Enseignement scientifique, Terminale • Programme français, lycées de Montréal

Fiche de révision : le futur des énergies

Le thème de l'énergie est celui où tous les calculs sont des produits : rendements qui se multiplient, énergie qui est une puissance multipliée par une durée et par un facteur de charge, pertes qui varient comme le carré de la tension. Presque toutes les fautes viennent d'une addition faite là où il fallait un produit.

Cette fiche liste les neuf erreurs qui reviennent dans les copies, avec la phrase exacte à écrire à la place et ce que chacune coûte au barème.

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Le fil du chapitre

L'électricité n'est pas une source mais un VECTEUR : chaque question du thème consiste à remonter la chaîne jusqu'à la source primaire, en multipliant les rendements. Et chaque conversion a sa grandeur de contrôle : les paires de pôles pour la fréquence, le seuil d'absorption pour un panneau, l'énergie par kilogramme pour un combustible.

Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Terminale
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 18 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième, Physique-chimie
  2. 2Lumière, couleurs et spectresTroisième, Physique-chimie
  3. 3Ondes et signauxSeconde, Physique-chimie
  4. 4Le Soleil, notre source d'énergiePremière

L'essentiel

L'électricité est un vecteur, pas une source

  • • Une SOURCE PRIMAIRE se trouve dans la nature : charbon, gaz, uranium, vent, soleil, chute d'eau.
  • • Un VECTEUR transporte de l'énergie d'un point à un autre : l'électricité, l'hydrogène, la chaleur d'un réseau.
  • • L'impact d'un kilowattheure électrique est donc celui de la source primaire qui l'a produit, et il change d'un pays à l'autre.
  • • Une voiture électrique n'est ni propre ni sale en soi : elle vaut le mix électrique qui la recharge.

La première phrase d'une réponse sur l'électricité devrait toujours nommer la source primaire : c'est ce que le barème cherche.

Les rendements se multiplient

  • • Rendement d'une chaîne : produit des rendements de chaque maillon. Il est donc TOUJOURS inférieur au plus faible d'entre eux.
  • • Un alternateur a un rendement proche de 11, typiquement 98 %98\ \% : ses pertes viennent surtout de l'effet Joule dans les bobinages.
  • • C'est la conversion de la chaleur en mouvement, dans la turbine, qui fait tomber le rendement d'une centrale thermique vers 35 %35\ \% : ne pas l'attribuer à l'alternateur.
combustible : 100après la chaudière : 90après la turbine : 38après l'alternateur : 37les rendements se multiplient : 0,90 x 0,42 x 0,98 = 0,37
Chaque maillon rogne ce qui reste, jamais ce qui entrait au départ : le rendement global, 37 pour cent, est inférieur au plus faible des trois rendements.

Puissance, énergie, facteur de charge

  • • La puissance est un DÉBIT, en watts. L'énergie est une QUANTITÉ, en wattheures ou en joules.
  • • Énergie == puissance installée ×\times durée ×\times facteur de charge. Une année compte 8 7608\,760 heures.
  • • Facteur de charge : photovoltaïque 12 à 15 pour cent, éolien terrestre 25, hydraulique 35, nucléaire 70 à 80.
  • • Le facteur de charge n'est pas un rendement : il compare l'énergie réellement produite à celle qu'on obtiendrait à pleine puissance en permanence.

Transporter : l'effet Joule et la haute tension

  • • Pertes par effet Joule : PJ=RI2P_{J} = R I^{2}. À puissance transportée fixée, I=P/UI = P/U, donc PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2}/U^{2}.
  • • Multiplier la tension par 10 divise les pertes par 100 : c'est toute la raison de la très haute tension.
  • • Un transformateur n'agit qu'en courant ALTERNATIF : il lui faut un champ magnétique variable.
  • • C'est pourquoi le réseau est alternatif, et non continu.
~centrale20 kV400 kV63 kV20 kV230 Vélévateurabaisseurabaisseurabaisseurprise
Un élévateur porte la tension à 400 kV400\ \mathrm{kV} pour le transport, puis des abaisseurs la ramènent par étapes à 230 V230\ \mathrm{V} : chaque étape exige un courant alternatif.

Le réseau, et ce qu'on peut stocker

  • • L'équilibre entre production et consommation doit être INSTANTANÉ : l'électricité ne s'accumule pas dans les lignes.
  • • Un déséquilibre se lit sur la FRÉQUENCE : elle baisse quand la consommation dépasse la production.
  • • Stocker de l'électricité, c'est toujours la convertir en autre chose : énergie de position pour un barrage, chimique pour une batterie, mécanique pour un volant.
  • • Chaque conversion coûte un rendement, à l'aller et au retour : un stockage a donc un rendement aller-retour, de l'ordre de 70 à 90 pour cent.

L'alternateur et le panneau photovoltaïque

  • • Alternateur : une source de champ magnétique (l'aimant du rotor) et un fil conducteur (les bobines) en mouvement relatif ; l'induction électromagnétique y fait naître un courant.
  • • Fréquence : f=p×nf = p \times n, avec pp paires de pôles et nn en tours par SECONDE. À 5050 Hz, une paire de pôles impose 3 0003\,000 tours par minute.
  • • Un semi-conducteur absorbe les longueurs d'onde inférieures à son seuil. Le silicium, seuil 1 1001\,100 nm, couvre environ 77 %77\ \% de la puissance solaire ; l'oxyde de zinc, seuil 380380 nm, seulement 10 %10\ \%.
  • • L'intérêt d'un panneau domestique se discute sur la production, l'autoconsommation, le contenu carbone du réseau remplacé et le coût.
NS
L'aimant du rotor tourne ; ses lignes de champ, en vert, traversent les bobines du stator. Le champ vu par chaque bobine varie sans cesse : c'est ce qui induit la tension.

Combustibles, carbone et santé

  • • On ajuste une combustion en équilibrant le carbone, puis l'hydrogène, puis l'oxygène : 2 C16H34+49 O2→32 CO2+34 H2O2\ \text{C}_{16}\text{H}_{34} + 49\ \text{O}_{2} \to 32\ \text{CO}_{2} + 34\ \text{H}_{2}\text{O}.
  • • Dioxyde de carbone par kWh de chaleur : bois 326326 g, fioul 267267 g, méthane 198198 g. Plus un combustible porte d'hydrogène par carbone, moins il émet par kilowattheure.
  • • 11 tep =11 630= 11\,630 kWh, l'énergie d'une tonne de pétrole ; 11 kWh =3,6= 3{,}6 MJ.
  • • Le carbone du bois circule en décennies (cycle court), celui des fossiles a été stocké des dizaines de millions d'années : c'est la durée de reconstitution qui fait le renouvelable.
  • • Les particules fines des combustions atteignent les alvéoles pulmonaires. L'ozone formé près du sol est un polluant ; l'ozone stratosphérique nous protège des ultraviolets.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Traiter l'électricité comme une source d'énergie propre

2 points, et c'est la question de recul du thème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La voiture électrique n'émet pas de dioxyde de carbone, elle est donc propre. »

Ce qu'il faut écrire

« L'électricité est un VECTEUR : son contenu carbone est celui du mix qui l'a produite, de 12 g par kWh pour le nucléaire à 820 g pour le charbon. »

Pourquoi : Rien n'est émis au point d'usage, tout est émis à la production. Raisonner sur le vecteur au lieu de la source primaire est exactement l'erreur que le thème veut faire corriger.

2. Additionner les rendements d'une chaîne

2 points, et le résultat est faux du double

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La chaudière fait 0,900{,}90, la turbine 0,420{,}42 et l'alternateur 0,980{,}98 : le rendement global est la moyenne, soit 0,770{,}77. »

Ce qu'il faut écrire

« Les rendements se MULTIPLIENT : 0,90×0,42×0,98=0,370{,}90 \times 0{,}42 \times 0{,}98 = 0{,}37. Le global est inférieur au plus faible des trois. »

Pourquoi : Chaque maillon prend une fraction de ce qui lui parvient, pas de ce qui entrait au départ. Le contrôle est immédiat : un rendement global supérieur au plus faible maillon est impossible.

3. Confondre la puissance installée et l'énergie produite

2 points, et le résultat est surestimé d'un facteur quatre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le parc éolien fait 10 MW, donc il produit 10 MW toute l'année. »

Ce qu'il faut écrire

« Une puissance ne se produit pas, elle se délivre. L'énergie annuelle vaut 10×8 760×0,25=21 90010 \times 8\,760 \times 0{,}25 = 21\,900 MWh, avec un facteur de charge de 25 pour cent. »

solaire13 %éolien25 %hydraulique35 %nucléaire75 %0204060facteur de charge
Quatre sources, quatre facteurs de charge : un mégawatt installé en solaire et un mégawatt en nucléaire ne produisent pas la même énergie, dans un rapport de près de six.

Pourquoi : Le facteur de charge est ce qui distingue une source pilotable d'une source intermittente. L'oublier revient à comparer des installations qui ne produisent pas au même rythme.

4. Expliquer la haute tension par la puissance transportée

2 points, et l'explication attendue est manquée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On monte la tension pour faire passer plus de puissance dans la ligne. »

Ce qu'il faut écrire

« On monte la tension pour BAISSER le courant à puissance égale : PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2}/U^{2}, donc multiplier UU par 10 divise les pertes par 100. »

tensionpertes relatives20 kV10063 kV10200 kV1multiplier la tension par 10 divise les pertes par 100
La même puissance transportée sur la même ligne : les pertes tombent d'un facteur cent quand la tension est multipliée par dix, parce qu'elles varient comme le carré de la tension.

Pourquoi : La puissance transportée est fixée par la demande. Ce que la tension change, c'est le courant, et donc les pertes, qui varient comme le CARRÉ du courant.

5. Faire fonctionner un transformateur en courant continu

1 point, sur une question de justification

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On transporte en continu à haute tension, avec un transformateur à chaque bout. »

Ce qu'il faut écrire

« Un transformateur exige un champ magnétique VARIABLE, donc un courant alternatif. En continu, il ne transforme rien : c'est pourquoi le réseau est alternatif. »

U1N1N2pileN1N2courant alternatifcourant continu~U2U2 = 0
À gauche, le courant alternatif crée un champ variable qui induit U2U_2. À droite, la pile crée un champ CONSTANT : rien n'est induit, U2=0U_2=0.

Pourquoi : L'induction ne produit une tension que si le flux varie. C'est cette contrainte physique, et non un choix historique, qui a imposé l'alternatif pour le transport.

6. Croire qu'on stocke l'électricité telle quelle

1 point, et l'analyse du coût énergétique du stockage devient impossible

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On stocke l'électricité produite en trop dans des batteries géantes. »

Ce qu'il faut écrire

« On la CONVERTIT : en énergie de position dans un barrage, en énergie chimique dans une batterie. Chaque conversion coûte un rendement, à l'aller comme au retour. »

Pourquoi : L'électricité ne s'accumule pas : elle circule. C'est ce qui impose l'équilibre instantané du réseau et rend le stockage à la fois indispensable et coûteux.

7. Croire que la moyenne annuelle règle l'intermittence

2 points sur la question de conclusion, celle qui demande de raisonner

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le parc produit en moyenne autant que l'île consomme, le problème est donc résolu. »

Ce qu'il faut écrire

« L'équilibre doit être INSTANTANÉ : une moyenne annuelle ne dit rien de l'heure. Il faut du stockage, une source pilotable, ou une interconnexion. »

Pourquoi : Le réseau ne peut ni avancer ni retarder la consommation. La question n'est jamais l'énergie sur l'année mais la puissance à chaque instant, et c'est là que se joue la différence entre les sources.

8. Comparer des sources sans le cycle de vie

2 points, sur une question de comparaison chiffrée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'éolien n'émet rien pendant qu'il tourne, son contenu carbone est nul. »

Ce qu'il faut écrire

« Le contenu carbone se compte sur le CYCLE DE VIE, fabrication et démantèlement compris : 11 g par kWh pour l'éolien, 12 pour le nucléaire, 40 pour le solaire, 490 pour le gaz, 820 pour le charbon. »

Pourquoi : Toute installation demande de l'énergie pour être construite. Comparer sur la seule phase d'exploitation avantagerait artificiellement les sources dont l'essentiel de l'impact est à la fabrication.

9. Attribuer à l'alternateur le faible rendement de la centrale

1 à 2 points sur la question de rendement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'alternateur perd les deux tiers de l'énergie : c'est lui qu'il faut améliorer. »

Ce qu'il faut écrire

« L'alternateur reçoit 918918 MW et fournit 900900 MW : η=900918≈98 %\eta = \frac{900}{918}\approx 98\ \%. Les pertes de la centrale, environ 65 %65\ \%, se produisent dans la conversion de la chaleur en mouvement, avant l'alternateur. »

Pourquoi : Le rendement global est le produit des rendements : 0,350{,}35 pour la chaudière et la turbine, 0,980{,}98 pour l'alternateur. Le maillon faible est la conversion thermique, pas l'électromagnétique.

10. Oublier de convertir la vitesse en tours par seconde

toute la question, avec un résultat absurde qui aurait dû alerter

Ce qu'il ne faut pas écrire

« p=fn=60112,5≈0,53p = \frac{f}{n} = \frac{60}{112{,}5}\approx 0{,}53 paire de pôles. »

Ce qu'il faut écrire

« n=112,560=1,875n = \frac{112{,}5}{60} = 1{,}875 tour par seconde, donc p=601,875=32p = \frac{60}{1{,}875} = 32 paires de pôles. »

Pourquoi : Le hertz compte des oscillations par SECONDE, la vitesse d'une turbine se donne en tours par MINUTE. Un nombre de paires de pôles est un entier au moins égal à 11 : moins d'une paire signale l'erreur d'unité.

11. Choisir un semi-conducteur sur la seule intensité de son absorption

2 points, la comparaison des spectres étant l'objet même de la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'oxyde de zinc absorbe très fortement la lumière qu'il absorbe : c'est un excellent matériau pour un panneau solaire. »

Ce qu'il faut écrire

« L'oxyde de zinc n'absorbe qu'en dessous de 380380 nm, soit 10 %10\ \% de la puissance solaire : il laisse passer tout le visible. Le silicium, jusqu'à 1 1001\,100 nm, en couvre 77 %77\ \%. »

250500750100012501500175020002250250020406080100ZnOGaAsSiSi : 77 % absorbableZnO : 10 % absorbablelongueur d'onde (nm)puissance solaire reçue (% du maximum)
Le seuil du silicium se place au-delà du maximum solaire, vers 500500 nm, celui de l'oxyde de zinc avant le visible : 77 %77\ \% contre 10 %10\ \% de la puissance absorbable.

Pourquoi : Un panneau ne convertit que ce qu'il absorbe. Il faut superposer le domaine d'absorption du matériau au spectre solaire et regarder quelle part du spectre il couvre.

12. Croire qu'un combustible renouvelable émet moins par kilowattheure

1 à 2 points, et la justification attendue sur le cycle du carbone

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le bois émet moins de dioxyde de carbone que le fioul, c'est pour cela qu'il est renouvelable. »

Ce qu'il faut écrire

« Par kilowattheure, le bois émet plus : 326326 g contre 267267 g pour le fioul. Il est renouvelable parce que son carbone est repris par la repousse de la forêt en quelques décennies, alors que celui du fioul a été stocké des dizaines de millions d'années. »

Pourquoi : La cellulose contient déjà de l'oxygène : elle est en partie « déjà brûlée » et tire moins d'énergie de chaque carbone. Le caractère renouvelable tient à la durée du cycle, pas à l'émission instantanée.

Quelle méthode choisir

Quel calcul selon ce que l'énoncé donne

Repérer si la donnée est une puissance, une énergie, ou un rendement, et ce qui est demandé.

  • Si une puissance installée et une durée → E=P×t×E = P \times t \times facteur de charge

    Exemple : 10 MW sur un an à 25 pour cent donnent 21 90021\,900 MWh

  • Si une énergie visée et un facteur de charge → P=E/(t×P = E/(t \times facteur de charge))

    Exemple : 20 GWh par an en solaire demandent 17,617{,}6 MW crête

  • Si plusieurs rendements en série → les MULTIPLIER

    Exemple : 0,90×0,42×0,98=0,370{,}90 \times 0{,}42 \times 0{,}98 = 0{,}37

  • Si une résistance de ligne et une tension → PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2}/U^{2}

    Exemple : tension par 10, pertes par 100

  • Si une vitesse de rotation et une fréquence → f=p×nf = p \times n, avec nn en tours par seconde

    Exemple : 112,5112{,}5 tours par minute à 6060 Hz : 3232 paires de pôles

Toute réponse doit porter son unité : le watt et le wattheure se confondent à l'oral, jamais sur une copie.

Sur quel critère comparer deux sources

Le mot de la question : « produire autant », « émettre moins », « tenir la pointe ».

  • Si « combien d'énergie sur l'année » → puissance installée et facteur de charge

    Exemple : solaire 13 pour cent contre nucléaire 75

  • Si « quelles émissions » → contenu carbone sur le CYCLE DE VIE, en g par kWh

    Exemple : de 11 pour l'éolien à 820 pour le charbon

  • Si « peut-on suivre la demande » → caractère pilotable, et non facteur de charge

    Exemple : un barrage est pilotable, un parc solaire ne l'est pas

  • Si « que faire des excédents » → stockage, avec son rendement aller-retour

    Exemple : une station de pompage rend 75 à 80 pour cent

Aucune source n'est meilleure sur tous les critères à la fois : une comparaison qui ne dit pas laquelle perd sur quel critère est incomplète.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Dimensionner une installation à partir d'une énergie visée

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une consommation annuelle et demande la puissance à installer.

  1. 1 Convertir l'énergie visée en kilowattheures, et le dire.
  2. 2 Écrire la relation énergie égale puissance multipliée par la durée et par le facteur de charge.
  3. 3 Isoler la puissance, en rappelant que l'année compte 8 7608\,760 heures.
  4. 4 Comparer la puissance obtenue à la puissance moyenne consommée : le rapport vaut l'inverse du facteur de charge.
  5. 5 Conclure sur ce que la moyenne annuelle ne règle pas, c'est-à-dire l'équilibre instantané.

Phrase de conclusion

« Pour 20 GWh par an avec un facteur de charge de 13 pour cent, il faut 20×106/(8 760×0,13)=1,76×10420 \times 10^{6}/(8\,760 \times 0{,}13) = 1{,}76 \times 10^{4} kW, soit 17,617{,}6 MW crête, alors que la consommation moyenne n'est que de 2,32{,}3 MW : le rapport est bien l'inverse du facteur de charge. »

Le piège : Oublier le facteur de charge : on annonce alors 2,32{,}3 MW crête, et l'installation ne produit qu'un huitième de ce qui est demandé.

Barème : 1 point pour la relation, 1 point pour l'application, 1 point pour la comparaison, 1 point pour la conclusion sur l'instantané.

Justifier le transport à haute tension

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une ligne, une puissance transportée et deux tensions possibles.

  1. 1 Écrire les pertes sous la forme PJ=RI2P_{J} = R I^{2}, et dire que RR est fixée par la ligne.
  2. 2 Remplacer le courant par I=P/UI = P/U, la puissance transportée étant imposée par la demande.
  3. 3 Obtenir PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2}/U^{2}, et souligner le CARRÉ au dénominateur.
  4. 4 Comparer les deux tensions par un rapport, sans calculer les pertes elles-mêmes.
  5. 5 Conclure en nommant le transformateur, et rappeler qu'il exige un courant alternatif.

Phrase de conclusion

« À puissance transportée fixée, les pertes valent RP2/U2R P^{2}/U^{2} : passer de 20 kV à 200 kV multiplie la tension par 10 et divise donc les pertes par 100. C'est ce que permet le transformateur, qui n'agit qu'en courant alternatif. »

Le piège : Dire que la haute tension permet de transporter plus de puissance : la puissance est une donnée du problème, ce sont les pertes qui changent.

Barème : 1 point pour l'expression des pertes, 1 point pour la substitution du courant, 1 point pour le rapport chiffré, 1 point pour le transformateur.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le photovoltaïque sur une île, de l'énergie visée aux émissions

Une île consomme 2020 GWh d'électricité par an, aujourd'hui produits par une centrale au fioul dont le contenu carbone est de 700 g par kWh. On envisage du photovoltaïque, de facteur de charge 0,130{,}13 et de contenu carbone 4040 g par kWh.

Calculer la puissance crête à installer, la comparer à la consommation moyenne, chiffrer les émissions évitées, puis dire ce que ce calcul ne règle pas.

Étape 1

Énergie visée : 2020 GWh =20×106= 20 \times 10^{6} kWh par an.

Pourquoi

Tout le calcul se fait ensuite en kilowattheures, parce que les contenus carbone sont donnés par kWh. Choisir l'unité au départ évite une conversion en cours de route.

Étape 2

Puissance crête : P=20×106/(8 760×0,13)=1,76×104P = 20 \times 10^{6}/(8\,760 \times 0{,}13) = 1{,}76 \times 10^{4} kW, soit 17,617{,}6 MW.

Pourquoi

La relation énergie égale puissance fois durée fois facteur de charge s'inverse en une ligne. Oublier le facteur de charge donnerait 2,32{,}3 MW, huit fois trop peu.

Étape 3

Consommation moyenne : 20×106/8 760=2,320 \times 10^{6}/8\,760 = 2{,}3 MW. Le rapport vaut 17,6/2,3=7,717{,}6/2{,}3 = 7{,}7, soit exactement 1/0,131/0{,}13.

Pourquoi

Ce contrôle est gratuit et infaillible : le rapport entre puissance installée et puissance moyenne est toujours l'inverse du facteur de charge. Un autre résultat signale une erreur de calcul.

Étape 4

Émissions actuelles : 20×106×700=1,4×101020 \times 10^{6} \times 700 = 1{,}4 \times 10^{10} g, soit 14 00014\,000 tonnes par an.

Pourquoi

La conversion des grammes en tonnes se fait en une fois, à la fin : un million de grammes font une tonne. La faire en cours de route est la source d'erreur habituelle.

Étape 5

Émissions photovoltaïques : 20×106×40=8×10820 \times 10^{6} \times 40 = 8 \times 10^{8} g, soit 800 tonnes. Émissions évitées : 13 20013\,200 tonnes par an.

Pourquoi

Le contenu carbone du solaire n'est pas nul, parce qu'il porte la fabrication des panneaux : c'est précisément ce que la comparaison sur cycle de vie sert à montrer.

Étape 6

Ce que le calcul ne règle pas : l'équilibre INSTANTANÉ. La nuit, la production est nulle et la consommation ne l'est pas.

Pourquoi

C'est la conclusion attendue, et elle ouvre sur le stockage ou sur une source pilotable de complément. Sans elle, la réponse reste un bilan annuel sans portée pratique.

Conclusion rédigée

« Il faut installer 17,617{,}6 MW crête pour produire 2020 GWh par an, soit 7,77{,}7 fois la puissance moyenne consommée, ce qui est l'inverse du facteur de charge. Les émissions passeraient de 14 00014\,000 à 800 tonnes par an, mais la moyenne annuelle ne garantit pas l'équilibre à chaque instant : il faut du stockage ou une source pilotable. »

L'erreur classique sur cet exercice : Dimensionner à 2,32{,}3 MW crête, en confondant la puissance moyenne consommée avec la puissance à installer : l'installation ne produirait alors que 2,62{,}6 GWh par an, huit fois moins que la cible.

À savoir par cœur

  • • L'électricité est un VECTEUR : son impact est celui de la source primaire.
  • • Les rendements se MULTIPLIENT. Le global est inférieur au plus faible maillon.
  • • Alternateur : f=p×nf = p \times n, nn en tours par SECONDE ; rendement proche de 11.
  • • Énergie == puissance ×\times durée ×\times facteur de charge. L'année fait 8 7608\,760 heures.
  • • Facteurs de charge : solaire 13, éolien 25, hydraulique 35, nucléaire 75 pour cent.
  • • PJ=RP2/U2P_{J} = R P^{2}/U^{2} : tension par 10, pertes par 100.
  • • Un transformateur n'agit qu'en ALTERNATIF.
  • • L'équilibre production-consommation est INSTANTANÉ, et se lit sur la fréquence.
  • • Contenu carbone, cycle de vie, en g par kWh : charbon 820, gaz 490, solaire 40, hydraulique 24, nucléaire 12, éolien 11.
  • • Un semi-conducteur absorbe sous son seuil : silicium 1 1001\,100 nm, environ 77 %77\ \% de la puissance solaire.
  • • 11 tep =11 630= 11\,630 kWh. Par kWh de chaleur : bois 326326 g, fioul 267267 g, méthane 198198 g de dioxyde de carbone.
  • • Renouvelable : carbone repris en décennies. Fossile : stocké des dizaines de millions d'années.
  • • Particules fines : jusqu'aux alvéoles. Ozone du sol : polluant ; ozone stratosphérique : protecteur.

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on que l'électricité est un vecteur et non une source ?

Parce qu'elle ne se trouve pas dans la nature : elle est toujours produite à partir d'une source primaire, charbon, gaz, uranium, vent, soleil ou chute d'eau. Son impact environnemental est donc celui du mix qui l'a produite, ce qui explique qu'un même appareil n'ait pas le même bilan carbone selon le pays où il est branché.

Comment calcule-t-on le rendement d'une chaîne de conversion ?

En multipliant les rendements de chaque maillon, jamais en les additionnant ni en faisant leur moyenne. Une chaudière à 0,90, une turbine à 0,42 et un alternateur à 0,98 donnent un rendement global de 0,37. Le contrôle est immédiat : le rendement global est toujours inférieur au plus faible des rendements élémentaires.

Quelle différence entre puissance installée et énergie produite ?

La puissance installée est un débit maximal, l'énergie produite une quantité accumulée sur une durée. On passe de l'une à l'autre en multipliant par le nombre d'heures et par le facteur de charge, qui vaut environ 13 pour cent pour le solaire et 75 pour cent pour le nucléaire. Un mégawatt installé ne produit donc pas la même énergie selon la source.

Pourquoi transporte-t-on l'électricité à très haute tension ?

Pour réduire les pertes par effet Joule. À puissance transportée fixée, le courant vaut la puissance divisée par la tension, et les pertes valent la résistance multipliée par le carré du courant. Elles varient donc comme l'inverse du carré de la tension : multiplier la tension par dix divise les pertes par cent. C'est le rôle du transformateur, qui exige du courant alternatif.

Peut-on stocker l'électricité ?

Pas directement : on la convertit en une autre forme d'énergie, de position dans un barrage de pompage, chimique dans une batterie, mécanique dans un volant d'inertie. Chaque conversion coûte un rendement, à l'aller comme au retour, si bien qu'un stockage restitue typiquement 70 à 90 pour cent de ce qu'il a reçu.

Pourquoi le bois est-il une énergie renouvelable s'il émet du dioxyde de carbone ?

Parce que le carbone qu'il libère a été prélevé dans l'atmosphère par l'arbre pendant sa croissance, et qu'une forêt gérée durablement le reprend en quelques décennies en repoussant. Le carbone du pétrole ou du charbon, lui, était stocké dans les roches depuis des dizaines de millions d'années : le brûler en ajoute au cycle court. Par kilowattheure, le bois émet pourtant plus que le fioul, et son poêle rejette beaucoup de particules fines.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Le futur des énergies

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 18 exercices corrigés
  • 180 points
  • 270 minutes
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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/tes-futur-energies. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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