Exercice 1 : Du photosite au pixel
La figure représente la surface d'un capteur photographique. Chaque case est un photosite, surmonté d'un filtre coloré rouge, vert ou bleu. C'est de cette mosaïque que naît toute image numérique.
- a) Comptez, sur les 36 cases de la figure, le nombre de filtres de chaque couleur. Donnez les proportions et expliquez pourquoi le vert est privilégié.
- b) Un photosite ne mesure qu'une seule couleur. Comment le fichier peut-il alors donner trois valeurs par pixel ? Nommez l'opération.
- c) Distinguez photosite et pixel, puis définition et résolution. Un capteur de 12 mégapixels contient combien de photosites ?
- d) On photographie un tissu à rayures très fines, dont le pas est proche de celui du capteur. Décrivez l'artefact qui apparaît et expliquez-en la cause en une phrase.
- e) Deux appareils annoncent 12 mégapixels, mais l'un a un capteur de 1 cm de large et l'autre de 3,6 cm. Lequel donnera la meilleure image en faible lumière ? Justifiez par un calcul de surface par photosite.
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Réponses
- a) 9 rouges, 18 verts, 9 bleus : un quart, une moitié, un quart ; le vert porte la luminance
- b) Par démosaïçage : les deux couleurs manquantes sont calculées à partir des voisins
- c) Photosite : cellule physique, une couleur. Pixel : trois valeurs. Définition : nombre total. Résolution : pixels par unité de longueur. photosites
- d) Un moirage : le pas du tissu et celui du capteur battent l'un contre l'autre
- e) Le capteur de 3,6 cm : sa surface par photosite est fois plus grande
a) Sur les 6 lignes, 3 alternent rouge et vert, et 3 alternent vert et bleu. Cela donne filtres rouges, filtres bleus, et filtres verts. Les proportions sont donc un quart de rouge, un quart de bleu et la moitié de vert. Le vert est privilégié parce que l'oeil humain y est de loin le plus sensible : c'est la couleur qui porte l'essentiel de l'information de LUMINANCE, c'est-à-dire de netteté perçue. Doubler le nombre de photosites verts améliore la finesse apparente de l'image sans changer le nombre total de photosites.
b) Par interpolation : pour chaque photosite, l'appareil calcule les deux couleurs manquantes à partir des photosites voisins qui les mesurent, lui. Un photosite rouge reçoit ainsi une valeur de vert et une valeur de bleu déduites de ses quatre ou huit voisins. L'opération s'appelle le DÉMOSAÏÇAGE. Elle est irréversible et elle invente une partie de l'information : deux tiers des valeurs d'une photographie n'ont jamais été mesurées, elles ont été calculées.
c) Un PHOTOSITE est un capteur physique, une cellule de silicium sur la puce, qui mesure une seule couleur. Un PIXEL est un élément de l'image finale, qui porte trois valeurs. La DÉFINITION est le nombre total de pixels de l'image, exprimé en largeur fois hauteur ou en mégapixels ; la RÉSOLUTION est un nombre de pixels par unité de longueur, en points par pouce, et elle n'a de sens qu'à l'impression ou à l'affichage. Un capteur de 12 mégapixels contient environ photosites, par exemple .
d) Il apparaît un moirage : des franges colorées ondulantes qui n'existent pas sur le tissu. La cause est que le motif du tissu et la grille du capteur ont des pas voisins : leur superposition crée un battement de fréquence spatiale, exactement comme deux grillages superposés. L'appareil ne peut pas le distinguer d'un vrai motif, puisqu'il n'échantillonne le monde qu'aux positions de ses photosites.
e) Le capteur de 3,6 cm donnera la meilleure image en faible lumière. À définition égale, la surface d'un photosite est proportionnelle à la surface du capteur : celle-ci est multipliée par , soit près de treize fois plus. Un photosite treize fois plus grand collecte treize fois plus de photons pendant la même pose, donc son signal domine bien mieux le bruit électronique. C'est pourquoi un téléphone et un appareil professionnel, à mégapixels égaux, ne donnent pas du tout la même image le soir.