Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : probabilités conditionnelles (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les probabilités conditionnelles, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'exercice 6 est le classique du dépistage médical : un test fiable à 95 % qui, appliqué à une maladie rare, donne pourtant deux tiers de fausses alertes. C'est l'exercice qui fait comprendre à quoi sert vraiment le conditionnement.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Probabilités et échantillonnageSeconde
  2. 2Statistiques et probabilitésCinquième
  3. 3Statistiques et probabilitésQuatrième
  4. 4Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième

Rappel de cours

  • Probabilité conditionnelle : PA(B)=P(AB)P(A)P_A(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}, définie lorsque P(A)0P(A)\neq 0.
  • Conséquence directe : P(AB)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_A(B), c'est la multiplication le long d'une branche de l'arbre.
  • Formule des probabilités totales avec AA et A\overline{A} : P(B)=P(A)×PA(B)+P(A)×PA(B)P(B)=P(A)\times P_A(B)+P(\overline{A})\times P_{\overline{A}}(B).
  • Sur un arbre, la somme des probabilités partant d'un même nœud vaut toujours 1 : PA(B)+PA(B)=1P_A(B)+P_A(\overline{B})=1.
  • En revanche PA(B)+PA(B)P_A(B)+P_{\overline{A}}(B) n'a aucune raison de valoir 1 : ce sont deux conditionnements différents.
  • AA et BB sont indépendants lorsque P(AB)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B), ce qui équivaut à PA(B)=P(B)P_A(B)=P(B).
  • Indépendant et incompatible sont deux notions opposées : deux événements incompatibles de probabilités non nulles sont toujours dépendants.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Conditionnement à partir d'un tableau

Une enquête porte sur 200 personnes. Le tableau ci-dessous croise le sexe et le fait de fumer.

On choisit une personne au hasard. On note HH l'événement « la personne est un homme » et FF l'événement « la personne fume ».

Conditionner, c'est changer de POPULATION DE RÉFÉRENCE : au lieu de rapporter un effectif au total de 200, on le rapporte au sous-groupe désigné par la condition. Tout le chapitre tient dans ce changement de dénominateur.

FumeurNon-fumeurTotal
Homme4565110
Femme256590
Total70130200
  • a) Calculez P(H)P(H), P(F)P(F) et P(HF)P(H\cap F).
  • b) Calculez PH(F)P_H(F) et interprétez le résultat par une phrase.
  • c) Calculez PF(H)P_F(H) et interprétez.
  • d) Ces deux dernières probabilités sont différentes. Expliquez pourquoi il n'y a là aucune contradiction.
  • e) Vérifiez sur les nombres que PH(F)×P(H)=PF(H)×P(F)P_H(F)\times P(H)=P_F(H)\times P(F), et dites ce que cette égalité représente.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(H)=0,55P(H)=0{,}55, P(F)=0,35P(F)=0{,}35, P(HF)=0,225P(H\cap F)=0{,}225
  • b) PH(F)=9220,409P_H(F)=\frac{9}{22}\approx 0{,}409 : 40,9 %40{,}9\ \% des hommes fument
  • c) PF(H)=9140,643P_F(H)=\frac{9}{14}\approx 0{,}643 : 64,3 %64{,}3\ \% des fumeurs sont des hommes
  • d) Même numérateur, populations de référence différentes
  • e) Les deux produits valent P(HF)=0,225P(H\cap F)=0{,}225

a) Ces trois probabilités se lisent toutes sur la population entière, donc avec le même dénominateur 200200 : P(H)=110200=0,55P(H)=\frac{110}{200}=0{,}55, P(F)=70200=0,35P(F)=\frac{70}{200}=0{,}35 et P(HF)=45200=0,225P(H\cap F)=\frac{45}{200}=0{,}225. Attention à la troisième : elle compte les personnes qui sont À LA FOIS des hommes ET des fumeurs, c'est-à-dire une seule case du tableau, jamais une somme de marges.

b) La notation PH(F)P_H(F) se lit « probabilité de FF SACHANT HH » : on se restreint aux 110110 hommes et on regarde combien fument. Directement sur le tableau : 45110=9220,409\frac{45}{110}=\frac{9}{22}\approx 0{,}409. Par la formule : PH(F)=P(HF)P(H)=0,2250,550,409P_H(F)=\frac{P(H\cap F)}{P(H)}=\frac{0{,}225}{0{,}55}\approx 0{,}409 ✓, les deux voies coïncident. Phrase attendue : parmi les hommes, environ 40,940{,}9 % fument. La lecture directe sur les effectifs est plus rapide et sert de contrôle à la formule.

c) Cette fois on se restreint aux 7070 fumeurs : PF(H)=4570=9140,643P_F(H)=\frac{45}{70}=\frac{9}{14}\approx 0{,}643, ce que confirme 0,2250,35\frac{0{,}225}{0{,}35} ✓. Phrase : parmi les fumeurs, environ 64,364{,}3 % sont des hommes.

d) Les deux questions ne portent pas sur la même population de référence. La première se restreint aux 110110 hommes, la seconde aux 7070 fumeurs : le numérateur est le même, les 4545 hommes fumeurs, mais le dénominateur change du tout au tout. En général PA(B)PB(A)P_A(B)\neq P_B(A), et confondre les deux est l'erreur la plus lourde du chapitre, celle qui fait conclure à l'envers dans les problèmes de dépistage. Une phrase suffit à les distinguer : « quelle proportion des hommes fume » n'est pas « quelle proportion des fumeurs est un homme ».

e) PH(F)×P(H)=922×0,55=0,225P_H(F)\times P(H)=\frac{9}{22}\times 0{,}55=0{,}225 et PF(H)×P(F)=914×0,35=0,225P_F(H)\times P(F)=\frac{9}{14}\times 0{,}35=0{,}225 ✓. Les deux produits valent P(HF)P(H\cap F), et c'est normal : chacun n'est qu'une façon de reconstituer la case commune, une fois en partant des hommes, une fois en partant des fumeurs. Cette double écriture P(AB)=PA(B)×P(A)=PB(A)×P(B)P(A\cap B)=P_A(B)\times P(A)=P_B(A)\times P(B) est la relation centrale du chapitre. C'est elle qui, réarrangée, donne PB(A)=PA(B)×P(A)P(B)P_B(A)=\frac{P_A(B)\times P(A)}{P(B)}, c'est-à-dire la formule qui permet de RETOURNER un conditionnement, exactement ce que demanderont les exercices 3, 5 et 6.

Exercice 2 : Lire et compléter un arbre pondéré

AA et BB sont deux événements tels que P(A)=0,4P(A)=0{,}4, PA(B)=0,75P_A(B)=0{,}75 et PA(B)=0,25P_{\overline{A}}(B)=0{,}25.

L'arbre pondéré n'est pas une illustration : c'est l'outil de calcul du chapitre. Deux règles suffisent à le faire fonctionner, et elles se contrôlent l'une l'autre.

  • a) Construisez l'arbre pondéré et complétez toutes les branches.
  • b) Calculez P(AB)P(A\cap B) et P(AB)P(\overline{A}\cap B).
  • c) Calculez P(B)P(B) à l'aide de la formule des probabilités totales.
  • d) Calculez PB(A)P_B(A).
  • e) Vérifiez que PA(B)+PA(B)=1P_A(B)+P_A(\overline{B})=1, mais que PA(B)+PA(B)P_A(B)+P_{\overline{A}}(B) ne vaut pas 1.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) AA : 0,40{,}4, A\overline{A} : 0,60{,}6 ; puis 0,75/0,250{,}75/0{,}25 et 0,25/0,750{,}25/0{,}75
  • b) 0,300{,}30 et 0,150{,}15
  • c) P(B)=0,45P(B)=0{,}45
  • d) PB(A)=23P_B(A)=\frac{2}{3}
  • e) Branches d'un même nœud : somme 11 ; de nœuds différents : aucune règle

a) Premier niveau : la branche AA porte 0,40{,}4 et la branche A\overline{A} porte 0,60{,}6, puisque les deux branches issues d'un même nœud somment toujours à 11. Second niveau, depuis AA : BB à 0,750{,}75 et B\overline{B} à 0,250{,}25. Depuis A\overline{A} : BB à 0,250{,}25 et B\overline{B} à 0,750{,}75. Point de vocabulaire essentiel : les poids du SECOND niveau sont toujours des probabilités CONDITIONNELLES, jamais des probabilités simples. Contrôle de construction : chaque nœud doit voir partir des branches de somme 11, ce qui se vérifie ici trois fois.

b) On multiplie le long d'un chemin : P(AB)=P(A)×PA(B)=0,4×0,75=0,30P(A\cap B)=P(A)\times P_A(B)=0{,}4\times 0{,}75=0{,}30, et P(AB)=0,6×0,25=0,15P(\overline{A}\cap B)=0{,}6\times 0{,}25=0{,}15. La multiplication le long d'un chemin est exactement la relation P(AB)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_A(B) écrite autrement.

c) L'événement BB se réalise par deux chemins distincts et incompatibles, celui qui passe par AA et celui qui passe par A\overline{A} : on ADDITIONNE donc leurs probabilités. P(B)=0,30+0,15=0,45P(B)=0{,}30+0{,}15=0{,}45. C'est la formule des probabilités totales, et sa forme générale est P(B)=P(A)×PA(B)+P(A)×PA(B)P(B)=P(A)\times P_A(B)+P(\overline{A})\times P_{\overline{A}}(B). La règle du chapitre tient en deux verbes : on multiplie LE LONG d'un chemin, on additionne ENTRE les chemins.

d) PB(A)=P(AB)P(B)=0,300,45=230,667P_B(A)=\frac{P(A\cap B)}{P(B)}=\frac{0{,}30}{0{,}45}=\frac{2}{3}\approx 0{,}667. Noter le sens de la question : l'arbre est construit dans le sens AA puis BB, mais on demande ici de remonter de BB vers AA. C'est ce retournement qui rend ce type de question plus difficile qu'il n'y paraît, et la seule méthode fiable est de repasser par la définition, numérateur P(AB)P(A\cap B) lu sur un chemin, dénominateur P(B)P(B) obtenu par les probabilités totales.

e) PA(B)+PA(B)=0,75+0,25=1P_A(B)+P_A(\overline{B})=0{,}75+0{,}25=1 ✓, et c'est une règle générale : ces deux branches partent du même nœud et couvrent toutes les possibilités une fois AA acquis. En revanche PA(B)+PA(B)P_A(B)+P_{\overline{A}}(B) vaut ici 0,75+0,25=10{,}75+0{,}25=1 par pure coïncidence numérique : ces deux nombres sont les poids de branches issues de nœuds DIFFÉRENTS, et rien ne les relie. Si PA(B)P_{\overline{A}}(B) valait 0,40{,}4, la somme ferait 1,151{,}15, ce qui ne poserait aucun problème. Retenir la formulation exacte : ce qui somme à 11, ce sont les branches d'un même nœud, jamais deux branches portant la même étiquette sur des nœuds différents.

A0,30Ā0,70B0,800,20B0,100,90sur chaque branche, on MULTIPLIEP(A ∩ B) = 0,30 × 0,80 = 0,24et P(B) est la SOMME des branches qui finissent en B

Exercice 3 : Formule des probabilités totales

Un magasin vend des ampoules provenant de deux fournisseurs. Le fournisseur XX livre 65 % du stock, le fournisseur YY le reste.

Parmi les ampoules de XX, 3 % sont défectueuses ; parmi celles de YY, 8 % le sont.

On prélève une ampoule au hasard dans le stock. On note DD l'événement « l'ampoule est défectueuse ».

  • a) Traduisez chaque donnée de l'énoncé par une probabilité, en précisant s'il s'agit d'une probabilité simple ou conditionnelle.
  • b) Calculez la probabilité que l'ampoule provienne de XX et soit défectueuse.
  • c) Calculez P(D)P(D).
  • d) L'ampoule prélevée est défectueuse. Quelle est la probabilité qu'elle vienne du fournisseur YY ? Arrondissez au millième.
  • e) Comparez PY(D)P_Y(D) et PD(Y)P_D(Y). Pourquoi ces deux nombres sont-ils si différents ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(X)=0,65P(X)=0{,}65, P(Y)=0,35P(Y)=0{,}35 ; PX(D)=0,03P_X(D)=0{,}03, PY(D)=0,08P_Y(D)=0{,}08
  • b) 0,01950{,}0195
  • c) P(D)=0,0475P(D)=0{,}0475
  • d) PD(Y)0,589P_D(Y)\approx 0{,}589
  • e) 0,080{,}08 contre 0,5890{,}589 : sens et dénominateurs différents

a) P(X)=0,65P(X)=0{,}65 et P(Y)=10,65=0,35P(Y)=1-0{,}65=0{,}35 sont des probabilités SIMPLES : elles portent sur le stock entier. La phrase « parmi les ampoules de XX, 33 % sont défectueuses » contient le mot parmi, qui signale un changement de population de référence : elle se traduit par la conditionnelle PX(D)=0,03P_X(D)=0{,}03, et de même PY(D)=0,08P_Y(D)=0{,}08. Savoir repérer ce mot dans un énoncé vaut plusieurs points : une donnée mal classée fausse tout le reste.

b) On multiplie le long du chemin : P(XD)=P(X)×PX(D)=0,65×0,03=0,0195P(X\cap D)=P(X)\times P_X(D)=0{,}65\times 0{,}03=0{,}0195. Autrement dit, 1,951{,}95 % de la totalité du stock est à la fois de marque XX et défectueux, à ne pas confondre avec les 33 % qui ne concernaient que les ampoules de XX.

c) Le second chemin donne P(YD)=0,35×0,08=0,028P(Y\cap D)=0{,}35\times 0{,}08=0{,}028. Par les probabilités totales : P(D)=0,0195+0,028=0,0475P(D)=0{,}0195+0{,}028=0{,}0475, soit 4,754{,}75 % du stock. Contrôle de plausibilité utile : ce résultat doit toujours être compris entre les deux taux 33 % et 88 %, puisqu'il en est une moyenne pondérée par les parts de marché ✓.

d) On retourne le conditionnement : PD(Y)=P(YD)P(D)=0,0280,04750,589P_D(Y)=\frac{P(Y\cap D)}{P(D)}=\frac{0{,}028}{0{,}0475}\approx 0{,}589. Bien que YY ne fournisse que 3535 % du stock, il est responsable de près de 5959 % des ampoules défectueuses. La cohérence se vérifie d'un coup d'œil : PD(X)=0,01950,04750,411P_D(X)=\frac{0{,}0195}{0{,}0475}\approx 0{,}411, et les deux somment bien à 11 ✓, une ampoule défectueuse venant forcément de l'un des deux fournisseurs.

e) Les deux nombres répondent à deux questions opposées et se lisent dans deux sens différents. PY(D)=0,08P_Y(D)=0{,}08 part du fournisseur et va vers le défaut : c'est le taux de défaut de YY, une caractéristique de sa production. PD(Y)0,589P_D(Y)\approx 0{,}589 part du défaut et remonte vers le fournisseur : c'est la part de YY dans les rebuts, qui dépend AUSSI des volumes livrés. Le second nombre est bien plus grand que le premier, ce qui n'a rien de contradictoire puisqu'ils n'ont ni le même dénominateur ni le même sens. C'est exactement la dissymétrie établie à l'exercice 1, et c'est elle qui rendra le résultat de l'exercice 6 si surprenant.

Exercice 4 : Tester l'indépendance

Dans chaque cas, déterminez si les deux événements sont indépendants. Justifiez par le critère du cours.

Le critère de référence est P(AB)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B), parce qu'il est symétrique et qu'il reste valable même si l'une des probabilités est nulle. Le critère PA(B)=P(B)P_A(B)=P(B) dit la même chose mais exige P(A)0P(A)\neq 0.

  • a) P(A)=0,4P(A)=0{,}4, P(B)=0,5P(B)=0{,}5 et P(AB)=0,2P(A\cap B)=0{,}2.
  • b) P(C)=0,3P(C)=0{,}3, P(D)=0,6P(D)=0{,}6 et P(CD)=0,2P(C\cap D)=0{,}2.
  • c) Pour le cas a), vérifiez que PA(B)=P(B)P_A(B)=P(B).
  • d) Pour le cas b), calculez PC(D)P_C(D) et comparez à P(D)P(D). Le fait de savoir que CC est réalisé rend-il DD plus ou moins probable ?
  • e) Dans le cas a), vérifiez que AA est aussi indépendant de B\overline{B}.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Indépendants : 0,4×0,5=0,20{,}4\times 0{,}5=0{,}2
  • b) Non : 0,180,20{,}18\neq 0{,}2
  • c) PA(B)=0,5=P(B)P_A(B)=0{,}5=P(B)
  • d) PC(D)=23>0,6P_C(D)=\frac{2}{3}>0{,}6 : plus probable
  • e) P(AB)=0,2=0,4×0,5P(A\cap\overline{B})=0{,}2=0{,}4\times 0{,}5 : indépendants

a) On teste le produit : P(A)×P(B)=0,4×0,5=0,2P(A)\times P(B)=0{,}4\times 0{,}5=0{,}2, qui est exactement P(AB)P(A\cap B). Les événements AA et BB sont donc indépendants. Rédaction attendue : on calcule le produit d'un côté, on le compare à l'intersection de l'autre, et on conclut. Annoncer l'indépendance sans ce calcul ne rapporte aucun point.

b) P(C)×P(D)=0,3×0,6=0,18P(C)\times P(D)=0{,}3\times 0{,}6=0{,}18, alors que P(CD)=0,2P(C\cap D)=0{,}2. Les deux valeurs diffèrent, donc CC et DD ne sont PAS indépendants. L'écart est faible, 0,020{,}02, mais un critère d'égalité ne se négocie pas : il n'existe pas d'événements presque indépendants.

c) PA(B)=P(AB)P(A)=0,20,4=0,5P_A(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}=\frac{0{,}2}{0{,}4}=0{,}5, qui est bien P(B)P(B) ✓. C'est la lecture intuitive de l'indépendance : savoir que AA est réalisé ne modifie en rien la probabilité de BB. L'information apportée par AA est sans valeur pour prévoir BB.

d) PC(D)=0,20,3=230,667P_C(D)=\frac{0{,}2}{0{,}3}=\frac{2}{3}\approx 0{,}667, contre P(D)=0,6P(D)=0{,}6. Savoir que CC est réalisé AUGMENTE la probabilité de DD : les deux événements sont positivement liés. On peut le dire dans l'autre sens et le vérifier : PD(C)=0,20,6=130,333P_D(C)=\frac{0{,}2}{0{,}6}=\frac{1}{3}\approx 0{,}333, contre P(C)=0,3P(C)=0{,}3, également en hausse. La liaison est symétrique, même si les deux écarts ne sont pas égaux.

e) On calcule P(AB)=P(A)P(AB)=0,40,2=0,2P(A\cap\overline{B})=P(A)-P(A\cap B)=0{,}4-0{,}2=0{,}2, puis on teste : P(A)×P(B)=0,4×0,5=0,2P(A)\times P(\overline{B})=0{,}4\times 0{,}5=0{,}2 ✓. Donc AA et B\overline{B} sont eux aussi indépendants. Le résultat est général et vaut la peine d'être retenu : si AA et BB sont indépendants, alors AA et B\overline{B} le sont, ainsi que A\overline{A} et BB, et A\overline{A} et B\overline{B}. C'est logique, puisque si AA n'apporte aucune information sur BB, il n'en apporte pas davantage sur le contraire de BB.

Exercice 5 : Retrouver une probabilité manquante

Une entreprise sait que 12 % de ses colis arrivent en retard. Parmi les colis en retard, 30 % ont été expédiés le vendredi.

Par ailleurs, 20 % de l'ensemble des colis sont expédiés le vendredi.

On note RR l'événement « le colis arrive en retard » et VV l'événement « le colis a été expédié le vendredi ».

  • a) Traduisez les trois données de l'énoncé.
  • b) Calculez P(RV)P(R\cap V).
  • c) Calculez PV(R)P_V(R), la probabilité qu'un colis expédié le vendredi arrive en retard.
  • d) Les événements RR et VV sont-ils indépendants ? Que conseilleriez-vous à l'entreprise ?
  • e) Reprenez le problème sur 1000 colis et comparez le taux de retard du vendredi à celui des autres jours.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(R)=0,12P(R)=0{,}12, PR(V)=0,30P_R(V)=0{,}30, P(V)=0,20P(V)=0{,}20
  • b) 0,0360{,}036
  • c) PV(R)=0,18P_V(R)=0{,}18
  • d) Non : 0,0240,0360{,}024\neq 0{,}036
  • e) 18 %18\ \% le vendredi contre 10,5 %10{,}5\ \% les autres jours

a) P(R)=0,12P(R)=0{,}12 est une probabilité simple. La phrase « parmi les colis en retard, 3030 % ont été expédiés le vendredi » se restreint aux colis en retard : c'est PR(V)=0,30P_R(V)=0{,}30. Enfin P(V)=0,20P(V)=0{,}20 porte sur l'ensemble des colis, c'est donc une probabilité simple. L'énoncé fournit délibérément le conditionnement dans le sens RR vers VV alors que la question c) le demandera dans l'autre sens : c'est le cœur de l'exercice.

b) P(RV)=P(R)×PR(V)=0,12×0,30=0,036P(R\cap V)=P(R)\times P_R(V)=0{,}12\times 0{,}30=0{,}036. Donc 3,63{,}6 % de tous les colis sont à la fois expédiés le vendredi et en retard.

c) On retourne le conditionnement en repartant de la définition, avec le même numérateur mais l'autre dénominateur : PV(R)=P(RV)P(V)=0,0360,20=0,18P_V(R)=\frac{P(R\cap V)}{P(V)}=\frac{0{,}036}{0{,}20}=0{,}18. Parmi les colis du vendredi, 1818 % arrivent en retard, contre 1212 % en moyenne sur l'ensemble.

d) Non, ils ne sont pas indépendants : P(R)×P(V)=0,12×0,20=0,024P(R)\times P(V)=0{,}12\times 0{,}20=0{,}024, ce qui diffère de P(RV)=0,036P(R\cap V)=0{,}036. La lecture la plus parlante est celle des conditionnelles : PV(R)=0,18P_V(R)=0{,}18 contre P(R)=0,12P(R)=0{,}12, soit un risque de retard une fois et demie plus élevé pour un colis du vendredi. L'entreprise devrait examiner son organisation de fin de semaine. Attention toutefois à la formulation de la conclusion, qui est reprise à l'exercice 9 : ces chiffres établissent une association, pas une cause.

e) Sur 10001000 colis : 200200 partent le vendredi et 800800 les autres jours ; 120120 arrivent en retard, dont 3636 partis le vendredi, donc 8484 les autres jours. Le taux de retard vaut 36200=18\frac{36}{200}=18 % le vendredi contre 84800=10,5\frac{84}{800}=10{,}5 % les autres jours. L'écart réel est donc de 1818 contre 10,510{,}5, et non de 1818 contre 1212 : la moyenne de 1212 % inclut déjà les colis du vendredi, ce qui la tire vers le haut et masque une partie de l'écart. Ce raisonnement sur des effectifs entiers, appelé fréquences naturelles, est le meilleur moyen de rendre un résultat conditionnel lisible, et il resservira à l'exercice 6.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Le dépistage qui surprend

Une maladie touche 2 % d'une population. Un test de dépistage a les caractéristiques suivantes : si la personne est malade, le test est positif dans 95 % des cas ; si elle est saine, le test est négatif dans 96 % des cas.

On note MM l'événement « la personne est malade » et TT l'événement « le test est positif ».

C'est l'exercice le plus contre-intuitif du programme, et il tombe régulièrement au baccalauréat. Le piège n'est pas calculatoire : il consiste à confondre « le test se trompe rarement » avec « un test positif signifie presque sûrement malade », qui sont deux affirmations très différentes.

  • a) Traduisez les données et construisez l'arbre pondéré complet.
  • b) Calculez P(MT)P(M\cap T) et P(MT)P(\overline{M}\cap T).
  • c) Calculez P(T)P(T).
  • d) Une personne a un test positif. Calculez la probabilité qu'elle soit réellement malade, arrondie au millième.
  • e) Commentez ce résultat. Le test est-il pour autant inutile ?
  • f) Refaites le calcul sur une population de 10 000 personnes, avec des effectifs entiers.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
f)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(M)=0,02P(M)=0{,}02, PM(T)=0,95P_M(T)=0{,}95, PM(T)=0,96P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}96
  • b) 0,0190{,}019 et 0,03920{,}0392
  • c) P(T)=0,0582P(T)=0{,}0582
  • d) PT(M)0,326P_T(M)\approx 0{,}326
  • e) Surprenant à cause de la rareté ; le test reste utile
  • f) 190190 vrais positifs, 392392 faux positifs, 1905820,326\frac{190}{582}\approx 0{,}326

a) P(M)=0,02P(M)=0{,}02 donc P(M)=0,98P(\overline{M})=0{,}98. La phrase « si la personne est malade, le test est positif dans 9595 % des cas » est conditionnelle : PM(T)=0,95P_M(T)=0{,}95, d'où PM(T)=0,05P_M(\overline{T})=0{,}05, ce sont les faux négatifs. De même PM(T)=0,96P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}96, d'où PM(T)=0,04P_{\overline{M}}(T)=0{,}04, les faux positifs. Contrôle : les branches de chaque nœud somment bien à 11 ✓.

b) P(MT)=0,02×0,95=0,019P(M\cap T)=0{,}02\times 0{,}95=0{,}019 : ce sont les vrais positifs, 1,91{,}9 % de la population. P(MT)=0,98×0,04=0,0392P(\overline{M}\cap T)=0{,}98\times 0{,}04=0{,}0392 : les faux positifs, 3,923{,}92 %. Le fait décisif apparaît déjà ici : les faux positifs sont DEUX FOIS plus nombreux que les vrais positifs.

c) P(T)=0,019+0,0392=0,0582P(T)=0{,}019+0{,}0392=0{,}0582, soit 5,825{,}82 % de tests positifs dans la population, alors que seulement 22 % sont malades.

d) PT(M)=P(MT)P(T)=0,0190,05820,326P_T(M)=\frac{P(M\cap T)}{P(T)}=\frac{0{,}019}{0{,}0582}\approx 0{,}326. Environ 32,632{,}6 % seulement des personnes testées positives sont réellement malades, soit à peine une sur trois.

e) Le résultat surprend parce que la maladie est RARE. Les 44 % de faux positifs s'appliquent aux 9898 % de personnes saines, ce qui produit mécaniquement plus de faux positifs que de vrais positifs, lesquels ne peuvent être prélevés que sur les 22 % de malades. Ce n'est donc pas la qualité du test qui est en cause, c'est la rareté de la maladie. Le test reste néanmoins très utile : avant le test, la probabilité d'être malade était de 22 % ; après un test positif, elle passe à 32,632{,}6 %, soit environ seize fois plus. Son rôle est de sélectionner une petite population à qui proposer un second examen, plus lourd et plus précis. À noter aussi que PT(M)=0,94080,94180,999P_{\overline{T}}(\overline{M})=\frac{0{,}9408}{0{,}9418}\approx 0{,}999 : un test négatif est, lui, extrêmement fiable, ce qui est exactement ce qu'on demande à un test de dépistage de masse.

f) Sur 10 00010\ 000 personnes : 200200 sont malades et 9 8009\ 800 sont saines. Parmi les 200200 malades, 9595 % ont un test positif, soit 190190 personnes. Parmi les 9 8009\ 800 saines, 44 % ont un test positif, soit 392392 personnes. Le total des tests positifs est donc 190+392=582190+392=582, dont 190190 vraiment malades : la proportion cherchée vaut 1905820,326\frac{190}{582}\approx 0{,}326 ✓, identique au calcul en probabilités. Formulée ainsi, la surprise disparaît : on voit tout de suite que les 392392 faux positifs proviennent d'un très gros groupe, même avec un taux d'erreur faible. C'est la présentation à privilégier pour expliquer le résultat à quelqu'un, et elle est acceptée en rédaction au baccalauréat.

Exercice 7 : L'atelier à trois machines

Un atelier fabrique des pièces avec trois machines. La machine M1M_1 assure 50 % de la production, M2M_2 en assure 30 % et M3M_3 les 20 % restants.

Les taux de pièces défectueuses sont respectivement de 2 %, 4 % et 5 %.

On prélève une pièce au hasard et on note DD l'événement « la pièce est défectueuse ».

  • a) Calculez la probabilité qu'une pièce prélevée soit défectueuse.
  • b) La pièce prélevée est défectueuse. Calculez la probabilité qu'elle provienne de chacune des trois machines.
  • c) Vérifiez que la somme des trois probabilités de la question b) vaut 1.
  • d) Quelle machine est la source la plus probable d'une pièce défectueuse ? Le résultat est-il celui auquel on s'attendait au vu des taux de défaut ?
  • e) L'atelier peut réviser une seule machine et ramener son taux de défaut à 2 %. Laquelle choisir pour faire baisser le plus possible P(D)P(D) ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(D)=0,032P(D)=0{,}032
  • b) 0,31250{,}3125 ; 0,3750{,}375 ; 0,31250{,}3125
  • c) Somme 11
  • d) M2M_2, par sa contribution 0,0120{,}012
  • e) Réviser M2M_2 ou M3M_3 donne le même P(D)=0,026P(D)=0{,}026

a) Les trois machines forment une partition de la production, donc la formule des probabilités totales s'applique avec trois chemins au lieu de deux : P(D)=0,5×0,02+0,3×0,04+0,2×0,05=0,01+0,012+0,01=0,032P(D)=0{,}5\times 0{,}02+0{,}3\times 0{,}04+0{,}2\times 0{,}05=0{,}01+0{,}012+0{,}01=0{,}032. Contrôle de plausibilité : le résultat doit tomber entre le plus petit et le plus grand des trois taux, donc entre 22 % et 55 % ✓.

b) On retourne chaque conditionnement, tous avec le même dénominateur P(D)=0,032P(D)=0{,}032 : PD(M1)=0,010,032=0,3125P_D(M_1)=\frac{0{,}01}{0{,}032}=0{,}3125 ; PD(M2)=0,0120,032=0,375P_D(M_2)=\frac{0{,}012}{0{,}032}=0{,}375 ; PD(M3)=0,010,032=0,3125P_D(M_3)=\frac{0{,}01}{0{,}032}=0{,}3125. Une seule division est vraiment à faire, les numérateurs ayant déjà été calculés en a) : il faut prendre l'habitude de conserver ces produits intermédiaires plutôt que de tout recalculer.

c) 0,3125+0,375+0,3125=10{,}3125+0{,}375+0{,}3125=1 ✓. C'est logique et cela vaut contrôle : une pièce défectueuse provient nécessairement de l'une des trois machines, donc les trois probabilités conditionnelles se partagent la totalité. Si la somme ne fait pas 11, il y a une erreur dans P(D)P(D) ou dans l'un des produits.

d) C'est M2M_2, avec 37,537{,}5 %. Le résultat n'est pas celui qu'on attend en regardant les taux : M3M_3 défaille davantage, 55 % contre 44 %, mais elle ne produit que 2020 % des pièces. Ce qui compte est le PRODUIT du volume par le taux de défaut, et non le taux seul. On le voit sur les trois contributions : M1M_1 apporte 0,0100{,}010, M2M_2 apporte 0,0120{,}012 et M3M_3 apporte 0,0100{,}010. Fait frappant à souligner : M1M_1, la machine la plus fiable avec 22 % de défauts, produit autant de pièces défectueuses que M3M_3, la moins fiable, simplement parce qu'elle tourne deux fois et demie plus. C'est la même leçon qu'à l'exercice 6, où un petit taux d'erreur appliqué à un très grand groupe pesait plus lourd qu'un grand taux appliqué à un petit groupe.

e) Il faut comparer les gains sur P(D)P(D). Ramener M2M_2 de 44 % à 22 % ferait passer sa contribution de 0,0120{,}012 à 0,0060{,}006, donc P(D)P(D) de 0,0320{,}032 à 0,0260{,}026, soit une baisse de 18,7518{,}75 %. Ramener M3M_3 de 55 % à 22 % ferait passer sa contribution de 0,0100{,}010 à 0,0040{,}004, donc P(D)P(D) à 0,0260{,}026 également : les deux interventions se valent exactement. Le choix se ferait alors sur d'autres critères, le coût des travaux par exemple. La méthode générale à retenir est celle-ci : on ne classe pas les machines par leur taux de défaut, mais par leur CONTRIBUTION au total, c'est-à-dire par le produit du volume et du taux.

Exercice 8 : Indépendants ou incompatibles

Ces deux mots se ressemblent et désignent des situations opposées. Cet exercice sert à les séparer définitivement.

  • a) Rappelez la définition de deux événements incompatibles, puis celle de deux événements indépendants.
  • b) AA et BB sont incompatibles avec P(A)=0,5P(A)=0{,}5 et P(B)=0,4P(B)=0{,}4. Calculez P(AB)P(A\cap B), puis P(A)×P(B)P(A)\times P(B). Sont-ils indépendants ?
  • c) Démontrez le cas général : si AA et BB sont incompatibles et vérifient P(A)>0P(A)>0 et P(B)>0P(B)>0, alors ils ne sont jamais indépendants.
  • d) Interprétez ce résultat avec PA(B)P_A(B) : que devient la probabilité de BB quand on sait que AA est réalisé ?
  • e) Existe-t-il malgré tout des événements à la fois incompatibles et indépendants ? Que dit alors la question c) ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

b)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Incompatibles : AB=A\cap B=\varnothing ; indépendants : P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B)
  • b) 00 contre 0,20{,}2 : pas indépendants
  • c) P(A)P(B)=0P(A)P(B)=0 imposerait P(A)=0P(A)=0 ou P(B)=0P(B)=0
  • d) PA(B)=0P_A(B)=0 : BB devient impossible
  • e) Oui, si l'un est de probabilité nulle

a) AA et BB sont INCOMPATIBLES lorsqu'ils ne peuvent pas se produire en même temps, c'est-à-dire AB=A\cap B=\varnothing, ce qui entraîne P(AB)=0P(A\cap B)=0. Ils sont INDÉPENDANTS lorsque P(AB)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B), autrement dit quand la réalisation de l'un ne modifie pas la probabilité de l'autre. Les deux notions ne parlent donc même pas de la même chose : l'incompatibilité est une propriété des ENSEMBLES, qui se voit sur un diagramme, tandis que l'indépendance est une propriété des NOMBRES, qui ne se voit que par un calcul.

b) L'incompatibilité donne P(AB)=0P(A\cap B)=0, alors que P(A)×P(B)=0,5×0,4=0,2P(A)\times P(B)=0{,}5\times 0{,}4=0{,}2. Les deux valeurs diffèrent, donc AA et BB ne sont pas indépendants. Ils sont même aussi fortement liés que possible, puisque la réalisation de l'un interdit purement et simplement l'autre.

c) Supposons AA et BB incompatibles, avec P(A)>0P(A)>0 et P(B)>0P(B)>0. L'incompatibilité donne P(AB)=0P(A\cap B)=0. S'ils étaient de plus indépendants, on aurait P(AB)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B), donc P(A)×P(B)=0P(A)\times P(B)=0. Or un produit de deux réels est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est, ce qui imposerait P(A)=0P(A)=0 ou P(B)=0P(B)=0, en contradiction avec l'hypothèse. Ils ne peuvent donc pas être indépendants. La rédaction attendue est bien ce raisonnement par l'absurde, en trois lignes.

d) PA(B)=P(AB)P(A)=0P(A)=0P_A(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}=\frac{0}{P(A)}=0, alors que P(B)>0P(B)>0. Savoir que AA est réalisé rend donc BB complètement IMPOSSIBLE, alors que l'indépendance signifierait que cette information ne change rien. Deux événements incompatibles sont ainsi le cas de dépendance le plus extrême qui soit. C'est pour cette raison que la phrase « ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre, donc ils sont incompatibles » est doublement fausse : n'avoir rien à voir, c'est justement être indépendants, et l'incompatibilité en est le contraire.

e) Il faut que P(AB)P(A\cap B) soit à la fois nulle, par incompatibilité, et égale à P(A)×P(B)P(A)\times P(B), par indépendance : il suffit donc que l'un des deux événements soit de probabilité nulle. Par exemple, avec AA l'événement impossible, P(A)=0P(A)=0, et BB n'importe quel événement : ils sont incompatibles puisque AB=A\cap B=\varnothing, et indépendants puisque 0=0×P(B)0=0\times P(B). C'est le seul cas possible, et c'est exactement celui que la démonstration de la question c) devait exclure par ses hypothèses. Un cas limite de ce genre ne se rencontre jamais dans un exercice concret, mais savoir POURQUOI l'énoncé prend soin d'écrire P(A)>0P(A)>0 et P(B)>0P(B)>0 fait la différence entre appliquer un théorème et le comprendre.

Exercice 9 : Quatre confusions à lever

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la en vous appuyant sur un contre-exemple chiffré.

  • a) « PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) sont deux écritures de la même quantité. »
  • b) « PA(B)+PA(B)=1P_A(B)+P_{\overline{A}}(B)=1. »
  • c) « P(AB)P(A\cap B) et PA(B)P_A(B) désignent la même chose. »
  • d) « Si PA(B)>P(B)P_A(B)>P(B), c'est que AA est la cause de BB. »

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/4

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) 922914\frac{9}{22}\neq\frac{9}{14}
  • b) 0,75+0,40=1,150{,}75+0{,}40=1{,}15
  • c) P(XD)=0,0195PX(D)=0,03P(X\cap D)=0{,}0195\neq P_X(D)=0{,}03
  • d) Association statistique, pas causalité

a) Faux, et c'est la confusion la plus coûteuse du chapitre. Reprenons l'exercice 1 : PH(F)=9220,409P_H(F)=\frac{9}{22}\approx 0{,}409 alors que PF(H)=9140,643P_F(H)=\frac{9}{14}\approx 0{,}643. Le numérateur est commun, les 4545 hommes fumeurs, mais le dénominateur change : c'est P(H)P(H) dans un cas et P(F)P(F) dans l'autre. La relation exacte entre les deux est PB(A)=PA(B)×P(A)P(B)P_B(A)=\frac{P_A(B)\times P(A)}{P(B)} : elles ne sont égales que dans le cas très particulier où P(A)=P(B)P(A)=P(B).

b) Faux. Avec PA(B)=0,75P_A(B)=0{,}75 et PA(B)=0,40P_{\overline{A}}(B)=0{,}40, la somme vaut 1,151{,}15, ce qui n'a rien d'absurde : ces deux nombres sont des poids de branches issues de nœuds DIFFÉRENTS, et rien ne les contraint. Ce qui vaut toujours 11, c'est PA(B)+PA(B)P_A(B)+P_A(\overline{B}), la somme des branches partant d'un MÊME nœud. Le test rapide : dans une somme qui vaut 11, c'est l'événement conditionné qui change, jamais la condition.

c) Faux. Dans l'exercice 3, P(XD)=0,0195P(X\cap D)=0{,}0195 alors que PX(D)=0,03P_X(D)=0{,}03. La relation est P(XD)=P(X)×PX(D)P(X\cap D)=P(X)\times P_X(D) : on passe de la conditionnelle à l'intersection en multipliant par P(X)P(X), ici 0,650{,}65. Les deux ne sont égales que si P(X)=1P(X)=1. Repère de sens : l'intersection se rapporte à la population ENTIÈRE, la conditionnelle se rapporte au seul sous-groupe XX, donc l'intersection est toujours la plus petite des deux.

d) Faux. L'inégalité PA(B)>P(B)P_A(B)>P(B) établit seulement une association statistique, pas un lien de cause à effet. Dans l'exercice 5, les colis du vendredi sont plus souvent en retard, mais rien ne dit que le vendredi CAUSE le retard : une cause commune est bien plus probable, par exemple des effectifs réduits en fin de semaine, ou des expéditions plus volumineuses ce jour-là. Il faudrait une expérience contrôlée, et non une simple observation, pour trancher. La formule à retenir est que corrélation n'est pas causalité, et le piège se reconnaît à ce que le lien est parfaitement symétrique : on a aussi PB(A)>P(A)P_B(A)>P(A), ce qui reviendrait à dire que le retard cause le vendredi.

Exercice 10 : Arbre à trois niveaux

Une urne contient 4 boules rouges et 3 boules vertes. On tire successivement trois boules, sans remise.

Sur trois niveaux, l'arbre complet compte huit chemins : on ne le dessine plus en entier, on ne calcule que les chemins utiles. Encore faut-il n'en oublier aucun, et c'est là que se joue l'exercice.

  • a) Calculez la probabilité de tirer trois boules rouges.
  • b) Calculez la probabilité de tirer exactement deux boules rouges, en détaillant les trois chemins de l'arbre.
  • c) Calculez la probabilité de tirer exactement une boule rouge, puis celle de n'en tirer aucune.
  • d) Vérifiez que la somme des quatre résultats vaut 1.
  • e) Comptez le nombre de chemins de chacun des quatre cas. Que reconnaissez-vous dans cette suite de nombres ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 4350,114\frac{4}{35}\approx 0{,}114
  • b) 33 chemins de 36210\frac{36}{210} : 18350,514\frac{18}{35}\approx 0{,}514
  • c) 12350,343\frac{12}{35}\approx 0{,}343 et 1350,029\frac{1}{35}\approx 0{,}029
  • d) 24+108+72+6210=1\frac{24+108+72+6}{210}=1
  • e) 11, 33, 33, 11 : triangle de Pascal

a) Un seul chemin convient, et les dénominateurs diminuent d'une unité à chaque tirage puisqu'on ne remet pas la boule : P(RRR)=47×36×25=24210=4350,114P(RRR)=\frac{4}{7}\times\frac{3}{6}\times\frac{2}{5}=\frac{24}{210}=\frac{4}{35}\approx 0{,}114. Les numérateurs diminuent aussi, car chaque rouge tirée est retirée de l'urne.

b) Trois chemins conviennent, selon la position de la verte : RRVRRV, RVRRVR et VRRVRR. P(RRV)=47×36×35=36210P(RRV)=\frac{4}{7}\times\frac{3}{6}\times\frac{3}{5}=\frac{36}{210}. P(RVR)=47×36×35=36210P(RVR)=\frac{4}{7}\times\frac{3}{6}\times\frac{3}{5}=\frac{36}{210}. P(VRR)=37×46×35=36210P(VRR)=\frac{3}{7}\times\frac{4}{6}\times\frac{3}{5}=\frac{36}{210}. Total : 108210=18350,514\frac{108}{210}=\frac{18}{35}\approx 0{,}514. Fait remarquable : les trois chemins ont exactement la même probabilité, alors que leurs facteurs sont écrits dans un ordre différent. Ce n'est pas un hasard, c'est la commutativité du produit : chaque chemin fait intervenir les mêmes numérateurs, 44, 33 et 33, et les mêmes dénominateurs, 77, 66 et 55, seulement réarrangés. On peut donc calculer UN chemin et multiplier par le nombre de chemins, ce qui annonce les coefficients binomiaux du programme de Terminale.

c) Exactement une rouge : les trois chemins RVVRVV, VRVVRV et VVRVVR valent chacun 4×3×27×6×5=24210\frac{4\times 3\times 2}{7\times 6\times 5}=\frac{24}{210} par le même argument, d'où un total de 72210=12350,343\frac{72}{210}=\frac{12}{35}\approx 0{,}343. Aucune rouge, un seul chemin : P(VVV)=37×26×15=6210=1350,029P(VVV)=\frac{3}{7}\times\frac{2}{6}\times\frac{1}{5}=\frac{6}{210}=\frac{1}{35}\approx 0{,}029.

d) 24+108+72+6210=210210=1\frac{24+108+72+6}{210}=\frac{210}{210}=1 ✓. Les quatre cas, zéro, une, deux ou trois rouges, forment une partition de toutes les issues possibles : leur somme doit valoir 11, et c'est le seul contrôle vraiment efficace sur ce type d'exercice. Il détecte immédiatement un chemin oublié, l'erreur la plus fréquente dès qu'il y a trois niveaux.

e) Le nombre de chemins suit la suite 11, 33, 33, 11 : un seul ordre pour trois rouges ou pour aucune, mais trois façons de placer l'unique verte parmi les trois tirages, et de même pour l'unique rouge. On reconnaît une ligne du triangle de Pascal, et ces nombres sont les coefficients binomiaux (3k)\binom{3}{k}. La probabilité d'obtenir exactement kk rouges s'obtient donc en calculant UN chemin puis en le multipliant par le nombre d'ordres possibles. C'est exactement le mécanisme de la loi binomiale, à une différence près qui est essentielle : ici les tirages sont SANS remise, donc non indépendants, et les probabilités changent d'un niveau à l'autre. La loi binomiale, elle, exigera des tirages indépendants, c'est-à-dire avec remise.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Deux dés et trois tests d'indépendance

On lance un dé rouge et un dé bleu, équilibrés et à six faces. Les 3636 couples de résultats sont équiprobables.

On note AA : « le dé rouge donne un nombre pair », BB : « la somme des deux dés vaut 77 », CC : « la somme vaut 88 » et DD : « le dé bleu donne 66 ».

  • a) Calculez P(A)P(A), P(B)P(B) et P(C)P(C).
  • b) Les événements AA et BB sont-ils indépendants ?
  • c) Les événements AA et CC sont-ils indépendants ? Calculez PA(C)P_{A}(C) et interprétez.
  • d) Les événements BB et CC sont-ils indépendants ?
  • e) Les événements BB et DD sont-ils indépendants ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 12\frac{1}{2}, 16\frac{1}{6}, 536\frac{5}{36}
  • b) P(AB)=112=P(A)P(B)P(A\cap B)=\frac{1}{12}=P(A)P(B) : indépendants
  • c) 112572\frac{1}{12}\neq\frac{5}{72} : non ; PA(C)=16P_A(C)=\frac{1}{6}
  • d) Incompatibles : pas indépendants
  • e) 136=16×16\frac{1}{36}=\frac{1}{6}\times\frac{1}{6} : indépendants

a) P(A)=1836=12P(A)=\frac{18}{36}=\frac{1}{2}. La somme 77 s'obtient avec (1;6)(1;6), (2;5)(2;5), (3;4)(3;4), (4;3)(4;3), (5;2)(5;2), (6;1)(6;1) : P(B)=636=16P(B)=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}. La somme 88 s'obtient avec (2;6)(2;6), (3;5)(3;5), (4;4)(4;4), (5;3)(5;3), (6;2)(6;2) : P(C)=536P(C)=\frac{5}{36}.

b) ABA\cap B : rouge pair et somme 77, soit (2;5)(2;5), (4;3)(4;3), (6;1)(6;1). P(AB)=336=112P(A\cap B)=\frac{3}{36}=\frac{1}{12}, et P(A)×P(B)=12×16=112P(A)\times P(B)=\frac{1}{2}\times\frac{1}{6}=\frac{1}{12}. Les deux sont égaux : AA et BB sont INDÉPENDANTS. Quel que soit le dé rouge, un seul résultat du dé bleu complète à 77, avec probabilité 16\frac{1}{6} : connaître la parité du rouge n'apprend rien.

c) ACA\cap C : (2;6)(2;6), (4;4)(4;4), (6;2)(6;2), soit P(AC)=336=112P(A\cap C)=\frac{3}{36}=\frac{1}{12}, alors que P(A)×P(C)=572P(A)\times P(C)=\frac{5}{72}. Comme 112=672572\frac{1}{12}=\frac{6}{72}\neq\frac{5}{72}, AA et CC ne sont PAS indépendants. PA(C)=1/121/2=160,167P_{A}(C)=\frac{1/12}{1/2}=\frac{1}{6}\approx 0{,}167, contre P(C)=5360,139P(C)=\frac{5}{36}\approx 0{,}139 : savoir le rouge pair rend la somme 88 un peu plus probable, car un rouge égal à 11 l'interdit.

d) BB et CC sont INCOMPATIBLES, une somme ne pouvant valoir à la fois 77 et 88 : P(BC)=0P(B\cap C)=0, alors que P(B)×P(C)0P(B)\times P(C)\neq 0. Ils ne sont pas indépendants, ils sont même au contraire totalement liés.

e) BDB\cap D : bleu égal à 66 et somme 77, soit le seul couple (1;6)(1;6). P(BD)=136P(B\cap D)=\frac{1}{36} et P(B)×P(D)=16×16=136P(B)\times P(D)=\frac{1}{6}\times\frac{1}{6}=\frac{1}{36} : BB et DD sont indépendants, alors que DD porte sur l'un des dés qui forment la somme. C'est la somme 77 qui est particulière : c'est la seule qui reste possible quel que soit le résultat d'un des dés.

L'indépendance ne se DEVINE pas, elle se CALCULE : la somme 77 est indépendante du résultat de chaque dé, la somme 88 ne l'est pas, et rien dans l'énoncé ne permettait de le prévoir. Le seul critère fiable est P(EF)=P(E)×P(F)P(E\cap F)=P(E)\times P(F), qui se vérifie en comptant les issues.

Exercice 12 : Du tableau de probabilités aux conditionnelles

Deux événements AA et BB vérifient P(A)=0,6P(A)=0{,}6, P(B)=0,5P(B)=0{,}5 et P(AB)=0,7P(A\cup B)=0{,}7.

  • a) Calculez P(AB)P(A\cap B).
  • b) Complétez le tableau des probabilités des quatre intersections ABA\cap B, ABA\cap\overline{B}, AB\overline{A}\cap B et AB\overline{A}\cap\overline{B}.
  • c) Calculez PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A).
  • d) Calculez PA(B)P_{\overline{A}}(\overline{B}).
  • e) Les événements AA et BB sont-ils indépendants ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 0,40{,}4
  • b) 0,40{,}4 ; 0,20{,}2 ; 0,10{,}1 ; 0,30{,}3
  • c) PA(B)=23P_A(B)=\frac{2}{3}, PB(A)=0,8P_B(A)=0{,}8
  • d) 0,750{,}75
  • e) Non : 0,30,40{,}3\neq 0{,}4

a) P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B), donc P(AB)=0,6+0,50,7=0,4P(A\cap B)=0{,}6+0{,}5-0{,}7=0{,}4. L'intersection est comptée deux fois dans P(A)+P(B)P(A)+P(B) : c'est pour cela qu'on la retranche.

b) P(AB)=P(A)P(AB)=0,2P(A\cap\overline{B})=P(A)-P(A\cap B)=0{,}2 ; P(AB)=P(B)P(AB)=0,1P(\overline{A}\cap B)=P(B)-P(A\cap B)=0{,}1 ; P(AB)=1P(AB)=0,3P(\overline{A}\cap\overline{B})=1-P(A\cup B)=0{,}3. Contrôle : 0,4+0,2+0,1+0,3=10{,}4+0{,}2+0{,}1+0{,}3=1 ✓, et les marges redonnent P(A)=0,6P(A)=0{,}6 et P(B)=0,5P(B)=0{,}5 ✓.

c) PA(B)=0,40,6=230,667P_{A}(B)=\frac{0{,}4}{0{,}6}=\frac{2}{3}\approx 0{,}667 et PB(A)=0,40,5=0,8P_{B}(A)=\frac{0{,}4}{0{,}5}=0{,}8. Même numérateur, dénominateurs différents : les deux conditionnelles n'ont aucune raison d'être égales.

d) PA(B)=P(AB)P(A)=0,30,4=0,75P_{\overline{A}}(\overline{B})=\frac{P(\overline{A}\cap\overline{B})}{P(\overline{A})}=\frac{0{,}3}{0{,}4}=0{,}75. Le dénominateur est P(A)=0,4P(\overline{A})=0{,}4, pas P(B)P(\overline{B}) : c'est la condition qui fixe la population de référence.

e) P(A)×P(B)=0,30,4=P(AB)P(A)\times P(B)=0{,}3\neq 0{,}4=P(A\cap B) : ils ne sont pas indépendants. On le lit aussi sur c) : PA(B)0,667>P(B)=0,5P_{A}(B)\approx 0{,}667>P(B)=0{,}5, savoir AA réalisé rend BB plus probable.

Un tableau de probabilités à double entrée contient toute l'information sur deux événements : quatre cases qui somment à 11, des marges qui donnent P(A)P(A) et P(B)P(B). Chaque probabilité conditionnelle se lit ensuite comme une case divisée par une marge, et c'est la marge de la CONDITION qui va au dénominateur.

Exercice 13 : Composants en série et en parallèle

Un appareil électronique utilise des composants de deux types : un composant C1C_{1} fonctionne pendant un an avec la probabilité 0,90{,}9, un composant C2C_{2} avec la probabilité 0,80{,}8. Les pannes des différents composants sont indépendantes.

Des composants montés en SÉRIE doivent tous fonctionner pour que le montage fonctionne ; montés en PARALLÈLE, il suffit que l'un d'eux fonctionne.

  • a) Calculez la probabilité qu'un montage en série de C1C_{1} et C2C_{2} fonctionne pendant un an.
  • b) Calculez la probabilité qu'un montage en parallèle de C1C_{1} et C2C_{2} fonctionne pendant un an.
  • c) Un appareil est formé de C1C_{1} monté en série avec un bloc de deux composants C2C_{2} en parallèle. Calculez la probabilité qu'il fonctionne.
  • d) Combien faut-il au minimum de composants C2C_{2} en parallèle pour que le bloc fonctionne avec une probabilité d'au moins 0,9990{,}999 ?
  • e) Le montage en série de a) est tombé en panne. Quelle est la probabilité que C1C_{1} soit en panne ? Arrondissez au millième.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 0,720{,}72
  • b) 0,980{,}98
  • c) 0,8640{,}864
  • d) 55 composants
  • e) 0,10,280,357\frac{0{,}1}{0{,}28}\approx 0{,}357

a) Par indépendance, P(C1C2)=0,9×0,8=0,72P(C_{1}\cap C_{2})=0{,}9\times 0{,}8=0{,}72. Le montage en série est MOINS fiable que chacun de ses composants : chaque composant ajouté est une occasion de panne de plus.

b) Le montage tombe en panne seulement si les DEUX composants tombent en panne : P=0,1×0,2=0,02P=0{,}1\times 0{,}2=0{,}02, par indépendance. La probabilité de fonctionner vaut 10,02=0,981-0{,}02=0{,}98. Passer par l'événement contraire évite de compter trois cas.

c) Le bloc parallèle fonctionne avec la probabilité 10,22=0,961-0{,}2^{2}=0{,}96. Il est en série avec C1C_{1}, et les deux sont indépendants : 0,9×0,96=0,8640{,}9\times 0{,}96=0{,}864.

d) Avec nn composants C2C_{2} en parallèle, la probabilité de panne du bloc vaut 0,2n0{,}2^{n}. On veut 0,2n0,0010{,}2^{n}\leq 0{,}001 : 0,24=0,00160{,}2^{4}=0{,}0016 ne suffit pas, 0,25=0,000320{,}2^{5}=0{,}000\,32 convient. Il faut au minimum 55 composants.

e) On note SS l'événement « le montage série est en panne », de probabilité 10,72=0,281-0{,}72=0{,}28. L'événement « C1C_{1} en panne » entraîne la panne du montage, donc son intersection avec SS est lui-même : PS(C1)=0,10,280,357P_{S}(\overline{C_{1}})=\frac{0{,}1}{0{,}28}\approx 0{,}357. Même si C1C_{1} est le composant le plus fiable, il n'est responsable que d'un peu plus d'un tiers des pannes.

Deux règles gouvernent la fiabilité : en série, on MULTIPLIE les probabilités de fonctionnement ; en parallèle, on multiplie les probabilités de PANNE, puis on passe au contraire. Toutes les deux supposent l'indépendance, qui est une hypothèse de modèle : deux composants alimentés par la même pile ne tombent pas en panne indépendamment.

Exercice 14 : Le problème du chevalier de Méré

Au XVIIe siècle, le chevalier de Méré, joueur passionné, pariait qu'il obtiendrait au moins un 66 en lançant 44 fois un dé, et gagnait plus souvent qu'il ne perdait. Il en déduisit qu'il gagnerait aussi en pariant sur au moins un double 66 en lançant 2424 fois deux dés, car « 44 est à 66 comme 2424 est à 3636 ». Il perdit de l'argent, et posa la question à Blaise Pascal.

Les dés sont équilibrés et les lancers indépendants. Les probabilités seront arrondies à 10410^{-4}.

  • a) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un 66 en 44 lancers d'un dé.
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un double 66 en 2424 lancers de deux dés.
  • c) Combien de lancers de deux dés faut-il au minimum pour que la probabilité d'obtenir au moins un double 66 dépasse 12\frac{1}{2} ?
  • d) Combien de lancers d'un dé faut-il au minimum pour obtenir au moins un 66 avec une probabilité d'au moins 0,90{,}9 ?
  • e) Expliquez l'erreur du raisonnement « 44 est à 66 comme 2424 est à 3636 ».

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 1(56)40,51771-\left(\frac{5}{6}\right)^{4}\approx 0{,}5177
  • b) 1(3536)240,49141-\left(\frac{35}{36}\right)^{24}\approx 0{,}4914
  • c) 2525 lancers
  • d) 1313 lancers
  • e) Les événements ne sont pas incompatibles : on ne peut pas additionner

a) L'événement contraire est « aucun 66 en 44 lancers ». Chaque lancer donne autre chose que 66 avec la probabilité 56\frac{5}{6}, et les lancers sont indépendants : P(aucun 6)=(56)40,4823P(\text{aucun }6)=\left(\frac{5}{6}\right)^{4}\approx 0{,}4823. Donc P(au moins un 6)=1(56)40,5177P(\text{au moins un }6)=1-\left(\frac{5}{6}\right)^{4}\approx 0{,}5177, un peu plus d'une chance sur deux : le pari est gagnant.

b) Un lancer de deux dés donne un double 66 avec la probabilité 136\frac{1}{36}, et autre chose avec 3536\frac{35}{36}. P(au moins un double 6)=1(3536)240,4914P(\text{au moins un double }6)=1-\left(\frac{35}{36}\right)^{24}\approx 0{,}4914, un peu MOINS d'une chance sur deux : le pari est perdant, ce que le chevalier avait constaté.

c) On cherche le plus petit nn tel que 1(3536)n>121-\left(\frac{35}{36}\right)^{n}>\frac{1}{2}. Pour n=24n=24, on trouve 0,49140{,}4914 ; pour n=25n=25, 1(3536)250,50551-\left(\frac{35}{36}\right)^{25}\approx 0{,}5055. Il faut 2525 lancers.

d) On cherche (56)n0,1\left(\frac{5}{6}\right)^{n}\leq 0{,}1. (56)120,1122\left(\frac{5}{6}\right)^{12}\approx 0{,}1122 et (56)130,0935\left(\frac{5}{6}\right)^{13}\approx 0{,}0935 : il faut 1313 lancers.

e) Le raisonnement suppose que la probabilité de gagner est PROPORTIONNELLE au nombre de lancers, c'est-à-dire qu'on additionne 16\frac{1}{6} quatre fois, ou 136\frac{1}{36} vingt-quatre fois, pour obtenir 23\frac{2}{3} dans les deux cas. Or les événements « 66 au premier lancer », « 66 au deuxième »... ne sont pas incompatibles : on ne peut pas additionner leurs probabilités. Le calcul juste passe par le contraire, et la probabilité 1qn1-q^{n} ne croît pas proportionnellement à nn : pour un événement rare comme le double 66, elle est plus loin de la règle de proportion que pour le 66 simple.

« Au moins un » se calcule presque toujours par l'événement contraire « aucun », qui est une INTERSECTION d'événements indépendants et donc un produit. L'erreur du chevalier, additionner des probabilités d'événements qui peuvent se produire ensemble, reste l'une des plus répandues : elle ferait croire qu'en sept lancers on est sûr d'obtenir un 66.

Exercice 15 : Le jeu des trois portes

Dans un jeu télévisé, une voiture est cachée derrière l'une de trois portes, au hasard, et une chèvre derrière chacune des deux autres. Le candidat choisit la porte 11. L'animateur, qui sait où est la voiture, ouvre alors une AUTRE porte cachant une chèvre ; s'il a le choix entre deux portes, il en ouvre une au hasard. Il propose ensuite au candidat de garder la porte 11 ou de changer.

On note ViV_{i} l'événement « la voiture est derrière la porte ii » et O3O_{3} l'événement « l'animateur ouvre la porte 33 ».

  • a) Donnez P(V1)P(V_{1}), puis PV1(O3)P_{V_{1}}(O_{3}), PV2(O3)P_{V_{2}}(O_{3}) et PV3(O3)P_{V_{3}}(O_{3}).
  • b) Calculez P(O3)P(O_{3}).
  • c) L'animateur a ouvert la porte 33. Calculez PO3(V1)P_{O_{3}}(V_{1}) et PO3(V2)P_{O_{3}}(V_{2}).
  • d) Quelle est la meilleure stratégie pour le candidat ? Avec quelle probabilité gagne-t-il la voiture en l'appliquant ?
  • e) Le jeu se joue maintenant avec 100100 portes : le candidat en choisit une, l'animateur ouvre 9898 portes cachant des chèvres. Quelle est la probabilité de gagner en changeant ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 13\frac{1}{3} ; 12\frac{1}{2}, 11, 00
  • b) P(O3)=12P(O_3)=\frac{1}{2}
  • c) 13\frac{1}{3} et 23\frac{2}{3}
  • d) Changer : 23\frac{2}{3}
  • e) 0,990{,}99

a) P(V1)=13P(V_{1})=\frac{1}{3}. Si la voiture est derrière la porte 11, l'animateur peut ouvrir la 22 ou la 33 et choisit au hasard : PV1(O3)=12P_{V_{1}}(O_{3})=\frac{1}{2}. Si elle est derrière la porte 22, il ne peut ouvrir ni la 11 (choisie) ni la 22 (voiture) : PV2(O3)=1P_{V_{2}}(O_{3})=1. Si elle est derrière la 33, il ne l'ouvre jamais : PV3(O3)=0P_{V_{3}}(O_{3})=0.

b) Formule des probabilités totales sur la partition V1V_{1}, V2V_{2}, V3V_{3} : P(O3)=13×12+13×1+13×0=16+13=12P(O_{3})=\frac{1}{3}\times\frac{1}{2}+\frac{1}{3}\times 1+\frac{1}{3}\times 0=\frac{1}{6}+\frac{1}{3}=\frac{1}{2}.

c) PO3(V1)=P(V1O3)P(O3)=1/61/2=13P_{O_{3}}(V_{1})=\frac{P(V_{1}\cap O_{3})}{P(O_{3})}=\frac{1/6}{1/2}=\frac{1}{3} et PO3(V2)=1/31/2=23P_{O_{3}}(V_{2})=\frac{1/3}{1/2}=\frac{2}{3}. Et PO3(V3)=0P_{O_{3}}(V_{3})=0 : la somme vaut bien 11 ✓.

d) Il faut CHANGER de porte : il gagne alors avec la probabilité 23\frac{2}{3}, contre 13\frac{1}{3} en gardant sa porte. L'intuition « il reste deux portes, donc une chance sur deux » est fausse, car l'animateur n'ouvre pas une porte au hasard : son choix, contraint par la position de la voiture, apporte de l'information.

e) En gardant sa porte, le candidat gagne avec la probabilité 1100\frac{1}{100}, celle de son choix initial, que l'animateur ne peut pas modifier. En changeant, il gagne dans tous les autres cas : 99100=0,99\frac{99}{100}=0{,}99. Avec cent portes, l'intuition rejoint enfin le calcul : l'animateur a désigné la bonne porte en évitant soigneusement de l'ouvrir.

Ce problème, dit de Monty Hall, a trompé des mathématiciens professionnels. Il se résout sans difficulté dès qu'on écrit l'arbre en commençant par la position de la voiture et en traduisant le comportement de l'animateur par des probabilités CONDITIONNELLES : c'est l'arbre qui corrige l'intuition, jamais l'inverse.

Chapitre précédent La géométrie repérée Chapitre suivant Les variables aléatoires

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur de spécialité maths en Première à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.

Site par Studio Squalli