Exercice 1 : Mesurer la biodiversité
On ne compte jamais tous les individus d'un milieu : on en observe une partie et l'on en déduit le reste. Toute la difficulté est de savoir ce que cette partie autorise à conclure.
- a) Définissez la biodiversité et ses trois niveaux. Donnez un exemple concret de perte de diversité à chacun d'eux.
- b) Pourquoi ne compte-t-on jamais tous les individus ? Citez trois raisons de nature différente.
- c) Qu'est-ce qu'un échantillon représentatif ? Un botaniste relève les plantes le long d'un sentier de randonnée : quelle est la difficulté ?
- d) On observe 240 individus dans une parcelle de 400 m et l'on veut estimer l'effectif d'une prairie de 12 hectares. Faites le calcul et énoncez l'hypothèse indispensable.
- e) Le même relevé, refait dans quatre parcelles, donne 240, 195, 310 et 265 individus. Que change cette information sur votre confiance dans l'estimation précédente ?
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Réponses
- a) Trois niveaux : écosystèmes, espèces, gènes
- b) Raisons matérielle, pratique et éthique
- c) Sentier : biais de sélection, tirer au hasard
- d) individus
- e) Moyenne , dispersion %
a) La biodiversité est la diversité du vivant, à trois niveaux emboîtés. La diversité des ÉCOSYSTÈMES : disparition d'une zone humide asséchée pour l'agriculture. La diversité des ESPÈCES : extinction d'un oiseau endémique d'une île. La diversité GÉNÉTIQUE, c'est-à-dire la variété des allèles à l'intérieur d'une espèce : réduction d'une variété cultivée à quelques clones, ce qui rend toute la culture vulnérable au même parasite. Le troisième niveau est le plus souvent oublié et c'est pourtant celui qui décide de la capacité d'une espèce à s'adapter.
b) Trois raisons. Une raison MATÉRIELLE : le nombre d'individus est trop grand et le milieu trop étendu, on ne peut pas y consacrer le temps nécessaire. Une raison PRATIQUE : beaucoup d'organismes sont invisibles, enfouis, nocturnes, microscopiques ou mobiles, et l'on ne saurait pas les compter même avec un temps illimité. Une raison ÉTHIQUE et écologique : certaines méthodes de comptage exhaustif détruiraient le milieu ou tueraient les individus, ce qui est contradictoire avec l'objectif d'un suivi.
c) Un échantillon est représentatif quand chaque individu de la population a la même probabilité d'y figurer, si bien que la composition de l'échantillon reflète celle de l'ensemble. La difficulté du relevé le long d'un sentier est un BIAIS DE SÉLECTION : le bord d'un sentier est piétiné, tassé, plus éclairé et enrichi par les apports extérieurs, et il favorise donc des espèces rudérales absentes du reste de la prairie. L'échantillon est facile à obtenir et systématiquement faux, ce qui est la pire des combinaisons. On corrige par un tirage au hasard des emplacements, ou par un maillage régulier indépendant des chemins.
d) La densité observée vaut individu par mètre carré. Douze hectares font m. L'effectif estimé vaut donc individus. L'hypothèse indispensable est que la densité soit HOMOGÈNE, c'est-à-dire que la parcelle échantillonnée soit représentative de toute la prairie. Si l'espèce se concentre près d'un point d'eau, l'extrapolation peut se tromper d'un ordre de grandeur.
e) Cette information permet d'estimer la VARIABILITÉ, ce qu'un relevé unique ne permettait pas. La moyenne des quatre vaut , et les valeurs s'écartent de la moyenne de à , soit une dispersion d'environ 20 pour cent. On sait donc maintenant deux choses. D'abord, l'estimation de la question d, fondée sur une seule parcelle qui se trouvait proche de la moyenne, était acceptable mais chanceuse. Ensuite, l'ordre de grandeur de l'incertitude est de 20 pour cent, si bien qu'annoncer 72 000 individus au millier près serait une fausse précision : il faut annoncer environ 75 000 individus, à 15 000 près. Répéter une mesure ne la rend pas plus exacte, cela dit ce qu'on peut en croire.