il de classes ? Combien d'éléments dans chacune ?
  • e) Dans une table de hachage à 5 alvéoles utilisant la fonction h(x)=x mod 5h(x) = x \bmod 5, que représentent les classes ?
  • f) Deux classes d'équivalence peuvent-elles avoir un élément commun sans être égales ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) Réflexive, symétrique et transitive : la relation est définie par l'égalité d'une quantité
  • b) {0,5,10}\{0,5,10\}, {1,6,11}\{1,6,11\}, {2,7,12}\{2,7,12\}, {3,8,13}\{3,8,13\}, {4,9,14}\{4,9,14\}
  • c) Aucune classe vide, deux à deux disjointes, de réunion EE : c'est une partition
  • d) 5 classes de 3 éléments, et 5×3=155 \times 3 = 15
  • e) Le contenu d'une alvéole : les éléments équivalents modulo 5 entrent en collision
  • f) Non : deux classes sont soit égales, soit disjointes, par transitivité
a)

Réflexive : xx a évidemment le même reste que lui-même. Symétrique : si xx et yy ont le même reste, alors yy et xx aussi, la condition est symétrique dans son écriture. Transitive : si xx et yy ont le même reste rr, et yy et zz le même reste, ce reste est encore rr, donc xx et zz ont le même reste. Les trois propriétés sont vérifiées : ∼\sim est une équivalence. Aucune de ces vérifications ne demande de calcul, parce que la relation est définie par l'égalité d'une quantité, et l'égalité est toujours une équivalence.

b)

Classe de 0 : {0,5,10}\{0,5,10\}. Classe de 1 : {1,6,11}\{1,6,11\}. Classe de 2 : {2,7,12}\{2,7,12\}. Classe de 3 : {3,8,13}\{3,8,13\}. Classe de 4 : {4,9,14}\{4,9,14\}. On note [r][r] la classe du reste rr ; par exemple [2]={2,7,12}[2] = \{2,7,12\}, et [7][7] désigne le MÊME ensemble. Une classe a autant de noms que d'éléments, ce qui déroute au début mais ne pose aucun problème une fois admis.

c)

Trois conditions. Aucune classe n'est vide : chacune compte trois éléments. Elles sont deux à deux disjointes : deux restes différents ne peuvent pas coexister pour un même nombre, puisque le reste de la division euclidienne est unique. Leur réunion vaut EE : tout entier de EE a un reste, donc appartient à une classe. C'est bien une partition.

d)

Cinq classes, autant que de restes possibles 0,1,2,3,40, 1, 2, 3, 4, avec 3 éléments chacune. Contrôle : 5×3=15=∣E∣5 \times 3 = 15 = \lvert E \rvert. Cette régularité vient de ce que EE contient exactement trois blocs consécutifs de 5 entiers ; sur {0,…,13}\{0,\dots,13\} les classes n'auraient plus toutes le même effectif.

e)

Chaque classe est le contenu d'une alvéole : les éléments qui entrent en collision sont exactement ceux qui sont équivalents modulo 5. Le nombre d'alvéoles est le nombre de classes, et l'uniformité des effectifs est précisément ce qu'on demande à une bonne fonction de hachage. Si les données présentaient toutes le même reste, tout atterrirait dans la même alvéole et la recherche redeviendrait linéaire.

f)

Non. Si zz appartient à la classe de xx et à celle de yy, alors x∼zx \sim z et z∼yz \sim y, donc x∼yx \sim y par transitivité, et les deux classes contiennent exactement les mêmes éléments. Deux classes sont donc soit égales, soit disjointes, jamais partiellement superposées. C'est cette dichotomie qui garantit qu'on obtient une partition, et elle repose entièrement sur la transitivité.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « L'ensemble vide appartient à tout ensemble. »
  • 2) « Si XX compte nn éléments, alors P(X)\mathcal{P}(X) en compte 2n2n. »
  • 3) « Une relation qui n'est pas symétrique est antisymétrique. »
  • 4) « ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣\lvert A \cup B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert. »
  • 5) « A×B=B×AA \times B = B \times A, puisque ce sont les mêmes éléments pris deux à deux. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) FAUX : ∅⊂A\varnothing \subset A toujours, ∅∈P(A)\varnothing \in \mathcal{P}(A) toujours, mais ∅∈A\varnothing \in A presque jamais
  • 2) FAUX : ∣P(X)∣=2n\lvert \mathcal{P}(X) \rvert = 2^{n}, et pour n=3n=3 cela fait 8, non 6
  • 3) FAUX : les deux propriétés sont indépendantes. R={(1,2),(2,1),(1,3)}R=\{(1,2),(2,1),(1,3)\} n'a ni l'une ni l'autre
  • 4) FAUX : ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣\lvert A \cup B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert - \lvert A \cap B \rvert, l'égalité simple exigeant des ensembles disjoints
  • 5) FAUX : A×B={(1,2)}A \times B = \{(1,2)\} et B×A={(2,1)}B \times A = \{(2,1)\} n'ont aucun élément commun
1)

FAUX. C'est l'inclusion qui est universelle, pas l'appartenance : ∅⊂A\varnothing \subset A pour tout AA, mais ∅∈A\varnothing \in A seulement si AA contient l'ensemble vide comme élément. Contre-exemple : A={1,2}A = \{1,2\} ne contient que les nombres 1 et 2. Énoncé correct : ∅⊂A\varnothing \subset A toujours, et ∅∈P(A)\varnothing \in \mathcal{P}(A) toujours, mais ∅∈A\varnothing \in A presque jamais.

2)

FAUX. Le nombre de parties double à chaque élément ajouté, il ne s'ajoute pas : c'est 2n2^{n}, pas 2n2n. Contre-exemple : pour n=3n=3, on a compté 8 parties, alors que 2n=62n = 6. Énoncé correct : ∣P(X)∣=2∣X∣\lvert \mathcal{P}(X) \rvert = 2^{\lvert X \rvert}, parce que chaque élément est pris ou laissé indépendamment des autres.

3)

FAUX. Les deux propriétés sont indépendantes, et une relation peut ne vérifier ni l'une ni l'autre. Contre-exemple : R={(1,2),(2,1),(1,3)}R = \{(1,2),(2,1),(1,3)\} sur {1,2,3}\{1,2,3\} n'est pas symétrique, car (3,1)(3,1) manque, et n'est pas antisymétrique, car (1,2)(1,2) et (2,1)(2,1) coexistent avec 1≠21 \neq 2. Énoncé correct : symétrique et antisymétrique sont deux conditions distinctes ; leur négation ne se déduit pas l'une de l'autre.

4)

FAUX. Les éléments communs seraient comptés deux fois. Contre-exemple : A={1,2}A = \{1,2\} et B={2,3}B = \{2,3\} donnent ∣A∪B∣=3\lvert A \cup B \rvert = 3 alors que ∣A∣+∣B∣=4\lvert A \rvert + \lvert B \rvert = 4. Énoncé correct : ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣−∣A∩B∣\lvert A \cup B \rvert = \lvert A \rvert + \lvert B \rvert - \lvert A \cap B \rvert, et l'égalité simple n'est vraie que si AA et BB sont disjoints.

5)

FAUX. Un produit cartésien est fait de couples ORDONNÉS. Contre-exemple : avec A={1}A = \{1\} et B={2}B = \{2\}, on a A×B={(1,2)}A \times B = \{(1,2)\} et B×A={(2,1)}B \times A = \{(2,1)\}, deux ensembles sans aucun élément commun. Énoncé correct : A×BA \times B et B×AB \times A ont toujours le même cardinal, ∣A∣×∣B∣\lvert A \rvert \times \lvert B \rvert, mais ils ne sont égaux que si A=BA = B ou si l'un des deux est vide.

Exercice 9 : Problème : sondage sur les langages de programmation

Un sondage porte sur 120 étudiants d'un programme d'informatique. Il en ressort que 78 connaissent Python, 64 connaissent Java et 45 connaissent le langage C++. De plus, 40 connaissent Python et Java, 28 connaissent Python et C++, 22 connaissent Java et C++, et 15 connaissent les trois.

La figure ci-dessous représente la situation.

120 étudiantsPJC
  • a) Combien d'étudiants connaissent au moins un des trois langages ?
  • b) Combien n'en connaissent aucun ?
  • c) Combien connaissent Python seulement ?
  • d) Combien connaissent exactement deux des trois langages ?
  • e) Le service des stages affirme que 30 étudiants connaissent Java sans connaître Python. A-t-il raison ?
  • f) Un responsable annonce que 50 étudiants connaissent Python et Java seulement. Montrez que ce chiffre est impossible.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
Voir la correction

Réponses

  • a) 78+64+45−40−28−22+15=11278+64+45-40-28-22+15 = 112
  • b) 120−112=8120-112 = 8
  • c) 78−40−28+15=2578-40-28+15 = 25
  • d) 25+13+7=4525+13+7 = 45
  • e) Non : Java sans Python vaut 64−40=2464-40 = 24, et Java seulement vaut 17. Le service se trompe de 6
  • f) La région vaut 40−15=2540-15 = 25, et elle ne peut de toute façon pas dépasser ∣P∩J∣=40\lvert P \cap J \rvert = 40
a)

Inclusion-exclusion : 78+64+45−40−28−22+15=187−90+15=11278 + 64 + 45 - 40 - 28 - 22 + 15 = 187 - 90 + 15 = 112. Contrôle d'ordre de grandeur : le résultat doit être compris entre le plus grand des trois effectifs, 78, et leur somme, 187 ; 112 est bien dans cet intervalle.

b)

120−112=8120 - 112 = 8 étudiants ne connaissent aucun des trois langages. C'est la région extérieure du diagramme, et elle n'apparaît dans aucune des données de l'énoncé : il faut la calculer.

c)

Python seulement : on retire de 78 ceux qui connaissent aussi Java ou C++, sans oublier de remettre le centre. 78−40−28+15=2578 - 40 - 28 + 15 = 25. La correction +15+15 est indispensable : les 15 étudiants qui connaissent les trois ont été retirés deux fois, une fois avec les 40 et une fois avec les 28.

d)

Python et Java seulement : 40−15=2540 - 15 = 25. Python et C++ seulement : 28−15=1328 - 15 = 13. Java et C++ seulement : 22−15=722 - 15 = 7. Total : 25+13+7=4525 + 13 + 7 = 45 étudiants connaissent exactement deux langages. Le diagramme complet se lit alors : 25,17,1025, 17, 10 pour les régions simples, 25,13,725, 13, 7 pour les doubles, 15 au centre, 8 dehors, et la somme fait bien 120.

e)

Java sans Python, c'est ∣J∣−∣P∩J∣=64−40=24\lvert J \rvert - \lvert P \cap J \rvert = 64 - 40 = 24, et non 30. Le service se trompe de 6. Trois quantités différentes portent des noms voisins : Java (64), Java sans Python (24) et Java seulement (17) ; les distinguer est tout l'enjeu du problème.

f)

« Python et Java seulement » vaut 40−15=2540 - 15 = 25. Le chiffre 50 est impossible pour une raison plus forte encore : cette région est incluse dans P∩JP \cap J, qui ne compte que 40 étudiants, donc elle ne peut en aucun cas dépasser 40. Un effectif de région ne peut jamais excéder celui d'un ensemble qui le contient, et cette inégalité est le contrôle le plus rapide pour rejeter une donnée aberrante avant tout calcul.

120 étudiantsPJC25171025137158

Exercice 10 : Problème : ordre partiel, composition et fermeture transitive

Soit E={a,b,c}E = \{a,b,c\}. On munit P(E)\mathcal{P}(E) de l'inclusion ⊆\subseteq. Dans un second temps, on considère sur {1,2,3,4}\{1,2,3,4\} la relation S={(1,2),(2,3),(3,4)}S = \{(1,2),(2,3),(3,4)\}, dite relation de succession, et sa composée S∘SS \circ S, définie par : x (S∘S) zx\,(S \circ S)\,z s'il existe yy tel que x S yx\,S\,y et y S zy\,S\,z.

  • a) Montrez que ⊆\subseteq est une relation d'ordre sur P(E)\mathcal{P}(E).
  • b) Les parties {a}\{a\} et {b}\{b\} sont-elles comparables ? Que signifie le mot « partiel » ?
  • c) Donnez une chaîne contenant le plus de parties possible dans P(E)\mathcal{P}(E).
  • d) Calculez S∘SS \circ S, puis S∘S∘SS \circ S \circ S.
  • e) Déterminez la fermeture transitive de SS, c'est-à-dire la plus petite relation transitive contenant SS.
  • f) SS est-elle transitive ? Sa fermeture transitive est-elle une relation d'ordre ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) Réflexive, antisymétrique et transitive : l'inclusion est un ordre sur P(E)\mathcal{P}(E), qui compte 8 éléments
  • b) Non comparables. « Partiel » : il existe au moins un couple d'éléments incomparables
  • c) ∅⊂{a}⊂{a,b}⊂{a,b,c}\varnothing \subset \{a\} \subset \{a,b\} \subset \{a,b,c\}, soit ∣E∣+1=4\lvert E \rvert + 1 = 4 parties
  • d) S∘S={(1,3),(2,4)}S \circ S = \{(1,3),(2,4)\} et S∘S∘S={(1,4)}S \circ S \circ S = \{(1,4)\}
  • e) {(1,2),(2,3),(3,4),(1,3),(2,4),(1,4)}\{(1,2),(2,3),(3,4),(1,3),(2,4),(1,4)\}, 6 couples : c'est la relation x<yx<y
  • f) Non transitive. Sa fermeture est un ordre STRICT, non réflexif ; il faut ajouter la diagonale pour obtenir ≤\le
a)

Réflexive : X⊆XX \subseteq X pour toute partie XX, puisque tout élément de XX est dans XX. Antisymétrique : si X⊆YX \subseteq Y et Y⊆XY \subseteq X, alors XX et YY ont exactement les mêmes éléments, donc X=YX = Y ; c'est la définition même de l'égalité par double inclusion. Transitive : si X⊆YX \subseteq Y et Y⊆ZY \subseteq Z, tout élément de XX est dans YY donc dans ZZ. Les trois propriétés sont vérifiées : l'inclusion est une relation d'ordre sur P(E)\mathcal{P}(E), qui compte ici 23=82^{3} = 8 éléments.

b)

Non : {a}⊈{b}\{a\} \not\subseteq \{b\} et {b}⊈{a}\{b\} \not\subseteq \{a\}. Deux éléments sont comparables quand l'un des deux est en relation avec l'autre ; ici aucun des deux sens ne tient. Un ordre est dit PARTIEL quand il existe au moins un couple d'éléments incomparables, et TOTAL quand tous les couples sont comparables. L'ordre habituel sur les nombres réels est total, l'inclusion ne l'est presque jamais. La conséquence pratique : on ne peut pas ranger P(E)\mathcal{P}(E) sur une ligne, il faut un diagramme à plusieurs niveaux.

c)

∅⊂{a}⊂{a,b}⊂{a,b,c}\varnothing \subset \{a\} \subset \{a,b\} \subset \{a,b,c\} : une chaîne de 4 parties, chacune strictement incluse dans la suivante. On ne peut pas en mettre davantage, puisque chaque inclusion stricte ajoute au moins un élément et qu'il n'y en a que trois à ajouter en partant de ∅\varnothing. Une plus longue chaîne compte donc ∣E∣+1=4\lvert E \rvert + 1 = 4 parties.

d)

S∘SS \circ S contient les couples reliés par deux flèches consécutives : 1→2→31 \to 2 \to 3 donne (1,3)(1,3), et 2→3→42 \to 3 \to 4 donne (2,4)(2,4). Donc S∘S={(1,3),(2,4)}S \circ S = \{(1,3),(2,4)\}. En composant une fois de plus, seul 1→2→3→41 \to 2 \to 3 \to 4 subsiste : S∘S∘S={(1,4)}S \circ S \circ S = \{(1,4)\}. Chaque composition supplémentaire allonge le chemin d'un pas et raréfie les couples, jusqu'à ce que S4=∅S^{4} = \varnothing, faute de chemin de longueur 4 dans une chaîne de quatre sommets.

e)

La fermeture transitive réunit tous les chemins de longueur au moins 1 : S∪S2∪S3={(1,2),(2,3),(3,4),(1,3),(2,4),(1,4)}S \cup S^{2} \cup S^{3} = \{(1,2),(2,3),(3,4),(1,3),(2,4),(1,4)\}, soit 6 couples. C'est exactement la relation x<yx < y sur {1,2,3,4}\{1,2,3,4\}, ce que confirme le compte : le nombre de couples (x,y)(x,y) avec x<yx<y parmi 4 éléments vaut 4×32=6\dfrac{4 \times 3}{2} = 6. On s'arrête à S3S^{3} parce que S4S^{4} est vide, et plus généralement parce qu'un chemin sans répétition dans un ensemble à nn éléments compte au plus n−1n-1 arêtes.

f)

SS n'est pas transitive : (1,2)(1,2) et (2,3)(2,3) y figurent, mais pas (1,3)(1,3). Sa fermeture transitive, la relation <<, est transitive par construction et antisymétrique, puisque x<yx<y et y<xy<x sont incompatibles. Mais elle n'est PAS réflexive, car (1,1)(1,1) n'y figure pas : ce n'est donc pas une relation d'ordre au sens large, mais un ordre STRICT. Pour obtenir un ordre au sens large, il faut encore ajouter la diagonale, ce qui donne ≤\le et s'appelle la fermeture réflexive et transitive. C'est cette opération que réalise l'algorithme de Warshall sur la matrice booléenne d'une relation, et elle relie directement ce chapitre à celui des graphes : un 1 en position (i,j)(i,j) dans la fermeture signifie qu'il existe un chemin de ii vers jj.

∅{a}{b}{c}{a, b}{a, c}{b, c}{a, b, c}
Diagramme de Hasse de P({a,b,c})\mathcal{P}(\{a,b,c\}) : en bleu, la chaîne maximale ∅⊂{a}⊂{a,b}⊂{a,b,c}\varnothing\subset\{a\}\subset\{a,b\}\subset\{a,b,c\} ; {a}\{a\} et {b}\{b\} ne sont reliés par aucun chemin montant, ils sont incomparables.
1234S²S³
SS en bleu marine, S2S^{2} en orange, S3S^{3} en vert : leur réunion, six couples, est la relation x<yx<y.
Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/n11-ensembles-relations. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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