Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal

Fiche de révision : son, musique et audition

Le thème du son est celui où l'intuition trompe le plus : on additionne des intervalles qui se multiplient, on additionne des décibels qui ne s'additionnent pas, on lit un audiogramme à l'envers, on conclut d'une enquête qu'une habitude cause une maladie. Chacune de ces fautes se répare par un seul réflexe : se demander si la grandeur est un rapport ou une différence, et à quoi on la compare.

Cette fiche suit le programme d'enseignement scientifique révisé en 2023, « Son, musique et audition ». Elle liste les erreurs qui reviennent dans les copies, avec la phrase exacte à écrire à la place et ce que chacune coûte au barème. Les gammes de Pythagore et tempérée et le critère de Shannon, sortis des savoir-faire, n'y figurent plus.

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Le fil du chapitre

Le son se lit en RAPPORTS et en COMPARAISONS : un intervalle se multiplie, un niveau sonore s'ajoute en décibels et pas en intensités, une perte auditive se lit contre la courbe de référence, et presque toutes les fautes viennent d'une différence prise pour un rapport.

Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Première
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 18 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Mouvement et vitesse Sixième, Physique-chimie
  2. 2 Les signaux sonores Quatrième, Physique-chimie
  3. 3 Émission et perception d'un son Seconde, Physique-chimie

L'essentiel

Ce qu'est un son, et ce qui change d'un milieu à l'autre

  • • Un son est une variation de PRESSION qui se propage : il lui faut un milieu matériel, contrairement à la lumière.
  • • λ=v/f\lambda = v/f. En changeant de milieu, vv change, donc λ\lambda change ; la fréquence ff, elle, est imposée par la SOURCE et ne change pas.
  • • Vitesse du son : environ 340 m/s dans l'air, 1 480 m/s dans l'eau à 20 °C, 5 900 m/s dans l'acier pour les ondes longitudinales.
  • • Hauteur ↔\leftrightarrow fréquence. Intensité ↔\leftrightarrow amplitude. Timbre ↔\leftrightarrow composition spectrale.
haut-parleurλcompressiondilatationoscille sur placep₀surpressiondépression
Les tranches d'air se serrent (compression) et s'écartent (dilatation) en oscillant sur place : c'est la surpression qui avance, et λ sépare deux compressions.

Les trois correspondances de la dernière ligne sont demandées presque à chaque sujet : les écrire dans cet ordre évite de les mélanger.

Son pur, son composé : lire la période

  • • Un son pur a un signal SINUSOÏDAL. Le son d'un instrument ou d'une voix est un son composé : son signal est périodique sans être sinusoïdal.
  • • La période TT est la durée d'un motif qui se répète, et la fréquence vaut f=1/Tf = 1/T, en hertz quand TT est en secondes.
  • • Pour lire TT avec précision, on mesure plusieurs motifs à la suite : 3T=63T = 6 ms donne T=2T = 2 ms, donc f=500f = 500 Hz.
  • • Deux signaux de même période ont la même hauteur, quelle que soit leur forme : la forme, c'est le timbre.
son pursinusoïdalson composépériodique3T = 6 ms01234567t (ms)
Même période pour les deux signaux, 3T = 6 ms donc T = 2 ms et f = 500 Hz : même hauteur. Seule la forme diffère, c'est le timbre.

Harmoniques et timbre

  • • Les harmoniques sont les multiples ENTIERS du fondamental : ff, 2f2f, 3f3f, 4f4f, et rien d'autre.
  • • Le fondamental fixe la HAUTEUR perçue, même s'il est faible ou absent.
  • • C'est la répartition des amplitudes des harmoniques qui fait le TIMBRE : c'est pourquoi un violon et une flûte jouant la même note se distinguent.
  • • Sur un spectre, on lit le fondamental à la première raie et l'écart entre raies vaut aussi le fondamental.
22044066088011001320f (Hz)amplitudefondamentalharmoniquesécart 220 Hz
Les raies tombent à 220, 440, 660 Hz... : la première est le fondamental, qui fixe la hauteur, et l'écart entre deux raies vaut aussi 220 Hz. Le poids des harmoniques fait le timbre.

Les intervalles sont des RAPPORTS

  • • Un intervalle entre deux sons est défini par le RAPPORT de leurs fréquences fondamentales : octave 22, quinte 32\frac{3}{2}, quarte 43\frac{4}{3}.
  • • Deux intervalles se composent en se MULTIPLIANT : quinte puis quarte, 32×43=2\frac{3}{2}\times\frac{4}{3}=2, l'octave.
  • • Deux notes à l'octave sont la même note à deux hauteurs : monter de nn octaves multiplie la fréquence par 2n2^{n}.
  • • Sur deux spectres, deux notes à l'octave se reconnaissent à leur fondamental DOUBLÉ.
220 Hz330 Hz440 Hz623 Hzf× 3/2 : quinte× 4/3 : quarte× 2 : octave3/2 + 4/3 = 17/6hors de l'octaveéchelle logarithmique : les rapports se mettent bout à bout
Sur une échelle logarithmique, quinte puis quarte mettent bout à bout × 3/2 et × 4/3 et tombent sur l'octave × 2. Additionner les rapports (17/6) mène à 623 Hz, hors de l'octave.

Une gamme est une suite finie de notes réparties sur une octave.

Entendre, et lire un audiogramme

  • • L'oreille perçoit de 2020 Hz à 20 00020\ 000 Hz ; au-delà de 8080 dB, un son devient nocif selon son intensité et sa durée. Les cellules ciliées détruites ne se renouvellent pas.
  • • Audiogramme : perte en dB comptée vers le BAS, pour chaque fréquence. Conduction aérienne par un casque, conduction osseuse par un vibreur sur l'os.
  • • Osseuse normale et aérienne abaissée : surdité de TRANSMISSION, avant l'oreille interne. Les deux abaissées ensemble : surdité de PERCEPTION, dans l'oreille interne ou le nerf.
  • • Une perte de nn dB divise l'intensité perçue par 10n1010^{\frac{n}{10}} : 4040 dB, c'est un facteur 10 00010\ 000.
  • • Prévalence : cas divisés par l'effectif du groupe. Une association n'est une cause qu'après avoir écarté les facteurs de confusion.
casqueaériennevibreur sur l'os : voie osseuseoreille externemoyenneinternenerftransmission : avant l'oreille interneperception
Le casque teste tout le trajet (voie aérienne), le vibreur saute l'oreille externe et moyenne (voie osseuse) : si seule l'aérienne baisse, l'obstacle est avant l'oreille interne.

Numériser, échanger, et mesurer un niveau

  • • Plus la fréquence d'échantillonnage est élevée et la quantification fine, plus la numérisation est fidèle et plus le fichier est lourd.
  • • Débit == fréquence d'échantillonnage ×\times nombre de bits ×\times nombre de voies. Un octet vaut 88 bits.
  • • Taux de compression == taille avant ÷\div taille après. Énergie d'un échange == volume transféré ×\times facteur énergétique, une moyenne discutée.
  • • Niveau sonore : L=10log⁡(I/I0)L=10\log(I/I_{0}), avec I0=10−12I_{0}=10^{-12} W/m2^{2}. Doubler l'intensité ajoute 33 dB.
5 points par période, 2 bits4 niveaux16 points par période, 4 bits16 niveauxfichier léger, signal déforméfichier lourd, signal fidèle
À gauche, peu d'échantillons et 4 niveaux : l'escalier s'écarte du signal (gris). À droite, plus d'échantillons et 16 niveaux : il le suit, au prix d'un fichier plus lourd.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Additionner deux intervalles

2 points, et toute la construction de la gamme devient fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Une quinte vaut 3/23/2 et une quarte 4/34/3, donc quinte plus quarte vaut 3/2+4/3=17/63/2 + 4/3 = 17/6. »

Ce qu'il faut écrire

« Les intervalles se MULTIPLIENT : 32×43=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = 2, c'est exactement l'octave. »

110220440880échelle linéaireles octaves s'écartent110220440880échelle logarithmiqueles octaves sont régulières
Quatre notes séparées d'une octave chacune : sur l'échelle linéaire les écarts doublent à chaque fois, sur l'échelle logarithmique ils sont égaux, parce que l'intervalle est un rapport.

Pourquoi : Un intervalle est un RAPPORT de fréquences, et des rapports se composent par produit. C'est aussi pourquoi les octaves sont régulièrement espacées sur une échelle logarithmique.

2. Croire que la fréquence change en changeant de milieu

2 points, et l'exploitation du document suivant devient impossible

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le son passe de l'air dans l'eau, donc sa fréquence augmente puisqu'il va plus vite. »

Ce qu'il faut écrire

« La fréquence est imposée par la SOURCE et ne change pas. Ce sont la vitesse et la longueur d'onde qui changent : λ=v/f\lambda = v/f est multipliée par le même facteur que vv. »

air : 340 m/seau : 1 480 m/sλ = 0,77 mλ = 3,4 m, 4,4 fois plusf = 440 Hz des deux côtés
La source impose 440 Hz, et le son repart dans l'eau à la même cadence. La vitesse y est 4,4 fois plus grande, donc λ aussi : 0,77 m dans l'air, 3,4 m dans l'eau.

Pourquoi : La source vibre à sa propre cadence : chaque compression émise arrive à l'autre bout à la même cadence, quelle que soit sa vitesse de trajet. Le milieu ne peut pas créer ni supprimer des oscillations.

3. Confondre la hauteur et l'intensité

1 point, sur une question de vocabulaire posée presque à chaque sujet

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On tourne le bouton du volume, le son devient plus fort donc plus aigu. »

Ce qu'il faut écrire

« Le volume change l'AMPLITUDE, donc l'intensité, donc le niveau sonore en décibels. La hauteur ne dépend que de la FRÉQUENCE, qui n'a pas bougé. »

son de départvolume monté : amplitude × 2même T : même hauteur« plus aigu » : fauxT divisé par 2seul ce son est plus aiguT
Monter le volume double l'amplitude sans toucher à la période : le son est plus fort, pas plus aigu. Seul le signal du bas, à période divisée par deux, est plus aigu.

Pourquoi : Amplitude et fréquence sont deux paramètres indépendants du signal : sur un enregistrement, l'une est la hauteur des oscillations, l'autre leur nombre par seconde.

4. Faire venir le timbre de l'amplitude

2 points sur la question d'exploitation d'un spectre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le violon et la flûte se distinguent parce que le violon joue plus fort. »

Ce qu'il faut écrire

« Ils se distinguent par leur SPECTRE : à hauteur et intensité égales, la répartition des amplitudes de leurs harmoniques diffère. C'est cela, le timbre. »

44013202200Hzflûte44013202200Hzviolonmême fondamental, même hauteurharmoniques forts
Même première raie à 440 Hz, donc même hauteur. La flûte n'a presque que son fondamental, le violon garde des harmoniques forts jusqu'à 2 640 Hz : c'est le poids des harmoniques qui fait le timbre.

Pourquoi : Le sujet fournit presque toujours deux spectres à comparer : la réponse attendue porte sur le NOMBRE et l'importance relative des harmoniques, jamais sur la hauteur globale des raies.

5. Prendre n'importe quel multiple pour un harmonique

1 point, et la lecture du spectre part de travers

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le fondamental vaut 220 Hz, donc 330 Hz est un de ses harmoniques. »

Ce qu'il faut écrire

« Les harmoniques sont les multiples ENTIERS : 220, 440, 660, 880. La raie à 330 Hz appartient à un autre son, ou c'est le fondamental qui vaut 110 Hz. »

220440660880330 Hz330 = 1,5 × 220 :pas un harmonique110330550Hz110 Hzécart 110 Hzfondamental : 110 Hz,même sans raie
À gauche, 330 Hz n'est pas un multiple entier de 220 Hz (rouge) : ce n'est pas un harmonique de ce son. À droite, des raies tous les 110 Hz : le fondamental vaut 110 Hz, même sans raie.

Pourquoi : L'écart constant entre deux raies successives donne le fondamental, même quand celui-ci est absent du spectre. C'est le premier réflexe à avoir devant un spectre.

6. Oublier une voie ou confondre bits et octets dans un débit

2 points, et le poids du fichier est faux d'un facteur 8 ou 2

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 44 10044\,100 échantillons par seconde sur 16 bits, donc 705 600705\,600 octets par seconde. »

Ce qu'il faut écrire

« 44 100×16×244\,100 \times 16 \times 2 voies donnent 1 411 2001\,411\,200 BITS par seconde, soit 176 400176\,400 octets par seconde après division par 8. »

Pourquoi : Le débit brut se calcule toujours en bits, parce que la profondeur d'échantillonnage est donnée en bits. La conversion en octets vient à la fin, et la stéréo double tout.

7. Additionner des niveaux en décibels

2 points, et le résultat annoncé dépasse le seuil de douleur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Deux haut-parleurs à 60 dB chacun donnent 120 dB. »

Ce qu'il faut écrire

« On additionne les INTENSITÉS, pas les niveaux : doubler l'intensité ajoute 10log⁡2≈310\log 2 \approx 3 dB, donc deux sources de 60 dB donnent 63 dB. »

1 source60 dB2 sources63 dB10 sources70 dB0204060niveau sonore
Doubler le nombre de sources n'ajoute que 3 décibels, et il en faut dix pour en gagner 10 : la hauteur des barres montre que les décibels ne s'additionnent pas.

Pourquoi : Le décibel est un logarithme d'un rapport : additionner des logarithmes reviendrait à multiplier les intensités. Dix sources identiques ajoutent 10 dB, pas 600.

8. Lire un audiogramme à l'envers

toute la question de lecture, et le diagnostic qui suit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La courbe du patient A est plus haute que celle de l'audition normale à 40 : il entend mieux. »

Ce qu'il faut écrire

« Sur un audiogramme, la perte se compte vers le BAS : un point à 4040 dB signifie qu'il faut 4040 dB de plus pour que le patient entende. Plus le point est bas, plus la perte est grande. »

0204060800,250,51248patient A0204060800,250,51248patient B
Points pleins : aérienne ; ronds vides : osseuse. Patient A : osseuse haute, aérienne basse, surdité de transmission. Patient B : courbes confondues qui plongent dans les aigus, surdité de perception.

Pourquoi : L'audiogramme place la meilleure audition en haut, contrairement à la plupart des graphiques. On commence donc toujours par lire le sens de l'axe, puis on compare les deux courbes : leur écart est tout le diagnostic.

9. Faire la moyenne des prévalences de groupes inégaux

1 point, et un résultat faux qui paraît plausible

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les trois groupes ont 55 %, 88 % et 1212 % d'acouphènes : la prévalence globale vaut 5+8+123≈8,3\frac{5+8+12}{3}\approx 8{,}3 %. »

Ce qu'il faut écrire

« On repart des cas : 35+40+96700+500+800=1712 000≈8,6\frac{35+40+96}{700+500+800}=\frac{171}{2\ 000}\approx 8{,}6 %. »

35 cas5 %moins de 5 h700 élèves40 cas8 %5 à 10 h500 élèves96 cas12 %plus de 10 h800 élèves8,6 % : juste8,3 % : faux
Chaque aire est un nombre de cas, et le groupe de 800 élèves, le plus large, pèse le plus : la prévalence globale (vert, 8,6 %) n'est pas la moyenne des trois hauteurs (rouge, 8,3 %).

Pourquoi : Les groupes n'ont pas le même effectif : le plus nombreux doit peser plus. Une prévalence globale se calcule toujours à partir des nombres de cas et des effectifs.

10. Conclure à une cause à partir d'une enquête

2 points sur la question d'esprit critique

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les gros utilisateurs de casque ont 2,4 fois plus d'acouphènes : le casque cause les acouphènes. »

Ce qu'il faut écrire

« L'enquête montre une ASSOCIATION. Les mêmes élèves vont peut-être plus souvent en concert : ce facteur de confusion doit être écarté, par exemple par une cohorte suivie plusieurs années, avant de parler de cause. »

concerts fréquentscasque plus de10 h par semaineacouphènesfacteur de confusionassociés : × 2,4« le casque cause » : pas encore prouvé
Les concerts peuvent pousser à la fois vers le casque et vers les acouphènes : l'association observée (× 2,4) ne devient une cause qu'une fois ce facteur de confusion écarté.

Pourquoi : Deux grandeurs peuvent varier ensemble parce qu'une troisième les commande toutes les deux. Une relation dose, effet et un mécanisme connu rendent la cause plausible, sans la prouver.

Quelle méthode choisir

La grandeur est-elle un rapport ou une différence

Regarder l'unité : sans unité, c'est un rapport ; en décibels, c'est un logarithme.

10⁻¹²010⁻¹⁰2010⁻⁸4010⁻⁶6010⁻⁴8010⁻²1001120I (W/m²)L (dB)× 2 : + 3 dB× 10 : + 10 dBmultiplier l'intensité, c'est ajouter des décibels
En haut les intensités, qui se multiplient ; en bas les niveaux, qui s'ajoutent. Multiplier I par 10 ajoute 10 dB, le doubler ajoute 3 dB : 60 dB et 60 dB font 63 dB.
  • Si un intervalle musical, sans unité → rapport, on MULTIPLIE

    Exemple : 32×43=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = 2

  • Si monter de nn octaves → rapport, on multiplie par 2n2^{n}

    Exemple : trois octaves au-dessus de 110 Hz : 880 Hz

  • Si des intensités sonores en W/m2^{2} → on additionne les intensités

    Exemple : deux sources égales doublent l'intensité

  • Si des niveaux en décibels → revenir aux intensités, additionner, puis reconvertir

    Exemple : 60 dB et 60 dB donnent 63 dB

    jamais 60+6060 + 60

Un logarithme transforme les produits en sommes : c'est exactement pour cela que les décibels ont été inventés.

Quel calcul pour quelle question sur la numérisation

Le mot de l'énoncé : « quels paramètres », « quel débit », « quel poids », « quelle énergie ».

  • Si « quels paramètres choisir » → plus de points par seconde et plus de bits : plus fidèle, mais plus lourd ; justifier le compromis

    Exemple : 44,1 kHz et 16 bits pour la musique

  • Si « quel débit » → fe×f_{e}\times bits ×\times voies, résultat en bits par seconde

    Exemple : 1 411 2001\ 411\ 200 bit/s pour un disque compact

  • Si « quel poids de fichier » → débit ×\times durée, puis diviser par 8 pour des octets

    Exemple : 3 minutes pèsent 31,831{,}8 Mo

  • Si « quelle énergie pour ces échanges » → volume transféré en Go ×\times facteur énergétique, puis discuter le facteur

    Exemple : 5,765{,}76 Mo à 0,050{,}05 kWh/Go : 0,290{,}29 Wh

Une réponse sur la numérisation doit toujours nommer l'unité : bits, octets, hertz. C'est là que se perdent les points de rigueur.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Diagnostiquer une surdité sur un audiogramme

Quand l'utiliser : L'énoncé fournit un audiogramme à deux courbes, aérienne et osseuse, et demande le type d'atteinte.

  1. 1 Annoncer le sens de l'axe : la perte se compte vers le bas, 00 dB est une audition normale.
  2. 2 Lire les deux pertes à une même fréquence, en décibels.
  3. 3 Comparer : osseuse normale et aérienne abaissée, transmission ; les deux abaissées ensemble, perception.
  4. 4 Localiser l'atteinte et proposer une cause cohérente, puis traduire la perte en rapport d'intensités si c'est demandé.

Phrase de conclusion

« À 11 kHz, la perte vaut 4040 dB en conduction aérienne et 1010 dB en conduction osseuse : l'oreille interne fonctionne, le son est arrêté avant elle. C'est une surdité de transmission, par exemple due à une otite. »

Le piège : Conclure sur une seule courbe : c'est l'ÉCART entre aérienne et osseuse qui décide.

Barème : 1 point pour la lecture, 1 point pour la comparaison, 1 point pour le type, 1 point pour la cause proposée.

Dimensionner une numérisation

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une bande passante, une durée, et demande un débit ou un poids.

  1. 1 Annoncer les paramètres : fréquence d'échantillonnage, nombre de bits par échantillon, nombre de voies, et dire pourquoi ils conviennent.
  2. 2 Écrire le débit comme un produit de trois facteurs, et donner son unité en bits par seconde.
  3. 3 Convertir en octets par seconde en divisant par 8, en le disant.
  4. 4 Multiplier par la durée en secondes, et convertir en mégaoctets.
  5. 5 Conclure sur le compromis : ce que l'on gagne ou ce que l'on perd en changeant un des trois facteurs.

Phrase de conclusion

« Échantillonné à 44,144{,}1 kHz sur 1616 bits en stéréo, le débit vaut 44 100×16×2=1 411 20044\ 100\times 16\times 2=1\ 411\ 200 bit/s, soit 176 400176\ 400 octets par seconde, et trois minutes pèsent 31,831{,}8 Mo. »

Le piège : Oublier le facteur 2 de la stéréo : le poids annoncé est alors exactement la moitié du bon, ce qui passe inaperçu si l'on ne vérifie pas l'ordre de grandeur.

Barème : 1 point pour les paramètres justifiés, 1 point pour le débit en bits, 1 point pour la conversion en octets, 1 point pour le poids final.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Numériser trois minutes de musique, les compresser, puis les échanger

On enregistre en stéréo un morceau de 33 minutes, à 44,144{,}1 kHz sur 1616 bits, puis on le compresse à 256256 kbit/s pour l'envoyer.

Calculer le débit et la taille du fichier brut, la taille compressée et le taux de compression, puis l'énergie du transfert avec un facteur de 0,050{,}05 kWh par Go.

enregistréstéréo, 3 min44,1 kHz16 bitsfichier brutdébit ?taille ?compression256 kbit/staille ?taux ?envoi0,05 kWh/Goénergie ?
Trois étapes, trois calculs : le débit et la taille brute viennent des paramètres de l'enregistrement, la compression fixe la taille envoyée, et l'énergie suit le volume transféré.

Étape 1

Débit brut =44 100×16×2=1 411 200=44\ 100\times 16\times 2=1\ 411\ 200 bits par seconde.

Pourquoi

Trois facteurs, trois informations de l'énoncé : la cadence, la profondeur, le nombre de voies. Oublier la stéréo divise le résultat par deux sans qu'aucune unité ne le signale.

Étape 2

Taille brute : 1 411 200×1808=31 752 000\frac{1\ 411\ 200\times 180}{8}=31\ 752\ 000 octets, soit 31,831{,}8 Mo.

Pourquoi

La durée passe en secondes, et la division par 8 vient APRÈS le produit, parce que la profondeur était donnée en bits.

Étape 3

Taille compressée : 256 000×1808=5 760 000\frac{256\ 000\times 180}{8}=5\ 760\ 000 octets, soit 5,765{,}76 Mo ; taux de compression 1 411,2256≈5,5\frac{1\ 411{,}2}{256}\approx 5{,}5.

Pourquoi

Le taux compare deux tailles, ou deux débits pour la même durée : c'est un rapport sans unité. La compression avec perte retire ce que l'oreille perçoit mal.

Étape 4

Énergie du transfert : 0,005 760{,}005\ 76 Go ×0,05≈2,9×10−4\times 0{,}05\approx 2{,}9\times 10^{-4} kWh, soit 0,290{,}29 Wh.

Pourquoi

Pour un envoi, c'est peu ; multiplié par des milliards d'échanges, c'est considérable. Et le facteur énergétique est une moyenne discutée, à citer comme telle.

Conclusion rédigée

« Le fichier brut pèse 31,831{,}8 Mo pour un débit de 1 411 2001\ 411\ 200 bit/s. Compressé à 256256 kbit/s, il pèse 5,765{,}76 Mo, soit un taux de compression d'environ 5,55{,}5, et son transfert coûte environ 0,290{,}29 Wh au réseau. »

L'erreur classique sur cet exercice : Oublier la division par 8 : on annonce 254254 Mo au lieu de 31,831{,}8, et l'énergie du transfert sort huit fois trop grande.

À savoir par cœur

  • • λ=v/f\lambda = v/f. En changeant de milieu, vv et λ\lambda changent, JAMAIS ff.
  • • Hauteur ↔\leftrightarrow fréquence, intensité ↔\leftrightarrow amplitude, timbre ↔\leftrightarrow spectre.
  • • Harmoniques : multiples ENTIERS du fondamental. L'écart entre raies donne le fondamental.
  • • Les intervalles se MULTIPLIENT : octave 22, quinte 32\frac{3}{2}, quarte 43\frac{4}{3}.
  • • Débit =fe×= f_{e} \times bits ×\times voies, en bits par seconde. Diviser par 8 pour des octets.
  • • Doubler l'intensité ajoute 3 dB. Doubler la distance en retire 6. Les décibels ne s'additionnent pas.
  • • Audiogramme : perte vers le BAS. Écart aérienne et osseuse : transmission ; courbes confondues : perception.
  • • Prévalence globale : à partir des cas et des effectifs, jamais la moyenne des pourcentages.
  • • Énergie d'un échange : volume en Go ×\times facteur énergétique, une moyenne discutée.

Questions fréquentes

Pourquoi les intervalles musicaux se multiplient-ils au lieu de s'additionner ?

Parce qu'un intervalle est un rapport de fréquences, pas une différence. Une quinte multiplie la fréquence par trois demis, une quarte par quatre tiers, et les enchaîner revient à multiplier les deux rapports, ce qui donne exactement deux, l'octave. C'est aussi la raison pour laquelle les octaves sont régulièrement espacées sur une échelle logarithmique.

Qu'est-ce qui change quand un son passe de l'air dans l'eau ?

La vitesse et la longueur d'onde, jamais la fréquence. La fréquence est imposée par la source qui vibre, et chaque compression émise arrive à l'autre bout à la même cadence, quel que soit le milieu traversé. Comme la longueur d'onde vaut la vitesse divisée par la fréquence, elle est multipliée par le même facteur que la vitesse.

Deux haut-parleurs à 60 décibels font-ils 120 décibels ?

Non, ils font 63 décibels. Le décibel est un logarithme d'un rapport d'intensités : on additionne les intensités, pas les niveaux. Doubler l'intensité ajoute dix fois le logarithme de deux, soit environ trois décibels. Il faudrait dix haut-parleurs identiques pour gagner dix décibels, et cent pour en gagner vingt.

Quelle différence entre une surdité de transmission et une surdité de perception ?

Dans une surdité de transmission, le son est arrêté avant l'oreille interne, par un bouchon, une otite ou des osselets bloqués : sur l'audiogramme, la conduction osseuse reste normale. Dans une surdité de perception, c'est l'oreille interne ou le nerf qui est atteint, souvent les cellules ciliées : les deux courbes baissent ensemble, et la perte est en général définitive.

Écouter de la musique en ligne consomme-t-il beaucoup d'énergie ?

Pour une écoute, peu : quelques dixièmes de wattheure pour un morceau en audio, une quinzaine de fois plus pour le même morceau en clip vidéo. Mais multipliée par des milliards d'écoutes, cette énergie devient considérable. Les estimations varient beaucoup selon le réseau, et la fabrication des appareils pèse souvent plus lourd que les échanges eux-mêmes.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Son, musique et audition

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 18 exercices corrigés
  • 180 points
  • 270 minutes
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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/1es-son-musique. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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