Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal
Fiche de révision : son, musique et audition
Le thème du son est celui où l'intuition trompe le plus : on additionne des intervalles qui se multiplient, on additionne des décibels qui ne s'additionnent pas, on lit un audiogramme à l'envers, on conclut d'une enquête qu'une habitude cause une maladie. Chacune de ces fautes se répare par un seul réflexe : se demander si la grandeur est un rapport ou une différence, et à quoi on la compare.
Cette fiche suit le programme d'enseignement scientifique révisé en 2023, « Son, musique et audition ». Elle liste les erreurs qui reviennent dans les copies, avec la phrase exacte à écrire à la place et ce que chacune coûte au barème. Les gammes de Pythagore et tempérée et le critère de Shannon, sortis des savoir-faire, n'y figurent plus.
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Le fil du chapitre
Le son se lit en RAPPORTS et en COMPARAISONS : un intervalle se multiplie, un niveau sonore s'ajoute en décibels et pas en intensités, une perte auditive se lit contre la courbe de référence, et presque toutes les fautes viennent d'une différence prise pour un rapport.
Les tranches d'air se serrent (compression) et s'écartent (dilatation) en oscillant sur place : c'est la surpression qui avance, et λ sépare deux compressions.
Les trois correspondances de la dernière ligne sont demandées presque à chaque sujet : les écrire dans cet ordre évite de les mélanger.
Son pur, son composé : lire la période
•Un son pur a un signal SINUSOÏDAL. Le son d'un instrument ou d'une voix est un son composé : son signal est périodique sans être sinusoïdal.
•La période T est la durée d'un motif qui se répète, et la fréquence vaut f=1/T, en hertz quand T est en secondes.
•Pour lire T avec précision, on mesure plusieurs motifs à la suite : 3T=6 ms donne T=2 ms, donc f=500 Hz.
•Deux signaux de même période ont la même hauteur, quelle que soit leur forme : la forme, c'est le timbre.
Même période pour les deux signaux, 3T = 6 ms donc T = 2 ms et f = 500 Hz : même hauteur. Seule la forme diffère, c'est le timbre.
Harmoniques et timbre
•Les harmoniques sont les multiples ENTIERS du fondamental : f, 2f, 3f, 4f, et rien d'autre.
•Le fondamental fixe la HAUTEUR perçue, même s'il est faible ou absent.
•C'est la répartition des amplitudes des harmoniques qui fait le TIMBRE : c'est pourquoi un violon et une flûte jouant la même note se distinguent.
•Sur un spectre, on lit le fondamental à la première raie et l'écart entre raies vaut aussi le fondamental.
Les raies tombent à 220, 440, 660 Hz... : la première est le fondamental, qui fixe la hauteur, et l'écart entre deux raies vaut aussi 220 Hz. Le poids des harmoniques fait le timbre.
Les intervalles sont des RAPPORTS
•Un intervalle entre deux sons est défini par le RAPPORT de leurs fréquences fondamentales : octave 2, quinte 23, quarte 34.
•Deux intervalles se composent en se MULTIPLIANT : quinte puis quarte, 23×34=2, l'octave.
•Deux notes à l'octave sont la même note à deux hauteurs : monter de n octaves multiplie la fréquence par 2n.
•Sur deux spectres, deux notes à l'octave se reconnaissent à leur fondamental DOUBLÉ.
Sur une échelle logarithmique, quinte puis quarte mettent bout à bout × 3/2 et × 4/3 et tombent sur l'octave × 2. Additionner les rapports (17/6) mène à 623 Hz, hors de l'octave.
Une gamme est une suite finie de notes réparties sur une octave.
Entendre, et lire un audiogramme
•L'oreille perçoit de 20 Hz à 20000 Hz ; au-delà de 80 dB, un son devient nocif selon son intensité et sa durée. Les cellules ciliées détruites ne se renouvellent pas.
•Audiogramme : perte en dB comptée vers le BAS, pour chaque fréquence. Conduction aérienne par un casque, conduction osseuse par un vibreur sur l'os.
•Osseuse normale et aérienne abaissée : surdité de TRANSMISSION, avant l'oreille interne. Les deux abaissées ensemble : surdité de PERCEPTION, dans l'oreille interne ou le nerf.
•Une perte de n dB divise l'intensité perçue par 1010n : 40 dB, c'est un facteur 10000.
•Prévalence : cas divisés par l'effectif du groupe. Une association n'est une cause qu'après avoir écarté les facteurs de confusion.
Le casque teste tout le trajet (voie aérienne), le vibreur saute l'oreille externe et moyenne (voie osseuse) : si seule l'aérienne baisse, l'obstacle est avant l'oreille interne.
Numériser, échanger, et mesurer un niveau
•Plus la fréquence d'échantillonnage est élevée et la quantification fine, plus la numérisation est fidèle et plus le fichier est lourd.
•Débit = fréquence d'échantillonnage × nombre de bits × nombre de voies. Un octet vaut 8 bits.
•Taux de compression = taille avant ÷ taille après. Énergie d'un échange = volume transféré × facteur énergétique, une moyenne discutée.
À gauche, peu d'échantillons et 4 niveaux : l'escalier s'écarte du signal (gris). À droite, plus d'échantillons et 16 niveaux : il le suit, au prix d'un fichier plus lourd.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Additionner deux intervalles
2 points, et toute la construction de la gamme devient fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une quinte vaut 3/2 et une quarte 4/3, donc quinte plus quarte vaut 3/2+4/3=17/6. »
Ce qu'il faut écrire
« Les intervalles se MULTIPLIENT : 23×34=2, c'est exactement l'octave. »
Quatre notes séparées d'une octave chacune : sur l'échelle linéaire les écarts doublent à chaque fois, sur l'échelle logarithmique ils sont égaux, parce que l'intervalle est un rapport.
Pourquoi : Un intervalle est un RAPPORT de fréquences, et des rapports se composent par produit. C'est aussi pourquoi les octaves sont régulièrement espacées sur une échelle logarithmique.
2.Croire que la fréquence change en changeant de milieu
2 points, et l'exploitation du document suivant devient impossible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le son passe de l'air dans l'eau, donc sa fréquence augmente puisqu'il va plus vite. »
Ce qu'il faut écrire
« La fréquence est imposée par la SOURCE et ne change pas. Ce sont la vitesse et la longueur d'onde qui changent : λ=v/f est multipliée par le même facteur que v. »
La source impose 440 Hz, et le son repart dans l'eau à la même cadence. La vitesse y est 4,4 fois plus grande, donc λ aussi : 0,77 m dans l'air, 3,4 m dans l'eau.
Pourquoi : La source vibre à sa propre cadence : chaque compression émise arrive à l'autre bout à la même cadence, quelle que soit sa vitesse de trajet. Le milieu ne peut pas créer ni supprimer des oscillations.
3.Confondre la hauteur et l'intensité
1 point, sur une question de vocabulaire posée presque à chaque sujet
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On tourne le bouton du volume, le son devient plus fort donc plus aigu. »
Ce qu'il faut écrire
« Le volume change l'AMPLITUDE, donc l'intensité, donc le niveau sonore en décibels. La hauteur ne dépend que de la FRÉQUENCE, qui n'a pas bougé. »
Monter le volume double l'amplitude sans toucher à la période : le son est plus fort, pas plus aigu. Seul le signal du bas, à période divisée par deux, est plus aigu.
Pourquoi : Amplitude et fréquence sont deux paramètres indépendants du signal : sur un enregistrement, l'une est la hauteur des oscillations, l'autre leur nombre par seconde.
4.Faire venir le timbre de l'amplitude
2 points sur la question d'exploitation d'un spectre
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le violon et la flûte se distinguent parce que le violon joue plus fort. »
Ce qu'il faut écrire
« Ils se distinguent par leur SPECTRE : à hauteur et intensité égales, la répartition des amplitudes de leurs harmoniques diffère. C'est cela, le timbre. »
Même première raie à 440 Hz, donc même hauteur. La flûte n'a presque que son fondamental, le violon garde des harmoniques forts jusqu'à 2 640 Hz : c'est le poids des harmoniques qui fait le timbre.
Pourquoi : Le sujet fournit presque toujours deux spectres à comparer : la réponse attendue porte sur le NOMBRE et l'importance relative des harmoniques, jamais sur la hauteur globale des raies.
5.Prendre n'importe quel multiple pour un harmonique
1 point, et la lecture du spectre part de travers
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le fondamental vaut 220 Hz, donc 330 Hz est un de ses harmoniques. »
Ce qu'il faut écrire
« Les harmoniques sont les multiples ENTIERS : 220, 440, 660, 880. La raie à 330 Hz appartient à un autre son, ou c'est le fondamental qui vaut 110 Hz. »
À gauche, 330 Hz n'est pas un multiple entier de 220 Hz (rouge) : ce n'est pas un harmonique de ce son. À droite, des raies tous les 110 Hz : le fondamental vaut 110 Hz, même sans raie.
Pourquoi : L'écart constant entre deux raies successives donne le fondamental, même quand celui-ci est absent du spectre. C'est le premier réflexe à avoir devant un spectre.
6.Oublier une voie ou confondre bits et octets dans un débit
2 points, et le poids du fichier est faux d'un facteur 8 ou 2
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 44100 échantillons par seconde sur 16 bits, donc 705600 octets par seconde. »
Ce qu'il faut écrire
« 44100×16×2 voies donnent 1411200 BITS par seconde, soit 176400 octets par seconde après division par 8. »
Pourquoi : Le débit brut se calcule toujours en bits, parce que la profondeur d'échantillonnage est donnée en bits. La conversion en octets vient à la fin, et la stéréo double tout.
7.Additionner des niveaux en décibels
2 points, et le résultat annoncé dépasse le seuil de douleur
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Deux haut-parleurs à 60 dB chacun donnent 120 dB. »
Ce qu'il faut écrire
« On additionne les INTENSITÉS, pas les niveaux : doubler l'intensité ajoute 10log2≈3 dB, donc deux sources de 60 dB donnent 63 dB. »
Doubler le nombre de sources n'ajoute que 3 décibels, et il en faut dix pour en gagner 10 : la hauteur des barres montre que les décibels ne s'additionnent pas.
Pourquoi : Le décibel est un logarithme d'un rapport : additionner des logarithmes reviendrait à multiplier les intensités. Dix sources identiques ajoutent 10 dB, pas 600.
8.Lire un audiogramme à l'envers
toute la question de lecture, et le diagnostic qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La courbe du patient A est plus haute que celle de l'audition normale à 40 : il entend mieux. »
Ce qu'il faut écrire
« Sur un audiogramme, la perte se compte vers le BAS : un point à 40 dB signifie qu'il faut 40 dB de plus pour que le patient entende. Plus le point est bas, plus la perte est grande. »
Points pleins : aérienne ; ronds vides : osseuse. Patient A : osseuse haute, aérienne basse, surdité de transmission. Patient B : courbes confondues qui plongent dans les aigus, surdité de perception.
Pourquoi : L'audiogramme place la meilleure audition en haut, contrairement à la plupart des graphiques. On commence donc toujours par lire le sens de l'axe, puis on compare les deux courbes : leur écart est tout le diagnostic.
9.Faire la moyenne des prévalences de groupes inégaux
1 point, et un résultat faux qui paraît plausible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les trois groupes ont 5 %, 8 % et 12 % d'acouphènes : la prévalence globale vaut 35+8+12≈8,3 %. »
Ce qu'il faut écrire
« On repart des cas : 700+500+80035+40+96=2000171≈8,6 %. »
Chaque aire est un nombre de cas, et le groupe de 800 élèves, le plus large, pèse le plus : la prévalence globale (vert, 8,6 %) n'est pas la moyenne des trois hauteurs (rouge, 8,3 %).
Pourquoi : Les groupes n'ont pas le même effectif : le plus nombreux doit peser plus. Une prévalence globale se calcule toujours à partir des nombres de cas et des effectifs.
10.Conclure à une cause à partir d'une enquête
2 points sur la question d'esprit critique
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les gros utilisateurs de casque ont 2,4 fois plus d'acouphènes : le casque cause les acouphènes. »
Ce qu'il faut écrire
« L'enquête montre une ASSOCIATION. Les mêmes élèves vont peut-être plus souvent en concert : ce facteur de confusion doit être écarté, par exemple par une cohorte suivie plusieurs années, avant de parler de cause. »
Les concerts peuvent pousser à la fois vers le casque et vers les acouphènes : l'association observée (× 2,4) ne devient une cause qu'une fois ce facteur de confusion écarté.
Pourquoi : Deux grandeurs peuvent varier ensemble parce qu'une troisième les commande toutes les deux. Une relation dose, effet et un mécanisme connu rendent la cause plausible, sans la prouver.
Quelle méthode choisir
La grandeur est-elle un rapport ou une différence
Regarder l'unité : sans unité, c'est un rapport ; en décibels, c'est un logarithme.
En haut les intensités, qui se multiplient ; en bas les niveaux, qui s'ajoutent. Multiplier I par 10 ajoute 10 dB, le doubler ajoute 3 dB : 60 dB et 60 dB font 63 dB.
Si un intervalle musical, sans unité → rapport, on MULTIPLIE
Exemple : 23×34=2
Si monter de n octaves → rapport, on multiplie par 2n
Exemple : trois octaves au-dessus de 110 Hz : 880 Hz
Si des intensités sonores en W/m2 → on additionne les intensités
Exemple : deux sources égales doublent l'intensité
Si des niveaux en décibels → revenir aux intensités, additionner, puis reconvertir
Exemple : 60 dB et 60 dB donnent 63 dB
jamais 60+60
Un logarithme transforme les produits en sommes : c'est exactement pour cela que les décibels ont été inventés.
Quel calcul pour quelle question sur la numérisation
Le mot de l'énoncé : « quels paramètres », « quel débit », « quel poids », « quelle énergie ».
Si « quels paramètres choisir » → plus de points par seconde et plus de bits : plus fidèle, mais plus lourd ; justifier le compromis
Exemple : 44,1 kHz et 16 bits pour la musique
Si « quel débit » → fe× bits × voies, résultat en bits par seconde
Exemple : 1411200 bit/s pour un disque compact
Si « quel poids de fichier » → débit × durée, puis diviser par 8 pour des octets
Exemple : 3 minutes pèsent 31,8 Mo
Si « quelle énergie pour ces échanges » → volume transféré en Go × facteur énergétique, puis discuter le facteur
Exemple : 5,76 Mo à 0,05 kWh/Go : 0,29 Wh
Une réponse sur la numérisation doit toujours nommer l'unité : bits, octets, hertz. C'est là que se perdent les points de rigueur.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Diagnostiquer une surdité sur un audiogramme
Quand l'utiliser : L'énoncé fournit un audiogramme à deux courbes, aérienne et osseuse, et demande le type d'atteinte.
1Annoncer le sens de l'axe : la perte se compte vers le bas, 0 dB est une audition normale.
2Lire les deux pertes à une même fréquence, en décibels.
3Comparer : osseuse normale et aérienne abaissée, transmission ; les deux abaissées ensemble, perception.
4Localiser l'atteinte et proposer une cause cohérente, puis traduire la perte en rapport d'intensités si c'est demandé.
Phrase de conclusion
« À 1 kHz, la perte vaut 40 dB en conduction aérienne et 10 dB en conduction osseuse : l'oreille interne fonctionne, le son est arrêté avant elle. C'est une surdité de transmission, par exemple due à une otite. »
Le piège : Conclure sur une seule courbe : c'est l'ÉCART entre aérienne et osseuse qui décide.
Barème : 1 point pour la lecture, 1 point pour la comparaison, 1 point pour le type, 1 point pour la cause proposée.
Dimensionner une numérisation
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une bande passante, une durée, et demande un débit ou un poids.
1Annoncer les paramètres : fréquence d'échantillonnage, nombre de bits par échantillon, nombre de voies, et dire pourquoi ils conviennent.
2Écrire le débit comme un produit de trois facteurs, et donner son unité en bits par seconde.
3Convertir en octets par seconde en divisant par 8, en le disant.
4Multiplier par la durée en secondes, et convertir en mégaoctets.
5Conclure sur le compromis : ce que l'on gagne ou ce que l'on perd en changeant un des trois facteurs.
Phrase de conclusion
« Échantillonné à 44,1 kHz sur 16 bits en stéréo, le débit vaut 44100×16×2=1411200 bit/s, soit 176400 octets par seconde, et trois minutes pèsent 31,8 Mo. »
Le piège : Oublier le facteur 2 de la stéréo : le poids annoncé est alors exactement la moitié du bon, ce qui passe inaperçu si l'on ne vérifie pas l'ordre de grandeur.
Barème : 1 point pour les paramètres justifiés, 1 point pour le débit en bits, 1 point pour la conversion en octets, 1 point pour le poids final.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier qu'un intervalle composé reste un rapport plausible
Un intervalle vaut toujours plus de 1 s'il monte, et une octave vaut exactement 2. Un résultat comme 17/6 pour une octave signale une addition de rapports.
23×34=2 : le produit se simplifie, l'addition ne se simplifie jamais.
Lire l'écart entre deux raies d'un spectre
Dans un son harmonique, l'écart entre deux raies successives est constant et vaut le fondamental, même si celui-ci est absent.
Des raies à 330, 440 et 550 Hz ont un écart de 110 Hz : le fondamental vaut 110 Hz, et non 330.
Relire le sens de l'axe d'un audiogramme
Avant de conclure, vérifier qu'une grande perte correspond à un point BAS. Un patient qui « entend mieux que la normale » signale un axe lu à l'envers.
Un point à 55 dB à 4 kHz est une perte importante dans les aigus, pas une bonne audition.
Vérifier l'ordre de grandeur d'un poids de fichier
Une minute de son non compressé en qualité disque compact pèse environ 10 Mo. Un résultat en kilooctets ou en gigaoctets signale une erreur de conversion.
Trois minutes donnent 31,8 Mo : un résultat de 4 Mo aurait oublié la stéréo et la conversion en octets.
Vérifier qu'un niveau sonore reste plausible
Les niveaux courants vont de 0 dB, seuil d'audition, à 120 dB, seuil de douleur. Tout résultat au-delà signale des décibels additionnés.
120 dB pour deux enceintes de salon est impossible : la bonne réponse est 63 dB.
L'exercice type décortiqué
Numériser trois minutes de musique, les compresser, puis les échanger
On enregistre en stéréo un morceau de 3 minutes, à 44,1 kHz sur 16 bits, puis on le compresse à 256 kbit/s pour l'envoyer.
Calculer le débit et la taille du fichier brut, la taille compressée et le taux de compression, puis l'énergie du transfert avec un facteur de 0,05 kWh par Go.
Trois étapes, trois calculs : le débit et la taille brute viennent des paramètres de l'enregistrement, la compression fixe la taille envoyée, et l'énergie suit le volume transféré.
Étape 1
Débit brut =44100×16×2=1411200 bits par seconde.
Pourquoi
Trois facteurs, trois informations de l'énoncé : la cadence, la profondeur, le nombre de voies. Oublier la stéréo divise le résultat par deux sans qu'aucune unité ne le signale.
Étape 2
Taille brute : 81411200×180=31752000 octets, soit 31,8 Mo.
Pourquoi
La durée passe en secondes, et la division par 8 vient APRÈS le produit, parce que la profondeur était donnée en bits.
Étape 3
Taille compressée : 8256000×180=5760000 octets, soit 5,76 Mo ; taux de compression 2561411,2≈5,5.
Pourquoi
Le taux compare deux tailles, ou deux débits pour la même durée : c'est un rapport sans unité. La compression avec perte retire ce que l'oreille perçoit mal.
Étape 4
Énergie du transfert : 0,00576 Go ×0,05≈2,9×10−4 kWh, soit 0,29 Wh.
Pourquoi
Pour un envoi, c'est peu ; multiplié par des milliards d'échanges, c'est considérable. Et le facteur énergétique est une moyenne discutée, à citer comme telle.
Conclusion rédigée
« Le fichier brut pèse 31,8 Mo pour un débit de 1411200 bit/s. Compressé à 256 kbit/s, il pèse 5,76 Mo, soit un taux de compression d'environ 5,5, et son transfert coûte environ 0,29 Wh au réseau. »
L'erreur classique sur cet exercice : Oublier la division par 8 : on annonce 254 Mo au lieu de 31,8, et l'énergie du transfert sort huit fois trop grande.
À savoir par cœur
•λ=v/f. En changeant de milieu, v et λ changent, JAMAIS f.
•Débit =fe× bits × voies, en bits par seconde. Diviser par 8 pour des octets.
•Doubler l'intensité ajoute 3 dB. Doubler la distance en retire 6. Les décibels ne s'additionnent pas.
•Audiogramme : perte vers le BAS. Écart aérienne et osseuse : transmission ; courbes confondues : perception.
•Prévalence globale : à partir des cas et des effectifs, jamais la moyenne des pourcentages.
•Énergie d'un échange : volume en Go × facteur énergétique, une moyenne discutée.
Questions fréquentes
Pourquoi les intervalles musicaux se multiplient-ils au lieu de s'additionner ?
Parce qu'un intervalle est un rapport de fréquences, pas une différence. Une quinte multiplie la fréquence par trois demis, une quarte par quatre tiers, et les enchaîner revient à multiplier les deux rapports, ce qui donne exactement deux, l'octave. C'est aussi la raison pour laquelle les octaves sont régulièrement espacées sur une échelle logarithmique.
Qu'est-ce qui change quand un son passe de l'air dans l'eau ?
La vitesse et la longueur d'onde, jamais la fréquence. La fréquence est imposée par la source qui vibre, et chaque compression émise arrive à l'autre bout à la même cadence, quel que soit le milieu traversé. Comme la longueur d'onde vaut la vitesse divisée par la fréquence, elle est multipliée par le même facteur que la vitesse.
Deux haut-parleurs à 60 décibels font-ils 120 décibels ?
Non, ils font 63 décibels. Le décibel est un logarithme d'un rapport d'intensités : on additionne les intensités, pas les niveaux. Doubler l'intensité ajoute dix fois le logarithme de deux, soit environ trois décibels. Il faudrait dix haut-parleurs identiques pour gagner dix décibels, et cent pour en gagner vingt.
Quelle différence entre une surdité de transmission et une surdité de perception ?
Dans une surdité de transmission, le son est arrêté avant l'oreille interne, par un bouchon, une otite ou des osselets bloqués : sur l'audiogramme, la conduction osseuse reste normale. Dans une surdité de perception, c'est l'oreille interne ou le nerf qui est atteint, souvent les cellules ciliées : les deux courbes baissent ensemble, et la perte est en général définitive.
Écouter de la musique en ligne consomme-t-il beaucoup d'énergie ?
Pour une écoute, peu : quelques dixièmes de wattheure pour un morceau en audio, une quinzaine de fois plus pour le même morceau en clip vidéo. Mais multipliée par des milliards d'écoutes, cette énergie devient considérable. Les estimations varient beaucoup selon le réseau, et la fabrication des appareils pèse souvent plus lourd que les échanges eux-mêmes.
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Exercices corrigés : Son, musique et audition
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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