Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal

Exercices corrigés d'enseignement scientifique : son et musique, porteurs d'information

Voici une série d'exercices corrigés d'enseignement scientifique pour la classe de Première, sur le thème « Son et musique, porteurs d'information » du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français de Montréal, le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas.

Le fil de la série : un son est une variation de pression qui se propage, et tout ce que la musique en fait se ramène à des RAPPORTS de fréquences et à des puissances de deux. Les gammes, les fichiers audio et les décibels obéissent tous les trois à des échelles multiplicatives, ce qui est la vraie difficulté du thème et la raison de la plupart des erreurs.

Trois pièges sont désignés nommément dans le corrigé : croire que la fréquence change quand le son change de milieu, ajouter des hertz au lieu de multiplier pour monter d'une octave, et additionner des décibels comme s'ils étaient des intensités.

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Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Émission et perception d'un sonSeconde, Physique-chimie
  2. 2Mouvement et vitesseSixième, Physique-chimie
  3. 3Les signaux sonoresQuatrième, Physique-chimie

Rappel de cours

  • Un son est une variation de pression qui se propage : il lui faut un milieu matériel, contrairement à la lumière.
  • λ=v/f\lambda = v / f. En changeant de milieu, c'est vv et λ\lambda qui changent ; ff est imposée par la source.
  • Hauteur \leftrightarrow fréquence, intensité \leftrightarrow amplitude, timbre \leftrightarrow composition spectrale.
  • Les harmoniques sont les multiples entiers du fondamental. C'est leur répartition qui fait le timbre.
  • Les intervalles sont des RAPPORTS : octave 22, quinte 3/23/2, quarte 4/34/3, tierce majeure 5/45/4. Ils se composent en se multipliant.
  • Comma pythagoricien : (3/2)12/271,0136(3/2)^{12} / 2^{7} \approx 1{,}0136, soit 23,523{,}5 cents. Aucune puissance de 3 n'est une puissance de 2.
  • Tempérament égal : demi-ton =21/121,0595= 2^{1/12} \approx 1{,}0595. La quinte y perd 2 cents, la tierce majeure 14.
  • Condition de Shannon : fe>2fmaxf_{e} > 2 f_{\max}. Sous ce seuil, il y a repliement de spectre, irréparable après coup.
  • Débit == fréquence d'échantillonnage ×\times nombre de bits ×\times nombre de voies.
  • L=10log(I/I0)L = 10 \log(I / I_{0}) avec I0=1012I_{0} = 10^{-12} W/m2^{2}. Doubler l'intensité ajoute 3 dB, doubler la distance en retire 6.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Le son, un phénomène vibratoire

Un son n'est pas une matière qui voyage : c'est une variation de pression qui se propage de proche en proche. Tout le chapitre découle de cette phrase, y compris ce qui concerne les fichiers audio.

  • a) Décrivez ce qui se propage dans un son et ce qui ne se propage pas. Pourquoi le son ne traverse-t-il pas le vide, alors que la lumière le traverse ?
  • b) La célérité du son vaut 343 m/s dans l'air à 20 degrés, 1 480 m/s dans l'eau et 5 900 m/s dans l'acier. Expliquez l'ordre de ces trois valeurs.
  • c) Un son de fréquence 440 Hz se propage dans l'air. Calculez sa période et sa longueur d'onde. Que deviennent ces deux grandeurs quand le son passe dans l'eau ?
  • d) Un éclair est vu, et le tonnerre entendu 7,0 secondes plus tard. À quelle distance est tombée la foudre ? Quelle approximation faites-vous ?
  • e) On appelle infrasons et ultrasons les sons hors de la plage audible. Donnez les bornes de cette plage et un exemple d'usage pour chacun des deux domaines.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Perturbation, pas matière ; pas de son dans le vide
  • b) Air, eau, acier : rigidité croissante
  • c) T2,27T \approx 2{,}27 ms ; λ\lambda : 0,780{,}78 m puis 3,363{,}36 m
  • d) Foudre à 2,42{,}4 km
  • e) Audible de 20 Hz à 20 kHz

a) Ce qui se propage est une PERTURBATION, c'est-à-dire une variation locale de pression et de position des particules du milieu, transmise de proche en proche. Ce qui ne se propage pas, c'est la MATIÈRE : chaque particule oscille autour de sa position d'équilibre et y revient, elle n'accompagne pas le son. Le son ne traverse pas le vide parce qu'il lui faut un milieu matériel dont les particules puissent se pousser mutuellement : sans particules, rien ne transmet la perturbation. La lumière, elle, est une onde électromagnétique, c'est-à-dire une variation de champs qui n'a besoin d'aucun support matériel. C'est une différence de NATURE, pas de degré.

b) La célérité augmente avec la RIGIDITÉ du milieu et diminue avec sa masse volumique. Un solide résiste beaucoup plus qu'un liquide à une compression, et un liquide beaucoup plus qu'un gaz : chaque particule y transmet donc la poussée à sa voisine bien plus vite. L'ordre air, eau, acier suit exactement l'ordre des rigidités. C'est l'inverse de l'intuition courante, qui associe la vitesse à la légèreté : le son va dix-sept fois plus vite dans l'acier que dans l'air, alors que l'acier est environ six mille cinq cents fois plus dense.

c) La période vaut T=1/f=1/4402,27×103T = 1 / f = 1 / 440 \approx 2{,}27 \times 10^{-3} s, soit environ 2,272{,}27 ms. La longueur d'onde vaut λ=v/f=343/4400,780\lambda = v / f = 343 / 440 \approx 0{,}780 m, soit environ 78 cm. Dans l'eau, la FRÉQUENCE ne change pas : elle est imposée par la source, pas par le milieu. La période reste donc 2,272{,}27 ms. La longueur d'onde, elle, devient λ=1 480/4403,36\lambda = 1\ 480 / 440 \approx 3{,}36 m, soit plus de quatre fois plus. C'est le piège classique du chapitre : en changeant de milieu, c'est λ\lambda qui change, jamais ff.

d) La lumière parcourt quelques kilomètres en quelques microsecondes : on néglige donc totalement son temps de trajet, et l'on suppose que l'éclair est vu à l'instant où il se produit. La distance vaut alors d=v×t=343×7,02 401d = v \times t = 343 \times 7{,}0 \approx 2\ 401 m, soit environ 2,42{,}4 km. L'approximation faite est double : temps de trajet de la lumière négligé, ce qui est excellent, et célérité du son supposée constante sur tout le trajet, ce qui est moins bon puisqu'elle dépend de la température, laquelle varie avec l'altitude.

e) La plage audible par une oreille humaine jeune s'étend d'environ 20 Hz à 20 000 Hz, soit trois décades de fréquence. En dessous de 20 Hz on parle d'INFRASONS : les éléphants s'en servent pour communiquer à plusieurs kilomètres, et les sismographes les enregistrent pour détecter des explosions lointaines. Au-dessus de 20 kHz on parle d'ULTRASONS : ils servent à l'échographie médicale, au sonar et au nettoyage de pièces par cavitation. La borne supérieure descend avec l'âge, jusqu'à 12 kHz vers soixante ans, ce qui explique que certains signaux sonores ne soient audibles que des adolescents.

Exercice 2 : Fréquence, période et hauteur

Les deux courbes représentent la pression en fonction du temps pour deux sons purs. Le second a exactement le double de la fréquence du premier, et l'oreille entend cet écart comme un intervalle très particulier.

0.511.522.53-3-2-1123fréquence ffréquence 2ftemps en millisecondes
  • a) Lisez la période de chacun des deux signaux sur le graphique, en millisecondes. Déduisez-en les deux fréquences.
  • b) Que perçoit l'oreille quand la fréquence double ? Comment s'appelle cet intervalle ?
  • c) Le la du diapason vaut 440 Hz. Donnez les fréquences du la de l'octave supérieure, puis de celle encore au-dessus, puis de l'octave inférieure.
  • d) Un piano couvre un peu plus de sept octaves, de 27,5 Hz à 4 186 Hz. Vérifiez ce nombre d'octaves par le calcul.
  • e) Distinguez la HAUTEUR, l'INTENSITÉ et le TIMBRE d'un son. À quelle grandeur physique chacune correspond-elle ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 1 000 Hz et 2 000 Hz
  • b) Fréquence doublée : l'octave
  • c) 880, 1 760 et 220 Hz
  • d) 152,2=27,25152{,}2 = 2^{7{,}25} : 7,257{,}25 octaves
  • e) Hauteur, intensité, timbre : fréquence, amplitude, spectre

a) Le premier signal accomplit un cycle complet en 1 ms : sa période vaut T1=1T_{1} = 1 ms, donc sa fréquence vaut f1=1/103=1 000f_{1} = 1 / 10^{-3} = 1\ 000 Hz. Le second accomplit deux cycles dans le même temps : sa période vaut T2=0,5T_{2} = 0{,}5 ms, donc f2=1/(0,5×103)=2 000f_{2} = 1 / (0{,}5 \times 10^{-3}) = 2\ 000 Hz. On vérifie f2=2f1f_{2} = 2 f_{1}, ce qui est bien ce qu'annonce l'énoncé.

b) L'oreille perçoit un son PLUS AIGU, et surtout elle perçoit les deux sons comme profondément apparentés, au point que la plupart des cultures leur donnent le même nom de note. Cet intervalle s'appelle l'OCTAVE. C'est le seul intervalle sur lequel tous les systèmes musicaux du monde s'accordent, et il correspond exactement au rapport de fréquences le plus simple après l'unisson, à savoir 2.

c) L'octave supérieure vaut 440×2=880440 \times 2 = 880 Hz. Celle encore au-dessus vaut 880×2=1 760880 \times 2 = 1\ 760 Hz. L'octave inférieure vaut 440/2=220440 / 2 = 220 Hz. On monte ou l'on descend d'une octave en MULTIPLIANT ou en divisant par 2, jamais en ajoutant : les intervalles musicaux sont des rapports, pas des différences, et c'est la raison profonde pour laquelle les échelles musicales sont logarithmiques.

d) Le rapport des fréquences extrêmes vaut 4 186/27,5152,24\ 186 / 27{,}5 \approx 152{,}2. Le nombre d'octaves est le nombre de fois qu'il faut multiplier par 2 pour l'atteindre : 27=1282^{7} = 128 et 28=2562^{8} = 256, donc nn est compris entre 7 et 8 ; à la calculatrice, n=log(152,2)log27,25n = \frac{\log(152{,}2)}{\log 2} \approx 7{,}25, et l'on vérifie 27,25152,22^{7{,}25} \approx 152{,}2. Le piano couvre donc un peu plus de sept octaves, ce qui confirme l'énoncé. Le quart d'octave supplémentaire correspond aux trois notes qui dépassent le la le plus aigu, en haut du clavier.

e) La HAUTEUR est le caractère grave ou aigu : elle correspond à la FRÉQUENCE du son, et pour un son complexe à celle de son fondamental. L'INTENSITÉ est le caractère fort ou faible : elle correspond à l'AMPLITUDE des variations de pression, et se mesure en watts par mètre carré ou, plus commodément, en décibels. Le TIMBRE est ce qui permet de distinguer une flûte d'un violon jouant la même note aussi fort : il correspond à la composition SPECTRALE du son, c'est-à-dire à la présence et à l'importance relative des harmoniques, sujet de l'exercice suivant. Trois caractères perçus, trois grandeurs physiques distinctes : les confondre est la source d'erreur numéro un du chapitre.

Exercice 3 : Harmoniques et timbre

Le diagramme donne le spectre d'un son musical : l'amplitude de chacune des composantes qui le constituent. La note jouée est un la de fréquence fondamentale 220 Hz.

f1002f453f304f125f86f3020406080100
  • a) Donnez la fréquence de chacune des six composantes du spectre. Comment appelle-t-on la première, et comment appelle-t-on les suivantes ?
  • b) Un son musical est périodique alors qu'il contient six fréquences différentes. Expliquez pourquoi, et donnez la période du son résultant.
  • c) Deux instruments jouent la même note avec la même intensité et ne sonnent pas pareil. Qu'est-ce qui diffère dans leur spectre ?
  • d) Un son pur ne contient qu'une fréquence. Quel instrument s'en approche le plus, et pourquoi un son purement sinusoïdal paraît-il désagréable ou artificiel ?
  • e) On filtre le son en supprimant totalement la composante de 220 Hz. Quelle hauteur l'oreille perçoit-elle alors ? Le phénomène porte un nom : lequel, et où l'utilise-t-on ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 220 à 1 320 Hz : fondamental et harmoniques
  • b) Périodique de période 4,554{,}55 ms
  • c) Timbre : poids des harmoniques
  • d) Diapason : son presque pur
  • e) Fondamental manquant : on entend 220 Hz

a) Les composantes sont des multiples entiers du fondamental : 220, 440, 660, 880, 1 100 et 1 320 Hz. La première s'appelle le FONDAMENTAL ; les suivantes s'appellent les HARMONIQUES, numérotées 2, 3, 4, 5 et 6. Attention au vocabulaire : l'harmonique de rang 2 a une fréquence DOUBLE, il n'y a pas de décalage d'un rang, et le fondamental est parfois appelé harmonique de rang 1.

b) Parce que toutes les composantes sont des multiples entiers d'une même fréquence : leurs périodes valent TT, T/2T/2, T/3T/3, et ainsi de suite, et elles se retrouvent donc toutes simultanément dans le même état au bout de la durée TT. La somme est alors périodique de période TT, celle du fondamental, soit T=1/2204,55×103T = 1 / 220 \approx 4{,}55 \times 10^{-3} s. C'est ce qui distingue un son MUSICAL d'un bruit : dans un bruit, les composantes ne sont pas dans des rapports entiers, et rien ne se répète.

c) Ce qui diffère est la RÉPARTITION des amplitudes entre les harmoniques. Les fréquences présentes sont les mêmes, imposées par la note ; ce sont leurs poids relatifs qui changent. Une flûte a un spectre pauvre, dominé par le fondamental ; un violon ou une trompette ont des harmoniques élevés bien plus fournis, ce que l'oreille perçoit comme un son plus brillant ou plus mordant. S'y ajoutent l'attaque et l'extinction, qui ne se lisent pas sur un spectre figé et qui contribuent énormément à la reconnaissance d'un instrument.

d) Le diapason est l'objet qui s'en approche le plus : sa forme est étudiée pour que ses modes de vibration parasites s'éteignent très vite, et il ne subsiste qu'une fréquence. Une flûte jouée doucement dans le grave s'en approche aussi. Un son purement sinusoïdal paraît artificiel parce qu'aucun objet réel ne vibre ainsi : tout corps matériel possède plusieurs modes de vibration, donc produit toujours des harmoniques. L'oreille, entraînée par toute une vie d'écoute, identifie donc l'absence d'harmoniques comme la signature d'une source non naturelle.

e) L'oreille perçoit toujours la même hauteur, 220 Hz, alors que cette fréquence n'est plus présente dans le signal. Le phénomène s'appelle le FONDAMENTAL MANQUANT, ou fondamental absent : le cerveau reconstitue la hauteur à partir de l'ÉCART régulier entre les harmoniques restants, qui vaut toujours 220 Hz. On l'utilise massivement dans les petits haut-parleurs, ceux d'un téléphone ou d'une enceinte compacte, physiquement incapables de reproduire les fréquences graves : ils ne restituent que les harmoniques, et l'auditeur entend pourtant la basse. C'est un bon rappel que la perception n'est pas une mesure : l'oreille interprète, elle ne relève pas.

Exercice 4 : Les intervalles : octave, quinte, et pourquoi ils sonnent bien

Deux notes sonnent bien ensemble quand le rapport de leurs fréquences est un rapport simple de petits entiers. Cette observation, attribuée à Pythagore, est la base de toute la construction des gammes.

  • a) Donnez le rapport de fréquences de l'octave, de la quinte, de la quarte et de la tierce majeure. Classez-les du plus simple au moins simple.
  • b) Le la du diapason vaut 440 Hz. Calculez la fréquence de la note située une quinte au-dessus, puis une quarte au-dessus.
  • c) Montrez que la quinte et la quarte sont complémentaires dans l'octave : leur composition donne exactement l'octave.
  • d) Expliquez, à l'aide de l'exercice 3, pourquoi deux notes dont les fréquences sont dans un rapport simple sonnent bien ensemble.
  • e) Deux sons de 440 Hz et 443 Hz sont joués simultanément. Décrivez ce que l'on entend et calculez la fréquence du phénomène. À quoi les musiciens s'en servent-ils ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2/12/1, 3/23/2, 4/34/3, 5/45/4
  • b) 660 Hz et 586,7586{,}7 Hz
  • c) 32×43=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = 2
  • d) Harmoniques communs : consonance
  • e) Battement de 3 Hz pour accorder

a) L'octave vaut 2/12/1, la quinte 3/23/2, la quarte 4/34/3 et la tierce majeure 5/45/4. Classées du plus simple au moins simple, c'est-à-dire par entiers croissants : octave, quinte, quarte, tierce majeure. Cet ordre correspond exactement à l'ordre de consonance perçue, ce qui est le point remarquable : une propriété arithmétique prédit une sensation.

b) Une quinte au-dessus : 440×3/2=660440 \times 3/2 = 660 Hz, ce qui est un mi. Une quarte au-dessus : 440×4/3586,7440 \times 4/3 \approx 586{,}7 Hz, ce qui est un ré. On note que 660 Hz apparaît dans le spectre de l'exercice 3, comme harmonique 3 du fondamental de 220 Hz : ce n'est pas une coïncidence, et c'est l'objet de la question d.

c) Composer deux intervalles revient à MULTIPLIER leurs rapports. Quinte puis quarte : 32×43=126=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = \frac{12}{6} = 2, qui est exactement le rapport de l'octave. Vérification numérique : 440×3/2=660440 \times 3/2 = 660, puis 660×4/3=880=2×440660 \times 4/3 = 880 = 2 \times 440. C'est parce que les intervalles se composent par multiplication, et non par addition, que leur description naturelle est logarithmique.

d) Parce que leurs spectres d'harmoniques se RECOUVRENT largement. Prenons un son de fondamental ff et un son de fondamental 3f/23f/2. Les harmoniques du premier sont f,2f,3f,4f,5f,6ff, 2f, 3f, 4f, 5f, 6f ; ceux du second sont 1,5f,3f,4,5f,6f1{,}5f, 3f, 4{,}5f, 6f. Les fréquences 3f3f et 6f6f sont COMMUNES aux deux, et les autres tombent à mi-chemin, loin les unes des autres. Il y a donc peu de paires de fréquences voisines mais distinctes, or ce sont précisément ces paires qui produisent la sensation de rugosité. Plus le rapport est simple, plus les harmoniques coïncident, moins il y a de rugosité, et plus l'accord paraît consonant.

e) On entend un son unique dont l'INTENSITÉ varie périodiquement, ce qu'on appelle un BATTEMENT. Sa fréquence est la différence des deux fréquences, soit 443440=3443 - 440 = 3 Hz : l'intensité passe par un maximum trois fois par seconde. Les musiciens s'en servent pour ACCORDER : on joue simultanément la note à accorder et une référence, et l'on ajuste jusqu'à ce que le battement disparaisse. La méthode est extraordinairement sensible, puisque l'oreille perçoit un battement de moins d'un hertz, soit un écart relatif de deux millièmes, bien mieux que ce qu'elle sait faire en comparant deux hauteurs séparément.

Exercice 5 : La gamme de Pythagore et le comma

Pythagore construit une gamme en empilant des quintes. La méthode est belle, elle est cohérente, et elle échoue pour une raison arithmétique inévitable qu'aucune ingéniosité ne peut supprimer.

  • a) On part d'une note et on monte de quinte en quinte, en redescendant d'une octave chaque fois que l'on dépasse l'octave de départ. Expliquez pourquoi ce procédé engendre bien des notes à l'intérieur d'une seule octave.
  • b) Calculez le rapport obtenu après DOUZE quintes successives, sans redescente. Comparez à SEPT octaves.
  • c) Le rapport de ces deux nombres s'appelle le comma pythagoricien. Calculez-le à cinq décimales, puis exprimez-le en cents, sachant qu'un cent vaut un douze-centième d'octave.
  • d) Expliquez pourquoi ce résultat rend impossible une gamme à la fois juste et refermée sur elle-même. Quelle propriété arithmétique est en cause ?
  • e) Un violoniste peut jouer une gamme pythagoricienne, un pianiste non. Expliquez la différence, puis dites ce que le tempérament égal sacrifie et ce qu'il gagne.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Quintes ramenées dans l'octave
  • b) (3/2)12129,75(3/2)^{12} \approx 129{,}75 contre 27=1282^{7} = 128
  • c) Comma 1,013641{,}01364, soit 23,4623{,}46 cents
  • d) 3m2n3^{m} \neq 2^{n} : gamme ouverte
  • e) Violon libre, piano tempéré

a) Monter d'une quinte multiplie la fréquence par 3/23/2, soit environ 1,51{,}5 : on sort donc de l'octave de départ dès la deuxième quinte, puisque 1,52=2,25>21{,}5^{2} = 2{,}25 > 2. Redescendre d'une octave divise par 2. En alternant ces deux opérations, on ramène systématiquement le résultat dans l'intervalle allant de la note de départ à son octave, sans changer la CLASSE de la note obtenue, puisque deux notes séparées d'une octave portent le même nom. On engendre ainsi, une à une, les douze notes de la gamme chromatique.

b) Douze quintes donnent (3/2)12=312/212=531 441/4 096129,74634(3/2)^{12} = 3^{12} / 2^{12} = 531\ 441 / 4\ 096 \approx 129{,}74634. Sept octaves donnent 27=1282^{7} = 128. Les deux nombres sont proches mais DIFFÉRENTS : après douze quintes, on croit être revenu sur la note de départ sept octaves plus haut, et l'on est légèrement au-dessus.

c) Le comma vaut (3/2)1227=129,746341281,01364\frac{(3/2)^{12}}{2^{7}} = \frac{129{,}74634}{128} \approx 1{,}01364. En cents : un cent vaut un douze-centième d'octave, donc l'intervalle en cents vaut 1 200×log(1,01364)log21 200×0,01955023,461\ 200 \times \frac{\log(1{,}01364)}{\log 2} \approx 1\ 200 \times 0{,}019550 \approx 23{,}46 cents. C'est environ un quart de demi-ton, ce qui est parfaitement audible : deux instruments désaccordés d'un comma sonnent franchement faux ensemble.

d) Parce qu'il faudrait qu'une puissance de 3/23/2 soit égale à une puissance de 2, autrement dit qu'il existe des entiers mm et nn tels que 3m=2n+m3^{m} = 2^{n+m}. C'est impossible : la décomposition en facteurs premiers d'un entier est UNIQUE, donc un nombre qui ne contient que des facteurs 3 ne peut jamais être égal à un nombre qui ne contient que des facteurs 2, sauf si les deux valent 1. Aucun empilement de quintes justes ne retombe donc jamais exactement sur une octave juste, et la gamme ne se referme pas. Ce n'est pas un défaut de la méthode de Pythagore : c'est un théorème d'arithmétique.

e) Un VIOLONISTE choisit la hauteur exacte de chaque note en posant son doigt où il veut : il peut donc jouer chaque intervalle juste, et ajuster en fonction du contexte harmonique. Un PIANISTE dispose de douze touches par octave, accordées une fois pour toutes : il lui faut un compromis fixe. Le tempérament égal SACRIFIE la justesse de tous les intervalles sauf l'octave : la quinte tempérée vaut 27/121,498312^{7/12} \approx 1{,}49831 au lieu de 1,51{,}5, soit environ deux cents trop bas. Il GAGNE la possibilité de jouer dans les douze tonalités avec la même qualité, et de moduler de l'une à l'autre sans réaccorder. Deux cents étant à peine perceptibles, l'échange est excellent, et c'est ce qui a permis toute la musique tonale depuis le XVIIIe siècle.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : La gamme tempérée

Puisqu'aucun empilement de quintes justes ne referme l'octave, on renonce à la justesse et l'on impose l'égalité : douze demi-tons rigoureusement identiques par octave. Toute la musique de clavier repose sur ce choix.

  • a) Écrivez la condition qui définit le demi-ton tempéré, puis calculez sa valeur à six décimales.
  • b) Calculez les fréquences des douze demi-tons au-dessus du la 440, au dixième de hertz près, pour les quatre premiers. Vérifiez que la douzième donne bien l'octave.
  • c) Comparez la quinte tempérée à la quinte juste, et la tierce majeure tempérée à la tierce juste. Exprimez les deux écarts en cents.
  • d) Lequel des deux écarts est le plus grand ? Que peut-on en conclure sur ce que le tempérament égal dégrade le plus ?
  • e) Un guitariste place ses frettes selon le tempérament égal. À quelle fraction de la longueur de corde doit-il placer la douzième frette, puis la septième ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) r=21/121,059463r = 2^{1/12} \approx 1{,}059463
  • b) 466,2466{,}2 ; 493,9493{,}9 ; 523,3523{,}3 ; 554,4554{,}4 ; 880 Hz
  • c) Quinte 1,961{,}96 cent, tierce 13,6913{,}69 cents
  • d) Tierces les plus dégradées
  • e) Frettes à 0,50{,}5 et 0,66740{,}6674 de la longueur

a) La condition : douze demi-tons identiques doivent composer exactement une octave, donc si rr est le rapport d'un demi-ton, r12=2r^{12} = 2. D'où r=21/121,059463r = 2^{1/12} \approx 1{,}059463. Chaque demi-ton multiplie donc la fréquence par environ 1,05951{,}0595, soit une hausse de près de six pour cent.

b) On multiplie successivement par 21/122^{1/12} à partir de 440 Hz. Premier demi-ton : 440×1,059463466,2440 \times 1{,}059463 \approx 466{,}2 Hz. Deuxième : 493,9\approx 493{,}9 Hz. Troisième : 523,3\approx 523{,}3 Hz. Quatrième : 554,4\approx 554{,}4 Hz. Après douze demi-tons : 440×(21/12)12=440×2=880440 \times (2^{1/12})^{12} = 440 \times 2 = 880 Hz exactement, ce qui est bien l'octave. La vérification n'est pas décorative : elle contrôle d'un coup toute la construction.

c) La quinte tempérée vaut 27/121,4983072^{7/12} \approx 1{,}498307, contre 1,51{,}5 pour la quinte juste. L'écart en cents vaut 1 200×log(1,5/1,498307)log21,961\ 200 \times \frac{\log(1{,}5 / 1{,}498307)}{\log 2} \approx 1{,}96 cent. La tierce majeure tempérée vaut 24/12=21/31,2599212^{4/12} = 2^{1/3} \approx 1{,}259921, contre 1,251{,}25 pour la tierce juste. L'écart vaut 1 200×log(1,259921/1,25)log213,691\ 200 \times \frac{\log(1{,}259921 / 1{,}25)}{\log 2} \approx 13{,}69 cents.

d) L'écart sur la TIERCE est de très loin le plus grand : près de 14 cents contre 2 pour la quinte, soit sept fois plus. On en conclut que le tempérament égal préserve très bien les quintes, à peine altérées, et dégrade nettement les tierces majeures, qui sonnent sensiblement trop hautes. C'est audible : un choeur ou un quatuor à cordes, libres de leur intonation, chantent spontanément des tierces plus basses que celles du piano qui les accompagne, et cet écart est une difficulté classique du travail avec clavier.

e) La fréquence d'une corde est inversement proportionnelle à sa longueur vibrante. Pour monter d'une octave, il faut donc DIVISER la longueur par 2 : la douzième frette se place à la MOITIÉ de la longueur de corde, ce qui se vérifie immédiatement sur n'importe quelle guitare. Pour la septième frette, sept demi-tons, la fréquence est multipliée par 27/121,4983072^{7/12} \approx 1{,}498307, donc la longueur est divisée par ce nombre : la frette se place à 1/1,4983070,66741 / 1{,}498307 \approx 0{,}6674 de la longueur, soit à environ 33,333{,}3 pour cent de la longueur depuis le sillet. On retrouve presque exactement le rapport 2/32/3 de la quinte juste, l'écart étant les deux cents de la question c.

Exercice 7 : Numériser un son

Le graphique montre un signal sonore et les valeurs relevées à intervalles réguliers. C'est tout ce qu'un fichier audio contient : une suite de nombres, prélevés à un rythme fixe et arrondis.

12345678-0.50.511.522.533.54temps en millisecondes
  • a) Lisez la période d'échantillonnage sur le graphique et déduisez-en la fréquence d'échantillonnage.
  • b) Énoncez la condition de Shannon. Sachant qu'une oreille perçoit jusqu'à 20 kHz, quelle fréquence d'échantillonnage minimale faut-il ? Pourquoi le disque compact utilise-t-il 44,1 kHz et non 40 kHz ?
  • c) Un disque compact code chaque échantillon sur 16 bits, en deux voies, à 44,1 kHz. Calculez le débit en kilobits par seconde, puis la taille d'un morceau de 3 minutes en mébioctets.
  • d) Un fichier compressé au format courant utilise 192 kbit/s. Calculez le taux de compression et la taille du même morceau. Cette compression est-elle avec ou sans perte ?
  • e) On échantillonne à 8 kHz un son contenant une composante à 6 kHz. Décrivez ce qui se produit et donnez la fréquence apparente. Comment évite-t-on ce défaut en pratique ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Te=0,5T_{e} = 0{,}5 ms : fe=2f_{e} = 2 kHz
  • b) fe>40f_{e} > 40 kHz ; marge du filtre
  • c) 1 411,21\ 411{,}2 kbit/s, 30,330{,}3 Mio
  • d) Taux 7,357{,}35, 4,124{,}12 Mio, avec perte
  • e) Repliement à 2 kHz : filtrer avant

a) Les points relevés sont espacés de 0,50{,}5 ms sur le graphique : c'est la période d'échantillonnage TeT_{e}. La fréquence d'échantillonnage vaut fe=1/Te=1/(0,5×103)=2 000f_{e} = 1 / T_{e} = 1 / (0{,}5 \times 10^{-3}) = 2\ 000 Hz, soit 2 kHz. Le signal représenté ayant une fréquence de 250250 Hz, on prélève huit points par période, ce qui est confortable.

b) La condition de Shannon impose fe>2fmaxf_{e} > 2 f_{\max}, où fmaxf_{\max} est la plus haute fréquence présente dans le signal. Pour fmax=20f_{\max} = 20 kHz, il faut donc fe>40f_{e} > 40 kHz. Le disque compact utilise 44,144{,}1 kHz pour deux raisons : la condition est une inégalité STRICTE, et échantillonner tout juste au double laisserait un signal reconstruit désastreux ; et surtout, aucun filtre réel ne coupe brutalement à 20 kHz, il faut donc une marge pour laisser au filtre anti-repliement une bande de transition. Les 4,14{,}1 kHz supplémentaires sont cette marge, et la valeur exacte tient à des contraintes historiques d'enregistrement sur bande vidéo.

c) Le débit vaut 44 100×16×2=1 411 20044\ 100 \times 16 \times 2 = 1\ 411\ 200 bit/s, soit 1 411,21\ 411{,}2 kbit/s. Pour 3 minutes, soit 180 s : 1 411 200×180=254 016 0001\ 411\ 200 \times 180 = 254\ 016\ 000 bits, soit 254 016 000/8=31 752 000254\ 016\ 000 / 8 = 31\ 752\ 000 octets, c'est-à-dire 31 752 000/1 048 57630,331\ 752\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 30{,}3 Mio. On retrouve l'ordre de grandeur bien connu d'une dizaine de mégaoctets par minute de musique non compressée.

d) Le taux de compression vaut 1 411,2/1927,351\ 411{,}2 / 192 \approx 7{,}35. La taille devient 192 000×180/8=4 320 000192\ 000 \times 180 / 8 = 4\ 320\ 000 octets, soit 4 320 000/1 048 5764,124\ 320\ 000 / 1\ 048\ 576 \approx 4{,}12 Mio. Cette compression est AVEC PERTE : aucune méthode sans perte n'atteint un facteur 7 sur de la musique, et le format retenu supprime délibérément les composantes que l'oreille ne perçoit pas, soit parce qu'elles sont hors de la bande audible, soit parce qu'elles sont masquées par une composante voisine plus forte. Le fichier décodé n'est donc pas identique à l'original, et les pertes se cumulent si l'on réencode, exactement comme pour une image.

e) Il se produit un REPLIEMENT de spectre : la condition de Shannon n'est pas respectée, puisqu'il faudrait fe>12f_{e} > 12 kHz. La composante à 6 kHz est reconstruite à une fréquence fausse, égale à fef=8 0006 000=2 000f_{e} - f = 8\ 000 - 6\ 000 = 2\ 000 Hz : on entend un son grave de 2 kHz qui n'existait pas dans l'original. Le défaut est irréparable après coup, puisque rien ne distingue cette composante d'un vrai son à 2 kHz. On l'évite en plaçant AVANT le convertisseur un filtre passe-bas, dit anti-repliement, qui supprime toute composante au-dessus de la moitié de la fréquence d'échantillonnage. Le filtre est analogique, donc physiquement placé avant la numérisation : c'est le seul endroit où il peut agir.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Quand un son passe de l'air dans l'eau, sa fréquence augmente puisqu'il va plus vite. »
  • 2) « Monter d'une octave, c'est ajouter 440 Hz. »
  • 3) « Deux sons de même hauteur et de même intensité sont identiques. »
  • 4) « Deux machines de 60 décibels chacune font 120 décibels ensemble. »
  • 5) « La gamme de Pythagore est fausse : douze quintes devraient tomber sur sept octaves. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) Fréquence fixe, longueur d'onde variable
  • 2) Octave : multiplier par 2
  • 3) Le timbre les distingue
  • 4) 60 dB et 60 dB : 63 dB
  • 5) Gamme ouverte par théorème

1) FAUX. La fréquence est imposée par la SOURCE et ne change jamais au passage d'un milieu à l'autre. Ce qui change est la célérité, donc la longueur d'onde, liées par λ=v/f\lambda = v / f. Énoncé correct : en passant de l'air à l'eau, la célérité passe de 343 à 1 480 m/s et la longueur d'onde est multipliée par le même facteur, tandis que la fréquence, donc la hauteur perçue, reste identique.

2) FAUX. Les intervalles musicaux sont des RAPPORTS, pas des différences. Une octave au-dessus du la 440 vaut 880880 Hz, mais une octave au-dessus du la 220 vaut 440440 Hz, soit un écart de 220 Hz seulement. Énoncé correct : monter d'une octave, c'est multiplier la fréquence par 2 ; c'est parce que les intervalles se composent par multiplication que les échelles musicales sont logarithmiques.

3) FAUX. Il reste le TIMBRE, c'est-à-dire la répartition des amplitudes entre les harmoniques. Une flûte et un violon jouant le même la aussi fort se distinguent immédiatement. Énoncé correct : hauteur, intensité et timbre sont trois caractères indépendants, correspondant respectivement à la fréquence du fondamental, à l'amplitude et à la composition spectrale.

4) FAUX. Le décibel est une échelle LOGARITHMIQUE : ce sont les intensités qui s'ajoutent, pas les niveaux. Doubler l'intensité ajoute 10log(2)310 \log(2) \approx 3 dB. Énoncé correct : deux sources de 60 dB donnent ensemble 63 dB, et il en faudrait dix pour atteindre 70 dB, cent pour 80 dB.

5) FAUX, et l'accusation vise le mauvais coupable. Douze quintes justes ne peuvent PAS tomber sur sept octaves, pour une raison arithmétique : 3123^{12} ne peut jamais être égal à une puissance de 2, la décomposition en facteurs premiers étant unique. Énoncé correct : la gamme de Pythagore n'est pas fausse, elle est irrémédiablement ouverte ; l'écart, le comma pythagoricien, vaut 23,523{,}5 cents, et c'est le tempérament égal qui choisit de le répartir sur les douze demi-tons.

Exercice 9 : Le niveau sonore et l'oreille

La frise place quelques situations courantes sur l'échelle des niveaux sonores. L'oreille perçoit un rapport d'intensités de mille milliards entre le seuil d'audition et le seuil de douleur, ce qui interdit une échelle linéaire.

020406080100120silencechuchotementconversationrue passanteseuil de douleur
  • a) Rappelez la définition du niveau sonore en décibels. Que vaut l'intensité de référence, et à quoi correspond-elle ?
  • b) Calculez l'intensité correspondant à 60 dB, puis à 120 dB. Donnez le rapport entre les deux.
  • c) On double l'intensité d'une source. De combien varie le niveau ? On la multiplie par dix : de combien varie-t-il ? Justifiez les deux résultats par le calcul.
  • d) Trois machines identiques de 75 dB fonctionnent ensemble dans un atelier. Calculez le niveau résultant.
  • e) La réglementation impose une protection au-delà de 85 dB pour huit heures, et la durée admissible est divisée par deux à chaque hausse de 3 dB. Combien de temps peut-on rester devant une sonorisation de 100 dB ? Commentez.

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a)
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c)
d)
e)
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Réponses

  • a) L=10log(I/I0)L = 10 \log(I / I_{0}), I0=1012I_{0} = 10^{-12} W/m2^{2}
  • b) 10610^{-6} et 1 W/m2^{2} : rapport 10610^{6}
  • c) +3 dB et +10 dB
  • d) 75+4,7779,875 + 4{,}77 \approx 79{,}8 dB
  • e) 100 dB : 15 minutes

a) Le niveau sonore est défini par L=10log(II0)L = 10 \log\left(\frac{I}{I_{0}}\right), où II est l'intensité sonore en watts par mètre carré et I0=1012I_{0} = 10^{-12} W/m2^{2} l'intensité de référence. Cette valeur correspond au SEUIL D'AUDITION d'une oreille humaine jeune à 1 000 Hz : c'est pourquoi ce seuil vaut 0 dB, non parce qu'il n'y a pas de son, mais parce que l'intensité y égale la référence.

b) À 60 dB : 60=10log(I/1012)60 = 10 \log(I / 10^{-12}), donc log(I/1012)=6\log(I / 10^{-12}) = 6, donc I=1012×106=106I = 10^{-12} \times 10^{6} = 10^{-6} W/m2^{2}. À 120 dB : I=1012×1012=1I = 10^{-12} \times 10^{12} = 1 W/m2^{2}. Le rapport vaut 1/106=1061 / 10^{-6} = 10^{6}, soit un million. Et entre le seuil d'audition et le seuil de douleur, le rapport vaut 101210^{12}, mille milliards : aucune échelle linéaire ne pourrait représenter cela sur une figure lisible, et c'est exactement la raison d'être du décibel.

c) Doubler l'intensité : ΔL=10log(2I/I)=10log23,01\Delta L = 10 \log(2 I / I) = 10 \log 2 \approx 3{,}01 dB. Le niveau augmente donc d'environ 3 dB. Multiplier par dix : ΔL=10log(10)=10\Delta L = 10 \log(10) = 10 dB exactement. Ces deux résultats sont à connaître par coeur : ils permettent de raisonner de tête sur toute cette échelle, et ils expliquent qu'un doublement d'intensité, qui semble énorme, ne s'entende que comme une légère hausse.

d) Ce sont les INTENSITÉS qui s'ajoutent. Trois machines identiques donnent une intensité triple, donc ΔL=10log(3)4,77\Delta L = 10 \log(3) \approx 4{,}77 dB. Le niveau résultant vaut 75+4,7779,875 + 4{,}77 \approx 79{,}8 dB. On note qu'il ne vaut ni 225 dB, ni 78 dB : ajouter deux machines à une première n'ajoute pas 5 dB par machine, l'échelle étant logarithmique.

e) De 85 à 100 dB, il y a 10085=15100 - 85 = 15 dB, soit 15/3=515 / 3 = 5 divisions par deux. La durée admissible vaut donc 8/25=8/32=0,258 / 2^{5} = 8 / 32 = 0{,}25 heure, c'est-à-dire 15 minutes. Le commentaire s'impose : un concert dure deux à trois heures à ce niveau, soit dix fois la durée admissible, et l'exposition n'est douloureuse à aucun moment. Or la perte auditive due au bruit est INDOLORE, PROGRESSIVE et DÉFINITIVE, les cellules ciliées de l'oreille interne ne se régénérant pas chez l'être humain. C'est précisément parce que rien ne prévient sur le moment que la protection doit être décidée à l'avance, sur un calcul comme celui-ci, et non sur une sensation.

Exercice 10 : Problème : sonoriser une salle de spectacle

Un lycée sonorise sa salle de 400 places. Une enceinte produit un niveau de 105 dB à 1 m. On veut savoir ce qu'entend le public, combien d'enceintes installer et à quelles conditions le spectacle reste sans danger.

  • a) L'intensité sonore décroît comme l'inverse du carré de la distance. Calculez le niveau à 8 m et à 16 m d'une enceinte, à partir des 105 dB à 1 m.
  • b) Établissez la règle générale : de combien le niveau baisse-t-il quand on double la distance ? Vérifiez-la sur la question a.
  • c) On veut au moins 95 dB au dernier rang, situé à 20 m. Combien faut-il d'enceintes identiques, en supposant qu'elles soient toutes à cette distance et que leurs intensités s'ajoutent ?
  • d) Le premier rang est à 4 m. Quel niveau y reçoit-on avec le nombre d'enceintes de la question c ? Comparez au seuil réglementaire et calculez la durée d'exposition admissible.
  • e) Rédigez en cinq lignes la recommandation technique à faire, en distinguant ce que le calcul établit, ce qu'il néglige, et les mesures concrètes à prendre.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 86,986{,}9 dB et 80,980{,}9 dB
  • b) −6 dB par doublement de distance
  • c) 79,079{,}0 dB par enceinte : 40 enceintes
  • d) 109 dB au premier rang : moins de 2 min
  • e) Répartir les sources et mesurer

a) L'intensité varie comme 1/d21/d^{2}, donc le niveau baisse de 20log(d)20 \log(d) par rapport à la valeur à 1 m. À 8 m : L=10520log(8)=10520×0,903110518,1=86,9L = 105 - 20 \log(8) = 105 - 20 \times 0{,}9031 \approx 105 - 18{,}1 = 86{,}9 dB. À 16 m : L=10520log(16)=10524,1=80,9L = 105 - 20 \log(16) = 105 - 24{,}1 = 80{,}9 dB.

b) Doubler la distance divise l'intensité par 22=42^{2} = 4, donc le niveau baisse de 10log(4)=20log(2)6,0210 \log(4) = 20 \log(2) \approx 6{,}02 dB. La règle : le niveau perd environ 6 dB à chaque doublement de distance. Vérification : de 8 m à 16 m, on passe de 86,986{,}9 à 80,980{,}9 dB, soit exactement 6 dB de moins. Cette règle est le pendant de celle de l'exercice 9 : 3 dB par doublement d'intensité, 6 dB par doublement de distance, parce que la distance intervient au carré.

c) À 20 m, une enceinte donne L=10520log(20)=10526,0=79,0L = 105 - 20 \log(20) = 105 - 26{,}0 = 79{,}0 dB. Il faut atteindre 95 dB, soit 9579,0=16,095 - 79{,}0 = 16{,}0 dB de plus. Or ajouter nn sources identiques ajoute 10log(n)10 \log(n) dB : il faut donc 10log(n)16,0210 \log(n) \ge 16{,}02, c'est-à-dire n101,60240,0n \ge 10^{1{,}602} \approx 40{,}0. Il faudrait donc 40 enceintes, ce qui est manifestement absurde et signale que l'hypothèse de départ est mauvaise : dans une salle fermée, la réverbération contribue autant que le son direct, et l'on n'applique pas la décroissance en champ libre au-delà de quelques mètres.

d) À 4 m, une enceinte donne 10520log(4)=10512,0=93,0105 - 20 \log(4) = 105 - 12{,}0 = 93{,}0 dB. Avec 40 enceintes, on ajoute 10log(40)16,010 \log(40) \approx 16{,}0 dB, soit 109,0109{,}0 dB au premier rang. C'est très au-dessus du seuil réglementaire de 85 dB : l'écart vaut 109,085=24,0109{,}0 - 85 = 24{,}0 dB, soit 24/3=824 / 3 = 8 divisions par deux, et la durée admissible tombe à 8/28=8/2560,0318 / 2^{8} = 8 / 256 \approx 0{,}031 heure, c'est-à-dire moins de deux minutes. Le calcul condamne donc la configuration : on ne peut pas couvrir le fond de salle en poussant une source unique sans détruire les oreilles du premier rang.

e) La recommandation. Un, le calcul ÉTABLIT que la décroissance en 1/d21/d^{2} interdit d'obtenir un niveau homogène avec une source unique : 1414 dB d'écart entre le premier rang, à 4 m, et le dernier, à 20 m, soit un rapport d'intensités de 25. Deux, il NÉGLIGE la réverbération de la salle, qui relève le niveau au fond bien au-delà du son direct, et la directivité réelle des enceintes, qui n'émettent pas dans toutes les directions : les 40 enceintes calculées sont donc un artefact du modèle en champ libre, pas une préconisation. Trois, la solution technique n'est pas d'augmenter la puissance mais de RÉPARTIR les sources : plusieurs enceintes de faible puissance disposées le long de la salle, chacune couvrant quelques rangs, ce qui égalise le niveau et abaisse le maximum. Quatre, mesurer, et non calculer : un sonomètre en trois points de la salle pendant les réglages coûte quelques minutes et remplace tout ce raisonnement. Cinq, quelle que soit la configuration retenue, afficher le niveau, distribuer des protections auditives et interdire l'accès à la zone située à moins de quelques mètres des enceintes, la réglementation étant une limite et non un objectif.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Construire la gamme de Pythagore note par note

On construit les sept notes de la gamme de do à partir d'un do de fréquence 264 Hz, en n'utilisant que deux intervalles : la quinte, qui multiplie la fréquence par 32\frac{3}{2}, et l'octave, qui la multiplie par 2. On ramène toujours les notes obtenues entre 264 Hz et 528 Hz.

  • a) Calculez la fréquence du sol, une quinte au-dessus du do.
  • b) Le ré est une quinte au-dessus du sol, le la une quinte au-dessus du ré, le mi une quinte au-dessus du la, le si une quinte au-dessus du mi. Calculez leurs fréquences, en redescendant d'une octave quand c'est nécessaire.
  • c) Le fa s'obtient en descendant d'une quinte à partir du do, puis en remontant d'une octave. Calculez sa fréquence.
  • d) Rangez les huit notes, du do 264 Hz au do 528 Hz, par fréquence croissante. Calculez le rapport de fréquences entre deux notes voisines. Combien de rapports différents trouve-t-on ?
  • e) Le petit intervalle vaut-il la moitié du grand ? Deux petits intervalles font-ils un grand ? Justifiez par le calcul.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Sol 396 Hz
  • b) Ré 297, la 445,5445{,}5, mi 334,1334{,}1, si 501,2501{,}2 Hz
  • c) Fa 352 Hz
  • d) Tons 9/89/8 et demi-tons 256/243256/243
  • e) 1,053521,11<1,1251{,}0535^{2} \approx 1{,}11 < 1{,}125

a) Sol : 264×32=396264 \times \frac{3}{2} = 396 Hz, qui est bien entre 264 et 528 Hz.

b) Ré : 396×32=594396 \times \frac{3}{2} = 594 Hz, au-dessus de 528 Hz, donc on divise par 2 : 297 Hz. La : 297×32=445,5297 \times \frac{3}{2} = 445{,}5 Hz. Mi : 445,5×32=668,25445{,}5 \times \frac{3}{2} = 668{,}25 Hz, divisé par 2 : 334,125334{,}125 Hz. Si : 334,125×32501,19334{,}125 \times \frac{3}{2} \approx 501{,}19 Hz. Le piège est d'oublier de redescendre : on obtiendrait un ré à 594 Hz, qui appartient à l'octave suivante.

c) Descendre d'une quinte, c'est DIVISER par 32\frac{3}{2} : 264÷32=176264 \div \frac{3}{2} = 176 Hz, sous le do de départ. On remonte d'une octave : 176×2=352176 \times 2 = 352 Hz. Monter d'une quarte, de rapport 43\frac{4}{3}, donne directement 264×43=352264 \times \frac{4}{3} = 352 Hz : quinte descendante et octave montante composent une quarte.

d) Ordre : do 264, ré 297, mi 334,1334{,}1, fa 352, sol 396, la 445,5445{,}5, si 501,2501{,}2, do 528. Rapports : do-ré 297264=1,125\frac{297}{264} = 1{,}125 ; ré-mi 1,1251{,}125 ; mi-fa 352334,1251,0535\frac{352}{334{,}125} \approx 1{,}0535 ; fa-sol 1,1251{,}125 ; sol-la 1,1251{,}125 ; la-si 1,1251{,}125 ; si-do 528501,18751,0535\frac{528}{501{,}1875} \approx 1{,}0535. On trouve DEUX rapports seulement : le ton, 98=1,125\frac{9}{8} = 1{,}125, présent cinq fois, et le demi-ton de Pythagore, 2562431,0535\frac{256}{243} \approx 1{,}0535, présent deux fois, entre mi et fa et entre si et do.

e) Deux demi-tons de Pythagore donnent 1,053521,10991{,}0535^{2} \approx 1{,}1099, alors qu'un ton vaut 1,1251{,}125 : deux petits intervalles ne font PAS un grand, et le petit n'est pas la moitié du grand. Les intervalles se composent par multiplication : la « moitié » d'un ton serait 1,1251,0607\sqrt{1{,}125} \approx 1{,}0607, qui n'est pas un rapport de la gamme. C'est une autre face du problème du comma : la gamme de Pythagore ne peut pas être découpée en intervalles égaux.

Exercice 12 : L'oreille, un capteur spécialisé

L'oreille comporte trois parties. L'oreille externe, dont le conduit auditif, long d'environ 2,52{,}5 cm, est fermé au fond par le tympan. L'oreille moyenne, où trois osselets transmettent la vibration du tympan à la fenêtre ovale, beaucoup plus petite. L'oreille interne, où la cochlée convertit la vibration en signal nerveux. On prendra v=343v = 343 m/s.

  • a) Le conduit auditif se comporte comme un tube ouvert à une extrémité et fermé à l'autre, qui résonne à la fréquence f=v4Lf = \frac{v}{4L}. Calculez cette fréquence. Pourquoi l'oreille est-elle particulièrement sensible autour d'elle ?
  • b) La surface du tympan vaut environ 55 mm2^{2} et celle de la fenêtre ovale 3,23{,}2 mm2^{2}. Les osselets, qui agissent comme un levier, multiplient en plus la force par 1,31{,}3. Par combien la pression est-elle multipliée entre le tympan et la fenêtre ovale ?
  • c) Exprimez ce gain en décibels, sachant qu'un rapport de pressions kk correspond à 20logk20 \log k décibels. Pourquoi ce gain est-il nécessaire pour transmettre le son de l'air au liquide de la cochlée ?
  • d) Dans la cochlée, les cellules ciliées de la base réagissent aux sons aigus et celles du sommet aux sons graves. Que devient la perception d'un son qui contient des harmoniques quand les cellules de la base sont détruites ?
  • e) Les cellules ciliées les plus exposées sont celles qui répondent vers 4 000 Hz. Reliez ce fait à la question a, puis expliquez pourquoi une perte auditive due au bruit commence souvent vers cette fréquence.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Résonance du conduit à 3 430 Hz
  • b) Pression multipliée par 22
  • c) 27 dB : adapter l'air au liquide
  • d) Aigus perdus : timbre sourd
  • e) Encoche vers 4 000 Hz

a) f=3434×0,025=3 430f = \frac{343}{4 \times 0{,}025} = 3\ 430 Hz. Le conduit auditif amplifie naturellement les sons voisins de cette fréquence, qui arrivent au tympan avec une pression renforcée : c'est pourquoi le seuil d'audition est le plus bas, et l'oreille la plus sensible, entre 2 000 et 5 000 Hz environ. Le piège est d'utiliser v2L\frac{v}{2L}, qui vaut pour un tube ouvert aux deux bouts.

b) La même force s'exerce sur une surface bien plus petite, et la pression est une force par unité de surface : le rapport des surfaces donne 553,217,2\frac{55}{3{,}2} \approx 17{,}2. Avec le levier des osselets, la pression est multipliée par 17,2×1,32217{,}2 \times 1{,}3 \approx 22.

c) 20log(22,3)2720 \log(22{,}3) \approx 27 dB. Ce gain est nécessaire parce que le liquide de la cochlée est bien plus difficile à mettre en mouvement que l'air : sans adaptation, presque toute l'énergie sonore serait réfléchie à la surface du liquide, comme le son se réfléchit à la surface d'une piscine. L'oreille moyenne est un ADAPTATEUR, qui transforme une grande surface faiblement poussée en une petite surface fortement poussée.

d) Les harmoniques aigus ne sont plus perçus : la personne entend encore la hauteur, donnée par le fondamental et les premiers harmoniques, mais le TIMBRE change, le son paraît sourd et moins clair. Pour la parole, les consonnes, riches en hautes fréquences, deviennent difficiles à distinguer : on entend que quelqu'un parle sans comprendre ce qu'il dit.

e) La résonance du conduit auditif renforce précisément les fréquences voisines de 3 000 à 4 000 Hz : les cellules qui leur répondent reçoivent donc les vibrations les plus fortes, et ce sont elles qui s'usent en premier lors d'une exposition prolongée au bruit. C'est pourquoi un audiogramme de personne exposée montre souvent une encoche vers 4 000 Hz, bien avant toute gêne dans les graves. Les cellules détruites ne repoussent pas : la perte est définitive.

Exercice 13 : Coder l'amplitude d'un son

Numériser un son, c'est aussi arrondir chaque échantillon à l'une des valeurs permises par le nombre de bits : c'est la QUANTIFICATION. Avec NN bits, on dispose de 2N2^{N} valeurs. L'écart entre le son le plus fort et le plus faible que le codage peut représenter, appelé dynamique, vaut environ 20log(2N)20 \log(2^{N}) décibels.

  • a) Combien de valeurs différentes un échantillon peut-il prendre sur 8 bits ? sur 16 bits ? sur 24 bits ?
  • b) Calculez la dynamique pour 8, 16 et 24 bits. Montrez qu'elle augmente d'environ 6 dB par bit ajouté.
  • c) Un orchestre produit des passages de 30 dB à 110 dB. Un codage sur 16 bits peut-il restituer toute cette plage ? Et sur 8 bits ?
  • d) La téléphonie numérique classique échantillonne à 8 kHz sur 8 bits en une seule voie. Calculez son débit en kilobits par seconde. Quelle est la plus haute fréquence transmise ?
  • e) Pourquoi une voix reste-t-elle compréhensible au téléphone alors qu'un morceau de musique y paraît très dégradé ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 256 ; 65 536 ; 16 777 216 valeurs
  • b) 48, 96 et 144 dB : 6 dB par bit
  • c) 80 dB : 16 bits oui, 8 bits non
  • d) 64 kbit/s, jusqu'à 4 kHz
  • e) Parole sous 4 kHz, musique au-delà

a) Sur 8 bits : 28=2562^{8} = 256 valeurs. Sur 16 bits : 216=65 5362^{16} = 65\ 536 valeurs. Sur 24 bits : 224=16 777 2162^{24} = 16\ 777\ 216 valeurs. Chaque bit ajouté DOUBLE le nombre de valeurs, il ne l'augmente pas d'une unité.

b) 8 bits : 20log(256)4820 \log(256) \approx 48 dB. 16 bits : 20log(65 536)9620 \log(65\ 536) \approx 96 dB. 24 bits : 20log(16 777 216)14420 \log(16\ 777\ 216) \approx 144 dB. Un bit de plus multiplie le nombre de valeurs par 2, donc ajoute 20log26,0220 \log 2 \approx 6{,}02 dB : 8 bits de plus ajoutent 8×6,02488 \times 6{,}02 \approx 48 dB, ce qu'on vérifie de 8 à 16 puis de 16 à 24 bits.

c) La plage de l'orchestre vaut 11030=80110 - 30 = 80 dB. Sur 16 bits, la dynamique de 96 dB la contient : tout est restitué, avec une marge. Sur 8 bits, 48 dB ne suffisent pas : si l'on règle le niveau pour ne pas saturer les passages forts, les passages les plus doux se perdent dans l'erreur d'arrondi, qui s'entend comme un souffle.

d) Débit : 8 000×8=64 0008\ 000 \times 8 = 64\ 000 bit/s, soit 64 kbit/s, vingt-deux fois moins que le disque compact. D'après la condition de Shannon, la plus haute fréquence transmise est inférieure à la moitié de la fréquence d'échantillonnage, soit 4 000 Hz ; en pratique, un filtre coupe vers 3 4003\ 400 Hz.

e) L'essentiel de ce qui permet de reconnaître les voyelles et la plupart des consonnes se situe sous 4 000 Hz, et la parole n'a pas besoin d'une grande dynamique : elle reste compréhensible. Une musique contient au contraire des harmoniques jusqu'à 20 kHz, qui portent le timbre des instruments, et des écarts de niveau bien supérieurs à 48 dB : la coupure au-dessus de 4 kHz la rend terne et l'arrondi sur 8 bits la rend granuleuse.

Exercice 14 : Problème : la flûte de Pan et la température

Une flûte de Pan est faite de tuyaux fermés à une extrémité. Le son fondamental d'un tuyau de longueur LL a pour fréquence f=v4Lf = \frac{v}{4L}, où vv est la célérité du son dans l'air. Celle-ci dépend de la température θ\theta, en degrés Celsius : v331+0,6θv \approx 331 + 0{,}6\,\theta, en m/s.

  • a) Calculez la célérité du son à 20 °C, puis la longueur du tuyau qui donne le la à 440 Hz.
  • b) Calculez la longueur du tuyau du do situé trois demi-tons tempérés au-dessus, de fréquence 523,3523{,}3 Hz. Quel est le rapport des deux longueurs ? Comparez à 23/122^{3/12}.
  • c) Quelle longueur donne le la de l'octave supérieure ?
  • d) La flûte, taillée à 20 °C, est jouée dehors à 30 °C. Quelle fréquence le tuyau du la donne-t-il ? Un piano accordé à 440 Hz joue le même la : combien de battements par seconde entend-on ?
  • e) Toutes les notes de la flûte sont-elles décalées dans le même rapport ? La flûte joue-t-elle encore juste avec elle-même ? Et avec le piano ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 343 m/s ; L19,5L \approx 19{,}5 cm
  • b) 16,416{,}4 cm ; rapport 23/121,1892^{3/12} \approx 1{,}189
  • c) Octave : 9,749{,}74 cm
  • d) 447,7447{,}7 Hz : 7,77{,}7 battements par seconde
  • e) Juste avec elle-même, fausse avec le piano

a) v=331+0,6×20=343v = 331 + 0{,}6 \times 20 = 343 m/s. L=v4f=3434×4400,195L = \frac{v}{4f} = \frac{343}{4 \times 440} \approx 0{,}195 m, soit environ 19,519{,}5 cm. Le piège est d'utiliser v2f\frac{v}{2f}, qui donne un tuyau deux fois trop long : le tuyau fermé résonne pour un quart de longueur d'onde.

b) L=3434×523,30,164L = \frac{343}{4 \times 523{,}3} \approx 0{,}164 m, soit 16,416{,}4 cm. Rapport : 19,4916,391,189\frac{19{,}49}{16{,}39} \approx 1{,}189, égal à 23/121,1892^{3/12} \approx 1{,}189. La fréquence étant inversement proportionnelle à la longueur, monter de trois demi-tons multiplie la fréquence par 23/122^{3/12} et divise la longueur par le même nombre.

c) Doubler la fréquence divise la longueur par 2 : 19,4929,74\frac{19{,}49}{2} \approx 9{,}74 cm. C'est la forme en escalier caractéristique de la flûte de Pan : le tuyau le plus court d'une octave mesure la moitié du plus long.

d) À 30 °C, v=331+0,6×30=349v = 331 + 0{,}6 \times 30 = 349 m/s. Le tuyau garde sa longueur, donc f=3494×0,1949447,7f = \frac{349}{4 \times 0{,}1949} \approx 447{,}7 Hz. Plus directement, ff est proportionnelle à vv : 440×349343447,7440 \times \frac{349}{343} \approx 447{,}7 Hz. Le battement a pour fréquence la différence des deux fréquences : 447,74407,7447{,}7 - 440 \approx 7{,}7 battements par seconde, très audibles.

e) Oui : toutes les fréquences sont multipliées par le même rapport 3493431,0175\frac{349}{343} \approx 1{,}0175, puisque chacune est proportionnelle à vv. Les rapports entre les notes ne changent pas, donc la flûte reste parfaitement juste AVEC ELLE-MÊME. En revanche, elle est trop haute d'environ 1,751{,}75 pour cent par rapport au piano, dont les cordes ne dépendent pas de la célérité du son dans l'air : cela représente 1 200×log(1,0175)log2301\ 200 \times \frac{\log(1{,}0175)}{\log 2} \approx 30 cents, près d'un tiers de demi-ton, et l'ensemble sonne faux. C'est pourquoi les instruments à vent s'accordent après s'être réchauffés, en ajustant la longueur de leur tuyau.

Exercice 15 : Problème : l'accordeur compte les battements

Un accordeur de piano n'utilise pas de fréquencemètre : il joue deux notes ensemble et écoute les battements entre leurs HARMONIQUES. Deux harmoniques de fréquences voisines f1f_{1} et f2f_{2} produisent f1f2|f_{1} - f_{2}| battements par seconde.

On donne le rapport d'un demi-ton tempéré, 21/121,0594632^{1/12} \approx 1{,}059463.

  • a) Le la 2 vaut 110 Hz. Calculez la fréquence du mi 3 tempéré, sept demi-tons au-dessus. Quelle serait sa fréquence dans une quinte juste ?
  • b) L'harmonique 3 du la 2 et l'harmonique 2 du mi 3 sont voisins. Calculez-les pour le mi tempéré, puis le nombre de battements par seconde. Combien de secondes séparent deux battements ?
  • c) Que devient ce nombre de battements si l'accordeur règle une quinte juste ? Pourquoi alors l'accordeur doit-il laisser un battement lent au lieu de le supprimer ?
  • d) Le la 3 vaut 220 Hz et le do dièse 4 tempéré est quatre demi-tons au-dessus. Calculez sa fréquence, puis les battements entre l'harmonique 5 du la 3 et l'harmonique 4 du do dièse.
  • e) Comparez les battements de la quinte et de la tierce. Reliez ce résultat aux écarts en cents de l'exercice 6.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 164,81164{,}81 Hz contre 165 Hz
  • b) 330 et 329,63329{,}63 Hz : 0,370{,}37 battement par seconde
  • c) Quinte juste : aucun battement
  • d) 277,18277{,}18 Hz : 8,78{,}7 battements par seconde
  • e) Tierce 23 fois plus rapide

a) Mi 3 tempéré : 110×27/12110×1,498307164,81110 \times 2^{7/12} \approx 110 \times 1{,}498307 \approx 164{,}81 Hz. Dans une quinte juste : 110×32=165110 \times \frac{3}{2} = 165 Hz.

b) Harmonique 3 du la 2 : 3×110=3303 \times 110 = 330 Hz. Harmonique 2 du mi 3 : 2×164,81329,632 \times 164{,}81 \approx 329{,}63 Hz. Battements : 330329,630,37330 - 329{,}63 \approx 0{,}37 par seconde, soit un battement toutes les 10,372,7\frac{1}{0{,}37} \approx 2{,}7 secondes. On compare les harmoniques et non les fondamentaux : 110 et 164,81164{,}81 Hz sont trop éloignés pour battre.

c) Avec une quinte juste, l'harmonique 2 du mi vaut 2×165=3302 \times 165 = 330 Hz, exactement l'harmonique 3 du la : il n'y a plus AUCUN battement. Mais le piano doit être accordé en tempérament égal, pour jouer dans toutes les tonalités : l'accordeur règle donc chaque quinte légèrement trop basse, jusqu'à entendre environ un battement toutes les trois secondes. Le battement lent n'est pas un défaut de réglage, c'est la signature du tempérament.

d) Do dièse 4 : 220×24/12220×1,259921277,18220 \times 2^{4/12} \approx 220 \times 1{,}259921 \approx 277{,}18 Hz. Harmonique 5 du la 3 : 5×220=1 1005 \times 220 = 1\ 100 Hz. Harmonique 4 du do dièse : 4×277,181 108,734 \times 277{,}18 \approx 1\ 108{,}73 Hz. Battements : 1 108,731 1008,71\ 108{,}73 - 1\ 100 \approx 8{,}7 par seconde. Pour une tierce juste, le do dièse vaudrait 220×54=275220 \times \frac{5}{4} = 275 Hz et l'harmonique 4 serait exactement 1 100 Hz.

e) La tierce tempérée bat environ 8,70,3723\frac{8{,}7}{0{,}37} \approx 23 fois plus vite que la quinte, un battement rapide et granuleux contre un battement presque imperceptible. C'est la traduction auditive des écarts de l'exercice 6 : 2 cents seulement sur la quinte, près de 14 cents sur la tierce. Les battements sont d'autant plus rapides que l'écart est grand ET que les harmoniques concernés sont aigus, d'où la rugosité des tierces sur un piano.

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