Exercice 1 : Ératosthène mesure la Terre
Vers 200 avant notre ère, Ératosthène mesure la circonférence de la Terre à partir de deux ombres et d'une distance. Le schéma résume le dispositif ; l'angle y est volontairement exagéré.
- a) Le même jour à midi, un bâton vertical ne porte aucune ombre à Syène et porte une ombre à Alexandrie, sous un angle de 7,2 degrés. Expliquez ce que cette observation prouve immédiatement.
- b) Justifiez que l'angle α au centre de la Terre est égal à l'angle de l'ombre mesuré à Alexandrie. Quelle hypothèse sur les rayons du Soleil faut-il faire ?
- c) La distance entre les deux villes vaut 5 000 stades. Calculez la circonférence de la Terre en stades.
- d) Un stade vaut environ 157,5 m. Convertissez en kilomètres et comparez à la valeur actuelle du méridien, 40 008 km. Donnez l'écart relatif.
- e) Citez les trois sources d'erreur de cette mesure et dites laquelle explique le mieux l'écart trouvé.
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Réponses
- a) Deux ombres différentes : Terre courbe
- b) Angles alternes-internes, rayons parallèles
- c) stades
- d) km, écart %
- e) Distance entre villes : principale erreur
a) Elle prouve immédiatement que la Terre n'est PAS plate. Si elle l'était et que les rayons du Soleil arrivaient parallèles, deux bâtons verticaux en deux lieux différents porteraient exactement la même ombre au même instant : soit aucune, soit la même longueur. Une ombre nulle à un endroit et non nulle à un autre, au même moment, impose que les deux verticales ne soient pas parallèles, donc que la surface soit courbe. C'est une déduction, pas une hypothèse.
b) Les rayons du Soleil arrivant parallèles, la direction du rayon à Syène et celle du rayon à Alexandrie sont parallèles. La verticale d'Alexandrie coupe ces deux parallèles : l'angle qu'elle fait avec le rayon local, c'est-à-dire l'angle de l'ombre, est un angle ALTERNE-INTERNE de l'angle qu'elle fait avec la direction Syène-centre, qui est précisément l'angle α au centre. Les deux angles sont donc égaux. L'hypothèse nécessaire est que le Soleil est assez loin pour que ses rayons soient parallèles à l'échelle de la Terre : Ératosthène ne pouvait pas la vérifier, il l'a admise, et elle est excellente puisque le Soleil est à environ vingt-trois mille cinq cents rayons terrestres.
c) L'arc entre les deux villes correspond à un angle au centre de , alors que la circonférence entière correspond à . La proportionnalité donne : circonférence stades. Le rapport est exact, ce qui laisse penser que la valeur de l'angle avait été choisie comme un cinquantième de tour.
d) m, soit km. Comparé à km, l'écart vaut km, soit un écart relatif de , c'est-à-dire environ pour cent. Pour une mesure faite avec un bâton, un puits et des arpenteurs, deux siècles avant notre ère, c'est remarquable.
e) Trois sources d'erreur. La DISTANCE entre les deux villes, estimée d'après le temps de marche des caravanes, donc connue à quelques pour cent près. La POSITION des villes, qui ne sont pas exactement sur le même méridien, Alexandrie étant décalée d'environ trois degrés en longitude. Et l'HYPOTHÈSE que Syène est exactement sur le tropique, alors qu'elle en est distante d'une soixantaine de kilomètres. On peut ajouter l'incertitude sur la valeur du stade, qui a varié selon les époques et les régions. C'est la distance entre les villes qui explique le mieux l'écart : une erreur de pour cent sur stades, soit 80 stades, est parfaitement plausible pour une estimation par temps de parcours.