Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal

Fiche de révision : son et musique, porteurs d'information

Le thème du son est celui où l'intuition trompe le plus : on additionne des intervalles qui se multiplient, on additionne des décibels qui ne s'additionnent pas, on croit qu'un son devient plus aigu en devenant plus fort. Chacune de ces fautes se répare par un seul réflexe, se demander si la grandeur est un rapport ou une différence.

Cette fiche liste les neuf erreurs qui reviennent dans les copies, avec la phrase exacte à écrire à la place et ce que chacune coûte au barème.

Le fil du chapitre

La musique est faite de RAPPORTS et non de différences : un intervalle se multiplie, un niveau sonore s'ajoute en décibels et pas en intensités, et presque toutes les fautes viennent de cette confusion.

Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Première

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Émission et perception d'un sonSeconde, Physique-chimie
  2. 2Mouvement et vitesseSixième, Physique-chimie
  3. 3Les signaux sonoresQuatrième, Physique-chimie

L'essentiel

Ce qu'est un son, et ce qui change d'un milieu à l'autre

  • Un son est une variation de PRESSION qui se propage : il lui faut un milieu matériel, contrairement à la lumière.
  • λ=v/f\lambda = v/f. En changeant de milieu, vv change, donc λ\lambda change ; la fréquence ff, elle, est imposée par la SOURCE et ne change pas.
  • Vitesse du son : environ 340 m/s dans l'air, 1 500 m/s dans l'eau, 5 000 m/s dans l'acier.
  • Hauteur \leftrightarrow fréquence. Intensité \leftrightarrow amplitude. Timbre \leftrightarrow composition spectrale.

Les trois correspondances de la dernière ligne sont demandées presque à chaque sujet : les écrire dans cet ordre évite de les mélanger.

Harmoniques et timbre

  • Les harmoniques sont les multiples ENTIERS du fondamental : ff, 2f2f, 3f3f, 4f4f, et rien d'autre.
  • Le fondamental fixe la HAUTEUR perçue, même s'il est faible ou absent.
  • C'est la répartition des amplitudes des harmoniques qui fait le TIMBRE : c'est pourquoi un violon et une flûte jouant la même note se distinguent.
  • Sur un spectre, on lit le fondamental à la première raie et l'écart entre raies vaut aussi le fondamental.

Les intervalles sont des RAPPORTS

  • Octave 22, quinte 3/23/2, quarte 4/34/3, tierce majeure 5/45/4.
  • Deux intervalles se composent en se MULTIPLIANT : quinte plus quarte donne 32×43=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = 2, l'octave.
  • Un rapport constant correspond donc à un écart constant sur une échelle LOGARITHMIQUE : c'est pourquoi les octaves y sont régulièrement espacées.
  • L'unité de mesure des intervalles est le cent : 12001\,200 cents par octave, donc 100 cents par demi-ton tempéré.

Un intervalle sans unité est un rapport, un intervalle en cents est un logarithme : les premiers se multiplient, les seconds s'additionnent.

Le comma et le tempérament égal

  • Douze quintes empilées ne retombent pas sur sept octaves : (32)12/271,0136\left(\frac{3}{2}\right)^{12} / 2^{7} \approx 1{,}0136, soit 23,523{,}5 cents. C'est le comma pythagoricien.
  • La cause est arithmétique : aucune puissance de 3 n'est une puissance de 2.
  • Tempérament égal : on impose un demi-ton constant 21/121,05952^{1/12} \approx 1{,}0595, et l'octave se referme exactement.
  • Le prix payé : la quinte tempérée perd 2 cents sur la quinte pure, et la tierce majeure en perd 14.

Numériser, et mesurer un niveau

  • Condition de Shannon : fe>2fmaxf_{e} > 2 f_{\max}. En dessous, il y a REPLIEMENT de spectre, et il est irréparable après coup.
  • Débit == fréquence d'échantillonnage ×\times nombre de bits ×\times nombre de voies. Un octet vaut 8 bits.
  • Niveau sonore : L=10log(I/I0)L = 10\log(I/I_{0}), avec I0=1012I_{0} = 10^{-12} W/m2^{2}.
  • Doubler l'intensité ajoute 3 dB. Doubler la distance à la source en retire 6.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Additionner deux intervalles

2 points, et toute la construction de la gamme devient fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Une quinte vaut 3/23/2 et une quarte 4/34/3, donc quinte plus quarte vaut 3/2+4/3=17/63/2 + 4/3 = 17/6. »

Ce qu'il faut écrire

« Les intervalles se MULTIPLIENT : 32×43=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = 2, c'est exactement l'octave. »

110220440880échelle linéaireles octaves s'écartent110220440880échelle logarithmiqueles octaves sont régulières
Quatre notes séparées d'une octave chacune : sur l'échelle linéaire les écarts doublent à chaque fois, sur l'échelle logarithmique ils sont égaux, parce que l'intervalle est un rapport.

Pourquoi : Un intervalle est un RAPPORT de fréquences, et des rapports se composent par produit. C'est aussi pourquoi on les mesure en cents, qui sont des logarithmes et s'additionnent, eux.

2. Croire que la fréquence change en changeant de milieu

2 points, et l'exploitation du document suivant devient impossible

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le son passe de l'air dans l'eau, donc sa fréquence augmente puisqu'il va plus vite. »

Ce qu'il faut écrire

« La fréquence est imposée par la SOURCE et ne change pas. Ce sont la vitesse et la longueur d'onde qui changent : λ=v/f\lambda = v/f est multipliée par le même facteur que vv. »

Pourquoi : La source vibre à sa propre cadence : chaque compression émise arrive à l'autre bout à la même cadence, quelle que soit sa vitesse de trajet. Le milieu ne peut pas créer ni supprimer des oscillations.

3. Confondre la hauteur et l'intensité

1 point, sur une question de vocabulaire posée presque à chaque sujet

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On tourne le bouton du volume, le son devient plus fort donc plus aigu. »

Ce qu'il faut écrire

« Le volume change l'AMPLITUDE, donc l'intensité, donc le niveau sonore en décibels. La hauteur ne dépend que de la FRÉQUENCE, qui n'a pas bougé. »

Pourquoi : Amplitude et fréquence sont deux paramètres indépendants du signal : sur un enregistrement, l'une est la hauteur des oscillations, l'autre leur nombre par seconde.

4. Faire venir le timbre de l'amplitude

2 points sur la question d'exploitation d'un spectre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le violon et la flûte se distinguent parce que le violon joue plus fort. »

Ce qu'il faut écrire

« Ils se distinguent par leur SPECTRE : à hauteur et intensité égales, la répartition des amplitudes de leurs harmoniques diffère. C'est cela, le timbre. »

Pourquoi : Le sujet fournit presque toujours deux spectres à comparer : la réponse attendue porte sur le NOMBRE et l'importance relative des harmoniques, jamais sur la hauteur globale des raies.

5. Prendre n'importe quel multiple pour un harmonique

1 point, et la lecture du spectre part de travers

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le fondamental vaut 220 Hz, donc 330 Hz est un de ses harmoniques. »

Ce qu'il faut écrire

« Les harmoniques sont les multiples ENTIERS : 220, 440, 660, 880. La raie à 330 Hz appartient à un autre son, ou c'est le fondamental qui vaut 110 Hz. »

Pourquoi : L'écart constant entre deux raies successives donne le fondamental, même quand celui-ci est absent du spectre. C'est le premier réflexe à avoir devant un spectre.

6. Échantillonner à la fréquence du signal

2 points, et c'est la question de raisonnement du chapitre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le signal monte à 15 kHz, donc j'échantillonne à 15 kHz et je capte tout. »

Ce qu'il faut écrire

« Shannon impose fe>2fmaxf_{e} > 2 f_{\max}, donc plus de 30 kHz. À 15 kHz, tout ce qui dépasse 7,5 kHz se replie et apparaît comme une fréquence plus basse. »

signal réel : 3 Hzsignal reconstruit : 1 Hz
Les points, pris quatre fois par seconde, appartiennent aux deux courbes à la fois : rien dans les échantillons ne permet de retrouver le 3 Hz plutôt que le 1 Hz, et le repliement est donc irréparable.

Pourquoi : Il faut au moins deux points par période pour distinguer une oscillation. En dessous, plusieurs signaux différents donnent exactement les mêmes échantillons, et aucun traitement ultérieur ne peut les départager.

7. Oublier une voie ou confondre bits et octets dans un débit

2 points, et le poids du fichier est faux d'un facteur 8 ou 2

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 4410044\,100 échantillons par seconde sur 16 bits, donc 705600705\,600 octets par seconde. »

Ce qu'il faut écrire

« 44100×16×244\,100 \times 16 \times 2 voies donnent 14112001\,411\,200 BITS par seconde, soit 176400176\,400 octets par seconde après division par 8. »

Pourquoi : Le débit brut se calcule toujours en bits, parce que la profondeur d'échantillonnage est donnée en bits. La conversion en octets vient à la fin, et la stéréo double tout.

8. Additionner des niveaux en décibels

2 points, et le résultat annoncé dépasse le seuil de douleur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Deux haut-parleurs à 60 dB chacun donnent 120 dB. »

Ce qu'il faut écrire

« On additionne les INTENSITÉS, pas les niveaux : doubler l'intensité ajoute 10log2310\log 2 \approx 3 dB, donc deux sources de 60 dB donnent 63 dB. »

1 source60 dB2 sources63 dB10 sources70 dB0204060niveau sonore
Doubler le nombre de sources n'ajoute que 3 décibels, et il en faut dix pour en gagner 10 : la hauteur des barres montre que les décibels ne s'additionnent pas.

Pourquoi : Le décibel est un logarithme d'un rapport : additionner des logarithmes reviendrait à multiplier les intensités. Dix sources identiques ajoutent 10 dB, pas 600.

9. Croire que le tempérament égal donne des intervalles purs

1 point, sur la question qui demande ce que le tempérament coûte

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Avec le tempérament égal, tous les intervalles sont justes puisque l'octave se referme. »

Ce qu'il faut écrire

« Seule l'OCTAVE est pure. La quinte tempérée, 27/12=1,49832^{7/12} = 1{,}4983, perd 2 cents sur 3/23/2, et la tierce majeure, 24/12=1,25992^{4/12} = 1{,}2599, en perd 14 sur 5/45/4. »

Pourquoi : Le tempérament égal est un COMPROMIS : il répartit le comma sur les douze quintes pour rendre toutes les tonalités jouables, au prix de très légères faussetés partout.

Quelle méthode choisir

La grandeur est-elle un rapport ou une différence

Regarder l'unité : sans unité, c'est un rapport ; en décibels ou en cents, c'est un logarithme.

  • Si un intervalle musical, sans unité rapport, on MULTIPLIE

    Exemple : 32×43=2\frac{3}{2} \times \frac{4}{3} = 2

  • Si un intervalle en cents logarithme, on ADDITIONNE

    Exemple : 702+498=1200702 + 498 = 1\,200 cents

  • Si des intensités sonores en W/m2^{2} on additionne les intensités

    Exemple : deux sources égales doublent l'intensité

  • Si des niveaux en décibels revenir aux intensités, additionner, puis reconvertir

    Exemple : 60 dB et 60 dB donnent 63 dB

    jamais 60+6060 + 60

Un logarithme transforme les produits en sommes : c'est exactement pour cela que les cents et les décibels ont été inventés.

Quel calcul pour quelle question sur la numérisation

Le mot de l'énoncé : « peut-on », « quel débit », « quel poids », « que se passe-t-il si ».

  • Si « quelle fréquence d'échantillonnage choisir » Shannon, fe>2fmaxf_{e} > 2f_{\max}, puis arrondir vers le haut à une valeur normalisée

    Exemple : 20 kHz donnent 44,144{,}1 kHz

  • Si « quel débit » fe×f_{e} \times bits ×\times voies, résultat en bits par seconde

    Exemple : 14112001\,411\,200 bit/s pour un disque compact

  • Si « quel poids de fichier » débit ×\times durée, puis diviser par 8 pour des octets

    Exemple : 3 minutes pèsent 31,831{,}8 Mo

  • Si « que se passe-t-il si l'on échantillonne trop lentement » repliement de spectre, irréparable

    Exemple : un 3 Hz échantillonné à 4 Hz devient un 1 Hz

Une réponse sur la numérisation doit toujours nommer l'unité : bits, octets, hertz. C'est là que se perdent les points de rigueur.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Construire ou vérifier un intervalle

Quand l'utiliser : L'énoncé demande de composer deux intervalles, ou de dire si une gamme se referme.

  1. 1 Écrire chaque intervalle comme un RAPPORT de fréquences, jamais comme une différence.
  2. 2 Composer par multiplication, en gardant les fractions exactes le plus longtemps possible.
  3. 3 Comparer le résultat à l'octave, c'est-à-dire à une puissance de 2.
  4. 4 Si l'écart est petit, le convertir en cents par 1200log21\,200\log_{2} du rapport, pour le rendre lisible.

Phrase de conclusion

« Douze quintes pures valent (32)12=129,75\left(\frac{3}{2}\right)^{12} = 129{,}75, alors que sept octaves valent 27=1282^{7} = 128. Le rapport 1,01361{,}0136 est le comma pythagoricien, soit 1200log2(1,0136)=23,51\,200\log_{2}(1{,}0136) = 23{,}5 cents : la gamme ne se referme pas. »

Le piège : Convertir en cents trop tôt : les arrondis successifs font perdre le dixième de cent, et la comparaison finale devient discutable.

Barème : 1 point pour l'écriture en rapports, 1 point pour le produit, 1 point pour la comparaison, 1 point pour la conversion en cents.

Dimensionner une numérisation

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une bande passante, une durée, et demande un débit ou un poids.

  1. 1 Appliquer Shannon : fe>2fmaxf_{e} > 2f_{\max}, et annoncer la valeur retenue.
  2. 2 Écrire le débit comme un produit de trois facteurs, et donner son unité en bits par seconde.
  3. 3 Convertir en octets par seconde en divisant par 8, en le disant.
  4. 4 Multiplier par la durée en secondes, et convertir en mégaoctets.
  5. 5 Conclure sur le compromis : ce que l'on gagne ou ce que l'on perd en changeant un des trois facteurs.

Phrase de conclusion

« La condition de Shannon impose fe>40f_{e} > 40 kHz, d'où le choix de 44,144{,}1 kHz. Le débit vaut 44100×16×2=141120044\,100 \times 16 \times 2 = 1\,411\,200 bit/s, soit 176400176\,400 octets par seconde, et trois minutes pèsent 31,831{,}8 Mo. »

Le piège : Oublier le facteur 2 de la stéréo : le poids annoncé est alors exactement la moitié du bon, ce qui passe inaperçu si l'on ne vérifie pas l'ordre de grandeur.

Barème : 1 point pour Shannon, 1 point pour le débit en bits, 1 point pour la conversion en octets, 1 point pour le poids final.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Numériser trois minutes de musique, et ce qui se passe si l'on échantillonne trop lentement

On veut enregistrer en stéréo un morceau de 3 minutes dont le spectre monte jusqu'à 20 kHz, avec une profondeur de 16 bits.

Choisir la fréquence d'échantillonnage, calculer le débit et le poids du fichier, puis dire ce qui se produirait avec fe=30f_{e} = 30 kHz.

Étape 1

Shannon : fe>2×20000=40000f_{e} > 2 \times 20\,000 = 40\,000 Hz. On retient la valeur normalisée 4410044\,100 Hz.

Pourquoi

La condition donne une borne inférieure, pas une valeur : il faut ensuite choisir, et justifier le choix par la marge. C'est cette marge de 10 pour cent qui explique le nombre 44,144{,}1 kHz du disque compact.

Étape 2

Débit =44100×16×2=1411200= 44\,100 \times 16 \times 2 = 1\,411\,200 bits par seconde.

Pourquoi

Trois facteurs, trois informations de l'énoncé : la cadence, la profondeur, le nombre de voies. Oublier la stéréo divise le résultat par deux sans qu'aucune unité ne le signale.

Étape 3

En octets : 1411200/8=1764001\,411\,200 / 8 = 176\,400 octets par seconde.

Pourquoi

La division par 8 vient APRÈS le produit, parce que la profondeur était donnée en bits. Faire la conversion trop tôt conduit à diviser deux fois ou à ne pas la faire du tout.

Étape 4

Durée : 3×60=1803 \times 60 = 180 s, donc poids =176400×180=31752000= 176\,400 \times 180 = 31\,752\,000 octets, soit 31,831{,}8 Mo.

Pourquoi

La conversion de la durée en secondes est ce qu'on oublie le plus souvent quand l'énoncé donne des minutes. L'ordre de grandeur, environ 10 Mo par minute, sert ensuite de contrôle.

Étape 5

Avec fe=30f_{e} = 30 kHz : tout ce qui dépasse 15 kHz se replie et réapparaît comme une fréquence plus basse.

Pourquoi

Le seuil est la MOITIÉ de la fréquence d'échantillonnage, pas la fréquence elle-même. Une composante à 18 kHz reviendrait à 3018=1230 - 18 = 12 kHz, en plein dans la bande audible.

Étape 6

Ce repliement est IRRÉPARABLE : aucun filtrage postérieur ne peut séparer la composante repliée du signal utile.

Pourquoi

C'est la conclusion attendue, et elle explique la présence d'un filtre passe-bas AVANT le convertisseur dans toute chaîne d'enregistrement.

Conclusion rédigée

« La condition de Shannon impose fe>40f_{e} > 40 kHz, d'où 44,144{,}1 kHz. Le débit vaut 14112001\,411\,200 bit/s, soit 176400176\,400 octets par seconde, et le fichier de 3 minutes pèse 31,831{,}8 Mo. À 3030 kHz, toute composante au-delà de 15 kHz se replierait dans la bande audible, sans possibilité de correction. »

L'erreur classique sur cet exercice : Prendre fe=30f_{e} = 30 kHz au motif qu'elle dépasse les 20 kHz du signal : la condition porte sur le DOUBLE de la fréquence maximale, et la marge apparente cache un repliement de 5 kHz de large.

À savoir par cœur

  • λ=v/f\lambda = v/f. En changeant de milieu, vv et λ\lambda changent, JAMAIS ff.
  • Hauteur \leftrightarrow fréquence, intensité \leftrightarrow amplitude, timbre \leftrightarrow spectre.
  • Harmoniques : multiples ENTIERS du fondamental. L'écart entre raies donne le fondamental.
  • Les intervalles se MULTIPLIENT : octave 2, quinte 3/23/2, quarte 4/34/3, tierce majeure 5/45/4.
  • Comma pythagoricien : (32)12/271,0136\left(\frac{3}{2}\right)^{12}/2^{7} \approx 1{,}0136, soit 23,523{,}5 cents.
  • Tempérament égal : demi-ton 21/122^{1/12}. Seule l'octave reste pure.
  • Shannon : fe>2fmaxf_{e} > 2f_{\max}. En dessous, repliement irréparable.
  • Débit =fe×= f_{e} \times bits ×\times voies, en bits par seconde. Diviser par 8 pour des octets.
  • Doubler l'intensité ajoute 3 dB. Doubler la distance en retire 6. Les décibels ne s'additionnent pas.

Questions fréquentes

Pourquoi les intervalles musicaux se multiplient-ils au lieu de s'additionner ?

Parce qu'un intervalle est un rapport de fréquences, pas une différence. Une quinte multiplie la fréquence par trois demis, une quarte par quatre tiers, et les enchaîner revient à multiplier les deux rapports, ce qui donne exactement deux, l'octave. C'est aussi la raison pour laquelle les octaves sont régulièrement espacées sur une échelle logarithmique.

Qu'est-ce qui change quand un son passe de l'air dans l'eau ?

La vitesse et la longueur d'onde, jamais la fréquence. La fréquence est imposée par la source qui vibre, et chaque compression émise arrive à l'autre bout à la même cadence, quel que soit le milieu traversé. Comme la longueur d'onde vaut la vitesse divisée par la fréquence, elle est multipliée par le même facteur que la vitesse.

Qu'est-ce que le comma pythagoricien ?

C'est le petit écart qui empêche la gamme de se refermer. Douze quintes pures empilées valent trois demis puissance douze, soit 129,75, alors que sept octaves valent 128. Le rapport, environ 1,0136, vaut 23,5 cents, un peu moins d'un quart de demi-ton. Sa cause est arithmétique : aucune puissance de trois n'est une puissance de deux.

Quelle fréquence d'échantillonnage choisir pour numériser un son ?

Plus du double de la fréquence maximale présente dans le signal : c'est la condition de Shannon. Pour de la musique montant à 20 kilohertz, il faut dépasser 40 kilohertz, d'où la valeur normalisée de 44,1 kilohertz du disque compact. En dessous, les composantes trop aiguës se replient et apparaissent comme des sons plus graves, sans correction possible.

Deux haut-parleurs à 60 décibels font-ils 120 décibels ?

Non, ils font 63 décibels. Le décibel est un logarithme d'un rapport d'intensités : on additionne les intensités, pas les niveaux. Doubler l'intensité ajoute dix fois le logarithme de deux, soit environ trois décibels. Il faudrait dix haut-parleurs identiques pour gagner dix décibels, et cent pour en gagner vingt.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Son et musique, porteurs d'information

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
Faire les exercices
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