Enseignement scientifique, Première • Programme français, lycées de Montréal

Exercices corrigés d'enseignement scientifique : une longue histoire de la matière

Voici une série d'exercices corrigés d'enseignement scientifique pour la classe de Première, sur le thème « Une longue histoire de la matière » du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français de Montréal, le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas.

Le fil de la série : la matière n'a pas toujours existé sous sa forme actuelle. Les noyaux se sont formés dans les étoiles, les atomes se sont ordonnés en cristaux, et le vivant n'a fait qu'ajouter un niveau d'organisation de plus. Chaque exercice reprend cette montée en niveaux, du noyau à la cellule.

L'enseignement scientifique compte au contrôle continu du Baccalauréat, avec un coefficient supérieur à celui de bien des options, et il est pourtant celui que les élèves préparent le moins. Trois pièges y reviennent, et le corrigé les désigne : croire qu'après deux demi-vies il ne reste rien, compter les atomes visibles d'une maille au lieu de leurs fractions, et confondre corps simple et corps composé.

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Ce chapitre fait partie de Enseignement scientifique en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Constitution de la matièreSeconde, Physique-chimie
  2. 2L'atome et la classification périodiqueSeconde, Physique-chimie
  3. 3Mélanges, solutions et dissolutionCinquième, Physique-chimie
  4. 4Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième, Physique-chimie

Rappel de cours

  • Nucléosynthèse primordiale : hydrogène, hélium, trace de lithium. Étoiles : jusqu'au fer. Au-delà du fer : supernovae et fusions d'étoiles à neutrons.
  • Isotopes : même nombre de protons, nombre de neutrons différent. Mêmes propriétés chimiques, propriétés nucléaires différentes.
  • Décroissance radioactive : après nn demi-vies il reste la fraction (1/2)n=0,5n(1/2)^{n} = 0{,}5^{n} des noyaux, y compris quand nn n'est pas entier.
  • Datation : on cherche à la calculatrice ou au tableur le nombre nn de demi-vies tel que 0,5n=f0{,}5^{n} = f, où ff est la fraction restante, puis t=n×Tt = n \times T.
  • Un chronomètre radioactif s'utilise entre un dixième et dix demi-vies. Carbone 14 : 573 à 57 300 ans.
  • Maille cubique simple : 1 atome en propre, a=2Ra = 2R, compacité π/60,524\pi/6 \approx 0{,}524.
  • Cubique à faces centrées : 4 atomes en propre, a=2R2a = 2R\sqrt{2}, compacité π/(32)0,740\pi/(3\sqrt{2}) \approx 0{,}740, maximum possible.
  • Masse volumique d'un cristal : masse des atomes en propre divisée par le volume de la maille.
  • Granite et basalte : même composition, refroidissement lent ou rapide. Obsidienne : solide amorphe, aucun ordre à longue distance.
  • Une bicouche de phospholipides s'organise SEULE dans l'eau : c'est un auto-assemblage physique, pas une information codée.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Les éléments chimiques et leur origine

Le diagramme donne la composition en masse de la croûte terrestre. Elle n'a rien à voir avec celle de l'Univers, et cet écart raconte toute l'histoire de la matière.

O46,6Si27,7Al8,1Fe5Ca3,6autres9010203040
  • a) Vérifiez que les six pourcentages du diagramme totalisent bien 100. Quels sont les deux éléments qui dominent, et quelle proportion représentent-ils à eux deux ?
  • b) Dans l'Univers, l'hydrogène représente environ 74 pour cent de la masse et l'hélium 24 pour cent. Comparez avec la croûte terrestre et proposez deux explications à l'écart.
  • c) Où et comment se sont formés les noyaux d'hydrogène et d'hélium ? Où se sont formés les noyaux plus lourds, jusqu'au fer ? Et au-delà du fer ?
  • d) Un noyau est noté par son numéro atomique et son nombre de masse. Donnez la composition du noyau de carbone 14, puis celle du carbone 12. Comment appelle-t-on ces deux noyaux l'un par rapport à l'autre ?
  • e) Expliquez pourquoi tous les atomes de votre corps, sauf l'hydrogène, ont été fabriqués dans des étoiles mortes depuis longtemps.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Oxygène et silicium : 74,374{,}3 % de la croûte
  • b) Univers : 98 % d'hydrogène et d'hélium
  • c) Big Bang, étoiles, puis supernovae au-delà du fer
  • d) 6 protons ; 8 et 6 neutrons : isotopes
  • e) Nos atomes lourds viennent d'étoiles mortes

a) La somme vaut 46,6+27,7+8,1+5,0+3,6+9,0=100,046{,}6 + 27{,}7 + 8{,}1 + 5{,}0 + 3{,}6 + 9{,}0 = 100{,}0 pour cent, ce qui confirme la lecture. Les deux éléments dominants sont l'oxygène et le silicium, qui représentent à eux deux 46,6+27,7=74,346{,}6 + 27{,}7 = 74{,}3 pour cent de la masse : près des trois quarts de la croûte terrestre sont faits de ces deux éléments seulement, ce qui s'explique par l'abondance des silicates.

b) Le contraste est spectaculaire. Dans l'Univers, hydrogène et hélium font 74+24=9874 + 24 = 98 pour cent de la masse ; dans la croûte terrestre, ils sont presque absents. Deux explications. D'abord, la TEMPÉRATURE et la gravité : lors de la formation du système solaire, les éléments légers et volatils ont été chassés de la zone interne par le rayonnement du jeune Soleil, et la Terre, trop peu massive, n'a pas pu retenir l'hydrogène et l'hélium, dont les molécules vont trop vite pour rester liées. Ensuite, la DIFFÉRENCIATION : la Terre s'est stratifiée, les éléments les plus denses, fer et nickel, migrant vers le noyau, si bien que la croûte n'est pas représentative de la planète entière, et encore moins de l'Univers.

c) Les noyaux d'HYDROGÈNE et la plus grande partie de l'HÉLIUM se sont formés dans les toutes premières minutes de l'Univers, lors de la nucléosynthèse primordiale, quand la température a suffisamment baissé pour que les protons et les neutrons s'assemblent sans être aussitôt détruits. Les noyaux plus lourds JUSQU'AU FER se forment par fusion nucléaire au coeur des ÉTOILES, chaque étape produisant de l'énergie, du carbone à l'oxygène puis au silicium et enfin au fer. AU-DELÀ DU FER, la fusion consommerait de l'énergie au lieu d'en libérer : ces noyaux ne se forment donc que dans des événements extrêmes, explosions de supernovae et fusions d'étoiles à neutrons, où l'énergie disponible est colossale et la durée très brève.

d) Le carbone a pour numéro atomique 6 : tous ses noyaux comptent 6 protons. Le carbone 14 a un nombre de masse de 14, donc 146=814 - 6 = 8 neutrons. Le carbone 12 a un nombre de masse de 12, donc 126=612 - 6 = 6 neutrons. Ces deux noyaux ont le même nombre de protons et un nombre de neutrons différent : ce sont des ISOTOPES du même élément. Ils ont exactement les mêmes propriétés chimiques, puisque celles-ci ne dépendent que du cortège électronique, et des propriétés nucléaires très différentes, puisque l'un est stable et l'autre radioactif.

e) Parce que la nucléosynthèse primordiale n'a produit que de l'hydrogène, de l'hélium et une trace de lithium : aucun carbone, aucun azote, aucun oxygène, aucun phosphore, aucun calcium, aucun fer. Or votre corps est essentiellement fait de ces éléments-là. Ils ne peuvent donc venir que de la fusion au coeur d'étoiles, puis avoir été dispersés dans l'espace par la mort de ces étoiles, avant d'être incorporés au nuage qui a donné le système solaire. Chaque atome de calcium de vos os et chaque atome de fer de votre sang a séjourné dans une étoile qui a explosé avant que le Soleil n'existe. Seul l'hydrogène de votre eau est plus ancien que toutes les étoiles.

Exercice 2 : La décroissance radioactive et la demi-vie

La courbe donne la fraction de noyaux de carbone 14 encore présents dans un échantillon en fonction du temps. Les trois points marqués sont les trois premières demi-vies.

6000120001800024000-0.20.20.40.60.811.2temps en annéesfraction de noyaux restants
  • a) Lisez la demi-vie du carbone 14 sur la courbe. Définissez cette grandeur avec précision.
  • b) Donnez la fraction restante après 2, 3 et 5 demi-vies. Écrivez la formule générale après nn demi-vies.
  • c) La désintégration est un phénomène ALÉATOIRE : chaque noyau a la même probabilité de se désintégrer pendant une durée donnée, indépendamment de son âge. Comment une loi aussi régulière peut-elle sortir d'un phénomène aléatoire ?
  • d) Un échantillon contient au départ 6,0×10106{,}0 \times 10^{10} noyaux de carbone 14. Combien en reste-t-il après 17 190 ans ? Retrouvez ce nombre de deux façons.
  • e) Pourquoi la méthode au carbone 14 devient-elle inutilisable au-delà de 50 000 ans environ ? Calculez la fraction restante à cette date et concluez.

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a)
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Réponses

  • a) Demi-vie 5 7305\ 730 ans : la moitié des noyaux
  • b) 25 %, 12,512{,}5 %, 3,13{,}1 % : 0,5n0{,}5^{n}
  • c) Grand nombre de noyaux : loi régulière
  • d) 3 demi-vies : 7,5×1097{,}5 \times 10^{9} noyaux
  • e) 8,738{,}73 demi-vies : 0,240{,}24 % restant

a) La courbe atteint la valeur 0,500{,}50 pour t=5 730t = 5\ 730 ans : c'est la demi-vie du carbone 14. Définition précise : la demi-vie est la durée au bout de laquelle la MOITIÉ des noyaux radioactifs initialement présents se sont désintégrés. Elle ne dépend ni de la quantité initiale, ni de la température, ni de la pression, ni de la forme chimique : c'est une propriété du noyau lui-même, ce qui est exactement ce qui rend la datation possible.

b) Après 2 demi-vies, il reste 0,52=0,250{,}5^{2} = 0{,}25, soit 25 pour cent. Après 3, 0,53=0,1250{,}5^{3} = 0{,}125, soit 12,512{,}5 pour cent. Après 5, 0,55=0,031250{,}5^{5} = 0{,}03125, soit environ 3,13{,}1 pour cent. La formule générale est N/N0=0,5n=(1/2)nN/N_{0} = 0{,}5^{n} = (1/2)^{n} après nn demi-vies, ce qui s'écrit aussi N=N0×2nN = N_{0} \times 2^{-n}. L'erreur classique est de croire qu'après deux demi-vies il ne reste rien : la moitié de la moitié n'est pas zéro, c'est un quart.

c) Parce qu'un échantillon contient un nombre ÉNORME de noyaux. Le sort d'un noyau isolé est parfaitement imprévisible, mais dès que l'on en observe des milliards, la loi des grands nombres s'applique : la proportion de désintégrations sur une durée donnée devient extrêmement stable, et les fluctuations relatives deviennent négligeables. C'est le même phénomène qu'au jeu de pile ou face : un lancer est imprévisible, mais sur dix milliards de lancers la proportion de piles est indiscernable de un demi. La régularité macroscopique n'annule pas le hasard microscopique, elle en découle.

d) La durée 17 19017\ 190 ans vaut exactement 17 190/5 730=317\ 190 / 5\ 730 = 3 demi-vies. Première façon : il reste 6,0×1010×0,53=6,0×1010/8=7,5×1096{,}0 \times 10^{10} \times 0{,}5^{3} = 6{,}0 \times 10^{10} / 8 = 7{,}5 \times 10^{9} noyaux. Seconde façon, en divisant par deux trois fois de suite : 6,0×10106{,}0 \times 10^{10} donne 3,0×10103{,}0 \times 10^{10}, puis 1,5×10101{,}5 \times 10^{10}, puis 7,5×1097{,}5 \times 10^{9}. Les deux coïncident, ce qui valide le calcul. C'est un contrôle qui ne coûte rien et qui attrape les erreurs de puissance de dix.

e) Parce qu'il ne reste plus assez de noyaux pour que la mesure soit fiable. La durée 50 00050\ 000 ans représente 50 000/5 7308,7350\ 000 / 5\ 730 \approx 8{,}73 demi-vies, donc il reste 0,58,732,4×1030{,}5^{8{,}73} \approx 2{,}4 \times 10^{-3}, soit environ 0,240{,}24 pour cent des noyaux initiaux. À ce niveau, le signal mesuré devient du même ordre que le bruit de fond de l'appareil et que la moindre contamination par du carbone récent : un millième de carbone moderne introduit par manipulation suffit à fausser complètement la date. On change alors de chronomètre, en utilisant des couples à demi-vie beaucoup plus longue, comme l'uranium et le plomb, dont la demi-vie se compte en milliards d'années et qui datent les roches, non les restes organiques.

Exercice 3 : Les cristaux : maille, motif et compacité

La figure montre la maille d'un cristal cubique simple : un cube dont chaque sommet est occupé par un atome, et qui se répète à l'identique dans les trois directions de l'espace.

aun atome par sommet
  • a) Définissez un cristal, une maille et un motif. Qu'est-ce qui distingue un solide cristallin d'un solide amorphe ?
  • b) La maille compte 8 sommets, mais chacun est partagé entre plusieurs mailles voisines. Combien de mailles se partagent un sommet ? Combien d'atomes appartiennent EN PROPRE à une maille cubique simple ?
  • c) Les atomes voisins se touchent le long d'une arête. Exprimez l'arête aa en fonction du rayon atomique RR.
  • d) La compacité est la fraction du volume de la maille réellement occupée par les atomes. Calculez-la pour cette structure, en valeur exacte puis à quatre décimales.
  • e) Que représente le volume restant ? Une compacité de 100 pour cent est-elle possible ? Justifiez.

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a)
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Réponses

  • a) Cristal ordonné, amorphe désordonné
  • b) Sommet partagé par 8 mailles : 1 atome
  • c) Contact sur l'arête : a=2Ra = 2R
  • d) C=π/60,5236C = \pi / 6 \approx 0{,}5236
  • e) 100 % impossible, au plus 74,074{,}0 %

a) Un CRISTAL est un solide dont les entités, atomes, ions ou molécules, sont rangées de façon périodique et ordonnée dans les trois directions de l'espace. La MAILLE est le plus petit volume qui, répété par translation, reconstitue tout le cristal : c'est le motif de pavage. Le MOTIF est le contenu de cette maille, c'est-à-dire l'entité ou le groupe d'entités qui s'y trouve. Un solide AMORPHE, comme le verre, a la même composition chimique qu'un cristal correspondant mais aucun ordre à longue distance : ses entités sont figées dans un désordre proche de celui d'un liquide, ce qui explique qu'il n'ait pas de température de fusion nette mais un ramollissement progressif.

b) Un sommet de cube est le point commun de HUIT mailles voisines, deux dans chaque direction de l'espace. Chaque atome de sommet n'appartient donc qu'à un huitième à la maille considérée. Avec 8 sommets, la maille contient 8×18=18 \times \frac{1}{8} = 1 atome en propre. Ce comptage est le passage obligé de tout exercice sur les cristaux : on ne compte jamais les atomes visibles, on compte les FRACTIONS d'atomes.

c) Si les atomes voisins se touchent le long d'une arête, deux sphères tangentes de rayon RR occupent cette arête, ce qui donne a=2Ra = 2R. Attention, cette relation est propre à la structure cubique SIMPLE : dans d'autres structures, le contact se fait le long d'une diagonale de face ou d'une diagonale du cube, et la relation change complètement.

d) Le volume de la maille vaut a3=(2R)3=8R3a^{3} = (2R)^{3} = 8R^{3}. Le volume occupé est celui du seul atome en propre, soit 43πR3\frac{4}{3}\pi R^{3}. La compacité vaut donc C=4πR3/38R3=π6C = \frac{4\pi R^{3}/3}{8R^{3}} = \frac{\pi}{6}. Numériquement, π/60,5236\pi / 6 \approx 0{,}5236, soit environ 52,452{,}4 pour cent. On note que le rayon RR disparaît du résultat, ce qui est normal : la compacité est une propriété de la GÉOMÉTRIE de l'empilement, pas de la taille des atomes.

e) Le volume restant, près de 48 pour cent, représente le VIDE entre les sphères. Une compacité de 100 pour cent est impossible avec des sphères identiques : quel que soit l'empilement, il subsiste toujours des interstices, car des sphères ne pavent pas l'espace. On démontre que la compacité maximale atteignable avec des sphères identiques vaut π/(32)0,7405\pi / (3\sqrt{2}) \approx 0{,}7405, soit environ 74,074{,}0 pour cent, réalisée par les empilements compacts, dont la structure cubique à faces centrées. La structure cubique simple, avec ses 52 pour cent, est donc très peu compacte, ce qui explique qu'elle soit rare dans la nature : le polonium en est à peu près le seul exemple.

Exercice 4 : Du cristal à la roche

Deux roches peuvent avoir exactement la même composition chimique et un aspect totalement différent. Ce qui les sépare n'est pas ce dont elles sont faites, mais la vitesse à laquelle elles ont refroidi.

  • a) Le granite et le basalte ont des compositions voisines. Le premier montre des cristaux visibles à l'oeil nu, le second une pâte où l'on ne distingue presque rien. Expliquez cette différence.
  • b) Le verre volcanique, appelé obsidienne, a la même composition encore. Que s'est-il passé lors de sa formation ? En quoi diffère-t-il des deux précédents ?
  • c) Une même espèce minérale peut former des cristaux de tailles très différentes. Cela change-t-il sa maille ? Cela change-t-il ses propriétés physiques ? Justifiez.
  • d) Le carbone existe sous forme de graphite et de diamant. Ces deux solides ont-ils la même composition ? La même structure ? Comment appelle-t-on cette situation, et quelles propriétés en découlent ?
  • e) L'os et la coquille d'un mollusque contiennent des cristaux produits par un être vivant. Citez le minéral en cause dans chaque cas et expliquez en quoi la biominéralisation diffère d'une cristallisation minérale ordinaire.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) Granite lent en profondeur, basalte rapide
  • b) Obsidienne : verre amorphe
  • c) Même maille, même masse volumique
  • d) Même carbone, structures différentes : allotropie
  • e) Hydroxyapatite et carbonate de calcium

a) La différence vient de la VITESSE DE REFROIDISSEMENT du magma. Le granite s'est formé en profondeur, où le magma se refroidit sur des milliers, voire des millions d'années : les atomes ont eu tout le temps de migrer et de se ranger, si bien que les cristaux ont pu grandir jusqu'à devenir visibles, souvent millimétriques. Le basalte s'est formé en surface, lors d'une coulée de lave qui refroidit en quelques heures ou quelques jours : les atomes n'ont eu le temps de former qu'une multitude de cristaux minuscules. Même composition, même minéraux, taille de grain radicalement différente : la texture d'une roche est une horloge.

b) L'obsidienne s'est refroidie encore plus vite, en quelques minutes, par exemple au contact de l'eau ou de l'air froid. Les atomes n'ont eu le temps de former aucun cristal : ils sont restés figés dans le désordre qu'ils avaient à l'état liquide. L'obsidienne est donc un solide AMORPHE, un verre, et non une roche cristalline. Elle en diffère par l'absence d'ordre à longue distance, par sa cassure conchoïdale caractéristique, et par le fait qu'elle est thermodynamiquement instable : sur des durées géologiques, elle finit par cristalliser lentement.

c) Non, cela ne change PAS sa maille : la maille est la même pour un cristal microscopique et pour un cristal de plusieurs centimètres, seul le nombre de répétitions diffère. Cela ne change pas non plus les propriétés qui découlent directement de la structure, comme la masse volumique, la dureté ou les indices optiques. En revanche, la taille des grains change les propriétés qui dépendent des SURFACES et des joints entre grains : la résistance mécanique, la vitesse de dissolution, l'aspect. C'est pourquoi un métal à grains fins est plus résistant qu'un métal à gros grains de composition identique.

d) Oui, même composition : les deux sont faits uniquement de carbone. Non, pas la même structure : dans le graphite, les atomes forment des feuillets d'hexagones plans faiblement liés entre eux ; dans le diamant, chaque atome est lié à quatre voisins dans un réseau tridimensionnel rigide. Cette situation s'appelle l'ALLOTROPIE, ou polymorphisme pour les minéraux. Les propriétés qui en découlent sont opposées : le graphite est tendre, opaque, conducteur électrique et sert de lubrifiant, parce que ses feuillets glissent les uns sur les autres ; le diamant est le plus dur des minéraux, transparent et isolant, parce que toutes ses liaisons sont fortes et orientées dans les trois dimensions. La structure, à elle seule, fait toute la différence.

e) Dans l'OS, le minéral est un phosphate de calcium, l'hydroxyapatite, sous forme de très petits cristaux déposés dans une trame de collagène. Dans la COQUILLE d'un mollusque, c'est le carbonate de calcium, sous ses formes calcite ou aragonite. La biominéralisation diffère d'une cristallisation ordinaire sur trois points. Elle est CONTRÔLÉE : l'organisme fixe le lieu, le moment, la forme et l'orientation des cristaux, au lieu de laisser la physique décider. Elle est COMPOSITE : le minéral est associé à une matrice organique, ce qui donne un matériau bien plus résistant à la rupture que le minéral seul, la matrice arrêtant la propagation des fissures. Et elle se produit à TEMPÉRATURE et pression ordinaires, là où une cristallisation minérale équivalente demanderait des conditions extrêmes.

Exercice 5 : La cellule : membrane et molécules amphiphiles

La figure montre une coupe de membrane biologique. Chaque molécule y a deux parties de nature opposée, et c'est cette dualité qui explique à elle seule la forme de l'assemblage.

tête hydrophilequeue hydrophobel'eau est de part et d'autre
  • a) Qu'appelle-t-on molécule amphiphile ? Décrivez les deux parties d'un phospholipide et leur comportement vis-à-vis de l'eau.
  • b) Expliquez pourquoi cette disposition en double couche est celle qui s'établit spontanément dans l'eau. Aucune information génétique n'intervient : d'où vient l'ordre ?
  • c) Quelle est la fonction de la membrane pour la cellule ? Citez trois choses qu'elle permet et qui seraient impossibles sans elle.
  • d) Le savon est aussi une molécule amphiphile. Expliquez son action sur une tache de graisse, en réutilisant exactement le raisonnement de la question b.
  • e) Toutes les cellules connues, de la bactérie à celle du séquoia, possèdent une membrane de ce type et un ADN de même nature chimique. Quelle conclusion en tire-t-on, et sur quel type de raisonnement repose-t-elle ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) Tête hydrophile, queues hydrophobes
  • b) Double couche : minimisation de l'énergie
  • c) Isoler, concentrer, échanger
  • d) Savon : micelle autour de la graisse
  • e) Universalité : un ancêtre commun

a) Une molécule amphiphile possède deux parties de solubilité opposée. Un phospholipide comporte une TÊTE hydrophile, polaire, portant un groupement phosphate chargé, qui établit volontiers des liaisons avec les molécules d'eau ; et deux QUEUES hydrophobes, formées de longues chaînes carbonées apolaires, qui n'ont aucune affinité pour l'eau et se rassemblent entre elles. La molécule est donc à la fois attirée et repoussée par l'eau, mais pas par la même extrémité.

b) Dans l'eau, chaque molécule tend à placer sa tête au contact de l'eau et à soustraire ses queues à ce contact. La seule façon de satisfaire ces deux exigences simultanément, pour un grand nombre de molécules, est de former une DOUBLE COUCHE : les queues se rassemblent au centre, à l'abri de l'eau, et les têtes forment les deux faces, toutes deux au contact de l'eau. L'ordre ne vient d'aucune information génétique : il vient de la MINIMISATION spontanée de l'énergie du système, exactement comme une goutte d'eau prend une forme sphérique sans que personne ne le lui dise. C'est un exemple d'auto-organisation, et c'est un point important du chapitre : tout ordre biologique ne vient pas d'un programme.

c) La membrane délimite la cellule et sépare son intérieur du milieu extérieur. Trois choses qu'elle permet. D'abord MAINTENIR une composition intérieure différente de l'extérieur, condition sans laquelle aucune réaction contrôlée n'est possible, puisque tout se diluerait. Ensuite CONCENTRER les réactifs et les enzymes dans un volume restreint, ce qui accélère considérablement les réactions. Enfin ÉCHANGER de façon sélective, en laissant passer certaines substances et pas d'autres, grâce à des protéines insérées dans la bicouche : la membrane n'est pas un mur, c'est un filtre commandé.

d) Une molécule de savon a également une tête hydrophile et une longue queue hydrophobe. Au contact d'une tache de graisse, les queues, qui fuient l'eau, s'enfoncent dans la graisse, tandis que les têtes restent tournées vers l'eau. Les molécules de savon entourent ainsi la gouttelette de graisse en formant une sphère dont l'extérieur est hydrophile : la gouttelette, désormais habillée, devient soluble dans l'eau et part au rinçage. C'est rigoureusement le même raisonnement qu'à la question b, la seule différence étant la GÉOMÉTRIE de l'assemblage, une sphère pleine appelée micelle au lieu d'une double couche plane.

e) On en tire l'UNIVERSALITÉ du vivant, et la conclusion que tous les êtres vivants actuels descendent d'un ancêtre commun. Le raisonnement repose sur le fait que ces caractères, la bicouche de phospholipides, la molécule d'ADN, le code génétique presque identique, ne sont nullement les seuls possibles chimiquement : rien n'imposait que ce soit ceux-là. Leur partage universel s'explique donc bien mieux par un HÉRITAGE commun que par autant d'apparitions indépendantes qui auraient toutes abouti aux mêmes choix arbitraires. C'est un raisonnement par inférence à la meilleure explication, le même que celui qui fait conclure à une source commune quand deux textes partagent les mêmes fautes de copie.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Dater au carbone 14

Un fragment de bois est prélevé dans un site archéologique. Sa teneur en carbone 14 rapportée à celle d'un organisme vivant vaut 40 pour cent. La demi-vie du carbone 14 est de 5 730 ans.

  • a) Expliquez pourquoi la teneur en carbone 14 d'un organisme reste constante de son vivant, et pourquoi elle diminue après sa mort.
  • b) Après nn demi-vies, il reste la fraction 0,5n0{,}5^{n} des noyaux, même quand nn n'est pas entier. À la calculatrice ou au tableur, par essais successifs, trouvez nn au centième près tel que 0,5n=0,400{,}5^{n} = 0{,}40.
  • c) Déduisez-en l'âge de l'échantillon.
  • d) Retrouvez ce résultat sans calculatrice, par un encadrement entre deux demi-vies.
  • e) L'échantillon a été contaminé par 2 pour cent de carbone moderne lors de la fouille. Recalculez l'âge et donnez l'erreur commise. La contamination fait-elle paraître l'échantillon plus vieux ou plus jeune ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Échanges arrêtés : date de la mort
  • b) 0,5n=0,400{,}5^{n} = 0{,}40 pour n1,32n \approx 1{,}32
  • c) Âge 7 575\approx 7\ 575 ans
  • d) Entre 5 7305\ 730 et 11 46011\ 460 ans
  • e) 7 8327\ 832 ans : 257 ans d'erreur, plus jeune

a) De son vivant, l'organisme ÉCHANGE en permanence du carbone avec son milieu : la plante par la photosynthèse, l'animal par son alimentation. Comme le carbone 14 est produit continûment dans la haute atmosphère par l'action du rayonnement cosmique sur l'azote, la proportion de carbone 14 dans le carbone atmosphérique est à peu près constante, et l'organisme s'aligne dessus. À sa MORT, les échanges cessent : le carbone 14 déjà présent continue de se désintégrer, sans plus être renouvelé, et sa proportion décroît selon la loi radioactive. La date obtenue est donc celle de la MORT de l'organisme, ce qui n'est pas forcément celle de l'usage de l'objet : une poutre taillée dans un arbre déjà ancien donne une date trop vieille.

b) On procède par encadrements successifs. 0,51=0,500{,}5^{1} = 0{,}50 et 0,52=0,250{,}5^{2} = 0{,}25 : nn est compris entre 1 et 2. 0,51,30,4060{,}5^{1{,}3} \approx 0{,}406 et 0,51,40,3790{,}5^{1{,}4} \approx 0{,}379 : nn est compris entre 1,31{,}3 et 1,41{,}4. En resserrant, 0,51,320,40050{,}5^{1{,}32} \approx 0{,}4005 et 0,51,330,39780{,}5^{1{,}33} \approx 0{,}3978 : on retient n1,32n \approx 1{,}32 demi-vie. Un tableur fait le même travail d'un coup, en calculant 0,5n0{,}5^{n} pour nn allant de 0 à 2 par pas de 0,010{,}01 ; avec un pas plus fin, il donne n1,3219n \approx 1{,}3219.

c) L'âge vaut le nombre de demi-vies écoulées multiplié par la durée d'une demi-vie : t=1,3219×5 7307 575t = 1{,}3219 \times 5\ 730 \approx 7\ 575 ans. Avec l'arrondi n=1,32n = 1{,}32, on trouverait 7 5647\ 564 ans : un centième de demi-vie vaut déjà 57 ans, d'où l'intérêt de garder assez de décimales sur nn avant de multiplier.

d) Après une demi-vie, il reste 50 pour cent ; après deux demi-vies, 25 pour cent. Or 40 pour cent est compris entre 25 et 50 : l'âge est donc compris entre une et deux demi-vies, c'est-à-dire entre 5 7305\ 730 et 11 46011\ 460 ans. Comme 40 est plus proche de 50 que de 25, on attend une valeur plus proche de la borne basse, ce que confirment les 7 5757\ 575 ans trouvés. Cet encadrement prend dix secondes et il attrape immédiatement une erreur de calculatrice qui donnerait 757 ans ou 75 750 ans.

e) Avec 2 pour cent de carbone moderne ajouté, la teneur mesurée n'est plus celle de l'échantillon seul. Si l'échantillon réel contient une fraction ff et que 2 pour cent de la matière est moderne, à 100 pour cent de teneur, on mesure 0,98f+0,02×1=0,400{,}98 f + 0{,}02 \times 1 = 0{,}40, d'où f=(0,400,02)/0,980,38776f = (0{,}40 - 0{,}02) / 0{,}98 \approx 0{,}38776. Par la même méthode qu'à la question b, 0,5n=0,387760{,}5^{n} = 0{,}38776 donne n1,3668n \approx 1{,}3668, donc l'âge vrai vaut t=1,3668×5 7307 832t = 1{,}3668 \times 5\ 730 \approx 7\ 832 ans. L'erreur commise est de 7 8327 575=2577\ 832 - 7\ 575 = 257 ans, soit environ 3,43{,}4 pour cent. La contamination par du carbone moderne fait paraître l'échantillon plus JEUNE qu'il n'est, puisqu'elle ajoute du carbone 14 qui n'aurait pas dû s'y trouver. C'est pourquoi le prélèvement se fait avec des précautions extrêmes, et pourquoi l'effet est catastrophique sur les échantillons très anciens : à 50 000 ans il ne reste que 0,240{,}24 pour cent de carbone 14, si bien que 2 pour cent de contamination domineraient totalement le signal.

Exercice 7 : Compacité et masse volumique d'un métal

L'aluminium cristallise dans une structure cubique à faces centrées : les atomes occupent les huit sommets du cube et le centre de chacune des six faces. Le rayon atomique vaut 143 pm et la masse molaire 26,98 g/mol.

  • a) Comptez les atomes appartenant en propre à la maille. Détaillez le partage des atomes de sommet et de ceux de face.
  • b) Dans cette structure, le contact se fait le long d'une DIAGONALE DE FACE. Exprimez l'arête aa en fonction de RR, puis calculez aa en picomètres.
  • c) Calculez la compacité de cette structure, en valeur exacte puis à quatre décimales. Comparez à celle de la structure cubique simple.
  • d) Calculez la masse volumique de l'aluminium, en gramme par centimètre cube. On prendra 6,022×10236{,}022 \times 10^{23} pour la constante d'Avogadro.
  • e) La valeur tabulée vaut 2,702{,}70 g/cm3^{3}. Commentez l'accord, puis expliquez ce que ce calcul permet de faire dans l'autre sens.

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Réponses

  • a) 1+3=41 + 3 = 4 atomes par maille
  • b) a=2R2404,5a = 2R\sqrt{2} \approx 404{,}5 pm
  • c) C=π/(32)0,7405C = \pi / (3\sqrt{2}) \approx 0{,}7405
  • d) ρ2,71\rho \approx 2{,}71 g/cm3^{3}
  • e) Accord à moins de 1 % ; on remonte au rayon

a) Les 8 atomes de SOMMET sont partagés entre 8 mailles chacun, ce qui donne 8×18=18 \times \frac{1}{8} = 1 atome. Les 6 atomes de FACE sont partagés entre 2 mailles chacun, puisqu'une face est commune à exactement deux cubes, ce qui donne 6×12=36 \times \frac{1}{2} = 3 atomes. La maille contient donc 1+3=41 + 3 = 4 atomes en propre. Ce nombre 4 est à retenir : il intervient dans tous les calculs de la structure cubique à faces centrées.

b) Le long d'une diagonale de face, on rencontre un atome de sommet, l'atome de centre de face, puis l'autre atome de sommet : la diagonale mesure donc 4R4R. Or la diagonale d'un carré de côté aa vaut a2a\sqrt{2}. On a donc a2=4Ra\sqrt{2} = 4R, d'où a=4R2=2R2a = \frac{4R}{\sqrt{2}} = 2R\sqrt{2}. Numériquement, a=2×143×2404,5a = 2 \times 143 \times \sqrt{2} \approx 404{,}5 pm. Le piège est d'écrire a=2Ra = 2R par automatisme : le contact ne se fait PAS le long de l'arête ici, et le vérifier prend une seconde en regardant si deux sommets voisins pourraient se toucher alors qu'un atome de face s'interpose.

c) Le volume occupé vaut 4×43πR3=163πR34 \times \frac{4}{3}\pi R^{3} = \frac{16}{3}\pi R^{3}. Le volume de la maille vaut a3=(2R2)3=8×22R3=162R3a^{3} = (2R\sqrt{2})^{3} = 8 \times 2\sqrt{2} R^{3} = 16\sqrt{2} R^{3}. La compacité vaut donc C=16πR3/3162R3=π320,7405C = \frac{16\pi R^{3}/3}{16\sqrt{2}R^{3}} = \frac{\pi}{3\sqrt{2}} \approx 0{,}7405, soit 74,074{,}0 pour cent. C'est la compacité maximale possible avec des sphères identiques, à comparer aux 52,452{,}4 pour cent de la structure cubique simple : l'empilement à faces centrées occupe donc environ 0,7405/0,52361,410{,}7405 / 0{,}5236 \approx 1{,}41 fois plus de volume utile, ce qui explique que la plupart des métaux l'adoptent.

d) La masse des 4 atomes de la maille vaut m=4×26,986,022×10231,7921×1022m = 4 \times \frac{26{,}98}{6{,}022 \times 10^{23}} \approx 1{,}7921 \times 10^{-22} g. Le volume de la maille vaut a3a^{3} avec a=404,5a = 404{,}5 pm =4,045×108= 4{,}045 \times 10^{-8} cm, donc V6,618×1023V \approx 6{,}618 \times 10^{-23} cm3^{3}. La masse volumique vaut ρ=m/V=1,7921×1022/6,618×10232,71\rho = m / V = 1{,}7921 \times 10^{-22} / 6{,}618 \times 10^{-23} \approx 2{,}71 g/cm3^{3}. Le seul point délicat est la conversion du picomètre au centimètre : 11 pm =1010= 10^{-10} cm, et l'oublier fait manquer le résultat d'un facteur 103010^{30}.

e) L'accord est excellent : 2,712{,}71 calculé contre 2,702{,}70 tabulé, soit un écart relatif inférieur à un demi pour cent, entièrement imputable aux arrondis et à l'incertitude sur le rayon atomique. Cet accord n'est pas anodin : il valide simultanément le modèle de l'empilement compact, la valeur du rayon atomique et la constante d'Avogadro, trois grandeurs mesurées indépendamment. Dans l'AUTRE SENS, le calcul permet de remonter d'une mesure macroscopique, la masse volumique, à une grandeur microscopique inaccessible directement : connaissant ρ\rho, MM et la structure, on tire aa, donc RR, donc la taille d'un atome. C'est ainsi que les premières mesures de dimensions atomiques ont été obtenues, avant toute imagerie.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Après deux demi-vies, il ne reste plus de noyaux radioactifs. »
  • 2) « Tous les éléments chimiques se sont formés lors du Big Bang. »
  • 3) « Une maille cubique simple contient 8 atomes, un par sommet. »
  • 4) « Le graphite et le diamant sont des corps composés différents. »
  • 5) « L'organisation d'une membrane biologique est codée par l'ADN. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) Il reste un quart, jamais zéro
  • 2) Big Bang : seulement les plus légers
  • 3) Un seul atome en propre
  • 4) Deux variétés d'un corps simple
  • 5) Bicouche : auto-assemblage physique

1) FAUX. Après une demi-vie il reste la moitié, après deux demi-vies la moitié de la moitié, soit un quart, et jamais zéro : la décroissance est exponentielle, donc elle ne s'annule pas en un temps fini. Énoncé correct : après nn demi-vies il reste la fraction (1/2)n(1/2)^{n} des noyaux initiaux, soit 25 pour cent après deux demi-vies et encore 0,10{,}1 pour cent après dix.

2) FAUX. La nucléosynthèse primordiale n'a produit que l'hydrogène, l'essentiel de l'hélium et une trace de lithium. Le carbone, l'oxygène et tous les éléments jusqu'au fer sont produits par fusion au coeur des étoiles ; ceux au-delà du fer exigent des événements violents, supernovae et fusions d'étoiles à neutrons. Énoncé correct : le Big Bang n'a produit que les éléments les plus légers ; tous les autres viennent des étoiles, et sont donc bien plus jeunes que l'Univers.

3) FAUX. Les 8 atomes visibles aux sommets sont chacun partagés entre 8 mailles voisines : la maille n'en contient qu'un huitième chacun, soit 8×18=18 \times \frac{1}{8} = 1 atome en propre. Énoncé correct : une maille cubique simple contient UN atome en propre ; on ne compte jamais les atomes visibles, on compte les fractions.

4) FAUX. Un corps composé contient plusieurs éléments ; or le graphite et le diamant sont tous deux faits de carbone et de rien d'autre : ce sont des corps SIMPLES. Ce qui les distingue est leur structure cristalline. Énoncé correct : le graphite et le diamant sont deux variétés allotropiques du même corps simple, le carbone ; leurs propriétés opposées viennent uniquement de l'arrangement des atomes.

5) FAUX. La disposition en double couche s'établit SPONTANÉMENT dès qu'on place des molécules amphiphiles dans l'eau, sans aucune information génétique : c'est la minimisation de l'énergie qui l'impose, et on l'observe aussi bien avec du savon. Énoncé correct : l'ADN code la synthèse des phospholipides et des protéines membranaires, mais l'organisation en bicouche est un phénomène d'auto-assemblage physique, indépendant de toute information codée.

Exercice 9 : L'ADN, une molécule universelle

La cellule est un troisième niveau d'organisation, après le noyau et le cristal. Ce qui la caractérise n'est pas seulement sa membrane, c'est de porter une information transmissible.

  • a) Décrivez la structure de l'ADN : nature chimique, forme, nombre de brins, et ce qui relie les deux brins.
  • b) L'information est portée par la SÉQUENCE des quatre bases. Combien de séquences différentes peut porter un fragment de 10 paires de bases ? de 30 paires ?
  • c) Le génome humain compte environ 3,2×1093{,}2 \times 10^{9} paires de bases. Quelle information cela représente-t-il si l'on code chaque base sur 2 bits ? Exprimez en mébioctets et comparez à une photographie.
  • d) Expliquez comment la structure en deux brins complémentaires explique à la fois la conservation de l'information et sa transmission lors d'une division.
  • e) L'ADN d'une bactérie, d'un chêne et d'un être humain a la même structure et le même code. Que signifie exactement l'expression « code génétique universel », et que peut-on en faire concrètement ?

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Réponses

  • a) Double hélice, A avec T, G avec C
  • b) 410=1 048 5764^{10} = 1\ 048\ 576 ; 4301,153×10184^{30} \approx 1{,}153 \times 10^{18}
  • c) 6,4×1096{,}4 \times 10^{9} bits, 763 Mio
  • d) Complémentarité : réparer et copier
  • e) Même code partout : insuline par des bactéries

a) L'ADN est un acide nucléique, une longue molécule formée de l'enchaînement d'unités appelées nucléotides, chacune faite d'un sucre, le désoxyribose, d'un groupement phosphate et d'une base azotée parmi quatre : adénine, thymine, guanine et cytosine. La molécule comporte DEUX brins enroulés l'un autour de l'autre en une double hélice. Les deux brins sont reliés par des liaisons hydrogène entre les bases, selon un appariement strict : l'adénine toujours face à la thymine, la guanine toujours face à la cytosine. Cette complémentarité est la propriété centrale de la molécule.

b) Chaque position de la séquence peut être occupée par l'une des 4 bases. Pour 10 paires : 410=1 048 5764^{10} = 1\ 048\ 576 séquences différentes, soit plus d'un million. Pour 30 paires : 4301,153×10184^{30} \approx 1{,}153 \times 10^{18}, soit plus d'un milliard de milliards. La croissance est exponentielle, et c'est ce qui permet à une molécule de quelques millimètres, une fois déroulée, de porter une information immense : le nombre de messages possibles explose bien plus vite que la longueur.

c) Avec 2 bits par base, il faut 3,2×109×2=6,4×1093{,}2 \times 10^{9} \times 2 = 6{,}4 \times 10^{9} bits, soit 6,4×109/8=8,0×1086{,}4 \times 10^{9} / 8 = 8{,}0 \times 10^{8} octets. En mébioctets : 8,0×108/1 048 5767638{,}0 \times 10^{8} / 1\ 048\ 576 \approx 763 Mio. C'est l'équivalent d'environ 763/34,322763 / 34{,}3 \approx 22 photographies non compressées de 12 mégapixels, ou d'un seul disque compact de données. Le résultat est instructif dans les deux sens : c'est peu au regard de la complexité d'un être humain, et c'est beaucoup pour une molécule qui tient dans un noyau de quelques micromètres.

d) La CONSERVATION vient de ce que chaque brin porte l'information complète : si l'un est endommagé, l'autre permet de le reconstituer, base par base, grâce à la règle d'appariement. Des mécanismes de réparation exploitent exactement cette redondance. La TRANSMISSION vient du même mécanisme : lors de la division, les deux brins se séparent, et chacun sert de modèle pour reconstruire son complémentaire. On obtient ainsi deux molécules identiques à la molécule de départ, chacune formée d'un brin ancien et d'un brin neuf. Une même propriété structurale, la complémentarité, rend donc compte à la fois de la stabilité et de la copie, ce qui est remarquable et fut immédiatement souligné par les auteurs du modèle.

e) Le code génétique est la table de correspondance entre les triplets de bases et les acides aminés qu'ils désignent. Dire qu'il est UNIVERSEL signifie qu'un même triplet désigne le même acide aminé chez une bactérie, un chêne et un être humain, à de très rares exceptions près. Cela se comprend comme un héritage d'un ancêtre commun, la table étant arbitraire et n'ayant aucune raison physique d'être identique partout. Concrètement, on en fait beaucoup : on peut introduire un gène humain dans une bactérie et obtenir la protéine humaine correspondante, ce qui est exactement le procédé de production de l'insuline depuis les années 1980. Sans universalité du code, cette industrie entière n'existerait pas.

Exercice 10 : Problème : trois horloges pour trois questions

Un site archéologique livre trois objets : un charbon de foyer, un fragment de poterie contenant des grains de quartz, et un bloc de granite utilisé comme meule. On veut dater chacun d'eux, et comprendre ce que chaque date signifie réellement.

  • a) Le charbon présente une teneur en carbone 14 de 12 pour cent de celle d'un organisme vivant. Calculez son âge.
  • b) Le granite est daté par le couple uranium-plomb, de demi-vie 4,47×1094{,}47 \times 10^{9} ans. On y trouve un rapport tel que 88 pour cent des noyaux d'uranium initiaux subsistent. Calculez son âge et dites ce que cette date représente.
  • c) Pourquoi n'aurait-on pas pu dater le granite au carbone 14, ni le charbon à l'uranium-plomb ? Formulez la règle générale du choix d'un chronomètre.
  • d) On considère qu'une méthode reste exploitable entre un dixième et dix demi-vies. Donnez la plage d'utilisation du carbone 14 et celle de l'uranium-plomb.
  • e) Le granite a plus de 800 millions d'années et le charbon environ 17 500 ans. Ces deux dates sont-elles contradictoires avec le fait que les deux objets aient été utilisés le même jour ? Expliquez ce que chaque horloge mesure exactement.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n3,06n \approx 3{,}06 : 17 52717\ 527 ans
  • b) n0,184n \approx 0{,}184 : 824 millions d'années
  • c) Demi-vie du même ordre que la durée
  • d) 573 à 57 30057\ 300 ans ; 4,47×1084{,}47 \times 10^{8} à 4,47×10104{,}47 \times 10^{10} ans
  • e) Pas de contradiction : deux événements datés

a) On cherche le nombre nn de demi-vies tel que 0,5n=0,120{,}5^{n} = 0{,}12. À la calculatrice, 0,53=0,1250{,}5^{3} = 0{,}125 et 0,53,10,1170{,}5^{3{,}1} \approx 0{,}117, puis en resserrant n3,0589n \approx 3{,}0589. L'âge vaut donc t=3,0589×5 73017 527t = 3{,}0589 \times 5\ 730 \approx 17\ 527 ans. Contrôle par encadrement : 12 pour cent est compris entre 0,53=12,50{,}5^{3} = 12{,}5 pour cent et 0,54=6,250{,}5^{4} = 6{,}25 pour cent, donc l'âge est compris entre 3 et 4 demi-vies, soit entre 17 19017\ 190 et 22 92022\ 920 ans, et très près de la borne basse. Le résultat est cohérent.

b) Même méthode avec 0,5n=0,880{,}5^{n} = 0{,}88 : 0,50,20,8710{,}5^{0{,}2} \approx 0{,}871 et 0,50,180,8830{,}5^{0{,}18} \approx 0{,}883, puis en resserrant n0,1844n \approx 0{,}1844. Donc t=0,1844×4,47×1098,24×108t = 0{,}1844 \times 4{,}47 \times 10^{9} \approx 8{,}24 \times 10^{8} ans, soit environ 824 millions d'années. Cette date représente le moment où la roche a CRISTALLISÉ, c'est-à-dire où le magma s'est refroidi au point que les minéraux ont piégé leur uranium et cessé d'échanger avec l'extérieur. Elle ne dit rien de la date à laquelle un être humain a ramassé le bloc.

c) On n'aurait pas pu dater le granite au carbone 14 pour deux raisons : le granite ne contient pas de carbone d'origine biologique, et surtout son âge dépasse de plusieurs ordres de grandeur la plage utile de la méthode, si bien qu'il ne resterait plus un seul noyau de carbone 14. Inversement, on n'aurait pas pu dater le charbon à l'uranium-plomb parce qu'en quelques milliers d'années, la fraction d'uranium désintégrée est de l'ordre de 10610^{-6} : elle est indétectable, noyée dans les incertitudes de mesure. La règle générale : on choisit un chronomètre dont la demi-vie est du même ORDRE DE GRANDEUR que la durée à mesurer. Une horloge trop rapide est déjà arrêtée, une horloge trop lente n'a pas bougé.

d) Pour le carbone 14 : de 0,1×5 730=5730{,}1 \times 5\ 730 = 573 ans à 10×5 730=57 30010 \times 5\ 730 = 57\ 300 ans. Pour l'uranium-plomb : de 0,1×4,47×109=4,47×1080{,}1 \times 4{,}47 \times 10^{9} = 4{,}47 \times 10^{8} ans à 10×4,47×109=4,47×101010 \times 4{,}47 \times 10^{9} = 4{,}47 \times 10^{10} ans. On note que la borne haute de l'uranium-plomb dépasse l'âge de l'Univers, ce qui n'est pas gênant : cela signifie simplement que la méthode couvre toute l'histoire de la Terre. On note surtout que les deux plages ne se recouvrent PAS du tout, ce qui confirme la réponse à la question c et explique qu'on dispose de toute une gamme de couples radioactifs intermédiaires.

e) Non, il n'y a aucune contradiction, parce que les deux horloges ne mesurent pas la même chose. La date de l'uranium-plomb est celle de la CRISTALLISATION du granite, il y a des centaines de millions d'années, bien avant toute présence humaine ; le bloc était déjà une pierre ancienne quand quelqu'un l'a ramassé pour en faire une meule. La date du carbone 14 est celle de la MORT de l'arbre dont provient le charbon, donc à quelques années près celle de la combustion, donc de l'occupation du site. Seule la seconde date l'activité humaine. La leçon générale est qu'une méthode de datation date toujours un ÉVÉNEMENT PRÉCIS, la fermeture du système radioactif considéré, et que l'interprétation archéologique consiste justement à savoir quel événement on vient de dater.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Le cristal de chlorure de sodium

Dans le cristal de chlorure de sodium, les ions chlorure Cl\mathrm{Cl^{-}} occupent les huit sommets et les centres des six faces d'un cube. Les ions sodium Na+\mathrm{Na^{+}} occupent le milieu de chacune des douze arêtes et le centre du cube.

Données : rayons ioniques r(Na+)=102r(\mathrm{Na^{+}}) = 102 pm et r(Cl)=181r(\mathrm{Cl^{-}}) = 181 pm ; masses molaires 22,9922{,}99 g/mol pour le sodium et 35,4535{,}45 g/mol pour le chlore ; constante d'Avogadro 6,022×10236{,}022 \times 10^{23} mol1^{-1}.

  • a) Combien d'ions chlorure appartiennent en propre à la maille ?
  • b) Entre combien de mailles une arête est-elle partagée ? Combien d'ions sodium appartiennent en propre à la maille ? Le résultat est-il compatible avec la formule NaCl ?
  • c) Un ion sodium et un ion chlorure voisins se touchent le long d'une arête. Exprimez l'arête aa en fonction des deux rayons, puis calculez-la en picomètres.
  • d) Calculez la masse volumique du chlorure de sodium en g/cm3^{3}, et comparez à la valeur tabulée de 2,162{,}16 g/cm3^{3}.
  • e) Calculez la compacité du cristal. Deux ions chlorure voisins, l'un à un sommet et l'autre au centre d'une face adjacente, se touchent-ils ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 4 ions chlorure
  • b) Arête partagée par 4 : 4 ions sodium, NaCl
  • c) a=2(102+181)=566a = 2(102 + 181) = 566 pm
  • d) ρ2,14\rho \approx 2{,}14 g/cm3^{3}
  • e) C0,646C \approx 0{,}646 ; chlorures à 400 pm, pas de contact

a) Les 8 ions de sommet comptent chacun pour 18\frac{1}{8} et les 6 ions de face pour 12\frac{1}{2} : 8×18+6×12=1+3=48 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 1 + 3 = 4 ions chlorure. C'est le décompte de la structure cubique à faces centrées.

b) Une arête est commune à QUATRE cubes, qui se rejoignent autour d'elle. Les 12 ions sodium d'arête comptent donc chacun pour 14\frac{1}{4}, et l'ion du centre appartient entièrement à la maille : 12×14+1=3+1=412 \times \frac{1}{4} + 1 = 3 + 1 = 4 ions sodium. La maille contient 4 ions Na+\mathrm{Na^{+}} pour 4 ions Cl\mathrm{Cl^{-}}, soit un rapport de 1 pour 1 : c'est exactement ce qu'exprime la formule NaCl, et c'est aussi ce qu'impose la neutralité électrique du cristal. Le piège est de compter une arête pour 12\frac{1}{2}, comme une face : on trouverait 7 ions sodium pour 4 ions chlorure, un cristal chargé.

c) Le long d'une arête, on rencontre un ion chlorure de sommet, l'ion sodium du milieu, puis l'autre ion chlorure : l'arête vaut deux rayons de chaque ion, a=2(r(Na+)+r(Cl))=2×(102+181)=566a = 2 \left( r(\mathrm{Na^{+}}) + r(\mathrm{Cl^{-}}) \right) = 2 \times (102 + 181) = 566 pm.

d) La masse molaire de NaCl vaut 22,99+35,45=58,4422{,}99 + 35{,}45 = 58{,}44 g/mol. La maille contient 4 unités NaCl, de masse m=4×58,446,022×10233,882×1022m = \frac{4 \times 58{,}44}{6{,}022 \times 10^{23}} \approx 3{,}882 \times 10^{-22} g. Avec a=566a = 566 pm =5,66×108= 5{,}66 \times 10^{-8} cm, le volume vaut a31,813×1022a^{3} \approx 1{,}813 \times 10^{-22} cm3^{3}. Donc ρ=3,882×10221,813×10222,14\rho = \frac{3{,}882 \times 10^{-22}}{1{,}813 \times 10^{-22}} \approx 2{,}14 g/cm3^{3}. L'écart avec 2,162{,}16 est inférieur à 1 pour cent : le modèle d'ions sphériques en contact le long de l'arête est très bon.

e) Volume des ions : 4×43π×1023+4×43π×18131,171×1084 \times \frac{4}{3}\pi \times 102^{3} + 4 \times \frac{4}{3}\pi \times 181^{3} \approx 1{,}171 \times 10^{8} pm3^{3}. Volume de la maille : 56631,813×108566^{3} \approx 1{,}813 \times 10^{8} pm3^{3}. La compacité vaut C0,646C \approx 0{,}646, soit environ 64,664{,}6 pour cent. Deux ions chlorure voisins sont distants d'une demi-diagonale de face, a22400\frac{a\sqrt{2}}{2} \approx 400 pm, alors que la somme de leurs rayons vaut 2×181=3622 \times 181 = 362 pm : ils ne se touchent PAS. Heureusement, car deux ions de même charge se repoussent ; le cristal tient parce que chaque ion est entouré d'ions de charge opposée, six plus proches voisins de chaque côté.

Exercice 12 : Le fer, un métal cubique centré

À température ambiante, le fer cristallise dans une structure CUBIQUE CENTRÉE : un atome à chacun des huit sommets du cube et un atome au centre du cube. Le rayon atomique du fer vaut 124 pm et sa masse molaire 55,8555{,}85 g/mol ; on prendra 6,022×10236{,}022 \times 10^{23} mol1^{-1} pour la constante d'Avogadro.

  • a) Combien d'atomes appartiennent en propre à la maille ?
  • b) Dans cette structure, les atomes se touchent le long d'une DIAGONALE DU CUBE. Montrez que cette diagonale mesure a3a\sqrt{3}, puis exprimez aa en fonction de RR et calculez-la.
  • c) Calculez la compacité en valeur exacte, puis à quatre décimales. Classez les structures cubique simple, cubique centrée et cubique à faces centrées par compacité croissante.
  • d) Calculez la masse volumique du fer, et comparez à la valeur tabulée de 7,877{,}87 g/cm3^{3}.
  • e) Au-dessus de 912 °C, le fer adopte la structure cubique à faces centrées. En supposant le rayon atomique inchangé, calculez la variation relative du volume d'un morceau de fer lors de ce changement. La variation mesurée est d'environ 1 pour cent : que faut-il en conclure sur le modèle ?

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Réponses

  • a) 1+1=21 + 1 = 2 atomes
  • b) a3=4Ra\sqrt{3} = 4R : a286,4a \approx 286{,}4 pm
  • c) C=π3/80,6802C = \pi\sqrt{3}/8 \approx 0{,}6802
  • d) ρ7,90\rho \approx 7{,}90 g/cm3^{3}
  • e) Modèle : 8-8 % ; réel : 1 %, le rayon change

a) Les 8 atomes de sommet comptent chacun pour 18\frac{1}{8}, et l'atome central appartient entièrement à la maille : 8×18+1=28 \times \frac{1}{8} + 1 = 2 atomes.

b) La diagonale d'une face mesure a2a\sqrt{2} par le théorème de Pythagore. La diagonale du cube est l'hypoténuse d'un triangle rectangle dont les côtés sont une arête et une diagonale de face : elle vaut a2+2a2=a3\sqrt{a^{2} + 2a^{2}} = a\sqrt{3}. Le long de cette diagonale, on rencontre un atome de sommet, l'atome central puis l'atome du sommet opposé, soit 4R4R. Donc a3=4Ra\sqrt{3} = 4R et a=4R3=4×1243286,4a = \frac{4R}{\sqrt{3}} = \frac{4 \times 124}{\sqrt{3}} \approx 286{,}4 pm. Vérification : deux atomes de sommet voisins sont distants de 286,4286{,}4 pm, plus que 2R=2482R = 248 pm, donc ils ne se touchent pas le long de l'arête, ce qui confirme le choix de la diagonale.

c) Volume occupé : 2×43πR3=83πR32 \times \frac{4}{3}\pi R^{3} = \frac{8}{3}\pi R^{3}. Volume de la maille : a3=64R333a^{3} = \frac{64 R^{3}}{3\sqrt{3}}. Donc C=8πR3/364R3/(33)=π380,6802C = \frac{8\pi R^{3}/3}{64R^{3}/(3\sqrt{3})} = \frac{\pi\sqrt{3}}{8} \approx 0{,}6802. Classement : cubique simple 0,52360{,}5236, cubique centrée 0,68020{,}6802, cubique à faces centrées 0,74050{,}7405.

d) Masse de la maille : m=2×55,856,022×10231,855×1022m = \frac{2 \times 55{,}85}{6{,}022 \times 10^{23}} \approx 1{,}855 \times 10^{-22} g. Avec a=2,864×108a = 2{,}864 \times 10^{-8} cm, V=a32,348×1023V = a^{3} \approx 2{,}348 \times 10^{-23} cm3^{3}. Donc ρ7,90\rho \approx 7{,}90 g/cm3^{3}, à 0,40{,}4 pour cent de la valeur tabulée.

e) À rayon fixé, la masse volumique est proportionnelle à la compacité, puisque la masse d'un atome ne change pas. Le volume d'une même masse de fer est donc multiplié par 0,68020,74050,9186\frac{0{,}6802}{0{,}7405} \approx 0{,}9186 : il diminuerait de 8,18{,}1 pour cent. La variation réelle est huit fois plus faible. Conclusion : les atomes ne sont pas des billes de rayon fixé. La distance entre voisins dépend du nombre de voisins, 8 dans la structure cubique centrée et 12 dans la structure à faces centrées, et le rayon « apparent » d'un atome de fer est plus grand dans la seconde. Le modèle des sphères dures est excellent pour une structure donnée, et grossier pour comparer deux structures.

Exercice 13 : Simuler la décroissance avec des dés

Une classe simule la désintégration radioactive avec 600 dés à six faces. Chaque dé représente un noyau. À chaque lancer, on retire tous les dés qui montrent un 6 : ces noyaux se sont « désintégrés ». On relance ceux qui restent, et ainsi de suite.

  • a) Quelle proportion des dés reste en jeu, en moyenne, après un lancer ? Combien de dés attend-on après un lancer, puis après deux lancers ?
  • b) Donnez l'expression du nombre moyen de dés restants après nn lancers, et calculez-le pour n=5n = 5 et n=10n = 10.
  • c) La « demi-vie » est ici le nombre de lancers au bout duquel la moitié des dés a été retirée. Encadrez-la entre deux entiers, puis déterminez-la au centième à la calculatrice.
  • d) Deux groupes de 600 dés obtiennent, après le premier lancer, 492 et 509 dés restants. Ces résultats contredisent-ils le modèle ? Pourquoi les 6 000 dés de la classe entière donnent-ils une courbe beaucoup plus régulière ?
  • e) On remplace les dés par des dés à 20 faces, en retirant ceux qui montrent un 20. Calculez la nouvelle demi-vie. Quelle grandeur du dé joue le rôle de la propriété du noyau ?

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a)
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d)
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Réponses

  • a) 56\frac{5}{6} restent : 500 puis 417 dés
  • b) 600×(5/6)n600 \times (5/6)^{n} : 241 puis 97
  • c) Demi-vie 3,80\approx 3{,}80 lancers
  • d) Fluctuations ; loi des grands nombres
  • e) 0,95n=0,50{,}95^{n} = 0{,}5 : 13,5113{,}51 lancers

a) Un dé montre un 6 avec la probabilité 16\frac{1}{6} ; il reste en jeu avec la probabilité 56\frac{5}{6}. Après un lancer, on attend 600×56=500600 \times \frac{5}{6} = 500 dés. Après deux lancers, 500×56417500 \times \frac{5}{6} \approx 417 dés : on ne retire pas 100 dés à chaque fois, mais un sixième de ceux qui RESTENT.

b) Chaque lancer multiplie le nombre de dés par 56\frac{5}{6}, donc après nn lancers il en reste en moyenne 600×(56)n600 \times \left(\frac{5}{6}\right)^{n}. Pour n=5n = 5 : 600×0,4019241600 \times 0{,}4019 \approx 241 dés. Pour n=10n = 10 : environ 97 dés. C'est une suite géométrique, la même loi que celle des noyaux radioactifs.

c) (56)30,579\left(\frac{5}{6}\right)^{3} \approx 0{,}579 et (56)40,482\left(\frac{5}{6}\right)^{4} \approx 0{,}482 : la moitié des dés est retirée entre le 3e et le 4e lancer. En resserrant à la calculatrice, (56)3,80,500\left(\frac{5}{6}\right)^{3{,}8} \approx 0{,}500 : la demi-vie vaut environ 3,803{,}80 lancers. Après deux demi-vies, soit 7,67{,}6 lancers, il reste un quart des dés, comme pour des noyaux.

d) Non. Le modèle prévoit 500 dés EN MOYENNE, pas pour chaque groupe : le sort de chaque dé est aléatoire, et un écart d'une dizaine de dés sur 600 est une fluctuation ordinaire. Avec 6 000 dés, les écarts relatifs sont bien plus faibles, parce que les fluctuations des groupes se compensent : c'est la loi des grands nombres. Un échantillon radioactif compte des milliards de milliards de noyaux, ce qui explique que sa décroissance paraisse parfaitement régulière.

e) Un dé reste en jeu avec la probabilité 1920=0,95\frac{19}{20} = 0{,}95. On cherche nn tel que 0,95n=0,50{,}95^{n} = 0{,}5 : 0,95130,5130{,}95^{13} \approx 0{,}513 et 0,95140,4880{,}95^{14} \approx 0{,}488, puis au centième n13,51n \approx 13{,}51 lancers. La probabilité de retrait à chaque lancer joue le rôle de la propriété du noyau : plus elle est faible, plus la demi-vie est longue. Elle ne dépend ni du nombre de dés, ni du nombre de lancers déjà faits, exactement comme la probabilité de désintégration d'un noyau ne dépend ni de la taille de l'échantillon, ni de l'âge du noyau.

Exercice 14 : Problème : pourquoi les cellules sont-elles si petites ?

En 1665, Robert Hooke observe au microscope une fine lamelle de liège et y distingue de petites loges, qu'il nomme cellules. On modélise ici une cellule par une sphère de rayon rr, de surface S=4πr2S = 4\pi r^{2} et de volume V=43πr3V = \frac{4}{3}\pi r^{3}. On rappelle que 1 pouce vaut 2,542{,}54 cm et que 1 µm vaut 10610^{-6} m.

  • a) Hooke estime qu'environ 1 100 cellules de liège s'alignent sur un pouce. Estimez la taille d'une cellule en micromètres.
  • b) Son microscope grossit environ 300 fois. Quelle taille apparente a une cellule de liège ? Et une bactérie de 2 µm ? Pourquoi Hooke voyait-il les cellules de liège sans pouvoir décrire les bactéries ?
  • c) Montrez que SV=3r\frac{S}{V} = \frac{3}{r}. Calculez ce rapport, en µm1^{-1}, pour r=1r = 1 µm, r=10r = 10 µm et r=100r = 100 µm.
  • d) Une cellule consomme des nutriments en proportion de son volume, et les absorbe par sa membrane, en proportion de sa surface. Si le rayon est multiplié par 10, par combien la surface est-elle multipliée ? Le volume ? Expliquez pourquoi une cellule ne peut pas grossir indéfiniment.
  • e) Le corps humain occupe environ 70 L. En le supposant fait uniquement de cellules sphériques de 20 µm de diamètre, estimez le nombre de cellules. Les estimations actuelles donnent environ 3×10133 \times 10^{13} cellules : l'ordre de grandeur est-il le bon ?

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  • a) Cellule de liège 23\approx 23 µm
  • b) 7 mm contre 0,60{,}6 mm apparents
  • c) S/V=3/rS/V = 3/r : 3 ; 0,30{,}3 ; 0,030{,}03
  • d) Surface × 100, volume × 1 000
  • e) 1,7×1013\approx 1{,}7 \times 10^{13} cellules

a) Un pouce vaut 2,542{,}54 cm =25 400= 25\ 400 µm. Une cellule mesure donc environ 25 4001 10023\frac{25\ 400}{1\ 100} \approx 23 µm, soit à peu près deux centièmes de millimètre.

b) Taille apparente d'une cellule de liège : 23×3006 90023 \times 300 \approx 6\ 900 µm, soit près de 7 mm, facile à voir. Taille apparente d'une bactérie : 2×300=6002 \times 300 = 600 µm, soit 0,60{,}6 mm. On la voit comme un point, mais on ne peut rien décrire de sa forme ni de sa structure, d'autant que les lentilles de l'époque déformaient l'image. Le microscope ne fait pas que grossir : ce qu'il permet de VOIR dépend aussi de la netteté de l'image.

c) SV=4πr243πr3=3r\frac{S}{V} = \frac{4\pi r^{2}}{\frac{4}{3}\pi r^{3}} = \frac{3}{r}. Pour r=1r = 1 µm : 3 µm1^{-1}. Pour r=10r = 10 µm : 0,30{,}3 µm1^{-1}. Pour r=100r = 100 µm : 0,030{,}03 µm1^{-1}. Le rapport est inversement proportionnel au rayon : chaque unité de volume dispose de dix fois moins de membrane quand le rayon est multiplié par dix.

d) La surface varie comme r2r^{2}, donc elle est multipliée par 102=10010^{2} = 100. Le volume varie comme r3r^{3}, donc il est multiplié par 103=1 00010^{3} = 1\ 000. Les besoins augmentent mille fois quand les apports n'augmentent que cent fois : au-delà d'une certaine taille, la membrane ne peut plus nourrir le volume qu'elle entoure. La cellule se divise alors, ce qui rétablit un grand rapport SV\frac{S}{V}. C'est un argument géométrique, pas biologique, et c'est lui qui explique que les êtres vivants de grande taille soient faits de milliards de petites cellules plutôt que d'une seule très grande.

e) Volume d'une cellule de rayon 1010 µm =105= 10^{-5} m : V=43π×(105)34,19×1015V = \frac{4}{3}\pi \times (10^{-5})^{3} \approx 4{,}19 \times 10^{-15} m3^{3}. Le corps occupe 7070 L =7,0×102= 7{,}0 \times 10^{-2} m3^{3}. Nombre de cellules : 7,0×1024,19×10151,7×1013\frac{7{,}0 \times 10^{-2}}{4{,}19 \times 10^{-15}} \approx 1{,}7 \times 10^{13}. L'ordre de grandeur, 101310^{13}, est le bon. L'écart d'un facteur 2 environ vient des hypothèses : les globules rouges, les plus nombreux, sont bien plus petits que 20 µm, et une partie du corps est faite de liquides et de matière extracellulaire.

Exercice 15 : Problème : le diamant, dense mais peu compact

La maille du diamant est un cube d'arête a=356,7a = 356{,}7 pm. Les atomes de carbone occupent les huit sommets et les centres des six faces, comme dans une structure cubique à faces centrées, et quatre atomes supplémentaires se trouvent à l'INTÉRIEUR du cube. Chacun de ces quatre atomes est lié à ses quatre plus proches voisins, placés à une distance égale au quart de la diagonale du cube.

Données : masse molaire du carbone 12,0112{,}01 g/mol ; constante d'Avogadro 6,022×10236{,}022 \times 10^{23} mol1^{-1} ; masse volumique du graphite 2,262{,}26 g/cm3^{3}.

  • a) Combien d'atomes appartiennent en propre à la maille ?
  • b) Calculez la distance entre deux atomes de carbone liés. En déduire le rayon atomique du carbone dans le modèle de sphères en contact.
  • c) Calculez la masse volumique du diamant. De combien de pour cent le diamant est-il plus dense que le graphite ?
  • d) Montrez que la compacité vaut π316\frac{\pi\sqrt{3}}{16} et calculez-la. Comparez à la structure cubique à faces centrées.
  • e) Chaque atome du diamant n'a que 4 plus proches voisins, contre 12 dans un métal cubique à faces centrées. Expliquez pourquoi le diamant est si peu compact, et pourquoi cela ne l'empêche pas d'être le plus dur des minéraux.

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Réponses

  • a) 1+3+4=81 + 3 + 4 = 8 atomes
  • b) d154,5d \approx 154{,}5 pm, R77,2R \approx 77{,}2 pm
  • c) ρ3,52\rho \approx 3{,}52 g/cm3^{3}, 56 % de plus
  • d) C=π3/160,34C = \pi\sqrt{3}/16 \approx 0{,}34
  • e) Liaisons orientées : aéré mais très dur

a) Sommets : 8×18=18 \times \frac{1}{8} = 1. Faces : 6×12=36 \times \frac{1}{2} = 3. Intérieur : 4 atomes entiers. Total : 1+3+4=81 + 3 + 4 = 8 atomes par maille, deux fois plus que dans une structure cubique à faces centrées.

b) La diagonale du cube mesure a3a\sqrt{3}, donc la distance entre atomes liés vaut d=a34=356,7×34154,5d = \frac{a\sqrt{3}}{4} = \frac{356{,}7 \times \sqrt{3}}{4} \approx 154{,}5 pm. Deux sphères en contact ont leurs centres distants de deux rayons, donc R=d277,2R = \frac{d}{2} \approx 77{,}2 pm.

c) Masse de la maille : m=8×12,016,022×10231,595×1022m = \frac{8 \times 12{,}01}{6{,}022 \times 10^{23}} \approx 1{,}595 \times 10^{-22} g. Volume : (3,567×108)34,538×1023(3{,}567 \times 10^{-8})^{3} \approx 4{,}538 \times 10^{-23} cm3^{3}. Donc ρ3,52\rho \approx 3{,}52 g/cm3^{3}, conforme à la valeur tabulée de 3,513{,}51. Rapport au graphite : 3,522,261,56\frac{3{,}52}{2{,}26} \approx 1{,}56, le diamant est environ 56 pour cent plus dense. Même élément, masse volumique très différente : c'est encore l'allotropie.

d) Avec R=a38R = \frac{a\sqrt{3}}{8}, le volume des 8 sphères vaut 8×43π×33a3512=π316a38 \times \frac{4}{3}\pi \times \frac{3\sqrt{3}\, a^{3}}{512} = \frac{\pi\sqrt{3}}{16} a^{3}. En divisant par a3a^{3}, C=π3160,3401C = \frac{\pi\sqrt{3}}{16} \approx 0{,}3401, soit 34 pour cent. C'est moins de la moitié de la compacité maximale, 0,74050{,}7405 : les deux tiers du volume du diamant sont vides.

e) Dans un métal, les liaisons ne sont pas orientées : chaque atome s'entoure d'autant de voisins que la géométrie le permet, et l'empilement est compact. Dans le diamant, chaque atome forme quatre liaisons covalentes dirigées vers les sommets d'un tétraèdre, et aucun autre atome ne peut se glisser entre elles : l'orientation des liaisons impose un réseau aéré. Mais la dureté ne dépend pas du remplissage, elle dépend de la force et de la disposition des liaisons. Dans le diamant, toutes les liaisons sont fortes et le réseau est rigide dans les trois directions : rayer le cristal oblige à en rompre beaucoup. La compacité mesure l'espace occupé, pas la solidité.

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