Exercice 1 : Le son, un phénomène vibratoire
Un son n'est pas une matière qui voyage : c'est une variation de pression qui se propage de proche en proche. Tout le chapitre découle de cette phrase, y compris ce qui concerne les fichiers audio.
- a) Décrivez ce qui se propage dans un son et ce qui ne se propage pas. Pourquoi le son ne traverse-t-il pas le vide, alors que la lumière le traverse ?
- b) La célérité du son vaut 343 m/s dans l'air à 20 degrés, 1 480 m/s dans l'eau et 5 900 m/s dans l'acier. Expliquez l'ordre de ces trois valeurs.
- c) Un son de fréquence 440 Hz se propage dans l'air. Calculez sa période et sa longueur d'onde. Que deviennent ces deux grandeurs quand le son passe dans l'eau ?
- d) Un éclair est vu, et le tonnerre entendu 7,0 secondes plus tard. À quelle distance est tombée la foudre ? Quelle approximation faites-vous ?
- e) On appelle infrasons et ultrasons les sons hors de la plage audible. Donnez les bornes de cette plage et un exemple d'usage pour chacun des deux domaines.
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Réponses
- a) Perturbation, pas matière ; pas de son dans le vide
- b) Air, eau, acier : rigidité croissante
- c) ms ; : m puis m
- d) Foudre à km
- e) Audible de 20 Hz à 20 kHz
a) Ce qui se propage est une PERTURBATION, c'est-à-dire une variation locale de pression et de position des particules du milieu, transmise de proche en proche. Ce qui ne se propage pas, c'est la MATIÈRE : chaque particule oscille autour de sa position d'équilibre et y revient, elle n'accompagne pas le son. Le son ne traverse pas le vide parce qu'il lui faut un milieu matériel dont les particules puissent se pousser mutuellement : sans particules, rien ne transmet la perturbation. La lumière, elle, est une onde électromagnétique, c'est-à-dire une variation de champs qui n'a besoin d'aucun support matériel. C'est une différence de NATURE, pas de degré.
b) La célérité augmente avec la RIGIDITÉ du milieu et diminue avec sa masse volumique. Un solide résiste beaucoup plus qu'un liquide à une compression, et un liquide beaucoup plus qu'un gaz : chaque particule y transmet donc la poussée à sa voisine bien plus vite. L'ordre air, eau, acier suit exactement l'ordre des rigidités. C'est l'inverse de l'intuition courante, qui associe la vitesse à la légèreté : le son va dix-sept fois plus vite dans l'acier que dans l'air, alors que l'acier est environ six mille cinq cents fois plus dense.
c) La période vaut s, soit environ ms. La longueur d'onde vaut m, soit environ 78 cm. Dans l'eau, la FRÉQUENCE ne change pas : elle est imposée par la source, pas par le milieu. La période reste donc ms. La longueur d'onde, elle, devient m, soit plus de quatre fois plus. C'est le piège classique du chapitre : en changeant de milieu, c'est qui change, jamais .
d) La lumière parcourt quelques kilomètres en quelques microsecondes : on néglige donc totalement son temps de trajet, et l'on suppose que l'éclair est vu à l'instant où il se produit. La distance vaut alors m, soit environ km. L'approximation faite est double : temps de trajet de la lumière négligé, ce qui est excellent, et célérité du son supposée constante sur tout le trajet, ce qui est moins bon puisqu'elle dépend de la température, laquelle varie avec l'altitude.
e) La plage audible par une oreille humaine jeune s'étend d'environ 20 Hz à 20 000 Hz, soit trois décades de fréquence. En dessous de 20 Hz on parle d'INFRASONS : les éléphants s'en servent pour communiquer à plusieurs kilomètres, et les sismographes les enregistrent pour détecter des explosions lointaines. Au-dessus de 20 kHz on parle d'ULTRASONS : ils servent à l'échographie médicale, au sonar et au nettoyage de pièces par cavitation. La borne supérieure descend avec l'âge, jusqu'à 12 kHz vers soixante ans, ce qui explique que certains signaux sonores ne soient audibles que des adolescents.