Enseignement scientifique, Terminale • Programme français, lycées de Montréal

Exercices corrigés d'enseignement scientifique : le futur des énergies

Voici une série d'exercices corrigés d'enseignement scientifique pour la classe de Terminale, sur le thème « Le futur des énergies » du programme français. Elle s'adresse à tout élève de Terminale générale qui suit le programme français, en France comme dans le réseau des lycées français à l'étranger.

Dix-huit exercices en quatre parties. La partie A couvre l'alternateur, le rendement d'une chaîne de conversion, la puissance, l'énergie et le facteur de charge, les pertes par effet Joule et le transport en haute tension (exercices 1 à 5). La partie B traite l'intermittence du solaire sur une journée, le contenu carbone de six sources, le stockage de l'électricité par pompage-turbinage, batteries et hydrogène, et le mix électrique d'une île (exercices 6 à 10). La partie C ajoute la combustion du méthane et l'hydrogène (exercice 11), la durée des réserves de pétrole (exercice 12), deux siècles de croissance énergétique (exercice 14) et l'énergie de la fission nucléaire (exercice 15).

Le fil de la série : l'électricité n'est pas une source d'énergie, c'est un VECTEUR. Elle se fabrique, se transporte, se perd, et surtout elle ne se stocke presque pas. C'est cette dernière contrainte qui décide de la forme du réseau, du choix des sources et de la puissance pilotable qu'il faut maintenir. Trois pièges reviennent dans les copies et le corrigé les désigne : confondre puissance installée et énergie produite, moyenner des rendements au lieu de les multiplier, et croire qu'une part majoritaire en énergie permet de retirer de la puissance pilotable.

La partie D suit le programme révisé en 2023, en vigueur depuis la rentrée 2024 : fréquence d'un alternateur (exercice 16), choix d'un semi-conducteur photovoltaïque contre le spectre solaire (exercice 17), combustion du bois et du fioul, tonne équivalent pétrole et particules fines (exercice 18). Le second principe (exercice 2, question e) et le réseau vu comme un graphe (exercice 13) ne sont plus au programme depuis 2023 : ils sont signalés comme approfondissements.

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Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (6 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Mouvement, vitesse et lumière Quatrième, Physique-chimie
  2. 2 Lumière, couleurs et spectres Troisième, Physique-chimie
  3. 3 Ondes et signaux Seconde, Physique-chimie
  4. 4 Vision et image : réflexion, réfraction, lentilles Seconde, Physique-chimie
  5. 5 Lumière blanche, lumière colorée et spectres Seconde, Physique-chimie
  6. 6 Le Soleil, notre source d'énergie Première

Rappel de cours

  • • L'électricité est un VECTEUR : son impact est celui de la source primaire qui l'a produite.
  • • Rendements d'une chaîne : ils se MULTIPLIENT. Le global est toujours inférieur au plus faible maillon.
  • • Alternateur : un aimant tourne devant des bobines, et l'induction y fait naître un courant de fréquence f=p×nf = p \times n, avec pp paires de pôles et nn en tours par seconde. Rendement proche de 11, pertes surtout par effet Joule.
  • • Énergie == puissance ×\times durée ×\times facteur de charge. Une année compte 8 760 heures.
  • • Facteurs de charge : photovoltaïque 12 à 15 pour cent, éolien terrestre 25, hydraulique 35, nucléaire 70 à 80.
  • • Effet Joule : PJ=RI2P_{J} = R I^{2}, et à puissance transportée fixée PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2} / U^{2}.
  • • Multiplier la tension par 10 divise les pertes par 100. C'est toute la raison de la très haute tension.
  • • Un transformateur n'agit qu'en courant alternatif : il lui faut un champ variable.
  • • L'équilibre production-consommation doit être instantané. Un déséquilibre se lit sur la FRÉQUENCE.
  • • Contenu carbone en g par kWh, cycle de vie : charbon 820, gaz 490, solaire 40, hydraulique 24, nucléaire 12, éolien 11.
  • • Un semi-conducteur absorbe les longueurs d'onde inférieures à son seuil : le silicium, seuil 1 1001\,100 nm, couvre environ les trois quarts de la puissance solaire.
  • • Unités d'énergie : 11 kWh =3,6= 3{,}6 MJ ; 11 tep =11 630= 11\,630 kWh, l'énergie d'une tonne de pétrole.
  • • Dioxyde de carbone par kWh de chaleur : bois 326326 g, fioul 267267 g, méthane 198198 g. Le carbone du bois circule en décennies, celui des fossiles a été stocké des millions d'années.
  • • Les particules fines des combustions atteignent les alvéoles pulmonaires. L'ozone formé près du sol est un polluant ; l'ozone stratosphérique nous protège des ultraviolets.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Produire de l'électricité

Presque toute l'électricité du monde sort du même appareil, inventé dans les années 1830 : un aimant qui tourne devant une bobine. Ce qui change d'une centrale à l'autre, c'est seulement ce qui fait tourner l'aimant.

Le schéma ci-dessous représente un aimant qui tourne devant une bobine reliée à une lampe.

NSlampebobineaimant
  • a) Décrivez le principe d'un alternateur. Quelle grandeur physique convertit-il en quelle autre, et quel phénomène est en jeu ?
  • b) Pour chacune des sources suivantes, dites ce qui entraîne l'alternateur : centrale thermique à charbon, centrale nucléaire, barrage, éolienne, centrale solaire thermique.
  • c) Une seule source d'électricité de grande échelle n'utilise pas d'alternateur. Laquelle, et par quel mécanisme produit-elle un courant ?
  • d) Expliquez pourquoi l'électricité est appelée un VECTEUR d'énergie et non une source. Quelles conséquences pratiques cela a-t-il ?
  • e) Un four électrique consomme 2 200 W pendant 45 minutes. Calculez l'énergie consommée, en joules puis en kilowattheures.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Alternateur : mécanique en électrique, par induction
  • b) Quatre sources sur cinq font tourner une turbine
  • c) Le photovoltaïque, conversion directe
  • d) Vecteur : il faut remonter à l'énergie primaire
  • e) 5,94×1065{,}94 \times 10^{6} J =1,65= 1{,}65 kWh
a)

Un alternateur comporte un aimant, ou un électroaimant, mis en rotation devant des bobines de fil conducteur. Le champ magnétique traversant chaque bobine varie donc au cours du temps, ce qui y fait apparaître une tension : c'est l'INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE, découverte par Faraday. L'appareil convertit de l'énergie MÉCANIQUE, celle de la rotation, en énergie ÉLECTRIQUE. Son rendement est excellent, souvent supérieur à 98 pour cent : ce n'est jamais lui qui limite le rendement d'une centrale.

b)

Centrale à CHARBON : la combustion chauffe de l'eau, la vapeur sous pression entraîne une turbine, qui entraîne l'alternateur. Centrale NUCLÉAIRE : exactement la même chaîne, la fission remplaçant simplement la combustion comme source de chaleur. BARRAGE : la chute d'eau entraîne directement une turbine. ÉOLIENNE : le vent fait tourner les pales, reliées à l'alternateur par un multiplicateur. Centrale solaire THERMIQUE : des miroirs concentrent le rayonnement sur un fluide, qui produit de la vapeur, laquelle entraîne une turbine. Dans quatre cas sur cinq, on fabrique donc de la vapeur pour faire tourner une turbine : la différence tient au seul combustible.

c)

Le PHOTOVOLTAÏQUE. Il n'utilise ni turbine, ni alternateur, ni aucune pièce mobile : le rayonnement arrache directement des électrons dans un semi-conducteur, et la jonction du matériau les force à circuler dans un sens, ce qui produit un courant continu. C'est une conversion directe de l'énergie lumineuse en énergie électrique, sans passer par la chaleur ni par le mouvement, ce qui explique l'absence d'usure et la durée de vie très longue de ces installations.

d)

Parce que l'électricité ne se trouve pas dans la nature sous une forme exploitable : il faut la FABRIQUER à partir d'une autre énergie, chimique, nucléaire, mécanique ou lumineuse. Elle transporte l'énergie d'un lieu de production à un lieu d'usage, ce qui est exactement le rôle d'un vecteur. Trois conséquences pratiques. D'abord, parler d'énergie électrique renouvelable n'a de sens que par sa source. Ensuite, tout bilan doit remonter à l'énergie PRIMAIRE, faute de quoi on compte une électricité comme gratuite alors qu'elle a coûté trois fois son contenu en charbon. Enfin, et c'est le plus contraignant, un vecteur ne se stocke pas facilement : la production doit égaler la consommation à chaque instant.

e)

L'énergie vaut E=P×tE = P \times t. En unités du système international : t=45×60=2 700t = 45 \times 60 = 2\ 700 s, donc E=2 200×2 700=5 940 000E = 2\ 200 \times 2\ 700 = 5\ 940\ 000 J, soit 5,94×1065{,}94 \times 10^{6} J. En kilowattheures : E=2,2×0,75=1,65E = 2{,}2 \times 0{,}75 = 1{,}65 kWh. Vérification : 5 940 000/3,6×106=1,655\ 940\ 000 / 3{,}6 \times 10^{6} = 1{,}65 kWh, les deux calculs concordent.

NSlampebobine
a) Le principe de l'alternateur : l'aimant tourne, le champ magnétique qui traverse la bobine varie, et une tension apparaît à ses bornes : c'est l'induction électromagnétique. La lampe branchée sur la bobine s'allume.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Les rendements d'une chaîne de conversion

Le schéma suit 100 unités d'énergie primaire jusqu'à l'énergie réellement utile. La largeur de chaque bande est proportionnelle à l'énergie qu'elle représente, et ce qui disparaît d'une bande à l'autre n'est pas détruit.

La question e dépasse le programme : le second principe et la borne de rendement de Carnot ne figurent pas au programme d'enseignement scientifique, qui demande de calculer le rendement global d'une chaîne (thème 2.2) et de citer un phénomène qui influence le rendement d'un alternateur (thème 2.1, voir l'exercice 16).

primaire 100électricité 35utile 31,5pertes 65pertes 3,5
  • a) Lisez les trois valeurs du schéma. Calculez le rendement de la première conversion, celui de la seconde, puis le rendement global.
  • b) Montrez que le rendement global d'une chaîne est le PRODUIT des rendements de ses maillons, et non leur moyenne.
  • c) Où passent les 65 unités perdues à la première étape ? Sous quelle forme, et où finissent-elles ?
  • d) Un cycle combiné au gaz atteint 60 pour cent au lieu de 35. Recalculez le rendement global de la chaîne. De quel facteur l'énergie primaire nécessaire diminue-t-elle pour une même énergie utile ?
  • e) Pourquoi le rendement d'une centrale thermique ne peut-il pas dépasser une certaine valeur, quelle que soit la qualité de la technique ? Nommez le principe en cause.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 35 %, 90 %, global 31,531{,}5 %
  • b) η=η1η2\eta = \eta_{1}\eta_{2}, jamais la moyenne
  • c) Chaleur diffuse, énergie dégradée
  • d) Global 54 %, énergie primaire divisée par 1,711{,}71
  • e) Second principe : Carnot 50 % entre 600 et 300 K
a)

Le schéma donne 100 unités primaires, 35 unités d'électricité et 31,531{,}5 unités d'énergie utile. Rendement de la première conversion : 35/100=0,3535 / 100 = 0{,}35, soit 35 pour cent. Rendement de la seconde : 31,5/35=0,9031{,}5 / 35 = 0{,}90, soit 90 pour cent. Rendement global : 31,5/100=0,31531{,}5 / 100 = 0{,}315, soit 31,531{,}5 pour cent.

b)

Notons η1\eta_{1} et η2\eta_{2} les deux rendements et E0E_{0} l'énergie primaire. Après le premier maillon il reste η1E0\eta_{1} E_{0} ; après le second, il reste η2×η1E0\eta_{2} \times \eta_{1} E_{0}. Le rendement global vaut donc η=η1η2\eta = \eta_{1} \eta_{2}. Vérification : 0,35×0,90=0,3150{,}35 \times 0{,}90 = 0{,}315, ce qui coïncide avec la lecture. La moyenne des deux rendements vaudrait (0,35+0,90)/2=0,625(0{,}35 + 0{,}90)/2 = 0{,}625, soit le double du résultat correct : c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre. Conséquence importante, un rendement global est toujours INFÉRIEUR au plus faible des maillons, ce qui donne une majoration immédiate et un contrôle gratuit.

c)

Elles partent en CHALEUR. Une partie s'échappe par les fumées, une autre par le circuit de refroidissement, dans une rivière, dans la mer ou dans l'air par les tours aéroréfrigérantes. L'énergie n'est ni détruite ni perdue au sens physique : elle est conservée, conformément au premier principe, mais elle se retrouve sous une forme DIFFUSE, à basse température, dont on ne peut plus rien tirer. C'est la raison pour laquelle on parle de dégradation plutôt que de perte, et pourquoi les grandes centrales sont toujours installées près d'une source d'eau froide.

d)

Avec η1=0,60\eta_{1} = 0{,}60, le rendement global devient 0,60×0,90=0,540{,}60 \times 0{,}90 = 0{,}54, soit 54 pour cent. Pour une même énergie utile EuE_{u}, l'énergie primaire nécessaire vaut Eu/ηE_{u} / \eta : elle passe de Eu/0,315E_{u}/0{,}315 à Eu/0,54E_{u}/0{,}54, donc elle est divisée par 0,54/0,315≈1,710{,}54 / 0{,}315 \approx 1{,}71. Améliorer le premier maillon de 35 à 60 pour cent réduit donc de 41 pour cent la consommation de combustible, et autant les émissions. C'est un gain considérable pour une modification qui ne touche qu'un seul maillon.

e)

Parce qu'une machine thermique ne peut pas convertir intégralement de la chaleur en travail : c'est le SECOND PRINCIPE de la thermodynamique. Le rendement maximal, dit rendement de Carnot, vaut 1−Tfroide/Tchaude1 - T_{\text{froide}} / T_{\text{chaude}}, les températures étant en kelvins. Avec une vapeur à 600 K et une source froide à 300 K, il vaut 1−300/600=0,501 - 300/600 = 0{,}50, soit 50 pour cent, et aucune ingéniosité ne permet de le dépasser. Les rendements réels, de 35 à 40 pour cent, en sont assez proches : les marges de progrès ne viendront pas d'une meilleure machine mais d'une température de vapeur plus élevée, elle-même limitée par la résistance des matériaux.

Exercice 3 : Puissance, énergie et facteur de charge

Confondre une puissance et une énergie est l'erreur la plus fréquente de tout le dossier énergétique, et elle rend impossible toute comparaison entre sources. La grandeur qui les relie s'appelle le facteur de charge.

Le schéma ci-dessous représente les deux installations comparées ; les tailles ne sont pas à l'échelle.

éolienne3,0 MW nominauxfacteur de charge 25 %réacteur nucléaire900 MWfacteur de charge 75 %
  • a) Distinguez puissance et énergie, avec leurs unités. Qu'est-ce qu'un kilowattheure, et pourquoi cette unité composite est-elle commode ?
  • b) Une éolienne de puissance nominale 3,0 MW fonctionne avec un facteur de charge de 25 pour cent. Calculez son énergie produite en un an, en mégawattheures.
  • c) Un réacteur nucléaire de 900 MW a un facteur de charge de 75 pour cent. Combien d'éoliennes de la question b faut-il pour produire la même énergie annuelle ?
  • d) Définissez le facteur de charge et citez les deux raisons distinctes pour lesquelles il n'atteint jamais 100 pour cent. Donnez des ordres de grandeur pour cinq sources.
  • e) Un article affirme qu'un parc de 300 MW d'éoliennes remplace un réacteur de 300 MW. Analysez cette affirmation sur les deux plans, énergie et puissance disponible.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 11 kWh =3,6×106= 3{,}6 \times 10^{6} J
  • b) 3,0×8 760×0,25=6 5703{,}0 \times 8\ 760 \times 0{,}25 = 6\ 570 MWh
  • c) 900 éoliennes pour un réacteur de 900 MW
  • d) Ressource variable et indisponibilité
  • e) 657 contre 1 9711\ 971 GWh, et pas de puissance garantie
a)

La PUISSANCE est un débit d'énergie, une énergie par unité de temps, et se mesure en watts. L'ÉNERGIE est ce qui est effectivement fourni, et se mesure en joules. Un kilowattheure est l'énergie fournie par une puissance de 1 kW pendant 1 heure, soit 1 000×3 600=3,6×1061\ 000 \times 3\ 600 = 3{,}6 \times 10^{6} J. Cette unité composite est commode parce que les appareils sont caractérisés par leur puissance et les usages par une durée : multiplier l'une par l'autre donne directement la facture, sans conversion. Une image utile : la puissance est le débit du robinet, l'énergie est le volume dans la baignoire.

b)

L'énergie vaut la puissance nominale multipliée par la durée et par le facteur de charge : E=3,0×8 760×0,25=6 570E = 3{,}0 \times 8\ 760 \times 0{,}25 = 6\ 570 MWh par an. Le nombre 8 7608\ 760 est celui des heures d'une année, 365×24365 \times 24, et il vaut la peine d'être retenu.

c)

Le réacteur produit 900×8 760×0,75=5 913 000900 \times 8\ 760 \times 0{,}75 = 5\ 913\ 000 MWh par an. Le nombre d'éoliennes vaut 5 913 000/6 570=9005\ 913\ 000 / 6\ 570 = 900. Il faut donc NEUF CENTS éoliennes de 3 MW pour produire autant d'énergie annuelle qu'un seul réacteur de 900 MW. Le rapport des puissances installées, lui, vaut 900×3/900=3900 \times 3 / 900 = 3 : il faut installer trois fois plus de puissance pour la même énergie, ce qui est exactement le rapport des facteurs de charge, 0,75/0,250{,}75 / 0{,}25.

d)

Le facteur de charge est le rapport entre l'énergie réellement produite sur une période et celle qu'on aurait obtenue en fonctionnant à puissance nominale pendant toute cette période. Deux raisons distinctes l'empêchent d'atteindre 100 pour cent. La DISPONIBILITÉ de la ressource : le vent ne souffle pas toujours, le Soleil ne brille pas la nuit, la rivière connaît des étiages. Et l'INDISPONIBILITÉ de l'installation : maintenance, rechargement du combustible, pannes, arrêts commandés par le réseau. Ordres de grandeur : photovoltaïque 12 à 15 pour cent, éolien terrestre 25 pour cent, éolien en mer 40 pour cent, hydraulique 35 pour cent, nucléaire 70 à 80 pour cent.

e)

Sur le plan de l'ÉNERGIE, l'affirmation est fausse d'un facteur trois : à facteurs de charge de 25 et 75 pour cent, 300 MW d'éoliennes produisent 300×8 760×0,25=657 000300 \times 8\ 760 \times 0{,}25 = 657\ 000 MWh, contre 1 971 0001\ 971\ 000 MWh pour le réacteur. Il faudrait 900 MW d'éolien pour égaler l'énergie. Sur le plan de la PUISSANCE DISPONIBLE, l'affirmation est fausse pour une raison différente et plus grave : le réacteur fournit sa puissance quand on le lui demande, alors que le parc éolien la fournit quand le vent le décide, et peut tomber à quelques pour cent de sa puissance nominale pendant plusieurs jours d'anticyclone hivernal, précisément au moment de la pointe de consommation. Les deux ne sont donc pas substituables terme à terme : comparer deux moyens de production demande de comparer à la fois l'énergie annuelle et la puissance garantie, et c'est l'objet de l'exercice 6.

Exercice 4 : Les pertes par effet Joule

La courbe donne les pertes en ligne pour le transport de 500 mégawatts sur 200 km, en fonction de la tension choisie. La résistance totale de la ligne vaut 6 ohms. Le point marqué correspond au choix réellement fait.

100200300400500−100100200300400500600700tension de transport en kilovoltspertes en mégawatts
  • a) Rappelez l'expression de la puissance dissipée par effet Joule dans un conducteur, en fonction de sa résistance et du courant qui le traverse.
  • b) Exprimez le courant en fonction de la puissance transportée et de la tension, puis la puissance dissipée en fonction de ces mêmes grandeurs.
  • c) Calculez les pertes pour une tension de 400 kV, puis pour 20 kV. Exprimez chacune en pourcentage de la puissance transportée et concluez.
  • d) Démontrez que multiplier la tension par 10 divise les pertes par 100. Utilisez la courbe pour vérifier.
  • e) Pourquoi ne transporte-t-on pas l'électricité à 4 millions de volts, puisque cela réduirait encore les pertes ? Citez trois limites.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) PJ=RI2P_{J} = R I^{2}
  • b) PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2} / U^{2}
  • c) 9,49{,}4 MW à 400 kV, 3 7503\ 750 MW à 20 kV
  • d) Tension ×10\times 10, pertes ÷100\div 100
  • e) Isolation, coût de l'appareillage, sécurité
a)

La puissance dissipée par effet Joule vaut PJ=RI2P_{J} = R I^{2}, où RR est la résistance du conducteur et II l'intensité qui le traverse. Elle est proportionnelle au CARRÉ du courant, et c'est ce carré qui gouverne tout le reste du raisonnement.

b)

La puissance transportée vaut P=UIP = U I, donc I=P/UI = P / U. En reportant : PJ=R(PU)2=RP2U2P_{J} = R \left(\frac{P}{U}\right)^{2} = \frac{R P^{2}}{U^{2}}. Les pertes sont donc INVERSEMENT proportionnelles au carré de la tension, à puissance transportée fixée. C'est la formule centrale du chapitre.

c)

À 400 kV : I=500×106/400×103=1 250I = 500 \times 10^{6} / 400 \times 10^{3} = 1\ 250 A, et PJ=6×1 2502=9,375×106P_{J} = 6 \times 1\ 250^{2} = 9{,}375 \times 10^{6} W, soit 9,3759{,}375 MW. En pourcentage : 9,375/500=0,018759{,}375 / 500 = 0{,}01875, soit environ 1,91{,}9 pour cent. À 20 kV : I=25 000I = 25\ 000 A, et PJ=6×25 0002=3,75×109P_{J} = 6 \times 25\ 000^{2} = 3{,}75 \times 10^{9} W, soit 3 7503\ 750 MW. En pourcentage : 750750 pour cent de la puissance transportée. Conclusion : le transport à 20 kV est physiquement IMPOSSIBLE, puisqu'il faudrait dissiper sept fois et demie l'énergie que l'on prétend transporter. Ce n'est pas une question de coût, c'est une impossibilité.

d)

Si la tension passe de UU à 10U10U, les pertes passent de RP2U2\frac{R P^{2}}{U^{2}} à RP2(10U)2=RP2100U2\frac{R P^{2}}{(10U)^{2}} = \frac{R P^{2}}{100 U^{2}} : elles sont donc divisées par 100. Vérification sur la courbe : à 50 kV les pertes valent 6×(500×106/50×103)2=6006 \times (500 \times 10^{6} / 50 \times 10^{3})^{2} = 600 MW, et à 500 kV elles valent 6 MW, soit exactement cent fois moins. C'est cette dépendance en carré inverse qui explique que tout le réseau de transport soit à très haute tension, et qu'on ait construit des transformateurs plutôt que d'épaissir les câbles.

e)

Trois limites. L'ISOLATION : à très haute tension, l'air lui-même devient conducteur au voisinage des câbles, ce qui provoque l'effet couronne, des pertes et un bruit caractéristique ; il faut donc des distances de garde et des isolateurs de plus en plus grands, dont le coût croît très vite. Le COÛT DES TRANSFORMATEURS et de l'appareillage de coupure, qui croît lui aussi fortement avec la tension, et qui n'est justifié que pour de très longues distances ou de très fortes puissances. La SÉCURITÉ enfin, les emprises au sol et les servitudes augmentant avec la tension. On choisit donc la tension en fonction de la distance et de la puissance : 400 kV pour le grand transport, 90 ou 63 kV pour la répartition régionale, 20 kV pour la distribution locale, 400 ou 230 V chez l'usager.

centraleR = 6 ΩvilleI = 1 250 A~U = 400 kV
c) La ligne de 400 kV400\ \mathrm{kV} : I=500×106400×103=1 250 AI=\dfrac{500\times 10^{6}}{400\times 10^{3}}=1\,250\ \mathrm{A} traverse la résistance R=6 ΩR=6\ \Omega de la ligne, qui dissipe RI2≈9,4 MWRI^{2}\approx 9{,}4\ \mathrm{MW}.

Exercice 5 : Le réseau et la haute tension

Le réseau électrique n'est pas un tuyau : c'est un système qui doit rester en équilibre à chaque instant, et dont la tension change une dizaine de fois entre la centrale et la prise de courant.

Le schéma ci-dessous représente la ligne de la question d.

centralevilleligne à 400 kV : 500 MW transportéspertes : 1,9 % de la puissance
  • a) Décrivez le trajet de l'électricité d'une centrale à une prise domestique, en donnant les tensions successives et le rôle de chaque changement.
  • b) Qu'est-ce qu'un transformateur ? Pourquoi ne fonctionne-t-il qu'en courant alternatif, et quelle conséquence historique cela a-t-il eue ?
  • c) La fréquence du réseau vaut 50 Hz en Europe et 60 Hz en Amérique du Nord. Que se passe-t-il si la consommation dépasse brusquement la production ? Comment le réseau réagit-il ?
  • d) Une ligne de 400 kV transporte 500 MW avec 1,9 pour cent de pertes. Calculez l'énergie perdue en un an de fonctionnement continu, et le nombre de foyers que cette seule perte aurait pu alimenter, à 4 500 kWh par foyer et par an.
  • e) On envisage de remplacer une ligne aérienne par une liaison souterraine. Citez deux avantages et deux inconvénients, dont un d'ordre physique.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 20 kV, 400 kV, puis abaissements jusqu'à 230 V
  • b) Transformateur : champ variable, donc alternatif
  • c) Déficit de production : la fréquence baisse
  • d) 83 22083\ 220 MWh, près de 18 50018\ 500 foyers
  • e) Souterrain : coût et capacité électrique
a)

À la sortie de l'alternateur, la tension vaut typiquement 20 kV. Un transformateur ÉLÉVATEUR la porte à 400 kV pour le transport à longue distance, afin de réduire les pertes en 1/U21/U^{2}. Des transformateurs ABAISSEURS successifs la ramènent à 225 kV, puis 90 ou 63 kV pour la répartition régionale, puis 20 kV pour la distribution locale dans un quartier, et enfin 400 V entre phases ou 230 V entre phase et neutre à l'entrée d'un logement. Chaque changement répond au même arbitrage : la haute tension réduit les pertes mais coûte cher en isolation, donc on ne la conserve que tant que la distance le justifie.

b)

Un transformateur est constitué de deux bobinages enroulés sur un même noyau de fer. Le premier, parcouru par un courant variable, crée un champ magnétique variable dans le noyau ; ce champ variable induit une tension dans le second, dans le rapport des nombres de spires. Il ne fonctionne qu'en courant ALTERNATIF parce qu'il lui faut un champ VARIABLE : un courant continu produirait un champ constant, donc aucune induction, et le transformateur ne délivrerait rien. La conséquence historique est décisive : c'est ce qui a fait gagner le courant alternatif contre le continu à la fin du XIXe siècle, le continu ne pouvant pas changer de tension et donc pas être transporté loin. Les liaisons continues à très haute tension existent aujourd'hui, mais elles exigent une électronique de puissance que cette époque n'avait pas.

c)

Si la consommation dépasse la production, l'énergie manquante est prélevée sur l'INERTIE des alternateurs en rotation : ceux-ci ralentissent, et la fréquence du réseau BAISSE. Le réseau réagit en trois temps : une réserve primaire, automatique, où les groupes détectent la baisse de fréquence et augmentent leur puissance en quelques secondes ; une réserve secondaire, en quelques minutes, qui ramène la fréquence à sa valeur nominale ; une réserve tertiaire, en quelques dizaines de minutes, qui reconstitue les précédentes. Si cela ne suffit pas, on procède au délestage, c'est-à-dire à la coupure volontaire de zones entières, pour éviter l'effondrement complet. La fréquence est donc l'indicateur en temps réel de l'équilibre entre production et consommation, et c'est elle que surveillent les gestionnaires de réseau.

d)

Les pertes valent 500×0,019=9,5500 \times 0{,}019 = 9{,}5 MW. Sur un an : 9,5×8 760=83 2209{,}5 \times 8\ 760 = 83\ 220 MWh, soit 83,22×10683{,}22 \times 10^{6} kWh. Nombre de foyers : 83 220 000/4 500≈18 49383\ 220\ 000 / 4\ 500 \approx 18\ 493 foyers. Une seule ligne, avec des pertes jugées faibles, dissipe donc de quoi alimenter près de vingt mille foyers, soit une ville d'environ quarante mille habitants. C'est ce qui justifie l'investissement dans la très haute tension.

e)

Deux AVANTAGES : l'absence d'impact visuel et d'emprise au sol visible, ce qui lève l'essentiel des oppositions locales ; et une bien meilleure résistance aux aléas climatiques, tempêtes, givre, chutes d'arbres, qui sont la première cause de coupure sur les lignes aériennes. Deux INCONVÉNIENTS : le coût, cinq à dix fois supérieur en très haute tension, et une réparation qui demande des jours là où une ligne aérienne se répare en heures ; et surtout un inconvénient PHYSIQUE, la capacité électrique entre le conducteur et le sol, très supérieure à celle de l'air, qui fait circuler un courant capacitif croissant avec la longueur et limite en pratique les liaisons souterraines alternatives à quelques dizaines de kilomètres. Au-delà, il faut passer en courant continu, avec des stations de conversion très coûteuses.

~centrale20 kV400 kV63 kV20 kV230 Vélévateurabaisseurabaisseurabaisseurprise
a) De la centrale à la prise : un transformateur élévateur porte la tension de 20 kV20\ \mathrm{kV} à 400 kV400\ \mathrm{kV} pour le transport, puis des abaisseurs successifs la ramènent, par exemple, à 63 kV63\ \mathrm{kV} pour la répartition régionale, 20 kV20\ \mathrm{kV} pour la distribution et 230 V230\ \mathrm{V} à la prise.
U1N1N2~U2
b) Le transformateur : le courant alternatif du primaire, de N1N_1 spires, crée dans le noyau de fer un champ magnétique variable, en vert ; ce champ traverse le secondaire, de N2N_2 spires, et y induit la tension U2U_2.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : L'intermittence, ou pourquoi l'heure compte

Les deux courbes donnent, sur une journée, la consommation d'un pays et la production de son parc photovoltaïque. Elles ne se ressemblent pas, et c'est tout le problème.

4812162024−101020304050607080consommationproduction solaireheure de la journéepuissance en gigawatts
  • a) Relevez l'heure et la valeur des deux pointes de consommation, puis celles du maximum de production solaire. Que constatez-vous ?
  • b) Estimez la puissance solaire disponible à 8 h et à 20 h, aux deux pointes de consommation. Concluez.
  • c) Pourquoi l'équilibre entre production et consommation doit-il être réalisé à chaque instant, et non en moyenne sur la journée ?
  • d) Estimez l'énergie produite par le solaire sur la journée en assimilant sa courbe à un triangle de base 14 h et de hauteur 45 GW. Comparez à la consommation, estimée à 1 300 GWh sur la journée.
  • e) Cette source couvre donc une part notable de l'énergie du jour et rien de la pointe du soir. Citez trois façons de traiter cette contradiction, avec pour chacune sa limite.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Pointes à 8 h et 20 h, solaire maximal à 13 h
  • b) 19 % à 8 h, rien à 20 h
  • c) Équilibre à chaque instant, sinon la fréquence dérive
  • d) 315 GWh, environ 24 % de l'énergie du jour
  • e) Stockage, pilotage de la demande, mix
a)

La consommation présente deux pointes : une le matin vers 8 h, à environ 62 GW, et une le soir vers 20 h, à environ 68 GW. Le maximum de production solaire se situe vers 13 h, à environ 45 GW. On constate que le maximum de production ne coïncide avec AUCUNE des deux pointes : il tombe au creux de la mi-journée, entre les deux.

b)

À 8 h, la courbe solaire vaut environ 12 GW, alors que la consommation est de 62 GW : le solaire n'en couvre que 12/62≈1912 / 62 \approx 19 pour cent. À 20 h, la production solaire est NULLE, alors que la consommation atteint son maximum de 68 GW : la couverture est de zéro pour cent. Conclusion : au moment où le réseau est le plus sollicité, cette source ne fournit rien, et il faut donc disposer par ailleurs de la totalité de la puissance de pointe.

c)

Parce que l'électricité ne se stocke pas dans le réseau : celui-ci ne contient à aucun instant plus que quelques secondes de consommation, sous forme d'énergie cinétique des alternateurs. Tout déséquilibre se traduit immédiatement par une variation de FRÉQUENCE, comme vu à l'exercice 5, et un écart durable provoque le décrochage des groupes puis l'effondrement du réseau. Raisonner en moyenne journalière revient à dire qu'on peut respirer une fois par jour à condition d'inspirer assez : l'intégrale est juste et le raisonnement absurde.

d)

L'aire du triangle vaut 12×14×45=315\frac{1}{2} \times 14 \times 45 = 315 GWh. Rapportée à la consommation journalière : 315/1 300≈0,242315 / 1\ 300 \approx 0{,}242, soit environ 24 pour cent. Le solaire couvre donc près du quart de l'ÉNERGIE du jour tout en ne couvrant rien de la POINTE : c'est exactement le paradoxe qu'il faut savoir énoncer, et il montre pourquoi une part de marché exprimée en énergie ne dit presque rien de la sécurité d'approvisionnement.

e)

Trois façons. Le STOCKAGE, qui déplace l'énergie du midi vers le soir : sa limite est le coût et le volume, développés à l'exercice 9, et le fait qu'un stockage journalier ne règle pas le problème saisonnier. Le PILOTAGE DE LA DEMANDE, qui déplace des usages vers les heures de production, chauffe-eau, recharge de véhicules, procédés industriels : sa limite est qu'une partie de la consommation, éclairage, cuisson, chauffage, n'est pas déplaçable, et que le levier s'épuise vite. Le MIX de sources complémentaires, associant solaire, éolien dont le profil est différent, hydraulique pilotable et moyens pilotables de secours : sa limite est que la complémentarité n'est jamais parfaite, les épisodes anticycloniques d'hiver associant faible vent, faible ensoleillement et forte consommation. Aucune des trois n'est suffisante seule, et toute solution réelle les combine.

Exercice 7 : Comparer les sources d'électricité

Le diagramme donne le contenu carbone de l'électricité produite par six sources, en grammes d'équivalent dioxyde de carbone par kilowattheure, sur l'ensemble du cycle de vie. Quatre des six barres sont presque invisibles, et c'est le principal enseignement de la figure.

charbon820gaz490solaire40hydraulique24nucléaire12éolien110200400600800
  • a) Relevez les six valeurs. Calculez le rapport entre la plus élevée et la plus faible.
  • b) Que signifie « sur l'ensemble du cycle de vie » ? Pourquoi cette précision est-elle indispensable pour comparer un panneau solaire et une centrale à charbon ?
  • c) Une centrale à charbon de 600 MW à 75 pour cent de facteur de charge fonctionne un an. Calculez ses émissions annuelles, puis celles d'un parc éolien produisant la même énergie.
  • d) Le contenu carbone de l'électricité vaut 60 g par kWh au Québec et 420 en Allemagne. Expliquez cet écart, puis dites ce qu'il implique pour l'intérêt d'un véhicule électrique dans chacun des deux pays.
  • e) Le contenu carbone ne suffit pas à choisir une source. Citez quatre autres critères et, pour chacun, une source qu'il pénalise.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Charbon 820, éolien 11 : rapport ≈75\approx 75
  • b) Cycle de vie complet pour comparer
  • c) 3,233{,}23 Mt contre 43 40043\ 400 t
  • d) 0,90{,}9 kg contre 6,36{,}3 kg aux 100 km
  • e) Pilotabilité, surface, matériaux, déchets
a)

Les six valeurs : charbon 820, gaz 490, solaire 40, hydraulique 24, nucléaire 12, éolien 11 grammes par kilowattheure. Le rapport entre la plus élevée et la plus faible vaut 820/11≈74,5820 / 11 \approx 74{,}5 : le charbon émet environ soixante-quinze fois plus que l'éolien pour produire la même électricité. C'est précisément parce que cet écart est si grand que les quatre dernières barres paraissent nulles sur la figure, alors qu'elles ne le sont pas.

b)

Cela signifie que l'on comptabilise TOUTES les émissions, de l'extraction des matériaux à la construction, à l'exploitation, au démantèlement et au traitement des déchets, et non les seules émissions de fonctionnement. La précision est indispensable ici parce que les profils sont opposés : une centrale à charbon n'émet presque rien à la construction et énormément en fonctionnement, tandis qu'un panneau solaire n'émet rien en fonctionnement et concentre toutes ses émissions dans sa fabrication, très consommatrice d'énergie. Ne compter que le fonctionnement donnerait zéro au solaire, ce qui est faux ; ne compter que la construction donnerait presque zéro au charbon, ce qui est absurde. Seul le cycle de vie complet permet une comparaison honnête.

c)

La centrale produit 600×8 760×0,75=3 942 000600 \times 8\ 760 \times 0{,}75 = 3\ 942\ 000 MWh, soit 3,942×1093{,}942 \times 10^{9} kWh. Ses émissions valent 3,942×109×820=3,232×10123{,}942 \times 10^{9} \times 820 = 3{,}232 \times 10^{12} g, soit 3,233{,}23 millions de tonnes par an. Le parc éolien produisant la même énergie émettrait 3,942×109×11=4,34×10103{,}942 \times 10^{9} \times 11 = 4{,}34 \times 10^{10} g, soit environ 43 40043\ 400 tonnes. L'économie vaut donc 3,232−0,043≈3,193{,}232 - 0{,}043 \approx 3{,}19 millions de tonnes par an, ce qui correspond à l'empreinte annuelle complète d'environ 3,19×106/9≈354 0003{,}19 \times 10^{6} / 9 \approx 354\ 000 personnes.

d)

L'écart vient du MIX de production. Le Québec produit son électricité presque entièrement par hydraulique, d'où un contenu très faible ; l'Allemagne conserve une part importante de charbon et de lignite, qui tirent la moyenne vers le haut. Pour un véhicule électrique consommant 15 kWh aux 100 km, cela donne 15×0,060=0,915 \times 0{,}060 = 0{,}9 kg par 100 km au Québec, contre 15×0,420=6,315 \times 0{,}420 = 6{,}3 kg en Allemagne. Un véhicule thermique émettant environ 12 kg aux 100 km, le gain est d'un facteur 13 au Québec et d'un facteur 2 seulement en Allemagne. Le véhicule électrique reste donc avantageux dans les deux cas, mais son intérêt dépend entièrement du mix : ce n'est pas le véhicule qui est propre, c'est le réseau qui l'alimente.

e)

Quatre autres critères. La DISPONIBILITÉ à la demande, qui pénalise le solaire et l'éolien, non pilotables. La SURFACE et l'emprise au sol, qui pénalise la biomasse et l'éolien, dont la puissance surfacique est très faible. Les MATÉRIAUX critiques, cuivre, terres rares, lithium, qui pénalisent l'éolien en mer et le stockage par batteries. Et la GESTION DES DÉCHETS ou des risques de long terme, qui pénalise le nucléaire. On peut ajouter le coût complet, l'acceptabilité locale et la dépendance géopolitique. Aucune source ne gagne sur tous les critères : c'est pourquoi la question n'est jamais quelle source choisir, mais quel mélange, pour quel territoire, avec quelles contraintes.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « L'électricité est une énergie propre et renouvelable. »
  • 2) « Un parc éolien de 300 MW remplace un réacteur nucléaire de 300 MW. »
  • 3) « Le rendement global d'une chaîne est la moyenne des rendements de ses maillons. »
  • 4) « Un panneau solaire n'émet pas de dioxyde de carbone. »
  • 5) « On transporte l'électricité en haute tension pour qu'elle aille plus vite. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) L'électricité est un vecteur
  • 2) Énergie et puissance garantie diffèrent
  • 3) Les rendements se multiplient
  • 4) Solaire : environ 40 g par kWh
  • 5) Haute tension pour réduire les pertes
1)

FAUX sur les deux points. L'électricité n'est pas une énergie mais un VECTEUR : elle doit être fabriquée à partir d'une source primaire, et son caractère propre ou renouvelable est entièrement celui de cette source. Une électricité produite au charbon émet 820 grammes par kilowattheure. Énoncé correct : l'électricité est un vecteur d'énergie, et l'on ne peut rien dire de son impact sans connaître le mix de production qui l'a fabriquée.

2)

FAUX, et pour deux raisons distinctes. En ÉNERGIE, les facteurs de charge diffèrent d'un facteur trois : 300 MW d'éolien produisent 657 GWh par an contre 1 971 GWh pour le réacteur. En PUISSANCE GARANTIE, le parc éolien peut tomber à quelques pour cent de sa puissance nominale pendant plusieurs jours, précisément lors des anticyclones hivernaux. Énoncé correct : comparer deux moyens de production exige de comparer à la fois l'énergie annuelle et la puissance disponible à la demande.

3)

FAUX. Les rendements se MULTIPLIENT : 0,35×0,90=0,3150{,}35 \times 0{,}90 = 0{,}315, alors que leur moyenne vaudrait 0,6250{,}625, soit le double. Énoncé correct : le rendement global d'une chaîne est le produit des rendements de ses maillons, et il est donc toujours inférieur au plus faible d'entre eux, ce qui donne un contrôle immédiat.

4)

FAUX si l'on raisonne en cycle de vie. Un panneau n'émet rien en FONCTIONNEMENT, mais sa fabrication, très consommatrice d'énergie, représente environ 40 grammes par kilowattheure produit sur sa durée de vie. Énoncé correct : le contenu carbone du solaire vaut environ 40 g par kWh, vingt fois moins que le charbon et trois fois plus que l'éolien ; aucune source n'est à zéro.

5)

FAUX. La vitesse de propagation du signal électrique ne dépend pas de la tension : elle est proche de celle de la lumière dans tous les cas. On monte en tension pour réduire l'INTENSITÉ à puissance transportée égale, donc les pertes par effet Joule qui varient en RI2R I^{2}. Énoncé correct : à puissance transportée fixée, les pertes valent RP2/U2R P^{2} / U^{2} ; multiplier la tension par 10 les divise par 100, ce qui rend le transport à longue distance possible.

Exercice 9 : Stocker l'électricité

Puisque l'électricité ne se stocke pas, on stocke autre chose et on la refabrique au besoin. Chaque technique répond à une échelle de temps et à une échelle de puissance différentes, et aucune ne couvre les deux.

Le schéma ci-dessous représente la station ; les distances ne sont pas à l'échelle.

pompageturbinagebassin supérieur : 10 millions de m³bassin inférieurusine300 m
  • a) Une station de pompage-turbinage dispose d'un bassin supérieur de 10 millions de mètres cubes situé 300 m au-dessus du bassin inférieur. Calculez l'énergie potentielle stockée, en joules puis en gigawattheures. On prendra g=9,81g = 9{,}81 N/kg.
  • b) Le rendement du cycle pompage puis turbinage vaut 80 pour cent. Quelle énergie électrique restitue-t-on ? Où passent les 20 pour cent restants ?
  • c) La France consomme en moyenne 55 GW. Combien de temps cette réserve tiendrait-elle si elle était seule ? Commentez.
  • d) On envisage de stocker la même énergie dans des batteries de véhicules de 60 kWh chacune. Combien en faudrait-il ? Comparez au parc automobile d'un pays.
  • e) Classez trois techniques de stockage, pompage-turbinage, batteries et hydrogène, selon l'échelle de temps qu'elles couvrent, et dites laquelle pourrait traiter le décalage saisonnier.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) E=mgh≈8,18E = mgh \approx 8{,}18 GWh
  • b) 6,546{,}54 GWh restitués, le reste en chaleur
  • c) Environ 7 minutes de consommation nationale
  • d) ≈109 000\approx 109\ 000 batteries de 60 kWh
  • e) Batteries, pompage, hydrogène saisonnier
a)

La masse d'eau vaut m=10×106×1 000=1010m = 10 \times 10^{6} \times 1\ 000 = 10^{10} kg, puisqu'un mètre cube d'eau pèse une tonne. L'énergie potentielle vaut E=mgh=1010×9,81×300=2,943×1013E = m g h = 10^{10} \times 9{,}81 \times 300 = 2{,}943 \times 10^{13} J. En gigawattheures : 2,943×1013/3,6×1012≈8,182{,}943 \times 10^{13} / 3{,}6 \times 10^{12} \approx 8{,}18 GWh.

b)

L'énergie restituée vaut 8,18×0,80≈6,548{,}18 \times 0{,}80 \approx 6{,}54 GWh. Les 20 pour cent restants sont perdus sous forme de CHALEUR : frottements dans les conduites, pertes dans les pompes, les turbines et les alternateurs, et échauffement des transformateurs. Comme toujours, l'énergie n'est pas détruite, elle est dégradée en chaleur diffuse, inutilisable pour refaire de l'électricité.

c)

À 55 GW de puissance moyenne, la réserve tiendrait 6,54/55≈0,1196{,}54 / 55 \approx 0{,}119 heure, soit environ 7 minutes. Le commentaire est essentiel : la plus grande station de pompage-turbinage imaginable ne couvre pas dix minutes de consommation nationale. Le stockage de masse n'a donc jamais vocation à remplacer la production, seulement à LISSER les variations rapides et à déplacer quelques heures d'énergie du creux vers la pointe. Toute affirmation selon laquelle il suffirait de stocker se heurte à ce calcul.

d)

Il faudrait 6,54×1066{,}54 \times 10^{6} kWh divisé par 60 kWh, soit environ 109 000109\ 000 batteries. C'est peu au regard d'un parc automobile national de plusieurs dizaines de millions de véhicules : 109 000109\ 000 représente environ 0,30{,}3 pour cent d'un parc de 38 millions. Le résultat est encourageant en apparence et trompeur en réalité : ces batteries ne sont disponibles que si les véhicules sont branchés au bon moment, et l'usage du stockage abîme la batterie, ce que les propriétaires n'accepteront qu'avec une rémunération. Le potentiel technique est réel, la disponibilité effective est une question de contrat, pas de physique.

e)

Par échelle de temps croissante. Les BATTERIES couvrent de la seconde à quelques heures : elles répondent très vite, ce qui les rend précieuses pour le réglage de fréquence, mais leur coût par kilowattheure stocké interdit les grandes quantités. Le POMPAGE-TURBINAGE couvre de l'heure à la journée, voire la semaine : c'est la seule technique de masse réellement déployée, mais elle exige un relief et deux bassins, donc des sites rares. L'HYDROGÈNE couvre le mois et la saison : on le produit par électrolyse quand la production est excédentaire et on le reconvertit plus tard. C'est la seule des trois capable de traiter le décalage SAISONNIER, mais son rendement complet, de l'électricité à l'électricité, ne dépasse guère 30 pour cent : il faut donc produire trois kilowattheures pour en restituer un, ce qui est acceptable pour un excédent qui serait autrement perdu et ruineux dans tout autre cas.

Exercice 10 : Problème : le mix électrique d'une île

Une île de 40 000 habitants consomme 180 GWh d'électricité par an, avec une pointe de 32 MW. Elle est aujourd'hui alimentée par une centrale au fioul de 40 MW. On étudie sa transition.

Le schéma ci-dessous représente l'île et les installations étudiées.

centrale au fioul40 MWville, 40 000 habitantssolaire en projet, 30 MWéolien en projet20 MW
  • a) Calculez le facteur de charge actuel de la centrale et sa consommation annuelle de fioul, à 40 pour cent de rendement et 42 MJ par kilogramme.
  • b) Calculez les émissions annuelles, à 3,1 kg de dioxyde de carbone par kilogramme de fioul, puis le contenu carbone de l'électricité de l'île, en grammes par kilowattheure.
  • c) On installe 30 MW de solaire, à 16 pour cent de facteur de charge, et 20 MW d'éolien, à 30 pour cent. Calculez l'énergie annuelle produite et la part de la consommation couverte.
  • d) Malgré cette part, quelle puissance de moyens pilotables faut-il conserver ? Justifiez par un scénario précis.
  • e) Rédigez en cinq lignes la recommandation, en distinguant ce que le calcul établit, ce qu'il ignore, et l'ordre des décisions.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Facteur de charge 51,451{,}4 %, 38 60038\ 600 t de fioul
  • b) 119 600119\ 600 t, 664 g par kWh
  • c) 94,694{,}6 GWh, 52,652{,}6 % de l'énergie
  • d) Garder 32 MW pilotables
  • e) Mesurer, réduire la pointe, éolien puis solaire
a)

Facteur de charge : 180×103180 \times 10^{3} MWh divisé par 40×8 760=350 40040 \times 8\ 760 = 350\ 400 MWh, soit 180 000/350 400≈0,514180\ 000 / 350\ 400 \approx 0{,}514, c'est-à-dire environ 51,451{,}4 pour cent. Consommation de fioul : l'énergie électrique vaut 180×109180 \times 10^{9} Wh ×3 600=6,48×1014\times 3\ 600 = 6{,}48 \times 10^{14} J ; à 40 pour cent de rendement, l'énergie thermique nécessaire vaut 6,48×1014/0,40=1,62×10156{,}48 \times 10^{14} / 0{,}40 = 1{,}62 \times 10^{15} J ; à 42 MJ par kilogramme, la masse vaut 1,62×1015/4,2×107≈3,857×1071{,}62 \times 10^{15} / 4{,}2 \times 10^{7} \approx 3{,}857 \times 10^{7} kg, soit environ 38 60038\ 600 tonnes de fioul par an.

b)

Émissions : 3,857×107×3,1≈1,196×1083{,}857 \times 10^{7} \times 3{,}1 \approx 1{,}196 \times 10^{8} kg, soit environ 119 600119\ 600 tonnes par an. Contenu carbone : 1,196×10111{,}196 \times 10^{11} g divisé par 180×106180 \times 10^{6} kWh, soit environ 664664 g par kilowattheure. C'est intermédiaire entre le gaz et le charbon du diagramme de l'exercice 7, ce qui est cohérent pour du fioul.

c)

Solaire : 30×8 760×0,16=42 04830 \times 8\ 760 \times 0{,}16 = 42\ 048 MWh. Éolien : 20×8 760×0,30=52 56020 \times 8\ 760 \times 0{,}30 = 52\ 560 MWh. Total : 94 60894\ 608 MWh, soit environ 94,694{,}6 GWh. Part de la consommation : 94 608/180 000≈0,52694\ 608 / 180\ 000 \approx 0{,}526, c'est-à-dire environ 52,652{,}6 pour cent. Plus de la moitié de l'énergie annuelle serait donc d'origine renouvelable, ce qui est considérable.

d)

Il faut conserver la TOTALITÉ de la puissance de pointe, soit au moins 32 MW de moyens pilotables, et en pratique un peu plus pour la réserve. Le scénario qui l'impose : une nuit d'hiver sans vent, au moment de la pointe de 32 MW. Le solaire fournit alors zéro, par définition, et l'éolien peut fournir zéro également, un anticyclone couvrant l'île entière pendant plusieurs jours. La totalité de la demande doit donc être couverte par les moyens pilotables. C'est le point le plus contre-intuitif du dossier : couvrir 53 pour cent de l'ÉNERGIE ne permet de retirer aucun mégawatt de PUISSANCE installée pilotable, et c'est pourquoi le parc thermique reste dimensionné comme avant, même s'il fonctionne beaucoup moins.

e)

La recommandation. Un, le calcul ÉTABLIT que 50 MW de renouvelables couvriraient 53 pour cent de l'énergie annuelle, réduisant la consommation de fioul et les émissions dans la même proportion, soit environ 63 000 tonnes de dioxyde de carbone évitées par an. Deux, il établit aussi que la puissance pilotable doit être MAINTENUE à 32 MW au minimum : on économise du combustible, jamais des machines, et le coût fixe de la centrale demeure. Trois, il IGNORE le coût d'investissement, le foncier disponible sur une île, la robustesse du réseau local face à des injections variables, et surtout la ressource éolienne réelle, qui doit être mesurée sur place pendant au moins un an avant tout engagement. Quatre, l'ordre des décisions : d'abord la mesure du gisement et un programme d'efficacité énergétique, qui réduit la pointe donc tout le dimensionnement ; ensuite l'éolien, dont le facteur de charge est le double de celui du solaire ici ; enfin le solaire, complémentaire en saison. Cinq, envisager un stockage journalier de quelques dizaines de mégawattheures seulement après ces trois étapes, car son intérêt ne devient réel que lorsque la production renouvelable dépasse régulièrement la consommation instantanée.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Brûler du méthane, fabriquer de l'hydrogène

Le méthane, principal constituant du gaz naturel, brûle selon CH4+2 O2→CO2+2 H2O\text{CH}_{4} + 2\,\text{O}_{2} \to \text{CO}_{2} + 2\,\text{H}_{2}\text{O}. Sa combustion libère 50 MJ par kilogramme.

Le schéma ci-dessous donne les formules développées des espèces des deux réactions.

Masses molaires : H =1= 1 g/mol, C =12= 12 g/mol, O =16= 16 g/mol. On rappelle que 11 kWh =3,6= 3{,}6 MJ.

combustion du méthaneCHHHH+2OOOCO+2OHHfabrication de l'hydrogène à partir du méthaneCHHHH+2OHHOCO+4HH
  • a) Calculez la masse de dioxyde de carbone produite par la combustion d'un kilogramme de méthane.
  • b) Déduisez-en les émissions par kilowattheure de chaleur produite, en grammes.
  • c) Une centrale au gaz à cycle combiné a un rendement de 60 pour cent. Calculez ses émissions par kilowattheure électrique. Pourquoi le diagramme de l'exercice 7 donne-t-il 490 g pour le gaz ?
  • d) L'hydrogène est aujourd'hui fabriqué surtout à partir de méthane, selon CH4+2 H2O→CO2+4 H2\text{CH}_{4} + 2\,\text{H}_{2}\text{O} \to \text{CO}_{2} + 4\,\text{H}_{2}. Calculez la masse de dioxyde de carbone rejetée par kilogramme d'hydrogène produit, puis par kilowattheure d'énergie chimique stockée, sachant qu'un kilogramme d'hydrogène libère 120 MJ.
  • e) On peut aussi produire l'hydrogène par électrolyse de l'eau, qui consomme environ 55 kWh d'électricité par kilogramme. Calculez les émissions par kilogramme avec une électricité à 420 g par kWh, puis à 60 g par kWh. Concluez.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 44/16=2,7544/16 = 2{,}75 kg par kg de méthane
  • b) 198 g par kWh de chaleur
  • c) 330 g par kWh électrique, hors cycle de vie
  • d) Hydrogène gris : 5,55{,}5 kg par kg, 165 g par kWh
  • e) Électrolyse : 23,123{,}1 ou 3,33{,}3 kg selon l'électricité
a)

Une mole de méthane, 12+4=1612 + 4 = 16 g, donne une mole de dioxyde de carbone, 12+2×16=4412 + 2 \times 16 = 44 g. Un kilogramme de méthane produit donc 4416=2,75\frac{44}{16} = 2{,}75 kg de dioxyde de carbone. La masse produite dépasse celle du combustible parce que l'oxygène vient de l'air.

b)

Un kilowattheure de chaleur, soit 3,63{,}6 MJ, demande 3,650=0,072\frac{3{,}6}{50} = 0{,}072 kg de méthane, qui rejette 0,072×2,75=0,1980{,}072 \times 2{,}75 = 0{,}198 kg, soit 198 g de dioxyde de carbone par kilowattheure de chaleur.

c)

Il faut 10,60\frac{1}{0{,}60} kWh de chaleur par kilowattheure électrique : 1980,60=330\frac{198}{0{,}60} = 330 g par kWh. Le diagramme donne davantage parce qu'il compte le CYCLE DE VIE : extraction, transport et surtout fuites de méthane, puissant gaz à effet de serre, et parce qu'il porte sur un parc dont toutes les centrales n'atteignent pas 60 pour cent de rendement.

d)

Une mole de dioxyde de carbone, 44 g, accompagne quatre moles d'hydrogène, 4×2=84 \times 2 = 8 g : 448=5,5\frac{44}{8} = 5{,}5 kg de dioxyde de carbone par kilogramme d'hydrogène. Un kilogramme d'hydrogène stocke 1203,6≈33,3\frac{120}{3{,}6} \approx 33{,}3 kWh, d'où 5 50033,3≈165\frac{5\ 500}{33{,}3} \approx 165 g par kWh. C'est à peine moins que les 198 g du méthane brûlé directement, avant même de compter l'énergie consommée par le procédé : cet hydrogène, dit gris, ne décarbone presque rien.

e)

Avec une électricité à 420 g par kWh : 55×0,420=23,155 \times 0{,}420 = 23{,}1 kg de dioxyde de carbone par kilogramme d'hydrogène, quatre fois plus que par le méthane. Avec une électricité à 60 g par kWh : 55×0,060=3,355 \times 0{,}060 = 3{,}3 kg. L'hydrogène n'est donc ni propre ni sale en soi : comme l'électricité, c'est un VECTEUR, et son contenu carbone est entièrement celui de l'énergie qui l'a produit. Électrolyser avec une électricité carbonée aggrave les émissions.

Exercice 12 : Combien de temps durent les réserves ?

Les réserves prouvées de pétrole sont estimées à environ 1 7001\ 700 milliards de barils, et la production mondiale à 35 milliards de barils par an. La combustion d'un baril rejette environ 0,430{,}43 tonne de dioxyde de carbone.

  • a) Calculez le rapport des réserves à la production. Que représente ce nombre, et sous quelle hypothèse ?
  • b) La consommation croît en fait de 1,51{,}5 pour cent par an. La production cumulée sur TT années vaut alors 35×1,015T−10,01535 \times \frac{1{,}015^{T} - 1}{0{,}015}. Au bout de combien d'années les réserves actuelles seraient-elles épuisées ?
  • c) Le rapport calculé en a) tournait déjà autour de quarante ans il y a un demi-siècle. Comment les réserves prouvées peuvent-elles ne pas diminuer alors qu'on consomme ?
  • d) Calculez la masse de dioxyde de carbone rejetée si l'on brûlait toutes ces réserves.
  • e) Pour limiter le réchauffement à 1,51{,}5 degré, il ne resterait qu'environ 500 milliards de tonnes de dioxyde de carbone à émettre, toutes sources confondues. Si le pétrole conservait sa part actuelle, environ un tiers des émissions, quelle fraction des réserves pourrait-on brûler ? Concluez sur la vraie limite des énergies fossiles.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 1 700/35≈48,61\ 700 / 35 \approx 48{,}6 ans
  • b) T=ln⁡1,729/ln⁡1,015≈36,8T = \ln 1{,}729 / \ln 1{,}015 \approx 36{,}8 ans
  • c) Réserve prouvée : notion économique
  • d) 731 milliards de tonnes de dioxyde de carbone
  • e) 23 % brûlables : le climat limite avant la ressource
a)

1 70035≈48,6\frac{1\ 700}{35} \approx 48{,}6 ans. C'est la durée pendant laquelle les réserves actuelles couvriraient la production actuelle, sous l'hypothèse d'une production CONSTANTE et de réserves figées. Ce n'est donc pas une date de fin du pétrole, mais un indicateur de tension.

b)

On résout 35×1,015T−10,015=1 70035 \times \frac{1{,}015^{T} - 1}{0{,}015} = 1\ 700, soit 1,015T=1+0,015×1 70035≈1,7291{,}015^{T} = 1 + \frac{0{,}015 \times 1\ 700}{35} \approx 1{,}729. En passant au logarithme : T=ln⁡1,729ln⁡1,015≈36,8T = \frac{\ln 1{,}729}{\ln 1{,}015} \approx 36{,}8 ans. Une croissance de 1,51{,}5 pour cent par an, qui paraît modeste, raccourcit la durée de douze ans : c'est le propre des évolutions exponentielles.

c)

Parce qu'une réserve prouvée n'est pas une quantité géologique fixe : c'est la part des gisements CONNUS qu'on peut extraire de façon RENTABLE avec les techniques et les prix du moment. De nouvelles découvertes, de meilleures techniques d'extraction et des prix plus élevés font passer chaque année des ressources dans la catégorie des réserves, et compensent la consommation. Le rapport réserves sur production mesure donc autant l'économie que la géologie.

d)

1 700×109×0,43=7,31×10111\ 700 \times 10^{9} \times 0{,}43 = 7{,}31 \times 10^{11} t, soit 731 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, à comparer au budget de 500 milliards de tonnes : le pétrole des seules réserves prouvées dépasse à lui seul le budget restant.

e)

Part du pétrole dans le budget : 5003≈167\frac{500}{3} \approx 167 milliards de tonnes, soit 167731≈23\frac{167}{731} \approx 23 pour cent des réserves. Plus des trois quarts des réserves prouvées devraient donc rester dans le sol. La vraie limite des énergies fossiles n'est pas l'épuisement de la ressource, qui arriverait bien après : c'est la capacité de l'atmosphère à absorber leurs émissions sans dérèglement majeur.

Exercice 13 : Le réseau comme un graphe

On modélise un petit réseau de transport par un graphe : les sommets sont une centrale S, deux postes de transformation P1 et P2, et une ville V ; chaque arête est une ligne, pondérée par sa résistance, donnée dans le tableau.

La ville consomme 200 MW sous une tension de 400 kV. Dans ce modèle simplifié, on fait passer toute la puissance par un seul chemin, et l'on cherche celui qui minimise les pertes.

Le schéma ci-dessous représente ce graphe.

Approfondissement : cet exercice suivait le programme de 2019, et le réseau vu comme un graphe a été retiré du programme en 2023. Seule la question d, les pertes par effet Joule sur une ligne, reste au programme (thème 2.2, voir aussi l'exercice 4).

LigneS–P1S–P2P1–P2P1–VP2–V
Résistance (ohms)25142
2 Ω5 Ω1 Ω4 Ω2 ΩSP1P2Vcentraleville
  • a) Combien le graphe a-t-il de sommets et d'arêtes ? Quel est le degré du sommet P1, c'est-à-dire le nombre d'arêtes qui en partent ?
  • b) Dressez la liste des chemins qui vont de S à V sans passer deux fois par le même sommet, avec la résistance totale de chacun. Combien y en a-t-il ?
  • c) Quel chemin minimise la résistance ? Que remarquez-vous sur son nombre de lignes ?
  • d) Calculez l'intensité, puis les pertes par effet Joule sur ce chemin, en mégawatts et en pourcentage de la puissance transportée.
  • e) La ligne P1–P2 est coupée pour maintenance. Quel est le nouveau meilleur chemin ? Calculez les nouvelles pertes et leur augmentation relative.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 4 sommets, 5 arêtes, P1 de degré 3
  • b) Quatre chemins : 6, 7, 5 et 10 ohms
  • c) S–P1–P2–V, 5 ohms, trois lignes
  • d) I=500I = 500 A, pertes 1,251{,}25 MW
  • e) Sans P1–P2 : 1,51{,}5 MW, +20+20 %
a)

Le graphe a 4 sommets, S, P1, P2 et V, et 5 arêtes, une par colonne du tableau. P1 est relié à S, à P2 et à V : son degré vaut 3.

b)

Quatre chemins. S–P1–V : 2+4=62 + 4 = 6 ohms. S–P2–V : 5+2=75 + 2 = 7 ohms. S–P1–P2–V : 2+1+2=52 + 1 + 2 = 5 ohms. S–P2–P1–V : 5+1+4=105 + 1 + 4 = 10 ohms. La résistance d'un chemin est la somme des résistances de ses lignes, puisqu'elles sont traversées l'une après l'autre.

c)

Le chemin S–P1–P2–V, de 5 ohms. Il emprunte TROIS lignes alors que deux chemins n'en ont que deux : le plus court en nombre d'arêtes n'est pas le meilleur, seul compte le poids total. C'est exactement un problème de plus court chemin dans un graphe pondéré, que les gestionnaires de réseau résolvent par algorithme sur des milliers de sommets.

d)

I=PU=200×106400×103=500I = \frac{P}{U} = \frac{200 \times 10^{6}}{400 \times 10^{3}} = 500 A. Pertes : PJ=RI2=5×5002=1,25×106P_{J} = R I^{2} = 5 \times 500^{2} = 1{,}25 \times 10^{6} W, soit 1,251{,}25 MW, c'est-à-dire 1,25200=0,625\frac{1{,}25}{200} = 0{,}625 pour cent de la puissance transportée.

e)

Sans la ligne P1–P2, il reste S–P1–V, 6 ohms, et S–P2–V, 7 ohms : le meilleur chemin est S–P1–V. Pertes : 6×5002=1,5×1066 \times 500^{2} = 1{,}5 \times 10^{6} W, soit 1,51{,}5 MW, en hausse de 1,5−1,251,25=20\frac{1{,}5 - 1{,}25}{1{,}25} = 20 pour cent. Une ligne courte et peu visible pèse donc lourd dans l'efficacité de tout le réseau. En réalité le courant se répartit entre tous les chemins disponibles selon les lois de l'électricité, mais le raisonnement sur le chemin le plus court en donne la bonne tendance.

Exercice 14 : Deux siècles de croissance énergétique

La consommation mondiale d'énergie primaire valait environ 20 EJ en 1850, pour 1,21{,}2 milliard d'habitants, et environ 580 EJ en 2020, pour 7,87{,}8 milliards d'habitants. Un exajoule, noté EJ, vaut 101810^{18} J.

On donne la durée d'une année, 3,156×1073{,}156 \times 10^{7} s, et la puissance solaire interceptée par la Terre, 1,74×10171{,}74 \times 10^{17} W.

  • a) En supposant une croissance à taux constant, calculez le taux annuel moyen de croissance de la consommation entre 1850 et 2020.
  • b) Calculez le temps de doublement correspondant. Combien de doublements la consommation a-t-elle connus en 170 ans ?
  • c) Calculez la consommation par habitant en 1850 et en 2020, en gigajoules. Par quel facteur a-t-elle été multipliée ?
  • d) Convertissez la consommation par habitant de 2020 en puissance moyenne, en watts. Un être humain dissipe environ 100 W par son métabolisme : combien d'équivalents humains chaque habitant mobilise-t-il en moyenne ?
  • e) Si la croissance de 2 pour cent par an se prolongeait pendant trois siècles, quelle serait la consommation ? Comparez-la à l'énergie solaire interceptée par la Terre en un an, et concluez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 291/170≈1,02029^{1/170} \approx 1{,}020 : 2 % par an
  • b) Doublement en 35 ans, 4,94{,}9 doublements
  • c) 16,716{,}7 puis 74,474{,}4 GJ par habitant
  • d) ≈2 360\approx 2\ 360 W, 24 équivalents humains
  • e) 2,2×1052{,}2 \times 10^{5} EJ : 4 % du solaire intercepté
a)

On cherche tt tel que 20×(1+t)170=58020 \times (1 + t)^{170} = 580, soit (1+t)170=29(1 + t)^{170} = 29, donc 1+t=291/170=eln⁡29/170≈e0,0198≈1,0201 + t = 29^{1/170} = \mathrm{e}^{\ln 29 / 170} \approx \mathrm{e}^{0{,}0198} \approx 1{,}020. Le taux moyen vaut environ 2 pour cent par an, maintenu pendant près de deux siècles.

b)

Temps de doublement : ln⁡2ln⁡1,02≈35\frac{\ln 2}{\ln 1{,}02} \approx 35 ans. En 170 ans : 17035≈4,9\frac{170}{35} \approx 4{,}9 doublements, et en effet 24,9≈292^{4{,}9} \approx 29. Chaque génération a donc consommé à peu près autant d'énergie que toutes les précédentes réunies.

c)

En 1850 : 20×10181,2×109≈1,67×1010\frac{20 \times 10^{18}}{1{,}2 \times 10^{9}} \approx 1{,}67 \times 10^{10} J, soit 16,716{,}7 GJ par habitant. En 2020 : 580×10187,8×109≈7,44×1010\frac{580 \times 10^{18}}{7{,}8 \times 10^{9}} \approx 7{,}44 \times 10^{10} J, soit 74,474{,}4 GJ. Le facteur vaut 74,416,7≈4,5\frac{74{,}4}{16{,}7} \approx 4{,}5 : la croissance totale, un facteur 29, vient pour un peu moins de la moitié de la population, multipliée par 6,56{,}5, et pour le reste de la consommation individuelle.

d)

P=7,44×10103,156×107≈2 360P = \frac{7{,}44 \times 10^{10}}{3{,}156 \times 10^{7}} \approx 2\ 360 W. Chaque habitant mobilise donc en moyenne l'équivalent de 2 360100≈24\frac{2\ 360}{100} \approx 24 êtres humains travaillant jour et nuit pour lui. Cette moyenne mondiale masque des écarts considérables, d'un facteur dix et plus entre pays.

e)

1,02300≈3801{,}02^{300} \approx 380, d'où une consommation de 580×380≈2,2×105580 \times 380 \approx 2{,}2 \times 10^{5} EJ. L'énergie solaire interceptée en un an vaut 1,74×1017×3,156×107≈5,5×10241{,}74 \times 10^{17} \times 3{,}156 \times 10^{7} \approx 5{,}5 \times 10^{24} J, soit 5,5×1065{,}5 \times 10^{6} EJ : la consommation en représenterait 4 pour cent, et dépasserait le quart un siècle plus tard. Une croissance exponentielle de la consommation d'énergie ne peut donc pas durer quelques siècles de plus, quelle que soit la source : la question n'est pas de savoir si elle s'arrêtera, mais comment.

Exercice 15 : L'énergie de la fission

La fission d'un noyau d'uranium 235 libère environ 200 MeV, avec 11 MeV =1,602×10−13= 1{,}602 \times 10^{-13} J. On donne la masse molaire de l'uranium 235, 235 g/mol, et la constante d'Avogadro, 6,022×10236{,}022 \times 10^{23} par mole.

On étudie un réacteur de 900 MW électriques, de rendement 33 pour cent et de facteur de charge 75 pour cent. Durée d'une année : 3,156×1073{,}156 \times 10^{7} s. Un kilogramme de charbon libère 29 MJ.

Le schéma ci-dessous représente la chaîne de conversion du réacteur.

réacteurturbine etalternateurfission del'uranium 235énergiethermique900 MWélectriquespertesrendement : 33 % ; facteur de charge : 75 %
  • a) Calculez le nombre de noyaux contenus dans un kilogramme d'uranium 235, puis l'énergie libérée par sa fission complète.
  • b) Calculez l'énergie thermique produite par le réacteur en un an.
  • c) Quelle masse d'uranium 235 le réacteur fissionne-t-il en un an ?
  • d) Quelle masse de charbon produirait la même énergie thermique ? Calculez le rapport des énergies libérées par un kilogramme de chaque combustible.
  • e) Le combustible est enrichi à 4 pour cent en uranium 235. Quelle masse de combustible faut-il chaque année ? Qu'est-ce qui rend pourtant la gestion de ces déchets si difficile ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2,56×10242{,}56 \times 10^{24} noyaux, 8,21×10138{,}21 \times 10^{13} J
  • b) 6,46×10166{,}46 \times 10^{16} J thermiques par an
  • c) ≈786\approx 786 kg d'uranium 235
  • d) 2,22{,}2 Mt de charbon, rapport 2,8×1062{,}8 \times 10^{6}
  • e) 20 t de combustible, radioactivité de très long terme
a)

N=1 000235×6,022×1023≈2,56×1024N = \frac{1\ 000}{235} \times 6{,}022 \times 10^{23} \approx 2{,}56 \times 10^{24} noyaux. Énergie : 2,56×1024×200×1,602×10−13≈8,21×10132{,}56 \times 10^{24} \times 200 \times 1{,}602 \times 10^{-13} \approx 8{,}21 \times 10^{13} J.

b)

Puissance thermique : 9000,33≈2 727\frac{900}{0{,}33} \approx 2\ 727 MW. Énergie annuelle : 2,727×109×0,75×3,156×107≈6,46×10162{,}727 \times 10^{9} \times 0{,}75 \times 3{,}156 \times 10^{7} \approx 6{,}46 \times 10^{16} J. Le rendement de 33 pour cent signifie que les deux tiers de cette énergie repartent en chaleur dans le fleuve ou dans l'air, comme pour toute centrale thermique.

c)

m=6,46×10168,21×1013≈786m = \frac{6{,}46 \times 10^{16}}{8{,}21 \times 10^{13}} \approx 786 kg d'uranium 235 par an, moins d'une tonne.

d)

6,46×10162,9×107≈2,23×109\frac{6{,}46 \times 10^{16}}{2{,}9 \times 10^{7}} \approx 2{,}23 \times 10^{9} kg, soit 2,22{,}2 millions de tonnes de charbon, plus de six mille tonnes par jour. Rapport des énergies par kilogramme : 8,21×10132,9×107≈2,8×106\frac{8{,}21 \times 10^{13}}{2{,}9 \times 10^{7}} \approx 2{,}8 \times 10^{6}. Un kilogramme d'uranium 235 fissionné vaut près de trois millions de kilogrammes de charbon : la différence vient de ce que la fission met en jeu l'énergie de liaison des noyaux, et la combustion seulement celle des liaisons entre atomes.

e)

7860,04≈19 700\frac{786}{0{,}04} \approx 19\ 700 kg, soit environ 20 tonnes de combustible par an. La masse est faible, mais les produits de fission et les éléments lourds formés sont très RADIOACTIFS, et certains le restent pendant des dizaines de milliers d'années : la difficulté n'est pas le volume à stocker, c'est la durée pendant laquelle il faut l'isoler, sans commune mesure avec celle des institutions humaines.

Partie D : les ajouts du programme 2023 (/30)

Exercice 16 : Faire tourner un alternateur : fréquence et rendement

Le schéma représente un alternateur vu en coupe. Un aimant, dont on a marqué les pôles nord et sud, tourne autour de son axe, entraîné par une turbine ; autour de lui, une carcasse fixe porte deux bobines de fil de cuivre reliées au réseau.

Quand le rotor porte pp paires de pôles et fait nn tours par seconde, le courant produit a pour fréquence f=p×nf = p \times n.

NS123
  • a) Parmi les éléments numérotés 1, 2 et 3, lequel crée le champ magnétique ? Dans lequel apparaît le courant électrique ? Nommez le phénomène physique en jeu.
  • b) Le rotor d'une centrale thermique porte une seule paire de pôles et alimente un réseau à 5050 Hz. Calculez sa vitesse de rotation en tours par seconde, puis en tours par minute.
  • c) Un alternateur de barrage tourne lentement, à 112,5112{,}5 tours par minute, et alimente un réseau à 6060 Hz. Combien de paires de pôles son rotor doit-il porter ?
  • d) L'alternateur de la centrale reçoit de la turbine une puissance mécanique de 918918 MW et fournit 900900 MW électriques. Définissez et calculez son rendement. Que deviennent les pertes, et quel phénomène en est la cause principale ?
  • e) Les pales d'une éolienne tournent à 1515 tours par minute. Son alternateur porte deux paires de pôles et doit fournir du courant à 5050 Hz. Par quel facteur un multiplicateur à engrenages doit-il augmenter la vitesse de rotation ?

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c)
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Réponses

  • a) 1 : source de champ (aimant du rotor) ; 2 : bobine où naît le courant ; induction électromagnétique
  • b) 5050 tr/s, soit 3 0003\,000 tr/min
  • c) p=601,875=32p=\frac{60}{1{,}875}=32 paires de pôles
  • d) η=900918≈98,0 %\eta=\frac{900}{918}\approx 98{,}0\ \% ; 1818 MW perdus en chaleur, surtout par effet Joule
  • e) 1 5001\,500 tr/min contre 1515 : facteur 100100
a)

L'élément 1, l'aimant du rotor, est la SOURCE DE CHAMP MAGNÉTIQUE. L'élément 2, une bobine du stator, est le FIL CONDUCTEUR dans lequel apparaît le courant. L'élément 3 est la carcasse fixe qui porte les bobines. Le phénomène est l'INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE, découverte par Faraday : un conducteur soumis à un champ magnétique VARIABLE est le siège d'une tension, et d'un courant si le circuit est fermé. Ici le champ vu par chaque bobine varie parce que l'aimant tourne ; ce qui compte est le mouvement RELATIF de l'aimant et du fil, et l'on pourrait aussi bien faire tourner les bobines devant un aimant fixe. Un aimant immobile devant une bobine immobile ne produit rien.

b)

Avec une paire de pôles, chaque tour du rotor fait passer une fois le pôle nord puis une fois le pôle sud devant chaque bobine : le courant fait une oscillation complète par tour. Donc n=fp=501=50n = \frac{f}{p} = \frac{50}{1} = 50 tours par seconde, soit 50×60=3 00050 \times 60 = 3\,000 tours par minute. C'est la vitesse imposée à toutes les turbines à vapeur couplées à un alternateur à une paire de pôles sur le réseau européen : elle ne se règle pas, c'est la fréquence du réseau qui la fixe.

c)

La vitesse vaut 112,560=1,875\frac{112{,}5}{60}=1{,}875 tour par seconde. Il faut p=fn=601,875=32p = \frac{f}{n} = \frac{60}{1{,}875} = 32 paires de pôles, soit 6464 pôles répartis sur le pourtour du rotor. Une turbine hydraulique tourne lentement parce que l'eau ne peut pas la lancer à des milliers de tours par minute ; on compense par le nombre de pôles. Le piège est de diviser la vitesse en tours par MINUTE par la fréquence en hertz, qui compte des oscillations par SECONDE : on trouverait 60112,5\frac{60}{112{,}5}, moins d'une paire de pôles, résultat absurde qui doit alerter.

d)

Le rendement est le rapport de l'énergie, ou de la puissance, UTILE à celle REÇUE : η=PeˊlectriquePmeˊcanique=900918≈0,980\eta = \frac{P_{\text{électrique}}}{P_{\text{mécanique}}} = \frac{900}{918} \approx 0{,}980, soit 98,0 %98{,}0\ \%. Un alternateur est l'un des convertisseurs les plus performants qui soient, avec un rendement proche de 11. Les pertes valent 918−900=18918 - 900 = 18 MW, dissipés en CHALEUR, qu'il faut évacuer par un circuit de refroidissement. Leur cause principale est l'EFFET JOULE dans les bobinages parcourus par le courant ; s'y ajoutent les frottements mécaniques et l'échauffement du fer. Ne pas confondre avec le rendement de la centrale entière, voisin de 35 %35\ \% (exercice 2) : ce n'est pas l'alternateur qui perd les deux tiers de l'énergie, c'est la conversion de la chaleur en mouvement qui le précède.

e)

Avec deux paires de pôles à 5050 Hz, l'alternateur doit tourner à n=502=25n = \frac{50}{2} = 25 tours par seconde, soit 1 5001\,500 tours par minute. Les pales tournent à 1515 tours par minute : il faut multiplier la vitesse par 1 50015=100\frac{1\,500}{15} = 100. D'où le multiplicateur, lourd et fragile, logé dans la nacelle. Certaines éoliennes s'en passent en portant un alternateur à très grand nombre de pôles, exactement comme le barrage de la question c ; d'autres produisent un courant de fréquence variable, redressé puis remis à 5050 Hz par l'électronique de puissance.

À retenir : f=p×nf = p \times n, avec nn en tours par SECONDE. La fréquence est imposée par le réseau ; ce qu'on choisit, c'est le nombre de paires de pôles, et la vitesse de rotation en découle.

NSNSpôle nord face à la bobineun quart de tour plus tard
a) Le champ de l'aimant, en vert, traverse les bobines du stator. Quand un pôle fait face à une bobine, le champ qui la traverse est maximal ; un quart de tour plus tard, il la longe sans la traverser. Cette variation permanente induit le courant.

Exercice 17 : Choisir le matériau d'un panneau photovoltaïque

La courbe donne la répartition de la puissance du rayonnement solaire selon la longueur d'onde, en pourcentage de son maximum. Un matériau semi-conducteur absorbe toutes les longueurs d'onde INFÉRIEURES à un seuil, et laisse passer les autres. Les traits pointillés marquent le seuil de trois matériaux : oxyde de zinc (ZnO, 380380 nm), arséniure de gallium (GaAs, 870870 nm) et silicium (Si, 1 1001\,100 nm). La lumière visible s'étend de 400400 à 800800 nm environ.

La part de la puissance solaire portée par les longueurs d'onde inférieures à chaque seuil vaut 10 %10\ \% pour 380380 nm, 64 %64\ \% pour 870870 nm et 77 %77\ \% pour 1 1001\,100 nm.

250500750100012501500175020002250250020406080100ZnOGaAsSilongueur d'onde (nm)puissance solaire reçue (% du maximum)
  • a) Lequel des trois matériaux n'absorbe pas la lumière visible ? Dans quel domaine absorbe-t-il ?
  • b) Par quel facteur la part de puissance solaire absorbable par le silicium dépasse-t-elle celle de l'oxyde de zinc ? Lequel de ces deux matériaux peut servir à fabriquer un capteur photovoltaïque ? Justifiez par la comparaison des spectres.
  • c) Absorber plus loin dans l'infrarouge n'est pas toujours mieux. L'énergie d'un photon, en électronvolts, vaut 1 240λ\frac{1\,240}{\lambda} avec λ\lambda en nanomètres, et le silicium n'en convertit que 1,121{,}12 eV, le reste partant en chaleur. Calculez l'énergie d'un photon de 500500 nm et la fraction convertie par le silicium. Expliquez le compromis sur le choix du seuil.
  • d) Une maison installe 33 kWc de panneaux au silicium : c'est leur puissance sous un éclairement de référence de 1 0001\,000 W/m². Sur ce toit, chaque kilowatt-crête produit 1 1001\,100 kWh par an. La maison consomme 4 5004\,500 kWh par an, mais seuls 35 %35\ \% de la production sont consommés sur place, au moment où elle a lieu. Calculez la production annuelle, la part qu'elle représente de la consommation, puis la part de la consommation couverte directement.
  • e) L'électricité photovoltaïque émet 4040 g de dioxyde de carbone par kWh sur son cycle de vie. Calculez les émissions évitées chaque année si cette production remplace une électricité à 420420 g par kWh, puis à 6060 g par kWh. Argumentez sur l'intérêt de l'installation selon le pays.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) L'oxyde de zinc, qui n'absorbe que l'ultraviolet
  • b) 7710≈7,7\frac{77}{10}\approx 7{,}7 ; le silicium, dont le seuil couvre l'essentiel du spectre solaire
  • c) 2,482{,}48 eV, dont 45 %45\ \% convertis ; seuil trop lointain : moins par photon, trop proche : moins de photons
  • d) 3 3003\,300 kWh, soit 73 %73\ \% de la consommation ; 1 1551\,155 kWh, soit 26 %26\ \%, couverts directement
  • e) Environ 1 2541\,254 kg évités par an contre 6666 kg : l'intérêt dépend du réseau remplacé
a)

L'oxyde de zinc n'absorbe que les longueurs d'onde inférieures à 380380 nm, donc aucune du visible, qui commence vers 400400 nm : il est TRANSPARENT à la lumière visible et n'absorbe que l'ULTRAVIOLET. L'arséniure de gallium et le silicium, eux, absorbent tout le visible, et le silicium une partie du proche infrarouge. Sur la courbe, le seuil de l'oxyde de zinc laisse de côté tout le sommet du spectre, situé vers 500500 nm.

b)

Le silicium peut absorber 77 %77\ \% de la puissance solaire, l'oxyde de zinc 10 %10\ \% : le rapport vaut 7710≈7,7\frac{77}{10}\approx 7{,}7. Le silicium convient à un capteur photovoltaïque, parce que son seuil se place au-delà du maximum du spectre solaire et englobe l'essentiel de la puissance reçue. L'oxyde de zinc ne convient pas : il laisse passer 90 %90\ \% de la puissance solaire sans l'absorber, et une puissance non absorbée ne peut pas être convertie. C'est la méthode attendue : superposer le domaine d'absorption du matériau au spectre solaire et regarder quelle part du spectre il couvre. L'oxyde de zinc sert d'ailleurs à fabriquer des crèmes solaires, précisément parce qu'il arrête les ultraviolets et laisse passer le visible.

c)

Un photon de 500500 nm porte 1 240500=2,48\frac{1\,240}{500}=2{,}48 eV ; le silicium n'en convertit que 1,121{,}12, soit 1,122,48≈0,45\frac{1{,}12}{2{,}48}\approx 0{,}45, donc 45 %45\ \%, le reste chauffant le panneau. Voilà le compromis. Un seuil plus lointain dans l'infrarouge, donc une énergie convertie par photon plus faible, capte plus de photons mais tire moins de chacun. Un seuil plus proche du visible tire plus de chaque photon absorbé, mais en absorbe moins. Il existe donc un seuil optimal, vers 900900 à 1 1001\,100 nm, et le silicium s'y trouve ; il a en plus l'avantage d'être abondant, puisqu'on l'extrait du sable. C'est pourquoi une cellule au silicium ne dépasse guère 2020 à 25 %25\ \% de rendement : la physique du matériau le borne, pas seulement la technique.

d)

La production annuelle vaut 3×1 100=3 3003 \times 1\,100 = 3\,300 kWh, soit 3 3004 500≈0,73\frac{3\,300}{4\,500}\approx 0{,}73, donc 73 %73\ \% de la consommation. Mais seuls 35 %35\ \% de cette production sont consommés au moment où elle a lieu : 0,35×3 300=1 1550{,}35\times 3\,300 = 1\,155 kWh, soit 1 1554 500≈26 %\frac{1\,155}{4\,500}\approx 26\ \% de la consommation couverte directement. Le reste de la production part sur le réseau à midi, et la maison achète le soir et l'hiver l'électricité qu'elle ne produit pas (exercice 6). Le chiffre annuel de 73 %73\ \% n'est donc pas une autonomie : c'est un bilan d'énergie, pas un bilan de puissance à chaque instant.

e)

Chaque kWh solaire remplace un kWh du réseau et évite la différence des contenus carbone. Avec un réseau à 420420 g par kWh : 3 300×(420−40)=1 254 0003\,300 \times (420 - 40) = 1\,254\,000 g, soit environ 1 2541\,254 kg par an. Avec un réseau à 6060 g par kWh : 3 300×(60−40)=66 0003\,300\times(60-40)=66\,000 g, soit 6666 kg par an, environ 1919 fois moins. L'argument climatique dépend donc du réseau local : dans un pays dont l'électricité vient surtout du charbon et du gaz, le panneau domestique évite plus d'une tonne par an ; dans un pays à électricité hydraulique ou nucléaire, il n'évite presque rien, et son intérêt se discute sur d'autres critères, coût, facture, autonomie en cas de panne. Une argumentation complète cite la production, l'autoconsommation, le contenu carbone du réseau remplacé et le coût.

Exercice 18 : Se chauffer au bois ou au fioul : dioxyde de carbone, tep et particules fines

Une maison a besoin chaque année de 12 00012\,000 kWh de chaleur. On compare un poêle à bois ancien, de rendement 75 %75\ \%, et une chaudière au fioul, de rendement 90 %90\ \%.

On assimile le bois sec à de la cellulose, de formule C6H10O5\text{C}_{6}\text{H}_{10}\text{O}_{5} et de masse molaire 162162 g/mol, qui libère 1818 MJ par kilogramme ; le fioul à de l'hexadécane, C16H34\text{C}_{16}\text{H}_{34}, de masse molaire 226226 g/mol, qui libère 4242 MJ par kilogramme. CO2\text{CO}_{2} : 4444 g/mol. 11 kWh =3,6= 3{,}6 MJ et 11 tep =11 630= 11\,630 kWh.

Le schéma ci-dessous représente les deux chauffages comparés.

poêle ancienrendement 75 %bois18 MJ/kgchaleur12 000 kWh/anperteschaudièrerendement 90 %fioul42 MJ/kgchaleur12 000 kWh/anpertes
  • a) Ajustez les équations des deux combustions complètes : C6H10O5+… O2→… CO2+… H2O\text{C}_{6}\text{H}_{10}\text{O}_{5} + \ldots\ \text{O}_{2} \to \ldots\ \text{CO}_{2} + \ldots\ \text{H}_{2}\text{O} et 2 C16H34+… O2→… CO2+… H2O2\ \text{C}_{16}\text{H}_{34} + \ldots\ \text{O}_{2} \to \ldots\ \text{CO}_{2} + \ldots\ \text{H}_{2}\text{O}.
  • b) Calculez la masse de dioxyde de carbone produite par kilogramme de chaque combustible, puis par kilowattheure de chaleur dégagée. Comparez au méthane, 198198 g par kWh (exercice 11), et expliquez le classement.
  • c) Calculez l'énergie de fioul que la chaudière consomme en un an, en kWh puis en tonnes équivalent pétrole, et la masse de fioul correspondante. Faites de même pour la masse de bois.
  • d) Le bois émet donc plus de dioxyde de carbone par kilowattheure que le fioul. Pourquoi le considère-t-on pourtant comme une énergie renouvelable ? Répondez avec les ordres de grandeur des durées du cycle du carbone.
  • e) Un poêle à bois ancien rejette 600600 g de particules fines par gigajoule de bois brûlé, une chaudière au fioul 22 g par gigajoule de fioul. Calculez les deux rejets annuels. Une étude épidémiologique admet que chaque hausse de 1010 µg/m³ de la teneur moyenne en particules fines augmente la mortalité de 8 %8\ \% : dans une vallée où cette teneur passe de 88 à 1818 µg/m³ en hiver, pourquoi ces particules nuisent-elles à la santé ? Distinguez enfin l'ozone produit près du sol par les gaz de combustion et l'ozone stratosphérique.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C6H10O5+6 O2→6 CO2+5 H2O\text{C}_{6}\text{H}_{10}\text{O}_{5} + 6\ \text{O}_{2} \to 6\ \text{CO}_{2} + 5\ \text{H}_{2}\text{O} ; 2 C16H34+49 O2→32 CO2+34 H2O2\ \text{C}_{16}\text{H}_{34} + 49\ \text{O}_{2} \to 32\ \text{CO}_{2} + 34\ \text{H}_{2}\text{O}
  • b) Bois 1,631{,}63 kg/kg et 326326 g/kWh ; fioul 3,123{,}12 kg/kg et 267267 g/kWh ; méthane 198198 : plus d'hydrogène, moins de dioxyde de carbone par kWh
  • c) 13 33313\,333 kWh, soit 1,151{,}15 tep et 1 1431\,143 kg de fioul ; 16 00016\,000 kWh, soit 3 2003\,200 kg de bois
  • d) Carbone du bois repris en quelques décennies (cycle court) ; carbone fossile stocké des dizaines de millions d'années
  • e) Environ 3535 kg contre 9696 g par an ; les particules atteignent les alvéoles ; ozone du sol polluant, ozone stratosphérique protecteur
a)

On ajuste d'abord le carbone, puis l'hydrogène, puis l'oxygène, qu'on garde pour la fin parce que le dioxygène ne contient que lui. Bois : 66 atomes de carbone donnent 6 CO26\ \text{CO}_{2}, 1010 atomes d'hydrogène donnent 5 H2O5\ \text{H}_{2}\text{O} ; à droite, 6×2+5=176\times 2+5=17 atomes d'oxygène, dont 55 viennent déjà de la cellulose, il en faut 1212, soit 6 O26\ \text{O}_{2} : C6H10O5+6 O2→6 CO2+5 H2O\text{C}_{6}\text{H}_{10}\text{O}_{5} + 6\ \text{O}_{2} \to 6\ \text{CO}_{2} + 5\ \text{H}_{2}\text{O}. Fioul : 2×16=322\times 16 = 32 carbones donnent 32 CO232\ \text{CO}_{2}, 2×34=682\times 34=68 hydrogènes donnent 34 H2O34\ \text{H}_{2}\text{O} ; à droite, 64+34=9864+34=98 atomes d'oxygène, soit 49 O249\ \text{O}_{2} : 2 C16H34+49 O2→32 CO2+34 H2O2\ \text{C}_{16}\text{H}_{34} + 49\ \text{O}_{2} \to 32\ \text{CO}_{2} + 34\ \text{H}_{2}\text{O}. Le coefficient 22 devant le fioul évite un demi-coefficient.

b)

Bois : une mole de cellulose, 162162 g, donne 6×44=2646\times 44=264 g de dioxyde de carbone, donc 264162≈1,63\frac{264}{162}\approx 1{,}63 kg par kg. Un kilogramme libère 183,6=5,0\frac{18}{3{,}6}=5{,}0 kWh, d'où 1 6305,0≈326\frac{1\,630}{5{,}0}\approx 326 g par kWh. Fioul : 2×226=4522\times 226=452 g donnent 32×44=1 40832\times 44=1\,408 g, donc 1 408452≈3,12\frac{1\,408}{452}\approx 3{,}12 kg par kg, la valeur que l'exercice 10 donnait sans la justifier. Un kilogramme libère 423,6≈11,7\frac{42}{3{,}6}\approx 11{,}7 kWh, d'où environ 267267 g par kWh. Classement : bois 326326, fioul 267267, méthane 198198 g par kWh. L'explication tient aux atomes : l'énergie vient de la formation du dioxyde de carbone ET de l'eau. Le méthane porte quatre hydrogènes par carbone, le fioul un peu plus de deux, et une part de son énergie vient de l'eau formée ; la cellulose contient déjà de l'oxygène, elle est en partie « déjà brûlée », et tire moins d'énergie de chacun de ses carbones.

c)

La chaudière consomme 12 0000,90≈13 333\frac{12\,000}{0{,}90}\approx 13\,333 kWh de fioul par an, soit 13 33311 630≈1,15\frac{13\,333}{11\,630}\approx 1{,}15 tep. La masse de fioul vaut 13 33311,67≈1 143\frac{13\,333}{11{,}67}\approx 1\,143 kg, un peu plus d'une tonne, ce qui est cohérent avec la définition : une tep est l'énergie d'une tonne de pétrole. Le poêle consomme 12 0000,75=16 000\frac{12\,000}{0{,}75} = 16\,000 kWh de bois, soit 16 0005,0=3 200\frac{16\,000}{5{,}0} = 3\,200 kg de bois sec. La tep sert à additionner des énergies de toutes origines dans une même unité, celle des bilans énergétiques nationaux ; le kWh reste l'unité de la facture.

d)

Le carbone du bois a été prélevé dans l'atmosphère par la photosynthèse de l'arbre, pendant quelques DÉCENNIES de croissance. Si la forêt est gérée durablement, la repousse reprend en quelques décennies le dioxyde de carbone émis : le carbone circule dans le cycle COURT atmosphère-biosphère. Le carbone du fioul vient de matière organique enfouie il y a des DIZAINES À DES CENTAINES DE MILLIONS D'ANNÉES, et aucun processus naturel ne le renvoie vers les roches à l'échelle humaine : le brûler AJOUTE du carbone au cycle court. C'est la durée de reconstitution du stock, et non l'émission instantanée, qui fait qu'une ressource est renouvelable. La réserve s'impose : la neutralité du bois n'est vraie qu'à l'échelle de la repousse, et seulement si la forêt repousse vraiment.

e)

Le bois brûlé représente 16 000×3,6=57 60016\,000\times 3{,}6=57\,600 MJ, soit 57,657{,}6 GJ, d'où 57,6×600≈34 60057{,}6\times 600\approx 34\,600 g, environ 3535 kg de particules fines par an. Le fioul brûlé représente 13 333×3,6≈48 00013\,333\times 3{,}6\approx 48\,000 MJ, soit 4848 GJ, d'où 48×2=9648\times 2 = 96 g par an, environ 360360 fois moins. Dans la vallée, une hausse de 1010 µg/m³ correspond, selon l'étude, à une mortalité accrue de 8 %8\ \%. Les particules fines, de diamètre inférieur à 2,52{,}5 µm, pénètrent jusqu'aux alvéoles pulmonaires et, pour les plus fines, jusque dans le sang : elles provoquent des maladies respiratoires et cardiovasculaires. Le document étant épidémiologique, la conclusion porte sur une POPULATION, pas sur une personne. Quant à l'ozone, celui qui se forme près du sol, sous le soleil, à partir des gaz de combustion est un POLLUANT irritant pour les poumons ; l'ozone stratosphérique, vers 3030 km, est au contraire le filtre qui arrête les ultraviolets. Même molécule, deux altitudes, deux rôles opposés.

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