Enseignement scientifique, Terminale • Programme français, lycées de Montréal

Fiche de révision : une histoire du vivant

Le thème de l'évolution est celui où l'on écrit le plus de phrases fausses en croyant décrire la biologie : un individu qui s'adapte, un antibiotique qui rend résistant, une espèce plus évoluée qu'une autre. À chaque fois, la correction tient en une phrase, et c'est cette phrase que le barème attend.

Cette fiche liste les neuf erreurs qui reviennent dans les copies, avec la phrase exacte à écrire à la place et ce que chacune coûte au barème.

Le fil du chapitre

On ne compte jamais une population, on l'ESTIME : tout le thème consiste à dire ce qu'une estimation permet de conclure, et surtout ce qu'elle ne permet pas.

Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Probabilités et échantillonnageSeconde, Mathématiques
  2. 2Constitution de la matièreSeconde, Physique-chimie
  3. 3L'atome et la classification périodiqueSeconde, Physique-chimie
  4. 4Une longue histoire de la matièrePremière
  5. 5Statistiques et probabilitésCinquième, Mathématiques
  6. 6Statistiques et probabilitésQuatrième, Mathématiques
  7. 7Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième, Physique-chimie
  8. 8Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième, Mathématiques

L'essentiel

Les trois niveaux de biodiversité

  • Diversité des ÉCOSYSTÈMES, diversité des ESPÈCES, et diversité GÉNÉTIQUE à l'intérieur d'une espèce.
  • Les trois sont indépendants : une forêt riche en espèces peut abriter des populations génétiquement pauvres.
  • C'est la diversité génétique qui donne à une population sa capacité à évoluer : sans variation, aucune sélection n'est possible.
  • La biodiversité n'est pas un état mais un ÉTAT INSTANTANÉ d'un processus : elle a toujours changé, ce qui n'ôte rien à la vitesse actuelle de son érosion.

Estimer un effectif sans tout compter

  • Capture-marquage-recapture : N=M×C/RN = M \times C/R, où MM est le nombre marqués, CC le nombre capturés à la seconde session et RR le nombre de marqués retrouvés.
  • Trois hypothèses, à citer : population FERMÉE, mélange COMPLET entre les deux sessions, marquage SANS EFFET sur la capturabilité.
  • Le raisonnement est une proportionnalité : la proportion de marqués dans le second échantillon estime leur proportion dans la population.
  • Un RR très petit rend l'estimation très imprécise : c'est la première chose à commenter.

Une question sur la fiabilité attend les hypothèses, pas le calcul : elles valent souvent autant de points que le résultat.

Ce qu'un intervalle de confiance autorise à dire

  • Intervalle de confiance à 95 pour cent : f±1/nf \pm 1/\sqrt{n}.
  • La marge décroît comme 1/n1/\sqrt{n} : pour la diviser par 2, il faut multiplier nn par 4.
  • Deux intervalles qui SE CHEVAUCHENT ne permettent aucune conclusion de différence.
  • Deux intervalles DISJOINTS permettent de conclure à une différence, au risque de 5 pour cent.

Dérive et sélection

  • DÉRIVE : variation ALÉATOIRE des fréquences d'un tirage de génération à l'autre. Elle est d'autant plus forte que la population est PETITE.
  • Elle peut éliminer un allèle utile ou fixer un allèle neutre : la probabilité de fixation d'un allèle neutre est égale à sa fréquence initiale.
  • SÉLECTION NATURELLE : il suffit de trois ingrédients, une variation héréditaire, et une différence de succès reproducteur. Rien d'autre n'est nécessaire.
  • La mutation CRÉE au hasard, la sélection TRIE. Les deux ne se produisent pas au même moment ni pour la même raison.
petite populationla dérive est forte00,51grande populationla dérive est faible00,51
Quatre populations suivies sur vingt générations : à gauche les fréquences partent dans tous les sens et certaines se fixent, à droite elles restent groupées autour de la valeur de départ.

Lire un arbre du vivant

  • La proximité se lit à l'ANCIENNETÉ DU DERNIER ANCÊTRE COMMUN, jamais à la ressemblance ni à la distance sur le dessin.
  • Deux espèces peuvent se ressembler beaucoup sans être proches : la ressemblance peut venir d'un mode de vie commun.
  • Un arbre peut se dessiner de plusieurs façons équivalentes : faire pivoter deux branches autour d'un noeud ne change rien à la parenté.
  • Aucune espèce actuelle ne descend d'une autre espèce actuelle : elles partagent un ancêtre, qui n'est ni l'une ni l'autre.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Conclure à une différence alors que les intervalles se chevauchent

2 points, et c'est la question de méthode systématiquement posée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La proportion est passée de 0,520{,}52 à 0,600{,}60, elle a donc augmenté. »

Ce qu'il faut écrire

« Sur 100 individus, les intervalles valent [0,42;0,62][0{,}42\,;0{,}62] et [0,50;0,70][0{,}50\,;0{,}70] : ils se recouvrent, donc l'écart observé est compatible avec l'absence de changement. »

n = 100conclusion impossibleABn = 1 600différence établieAB
Les mêmes deux proportions, 0,52 et 0,60, mesurées sur deux tailles d'échantillon : à 100 individus les intervalles se recouvrent et rien ne se conclut, à 1 600 ils sont disjoints.

Pourquoi : Un écart mesuré sur un échantillon n'est pas un écart dans la population. L'intervalle de confiance sert précisément à décider si l'écart dépasse le bruit d'échantillonnage.

2. Croire que doubler l'échantillon divise la marge par deux

1 point, et le dimensionnement de l'étude est faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pour diviser la marge par 2, il suffit d'interroger deux fois plus de personnes. »

Ce qu'il faut écrire

« La marge vaut 1/n1/\sqrt{n} : pour la diviser par 2, il faut multiplier nn par 4. Passer de 100 à 400 fait tomber la marge de 0,100{,}10 à 0,050{,}05. »

Pourquoi : La racine carrée écrase les gains : quadrupler l'effort ne divise la précision que par deux, ce qui explique pourquoi les grandes enquêtes coûtent si cher.

3. Appliquer la capture-recapture sans citer ses hypothèses

2 points, les hypothèses valant souvent autant que le calcul

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On a marqué 60 poissons, recapturé 80 dont 12 marqués, donc il y en a 400. »

Ce qu'il faut écrire

« N=60×80/12=400N = 60 \times 80/12 = 400, SOUS RÉSERVE que la population soit fermée entre les deux sessions, que les marqués se soient bien mélangés, et que le marquage n'ait pas modifié la capturabilité. »

Pourquoi : Chaque hypothèse violée biaise l'estimation dans un sens prévisible : une émigration gonfle NN, un marquage qui rend les poissons plus faciles à capturer le sous-estime.

4. Croire que la dérive concerne surtout les grandes populations

2 points, et l'interprétation du document devient impossible

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Plus la population est grande, plus les fréquences varient au hasard. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est l'INVERSE : la dérive est d'autant plus forte que la population est PETITE, parce qu'un petit tirage s'écarte davantage de la proportion attendue. »

Pourquoi : C'est le même phénomène que dans un lancer de pièce : dix lancers s'écartent facilement de la moitié, dix mille beaucoup moins. La dérive est un effet d'échantillonnage.

5. Faire créer la résistance par l'antibiotique

2 points, et c'est le contresens le plus attendu du thème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les bactéries deviennent résistantes à force d'être exposées à l'antibiotique. »

Ce qu'il faut écrire

« Des bactéries résistantes préexistent, par mutation aléatoire. L'antibiotique ne crée rien : il ÉLIMINE les sensibles, ce qui laisse les résistantes se multiplier. »

au départ2 résistantessous antibiotiqueles autres meurentgénérations suivantestoutes résistantes
La même population à trois moments : les deux résistantes étaient déjà là avant le traitement, l'antibiotique n'a fait qu'éliminer les autres.

Pourquoi : La mutation est indépendante de l'environnement, la sélection non. Confondre les deux revient à réintroduire l'hérédité des caractères acquis, que le programme vise justement à écarter.

6. Faire s'adapter un individu

2 points, sur la question de rédaction du thème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les girafes ont allongé leur cou pour atteindre les feuilles hautes. »

Ce qu'il faut écrire

« Un individu ne s'adapte pas : c'est la POPULATION qui évolue, parce que les individus au cou plus long laissaient davantage de descendants. »

Pourquoi : L'évolution est un changement de FRÉQUENCES dans une population entre générations. Aucun individu ne change de génotype au cours de sa vie, et c'est ce niveau de description que le barème vérifie.

7. Prêter un but à l'évolution

1 point de rigueur, retiré très régulièrement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'espèce a développé cette capacité pour survivre au froid. »

Ce qu'il faut écrire

« La variation est apparue AU HASARD, avant tout froid. Les porteurs ont ensuite eu un meilleur succès reproducteur, et la fréquence du caractère a augmenté. »

Pourquoi : Le mot « pour » introduit une intention qui n'existe pas. Il suffit de le remplacer par une phrase en deux temps, apparition au hasard puis tri, pour que la réponse devienne correcte.

8. Lire la parenté sur la ressemblance

2 points sur la question de lecture d'arbre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le requin et le dauphin se ressemblent beaucoup, ils sont donc proches parents. »

Ce qu'il faut écrire

« La parenté se lit à l'ancienneté du DERNIER ANCÊTRE COMMUN : le dauphin est bien plus proche de la vache que du requin. La ressemblance vient d'un mode de vie commun. »

Pourquoi : Deux lignées soumises aux mêmes contraintes développent des formes voisines sans lien de parenté. C'est pourquoi un arbre se lit sur ses noeuds, jamais sur l'aspect des feuilles.

9. Faire descendre une espèce actuelle d'une autre espèce actuelle

1 point, sur une phrase que le correcteur cherche

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'humain descend du chimpanzé. »

Ce qu'il faut écrire

« Les deux espèces actuelles partagent un ANCÊTRE COMMUN, qui n'était ni l'un ni l'autre, et qui vivait il y a environ sept millions d'années. »

Pourquoi : Sur un arbre, deux feuilles contemporaines ne peuvent pas être reliées l'une à l'autre : elles ne se rejoignent qu'en remontant vers un noeud, c'est-à-dire vers une espèce disparue.

Quelle méthode choisir

Peut-on conclure à une différence

Comparer les deux intervalles de confiance, jamais les deux valeurs seules.

  • Si les intervalles se chevauchent aucune conclusion de différence

    Exemple : [0,42;0,62][0{,}42\,;0{,}62] et [0,50;0,70][0{,}50\,;0{,}70]

  • Si les intervalles sont disjoints conclure à une différence, au risque de 5 pour cent

    Exemple : [0,495;0,545][0{,}495\,;0{,}545] et [0,575;0,625][0{,}575\,;0{,}625]

  • Si on veut trancher un écart connu calculer le nn nécessaire par 1/n<1/\sqrt{n} < demi-écart

    Exemple : un écart de 0,080{,}08 demande n>625n > 625

    quadrupler nn pour diviser la marge par 2

  • Si l'échantillon n'est pas aléatoire aucun intervalle n'est valide, quel que soit nn

    Exemple : un sondage auprès des seuls volontaires

Une conclusion prudente est notée, une conclusion hâtive est sanctionnée : « les données ne permettent pas de conclure » est une réponse complète.

Dérive ou sélection

Le mécanisme proposé par l'énoncé : hasard du tirage, ou avantage reproducteur.

  • Si la population est petite et l'allèle sans effet dérive génétique

    Exemple : une population insulaire de quelques dizaines d'individus

  • Si les porteurs laissent plus de descendants sélection naturelle

    Exemple : la résistance à un antibiotique

  • Si l'allèle disparaît alors qu'il était avantageux dérive, qui peut l'emporter sur la sélection en petite population

    Exemple : un goulot d'étranglement

  • Si le caractère apparaît AVANT le changement d'environnement mutation aléatoire, puis sélection

    Exemple : les résistantes existaient avant le traitement

    c'est l'ordre chronologique que la question évalue

Les deux agissent en même temps : dire lequel domine, et pourquoi, vaut mieux que d'en choisir un seul.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Rédiger une conclusion à partir d'un échantillon

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une ou deux proportions mesurées et demande de conclure.

  1. 1 Écrire la proportion observée et la taille de l'échantillon, séparément.
  2. 2 Calculer l'intervalle de confiance f±1/nf \pm 1/\sqrt{n}, et l'écrire sous forme d'intervalle.
  3. 3 Comparer les intervalles, ou comparer la valeur de référence à l'intervalle.
  4. 4 Conclure en nommant le risque : la conclusion vaut au niveau de confiance de 95 pour cent.
  5. 5 Si les intervalles se chevauchent, écrire explicitement que les données ne permettent pas de conclure.

Phrase de conclusion

« Avec f=0,52f = 0{,}52 sur n=100n = 100, l'intervalle de confiance à 95 pour cent est [0,42;0,62][0{,}42\,;0{,}62] ; celui de 2025 est [0,50;0,70][0{,}50\,;0{,}70]. Ces deux intervalles se recouvrent, donc les données ne permettent pas de conclure à une évolution de la proportion. »

Le piège : Écrire « la proportion n'a pas changé » : le chevauchement n'établit pas l'égalité, il empêche seulement d'affirmer la différence.

Barème : 1 point par intervalle, 1 point pour la comparaison, 1 point pour la formulation prudente de la conclusion.

Expliquer l'apparition d'une résistance

Quand l'utiliser : L'énoncé décrit une population traitée qui devient majoritairement résistante.

  1. 1 Poser l'état initial : la population contient déjà, par mutation aléatoire, quelques individus résistants.
  2. 2 Dire que la mutation est ANTÉRIEURE et indépendante du traitement.
  3. 3 Décrire l'action du traitement : il élimine les sensibles, et seulement eux.
  4. 4 Décrire la conséquence sur les FRÉQUENCES : les résistants, seuls survivants, se reproduisent et deviennent majoritaires.
  5. 5 Conclure en une phrase qui distingue la création et le tri.

Phrase de conclusion

« Des bactéries résistantes préexistaient dans la population, apparues par mutation aléatoire indépendamment du traitement. L'antibiotique a éliminé les sensibles ; les résistantes, seules survivantes, se sont multipliées, et la fréquence de l'allèle de résistance a augmenté. La mutation crée, la sélection trie. »

Le piège : Écrire que les bactéries « se sont adaptées » ou « ont développé » une résistance : le mécanisme décrit devient faux, quelle que soit la suite de la réponse.

Barème : 1 point pour l'antériorité de la mutation, 1 point pour l'élimination des sensibles, 1 point pour la variation de fréquence, 1 point pour la phrase de distinction.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Une population de truites : effectif, puis évolution d'un allèle

Dans un lac, 60 truites sont marquées puis relâchées. Quelques jours plus tard, 80 truites sont capturées, dont 12 portent une marque.

En 2015, sur 100 truites, 52 portaient un allèle A ; en 2025, sur 100 truites, 60 le portaient. Estimer l'effectif du lac, puis dire si la fréquence de l'allèle a changé.

Étape 1

N=M×C/R=60×80/12=400N = M \times C/R = 60 \times 80/12 = 400 truites.

Pourquoi

Le calcul repose sur une proportionnalité : la proportion de marqués dans le second échantillon, 12/80=0,1512/80 = 0{,}15, estime celle de la population entière.

Étape 2

Hypothèses à citer : population fermée, mélange complet, marquage sans effet sur la capturabilité.

Pourquoi

Elles valent autant de points que le calcul, et chacune se relie à un biais précis : une émigration entre les deux sessions gonflerait l'estimation.

Étape 3

2015 : f1=0,52f_{1} = 0{,}52 et n=100n = 100, donc l'intervalle vaut [0,42;0,62][0{,}42\,;0{,}62].

Pourquoi

La marge 1/100=0,101/\sqrt{100} = 0{,}10 est énorme devant l'écart observé : ce constat annonce déjà la conclusion, avant même le second intervalle.

Étape 4

2025 : f2=0,60f_{2} = 0{,}60 et n=100n = 100, donc l'intervalle vaut [0,50;0,70][0{,}50\,;0{,}70].

Pourquoi

Les deux intervalles se calculent avec la même formule et la même taille : c'est ce qui rend la comparaison légitime.

Étape 5

Les deux intervalles se recouvrent sur [0,50;0,62][0{,}50\,;0{,}62] : les données ne permettent pas de conclure à un changement.

Pourquoi

Il faut écrire le recouvrement, pas seulement le constater. Et il faut dire « ne permettent pas de conclure », non « la fréquence n'a pas changé », qui affirmerait davantage que la donnée.

Étape 6

Pour trancher un écart de 0,080{,}08, il faudrait une marge inférieure à 0,040{,}04, donc n>625n > 625.

Pourquoi

La question suivante est presque toujours celle-là : on résout 1/n<0,041/\sqrt{n} < 0{,}04, ce qui donne n>625n > 625. Quadrupler l'échantillon ne divise la marge que par deux.

Conclusion rédigée

« L'effectif est estimé à 400 truites, sous les trois hypothèses de la méthode. Les intervalles de confiance à 95 pour cent, [0,42;0,62][0{,}42\,;0{,}62] en 2015 et [0,50;0,70][0{,}50\,;0{,}70] en 2025, se recouvrent : les données ne permettent pas de conclure à une évolution de la fréquence de l'allèle A. Il faudrait au moins 625 individus par échantillon. »

L'erreur classique sur cet exercice : Conclure que la fréquence a augmenté parce que 0,60>0,520{,}60 > 0{,}52 : l'écart de 0,080{,}08 est inférieur à la marge d'échantillonnage de 0,100{,}10, il n'est donc pas interprétable.

À savoir par cœur

  • Trois niveaux de biodiversité : écosystèmes, espèces, diversité GÉNÉTIQUE.
  • N=M×C/RN = M \times C/R, sous trois hypothèses : population fermée, mélange complet, marquage sans effet.
  • Intervalle de confiance : f±1/nf \pm 1/\sqrt{n}. Diviser la marge par 2 exige de multiplier nn par 4.
  • Deux intervalles qui se CHEVAUCHENT ne permettent aucune conclusion de différence.
  • La dérive est d'autant plus forte que la population est PETITE.
  • Probabilité de fixation d'un allèle neutre : sa fréquence initiale.
  • La mutation CRÉE au hasard, la sélection TRIE. L'antibiotique ne rend pas résistant.
  • Un individu ne s'adapte pas : c'est la POPULATION qui évolue.
  • La parenté se lit sur l'ancienneté du DERNIER ANCÊTRE COMMUN, jamais sur la ressemblance.

Questions fréquentes

Que faire quand deux intervalles de confiance se chevauchent ?

On ne conclut pas à une différence. Le chevauchement signifie que l'écart observé entre les deux échantillons est compatible avec l'absence d'écart dans les populations. On écrit alors que les données ne permettent pas de conclure, ce qui n'est pas la même chose que d'affirmer que les deux proportions sont égales.

Combien faut-il de personnes pour diviser la marge d'erreur par deux ?

Quatre fois plus. La marge d'un intervalle de confiance à 95 pour cent vaut un divisé par la racine carrée de l'effectif : elle passe de 0,10 pour cent individus à 0,05 pour quatre cents. C'est la racine carrée qui écrase les gains, et qui explique le coût des grandes enquêtes.

La dérive génétique agit-elle plus dans les petites ou les grandes populations ?

Dans les petites, et nettement. La dérive est un effet d'échantillonnage : quand peu d'individus se reproduisent, les fréquences des allèles à la génération suivante s'écartent facilement des fréquences attendues. Dans une grande population, ces écarts se compensent. C'est pourquoi un goulot d'étranglement peut éliminer un allèle même avantageux.

L'antibiotique rend-il les bactéries résistantes ?

Non. Des bactéries résistantes existaient déjà dans la population, apparues par mutation aléatoire, indépendamment de tout traitement. L'antibiotique élimine les sensibles, et les résistantes, seules survivantes, se multiplient. La mutation crée au hasard, la sélection trie : ce sont deux étapes distinctes, dans cet ordre.

Comment lire la parenté sur un arbre du vivant ?

En remontant aux noeuds. Deux espèces sont d'autant plus proches que leur dernier ancêtre commun est récent, indépendamment de leur ressemblance et de leur position sur le dessin. Le dauphin ressemble au requin mais partage un ancêtre bien plus récent avec la vache. Faire pivoter deux branches autour d'un noeud ne change aucune parenté.

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Exercices corrigés : Une histoire du vivant

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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