Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal

Exercices corrigés d'enseignement scientifique : le Soleil, notre source d'énergie

Voici une série d'exercices corrigés d'enseignement scientifique pour la classe de Première, sur le thème « Le Soleil, notre source d'énergie » du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français de Montréal, le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas.

Le fil de la série : presque toute l'énergie dont nous disposons est de l'énergie solaire, captée à des dates différentes. Celle de la nourriture a quelques mois, celle du bois quelques dizaines d'années, celle du charbon trois cents millions d'années. Chaque exercice remonte cette chaîne jusqu'à la même source.

Trois pièges reviennent dans les copies et le corrigé les désigne : employer des degrés Celsius dans la loi de Stefan, confondre la constante solaire avec la puissance moyenne reçue, et croire que les saisons viennent de la distance au Soleil.

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Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Ondes et signauxSeconde, Physique-chimie
  2. 2Mouvement et vitesseSixième, Physique-chimie
  3. 3Lumière, ombres et système solaireSixième, Physique-chimie
  4. 4Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième, Physique-chimie
  5. 5Lumière, couleurs et spectresTroisième, Physique-chimie

Rappel de cours

  • Fusion : quatre protons donnent un noyau d'hélium. L'énergie libérée vaut E=Δmc2E = \Delta m \, c^{2}, où Δm\Delta m est le défaut de masse.
  • Loi de Stefan : P=σT4P = \sigma T^{4} avec σ=5,67×108\sigma = 5{,}67 \times 10^{-8} W\cdotm2^{-2} \cdotK4^{-4}. La température est en KELVINS.
  • Loi de Wien : λmax=2,898×103/T\lambda_{\max} = 2{,}898 \times 10^{-3} / T. Le Soleil émet vers 500 nm, la Terre vers 10 micromètres.
  • Loi de Lambert : la puissance reçue par une surface horizontale vaut E0cosθE_{0} \cos\theta, où θ\theta est l'angle d'incidence depuis la verticale.
  • Puissance moyenne reçue == constante solaire divisée par 4, soit environ 340 W/m2^{2}. Le facteur 1/41/4 est le rapport entre l'aire d'un disque et celle d'une sphère.
  • Albédo : fraction réfléchie. Environ 0,300{,}30 pour la Terre, 0,850{,}85 pour la neige fraîche, 0,060{,}06 pour l'océan.
  • Équilibre radiatif : σT4=(1a)×E/4\sigma T^{4} = (1 - a) \times E / 4. Il donne 254,6254{,}6 K, soit 18,6-18{,}6 °C, pour la Terre sans atmosphère.
  • L'effet de serre repose sur le décalage de longueur d'onde : l'atmosphère laisse passer le visible et absorbe l'infrarouge.
  • Les saisons viennent de l'inclinaison de l'axe terrestre, 23,4°23{,}4°, jamais de la distance au Soleil.
  • Photosynthèse : rendement d'environ 0,50{,}5 pour cent, contre 20 pour cent pour un panneau photovoltaïque, soit un facteur 40.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : D'où vient l'énergie du Soleil

Le Soleil rayonne depuis quatre milliards et demi d'années sans faiblir. Aucune combustion chimique ne pourrait tenir aussi longtemps : la source est nucléaire, et son bilan de masse est vérifiable.

  • a) Écrivez en mots la réaction de fusion qui se produit au coeur du Soleil. Pourquoi faut-il une température de l'ordre de 15 millions de kelvins pour qu'elle se produise ?
  • b) La masse des produits est inférieure à celle des réactifs. Comment s'appelle cet écart, et à quoi correspond-il ? Écrivez la relation qui le relie à l'énergie libérée.
  • c) Le Soleil rayonne une puissance de 3,83×10263{,}83 \times 10^{26} W. Quelle masse perd-il chaque seconde ? On prendra c=3,00×108c = 3{,}00 \times 10^{8} m/s.
  • d) La masse du Soleil vaut 1,99×10301{,}99 \times 10^{30} kg. Quelle fraction de sa masse perd-il en un milliard d'années, sur la base de la question c ? Concluez sur la stabilité de son rayonnement.
  • e) Pourquoi la fusion ne se produit-elle qu'au COEUR du Soleil, et non dans ses couches externes ?

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b)
c)
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Réponses

  • a) 4 hydrogènes donnent un hélium ; répulsion à vaincre
  • b) Défaut de masse : E=Δm×c2E = \Delta m \times c^{2}
  • c) 4,26×1094{,}26 \times 10^{9} kg par seconde
  • d) 0,0070{,}007 % en un milliard d'années
  • e) Température et pression réunies au cœur

a) Quatre noyaux d'hydrogène, c'est-à-dire quatre protons, fusionnent pour donner un noyau d'hélium, deux positons et deux neutrinos. Il faut une température énorme parce que les noyaux portent tous une charge positive et se repoussent violemment : pour qu'ils s'approchent assez pour que l'interaction nucléaire forte prenne le relais, il faut qu'ils arrivent l'un sur l'autre à très grande vitesse. Or la température n'est rien d'autre qu'une mesure de l'agitation, donc de la vitesse moyenne des particules. Quinze millions de kelvins est la température à laquelle une fraction suffisante de protons dépasse cette barrière de répulsion électrique.

b) Cet écart s'appelle le DÉFAUT DE MASSE. Il correspond à la masse qui a été convertie en énergie : les produits sont plus liés que les réactifs, et l'énergie de liaison gagnée a été emportée par le rayonnement. La relation est E=Δm×c2E = \Delta m \times c^{2}, où Δm\Delta m est le défaut de masse et cc la célérité de la lumière dans le vide. Le facteur c2c^{2}, de l'ordre de 9×10169 \times 10^{16}, explique qu'une perte de masse minuscule libère une énergie colossale.

c) On inverse la relation : Δm=E/c2\Delta m = E / c^{2}. En une seconde, l'énergie rayonnée vaut 3,83×10263{,}83 \times 10^{26} J, donc la masse perdue vaut Δm=3,83×1026/(3,00×108)2=3,83×1026/9,00×10164,26×109\Delta m = 3{,}83 \times 10^{26} / (3{,}00 \times 10^{8})^{2} = 3{,}83 \times 10^{26} / 9{,}00 \times 10^{16} \approx 4{,}26 \times 10^{9} kg. Le Soleil perd donc environ quatre millions de tonnes par seconde, uniquement par rayonnement.

d) Un milliard d'années compte 109×365,25×24×3 6003,156×101610^{9} \times 365{,}25 \times 24 \times 3\ 600 \approx 3{,}156 \times 10^{16} secondes. La masse perdue vaut donc 4,26×109×3,156×10161,34×10264{,}26 \times 10^{9} \times 3{,}156 \times 10^{16} \approx 1{,}34 \times 10^{26} kg. Rapportée à la masse totale : 1,34×1026/1,99×10306,7×1051{,}34 \times 10^{26} / 1{,}99 \times 10^{30} \approx 6{,}7 \times 10^{-5}, soit environ 0,0070{,}007 pour cent. En un milliard d'années, le Soleil ne perd donc pas un dix-millième de sa masse : son rayonnement est d'une stabilité remarquable à l'échelle des temps géologiques, et c'est cette stabilité qui rend possible une histoire de la vie longue de plusieurs milliards d'années.

e) Parce que la fusion exige simultanément une température et une pression très élevées, conditions qui ne sont réunies qu'au centre. En s'éloignant du coeur, la pression exercée par les couches supérieures diminue, donc la température chute : elle passe de quinze millions de kelvins au centre à environ six mille kelvins en surface. Dès la sortie du coeur, qui n'occupe qu'un quart du rayon, la fusion s'arrête et l'énergie ne fait plus que se propager vers l'extérieur, d'abord par rayonnement puis par convection. Le Soleil n'est donc pas une boule qui brûle partout : c'est un réacteur central entouré d'une très épaisse couverture.

Exercice 2 : Les deux lois du rayonnement thermique

La courbe donne la puissance rayonnée par mètre carré en fonction de la température, pour un corps qui absorbe tout le rayonnement qu'il reçoit. Les deux points marqués correspondent à la Terre sans effet de serre et à la Terre réelle.

1002003004002004006008001000120014001600température en kelvinspuissance émise en W/m²
  • a) Énoncez la loi de Stefan et donnez sa formule. Que vaut la constante et quelle est son unité ?
  • b) Lisez sur la courbe la puissance émise à 255 K, puis à 288 K. Vérifiez les deux valeurs par le calcul.
  • c) La température passe de 255 K à 288 K, soit une hausse de 13 pour cent. De combien pour cent la puissance émise augmente-t-elle ? Expliquez le rapport entre les deux pourcentages.
  • d) Énoncez la loi de Wien. Calculez la longueur d'onde du maximum d'émission pour le Soleil, dont la surface est à 5 772 K, puis pour la Terre à 288 K. Situez chacune dans le spectre.
  • e) Pourquoi cette différence de longueur d'onde est-elle la clé de l'effet de serre ? Répondez en une phrase, qui sera développée à l'exercice 5.

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c)
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Réponses

  • a) P=σT4P = \sigma T^{4}, TT en kelvins
  • b) 239,7239{,}7 et 390,1390{,}1 W/m2^{2}
  • c) +12,912{,}9 % de température, +62,762{,}7 % de puissance
  • d) Soleil 502 nm, Terre 10 µm
  • e) Visible transmis, infrarouge absorbé

a) La loi de Stefan énonce que la puissance rayonnée par unité de surface d'un corps noir est proportionnelle à la puissance QUATRIÈME de sa température absolue : P=σT4P = \sigma T^{4}. La constante σ\sigma vaut 5,67×1085{,}67 \times 10^{-8}, et son unité est le watt par mètre carré et par kelvin à la puissance quatre, ce qui s'écrit W\cdotm2^{-2} \cdotK4^{-4}. La température doit impérativement être en KELVINS : employer des degrés Celsius donne un résultat sans aucun sens, et c'est l'erreur la plus fréquente sur cette formule.

b) À 255 K, la courbe donne environ 240 W/m2^{2}. Vérification : 5,67×108×2554=5,67×108×4,2283×109239,75{,}67 \times 10^{-8} \times 255^{4} = 5{,}67 \times 10^{-8} \times 4{,}2283 \times 10^{9} \approx 239{,}7 W/m2^{2}. À 288 K, la courbe donne environ 390 W/m2^{2}. Vérification : 5,67×108×2884=5,67×108×6,8797×109390,15{,}67 \times 10^{-8} \times 288^{4} = 5{,}67 \times 10^{-8} \times 6{,}8797 \times 10^{9} \approx 390{,}1 W/m2^{2}.

c) La puissance passe de 239,7239{,}7 à 390,1390{,}1, soit une hausse de (390,1239,7)/239,70,627(390{,}1 - 239{,}7) / 239{,}7 \approx 0{,}627, donc 62,762{,}7 pour cent. La température, elle, n'a augmenté que de (288255)/2550,129(288 - 255) / 255 \approx 0{,}129, soit 12,912{,}9 pour cent. Le rapport entre les deux s'explique par l'exposant 4 : multiplier la température par 1,1291{,}129 multiplie la puissance par 1,12941,6251{,}129^{4} \approx 1{,}625. Une petite variation de température produit donc une grande variation de puissance émise, et c'est précisément ce qui stabilise le climat : dès que la Terre se réchauffe un peu, elle évacue beaucoup plus.

d) La loi de Wien énonce que la longueur d'onde du maximum d'émission est inversement proportionnelle à la température : λmax=2,898×103T\lambda_{\max} = \frac{2{,}898 \times 10^{-3}}{T}, en mètres si TT est en kelvins. Pour le Soleil : λmax=2,898×103/5 7725,02×107\lambda_{\max} = 2{,}898 \times 10^{-3} / 5\ 772 \approx 5{,}02 \times 10^{-7} m, soit 502 nm, c'est-à-dire dans le VISIBLE, au voisinage du vert. Pour la Terre : λmax=2,898×103/2881,01×105\lambda_{\max} = 2{,}898 \times 10^{-3} / 288 \approx 1{,}01 \times 10^{-5} m, soit environ 10 micromètres, c'est-à-dire dans l'INFRAROUGE lointain, très loin du visible.

e) Parce que l'atmosphère n'est pas transparente de la même façon aux deux longueurs d'onde : elle laisse passer le rayonnement visible venu du Soleil et absorbe fortement le rayonnement infrarouge émis par la Terre, ce qui piège l'énergie au lieu de la laisser repartir.

Exercice 3 : Pourquoi il fait plus chaud à l'équateur

La figure montre deux faisceaux de même largeur, l'un tombant verticalement sur le sol, l'autre incliné de 30 degrés par rapport à la verticale. Ils transportent exactement la même puissance.

22,3rayons verticauxrayons inclinés
  • a) Mesurez sur la figure la longueur éclairée par chacun des deux faisceaux. Retrouvez la seconde par le calcul.
  • b) Les deux faisceaux transportent la même puissance. Comparez les puissances reçues PAR UNITÉ DE SURFACE. Donnez le rapport.
  • c) Établissez la relation générale entre la puissance surfacique reçue et l'angle d'incidence, mesuré depuis la verticale.
  • d) La constante solaire vaut 1 361 W/m2^{2}. Calculez la puissance surfacique reçue au sommet de l'atmosphère à l'équateur au midi d'un équinoxe, puis à la latitude de 45,5 degrés nord, dans les mêmes conditions.
  • e) Expliquez, avec cette relation, pourquoi il fait plus chaud à l'équateur qu'aux pôles, puis pourquoi il fait plus chaud en été qu'en hiver aux latitudes moyennes. Dites ce qui change dans chacun des deux cas.

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Réponses

  • a) 2 et 2,312{,}31 unités
  • b) Rapport cos30°0,866\cos 30° \approx 0{,}866
  • c) E=E0cosθE = E_{0} \cos\theta
  • d) 1 361 et 954 W/m2^{2}
  • e) Latitude ; orientation de l'axe

a) Le faisceau vertical éclaire une longueur de 2 unités, égale à sa propre largeur. Le faisceau incliné éclaire environ 2,32{,}3 unités. Calcul : la largeur du faisceau est la projection perpendiculaire, donc si LL est la longueur éclairée au sol et θ\theta l'angle d'incidence depuis la verticale, on a largeur =Lcosθ= L \cos\theta, d'où L=2/cos(30°)=2/0,8662,31L = 2 / \cos(30°) = 2 / 0{,}866 \approx 2{,}31 unités. La lecture confirme le calcul.

b) La même puissance est étalée sur une surface 2,31/2=1,1552{,}31 / 2 = 1{,}155 fois plus grande, donc la puissance par unité de surface est divisée par 1,1551{,}155 : elle vaut 1/1,1550,8661 / 1{,}155 \approx 0{,}866 fois celle du faisceau vertical, soit 86,686{,}6 pour cent. On reconnaît cos(30°)\cos(30°), ce qui n'est pas un hasard.

c) Si E0E_{0} est la puissance surfacique portée par le faisceau perpendiculairement à sa direction, la puissance reçue par unité de surface horizontale vaut E=E0cosθE = E_{0} \cos\theta, où θ\theta est l'angle entre les rayons et la verticale du lieu. C'est la loi de Lambert. Elle est purement géométrique : elle ne dépend ni de la nature du rayonnement, ni du sol, seulement de l'étalement du faisceau.

d) À l'équateur au midi d'un équinoxe, le Soleil est au zénith, donc θ=0\theta = 0 et E=1 361×cos(0°)=1 361E = 1\ 361 \times \cos(0°) = 1\ 361 W/m2^{2}. À la latitude de 45,5°45{,}5° nord dans les mêmes conditions, l'angle d'incidence vaut la latitude elle-même, 45,5°45{,}5°, donc E=1 361×cos(45,5°)1 361×0,7009954E = 1\ 361 \times \cos(45{,}5°) \approx 1\ 361 \times 0{,}7009 \approx 954 W/m2^{2}. Ce lieu reçoit donc, au même instant, environ 70 pour cent de ce que reçoit l'équateur, soit une perte de 30 pour cent due au seul angle.

e) Il fait plus chaud à l'ÉQUATEUR parce que les rayons y arrivent en moyenne beaucoup plus près de la verticale : le cosinus y est proche de 1 toute l'année, alors qu'aux pôles il reste faible même en été. Ce qui change d'un lieu à l'autre est donc la LATITUDE, qui fixe l'angle d'incidence moyen. Il fait plus chaud en ÉTÉ aux latitudes moyennes parce que l'axe de rotation de la Terre est incliné de 23,4°23{,}4° sur le plan de son orbite : en été, l'hémisphère nord est incliné VERS le Soleil, ce qui réduit l'angle d'incidence à midi et allonge en même temps la durée du jour. Ce qui change d'une saison à l'autre est donc l'ORIENTATION de l'axe par rapport au Soleil, et non la distance au Soleil, qui est d'ailleurs minimale début janvier, en plein hiver boréal.

Exercice 4 : Le bilan radiatif de la Terre

Le schéma donne les trois flux d'énergie qui traversent le sommet de l'atmosphère, en watts par mètre carré moyennés sur toute la surface du globe et sur l'année.

340 reçus100 réfléchis240 émissommet de l'atmosphèresurface de la Terre
  • a) La constante solaire vaut 1 361 W/m2^{2}. Montrez que la puissance surfacique moyenne reçue par la Terre vaut environ 340 W/m2^{2}. Le facteur employé mérite une justification géométrique.
  • b) Qu'appelle-t-on albédo ? Lisez sa valeur sur le schéma et citez trois surfaces d'albédo très différent.
  • c) Vérifiez la cohérence du schéma : que doit valoir la somme des flux montants pour que la température de la Terre soit stable ? Est-ce le cas ?
  • d) Un déséquilibre de 1 W/m2^{2} s'installe. Sachant que la surface terrestre vaut 5,10×10145{,}10 \times 10^{14} m2^{2}, quelle puissance cela représente-t-il ? Comparez à la consommation mondiale d'énergie, environ 1,9×10131{,}9 \times 10^{13} W.
  • e) La banquise fond et laisse place à l'océan. Expliquez l'effet sur l'albédo, puis sur le bilan. Comment appelle-t-on ce type d'enchaînement, et en quoi complique-t-il la prévision ?

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Réponses

  • a) 1 361/43401\ 361 / 4 \approx 340 W/m2^{2}
  • b) Albédo 0,29\approx 0{,}29
  • c) 100+240=340100 + 240 = 340 : équilibré
  • d) 5,1×10145{,}1 \times 10^{14} W, 27 fois la consommation
  • e) Albédo en baisse : rétroaction positive

a) La Terre INTERCEPTE le rayonnement solaire sur un disque de rayon RR, d'aire πR2\pi R^{2}, mais elle le RÉPARTIT sur toute sa sphère, d'aire 4πR24\pi R^{2}, puisqu'elle tourne sur elle-même et que l'énergie se redistribue. Le facteur est donc πR2/4πR2=1/4\pi R^{2} / 4\pi R^{2} = 1/4. La puissance surfacique moyenne vaut 1 361/4340,31\ 361 / 4 \approx 340{,}3 W/m2^{2}. La justification géométrique est essentielle : le quart ne vient pas d'une moyenne d'angles mais du rapport entre l'aire d'un disque et celle d'une sphère de même rayon.

b) L'albédo est la fraction du rayonnement incident qui est RENVOYÉE sans être absorbée. Sur le schéma, la Terre reçoit 340 et réfléchit 100, donc l'albédo vaut 100/3400,29100 / 340 \approx 0{,}29, soit environ 0,300{,}30. Trois surfaces très différentes : la neige fraîche, d'albédo voisin de 0,850{,}85, qui renvoie presque tout ; l'océan, d'albédo voisin de 0,060{,}06 pour un Soleil haut, qui absorbe presque tout ; une forêt de conifères, d'albédo voisin de 0,100{,}10. L'écart entre neige et océan, d'un facteur quatorze, est ce qui rend les régions polaires si sensibles.

c) Pour que la température soit stable, l'énergie sortante doit compenser exactement l'énergie entrante : la somme des flux montants doit donc égaler le flux descendant, soit 340 W/m2^{2}. Sur le schéma, les flux montants valent 100+240=340100 + 240 = 340 W/m2^{2} : le bilan est bien équilibré. C'est la condition d'équilibre RADIATIF, et elle ne dit rien de la valeur de la température, seulement qu'elle ne varie pas.

d) La puissance vaut 1×5,10×1014=5,10×10141 \times 5{,}10 \times 10^{14} = 5{,}10 \times 10^{14} W. Rapportée à la consommation mondiale : 5,10×1014/1,9×1013275{,}10 \times 10^{14} / 1{,}9 \times 10^{13} \approx 27. Un déséquilibre d'un seul watt par mètre carré représente donc environ 27 fois toute l'énergie consommée par l'humanité, chaleur, transports et électricité comprises. C'est le chiffre à retenir pour comprendre pourquoi un déséquilibre apparemment minuscule déplace le climat d'une planète entière.

e) La banquise a un albédo élevé, voisin de 0,60{,}6 pour la glace de mer, et l'océan un albédo très faible, voisin de 0,060{,}06. Sa fonte fait donc CHUTER l'albédo local, donc augmenter la fraction absorbée, donc le déséquilibre du bilan, donc le réchauffement, donc la fonte : l'effet initial est amplifié par sa propre conséquence. On appelle cet enchaînement une RÉTROACTION POSITIVE, le mot positif signifiant amplificatrice et non bénéfique. Il complique la prévision de deux façons : il rend la réponse du système non proportionnelle à la perturbation, et il introduit des seuils au-delà desquels le retour en arrière n'est plus possible aux mêmes conditions.

Exercice 5 : L'effet de serre

Sans atmosphère, la température moyenne de la surface terrestre serait de moins 18 degrés Celsius. Elle en vaut 15. L'écart de 33 degrés n'a rien à voir avec le fonctionnement d'une serre de jardinier, malgré le nom.

  • a) Expliquez le mécanisme de l'effet de serre en quatre étapes, en réutilisant les longueurs d'onde calculées à l'exercice 2.
  • b) Citez quatre gaz à effet de serre et dites lequel contribue le plus, puis lequel est le plus directement modifié par les activités humaines.
  • c) Le diazote et le dioxygène représentent 99 pour cent de l'atmosphère et ne sont PAS des gaz à effet de serre. Expliquez pourquoi, en une phrase portant sur la structure des molécules.
  • d) La vapeur d'eau est le premier gaz à effet de serre en contribution, et pourtant on ne cherche pas à en réduire les émissions. Expliquez ce paradoxe apparent.
  • e) Pourquoi le nom d'effet de serre est-il impropre ? Expliquez ce qui réchauffe réellement une serre de jardinier.

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Réponses

  • a) Visible transmis, infrarouge renvoyé en partie
  • b) Vapeur d'eau en tête, dioxyde de carbone modifié
  • c) Diatomique homonucléaire : pas d'absorption
  • d) Vapeur d'eau : rétroaction, pas forçage
  • e) Serre : convection bloquée

a) Quatre étapes. Un, le Soleil émet principalement dans le VISIBLE, autour de 502 nm, et l'atmosphère est largement transparente à ces longueurs d'onde : le rayonnement atteint le sol. Deux, le sol l'ABSORBE et s'échauffe. Trois, comme tout corps à environ 288 K, le sol RÉÉMET, mais dans l'infrarouge lointain, autour de 10 micromètres, conformément à la loi de Wien. Quatre, certains gaz de l'atmosphère ABSORBENT fortement cet infrarouge et le réémettent dans toutes les directions, donc en partie vers le bas : le sol reçoit ainsi un flux supplémentaire venu de l'atmosphère, et sa température d'équilibre s'établit plus haut. Le point décisif est le décalage de longueur d'onde entre l'aller et le retour : l'atmosphère est un filtre à sens unique.

b) Quatre gaz à effet de serre : la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote. Celui qui CONTRIBUE le plus est de loin la vapeur d'eau, responsable d'environ 60 pour cent de l'effet naturel. Celui qui est le plus directement modifié par les activités humaines est le DIOXYDE DE CARBONE, dont la concentration est passée d'environ 280 parties par million avant l'ère industrielle à plus de 420 aujourd'hui, soit une hausse de 50 pour cent.

c) Parce que ce sont des molécules DIATOMIQUES formées de deux atomes identiques : elles n'ont aucun moment dipolaire, ni permanent ni induit par leurs vibrations, et une molécule ne peut absorber un rayonnement infrarouge que si sa vibration fait varier son moment dipolaire. Un gaz à effet de serre est donc au minimum triatomique, comme l'eau et le dioxyde de carbone, ou diatomique à atomes différents. C'est un critère structural, pas une question de quantité.

d) Parce que la vapeur d'eau n'est pas un FORÇAGE, c'est une RÉTROACTION. Sa concentration dans l'atmosphère n'est pas fixée par nos émissions mais par la température : plus l'air est chaud, plus il peut contenir de vapeur, et le surplus se condense en quelques jours. Émettre de la vapeur ne change donc rien durablement, elle retombe en pluie. En revanche, tout réchauffement provoqué par une autre cause augmente la teneur en vapeur d'eau, ce qui amplifie ce réchauffement : la vapeur d'eau double approximativement l'effet du dioxyde de carbone. Elle n'est pas le levier, elle est le multiplicateur.

e) Le nom est impropre parce qu'une serre de jardinier ne se réchauffe presque pas par piégeage du rayonnement infrarouge. Ce qui la réchauffe est surtout le blocage de la CONVECTION : le vitrage empêche l'air chaud du sol de s'élever et d'être remplacé par de l'air froid. Une serre en sel gemme, parfaitement transparente à l'infrarouge, se réchauffe presque autant qu'une serre en verre, ce qui a été vérifié expérimentalement dès 1909. L'atmosphère, elle, n'empêche aucune convection : elle agit bien par absorption sélective du rayonnement. Les deux phénomènes portent le même nom et n'ont pas le même mécanisme.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Calculer la température d'équilibre de la Terre

On veut retrouver par le calcul le nombre annoncé à l'exercice 5 : moins 18 degrés Celsius sans atmosphère. On prendra une constante solaire de 1 361 W/m2^{2}, un albédo de 0,30 et σ=5,67×108\sigma = 5{,}67 \times 10^{-8}.

  • a) Calculez la puissance surfacique moyenne reçue au sommet de l'atmosphère, puis celle réellement absorbée par le système Terre.
  • b) Écrivez la condition d'équilibre radiatif et déduisez-en la température, en kelvins puis en degrés Celsius.
  • c) Comparez à la température moyenne réelle, 15 degrés Celsius. Quel est l'écart ? À quoi est-il dû ?
  • d) On suppose l'albédo porté à 0,32 par une couverture nuageuse accrue. Recalculez la température d'équilibre. De combien varie-t-elle ?
  • e) Vénus a un albédo de 0,77 et reçoit une constante solaire de 2 601 W/m2^{2}. Calculez sa température d'équilibre. Sa température de surface réelle vaut 464 degrés Celsius. Que peut-on en conclure ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 340,3340{,}3 reçus, 238,2238{,}2 W/m2^{2} absorbés
  • b) 254,6254{,}6 K, soit 18,6-18{,}6 °C
  • c) 33,533{,}5 K d'effet de serre
  • d) 252,7252{,}7 K : 1,8-1{,}8 K
  • e) Vénus 226,6226{,}6 K contre 737 K

a) La puissance surfacique moyenne reçue vaut le quart de la constante solaire, soit 1 361/4340,31\ 361 / 4 \approx 340{,}3 W/m2^{2}. La fraction réfléchie étant l'albédo, la fraction absorbée vaut 10,30=0,701 - 0{,}30 = 0{,}70. La puissance absorbée vaut donc 340,3×0,70238,2340{,}3 \times 0{,}70 \approx 238{,}2 W/m2^{2}.

b) À l'équilibre, la puissance émise égale la puissance absorbée : σT4=238,2\sigma T^{4} = 238{,}2. D'où T4=238,2/(5,67×108)4,201×109T^{4} = 238{,}2 / (5{,}67 \times 10^{-8}) \approx 4{,}201 \times 10^{9}, puis T=(4,201×109)1/4254,6T = (4{,}201 \times 10^{9})^{1/4} \approx 254{,}6 K. En degrés Celsius : 254,6273,1518,6254{,}6 - 273{,}15 \approx -18{,}6 °C. On retrouve bien la valeur annoncée. La racine quatrième s'obtient en prenant deux fois la racine carrée, ce qui évite toute manipulation d'exposant fractionnaire à la calculatrice.

c) La température réelle vaut 15 °C, soit 288,15288{,}15 K. L'écart vaut 288,15254,633,5288{,}15 - 254{,}6 \approx 33{,}5 K, soit environ 33 degrés. Il est entièrement dû à l'EFFET DE SERRE : le calcul précédent suppose que la Terre rayonne directement vers l'espace depuis sa surface, alors qu'en réalité l'atmosphère absorbe l'infrarouge et en renvoie une partie vers le sol. Sans cet écart de 33 degrés, l'eau liquide serait rare à la surface du globe.

d) Avec un albédo de 0,320{,}32, la puissance absorbée devient 340,3×0,68231,4340{,}3 \times 0{,}68 \approx 231{,}4 W/m2^{2}. Alors T4=231,4/(5,67×108)4,081×109T^{4} = 231{,}4 / (5{,}67 \times 10^{-8}) \approx 4{,}081 \times 10^{9}, d'où T252,7T \approx 252{,}7 K. La température baisse de 254,58252,741,8254{,}58 - 252{,}74 \approx 1{,}8 K. Deux centièmes d'albédo suffisent donc à déplacer la température d'équilibre de près de deux degrés : c'est l'ordre de grandeur du réchauffement observé depuis un siècle, ce qui montre à quel point le système est sensible à la couverture nuageuse. Or celle-ci est justement l'une des grandeurs les plus difficiles à modéliser.

e) Pour Vénus : puissance absorbée =(2 601/4)×(10,77)=650,25×0,23149,6= (2\ 601 / 4) \times (1 - 0{,}77) = 650{,}25 \times 0{,}23 \approx 149{,}6 W/m2^{2}. Alors T4=149,6/(5,67×108)2,638×109T^{4} = 149{,}6 / (5{,}67 \times 10^{-8}) \approx 2{,}638 \times 10^{9}, d'où T226,6T \approx 226{,}6 K, soit environ 46,5-46{,}5 °C. La température réelle est de 464 °C, soit 737 K : l'écart dépasse 510 degrés. On en conclut que Vénus subit un effet de serre gigantesque, quinze fois plus intense que celui de la Terre, dû à une atmosphère massive composée à 96 pour cent de dioxyde de carbone. Le résultat est instructif : Vénus reçoit presque deux fois plus d'énergie que la Terre mais en absorbe MOINS, à cause de son albédo très élevé ; sa chaleur ne vient donc pas du Soleil, elle vient entièrement de son atmosphère.

Exercice 7 : La photosynthèse, une conversion à faible rendement

Toute la biomasse de la planète, et donc toute notre alimentation, vient d'une seule réaction : la conversion de l'énergie lumineuse en énergie chimique par les organismes chlorophylliens. Son rendement est très faible, et cela a des conséquences très concrètes.

  • a) Écrivez en mots le bilan de la photosynthèse : ce qui entre, ce qui sort, et sous quelle forme l'énergie est stockée.
  • b) Un mètre carré de sol reçoit 1 300 kilowattheures par an. Convertissez en joules.
  • c) Le rendement de la photosynthèse est d'environ 0,5 pour cent en conditions naturelles. Sachant qu'un kilogramme de matière sèche libère 17 mégajoules à la combustion, calculez la production annuelle en kilogrammes par mètre carré, puis en tonnes par hectare.
  • d) Un panneau photovoltaïque a un rendement de 20 pour cent. Comparez, pour la même surface et la même année, l'énergie utile produite par le panneau et par la végétation. Quel facteur ?
  • e) Pourquoi ce faible rendement n'a-t-il pas empêché la vie de couvrir la planète ? Et pourquoi rend-il les agrocarburants problématiques ? Répondez aux deux questions séparément.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Énergie chimique de la matière organique
  • b) 4,68×1094{,}68 \times 10^{9} J par m2^{2}
  • c) 1,381{,}38 kg/m2^{2}, 13,813{,}8 t/ha
  • d) 260 contre 6,56{,}5 kWh : facteur 40
  • e) Faible rendement : grande surface

a) Entrent le dioxyde de carbone, l'eau et l'énergie lumineuse ; sortent la matière organique, essentiellement des glucides, et le dioxygène. L'énergie est stockée sous forme d'ÉNERGIE CHIMIQUE dans les liaisons de la matière organique produite. Le point important est que la photosynthèse est une réaction ENDOTHERMIQUE au sens large : elle ne peut se produire que si une énergie extérieure l'alimente, ce qui la distingue de toutes les réactions spontanées.

b) Un kilowattheure vaut 3,6×1063{,}6 \times 10^{6} J. Donc 1 3001\ 300 kWh =1 300×3,6×106=4,68×109= 1\ 300 \times 3{,}6 \times 10^{6} = 4{,}68 \times 10^{9} J par mètre carré et par an. L'ordre de grandeur mérite d'être noté : près de cinq milliards de joules tombent chaque année sur un mètre carré de sol.

c) L'énergie stockée vaut 4,68×109×0,005=2,34×1074{,}68 \times 10^{9} \times 0{,}005 = 2{,}34 \times 10^{7} J par mètre carré et par an. Comme un kilogramme de matière sèche vaut 1,7×1071{,}7 \times 10^{7} J, la production vaut 2,34×107/1,7×1071,382{,}34 \times 10^{7} / 1{,}7 \times 10^{7} \approx 1{,}38 kg par mètre carré et par an. Un hectare valant 10 00010\ 000 m2^{2}, cela fait 1,38×10 000=13 7651{,}38 \times 10\ 000 = 13\ 765 kg, soit environ 13,813{,}8 tonnes de matière sèche par hectare et par an. C'est bien l'ordre de grandeur d'une forêt tempérée productive, ce qui valide les hypothèses.

d) Le panneau produit 4,68×109×0,20=9,36×1084{,}68 \times 10^{9} \times 0{,}20 = 9{,}36 \times 10^{8} J par mètre carré et par an, soit 9,36×108/3,6×106=2609{,}36 \times 10^{8} / 3{,}6 \times 10^{6} = 260 kWh. La végétation stocke 2,34×1072{,}34 \times 10^{7} J, soit 6,56{,}5 kWh. Le rapport vaut 9,36×108/2,34×107=409{,}36 \times 10^{8} / 2{,}34 \times 10^{7} = 40 : le panneau produit quarante fois plus d'énergie utile que la végétation sur la même surface. Le rapport est exactement celui des rendements, 0,20/0,005=400{,}20 / 0{,}005 = 40, ce qui est normal puisque l'énergie incidente est la même.

e) Le faible rendement n'a pas empêché la vie de couvrir la planète parce que la SURFACE disponible est immense et l'énergie reçue gratuite et renouvelée chaque jour : un demi pour cent d'une ressource illimitée reste une quantité colossale, et rien ne pressait. La vie n'a pas eu à optimiser, elle a eu à durer. Les agrocarburants sont problématiques pour une raison inverse : quand on veut produire une quantité d'énergie DONNÉE, le faible rendement se traduit directement en SURFACE occupée, quarante fois plus qu'avec du photovoltaïque d'après la question d, et cette surface entre en concurrence avec l'alimentation et avec les milieux naturels. Ce qui était sans importance pour une biosphère devient dimensionnant pour une industrie.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Il fait plus chaud en été parce que la Terre est plus proche du Soleil. »
  • 2) « La puissance moyenne reçue par la Terre vaut la constante solaire, 1 361 W/m². »
  • 3) « L'effet de serre est un phénomène nuisible qu'il faudrait supprimer. »
  • 4) « Le diazote, qui représente 78 pour cent de l'atmosphère, est le principal gaz à effet de serre. »
  • 5) « Une hausse de 13 pour cent de la température fait monter de 13 pour cent la puissance rayonnée. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) Inclinaison de l'axe, pas distance
  • 2) Quart de la constante solaire
  • 3) Effet de serre naturel indispensable
  • 4) Diazote transparent à l'infrarouge
  • 5) Exposant 4 : +63 %

1) FAUX, et l'inverse est même vrai dans l'hémisphère nord : la Terre passe au plus près du Soleil début janvier. Les saisons viennent de l'INCLINAISON de l'axe de rotation, de 23,4°23{,}4° sur le plan de l'orbite : en été, l'hémisphère considéré est incliné vers le Soleil, l'angle d'incidence diminue et la durée du jour augmente. Énoncé correct : les saisons sont dues à l'inclinaison de l'axe terrestre, non à la variation de distance, qui ne fait varier la constante solaire que de 3 pour cent environ.

2) FAUX. La constante solaire est la puissance reçue perpendiculairement, en un point où le Soleil est au zénith. La Terre intercepte le flux sur un disque d'aire πR2\pi R^{2} mais le répartit sur une sphère d'aire 4πR24\pi R^{2}. Énoncé correct : la puissance surfacique moyenne vaut le QUART de la constante solaire, soit environ 340 W/m², et le facteur un quart est le rapport entre l'aire d'un disque et celle d'une sphère de même rayon.

3) FAUX. Sans effet de serre, la température moyenne de surface serait de 18-18 °C au lieu de 15 °C : l'eau liquide serait rare et la vie telle que nous la connaissons impossible. Énoncé correct : l'effet de serre naturel est indispensable ; ce qui pose problème est son RENFORCEMENT rapide par les émissions humaines, qui déplace le climat plus vite que les écosystèmes et les sociétés ne peuvent s'y adapter.

4) FAUX. Le diazote est une molécule diatomique formée de deux atomes identiques : ses vibrations ne font pas varier son moment dipolaire, donc elle n'absorbe pas l'infrarouge. Sa quantité n'y change rien. Énoncé correct : les gaz à effet de serre sont ceux dont les vibrations modifient le moment dipolaire, essentiellement la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, et leur efficacité ne dépend pas de leur abondance mais de leur structure.

5) FAUX. La loi de Stefan donne P=σT4P = \sigma T^{4} : la puissance varie comme la puissance quatrième de la température. Une hausse de 13 pour cent multiplie la puissance par 1,1341,631{,}13^{4} \approx 1{,}63, soit une hausse de 63 pour cent. Énoncé correct : une variation relative de température se traduit par une variation relative de puissance environ QUATRE fois plus grande, ce qui est précisément ce qui stabilise le climat.

Exercice 9 : Des combustibles fossiles à l'énergie solaire

La frise place, sur une échelle où chaque graduation vaut cent fois la précédente, la durée de formation du charbon et la durée pendant laquelle l'humanité en aura consommé les réserves.

1 an100 ans10 ka1 Ma100 Ma10 Gaconsommation des réservesformation du charbon
  • a) Expliquez d'où vient l'énergie contenue dans un morceau de charbon. Remontez jusqu'à sa source ultime.
  • b) Lisez sur la frise les deux durées et calculez leur rapport. Que traduit ce rapport ?
  • c) Une centrale à charbon de 600 MW fonctionne 6 000 heures par an avec un rendement de 40 pour cent. Quelle énergie thermique consomme-t-elle par an ? Sachant qu'un kilogramme de charbon libère 30 MJ, quelle masse cela représente-t-il ?
  • d) La combustion d'un kilogramme de charbon dégage environ 2,4 kg de dioxyde de carbone. Quelle masse cette centrale rejette-t-elle par an ?
  • e) Une centrale photovoltaïque produisant la même énergie annuelle occuperait quelle surface, avec les chiffres de l'exercice 7 ? Comparez à la surface d'une ville et commentez honnêtement les deux limites de la comparaison.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Énergie solaire fossile
  • b) Rapport 1,5×1061{,}5 \times 10^{6}
  • c) 3,24×10163{,}24 \times 10^{16} J, 1,08×1091{,}08 \times 10^{9} kg
  • d) 2,62{,}6 millions de tonnes de CO2_{2}
  • e) 13,813{,}8 km2^{2}, sans compter le stockage

a) L'énergie d'un morceau de charbon est de l'énergie chimique, stockée dans les liaisons de la matière organique. Cette matière organique provient de végétaux qui ont vécu il y a environ 300 millions d'années et qui ont été enfouis avant de se décomposer. Ces végétaux avaient eux-mêmes construit leur matière par PHOTOSYNTHÈSE, à partir de dioxyde de carbone, d'eau et de lumière. La source ultime est donc le rayonnement du SOLEIL, capté il y a trois cents millions d'années et conservé depuis. Brûler du charbon, c'est libérer de l'énergie solaire fossile, et rendre à l'atmosphère le carbone qui en avait été retiré.

b) La frise place la formation du charbon vers 300 millions d'années et la consommation des réserves vers deux siècles. Le rapport vaut 3×108/2×102=1,5×1063 \times 10^{8} / 2 \times 10^{2} = 1{,}5 \times 10^{6}, soit un million et demi. Ce rapport traduit le caractère NON RENOUVELABLE de la ressource à l'échelle humaine : nous consommons en deux cents ans un stock qui a mis un million et demi de fois plus longtemps à se constituer. Une ressource n'est pas renouvelable ou non en soi, elle l'est relativement à un rythme de prélèvement.

c) L'énergie électrique produite vaut 600×106×6 000×3 600=1,296×1016600 \times 10^{6} \times 6\ 000 \times 3\ 600 = 1{,}296 \times 10^{16} J. Avec un rendement de 40 pour cent, l'énergie thermique consommée vaut 1,296×1016/0,40=3,24×10161{,}296 \times 10^{16} / 0{,}40 = 3{,}24 \times 10^{16} J. À 30 MJ par kilogramme, la masse de charbon vaut 3,24×1016/3,0×107=1,08×1093{,}24 \times 10^{16} / 3{,}0 \times 10^{7} = 1{,}08 \times 10^{9} kg, soit environ 1,081{,}08 million de tonnes par an. C'est près de trois mille tonnes par jour, soit une trentaine de wagons quotidiens.

d) La masse de dioxyde de carbone vaut 1,08×109×2,4=2,59×1091{,}08 \times 10^{9} \times 2{,}4 = 2{,}59 \times 10^{9} kg, soit environ 2,62{,}6 millions de tonnes par an pour une seule centrale. À titre de repère, une empreinte carbone individuelle compatible avec les objectifs climatiques est de l'ordre de 2 tonnes par an : cette centrale émet donc autant que 1,31{,}3 million de personnes vivant selon cet objectif.

e) L'énergie électrique annuelle vaut 1,296×10161{,}296 \times 10^{16} J, soit 1,296×1016/3,6×106=3,6×1091{,}296 \times 10^{16} / 3{,}6 \times 10^{6} = 3{,}6 \times 10^{9} kWh. Avec 260 kWh par mètre carré et par an, il faut 3,6×109/2601,38×1073{,}6 \times 10^{9} / 260 \approx 1{,}38 \times 10^{7} m2^{2}, soit environ 13,813{,}8 km2^{2}. C'est l'ordre de grandeur d'une petite ville. Deux limites doivent être dites honnêtement. D'abord, la comparaison porte sur l'ÉNERGIE et non sur la puissance disponible à la demande : le photovoltaïque ne produit ni la nuit ni sous les nuages, il faut donc y ajouter un stockage ou une autre source, ce que la surface calculée ignore. Ensuite, la surface au sol n'est pas nécessairement prise sur des terres neuves : toitures, parkings et friches en fournissent une part importante, alors que la mine de charbon, elle, occupe aussi une surface, rarement comptée dans ce genre de comparaison.

Exercice 10 : Problème : le solaire sur le toit d'un lycée

Un lycée consomme 250 000 kilowattheures d'électricité par an. Son toit plat mesure 1 800 m2^{2}, dont 60 pour cent sont utilisables. Sur ce site, un mètre carré de panneau bien orienté reçoit 1 350 kWh par an, et les panneaux envisagés ont un rendement de 20 pour cent.

  • a) Calculez l'énergie produite par mètre carré de panneau et par an, puis la surface nécessaire pour couvrir toute la consommation.
  • b) Cette surface tient-elle sur le toit ? Quelle proportion de la consommation le toit permet-il de couvrir au mieux ?
  • c) La production est très inégale dans l'année : environ 70 pour cent entre avril et septembre. Calculez la production de chaque semestre et comparez au profil de consommation d'un établissement scolaire.
  • d) Le fabricant annonce une perte de 0,5 pour cent par an : chaque année, le rendement est multiplié par 0,995. Quel sera le rendement au bout de 25 ans ? Quelle fraction de la production initiale cela représente-t-il ? Que trouverait-on en lisant à tort une perte de 0,5 POINT de rendement par an ?
  • e) Rédigez en cinq lignes la recommandation à faire au conseil d'administration, en distinguant ce que le calcul établit, ce qu'il ignore, et ce qu'il faudrait mesurer avant de décider.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 270 kWh/m2^{2}, 926 m2^{2}
  • b) 1 080 m2^{2} : 117 % au mieux
  • c) 204 120204\ 120 contre 87 48087\ 480 kWh
  • d) 17,617{,}6 %, soit 88,288{,}2 % ; en points 7,57{,}5 %
  • e) Mesurer la courbe de charge avant de décider

a) Un mètre carré de panneau produit 1 350×0,20=2701\ 350 \times 0{,}20 = 270 kWh par an. Pour couvrir 250 000250\ 000 kWh, il faut 250 000/270926250\ 000 / 270 \approx 926 m2^{2} de panneaux.

b) La surface utilisable vaut 1 800×0,60=1 0801\ 800 \times 0{,}60 = 1\ 080 m2^{2}, ce qui dépasse les 926 m2^{2} nécessaires : la surface SUFFIT, avec une marge d'environ 17 pour cent. Au mieux, le toit entier produirait 1 080×270=291 6001\ 080 \times 270 = 291\ 600 kWh par an, soit 291 600/250 0001,17291\ 600 / 250\ 000 \approx 1{,}17 fois la consommation, donc 117 pour cent. Il faut toutefois se garder de conclure que le lycée serait autonome, pour la raison développée à la question c.

c) Sur les 291 600291\ 600 kWh d'une installation pleine, 7070 pour cent tombent d'avril à septembre, soit 204 120204\ 120 kWh, et 30 pour cent d'octobre à mars, soit 87 48087\ 480 kWh. Or le profil de consommation d'un établissement scolaire est exactement INVERSE : la consommation est maximale d'octobre à mars, à cause de l'éclairage et du chauffage, et minimale en juillet et août, mois pendant lesquels l'établissement est presque vide. La production est donc maximale quand le besoin est minimal. C'est le point décisif du dossier, et il n'apparaît nulle part dans le bilan annuel de la question b.

d) Une perte RELATIVE de 0,50{,}5 pour cent par an multiplie le rendement par 0,9950{,}995 chaque année. Après 25 ans, il vaut 20×0,9952520×0,882217,620 \times 0{,}995^{25} \approx 20 \times 0{,}8822 \approx 17{,}6 pour cent, soit 88,288{,}2 pour cent de la production initiale. En lisant à tort une perte de 0,50{,}5 POINT par an, on retirerait 25×0,5=12,525 \times 0{,}5 = 12{,}5 points, et le rendement tomberait à 2012,5=7,520 - 12{,}5 = 7{,}5 pour cent, soit 37,537{,}5 pour cent de la production initiale : l'écart entre les deux lectures est considérable, et c'est exactement le genre d'ambiguïté qu'un devis doit lever par écrit avant signature.

e) La recommandation. Un, le calcul ÉTABLIT que la surface de toiture suffit largement, à 1 080 m2^{2} utilisables contre 926 nécessaires, et que la production annuelle couvrirait 117 pour cent de la consommation. Deux, le calcul IGNORE le décalage saisonnier : 70 pour cent de la production arrive quand l'établissement consomme le moins, si bien que l'autonomie réelle sera très inférieure au bilan annuel, et qu'une part importante devra être injectée sur le réseau ou perdue. Trois, il ignore également la structure du toit, qui doit supporter la charge, l'ombrage éventuel, le coût d'installation et le tarif de rachat, qui décident seuls de la rentabilité. Quatre, avant de décider, il faut MESURER trois choses : la courbe de charge horaire réelle du lycée sur une année, la capacité portante de la toiture par une étude de structure, et les conditions de rachat du surplus. Cinq, une installation dimensionnée sur la consommation d'hiver plutôt que sur le bilan annuel, donc plus petite que le maximum possible, sera très probablement le meilleur choix économique, et c'est cette hypothèse qu'il faut chiffrer en priorité.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : La constante solaire, du Soleil aux planètes

Le Soleil rayonne une puissance totale P=3,83×1026P = 3{,}83 \times 10^{26} W, émise également dans toutes les directions. La distance moyenne de la Terre au Soleil vaut 1,496×10111{,}496 \times 10^{11} m, soit une unité astronomique (UA). On prendra σ=5,67×108\sigma = 5{,}67 \times 10^{-8} W\cdotm2^{-2}\cdotK4^{-4}.

  • a) À la distance dd du Soleil, la puissance PP est répartie sur une sphère de rayon dd. Écrivez la puissance reçue par mètre carré perpendiculaire aux rayons, puis calculez-la à la distance de la Terre.
  • b) Par combien la puissance surfacique est-elle divisée quand la distance est multipliée par 2 ? Par 3 ?
  • c) Mars orbite à 1,5241{,}524 UA. Calculez la constante solaire martienne, puis la température d'équilibre de Mars, d'albédo 0,250{,}25, avec la méthode de l'exercice 6.
  • d) Jupiter orbite à 5,205{,}20 UA. Calculez la constante solaire à cette distance. Quelle surface de panneaux une sonde doit-elle déployer près de Jupiter pour capter la même puissance qu'un mètre carré près de la Terre ?
  • e) L'orbite terrestre est légèrement elliptique : la distance varie de 0,9830{,}983 UA début janvier à 1,0171{,}017 UA début juillet. Calculez la constante solaire à ces deux dates et l'écart relatif de chacune avec la valeur moyenne. Cet écart explique-t-il les saisons ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) E=P/(4πd2)1 362E = P / (4\pi d^{2}) \approx 1\ 362 W/m2^{2}
  • b) Divisée par 4, puis par 9
  • c) Mars : 586 W/m2^{2}, 210 K
  • d) Jupiter : 50,450{,}4 W/m2^{2}, 27 m2^{2}
  • e) 1 409 et 1 317 : pas les saisons

a) La sphère de rayon dd a pour aire 4πd24\pi d^{2}, donc la puissance surfacique vaut E=P4πd2E = \frac{P}{4\pi d^{2}}. À la distance de la Terre : E=3,83×10264π×(1,496×1011)23,83×10262,812×10231 362E = \frac{3{,}83 \times 10^{26}}{4\pi \times (1{,}496 \times 10^{11})^{2}} \approx \frac{3{,}83 \times 10^{26}}{2{,}812 \times 10^{23}} \approx 1\ 362 W/m2^{2}. On retrouve la constante solaire, 1 361 W/m2^{2} : elle n'est pas une donnée indépendante, elle découle de la puissance du Soleil et de la distance.

b) EE est inversement proportionnelle au CARRÉ de la distance. Doubler la distance divise la puissance surfacique par 22=42^{2} = 4 ; la tripler la divise par 32=93^{2} = 9. La même puissance s'étale sur une sphère dont l'aire a été multipliée par 4 ou par 9.

c) EMars=1 3621,5242586E_{\mathrm{Mars}} = \frac{1\ 362}{1{,}524^{2}} \approx 586 W/m2^{2}, soit 43 pour cent de la valeur terrestre. Puissance moyenne absorbée : 5864×(10,25)109,9\frac{586}{4} \times (1 - 0{,}25) \approx 109{,}9 W/m2^{2}. Équilibre : σT4=109,9\sigma T^{4} = 109{,}9, donc T=(109,95,67×108)1/4210T = \left(\frac{109{,}9}{5{,}67 \times 10^{-8}}\right)^{1/4} \approx 210 K, soit environ 63-63 °C. La température moyenne mesurée sur Mars est de cet ordre : son atmosphère très ténue ne produit presque aucun effet de serre.

d) EJupiter=1 3625,20250,4E_{\mathrm{Jupiter}} = \frac{1\ 362}{5{,}20^{2}} \approx 50{,}4 W/m2^{2}. La puissance surfacique étant 5,202275{,}20^{2} \approx 27 fois plus faible, il faut environ 27 m2^{2} de panneaux pour capter la puissance d'un seul mètre carré près de la Terre. C'est pourquoi les sondes vers les planètes lointaines emportent d'immenses panneaux, ou une source d'énergie nucléaire.

e) Début janvier : 1 3620,98321 409\frac{1\ 362}{0{,}983^{2}} \approx 1\ 409 W/m2^{2}, soit 3,53{,}5 pour cent de plus que la moyenne. Début juillet : 1 3621,01721 317\frac{1\ 362}{1{,}017^{2}} \approx 1\ 317 W/m2^{2}, soit 3,33{,}3 pour cent de moins. Cet écart n'explique PAS les saisons : la Terre reçoit le plus d'énergie en janvier, en plein hiver de l'hémisphère nord, et les deux hémisphères ont des saisons opposées à la même distance du Soleil. Les saisons viennent de l'inclinaison de l'axe.

Exercice 12 : Le corps humain, un radiateur de cent watts

Le corps humain transforme l'énergie chimique de ses aliments et en évacue presque toute la part non utilisée sous forme de chaleur, ce qui maintient sa température interne voisine de 37 °C. Il échange de l'énergie avec son environnement par rayonnement, par convection et par évaporation.

Données : 1 kcal =4,18= 4{,}18 kJ ; σ=5,67×108\sigma = 5{,}67 \times 10^{-8} W\cdotm2^{-2}\cdotK4^{-4} ; énergie nécessaire pour évaporer 1 kg d'eau à la surface de la peau : 2,42{,}4 MJ.

  • a) Une personne consomme 2 400 kcal par jour, et toute cette énergie finit en chaleur. Calculez la puissance thermique moyenne qu'elle dégage.
  • b) La peau habillée est à 33 °C et les murs d'une pièce à 20 °C. En assimilant la peau et les murs à des corps noirs, calculez la puissance nette perdue par rayonnement pour une surface d'échange de 1,21{,}2 m2^{2}.
  • c) Quelle part de la puissance de la question a le rayonnement évacue-t-il ? Dans une pièce dont l'air est à 20 °C mais les murs à 10 °C, recalculez la perte radiative, puis expliquez pourquoi on y a froid.
  • d) Pendant un effort, les muscles dégagent 500 W de chaleur de plus qu'au repos, évacués uniquement par évaporation de sueur. Calculez la masse de sueur évaporée en une heure.
  • e) Pourquoi supporte-t-on beaucoup plus mal un effort par temps chaud et humide que par temps chaud et sec ? Pourquoi une sueur qui ruisselle sans s'évaporer ne refroidit-elle presque pas ?

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  • a) 116\approx 116 W
  • b) 1,2×σ(30642934)951{,}2 \times \sigma(306^{4} - 293^{4}) \approx 95 W
  • c) 82 % ; murs à 10 °C : 160 W
  • d) 0,750{,}75 kg de sueur par heure
  • e) C'est l'évaporation qui refroidit

a) Énergie quotidienne : 2 400×4,18=10 0322\ 400 \times 4{,}18 = 10\ 032 kJ 1,003×107\approx 1{,}003 \times 10^{7} J. Un jour dure 86 40086\ 400 s, donc P=1,003×10786 400116P = \frac{1{,}003 \times 10^{7}}{86\ 400} \approx 116 W. Un être humain au repos chauffe donc son environnement à peu près comme une ampoule à incandescence de 100 W, ce que savent bien ceux qui ont passé une heure dans une salle de classe pleine.

b) En kelvins : 306,15306{,}15 K pour la peau et 293,15293{,}15 K pour les murs. La peau émet σT4\sigma T^{4} et reçoit en retour le rayonnement des murs, d'où une perte nette par mètre carré σ(306,154293,154)79,4\sigma (306{,}15^{4} - 293{,}15^{4}) \approx 79{,}4 W/m2^{2}. Sur 1,21{,}2 m2^{2} : P95P \approx 95 W. Le piège est de calculer seulement σT4\sigma T^{4} pour la peau, environ 500 W/m2^{2} : on oublierait tout ce que les murs renvoient.

c) 951160,82\frac{95}{116} \approx 0{,}82 : le rayonnement évacue environ 82 pour cent de la chaleur produite au repos, le reste passant par la convection et l'évaporation. Avec des murs à 10 °C, soit 283,15283{,}15 K : 1,2×σ(306,154283,154)1601{,}2 \times \sigma (306{,}15^{4} - 283{,}15^{4}) \approx 160 W. La perte radiative dépasse alors toute la production du corps, qui se refroidit : on a froid dans une pièce aux murs froids même si l'air est à 20 °C. C'est pourquoi une maison mal isolée paraît glaciale alors que le thermomètre indique une température correcte.

d) En une heure, la chaleur à évacuer vaut 500×3 600=1,8×106500 \times 3\ 600 = 1{,}8 \times 10^{6} J. Masse de sueur : 1,8×1062,4×106=0,75\frac{1{,}8 \times 10^{6}}{2{,}4 \times 10^{6}} = 0{,}75 kg, soit trois quarts de litre par heure, ce qu'il faudra boire pour compenser.

e) Ce qui refroidit, c'est l'ÉVAPORATION : l'eau qui passe de l'état liquide à l'état gazeux prend son énergie à la peau. Dans un air humide, déjà proche de la saturation en vapeur d'eau, la sueur s'évapore mal : le corps continue de transpirer, mais n'évacue plus sa chaleur, et sa température monte. Une sueur qui ruisselle et tombe emporte un peu de chaleur sensible, mais elle n'a pas changé d'état : elle n'a pas prélevé les 2,42{,}4 MJ par kilogramme qui font tout l'effet refroidissant.

Exercice 13 : La couleur et la température des étoiles

Une étoile rayonne approximativement comme un corps noir. La loi de Wien relie sa température de surface TT, en kelvins, à la longueur d'onde du maximum de son spectre : λmax=2,898×103T\lambda_{\max} = \frac{2{,}898 \times 10^{-3}}{T}, en mètres. La loi de Stefan donne la puissance émise par mètre carré de surface, σT4\sigma T^{4}. Le domaine visible s'étend de 400 nm à 800 nm.

  • a) Calculez λmax\lambda_{\max} en nanomètres pour Bételgeuse (3 500 K), le Soleil (5 772 K), Sirius (9 940 K) et Rigel (12 100 K). Situez chacune dans le spectre.
  • b) Le maximum de Sirius est dans l'ultraviolet, et pourtant Sirius nous paraît blanc bleuté, pas invisible. Expliquez.
  • c) Le maximum du spectre d'une étoile est mesuré à 400 nm. Quelle est sa température de surface ?
  • d) Par combien la puissance émise par mètre carré de Sirius dépasse-t-elle celle du Soleil ? Même question pour Bételgeuse.
  • e) Bételgeuse rayonne pourtant environ 1,0×1051{,}0 \times 10^{5} fois plus de puissance totale que le Soleil. La puissance totale étant le produit de la puissance par mètre carré par la surface 4πR24\pi R^{2}, estimez le rapport de son rayon à celui du Soleil. Qu'est-ce qu'une géante rouge ?

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  • a) 828, 502, 291,5291{,}5 et 239,5239{,}5 nm
  • b) Maximum en UV, spectre sur tout le visible
  • c) T7 245T \approx 7\ 245 K
  • d) 8,88{,}8 et 0,1350{,}135
  • e) Rayon 860\approx 860 fois celui du Soleil

a) Bételgeuse : 2,898×1033 500=8,28×107\frac{2{,}898 \times 10^{-3}}{3\ 500} = 8{,}28 \times 10^{-7} m =828= 828 nm, dans l'infrarouge proche, juste au-delà du rouge. Soleil : 502 nm, dans le visible. Sirius : 291,5291{,}5 nm, dans l'ultraviolet. Rigel : 239,5239{,}5 nm, dans l'ultraviolet. Plus l'étoile est chaude, plus son maximum se décale vers les courtes longueurs d'onde.

b) La loi de Wien donne la position du MAXIMUM, pas l'étendue du spectre. Un corps noir rayonne sur une large bande de longueurs d'onde, et le spectre de Sirius couvre tout le visible. Comme son maximum est du côté des courtes longueurs d'onde, il émet davantage de bleu que de rouge : notre œil perçoit un mélange de toutes les couleurs, dominé par le bleu, donc un blanc bleuté. De même, Bételgeuse, dont le maximum est dans l'infrarouge, paraît rouge orangé.

c) On inverse la loi : T=2,898×103λmax=2,898×103400×1097 245T = \frac{2{,}898 \times 10^{-3}}{\lambda_{\max}} = \frac{2{,}898 \times 10^{-3}}{400 \times 10^{-9}} \approx 7\ 245 K. Le piège est d'oublier de convertir les nanomètres en mètres, ce qui donne une température absurde.

d) Le rapport vaut (9 9405 772)48,8\left(\frac{9\ 940}{5\ 772}\right)^{4} \approx 8{,}8 pour Sirius. Pour Bételgeuse, (3 5005 772)40,135\left(\frac{3\ 500}{5\ 772}\right)^{4} \approx 0{,}135 : chaque mètre carré de Bételgeuse émet environ sept fois moins que celui du Soleil. La température n'augmente que d'un facteur 1,71{,}7 de Soleil à Sirius, mais la puissance surfacique d'un facteur 8,88{,}8 : c'est l'exposant 4.

e) Puissance totale : 4πR2σT44\pi R^{2} \sigma T^{4}. Donc PBPS=(RBRS)2×0,135=1,0×105\frac{P_{B}}{P_{S}} = \left(\frac{R_{B}}{R_{S}}\right)^{2} \times 0{,}135 = 1{,}0 \times 10^{5}, d'où (RBRS)27,4×105\left(\frac{R_{B}}{R_{S}}\right)^{2} \approx 7{,}4 \times 10^{5} et RBRS860\frac{R_{B}}{R_{S}} \approx 860. Placée au centre du système solaire, Bételgeuse engloutirait l'orbite de la Terre et celle de Mars. Une GÉANTE ROUGE est une étoile froide en surface, donc rouge, mais immense, donc très lumineuse : sa couleur renseigne sur sa température, pas sur sa puissance.

Exercice 14 : Problème : le modèle de l'atmosphère à une couche

On reprend les données de l'exercice 6 : le système Terre absorbe en moyenne 238,2238{,}2 W/m2^{2} de rayonnement solaire, et σ=5,67×108\sigma = 5{,}67 \times 10^{-8} W\cdotm2^{-2}\cdotK4^{-4}. On modélise l'atmosphère par une couche unique, transparente au rayonnement solaire, qui absorbe une fraction ff du rayonnement infrarouge émis par le sol et réémet l'énergie absorbée, pour moitié vers l'espace et pour moitié vers le sol.

Le sol, à la température TsT_{s}, émet σTs4\sigma T_{s}^{4}. En régime permanent, chaque élément reçoit autant qu'il émet.

  • a) On suppose d'abord f=1f = 1 : l'atmosphère absorbe tout l'infrarouge du sol. Vu de l'espace, seule l'atmosphère rayonne. Quelle puissance par mètre carré émet-elle vers l'espace ? Et vers le sol ?
  • b) Écrivez le bilan du sol, puis calculez TsT_{s} en kelvins et en degrés Celsius.
  • c) Comparez à la température moyenne réelle, 15 °C. Le modèle surestime-t-il ou sous-estime-t-il l'effet de serre ? Proposez une raison physique.
  • d) Dans le cas général, montrez que le bilan du sol s'écrit σTs4(1f2)=238,2\sigma T_{s}^{4} \left(1 - \frac{f}{2}\right) = 238{,}2. Déterminez la valeur de ff qui redonne Ts=288,15T_{s} = 288{,}15 K.
  • e) Une hausse de la concentration en dioxyde de carbone porte ff à 0,800{,}80. Calculez la nouvelle température du sol et le réchauffement obtenu. Pourquoi ce modèle donne-t-il sans doute un réchauffement trop faible ?

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Réponses

  • a) 238,2238{,}2 W/m2^{2} vers le haut et le bas
  • b) 2×238,22 \times 238{,}2 : 302,8302{,}8 K, 29,629{,}6 °C
  • c) Surestimé : fenêtre infrarouge
  • d) f0,78f \approx 0{,}78
  • e) f=0,80f = 0{,}80 : +1,11{,}1 K sans rétroaction

a) Vu de l'espace, l'équilibre impose que la Terre renvoie autant qu'elle absorbe : l'atmosphère émet donc 238,2238{,}2 W/m2^{2} vers l'espace. Comme elle émet autant vers le haut que vers le bas, elle envoie aussi 238,2238{,}2 W/m2^{2} vers le sol. Sa température vaut 254,6254{,}6 K, la température d'équilibre de l'exercice 6 : c'est l'atmosphère qui est à cette température, pas le sol.

b) Le sol reçoit 238,2238{,}2 W/m2^{2} du Soleil et 238,2238{,}2 W/m2^{2} de l'atmosphère, et il émet σTs4\sigma T_{s}^{4}. Bilan : σTs4=2×238,2=476,4\sigma T_{s}^{4} = 2 \times 238{,}2 = 476{,}4 W/m2^{2}. Donc Ts=(476,45,67×108)1/4302,8T_{s} = \left(\frac{476{,}4}{5{,}67 \times 10^{-8}}\right)^{1/4} \approx 302{,}8 K, soit environ 29,629{,}6 °C. On remarque que Ts=21/4×254,6T_{s} = 2^{1/4} \times 254{,}6 : doubler la puissance reçue multiplie la température par 21/41,192^{1/4} \approx 1{,}19 seulement.

c) Le modèle donne 29,629{,}6 °C contre 15 °C : il SURESTIME l'effet de serre. La raison principale est que l'atmosphère n'absorbe pas tout l'infrarouge : il existe une fenêtre, autour de 8 à 12 micromètres, par laquelle une partie du rayonnement du sol s'échappe directement vers l'espace. La convection, qui transporte de la chaleur du sol vers l'altitude sans passer par le rayonnement, joue dans le même sens.

d) L'atmosphère absorbe fσTs4f\sigma T_{s}^{4} et en renvoie la moitié vers le sol. Bilan du sol : σTs4=238,2+f2σTs4\sigma T_{s}^{4} = 238{,}2 + \frac{f}{2} \sigma T_{s}^{4}, soit σTs4(1f2)=238,2\sigma T_{s}^{4} \left(1 - \frac{f}{2}\right) = 238{,}2. Avec Ts=288,15T_{s} = 288{,}15 K, σTs4390,9\sigma T_{s}^{4} \approx 390{,}9 W/m2^{2}, donc 1f2=238,2390,90,60931 - \frac{f}{2} = \frac{238{,}2}{390{,}9} \approx 0{,}6093 et f0,781f \approx 0{,}781. Vérification vu de l'espace : le sol laisse passer directement (1f)×390,985,4(1 - f) \times 390{,}9 \approx 85{,}4 W/m2^{2} et l'atmosphère émet f2×390,9152,7\frac{f}{2} \times 390{,}9 \approx 152{,}7 W/m2^{2} vers le haut, soit 238,1238{,}1 W/m2^{2} au total : le bilan global est bien équilibré, aux arrondis près.

e) Avec f=0,80f = 0{,}80 : σTs4=238,20,60397,0\sigma T_{s}^{4} = \frac{238{,}2}{0{,}60} \approx 397{,}0 W/m2^{2}, donc Ts289,3T_{s} \approx 289{,}3 K. Le réchauffement vaut environ 1,11{,}1 K. Ce modèle ne contient aucune rétroaction : il ne tient pas compte de la vapeur d'eau supplémentaire qu'un air plus chaud contient, ni de la fonte des glaces qui abaisse l'albédo. Ces deux effets amplifient le réchauffement initial, si bien que la réponse réelle est nettement plus forte que ce calcul.

Exercice 15 : Problème : la forêt, un capteur de carbone et de lumière

La photosynthèse s'écrit 6 CO2+6 H2OC6H12O6+6 O26\ \mathrm{CO_{2}} + 6\ \mathrm{H_{2}O} \rightarrow \mathrm{C_{6}H_{12}O_{6}} + 6\ \mathrm{O_{2}}. On assimile la matière sèche produite par une plante à du glucose. Masses molaires : CO2\mathrm{CO_{2}} 44 g/mol, O2\mathrm{O_{2}} 32 g/mol, C6H12O6\mathrm{C_{6}H_{12}O_{6}} 180 g/mol.

Le spectre d'absorption de la chlorophylle présente deux bandes, l'une vers 430 nm, dans le bleu, l'autre vers 660 nm, dans le rouge.

  • a) Pourquoi les feuilles sont-elles vertes ? Pourquoi une plante éclairée uniquement en lumière verte pousse-t-elle mal ?
  • b) Calculez la masse de dioxyde de carbone absorbée et la masse de dioxygène libérée pour produire 1 kg de glucose.
  • c) Une jeune forêt en croissance produit 10 tonnes de matière sèche par hectare et par an. Calculez la masse de dioxyde de carbone qu'elle retire de l'atmosphère et la masse de dioxygène qu'elle libère, par hectare et par an.
  • d) Un être humain consomme environ 300 kg de dioxygène par an. Combien de personnes l'oxygène produit par un hectare de cette forêt permettrait-il de faire respirer ?
  • e) Une voiture émet 2,0 tonnes de dioxyde de carbone par an. Quelle surface de jeune forêt faudrait-il planter pour compenser ses émissions ? Une forêt âgée, à l'équilibre, compense-t-elle aussi des émissions ? Justifiez.

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  • a) Bleu et rouge absorbés, vert renvoyé
  • b) 1,471{,}47 kg de CO2_{2}, 1,071{,}07 kg de O2_{2}
  • c) 14,714{,}7 t de CO2_{2}, 10,710{,}7 t de O2_{2}
  • d) Environ 35 personnes
  • e) 1 360 m2^{2} ; forêt mûre : un stock

a) La chlorophylle absorbe le bleu et le rouge, et absorbe très peu le vert, qui est donc diffusé et renvoyé vers notre œil : la feuille paraît verte. La lumière verte est précisément celle que la plante n'utilise presque pas ; éclairée uniquement en vert, elle ne capte que très peu d'énergie et sa photosynthèse est faible. La couleur d'un objet est celle de la lumière qu'il n'absorbe pas.

b) Une mole de glucose, 180 g, consomme 6 moles de dioxyde de carbone, 6×44=2646 \times 44 = 264 g, et libère 6 moles de dioxygène, 6×32=1926 \times 32 = 192 g. Pour 1 kg de glucose : 2641801,47\frac{264}{180} \approx 1{,}47 kg de dioxyde de carbone absorbé et 1921801,07\frac{192}{180} \approx 1{,}07 kg de dioxygène libéré. Le piège est de croire que la plante « pèse » le carbone qu'elle absorbe : elle fixe le carbone, mais le dioxyde de carbone absorbé pèse plus lourd que le glucose formé, parce que l'essentiel de son oxygène repart sous forme de dioxygène.

c) Dioxyde de carbone : 10×1,46714,710 \times 1{,}467 \approx 14{,}7 tonnes par hectare et par an. Dioxygène : 10×1,06710,710 \times 1{,}067 \approx 10{,}7 tonnes par hectare et par an.

d) 10 67030035,6\frac{10\ 670}{300} \approx 35{,}6, soit environ 35 personnes par hectare. On retiendra l'ordre de grandeur : quelques dizaines de personnes, à condition que la forêt soit en croissance.

e) Surface : 2,014,70,136\frac{2{,}0}{14{,}7} \approx 0{,}136 hectare, soit environ 1 3601\ 360 m2^{2} de jeune forêt. En revanche, une forêt âgée à l'équilibre ne compense presque rien : la masse de bois ne varie plus, parce que la respiration des arbres et la décomposition du bois mort rendent chaque année à l'atmosphère autant de dioxyde de carbone que la photosynthèse en fixe. Une forêt n'est un puits de carbone que tant que son stock de bois augmente ; une fois mûre, elle est un STOCK, qu'il faut préserver, et non un puits.

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