SNT Seconde • Programme français, lycées de Montréal

Exercices corrigés de SNT : la photographie numérique

Voici une série d'exercices corrigés de SNT pour la classe de Seconde, sur le thème « La photographie numérique » du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français de Montréal, le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas.

Le fil de la série : une photographie numérique est un TABLEAU DE NOMBRES. Un filtre n'est qu'une opération arithmétique sur ces nombres, le poids d'un fichier n'est qu'un produit largeur par hauteur par profondeur, et un contour n'est qu'une grande différence entre deux voisins. Tout le chapitre se ramène à ces trois phrases.

Trois pièges sont désignés nommément dans le corrigé : confondre photosite et pixel, diviser un poids par un million au lieu de 1 048 5761\ 048\ 576, et calculer un niveau de gris par une moyenne simple au lieu de la moyenne pondérée.

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Ce chapitre fait partie de SNT en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • Un photosite mesure UNE couleur. Le démosaïçage calcule les deux autres à partir des voisins : deux tiers des valeurs d'une photographie n'ont jamais été mesurées.
  • La mosaïque comporte deux fois plus de filtres verts que de rouges ou de bleus, parce que l'oeil est le plus sensible au vert.
  • Définition : nombre total de pixels. Résolution : nombre de pixels par unité de longueur, en points par pouce.
  • Poids non compressé == largeur ×\times hauteur ×\times nombre d'octets par pixel. En couleurs 8 bits, 3 octets par pixel.
  • Réduire les deux dimensions d'un facteur kk divise le poids par k2k^{2}.
  • Codage 24 bits : 2563=16 777 216256^{3} = 16\ 777\ 216 couleurs. Chaque composante s'écrit sur deux chiffres hexadécimaux.
  • Niveau de gris perceptuel : 0,21R+0,72V+0,07B0{,}21 R + 0{,}72 V + 0{,}07 B, jamais la moyenne simple.
  • Filtre ponctuel : le pixel de sortie ne dépend que du pixel de même position. Convolution : il dépend d'une fenêtre de voisins.
  • Un contour est une grande différence entre pixels voisins. Un flou moyenne, donc il détruit les contours ; un détecteur de contour soustrait, donc il ne répond qu'aux variations.
  • Compression sans perte : le fichier restitué est identique. Avec perte : il ne l'est plus, et les pertes se CUMULENT à chaque réenregistrement.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Du photosite au pixel

La figure représente la surface d'un capteur photographique. Chaque case est un photosite, surmonté d'un filtre coloré rouge, vert ou bleu. C'est de cette mosaïque que naît toute image numérique.

RVRVRVVBVBVBRVRVRVVBVBVBRVRVRVVBVBVBun photosite ne mesure qu'une couleur
  • a) Comptez, sur les 36 cases de la figure, le nombre de filtres de chaque couleur. Donnez les proportions et expliquez pourquoi le vert est privilégié.
  • b) Un photosite ne mesure qu'une seule couleur. Comment le fichier peut-il alors donner trois valeurs par pixel ? Nommez l'opération.
  • c) Distinguez photosite et pixel, puis définition et résolution. Un capteur de 12 mégapixels contient combien de photosites ?
  • d) On photographie un tissu à rayures très fines, dont le pas est proche de celui du capteur. Décrivez l'artefact qui apparaît et expliquez-en la cause en une phrase.
  • e) Deux appareils annoncent 12 mégapixels, mais l'un a un capteur de 1 cm de large et l'autre de 3,6 cm. Lequel donnera la meilleure image en faible lumière ? Justifiez par un calcul de surface par photosite.

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Réponses

  • a) 9 rouges, 18 verts, 9 bleus : un quart, une moitié, un quart ; le vert porte la luminance
  • b) Par démosaïçage : les deux couleurs manquantes sont calculées à partir des voisins
  • c) Photosite : cellule physique, une couleur. Pixel : trois valeurs. Définition : nombre total. Résolution : pixels par unité de longueur. 12 000 00012\ 000\ 000 photosites
  • d) Un moirage : le pas du tissu et celui du capteur battent l'un contre l'autre
  • e) Le capteur de 3,6 cm : sa surface par photosite est 12,9612{,}96 fois plus grande

a) Sur les 6 lignes, 3 alternent rouge et vert, et 3 alternent vert et bleu. Cela donne 3×3=93 \times 3 = 9 filtres rouges, 3×3=93 \times 3 = 9 filtres bleus, et 3699=1836 - 9 - 9 = 18 filtres verts. Les proportions sont donc un quart de rouge, un quart de bleu et la moitié de vert. Le vert est privilégié parce que l'oeil humain y est de loin le plus sensible : c'est la couleur qui porte l'essentiel de l'information de LUMINANCE, c'est-à-dire de netteté perçue. Doubler le nombre de photosites verts améliore la finesse apparente de l'image sans changer le nombre total de photosites.

b) Par interpolation : pour chaque photosite, l'appareil calcule les deux couleurs manquantes à partir des photosites voisins qui les mesurent, lui. Un photosite rouge reçoit ainsi une valeur de vert et une valeur de bleu déduites de ses quatre ou huit voisins. L'opération s'appelle le DÉMOSAÏÇAGE. Elle est irréversible et elle invente une partie de l'information : deux tiers des valeurs d'une photographie n'ont jamais été mesurées, elles ont été calculées.

c) Un PHOTOSITE est un capteur physique, une cellule de silicium sur la puce, qui mesure une seule couleur. Un PIXEL est un élément de l'image finale, qui porte trois valeurs. La DÉFINITION est le nombre total de pixels de l'image, exprimé en largeur fois hauteur ou en mégapixels ; la RÉSOLUTION est un nombre de pixels par unité de longueur, en points par pouce, et elle n'a de sens qu'à l'impression ou à l'affichage. Un capteur de 12 mégapixels contient environ 12×106=12 000 00012 \times 10^{6} = 12\ 000\ 000 photosites, par exemple 4 000×3 0004\ 000 \times 3\ 000.

d) Il apparaît un moirage : des franges colorées ondulantes qui n'existent pas sur le tissu. La cause est que le motif du tissu et la grille du capteur ont des pas voisins : leur superposition crée un battement de fréquence spatiale, exactement comme deux grillages superposés. L'appareil ne peut pas le distinguer d'un vrai motif, puisqu'il n'échantillonne le monde qu'aux positions de ses photosites.

e) Le capteur de 3,6 cm donnera la meilleure image en faible lumière. À définition égale, la surface d'un photosite est proportionnelle à la surface du capteur : celle-ci est multipliée par (3,6/1)2=12,96(3{,}6 / 1)^{2} = 12{,}96, soit près de treize fois plus. Un photosite treize fois plus grand collecte treize fois plus de photons pendant la même pose, donc son signal domine bien mieux le bruit électronique. C'est pourquoi un téléphone et un appareil professionnel, à mégapixels égaux, ne donnent pas du tout la même image le soir.

Exercice 2 : Définition, profondeur et poids d'une image

Une image non compressée est un tableau de nombres, et son poids se calcule sans mystère : nombre de pixels multiplié par le nombre d'octets par pixel.

  • a) Une image mesure 4 000 pixels sur 3 000. Combien de pixels contient-elle ? Exprimez le résultat en mégapixels.
  • b) Chaque pixel porte trois composantes codées sur 8 bits. Quel est le poids de l'image non compressée, en octets, puis en mébioctets ?
  • c) Le fichier brut issu du capteur ne stocke qu'une valeur par photosite, codée sur 12 bits. Quel est son poids en mébioctets ? Pourquoi est-il plus léger que l'image de la question b, alors qu'il contient plus d'information utile ?
  • d) La même image est réduite pour un site web, à 1 200 pixels de large en conservant les proportions. Quelle est sa nouvelle définition ? Par quel facteur son poids non compressé est-il divisé ?
  • e) On passe d'un codage 8 bits par composante à un codage 10 bits. Combien de nuances par composante ? Combien de couleurs différentes au total ? De quel facteur le poids augmente-t-il ?

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Réponses

  • a) 12 000 00012\ 000\ 000 pixels, soit 12 mégapixels
  • b) 3 octets par pixel, 36 000 00036\ 000\ 000 octets, soit 34,3334{,}33 Mio
  • c) 18 000 00018\ 000\ 000 octets, soit 17,1717{,}17 Mio : une valeur par photosite au lieu de trois par pixel
  • d) 1 200×9001\ 200\times 900, poids divisé par environ 11,111{,}1, soit 1/0,321/0{,}3^{2}
  • e) 1 0241\ 024 nuances, 1 073 741 8241\ 073\ 741\ 824 couleurs, poids multiplié par 1,251{,}25

a) 4 000×3 000=12 000 0004\ 000 \times 3\ 000 = 12\ 000\ 000 pixels, soit 12 mégapixels. Le mégapixel vaut un million de pixels, sans ambiguïté binaire : contrairement aux octets, on n'utilise jamais 2202^{20} ici.

b) Trois composantes de 8 bits font 3×8=243 \times 8 = 24 bits par pixel, soit 3 octets. Le poids vaut 12 000 000×3=36 000 00012\ 000\ 000 \times 3 = 36\ 000\ 000 octets. En mébioctets : 36 000 000/1 048 57634,3336\ 000\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 34{,}33 Mio. L'erreur classique est de diviser par un million au lieu de 1 048 5761\ 048\ 576, ce qui donne 36 et non 34,33.

c) Le fichier brut contient 12 000 00012\ 000\ 000 valeurs de 12 bits, soit 12 000 000×12/8=18 000 00012\ 000\ 000 \times 12 / 8 = 18\ 000\ 000 octets, c'est-à-dire 18 000 000/1 048 57617,1718\ 000\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 17{,}17 Mio. Il est deux fois plus léger parce qu'il ne stocke qu'UNE valeur par photosite au lieu de trois par pixel : les deux autres n'existent pas encore, elles seront calculées par démosaïçage. Il contient pourtant plus d'information utile, car ses 12 bits gardent des nuances que le passage à 8 bits détruira, et parce qu'aucune interpolation ni aucune correction n'y a encore été figée.

d) Le rapport de réduction vaut 1 200/4 000=0,31\ 200 / 4\ 000 = 0{,}3, donc la hauteur devient 3 000×0,3=9003\ 000 \times 0{,}3 = 900 pixels : la définition est 1 200×9001\ 200 \times 900. Le nombre de pixels passe à 1 080 0001\ 080\ 000, et le poids non compressé à 1 080 000×3=3 240 0001\ 080\ 000 \times 3 = 3\ 240\ 000 octets. Le facteur de division vaut 36 000 000/3 240 00011,136\ 000\ 000 / 3\ 240\ 000 \approx 11{,}1, ce qui est bien 1/0,321 / 0{,}3^{2} : réduire les deux dimensions par un même facteur divise le poids par le CARRÉ de ce facteur.

e) Sur 10 bits il y a 210=1 0242^{10} = 1\ 024 nuances par composante, donc 1 0243=1 073 741 8241\ 024^{3} = 1\ 073\ 741\ 824 couleurs différentes, soit plus d'un milliard, contre 2563=16 777 216256^{3} = 16\ 777\ 216 en 8 bits. Le poids augmente du rapport 10/8=1,2510 / 8 = 1{,}25, soit 25 pour cent : 36 000 000×1,25=45 000 00036\ 000\ 000 \times 1{,}25 = 45\ 000\ 000 octets. Vingt-cinq pour cent de poids en plus pour soixante-quatre fois plus de couleurs, c'est un excellent marché, et c'est pourquoi les écrans et les fichiers professionnels sont passés à 10 bits.

Exercice 3 : Le codage des couleurs

Une couleur d'écran s'écrit par trois nombres, la quantité de rouge, de vert et de bleu, chacun de 0 à 255. C'est une synthèse ADDITIVE : on ajoute de la lumière, on n'en retire pas.

CouleurRVBNotation hexadécimale
noir000#000000
blanc255255255#FFFFFF
rouge pur25500#FF0000
jaune2552550?
gris moyen128128128?
?0128255#0080FF
  • a) Complétez les trois cases marquées d'un point d'interrogation. Détaillez la conversion du nombre 128 en hexadécimal.
  • b) Pourquoi le jaune s'obtient-il en additionnant du rouge et du vert, alors qu'en peinture il faudrait un pigment jaune ? Nommez les deux synthèses et donnez les trois couleurs primaires de chacune.
  • c) Combien de couleurs le codage sur 24 bits permet-il ? Justifiez le calcul, puis expliquez pourquoi ce nombre est souvent appelé « couleurs vraies ».
  • d) Une image en niveaux de gris code chaque pixel sur 8 bits. Quel est son poids, pour la définition de l'exercice 2 ? Quelle proportion de l'image en couleurs cela représente-t-il ?
  • e) On convertit un pixel de couleur en niveau de gris. Deux formules circulent : la moyenne des trois composantes, et la moyenne pondérée 0,21R+0,72V+0,07B0{,}21 R + 0{,}72 V + 0{,}07 B. Appliquez-les au pixel (0 ; 128 ; 255)(0\ ;\ 128\ ;\ 255) et expliquez laquelle est correcte.

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Réponses

  • a) #FFFF00, #808080, et (0 ; 128 ; 255)(0\ ;\ 128\ ;\ 255) est un bleu azur ; 128=8×16128 = 8\times 16, donc 80
  • b) Additive à l'écran, primaires rouge, vert, bleu ; soustractive en impression, primaires cyan, magenta, jaune
  • c) 224=16 777 2162^{24} = 16\ 777\ 216 couleurs, au-delà du pouvoir de discrimination de l'oeil
  • d) 12 000 00012\ 000\ 000 octets, soit 11,4411{,}44 Mio, le tiers de l'image en couleurs
  • e) 127,7127{,}7 contre 110,01110{,}01 : la pondérée est correcte, l'oeil ne pèse pas les trois composantes de la même façon

a) Le jaune (255 ; 255 ; 0)(255\ ;\ 255\ ;\ 0) s'écrit #FFFF00. Le gris moyen (128 ; 128 ; 128)(128\ ;\ 128\ ;\ 128) s'écrit #808080 : en effet 128=8×16+0128 = 8 \times 16 + 0, donc le chiffre des seizaines est 8 et celui des unités 0, ce qui donne 80 en hexadécimal. La dernière ligne, (0 ; 128 ; 255)(0\ ;\ 128\ ;\ 255), est un bleu azur ou bleu ciel soutenu. Chaque composante occupe exactement deux chiffres hexadécimaux, puisque 28=1622^{8} = 16^{2}.

b) En synthèse ADDITIVE, celle des écrans, on part du noir et on ajoute de la lumière : les primaires sont le rouge, le vert et le bleu, et rouge plus vert donne du jaune. En synthèse SOUSTRACTIVE, celle de la peinture et de l'impression, on part du blanc et chaque pigment RETIRE une partie du spectre : les primaires sont le cyan, le magenta et le jaune. Les deux systèmes sont complémentaires l'un de l'autre, et c'est pour cela qu'une imprimante ne peut pas reproduire exactement toutes les couleurs d'un écran, ni l'inverse.

c) Sur 24 bits, il y a 224=16 777 2162^{24} = 16\ 777\ 216 combinaisons, soit près de 17 millions de couleurs. On le retrouve en écrivant 2563256^{3}, puisque chacune des trois composantes prend 256 valeurs. On parle de couleurs vraies parce que ce nombre dépasse le pouvoir de discrimination de l'oeil humain, estimé à quelques millions de teintes : deux couleurs voisines dans ce codage sont indiscernables, si bien qu'augmenter encore la profondeur n'apporte rien à l'affichage direct. Cela en apporte en revanche à la RETOUCHE, car les calculs successifs accumulent des erreurs d'arrondi qui, elles, deviennent visibles.

d) En niveaux de gris, un pixel occupe 1 octet au lieu de 3. Le poids vaut 12 000 000×1=12 000 00012\ 000\ 000 \times 1 = 12\ 000\ 000 octets, soit 12 000 000/1 048 57611,4412\ 000\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 11{,}44 Mio. C'est exactement le tiers du poids de l'image en couleurs, ce qui se voit sans calcul : on a supprimé deux composantes sur trois.

e) Moyenne simple : (0+128+255)/3=383/3127,7(0 + 128 + 255) / 3 = 383 / 3 \approx 127{,}7, soit 128 après arrondi. Moyenne pondérée : 0,21×0+0,72×128+0,07×255=0+92,16+17,85=110,010{,}21 \times 0 + 0{,}72 \times 128 + 0{,}07 \times 255 = 0 + 92{,}16 + 17{,}85 = 110{,}01, soit 110. La formule correcte est la PONDÉRÉE, parce que l'oeil ne perçoit pas les trois composantes avec la même sensibilité : un vert et un bleu de même valeur numérique ne paraissent pas du tout aussi lumineux. La moyenne simple donne des gris faux, en particulier elle éclaircit trop les bleus et assombrit trop les verts. L'écart de 18 niveaux sur 255 obtenu ici est parfaitement visible à l'oeil.

Exercice 4 : Histogramme, luminosité et contraste

L'histogramme d'une image donne, pour chaque plage de niveaux, le nombre de pixels concernés. Les huit classes ont une largeur de 32 niveaux et sont repérées par leur borne inférieure : la classe « 32 » regroupe les niveaux de 32 à 63. Le relevé porte sur une photographie de 332 000 pixels.

041200321285006496300964180012815600160590019221002246000300006000090000120000
  • a) Vérifiez que le total des effectifs correspond bien au nombre de pixels annoncé.
  • b) Quelle proportion des pixels a un niveau inférieur à 96 ? Que dit cet histogramme de la photographie ?
  • c) Que ferait un réglage de LUMINOSITÉ qui ajoute 40 à chaque pixel ? Décrivez l'effet sur l'histogramme, puis dites ce qui arrive aux pixels dont le niveau dépasse déjà 215.
  • d) Que ferait un réglage de CONTRASTE qui applique v=1,6(v128)+128v' = 1{,}6 (v - 128) + 128 ? Calculez la nouvelle valeur pour v=60v = 60 et pour v=200v = 200, et décrivez l'effet sur l'histogramme.
  • e) Un étalement d'histogramme transforme le niveau minimal en 0 et le niveau maximal en 255, linéairement. Les niveaux réellement présents vont ici de 12 à 240. Donnez la formule de la transformation et calculez l'image de 100.

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Réponses

  • a) 332 000332\ 000 pixels, conforme à l'énoncé
  • b) 266 000266\ 000 pixels, soit 80,180{,}1 pour cent : l'image est sombre
  • c) Décalage de l'histogramme vers la droite ; au-delà de 215 les pixels sont écrêtés à 255, sans retour
  • d) 19,219{,}2 et 243,2243{,}2 : l'histogramme est étiré autour de 128
  • e) v=255(v12)/228v' = 255\,(v-12)/228, donc 98,498{,}4 pour v=100v=100

a) Le total vaut 41 200+128 500+96 300+41 800+15 600+5 900+2 100+600=332 00041\ 200 + 128\ 500 + 96\ 300 + 41\ 800 + 15\ 600 + 5\ 900 + 2\ 100 + 600 = 332\ 000 pixels, ce qui correspond exactement à l'énoncé. Ce contrôle est la première chose à faire devant un histogramme : s'il ne tombe pas juste, une classe a été mal lue.

b) Les trois premières classes, de 0 à 95, totalisent 41 200+128 500+96 300=266 00041\ 200 + 128\ 500 + 96\ 300 = 266\ 000 pixels, soit 266 000/332 0000,801266\ 000 / 332\ 000 \approx 0{,}801, donc environ 80,180{,}1 pour cent. L'histogramme dit que l'image est SOMBRE : quatre pixels sur cinq sont dans le tiers inférieur de l'échelle, et la partie droite est presque vide. C'est le profil typique d'une photographie sous-exposée, ou d'une scène de nuit correctement exposée : l'histogramme décrit la répartition, il ne dit pas si elle est fautive.

c) Ajouter 40 décale tout l'histogramme vers la droite, sans changer sa forme : chaque barre garde son effectif mais change d'abscisse. L'image devient uniformément plus claire. Les pixels dont le niveau dépasse déjà 215 poseraient problème, car 215+40=255215 + 40 = 255 et au-delà on sortirait de l'échelle : ils sont donc ÉCRÊTÉS à 255. Toutes ces valeurs deviennent identiques, et la nuance qui les séparait est définitivement perdue : c'est une opération destructive, qui ne se défait pas en soustrayant 40 ensuite.

d) Pour v=60v = 60 : 1,6×(60128)+128=1,6×(68)+128=108,8+128=19,21{,}6 \times (60 - 128) + 128 = 1{,}6 \times (-68) + 128 = -108{,}8 + 128 = 19{,}2, soit 19. Pour v=200v = 200 : 1,6×72+128=115,2+128=243,21{,}6 \times 72 + 128 = 115{,}2 + 128 = 243{,}2, soit 243. La transformation ÉTIRE l'histogramme autour de la valeur centrale 128 : ce qui était sombre devient plus sombre, ce qui était clair devient plus clair, et l'histogramme s'élargit. Les valeurs extrêmes sont écrêtées de la même façon qu'à la question c, aux deux bouts cette fois.

e) La transformation affine qui envoie 12 sur 0 et 240 sur 255 s'écrit v=255×(v12)/(24012)v' = 255 \times (v - 12) / (240 - 12), c'est-à-dire v=255(v12)/228v' = 255 (v - 12) / 228. Pour v=100v = 100 : 255×88/228=22 440/22898,4255 \times 88 / 228 = 22\ 440 / 228 \approx 98{,}4, soit 98. Vérification aux bornes : v=12v = 12 donne 0 et v=240v = 240 donne 255×228/228=255255 \times 228 / 228 = 255. L'étalement augmente le contraste sans rien écrêter, puisqu'il utilise exactement la plage disponible : c'est pour cela qu'il est préféré au réglage brut de contraste.

Exercice 5 : Les filtres ponctuels : négatif, gris, seuillage

Un filtre ponctuel calcule chaque pixel de sortie à partir du SEUL pixel de même position en entrée. Voici quatre pixels d'une image en couleurs.

PixelRVB
P1406090
P2220215200
P30128255
P4130130130
  • a) Calculez le négatif de chacun des quatre pixels. Donnez la formule employée et vérifiez qu'appliquer deux fois le négatif redonne l'image de départ.
  • b) Convertissez les quatre pixels en niveaux de gris par la formule pondérée de l'exercice 3, en arrondissant à l'entier.
  • c) Appliquez ensuite un seuillage à 128 : le pixel devient noir si son niveau de gris est strictement inférieur à 128, blanc sinon. Donnez l'image obtenue.
  • d) Expliquez pourquoi le seuillage est irréversible, alors que le négatif ne l'est pas. Que perd-on exactement ?
  • e) Écrivez en français l'algorithme qui applique un négatif à une image de LL colonnes et HH lignes. Combien d'opérations élémentaires effectue-t-il pour l'image de l'exercice 2 ?

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c)
d)
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Réponses

  • a) v=255vv'=255-v : (215 ;195 ;165)(215\ ;195\ ;165), (35 ;40 ;55)(35\ ;40\ ;55), (255 ;127 ;0)(255\ ;127\ ;0), (125 ;125 ;125)(125\ ;125\ ;125) ; c'est une involution
  • b) 58, 215, 110 et 130
  • c) Noir, blanc, noir, blanc
  • d) Le négatif est bijectif, le seuillage non : on perd 7 bits sur 8 par pixel
  • e) Deux boucles imbriquées, trois composantes, v255vv \mapsto 255-v : 36 000 00036\ 000\ 000 soustractions

a) La formule est v=255vv' = 255 - v, appliquée composante par composante. P1 devient (215 ; 195 ; 165)(215\ ;\ 195\ ;\ 165), P2 devient (35 ; 40 ; 55)(35\ ;\ 40\ ;\ 55), P3 devient (255 ; 127 ; 0)(255\ ;\ 127\ ;\ 0), P4 devient (125 ; 125 ; 125)(125\ ;\ 125\ ;\ 125). Appliquer deux fois donne 255(255v)=v255 - (255 - v) = v : on retrouve exactement l'original, sans aucune perte. Le négatif est donc une INVOLUTION.

b) Formule : 0,21R+0,72V+0,07B0{,}21 R + 0{,}72 V + 0{,}07 B. P1 : 0,21×40+0,72×60+0,07×90=8,4+43,2+6,3=57,90{,}21 \times 40 + 0{,}72 \times 60 + 0{,}07 \times 90 = 8{,}4 + 43{,}2 + 6{,}3 = 57{,}9, soit 58. P2 : 46,2+154,8+14=21546{,}2 + 154{,}8 + 14 = 215. P3 : 0+92,16+17,85=110,010 + 92{,}16 + 17{,}85 = 110{,}01, soit 110. P4 : 27,3+93,6+9,1=13027{,}3 + 93{,}6 + 9{,}1 = 130. Noter que P4, dont les trois composantes sont égales, donne exactement sa propre valeur : c'est normal, puisque les trois coefficients somment à 1.

c) On compare chaque niveau de gris à 128. P1 vaut 58, donc noir. P2 vaut 215, donc blanc. P3 vaut 110, donc noir. P4 vaut 130, donc blanc. L'image seuillée est donc noir, blanc, noir, blanc. Attention à P4 : 130 est supérieur à 128, il devient blanc, alors qu'un coup d'oeil rapide le classerait en gris moyen.

d) Le négatif est réversible parce que la fonction v255vv \mapsto 255 - v est une bijection : à chaque valeur de sortie correspond une seule valeur d'entrée. Le seuillage, lui, envoie 128 valeurs différentes sur la seule valeur 0 et 128 autres sur 255 : ce n'est pas une bijection, et à partir du résultat il est impossible de savoir si un pixel noir valait 3 ou 127. Ce qu'on perd exactement, ce sont les log2(256)log2(2)=81=7\log_{2}(256) - \log_{2}(2) = 8 - 1 = 7 bits d'information par pixel, soit sept huitièmes du contenu. Le seuillage est utile précisément pour cela : il ne garde que la forme, ce qui est ce que veut un lecteur de code-barres.

e) L'algorithme. Pour chaque ligne yy de 0 à H1H - 1, pour chaque colonne xx de 0 à L1L - 1, pour chacune des trois composantes, remplacer la valeur vv par 255v255 - v. Pour l'image de l'exercice 2, cela fait 4 000×3 000×3=36 000 0004\ 000 \times 3\ 000 \times 3 = 36\ 000\ 000 soustractions. Un processeur en fait plusieurs centaines de millions par seconde : le filtre s'applique donc en une fraction de seconde, ce qui explique qu'il paraisse instantané dans une application de retouche.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Convolution : flou et détection de contours

La figure donne les niveaux de gris de 25 pixels. La zone en pointillés est la fenêtre de trois pixels sur trois centrée sur le pixel valant 16. Un filtre de convolution calcule chaque pixel de sortie à partir de ses voisins, et non plus de lui seul.

101214200210111315205208121416202212101514199205131215203209la fenêtre glisse sur toute l'image
  • a) Décrivez ce que montre cette image en une phrase : où se trouve le contour, et à quoi le voit-on dans les nombres ?
  • b) Appliquez un flou de moyenne au pixel central : calculez la moyenne des neuf valeurs de la fenêtre. Commentez le résultat au regard de la question a.
  • c) Appliquez un détecteur de contour horizontal : valeur du voisin de droite moins valeur du voisin de gauche, sur la ligne du centre. Faites de même pour le pixel valant 13, en première ligne intérieure et deuxième colonne. Que concluez-vous ?
  • d) Expliquez le problème des BORDS : que se passe-t-il quand la fenêtre déborde de l'image ? Citez deux stratégies.
  • e) Pour l'image de l'exercice 2, combien de multiplications un filtre de convolution trois sur trois demande-t-il, sur les trois composantes ? Comparez avec le filtre ponctuel de l'exercice 5.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Un contour vertical entre la troisième et la quatrième colonne, saut d'environ 185 niveaux
  • b) Somme 693, moyenne 77 : le pixel passe de 16 à 77, le bord devient un dégradé
  • c) 188 au centre, 4 sur le pixel 13 : le filtre répond à la variation
  • d) Réduire l'image de sortie, ou prolonger les bords ; remplir de zéros crée un faux contour
  • e) 324 000 000324\ 000\ 000 multiplications, neuf fois le filtre ponctuel

a) L'image contient un contour VERTICAL net entre la troisième et la quatrième colonne : à gauche les valeurs tournent autour de 10 à 16, à droite autour de 200 à 212. On le voit dans les nombres au saut d'environ 185 niveaux entre deux colonnes voisines, alors que les écarts à l'intérieur de chaque zone ne dépassent pas 6. Un contour, numériquement, n'est rien d'autre qu'une grande DIFFÉRENCE entre voisins.

b) La fenêtre contient 13, 15, 205, 14, 16, 202, 15, 14 et 199. Leur somme vaut 13+15+205+14+16+202+15+14+199=69313 + 15 + 205 + 14 + 16 + 202 + 15 + 14 + 199 = 693, donc la moyenne vaut 693/9=77693 / 9 = 77. Le pixel passe de 16 à 77 : il s'éclaircit énormément, parce que sa fenêtre chevauche la zone claire. C'est exactement ce que fait un flou sur un contour : il fabrique des valeurs intermédiaires qui n'existaient nulle part dans l'image, et le bord net devient un dégradé. Le flou est utile pour atténuer le bruit, mais il détruit précisément l'information qui intéresse un détecteur de contours.

c) Sur la ligne du centre, le voisin de droite du pixel 16 vaut 202 et son voisin de gauche 14 : la différence vaut 20214=188202 - 14 = 188, valeur très grande, donc contour détecté. Pour le pixel 13, en deuxième ligne et deuxième colonne, le voisin de droite vaut 15 et le voisin de gauche 11 : la différence vaut 1511=415 - 11 = 4, valeur faible, donc pas de contour. On conclut que ce filtre répond FORTEMENT là où l'image change vite et faiblement là où elle est uniforme : il mesure une variation, ce qui est exactement la définition d'un contour. Une image filtrée ainsi est noire partout sauf sur les bords des objets.

d) Sur la première et la dernière ligne, comme sur la première et la dernière colonne, la fenêtre déborde et réclame des pixels qui n'existent pas. Deux stratégies parmi les usuelles : RÉDUIRE l'image de sortie, en ne calculant que les pixels dont la fenêtre tient entièrement, ce qui fait perdre une bordure d'un pixel ; ou PROLONGER l'image, en recopiant le pixel de bord vers l'extérieur, ce qui conserve la taille au prix d'une légère invention sur le pourtour. Une troisième stratégie, remplir de zéros, est simple mais crée un faux contour tout autour de l'image, ce qui est le pire des trois choix pour un détecteur de bords.

e) Une fenêtre de trois sur trois demande 9 multiplications par pixel et par composante, soit 12 000 000×3×9=324 000 00012\ 000\ 000 \times 3 \times 9 = 324\ 000\ 000 multiplications, plus autant d'additions. Le filtre ponctuel de l'exercice 5 n'en demandait que 36 000 00036\ 000\ 000, soit 9 fois moins. Le rapport est exactement la taille de la fenêtre : c'est pourquoi un flou à fenêtre de 15 sur 15, qui demanderait 225 opérations par composante, est toujours implémenté autrement, en séparant le filtre en deux passes, une horizontale et une verticale, ce qui ramène le coût de 225 à 30.

Exercice 7 : La compression : avec ou sans perte

Le diagramme donne le poids d'une même photographie de 12 mégapixels enregistrée dans quatre formats. Les valeurs sont en mébioctets.

brut34,3PNG21,8JPEG 904,1JPEG 601,20102030
  • a) Calculez le taux de compression de chacun des trois formats compressés par rapport au fichier brut, au dixième près.
  • b) Distinguez compression sans perte et compression avec perte. Classez les quatre formats du diagramme et justifiez.
  • c) Une image contient une grande zone de ciel parfaitement uniforme sur 300 000 pixels. Expliquez, sans formule, comment une compression sans perte gagne de la place sur cette zone, et pourquoi elle en gagnerait beaucoup moins sur une photographie de feuillage.
  • d) On ouvre une photographie enregistrée en JPEG qualité 60, on la retouche légèrement, on la réenregistre au même format, et on répète l'opération dix fois. Décrivez ce qui se produit et expliquez pourquoi.
  • e) Pour quels usages faut-il un format sans perte ? Donnez trois exemples précis et justifiez chacun en une phrase.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) PNG 1,61{,}6, JPEG 90 8,48{,}4, JPEG 60 28,628{,}6
  • b) Brut et PNG sans perte, les deux JPEG avec perte
  • c) Elle factorise la répétition ; un feuillage n'a pas de redondance à exploiter
  • d) Blocs, halos et couleurs ternes : chaque tour comprime l'image déjà dégradée
  • e) Texte et captures d'écran, images destinées à la retouche, images scientifiques ou médicales

a) Le fichier brut pèse 34,334{,}3 Mio. PNG : 34,3/21,81,634{,}3 / 21{,}8 \approx 1{,}6. JPEG qualité 90 : 34,3/4,18,434{,}3 / 4{,}1 \approx 8{,}4. JPEG qualité 60 : 34,3/1,228,634{,}3 / 1{,}2 \approx 28{,}6. Autrement dit, le format le plus compressé occupe moins de quatre pour cent du fichier d'origine.

b) Une compression SANS PERTE code la même information plus efficacement : le fichier décompressé est identique, bit pour bit, à l'original. Une compression AVEC PERTE supprime de l'information jugée peu visible, et le fichier décompressé n'est plus l'original. Le brut et le PNG sont sans perte, ce qui explique leur gain modeste, un facteur 1,61{,}6 seulement. Les deux JPEG sont avec perte, ce qui explique qu'ils atteignent des facteurs de 8 et de 29 : aucune méthode sans perte ne s'approche de tels rapports sur une photographie.

c) Sur une zone uniforme, la même valeur se répète des centaines de milliers de fois. Au lieu d'écrire la valeur 300 000 fois, la compression écrit une fois la valeur et une fois le nombre de répétitions, ou bien elle attribue un code très court à la valeur la plus fréquente. Sur un feuillage, en revanche, deux pixels voisins ne sont presque jamais identiques et aucune valeur ne domine : il n'y a ni répétition à factoriser, ni valeur fréquente à raccourcir. Le principe général est qu'une compression sans perte exploite la REDONDANCE, et qu'une image sans redondance ne se comprime pas.

d) La qualité se dégrade de façon cumulative et visible : des blocs carrés apparaissent, les contours se bordent de halos, les couleurs se ternissent. La raison est que chaque enregistrement en JPEG applique une nouvelle perte, non pas à l'image d'origine mais à l'image DÉJÀ dégradée du tour précédent. Les défauts introduits au tour 1 sont traités comme du contenu véritable au tour 2 et amplifiés. Dix générations suffisent à rendre les artefacts évidents, alors qu'un seul enregistrement était presque invisible. La règle pratique est de conserver l'original et de ne réenregistrer qu'à partir de lui.

e) Trois exemples. Une image de TEXTE ou une capture d'écran, parce que les contours nets des caractères produisent exactement les artefacts que le JPEG gère le plus mal, et le texte devient illisible. Une image DESTINÉE À LA RETOUCHE, parce que les pertes se cumulent à chaque enregistrement comme le montre la question d. Et une image SCIENTIFIQUE ou médicale, parce que la valeur numérique d'un pixel y est une mesure : une compression qui la modifie fausse le diagnostic ou le résultat, même si l'oeil ne voit aucune différence.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Un capteur de 12 mégapixels mesure 12 millions de couleurs, une par pixel. »
  • 2) « Plus un appareil a de mégapixels, meilleures sont ses photos. »
  • 3) « Enregistrer une photo en JPEG puis la réenregistrer en PNG restaure la qualité perdue. »
  • 4) « Le niveau de gris d'un pixel est la moyenne de ses trois composantes. »
  • 5) « Une photo publiée sans nom de fichier ni légende ne dit rien de son auteur. »

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Réponses

  • 1) Faux : 12 millions de photosites, une seule couleur chacun, le reste vient du démosaïçage
  • 2) Faux : à surface fixée, plus de photosites veut dire des photosites plus petits, donc plus de bruit
  • 3) Faux : le PNG empêche les pertes futures, il ne répare rien
  • 4) Faux : la formule est pondérée, 0,21R+0,72V+0,07B0{,}21R+0{,}72V+0{,}07B, ici 110 contre 128
  • 5) Faux : les données EXIF portent date, appareil, réglages, numéro de série, parfois GPS et nom

1) FAUX. Un capteur de 12 mégapixels comporte 12 millions de PHOTOSITES, dont chacun ne mesure qu'UNE composante, rouge, verte ou bleue, selon le filtre qui le surmonte. Les deux autres composantes de chaque pixel sont calculées par démosaïçage à partir des voisins. Énoncé correct : un capteur de 12 mégapixels effectue 12 millions de mesures d'une seule couleur chacune, et l'appareil en déduit 12 millions de pixels à trois composantes.

2) FAUX, et cela peut même être l'inverse à taille de capteur fixée. Augmenter le nombre de photosites sur une même surface réduit la surface de chacun, donc le nombre de photons collectés, donc le rapport entre le signal et le bruit. Énoncé correct : la qualité d'une photographie dépend d'abord de la taille des photosites, de l'optique et de la lumière disponible ; au-delà d'une définition suffisante pour l'usage prévu, les mégapixels supplémentaires n'apportent rien.

3) FAUX. Le PNG est sans perte, donc il conserve fidèlement ce qu'on lui donne, mais ce qu'on lui donne est déjà l'image dégradée par le JPEG. Aucune information détruite ne peut être reconstituée. Énoncé correct : convertir en PNG empêche les pertes FUTURES, il ne répare aucune perte passée ; le fichier obtenu sera d'ailleurs plus lourd que le JPEG, pour une qualité identique à celle du JPEG.

4) FAUX, ou plus exactement inexact. La moyenne simple ignore que l'oeil est très sensible au vert et très peu au bleu. La formule correcte est pondérée, 0,21R+0,72V+0,07B0{,}21 R + 0{,}72 V + 0{,}07 B. Sur le pixel (0 ; 128 ; 255)(0\ ;\ 128\ ;\ 255), la moyenne simple donne 128 et la formule pondérée 110 : l'écart de 18 niveaux est parfaitement visible. Énoncé correct : le niveau de gris perceptuel est une moyenne PONDÉRÉE des trois composantes.

5) FAUX. Le fichier porte des métadonnées, souvent appelées données EXIF : date et heure exactes, marque et modèle de l'appareil, réglages, numéro de série, parfois les coordonnées GPS et le nom du propriétaire renseigné dans l'appareil. Énoncé correct : une photographie transporte par défaut de nombreuses métadonnées identifiantes ; il faut les supprimer explicitement avant publication si l'on veut qu'elles ne circulent pas.

Exercice 9 : Métadonnées, retouche et responsabilité

Une photographie n'est pas seulement une image : c'est un fichier qui transporte son histoire. Cet exercice demande des réponses rédigées.

  • a) Citez six métadonnées qu'un appareil photo inscrit automatiquement dans un fichier, et dites pour chacune ce qu'un tiers peut en déduire.
  • b) Une photographie publiée en ligne comporte ses coordonnées GPS. Décrivez précisément le risque, en distinguant une photographie unique d'un album de deux cents photographies.
  • c) Comment supprime-t-on ces métadonnées ? Une plateforme qui les retire à la publication protège-t-elle réellement l'utilisateur ? Justifiez.
  • d) Distinguez trois niveaux de retouche : correction, embellissement, falsification. Donnez un exemple de chacun et dites où passe, selon vous, la limite déontologique en photographie de presse.
  • e) Une image publiée montre un ciel bleu au-dessus d'une manifestation, alors que la photographie d'origine avait un ciel gris. Le photographe affirme n'avoir modifié que la teinte. Analysez cet argument.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Date, modèle, numéro de série, réglages, coordonnées GPS, nom du propriétaire
  • b) Une photo révèle un lieu ; deux cents révèlent un mode de vie, domicile, trajets, absences
  • c) Par un outil d'effacement ; la plateforme ne protège que partiellement, elle détient l'original
  • d) Correction, embellissement, falsification ; en presse la limite passe après la correction
  • e) Argument faible : la teinte affirme un fait vérifiable et oriente la lecture de l'événement

a) Six métadonnées et leur portée. La DATE et l'heure exactes, qui situent la personne dans le temps. Le MODÈLE d'appareil ou de téléphone, qui restreint fortement l'ensemble des auteurs possibles. Le NUMÉRO DE SÉRIE, qui relie entre elles toutes les photographies prises par le même appareil, y compris publiées sous des pseudonymes différents. Les RÉGLAGES, ouverture, temps de pose, sensibilité, qui renseignent sur les conditions de prise de vue. Les COORDONNÉES GPS, qui donnent le lieu à quelques mètres. Et le NOM DU PROPRIÉTAIRE, souvent renseigné une fois pour toutes dans l'appareil et oublié ensuite.

b) Pour une photographie unique, le risque est de révéler un lieu qu'on ne voulait pas divulguer : un domicile derrière une photo d'animal, un établissement scolaire, un lieu de vacances signalant une maison vide. Pour un album de deux cents photographies, le risque change de nature : on ne révèle plus un lieu mais un MODE DE VIE. Le regroupement des positions fait apparaître le domicile, comme le lieu le plus fréquent aux heures nocturnes, le trajet quotidien, les habitudes de fin de semaine et les périodes d'absence. C'est exactement le traitement décrit dans le thème sur la localisation, et il ne demande aucun outil particulier.

c) On les supprime avec un outil d'effacement de métadonnées, présent dans la plupart des systèmes, ou en exportant l'image dans une copie sans métadonnées. Une plateforme qui les retire à la publication protège partiellement seulement, et pour trois raisons. Elle retire les métadonnées de la copie qu'elle DIFFUSE, mais elle a reçu l'original et le conserve. Elle ne protège pas contre le partage direct du fichier, par messagerie ou par courriel, qui reste complet. Et le contenu de l'image lui-même peut suffire à localiser la scène, plaque de rue, façade reconnaissable, ce que nul retrait de métadonnées ne corrige.

d) La CORRECTION rétablit ce que la prise de vue a mal rendu : rééquilibrer l'exposition, redresser un horizon penché, corriger une dominante de couleur due à l'éclairage. L'EMBELLISSEMENT modifie l'apparence sans changer les faits : renforcer le contraste, saturer les couleurs, adoucir une peau. La FALSIFICATION change ce que l'image affirme : ajouter ou retirer une personne, un objet, déplacer un élément, assembler deux prises de vue. En photographie de presse, la limite communément admise passe entre la première et la deuxième catégorie : sont acceptées les opérations qui auraient pu être obtenues par un autre réglage à la prise de vue, et refusées celles qui modifient le contenu de la scène.

e) L'argument est faible. La teinte du ciel n'est pas un détail esthétique dans une photographie de manifestation : elle fixe l'atmosphère de la scène, elle suggère le beau temps donc une ambiance paisible, et elle influence la lecture que le public fait de l'événement. Surtout, elle affirme un FAIT vérifiable, la météo du jour, qui était différent. Le critère utile n'est pas l'ampleur technique de l'opération, qui est ici minime, mais son effet sur ce que l'image affirme du réel. Modifier une teinte peut être anodin sur une photographie de produit et constituer une falsification sur une photographie d'actualité : c'est l'usage, non l'outil, qui décide.

Exercice 10 : Problème : dimensionner le stockage photographique d'un établissement

Un lycée veut archiver les photographies de ses activités. Chaque année, 40 événements donnent en moyenne 180 photographies de 12 mégapixels. On reprend les poids du diagramme de l'exercice 7.

  • a) Combien de photographies par an ? Quel volume annuel si l'on conserve le fichier brut de 34,3 Mio ? Exprimez le résultat en gibioctets.
  • b) Même question si l'on ne conserve que le JPEG qualité 90, à 4,1 Mio. Quel facteur d'économie ?
  • c) L'établissement veut conserver dix ans, en trois copies, le JPEG qualité 90. Quelle capacité faut-il prévoir, en tébioctets ?
  • d) Les photographies sont aussi publiées sur le site, en 1 200 pixels de large, à 320 kio par image. Quel volume annuel de publication ? Une page affiche 24 vignettes : quel poids l'internaute télécharge-t-il pour une page ?
  • e) Rédigez en cinq lignes la recommandation que vous feriez à l'établissement, en tenant compte du volume, de la qualité et du droit à l'image des élèves.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 7 2007\ 200 photographies, environ 241,2241{,}2 Gio par an en brut
  • b) Environ 28,8328{,}83 Gio par an, soit un facteur d'économie de 8,48{,}4
  • c) Environ 0,8450{,}845 Tio, soit trois disques d'un téraoctet, dont un hors des locaux
  • d) Environ 2,202{,}20 Gio par an ; une page de 24 vignettes pèse 7,57{,}5 Mio, soit 15,715{,}7 s à 4 Mbit/s
  • e) JPEG 90 en archive, trois copies, vraies vignettes, métadonnées supprimées, autorisation écrite et registre

a) Le lycée produit 40×180=7 20040 \times 180 = 7\ 200 photographies par an. En brut, cela pèse 7 200×34,3=246 9607\ 200 \times 34{,}3 = 246\ 960 Mio, soit 246 960/1 024241,2246\ 960 / 1\ 024 \approx 241{,}2 Gio par an. Un quart de tébioctet par an pour un seul lycée, c'est déjà considérable.

b) En JPEG qualité 90 : 7 200×4,1=29 5207\ 200 \times 4{,}1 = 29\ 520 Mio, soit 29 520/1 02428,8329\ 520 / 1\ 024 \approx 28{,}83 Gio par an. Le facteur d'économie vaut 34,3/4,18,434{,}3 / 4{,}1 \approx 8{,}4, comme calculé à l'exercice 7. Le stockage annuel tient sur une clé de 32 Go au lieu d'exiger un disque.

c) Dix ans en trois copies : 28,83×10×3864,828{,}83 \times 10 \times 3 \approx 864{,}8 Gio, soit 864,8/1 0240,845864{,}8 / 1\ 024 \approx 0{,}845 Tio. Un seul disque de 1 To suffit largement, et il en faut trois puisque les copies doivent être indépendantes, dont une hors des locaux. Le coût matériel est ici négligeable devant le coût du travail d'organisation et d'indexation.

d) Publication annuelle : 7 200×320=2 304 0007\ 200 \times 320 = 2\ 304\ 000 kio, soit 2 304 000/1 048 5762,202\ 304\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 2{,}20 Gio par an. Une page de 24 vignettes fait télécharger 24×320=7 68024 \times 320 = 7\ 680 kio, soit 7 680/1 024=7,57\ 680 / 1\ 024 = 7{,}5 Mio. C'est beaucoup trop pour une page web : sur une connexion mobile à 4 Mbit/s, l'affichage prendrait 7 680×1 024×8/(4×106)15,77\ 680 \times 1\ 024 \times 8 / (4 \times 10^{6}) \approx 15{,}7 secondes. Il faut donc de vraies vignettes, de 300 pixels de large et d'une trentaine de kibioctets, et ne charger l'image de 1 200 pixels qu'au clic.

e) La recommandation. Un, ARCHIVER en JPEG qualité 90, qui divise le volume par plus de huit sans différence visible, et ne conserver le brut que pour la poignée d'images destinées à l'impression grand format. Deux, TROIS COPIES dont une hors des locaux, ce qui reste sous le tébioctet sur dix ans et coûte donc très peu. Trois, produire des VIGNETTES séparées d'une trentaine de kibioctets pour le site, et ne servir l'image pleine qu'à la demande. Quatre, SUPPRIMER les métadonnées, en particulier les positions GPS, sur toute image publiée, puisqu'il s'agit d'un établissement scolaire fréquenté par des mineurs. Cinq, conditionner toute publication à une AUTORISATION écrite de droit à l'image, tenir un registre des autorisations et des refus, et prévoir une procédure de retrait rapide, le consentement pouvant être retiré à tout moment.

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