Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : les variables aléatoires (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les variables aléatoires, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'exercice 0.1 ouvre la série par huit calculs directs sur de petites lois de probabilité données par leurs valeurs et leurs probabilités, comme dans les listes des manuels : probabilité manquante d'une loi, espérance E(X)E(X) d'une loi à trois valeurs, d'un gain avec une valeur négative et d'une loi à probabilités fractionnaires, E(X2)E(X^{2}), variance par la formule de König-Huygens V(X)=E(X2)−(E(X))2V(X)=E(X^{2})-\left(E(X)\right)^{2} et écart type σ(X)\sigma(X), chacun avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.

L'exercice 8 est celui qui donne du sens à l'écart-type : deux jeux d'espérance identique n'ont pas du tout le même risque, et c'est précisément ce que l'espérance seule ne dit pas.

Le programme de Première en vigueur depuis la rentrée 2026 ajoute la linéarité de l'espérance, E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b, et la formule de König-Huygens, V(X)=E(X2)−(E(X))2V(X)=E(X^{2})-\left(E(X)\right)^{2} : l'exercice 16 les nomme et les applique. La relation V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X) et la variance d'une somme sont de Terminale : les exercices qui les utilisent le signalent en dernière ligne de leur énoncé (exercices 4, 6, 9 et 10).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Probabilités et arbres à deux épreuves Troisième
  2. 2 Pourcentages et évolutions Seconde
  3. 3 Probabilités, modèle et loi des grands nombres Seconde
  4. 4 Les statistiques descriptives Seconde
  5. 5 Tableaux croisés et fréquences conditionnelles Seconde
  6. 6 Probabilités conditionnelles et arbres pondérés Seconde
  7. 7 Probabilités conditionnelles

Rappel de cours

  • • La loi de probabilité de XX donne toutes les valeurs prises par XX et leurs probabilités. La somme de ces probabilités vaut 1.
  • • Espérance : E(X)=∑xi piE(X)=\sum x_i\,p_i. C'est la valeur moyenne obtenue sur un très grand nombre de répétitions.
  • • Variance : V(X)=∑pi(xi−E(X))2V(X)=\sum p_i\left(x_i-E(X)\right)^2, moyenne des carrés des écarts à l'espérance. Écart-type : σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}.
  • • Formule de König-Huygens : V(X)=E(X2)−(E(X))2V(X)=E(X^2)-(E(X))^2. C'est un raccourci de calcul, qui exige une espérance exacte.
  • • Linéarité de l'espérance : pour tous réels aa et bb, E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b.
  • • Un jeu est équitable lorsque l'espérance du gain algébrique du joueur est nulle.
  • • L'espérance n'est pas forcément une valeur que XX peut prendre, et ce n'est pas la valeur la plus probable.
  • • Anticipation de Terminale, pour les exercices signalés : V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X) et σ(aX+b)=∣a∣σ(X)\sigma(aX+b)=|a|\sigma(X) ; ajouter une constante ne change pas la variance.

Calculs : espérance, variance et écart type à calculer

Exercice 0.1 : Calculer espérance, variance et écart type : huit calculs directs

Pour chaque ligne, la loi de la variable aléatoire est donnée par ses valeurs et leurs probabilités, dans le même ordre. Calculez directement la grandeur demandée.

Une seule méthode pour les huit lignes : E(X)=∑xi piE(X)=\sum x_i\,p_i, la moyenne des valeurs pondérée par leurs probabilités ; E(X2)=∑xi2 piE(X^{2})=\sum x_i^{2}\,p_i, où l'on élève les VALEURS au carré, jamais les probabilités ; puis la formule de König-Huygens V(X)=E(X2)−(E(X))2V(X)=E(X^{2})-\left(E(X)\right)^{2} et σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}. On garde E(X)E(X) exacte jusqu'au bout.

  • a) XX prend les valeurs −2-2, 00, 33 et 55 avec les probabilités 0,150{,}15 ; 0,40{,}4 ; pp et 0,10{,}1. Calculez pp.
  • b) XX prend les valeurs 00, 55 et 2020 avec les probabilités 0,50{,}5 ; 0,350{,}35 et 0,150{,}15. Calculez E(X)E(X).
  • c) Le gain GG, en dollars, prend les valeurs −4-4, 11 et 1515 avec les probabilités 0,60{,}6 ; 0,30{,}3 et 0,10{,}1. Calculez E(G)E(G).
  • d) XX prend les valeurs 11, 44 et 66 avec les probabilités 12\frac{1}{2} ; 13\frac{1}{3} et 16\frac{1}{6}. Calculez E(X)E(X).
  • e) XX prend les valeurs −3-3, 11 et 22 avec les probabilités 0,20{,}2 ; 0,50{,}5 et 0,30{,}3. Calculez E(X2)E(X^{2}).
  • f) XX prend les valeurs −1-1, 22 et 44 avec les probabilités 0,250{,}25 ; 0,50{,}5 et 0,250{,}25. Calculez V(X)V(X) par la formule de König-Huygens.
  • g) XX prend les valeurs 1010, 2020 et 5050 avec les probabilités 0,50{,}5 ; 0,30{,}3 et 0,20{,}2. Calculez σ(X)\sigma(X).
  • h) XX prend les valeurs 22 et 77 avec les probabilités 0,60{,}6 et 0,40{,}4. Calculez V(X)V(X).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
Voir la correction

Réponses

  • a) 0,15+0,4+p+0,1=10{,}15+0{,}4+p+0{,}1=1 ; p=0,35p=0{,}35
  • b) ∑xipi\sum x_ip_i ; E(X)=4,75E(X)=4{,}75
  • c) −2,4+0,3+1,5-2{,}4+0{,}3+1{,}5 ; E(G)=−0,6E(G)=-0{,}6
  • d) 36+86+66\frac{3}{6}+\frac{8}{6}+\frac{6}{6} ; E(X)=176≈2,833E(X)=\frac{17}{6}\approx2{,}833
  • e) ∑xi2pi\sum x_i^{2}p_i ; E(X2)=3,5E(X^{2})=3{,}5
  • f) 6,25−1,7526{,}25-1{,}75^{2} ; V(X)=3,1875V(X)=3{,}1875
  • g) V(X)=670−212=229V(X)=670-21^{2}=229 ; σ(X)=229≈15,133\sigma(X)=\sqrt{229}\approx15{,}133
  • h) 22−4222-4^{2} ; V(X)=6V(X)=6

Le geste qui décide de tout : écrire la ligne des produits xi pix_i\,p_i, puis celle des xi2 pix_i^{2}\,p_i, avant de sommer. Une valeur négative garde son signe dans xi pix_i\,p_i et le perd dans xi2 pix_i^{2}\,p_i ; c'est là que se font presque toutes les erreurs du chapitre.

a)

La somme des probabilités vaut 11 : 0,15+0,4+p+0,1=10{,}15+0{,}4+p+0{,}1=1, donc p=1−0,65=0,35p=1-0{,}65=0{,}35. Les valeurs de XX n'interviennent pas.

b)

E(X)=0×0,5+5×0,35+20×0,15=0+1,75+3=4,75E(X)=0\times0{,}5+5\times0{,}35+20\times0{,}15=0+1{,}75+3=4{,}75.

c)

E(G)=−4×0,6+1×0,3+15×0,1=−2,4+0,3+1,5=−0,6E(G)=-4\times0{,}6+1\times0{,}3+15\times0{,}1=-2{,}4+0{,}3+1{,}5=-0{,}6. En moyenne, le joueur perd 0,600{,}60 dollar par partie. Piège : oublier le signe de −4-4 et trouver 4,24{,}2.

d)

E(X)=1×12+4×13+6×16=36+86+66=176≈2,833E(X)=1\times\frac{1}{2}+4\times\frac{1}{3}+6\times\frac{1}{6}=\frac{3}{6}+\frac{8}{6}+\frac{6}{6}=\frac{17}{6}\approx2{,}833. On réduit au même dénominateur avant d'arrondir.

e)

E(X2)=(−3)2×0,2+12×0,5+22×0,3=1,8+0,5+1,2=3,5E(X^{2})=(-3)^{2}\times0{,}2+1^{2}\times0{,}5+2^{2}\times0{,}3=1{,}8+0{,}5+1{,}2=3{,}5. Piège : calculer (E(X))2\left(E(X)\right)^{2} ; ici E(X)=−0,6+0,5+0,6=0,5E(X)=-0{,}6+0{,}5+0{,}6=0{,}5 et son carré vaut 0,250{,}25, rien à voir avec 3,53{,}5.

f)

E(X)=−0,25+1+1=1,75E(X)=-0{,}25+1+1=1{,}75 et E(X2)=1×0,25+4×0,5+16×0,25=0,25+2+4=6,25E(X^{2})=1\times0{,}25+4\times0{,}5+16\times0{,}25=0{,}25+2+4=6{,}25. Donc V(X)=6,25−1,752=6,25−3,0625=3,1875V(X)=6{,}25-1{,}75^{2}=6{,}25-3{,}0625=3{,}1875. Piège : écrire (−1)2×0,25=−0,25(-1)^{2}\times0{,}25=-0{,}25 dans E(X2)E(X^{2}), qui donne 5,755{,}75 et une variance fausse.

g)

E(X)=5+6+10=21E(X)=5+6+10=21 et E(X2)=100×0,5+400×0,3+2500×0,2=50+120+500=670E(X^{2})=100\times0{,}5+400\times0{,}3+2500\times0{,}2=50+120+500=670. V(X)=670−212=670−441=229V(X)=670-21^{2}=670-441=229, donc σ(X)=229≈15,133\sigma(X)=\sqrt{229}\approx15{,}133. Piège : s'arrêter à la variance, 229229, qui n'a pas l'unité de XX.

h)

E(X)=2×0,6+7×0,4=1,2+2,8=4E(X)=2\times0{,}6+7\times0{,}4=1{,}2+2{,}8=4 et E(X2)=4×0,6+49×0,4=2,4+19,6=22E(X^{2})=4\times0{,}6+49\times0{,}4=2{,}4+19{,}6=22. V(X)=22−16=6V(X)=22-16=6.

Contrôle : une variance est toujours positive ou nulle, et un écart type se compare à l'étendue des valeurs ; on peut aussi recalculer V(X)V(X) par la définition, moyenne pondérée des carrés des écarts : à la ligne h), (2−4)2×0,6+(7−4)2×0,4=2,4+3,6=6(2-4)^{2}\times0{,}6+(7-4)^{2}\times0{,}4=2{,}4+3{,}6=6.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Établir une loi de probabilité

On lance un dé équilibré à six faces. Un joueur gagne 10 dollars s'il obtient 6, gagne 2 dollars s'il obtient 4 ou 5, et perd 3 dollars sinon.

On note XX le gain algébrique du joueur, en dollars.

Algébrique signifie que les pertes sont comptées négativement : c'est ce qui permet de traiter gains et pertes dans un seul et même calcul.

La figure ci-dessous représente la situation.

1−32−33−34+25+26+10facegain
  • a) Donnez les valeurs prises par XX.
  • b) Établissez la loi de probabilité de XX sous forme de tableau.
  • c) Vérifiez que la somme des probabilités vaut 1.
  • d) Calculez E(X)E(X) et interprétez le résultat.
  • e) L'organisateur veut rendre le jeu équitable en modifiant seulement la perte. Quelle perte doit-il imposer ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) −3-3, 22 et 1010
  • b) P(X=10)=16P(X=10)=\frac{1}{6}, P(X=2)=13P(X=2)=\frac{1}{3}, P(X=−3)=12P(X=-3)=\frac{1}{2}
  • c) 16+13+12=1\frac{1}{6}+\frac{1}{3}+\frac{1}{2}=1
  • d) E(X)=56≈0,83E(X)=\frac{5}{6}\approx 0{,}83 : jeu favorable au joueur
  • e) Perte de 143≈4,67\frac{14}{3}\approx 4{,}67 dollars
a)

Une variable aléatoire ne retient que les gains, pas les faces : deux faces différentes qui rapportent la même somme donnent la même valeur de XX. Ici XX prend trois valeurs : 1010, 22 et −3-3.

b)

On regroupe les faces par gain. P(X=10)=16P(X=10)=\frac{1}{6}, une seule face convient. P(X=2)=26=13P(X=2)=\frac{2}{6}=\frac{1}{3}, les faces 44 et 55. P(X=−3)=36=12P(X=-3)=\frac{3}{6}=\frac{1}{2}, les faces 11, 22 et 33. Le tableau de la loi comporte donc trois colonnes, pas six : c'est tout l'intérêt de la variable aléatoire, elle résume l'expérience en ne gardant que ce qui intéresse le joueur.

c)

16+13+12=1+2+36=66=1\frac{1}{6}+\frac{1}{3}+\frac{1}{2}=\frac{1+2+3}{6}=\frac{6}{6}=1 ✓. Cette vérification est exigée dans toute rédaction : elle garantit qu'aucune face n'a été oubliée ni comptée deux fois.

d)

E(X)=10×16+2×13+(−3)×12=106+46−96=56≈0,833E(X)=10\times\frac{1}{6}+2\times\frac{1}{3}+(-3)\times\frac{1}{2}=\frac{10}{6}+\frac{4}{6}-\frac{9}{6}=\frac{5}{6}\approx 0{,}833. Interprétation obligatoire, et c'est souvent elle qui rapporte les points : sur un grand nombre de parties, le joueur gagne en moyenne environ 0,830{,}83 dollar par partie. Le jeu lui est donc favorable, alors même qu'il perd une fois sur deux. Sur 600600 parties, cela représente environ 500500 dollars de gain.

e)

On cherche la perte c>0c>0 telle que E(X)=0E(X)=0, en gardant la même loi : 10×16+2×13−c×12=010\times\frac{1}{6}+2\times\frac{1}{3}-c\times\frac{1}{2}=0, soit 146=c2\frac{14}{6}=\frac{c}{2}, donc c=143≈4,67c=\frac{14}{3}\approx 4{,}67 dollars. Vérification : 106+46−143×12=146−146=0\frac{10}{6}+\frac{4}{6}-\frac{14}{3}\times\frac{1}{2}=\frac{14}{6}-\frac{14}{6}=0 ✓. Autrement dit, il faudrait faire perdre environ 4,674{,}67 dollars au lieu de 33. La lecture générale : pour un jeu équitable, l'espérance des gains doit compenser exactement l'espérance des pertes, chacune pondérée par sa probabilité.

−4−2246810120,10,20,30,40,50,61/21/31/6E(X) ≈ 0,83gain, en dollars

Exercice 2 : Espérance d'une variable aléatoire

Une variable aléatoire XX prend les valeurs 1, 2, 3 et 4 avec les probabilités respectives 0,10{,}1 ; 0,20{,}2 ; 0,30{,}3 et 0,40{,}4.

L'espérance est une moyenne PONDÉRÉE : chaque valeur pèse à hauteur de sa probabilité, ce qui la distingue de la moyenne arithmétique des valeurs possibles.

  • a) Vérifiez qu'il s'agit bien d'une loi de probabilité.
  • b) Calculez E(X)E(X).
  • c) La valeur E(X)E(X) est-elle la valeur la plus probable de XX ? Justifiez.
  • d) Calculez P(X≥3)P(X\geq 3) et P(X<E(X))P(X<E(X)).
  • e) Comparez E(X)E(X) à la moyenne simple des quatre valeurs. Expliquez l'écart.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Probabilités dans [0;1][0;1] et somme 11
  • b) E(X)=3E(X)=3
  • c) Non : le mode est 44
  • d) P(X≥3)=0,7P(X\geq 3)=0{,}7 ; P(X<3)=0,3P(X<3)=0{,}3
  • e) Moyenne simple 2,52{,}5 : les valeurs ne sont pas équiprobables
a)

Deux conditions sont à vérifier, et les copies n'en vérifient souvent qu'une. D'une part toutes les probabilités sont comprises entre 00 et 11, d'autre part leur somme vaut 0,1+0,2+0,3+0,4=10{,}1+0{,}2+0{,}3+0{,}4=1 ✓. C'est bien une loi de probabilité.

b)

E(X)=1×0,1+2×0,2+3×0,3+4×0,4=0,1+0,4+0,9+1,6=3E(X)=1\times 0{,}1+2\times 0{,}2+3\times 0{,}3+4\times 0{,}4=0{,}1+0{,}4+0{,}9+1{,}6=3. Contrôle de plausibilité immédiat : l'espérance est toujours comprise entre la plus petite et la plus grande valeur, ici entre 11 et 44, et elle doit pencher vers les valeurs les plus probables, donc vers le haut ✓.

c)

Non. La valeur la plus probable, appelée mode, est 44 avec une probabilité de 0,40{,}4, alors que E(X)=3E(X)=3. L'espérance est un centre de gravité, pas un maximum : elle est tirée vers le bas par les valeurs 11 et 22, même si elles sont moins probables. Mode et espérance ne coïncident que par exception.

d)

P(X≥3)=P(X=3)+P(X=4)=0,3+0,4=0,7P(X\geq 3)=P(X=3)+P(X=4)=0{,}3+0{,}4=0{,}7. Pour la seconde, E(X)=3E(X)=3, donc P(X<E(X))=P(X<3)=P(X=1)+P(X=2)=0,1+0,2=0,3P(X<E(X))=P(X<3)=P(X=1)+P(X=2)=0{,}1+0{,}2=0{,}3. Attention à l'inégalité stricte : la valeur 33 n'est pas comptée ici alors qu'elle l'était dans la première question, et l'écart est de 0,30{,}3.

e)

La moyenne simple des quatre valeurs vaut 1+2+3+44=2,5\frac{1+2+3+4}{4}=2{,}5, alors que E(X)=3E(X)=3. L'écart vient du fait que la moyenne simple traite les quatre valeurs comme équiprobables, avec un poids de 0,250{,}25 chacune, alors que la loi accorde 0,40{,}4 à la valeur 44 et seulement 0,10{,}1 à la valeur 11 : le centre de gravité se déplace donc vers les grandes valeurs. Les deux coïncideraient exactement si la loi était uniforme, c'est-à-dire si chaque probabilité valait 0,250{,}25.

Exercice 3 : Variance et écart-type

On reprend la variable aléatoire XX de l'exercice précédent : valeurs 1, 2, 3, 4 de probabilités 0,10{,}1 ; 0,20{,}2 ; 0,30{,}3 ; 0,40{,}4, et E(X)=3E(X)=3.

La variance mesure à quel point les valeurs s'écartent de l'espérance : c'est la moyenne des carrés de ces écarts, et la formule E(X2)−(E(X))2E(X^2)-(E(X))^2 n'en est qu'un raccourci de calcul.

  • a) Calculez E(X2)E(X^2).
  • b) Déduisez-en V(X)V(X) à l'aide de la formule V(X)=E(X2)−(E(X))2V(X)=E(X^2)-(E(X))^2.
  • c) Calculez l'écart-type σ(X)\sigma(X).
  • d) Un élève écrit V(X)=(E(X))2−E(X2)V(X)=(E(X))^2-E(X^2). Que trouve-t-il, et pourquoi ce résultat est-il forcément faux ?
  • e) Retrouvez V(X)V(X) par la définition, en calculant la moyenne des carrés des écarts à l'espérance.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) E(X2)=10E(X^{2})=10
  • b) V(X)=1V(X)=1
  • c) σ(X)=1\sigma(X)=1
  • d) −1-1, impossible pour une variance
  • e) 4×0,1+1×0,2+0+1×0,4=14\times 0{,}1+1\times 0{,}2+0+1\times 0{,}4=1
a)

On applique la loi de XX aux carrés des valeurs, sans changer les probabilités : E(X2)=1×0,1+4×0,2+9×0,3+16×0,4=0,1+0,8+2,7+6,4=10E(X^2)=1\times 0{,}1+4\times 0{,}2+9\times 0{,}3+16\times 0{,}4=0{,}1+0{,}8+2{,}7+6{,}4=10. Le piège serait d'élever la loi au carré : ce sont les VALEURS qu'on élève au carré, jamais les probabilités.

b)

V(X)=E(X2)−(E(X))2=10−32=10−9=1V(X)=E(X^2)-(E(X))^2=10-3^2=10-9=1.

c)

σ(X)=V(X)=1=1\sigma(X)=\sqrt{V(X)}=\sqrt{1}=1. L'écart-type revient à l'unité de départ, ce qui le rend interprétable : les valeurs de XX s'écartent de 33 d'environ 11 en moyenne quadratique.

d)

Il trouverait 9−10=−19-10=-1. C'est impossible : la variance est une moyenne de carrés, donc une somme de termes positifs ou nuls, et elle ne peut jamais être négative. Une variance négative est le signe certain d'une inversion des deux termes, et le calcul doit être repris. Cela fournit d'ailleurs un contrôle gratuit sur toute copie : on a toujours E(X2)≥(E(X))2E(X^2)\geq (E(X))^2.

e)

Par définition, V(X)=∑pi(xi−E(X))2V(X)=\sum p_i\left(x_i-E(X)\right)^2. Les écarts à 33 valent respectivement −2-2, −1-1, 00 et 11, donc leurs carrés valent 44, 11, 00 et 11 : V(X)=4×0,1+1×0,2+0×0,3+1×0,4=0,4+0,2+0+0,4=1V(X)=4\times 0{,}1+1\times 0{,}2+0\times 0{,}3+1\times 0{,}4=0{,}4+0{,}2+0+0{,}4=1 ✓. On retrouve bien la même valeur. Deux remarques utiles : les écarts sont élevés au carré pour que les écarts négatifs ne compensent pas les positifs (leur somme pondérée est toujours nulle), et la valeur 33, qui est l'espérance elle-même, ne contribue pas du tout à la variance.

Exercice 4 : Transformation affine

XX est une variable aléatoire telle que E(X)=3E(X)=3 et V(X)=1V(X)=1. On pose Y=3X−2Y=3X-2 et Z=X+7Z=X+7.

Les formules E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b et V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X) ne se ressemblent volontairement pas : l'espérance suit la transformation, la variance ignore la translation et subit le carré du coefficient.

Anticipation de Terminale : les formules V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X) et σ(aX+b)=∣a∣σ(X)\sigma(aX+b)=|a|\sigma(X), utilisées dans tout cet exercice, sont au programme de Terminale. En Première, seule E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b, la linéarité de l'espérance, est au programme ; une variance se calcule à partir de la loi, par la formule de König-Huygens, comme à l'exercice 16.

  • a) Calculez E(Y)E(Y), V(Y)V(Y) et σ(Y)\sigma(Y).
  • b) Calculez E(Z)E(Z), V(Z)V(Z) et σ(Z)\sigma(Z).
  • c) Comparez la dispersion de ZZ et celle de XX. Interprétez.
  • d) Un élève écrit V(3X−2)=3V(X)−2=1V(3X-2)=3V(X)-2=1. Où sont ses deux erreurs ?
  • e) Déterminez deux réels aa et bb tels que la variable T=aY+bT=aY+b ait pour espérance 0 et pour écart-type 1.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) E(Y)=7E(Y)=7, V(Y)=9V(Y)=9, σ(Y)=3\sigma(Y)=3
  • b) E(Z)=10E(Z)=10, V(Z)=1V(Z)=1, σ(Z)=1\sigma(Z)=1
  • c) Même dispersion : une translation ne change pas les écarts
  • d) Coefficient non élevé au carré et constante conservée : V=9V=9
  • e) a=13a=\frac{1}{3}, b=−73b=-\frac{7}{3}
a)

E(Y)=3E(X)−2=3×3−2=7E(Y)=3E(X)-2=3\times 3-2=7. V(Y)=32×V(X)=9×1=9V(Y)=3^2\times V(X)=9\times 1=9. σ(Y)=9=3\sigma(Y)=\sqrt{9}=3, ce qui vaut aussi ∣3∣×σ(X)|3|\times\sigma(X). Retenir la valeur absolue : avec Y=−3X−2Y=-3X-2, la variance serait encore 99 et l'écart-type encore 33, car multiplier par un nombre négatif retourne les valeurs mais ne les rapproche pas.

b)

E(Z)=E(X)+7=10E(Z)=E(X)+7=10. V(Z)=12×V(X)=1V(Z)=1^2\times V(X)=1, le coefficient devant XX valant 11. σ(Z)=1\sigma(Z)=1.

c)

ZZ a exactement la même dispersion que XX. Ajouter une constante translate toutes les valeurs du même montant : les écarts entre elles, et donc les écarts à l'espérance qui s'est elle aussi déplacée de 77, sont inchangés. Image concrète : si tous les salaires d'une entreprise augmentent de 77 dollars, la moyenne monte de 77 mais les inégalités restent identiques. Seul un coefficient multiplicatif modifie la dispersion.

d)

Deux erreurs indépendantes. D'abord le coefficient multiplicatif doit être élevé au carré : la formule est V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X), donc 9V(X)9V(X) et non 3V(X)3V(X). Ensuite la constante additive disparaît complètement, on ne lui fait subir aucun traitement : le −2-2 ne doit pas être soustrait. Le résultat correct est V(3X−2)=9×1=9V(3X-2)=9\times 1=9. Le contrôle par l'écart-type aurait alerté : σ(Y)\sigma(Y) doit valoir 33 fois σ(X)\sigma(X), donc V(Y)V(Y) neuf fois V(X)V(X).

e)

On veut d'abord un écart-type de 11 : comme σ(aY+b)=∣a∣σ(Y)=3∣a∣\sigma(aY+b)=|a|\sigma(Y)=3|a|, il faut ∣a∣=13|a|=\frac{1}{3}, prenons a=13a=\frac{1}{3}. Ensuite E(T)=13E(Y)+b=73+bE(T)=\frac{1}{3}E(Y)+b=\frac{7}{3}+b, qui s'annule pour b=−73b=-\frac{7}{3}. Donc T=13Y−73=Y−73T=\frac{1}{3}Y-\frac{7}{3}=\frac{Y-7}{3}, ce qui s'écrit plus parlant T=Y−E(Y)σ(Y)T=\frac{Y-E(Y)}{\sigma(Y)}. Vérification : E(T)=7−73=0E(T)=\frac{7-7}{3}=0 ✓ et V(T)=19×9=1V(T)=\frac{1}{9}\times 9=1 ✓. Cette variable s'appelle la variable centrée réduite : elle mesure un résultat en nombre d'écarts-types au-dessus ou au-dessous de la moyenne, ce qui permet de comparer des grandeurs exprimées dans des unités différentes.

Exercice 5 : Loi issue d'un tirage

Une urne contient 5 boules rouges et 3 boules vertes. On tire simultanément deux boules.

On note XX le nombre de boules rouges obtenues.

La figure ci-dessous représente la situation.

RRRRRVVV
  • a) Donnez les valeurs possibles de XX.
  • b) Calculez P(X=0)P(X=0), P(X=1)P(X=1) et P(X=2)P(X=2).
  • c) Vérifiez que la somme des probabilités vaut 1.
  • d) Calculez E(X)E(X) et interprétez.
  • e) Le tirage est simultané, donc sans ordre, et pourtant le corrigé raisonne sur deux tirages successifs. Pourquoi est-ce légitime ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

b)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 00, 11 ou 22
  • b) 328\frac{3}{28}, 1528\frac{15}{28}, 1028\frac{10}{28}
  • c) 3+15+1028=1\frac{3+15+10}{28}=1
  • d) E(X)=1,25E(X)=1{,}25
  • e) XX ne dépend pas de l'ordre ; on additionne les deux ordres
a)

On tire deux boules, donc le nombre de rouges obtenues est 00, 11 ou 22. Les trois valeurs sont effectivement atteignables ici, puisque l'urne contient au moins deux boules de chaque couleur.

b)

On raisonne sur deux tirages successifs sans remise. P(X=0)P(X=0) correspond à deux vertes : 38×27=656=328\frac{3}{8}\times\frac{2}{7}=\frac{6}{56}=\frac{3}{28}. P(X=2)P(X=2) correspond à deux rouges : 58×47=2056=514=1028\frac{5}{8}\times\frac{4}{7}=\frac{20}{56}=\frac{5}{14}=\frac{10}{28}. Pour X=1X=1, deux ordres sont possibles et il faut les additionner : 58×37+38×57=1556+1556=3056=1528\frac{5}{8}\times\frac{3}{7}+\frac{3}{8}\times\frac{5}{7}=\frac{15}{56}+\frac{15}{56}=\frac{30}{56}=\frac{15}{28}. Le cas mixte est le plus probable des trois, ce qui est fréquent et vient précisément de ses deux chemins.

c)

328+1528+1028=2828=1\frac{3}{28}+\frac{15}{28}+\frac{10}{28}=\frac{28}{28}=1 ✓. Ce contrôle est le seul moyen simple de détecter l'oubli d'un des deux ordres dans la question précédente : sans lui, la somme aurait fait 1328+1556\frac{13}{28}+\frac{15}{56} et l'erreur serait passée inaperçue.

d)

E(X)=0×328+1×1528+2×1028=15+2028=3528=54=1,25E(X)=0\times\frac{3}{28}+1\times\frac{15}{28}+2\times\frac{10}{28}=\frac{15+20}{28}=\frac{35}{28}=\frac{5}{4}=1{,}25. En moyenne, un tirage de deux boules contient 1,251{,}25 boule rouge. Interprétation à donner : ce résultat est cohérent avec la proportion de rouges dans l'urne, puisque 2×58=1,252\times\frac{5}{8}=1{,}25. Cette coïncidence n'en est pas une, l'espérance du nombre de rouges vaut toujours le nombre de tirages multiplié par la proportion initiale, même sans remise, alors que la variance, elle, dépend du mode de tirage.

e)

Parce que tirer les deux boules d'un coup ou l'une après l'autre sans regarder l'ordre donne exactement les mêmes probabilités pour l'ÉVÉNEMENT considéré. Le tirage successif ajoute une information, l'ordre, dont la variable XX ne tient pas compte : en additionnant les deux ordres du cas mixte, on efface précisément cette information supplémentaire. Le passage par le successif est donc une commodité de calcul, qui évite les combinaisons, et il est légitime tant que la variable étudiée ne dépend pas de l'ordre. En revanche, il serait faux d'oublier l'un des deux chemins, ce qui reviendrait à imposer un ordre que l'énoncé n'impose pas.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Rendre un jeu équitable

Une roue est partagée en 8 secteurs identiques. Un secteur fait gagner 50 dollars, trois secteurs font gagner 10 dollars, les quatre autres ne font rien gagner.

Le joueur verse une mise mm avant de jouer. On note GG le gain brut et X=G−mX=G-m le gain algébrique du joueur.

Distinguer le gain brut de la mise n'est pas une coquetterie de notation : c'est ce qui permet de traiter la mise comme une simple translation, dont on connaît l'effet sur l'espérance et sur la variance.

La figure donne la roue et ses huit secteurs.

Anticipation de Terminale pour la question e) : l'égalité V(G−12)=V(G)V(G-12)=V(G) y est justifiée par la formule V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X), qui est de Terminale. En Première, on la retrouve en calculant V(X)V(X) sur la loi de XX.

501010100000gain, en dollars
  • a) Établissez la loi de probabilité de GG et calculez E(G)E(G).
  • b) Exprimez E(X)E(X) en fonction de mm.
  • c) Déterminez la mise qui rend le jeu équitable.
  • d) L'organisateur fixe la mise à 12 dollars. Quel bénéfice moyen peut-il espérer sur 500 parties ?
  • e) Calculez V(X)V(X) pour cette mise de 12 dollars. Que remarquez-vous en la comparant à V(G)V(G) ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(G=50)=18P(G=50)=\frac{1}{8}, P(G=10)=38P(G=10)=\frac{3}{8}, P(G=0)=12P(G=0)=\frac{1}{2} ; E(G)=10E(G)=10
  • b) E(X)=10−mE(X)=10-m
  • c) m=10m=10 dollars
  • d) 1 0001\,000 dollars
  • e) V(X)=V(G)=250V(X)=V(G)=250
a)

Les secteurs étant identiques, ils sont équiprobables : P(G=50)=18P(G=50)=\frac{1}{8}, P(G=10)=38P(G=10)=\frac{3}{8}, P(G=0)=48=12P(G=0)=\frac{4}{8}=\frac{1}{2}, et la somme vaut bien 11 ✓. Donc E(G)=50×18+10×38+0×12=50+308=808=10E(G)=50\times\frac{1}{8}+10\times\frac{3}{8}+0\times\frac{1}{2}=\frac{50+30}{8}=\frac{80}{8}=10 dollars. Remarquer que le gros lot de 5050 dollars et les trois lots de 1010 contribuent autant l'un que les autres à l'espérance, 508\frac{50}{8} contre 308\frac{30}{8} : c'est un fait à garder en tête, un gros lot rare pèse souvent moins qu'on ne le croit.

b)

X=G−mX=G-m est une translation de GG par la constante −m-m, donc E(X)=E(G)−m=10−mE(X)=E(G)-m=10-m.

c)

Le jeu est équitable lorsque E(X)=0E(X)=0, c'est-à-dire pour une mise de m=10m=10 dollars : la mise équitable est exactement l'espérance du gain brut. Cela donne une lecture directe de l'espérance, qui est le prix juste du billet.

d)

Avec m=12m=12, E(X)=10−12=−2E(X)=10-12=-2 : le joueur perd en moyenne 22 dollars par partie, et l'organisateur gagne autant. Sur 500500 parties, le bénéfice moyen espéré est de 500×2=1000500\times 2=1000 dollars. Sur une partie isolée, en revanche, l'organisateur peut parfaitement perdre 3838 dollars : c'est le nombre de parties qui rend le bénéfice quasi certain, et c'est exactement le modèle économique d'une fête foraine comme d'un casino.

e)

E(G2)=2500×18+100×38+0×12=2500+3008=350E(G^2)=2500\times\frac{1}{8}+100\times\frac{3}{8}+0\times\frac{1}{2}=\frac{2500+300}{8}=350, donc V(G)=350−102=250V(G)=350-10^2=250 et σ(G)=250≈15,8\sigma(G)=\sqrt{250}\approx 15{,}8 dollars. Comme X=G−12X=G-12 est une translation, V(X)=V(G)=250V(X)=V(G)=250 : la mise ne change pas du tout la dispersion, elle ne fait que décaler l'espérance. Le rapprochement mérite d'être fait : l'écart-type, environ 15,815{,}8 dollars, est bien plus grand que la perte moyenne de 22 dollars, ce qui traduit le fait qu'à l'échelle d'une partie le hasard domine largement l'avantage de l'organisateur. Il ne devient visible qu'après un grand nombre de parties.

Exercice 7 : La prime d'assurance

Un assureur propose un contrat au tarif de 300 dollars par an. Chaque année, la probabilité qu'un assuré déclare un sinistre est de 0,020{,}02, et un sinistre coûte en moyenne 8000 dollars à l'assureur.

On note XX le gain algébrique de l'assureur pour un contrat, sur une année.

C'est l'application la plus directe du chapitre au monde réel : le métier d'assureur consiste littéralement à calculer une espérance, puis à facturer davantage.

  • a) Établissez la loi de probabilité de XX.
  • b) Calculez E(X)E(X) et interprétez.
  • c) Déterminez la prime pure, c'est-à-dire le tarif qui rendrait le contrat équitable.
  • d) L'assureur gère 10 000 contrats identiques. Quel bénéfice moyen annuel peut-il espérer ?
  • e) Pourquoi l'assureur ne peut-il pas se contenter de facturer la prime pure ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) X=300X=300 avec 0,980{,}98, X=−7 700X=-7\,700 avec 0,020{,}02
  • b) E(X)=140E(X)=140 dollars
  • c) Prime pure 160160 dollars
  • d) 1 400 0001\,400\,000 dollars
  • e) Elle ne couvre que le coût moyen, pas les frais ni les fluctuations
a)

Deux cas seulement. Sans sinistre, l'assureur encaisse la prime et ne débourse rien : X=300X=300 avec P(X=300)=1−0,02=0,98P(X=300)=1-0{,}02=0{,}98. Avec sinistre, il encaisse la prime mais verse l'indemnité : X=300−8000=−7700X=300-8000=-7700 avec P(X=−7700)=0,02P(X=-7700)=0{,}02. Le point de méthode : la prime est encaissée dans les DEUX cas, elle n'est pas conditionnée à l'absence de sinistre.

b)

E(X)=0,98×300+0,02×(−7700)=294−154=140E(X)=0{,}98\times 300+0{,}02\times(-7700)=294-154=140 dollars. En moyenne, chaque contrat rapporte 140140 dollars par an à l'assureur. Autre écriture du même calcul, plus parlante : 300−0,02×8000=300−160=140300-0{,}02\times 8000=300-160=140, c'est-à-dire la prime moins le coût moyen du risque.

c)

Avec une prime pp, l'espérance vaut 0,98p+0,02(p−8000)=p−1600{,}98p+0{,}02(p-8000)=p-160. Elle s'annule pour p=160p=160 dollars : c'est la prime pure, exactement égale au coût moyen du risque, 0,02×80000{,}02\times 8000. Le tarif réel de 300300 dollars contient donc 160160 dollars de risque et 140140 dollars de chargement.

d)

10 000×140=1 400 00010\ 000\times 140=1\ 400\ 000 dollars de bénéfice moyen annuel. Ce calcul suppose que les contrats sont indépendants, hypothèse raisonnable pour des sinistres isolés mais fausse en cas de catastrophe naturelle, où tous les assurés d'une même région déclarent en même temps.

e)

Parce que la prime pure ne couvre QUE le coût moyen, et rien d'autre. Elle ne finance ni les frais de gestion, ni la marge, ni surtout la sécurité face aux fluctuations : le nombre de sinistres varie d'une année à l'autre autour de sa moyenne de 200200 pour 10 00010\ 000 contrats, et une année à 230230 sinistres coûterait 240 000240\ 000 dollars de plus. Un assureur qui facturerait exactement 160160 dollars aurait une espérance de gain nulle et ferait donc faillite dès la première mauvaise année, sans jamais pouvoir se refaire. C'est la différence entre espérance et certitude, la même que celle rencontrée à l'exercice précédent avec l'écart-type de la roue.

Exercice 8 : Même espérance, risques opposés

Deux jeux sont proposés. Dans le jeu A, on gagne 0 dollar ou 10 dollars, avec la même probabilité. Dans le jeu B, on gagne 4 dollars ou 6 dollars, avec la même probabilité.

On note XAX_A et XBX_B les gains respectifs.

C'est l'exercice qui justifie l'existence même de la variance : deux lois peuvent avoir la même espérance sans se ressembler du tout.

  • a) Calculez E(XA)E(X_A) et E(XB)E(X_B).
  • b) Calculez V(XA)V(X_A) et σ(XA)\sigma(X_A).
  • c) Calculez V(XB)V(X_B) et σ(XB)\sigma(X_B).
  • d) Comparez les deux jeux. Lequel choisiriez-vous, et pourquoi l'espérance ne suffit-elle pas à décider ?
  • e) Un troisième jeu C fait gagner 5 dollars à coup sûr. Calculez son espérance et son écart-type.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) E(XA)=E(XB)=5E(X_A)=E(X_B)=5
  • b) V(XA)=25V(X_A)=25, σ(XA)=5\sigma(X_A)=5
  • c) V(XB)=1V(X_B)=1, σ(XB)=1\sigma(X_B)=1
  • d) Même espérance, risques très différents
  • e) E(XC)=5E(X_C)=5, σ(XC)=0\sigma(X_C)=0
a)

E(XA)=0×0,5+10×0,5=5E(X_A)=0\times 0{,}5+10\times 0{,}5=5 et E(XB)=4×0,5+6×0,5=5E(X_B)=4\times 0{,}5+6\times 0{,}5=5. Les deux jeux ont rigoureusement la même espérance : sur un grand nombre de parties, ils rapportent autant l'un que l'autre.

b)

E(XA2)=0×0,5+100×0,5=50E(X_A^2)=0\times 0{,}5+100\times 0{,}5=50, donc V(XA)=50−52=25V(X_A)=50-5^2=25 et σ(XA)=5\sigma(X_A)=5. On peut le retrouver directement par la définition : les deux écarts à 55 valent −5-5 et 55, leurs carrés valent 2525 chacun, donc la moyenne des carrés est 2525 ✓.

c)

E(XB2)=16×0,5+36×0,5=26E(X_B^2)=16\times 0{,}5+36\times 0{,}5=26, donc V(XB)=26−25=1V(X_B)=26-25=1 et σ(XB)=1\sigma(X_B)=1. Par la définition : les écarts valent −1-1 et 11, donc la variance vaut 11 ✓. Pour une variable à deux valeurs équiprobables, l'écart-type est toujours la demi-distance entre les deux valeurs, ce qui donne 55 pour A et 11 pour B.

d)

Les deux jeux rapportent 55 dollars en moyenne, mais le jeu A est cinq fois plus dispersé. Le jeu B garantit un résultat proche de 55, entre 44 et 66 ; le jeu A alterne entre 00 et 1010, et le joueur repart les mains vides une fois sur deux. Un joueur prudent choisit B, un joueur qui recherche le gros gain choisit A, et aucun des deux n'a tort : l'espérance mesure le centre, l'écart-type mesure le risque, et une décision rationnelle a besoin des deux. C'est exactement le raisonnement qui distingue un placement en obligations d'un placement en actions.

e)

E(XC)=5E(X_C)=5 également, puisque la variable vaut 55 à coup sûr. Et V(XC)=E(XC2)−(E(XC))2=25−25=0V(X_C)=E(X_C^2)-(E(X_C))^2=25-25=0, donc σ(XC)=0\sigma(X_C)=0. Un écart-type nul caractérise exactement une variable certaine, qui ne fluctue pas : c'est le seul cas où E(X2)=(E(X))2E(X^2)=(E(X))^2, ce qui répond au passage au piège a) de l'exercice suivant. Les trois jeux ont la même espérance et des écarts-types de 55, 11 et 00 : la hiérarchie du risque est complète.

00224466881010jeu Ajeu B0,50,50,50,5E = 5

Exercice 9 : Quatre pièges sur l'espérance et la variance

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et appuyez-vous sur un exemple chiffré.

Les quatre erreurs sont réelles et se retrouvent chaque année dans les copies : trois viennent d'une formule appliquée par analogie, la dernière d'un oubli d'unités.

Anticipation de Terminale pour la question b) : la formule V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X) citée dans le corrigé est au programme de Terminale. En Première, on vérifie V(X+3)=V(X)V(X+3)=V(X) sur la loi, comme le fait la fin du corrigé avec le jeu B.

  • a) « E(X2)=(E(X))2E(X^2)=(E(X))^2. »
  • b) « V(X+3)=V(X)+3V(X+3)=V(X)+3. »
  • c) « L'espérance est toujours une des valeurs que la variable aléatoire peut prendre. »
  • d) « Puisque V(X)V(X) mesure la dispersion, on peut comparer directement V(X)V(X) à E(X)E(X) pour juger si le risque est important. »

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/4

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) 10≠910\neq 9 : l'écart est la variance
  • b) V(X+3)=V(X)V(X+3)=V(X)
  • c) E(X)=56E(X)=\frac{5}{6} n'est pas une valeur de XX
  • d) On compare σ(X)\sigma(X), dans la même unité que E(X)E(X)
a)

Faux. Avec la variable des exercices 2 et 3 : E(X2)=10E(X^2)=10 alors que (E(X))2=9(E(X))^2=9. L'écart entre les deux n'est pas un hasard, c'est exactement la variance : V(X)=E(X2)−(E(X))2=1V(X)=E(X^2)-(E(X))^2=1. Comme une variance est toujours positive ou nulle, on a d'ailleurs toujours E(X2)≥(E(X))2E(X^2)\geq (E(X))^2, avec égalité dans le seul cas d'une variable certaine, comme le jeu C de l'exercice précédent. Autrement dit, la fonction carré ne commute pas avec la moyenne : la moyenne des carrés dépasse le carré de la moyenne.

b)

Faux. Ajouter une constante déplace toutes les valeurs et l'espérance du même montant, donc ne modifie aucun écart : V(X+3)=V(X)=1V(X+3)=V(X)=1, et non 44. La bonne formule est V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X), dans laquelle bb n'apparaît tout simplement pas. Vérification concrète sur le jeu B de l'exercice 8 : ses valeurs 44 et 66 deviennent 77 et 99, l'écart entre elles vaut toujours 22, donc l'écart-type vaut toujours 11.

c)

Faux. Dans l'exercice 1, E(X)=56≈0,83E(X)=\frac{5}{6}\approx 0{,}83 alors que XX ne prend que les valeurs 1010, 22 et −3-3 : l'espérance n'est aucune d'entre elles. L'espérance est une moyenne, et une moyenne n'a aucune raison de faire partie des données, exactement comme la moyenne de 2,42{,}4 enfants par famille ne correspond à aucune famille réelle. Elle est seulement toujours comprise entre la plus petite et la plus grande valeur.

d)

Faux, et pour une raison d'unités qui vaut d'être retenue. Si XX est un gain en dollars, alors E(X)E(X) est en dollars, mais V(X)V(X) est en dollars AU CARRÉ, puisque la variance est une moyenne de carrés d'écarts. Comparer 250250 dollars au carré à 1010 dollars n'a pas plus de sens que comparer une aire à une longueur. C'est précisément le rôle de l'écart-type σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}, qui ramène la dispersion à l'unité de départ : sur la roue de l'exercice 6, on peut alors dire que la dispersion, environ 15,815{,}8 dollars, dépasse largement l'espérance de 1010 dollars, ce qui est une phrase qui a un sens.

Exercice 10 : La somme de deux dés

On lance deux dés équilibrés à six faces et on note SS la somme des deux résultats.

Les 36 couples de résultats sont équiprobables.

C'est le seul univers légitime : les 11 sommes possibles, elles, ne le sont pas, et c'est toute la difficulté de l'exercice.

Anticipation de Terminale pour les questions b), d) et e) : l'égalité E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) énoncée en général, l'additivité de la variance pour deux dés indépendants et l'espérance d'un produit relèvent de la Terminale. Les questions a) et c) se traitent sur la loi de SS et sont de Première.

La figure ci-dessous représente la situation.

12345671234567dé 1dé 2
  • a) Donnez les valeurs possibles de SS et établissez sa loi de probabilité.
  • b) Calculez E(S)E(S). Retrouvez ce résultat par un argument de symétrie.
  • c) Calculez E(S2)E(S^2), puis V(S)V(S) et σ(S)\sigma(S) arrondi au millième.
  • d) Vérifiez que V(S)V(S) vaut deux fois la variance d'un seul dé.
  • e) La somme SS et le produit des deux dés ont-ils la même espérance que le double d'un seul dé ? Testez sur le produit.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) S∈{2;… ;12}S\in\{2;\dots;12\}, effectifs 1,2,3,4,5,6,5,4,3,2,11,2,3,4,5,6,5,4,3,2,1 sur 3636
  • b) E(S)=7E(S)=7
  • c) E(S2)=3296E(S^{2})=\frac{329}{6}, V(S)=356V(S)=\frac{35}{6}, σ(S)≈2,415\sigma(S)\approx 2{,}415
  • d) V(X)=3512V(X)=\frac{35}{12} et 2×3512=3562\times\frac{35}{12}=\frac{35}{6}
  • e) E(S)=E(2X)=7E(S)=E(2X)=7 ; produit : E=12,25=3,52E=12{,}25=3{,}5^{2}
a)

SS prend les onze valeurs entières de 22 à 1212. On compte, pour chaque somme, le nombre de couples (a,b)(a,b) qui la réalisent : les effectifs sur 3636 sont, dans l'ordre, 11, 22, 33, 44, 55, 66, 55, 44, 33, 22, 11, dont la somme fait bien 3636 ✓. Ainsi P(S=2)=136P(S=2)=\frac{1}{36}, P(S=7)=636=16P(S=7)=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}, et le reste symétriquement. La forme en triangle de cette loi vient du fait que 77 est la somme qui admet le plus de décompositions, puisque toutes les faces peuvent y participer.

b)

E(S)=136∑k=212k nk=25236=7E(S)=\frac{1}{36}\sum_{k=2}^{12} k\,n_k=\frac{252}{36}=7. L'argument de symétrie est plus rapide et plus solide : chaque dé a pour espérance 1+2+3+4+5+66=3,5\frac{1+2+3+4+5+6}{6}=3{,}5, et l'espérance d'une somme est toujours la somme des espérances, donc E(S)=2×3,5=7E(S)=2\times 3{,}5=7. On peut aussi invoquer la symétrie de la loi elle-même autour de 77 : P(S=7−k)=P(S=7+k)P(S=7-k)=P(S=7+k) pour tout kk, donc le centre de gravité est en 77.

c)

E(S2)=136∑k2nk=197436=3296≈54,833E(S^2)=\frac{1}{36}\sum k^2 n_k=\frac{1974}{36}=\frac{329}{6}\approx 54{,}833. Donc V(S)=3296−72=329−2946=356≈5,833V(S)=\frac{329}{6}-7^2=\frac{329-294}{6}=\frac{35}{6}\approx 5{,}833, et σ(S)=356≈2,415\sigma(S)=\sqrt{\frac{35}{6}}\approx 2{,}415. Lecture concrète : la somme s'écarte de 77 d'environ 2,42{,}4 en moyenne, ce qui est cohérent avec une loi étalée de 22 à 1212 mais concentrée au centre.

d)

Pour un dé seul : E(X)=3,5E(X)=3{,}5 et E(X2)=1+4+9+16+25+366=916E(X^2)=\frac{1+4+9+16+25+36}{6}=\frac{91}{6}, donc V(X)=916−(72)2=182−14712=3512≈2,917V(X)=\frac{91}{6}-\left(\frac{7}{2}\right)^2=\frac{182-147}{12}=\frac{35}{12}\approx 2{,}917. On a bien 2×3512=356=V(S)2\times\frac{35}{12}=\frac{35}{6}=V(S) ✓. Cette additivité des variances n'est vraie que parce que les deux dés sont indépendants, ce qui sera énoncé et démontré en Terminale. Contre-exemple à garder en tête : la variable 2X2X, double d'un SEUL dé, a pour variance 4V(X)=3534V(X)=\frac{35}{3}, soit le double de V(S)V(S). Deux dés indépendants et un dé compté deux fois ont la même espérance mais pas la même dispersion, car le second ne peut jamais se compenser lui-même.

e)

L'espérance, oui, mais elle seule. E(S)=7E(S)=7 et E(2X)=2×3,5=7E(2X)=2\times 3{,}5=7 : identiques, comme la question d) vient de le montrer, alors que les dispersions diffèrent. Pour le produit P=X1X2P=X_1X_2, on trouve E(P)=44136=12,25E(P)=\frac{441}{36}=12{,}25 en moyennant les 3636 produits, soit exactement 3,5×3,53{,}5\times 3{,}5 : l'espérance d'un produit de variables indépendantes est le produit des espérances. Mais cette dernière propriété, contrairement à celle de la somme, EXIGE l'indépendance : pour X1×X1=X2X_1\times X_1=X^2, on obtient E(X2)=916≈15,17E(X^2)=\frac{91}{6}\approx 15{,}17, très différent de 3,52=12,253{,}5^2=12{,}25. On retrouve, sur un cas concret, l'écart entre moyenne des carrés et carré de la moyenne rencontré à l'exercice 9, et il vaut ici encore la variance d'un dé, 3512\frac{35}{12}.

123456789101112130,040,080,120,160,20,24espérance = 7somme

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Retrouver une loi à partir de conditions

Dans chaque question, une loi de probabilité est incomplète : ce sont les deux propriétés d'une loi, probabilités positives et de somme 11, et éventuellement une espérance imposée, qui fournissent les équations manquantes.

  • a) Une variable XX prend les valeurs 11, 22 et 33 avec P(X=k)=a k2P(X=k)=a\,k^{2}. Déterminez aa.
  • b) Calculez E(X)E(X).
  • c) Une variable YY prend les valeurs −1-1, 00 et 22, avec P(Y=−1)=0,3P(Y=-1)=0{,}3, P(Y=0)=pP(Y=0)=p et P(Y=2)=qP(Y=2)=q. Sachant que E(Y)=0,5E(Y)=0{,}5, déterminez pp et qq.
  • d) Calculez V(Y)V(Y).
  • e) Une variable ZZ ne prend que les valeurs 11 et 55, et E(Z)=2E(Z)=2. Déterminez P(Z=5)P(Z=5), puis σ(Z)\sigma(Z) au millième.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) a=114a=\frac{1}{14}
  • b) E(X)=187≈2,571E(X)=\frac{18}{7}\approx 2{,}571
  • c) p=0,3p=0{,}3, q=0,4q=0{,}4
  • d) V(Y)=1,65V(Y)=1{,}65
  • e) P(Z=5)=14P(Z=5)=\frac{1}{4}, σ(Z)=3≈1,732\sigma(Z)=\sqrt{3}\approx 1{,}732
a)

La somme des probabilités vaut 11 : a×1+a×4+a×9=14a=1a\times 1+a\times 4+a\times 9=14a=1, donc a=114a=\frac{1}{14}. La loi est P(X=1)=114P(X=1)=\frac{1}{14}, P(X=2)=414P(X=2)=\frac{4}{14}, P(X=3)=914P(X=3)=\frac{9}{14}, toutes positives ✓.

b)

E(X)=1×114+2×414+3×914=1+8+2714=3614=187≈2,571E(X)=1\times\frac{1}{14}+2\times\frac{4}{14}+3\times\frac{9}{14}=\frac{1+8+27}{14}=\frac{36}{14}=\frac{18}{7}\approx 2{,}571. L'espérance penche vers 33, la valeur de loin la plus probable.

c)

Deux inconnues, deux équations. Somme : 0,3+p+q=10{,}3+p+q=1, soit p+q=0,7p+q=0{,}7. Espérance : −1×0,3+0×p+2q=0,5-1\times 0{,}3+0\times p+2q=0{,}5, soit 2q=0,82q=0{,}8 et q=0,4q=0{,}4. Donc p=0,3p=0{,}3. Contrôle : −0,3+0,8=0,5-0{,}3+0{,}8=0{,}5 ✓.

d)

E(Y2)=1×0,3+0×0,3+4×0,4=1,9E(Y^{2})=1\times 0{,}3+0\times 0{,}3+4\times 0{,}4=1{,}9, donc V(Y)=1,9−0,52=1,65V(Y)=1{,}9-0{,}5^{2}=1{,}65.

e)

On pose P(Z=5)=rP(Z=5)=r, donc P(Z=1)=1−rP(Z=1)=1-r. E(Z)=(1−r)+5r=1+4r=2E(Z)=(1-r)+5r=1+4r=2 donne r=14r=\frac{1}{4}. Puis E(Z2)=34×1+14×25=7E(Z^{2})=\frac{3}{4}\times 1+\frac{1}{4}\times 25=7, V(Z)=7−4=3V(Z)=7-4=3 et σ(Z)=3≈1,732\sigma(Z)=\sqrt{3}\approx 1{,}732.

Une loi à nn valeurs contient nn probabilités, liées par la seule condition de somme 11 : il faut donc n−1n-1 informations supplémentaires pour la connaître. En e), une espérance suffit parce qu'il n'y a que deux valeurs ; en c), il fallait en plus une probabilité donnée.

Exercice 12 : Tirer jusqu'au premier panier

Un joueur de basket tente des lancers francs. À chaque tentative, il marque avec la probabilité 0,40{,}4, indépendamment des autres tentatives. Il s'arrête dès qu'il a marqué, et au plus tard après la troisième tentative.

On note XX le nombre de tentatives effectuées.

  • a) Quelles sont les valeurs possibles de XX ?
  • b) Établissez la loi de XX.
  • c) Calculez E(X)E(X).
  • d) On note YY le nombre de points obtenus : 33 s'il marque dès la première tentative, 22 à la deuxième, 11 à la troisième, 00 s'il ne marque jamais. Établissez la loi de YY et calculez E(Y)E(Y).
  • e) Quelle est la probabilité qu'il marque au moins un panier ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 11, 22 ou 33
  • b) 0,40{,}4 ; 0,240{,}24 ; 0,360{,}36
  • c) E(X)=1,96E(X)=1{,}96
  • d) P(Y=3)=0,4P(Y=3)=0{,}4, P(Y=2)=0,24P(Y=2)=0{,}24, P(Y=1)=0,144P(Y=1)=0{,}144, P(Y=0)=0,216P(Y=0)=0{,}216 ; E(Y)=1,824E(Y)=1{,}824
  • e) 0,7840{,}784
a)

XX vaut 11, 22 ou 33 : le joueur tente au moins une fois, et jamais plus de trois.

b)

X=1X=1 : il marque tout de suite, P(X=1)=0,4P(X=1)=0{,}4. X=2X=2 : il manque puis marque, P(X=2)=0,6×0,4=0,24P(X=2)=0{,}6\times 0{,}4=0{,}24 par indépendance. X=3X=3 : il manque les DEUX premières, quel que soit le résultat de la troisième, P(X=3)=0,6×0,6=0,36P(X=3)=0{,}6\times 0{,}6=0{,}36. Contrôle : 0,4+0,24+0,36=10{,}4+0{,}24+0{,}36=1 ✓. L'erreur classique est d'écrire P(X=3)=0,62×0,4P(X=3)=0{,}6^{2}\times 0{,}4 en oubliant qu'il s'arrête aussi après un troisième échec.

c)

E(X)=1×0,4+2×0,24+3×0,36=0,4+0,48+1,08=1,96E(X)=1\times 0{,}4+2\times 0{,}24+3\times 0{,}36=0{,}4+0{,}48+1{,}08=1{,}96 tentatives en moyenne.

d)

P(Y=3)=0,4P(Y=3)=0{,}4, P(Y=2)=0,24P(Y=2)=0{,}24, P(Y=1)=0,62×0,4=0,144P(Y=1)=0{,}6^{2}\times 0{,}4=0{,}144 et P(Y=0)=0,63=0,216P(Y=0)=0{,}6^{3}=0{,}216. Contrôle : 0,4+0,24+0,144+0,216=10{,}4+0{,}24+0{,}144+0{,}216=1 ✓. E(Y)=3×0,4+2×0,24+1×0,144=1,824E(Y)=3\times 0{,}4+2\times 0{,}24+1\times 0{,}144=1{,}824 point. Ici l'événement X=3X=3 se SÉPARE en deux valeurs de YY : marquer à la troisième, ou ne jamais marquer.

e)

P(Y≥1)=1−P(Y=0)=1−0,216=0,784P(Y\geq 1)=1-P(Y=0)=1-0{,}216=0{,}784.

Le passage par l'arbre de l'épreuve répétée est le seul chemin sûr vers la loi : chaque chemin s'arrête au premier succès, et l'arrêt forcé après trois tentatives regroupe deux chemins. Deux variables définies sur la même expérience peuvent ainsi avoir des lois différentes, et la somme des probabilités à 11 est le contrôle qui détecte un chemin oublié.

panier 0,4raté 0,6panier 0,4raté 0,6panier 0,4raté 0,6X = 1 ; 0,4X = 2 ; 0,24X = 3 ; 0,144X = 3 ; 0,216

Exercice 13 : La composition de l'urne

Une urne contient nn boules blanches, avec n≥1n\geq 1, et 55 boules noires. Un joueur tire une boule au hasard : il gagne 22 dollars si elle est blanche et perd 11 dollar si elle est noire. On note GG son gain algébrique.

La figure ci-dessous représente la situation.

…n blanches5 noires
  • a) Pour n=5n=5, établissez la loi de GG et calculez E(G)E(G).
  • b) Montrez que, pour tout nn, E(G)=2n−5n+5E(G)=\frac{2n-5}{n+5}.
  • c) Existe-t-il une valeur de nn qui rende le jeu équitable ?
  • d) Déterminez le plus petit nn pour lequel le joueur gagne en moyenne au moins 0,50{,}5 dollar par partie.
  • e) L'organisateur veut au contraire gagner en moyenne au moins 0,250{,}25 dollar par partie. Quelles valeurs de nn conviennent ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/4

a)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(G=2)=P(G=−1)=0,5P(G=2)=P(G=-1)=0{,}5 ; E(G)=0,5E(G)=0{,}5
  • b) E(G)=2nn+5−5n+5E(G)=\frac{2n}{n+5}-\frac{5}{n+5}
  • c) Non : n=2,5n=2{,}5 n'est pas entier
  • d) n=5n=5
  • e) n=1n=1 seulement
a)

Pour n=5n=5, il y a 1010 boules : P(G=2)=510=0,5P(G=2)=\frac{5}{10}=0{,}5 et P(G=−1)=0,5P(G=-1)=0{,}5. E(G)=2×0,5−1×0,5=0,5E(G)=2\times 0{,}5-1\times 0{,}5=0{,}5 dollar.

b)

P(G=2)=nn+5P(G=2)=\frac{n}{n+5} et P(G=−1)=5n+5P(G=-1)=\frac{5}{n+5}. E(G)=2nn+5−5n+5=2n−5n+5E(G)=\frac{2n}{n+5}-\frac{5}{n+5}=\frac{2n-5}{n+5}.

c)

Le jeu est équitable si E(G)=0E(G)=0, soit 2n−5=02n-5=0 et n=2,5n=2{,}5. Ce n'est pas un entier : aucune composition ne rend le jeu équitable. Avec 22 blanches, E(G)=−17E(G)=-\frac{1}{7}, avec 33 blanches, E(G)=18E(G)=\frac{1}{8} : on encadre la valeur 00 sans l'atteindre.

d)

2n−5n+5≥0,5  ⟺  2n−5≥0,5(n+5)\frac{2n-5}{n+5}\geq 0{,}5\iff 2n-5\geq 0{,}5(n+5), en multipliant par n+5>0n+5>0, soit 1,5n≥7,51{,}5n\geq 7{,}5 et n≥5n\geq 5. Le plus petit nn est 55, cohérent avec a).

e)

L'organisateur gagne ce que le joueur perd : on veut E(G)≤−0,25E(G)\leq-0{,}25, soit 2n−5≤−0,25(n+5)2n-5\leq-0{,}25(n+5), 2,25n≤3,752{,}25n\leq 3{,}75, n≤53≈1,67n\leq\frac{5}{3}\approx 1{,}67. Avec n≥1n\geq 1 entier, seule la valeur n=1n=1 convient : E(G)=−36=−0,5E(G)=-\frac{3}{6}=-0{,}5. Pour n=2n=2, E(G)≈−0,14E(G)\approx-0{,}14 ne suffit plus.

Quand la loi dépend d'un paramètre, l'espérance devient une FONCTION du paramètre, et les questions sur le jeu deviennent des équations ou des inéquations. La multiplication par n+5n+5 est permise sans changer le sens parce que ce nombre est positif : c'est la justification à écrire.

Exercice 14 : Combien de journaux commander ?

Un marchand achète chaque matin kk exemplaires d'un journal au prix de 11 dollar et les revend 2,502{,}50 dollars ; les invendus sont perdus. La demande quotidienne DD suit la loi suivante.

P(D=10)=0,2P(D=10)=0{,}2 ; P(D=11)=0,3P(D=11)=0{,}3 ; P(D=12)=0,3P(D=12)=0{,}3 ; P(D=13)=0,2P(D=13)=0{,}2. On note BkB_{k} le bénéfice du jour, en dollars, quand il commande kk journaux : il vend min⁡(D ;k)\min(D\,;k) exemplaires.

  • a) Calculez le bénéfice s'il commande 1010 journaux. Est-il aléatoire ?
  • b) Établissez la loi de B11B_{11} et calculez E(B11)E(B_{11}).
  • c) Établissez la loi de B12B_{12} et calculez E(B12)E(B_{12}).
  • d) Calculez E(B13)E(B_{13}). Quelle commande maximise le bénéfice moyen ?
  • e) Calculez l'écart-type de B12B_{12} au centième et comparez-le à celui de B10B_{10}.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 1515 dollars, certain
  • b) 1414 (0,20{,}2) ou 16,516{,}5 (0,80{,}8) ; E=16E=16
  • c) 1313, 15,515{,}5, 1818 ; E=16,25E=16{,}25
  • d) E(B13)=15,75E(B_{13})=15{,}75 : commander 1212 journaux
  • e) σ(B12)≈1,95\sigma(B_{12})\approx 1{,}95 contre 00
a)

La demande vaut toujours au moins 1010 : il vend ses 1010 journaux, et B10=2,5×10−10=15B_{10}=2{,}5\times 10-10=15 dollars chaque jour. Ce bénéfice est CERTAIN : sa variance est nulle.

b)

Si D=10D=10, il vend 1010 journaux sur 1111 : B11=25−11=14B_{11}=25-11=14. Si D≥11D\geq 11, il vend tout : B11=27,5−11=16,5B_{11}=27{,}5-11=16{,}5. P(B11=14)=0,2P(B_{11}=14)=0{,}2 et P(B11=16,5)=0,8P(B_{11}=16{,}5)=0{,}8. E(B11)=2,8+13,2=16E(B_{11})=2{,}8+13{,}2=16 dollars.

c)

B12B_{12} vaut 25−12=1325-12=13 si D=10D=10, 27,5−12=15,527{,}5-12=15{,}5 si D=11D=11, et 30−12=1830-12=18 si D≥12D\geq 12, avec les probabilités 0,20{,}2, 0,30{,}3 et 0,50{,}5. E(B12)=2,6+4,65+9=16,25E(B_{12})=2{,}6+4{,}65+9=16{,}25 dollars.

d)

B13B_{13} vaut 1212, 14,514{,}5, 1717 ou 19,519{,}5 selon que DD vaut 1010, 1111, 1212 ou 1313 : E(B13)=0,2×12+0,3×14,5+0,3×17+0,2×19,5=2,4+4,35+5,1+3,9=15,75E(B_{13})=0{,}2\times 12+0{,}3\times 14{,}5+0{,}3\times 17+0{,}2\times 19{,}5=2{,}4+4{,}35+5{,}1+3{,}9=15{,}75. Les espérances valent 1515, 1616, 16,2516{,}25 et 15,7515{,}75 : la commande optimale est de 1212 journaux. Commander davantage fait perdre, en moyenne, plus d'invendus qu'il ne fait gagner de ventes.

e)

E(B122)=0,2×169+0,3×240,25+0,5×324=267,875E(B_{12}^{2})=0{,}2\times 169+0{,}3\times 240{,}25+0{,}5\times 324=267{,}875, donc V(B12)=267,875−16,252=3,8125V(B_{12})=267{,}875-16{,}25^{2}=3{,}8125 et σ(B12)≈1,95\sigma(B_{12})\approx 1{,}95 dollar. Pour B10B_{10}, l'écart-type est nul. Commander 1212 journaux rapporte 1,251{,}25 dollar de plus en moyenne, au prix d'un bénéfice qui varie d'environ 22 dollars d'un jour à l'autre.

C'est le problème du marchand de journaux, un classique de la gestion des stocks : pour chaque quantité commandée on calcule une espérance, puis on compare. Le raisonnement marginal l'explique : un journal de plus rapporte 1,51{,}5 dollar s'il est vendu et coûte 11 dollar sinon, il vaut donc la peine tant que la probabilité de le vendre dépasse 0,40{,}4. P(D≥12)=0,5P(D\geq 12)=0{,}5 convient, P(D≥13)=0,2P(D\geq 13)=0{,}2 non.

Exercice 15 : Le jeu à gratter

Une loterie émet 1 000 0001\,000\,000 de tickets à 22 dollars. Parmi eux, 11 ticket fait gagner 100 000100\,000 dollars, 1010 tickets font gagner 1 0001\,000 dollars, 1 0001\,000 tickets font gagner 2020 dollars et 100 000100\,000 tickets remboursent la mise, soit 22 dollars. Les autres ne rapportent rien.

On achète un ticket au hasard ; on note GG la somme reçue et X=G−2X=G-2 le gain algébrique.

  • a) Quelle est la probabilité de recevoir une somme non nulle ? Donnez-la à 10−410^{-4} près.
  • b) Calculez E(G)E(G), puis E(X)E(X).
  • c) Quelle part des mises est redistribuée aux joueurs ?
  • d) Calculez V(G)V(G), puis σ(G)\sigma(G) au centième.
  • e) Quelle part de E(G)E(G) provient du gros lot ? Et quelle part de E(G2)E(G^{2}) ? Commentez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) ≈0,1010\approx 0{,}1010
  • b) E(G)=0,33E(G)=0{,}33, E(X)=−1,67E(X)=-1{,}67 dollar
  • c) 16,5 %16{,}5\ \%
  • d) V(G)≈10 010,69V(G)\approx 10\,010{,}69, σ(G)≈100,05\sigma(G)\approx 100{,}05
  • e) Environ 30 %30\ \% de E(G)E(G) mais environ 99,9 %99{,}9\ \% de E(G2)E(G^{2})
a)

1+10+1 000+100 000=101 0111+10+1\,000+100\,000=101\,011 tickets rapportent quelque chose : P(G>0)=101 0111 000 000≈0,1010P(G>0)=\frac{101\,011}{1\,000\,000}\approx 0{,}1010. Un joueur sur dix reçoit une somme, mais neuf fois sur dix il s'agit du simple remboursement.

b)

E(G)=100 000×1+1 000×10+20×1 000+2×100 0001 000 000=330 0001 000 000=0,33E(G)=\frac{100\,000\times 1+1\,000\times 10+20\times 1\,000+2\times 100\,000}{1\,000\,000}=\frac{330\,000}{1\,000\,000}=0{,}33 dollar. X=G−2X=G-2 est une translation : E(X)=0,33−2=−1,67E(X)=0{,}33-2=-1{,}67 dollar. Le joueur perd en moyenne 1,671{,}67 dollar par ticket.

c)

Sur 22 dollars misés, 0,330{,}33 reviennent en moyenne aux joueurs : 0,332=16,5 %\frac{0{,}33}{2}=16{,}5\ \% des mises sont redistribuées, la loterie garde le reste. On le vérifie sur le total : 330 000330\,000 dollars de lots pour 2 000 0002\,000\,000 dollars de ventes.

d)

E(G2)=1010×1+106×10+400×1 000+4×100 000106=10 010 800 000106=10 010,8E(G^{2})=\frac{10^{10}\times 1+10^{6}\times 10+400\times 1\,000+4\times 100\,000}{10^{6}}=\frac{10\,010\,800\,000}{10^{6}}=10\,010{,}8. V(G)=10 010,8−0,332≈10 010,69V(G)=10\,010{,}8-0{,}33^{2}\approx 10\,010{,}69 et σ(G)≈100,05\sigma(G)\approx 100{,}05 dollars.

e)

Le gros lot apporte 100 000106=0,1\frac{100\,000}{10^{6}}=0{,}1 à l'espérance, soit environ 30,3 %30{,}3\ \% de E(G)E(G). Mais il apporte 1010106=10 000\frac{10^{10}}{10^{6}}=10\,000 à E(G2)E(G^{2}), soit environ 99,9 %99{,}9\ \%. L'écart-type de 100100 dollars, trois cents fois l'espérance, est presque entièrement dû à un ticket sur un million : il ne décrit pas du tout le résultat d'un joueur ordinaire, qui ne verra jamais ce gros lot.

Un jeu d'argent se lit avec trois nombres : la probabilité de gagner quelque chose, l'espérance du gain net, et la dispersion. La publicité met en avant le gros lot, qui fait exploser l'écart-type ; l'espérance négative, elle, est la seule quantité qui décrit ce que l'on perd à force de jouer.

Partie D : programme 2026 (/10)

Exercice 16 : König-Huygens et linéarité de l'espérance : la paie d'un livreur

Un livreur à vélo note chaque heure le nombre XX de livraisons qu'il effectue. Sur plusieurs mois, il modélise XX par la loi suivante : P(X=2)=0,1P(X=2)=0{,}1, P(X=3)=0,3P(X=3)=0{,}3, P(X=4)=0,4P(X=4)=0{,}4 et P(X=5)=0,2P(X=5)=0{,}2, représentée par le diagramme en bâtons ci-dessous.

Il est payé 66 dollars par heure de présence, plus 44 dollars par livraison. Sa rémunération horaire, en dollars, est donc R=4X+6R=4X+6.

1234560,10,20,30,40,50,10,30,40,2livraisons en une heureprobabilité
  • a) Vérifiez qu'il s'agit bien d'une loi de probabilité, puis calculez E(X)E(X) et interprétez-la.
  • b) Calculez E(X2)E(X^{2}), puis V(X)V(X) à l'aide de la formule de König-Huygens, que vous écrirez. Déduisez-en σ(X)\sigma(X).
  • c) Retrouvez V(X)V(X) par la définition, comme moyenne pondérée des carrés des écarts à l'espérance. Pourquoi, avec König-Huygens, ne faut-il surtout pas arrondir E(X)E(X) ?
  • d) En utilisant la linéarité de l'espérance, calculez E(R)E(R). Vérifiez ce résultat en établissant la loi de RR.
  • e) À partir de la loi de RR, calculez E(R2)E(R^{2}), puis V(R)V(R) par la formule de König-Huygens, et σ(R)\sigma(R). Comparez σ(R)\sigma(R) à σ(X)\sigma(X) : quelle partie de la paie ne joue aucun rôle dans la dispersion ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/11

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Somme des probabilités 11 ; E(X)=3,7E(X)=3{,}7 livraisons par heure en moyenne
  • b) E(X2)=14,5E(X^{2})=14{,}5 ; V(X)=E(X2)−E(X)2=0,81V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2}=0{,}81 ; σ(X)=0,9\sigma(X)=0{,}9
  • c) ∑pi(xi−3,7)2=0,81\sum p_{i}(x_{i}-3{,}7)^{2}=0{,}81 ; arrondir E(X)E(X) fausse la différence, jusqu'à une variance négative
  • d) E(R)=4E(X)+6=20,8E(R)=4E(X)+6=20{,}8 dollars, confirmé par la loi 1414 ; 1818 ; 2222 ; 2626
  • e) E(R2)=445,6E(R^{2})=445{,}6, V(R)=12,96V(R)=12{,}96, σ(R)=3,6=4 σ(X)\sigma(R)=3{,}6=4\,\sigma(X) ; la partie fixe ne disperse pas
a)

Les probabilités sont positives et 0,1+0,3+0,4+0,2=10{,}1+0{,}3+0{,}4+0{,}2=1 : c'est bien une loi. E(X)=2×0,1+3×0,3+4×0,4+5×0,2=0,2+0,9+1,6+1=3,7E(X)=2\times 0{,}1+3\times 0{,}3+4\times 0{,}4+5\times 0{,}2=0{,}2+0{,}9+1{,}6+1=3{,}7. Sur un grand nombre d'heures, le livreur effectue en moyenne 3,73{,}7 livraisons par heure. Ce n'est pas une valeur que XX peut prendre, et ce n'est pas la valeur la plus probable, qui est 44 : l'espérance est une moyenne pondérée, pas un résultat possible.

b)

E(X2)=4×0,1+9×0,3+16×0,4+25×0,2=0,4+2,7+6,4+5=14,5E(X^{2})=4\times 0{,}1+9\times 0{,}3+16\times 0{,}4+25\times 0{,}2=0{,}4+2{,}7+6{,}4+5=14{,}5. La formule de König-Huygens s'écrit V(X)=E(X2)−(E(X))2V(X)=E(X^{2})-\left(E(X)\right)^{2} : la variance est la moyenne des carrés moins le carré de la moyenne. Ici V(X)=14,5−3,72=14,5−13,69=0,81V(X)=14{,}5-3{,}7^{2}=14{,}5-13{,}69=0{,}81, et σ(X)=0,81=0,9\sigma(X)=\sqrt{0{,}81}=0{,}9 livraison. L'ordre des deux termes ne se discute pas : une variance est positive, et E(X2)E(X^{2}) est toujours au moins égal à (E(X))2\left(E(X)\right)^{2}.

c)

Par définition, V(X)=∑pi(xi−E(X))2V(X)=\sum p_{i}\left(x_{i}-E(X)\right)^{2}. Les écarts à 3,73{,}7 valent −1,7-1{,}7 ; −0,7-0{,}7 ; 0,30{,}3 et 1,31{,}3, leurs carrés 2,892{,}89 ; 0,490{,}49 ; 0,090{,}09 et 1,691{,}69. D'où V(X)=0,1×2,89+0,3×0,49+0,4×0,09+0,2×1,69=0,289+0,147+0,036+0,338=0,81V(X)=0{,}1\times 2{,}89+0{,}3\times 0{,}49+0{,}4\times 0{,}09+0{,}2\times 1{,}69=0{,}289+0{,}147+0{,}036+0{,}338=0{,}81 : les deux calculs concordent, ce qui est le meilleur contrôle. La définition dit ce que MESURE la variance ; König-Huygens est un raccourci qui évite de calculer les écarts un par un. Mais ce raccourci soustrait deux nombres proches, 14,514{,}5 et 13,6913{,}69 : avec E(X)E(X) arrondi à 44, on obtiendrait 14,5−16=−1,514{,}5-16=-1{,}5, une variance négative, absurde. On garde donc E(X)E(X) en valeur exacte jusqu'au bout.

d)

La linéarité de l'espérance dit que, pour des réels aa et bb, E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b : la moyenne suit la transformation. Donc E(R)=4×3,7+6=20,8E(R)=4\times 3{,}7+6=20{,}8 dollars par heure. Vérification par la loi : RR prend les valeurs 4×2+6=144\times 2+6=14, 1818, 2222 et 2626, avec les MÊMES probabilités que XX, puisque R=14R=14 exactement quand X=2X=2, et ainsi de suite. E(R)=14×0,1+18×0,3+22×0,4+26×0,2=1,4+5,4+8,8+5,2=20,8E(R)=14\times 0{,}1+18\times 0{,}3+22\times 0{,}4+26\times 0{,}2=1{,}4+5{,}4+8{,}8+5{,}2=20{,}8 dollars : les deux méthodes concordent. La linéarité évite de réécrire la loi, et c'est tout son intérêt.

e)

Sur la loi de RR : E(R2)=196×0,1+324×0,3+484×0,4+676×0,2=19,6+97,2+193,6+135,2=445,6E(R^{2})=196\times 0{,}1+324\times 0{,}3+484\times 0{,}4+676\times 0{,}2=19{,}6+97{,}2+193{,}6+135{,}2=445{,}6. Par König-Huygens, V(R)=445,6−20,82=445,6−432,64=12,96V(R)=445{,}6-20{,}8^{2}=445{,}6-432{,}64=12{,}96, et σ(R)=12,96=3,6\sigma(R)=\sqrt{12{,}96}=3{,}6 dollars. On CONSTATE que σ(R)=3,6=4×0,9=4 σ(X)\sigma(R)=3{,}6=4\times 0{,}9=4\,\sigma(X) : multiplier chaque livraison par 44 dollars étire les écarts d'un facteur 44, alors que les 66 dollars fixes décalent toutes les paies du même montant sans en écarter aucune. La partie fixe ne joue aucun rôle dans la dispersion. La règle générale, σ(aX+b)=∣a∣ σ(X)\sigma(aX+b)=|a|\,\sigma(X), est de Terminale ; en Première, on la retrouve comme ici, sur la loi. Surtout pas V(R)=4V(X)+6V(R)=4V(X)+6 : on trouverait 9,249{,}24 au lieu de 12,9612{,}96.

À retenir : l'espérance se transforme comme la variable, par linéarité ; la variance se calcule sur la loi, et König-Huygens n'est qu'un raccourci qui exige une espérance exacte. Sur une copie, on nomme la propriété utilisée : « par linéarité de l'espérance », « d'après la formule de König-Huygens ».

1234560,10,20,30,40,50,10,30,40,2E(X) = 3,7livraisons en une heureprobabilité
Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

Ce chapitre au bac 2025 et 2026

4 exercices des sujets officiels le mobilisent, avec leur corrigé détaillé. Le meilleur entraînement une fois la série faite.

Chapitre précédent Probabilités conditionnelles Chapitre suivant Python en spécialité maths

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1spe-variables-aleatoires. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur de spécialité maths en Première à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.

Site par Studio Squalli