Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : probabilités et échantillonnage (Seconde)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques sur les probabilités, au niveau de la classe de Seconde du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le dernier exercice est entièrement consacré aux raisonnements faux que les correcteurs voient chaque année : additionner des probabilités d'événements qui ne sont pas incompatibles, ou supposer l'équiprobabilité là où elle n'existe pas.

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Ce chapitre fait partie de Mathématiques en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Durées, tableaux et graphiquesSixième
  2. 2Les fractionsCinquième
  3. 3Statistiques et probabilitésCinquième
  4. 4Statistiques et probabilitésQuatrième
  5. 5Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième

Rappel de cours

  • Une loi de probabilité attribue à chaque issue un nombre entre 0 et 1, et la somme de toutes ces probabilités vaut exactement 1.
  • En situation d'équiprobabilité, P(A)=nombre d’issues favorablesnombre d’issues totalesP(A)=\frac{\text{nombre d'issues favorables}}{\text{nombre d'issues totales}}.
  • Événement contraire : P(A)=1P(A)P(\overline{A})=1-P(A).
  • Formule générale : P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B). On ne peut écrire P(AB)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B) que si AA et BB sont incompatibles, c'est-à-dire si P(AB)=0P(A\cap B)=0.
  • Dans un arbre, on multiplie les probabilités le long d'un chemin et on additionne les chemins qui réalisent l'événement.
  • Intervalle de fluctuation au seuil de 95 % pour un échantillon de taille nn : [p1n ; p+1n][p-\frac{1}{\sqrt{n}}\ ;\ p+\frac{1}{\sqrt{n}}].

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Loi de probabilité d'un dé truqué

Un dé à six faces est truqué. On sait que P(1)=P(2)=P(3)=0,1P(1)=P(2)=P(3)=0{,}1 et P(4)=P(5)=0,15P(4)=P(5)=0{,}15.

Une loi de probabilité n'est rien d'autre qu'une répartition de la totalité du hasard, c'est-à-dire de 11, entre les issues possibles : c'est cette contrainte qui permet de retrouver la valeur manquante.

  • a) Déterminez P(6)P(6).
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir un nombre pair.
  • c) Calculez la probabilité d'obtenir au moins 4.
  • d) Calculez la probabilité d'obtenir un nombre strictement inférieur à 4, de deux façons différentes.
  • e) Ce dé est-il avantageux pour un joueur qui parie sur le 6 ? Comparez avec un dé équilibré et dites de combien la chance est multipliée.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) P(6)=0,4P(6)=0{,}4
  • b) 0,650{,}65
  • c) 0,70{,}7
  • d) 0,30{,}3 (directement ou 10,71-0{,}7)
  • e) Oui : 0,40{,}4 contre 16\frac{1}{6}, soit 2,42{,}4 fois plus

a) La somme des probabilités de toutes les issues vaut toujours 11 : 0,1×3+0,15×2+P(6)=10{,}1\times 3+0{,}15\times 2+P(6)=1, soit 0,3+0,3+P(6)=10{,}3+0{,}3+P(6)=1, donc P(6)=0,4P(6)=0{,}4. La rédaction attendue commence par citer cette propriété, pas par poser l'équation : c'est elle qui justifie le calcul.

b) Un événement est un ensemble d'issues, et sa probabilité est la SOMME des probabilités de ces issues. Les nombres pairs sont 22, 44 et 66 : P=0,1+0,15+0,4=0,65P=0{,}1+0{,}15+0{,}4=0{,}65. Sur un dé équilibré on aurait trouvé 0,50{,}5 : le trucage se voit déjà ici, puisque la face truquée est paire.

c) Au moins 44 signifie 44, 55 ou 66, l'expression incluant la valeur 44 : P=0,15+0,15+0,4=0,7P=0{,}15+0{,}15+0{,}4=0{,}7. Confondre au moins 44 et plus de 44 est l'erreur de lecture la plus fréquente, et elle change ici le résultat de 0,150{,}15.

d) Directement, en additionnant les trois issues favorables : P(1)+P(2)+P(3)=0,1×3=0,3P(1)+P(2)+P(3)=0{,}1\times 3=0{,}3. Par l'événement contraire : strictement inférieur à 44 est exactement le contraire de au moins 44, donc P=10,7=0,3P=1-0{,}7=0{,}3 ✓. Les deux méthodes concordent, et la seconde est la plus rapide dès que l'événement contraire compte moins d'issues. C'est le réflexe à prendre pour toute question commençant par au moins.

e) Très avantageux. Sur un dé équilibré, P(6)=160,167P(6)=\frac{1}{6}\approx 0{,}167 ; ici P(6)=0,4P(6)=0{,}4, soit 2,42{,}4 fois plus. Concrètement, sur 100100 lancers on attend environ 4040 six au lieu de 1717. À l'inverse, les faces 11, 22 et 33 sont défavorisées : 0,10{,}1 au lieu de 0,1670{,}167. Retenir la lecture : dans une loi non équiprobable, le mot hasard ne dit plus rien à lui seul, seule la loi permet de conclure.

Exercice 2 : Équiprobabilité : un jeu de 52 cartes

On tire au hasard une carte dans un jeu bien mélangé de 52 cartes. Il y a quatre couleurs de 13 cartes, et quatre rois.

Bien mélangé est le mot qui autorise l'équiprobabilité : chaque carte a la même probabilité 152\frac{1}{52}, et toute probabilité se ramène alors à un comptage.

  • a) Calculez la probabilité de tirer un cœur.
  • b) Calculez la probabilité de tirer un roi.
  • c) Calculez la probabilité de tirer le roi de cœur.
  • d) Calculez la probabilité de tirer un roi ou un cœur. Expliquez pourquoi on ne peut pas se contenter d'additionner les résultats de a) et b).
  • e) Comparez le produit des réponses a) et b) avec la réponse c). Que constatez-vous ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 14\frac{1}{4}
  • b) 113\frac{1}{13}
  • c) 152\frac{1}{52}
  • d) 1652=413\frac{16}{52}=\frac{4}{13} : on retranche le roi de cœur
  • e) 14×113=152\frac{1}{4}\times\frac{1}{13}=\frac{1}{52} : couleur et hauteur indépendantes

a) En situation d'équiprobabilité, la probabilité est le nombre de cas favorables divisé par le nombre de cas possibles : P(cœur)=1352=14P(\text{cœur})=\frac{13}{52}=\frac{1}{4}. Résultat attendu, puisque les quatre couleurs se partagent le jeu à parts égales.

b) P(roi)=452=1130,077P(\text{roi})=\frac{4}{52}=\frac{1}{13}\approx 0{,}077. Il y a un roi par couleur.

c) Une seule carte du jeu convient, donc P=1520,019P=\frac{1}{52}\approx 0{,}019. C'est la probabilité d'une issue élémentaire.

d) Les deux événements ne sont pas incompatibles : le roi de cœur est à la fois un roi et un cœur, il appartient aux deux ensembles. La formule générale retranche donc l'intersection, comptée deux fois : P=1352+452152=1652=413P=\frac{13}{52}+\frac{4}{52}-\frac{1}{52}=\frac{16}{52}=\frac{4}{13}. Additionner sans retrancher donnerait 1752\frac{17}{52}, un résultat faux. Le contrôle est facile à faire à la main : les cartes favorables sont les 1313 cœurs plus les 33 rois qui ne sont pas des cœurs, soit 1616 cartes ✓.

e) Le produit vaut 14×113=152\frac{1}{4}\times\frac{1}{13}=\frac{1}{52}, exactement la réponse c). Ce n'est pas une règle générale, c'est une propriété de ce jeu : la couleur ne donne aucune information sur la hauteur de la carte, puisque chaque couleur contient exactement un roi. On dit que les deux événements sont indépendants, notion qui sera formalisée en Première. Contre-exemple immédiat : dans un jeu de 3232 cartes auquel on aurait ajouté un joker, ou dans un jeu tronqué, cette égalité tomberait en défaut.

Exercice 3 : Réunion, intersection et contraire

AA et BB sont deux événements d'une même expérience aléatoire, avec P(A)=0,45P(A)=0{,}45, P(B)=0,3P(B)=0{,}3 et P(AB)=0,12P(A\cap B)=0{,}12.

Aucune expérience n'est décrite, et ce n'est pas un oubli : toutes les questions se traitent avec les seules relations entre événements, ce qui est justement l'objet de l'exercice.

  • a) Calculez P(AB)P(A\cup B).
  • b) Calculez P(A)P(\overline{A}).
  • c) Calculez la probabilité que AA soit réalisé mais pas BB.
  • d) Calculez la probabilité qu'aucun des deux ne soit réalisé.
  • e) Les événements AA et BB sont-ils incompatibles ? Justifiez.
  • f) Vérifiez que les quatre cas possibles (AA et BB, AA sans BB, BB sans AA, ni l'un ni l'autre) ont des probabilités de somme 1.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
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Réponses

  • a) 0,630{,}63
  • b) 0,550{,}55
  • c) 0,330{,}33
  • d) 0,370{,}37
  • e) Non : P(AB)=0,120P(A\cap B)=0{,}12\neq 0
  • f) 0,12+0,33+0,18+0,37=10{,}12+0{,}33+0{,}18+0{,}37=1

a) P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)=0,45+0,30,12=0,63P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B)=0{,}45+0{,}3-0{,}12=0{,}63. On retranche l'intersection parce qu'elle est comptée dans P(A)P(A) et de nouveau dans P(B)P(B).

b) P(A)=1P(A)=10,45=0,55P(\overline{A})=1-P(A)=1-0{,}45=0{,}55. L'événement contraire complète toujours à 11.

c) L'événement AA se décompose en deux morceaux disjoints : AA avec BB, et AA sans BB. Donc P(AB)=P(A)P(AB)=0,450,12=0,33P(A\cap\overline{B})=P(A)-P(A\cap B)=0{,}45-0{,}12=0{,}33. Cette décomposition est le raisonnement clé du chapitre, plus utile à retenir que la formule elle-même.

d) Aucun des deux est le contraire de au moins un des deux, c'est-à-dire le contraire de ABA\cup B : P=10,63=0,37P=1-0{,}63=0{,}37. Traduire aucun par le contraire de au moins un évite d'avoir à calculer directement une intersection de contraires.

e) Non. Deux événements incompatibles ne peuvent pas se produire ensemble, donc vérifient P(AB)=0P(A\cap B)=0. Ici cette probabilité vaut 0,120{,}12, qui n'est pas nulle : les deux événements se produisent simultanément dans 1212 % des cas.

f) Les quatre cas valent respectivement 0,120{,}12, 0,330{,}33, P(B)P(AB)=0,30,12=0,18P(B)-P(A\cap B)=0{,}3-0{,}12=0{,}18 et 0,370{,}37. Leur somme : 0,12+0,33+0,18+0,37=10{,}12+0{,}33+0{,}18+0{,}37=1 ✓. Ces quatre cas forment une partition de l'univers : ils sont deux à deux incompatibles et couvrent toutes les possibilités. C'est exactement l'information que résume un tableau à double entrée, comme celui de l'exercice suivant, et c'est le meilleur outil de vérification d'un énoncé de ce type.

Exercice 4 : Tableau à double entrée

Dans un lycée, 120 élèves ont été interrogés sur leurs activités. 70 pratiquent un sport, 45 pratiquent la musique, et 25 pratiquent les deux.

On interroge au hasard un de ces 120 élèves.

Le tableau à double entrée n'est pas une présentation décorative : il matérialise la partition en quatre cas de l'exercice précédent, et il rend chaque probabilité lisible sans aucune formule.

MusiquePas de musiqueTotal
Sport2570
Pas de sport
Total45120
  • a) Recopiez et complétez le tableau.
  • b) Calculez la probabilité que l'élève pratique un sport.
  • c) Calculez la probabilité qu'il pratique au moins une des deux activités.
  • d) Calculez la probabilité qu'il ne pratique aucune des deux, et vérifiez la cohérence avec la question c).
  • e) La somme 70+4570+45 dépasse le nombre d'élèves interrogés qui pratiquent au moins une activité. Expliquez cet écart et donnez sa valeur.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2525, 4545, 7070 / 2020, 3030, 5050 / 4545, 7575, 120120
  • b) 7120,583\frac{7}{12}\approx 0{,}583
  • c) 34\frac{3}{4}
  • d) 14=134\frac{1}{4}=1-\frac{3}{4}
  • e) Écart 2525 : les élèves des deux activités

a) On remplit toujours en partant de la case commune, la seule donnée directement : 2525 élèves pratiquent les deux. Sport sans musique : 7025=4570-25=45. Musique sans sport : 4525=2045-25=20. Élèves sans sport : 12070=50120-70=50, dont 2020 musiciens, donc 5020=3050-20=30 ne font ni l'un ni l'autre. Contrôle par les deux marges : la colonne sans musique donne 45+30=7545+30=75, et 45+75=12045+75=120 ✓. Un tableau qui ne boucle pas sur ses deux marges contient une erreur, et ce contrôle prend dix secondes.

b) P(sport)=70120=7120,583P(\text{sport})=\frac{70}{120}=\frac{7}{12}\approx 0{,}583. On lit un total de ligne, pas une case.

c) Au moins une activité, ce sont les trois cases autres que celle des 3030 : 45+25+20120=90120=34\frac{45+25+20}{120}=\frac{90}{120}=\frac{3}{4}. On retrouve bien la formule de la réunion : 70+4525120=90120\frac{70+45-25}{120}=\frac{90}{120} ✓.

d) Aucune des deux : la case correspondante contient 3030 élèves, donc 30120=14\frac{30}{120}=\frac{1}{4}. C'est bien 1341-\frac{3}{4}, ce qui confirme la question c) ✓. Avec le tableau, cette probabilité se lit directement, alors que sans lui il faut passer par l'événement contraire : c'est tout l'intérêt de le construire d'abord.

e) 70+45=11570+45=115, alors que 9090 élèves seulement pratiquent au moins une activité. L'écart vaut 11590=25115-90=25, c'est-à-dire exactement le nombre d'élèves qui pratiquent les deux : ils ont été comptés une fois dans les sportifs et une fois dans les musiciens. C'est la même idée que le terme retranché dans P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B), vue ici sur des effectifs plutôt que sur des probabilités.

Exercice 5 : Arbre : deux tirages avec remise

Une urne contient 3 boules rouges et 2 boules vertes, indiscernables au toucher.

On tire une boule, on note sa couleur, on la remet dans l'urne, puis on tire une seconde boule.

Indiscernables au toucher est la formule consacrée qui garantit l'équiprobabilité entre les boules : sans elle, aucun calcul ne serait possible.

  • a) Construisez l'arbre des possibles en indiquant toutes les probabilités.
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir deux boules rouges.
  • c) Calculez la probabilité d'obtenir deux boules vertes.
  • d) Calculez la probabilité d'obtenir une boule de chaque couleur, puis vérifiez que la somme des trois résultats vaut 1.
  • e) Pourquoi le chemin RV et le chemin VR comptent-ils tous les deux, alors que le résultat une rouge et une verte est le même dans les deux cas ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 35\frac{3}{5} et 25\frac{2}{5} à chaque niveau
  • b) 925=0,36\frac{9}{25}=0{,}36
  • c) 425=0,16\frac{4}{25}=0{,}16
  • d) 1225=0,48\frac{12}{25}=0{,}48 ; somme 11
  • e) RV et VR sont deux déroulements distincts

a) Comme la boule est remise, la composition de l'urne est identique aux deux tirages : chaque branche rouge porte 35\frac{3}{5} et chaque branche verte 25\frac{2}{5}, au premier comme au second niveau. L'arbre a quatre chemins : RR, RV, VR et VV. Contrôle de construction : la somme des probabilités des branches issues d'un même nœud vaut toujours 11, ici 35+25=1\frac{3}{5}+\frac{2}{5}=1 ✓.

b) On multiplie le long d'un chemin : P(RR)=35×35=925=0,36P(RR)=\frac{3}{5}\times\frac{3}{5}=\frac{9}{25}=0{,}36. La multiplication traduit le fait que les deux conditions doivent être remplies l'une APRÈS l'autre.

c) P(VV)=25×25=425=0,16P(VV)=\frac{2}{5}\times\frac{2}{5}=\frac{4}{25}=0{,}16.

d) Deux chemins conviennent, et on additionne leurs probabilités : P(RV)+P(VR)=35×25+25×35=625+625=1225=0,48P(RV)+P(VR)=\frac{3}{5}\times\frac{2}{5}+\frac{2}{5}\times\frac{3}{5}=\frac{6}{25}+\frac{6}{25}=\frac{12}{25}=0{,}48. Vérification : 925+425+1225=2525=1\frac{9}{25}+\frac{4}{25}+\frac{12}{25}=\frac{25}{25}=1 ✓. La règle du chapitre tient en deux verbes : on multiplie LE LONG d'un chemin, on additionne ENTRE les chemins.

e) Parce que l'expérience distingue l'ordre : le premier tirage et le second sont deux instants différents, et rouge puis verte n'est pas le même déroulement que verte puis rouge, même si le bilan final se ressemble. Oublier l'un des deux chemins donnerait 625=0,24\frac{6}{25}=0{,}24 au lieu de 0,480{,}48, et la somme des trois cas ne ferait plus 11 : c'est d'ailleurs ce contrôle qui permet de détecter l'oubli. Retenir que le résultat une de chaque est le plus probable des trois, précisément parce qu'il se réalise de deux façons.

R0,4R0,4V0,6V0,6R0,4V0,6tirage AVEC remise : les mêmes probabilitésau deuxième tirage qu'au premierP(R puis R) = 0,4 × 0,4 = 0,16sans remise, le second étage CHANGERAIT

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Avec remise ou sans remise

On reprend l'urne contenant 3 boules rouges et 2 boules vertes, mais cette fois les deux boules sont tirées successivement et sans remise.

Un seul mot de l'énoncé change, et tout l'arbre change avec lui : c'est le type de détail qu'il faut chercher avant de commencer à calculer.

  • a) Expliquez ce qui change sur l'arbre par rapport à l'exercice précédent.
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir deux boules rouges.
  • c) Calculez la probabilité d'obtenir deux boules vertes, puis une boule de chaque couleur.
  • d) Comparez la probabilité d'obtenir deux rouges avec et sans remise. Le sens de la variation était-il prévisible ?
  • e) Mêmes questions avec une urne de 30 rouges et 20 vertes, dans les mêmes proportions. L'écart entre les deux modes de tirage reste-t-il aussi marqué ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Le second niveau dépend du premier tirage
  • b) 310=0,3\frac{3}{10}=0{,}3
  • c) 0,10{,}1 et 0,60{,}6
  • d) 0,360{,}36 contre 0,300{,}30 : baisse prévisible
  • e) 0,355\approx 0{,}355 : écart dix fois plus faible

a) Les probabilités du second niveau dépendent désormais du résultat du premier tirage : il ne reste que 44 boules, et la composition a changé selon la branche empruntée. Après une rouge, il reste 22 rouges sur 44 ; après une verte, il reste 33 rouges sur 44. Le premier niveau, lui, est inchangé. C'est la seule différence, mais elle interdit de réutiliser les mêmes nombres partout.

b) P(RR)=35×24=620=310=0,3P(RR)=\frac{3}{5}\times\frac{2}{4}=\frac{6}{20}=\frac{3}{10}=0{,}3.

c) P(VV)=25×14=220=110=0,1P(VV)=\frac{2}{5}\times\frac{1}{4}=\frac{2}{20}=\frac{1}{10}=0{,}1. Pour une de chaque, deux chemins : 35×24+25×34=620+620=1220=35=0,6\frac{3}{5}\times\frac{2}{4}+\frac{2}{5}\times\frac{3}{4}=\frac{6}{20}+\frac{6}{20}=\frac{12}{20}=\frac{3}{5}=0{,}6. Vérification : 0,3+0,1+0,6=10{,}3+0{,}1+0{,}6=1 ✓. Noter que les deux chemins mixtes ont encore la même probabilité, ce qui n'a rien d'évident ici puisque les branches diffèrent : 35×24\frac{3}{5}\times\frac{2}{4} et 25×34\frac{2}{5}\times\frac{3}{4} ont les mêmes facteurs dans un ordre différent.

d) Avec remise : 925=0,36\frac{9}{25}=0{,}36. Sans remise : 310=0,30\frac{3}{10}=0{,}30. La probabilité diminue, et c'était prévisible : une fois une rouge retirée, il en reste 22 sur 44 au lieu de 33 sur 55, donc la seconde rouge devient moins probable. Règle générale : sans remise, tirer deux fois la même couleur est toujours moins probable qu'avec remise, et tirer deux couleurs différentes est toujours plus probable.

e) Avec 3030 rouges et 2020 vertes, la proportion de rouges est la même, 0,60{,}6. Avec remise, P(RR)=0,62=0,36P(RR)=0{,}6^2=0{,}36, inchangé. Sans remise, P(RR)=3050×29490,355P(RR)=\frac{30}{50}\times\frac{29}{49}\approx 0{,}355. L'écart est tombé d'environ 0,060{,}06 à environ 0,0050{,}005, dix fois moins. La raison est simple : retirer une boule sur 5050 modifie à peine la composition, alors que retirer une boule sur 55 la bouleverse. C'est pour cela que, sur de grandes populations, les sondages sans remise se traitent comme s'ils étaient avec remise.

Exercice 7 : Utiliser la formule à l'envers

Dans une classe, 60 % des élèves étudient l'espagnol, 45 % étudient l'allemand, et 15 % n'étudient aucune de ces deux langues.

On choisit un élève au hasard. On note EE l'événement « l'élève étudie l'espagnol » et AA l'événement « l'élève étudie l'allemand ».

La donnée manquante est ici l'intersection : l'exercice consiste à utiliser la formule de la réunion dans l'autre sens, ce qui est exactement ce que demandent les contrôles au-delà des questions d'application directe.

  • a) Déterminez P(EA)P(E\cup A).
  • b) Déduisez-en le pourcentage d'élèves qui étudient les deux langues.
  • c) Quel pourcentage d'élèves étudie l'espagnol mais pas l'allemand ?
  • d) Un élève affirme : « 60+45=10560+45=105, donc l'énoncé est impossible ». Répondez-lui.
  • e) Si on ne connaissait pas le pourcentage d'élèves n'étudiant aucune des deux langues, entre quelles valeurs le pourcentage de bilingues pourrait-il varier ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 0,850{,}85
  • b) 20 %20\ \%
  • c) 40 %40\ \%
  • d) Les bilingues sont comptés deux fois : 10585=20105-85=20
  • e) Entre 5 %5\ \% et 45 %45\ \%

a) Aucune des deux est le contraire de au moins une des deux, c'est-à-dire de EAE\cup A. Donc P(EA)=10,15=0,85P(E\cup A)=1-0{,}15=0{,}85 : 8585 % des élèves étudient au moins une de ces langues.

b) On applique la formule de la réunion en cherchant le terme manquant : 0,85=0,60+0,45P(EA)0{,}85=0{,}60+0{,}45-P(E\cap A), donc P(EA)=1,050,85=0,20P(E\cap A)=1{,}05-0{,}85=0{,}20. Ainsi 2020 % des élèves étudient les deux langues. Contrôle par les quatre cas : 2020 % bilingues, 4040 % espagnol seul, 2525 % allemand seul, 1515 % aucune, et la somme fait bien 100100 % ✓.

c) P(EA)=P(E)P(EA)=0,600,20=0,40P(E\cap\overline{A})=P(E)-P(E\cap A)=0{,}60-0{,}20=0{,}40, soit 4040 % de la classe.

d) L'énoncé est parfaitement cohérent, et son objection repose sur une confusion entre effectifs et pourcentages cumulés. La somme 60+4560+45 dépasse 100100 précisément parce que les bilingues sont comptés deux fois, une fois dans chaque groupe. Le surplus 10585=20105-85=20 est exactement le pourcentage de bilingues, ce qui est d'ailleurs une autre façon de répondre à la question b). Rien n'interdit à deux pourcentages de dépasser 100100 ensemble : ce serait impossible seulement si les deux groupes étaient disjoints.

e) Le pourcentage de bilingues ne peut pas dépasser le plus petit des deux groupes, donc il est au plus 4545 % : le maximum est atteint si tous les germanistes font aussi de l'espagnol. À l'inverse, comme les deux groupes occupent au total 105105 points de pourcentage dans une classe qui n'en contient que 100100, le recouvrement vaut au moins 105100=5105-100=5 %. Le pourcentage de bilingues est donc compris entre 55 % et 4545 %, et la donnée des 1515 % sans langue fixe la valeur à 2020 % dans cet intervalle. Cet encadrement, max(0, P(E)+P(A)1)P(EA)min(P(E), P(A))\max(0,\ P(E)+P(A)-1)\leq P(E\cap A)\leq\min(P(E),\ P(A)), est un bon réflexe de contrôle : un résultat qui en sort est nécessairement faux.

Exercice 8 : Échantillonnage et intervalle de fluctuation

On souhaite tester si une pièce de monnaie est équilibrée. Sous l'hypothèse d'équilibre, la proportion attendue de « pile » est p=0,5p=0{,}5.

On utilise l'intervalle de fluctuation au seuil de 95 % : [p1n ; p+1n][p-\frac{1}{\sqrt{n}}\ ;\ p+\frac{1}{\sqrt{n}}].

Le seuil de 95 % signifie que, si la pièce est réellement équilibrée, la fréquence observée tombe dans cet intervalle dans environ 95 % des expériences : le test se trompe donc environ une fois sur vingt, et cela fait partie de la méthode.

  • a) On lance la pièce 100 fois et on obtient 58 « pile ». Calculez la fréquence observée, puis l'intervalle de fluctuation. Peut-on rejeter l'hypothèse ?
  • b) On lance maintenant la pièce 1000 fois et on obtient 580 « pile ». Reprenez la question.
  • c) La fréquence observée est la même dans les deux cas. Expliquez pourquoi les conclusions diffèrent.
  • d) Dans le cas de 100 lancers, à partir de combien de « pile » aurait-on rejeté l'hypothèse ?

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Réponses

  • a) f=0,58[0,4 ; 0,6]f=0{,}58\in[0{,}4\ ;\ 0{,}6] : on ne rejette pas
  • b) f=0,58[0,468 ; 0,532]f=0{,}58\notin[0{,}468\ ;\ 0{,}532] : on rejette
  • c) L'amplitude 2n\frac{2}{\sqrt{n}} diminue quand nn augmente
  • d) Au moins 6161 piles (ou au plus 3939)

a) Fréquence observée : f=58100=0,58f=\frac{58}{100}=0{,}58. Comme 1100=110=0,1\frac{1}{\sqrt{100}}=\frac{1}{10}=0{,}1, l'intervalle est [0,4 ; 0,6][0{,}4\ ;\ 0{,}6]. La fréquence 0,580{,}58 appartient à cet intervalle, donc on ne rejette pas l'hypothèse. Formulation importante : on ne rejette pas ne veut pas dire on a prouvé que la pièce est équilibrée. Le test n'a simplement rien détecté, ce qui est très différent.

b) Fréquence observée : f=5801000=0,58f=\frac{580}{1000}=0{,}58, identique. Mais 110000,0316\frac{1}{\sqrt{1000}}\approx 0{,}0316, donc l'intervalle se resserre à environ [0,468 ; 0,532][0{,}468\ ;\ 0{,}532]. Cette fois 0,580{,}58 est en dehors : on rejette l'hypothèse au seuil de 9595 %, la pièce est très probablement truquée.

c) L'amplitude de l'intervalle vaut 2n\frac{2}{\sqrt{n}}, donc elle diminue quand la taille de l'échantillon augmente, mais lentement : il faut multiplier nn par 44 pour diviser l'amplitude par 22. Un écart de 0,080{,}08 à la valeur théorique s'explique aisément par le hasard sur 100100 lancers, mais devient invraisemblable sur 10001000. Autrement dit, ce n'est pas la fréquence seule qui compte, c'est le couple fréquence et taille d'échantillon. C'est aussi pourquoi un sondage sur 5050 personnes ne permet presque jamais de conclure.

d) Il faut sortir de [0,4 ; 0,6][0{,}4\ ;\ 0{,}6], donc obtenir une fréquence strictement supérieure à 0,60{,}6, c'est-à-dire au moins 6161 piles sur 100100 (ou au plus 3939, du côté opposé). Avec 6060 piles exactement, la fréquence 0,60{,}6 est encore une borne de l'intervalle, donc on ne rejette pas. Trois piles de plus que les 5858 observés auraient donc inversé la conclusion, ce qui montre à quel point un test au seuil de 9595 % est une décision, et non une preuve.

Exercice 9 : Quatre raisonnements à démonter

Chacune des affirmations suivantes est fausse ou incomplète. Dites pourquoi, et corrigez.

Trois des quatre erreurs viennent de la même source : appliquer une formule sans vérifier l'hypothèse qui la rend valable.

  • a) « AA et BB sont incompatibles, avec P(A)=0,5P(A)=0{,}5 et P(B)=0,6P(B)=0{,}6. »
  • b) « Pour deux événements quelconques, P(AB)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B). »
  • c) « Une pièce a deux faces, donc la probabilité d'obtenir pile est toujours 12\frac{1}{2}. »
  • d) « On lance deux dés et on note la somme. Les sommes possibles vont de 2 à 12, cela fait 11 issues, donc la probabilité d'obtenir 7 est 111\frac{1}{11}. »

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Réponses

  • a) Impossible : 0,5+0,6=1,1>10{,}5+0{,}6=1{,}1>1
  • b) P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B)
  • c) Seulement si la pièce est équilibrée
  • d) P(7)=636=16P(7)=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}, P(2)=136P(2)=\frac{1}{36}

a) Impossible. Si AA et BB étaient incompatibles, on aurait P(AB)=P(A)+P(B)=0,5+0,6=1,1P(A\cup B)=P(A)+P(B)=0{,}5+0{,}6=1{,}1, or aucune probabilité ne peut dépasser 11. Deux événements de probabilités 0,50{,}5 et 0,60{,}6 ont donc nécessairement une intersection, et même une intersection de probabilité au moins 0,10{,}1. Cette contrainte, P(AB)P(A)+P(B)1P(A\cap B)\geq P(A)+P(B)-1, est la version chiffrée de l'idée que deux ensembles occupant ensemble plus de place que le tout doivent se chevaucher.

b) L'égalité P(AB)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B) n'est valable que si AA et BB sont incompatibles. Dans le cas général il faut retrancher l'intersection : P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B). La première formule est un cas particulier de la seconde, celui où P(AB)=0P(A\cap B)=0, et non une formule concurrente. Contre-exemple pris à l'exercice 2 : roi et cœur donnent 413\frac{4}{13} et non 1752\frac{17}{52}.

c) Compter les issues ne suffit jamais : la formule cas favorables sur cas possibles exige que les issues soient ÉQUIPROBABLES. La conclusion n'est donc valable que pour une pièce équilibrée. Une pièce truquée a bien deux issues, mais des probabilités différentes, comme le dé de l'exercice 1 qui a six faces sans avoir six probabilités égales à 16\frac{1}{6}.

d) Même erreur, sous une forme plus spectaculaire. Les 1111 sommes possibles ne sont pas équiprobables : il n'existe qu'une façon d'obtenir 22, à savoir 11 et 11, contre six façons d'obtenir 77, qui sont 1+61{+}6, 2+52{+}5, 3+43{+}4, 4+34{+}3, 5+25{+}2 et 6+16{+}1. Le bon univers équiprobable est celui des 3636 couples de résultats des deux dés : P(7)=636=160,167P(7)=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}\approx 0{,}167 alors que P(2)=1360,028P(2)=\frac{1}{36}\approx 0{,}028, six fois moins. La leçon générale du chapitre : avant tout comptage, il faut choisir un univers dont les issues ont vraiment la même probabilité.

Exercice 10 : Rendre un jeu équitable

Un jeu de fête foraine se joue avec un dé équilibré à six faces. Le joueur mise et lance le dé une fois.

Règle initiale : il gagne 5 dollars s'il obtient un 6, et perd 1 dollar sinon.

Un jeu est dit équitable quand, sur un très grand nombre de parties, le gain total du joueur tend vers zéro : ni lui ni l'organisateur n'est avantagé. En Première, ce raisonnement sur un grand nombre de parties deviendra le calcul de l'espérance.

  • a) Quelle est la probabilité d'obtenir un 6 ?
  • b) Sur 600 parties, à combien de 6 peut-on s'attendre environ ? Estimez le gain total du joueur sur ces 600 parties.
  • c) Le jeu est-il équitable ? Justifiez.
  • d) L'organisateur remplace le gain de 5 dollars par un gain de 4 dollars. Reprenez le calcul de la question b) et concluez.
  • e) L'organisateur veut que le jeu soit équitable tout en faisant perdre 2 dollars au joueur en cas d'échec. Quel gain gg doit-il proposer pour un 6 ?

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Réponses

  • a) 16\frac{1}{6}
  • b) 100100 six ; gain total 00
  • c) Équitable
  • d) 100-100 dollars : défavorable au joueur
  • e) g=10g=10 dollars

a) Le dé est équilibré, donc les six faces sont équiprobables et P(6)=160,167P(6)=\frac{1}{6}\approx 0{,}167. Le joueur perd donc environ cinq fois sur six.

b) Sur 600600 parties, on attend environ 600×16=100600\times\frac{1}{6}=100 apparitions du 66, donc 500500 échecs. Gain estimé : 100×5+500×(1)=500500=0100\times 5+500\times(-1)=500-500=0 dollar. Le choix de 600600 n'est pas anodin : c'est un multiple de 66, ce qui évite les arrondis et rend le raisonnement lisible. On peut refaire le calcul avec 60006000 parties, on trouvera encore 00.

c) Le gain total attendu étant nul, le jeu est équitable. Attention à ce que cela signifie : sur une partie donnée, le joueur gagne 55 ou perd 11, jamais 00. C'est seulement la moyenne sur un grand nombre de parties qui s'approche de zéro. Un jeu équitable n'est pas un jeu sans risque.

d) Avec un gain de 44 dollars : 100×4+500×(1)=400500=100100\times 4+500\times(-1)=400-500=-100 dollars sur 600600 parties, soit environ 0,17-0{,}17 dollar par partie. Le jeu devient défavorable au joueur, et c'est exactement le principe économique d'une fête foraine : la perte moyenne du joueur est le bénéfice de l'organisateur, ici environ 1717 centimes par partie, soit 100100 dollars pour 600600 parties jouées.

e) Avec une perte de 22 dollars en cas d'échec, le total sur 600600 parties vaut 100g+500×(2)=100g1000100g+500\times(-2)=100g-1000. L'équité impose que ce total soit nul, donc 100g=1000100g=1000 et g=10g=10 dollars. Vérification : 100×101000=0100\times 10-1000=0 ✓. Lecture générale : pour rester équitable, le gain doit compenser exactement le rapport des fréquences, ici g×1=2×5g\times 1=2\times 5 puisque l'échec est cinq fois plus fréquent que le succès. Doubler la perte double donc le gain nécessaire, ce qui explique le passage de 55 à 1010 dollars.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Deux dés : le tableau des 36 issues

On lance deux dés équilibrés à six faces, l'un rouge et l'autre bleu. L'univers équiprobable est celui des 3636 couples (résultat du rouge ; résultat du bleu).

Pour chaque question, on peut s'aider d'un tableau à 66 lignes et 66 colonnes, dans lequel on colorie les cases favorables.

  • a) Justifiez qu'il y a 3636 issues équiprobables.
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir un double.
  • c) Calculez la probabilité que la somme soit au moins égale à 1010.
  • d) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un 66.
  • e) Calculez la probabilité que le produit des deux résultats soit pair.

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a)
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Réponses

  • a) 6×6=366\times 6=36 couples équiprobables
  • b) 16\frac{1}{6}
  • c) 636=16\frac{6}{36}=\frac{1}{6}
  • d) 1136\frac{11}{36}
  • e) 2736=34\frac{27}{36}=\frac{3}{4}

a) Le dé rouge a 66 résultats possibles et, pour chacun, le dé bleu en a 66 : 6×6=366\times 6=36 couples. Les dés étant équilibrés et distincts, ces 3636 couples sont équiprobables, de probabilité 136\frac{1}{36} chacun. Distinguer les deux dés par leur couleur est ce qui rend (2 ; 5)(2\ ;\ 5) et (5 ; 2)(5\ ;\ 2) différents.

b) Les doubles sont les 66 cases de la diagonale : P=636=16P=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}.

c) Somme 1010 : (4 ; 6)(4\ ;\ 6), (5 ; 5)(5\ ;\ 5), (6 ; 4)(6\ ;\ 4), soit 33 cases. Somme 1111 : (5 ; 6)(5\ ;\ 6), (6 ; 5)(6\ ;\ 5), soit 22 cases. Somme 1212 : (6 ; 6)(6\ ;\ 6), soit 11 case. Au total 66 cases : P=636=16P=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}. « Au moins 1010 » inclut 1010 : l'oublier ferait perdre la moitié des cas.

d) Le contraire de « au moins un 66 » est « aucun 66 » : 55 résultats pour chaque dé, soit 5×5=255\times 5=25 cases. Donc P=12536=11360,306P=1-\frac{25}{36}=\frac{11}{36}\approx 0{,}306. Le compte direct donne 6+61=116+6-1=11 cases, le couple (6 ; 6)(6\ ;\ 6) n'étant compté qu'une fois ✓. Répondre 1236\frac{12}{36} compte deux fois le double six.

e) Un produit est impair seulement si les deux facteurs sont impairs : 3×3=93\times 3=9 cases. Donc P(produit pair)=1936=2736=34P(\text{produit pair})=1-\frac{9}{36}=\frac{27}{36}=\frac{3}{4}.

Le fil : un univers équiprobable bien choisi transforme chaque question en comptage de cases, et le passage au contraire divise souvent le travail par deux.

Exercice 12 : Trois lancers d'une pièce équilibrée

On lance trois fois de suite une pièce équilibrée et l'on note la suite des résultats, par exemple PFP pour pile, face, pile.

  • a) Construisez l'arbre et donnez le nombre d'issues.
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir trois piles.
  • c) Calculez la probabilité d'obtenir exactement deux piles.
  • d) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un pile.
  • e) Calculez la probabilité que deux lancers consécutifs ne donnent jamais le même résultat.

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a)
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Réponses

  • a) 88 issues
  • b) 18\frac{1}{8}
  • c) 38\frac{3}{8}
  • d) 78\frac{7}{8}
  • e) 28=14\frac{2}{8}=\frac{1}{4}

a) Chaque lancer double le nombre de branches : 2×2×2=82\times 2\times 2=8 issues, PPP, PPF, PFP, PFF, FPP, FPF, FFP, FFF. La pièce étant équilibrée, elles sont équiprobables, de probabilité 18\frac{1}{8} chacune.

b) Un seul chemin : P(PPP)=12×12×12=18P(\text{PPP})=\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}=\frac{1}{8}.

c) Les issues favorables sont PPF, PFP et FPP : la face peut être au premier, au deuxième ou au troisième lancer. P=38P=\frac{3}{8}. Répondre 18\frac{1}{8} oublie que « deux piles » se réalise de trois façons.

d) Le contraire est FFF, de probabilité 18\frac{1}{8}. Donc P=118=78P=1-\frac{1}{8}=\frac{7}{8}.

e) Il faut alterner : PFP ou FPF, soit 22 issues. P=28=14P=\frac{2}{8}=\frac{1}{4}.

À retenir : le nombre d'issues d'un arbre se multiplie à chaque étape, et « exactement kk » demande de compter toutes les positions possibles, pas un seul chemin.

Exercice 13 : Tirage simultané : choisir deux délégués

Cinq élèves se présentent pour deux postes de délégués : Alice, Bruno, Chloé, David et Emma. On tire au sort, SIMULTANÉMENT, deux noms parmi les cinq : l'ordre ne compte pas.

Alice, Chloé et Emma sont des filles, Bruno et David des garçons.

  • a) Dressez la liste de tous les binômes possibles. Combien y en a-t-il ?
  • b) Calculez la probabilité qu'Alice soit élue.
  • c) Calculez la probabilité que le binôme soit Alice et Bruno.
  • d) Calculez la probabilité que les deux délégués soient des filles, puis celle qu'il y ait une fille et un garçon.
  • e) Calculez la probabilité qu'au moins un garçon soit élu.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 1010 binômes
  • b) 0,40{,}4
  • c) 0,10{,}1
  • d) Deux filles 0,30{,}3 ; une fille et un garçon 0,60{,}6
  • e) 0,70{,}7

a) En notant chaque élève par son initiale : AB, AC, AD, AE, BC, BD, BE, CD, CE, DE. Il y a 1010 binômes. On les liste dans un ordre systématique (tous ceux qui contiennent A, puis ceux qui contiennent B sans A, et ainsi de suite) pour n'en oublier aucun et n'en compter aucun deux fois : AB et BA sont le MÊME binôme.

b) Alice figure dans AB, AC, AD, AE : 44 binômes sur 1010. P=410=0,4P=\frac{4}{10}=0{,}4. C'est aussi 25\frac{2}{5} : deux postes pour cinq candidats.

c) Un seul binôme : P=110=0,1P=\frac{1}{10}=0{,}1.

d) Deux filles : AC, AE, CE, soit 33 binômes, P=310=0,3P=\frac{3}{10}=0{,}3. Deux garçons : BD seulement, P=110P=\frac{1}{10}. Une fille et un garçon : le reste, 1031=610-3-1=6 binômes, P=0,6P=0{,}6. Contrôle : 0,3+0,1+0,6=10{,}3+0{,}1+0{,}6=1 ✓.

e) « Au moins un garçon » est le contraire de « deux filles » : P=10,3=0,7P=1-0{,}3=0{,}7.

Le point de méthode : dans un tirage simultané, l'ordre ne compte pas, donc on liste des PAIRES et non des couples. Compter AB et BA séparément donnerait 2020 issues, et il faudrait alors doubler aussi tous les cas favorables.

Exercice 14 : Problème : fiabilité d'un test de dépistage

Dans une population de 1000010\,000 personnes, 2 %2\ \% sont atteintes d'une maladie. Un test de dépistage est positif chez 95 %95\ \% des personnes malades, et il est aussi positif, à tort, chez 3 %3\ \% des personnes non malades.

On raisonne sur les effectifs, en complétant un tableau croisé Malade / Non malade et Test positif / Test négatif.

  • a) Complétez le tableau : nombre de malades testés positifs, de non-malades testés positifs, et total des tests positifs.
  • b) On choisit une personne au hasard. Quelle est la probabilité que son test soit positif ?
  • c) Parmi les personnes dont le test est positif, quelle proportion est réellement malade ? Arrondissez au dixième de pourcentage.
  • d) Parmi les personnes dont le test est négatif, quelle proportion est réellement non malade ? Arrondissez au dixième de pourcentage.
  • e) Dans une autre population, 20 %20\ \% des personnes sont malades. Avec le même test, quelle proportion des tests positifs correspond à de vrais malades ?

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a)
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Réponses

  • a) 190190 vrais positifs, 294294 faux positifs, 484484 positifs
  • b) 0,04840{,}0484
  • c) 19048439,3 %\frac{190}{484}\approx 39{,}3\ \%
  • d) 9506951699,9 %\frac{9\,506}{9\,516}\approx 99{,}9\ \%
  • e) 1900214088,8 %\frac{1\,900}{2\,140}\approx 88{,}8\ \%

a) Malades : 0,02×10000=2000{,}02\times 10\,000=200, dont 0,95×200=1900{,}95\times 200=190 positifs et 1010 négatifs. Non malades : 98009\,800, dont 0,03×9800=2940{,}03\times 9\,800=294 positifs et 95069\,506 négatifs. Total des positifs : 190+294=484190+294=484.

b) P(positif)=48410000=0,0484P(\text{positif})=\frac{484}{10\,000}=0{,}0484.

c) On divise par le nombre de POSITIFS, pas par la population : 1904840,393\frac{190}{484}\approx 0{,}393, soit environ 39,3 %39{,}3\ \%. Moins de quatre positifs sur dix sont malades, alors que le test « détecte 95 %95\ \% des malades ». La raison : les non-malades sont si nombreux que 3 %3\ \% d'entre eux, 294294 personnes, dépassent les 190190 vrais positifs.

d) Négatifs : 10+9506=951610+9\,506=9\,516. Proportion de non-malades : 950695160,999\frac{9\,506}{9\,516}\approx 0{,}999, soit 99,9 %99{,}9\ \%. Un test négatif est donc très rassurant, un test positif beaucoup moins.

e) Sur 1000010\,000 personnes : 20002\,000 malades, dont 19001\,900 positifs ; 80008\,000 non-malades, dont 240240 positifs. Proportion : 190021400,888\frac{1\,900}{2\,140}\approx 0{,}888, soit environ 88,8 %88{,}8\ \%. Le même test devient bien plus fiable quand la maladie est fréquente : la fiabilité d'un résultat positif dépend de la population, pas seulement du test.

Ce problème est le plus bel exemple du chapitre de l'importance de la population de référence : 95 %95\ \% se calcule sur les malades, 39,3 %39{,}3\ \% sur les positifs, et les confondre conduit à des conclusions médicales fausses.

Exercice 15 : Problème : la cible de fléchettes

Une cible circulaire de rayon 3030 cm est partagée en trois zones : un disque central de rayon 1010 cm, un anneau entre 1010 et 2020 cm, et un anneau extérieur entre 2020 et 3030 cm.

On suppose que la fléchette atteint toujours la cible, et que la probabilité d'atteindre une zone est proportionnelle à son aire.

  • a) Calculez l'aire de chaque zone en fonction de π\pi.
  • b) Calculez la probabilité d'atteindre chacune des trois zones.
  • c) Le joueur mise 33 euros. Il reçoit 1313 euros s'il atteint le centre, 55 euros s'il atteint l'anneau du milieu et rien sinon. Sur 900900 lancers, estimez son gain total, mises déduites.
  • d) Quelle somme ss faudrait-il remettre pour le centre, les autres règles étant inchangées, pour que le jeu soit équitable ?
  • e) Le joueur lance deux fléchettes. Quelle est la probabilité qu'elles atteignent toutes les deux l'anneau extérieur ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 100π100\pi, 300π300\pi, 500π500\pi cm²
  • b) 19\frac{1}{9}, 13\frac{1}{3}, 59\frac{5}{9}
  • c) +100+100 euros : favorable au joueur
  • d) s=12s=12 euros
  • e) 25810,309\frac{25}{81}\approx 0{,}309

a) Centre : π×102=100π\pi\times 10^{2}=100\pi cm². Anneau du milieu : π×202π×102=300π\pi\times 20^{2}-\pi\times 10^{2}=300\pi cm². Anneau extérieur : 900π400π=500π900\pi-400\pi=500\pi cm². Total : 900π900\pi cm² ✓. Doubler le rayon QUADRUPLE l'aire : l'anneau du milieu n'a pas la même aire que le centre.

b) P(centre)=100π900π=190,111P(\text{centre})=\frac{100\pi}{900\pi}=\frac{1}{9}\approx 0{,}111 ; P(milieu)=300π900π=13P(\text{milieu})=\frac{300\pi}{900\pi}=\frac{1}{3} ; P(exteˊrieur)=590,556P(\text{extérieur})=\frac{5}{9}\approx 0{,}556. Le facteur π\pi se simplifie : seules les proportions comptent.

c) Sur 900900 lancers, on attend environ 100100 centres, 300300 milieux et 500500 extérieurs. Sommes reçues : 100×13+300×5=1300+1500=2800100\times 13+300\times 5=1\,300+1\,500=2\,800 euros. Mises : 900×3=2700900\times 3=2\,700 euros. Gain total : 28002700=+1002\,800-2\,700=+100 euros, soit environ 0,110{,}11 euro par lancer. Le jeu est légèrement favorable au joueur.

d) Il faut 100s+1500=2700100s+1\,500=2\,700, soit 100s=1200100s=1\,200 et s=12s=12 euros. Contrôle : 100×12+300×5900×3=0100\times 12+300\times 5-900\times 3=0 ✓.

e) Les deux lancers sont indépendants : on multiplie le long du chemin extérieur puis extérieur. P=59×59=25810,309P=\frac{5}{9}\times\frac{5}{9}=\frac{25}{81}\approx 0{,}309.

Ce problème relie deux chapitres : l'aire d'un disque donne la loi de probabilité, et le raisonnement sur un grand nombre de parties décide si le jeu est équitable.

Chapitre précédent Fonctions affines et systèmes Chapitre suivant Les statistiques descriptives

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

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