Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : l'atome et la classification périodique (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie sur l'atome, l'élément chimique et la classification périodique, au niveau de la classe de Seconde du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le fil du chapitre : un atome est neutre parce qu'il a autant d'électrons que de protons, et tout ce qui change dans un ion, c'est le nombre d'électrons. Le noyau, lui, ne bouge jamais en chimie. C'est pourquoi le numéro atomique Z suffit à nommer l'élément, alors que le nombre de neutrons ne change presque rien à son comportement chimique.
L'exercice 10 refait l'expérience de Rutherford avec des nombres au lieu d'une histoire : on calcule combien d'atomes d'or une feuille de six dixièmes de micromètre présente par mètre carré, puis quelle fraction de sa surface les noyaux occupent réellement. On trouve environ cinq millionièmes, et c'est exactement pour cela que presque toutes les particules passent tout droit.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Notation du noyau : ZAX, où Z est le nombre de protons (le numéro atomique) et A le nombre de nucléons. Nombre de neutrons : N=A−Z.
•Un atome est électriquement neutre : il possède exactement Z électrons. Charge élémentaire e=1,60×10−19C.
•Deux isotopes ont le même Z et des A différents. Ils ont donc les mêmes propriétés chimiques et des masses différentes.
•Ordres de grandeur : rayon d'un atome ≈10−10m, rayon d'un noyau ≈10−15m. Masse d'un nucléon m=1,67×10−27kg, masse d'un électron 9,11×10−31kg.
•Remplissage des couches jusqu'à Z=18 : 1s, puis 2s, 2p, puis 3s, 3p. Une sous-couche s contient au plus 2 électrons, une sous-couche p au plus 6.
•Les électrons de valence sont ceux de la couche de numéro le plus élevé. Ce sont eux, et eux seuls, qui font la chimie de l'élément.
•Règles du duet et de l'octet : un atome gagne ou perd des électrons pour atteindre la configuration du gaz noble le plus proche, soit 2 électrons de valence pour les plus légers, soit 8.
•Dans la classification périodique, une LIGNE correspond à la dernière couche occupée, une COLONNE au nombre d'électrons de valence. Les propriétés se ressemblent dans une colonne, pas dans une ligne.
•Constante d'Avogadro : NA=6,02×1023mol−1.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Composition du noyau et notation symbolique
Un noyau s'écrit ZAX : Z est le numéro atomique, c'est-à-dire le nombre de protons, et A le nombre de nucléons.
On considère les cinq noyaux suivants : 1123Na, 1327Al, 1735Cl, 1737Cl et 1840Ar.
a) Pour chacun, donnez le nombre de protons, de neutrons, puis le nombre d'électrons de l'atome correspondant.
b) Deux de ces noyaux sont ceux d'isotopes d'un même élément. Lesquels, et à quoi les reconnaît-on ?
c) 1737Cl et 1840Ar ont des nombres de nucléons voisins. Sont-ils pour autant des isotopes ?
d) Calculez la charge électrique du noyau de l'atome d'aluminium, puis celle de son nuage électronique.
e) Un élève écrit que l'atome 1327Al possède 27 électrons. Quelle serait alors la charge globale de cet édifice, et pourquoi cette écriture est-elle impossible pour un atome ?
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Réponses
a)Na : 11 p, 12 n, 11 e ; Al : 13 p, 14 n, 13 e ; Cl-35 : 17 p, 18 n, 17 e ; Cl-37 : 17 p, 20 n, 17 e ; Ar-40 : 18 p, 22 n, 18 e
b)1735Cl et 1737Cl : même Z
c)Non : Z=17 et Z=18, deux éléments
d)Noyau +2,08×10−18C, nuage −2,08×10−18C
e)−2,24×10−18C : un atome a Z électrons, pas A
a) Le nombre de protons se lit directement en bas, le nombre de neutrons est N=A−Z, et l'atome neutre a autant d'électrons que de protons. Sodium : 11 protons, 23−11=12 neutrons, 11 électrons. Aluminium : 13 protons, 27−13=14 neutrons, 13 électrons. Chlore 35 : 17 protons, 18 neutrons, 17 électrons. Chlore 37 : 17 protons, 20 neutrons, 17 électrons. Argon 40 : 18 protons, 22 neutrons, 18 électrons.
b) Ce sont 1735Cl et 1737Cl : même Z, donc même élément, et des A différents, donc des nombres de neutrons différents. C'est la définition exacte de deux isotopes. On les reconnaît au nombre du BAS qui est identique, jamais à celui du haut.
c) Non, et c'est le piège classique. Ils ont des nombres de nucléons proches (37 et 40), mais des numéros atomiques différents (17 et 18) : ce sont deux éléments distincts, le chlore et l'argon, qui n'ont rien de commun chimiquement. L'un est un halogène très réactif, l'autre un gaz noble inerte. C'est le nombre de PROTONS qui définit l'élément, jamais le nombre de nucléons.
d) Le noyau porte 13 charges élémentaires positives : q=13×1,60×10−19=2,08×10−18C. Le nuage électronique porte l'opposé, −2,08×10−18C, et la somme des deux est nulle : l'atome est électriquement neutre. Cette neutralité n'est pas une propriété supplémentaire à retenir, c'est la conséquence directe de l'égalité entre le nombre d'électrons et le nombre de protons.
e) Avec 27 électrons pour 13 protons, l'excédent serait de 14 charges négatives, soit une charge globale q=−14×1,60×10−19=−2,24×10−18C. Ce serait donc un ion Al14−, une entité qui n'existe pas : aucun atome ne capte quatorze électrons. L'erreur vient de la confusion entre le nombre de nucléons A, écrit en haut, et le nombre d'électrons, qui vaut Z. Le nombre du haut compte des particules du NOYAU, jamais des électrons.
Exercice 2 : L'atome est essentiellement vide
On modélise l'atome et son noyau par deux sphères. Rayon de l'atome : ra=1,0×10−10m. Rayon du noyau : rn=1,0×10−15m.
Masse d'un nucléon : 1,67×10−27kg. Masse d'un électron : 9,11×10−31kg.
a) Calculez le rapport rnra.
b) En déduire le rapport des volumes, sachant que le volume d'une sphère est proportionnel au cube de son rayon.
c) Si le noyau était une bille de 1,0cm de rayon posée au centre du terrain du Stade olympique, où se trouverait le bord de l'atome ?
d) Calculez le rapport de la masse d'un nucléon à celle d'un électron. Que peut-on en conclure sur la masse de l'atome ?
e) Estimez la masse d'un atome de carbone 612C, puis comparez-la à NAM avec M=12,0g/mol et NA=6,02×1023mol−1.
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Réponses
a)1,0×105
b)1,0×1015
c)À 1,0km
d)Environ 1,83×103 : la masse est dans le noyau
e)2,00×10−26kg et 1,99×10−26kg : accord à moins de 1%
a) rnra=1,0×10−151,0×10−10=1,0×105. L'atome est cent mille fois plus large que son noyau.
b) Les volumes sont dans le rapport du cube : (1,0×105)3=1,0×1015. Le volume de l'atome est un million de milliards de fois celui de son noyau. Autrement dit, la matière que nous touchons est du vide à plus de 99,9999% en volume, et ce qui empêche votre main de traverser la table n'est pas de la matière pleine mais la répulsion entre nuages électroniques.
c) Le rapport se transporte tel quel : 1,0cm×1,0×105=1,0×105cm=1,0km. Avec un noyau de la taille d'une bille au centre du terrain, le premier électron serait à un kilomètre de là, et entre les deux il n'y aurait rien. C'est l'image qu'il faut garder : à l'échelle humaine, un atome est un stade vide avec une bille au milieu.
d) 9,11×10−311,67×10−27≈1,83×103, soit environ 1800. Un nucléon est presque deux mille fois plus lourd qu'un électron. Comme un atome a autant d'électrons que de protons, les électrons pèsent moins d'un millième de l'ensemble : toute la masse est dans le noyau, et tout le volume est dans le nuage. Ces deux phrases résument le chapitre.
e) Le carbone 12 a 12 nucléons, donc m≈12×1,67×10−27=2,00×10−26kg en négligeant les électrons. Par la mole : NAM=6,02×102312,0×10−3=1,99×10−26kg. Les deux valeurs coïncident à moins d'un pour cent, ce qui n'a rien d'un hasard : la masse molaire en grammes par mole est numériquement égale au nombre de nucléons, précisément parce que la constante d'Avogadro a été construite pour cela. Vérifier un ordre de grandeur par deux chemins indépendants est le meilleur réflexe de contrôle en chimie.
Exercice 3 : Configuration électronique et électrons de valence
Les électrons se placent dans les sous-couches 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, dans cet ordre, en remplissant chacune avant de passer à la suivante. Une sous-couche s accueille au plus 2 électrons, une sous-couche p au plus 6.
Le schéma ci-dessous représente les couches occupées d'un atome neutre X, chaque point figurant un électron.
a) Combien X a-t-il d'électrons ? Identifiez l'élément et écrivez sa configuration électronique.
b) Donnez la configuration électronique de l'oxygène (Z=8), du soufre (Z=16) et de l'argon (Z=18).
c) Pour chacun de ces trois atomes, donnez le nombre d'électrons de valence.
d) Écrivez la configuration électronique de l'ion X2+ formé par l'atome du schéma. Quel gaz noble a la même configuration ?
e) L'ion X2+ et cet atome de gaz noble ont exactement les mêmes électrons. Sont-ils pour autant identiques ?
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Réponses
a)12 électrons : magnésium, 1s22s22p63s2
b)O : 1s22s22p4 ; S : 1s22s22p63s23p4 ; Ar : 1s22s22p63s23p6
c)6, 6 et 8
d)Mg2+ : 1s22s22p6, comme le néon
e)Non : isoélectroniques, mais 12 protons contre 10
a) On compte 2 électrons sur la couche interne, 8 sur la deuxième et 2 sur la troisième, soit 12 électrons en tout. L'atome étant neutre, il a 12 protons : Z=12, c'est le magnésium. Configuration : 1s22s22p63s2. Le noyau indiqué sur la figure, 12 protons et 12 neutrons, confirme Z=12.
b) Oxygène, 8 électrons : 1s22s22p4. Soufre, 16 électrons : 1s22s22p63s23p4. Argon, 18 électrons : 1s22s22p63s23p6. Le contrôle systématique : la somme des exposants doit redonner Z. Ici 2+2+4=8, 2+2+6+2+4=16 et 2+2+6+2+6=18.
c) Les électrons de valence sont ceux de la couche de numéro le plus élevé, ici la couche n=2 pour l'oxygène et n=3 pour les deux autres. Oxygène : 2+4=6 électrons de valence. Soufre : 2+4=6. Argon : 2+6=8. L'oxygène et le soufre en ont autant, et c'est pour cette raison qu'ils se trouvent dans la même colonne et forment tous les deux des ions à deux charges négatives.
d) Le magnésium perd ses deux électrons de valence, donc Mg2+ a 10 électrons : 1s22s22p6. C'est la configuration du néon, qui a lui aussi 10 électrons. C'est bien pour l'atteindre que le magnésium perd deux électrons plutôt qu'un ou trois : arracher deux électrons donne d'un coup un octet complet, alors qu'en arracher un laisserait une couche externe entamée.
e) Non, et l'erreur est fréquente. Ils ont le même nuage électronique, donc des tailles voisines, mais pas le même noyau : 12 protons pour l'ion magnésium, 10 pour le néon. Ce sont deux éléments différents, l'un porte une charge +2 et l'autre est neutre. Le nombre d'électrons décide du comportement chimique, mais c'est le nombre de protons qui décide de l'identité. On dit que ces deux entités sont isoélectroniques, pas identiques.
Exercice 4 : Ions monoatomiques et formules neutres
Un atome gagne ou perd des électrons pour atteindre la configuration du gaz noble le plus proche : deux électrons de valence pour les plus légers (règle du duet), huit pour les autres (règle de l'octet).
On considère le lithium (Z=3), le fluor (Z=9), le néon (Z=10), l'aluminium (Z=13) et le soufre (Z=16).
a) Pour chacun, écrivez la configuration électronique de l'atome, puis prévoyez l'ion monoatomique formé.
b) Le néon ne forme aucun ion. Expliquez pourquoi à partir de sa configuration.
c) Écrivez la formule du fluorure d'aluminium, du sulfure de lithium et de l'oxyde de magnésium. Justifiez chaque indice.
d) On dissout du chlorure de magnésium MgCl2 dans l'eau. La solution contient des ions Mg2+ à la concentration c=0,20mol/L. Quelle est la concentration en ions chlorure ? Vérifiez l'électroneutralité.
e) Un élève écrit : « l'ion Cl− a gagné un proton, il est donc plus lourd ». Corrigez les deux erreurs de cette phrase.
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Réponses
a)Li+, F−, aucun ion pour Ne, Al3+, S2−
b)Octet déjà complet
c)AlF3, Li2S, MgO
d)[Cl−]=0,40mol/L ; charges +0,40 et −0,40
e)Il a gagné un électron, pas un proton ; sa masse est pratiquement inchangée
a) Lithium, 1s22s1 : un seul électron de valence, il le perd et donne Li+, qui atteint le duet de l'hélium. Fluor, 1s22s22p5 : sept électrons de valence, il en gagne un et donne F−. Néon, 1s22s22p6 : huit électrons de valence. Aluminium, 1s22s22p63s23p1 : trois électrons de valence, il les perd et donne Al3+. Soufre, 1s22s22p63s23p4 : six électrons de valence, il en gagne deux et donne S2−. La règle pratique : au-delà de quatre électrons de valence, on complète ; en dessous, on vide.
b) Le néon a déjà huit électrons de valence, son octet est complet. Ni en gagner ni en perdre ne le rendrait plus stable, au contraire : les deux opérations coûteraient de l'énergie. C'est la définition même d'un gaz noble, et c'est pourquoi on remplit d'argon les ampoules ou les soudures, là où l'on veut un gaz qui ne réagit avec rien.
c) La règle unique est la neutralité globale du composé. Fluorure d'aluminium : Al3+ et F−, il faut trois charges négatives pour compenser +3, donc AlF3. Sulfure de lithium : Li+ et S2−, il faut deux ions lithium, donc Li2S. Oxyde de magnésium : Mg2+ et O2−, les charges se compensent une pour une, donc MgO sans aucun indice. Le contrôle se fait toujours en additionnant les charges : le total doit valoir zéro.
d) La formule MgCl2 indique deux ions chlorure pour un ion magnésium, donc [Cl−]=2×0,20=0,40mol/L. Électroneutralité : la charge positive apportée est 2×0,20=0,40 mole de charges par litre, la charge négative 1×0,40=0,40 également. La solution est bien neutre. On remarque que l'ion le plus concentré est ici celui dont l'indice est le plus grand, pas celui qui donne son nom au composé.
e) Première erreur : un ion négatif a gagné un ÉLECTRON, pas un proton. Le noyau ne change jamais au cours d'une transformation chimique, seuls les électrons se déplacent. Deuxième erreur : l'électron gagné est presque deux mille fois plus léger qu'un nucléon, donc la masse de l'ion chlorure est indiscernable de celle de l'atome de chlore à l'échelle des mesures de chimie. En revanche, l'ion est nettement plus GROS que l'atome, parce que le même noyau doit maintenant retenir un électron de plus.
Exercice 5 : Lire la classification périodique
L'extrait ci-dessous donne les trois premières lignes de la classification périodique, les colonnes 3 à 12 n'étant pas représentées.
Les éléments sont rangés par numéro atomique croissant : la ligne indique la dernière couche occupée, la colonne le nombre d'électrons de valence.
a) Où se place un atome de configuration 1s22s22p63s23p3 ? Nommez-le.
b) Sans regarder le tableau, prévoyez la ligne et la colonne du sodium (Z=11), puis vérifiez.
c) Les éléments de la colonne 17 forment la famille des halogènes. Quel ion forment-ils tous, et pourquoi ?
d) Le sodium et le lithium réagissent tous les deux violemment avec l'eau. Qu'ont-ils en commun dans le tableau, et qu'est-ce que cela implique ?
e) Un élève affirme que le carbone et l'azote, voisins dans la même ligne, doivent avoir des propriétés voisines. Que lui répondez-vous ?
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Réponses
a)Ligne 3, colonne 15 : phosphore
b)Ligne 3, colonne 1
c)Un ion à une charge négative : F−, Cl−, Br−
d)Même colonne des alcalins : un électron de valence, même comportement
e)La ressemblance se lit dans les colonnes, pas dans les lignes
a) La dernière couche occupée est la couche 3, donc troisième ligne. Les électrons de valence sont ceux de cette couche : 2+3=5, donc cinquième colonne du bloc principal, c'est-à-dire la colonne 15. Ligne 3, colonne 15 : c'est le phosphore. On vérifie en additionnant les exposants : 2+2+6+2+3=15, ce qui donne bien Z=15.
b) Le sodium a 11 électrons : 1s22s22p63s1. Dernière couche occupée : la troisième, donc ligne 3. Un seul électron de valence, donc colonne 1. Le tableau confirme : Na est bien la première case de la troisième ligne. Toute la lecture du tableau tient dans ce va-et-vient, la configuration donne la place et la place redonne la configuration.
c) Les halogènes ont sept électrons de valence : il leur en manque un seul pour l'octet. Ils captent donc un électron et forment tous un ion à une charge négative, F−, Cl−, Br−. C'est aussi pour cela qu'ils sont très réactifs : un unique électron les sépare de la stabilité, et ils l'arrachent volontiers à un partenaire.
d) Ils sont dans la même colonne, la colonne 1, celle des alcalins. Ils ont donc le même nombre d'électrons de valence, un seul, et perdent tous les deux cet électron pour donner Li+ et Na+. Les propriétés chimiques ne dépendant que des électrons de valence, deux éléments d'une même colonne se comportent de la même façon, à l'intensité près. C'est le sens profond du tableau : il classe les éléments par comportement, pas seulement par masse.
e) Que la ressemblance se lit dans les COLONNES, pas dans les lignes. Le carbone a quatre électrons de valence et l'azote cinq : ils ne forment ni les mêmes ions ni le même nombre de liaisons, le carbone en fait quatre et l'azote trois. Deux voisins de ligne sont au contraire ce qu'il y a de plus différent d'un point de vue chimique, puisque leur couche de valence n'a jamais le même remplissage. La bonne comparaison pour le carbone est le silicium, juste en dessous.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Les deux isotopes du chlore
Le chlore naturel est un mélange de deux isotopes : 35Cl, de masse molaire 34,97g/mol et d'abondance 75,8%, et 37Cl, de masse molaire 36,97g/mol.
La masse molaire d'un élément est la moyenne des masses molaires de ses isotopes, pondérée par leurs abondances.
a) Quelle est l'abondance de 37Cl ?
b) Calculez la masse molaire du chlore naturel.
c) Pourquoi la classification périodique indique-t-elle 35,5 et non un nombre entier, alors qu'un noyau contient forcément un nombre entier de nucléons ?
d) On prélève 1,00mol de chlore naturel. Combien d'atomes de chaque isotope contient cet échantillon ?
e) Les deux isotopes réagissent-ils différemment avec le sodium ? Justifiez à partir de leur configuration électronique.
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Réponses
a)24,2%
b)M=35,45g/mol
c)Une moyenne sur un très grand nombre d'atomes des deux isotopes
d)4,56×1023 atomes de chlore 35 et 1,46×1023 de chlore 37
e)Non : même configuration électronique, même chimie
a) Les deux abondances se complètent à 100% : 100−75,8=24,2%.
b) M=0,758×34,97+0,242×36,97=26,51+8,947=35,45g/mol. Le contrôle immédiat : le résultat doit tomber entre 34,97 et 36,97, et beaucoup plus près de la première valeur puisque l'isotope 35 est trois fois plus abondant. C'est le cas.
c) Parce que 35,5 n'est la masse d'AUCUN noyau : c'est une moyenne sur un très grand nombre d'atomes. Chaque noyau pris individuellement a bien 35 ou 37 nucléons, mais un échantillon macroscopique contient les deux dans une proportion fixe, imposée par la nature. La masse molaire tabulée décrit un échantillon réel, pas un atome isolé, et c'est justement ce dont on a besoin pour peser au laboratoire.
d) Une mole contient 6,02×1023 atomes. Isotope 35 : 0,758×6,02×1023=4,56×1023 atomes. Isotope 37 : 0,242×6,02×1023=1,46×1023 atomes. La somme redonne bien 6,02×1023, ce qui vaut la peine d'être vérifié : une abondance oubliée se voit immédiatement sur ce total.
e) Non. Les deux isotopes ont le même Z=17, donc la même configuration 1s22s22p63s23p5 et les mêmes sept électrons de valence. La chimie ne dépend que des électrons : les deux forment l'ion Cl− et donnent le même chlorure de sodium. Seules les propriétés liées à la masse diffèrent légèrement, comme la vitesse de diffusion d'un gaz, et c'est précisément ce dont on se sert pour séparer des isotopes quand on en a besoin.
Exercice 7 : Trois éléments à identifier
Trois éléments A, B et C sont décrits par des indices. Tous ont un numéro atomique inférieur ou égal à 18.
Élément A : son atome possède trois couches occupées et sept électrons de valence. Élément B : son ion porte deux charges positives et a la configuration du néon. Élément C : son noyau contient 7 protons et 8 neutrons.
a) Identifiez A, écrivez sa configuration électronique et l'ion qu'il forme.
b) Identifiez B. Attention : l'indice porte sur l'ion, pas sur l'atome.
c) Identifiez C et donnez sa notation symbolique complète ZAX.
d) Un élève identifie B comme le néon, puisque la configuration est celle du néon. Où se trompe-t-il exactement ?
e) A et C peuvent-ils appartenir à la même colonne du tableau ? Justifiez sans consulter la classification.
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Réponses
a)A : chlore, 1s22s22p63s23p5, ion Cl−
b)B : magnésium, Z=12
c)C : 715N
d)Il nomme l'élément par ses électrons au lieu de ses protons
e)Non : 7 électrons de valence pour A, 5 pour C
a) Trois couches occupées signifie que la couche 3 est la dernière remplie, et sept électrons de valence donnent 3s23p5. En complétant les couches inférieures : 1s22s22p63s23p5, soit 17 électrons. A est le chlore, Z=17. Il lui manque un électron pour l'octet, il forme donc Cl−.
b) L'ion a la configuration du néon, donc 10 électrons. Mais c'est un ion 2+ : il a PERDU deux électrons, l'atome neutre en avait donc 12. B est le magnésium, Z=12. La marche à suivre est toujours la même, on remonte de l'ion à l'atome en ajoutant les électrons perdus, et seulement ensuite on nomme l'élément.
c) Z=7 donne l'azote, et A=Z+N=7+8=15. Notation : 715N. C'est un isotope minoritaire de l'azote, l'isotope courant étant 714N, mais les deux sont bien le même élément.
d) Il confond le nuage électronique et l'identité de l'élément. L'ion Mg2+ a effectivement les dix électrons du néon, mais son noyau porte 12 protons contre 10 pour le néon, et le noyau ne change pas. Le raisonnement correct part toujours du nombre de protons. La configuration du néon n'est pas une carte d'identité, c'est simplement l'état stable que beaucoup d'entités différentes cherchent à atteindre.
e) Non. A a sept électrons de valence (3s23p5) et C, avec 7 électrons au total, a la configuration 1s22s22p3, donc cinq électrons de valence. Or la colonne est fixée par le nombre d'électrons de valence : sept d'un côté, cinq de l'autre, ils sont dans deux colonnes différentes. Le piège tendu ici est la coïncidence entre le 7 de « sept électrons de valence » pour A et le 7 du numéro atomique de C : deux nombres qui comptent des choses différentes.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.
a) « Un ion négatif est un atome qui a gagné un ou plusieurs protons. »
b) « Deux isotopes d'un même élément ont des propriétés chimiques différentes, puisqu'ils n'ont pas la même masse. »
c) « L'essentiel de la masse d'un atome vient de son nuage électronique, car les électrons sont très nombreux. »
d) « L'ion sodium Na+ possède 10 protons, puisqu'il a 10 électrons. »
e) « Deux éléments voisins dans une même ligne de la classification ont des propriétés chimiques voisines. »
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Réponses
a)Un ion négatif a gagné des électrons
b)Mêmes propriétés chimiques, masses différentes
c)La masse est concentrée dans le noyau
d)Na+ : 11 protons et 10 électrons
e)Ressemblance chimique dans une même colonne
a) Faux : un ion négatif a gagné des ÉLECTRONS. Le nombre de protons ne change jamais lors d'une transformation chimique, sinon l'élément lui-même changerait. Énoncé correct : un ion négatif est un atome qui a gagné un ou plusieurs électrons.
b) Faux : leurs propriétés chimiques sont pratiquement identiques, puisqu'elles ne dépendent que des électrons, et que deux isotopes ont le même Z, donc le même cortège électronique. Ce sont leurs propriétés physiques liées à la masse qui diffèrent, comme la masse volumique ou la vitesse de diffusion. Énoncé correct : deux isotopes ont les mêmes propriétés chimiques et des masses différentes.
c) Faux, et deux fois. D'abord un atome a autant d'électrons que de protons, jamais plus. Ensuite un électron est environ 1800 fois plus léger qu'un nucléon, donc le nuage électronique compte pour moins d'un millième de la masse. Énoncé correct : l'essentiel de la masse d'un atome est concentré dans son noyau.
d) Faux : Na+ a bien 10 électrons, mais toujours 11 protons, exactement comme l'atome de sodium dont il provient. C'est justement ce déséquilibre, 11 charges positives pour 10 négatives, qui fait la charge + de l'ion. Énoncé correct : Na+ possède 11 protons et 10 électrons.
e) Faux : la ressemblance chimique se lit dans les COLONNES, qui rassemblent les éléments ayant le même nombre d'électrons de valence. Deux voisins de ligne ont au contraire des couches de valence différentes, donc des comportements différents, comme le sodium métallique et le magnésium. Énoncé correct : deux éléments d'une même colonne ont des propriétés chimiques voisines.
Exercice 9 : Le lithium des batteries
Le lithium, extrait notamment en Australie, au Chili et au Québec, équipe les batteries des voitures électriques. Le lithium naturel est un mélange de 6Li (7,6%, 6,02g/mol) et de 7Li (92,4%, 7,02g/mol).
Une batterie de véhicule contient m=8,0kg de lithium. On prendra NA=6,02×1023mol−1.
a) Donnez la configuration électronique de l'atome de lithium (Z=3) et l'ion qu'il forme.
b) Calculez la masse molaire du lithium naturel.
c) Calculez la quantité de matière de lithium contenue dans la batterie, puis le nombre d'atomes correspondant.
d) Dans la batterie, le lithium circule sous forme d'ions Li+. Combien d'électrons ont été libérés si tout le lithium est ionisé ? Quelle charge cela représente-t-il, avec e=1,60×10−19C ?
e) Pourquoi le sodium, situé juste sous le lithium dans le tableau, joue-t-il un rôle comparable dans les batteries dites sodium-ion ?
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Réponses
a)1s22s1, ion Li+
b)M=6,94g/mol
c)n≈1,15×103mol, N≈6,9×1026 atomes
d)6,9×1026 électrons, Q≈1,1×108C
e)Même colonne : un électron de valence, ion Na⁺
a) Trois électrons : 1s22s1. Un seul électron de valence, sur la couche 2. Il le perd et donne Li+, qui a alors les deux électrons de l'hélium, le duet. C'est un électron faiblement retenu, ce qui explique à la fois la réactivité du lithium et son intérêt pour une batterie : on veut un électron facile à faire circuler.
b) M=0,076×6,02+0,924×7,02=0,4575+6,486=6,94g/mol. Valeur très proche de 7, comme attendu puisque l'isotope 7 écrase l'autre en abondance.
c) n=Mm=6,948,0×103=1,15×103mol, soit environ 1150 moles. Nombre d'atomes : N=nNA=1,15×103×6,02×1023=6,9×1026 atomes. Attention à l'unité : la masse molaire est en grammes par mole, il faut donc convertir les 8,0kg en grammes avant de diviser. C'est l'erreur la plus coûteuse de tout le chapitre, et elle se repère à un résultat mille fois trop petit.
d) Chaque atome ionisé libère exactement un électron, donc 6,9×1026 électrons. La charge totale vaut Q=6,9×1026×1,60×10−19=1,1×108C. Pour donner une idée, c'est de l'ordre de trente mille ampères-heures : un chiffre énorme, qui rappelle qu'une batterie réelle n'échange qu'une petite fraction de ce lithium à chaque cycle, et que c'est cette limitation qui fixe son autonomie.
e) Parce que le sodium est dans la même colonne, celle des alcalins : il a lui aussi un unique électron de valence et forme Na+ par la même logique du duet et de l'octet. Le mécanisme électrochimique est donc transposable. La différence est de masse et de taille : l'ion sodium est plus gros et plus lourd, ce qui donne des batteries moins performantes par kilogramme, mais le sodium est abondant et bon marché, là où le lithium est rare.
Exercice 10 : L'expérience de Rutherford, avec des nombres
En 1911, on bombarde une mince feuille d'or avec des particules alpha, chargées positivement. La quasi-totalité traverse sans être déviée, mais une sur dix mille environ est fortement déviée, parfois renvoyée en arrière.
Feuille d'or : épaisseur e=0,60μm, masse volumique ρ=19,3×103kg/m3, masse molaire M=197g/mol. Rayon d'un noyau d'or : 7,0×10−15m. Rayon d'un atome d'or : 1,4×10−10m.
a) Calculez la masse d'un carré de 1,0m2 de cette feuille, puis le nombre d'atomes d'or qu'il contient.
b) Chaque noyau présente une section πr2. Quelle fraction du mètre carré les noyaux occupent-ils ?
c) Reprenez le calcul avec le rayon de l'ATOME. Que trouve-t-on, et que cela signifie-t-il ?
d) Comparez le résultat de la question b) à la proportion observée de particules déviées. Conclusion sur la structure de l'atome ?
e) Pourquoi les particules déviées sont-elles repoussées et non attirées ?
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Réponses
a)11,6g ; 3,54×1022 atomes
b)Environ 5,4×10−6 de la surface
c)Environ 2,2×103 fois la surface : la feuille est opaque
d)Masse et charge positive concentrées dans un noyau minuscule : Thomson écarté
e)Particule alpha et noyau sont tous deux positifs
a) Volume du carré : V=1,0×0,60×10−6=6,0×10−7m3. Masse : m=ρV=19,3×103×6,0×10−7=1,16×10−2kg, soit 11,6g. Quantité de matière : n=19711,6=5,88×10−2mol. Nombre d'atomes : N=5,88×10−2×6,02×1023=3,54×1022 atomes par mètre carré.
b) Section d'un noyau : πr2=π×(7,0×10−15)2=1,54×10−28m2. Surface totale masquée : 3,54×1022×1,54×10−28=5,4×10−6m2. Les noyaux occupent donc environ 5 millionièmes de la surface, soit une chance sur deux cent mille de tomber sur l'un d'eux.
c) Avec 1,4×10−10m : πr2=6,2×10−20m2, et le produit vaut 3,54×1022×6,2×10−20≈2,2×103. On trouve une surface deux mille fois plus grande que le mètre carré disponible : les atomes se recouvrent donc largement, la feuille est totalement opaque à la lumière. Le même objet est donc opaque aux photons et quasiment transparent aux particules alpha, et c'est toute la découverte.
d) Les deux nombres sont du même ordre : quelques millionièmes calculés, une particule sur dix mille observée en tenant compte du fait qu'une déviation se produit aussi sans choc frontal, à distance. Dans les deux cas, la conclusion est la même : la charge positive et la masse sont concentrées dans un volume minuscule au centre, et le reste est vide. Le modèle de Thomson, qui répartissait la charge positive dans tout le volume de l'atome, prévoyait au contraire de toutes petites déviations pour toutes les particules et aucun retour en arrière. Une seule observation, le retour en arrière, suffit à l'écarter.
e) Parce que la particule alpha est POSITIVE, comme le noyau. Deux charges de même signe se repoussent, et la répulsion devient énorme quand la distance devient très petite. Une attraction ne pourrait venir que des électrons, mais ceux-ci sont presque huit mille fois plus légers qu'une particule alpha : leur effet sur sa trajectoire est négligeable, comme celui d'un moustique sur un camion.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Atomes et ions : compléter la carte d'identité
Une entité s'écrit ZAXq : Z protons, A−Z neutrons, et un nombre d'électrons qui vaut Z pour un atome, Z moins la charge pour un ion.
On considère 2656Fe3+, 1632S2−, 2040Ca2+ et 919F−. Charge élémentaire : e=1,60×10−19C.
a) Donnez le nombre de protons, de neutrons et d'électrons de l'ion 2656Fe3+.
b) Combien d'électrons possèdent 1632S2− et 2040Ca2+ ? Quel gaz noble ont-ils en commun ?
c) Donnez la composition complète de 919F− et le gaz noble dont il a la configuration.
d) Une entité possède 12 protons, 12 neutrons et 10 électrons. Donnez son nombre de nucléons, sa charge, et nommez-la.
e) Calculez la charge électrique de l'ion Fe3+ en coulombs.
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Réponses
a)26 protons, 30 neutrons, 23 électrons
b)18 électrons chacun : configuration de l'argon
c)9 protons, 10 neutrons, 10 électrons : configuration du néon
d)A=24, charge +2 : 1224Mg2+
e)q=4,80×10−19C
a) Z=26 protons, 56−26=30 neutrons. La charge 3+ signifie que l'atome a PERDU trois électrons : 26−3=23 électrons. L'erreur classique consiste à ajouter les trois électrons, alors qu'une charge positive traduit un manque d'électrons.
b) S2− a gagné deux électrons : 16+2=18. Ca2+ en a perdu deux : 20−2=18. Les deux ions ont 18 électrons, la configuration de l'argon (Z=18). Ils sont isoélectroniques, mais restent deux éléments différents puisque leurs noyaux n'ont pas le même nombre de protons.
c) 9 protons, 19−9=10 neutrons, 9+1=10 électrons. Avec dix électrons, F− a la configuration du néon, 1s22s22p6.
d) A=Z+N=12+12=24. Il y a deux électrons de moins que de protons : la charge vaut +2. Z=12 désigne le magnésium : c'est l'ion 1224Mg2+. On nomme l'élément par ses PROTONS, jamais par ses électrons : dix électrons ne font pas du néon.
e) Trois charges élémentaires positives en excès : q=3×1,60×10−19=4,80×10−19C.
Le fil de l'exercice : protons en bas, nucléons en haut, électrons par la charge ; un signe + retire des électrons, un signe − en ajoute.
Exercice 12 : La masse volumique vertigineuse du noyau
On modélise le noyau de carbone 12 par une sphère de rayon rn=2,7×10−15m et l'atome de carbone par une sphère de rayon ra=7,0×10−11m.
Masse d'un nucléon : 1,67×10−27kg ; on néglige la masse des électrons. Volume d'une sphère : V=34πr3.
a) Calculez la masse du noyau de carbone 12.
b) Calculez le volume de ce noyau.
c) Déduisez-en la masse volumique du noyau.
d) Quelle serait la masse d'un dé à coudre de 1,0cm3 entièrement rempli de matière nucléaire ? Exprimez-la en tonnes.
e) Calculez la masse volumique de l'atome de carbone entier, puis le rapport entre les deux masses volumiques. Retrouvez ce rapport à partir des seuls rayons.
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Réponses
a)m=2,00×10−26kg
b)Vn≈8,2×10−44m3
c)ρn≈2,4×1017kg/m3
d)2,4×108 tonnes
e)ρa≈1,4×104kg/m3 ; rapport ≈1,7×1013
a) Le noyau contient 12 nucléons : m=12×1,67×10−27=2,00×10−26kg.
b) Vn=34π×(2,7×10−15)3≈8,2×10−44m3. Le cube s'applique à la mantisse ET à la puissance de dix : (10−15)3=10−45.
c) ρn=Vnm=8,2×10−442,00×10−26≈2,4×1017kg/m3.
d) 1,0cm3=1,0×10−6m3, donc m=2,4×1017×10−6=2,4×1011kg, soit 2,4×108 tonnes : deux cent quarante millions de tonnes dans un dé à coudre. C'est l'ordre de grandeur de la matière d'une étoile à neutrons.
e) Va=34π×(7,0×10−11)3≈1,44×10−30m3, donc ρa=1,44×10−302,00×10−26≈1,4×104kg/m3. Rapport : ρaρn≈1,7×1013. Comme la masse est la même dans les deux calculs, ce rapport est celui des volumes, donc le cube du rapport des rayons : (2,7×10−157,0×10−11)3≈1,7×1013 ✓.
Méthode à retenir : toute la masse est dans le noyau, presque tout le volume est dans le nuage ; les masses volumiques mesurent exactement cet écart.
Exercice 13 : Mendeleïev et la case vide du germanium
En 1869, Mendeleïev range les éléments connus par masse atomique croissante et regroupe en colonnes ceux qui ont des propriétés semblables. Il laisse des cases vides et prédit les propriétés des éléments manquants.
Pour l'élément qu'il appelle « éka-silicium », placé sous le silicium, il prévoit une masse molaire de 72g/mol, une masse volumique de 5,5g/cm3 et un oxyde de même type que celui du silicium, SiO2.
Le germanium, découvert en 1886, a une masse molaire de 72,63g/mol et une masse volumique de 5,35g/cm3.
a) Calculez l'écart relatif, en pourcentage, entre la masse molaire prédite et la masse molaire mesurée.
b) Même question pour la masse volumique.
c) Quelle formule Mendeleïev prévoyait-il pour l'oxyde de l'éka-silicium ? Justifiez.
d) Le silicium (Z=14) a pour configuration 1s22s22p63s23p2. Combien d'électrons de valence le germanium, situé dans la même colonne, possède-t-il ?
e) L'argon (39,95g/mol, Z=18) précède le potassium (39,10g/mol, Z=19) dans la classification actuelle. Quel critère de rangement Mendeleïev aurait-il dû violer pour les placer ainsi, et quel critère la classification actuelle utilise-t-elle ?
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Réponses
a)0,87%
b)2,8%
c)EsO2, comme SiO2 dans la même colonne
d)4 électrons de valence
e)Il faudrait violer la masse croissante ; on range aujourd'hui par Z croissant
a) 72,63∣72−72,63∣×100≈0,87%. On divise toujours par la valeur de RÉFÉRENCE, ici la valeur mesurée.
b) 5,35∣5,5−5,35∣×100≈2,8%. Deux prédictions à moins de 3% près, dix-sept ans avant la découverte : c'est ce succès qui a imposé la classification.
c) EsO2, c'est-à-dire GeO2 pour le germanium. Les éléments d'une même colonne ont le même comportement chimique, donc des composés de même formule : sous le silicium, qui forme SiO2, on attend un oxyde du même type.
d) Le silicium a 2+2=4 électrons de valence, sur la couche 3. La colonne regroupe les éléments ayant le même nombre d'électrons de valence : le germanium en a donc aussi 4, sur sa propre couche externe.
e) Rangés par masse croissante, le potassium (39,10) passerait avant l'argon (39,95) et tomberait dans la colonne des gaz nobles, ce qui est absurde chimiquement. Mendeleïev a lui-même fait des inversions de ce genre pour respecter les colonnes. La classification actuelle range les éléments par numéro atomique Z croissant, et l'inversion disparaît : Z=18 pour l'argon, Z=19 pour le potassium.
Le point de méthode : une colonne se prédit par analogie avec ses voisins du dessus et du dessous, jamais par ses voisins de ligne.
Exercice 14 : Problème : les deux isotopes du bore
Le bore (Z=5) naturel est un mélange de deux isotopes : 10B, de masse molaire 10,01g/mol, et 11B, de masse molaire 11,01g/mol. La classification indique M(B)=10,81g/mol.
Le bore 10 absorbe très bien les neutrons : on s'en sert dans les barres de contrôle des réacteurs nucléaires. On prendra NA=6,02×1023mol−1.
a) Écrivez la configuration électronique du bore. Donnez son nombre d'électrons de valence et sa place (ligne, colonne) dans la classification.
b) On note x l'abondance du bore 10, exprimée en fraction. Écrivez l'équation qui traduit la masse molaire moyenne, puis calculez x.
c) Combien d'atomes de bore 10 un échantillon de 1,00g de bore naturel contient-il ?
d) Quelle masse de bore naturel faut-il pour disposer de 1,00mol de bore 10 ?
e) Pourrait-on séparer les deux isotopes en les faisant réagir avec un réactif qui ne réagirait qu'avec l'un d'eux ? Justifiez.
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Réponses
a)1s22s22p1 : 3 électrons de valence, ligne 2, colonne 13
b)10,01x+11,01(1−x)=10,81, x=0,20
c)1,11×1022 atomes
d)5,0mol de bore naturel, environ 54g
e)Non : même configuration, même chimie ; séparation physique seulement
a) Cinq électrons : 1s22s22p1. La dernière couche occupée est la couche 2 : deuxième ligne. Elle porte 2+1=3 électrons de valence : colonne 13.
b) La masse molaire est la moyenne pondérée : 10,01x+11,01(1−x)=10,81. On développe : 11,01−1,00x=10,81, donc x=0,20. Le bore naturel contient 20% de bore 10 et 80% de bore 11. Contrôle de bon sens : 10,81 est plus près de 11,01 que de 10,01, l'isotope lourd doit donc être majoritaire, ce qui est le cas.
c) n=10,811,00≈9,25×10−2mol d'atomes de bore, dont 20% de bore 10 : N=0,20×9,25×10−2×6,02×1023≈1,11×1022 atomes. Oublier l'abondance compterait TOUS les atomes de bore, cinq fois trop.
d) Il faut 0,201,00=5,0mol de bore naturel, soit m=5,0×10,81≈54g.
e) Non. Les deux isotopes ont le même numéro atomique, donc le même nombre d'électrons et la même configuration : leurs propriétés chimiques sont identiques, et aucun réactif ne les distingue. On sépare des isotopes par des procédés PHYSIQUES qui exploitent leur petite différence de masse, comme la centrifugation d'un composé gazeux.
Le fil du problème : une masse molaire tabulée est une moyenne pondérée, et l'on peut la lire dans les deux sens, des abondances vers la moyenne ou de la moyenne vers les abondances.
Exercice 15 : Problème : combien d'atomes dans un rouleau d'aluminium ?
Un rouleau de papier d'aluminium de cuisine mesure 0,30m de large et 10m de long, pour une épaisseur de 15μm.
Aluminium : Z=13, M=27,0g/mol, masse volumique 2,70g/cm3, diamètre d'un atome 2,86×10−10m. On prendra NA=6,02×1023mol−1 et une masse d'électron de 9,11×10−31kg.
a) Calculez le volume de la feuille en cm3, puis sa masse.
b) Calculez la quantité de matière d'aluminium, puis le nombre d'atomes.
c) Combien d'atomes empilés l'épaisseur de la feuille représente-t-elle ?
d) Calculez la masse totale des électrons du rouleau et la part qu'elle représente, en pourcentage, dans la masse du rouleau.
e) L'aluminium forme l'ion Al3+. Combien d'électrons cet ion possède-t-il, et à quel gaz noble ressemble-t-il ?
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Réponses
a)45cm3, environ 122g
b)4,5mol ; 2,7×1024 atomes
c)Environ 5,2×104 atomes
d)0,032g, soit 0,026%
e)10 électrons, configuration du néon
a) V=0,30×10×15×10−6=4,5×10−5m3. Comme 1m3=106cm3, V=45cm3. Masse : m=ρV=2,70×45≈122g. Le piège est l'épaisseur : 15μm=15×10−6m, et non 15×10−3.
b) n=Mm=27,0121,5=4,5mol, puis N=nNA=4,5×6,02×1023≈2,7×1024 atomes.
c) 2,86×10−1015×10−6≈5,2×104 : une feuille qui paraît infiniment mince fait tout de même une cinquantaine de milliers d'atomes d'épaisseur.
d) Chaque atome a 13 électrons : 13×2,71×1024≈3,5×1025 électrons, de masse 3,5×1025×9,11×10−31≈3,2×10−5kg, soit 0,032g. Part dans la masse : 121,50,032×100≈0,026%. Les électrons comptent pour moins d'un tiers de millième de la masse.
e) L'atome a 13 électrons, 1s22s22p63s23p1 ; il perd ses trois électrons de valence, donc Al3+ en a 10, la configuration du néon.
Le fil du problème : des dimensions macroscopiques on passe au volume, puis à la masse, à la mole et au nombre d'entités ; chaque conversion d'unité est une occasion de se tromper d'un facteur mille.
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