SNT Seconde • Programme français, lycées de Montréal

Exercices corrigés de SNT : les données structurées et leur traitement

Voici une série d'exercices corrigés de SNT pour la classe de Seconde, sur le thème « Les données structurées et leur traitement » du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français de Montréal, le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas.

Le fil de la série : une valeur seule ne veut rien dire. Le nombre 412 n'est une donnée que le jour où un descripteur dit ce qu'il mesure et dans quelle unité. Tout le chapitre découle de cette phrase, y compris les questions de ré-identification, où ce sont justement des descripteurs anodins qui finissent par désigner une personne.

Trois pièges reviennent dans les copies et le corrigé les désigne nommément : compter la ligne d'en-tête parmi les enregistrements, moyenner des moyennes sans les pondérer, et diviser un volume par un débit sans convertir les bits en octets.

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Ce chapitre fait partie de SNT en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • Une donnée est une valeur ; son descripteur est le nom de la colonne qui dit ce qu'elle mesure ; une métadonnée est une donnée qui décrit une autre donnée.
  • Dans une table, une ligne est un enregistrement et une colonne un descripteur. La ligne d'en-tête n'est pas un enregistrement.
  • CSV : fichier texte, un enregistrement par ligne, un séparateur entre les champs. Un champ contenant le séparateur s'encadre de guillemets.
  • Un affichage du type « Montréal » est un problème d'encodage : fichier écrit en UTF-8 et relu en Latin-1.
  • Sélection : on garde des lignes. Projection : on garde des colonnes. Seule la projection peut créer des doublons.
  • Tri à plusieurs clés : la première clé décide, la seconde ne départage que les égalités. Changer l'ordre des clés change le résultat.
  • Un tri stable conserve l'ordre initial des lignes de même clé. C'est ce qui permet d'obtenir un tri à deux clés par deux tris successifs, en commençant par la clé la moins prioritaire.
  • Agrégation d'un rapport : on somme les numérateurs, on somme les dénominateurs, on divise une seule fois. Une moyenne de moyennes non pondérée est fausse.
  • Fusion sur une clé : la correspondance se fait par la VALEUR, jamais par la position. Vérifier l'unicité de la clé avant de fusionner.
  • 11 octet =8= 8 bits, 11 kio =210= 2^{10} octets, 11 Mio =220= 2^{20} octets. Un débit s'annonce en bits, un volume se compte en octets.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Donnée, descripteur, métadonnée

Une donnée seule ne veut rien dire. Le chiffre 412 n'est ni une population, ni un prix, ni une distance tant que personne n'a dit ce qu'il décrit. Tout le chapitre part de là.

  • a) On lit dans un fichier la valeur 412. Donnez trois interprétations possibles, puis dites quelle information manque pour trancher. Comment s'appelle cette information ?
  • b) Définissez donnée, descripteur et métadonnée, et donnez un exemple de chacun pour une photographie prise avec un téléphone.
  • c) Une donnée est dite structurée quand elle est organisée selon un modèle explicite. Classez les cinq documents suivants en structuré, semi-structuré ou non structuré : un tableur de notes, une lettre de motivation, un fichier CSV de relevés météo, une page web, un enregistrement audio.
  • d) Expliquez pourquoi les métadonnées d'un fichier peuvent être plus sensibles que le fichier lui-même. Donnez un exemple concret.
  • e) Dans une table, on appelle descripteur le nom d'une colonne et enregistrement une ligne. Un fichier contient 8 colonnes et 15 000 lignes de données, plus la ligne des descripteurs. Combien de valeurs contient-il ? Combien de lignes le fichier compte-t-il en tout ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Il manque le DESCRIPTEUR, le nom de la grandeur et son unité
  • b) Donnée : les pixels. Descripteur : le nom d'un champ. Métadonnée : date, appareil, position GPS
  • c) Structuré : tableur, CSV. Semi-structuré : page web. Non structuré : lettre, audio
  • d) Parce qu'elles sont systématiques et directement exploitables par un programme
  • e) 120 000120\ 000 valeurs, 15 00115\ 001 lignes

a) 412 peut être une population en milliers d'habitants, un prix en dollars, une altitude en mètres, un nombre de trajets, un identifiant de station. On ne peut pas trancher parce qu'il manque le DESCRIPTEUR, c'est-à-dire le nom de la grandeur que la valeur mesure, et l'unité qui l'accompagne. C'est la première leçon du chapitre : une valeur sans descripteur n'est pas une donnée, c'est un caractère.

b) La donnée est la valeur mesurée ou enregistrée, par exemple le contenu de l'image, c'est-à-dire les pixels. Le descripteur est le nom qui dit ce que la valeur représente, par exemple « date de prise de vue » ou « latitude ». La métadonnée est une donnée qui décrit une autre donnée : pour une photographie, la date, l'heure, le modèle de l'appareil, l'ouverture, la position GPS. Le contenu est la photo ; tout le reste, qui parle de la photo, est métadonnée.

c) Structuré : le tableur de notes et le fichier CSV de relevés météo, où chaque valeur occupe une case identifiée par une ligne et une colonne. Semi-structuré : la page web, qui porte des balises et donc une organisation, sans que celle-ci impose un tableau régulier. Non structuré : la lettre de motivation et l'enregistrement audio, où aucun modèle ne dit à l'avance ce que contient telle partie du document. Le critère n'est pas « est-ce lisible par un ordinateur », c'est « le modèle d'organisation est-il explicite et régulier ».

d) Parce que les métadonnées sont systématiques, uniformes et immédiatement exploitables par un programme, alors que le contenu demande une interprétation. Lire dix mille messages coûte cher ; lire les métadonnées de dix mille messages, qui a écrit à qui, quand et depuis où, se fait en une seconde et reconstitue un emploi du temps, un cercle de relations et des déplacements. Exemple concret : sans ouvrir une seule photo, les métadonnées de position d'un album révèlent l'adresse du domicile, celle de l'établissement scolaire et les horaires habituels de trajet.

e) Le fichier contient 8×15 000=120 0008 \times 15\ 000 = 120\ 000 valeurs de données. Il compte 15 000+1=15 00115\ 000 + 1 = 15\ 001 lignes, la ligne supplémentaire étant celle des descripteurs. L'erreur classique est de compter la ligne d'en-tête parmi les enregistrements, ce qui fausse ensuite toutes les moyennes d'un facteur 15 001/15 00015\ 001 / 15\ 000, écart petit mais qui suffit à faire échouer une comparaison.

Exercice 2 : Le format CSV et ses pièges

Le CSV est le format d'échange le plus répandu : un fichier texte, une ligne par enregistrement, des valeurs séparées par un caractère. Sa simplicité est aussi ce qui le rend fragile.

Ligne du fichier
nom;ville;population;superficie
Montréal;Québec;1762949;431.5
Québec;Québec;549459;454.3
Trois-Rivières;Québec;139163;334.0
  • a) Combien ce fichier compte-t-il de descripteurs et d'enregistrements ? Donnez la valeur du champ « superficie » du deuxième enregistrement.
  • b) Le séparateur est ici le point-virgule. Expliquez pourquoi le choix de la virgule comme séparateur pose problème dans un fichier écrit en français, et donnez les deux solutions employées en pratique.
  • c) On veut ajouter la ligne d'une ville dont le nom est « Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec ». Écrivez la ligne CSV correcte et expliquez la règle utilisée.
  • d) Ouvert dans un éditeur, le fichier affiche « Montréal ». Quel est le problème, et comment se corrige-t-il ?
  • e) Citez deux avantages et deux limites du CSV par rapport à un format de tableur.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 4 descripteurs, 3 enregistrements, superficie 454,3454{,}3
  • b) La virgule est le séparateur décimal français : autre séparateur, ou guillemets
  • c) Le point-virgule étant le séparateur, la ligne passe sans guillemets ; on encadre tout champ contenant le séparateur
  • d) Encodage : UTF-8 relu comme du Latin-1, à rouvrir en déclarant UTF-8
  • e) Pour : texte universel, très compact. Contre : aucun type, ni formule ni mise en forme

a) Il y a 4 descripteurs, nom, ville, population et superficie, et 3 enregistrements, la première ligne étant l'en-tête et non une donnée. La superficie du deuxième enregistrement, celui de Québec, vaut 454,3454{,}3. Attention : le deuxième enregistrement n'est pas la deuxième ligne du fichier, c'est la troisième. Compter les enregistrements à partir de la ligne d'en-tête est l'erreur qui coûte le plus de points sur ce chapitre.

b) En français, la virgule est le séparateur DÉCIMAL : la superficie 431,5431{,}5 contiendrait alors une virgule, et le lecteur du fichier croirait voir deux champs au lieu d'un. La ligne prendrait 5 champs au lieu de 4 et le fichier deviendrait incohérent. Deux solutions en pratique : utiliser un autre séparateur de champ, point-virgule ou tabulation, ce que font tous les tableurs francophones ; ou bien encadrer chaque valeur de guillemets, le lecteur sachant alors qu'une virgule entre guillemets appartient à la valeur.

c) La ligne s'écrit avec des guillemets autour du champ qui contient le séparateur, s'il s'agissait d'une virgule. Ici le séparateur est le point-virgule et le nom ne contient qu'une virgule : la ligne "Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec";Québec;95114;79.0 est déjà correcte sans guillemets. La règle générale à retenir : on encadre de guillemets tout champ contenant le séparateur, un saut de ligne ou un guillemet, et un guillemet à l'intérieur d'un champ se double.

d) C'est un problème d'ENCODAGE. Le fichier est écrit en UTF-8, où le caractère « é » occupe deux octets, mais il est relu comme s'il était écrit en Latin-1, où chaque octet vaut un caractère : les deux octets sont donc affichés comme deux caractères, Ã et ©. La correction consiste à rouvrir le fichier en déclarant l'encodage UTF-8, jamais à retaper les accents à la main, ce qui ne ferait que déplacer le problème au prochain échange.

e) Avantages : c'est un fichier texte, donc lisible et modifiable par n'importe quel programme, sans logiciel propriétaire ; il est très compact et se traite ligne par ligne, ce qui permet de manipuler des fichiers plus gros que la mémoire disponible. Limites : il ne contient AUCUN type, tout est du texte, si bien que 007 et 7 se confondent selon le lecteur ; et il ne porte ni formule, ni mise en forme, ni feuilles multiples, ni contrainte d'intégrité. Le CSV échange des valeurs, il ne conserve pas un document.

Exercice 3 : Sélectionner, projeter, filtrer dans une table

Voici un extrait d'un jeu de données ouvert sur les stations de vélos en libre-service d'une ville. Les trois opérations de base sur une table sont la sélection de lignes, la projection de colonnes et le tri.

codestationarrondissementbornesvélosaltitude
S03BerriVille-Marie311224
S07RosemontRosemont232341
S12BeaubienRosemont19447
S21PapineauVille-Marie27018
S05Mont-RoyalLe Plateau351762
S18LaurierLe Plateau23955
  • a) Donnez le résultat de la sélection des lignes dont l'arrondissement est « Le Plateau », projetée sur les colonnes station et vélos.
  • b) Combien de stations ont strictement plus de 25 bornes ET au moins 10 vélos disponibles ? Détaillez le raisonnement pour chaque ligne.
  • c) On appelle taux de remplissage le rapport du nombre de vélos au nombre de bornes. Calculez-le pour chaque station, à un centième près, et dites laquelle est la plus vide.
  • d) Quelle est la différence entre un filtre sur les lignes et une projection sur les colonnes ? Laquelle des deux peut faire disparaître un doublon, et pourquoi ?
  • e) On veut la liste des arrondissements présents, sans répétition. Donnez-la, et expliquez pourquoi cette opération n'est pas une simple projection.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Mont-Royal 17, Laurier 9
  • b) 2 stations, Berri et Mont-Royal
  • c) Berri 0,390{,}39, Rosemont 1,001{,}00, Beaubien 0,210{,}21, Papineau 0,000{,}00, Mont-Royal 0,490{,}49, Laurier 0,390{,}39 ; la plus vide est Papineau
  • d) Le filtre garde des lignes, la projection garde des colonnes ; c'est la projection qui crée des doublons
  • e) Ville-Marie, Rosemont, Le Plateau : projection PUIS dédoublonnage

a) Deux lignes satisfont le filtre : Mont-Royal et Laurier. Projetées sur station et vélos, elles donnent Mont-Royal 17 et Laurier 9. Une sélection garde des lignes entières, une projection ne garde que certaines colonnes : ici on fait les deux à la suite, et l'ordre n'a pas d'importance sur le résultat.

b) Ligne par ligne. Berri : 31 bornes, donc plus de 25, et 12 vélos, donc au moins 10 : elle passe. Rosemont : 23 bornes, ce n'est pas plus de 25, éliminée. Beaubien : 19 bornes, éliminée. Papineau : 27 bornes mais 0 vélo, éliminée. Mont-Royal : 35 bornes et 17 vélos, elle passe. Laurier : 23 bornes, éliminée. Il reste donc 2 stations, Berri et Mont-Royal. Le piège est le ET : il faut que les DEUX conditions soient vraies, alors qu'une lecture rapide retient les lignes qui en satisfont une.

c) Berri : 12/310,3912 / 31 \approx 0{,}39. Rosemont : 23/23=1,0023 / 23 = 1{,}00. Beaubien : 4/190,214 / 19 \approx 0{,}21. Papineau : 0/27=0,000 / 27 = 0{,}00. Mont-Royal : 17/350,4917 / 35 \approx 0{,}49. Laurier : 9/230,399 / 23 \approx 0{,}39. La plus vide est Papineau, avec un taux nul : aucun vélo disponible. Rosemont est au contraire pleine, aucune borne libre, ce qui est un problème symétrique pour l'usager qui veut déposer un vélo.

d) Un filtre agit sur les LIGNES : il en garde certaines et en jette d'autres, sans jamais toucher au nombre de colonnes. Une projection agit sur les COLONNES : elle garde toutes les lignes mais réduit le nombre de champs de chacune. C'est la projection qui peut faire apparaître des doublons, car deux lignes qui différaient seulement par une colonne supprimée deviennent identiques. Ici, projeter sur le seul arrondissement transforme six lignes distinctes en six lignes dont trois valeurs seulement sont différentes.

e) La liste est Ville-Marie, Rosemont, Le Plateau, soit trois arrondissements. Ce n'est pas une simple projection parce que la projection sur la colonne arrondissement donnerait six lignes, avec des répétitions. Il faut y ajouter une opération de DÉDOUBLONNAGE, qui ne conserve qu'un exemplaire de chaque valeur distincte. Projection et élimination des doublons sont deux opérations différentes, et les confondre est une erreur fréquente quand on passe ensuite au langage SQL.

Exercice 4 : Trier une table, et trier sur plusieurs clés

On reprend la table de l'exercice 3. Trier semble évident tant qu'il n'y a qu'une clé ; tout se complique dès qu'il y en a deux, et c'est précisément ce que demandent les sujets.

  • a) Donnez la liste des codes de stations triée par nombre de vélos croissant.
  • b) Donnez la liste triée par arrondissement dans l'ordre alphabétique, puis, à arrondissement égal, par nombre de bornes décroissant. Écrivez le résultat sous la forme d'une liste de codes.
  • c) Expliquez ce que signifie « à arrondissement égal ». Pourquoi l'ordre des deux clés change-t-il le résultat, alors que l'ordre de deux filtres, lui, ne le change pas ?
  • d) Un tri est dit stable quand deux lignes de même clé conservent leur ordre initial. Expliquez en quoi la stabilité permet d'obtenir le tri de la question b en deux tris successifs à une seule clé, et donnez l'ordre dans lequel il faut les effectuer.
  • e) Une table de 20 000 lignes est triée par un algorithme dont le coût est proportionnel à n2n^{2}, et une autre par un algorithme en nlog2nn \log_{2} n. Comparez les deux nombres d'opérations.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) S21, S12, S18, S03, S05, S07
  • b) S05, S18, S07, S12, S03, S21
  • c) La première clé décide, la seconde ne départage que les égalités ; un filtre est une intersection, sans ordre
  • d) Trier d'abord par bornes décroissantes, puis par arrondissement
  • e) 400 000 000400\ 000\ 000 contre 285 754285\ 754 : un rapport d'environ 1 4001\ 400

a) Les nombres de vélos sont Papineau 0, Beaubien 4, Laurier 9, Berri 12, Mont-Royal 17, Rosemont 23. Le tri croissant donne donc S21, S12, S18, S03, S05, S07.

b) Arrondissements dans l'ordre alphabétique : Le Plateau, Rosemont, Ville-Marie. Dans Le Plateau, bornes décroissantes : Mont-Royal 35 puis Laurier 23, soit S05, S18. Dans Rosemont : Rosemont 23 puis Beaubien 19, soit S07, S12. Dans Ville-Marie : Berri 31 puis Papineau 27, soit S03, S21. Le résultat complet est S05, S18, S07, S12, S03, S21.

c) « À arrondissement égal » signifie que la deuxième clé ne départage que les lignes dont la première clé donne le même résultat : elle n'intervient jamais entre deux arrondissements différents. L'ordre des clés change le résultat parce qu'un tri est un ordre TOTAL construit par priorité : la première clé décide, la seconde n'a la parole qu'en cas d'égalité. Deux filtres, eux, sont deux conditions qui doivent être vraies simultanément, et l'intersection de deux ensembles ne dépend pas de l'ordre dans lequel on la calcule. Priorité pour un tri, conjonction pour un filtre.

d) Si le tri est stable, on trie d'abord par la clé la MOINS prioritaire, ici les bornes décroissantes, puis par la clé la plus prioritaire, ici l'arrondissement. Lors du second tri, deux lignes de même arrondissement gardent l'ordre que le premier tri leur avait donné, c'est-à-dire l'ordre par bornes décroissantes : le résultat est exactement le tri à deux clés. Sans stabilité, le second tri pourrait mélanger les lignes de même arrondissement et détruire le travail du premier. C'est la seule raison pour laquelle la stabilité est une propriété recherchée.

e) Avec n=20 000n = 20\ 000 : le premier fait de l'ordre de 20 0002=400 000 00020\ 000^{2} = 400\ 000\ 000 opérations, soit quatre cents millions. Le second fait de l'ordre de 20 000×log2(20 000)20 000×14,29285 75420\ 000 \times \log_{2}(20\ 000) \approx 20\ 000 \times 14{,}29 \approx 285\ 754 opérations. Le rapport vaut environ 1 4001\ 400 : le second est mille quatre cents fois plus rapide. Sur un million de lignes, le rapport dépasserait cinquante mille. C'est pourquoi aucun outil sérieux n'utilise un tri quadratique au-delà de quelques centaines de lignes.

Exercice 5 : Les unités de stockage et les ordres de grandeur

La frise place les unités de stockage, de l'octet au pébioctet, chaque graduation valant mille vingt-quatre fois la précédente.

1 o1 kio1 Mio1 Gio1 Tio1 Pioun caractèreune pageune photoun filmun disqueun centre
  • a) Rappelez la relation entre le bit et l'octet, puis entre le kibioctet et l'octet. Pourquoi 1 kio ne vaut-il pas exactement 1 000 octets ?
  • b) Un relevé météo contient l'heure, la température, l'humidité et la pression, chaque valeur occupant 8 octets. Une station enregistre un relevé toutes les 5 minutes. Quel volume produit-elle en un an de 365 jours ? Exprimez le résultat en mébioctets.
  • c) Un réseau de 1 200 stations envoie ces relevés vers un serveur. Quel volume annuel cela représente-t-il, en gibioctets ?
  • d) Le serveur est relié par une liaison à 200 Mbit/s. Combien de temps faut-il pour transférer le volume annuel de la question c ?
  • e) Ce volume est conservé 10 ans, en trois copies. Quelle capacité de stockage faut-il prévoir, en tébioctets ? Pourquoi trois copies plutôt qu'une ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1 octet =8=8 bits, 1 kio =210=1 024=2^{10}=1\ 024 octets
  • b) 32 octets par relevé, 105 120105\ 120 relevés, 3 363 8403\ 363\ 840 octets, soit 3,213{,}21 Mio
  • c) 4 036 608 0004\ 036\ 608\ 000 octets, soit 3,763{,}76 Gio
  • d) 25 Mo/s, donc environ 161,5161{,}5 s, soit 2 min 41 s
  • e) 121 098 240 000121\ 098\ 240\ 000 octets, soit 0,110{,}11 Tio ; trois copies, deux supports, une hors site

a) Un octet vaut 8 bits. Un kibioctet vaut 210=1 0242^{10} = 1\ 024 octets. La raison est que les adresses mémoire sont binaires : ajouter un fil d'adresse double la capacité, si bien que les tailles naturelles d'un ordinateur sont les puissances de 2, jamais les puissances de 10. Le préfixe kilo, qui vaut 1 000, a longtemps été employé abusivement ; les préfixes kibi, mébi et gibi ont été créés pour lever l'ambiguïté. L'écart n'est pas négligeable : il atteint déjà 10 pour cent au niveau du gibioctet.

b) Un relevé occupe 4×8=324 \times 8 = 32 octets. En une heure il y a 60/5=1260 / 5 = 12 relevés, donc 12×24=28812 \times 24 = 288 par jour et 288×365=105 120288 \times 365 = 105\ 120 par an. Le volume annuel d'une station vaut 105 120×32=3 363 840105\ 120 \times 32 = 3\ 363\ 840 octets, soit 3 363 840/1 048 5763,213\ 363\ 840 / 1\ 048\ 576 \approx 3{,}21 Mio. Passer par le nombre de relevés avant de multiplier par la taille évite l'erreur la plus fréquente, qui est de multiplier des durées par des octets sans repasser par un dénombrement.

c) Pour 1 200 stations : 3 363 840×1 200=4 036 608 0003\ 363\ 840 \times 1\ 200 = 4\ 036\ 608\ 000 octets. En gibioctets, 4 036 608 000/1 073 741 8243,764\ 036\ 608\ 000 / 1\ 073\ 741\ 824 \approx 3{,}76 Gio par an. L'ordre de grandeur est instructif : un réseau complet de stations météo produit en un an moins qu'un seul film en haute définition.

d) La liaison porte 200 Mbit/s, soit 200/8=25200 / 8 = 25 Mo/s en mégaoctets décimaux, c'est-à-dire 25 000 00025\ 000\ 000 octets par seconde. Le transfert dure 4 036 608 000/25 000 000161,54\ 036\ 608\ 000 / 25\ 000\ 000 \approx 161{,}5 secondes, soit environ 2 minutes et 41 secondes. Le piège est la division par 8 : un débit s'annonce en bits, un volume se compte en octets, et oublier la conversion multiplie le temps annoncé par huit.

e) Dix ans en trois copies représentent 4 036 608 000×10×3=121 098 240 0004\ 036\ 608\ 000 \times 10 \times 3 = 121\ 098\ 240\ 000 octets, soit 121 098 240 000/1 099 511 627 7760,11121\ 098\ 240\ 000 / 1\ 099\ 511\ 627\ 776 \approx 0{,}11 Tio. Trois copies parce qu'une seule copie n'est pas une sauvegarde : un disque tombe en panne, un centre de données brûle, une erreur humaine efface. La règle usuelle est trois copies, sur deux supports différents, dont une hors site. Le coût du stockage est ici dérisoire au regard du coût d'une perte définitive de dix ans de mesures.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Agréger : compter, sommer, moyenner par groupe

Agréger, c'est remplacer plusieurs lignes par une seule valeur qui les résume. C'est l'opération la plus utile d'un traitement de données, et celle où l'on se trompe le plus, parce qu'une moyenne de moyennes n'est presque jamais la moyenne.

arrondissementstationbornestrajets du jour
Ville-MarieBerri31418
Ville-MariePapineau27236
RosemontRosemont23184
RosemontBeaubien1997
Le PlateauMont-Royal35512
Le PlateauLaurier23271
  • a) Calculez, pour chaque arrondissement, le nombre de stations, le total des bornes et le total des trajets.
  • b) Calculez le nombre moyen de trajets par borne, arrondissement par arrondissement, au centième près.
  • c) Calculez le nombre moyen de trajets par borne pour la ville entière, de deux façons : en moyennant les trois valeurs de la question b, et en divisant le total des trajets par le total des bornes. Les deux résultats coïncident-ils ? Lequel est correct, et pourquoi ?
  • d) Énoncez la règle générale qui découle de la question c, sous une forme utilisable en examen.
  • e) On veut connaître l'arrondissement le plus fréquenté. Expliquez pourquoi la réponse dépend de l'indicateur choisi, et donnez la réponse pour deux indicateurs différents.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Ville-Marie 2 stations, 58 bornes, 654 trajets ; Rosemont 2, 42, 281 ; Le Plateau 2, 58, 783
  • b) 11,2811{,}28, 6,696{,}69 et 13,5013{,}50 trajets par borne
  • c) 10,4910{,}49 contre 10,8710{,}87 : c'est 10,8710{,}87, le total sur le total, qui est correct
  • d) Une moyenne de rapports n'est pas le rapport des sommes : sommer les numérateurs et les dénominateurs, diviser une fois
  • e) Le Plateau avec les trois indicateurs cités ; la conclusion n'existe qu'une fois l'indicateur écrit

a) Ville-Marie : 2 stations, 31+27=5831 + 27 = 58 bornes, 418+236=654418 + 236 = 654 trajets. Rosemont : 2 stations, 23+19=4223 + 19 = 42 bornes, 184+97=281184 + 97 = 281 trajets. Le Plateau : 2 stations, 35+23=5835 + 23 = 58 bornes, 512+271=783512 + 271 = 783 trajets. Total de la ville : 6 stations, 158 bornes, 1 718 trajets.

b) Ville-Marie : 654/5811,28654 / 58 \approx 11{,}28 trajets par borne. Rosemont : 281/426,69281 / 42 \approx 6{,}69. Le Plateau : 783/5813,50783 / 58 \approx 13{,}50. Le Plateau est donc le plus intensément utilisé rapporté à sa capacité.

c) Première façon, la moyenne des trois valeurs : (11,28+6,69+13,50)/310,49(11{,}28 + 6{,}69 + 13{,}50) / 3 \approx 10{,}49. Seconde façon, le total sur le total : 1 718/15810,871\ 718 / 158 \approx 10{,}87. Les deux résultats ne coïncident pas. Le correct est le second, 10,8710{,}87, parce que la question porte sur la ville entière : chaque borne doit peser autant qu'une autre. La première façon donne le même poids à Rosemont, qui n'a que 42 bornes, qu'au Plateau, qui en a 58, et sous-estime donc le résultat. La coïncidence n'aurait lieu que si les trois arrondissements avaient exactement le même nombre de bornes.

d) Règle : une moyenne de rapports n'est pas le rapport des sommes. Pour agréger un rapport sur plusieurs groupes, on somme séparément les numérateurs et les dénominateurs, puis on divise une seule fois. Formulée autrement, on ne moyenne jamais des moyennes sans les pondérer par leurs effectifs, et le poids est toujours le DÉNOMINATEUR de la grandeur moyennée.

e) Parce que « fréquenté » n'est pas une grandeur, c'est un mot. Avec l'indicateur « nombre total de trajets », la réponse est Le Plateau, avec 783 trajets. Avec l'indicateur « trajets par borne », la réponse est encore Le Plateau. Mais avec l'indicateur « trajets par station », Ville-Marie donne 654/2=327654 / 2 = 327 et Le Plateau 783/2=391,5783 / 2 = 391{,}5 : Le Plateau encore. En revanche avec l'indicateur « croissance », qui demanderait une seconde journée, la réponse pourrait être tout autre. La leçon est de toujours écrire l'indicateur avant de conclure : une conclusion sans indicateur explicite n'est pas défendable.

Exercice 7 : Fusionner deux tables sur une clé commune

Le schéma montre deux tables issues du même jeu de données ouvert : à gauche les stations avec leur nom, à droite les relevés de trajets. Elles partagent une colonne, le code de station.

table des stationstable des relevésla clé commune est le code de stationS12BeaubienS07412S07RosemontS03377S03BerriS12290S21PapineauS05158
  • a) Pourquoi les données sont-elles réparties en deux tables plutôt que réunies dans une seule ? Donnez deux raisons.
  • b) La fusion associe chaque ligne de gauche à la ligne de droite qui porte le même code. Donnez le résultat de la fusion : pour chaque station de gauche, le nom et le nombre de trajets.
  • c) Deux lignes posent problème. Lesquelles, et pourquoi ? Comment les traite-t-on selon que l'on veut une fusion qui ne garde que les correspondances, ou une fusion qui garde toutes les stations ?
  • d) Que se passerait-il si la table de droite contenait deux lignes portant le code S12 ? Combien de lignes la fusion produirait-elle au total, et que faut-il vérifier avant toute fusion ?
  • e) On dispose maintenant de 4 000 stations et de 3 900 relevés. Donnez le nombre de lignes de la fusion dans le meilleur des cas, puis expliquez pourquoi comparer ce nombre au nombre attendu est le premier contrôle à faire.

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a)
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Réponses

  • a) Éviter la redondance et les incohérences ; séparer les responsabilités de mise à jour
  • b) Berri 377, Rosemont 412, Beaubien 290
  • c) Papineau sans relevé, S05 sans station : 3 lignes en gardant les correspondances, 4 en gardant toutes les stations
  • d) Beaubien serait dupliquée, 4 lignes au lieu de 3 : vérifier l'unicité de la clé
  • e) 3 900 lignes, 100 stations sans relevé

a) Première raison, éviter la redondance : le nom, l'adresse et l'arrondissement d'une station ne changent pas, alors qu'un relevé arrive toutes les heures. Les réunir obligerait à recopier le nom de la station des milliers de fois, ce qui gaspille de l'espace et surtout multiplie les occasions d'incohérence si un nom est corrigé à un seul endroit. Seconde raison, la séparation des responsabilités : la table des stations est mise à jour par le service qui installe le matériel, celle des relevés par le système automatique, et chacun peut travailler sans bloquer l'autre.

b) Berri porte le code S03 et le relevé S03 vaut 377 : Berri, 377 trajets. Rosemont porte S07 et le relevé S07 vaut 412 : Rosemont, 412. Beaubien porte S12 et le relevé S12 vaut 290 : Beaubien, 290. Papineau porte S21, absent de la table de droite. Le point à retenir : la correspondance se fait par la VALEUR de la clé, jamais par la position de la ligne, et les deux tables ne sont d'ailleurs pas dans le même ordre.

c) Papineau, code S21, n'a pas de relevé ; et le relevé S05, qui vaut 158, ne correspond à aucune station de la table de gauche. Si l'on veut une fusion qui ne garde que les correspondances, ces deux lignes disparaissent et le résultat compte 3 lignes. Si l'on veut garder toutes les stations, Papineau est conservée avec un nombre de trajets marqué comme manquant, et le résultat compte 4 lignes. Le choix n'est pas technique mais métier : perdre Papineau, c'est perdre l'information qu'une station n'a produit aucun relevé, ce qui est peut-être exactement la panne que l'on cherche.

d) La fusion apparierait la ligne Beaubien avec CHACUNE des deux lignes S12 : Beaubien apparaîtrait deux fois dans le résultat, et la fusion produirait 4 lignes au lieu de 3 pour les correspondances. Les totaux calculés ensuite seraient faussés par un doublon invisible. Avant toute fusion, il faut donc vérifier que la clé est UNIQUE dans au moins une des deux tables, ce qu'on fait en comparant le nombre de lignes au nombre de valeurs distinctes de la clé.

e) Dans le meilleur des cas, chaque relevé trouve exactement une station et chaque clé est unique : la fusion produit alors 3 900 lignes, c'est-à-dire le minimum des deux effectifs, et 100 stations restent sans relevé. Comparer le nombre de lignes obtenu à ce nombre attendu est le premier contrôle à faire parce qu'il détecte d'un coup les deux accidents classiques : moins de lignes que prévu signale des clés qui ne se correspondent pas, souvent à cause d'espaces ou de majuscules ; plus de lignes que prévu signale des doublons de clé, donc des totaux gonflés.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Dans un fichier CSV de 500 lignes, il y a 500 enregistrements. »
  • 2) « La moyenne des taux de remplissage des arrondissements est le taux de remplissage de la ville. »
  • 3) « Un jeu de données anonymisé ne permet plus d'identifier personne. »
  • 4) « Trier une table par arrondissement puis par bornes donne le même résultat que trier par bornes puis par arrondissement. »
  • 5) « 1 Go de données se transfère en 1 seconde sur une liaison à 1 Gbit/s. »

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Réponses

  • 1) 499 enregistrements, la première ligne étant l'en-tête
  • 2) Faux sauf si tous les arrondissements ont le même nombre de bornes
  • 3) Faux : le croisement de quelques attributs suffit à ré-identifier
  • 4) Faux : la première clé décide, échanger les clés change l'ordre
  • 5) Faux : 1 Go =8=8 Gbit, donc au moins 8 secondes

1) FAUX, dès que le fichier porte une ligne de descripteurs, ce qui est le cas habituel. Énoncé correct : un fichier CSV de 500 lignes dont la première est l'en-tête contient 499 enregistrements. Le réflexe à prendre est de compter les enregistrements en soustrayant la ligne d'en-tête, et de vérifier ce nombre avant tout calcul de moyenne.

2) FAUX, sauf si tous les arrondissements ont exactement le même nombre de bornes. Une moyenne de rapports n'est pas le rapport des sommes. Énoncé correct : le taux de la ville s'obtient en divisant le total des vélos par le total des bornes ; la moyenne des taux, elle, donne à un petit arrondissement le même poids qu'à un grand.

3) FAUX. Retirer les noms ne suffit pas : le croisement de quelques attributs, code postal, date de naissance et sexe, suffit à isoler une personne dans une population, comme le montre l'exercice 9. Énoncé correct : la suppression des identifiants directs réduit le risque sans le supprimer ; une anonymisation sérieuse doit garantir qu'aucune combinaison d'attributs ne désigne un groupe trop petit.

4) FAUX. Dans un tri à plusieurs clés, la première clé décide et la seconde ne départage que les égalités : échanger les deux clés donne un ordre différent. Énoncé correct : l'ordre des clés d'un tri change le résultat, contrairement à l'ordre de deux filtres, qui n'est qu'une intersection de conditions.

5) FAUX, à cause de la confusion entre bits et octets. Un gigaoctet vaut 8 gigabits, donc le transfert prend environ 8 secondes, sans même compter les en-têtes de protocole et les pertes. Énoncé correct : sur une liaison à 1 Gbit/s, un fichier de 1 Go demande au minimum 8 secondes. Toujours convertir le débit en octets avant de diviser.

Exercice 9 : Données ouvertes, anonymisation et ré-identification

Le diagramme donne, pour une population de 21 400 personnes, le nombre de personnes qui partagent encore le même profil quand on ajoute un attribut après l'autre. Aucune de ces colonnes ne contient de nom.

code postal21400+ naissance62+ sexe31+ métier105000100001500020000
  • a) Que signifie la première barre ? Que signifie la dernière ? Rédigez la conclusion qu'elles imposent.
  • b) Définissez un quasi-identifiant, et expliquez pourquoi la date de naissance en est un particulièrement efficace.
  • c) Après les trois premiers attributs, il reste 31 personnes par profil. Quelle proportion de la population cela représente-t-il ? Combien de profils distincts existe-t-il alors ?
  • d) Qu'appelle-t-on données ouvertes ? Citez deux bénéfices concrets, et la principale précaution à prendre avant une publication.
  • e) Une méthode de protection consiste à n'autoriser la publication d'une ligne que si au moins 11 personnes partagent son profil. Dites lesquelles des quatre étapes du diagramme respectent cette règle, et ce qu'il faut faire des autres.

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a)
b)
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Réponses

  • a) Une personne par profil à la fin : un jeu sans nom n'est pas un jeu anonyme
  • b) Un quasi-identifiant réduit les possibles une fois croisé ; la date de naissance prend 36 50036\ 500 valeurs
  • c) 0,1450{,}145 pour cent, soit environ 690 profils distincts
  • d) Libres, gratuites, exploitables par une machine, réutilisables ; précaution : le contrôle de la ré-identification
  • e) Les étapes à 21 400, 62 et 31 respectent le seuil ; l'étape à 1 non, il faut réduire la précision de la profession

a) La première barre dit qu'en connaissant seulement le code postal, on ne distingue rien : les 21 400 personnes du jeu de données partagent ce seul attribut, ou plutôt une personne se confond avec beaucoup d'autres. La dernière dit qu'en ajoutant la profession au code postal, à la date de naissance et au sexe, il ne reste plus qu'UNE personne par profil : l'individu est identifié de façon certaine. Conclusion imposée : un jeu de données sans nom n'est pas un jeu de données anonyme, puisque la combinaison d'attributs banals suffit à désigner une personne unique.

b) Un quasi-identifiant est un attribut qui, pris seul, ne désigne personne, mais qui combiné à d'autres réduit très vite le nombre de personnes possibles. La date de naissance est particulièrement efficace parce qu'elle prend environ 365×100=36 500365 \times 100 = 36\ 500 valeurs différentes réparties de façon presque uniforme : à elle seule, elle divise une population par plusieurs dizaines de milliers, alors qu'un attribut comme le sexe ne la divise que par deux.

c) Il reste 31 personnes par profil sur 21 400, soit 31/21 4000,0014531 / 21\ 400 \approx 0{,}00145, environ 0,1450{,}145 pour cent de la population. Le nombre de profils distincts vaut environ 21 400/3169021\ 400 / 31 \approx 690. Autrement dit, trois attributs anodins ont découpé la population en près de sept cents groupes.

d) Les données ouvertes sont des données publiées librement, gratuitement, dans un format exploitable par une machine, et réutilisables sans restriction, y compris commerciale. Bénéfices concrets : elles permettent à n'importe qui de vérifier une politique publique, par exemple la répartition réelle des stations de vélos entre quartiers ; et elles permettent la création de services que l'administration n'aurait pas produits elle-même, comme une application d'itinéraires. La précaution principale est le contrôle de la ré-identification : avant publication, il faut vérifier qu'aucune combinaison d'attributs ne réduit un groupe à quelques individus.

e) La règle exige au moins 11 personnes par profil. Les étapes à 21 400, à 62 et à 31 la respectent ; l'étape à 1 ne la respecte pas. Il faut donc soit ne pas publier l'attribut de profession, soit le publier sous une forme moins précise, par exemple un secteur d'activité au lieu d'un métier, soit regrouper les lignes concernées jusqu'à atteindre le seuil. La bonne réponse n'est presque jamais de supprimer les lignes trop rares, ce qui biaiserait le jeu de données : c'est de réduire la précision de l'attribut fautif.

Exercice 10 : Problème : exploiter un jeu de données de vélos en libre-service

Le diagramme donne le nombre de trajets par tranche horaire, un mardi, sur l'ensemble du réseau. Le jeu de données brut compte une ligne par trajet, avec la station de départ, la station d'arrivée, l'heure de départ et la durée.

6-9 h41209-12 h188012-15 h224015-18 h306018-21 h456021-24 h114001000200030004000
  • a) Calculez le nombre total de trajets de la journée, puis la part de chaque tranche, au dixième de pour cent près, pour les deux tranches les plus fortes.
  • b) Les deux pics correspondent aux déplacements domicile-travail. Quelle transformation faut-il appliquer au jeu de données brut pour obtenir ce diagramme ? Nommez les opérations dans l'ordre.
  • c) La durée moyenne d'un trajet est de 14 minutes. Combien de minutes de vélo la journée représente-t-elle ? Convertissez en jours entiers de 24 heures.
  • d) L'exploitant veut savoir quelles stations se vident le matin. Décrivez précisément le calcul à faire à partir du jeu de données brut, et dites quel piège guette celui qui se contente de compter les départs.
  • e) Le fichier brut pèse 62 octets par trajet. Quel est le poids du fichier de la journée ? Sur une année de 365 jours à ce rythme, quel volume faut-il stocker, en mébioctets ? Le diagramme, lui, tient en quelques dizaines d'octets : que faut-il en conclure sur le rôle de l'agrégation ?

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a)
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c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 17 00017\ 000 trajets ; 18-21 h à 26,826{,}8 pour cent, 6-9 h à 24,224{,}2 pour cent
  • b) Projeter, calculer la tranche, grouper, agréger par comptage
  • c) 238 000238\ 000 minutes, soit environ 165,3165{,}3 jours de 24 heures
  • d) Solde départs moins arrivées par station sur la tranche du matin
  • e) 1 054 0001\ 054\ 000 octets par jour, 366,9366{,}9 Mio par an ; l'agrégation compresse mais elle est irréversible

a) Le total vaut 4 120+1 880+2 240+3 060+4 560+1 140=17 0004\ 120 + 1\ 880 + 2\ 240 + 3\ 060 + 4\ 560 + 1\ 140 = 17\ 000 trajets. Tranche 18-21 h : 4 560/17 0000,26824\ 560 / 17\ 000 \approx 0{,}2682, soit 26,826{,}8 pour cent. Tranche 6-9 h : 4 120/17 0000,24244\ 120 / 17\ 000 \approx 0{,}2424, soit 24,224{,}2 pour cent. À elles deux, les six heures de pointe portent 51,151{,}1 pour cent des trajets de la journée, alors qu'elles ne représentent qu'un quart du temps.

b) Dans l'ordre : PROJETER le jeu brut sur la seule colonne de l'heure de départ, puisque ni la durée ni les stations n'interviennent ; CALCULER pour chaque ligne la tranche horaire à laquelle elle appartient, ce qui ajoute une colonne dérivée ; GROUPER les lignes par tranche ; puis AGRÉGER chaque groupe par un comptage. C'est la chaîne projection, calcul, regroupement, agrégation, qui est le squelette de presque tout traitement de données en table.

c) La journée représente 17 000×14=238 00017\ 000 \times 14 = 238\ 000 minutes de vélo. En heures, 238 000/603 966,7238\ 000 / 60 \approx 3\ 966{,}7 heures ; en jours de 24 heures, 3 966,7/24165,33\ 966{,}7 / 24 \approx 165{,}3 jours. Autrement dit, en une seule journée, le réseau produit l'équivalent de plus de cinq mois de pédalage continu.

d) Il faut, pour chaque station et pour la tranche du matin, compter les départs ET les arrivées, puis calculer la différence départs moins arrivées : c'est le SOLDE. Une station se vide quand ce solde est nettement positif. Le piège de celui qui ne compte que les départs est de désigner les stations les plus actives au lieu des stations qui se vident : une station qui enregistre 300 départs et 295 arrivées est très utilisée mais parfaitement équilibrée, alors qu'une station à 40 départs et 3 arrivées se vide vraiment. Un flux se mesure toujours par un bilan, jamais par un seul sens.

e) Le fichier de la journée pèse 17 000×62=1 054 00017\ 000 \times 62 = 1\ 054\ 000 octets, soit environ 1 054 000/1 048 5761,0051\ 054\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 1{,}005 Mio. Sur 365 jours, 1 054 000×365=384 710 0001\ 054\ 000 \times 365 = 384\ 710\ 000 octets, soit 384 710 000/1 048 576366,9384\ 710\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 366{,}9 Mio. Le diagramme, lui, tient en six nombres. Conclusion : l'agrégation divise le volume par un facteur énorme, ici plus de cinquante mille, et c'est ce qui rend une donnée exploitable, communicable et publiable. Mais elle est IRRÉVERSIBLE : à partir des six nombres, on ne peut plus répondre à la question de la station qui se vide. On agrège pour décider, on conserve le brut pour pouvoir poser les questions suivantes.

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