Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : probabilités conditionnelles et indépendance (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les probabilités conditionnelles et l'indépendance, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs avec les formules des probabilités conditionnelles, comme dans les listes des manuels : PA(B)=P(A)P(A∩B) dans les deux sens, règle du chemin vers P(A∩B), formule des probabilités totales sur deux puis trois événements, inversion du conditionnement PB(A), indépendance et réunion P(A∪B), chacun avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.
L'exercice 6 est le classique du dépistage médical : un test fiable à 95 % qui, appliqué à une maladie rare, donne pourtant deux tiers de fausses alertes. C'est l'exercice qui fait comprendre à quoi sert vraiment le conditionnement.
Depuis la rentrée 2026, la probabilité conditionnelle et l'arbre pondéré sont introduits dès la Seconde. Le programme de Première ajoute l'indépendance, la partition de l'univers et la formule des probabilités totales, la succession de deux épreuves indépendantes, par un arbre ou un tableau, et la répétition de n⩽4 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes : c'est l'objet des exercices 16 et 17. Les questions qui répètent plus de quatre épreuves (13 d, 14 b, c et d) sont signalées comme approfondissements.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Probabilité conditionnelle : PA(B)=P(A)P(A∩B), définie lorsque P(A)=0.
•Conséquence directe : P(A∩B)=P(A)×PA(B), c'est la multiplication le long d'une branche de l'arbre.
•Formule des probabilités totales avec A et A : P(B)=P(A)×PA(B)+P(A)×PA(B).
•Sur un arbre, la somme des probabilités partant d'un même nœud vaut toujours 1 : PA(B)+PA(B)=1.
•En revanche PA(B)+PA(B) n'a aucune raison de valoir 1 : ce sont deux conditionnements différents.
•A et B sont indépendants lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B), ce qui équivaut à PA(B)=P(B).
•Indépendant et incompatible sont deux notions opposées : deux événements incompatibles de probabilités non nulles sont toujours dépendants.
•Deux épreuves sont indépendantes lorsque le résultat de l'une ne modifie pas les probabilités de l'autre. Alors chaque issue (résultat 1 ; résultat 2) a pour probabilité le PRODUIT des deux probabilités, ce qu'on range dans un arbre ou dans un tableau.
•Une épreuve de Bernoulli a deux issues, succès de probabilité p et échec de probabilité 1−p. Pour n⩽4 répétitions identiques et indépendantes, l'arbre porte les mêmes poids à chaque niveau et un chemin à k succès a pour probabilité pk(1−p)n−k.
Calculs : les formules du chapitre
Exercice 0.1 : Calculer avec les probabilités conditionnelles : dix calculs directs
Dans chaque ligne, A, B, A1, A2 et A3 sont des événements d'une même expérience aléatoire, et les données suffisent. Calculez la probabilité demandée, sous forme décimale exacte ou au millième, ou répondez à la question d'indépendance.
Trois formules suffisent aux dix lignes : PA(B)=P(A)P(A∩B), lue dans les deux sens, la formule des probabilités totales P(B)=P(A∩B)+P(A∩B), chaque terme étant le produit des probabilités le long d'un chemin de l'arbre, et le critère d'indépendance P(A∩B)=P(A)×P(B). Avant tout calcul, on écrit la formule avec les bons événements, puis on remplace.
a) P(A)=0,25 et P(A∩B)=0,15 : calculez PA(B).
b) P(A)=0,7 et PA(B)=0,4 : calculez P(A∩B).
c) P(A)=0,35 et PA(B)=0,6 : calculez P(A∩B).
d) P(A)=0,8 et P(A∩B)=0,2 : calculez PA(B).
e) P(A)=0,3, PA(B)=0,9 et PA(B)=0,2 : calculez P(B).
f) A1, A2, A3 forment une partition de l'univers, avec P(A1)=0,45, P(A2)=0,35, P(A3)=0,2, et PA1(B)=0,1, PA2(B)=0,4, PA3(B)=0,7 : calculez P(B).
g) P(A)=0,1, PA(B)=0,9 et PA(B)=0,05 : calculez PB(A).
h) A et B sont indépendants, avec P(A)=0,55 et P(B)=0,2 : calculez P(A∩B).
i) P(A)=0,48, P(B)=0,35 et P(A∩B)=0,13 : calculez P(A∪B).
j) P(A)=0,5, P(B)=0,3 et P(A∪B)=0,65 : calculez P(A∩B), puis dites si A et B sont indépendants.
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Réponses
a)PA(B)=0,250,15 ; 0,6
b)P(A∩B)=0,7×0,4 ; 0,28
c)P(A∩B)=0,65×0,6 ; 0,39
d)PA(B)=1−0,80,2 ; 0,75
e)P(B)=0,27+0,14 ; 0,41
f)P(B)=0,045+0,14+0,14 ; 0,325
g)PB(A)=0,1350,09 ; 32≈0,667
h)P(A∩B)=0,55×0,2 ; 0,11
i)P(A∪B)=0,48+0,35−0,13 ; 0,7
j)P(A∩B)=0,15=P(A)×P(B) ; indépendants
Le geste qui décide de tout : distinguer P(A∩B), la probabilité d'un CHEMIN entier de l'arbre, de PA(B), la probabilité portée par UNE branche, celle qui part de A. On passe de l'une à l'autre en multipliant ou en divisant par P(A), et presque toutes les erreurs du chapitre viennent de cette confusion.
a)
PA(B)=P(A)P(A∩B)=0,250,15=0,6.
b)
Règle du chemin : P(A∩B)=P(A)×PA(B)=0,7×0,4=0,28.
c)
P(A)=1−0,35=0,65, puis P(A∩B)=P(A)×PA(B)=0,65×0,6=0,39. Piège : multiplier par P(A)=0,35, alors que le chemin part de A.
d)
PA(B)=0,80,2=0,25, donc PA(B)=1−0,25=0,75 : les deux branches qui partent de A ont une somme égale à 1. Piège : calculer 1−P(A∩B)=0,8, qui n'est la probabilité d'aucun événement utile ici.
e)
Probabilités totales sur la partition {A,A} : P(B)=0,3×0,9+0,7×0,2=0,27+0,14=0,41. Piège : additionner les deux probabilités conditionnelles, 0,9+0,2, sans les pondérer par P(A) et P(A).
f)
Trois chemins mènent à B : P(B)=0,45×0,1+0,35×0,4+0,2×0,7=0,045+0,14+0,14=0,325. On vérifie au passage que 0,45+0,35+0,2=1 : c'est bien une partition.
g)
D'abord P(B) par les probabilités totales : 0,1×0,9+0,9×0,05=0,09+0,045=0,135. Puis PB(A)=P(B)P(A∩B)=0,1350,09=32≈0,667. Piège : répondre PA(B)=0,9 ; le conditionnement se retourne, il ne se recopie pas.
h)
Par définition de l'indépendance : P(A∩B)=P(A)×P(B)=0,55×0,2=0,11. Cette multiplication n'est permise QUE parce que l'énoncé affirme l'indépendance.
i)
P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)=0,48+0,35−0,13=0,7. Piège : oublier de retrancher l'intersection, comptée deux fois, ce qui donne 0,83.
j)
De la même formule, à l'envers : P(A∩B)=P(A)+P(B)−P(A∪B)=0,5+0,3−0,65=0,15. Et P(A)×P(B)=0,5×0,3=0,15 : l'égalité est vérifiée, donc A et B sont indépendants.
Contrôle : toute probabilité trouvée est entre 0 et 1 ; dans un arbre, les branches issues d'un même nœud ont une somme égale à 1, et les probabilités de tous les chemins aussi. En g), par exemple, PB(A)=0,1350,045=31 complète bien 32.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Conditionnement à partir d'un tableau
Une enquête porte sur 200 personnes. Le tableau ci-dessous croise le sexe et le fait de fumer.
On choisit une personne au hasard. On note H l'événement « la personne est un homme » et F l'événement « la personne fume ».
Conditionner, c'est changer de POPULATION DE RÉFÉRENCE : au lieu de rapporter un effectif au total de 200, on le rapporte au sous-groupe désigné par la condition. Tout le chapitre tient dans ce changement de dénominateur.
Fumeur
Non-fumeur
Total
Homme
45
65
110
Femme
25
65
90
Total
70
130
200
a) Calculez P(H), P(F) et P(H∩F).
b) Calculez PH(F) et interprétez le résultat par une phrase.
c) Calculez PF(H) et interprétez.
d) Ces deux dernières probabilités sont différentes. Expliquez pourquoi il n'y a là aucune contradiction.
e) Vérifiez sur les nombres que PH(F)×P(H)=PF(H)×P(F), et dites ce que cette égalité représente.
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Réponses
a)P(H)=0,55, P(F)=0,35, P(H∩F)=0,225
b)PH(F)=229≈0,409 : 40,9% des hommes fument
c)PF(H)=149≈0,643 : 64,3% des fumeurs sont des hommes
d)Même numérateur, populations de référence différentes
e)Les deux produits valent P(H∩F)=0,225
a)
Ces trois probabilités se lisent toutes sur la population entière, donc avec le même dénominateur 200 : P(H)=200110=0,55, P(F)=20070=0,35 et P(H∩F)=20045=0,225. Attention à la troisième : elle compte les personnes qui sont À LA FOIS des hommes ET des fumeurs, c'est-à-dire une seule case du tableau, jamais une somme de marges.
b)
La notation PH(F) se lit « probabilité de F SACHANT H » : on se restreint aux 110 hommes et on regarde combien fument. Directement sur le tableau : 11045=229≈0,409. Par la formule : PH(F)=P(H)P(H∩F)=0,550,225≈0,409 ✓, les deux voies coïncident. Phrase attendue : parmi les hommes, environ 40,9 % fument. La lecture directe sur les effectifs est plus rapide et sert de contrôle à la formule.
c)
Cette fois on se restreint aux 70 fumeurs : PF(H)=7045=149≈0,643, ce que confirme 0,350,225 ✓. Phrase : parmi les fumeurs, environ 64,3 % sont des hommes.
d)
Les deux questions ne portent pas sur la même population de référence. La première se restreint aux 110 hommes, la seconde aux 70 fumeurs : le numérateur est le même, les 45 hommes fumeurs, mais le dénominateur change du tout au tout. En général PA(B)=PB(A), et confondre les deux est l'erreur la plus lourde du chapitre, celle qui fait conclure à l'envers dans les problèmes de dépistage. Une phrase suffit à les distinguer : « quelle proportion des hommes fume » n'est pas « quelle proportion des fumeurs est un homme ».
e)
PH(F)×P(H)=229×0,55=0,225 et PF(H)×P(F)=149×0,35=0,225 ✓. Les deux produits valent P(H∩F), et c'est normal : chacun n'est qu'une façon de reconstituer la case commune, une fois en partant des hommes, une fois en partant des fumeurs. Cette double écriture P(A∩B)=PA(B)×P(A)=PB(A)×P(B) est la relation centrale du chapitre. C'est elle qui, réarrangée, donne PB(A)=P(B)PA(B)×P(A), c'est-à-dire la formule qui permet de RETOURNER un conditionnement, exactement ce que demanderont les exercices 3, 5 et 6.
Exercice 2 : Lire et compléter un arbre pondéré
A et B sont deux événements tels que P(A)=0,4, PA(B)=0,75 et PA(B)=0,25.
L'arbre pondéré n'est pas une illustration : c'est l'outil de calcul du chapitre. Deux règles suffisent à le faire fonctionner, et elles se contrôlent l'une l'autre.
a) Construisez l'arbre pondéré et complétez toutes les branches.
b) Calculez P(A∩B) et P(A∩B).
c) Calculez P(B) à l'aide de la formule des probabilités totales.
d) Calculez PB(A).
e) Vérifiez que PA(B)+PA(B)=1, mais que PA(B)+PA(B) ne vaut pas 1.
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Réponses
a)A : 0,4, A : 0,6 ; puis 0,75/0,25 et 0,25/0,75
b)0,30 et 0,15
c)P(B)=0,45
d)PB(A)=32
e)Branches d'un même nœud : somme 1 ; de nœuds différents : aucune règle
a)
Premier niveau : la branche A porte 0,4 et la branche A porte 0,6, puisque les deux branches issues d'un même nœud somment toujours à 1. Second niveau, depuis A : B à 0,75 et B à 0,25. Depuis A : B à 0,25 et B à 0,75. Point de vocabulaire essentiel : les poids du SECOND niveau sont toujours des probabilités CONDITIONNELLES, jamais des probabilités simples. Contrôle de construction : chaque nœud doit voir partir des branches de somme 1, ce qui se vérifie ici trois fois.
b)
On multiplie le long d'un chemin : P(A∩B)=P(A)×PA(B)=0,4×0,75=0,30, et P(A∩B)=0,6×0,25=0,15. La multiplication le long d'un chemin est exactement la relation P(A∩B)=P(A)×PA(B) écrite autrement.
c)
L'événement B se réalise par deux chemins distincts et incompatibles, celui qui passe par A et celui qui passe par A : on ADDITIONNE donc leurs probabilités. P(B)=0,30+0,15=0,45. C'est la formule des probabilités totales, et sa forme générale est P(B)=P(A)×PA(B)+P(A)×PA(B). La règle du chapitre tient en deux verbes : on multiplie LE LONG d'un chemin, on additionne ENTRE les chemins.
d)
PB(A)=P(B)P(A∩B)=0,450,30=32≈0,667. Noter le sens de la question : l'arbre est construit dans le sens A puis B, mais on demande ici de remonter de B vers A. C'est ce retournement qui rend ce type de question plus difficile qu'il n'y paraît, et la seule méthode fiable est de repasser par la définition, numérateur P(A∩B) lu sur un chemin, dénominateur P(B) obtenu par les probabilités totales.
e)
PA(B)+PA(B)=0,75+0,25=1 ✓, et c'est une règle générale : ces deux branches partent du même nœud et couvrent toutes les possibilités une fois A acquis. En revanche PA(B)+PA(B) vaut ici 0,75+0,25=1 par pure coïncidence numérique : ces deux nombres sont les poids de branches issues de nœuds DIFFÉRENTS, et rien ne les relie. Si PA(B) valait 0,4, la somme ferait 1,15, ce qui ne poserait aucun problème. Retenir la formulation exacte : ce qui somme à 1, ce sont les branches d'un même nœud, jamais deux branches portant la même étiquette sur des nœuds différents.
Exercice 3 : Formule des probabilités totales
Un magasin vend des ampoules provenant de deux fournisseurs. Le fournisseur X livre 65 % du stock, le fournisseur Y le reste.
Parmi les ampoules de X, 3 % sont défectueuses ; parmi celles de Y, 8 % le sont.
On prélève une ampoule au hasard dans le stock. On note D l'événement « l'ampoule est défectueuse ».
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Traduisez chaque donnée de l'énoncé par une probabilité, en précisant s'il s'agit d'une probabilité simple ou conditionnelle.
b) Calculez la probabilité que l'ampoule provienne de X et soit défectueuse.
c) Calculez P(D).
d) L'ampoule prélevée est défectueuse. Quelle est la probabilité qu'elle vienne du fournisseur Y ? Arrondissez au millième.
e) Comparez PY(D) et PD(Y). Pourquoi ces deux nombres sont-ils si différents ?
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Réponses
a)P(X)=0,65, P(Y)=0,35 ; PX(D)=0,03, PY(D)=0,08
b)0,0195
c)P(D)=0,0475
d)PD(Y)≈0,589
e)0,08 contre 0,589 : sens et dénominateurs différents
a)
P(X)=0,65 et P(Y)=1−0,65=0,35 sont des probabilités SIMPLES : elles portent sur le stock entier. La phrase « parmi les ampoules de X, 3 % sont défectueuses » contient le mot parmi, qui signale un changement de population de référence : elle se traduit par la conditionnelle PX(D)=0,03, et de même PY(D)=0,08. Savoir repérer ce mot dans un énoncé vaut plusieurs points : une donnée mal classée fausse tout le reste.
b)
On multiplie le long du chemin : P(X∩D)=P(X)×PX(D)=0,65×0,03=0,0195. Autrement dit, 1,95 % de la totalité du stock est à la fois de marque X et défectueux, à ne pas confondre avec les 3 % qui ne concernaient que les ampoules de X.
c)
Le second chemin donne P(Y∩D)=0,35×0,08=0,028. Par les probabilités totales : P(D)=0,0195+0,028=0,0475, soit 4,75 % du stock. Contrôle de plausibilité utile : ce résultat doit toujours être compris entre les deux taux 3 % et 8 %, puisqu'il en est une moyenne pondérée par les parts de marché ✓.
d)
On retourne le conditionnement : PD(Y)=P(D)P(Y∩D)=0,04750,028≈0,589. Bien que Y ne fournisse que 35 % du stock, il est responsable de près de 59 % des ampoules défectueuses. La cohérence se vérifie d'un coup d'œil : PD(X)=0,04750,0195≈0,411, et les deux somment bien à 1 ✓, une ampoule défectueuse venant forcément de l'un des deux fournisseurs.
e)
Les deux nombres répondent à deux questions opposées et se lisent dans deux sens différents. PY(D)=0,08 part du fournisseur et va vers le défaut : c'est le taux de défaut de Y, une caractéristique de sa production. PD(Y)≈0,589 part du défaut et remonte vers le fournisseur : c'est la part de Y dans les rebuts, qui dépend AUSSI des volumes livrés. Le second nombre est bien plus grand que le premier, ce qui n'a rien de contradictoire puisqu'ils n'ont ni le même dénominateur ni le même sens. C'est exactement la dissymétrie établie à l'exercice 1, et c'est elle qui rendra le résultat de l'exercice 6 si surprenant.
Exercice 4 : Tester l'indépendance
Dans chaque cas, déterminez si les deux événements sont indépendants. Justifiez par le critère du cours.
Le critère de référence est P(A∩B)=P(A)×P(B), parce qu'il est symétrique et qu'il reste valable même si l'une des probabilités est nulle. Le critère PA(B)=P(B) dit la même chose mais exige P(A)=0.
a) P(A)=0,4, P(B)=0,5 et P(A∩B)=0,2.
b) P(C)=0,3, P(D)=0,6 et P(C∩D)=0,2.
c) Pour le cas a), vérifiez que PA(B)=P(B).
d) Pour le cas b), calculez PC(D) et comparez à P(D). Le fait de savoir que C est réalisé rend-il D plus ou moins probable ?
e) Dans le cas a), vérifiez que A est aussi indépendant de B.
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Réponses
a)Indépendants : 0,4×0,5=0,2
b)Non : 0,18=0,2
c)PA(B)=0,5=P(B)
d)PC(D)=32>0,6 : plus probable
e)P(A∩B)=0,2=0,4×0,5 : indépendants
a)
On teste le produit : P(A)×P(B)=0,4×0,5=0,2, qui est exactement P(A∩B). Les événements A et B sont donc indépendants. Rédaction attendue : on calcule le produit d'un côté, on le compare à l'intersection de l'autre, et on conclut. Annoncer l'indépendance sans ce calcul ne rapporte aucun point.
b)
P(C)×P(D)=0,3×0,6=0,18, alors que P(C∩D)=0,2. Les deux valeurs diffèrent, donc C et D ne sont PAS indépendants. L'écart est faible, 0,02, mais un critère d'égalité ne se négocie pas : il n'existe pas d'événements presque indépendants.
c)
PA(B)=P(A)P(A∩B)=0,40,2=0,5, qui est bien P(B) ✓. C'est la lecture intuitive de l'indépendance : savoir que A est réalisé ne modifie en rien la probabilité de B. L'information apportée par A est sans valeur pour prévoir B.
d)
PC(D)=0,30,2=32≈0,667, contre P(D)=0,6. Savoir que C est réalisé AUGMENTE la probabilité de D : les deux événements sont positivement liés. On peut le dire dans l'autre sens et le vérifier : PD(C)=0,60,2=31≈0,333, contre P(C)=0,3, également en hausse. La liaison est symétrique, même si les deux écarts ne sont pas égaux.
e)
On calcule P(A∩B)=P(A)−P(A∩B)=0,4−0,2=0,2, puis on teste : P(A)×P(B)=0,4×0,5=0,2 ✓. Donc A et B sont eux aussi indépendants. Le résultat est général et vaut la peine d'être retenu : si A et B sont indépendants, alors A et B le sont, ainsi que A et B, et A et B. C'est logique, puisque si A n'apporte aucune information sur B, il n'en apporte pas davantage sur le contraire de B.
Exercice 5 : Retrouver une probabilité manquante
Une entreprise sait que 12 % de ses colis arrivent en retard. Parmi les colis en retard, 30 % ont été expédiés le vendredi.
Par ailleurs, 20 % de l'ensemble des colis sont expédiés le vendredi.
On note R l'événement « le colis arrive en retard » et V l'événement « le colis a été expédié le vendredi ».
a) Traduisez les trois données de l'énoncé.
b) Calculez P(R∩V).
c) Calculez PV(R), la probabilité qu'un colis expédié le vendredi arrive en retard.
d) Les événements R et V sont-ils indépendants ? Que conseilleriez-vous à l'entreprise ?
e) Reprenez le problème sur 1000 colis et comparez le taux de retard du vendredi à celui des autres jours.
Voir la correction
Réponses
a)P(R)=0,12, PR(V)=0,30, P(V)=0,20
b)0,036
c)PV(R)=0,18
d)Non : 0,024=0,036
e)18% le vendredi contre 10,5% les autres jours
a)
P(R)=0,12 est une probabilité simple. La phrase « parmi les colis en retard, 30 % ont été expédiés le vendredi » se restreint aux colis en retard : c'est PR(V)=0,30. Enfin P(V)=0,20 porte sur l'ensemble des colis, c'est donc une probabilité simple. L'énoncé fournit délibérément le conditionnement dans le sens R vers V alors que la question c) le demandera dans l'autre sens : c'est le cœur de l'exercice.
b)
P(R∩V)=P(R)×PR(V)=0,12×0,30=0,036. Donc 3,6 % de tous les colis sont à la fois expédiés le vendredi et en retard.
c)
On retourne le conditionnement en repartant de la définition, avec le même numérateur mais l'autre dénominateur : PV(R)=P(V)P(R∩V)=0,200,036=0,18. Parmi les colis du vendredi, 18 % arrivent en retard, contre 12 % en moyenne sur l'ensemble.
d)
Non, ils ne sont pas indépendants : P(R)×P(V)=0,12×0,20=0,024, ce qui diffère de P(R∩V)=0,036. La lecture la plus parlante est celle des conditionnelles : PV(R)=0,18 contre P(R)=0,12, soit un risque de retard une fois et demie plus élevé pour un colis du vendredi. L'entreprise devrait examiner son organisation de fin de semaine. Attention toutefois à la formulation de la conclusion, qui est reprise à l'exercice 9 : ces chiffres établissent une association, pas une cause.
e)
Sur 1000 colis : 200 partent le vendredi et 800 les autres jours ; 120 arrivent en retard, dont 36 partis le vendredi, donc 84 les autres jours. Le taux de retard vaut 20036=18 % le vendredi contre 80084=10,5 % les autres jours. L'écart réel est donc de 18 contre 10,5, et non de 18 contre 12 : la moyenne de 12 % inclut déjà les colis du vendredi, ce qui la tire vers le haut et masque une partie de l'écart. Ce raisonnement sur des effectifs entiers, appelé fréquences naturelles, est le meilleur moyen de rendre un résultat conditionnel lisible, et il resservira à l'exercice 6.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Le dépistage qui surprend
Une maladie touche 2 % d'une population. Un test de dépistage a les caractéristiques suivantes : si la personne est malade, le test est positif dans 95 % des cas ; si elle est saine, le test est négatif dans 96 % des cas.
On note M l'événement « la personne est malade » et T l'événement « le test est positif ».
C'est l'exercice le plus contre-intuitif du programme, et il tombe régulièrement au baccalauréat. Le piège n'est pas calculatoire : il consiste à confondre « le test se trompe rarement » avec « un test positif signifie presque sûrement malade », qui sont deux affirmations très différentes.
a) Traduisez les données et construisez l'arbre pondéré complet.
b) Calculez P(M∩T) et P(M∩T).
c) Calculez P(T).
d) Une personne a un test positif. Calculez la probabilité qu'elle soit réellement malade, arrondie au millième.
e) Commentez ce résultat. Le test est-il pour autant inutile ?
f) Refaites le calcul sur une population de 10 000 personnes, avec des effectifs entiers.
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Réponses
a)P(M)=0,02, PM(T)=0,95, PM(T)=0,96
b)0,019 et 0,0392
c)P(T)=0,0582
d)PT(M)≈0,326
e)Surprenant à cause de la rareté ; le test reste utile
P(M)=0,02 donc P(M)=0,98. La phrase « si la personne est malade, le test est positif dans 95 % des cas » est conditionnelle : PM(T)=0,95, d'où PM(T)=0,05, ce sont les faux négatifs. De même PM(T)=0,96, d'où PM(T)=0,04, les faux positifs. Contrôle : les branches de chaque nœud somment bien à 1 ✓.
b)
P(M∩T)=0,02×0,95=0,019 : ce sont les vrais positifs, 1,9 % de la population. P(M∩T)=0,98×0,04=0,0392 : les faux positifs, 3,92 %. Le fait décisif apparaît déjà ici : les faux positifs sont DEUX FOIS plus nombreux que les vrais positifs.
c)
P(T)=0,019+0,0392=0,0582, soit 5,82 % de tests positifs dans la population, alors que seulement 2 % sont malades.
d)
PT(M)=P(T)P(M∩T)=0,05820,019≈0,326. Environ 32,6 % seulement des personnes testées positives sont réellement malades, soit à peine une sur trois.
e)
Le résultat surprend parce que la maladie est RARE. Les 4 % de faux positifs s'appliquent aux 98 % de personnes saines, ce qui produit mécaniquement plus de faux positifs que de vrais positifs, lesquels ne peuvent être prélevés que sur les 2 % de malades. Ce n'est donc pas la qualité du test qui est en cause, c'est la rareté de la maladie. Le test reste néanmoins très utile : avant le test, la probabilité d'être malade était de 2 % ; après un test positif, elle passe à 32,6 %, soit environ seize fois plus. Son rôle est de sélectionner une petite population à qui proposer un second examen, plus lourd et plus précis. À noter aussi que PT(M)=0,94180,9408≈0,999 : un test négatif est, lui, extrêmement fiable, ce qui est exactement ce qu'on demande à un test de dépistage de masse.
f)
Sur 10000 personnes : 200 sont malades et 9800 sont saines. Parmi les 200 malades, 95 % ont un test positif, soit 190 personnes. Parmi les 9800 saines, 4 % ont un test positif, soit 392 personnes. Le total des tests positifs est donc 190+392=582, dont 190 vraiment malades : la proportion cherchée vaut 582190≈0,326 ✓, identique au calcul en probabilités. Formulée ainsi, la surprise disparaît : on voit tout de suite que les 392 faux positifs proviennent d'un très gros groupe, même avec un taux d'erreur faible. C'est la présentation à privilégier pour expliquer le résultat à quelqu'un, et elle est acceptée en rédaction au baccalauréat.
Exercice 7 : L'atelier à trois machines
Un atelier fabrique des pièces avec trois machines. La machine M1 assure 50 % de la production, M2 en assure 30 % et M3 les 20 % restants.
Les taux de pièces défectueuses sont respectivement de 2 %, 4 % et 5 %.
On prélève une pièce au hasard et on note D l'événement « la pièce est défectueuse ».
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez la probabilité qu'une pièce prélevée soit défectueuse.
b) La pièce prélevée est défectueuse. Calculez la probabilité qu'elle provienne de chacune des trois machines.
c) Vérifiez que la somme des trois probabilités de la question b) vaut 1.
d) Quelle machine est la source la plus probable d'une pièce défectueuse ? Le résultat est-il celui auquel on s'attendait au vu des taux de défaut ?
e) L'atelier peut réviser une seule machine et ramener son taux de défaut à 2 %. Laquelle choisir pour faire baisser le plus possible P(D) ?
Voir la correction
Réponses
a)P(D)=0,032
b)0,3125 ; 0,375 ; 0,3125
c)Somme 1
d)M2, par sa contribution 0,012
e)Réviser M2 ou M3 donne le même P(D)=0,026
a)
Les trois machines forment une partition de la production, donc la formule des probabilités totales s'applique avec trois chemins au lieu de deux : P(D)=0,5×0,02+0,3×0,04+0,2×0,05=0,01+0,012+0,01=0,032. Contrôle de plausibilité : le résultat doit tomber entre le plus petit et le plus grand des trois taux, donc entre 2 % et 5 % ✓.
b)
On retourne chaque conditionnement, tous avec le même dénominateur P(D)=0,032 : PD(M1)=0,0320,01=0,3125 ; PD(M2)=0,0320,012=0,375 ; PD(M3)=0,0320,01=0,3125. Une seule division est vraiment à faire, les numérateurs ayant déjà été calculés en a) : il faut prendre l'habitude de conserver ces produits intermédiaires plutôt que de tout recalculer.
c)
0,3125+0,375+0,3125=1 ✓. C'est logique et cela vaut contrôle : une pièce défectueuse provient nécessairement de l'une des trois machines, donc les trois probabilités conditionnelles se partagent la totalité. Si la somme ne fait pas 1, il y a une erreur dans P(D) ou dans l'un des produits.
d)
C'est M2, avec 37,5 %. Le résultat n'est pas celui qu'on attend en regardant les taux : M3 défaille davantage, 5 % contre 4 %, mais elle ne produit que 20 % des pièces. Ce qui compte est le PRODUIT du volume par le taux de défaut, et non le taux seul. On le voit sur les trois contributions : M1 apporte 0,010, M2 apporte 0,012 et M3 apporte 0,010. Fait frappant à souligner : M1, la machine la plus fiable avec 2 % de défauts, produit autant de pièces défectueuses que M3, la moins fiable, simplement parce qu'elle tourne deux fois et demie plus. C'est la même leçon qu'à l'exercice 6, où un petit taux d'erreur appliqué à un très grand groupe pesait plus lourd qu'un grand taux appliqué à un petit groupe.
e)
Il faut comparer les gains sur P(D). Ramener M2 de 4 % à 2 % ferait passer sa contribution de 0,012 à 0,006, donc P(D) de 0,032 à 0,026, soit une baisse de 18,75 %. Ramener M3 de 5 % à 2 % ferait passer sa contribution de 0,010 à 0,004, donc P(D) à 0,026 également : les deux interventions se valent exactement. Le choix se ferait alors sur d'autres critères, le coût des travaux par exemple. La méthode générale à retenir est celle-ci : on ne classe pas les machines par leur taux de défaut, mais par leur CONTRIBUTION au total, c'est-à-dire par le produit du volume et du taux.
Exercice 8 : Indépendants ou incompatibles
Ces deux mots se ressemblent et désignent des situations opposées. Cet exercice sert à les séparer définitivement.
a) Rappelez la définition de deux événements incompatibles, puis celle de deux événements indépendants.
b) A et B sont incompatibles avec P(A)=0,5 et P(B)=0,4. Calculez P(A∩B), puis P(A)×P(B). Sont-ils indépendants ?
c) Démontrez le cas général : si A et B sont incompatibles et vérifient P(A)>0 et P(B)>0, alors ils ne sont jamais indépendants.
d) Interprétez ce résultat avec PA(B) : que devient la probabilité de B quand on sait que A est réalisé ?
e) Existe-t-il malgré tout des événements à la fois incompatibles et indépendants ? Que dit alors la question c) ?
A et B sont INCOMPATIBLES lorsqu'ils ne peuvent pas se produire en même temps, c'est-à-dire A∩B=∅, ce qui entraîne P(A∩B)=0. Ils sont INDÉPENDANTS lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B), autrement dit quand la réalisation de l'un ne modifie pas la probabilité de l'autre. Les deux notions ne parlent donc même pas de la même chose : l'incompatibilité est une propriété des ENSEMBLES, qui se voit sur un diagramme, tandis que l'indépendance est une propriété des NOMBRES, qui ne se voit que par un calcul.
b)
L'incompatibilité donne P(A∩B)=0, alors que P(A)×P(B)=0,5×0,4=0,2. Les deux valeurs diffèrent, donc A et B ne sont pas indépendants. Ils sont même aussi fortement liés que possible, puisque la réalisation de l'un interdit purement et simplement l'autre.
c)
Supposons A et B incompatibles, avec P(A)>0 et P(B)>0. L'incompatibilité donne P(A∩B)=0. S'ils étaient de plus indépendants, on aurait P(A∩B)=P(A)×P(B), donc P(A)×P(B)=0. Or un produit de deux réels est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est, ce qui imposerait P(A)=0 ou P(B)=0, en contradiction avec l'hypothèse. Ils ne peuvent donc pas être indépendants. La rédaction attendue est bien ce raisonnement par l'absurde, en trois lignes.
d)
PA(B)=P(A)P(A∩B)=P(A)0=0, alors que P(B)>0. Savoir que A est réalisé rend donc B complètement IMPOSSIBLE, alors que l'indépendance signifierait que cette information ne change rien. Deux événements incompatibles sont ainsi le cas de dépendance le plus extrême qui soit. C'est pour cette raison que la phrase « ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre, donc ils sont incompatibles » est doublement fausse : n'avoir rien à voir, c'est justement être indépendants, et l'incompatibilité en est le contraire.
e)
Il faut que P(A∩B) soit à la fois nulle, par incompatibilité, et égale à P(A)×P(B), par indépendance : il suffit donc que l'un des deux événements soit de probabilité nulle. Par exemple, avec A l'événement impossible, P(A)=0, et B n'importe quel événement : ils sont incompatibles puisque A∩B=∅, et indépendants puisque 0=0×P(B). C'est le seul cas possible, et c'est exactement celui que la démonstration de la question c) devait exclure par ses hypothèses. Un cas limite de ce genre ne se rencontre jamais dans un exercice concret, mais savoir POURQUOI l'énoncé prend soin d'écrire P(A)>0 et P(B)>0 fait la différence entre appliquer un théorème et le comprendre.
Exercice 9 : Quatre confusions à lever
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la en vous appuyant sur un contre-exemple chiffré.
a) « PA(B) et PB(A) sont deux écritures de la même quantité. »
b) « PA(B)+PA(B)=1. »
c) « P(A∩B) et PA(B) désignent la même chose. »
d) « Si PA(B)>P(B), c'est que A est la cause de B. »
Voir la correction
Réponses
a)229=149
b)0,75+0,40=1,15
c)P(X∩D)=0,0195=PX(D)=0,03
d)Association statistique, pas causalité
a)
Faux, et c'est la confusion la plus coûteuse du chapitre. Reprenons l'exercice 1 : PH(F)=229≈0,409 alors que PF(H)=149≈0,643. Le numérateur est commun, les 45 hommes fumeurs, mais le dénominateur change : c'est P(H) dans un cas et P(F) dans l'autre. La relation exacte entre les deux est PB(A)=P(B)PA(B)×P(A) : elles ne sont égales que dans le cas très particulier où P(A)=P(B).
b)
Faux. Avec PA(B)=0,75 et PA(B)=0,40, la somme vaut 1,15, ce qui n'a rien d'absurde : ces deux nombres sont des poids de branches issues de nœuds DIFFÉRENTS, et rien ne les contraint. Ce qui vaut toujours 1, c'est PA(B)+PA(B), la somme des branches partant d'un MÊME nœud. Le test rapide : dans une somme qui vaut 1, c'est l'événement conditionné qui change, jamais la condition.
c)
Faux. Dans l'exercice 3, P(X∩D)=0,0195 alors que PX(D)=0,03. La relation est P(X∩D)=P(X)×PX(D) : on passe de la conditionnelle à l'intersection en multipliant par P(X), ici 0,65. Les deux ne sont égales que si P(X)=1. Repère de sens : l'intersection se rapporte à la population ENTIÈRE, la conditionnelle se rapporte au seul sous-groupe X, donc l'intersection est toujours la plus petite des deux.
d)
Faux. L'inégalité PA(B)>P(B) établit seulement une association statistique, pas un lien de cause à effet. Dans l'exercice 5, les colis du vendredi sont plus souvent en retard, mais rien ne dit que le vendredi CAUSE le retard : une cause commune est bien plus probable, par exemple des effectifs réduits en fin de semaine, ou des expéditions plus volumineuses ce jour-là. Il faudrait une expérience contrôlée, et non une simple observation, pour trancher. La formule à retenir est que corrélation n'est pas causalité, et le piège se reconnaît à ce que le lien est parfaitement symétrique : on a aussi PB(A)>P(A), ce qui reviendrait à dire que le retard cause le vendredi.
Exercice 10 : Arbre à trois niveaux
Une urne contient 4 boules rouges et 3 boules vertes. On tire successivement trois boules, sans remise.
Sur trois niveaux, l'arbre complet compte huit chemins : on ne le dessine plus en entier, on ne calcule que les chemins utiles. Encore faut-il n'en oublier aucun, et c'est là que se joue l'exercice.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez la probabilité de tirer trois boules rouges.
b) Calculez la probabilité de tirer exactement deux boules rouges, en détaillant les trois chemins de l'arbre.
c) Calculez la probabilité de tirer exactement une boule rouge, puis celle de n'en tirer aucune.
d) Vérifiez que la somme des quatre résultats vaut 1.
e) Comptez le nombre de chemins de chacun des quatre cas. Que reconnaissez-vous dans cette suite de nombres ?
Voir la correction
Réponses
a)354≈0,114
b)3 chemins de 21036 : 3518≈0,514
c)3512≈0,343 et 351≈0,029
d)21024+108+72+6=1
e)1, 3, 3, 1 : triangle de Pascal
a)
Un seul chemin convient, et les dénominateurs diminuent d'une unité à chaque tirage puisqu'on ne remet pas la boule : P(RRR)=74×63×52=21024=354≈0,114. Les numérateurs diminuent aussi, car chaque rouge tirée est retirée de l'urne.
b)
Trois chemins conviennent, selon la position de la verte : RRV, RVR et VRR. P(RRV)=74×63×53=21036. P(RVR)=74×63×53=21036. P(VRR)=73×64×53=21036. Total : 210108=3518≈0,514. Fait remarquable : les trois chemins ont exactement la même probabilité, alors que leurs facteurs sont écrits dans un ordre différent. Ce n'est pas un hasard, c'est la commutativité du produit : chaque chemin fait intervenir les mêmes numérateurs, 4, 3 et 3, et les mêmes dénominateurs, 7, 6 et 5, seulement réarrangés. On peut donc calculer UN chemin et multiplier par le nombre de chemins, ce qui annonce les coefficients binomiaux du programme de Terminale.
c)
Exactement une rouge : les trois chemins RVV, VRV et VVR valent chacun 7×6×54×3×2=21024 par le même argument, d'où un total de 21072=3512≈0,343. Aucune rouge, un seul chemin : P(VVV)=73×62×51=2106=351≈0,029.
d)
21024+108+72+6=210210=1 ✓. Les quatre cas, zéro, une, deux ou trois rouges, forment une partition de toutes les issues possibles : leur somme doit valoir 1, et c'est le seul contrôle vraiment efficace sur ce type d'exercice. Il détecte immédiatement un chemin oublié, l'erreur la plus fréquente dès qu'il y a trois niveaux.
e)
Le nombre de chemins suit la suite 1, 3, 3, 1 : un seul ordre pour trois rouges ou pour aucune, mais trois façons de placer l'unique verte parmi les trois tirages, et de même pour l'unique rouge. On reconnaît une ligne du triangle de Pascal, et ces nombres sont les coefficients binomiaux (k3). La probabilité d'obtenir exactement k rouges s'obtient donc en calculant UN chemin puis en le multipliant par le nombre d'ordres possibles. C'est exactement le mécanisme de la loi binomiale, à une différence près qui est essentielle : ici les tirages sont SANS remise, donc non indépendants, et les probabilités changent d'un niveau à l'autre. La loi binomiale, elle, exigera des tirages indépendants, c'est-à-dire avec remise.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Deux dés et trois tests d'indépendance
On lance un dé rouge et un dé bleu, équilibrés et à six faces. Les 36 couples de résultats sont équiprobables.
On note A : « le dé rouge donne un nombre pair », B : « la somme des deux dés vaut 7 », C : « la somme vaut 8 » et D : « le dé bleu donne 6 ».
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez P(A), P(B) et P(C).
b) Les événements A et B sont-ils indépendants ?
c) Les événements A et C sont-ils indépendants ? Calculez PA(C) et interprétez.
d) Les événements B et C sont-ils indépendants ?
e) Les événements B et D sont-ils indépendants ?
Voir la correction
Réponses
a)21, 61, 365
b)P(A∩B)=121=P(A)P(B) : indépendants
c)121=725 : non ; PA(C)=61
d)Incompatibles : pas indépendants
e)361=61×61 : indépendants
a)
P(A)=3618=21. La somme 7 s'obtient avec (1;6), (2;5), (3;4), (4;3), (5;2), (6;1) : P(B)=366=61. La somme 8 s'obtient avec (2;6), (3;5), (4;4), (5;3), (6;2) : P(C)=365.
b)
A∩B : rouge pair et somme 7, soit (2;5), (4;3), (6;1). P(A∩B)=363=121, et P(A)×P(B)=21×61=121. Les deux sont égaux : A et B sont INDÉPENDANTS. Quel que soit le dé rouge, un seul résultat du dé bleu complète à 7, avec probabilité 61 : connaître la parité du rouge n'apprend rien.
c)
A∩C : (2;6), (4;4), (6;2), soit P(A∩C)=363=121, alors que P(A)×P(C)=725. Comme 121=726=725, A et C ne sont PAS indépendants. PA(C)=1/21/12=61≈0,167, contre P(C)=365≈0,139 : savoir le rouge pair rend la somme 8 un peu plus probable, car un rouge égal à 1 l'interdit.
d)
B et C sont INCOMPATIBLES, une somme ne pouvant valoir à la fois 7 et 8 : P(B∩C)=0, alors que P(B)×P(C)=0. Ils ne sont pas indépendants, ils sont même au contraire totalement liés.
e)
B∩D : bleu égal à 6 et somme 7, soit le seul couple (1;6). P(B∩D)=361 et P(B)×P(D)=61×61=361 : B et D sont indépendants, alors que D porte sur l'un des dés qui forment la somme. C'est la somme 7 qui est particulière : c'est la seule qui reste possible quel que soit le résultat d'un des dés.
L'indépendance ne se DEVINE pas, elle se CALCULE : la somme 7 est indépendante du résultat de chaque dé, la somme 8 ne l'est pas, et rien dans l'énoncé ne permettait de le prévoir. Le seul critère fiable est P(E∩F)=P(E)×P(F), qui se vérifie en comptant les issues.
Exercice 12 : Du tableau de probabilités aux conditionnelles
Deux événements A et B vérifient P(A)=0,6, P(B)=0,5 et P(A∪B)=0,7.
a) Calculez P(A∩B).
b) Complétez le tableau des probabilités des quatre intersections A∩B, A∩B, A∩B et A∩B.
c) Calculez PA(B) et PB(A).
d) Calculez PA(B).
e) Les événements A et B sont-ils indépendants ?
Voir la correction
Réponses
a)0,4
b)0,4 ; 0,2 ; 0,1 ; 0,3
c)PA(B)=32, PB(A)=0,8
d)0,75
e)Non : 0,3=0,4
a)
P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B), donc P(A∩B)=0,6+0,5−0,7=0,4. L'intersection est comptée deux fois dans P(A)+P(B) : c'est pour cela qu'on la retranche.
b)
P(A∩B)=P(A)−P(A∩B)=0,2 ; P(A∩B)=P(B)−P(A∩B)=0,1 ; P(A∩B)=1−P(A∪B)=0,3. Contrôle : 0,4+0,2+0,1+0,3=1 ✓, et les marges redonnent P(A)=0,6 et P(B)=0,5 ✓.
c)
PA(B)=0,60,4=32≈0,667 et PB(A)=0,50,4=0,8. Même numérateur, dénominateurs différents : les deux conditionnelles n'ont aucune raison d'être égales.
d)
PA(B)=P(A)P(A∩B)=0,40,3=0,75. Le dénominateur est P(A)=0,4, pas P(B) : c'est la condition qui fixe la population de référence.
e)
P(A)×P(B)=0,3=0,4=P(A∩B) : ils ne sont pas indépendants. On le lit aussi sur c) : PA(B)≈0,667>P(B)=0,5, savoir A réalisé rend B plus probable.
Un tableau de probabilités à double entrée contient toute l'information sur deux événements : quatre cases qui somment à 1, des marges qui donnent P(A) et P(B). Chaque probabilité conditionnelle se lit ensuite comme une case divisée par une marge, et c'est la marge de la CONDITION qui va au dénominateur.
Exercice 13 : Composants en série et en parallèle
Un appareil électronique utilise des composants de deux types : un composant C1 fonctionne pendant un an avec la probabilité 0,9, un composant C2 avec la probabilité 0,8. Les pannes des différents composants sont indépendantes.
Des composants montés en SÉRIE doivent tous fonctionner pour que le montage fonctionne ; montés en PARALLÈLE, il suffit que l'un d'eux fonctionne.
La figure donne le montage de la question c).
Approfondissement, au-delà du programme, pour la question d) : elle conduit à plus de quatre composants indépendants, alors que le programme de Première s'arrête à la répétition de n⩽4 épreuves. Les questions a), b), c) et e) sont au programme.
a) Calculez la probabilité qu'un montage en série de C1 et C2 fonctionne pendant un an.
b) Calculez la probabilité qu'un montage en parallèle de C1 et C2 fonctionne pendant un an.
c) Un appareil est formé de C1 monté en série avec un bloc de deux composants C2 en parallèle. Calculez la probabilité qu'il fonctionne.
d) Combien faut-il au minimum de composants C2 en parallèle pour que le bloc fonctionne avec une probabilité d'au moins 0,999 ?
e) Le montage en série de a) est tombé en panne. Quelle est la probabilité que C1 soit en panne ? Arrondissez au millième.
Voir la correction
Réponses
a)0,72
b)0,98
c)0,864
d)5 composants
e)0,280,1≈0,357
a)
Par indépendance, P(C1∩C2)=0,9×0,8=0,72. Le montage en série est MOINS fiable que chacun de ses composants : chaque composant ajouté est une occasion de panne de plus.
b)
Le montage tombe en panne seulement si les DEUX composants tombent en panne : P=0,1×0,2=0,02, par indépendance. La probabilité de fonctionner vaut 1−0,02=0,98. Passer par l'événement contraire évite de compter trois cas.
c)
Le bloc parallèle fonctionne avec la probabilité 1−0,22=0,96. Il est en série avec C1, et les deux sont indépendants : 0,9×0,96=0,864.
d)
Avec n composants C2 en parallèle, la probabilité de panne du bloc vaut 0,2n. On veut 0,2n≤0,001 : 0,24=0,0016 ne suffit pas, 0,25=0,00032 convient. Il faut au minimum 5 composants.
e)
On note S l'événement « le montage série est en panne », de probabilité 1−0,72=0,28. L'événement « C1 en panne » entraîne la panne du montage, donc son intersection avec S est lui-même : PS(C1)=0,280,1≈0,357. Même si C1 est le composant le plus fiable, il n'est responsable que d'un peu plus d'un tiers des pannes.
Deux règles gouvernent la fiabilité : en série, on MULTIPLIE les probabilités de fonctionnement ; en parallèle, on multiplie les probabilités de PANNE, puis on passe au contraire. Toutes les deux supposent l'indépendance, qui est une hypothèse de modèle : deux composants alimentés par la même pile ne tombent pas en panne indépendamment.
Exercice 14 : Le problème du chevalier de Méré
Au XVIIe siècle, le chevalier de Méré, joueur passionné, pariait qu'il obtiendrait au moins un 6 en lançant 4 fois un dé, et gagnait plus souvent qu'il ne perdait. Il en déduisit qu'il gagnerait aussi en pariant sur au moins un double 6 en lançant 24 fois deux dés, car « 4 est à 6 comme 24 est à 36 ». Il perdit de l'argent, et posa la question à Blaise Pascal.
Les dés sont équilibrés et les lancers indépendants. Les probabilités seront arrondies à 10−4.
Approfondissement, au-delà du programme, pour les questions b), c) et d) : elles répètent bien plus de quatre épreuves, alors que le programme de Première s'arrête à n⩽4 épreuves de Bernoulli. La question a), quatre lancers d'un dé, est exactement au programme.
a) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un 6 en 4 lancers d'un dé.
b) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un double 6 en 24 lancers de deux dés.
c) Combien de lancers de deux dés faut-il au minimum pour que la probabilité d'obtenir au moins un double 6 dépasse 21 ?
d) Combien de lancers d'un dé faut-il au minimum pour obtenir au moins un 6 avec une probabilité d'au moins 0,9 ?
e) Expliquez l'erreur du raisonnement « 4 est à 6 comme 24 est à 36 ».
Voir la correction
Réponses
a)1−(65)4≈0,5177
b)1−(3635)24≈0,4914
c)25 lancers
d)13 lancers
e)Les événements ne sont pas incompatibles : on ne peut pas additionner
a)
L'événement contraire est « aucun 6 en 4 lancers ». Chaque lancer donne autre chose que 6 avec la probabilité 65, et les lancers sont indépendants : P(aucun 6)=(65)4≈0,4823. Donc P(au moins un 6)=1−(65)4≈0,5177, un peu plus d'une chance sur deux : le pari est gagnant.
b)
Un lancer de deux dés donne un double 6 avec la probabilité 361, et autre chose avec 3635. P(au moins un double 6)=1−(3635)24≈0,4914, un peu MOINS d'une chance sur deux : le pari est perdant, ce que le chevalier avait constaté.
c)
On cherche le plus petit n tel que 1−(3635)n>21. Pour n=24, on trouve 0,4914 ; pour n=25, 1−(3635)25≈0,5055. Il faut 25 lancers.
d)
On cherche (65)n≤0,1. (65)12≈0,1122 et (65)13≈0,0935 : il faut 13 lancers.
e)
Le raisonnement suppose que la probabilité de gagner est PROPORTIONNELLE au nombre de lancers, c'est-à-dire qu'on additionne 61 quatre fois, ou 361 vingt-quatre fois, pour obtenir 32 dans les deux cas. Or les événements « 6 au premier lancer », « 6 au deuxième »... ne sont pas incompatibles : on ne peut pas additionner leurs probabilités. Le calcul juste passe par le contraire, et la probabilité 1−qn ne croît pas proportionnellement à n : pour un événement rare comme le double 6, elle est plus loin de la règle de proportion que pour le 6 simple.
« Au moins un » se calcule presque toujours par l'événement contraire « aucun », qui est une INTERSECTION d'événements indépendants et donc un produit. L'erreur du chevalier, additionner des probabilités d'événements qui peuvent se produire ensemble, reste l'une des plus répandues : elle ferait croire qu'en sept lancers on est sûr d'obtenir un 6.
Exercice 15 : Le jeu des trois portes
Dans un jeu télévisé, une voiture est cachée derrière l'une de trois portes, au hasard, et une chèvre derrière chacune des deux autres. Le candidat choisit la porte 1. L'animateur, qui sait où est la voiture, ouvre alors une AUTRE porte cachant une chèvre ; s'il a le choix entre deux portes, il en ouvre une au hasard. Il propose ensuite au candidat de garder la porte 1 ou de changer.
On note Vi l'événement « la voiture est derrière la porte i » et O3 l'événement « l'animateur ouvre la porte 3 ».
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Donnez P(V1), puis PV1(O3), PV2(O3) et PV3(O3).
b) Calculez P(O3).
c) L'animateur a ouvert la porte 3. Calculez PO3(V1) et PO3(V2).
d) Quelle est la meilleure stratégie pour le candidat ? Avec quelle probabilité gagne-t-il la voiture en l'appliquant ?
e) Le jeu se joue maintenant avec 100 portes : le candidat en choisit une, l'animateur ouvre 98 portes cachant des chèvres. Quelle est la probabilité de gagner en changeant ?
Voir la correction
Réponses
a)31 ; 21, 1, 0
b)P(O3)=21
c)31 et 32
d)Changer : 32
e)0,99
a)
P(V1)=31. Si la voiture est derrière la porte 1, l'animateur peut ouvrir la 2 ou la 3 et choisit au hasard : PV1(O3)=21. Si elle est derrière la porte 2, il ne peut ouvrir ni la 1 (choisie) ni la 2 (voiture) : PV2(O3)=1. Si elle est derrière la 3, il ne l'ouvre jamais : PV3(O3)=0.
b)
Formule des probabilités totales sur la partition V1, V2, V3 : P(O3)=31×21+31×1+31×0=61+31=21.
c)
PO3(V1)=P(O3)P(V1∩O3)=1/21/6=31 et PO3(V2)=1/21/3=32. Et PO3(V3)=0 : la somme vaut bien 1 ✓.
d)
Il faut CHANGER de porte : il gagne alors avec la probabilité 32, contre 31 en gardant sa porte. L'intuition « il reste deux portes, donc une chance sur deux » est fausse, car l'animateur n'ouvre pas une porte au hasard : son choix, contraint par la position de la voiture, apporte de l'information.
e)
En gardant sa porte, le candidat gagne avec la probabilité 1001, celle de son choix initial, que l'animateur ne peut pas modifier. En changeant, il gagne dans tous les autres cas : 10099=0,99. Avec cent portes, l'intuition rejoint enfin le calcul : l'animateur a désigné la bonne porte en évitant soigneusement de l'ouvrir.
Ce problème, dit de Monty Hall, a trompé des mathématiciens professionnels. Il se résout sans difficulté dès qu'on écrit l'arbre en commençant par la position de la voiture et en traduisant le comportement de l'animateur par des probabilités CONDITIONNELLES : c'est l'arbre qui corrige l'intuition, jamais l'inverse.
Partie D : épreuves indépendantes, programme 2026 (/20)
Exercice 16 : L'épreuve de Bernoulli répétée : trois graines dans un pot
Un jardinier sème des graines de tomate. D'après le sachet, chaque graine germe avec la probabilité 0,8, indépendamment des autres. Il sème trois graines dans un même pot. Pour chaque graine, on note G l'évènement « la graine germe » et X le nombre de graines du pot qui germent.
a) Expliquez pourquoi semer une graine est une épreuve de Bernoulli : précisez le succès et son paramètre p. Pourquoi semer les trois graines est-il la répétition de trois épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes ?
b) Construisez l'arbre pondéré de ces trois épreuves. Combien a-t-il de chemins ? Calculez la probabilité du chemin G, G, G.
c) Calculez P(X=3) et P(X=0), puis P(X=2) en nommant les chemins qui réalisent {X=2}, et enfin P(X=1).
d) Calculez la probabilité qu'au moins une graine germe, puis celle qu'au moins deux graines germent.
e) Le jardinier sème désormais quatre graines par pot. Combien de chemins de l'arbre comportent exactement deux succès ? Calculez la probabilité qu'exactement deux graines germent, puis celle qu'au moins une germe.
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Réponses
a)Deux issues, succès « germe » de paramètre p=0,8 ; n=3 épreuves identiques et indépendantes
e)6 chemins ; exactement deux : 0,1536 ; au moins une : 0,9984
a)
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire à DEUX issues, appelées succès et échec. Semer une graine en est une : elle germe ou ne germe pas. On appelle succès « la graine germe », de probabilité p=0,8 ; l'échec a la probabilité 1−p=0,2. Les trois graines subissent la MÊME épreuve, avec le même paramètre 0,8 : les épreuves sont identiques. Le sachet précise que chaque graine germe indépendamment des autres : c'est une hypothèse du modèle, raisonnable si les graines ne se gênent pas dans le pot. On a donc la répétition de n=3 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes.
b)
L'arbre a trois niveaux, un par graine, et chaque nœud se divise en deux branches, G de poids 0,8 et G de poids 0,2. Il compte 2×2×2=8 chemins. Les épreuves étant indépendantes, les poids sont les MÊMES à chaque niveau, quel que soit le chemin déjà parcouru : c'est ce qui distingue cet arbre de celui d'un tirage sans remise. La probabilité d'un chemin est le produit des poids de ses branches : pour G, G, G, elle vaut 0,8×0,8×0,2=0,128.
c)
{X=3} n'est réalisé que par le chemin G, G, G : P(X=3)=0,83=0,512. {X=0} n'est réalisé que par G, G, G : P(X=0)=0,23=0,008. {X=2} est réalisé par TROIS chemins, selon la place de la graine qui ne germe pas : (G,G,G), (G,G,G) et (G,G,G). Chacun a pour probabilité 0,82×0,2=0,128, car un produit ne dépend pas de l'ordre de ses facteurs : P(X=2)=3×0,128=0,384. De même, trois chemins réalisent {X=1}, chacun de probabilité 0,8×0,22=0,032 : P(X=1)=0,096. Contrôle : 0,512+0,384+0,096+0,008=1.
d)
L'évènement « au moins une graine germe » est le contraire de {X=0} : sa probabilité vaut 1−0,008=0,992. Passer par le contraire évite d'additionner sept chemins. Au moins deux graines : P(X⩾2)=P(X=2)+P(X=3)=0,384+0,512=0,896. L'erreur classique est de compter un seul chemin pour {X=2}, ce qui donnerait 0,128 au lieu de 0,384 : sur l'arbre, on repère TOUS les chemins qui réalisent l'évènement.
e)
Avec quatre graines, l'arbre a 24=16 chemins. Un chemin à exactement deux succès est fixé par la place des deux G parmi les quatre niveaux : GGGG, GGGG, GGGG, GGGG, GGGG et GGGG, soit 6 chemins. Chacun a pour probabilité 0,82×0,22=0,64×0,04=0,0256, d'où P(exactement deux)=6×0,0256=0,1536. Au moins une graine : 1−0,24=1−0,0016=0,9984. La quatrième graine fait passer le risque d'un pot vide de 0,008 à 0,0016, il est divisé par 5.
À retenir : on NOMME l'épreuve de Bernoulli et son paramètre, on justifie l'indépendance par la situation, puis on compte les chemins de l'arbre qui réalisent l'évènement, tous de même probabilité. Le comptage à l'aide de coefficients est une affaire de Terminale ; en Première, avec au plus quatre épreuves, les chemins se listent.
Exercice 17 : Deux épreuves indépendantes dans un tableau : le tirage d'un oral
Pour un oral de mathématiques, chaque élève tire au sort un thème, puis, par un second tirage organisé séparément, son examinateur. Le thème est « algèbre » avec la probabilité 0,5, « géométrie » avec la probabilité 0,3 et « probabilités » avec la probabilité 0,2. L'examinateur est A avec la probabilité 0,6 et B avec la probabilité 0,4.
Le tableau ci-dessous doit contenir la probabilité de chacune des six issues (thème ; examinateur). Ses marges sont déjà remplies.
Examinateur A
Examinateur B
Total
Algèbre
…
…
0,5
Géométrie
…
…
0,3
Probabilités
…
…
0,2
Total
0,6
0,4
1
a) Expliquez pourquoi on peut considérer les deux tirages comme deux épreuves indépendantes, puis complétez le tableau.
b) Calculez la probabilité que l'élève tombe sur la géométrie avec B, puis la probabilité qu'il tombe sur l'algèbre ou sur A.
c) Un élève n'a révisé que l'algèbre et les probabilités. On note R l'évènement « il tombe sur un thème révisé ». Calculez P(R) et P(R∩A). Les évènements R et A sont-ils indépendants ?
d) L'an suivant, la règle change : un élève qui tire « probabilités » passe forcément avec A ; pour les deux autres thèmes, A et B sont tirés avec la même probabilité. Calculez P(A) et la probabilité de l'issue (probabilités ; B). Les deux tirages sont-ils encore indépendants ?
e) Avec cette nouvelle règle, calculez P(R∩A) et comparez au résultat de c). Que montrent les deux tableaux sur la notion d'indépendance ?
d)P(A)=0,6, case (probabilités ; B) =0=0,08 : plus indépendants
e)P(R∩A)=0,45=0,42 ; mêmes marges, tableaux différents : l'indépendance est une hypothèse
a)
Les deux tirages sont organisés séparément : le résultat du premier ne modifie en rien les probabilités du second. Savoir que le thème est l'algèbre ne change pas la probabilité 0,6 de tomber sur A. C'est la définition de deux épreuves indépendantes, et c'est une hypothèse tirée de l'organisation, que le modèle adopte. Alors la probabilité de chaque issue est le PRODUIT des probabilités de ses deux composantes : 0,5×0,6=0,30 et 0,5×0,4=0,20 pour l'algèbre ; 0,18 et 0,12 pour la géométrie ; 0,12 et 0,08 pour les probabilités. Contrôle : chaque ligne redonne sa marge, 0,30+0,20=0,5, chaque colonne aussi, 0,30+0,18+0,12=0,6, et le total vaut 1. Un arbre à deux niveaux donnerait les mêmes nombres : le tableau en est la version compacte.
b)
La géométrie avec B est UNE case : 0,12. Pour « algèbre ou A », on additionne les cases concernées sans compter deux fois la case commune : 0,30+0,20+0,18+0,12=0,8. On retrouve la formule P(Alg.)+P(A)−P(Alg.∩A)=0,5+0,6−0,30=0,8. Additionner 0,5 et 0,6 donnerait 1,1, une probabilité supérieure à 1, signe immédiat d'une case comptée deux fois.
c)
R réunit les lignes algèbre et probabilités : P(R)=0,5+0,2=0,7. P(R∩A)=0,30+0,12=0,42. Or P(R)×P(A)=0,7×0,6=0,42 : l'égalité P(R∩A)=P(R)×P(A) est vérifiée, donc R et A sont indépendants. Ce n'est pas une coïncidence : R ne dépend que du premier tirage et A que du second, et deux évènements attachés à deux épreuves indépendantes sont toujours indépendants.
d)
On lit la nouvelle règle comme un arbre : les probabilités du second tirage dépendent maintenant du premier. Les cases deviennent 0,5×0,5=0,25 et 0,25 pour l'algèbre, 0,15 et 0,15 pour la géométrie, 0,2×1=0,2 et 0,2×0=0 pour les probabilités. Par la formule des probabilités totales, P(A)=0,25+0,15+0,2=0,6 : EXACTEMENT la même marge que l'an passé, et les marges des thèmes n'ont pas bougé non plus. Pourtant la case (probabilités ; B) vaut 0, alors que le produit des marges vaut 0,2×0,4=0,08. Les deux tirages ne sont plus indépendants : savoir que le thème est « probabilités » fait passer la probabilité de A de 0,6 à 1.
e)
P(R∩A)=0,25+0,2=0,45, contre 0,42 auparavant, alors que P(R) et P(A) n'ont pas changé : 0,45=0,7×0,6, et R et A ne sont plus indépendants. Les deux tableaux ont les mêmes marges et des intérieurs différents : les marges ne suffisent pas à remplir un tableau. Pour multiplier les marges, il faut une RAISON, tirée de la situation : deux tirages organisés séparément. L'indépendance est une hypothèse du modèle, pas une propriété qu'on lit dans les totaux.
Sur une copie, la phrase qui autorise les produits est « les deux tirages étant indépendants, la probabilité de chaque issue est le produit des probabilités de ses composantes ». Sans elle, le tableau est rempli sans justification.
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