Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal
Exercices corrigés d'enseignement scientifique : une longue histoire de la matière
Voici une série d'exercices corrigés d'enseignement scientifique pour la classe de Première, sur le thème « Une longue histoire de la matière » du programme français, en France comme dans le réseau des lycées français à l'étranger. Elle couvre la nucléosynthèse et l'origine des éléments chimiques, la décroissance radioactive et la demi-vie, la datation au carbone 14 et à l'uranium-plomb, la fusion et la fission, les cristaux et l'allotropie du carbone, puis la cellule, sa membrane plasmique et l'osmose.
À la fin de la série, vous savez dater un échantillon au carbone 14, contamination comprise (exercice 6), choisir le bon chronomètre radioactif pour une roche ou un charbon (exercice 10), reconnaître une fusion ou une fission sur une équation de réaction nucléaire (exercice 16), choisir un noyau pour un examen de médecine nucléaire et s'en protéger (exercice 17), et interpréter la plasmolyse d'une cellule végétale (exercice 18).
Le fil de la série : la matière n'a pas toujours existé sous sa forme actuelle. Les noyaux se sont formés dans les étoiles, les atomes se sont ordonnés en cristaux, et le vivant n'a fait qu'ajouter un niveau d'organisation de plus. Trois pièges reviennent, et le corrigé les désigne : croire qu'après deux demi-vies il ne reste rien (exercice 8), classer une réaction nucléaire par le nombre de ses produits au lieu de ce qu'elle fait des noyaux (exercice 16), et confondre corps simple et corps composé devant le graphite et le diamant (exercice 8).
La série suit le programme d'enseignement scientifique révisé en 2023, dont la partie D reprend les ajouts : radioactivité à l'hôpital et radioprotection, échanges à travers la membrane, statut des virus, molécules exogènes. Les exercices qui dénombrent les atomes d'une maille ou calculent une compacité (chlorure de sodium, fer, diamant), décrivent la bicouche de phospholipides ou l'ADN portent la mention « approfondissement » : le programme 2023 les a retirés des savoir-faire, ou ne les a jamais demandés.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Nucléosynthèse primordiale : hydrogène, hélium, trace de lithium. Étoiles : jusqu'au fer. Au-delà du fer : captures de neutrons, lentes dans les étoiles géantes en fin de vie pour moitié environ, rapides dans les supernovae et les fusions d'étoiles à neutrons pour l'autre moitié.
•Isotopes : même nombre de protons, nombre de neutrons différent. Mêmes propriétés chimiques, propriétés nucléaires différentes.
•Décroissance radioactive : après n demi-vies il reste la fraction (1/2)n=0,5n des noyaux, y compris quand n n'est pas entier.
•Datation : on cherche à la calculatrice ou au tableur le nombre n de demi-vies tel que 0,5n=f, où f est la fraction restante, puis t=n×T.
•Un chronomètre radioactif s'utilise entre un dixième et dix demi-vies. Carbone 14 : 573 à 57 300 ans.
•Granite et rhyolite : même composition, refroidissement lent ou rapide. Obsidienne : solide amorphe, aucun ordre à longue distance.
•Maille : le plus petit motif qui, répété dans les trois directions, construit le cristal. Le programme 2023 demande de relier la maille à la structure du cristal ; dénombrer les atomes d'une maille et calculer une compacité sont des approfondissements.
•Fusion : des noyaux LÉGERS s'unissent en un noyau plus lourd. Fission : un noyau LOURD se casse en noyaux plus légers. Le nombre de produits ne décide de rien.
•Une équation de réaction nucléaire conserve le nombre de masse A et le numéro atomique Z.
•Médecine : une demi-vie de quelques heures pour un diagnostic, de quelques jours pour un traitement. Déchets gardés au moins dix demi-vies : il en reste 10241. Se protéger : durée, distance, écran.
•La membrane plasmique laisse passer l'eau vers le milieu le plus concentré : plasmolyse ou turgescence. Un virus n'a pas de métabolisme propre et ne se reproduit que dans une cellule hôte.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Les éléments chimiques et leur origine
Le diagramme donne la composition en masse de la croûte terrestre. Elle n'a rien à voir avec celle de l'Univers, et cet écart raconte toute l'histoire de la matière.
a) Vérifiez que les six pourcentages du diagramme totalisent bien 100. Quels sont les deux éléments qui dominent, et quelle proportion représentent-ils à eux deux ?
b) Dans l'Univers, l'hydrogène représente environ 74 pour cent de la masse et l'hélium 24 pour cent. Comparez avec la croûte terrestre et proposez deux explications à l'écart.
c) Où et comment se sont formés les noyaux d'hydrogène et d'hélium ? Où se sont formés les noyaux plus lourds, jusqu'au fer ? Et au-delà du fer : par quel mécanisme, et dans quels astres ?
d) Un noyau est noté par son numéro atomique et son nombre de masse. Donnez la composition du noyau de carbone 14, puis celle du carbone 12. Comment appelle-t-on ces deux noyaux l'un par rapport à l'autre ?
e) Expliquez pourquoi tous les atomes de votre corps, sauf l'hydrogène, ont été fabriqués dans des étoiles mortes depuis longtemps.
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Réponses
a)Oxygène et silicium : 74,3 % de la croûte
b)Univers : 98 % d'hydrogène et d'hélium
c)Big Bang, étoiles jusqu'au fer, puis captures de neutrons : géantes, supernovae, étoiles à neutrons
d)6 protons ; 8 et 6 neutrons : isotopes
e)Nos atomes lourds viennent d'étoiles mortes
a)
La somme vaut 46,6+27,7+8,1+5,0+3,6+9,0=100,0 pour cent, ce qui confirme la lecture. Les deux éléments dominants sont l'oxygène et le silicium, qui représentent à eux deux 46,6+27,7=74,3 pour cent de la masse : près des trois quarts de la croûte terrestre sont faits de ces deux éléments seulement, ce qui s'explique par l'abondance des silicates.
b)
Le contraste est spectaculaire. Dans l'Univers, hydrogène et hélium font 74+24=98 pour cent de la masse ; dans la croûte terrestre, ils sont presque absents. Deux explications. D'abord, la TEMPÉRATURE et la gravité : lors de la formation du système solaire, les éléments légers et volatils ont été chassés de la zone interne par le rayonnement du jeune Soleil, et la Terre, trop peu massive, n'a pas pu retenir l'hydrogène et l'hélium, dont les molécules vont trop vite pour rester liées. Ensuite, la DIFFÉRENCIATION : la Terre s'est stratifiée, les éléments les plus denses, fer et nickel, migrant vers le noyau, si bien que la croûte n'est pas représentative de la planète entière, et encore moins de l'Univers.
c)
Les noyaux d'HYDROGÈNE et la plus grande partie de l'HÉLIUM se sont formés dans les toutes premières minutes de l'Univers, lors de la nucléosynthèse primordiale, quand la température a suffisamment baissé pour que les protons et les neutrons s'assemblent sans être aussitôt détruits. Les noyaux plus lourds JUSQU'AU FER se forment par fusion nucléaire au coeur des ÉTOILES, chaque étape produisant de l'énergie, du carbone à l'oxygène puis au silicium et enfin au fer. AU-DELÀ DU FER, la fusion consommerait de l'énergie au lieu d'en libérer : ces noyaux se forment autrement, par CAPTURE DE NEUTRONS : un noyau déjà formé absorbe des neutrons, puis certains de ces neutrons se changent en protons par radioactivité bêta moins, ce qui fait monter le numéro atomique. Pour moitié environ, ces captures sont LENTES et se font dans les étoiles géantes en fin de vie, qui dispersent ensuite leurs couches externes dans l'espace (on parle de processus s, de l'anglais slow) ; pour l'autre moitié, elles sont RAPIDES et exigent des événements extrêmes, explosions de supernovae et fusions d'étoiles à neutrons, où les neutrons sont innombrables et la durée très brève (processus r, de l'anglais rapid). L'or, le platine et l'uranium viennent surtout de cette seconde voie ; le baryum, en grande partie de la première. Le piège est de tout attribuer aux supernovae : elles ne font que la moitié du travail.
d)
Le carbone a pour numéro atomique 6 : tous ses noyaux comptent 6 protons. Le carbone 14 a un nombre de masse de 14, donc 14−6=8 neutrons. Le carbone 12 a un nombre de masse de 12, donc 12−6=6 neutrons. Ces deux noyaux ont le même nombre de protons et un nombre de neutrons différent : ce sont des ISOTOPES du même élément. Ils ont exactement les mêmes propriétés chimiques, puisque celles-ci ne dépendent que du cortège électronique, et des propriétés nucléaires très différentes, puisque l'un est stable et l'autre radioactif.
e)
Parce que la nucléosynthèse primordiale n'a produit que de l'hydrogène, de l'hélium et une trace de lithium : aucun carbone, aucun azote, aucun oxygène, aucun phosphore, aucun calcium, aucun fer. Or votre corps est essentiellement fait de ces éléments-là. Ils ne peuvent donc venir que de la fusion au coeur d'étoiles, puis avoir été dispersés dans l'espace par la mort de ces étoiles, avant d'être incorporés au nuage qui a donné le système solaire. Chaque atome de calcium de vos os et chaque atome de fer de votre sang a séjourné dans une étoile qui a explosé avant que le Soleil n'existe. Seul l'hydrogène de votre eau est plus ancien que toutes les étoiles.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : La décroissance radioactive et la demi-vie
La courbe donne la fraction de noyaux de carbone 14 encore présents dans un échantillon en fonction du temps.
a) Lisez la demi-vie du carbone 14 sur la courbe. Définissez cette grandeur avec précision.
b) Donnez la fraction restante après 2, 3 et 5 demi-vies. Écrivez la formule générale après n demi-vies.
c) La désintégration est un phénomène ALÉATOIRE : chaque noyau a la même probabilité de se désintégrer pendant une durée donnée, indépendamment de son âge. Comment une loi aussi régulière peut-elle sortir d'un phénomène aléatoire ?
d) Un échantillon contient au départ 6,0×1010 noyaux de carbone 14. Combien en reste-t-il après 17 190 ans ? Retrouvez ce nombre de deux façons.
e) Pourquoi la méthode au carbone 14 devient-elle inutilisable au-delà de 50 000 ans environ ? Calculez la fraction restante à cette date et concluez.
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Réponses
a)Demi-vie 5730 ans : la moitié des noyaux
b)25 %, 12,5 %, 3,1 % : 0,5n
c)Grand nombre de noyaux : loi régulière
d)3 demi-vies : 7,5×109 noyaux
e)8,73 demi-vies : 0,24 % restant
a)
La courbe atteint la valeur 0,50 pour t=5730 ans : c'est la demi-vie du carbone 14. Définition précise : la demi-vie est la durée au bout de laquelle la MOITIÉ des noyaux radioactifs initialement présents se sont désintégrés. Elle ne dépend ni de la quantité initiale, ni de la température, ni de la pression, ni de la forme chimique : c'est une propriété du noyau lui-même, ce qui est exactement ce qui rend la datation possible.
b)
Après 2 demi-vies, il reste 0,52=0,25, soit 25 pour cent. Après 3, 0,53=0,125, soit 12,5 pour cent. Après 5, 0,55=0,03125, soit environ 3,1 pour cent. La formule générale est N/N0=0,5n=(1/2)n après n demi-vies, ce qui s'écrit aussi N=N0×2−n. L'erreur classique est de croire qu'après deux demi-vies il ne reste rien : la moitié de la moitié n'est pas zéro, c'est un quart.
c)
Parce qu'un échantillon contient un nombre ÉNORME de noyaux. Le sort d'un noyau isolé est parfaitement imprévisible, mais dès que l'on en observe des milliards, la loi des grands nombres s'applique : la proportion de désintégrations sur une durée donnée devient extrêmement stable, et les fluctuations relatives deviennent négligeables. C'est le même phénomène qu'au jeu de pile ou face : un lancer est imprévisible, mais sur dix milliards de lancers la proportion de piles est indiscernable de un demi. La régularité macroscopique n'annule pas le hasard microscopique, elle en découle.
d)
La durée 17190 ans vaut exactement 17190/5730=3 demi-vies. Première façon : il reste 6,0×1010×0,53=6,0×1010/8=7,5×109 noyaux. Seconde façon, en divisant par deux trois fois de suite : 6,0×1010 donne 3,0×1010, puis 1,5×1010, puis 7,5×109. Les deux coïncident, ce qui valide le calcul. C'est un contrôle qui ne coûte rien et qui attrape les erreurs de puissance de dix.
e)
Parce qu'il ne reste plus assez de noyaux pour que la mesure soit fiable. La durée 50000 ans représente 50000/5730≈8,73 demi-vies, donc il reste 0,58,73≈2,4×10−3, soit environ 0,24 pour cent des noyaux initiaux. À ce niveau, le signal mesuré devient du même ordre que le bruit de fond de l'appareil et que la moindre contamination par du carbone récent : un millième de carbone moderne introduit par manipulation suffit à fausser complètement la date. On change alors de chronomètre, en utilisant des couples à demi-vie beaucoup plus longue, comme l'uranium et le plomb, dont la demi-vie se compte en milliards d'années et qui datent les roches, non les restes organiques.
Exercice 3 : Les cristaux : maille, motif et compacité
La figure montre la maille d'un cristal cubique simple : un cube dont chaque sommet est occupé par un atome, et qui se répète à l'identique dans les trois directions de l'espace.
Approfondissement, au-delà du programme 2023 : dénombrer les atomes d'une maille et calculer une compacité (questions b à e) ne sont plus des savoir-faire exigibles depuis la rentrée 2023. Le programme demande de relier l'organisation de la maille à la structure du cristal, ce que fait la question a) et l'exercice 4.
a) Définissez un cristal, une maille et un motif. Qu'est-ce qui distingue un solide cristallin d'un solide amorphe ?
b) La maille compte 8 sommets, mais chacun est partagé entre plusieurs mailles voisines. Combien de mailles se partagent un sommet ? Combien d'atomes appartiennent EN PROPRE à une maille cubique simple ?
c) Les atomes voisins se touchent le long d'une arête. Exprimez l'arête a en fonction du rayon atomique R.
d) La compacité est la fraction du volume de la maille réellement occupée par les atomes. Calculez-la pour cette structure, en valeur exacte puis à quatre décimales.
e) Que représente le volume restant ? Une compacité de 100 pour cent est-elle possible ? Justifiez.
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Réponses
a)Cristal ordonné, amorphe désordonné
b)Sommet partagé par 8 mailles : 1 atome
c)Contact sur l'arête : a=2R
d)C=π/6≈0,5236
e)100 % impossible, au plus 74,0 %
a)
Un CRISTAL est un solide dont les entités, atomes, ions ou molécules, sont rangées de façon périodique et ordonnée dans les trois directions de l'espace. La MAILLE est le plus petit volume qui, répété par translation, reconstitue tout le cristal : c'est le motif de pavage. Le MOTIF est le contenu de cette maille, c'est-à-dire l'entité ou le groupe d'entités qui s'y trouve. Un solide AMORPHE, comme le verre, a la même composition chimique qu'un cristal correspondant mais aucun ordre à longue distance : ses entités sont figées dans un désordre proche de celui d'un liquide, ce qui explique qu'il n'ait pas de température de fusion nette mais un ramollissement progressif.
b)
Un sommet de cube est le point commun de HUIT mailles voisines, deux dans chaque direction de l'espace. Chaque atome de sommet n'appartient donc qu'à un huitième à la maille considérée. Avec 8 sommets, la maille contient 8×81=1 atome en propre. Ce comptage est le passage obligé de tout exercice sur les cristaux : on ne compte jamais les atomes visibles, on compte les FRACTIONS d'atomes.
c)
Si les atomes voisins se touchent le long d'une arête, deux sphères tangentes de rayon R occupent cette arête, ce qui donne a=2R. Attention, cette relation est propre à la structure cubique SIMPLE : dans d'autres structures, le contact se fait le long d'une diagonale de face ou d'une diagonale du cube, et la relation change complètement.
d)
Le volume de la maille vaut a3=(2R)3=8R3. Le volume occupé est celui du seul atome en propre, soit 34πR3. La compacité vaut donc C=8R34πR3/3=6π. Numériquement, π/6≈0,5236, soit environ 52,4 pour cent. On note que le rayon R disparaît du résultat, ce qui est normal : la compacité est une propriété de la GÉOMÉTRIE de l'empilement, pas de la taille des atomes.
e)
Le volume restant, près de 48 pour cent, représente le VIDE entre les sphères. Une compacité de 100 pour cent est impossible avec des sphères identiques : quel que soit l'empilement, il subsiste toujours des interstices, car des sphères ne pavent pas l'espace. On démontre que la compacité maximale atteignable avec des sphères identiques vaut π/(32)≈0,7405, soit environ 74,0 pour cent, réalisée par les empilements compacts, dont la structure cubique à faces centrées. La structure cubique simple, avec ses 52 pour cent, est donc très peu compacte, ce qui explique qu'elle soit rare dans la nature : le polonium en est à peu près le seul exemple.
Exercice 4 : Du cristal à la roche
Deux roches peuvent avoir exactement la même composition chimique et un aspect totalement différent. Ce qui les sépare n'est pas ce dont elles sont faites, mais la vitesse à laquelle elles ont refroidi.
a) Le granite et la rhyolite ont la même composition chimique. Le premier montre des cristaux visibles à l'oeil nu, la seconde une pâte où l'on ne distingue presque rien. Expliquez cette différence.
b) Le verre volcanique, appelé obsidienne, a la même composition encore. Que s'est-il passé lors de sa formation ? En quoi diffère-t-il des deux précédents ?
c) Une même espèce minérale peut former des cristaux de tailles très différentes. Cela change-t-il sa maille ? Cela change-t-il ses propriétés physiques ? Justifiez.
d) Le carbone existe sous forme de graphite et de diamant. Ces deux solides ont-ils la même composition ? La même structure ? Comment appelle-t-on cette situation, et quelles propriétés en découlent ?
e) L'os et la coquille d'un mollusque contiennent des cristaux produits par un être vivant. Citez le minéral en cause dans chaque cas et expliquez en quoi la biominéralisation diffère d'une cristallisation minérale ordinaire.
La différence vient de la VITESSE DE REFROIDISSEMENT du magma. Le granite s'est formé en profondeur, où le magma se refroidit sur des milliers, voire des millions d'années : les atomes ont eu tout le temps de migrer et de se ranger, si bien que les cristaux ont pu grandir jusqu'à devenir visibles, souvent millimétriques. La rhyolite s'est formée en surface, lors d'une coulée de lave qui refroidit en quelques jours ou quelques mois : les atomes n'ont eu le temps de former qu'une multitude de cristaux minuscules. Même composition, même minéraux, taille de grain radicalement différente : la texture d'une roche est une horloge.
b)
L'obsidienne s'est refroidie encore plus vite, en quelques minutes, par exemple au contact de l'eau ou de l'air froid. Les atomes n'ont eu le temps de former aucun cristal : ils sont restés figés dans le désordre qu'ils avaient à l'état liquide. L'obsidienne est donc un solide AMORPHE, un verre, et non une roche cristalline. Elle en diffère par l'absence d'ordre à longue distance, par sa cassure conchoïdale caractéristique, et par le fait qu'elle est thermodynamiquement instable : sur des durées géologiques, elle finit par cristalliser lentement.
c)
Non, cela ne change PAS sa maille : la maille est la même pour un cristal microscopique et pour un cristal de plusieurs centimètres, seul le nombre de répétitions diffère. Cela ne change pas non plus les propriétés qui découlent directement de la structure, comme la masse volumique, la dureté ou les indices optiques. En revanche, la taille des grains change les propriétés qui dépendent des SURFACES et des joints entre grains : la résistance mécanique, la vitesse de dissolution, l'aspect. C'est pourquoi un métal à grains fins est plus résistant qu'un métal à gros grains de composition identique.
d)
Oui, même composition : les deux sont faits uniquement de carbone. Non, pas la même structure : dans le graphite, les atomes forment des feuillets d'hexagones plans faiblement liés entre eux ; dans le diamant, chaque atome est lié à quatre voisins dans un réseau tridimensionnel rigide. Cette situation s'appelle l'ALLOTROPIE, ou polymorphisme pour les minéraux. Les propriétés qui en découlent sont opposées : le graphite est tendre, opaque, conducteur électrique et sert de lubrifiant, parce que ses feuillets glissent les uns sur les autres ; le diamant est le plus dur des minéraux, transparent et isolant, parce que toutes ses liaisons sont fortes et orientées dans les trois dimensions. La structure, à elle seule, fait toute la différence.
e)
Dans l'OS, le minéral est un phosphate de calcium, l'hydroxyapatite, sous forme de très petits cristaux déposés dans une trame de collagène. Dans la COQUILLE d'un mollusque, c'est le carbonate de calcium, sous ses formes calcite ou aragonite. La biominéralisation diffère d'une cristallisation ordinaire sur trois points. Elle est CONTRÔLÉE : l'organisme fixe le lieu, le moment, la forme et l'orientation des cristaux, au lieu de laisser la physique décider. Elle est COMPOSITE : le minéral est associé à une matrice organique, ce qui donne un matériau bien plus résistant à la rupture que le minéral seul, la matrice arrêtant la propagation des fissures. Et elle se produit à TEMPÉRATURE et pression ordinaires, là où une cristallisation minérale équivalente demanderait des conditions extrêmes.
Exercice 5 : La cellule : membrane et molécules amphiphiles
La figure montre une coupe de membrane biologique. Chaque molécule y a deux parties de nature opposée, et c'est cette dualité qui explique à elle seule la forme de l'assemblage.
Approfondissement, au-delà du programme 2023 : la structure en bicouche des phospholipides n'y figure pas. Le programme demande de mettre en évidence les ÉCHANGES à travers la membrane plasmique, voir l'exercice 18 ; la question c) reste au programme.
a) Qu'appelle-t-on molécule amphiphile ? Décrivez les deux parties d'un phospholipide et leur comportement vis-à-vis de l'eau.
b) Expliquez pourquoi cette disposition en double couche est celle qui s'établit spontanément dans l'eau. Aucune information génétique n'intervient : d'où vient l'ordre ?
c) Quelle est la fonction de la membrane pour la cellule ? Citez trois choses qu'elle permet et qui seraient impossibles sans elle.
d) Le savon est aussi une molécule amphiphile. Expliquez son action sur une tache de graisse, en réutilisant exactement le raisonnement de la question b.
e) Toutes les cellules connues, de la bactérie à celle du séquoia, possèdent une membrane de ce type et un ADN de même nature chimique. Quelle conclusion en tire-t-on, et sur quel type de raisonnement repose-t-elle ?
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Réponses
a)Tête hydrophile, queues hydrophobes
b)Double couche : minimisation de l'énergie
c)Isoler, concentrer, échanger
d)Savon : micelle autour de la graisse
e)Universalité : un ancêtre commun
a)
Une molécule amphiphile possède deux parties de solubilité opposée. Un phospholipide comporte une TÊTE hydrophile, polaire, portant un groupement phosphate chargé, qui établit volontiers des liaisons avec les molécules d'eau ; et deux QUEUES hydrophobes, formées de longues chaînes carbonées apolaires, qui n'ont aucune affinité pour l'eau et se rassemblent entre elles. La molécule est donc à la fois attirée et repoussée par l'eau, mais pas par la même extrémité.
b)
Dans l'eau, chaque molécule tend à placer sa tête au contact de l'eau et à soustraire ses queues à ce contact. La seule façon de satisfaire ces deux exigences simultanément, pour un grand nombre de molécules, est de former une DOUBLE COUCHE : les queues se rassemblent au centre, à l'abri de l'eau, et les têtes forment les deux faces, toutes deux au contact de l'eau. L'ordre ne vient d'aucune information génétique : il vient de la MINIMISATION spontanée de l'énergie du système, exactement comme une goutte d'eau prend une forme sphérique sans que personne ne le lui dise. C'est un exemple d'auto-organisation, et c'est un point important du chapitre : tout ordre biologique ne vient pas d'un programme.
c)
La membrane délimite la cellule et sépare son intérieur du milieu extérieur. Trois choses qu'elle permet. D'abord MAINTENIR une composition intérieure différente de l'extérieur, condition sans laquelle aucune réaction contrôlée n'est possible, puisque tout se diluerait. Ensuite CONCENTRER les réactifs et les enzymes dans un volume restreint, ce qui accélère considérablement les réactions. Enfin ÉCHANGER de façon sélective, en laissant passer certaines substances et pas d'autres, grâce à des protéines insérées dans la bicouche : la membrane n'est pas un mur, c'est un filtre commandé.
d)
Une molécule de savon a également une tête hydrophile et une longue queue hydrophobe. Au contact d'une tache de graisse, les queues, qui fuient l'eau, s'enfoncent dans la graisse, tandis que les têtes restent tournées vers l'eau. Les molécules de savon entourent ainsi la gouttelette de graisse en formant une sphère dont l'extérieur est hydrophile : la gouttelette, désormais habillée, devient soluble dans l'eau et part au rinçage. C'est rigoureusement le même raisonnement qu'à la question b, la seule différence étant la GÉOMÉTRIE de l'assemblage, une sphère pleine appelée micelle au lieu d'une double couche plane.
e)
On en tire l'UNIVERSALITÉ du vivant, et la conclusion que tous les êtres vivants actuels descendent d'un ancêtre commun. Le raisonnement repose sur le fait que ces caractères, la bicouche de phospholipides, la molécule d'ADN, le code génétique presque identique, ne sont nullement les seuls possibles chimiquement : rien n'imposait que ce soit ceux-là. Leur partage universel s'explique donc bien mieux par un HÉRITAGE commun que par autant d'apparitions indépendantes qui auraient toutes abouti aux mêmes choix arbitraires. C'est un raisonnement par inférence à la meilleure explication, le même que celui qui fait conclure à une source commune quand deux textes partagent les mêmes fautes de copie.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Dater au carbone 14
Un fragment de bois est prélevé dans un site archéologique. Sa teneur en carbone 14 rapportée à celle d'un organisme vivant vaut 40 pour cent. La demi-vie du carbone 14 est de 5 730 ans. Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Expliquez pourquoi la teneur en carbone 14 d'un organisme reste constante de son vivant, et pourquoi elle diminue après sa mort.
b) Après n demi-vies, il reste la fraction 0,5n des noyaux, même quand n n'est pas entier. À la calculatrice ou au tableur, par essais successifs, trouvez n au centième près tel que 0,5n=0,40.
c) Déduisez-en l'âge de l'échantillon.
d) Retrouvez ce résultat sans calculatrice, par un encadrement entre deux demi-vies.
e) L'échantillon a été contaminé par 2 pour cent de carbone moderne lors de la fouille. Recalculez l'âge et donnez l'erreur commise. La contamination fait-elle paraître l'échantillon plus vieux ou plus jeune ?
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Réponses
a)Échanges arrêtés : date de la mort
b)0,5n=0,40 pour n≈1,32
c)Âge ≈7575 ans
d)Entre 5730 et 11460 ans
e)7832 ans : 257 ans d'erreur, plus jeune
a)
De son vivant, l'organisme ÉCHANGE en permanence du carbone avec son milieu : la plante par la photosynthèse, l'animal par son alimentation. Comme le carbone 14 est produit continûment dans la haute atmosphère par l'action du rayonnement cosmique sur l'azote, la proportion de carbone 14 dans le carbone atmosphérique est à peu près constante, et l'organisme s'aligne dessus. À sa MORT, les échanges cessent : le carbone 14 déjà présent continue de se désintégrer, sans plus être renouvelé, et sa proportion décroît selon la loi radioactive. La date obtenue est donc celle de la MORT de l'organisme, ce qui n'est pas forcément celle de l'usage de l'objet : une poutre taillée dans un arbre déjà ancien donne une date trop vieille.
b)
On procède par encadrements successifs. 0,51=0,50 et 0,52=0,25 : n est compris entre 1 et 2. 0,51,3≈0,406 et 0,51,4≈0,379 : n est compris entre 1,3 et 1,4. En resserrant, 0,51,32≈0,4005 et 0,51,33≈0,3978 : on retient n≈1,32 demi-vie. Un tableur fait le même travail d'un coup, en calculant 0,5n pour n allant de 0 à 2 par pas de 0,01 ; avec un pas plus fin, il donne n≈1,3219.
c)
L'âge vaut le nombre de demi-vies écoulées multiplié par la durée d'une demi-vie : t=1,3219×5730≈7575 ans. Avec l'arrondi n=1,32, on trouverait 7564 ans : un centième de demi-vie vaut déjà 57 ans, d'où l'intérêt de garder assez de décimales sur n avant de multiplier.
d)
Après une demi-vie, il reste 50 pour cent ; après deux demi-vies, 25 pour cent. Or 40 pour cent est compris entre 25 et 50 : l'âge est donc compris entre une et deux demi-vies, c'est-à-dire entre 5730 et 11460 ans. Comme 40 est plus proche de 50 que de 25, on attend une valeur plus proche de la borne basse, ce que confirment les 7575 ans trouvés. Cet encadrement prend dix secondes et il attrape immédiatement une erreur de calculatrice qui donnerait 757 ans ou 75 750 ans.
e)
Avec 2 pour cent de carbone moderne ajouté, la teneur mesurée n'est plus celle de l'échantillon seul. Si l'échantillon réel contient une fraction f et que 2 pour cent de la matière est moderne, à 100 pour cent de teneur, on mesure 0,98f+0,02×1=0,40, d'où f=(0,40−0,02)/0,98≈0,38776. Par la même méthode qu'à la question b, 0,5n=0,38776 donne n≈1,3668, donc l'âge vrai vaut t=1,3668×5730≈7832 ans. L'erreur commise est de 7832−7575=257 ans, soit environ 3,4 pour cent. La contamination par du carbone moderne fait paraître l'échantillon plus JEUNE qu'il n'est, puisqu'elle ajoute du carbone 14 qui n'aurait pas dû s'y trouver. C'est pourquoi le prélèvement se fait avec des précautions extrêmes, et pourquoi l'effet est catastrophique sur les échantillons très anciens : à 50 000 ans il ne reste que 0,24 pour cent de carbone 14, si bien que 2 pour cent de contamination domineraient totalement le signal.
Exercice 7 : Compacité et masse volumique d'un métal
L'aluminium cristallise dans une structure cubique à faces centrées : les atomes occupent les huit sommets du cube et le centre de chacune des six faces. Le rayon atomique vaut 143 pm et la masse molaire 26,98 g/mol.
Approfondissement, au-delà du programme 2023 : le dénombrement dans une maille, la compacité et la masse volumique calculée à partir de la maille ont quitté les savoir-faire à la rentrée 2023. Le schéma ci-dessous représente la maille.
a) Comptez les atomes appartenant en propre à la maille. Détaillez le partage des atomes de sommet et de ceux de face.
b) Dans cette structure, le contact se fait le long d'une DIAGONALE DE FACE. Exprimez l'arête a en fonction de R, puis calculez a en picomètres.
c) Calculez la compacité de cette structure, en valeur exacte puis à quatre décimales. Comparez à celle de la structure cubique simple.
d) Calculez la masse volumique de l'aluminium, en gramme par centimètre cube. On prendra 6,022×1023 pour la constante d'Avogadro.
e) La valeur tabulée vaut 2,70 g/cm3. Commentez l'accord, puis expliquez ce que ce calcul permet de faire dans l'autre sens.
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Réponses
a)1+3=4 atomes par maille
b)a=2R2≈404,5 pm
c)C=π/(32)≈0,7405
d)ρ≈2,71 g/cm3
e)Accord à moins de 1 % ; on remonte au rayon
a)
Les 8 atomes de SOMMET sont partagés entre 8 mailles chacun, ce qui donne 8×81=1 atome. Les 6 atomes de FACE sont partagés entre 2 mailles chacun, puisqu'une face est commune à exactement deux cubes, ce qui donne 6×21=3 atomes. La maille contient donc 1+3=4 atomes en propre. Ce nombre 4 est à retenir : il intervient dans tous les calculs de la structure cubique à faces centrées.
b)
Le long d'une diagonale de face, on rencontre un atome de sommet, l'atome de centre de face, puis l'autre atome de sommet : la diagonale mesure donc 4R. Or la diagonale d'un carré de côté a vaut a2. On a donc a2=4R, d'où a=24R=2R2. Numériquement, a=2×143×2≈404,5 pm. Le piège est d'écrire a=2R par automatisme : le contact ne se fait PAS le long de l'arête ici, et le vérifier prend une seconde en regardant si deux sommets voisins pourraient se toucher alors qu'un atome de face s'interpose.
c)
Le volume occupé vaut 4×34πR3=316πR3. Le volume de la maille vaut a3=(2R2)3=8×22R3=162R3. La compacité vaut donc C=162R316πR3/3=32π≈0,7405, soit 74,0 pour cent. C'est la compacité maximale possible avec des sphères identiques, à comparer aux 52,4 pour cent de la structure cubique simple : l'empilement à faces centrées occupe donc environ 0,7405/0,5236≈1,41 fois plus de volume utile, ce qui explique que la plupart des métaux l'adoptent.
d)
La masse des 4 atomes de la maille vaut m=4×6,022×102326,98≈1,7921×10−22 g. Le volume de la maille vaut a3 avec a=404,5 pm =4,045×10−8 cm, donc V≈6,618×10−23 cm3. La masse volumique vaut ρ=m/V=1,7921×10−22/6,618×10−23≈2,71 g/cm3. Le seul point délicat est la conversion du picomètre au centimètre : 1 pm =10−10 cm, et l'oublier fait manquer le résultat d'un facteur 1030.
e)
L'accord est excellent : 2,71 calculé contre 2,70 tabulé, soit un écart relatif inférieur à un demi pour cent, entièrement imputable aux arrondis et à l'incertitude sur le rayon atomique. Cet accord n'est pas anodin : il valide simultanément le modèle de l'empilement compact, la valeur du rayon atomique et la constante d'Avogadro, trois grandeurs mesurées indépendamment. Dans l'AUTRE SENS, le calcul permet de remonter d'une mesure macroscopique, la masse volumique, à une grandeur microscopique inaccessible directement : connaissant ρ, M et la structure, on tire a, donc R, donc la taille d'un atome. C'est ainsi que les premières mesures de dimensions atomiques ont été obtenues, avant toute imagerie.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.
Les affirmations 3 (atomes d'une maille) et 5 (bicouche) portent sur des notions retirées du programme en 2023 : elles restent un approfondissement.
1) « Après deux demi-vies, il ne reste plus de noyaux radioactifs. »
2) « Tous les éléments chimiques se sont formés lors du Big Bang. »
3) « Une maille cubique simple contient 8 atomes, un par sommet. »
4) « Le graphite et le diamant sont des corps composés différents. »
5) « L'organisation d'une membrane biologique est codée par l'ADN. »
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Réponses
1)Il reste un quart, jamais zéro
2)Big Bang : seulement les plus légers
3)Un seul atome en propre
4)Deux variétés d'un corps simple
5)Bicouche : auto-assemblage physique
1)
FAUX. Après une demi-vie il reste la moitié, après deux demi-vies la moitié de la moitié, soit un quart, et jamais zéro : la décroissance est exponentielle, donc elle ne s'annule pas en un temps fini. Énoncé correct : après n demi-vies il reste la fraction (1/2)n des noyaux initiaux, soit 25 pour cent après deux demi-vies et encore 0,1 pour cent après dix.
2)
FAUX. La nucléosynthèse primordiale n'a produit que l'hydrogène, l'essentiel de l'hélium et une trace de lithium. Le carbone, l'oxygène et tous les éléments jusqu'au fer sont produits par fusion au coeur des étoiles ; ceux au-delà du fer naissent de captures de neutrons, pour moitié environ dans les étoiles géantes en fin de vie, pour l'autre moitié lors d'événements violents, supernovae et fusions d'étoiles à neutrons. Énoncé correct : le Big Bang n'a produit que les éléments les plus légers ; tous les autres viennent des étoiles, et sont donc bien plus jeunes que l'Univers.
3)
FAUX. Les 8 atomes visibles aux sommets sont chacun partagés entre 8 mailles voisines : la maille n'en contient qu'un huitième chacun, soit 8×81=1 atome en propre. Énoncé correct : une maille cubique simple contient UN atome en propre ; on ne compte jamais les atomes visibles, on compte les fractions.
4)
FAUX. Un corps composé contient plusieurs éléments ; or le graphite et le diamant sont tous deux faits de carbone et de rien d'autre : ce sont des corps SIMPLES. Ce qui les distingue est leur structure cristalline. Énoncé correct : le graphite et le diamant sont deux variétés allotropiques du même corps simple, le carbone ; leurs propriétés opposées viennent uniquement de l'arrangement des atomes.
5)
FAUX. La disposition en double couche s'établit SPONTANÉMENT dès qu'on place des molécules amphiphiles dans l'eau, sans aucune information génétique : c'est la minimisation de l'énergie qui l'impose, et on l'observe aussi bien avec du savon. Énoncé correct : l'ADN code la synthèse des phospholipides et des protéines membranaires, mais l'organisation en bicouche est un phénomène d'auto-assemblage physique, indépendant de toute information codée.
Exercice 9 : L'ADN, une molécule universelle
La cellule est un troisième niveau d'organisation, après le noyau et le cristal. Ce qui la caractérise n'est pas seulement sa membrane, c'est de porter une information transmissible.
Approfondissement, au-delà du programme : la structure de l'ADN n'est pas au programme d'enseignement scientifique de Première ; elle relève de l'enseignement de SVT.
a) Décrivez la structure de l'ADN : nature chimique, forme, nombre de brins, et ce qui relie les deux brins.
b) L'information est portée par la SÉQUENCE des quatre bases. Combien de séquences différentes peut porter un fragment de 10 paires de bases ? de 30 paires ?
c) Le génome humain compte environ 3,2×109 paires de bases. Quelle information cela représente-t-il si l'on code chaque base sur 2 bits ? Exprimez en mébioctets et comparez à une photographie.
d) Expliquez comment la structure en deux brins complémentaires explique à la fois la conservation de l'information et sa transmission lors d'une division.
e) L'ADN d'une bactérie, d'un chêne et d'un être humain a la même structure et le même code. Que signifie exactement l'expression « code génétique universel », et que peut-on en faire concrètement ?
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Réponses
a)Double hélice, A avec T, G avec C
b)410=1048576 ; 430≈1,153×1018
c)6,4×109 bits, 763 Mio
d)Complémentarité : réparer et copier
e)Même code partout : insuline par des bactéries
a)
L'ADN est un acide nucléique, une longue molécule formée de l'enchaînement d'unités appelées nucléotides, chacune faite d'un sucre, le désoxyribose, d'un groupement phosphate et d'une base azotée parmi quatre : adénine, thymine, guanine et cytosine. La molécule comporte DEUX brins enroulés l'un autour de l'autre en une double hélice. Les deux brins sont reliés par des liaisons hydrogène entre les bases, selon un appariement strict : l'adénine toujours face à la thymine, la guanine toujours face à la cytosine. Cette complémentarité est la propriété centrale de la molécule.
b)
Chaque position de la séquence peut être occupée par l'une des 4 bases. Pour 10 paires : 410=1048576 séquences différentes, soit plus d'un million. Pour 30 paires : 430≈1,153×1018, soit plus d'un milliard de milliards. La croissance est exponentielle, et c'est ce qui permet à une molécule de quelques millimètres, une fois déroulée, de porter une information immense : le nombre de messages possibles explose bien plus vite que la longueur.
c)
Avec 2 bits par base, il faut 3,2×109×2=6,4×109 bits, soit 6,4×109/8=8,0×108 octets. En mébioctets : 8,0×108/1048576≈763 Mio. C'est l'équivalent d'environ 763/34,3≈22 photographies non compressées de 12 mégapixels, ou d'un seul disque compact de données. Le résultat est instructif dans les deux sens : c'est peu au regard de la complexité d'un être humain, et c'est beaucoup pour une molécule qui tient dans un noyau de quelques micromètres.
d)
La CONSERVATION vient de ce que chaque brin porte l'information complète : si l'un est endommagé, l'autre permet de le reconstituer, base par base, grâce à la règle d'appariement. Des mécanismes de réparation exploitent exactement cette redondance. La TRANSMISSION vient du même mécanisme : lors de la division, les deux brins se séparent, et chacun sert de modèle pour reconstruire son complémentaire. On obtient ainsi deux molécules identiques à la molécule de départ, chacune formée d'un brin ancien et d'un brin neuf. Une même propriété structurale, la complémentarité, rend donc compte à la fois de la stabilité et de la copie, ce qui est remarquable et fut immédiatement souligné par les auteurs du modèle.
e)
Le code génétique est la table de correspondance entre les triplets de bases et les acides aminés qu'ils désignent. Dire qu'il est UNIVERSEL signifie qu'un même triplet désigne le même acide aminé chez une bactérie, un chêne et un être humain, à de très rares exceptions près. Cela se comprend comme un héritage d'un ancêtre commun, la table étant arbitraire et n'ayant aucune raison physique d'être identique partout. Concrètement, on en fait beaucoup : on peut introduire un gène humain dans une bactérie et obtenir la protéine humaine correspondante, ce qui est exactement le procédé de production de l'insuline depuis les années 1980. Sans universalité du code, cette industrie entière n'existerait pas.
Exercice 10 : Problème : trois horloges pour trois questions
Un site archéologique livre trois objets : un charbon de foyer, un fragment de poterie contenant des grains de quartz, et un bloc de granite utilisé comme meule. On veut dater chacun d'eux, et comprendre ce que chaque date signifie réellement. Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Le charbon présente une teneur en carbone 14 de 12 pour cent de celle d'un organisme vivant. Calculez son âge.
b) Le granite est daté par le couple uranium-plomb, de demi-vie 4,47×109 ans. On y trouve un rapport tel que 88 pour cent des noyaux d'uranium initiaux subsistent. Calculez son âge et dites ce que cette date représente.
c) Pourquoi n'aurait-on pas pu dater le granite au carbone 14, ni le charbon à l'uranium-plomb ? Formulez la règle générale du choix d'un chronomètre.
d) On considère qu'une méthode reste exploitable entre un dixième et dix demi-vies. Donnez la plage d'utilisation du carbone 14 et celle de l'uranium-plomb.
e) Le granite a plus de 800 millions d'années et le charbon environ 17 500 ans. Ces deux dates sont-elles contradictoires avec le fait que les deux objets aient été utilisés le même jour ? Expliquez ce que chaque horloge mesure exactement.
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Réponses
a)n≈3,06 : 17527 ans
b)n≈0,184 : 824 millions d'années
c)Demi-vie du même ordre que la durée
d)573 à 57300 ans ; 4,47×108 à 4,47×1010 ans
e)Pas de contradiction : deux événements datés
a)
On cherche le nombre n de demi-vies tel que 0,5n=0,12. À la calculatrice, 0,53=0,125 et 0,53,1≈0,117, puis en resserrant n≈3,0589. L'âge vaut donc t=3,0589×5730≈17527 ans. Contrôle par encadrement : 12 pour cent est compris entre 0,53=12,5 pour cent et 0,54=6,25 pour cent, donc l'âge est compris entre 3 et 4 demi-vies, soit entre 17190 et 22920 ans, et très près de la borne basse. Le résultat est cohérent.
b)
Même méthode avec 0,5n=0,88 : 0,50,2≈0,871 et 0,50,18≈0,883, puis en resserrant n≈0,1844. Donc t=0,1844×4,47×109≈8,24×108 ans, soit environ 824 millions d'années. Cette date représente le moment où la roche a CRISTALLISÉ, c'est-à-dire où le magma s'est refroidi au point que les minéraux ont piégé leur uranium et cessé d'échanger avec l'extérieur. Elle ne dit rien de la date à laquelle un être humain a ramassé le bloc.
c)
On n'aurait pas pu dater le granite au carbone 14 pour deux raisons : le granite ne contient pas de carbone d'origine biologique, et surtout son âge dépasse de plusieurs ordres de grandeur la plage utile de la méthode, si bien qu'il ne resterait plus un seul noyau de carbone 14. Inversement, on n'aurait pas pu dater le charbon à l'uranium-plomb parce qu'en quelques milliers d'années, la fraction d'uranium désintégrée est de l'ordre de 10−6 : elle est indétectable, noyée dans les incertitudes de mesure. La règle générale : on choisit un chronomètre dont la demi-vie est du même ORDRE DE GRANDEUR que la durée à mesurer. Une horloge trop rapide est déjà arrêtée, une horloge trop lente n'a pas bougé.
d)
Pour le carbone 14 : de 0,1×5730=573 ans à 10×5730=57300 ans. Pour l'uranium-plomb : de 0,1×4,47×109=4,47×108 ans à 10×4,47×109=4,47×1010 ans. On note que la borne haute de l'uranium-plomb dépasse l'âge de l'Univers, ce qui n'est pas gênant : cela signifie simplement que la méthode couvre toute l'histoire de la Terre. On note surtout que les deux plages ne se recouvrent PAS du tout, ce qui confirme la réponse à la question c et explique qu'on dispose de toute une gamme de couples radioactifs intermédiaires.
e)
Non, il n'y a aucune contradiction, parce que les deux horloges ne mesurent pas la même chose. La date de l'uranium-plomb est celle de la CRISTALLISATION du granite, il y a des centaines de millions d'années, bien avant toute présence humaine ; le bloc était déjà une pierre ancienne quand quelqu'un l'a ramassé pour en faire une meule. La date du carbone 14 est celle de la MORT de l'arbre dont provient le charbon, donc à quelques années près celle de la combustion, donc de l'occupation du site. Seule la seconde date l'activité humaine. La leçon générale est qu'une méthode de datation date toujours un ÉVÉNEMENT PRÉCIS, la fermeture du système radioactif considéré, et que l'interprétation archéologique consiste justement à savoir quel événement on vient de dater.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Le cristal de chlorure de sodium
Dans le cristal de chlorure de sodium, les ions chlorure Cl− occupent les huit sommets et les centres des six faces d'un cube. Les ions sodium Na+ occupent le milieu de chacune des douze arêtes et le centre du cube.
Données : rayons ioniques r(Na+)=102 pm et r(Cl−)=181 pm ; masses molaires 22,99 g/mol pour le sodium et 35,45 g/mol pour le chlore ; constante d'Avogadro 6,022×1023 mol−1.
Approfondissement, au-delà du programme 2023 : le programme demande d'utiliser une représentation en trois dimensions du cristal de chlorure de sodium et de relier sa maille à la structure du cristal, mais plus de dénombrer les ions, ni de calculer une masse volumique ou une compacité. Le schéma ci-dessous représente la maille ; les ions n'y sont pas à l'échelle.
a) Combien d'ions chlorure appartiennent en propre à la maille ?
b) Entre combien de mailles une arête est-elle partagée ? Combien d'ions sodium appartiennent en propre à la maille ? Le résultat est-il compatible avec la formule NaCl ?
c) Un ion sodium et un ion chlorure voisins se touchent le long d'une arête. Exprimez l'arête a en fonction des deux rayons, puis calculez-la en picomètres.
d) Calculez la masse volumique du chlorure de sodium en g/cm3, et comparez à la valeur tabulée de 2,16 g/cm3.
e) Calculez la compacité du cristal. Deux ions chlorure voisins, l'un à un sommet et l'autre au centre d'une face adjacente, se touchent-ils ?
Voir la correction
Réponses
a)4 ions chlorure
b)Arête partagée par 4 : 4 ions sodium, NaCl
c)a=2(102+181)=566 pm
d)ρ≈2,14 g/cm3
e)C≈0,646 ; chlorures à 400 pm, pas de contact
a)
Les 8 ions de sommet comptent chacun pour 81 et les 6 ions de face pour 21 : 8×81+6×21=1+3=4 ions chlorure. C'est le décompte de la structure cubique à faces centrées.
b)
Une arête est commune à QUATRE cubes, qui se rejoignent autour d'elle. Les 12 ions sodium d'arête comptent donc chacun pour 41, et l'ion du centre appartient entièrement à la maille : 12×41+1=3+1=4 ions sodium. La maille contient 4 ions Na+ pour 4 ions Cl−, soit un rapport de 1 pour 1 : c'est exactement ce qu'exprime la formule NaCl, et c'est aussi ce qu'impose la neutralité électrique du cristal. Le piège est de compter une arête pour 21, comme une face : on trouverait 7 ions sodium pour 4 ions chlorure, un cristal chargé.
c)
Le long d'une arête, on rencontre un ion chlorure de sommet, l'ion sodium du milieu, puis l'autre ion chlorure : l'arête vaut deux rayons de chaque ion, a=2(r(Na+)+r(Cl−))=2×(102+181)=566 pm.
d)
La masse molaire de NaCl vaut 22,99+35,45=58,44 g/mol. La maille contient 4 unités NaCl, de masse m=6,022×10234×58,44≈3,882×10−22 g. Avec a=566 pm =5,66×10−8 cm, le volume vaut a3≈1,813×10−22 cm3. Donc ρ=1,813×10−223,882×10−22≈2,14 g/cm3. L'écart avec 2,16 est inférieur à 1 pour cent : le modèle d'ions sphériques en contact le long de l'arête est très bon.
e)
Volume des ions : 4×34π×1023+4×34π×1813≈1,171×108 pm3. Volume de la maille : 5663≈1,813×108 pm3. La compacité vaut C≈0,646, soit environ 64,6 pour cent. Deux ions chlorure voisins sont distants d'une demi-diagonale de face, 2a2≈400 pm, alors que la somme de leurs rayons vaut 2×181=362 pm : ils ne se touchent PAS. Heureusement, car deux ions de même charge se repoussent ; le cristal tient parce que chaque ion est entouré d'ions de charge opposée, six plus proches voisins de chaque côté.
Exercice 12 : Le fer, un métal cubique centré
À température ambiante, le fer cristallise dans une structure CUBIQUE CENTRÉE : un atome à chacun des huit sommets du cube et un atome au centre du cube. Le rayon atomique du fer vaut 124 pm et sa masse molaire 55,85 g/mol ; on prendra 6,022×1023 mol−1 pour la constante d'Avogadro.
Approfondissement, au-delà du programme : la structure cubique centrée n'a jamais été au programme d'enseignement scientifique, et le calcul de compacité et de masse volumique a quitté les savoir-faire en 2023. Le schéma ci-dessous représente la maille.
a) Combien d'atomes appartiennent en propre à la maille ?
b) Dans cette structure, les atomes se touchent le long d'une DIAGONALE DU CUBE. Montrez que cette diagonale mesure a3, puis exprimez a en fonction de R et calculez-la.
c) Calculez la compacité en valeur exacte, puis à quatre décimales. Classez les structures cubique simple, cubique centrée et cubique à faces centrées par compacité croissante.
d) Calculez la masse volumique du fer, et comparez à la valeur tabulée de 7,87 g/cm3.
e) Au-dessus de 912 °C, le fer adopte la structure cubique à faces centrées. En supposant le rayon atomique inchangé, calculez la variation relative du volume d'un morceau de fer lors de ce changement. La variation mesurée est d'environ 1 pour cent : que faut-il en conclure sur le modèle ?
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Réponses
a)1+1=2 atomes
b)a3=4R : a≈286,4 pm
c)C=π3/8≈0,6802
d)ρ≈7,90 g/cm3
e)Modèle : −8 % ; réel : 1 %, le rayon change
a)
Les 8 atomes de sommet comptent chacun pour 81, et l'atome central appartient entièrement à la maille : 8×81+1=2 atomes.
b)
La diagonale d'une face mesure a2 par le théorème de Pythagore. La diagonale du cube est l'hypoténuse d'un triangle rectangle dont les côtés sont une arête et une diagonale de face : elle vaut a2+2a2=a3. Le long de cette diagonale, on rencontre un atome de sommet, l'atome central puis l'atome du sommet opposé, soit 4R. Donc a3=4R et a=34R=34×124≈286,4 pm. Vérification : deux atomes de sommet voisins sont distants de 286,4 pm, plus que 2R=248 pm, donc ils ne se touchent pas le long de l'arête, ce qui confirme le choix de la diagonale.
c)
Volume occupé : 2×34πR3=38πR3. Volume de la maille : a3=3364R3. Donc C=64R3/(33)8πR3/3=8π3≈0,6802. Classement : cubique simple 0,5236, cubique centrée 0,6802, cubique à faces centrées 0,7405.
d)
Masse de la maille : m=6,022×10232×55,85≈1,855×10−22 g. Avec a=2,864×10−8 cm, V=a3≈2,348×10−23 cm3. Donc ρ≈7,90 g/cm3, à 0,4 pour cent de la valeur tabulée.
e)
À rayon fixé, la masse volumique est proportionnelle à la compacité, puisque la masse d'un atome ne change pas. Le volume d'une même masse de fer est donc multiplié par 0,74050,6802≈0,9186 : il diminuerait de 8,1 pour cent. La variation réelle est huit fois plus faible. Conclusion : les atomes ne sont pas des billes de rayon fixé. La distance entre voisins dépend du nombre de voisins, 8 dans la structure cubique centrée et 12 dans la structure à faces centrées, et le rayon « apparent » d'un atome de fer est plus grand dans la seconde. Le modèle des sphères dures est excellent pour une structure donnée, et grossier pour comparer deux structures.
Exercice 13 : Simuler la décroissance avec des dés
Une classe simule la désintégration radioactive avec 600 dés à six faces. Chaque dé représente un noyau. À chaque lancer, on retire tous les dés qui montrent un 6 : ces noyaux se sont « désintégrés ». On relance ceux qui restent, et ainsi de suite. Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Quelle proportion des dés reste en jeu, en moyenne, après un lancer ? Combien de dés attend-on après un lancer, puis après deux lancers ?
b) Donnez l'expression du nombre moyen de dés restants après n lancers, et calculez-le pour n=5 et n=10.
c) La « demi-vie » est ici le nombre de lancers au bout duquel la moitié des dés a été retirée. Encadrez-la entre deux entiers, puis déterminez-la au centième à la calculatrice.
d) Deux groupes de 600 dés obtiennent, après le premier lancer, 492 et 509 dés restants. Ces résultats contredisent-ils le modèle ? Pourquoi les 6 000 dés de la classe entière donnent-ils une courbe beaucoup plus régulière ?
e) On remplace les dés par des dés à 20 faces, en retirant ceux qui montrent un 20. Calculez la nouvelle demi-vie. Quelle grandeur du dé joue le rôle de la propriété du noyau ?
Voir la correction
Réponses
a)65 restent : 500 puis 417 dés
b)600×(5/6)n : 241 puis 97
c)Demi-vie ≈3,80 lancers
d)Fluctuations ; loi des grands nombres
e)0,95n=0,5 : 13,51 lancers
a)
Un dé montre un 6 avec la probabilité 61 ; il reste en jeu avec la probabilité 65. Après un lancer, on attend 600×65=500 dés. Après deux lancers, 500×65≈417 dés : on ne retire pas 100 dés à chaque fois, mais un sixième de ceux qui RESTENT.
b)
Chaque lancer multiplie le nombre de dés par 65, donc après n lancers il en reste en moyenne 600×(65)n. Pour n=5 : 600×0,4019≈241 dés. Pour n=10 : environ 97 dés. C'est une suite géométrique, la même loi que celle des noyaux radioactifs.
c)
(65)3≈0,579 et (65)4≈0,482 : la moitié des dés est retirée entre le 3e et le 4e lancer. En resserrant à la calculatrice, (65)3,8≈0,500 : la demi-vie vaut environ 3,80 lancers. Après deux demi-vies, soit 7,6 lancers, il reste un quart des dés, comme pour des noyaux.
d)
Non. Le modèle prévoit 500 dés EN MOYENNE, pas pour chaque groupe : le sort de chaque dé est aléatoire, et un écart d'une dizaine de dés sur 600 est une fluctuation ordinaire. Avec 6 000 dés, les écarts relatifs sont bien plus faibles, parce que les fluctuations des groupes se compensent : c'est la loi des grands nombres. Un échantillon radioactif compte des milliards de milliards de noyaux, ce qui explique que sa décroissance paraisse parfaitement régulière.
e)
Un dé reste en jeu avec la probabilité 2019=0,95. On cherche n tel que 0,95n=0,5 : 0,9513≈0,513 et 0,9514≈0,488, puis au centième n≈13,51 lancers. La probabilité de retrait à chaque lancer joue le rôle de la propriété du noyau : plus elle est faible, plus la demi-vie est longue. Elle ne dépend ni du nombre de dés, ni du nombre de lancers déjà faits, exactement comme la probabilité de désintégration d'un noyau ne dépend ni de la taille de l'échantillon, ni de l'âge du noyau.
Exercice 14 : Problème : pourquoi les cellules sont-elles si petites ?
En 1665, Robert Hooke observe au microscope une fine lamelle de liège et y distingue de petites loges, qu'il nomme cellules. On modélise ici une cellule par une sphère de rayon r, de surface S=4πr2 et de volume V=34πr3. On rappelle que 1 pouce vaut 2,54 cm et que 1 µm vaut 10−6 m. Le schéma ci-dessous représente la situation, sans échelle.
a) Hooke estime qu'environ 1 100 cellules de liège s'alignent sur un pouce. Estimez la taille d'une cellule en micromètres.
b) Son microscope grossit environ 300 fois. Quelle taille apparente a une cellule de liège ? Et une bactérie de 2 µm ? Pourquoi Hooke voyait-il les cellules de liège sans pouvoir décrire les bactéries ?
c) Montrez que VS=r3. Calculez ce rapport, en µm−1, pour r=1 µm, r=10 µm et r=100 µm.
d) Une cellule consomme des nutriments en proportion de son volume, et les absorbe par sa membrane, en proportion de sa surface. Si le rayon est multiplié par 10, par combien la surface est-elle multipliée ? Le volume ? Expliquez pourquoi une cellule ne peut pas grossir indéfiniment.
e) Le corps humain occupe environ 70 L. En le supposant fait uniquement de cellules sphériques de 20 µm de diamètre, estimez le nombre de cellules. Les estimations actuelles donnent environ 3×1013 cellules : l'ordre de grandeur est-il le bon ?
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Réponses
a)Cellule de liège ≈23 µm
b)7 mm contre 0,6 mm apparents
c)S/V=3/r : 3 ; 0,3 ; 0,03
d)Surface × 100, volume × 1 000
e)≈1,7×1013 cellules
a)
Un pouce vaut 2,54 cm =25400 µm. Une cellule mesure donc environ 110025400≈23 µm, soit à peu près deux centièmes de millimètre.
b)
Taille apparente d'une cellule de liège : 23×300≈6900 µm, soit près de 7 mm, facile à voir. Taille apparente d'une bactérie : 2×300=600 µm, soit 0,6 mm. On la voit comme un point, mais on ne peut rien décrire de sa forme ni de sa structure, d'autant que les lentilles de l'époque déformaient l'image. Le microscope ne fait pas que grossir : ce qu'il permet de VOIR dépend aussi de la netteté de l'image.
c)
VS=34πr34πr2=r3. Pour r=1 µm : 3 µm−1. Pour r=10 µm : 0,3 µm−1. Pour r=100 µm : 0,03 µm−1. Le rapport est inversement proportionnel au rayon : chaque unité de volume dispose de dix fois moins de membrane quand le rayon est multiplié par dix.
d)
La surface varie comme r2, donc elle est multipliée par 102=100. Le volume varie comme r3, donc il est multiplié par 103=1000. Les besoins augmentent mille fois quand les apports n'augmentent que cent fois : au-delà d'une certaine taille, la membrane ne peut plus nourrir le volume qu'elle entoure. La cellule se divise alors, ce qui rétablit un grand rapport VS. C'est un argument géométrique, pas biologique, et c'est lui qui explique que les êtres vivants de grande taille soient faits de milliards de petites cellules plutôt que d'une seule très grande.
e)
Volume d'une cellule de rayon 10 µm =10−5 m : V=34π×(10−5)3≈4,19×10−15 m3. Le corps occupe 70 L =7,0×10−2 m3. Nombre de cellules : 4,19×10−157,0×10−2≈1,7×1013. L'ordre de grandeur, 1013, est le bon. L'écart d'un facteur 2 environ vient des hypothèses : les globules rouges, les plus nombreux, sont bien plus petits que 20 µm, et une partie du corps est faite de liquides et de matière extracellulaire.
Exercice 15 : Problème : le diamant, dense mais peu compact
La maille du diamant est un cube d'arête a=356,7 pm. Les atomes de carbone occupent les huit sommets et les centres des six faces, comme dans une structure cubique à faces centrées, et quatre atomes supplémentaires se trouvent à l'INTÉRIEUR du cube. Chacun de ces quatre atomes est lié à ses quatre plus proches voisins, placés à une distance égale au quart de la diagonale du cube.
Données : masse molaire du carbone 12,01 g/mol ; constante d'Avogadro 6,022×1023 mol−1 ; masse volumique du graphite 2,26 g/cm3.
Approfondissement, au-delà du programme 2023 : dénombrement dans la maille, compacité et masse volumique calculée ne sont plus exigibles. La question e), qui relie structure et propriétés, reste dans l'esprit du programme. Le schéma ci-dessous représente la maille.
a) Combien d'atomes appartiennent en propre à la maille ?
b) Calculez la distance entre deux atomes de carbone liés. En déduire le rayon atomique du carbone dans le modèle de sphères en contact.
c) Calculez la masse volumique du diamant. De combien de pour cent le diamant est-il plus dense que le graphite ?
d) Montrez que la compacité vaut 16π3 et calculez-la. Comparez à la structure cubique à faces centrées.
e) Chaque atome du diamant n'a que 4 plus proches voisins, contre 12 dans un métal cubique à faces centrées. Expliquez pourquoi le diamant est si peu compact, et pourquoi cela ne l'empêche pas d'être le plus dur des minéraux.
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Réponses
a)1+3+4=8 atomes
b)d≈154,5 pm, R≈77,2 pm
c)ρ≈3,52 g/cm3, 56 % de plus
d)C=π3/16≈0,34
e)Liaisons orientées : aéré mais très dur
a)
Sommets : 8×81=1. Faces : 6×21=3. Intérieur : 4 atomes entiers. Total : 1+3+4=8 atomes par maille, deux fois plus que dans une structure cubique à faces centrées.
b)
La diagonale du cube mesure a3, donc la distance entre atomes liés vaut d=4a3=4356,7×3≈154,5 pm. Deux sphères en contact ont leurs centres distants de deux rayons, donc R=2d≈77,2 pm.
c)
Masse de la maille : m=6,022×10238×12,01≈1,595×10−22 g. Volume : (3,567×10−8)3≈4,538×10−23 cm3. Donc ρ≈3,52 g/cm3, conforme à la valeur tabulée de 3,51. Rapport au graphite : 2,263,52≈1,56, le diamant est environ 56 pour cent plus dense. Même élément, masse volumique très différente : c'est encore l'allotropie.
d)
Avec R=8a3, le volume des 8 sphères vaut 8×34π×51233a3=16π3a3. En divisant par a3, C=16π3≈0,3401, soit 34 pour cent. C'est moins de la moitié de la compacité maximale, 0,7405 : les deux tiers du volume du diamant sont vides.
e)
Dans un métal, les liaisons ne sont pas orientées : chaque atome s'entoure d'autant de voisins que la géométrie le permet, et l'empilement est compact. Dans le diamant, chaque atome forme quatre liaisons covalentes dirigées vers les sommets d'un tétraèdre, et aucun autre atome ne peut se glisser entre elles : l'orientation des liaisons impose un réseau aéré. Mais la dureté ne dépend pas du remplissage, elle dépend de la force et de la disposition des liaisons. Dans le diamant, toutes les liaisons sont fortes et le réseau est rigide dans les trois directions : rayer le cristal oblige à en rompre beaucoup. La compacité mesure l'espace occupé, pas la solidité.
Partie D : les ajouts du programme 2023 (/30)
Exercice 16 : Fusion ou fission : lire une équation de réaction nucléaire
Un noyau se note ZAX, où A est le nombre de masse (nombre de nucléons) et Z le numéro atomique (nombre de protons). Un neutron se note 01n. Le document rassemble quatre équations de réactions nucléaires.
a) Définissez une réaction de fusion et une réaction de fission. Classez les réactions (1), (2) et (3).
b) Vérifiez sur l'équation (3) la conservation du nombre de masse et celle du numéro atomique : calculez le total de chacun avant et après la réaction.
c) Déterminez A et Z pour le noyau X de l'équation (4), puis identifiez-le. Un élève affirme que (4) est une fission « puisqu'elle donne deux noyaux ». Corrigez-le.
d) Lesquelles de ces réactions se produisent dans les étoiles ? Les noyaux, tous chargés positivement, se repoussent d'autant plus que le produit de leurs charges est grand. Calculez ce produit, en charges élémentaires, pour les deux noyaux qui se rencontrent dans (1) et dans (4), et expliquez pourquoi (4) n'a lieu que dans des étoiles beaucoup plus chaudes que le cœur du Soleil.
e) Le projet ITER étudie la réaction 12H+13H→24He+ZAY. Identifiez la particule Y et dites de quel type de réaction il s'agit.
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Réponses
a)(1) fusion, (2) fusion, (3) fission
b)A : 236 avant et après ; Z : 92 avant et après
c)X =24He ; (4) est une fusion malgré ses deux produits
d)(1), (2) et (4) sont stellaires ; produits des charges 1 et 36
e)Y =01n, un neutron ; fusion
a)
Une FUSION unit deux noyaux LÉGERS en un noyau plus lourd. Une FISSION casse un noyau LOURD, en général sous l'impact d'un neutron, en deux noyaux plus légers. (1) unit un proton et un deutérium en hélium 3 : fusion. (2) unit trois noyaux d'hélium 4 en un noyau de carbone 12 : fusion, la réaction « triple alpha » des étoiles géantes. (3) casse un noyau d'uranium 235, le plus lourd de l'équation, en xénon et en strontium : fission. Le critère est ce que deviennent les noyaux : plus lourds à l'arrivée, fusion ; plus légers, fission.
b)
Avant : A=235+1=236 et Z=92+0=92. Après : A=140+94+2×1=236 et Z=54+38+2×0=92. Les deux totaux sont conservés, comme dans toute réaction nucléaire. Le piège est d'oublier le coefficient 2 devant le neutron : on trouverait 235 nucléons après la réaction au lieu de 236, et l'équation paraîtrait fausse alors qu'elle est juste.
c)
Conservation de A : 12+12=20+A, donc A=4. Conservation de Z : 6+6=10+Z, donc Z=2. Le noyau de numéro atomique 2 est l'hélium : X est 24He. L'élève classe la réaction par le NOMBRE de produits, ce qui ne décide de rien. Ce qui compte, c'est ce que deviennent les noyaux de départ : deux noyaux de carbone, légers, s'unissent et le noyau le plus lourd de l'équation, le néon 20, est un PRODUIT. C'est une fusion, qui rejette au passage un noyau d'hélium. Dans une fission, le noyau le plus lourd est au contraire un RÉACTIF.
d)
Les réactions stellaires sont (1), (2) et (4) : les étoiles tirent leur énergie de la fusion de noyaux légers. La fission (3) de l'uranium 235 ne produit pas l'énergie des étoiles : c'est la réaction des centrales nucléaires. Produit des charges : dans (1), 1×1=1 ; dans (4), 6×6=36, trente-six fois plus. Pour que deux noyaux fusionnent, il faut qu'ils se rapprochent malgré leur répulsion électrique, donc qu'ils soient très rapides, c'est-à-dire que la température soit très élevée. Plus les charges sont grandes, plus la température nécessaire est haute : la fusion du carbone demande des centaines de millions de degrés et n'a lieu qu'au cœur des étoiles massives, en fin de vie, alors que le Soleil fusionne son hydrogène vers quinze millions de degrés.
e)
Conservation de A : 2+3=4+A, donc A=1 ; de Z : 1+1=2+Z, donc Z=0. Une particule de nombre de masse 1 et de charge nulle est un NEUTRON, 01n. Deux isotopes de l'hydrogène s'unissent en hélium : c'est une fusion, la même famille que les réactions du Soleil, même si ce couple précis n'est pas celui qu'utilise notre étoile.
À retenir : on écrit d'abord les deux conservations, qui donnent la particule manquante, puis on classe la réaction en regardant où se trouve le noyau le plus lourd, jamais en comptant les produits.
Exercice 17 : La radioactivité à l'hôpital : choisir un noyau et s'en protéger
En tomographie par émission de positons (TEP), on injecte au patient une molécule marquée au gallium 68, qui se fixe sur certaines tumeurs et les rend visibles. En radiothérapie interne, une molécule marquée au lutétium 177, de demi-vie 6,6 jours, va irradier ces tumeurs de l'intérieur.
La courbe donne l'activité d'un flacon de gallium 68 préparé à 9 h 00, en mégabecquerels (MBq). L'activité est proportionnelle au nombre de noyaux radioactifs présents.
a) Lisez sur la courbe l'activité à la préparation, puis la demi-vie du gallium 68. L'injection a lieu à 10 h 08 : quelle activité reste-t-il dans le flacon ?
b) Les images sont prises une demi-vie après l'injection. Quelle activité reste-t-il alors ? Si l'examen était reporté à 14 h 40, quelle activité resterait-il ? Expliquez pourquoi un noyau de demi-vie de l'ordre de l'heure convient à un examen de diagnostic.
c) Un service de médecine nucléaire garde ses déchets radioactifs au moins dix demi-vies avant de les éliminer. Quelle fraction des noyaux reste-t-il alors, en pourcentage ? Calculez la durée de stockage des déchets de gallium 68, puis de lutétium 177.
d) On admet que la dose reçue par un soignant est proportionnelle à la durée passée près du patient, et qu'elle est divisée par 4 quand la distance double. Un soignant qui reste 10 minutes à 0,5 m du patient reçoit la dose D. Exprimez, en fraction de D, la dose reçue en restant 10 minutes à 1 m, puis 20 minutes à 2 m. Citez les trois moyens de se protéger d'une source radioactive.
e) Un patient traité au lutétium 177 demande s'il sera encore radioactif dans un an. Combien de demi-vies représentent 365 jours ? Concluez, puis expliquez pourquoi le carbone 14, de demi-vie 5730 ans, serait un très mauvais choix pour la médecine.
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Réponses
a)400 MBq au départ ; demi-vie 68 min ; 200 MBq à l'injection
b)100 MBq aux images ; 12,5 MBq à 14 h 40 (cinq demi-vies) ; compromis durée d'examen, dose au patient
c)10241≈0,1 % ; 680 min pour le gallium, 66 jours pour le lutétium
d)4D puis 8D ; durée, distance, écran
e)55,3 demi-vies : plus rien en un an ; carbone 14 exclu, il resterait à vie
a)
À t=0, la courbe part de 400 MBq. Elle passe par 200 MBq, la moitié, à t=68 min : la demi-vie du gallium 68 vaut 68 minutes. De 9 h 00 à 10 h 08 il s'écoule exactement 68 minutes, soit une demi-vie : l'activité est passée à 2400=200 MBq. Sur une copie, la demi-vie se lit en partant de la MOITIÉ de l'activité initiale sur l'axe vertical, jamais en partant de l'axe du temps.
b)
Une demi-vie plus tard, à 11 h 16, il reste 2200=100 MBq. À 14 h 40, il s'est écoulé 340 minutes depuis la préparation, soit 68340=5 demi-vies : il reste 400×(21)5=32400=12,5 MBq, trop peu pour une image nette. Une demi-vie de l'ordre de l'heure est un compromis : assez longue pour préparer la molécule, l'injecter et prendre les images, assez courte pour que la radioactivité disparaisse du corps en quelques heures, ce qui limite la dose reçue par le patient. Avec quelques secondes, le noyau aurait disparu avant l'injection ; avec des années, le patient resterait irradié longtemps après l'examen.
c)
Après dix demi-vies, il reste (21)10=10241≈0,00098 des noyaux, soit environ 0,1 %, moins d'un millième. Durées : 10×68=680 minutes pour le gallium 68, soit 11 h 20 ; 10×6,6=66 jours pour le lutétium 177. La même règle donne des durées très différentes : c'est la demi-vie, propriété du noyau, qui fixe tout.
d)
À 1 m, la distance a doublé : la dose est divisée par 4, soit 4D. À 2 m, la distance a doublé deux fois depuis 0,5 m : la dose est divisée par 4×4=16 pour la même durée ; mais le soignant reste deux fois plus longtemps, donc la dose est 2×16D=8D. Les trois moyens de se protéger sont la DURÉE (rester le moins longtemps possible), la DISTANCE (s'éloigner, c'est le moyen le plus efficace) et l'ÉCRAN (paravents plombés, protège-seringues). S'y ajoutent des précautions propres au patient traité : chambre protégée les premiers jours, pas de contact prolongé avec de jeunes enfants ou une femme enceinte pendant quelques jours, et un dosimètre porté par chaque soignant.
e)
6,6365≈55,3 demi-vies. Après seulement dix demi-vies, 66 jours, il reste déjà moins d'un millième des noyaux ; après plus de 55 demi-vies, la fraction restante est inférieure à (21)55≈2,8×10−17 : il ne reste pratiquement plus aucun noyau de lutétium 177, et le corps en élimine en plus une partie par les urines. Le carbone 14 ferait l'inverse : en un an il ne perd qu'environ 0,012 % de ses noyaux, et le patient garderait sa radioactivité toute sa vie. En médecine, on choisit donc une demi-vie du même ordre que la durée de l'effet recherché : quelques heures pour une image, quelques jours pour un traitement.
À retenir : dans un contexte médical, la question n'est jamais « ce noyau est-il radioactif ? » mais « sa demi-vie est-elle adaptée à la durée de l'examen ou du traitement ? ».
Exercice 18 : La cellule échange avec son milieu : osmose, virus et molécules venues d'ailleurs
Des cylindres de pomme de terre identiques sont pesés, plongés une heure dans des solutions de saccharose de concentrations différentes, puis pesés de nouveau. Le graphique donne la variation de masse, en pourcentage de la masse initiale, selon la concentration de la solution.
Données : un virus de la grippe mesure environ 100 nm ; une bactérie, environ 2 µm ; un microscope optique ne distingue pas deux détails distants de moins de 0,2 µm.
a) Lisez la variation de masse des cylindres dans l'eau pure, puis dans la solution à 0,4 mol/L. Dans chaque cas, dites si l'eau est entrée dans les cellules ou si elle en est sortie.
b) Pour quelle concentration la masse ne varie-t-elle pas ? Calculez-la par interpolation entre les deux points qui l'encadrent, et interprétez ce résultat.
c) Au microscope, des cellules d'épiderme d'oignon rouge placées dans une solution très concentrée montrent une vacuole colorée rétractée : c'est la plasmolyse. Placées dans l'eau pure, elles sont turgescentes. Pourquoi ces cellules végétales n'éclatent-elles pas dans l'eau pure, alors qu'un globule rouge y éclate ?
d) Un virus n'a ni cytoplasme, ni métabolisme propre : il ne se reproduit qu'en détournant la machinerie d'une cellule hôte, mais il possède un génome qui évolue. Calculez combien de fois une bactérie est plus grande qu'un virus de la grippe, et dites si l'on peut voir ce virus au microscope optique. Un virus est-il vivant ? Discutez.
e) Une molécule EXOGÈNE vient de l'extérieur de l'organisme. La pénicilline bloque la construction de la paroi des bactéries ; la vitamine C, apportée par l'alimentation, est indispensable à de nombreuses réactions cellulaires ; l'éthanol des boissons alcoolisées traverse facilement les membranes et perturbe le fonctionnement des neurones et des cellules du foie. Classez ces trois molécules, et dites si un antibiotique soigne la grippe.
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Réponses
a)Eau pure : +12 %, l'eau entre ; 0,4 mol/L : −8 %, l'eau sort
b)c=0,2+0,1×52=0,24 mol/L : entrées et sorties d'eau s'équilibrent
c)La paroi résiste à la turgescence ; le globule rouge, sans paroi, éclate
d)Rapport 20 ; invisible au microscope optique ; statut discuté, à la frontière du vivant
e)Vitamine C nécessaire, éthanol toxique, pénicilline contre les bactéries ; pas d'effet sur la grippe
a)
Dans l'eau pure, la masse augmente de 12 % : de l'eau est ENTRÉE dans les cellules. À 0,4 mol/L, elle diminue de 8 % : de l'eau est SORTIE. La membrane plasmique laisse passer l'eau, et l'eau se déplace vers le milieu le plus concentré en substances dissoutes : c'est l'osmose. Ces pesées sont la mise en évidence d'un ÉCHANGE à travers la membrane, sans rien voir au microscope.
b)
Le signe change entre 0,2 mol/L (+2 %) et 0,3 mol/L (−3 %). Sur cet intervalle, la variation baisse de 5 points pour 0,1 mol/L ; pour descendre de 2 points jusqu'à 0, il faut les 52 de l'intervalle : c=0,2+0,1×52=0,24 mol/L. À cette concentration, l'eau entre et sort autant : le contenu des cellules a le même effet osmotique qu'une solution de saccharose à environ 0,24 mol/L. C'est une estimation : on suppose la variation linéaire entre les deux mesures.
c)
Les cellules végétales sont entourées d'une PAROI rigide, à l'extérieur de la membrane plasmique. Dans l'eau pure, l'eau entre, la vacuole gonfle et presse la membrane contre la paroi, qui résiste : la cellule devient turgescente, ce qui rend les tissus fermes. Un globule rouge n'a pas de paroi, seulement sa membrane : l'eau entre jusqu'à ce qu'elle se rompe, c'est l'hémolyse. Dans la solution concentrée, l'eau sort de la vacuole, qui se rétracte : plasmolyse. C'est pour cela qu'on perfuse un patient avec un sérum de même concentration que le sang, et jamais avec de l'eau pure.
d)
100nm2µm=100nm2000nm=20 : une bactérie est environ vingt fois plus grande. Le virus mesure 100 nm, soit 0,1 µm, moins que les 0,2 µm que distingue un microscope optique : il faut le microscope électronique pour le voir, ce qui explique qu'on ait découvert les virus par leurs effets bien avant de les observer. Vivant ou non ? Contre : il n'est pas une cellule, n'a aucun métabolisme et ne se multiplie pas seul. Pour : il possède un génome, se reproduit dans une cellule et évolue. La réponse dépend de la définition du vivant qu'on adopte, et la copie doit présenter les deux listes d'arguments avant de conclure ; la plupart des biologistes le placent à la frontière, hors du vivant cellulaire.
e)
La vitamine C est une molécule exogène NÉCESSAIRE au bon fonctionnement cellulaire : sans elle, certaines réactions ne se font plus, c'est le scorbut. L'éthanol est une molécule exogène qui provoque des DYSFONCTIONNEMENTS : il franchit les membranes sans difficulté et perturbe neurones et cellules du foie. La pénicilline agit sur une structure que seules les bactéries possèdent, la paroi bactérienne : elle les détruit sans toucher nos cellules. Un antibiotique ne soigne donc PAS la grippe : le virus n'a ni paroi, ni métabolisme propre sur lequel agir. Prendre un antibiotique pour une infection virale n'a aucun effet sur le virus et favorise l'apparition de bactéries résistantes.
À retenir : la cellule est un milieu séparé de l'extérieur par une membrane qui laisse passer certaines molécules, l'eau d'abord. Ce qui entre peut être indispensable, comme une vitamine, ou toxique, comme l'alcool.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
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