Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : loi binomiale et concentration (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur la loi binomiale et la concentration, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Elle couvre l'épreuve et le schéma de Bernoulli, la loi binomiale B(n;p), les coefficients binomiaux et la formule de Pascal, les probabilités ponctuelles et cumulées, l'espérance np et la variance np(1−p), la recherche d'un seuil, l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, l'inégalité de concentration et la loi des grands nombres. L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs, comme dans les listes des manuels, chaque fois avec des paramètres différents : un coefficient binomial, P(X=k) pour B(4;0,6), P(X=0) et P(X=n), P(X≥1) par l'événement contraire, P(X≤1) et P(X≥n−1), puis l'espérance, la variance et l'écart type.
À la fin de la série, vous savez justifier un schéma de Bernoulli par ses trois conditions (exercice 1), calculer des probabilités cumulées sans placer la frontière du mauvais côté (exercice 4), traiter un contrôle qualité en usine (exercice 6), trouver par le logarithme la taille d'échantillon qui garantit un défaut avec 99 % de chances (exercice 7) et calculer la taille d'échantillon que demande la loi des grands nombres pour une marge donnée (exercice 10). Les classiques de la partie C posent un QCM rempli au hasard avec pénalité (exercice 11), des paramètres à retrouver à partir de E(X) et V(X) (exercice 12), des seuils de décision sur les probabilités cumulées (exercice 13), la surréservation d'un vol (exercice 14) et les tests groupés de dépistage (exercice 15).
L'exercice 8 met en regard la majoration donnée par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et la probabilité exacte : la première vaut 0,25 et la seconde 0,057. Comprendre pourquoi l'écart est si grand, et pourquoi l'inégalité reste utile, fait partie du programme. L'exercice 9 traite les pièges du chapitre : le tirage sans remise qui n'est pas binomial, le coefficient binomial oublié, la valeur la plus probable prise pour l'espérance et la variance écrite np.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une épreuve de Bernoulli n'a que deux issues, succès de probabilité p et échec de probabilité 1−p.
•Un schéma de Bernoulli est la répétition de n épreuves identiques et indépendantes. Le nombre de succès X suit alors la loi binomiale de paramètres n et p, notée B(n,p).
•P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k pour k entier entre 0 et n.
•Coefficients binomiaux : (kn)=(n−kn), et formule de Pascal (kn)+(k+1n)=(k+1n+1).
•Espérance et variance : E(X)=np et V(X)=np(1−p). Attention, la variance n'est pas np.
•Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : P(∣X−E(X)∣≥δ)≤δ2V(X).
•Inégalité de concentration pour la moyenne Mn d'un échantillon de taille n d'une variable d'espérance μ et de variance V : P(∣Mn−μ∣≥δ)≤nδ2V, ce qui donne la loi des grands nombres. Pour une fréquence de succès, μ=p et V=p(1−p).
•L'indépendance est indispensable : un tirage sans remise dans une petite population ne suit pas une loi binomiale.
Pour chaque ligne, la variable X suit la loi binomiale indiquée. Calculez la quantité demandée et donnez-la exacte, ou arrondie au dix-millième ; l'écart type de la dernière ligne s'arrondit au millième.
Une seule méthode pour les dix lignes : écrire P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k en nommant ses trois facteurs, le nombre de chemins, le poids des succès, le poids des échecs. Un événement « au moins » ou « au plus » se découpe en valeurs de k, et « au moins un » passe par l'événement contraire X=0. Pour les indicateurs, E(X)=np, V(X)=np(1−p) et σ(X)=V(X).
a) Le coefficient binomial (312).
b) X∼B(4;0,6) : P(X=2).
c) X∼B(8;0,15) : P(X=0).
d) X∼B(6;0,9) : P(X=6).
e) X∼B(12;0,1) : P(X≥1).
f) X∼B(7;0,2) : P(X≤1).
g) X∼B(5;0,7) : P(X≥4).
h) X∼B(32;0,15) : E(X).
i) X∼B(60;0,25) : V(X).
j) X∼B(30;0,4) : σ(X).
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Réponses
a)(312)=220
b)6×0,62×0,42=0,3456
c)0,858≈0,2725
d)0,96≈0,5314
e)1−0,912≈0,7176
f)0,87+7×0,2×0,86≈0,5767
g)5×0,74×0,3+0,75≈0,5282
h)E(X)=32×0,15=4,8
i)V(X)=60×0,25×0,75=11,25
j)σ(X)=7,2≈2,683
Le geste qui décide de tout : traduire l'événement en valeurs de k AVANT de calculer. « Au moins un » se lit 1−P(X=0), « au plus un » se lit P(X=0)+P(X=1), « au moins n−1 » se lit P(X=n−1)+P(X=n). Une fois les valeurs de k écrites, chaque terme est une application de la même formule.
a)
(312)=3×2×112×11×10=61320=220. Piège : 312×11×10=440, en oubliant que l'on divise par 3! et non par 3.
b)
P(X=2)=(24)×0,62×0,42=6×0,36×0,16=0,3456. Piège : oublier le facteur (24)=6, ce qui donne 0,0576, la probabilité d'UN seul chemin.
c)
P(X=0)=(08)×0,150×0,858=0,858≈0,2725. Un seul chemin, celui des huit échecs : (08)=1 et 0,150=1.
d)
P(X=6)=0,96=0,531441≈0,5314. Un seul chemin, celui des six succès. Même avec p=0,9, six succès d'affilée n'arrivent qu'une fois sur deux environ.
e)
Événement contraire : P(X≥1)=1−P(X=0)=1−0,912≈1−0,2824=0,7176. Piège : calculer 1−0,112, en prenant la probabilité du succès au lieu de celle de l'échec.
f)
P(X≤1)=P(X=0)+P(X=1)=0,87+7×0,2×0,86≈0,2097+0,3670=0,5767. Piège : ne garder que P(X=1) ; « au plus un » contient aussi « aucun ».
g)
P(X≥4)=P(X=4)+P(X=5)=(45)×0,74×0,3+0,75=0,36015+0,16807=0,52822≈0,5282. Piège : prendre 1−P(X≤4), qui est P(X=5) seule ; la frontière se place du bon côté.
h)
E(X)=np=32×0,15=4,8. En moyenne, 4,8 succès sur 32 épreuves ; une espérance n'a pas à être entière.
i)
V(X)=np(1−p)=60×0,25×0,75=11,25. Piège : écrire V(X)=np=15, qui est l'espérance.
j)
V(X)=30×0,4×0,6=7,2, donc σ(X)=7,2≈2,683. Piège : donner la variance 7,2 au lieu de sa racine.
Contrôle : une probabilité est entre 0 et 1, et les lignes c) et e) se contrôlent l'une l'autre puisque P(X=0)+P(X≥1)=1. Pour les probabilités cumulées, la calculatrice donne directement P(X≤k) (fonction binomFRép ou équivalent) : P(X≥4)=1−P(X≤3) doit retomber sur la ligne g).
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Schéma de Bernoulli
On lance trois fois de suite un dé équilibré à six faces. On appelle succès l'obtention d'un 6.
On note X le nombre de succès obtenus.
Avant tout calcul, il faut JUSTIFIER le schéma de Bernoulli : c'est une question notée à part entière au baccalauréat, et trois conditions doivent y être vérifiées explicitement.
a) Justifiez qu'il s'agit d'un schéma de Bernoulli et précisez ses paramètres.
b) Calculez la probabilité d'obtenir trois succès.
c) Calculez la probabilité d'obtenir exactement un succès, en détaillant les chemins de l'arbre.
d) Calculez la probabilité d'obtenir au moins un succès.
e) Calculez P(X=2) et vérifiez que les quatre probabilités somment à 1.
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Réponses
a)X∼B(3;61)
b)2161≈0,0046
c)21675≈0,3472
d)21691≈0,4213
e)21615≈0,0694 ; somme 1
a)
Les trois conditions se vérifient une par une. D'abord chaque lancer n'a que DEUX issues, le succès qui est d'obtenir un 6, de probabilité 61, et l'échec de probabilité 65 : c'est une épreuve de Bernoulli. Ensuite les épreuves sont IDENTIQUES, puisqu'on relance le même dé équilibré. Enfin elles sont INDÉPENDANTES, un lancer ne modifiant pas le dé pour le suivant. On répète 3 fois, donc X suit la loi binomiale de paramètres n=3 et p=61, ce qui se note X∼B(3;61). Les trois mots à faire figurer dans la copie sont bien deux issues, identiques, indépendantes.
b)
Un seul chemin de l'arbre mène à trois succès, celui qui prend la branche succès à chaque fois : P(X=3)=(61)3=2161≈0,0046, soit environ une chance sur 217.
c)
Trois chemins conviennent, selon la position de l'unique succès : au premier, au deuxième ou au troisième lancer. Chacun comporte un facteur 61 et deux facteurs 65, dans un ordre différent, donc tous ont la même probabilité 61×(65)2=21625 : c'est la commutativité du produit qui le garantit, et c'est la raison profonde pour laquelle un simple COMPTAGE des chemins suffit. D'où P(X=1)=3×21625=21675=7225≈0,3472. Le facteur 3 est exactement le coefficient binomial (13).
d)
L'événement au moins un succès regroupe les cas X=1, X=2 et X=3 : il est bien plus rapide de passer par l'événement contraire, qui n'en compte qu'un seul, aucun succès. P(X=0)=(65)3=216125, donc P(X≥1)=1−216125=21691≈0,4213. Réflexe à garder pour tout l'examen : dès qu'on lit au moins un, on passe par le contraire.
e)
P(X=2)=(23)×(61)2×65=3×2165=21615. Somme des quatre : 216125+75+15+1=216216=1 ✓. Les quatre valeurs possibles de X forment une partition de l'univers, donc leurs probabilités se partagent la totalité, et c'est le meilleur contrôle disponible sur ce type d'exercice : il détecte immédiatement un coefficient binomial oublié. On remarque au passage la suite des coefficients 1, 3, 3, 1, qui est une ligne du triangle de Pascal.
Exercice 2 : Coefficients binomiaux
Calculez les coefficients binomiaux suivants et vérifiez les propriétés du cours.
Le coefficient (kn) compte le nombre de façons de choisir k éléments parmi n sans tenir compte de l'ordre, ce qui revient, dans un arbre à n niveaux, au nombre de chemins menant à k succès. Toutes les propriétés ci-dessous s'expliquent par ce comptage, pas seulement par la formule.
a) Calculez (25), (05) et (55).
b) Calculez (36) et (210).
c) Vérifiez la propriété de symétrie en calculant (57) et (27).
d) Vérifiez la formule de Pascal avec (25)+(35).
e) Que vaut la somme (04)+(14)+(24)+(34)+(44) ? Interprétez.
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Réponses
a)10, 1, 1
b)20 et 45
c)21=21
d)10+10=20=(36)
e)16=24
a)
(25)=2×15×4=10. (05)=1 et (55)=1 : il n'y a qu'une seule façon de ne choisir aucun élément, et une seule de les choisir tous. Ces deux valeurs extrêmes sont à connaître par cœur, elles servent dans tous les calculs de P(X=0) et P(X=n).
b)
(36)=3×2×16×5×4=6120=20 et (210)=210×9=45. Méthode de calcul à la main : on écrit au numérateur k facteurs décroissants à partir de n, et au dénominateur k!.
c)
(57)=21 et (27)=21 : les deux sont égaux, conformément à la symétrie (kn)=(n−kn). L'explication par le comptage est immédiate et vaut mieux que la vérification numérique : choisir les 5 éléments qu'on garde revient exactement à choisir les 2 qu'on écarte. En pratique, on utilise toujours cette symétrie pour calculer avec le plus petit des deux indices, ici 2 plutôt que 5.
d)
(25)+(35)=10+10=20=(36) ✓, ce qui vérifie la formule de Pascal (kn)+(k+1n)=(k+1n+1). Là encore le comptage l'explique : pour choisir 3 éléments parmi 6, ou bien on prend le sixième élément et il reste à en choisir 2 parmi les 5 autres, ou bien on ne le prend pas et il faut en choisir 3 parmi 5. Ces deux cas sont disjoints et couvrent tout, d'où la somme. C'est cette relation qui construit le triangle de Pascal ligne par ligne.
e)
La somme vaut 1+4+6+4+1=16=24. Interprétation : en sommant sur toutes les tailles possibles, on compte toutes les parties d'un ensemble à 4 éléments, et il y en a 24 puisque chaque élément est pris ou non, indépendamment des autres. La conséquence probabiliste est immédiate et sera réutilisée : pour p=21, tous les chemins ont la même probabilité 2n1, donc P(X=k)=2n(kn), et la somme des probabilités vaut 2n2n=1 ✓.
Exercice 3 : Calculs avec la loi binomiale
La variable aléatoire X suit la loi binomiale de paramètres n=10 et p=0,3.
Les résultats seront arrondis au dix-millième.
La formule P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k se retient mieux en lisant le rôle de chacun de ses trois facteurs : combien de chemins, puis le poids des succès, puis celui des échecs.
a) Calculez P(X=3) en détaillant la formule.
b) Calculez P(X=0).
c) Calculez P(X=10) et commentez l'ordre de grandeur.
d) Vérifiez que la somme de toutes les probabilités P(X=k) pour k allant de 0 à 10 vaut 1.
e) Déterminez la valeur de k la plus probable, et comparez-la à E(X).
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Réponses
a)≈0,2668
b)≈0,0282
c)≈5,9×10−6
d)1 (binôme de Newton)
e)k=3=E(X)
a)
P(X=3)=(310)×0,33×0,77. Chaque facteur a un rôle : (310)=120 compte les chemins de l'arbre menant à exactement 3 succès, 0,33=0,027 pèse les trois succès, et 0,77≈0,0823543 pèse les sept échecs. Le produit vaut 120×0,027×0,0823543≈0,2668. Contrôle des exposants : ils doivent toujours sommer à n, ici 3+7=10 ✓, ce qui attrape l'erreur classique consistant à écrire 0,73.
b)
P(X=0)=(010)×0,30×0,710=1×1×0,710≈0,0282. Les deux premiers facteurs valent 1, donc la probabilité de n'avoir aucun succès est simplement celle d'enchaîner dix échecs.
c)
P(X=10)=0,310≈0,0000059, soit environ une chance sur 170000. Obtenir dix succès d'affilée avec une probabilité individuelle de 0,3 est donc extrêmement improbable, et l'écart avec P(X=0)≈0,0282 est frappant : environ 4800 fois plus probable de n'avoir aucun succès que de les avoir tous, alors que les deux événements sont symétriques en apparence. C'est l'asymétrie introduite par p=0,5.
d)
La somme vaut exactement 1, car les événements X=0, X=1, ..., X=10 sont deux à deux incompatibles et couvrent toutes les possibilités : X prend nécessairement l'une de ces onze valeurs. Algébriquement, c'est la formule du binôme de Newton appliquée à (p+(1−p))10=110=1, ce qui explique d'ailleurs le nom de la loi. En pratique, sommer les onze termes est le contrôle à faire à la calculatrice quand on doute d'un calcul.
e)
En calculant les premiers termes : P(X=2)≈0,2335, P(X=3)≈0,2668 et P(X=4)≈0,2001. La valeur la plus probable est donc k=3, avec environ 26,7 %. Or E(X)=np=3 également : ici le mode et l'espérance coïncident, mais c'est une commodité de l'exemple et non une règle. Pour B(20;0,04), l'espérance vaut 0,8, qui n'est même pas une valeur possible, alors que le mode est 0. L'espérance est une moyenne, le mode est un maximum : les deux ne coïncident que par accident.
Exercice 4 : Probabilités cumulées
On garde X suivant la loi binomiale de paramètres n=10 et p=0,3.
Les résultats seront arrondis au dix-millième.
Les probabilités cumulées sont le vrai terrain d'examen, et la difficulté n'y est presque jamais calculatoire : elle consiste à écrire correctement l'événement CONTRAIRE, en plaçant la frontière du bon côté.
a) Calculez P(X≤2) en détaillant les trois termes.
b) Déduisez-en P(X≥3).
c) Calculez P(X≥1) en passant par l'événement contraire.
d) Un élève calcule P(X≥3) comme 1−P(X≤3). Quelle est son erreur ?
e) Calculez P(2≤X≤5) à partir de deux probabilités cumulées.
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Réponses
a)≈0,3828
b)≈0,6172
c)≈0,9718
d)Le contraire de X≥3 est X≤2
e)P(X≤5)−P(X≤1)≈0,8033
a)
On additionne les trois termes : P(X=0)≈0,0282, P(X=1)=(110)×0,3×0,79=10×0,3×0,040354≈0,1211, et P(X=2)=(210)×0,09×0,78=45×0,09×0,057648≈0,2335. La somme vaut environ 0,3828. La notation P(X≤2) inclut bien la valeur 2 : c'est un cumul jusqu'à 2 compris.
b)
L'événement contraire de X≥3 est exactement X≤2 : les entiers se partagent sans reste entre ces deux ensembles. Donc P(X≥3)=1−P(X≤2)≈1−0,3828=0,6172.
c)
P(X≥1)=1−P(X=0)≈1−0,0282=0,9718. Sur dix répétitions à 30 %, il est donc quasi certain d'obtenir au moins un succès, ce qui contraste avec la probabilité modeste de chaque essai isolé.
d)
Il confond ≥3 et >3. Le contraire de X≥3 est X≤2, et non X≤3 : la valeur X=3 appartient au premier événement et pas au second, donc son calcul retranche une fois de trop la probabilité P(X=3)≈0,2668. Il obtiendrait 1−0,6496=0,3504, qui est en réalité P(X>3)=P(X≥4), très différent des 0,6172 attendus. La règle qui évite l'erreur, pour des entiers : le contraire de X≥k est X≤k−1, jamais X≤k.
e)
P(2≤X≤5)=P(X≤5)−P(X≤1). On retranche le cumul jusqu'à 1 et non jusqu'à 2, sans quoi on perdrait le terme P(X=2) qui doit être compté. Numériquement : P(X≤5)≈0,9527 et P(X≤1)≈0,1493, d'où P(2≤X≤5)≈0,8033. Vérification par addition directe des quatre termes : 0,2335+0,2668+0,2001+0,1029≈0,8033 ✓. C'est la manipulation la plus utile avec la calculatrice, qui ne fournit en général que des cumuls du type P(X≤k). Le graphique du corrigé dit la même chose d'un coup d'œil : la cumulée ne redescend jamais et finit par atteindre 1, si bien que P(X>k) se lit toujours comme 1−P(X≤k).
Exercice 5 : Espérance et variance
Rappel : si X suit la loi binomiale de paramètres n et p, alors E(X)=np et V(X)=np(1−p).
a) Pour X suivant B(10;0,3), calculez E(X), V(X) et σ(X) arrondi au millième.
b) Pour Y suivant B(50;0,2), calculez E(Y), V(Y) et σ(Y) arrondi au millième.
c) Pour quelle valeur de p la variance d'une loi B(n;p) est-elle maximale, à n fixé ?
d) Un élève écrit V(X)=np=3 pour la loi de la question a). Corrigez.
e) Comparez le rapport Eσ dans les deux situations a) et b). Qu'en déduisez-vous ?
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Réponses
a)E=3, V=2,1, σ≈1,449
b)E=10, V=8, σ≈2,828
c)p=0,5
d)V(X)=np(1−p)=2,1
e)0,483 contre 0,283 : dispersion relative plus faible pour n grand
a)
E(X)=np=10×0,3=3. V(X)=np(1−p)=10×0,3×0,7=2,1. σ(X)=2,1≈1,449. Lecture concrète : sur dix répétitions on attend 3 succès, avec une fluctuation typique de l'ordre de 1,4 succès, ce qui situe l'essentiel des observations entre 1 et 5.
b)
E(Y)=50×0,2=10, V(Y)=50×0,2×0,8=8 et σ(Y)=8=22≈2,828. Comparaison instructive avec la question a) : l'espérance a été multipliée par plus de trois, mais l'écart-type seulement par deux environ. C'est le phénomène central de tout le chapitre : la dispersion croît comme n, donc BEAUCOUP moins vite que l'effectif, et c'est précisément ce qui rend les grands échantillons fiables.
c)
La variance vaut np(1−p). À n fixé, il s'agit de maximiser p(1−p)=−p2+p, un trinôme de coefficient dominant négatif dont le sommet est en p=21. La variance est donc maximale pour p=0,5 et vaut alors 4n. C'est cohérent avec le sens : l'incertitude est la plus grande quand succès et échec sont équiprobables, tandis qu'avec p proche de 0 ou de 1 le résultat est presque connu d'avance et la variance tend vers 0.
d)
Il a oublié le facteur (1−p) : la bonne valeur est V(X)=np(1−p)=2,1, et non 3. La confusion vient de ce que np est l'ESPÉRANCE. Un contrôle qui évite définitivement cette erreur : la variance d'une binomiale est toujours strictement inférieure à son espérance dès que p>0, puisque np(1−p)<np. Trouver V(X)=E(X) est donc le signe certain d'un (1−p) oublié.
e)
Pour B(10;0,3) : Eσ=31,449≈0,483. Pour B(50;0,2) : 102,828≈0,283. Le second rapport est nettement plus petit, donc la seconde situation est relativement moins dispersée, alors qu'elle l'est davantage en valeur absolue. Ce rapport, appelé coefficient de variation, vaut npnp(1−p)=np1−p : il décroît en n1. C'est la formulation quantitative de l'idée que plus l'échantillon est grand, plus la fréquence observée est stable, et c'est exactement ce que l'exercice 10 démontrera par une inégalité.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Contrôle qualité
Une usine produit des pièces dont 4 % sont défectueuses. On prélève au hasard un échantillon de 20 pièces dans un lot très important, ce qui permet d'assimiler le prélèvement à un tirage avec remise.
On note X le nombre de pièces défectueuses de l'échantillon. Les résultats seront arrondis au dix-millième.
a) Justifiez que X suit une loi binomiale dont vous préciserez les paramètres.
b) Calculez la probabilité que l'échantillon ne contienne aucune pièce défectueuse.
c) Calculez la probabilité qu'il contienne au moins une pièce défectueuse.
d) Calculez la probabilité qu'il contienne exactement deux pièces défectueuses.
e) Calculez le nombre moyen de pièces défectueuses par échantillon.
f) L'atelier décide d'alerter dès qu'un échantillon contient au moins 3 pièces défectueuses. Quelle est la probabilité d'une alerte alors que la production est normale ?
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Réponses
a)X∼B(20;0,04)
b)≈0,4420
c)≈0,5580
d)≈0,1458
e)0,8
f)≈0,0439
a)
Chaque pièce prélevée est défectueuse avec la probabilité 0,04. L'énoncé précise que le lot est très important, ce qui autorise à considérer les prélèvements comme INDÉPENDANTS : c'est le point de justification à ne pas sauter, car un tirage sans remise dans un lot fini ne donne pas exactement une binomiale, comme l'exercice 9 le montrera. Les 20 prélèvements étant de plus identiques et à deux issues, X suit B(20;0,04).
b)
P(X=0)=(020)×0,040×0,9620=0,9620≈0,4420.
c)
P(X≥1)=1−P(X=0)≈1−0,4420=0,5580. Le résultat mérite d'être commenté : avec un taux de défaut de seulement 4 %, il y a malgré tout plus d'une chance sur deux de trouver au moins un défaut dans un échantillon de 20. La raison est que la probabilité de passer 20 fois à travers un filtre à 4 % n'est pas 1−20×0,04, mais 0,9620, et une multiplication répétée érode bien plus vite qu'une soustraction.
E(X)=np=20×0,04=0,8 pièce défectueuse en moyenne par échantillon. Noter que cette valeur n'est pas atteignable, un nombre de pièces étant entier : l'espérance est une moyenne sur un grand nombre d'échantillons, pas une prévision pour un échantillon donné. Cohérence avec les questions précédentes : la valeur la plus probable est X=0 avec 44,2 %, suivie de X=1, et l'espérance 0,8 se situe bien entre les deux.
f)
On veut P(X≥3)=1−P(X≤2). On a déjà P(X=0)≈0,4420 et P(X=2)≈0,1458, et il reste P(X=1)=20×0,04×0,9619≈0,3683. Donc P(X≤2)≈0,9561 et P(X≥3)≈0,0439, soit environ 4,4 %. Interprétation pour le contrôle qualité : si l'usine tient réellement son taux de 4 %, un échantillon de 20 ne contient trois défauts ou plus que dans un peu plus de 4 % des cas. Observer trois défauts est donc un signal rare, qui justifie de suspecter une dérive de la production plutôt que le hasard. C'est le raisonnement qui fonde toute la théorie des tests.
Exercice 7 : Recherche d'un seuil
On garde un taux de pièces défectueuses de 4 %. On souhaite maintenant déterminer la taille n de l'échantillon à prélever pour être presque certain d'y trouver au moins un défaut.
On note Xn le nombre de pièces défectueuses d'un échantillon de taille n.
a) Exprimez P(Xn≥1) en fonction de n.
b) Traduisez la condition P(Xn≥1)≥0,99 par une inéquation portant sur 0,96n.
c) Résolvez cette inéquation à l'aide du logarithme népérien. Attention au sens de l'inégalité.
d) Concluez en donnant le plus petit entier n convenant, et vérifiez-le en encadrant.
e) Pourquoi le sens de l'inégalité change-t-il à la question c) ?
f) Reprenez le calcul avec un taux de défaut de 1 % et comparez les deux tailles d'échantillon.
Voir la correction
Réponses
a)1−0,96n
b)0,96n≤0,01
c)n≥ln0,96ln0,01≈112,81
d)n=113
e)ln(0,96)<0
f)n=459
a)
P(Xn≥1)=1−P(Xn=0)=1−0,96n, puisque le seul chemin sans défaut consiste à enchaîner n pièces conformes, chacune de probabilité 0,96.
b)
La condition P(Xn≥1)≥0,99 s'écrit 1−0,96n≥0,99, soit −0,96n≥−0,01, donc 0,96n≤0,01. Le sens s'est inversé une première fois ici, en multipliant par −1 : c'est déjà un point de vigilance avant même d'introduire le logarithme.
c)
La fonction logarithme népérien étant strictement croissante, elle conserve l'inégalité : ln(0,96n)≤ln(0,01), soit nln(0,96)≤ln(0,01). Il reste à diviser par ln(0,96), qui vaut environ −0,0408 et qui est NÉGATIF : cette division renverse l'inégalité, d'où n≥ln(0,96)ln(0,01)≈−0,0408−4,6052≈112,81.
d)
Comme n doit être entier et supérieur ou égal à 112,81, le plus petit entier convenant est n=113. Vérification par encadrement, exigée dans la rédaction : 0,96112≈0,010337, encore supérieur à 0,01, donc 112 ne convient pas ; et 0,96113≈0,009923, inférieur à 0,01, donc 113 convient ✓. Il faut prélever au moins 113 pièces pour être sûr à 99 % d'y trouver au moins un défaut.
e)
Parce que ln(0,96) est strictement négatif, la base 0,96 étant inférieure à 1. Diviser les deux membres d'une inégalité par un nombre négatif en change le sens, exactement comme pour n'importe quelle inéquation. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce type de question, et elle donnerait n≤112,81, une réponse absurde puisque de petits échantillons ne peuvent évidemment pas garantir la présence d'un défaut. Le contrôle de bon sens est donc immédiat : plus n est grand, plus il est probable de trouver un défaut, donc la réponse doit être de la forme n≥ quelque chose.
f)
Avec un taux de 1 %, la condition devient 0,99n≤0,01, donc n≥ln(0,99)ln(0,01)≈−0,01005−4,6052≈458,2, soit n=459 pièces. Le seuil est environ quatre fois plus élevé alors que le taux de défaut a été divisé par quatre : les deux évoluent en raison inverse, ce qui se lit sur la formule puisque ln(1−p)≈−p pour p petit, d'où n≈p4,6. Conclusion pratique pour le contrôle qualité : détecter un défaut rare coûte proportionnellement cher en taille d'échantillon.
Exercice 8 : Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
On considère X suivant la loi binomiale de paramètres n=100 et p=0,5, par exemple le nombre de piles obtenus en 100 lancers d'une pièce équilibrée.
a) Calculez E(X) et V(X).
b) À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, majorez P(∣X−50∣≥10).
c) La valeur exacte de cette probabilité est environ 0,0569. Comparez avec la majoration obtenue.
d) L'inégalité est donc très imprécise ici. À quoi sert-elle alors ?
e) Quelle majoration obtient-on pour P(∣X−50∣≥25) ?
f) Exprimez la majoration lorsque l'écart vaut k écarts-types. Que remarquez-vous ?
Voir la correction
Réponses
a)E=50, V=25
b)≤0,25
c)Correcte mais plus de quatre fois trop grande
d)Universelle : valable pour toute loi
e)≤0,04
f)k21, indépendant de n et p
a)
E(X)=np=100×0,5=50 et V(X)=np(1−p)=100×0,5×0,5=25, donc σ(X)=5.
b)
L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev s'écrit P(∣X−E(X)∣≥a)≤a2V(X). Avec a=10 : P(∣X−50∣≥10)≤10025=0,25. Autrement dit, la probabilité de s'écarter de plus de 10 piles de la moyenne est au plus de 25 %. Noter que a=10 vaut ici deux écarts-types.
c)
La majoration donne 0,25 alors que la probabilité réelle vaut environ 0,0569 : la borne est plus de quatre fois trop grande. Elle reste parfaitement CORRECTE, une majoration n'ayant pas à être atteinte, mais elle est très peu informative dans ce cas précis.
d)
Son intérêt est d'être UNIVERSELLE : elle ne demande que l'espérance et la variance, sans rien supposer de la loi suivie. C'est précisément ce qui permet de l'utiliser pour démontrer la loi des grands nombres, valable pour n'importe quelle loi de variance finie, et pour majorer un risque quand la loi est inconnue ou trop compliquée à sommer. Le prix de cette généralité est son imprécision : dès que la loi est connue, comme ici, le calcul exact la surclasse largement. Une inégalité valable pour toutes les lois ne peut pas être fine pour l'une d'elles en particulier.
e)
P(∣X−50∣≥25)≤25225=62525=0,04. La majoration a été divisée par plus de six alors que l'écart demandé n'a été multiplié que par 2,5 : c'est le carré au dénominateur qui produit cet effet. Autrement dit, la borne devient d'autant plus utile qu'on s'intéresse à des écarts importants, ce qui est exactement l'usage qu'on en fait.
f)
L'écart-type vaut 5, donc a=kσ donne la majoration k2σ2V=k21, indépendamment de n et de p. Pour k=2 on retrouve 0,25 ✓, pour k=3 on obtient 91≈0,111, et pour k=4, 0,0625. La forme k21 est celle qu'il faut retenir : quelle que soit la loi, la probabilité de s'écarter de plus de k écarts-types de la moyenne ne dépasse jamais k21. C'est la version quantitative de l'idée intuitive selon laquelle une variable reste le plus souvent à quelques écarts-types de son espérance.
Exercice 9 : Quand la loi binomiale ne s'applique pas
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez.
a) « Une urne contient 5 boules rouges et 5 vertes. On tire 3 boules sans remise et on compte les rouges : cette variable suit la loi B(3;0,5). »
b) « P(X=k)=pk(1−p)n−k. »
c) « Comme E(X)=np, la valeur la plus probable de X est toujours np. »
d) « Si X suit B(n;p), alors V(X)=np. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : sans remise, pas d'indépendance ; 121 contre 0,125
b)Faux : il manque (kn)
c)Faux : pour B(20;0,04), np=0,8 et le mode vaut 0
d)Faux : V(X)=np(1−p)
a)
Faux. Sans remise, les tirages ne sont pas indépendants et la probabilité de succès change à chaque étape : après une rouge, il ne reste que 4 rouges sur 9 boules, donc la probabilité passe de 0,5 à 94≈0,444. Or la loi binomiale exige des épreuves identiques ET indépendantes. Le calcul exact donne P(X=3)=105×94×83=72060=121≈0,0833, alors que la binomiale prédirait 0,53=0,125 : l'écart dépasse 30 %. La loi correcte s'appelle hypergéométrique. À retenir : la binomiale reste une bonne APPROXIMATION quand le tirage se fait dans une population très grande devant l'échantillon, ce qui est exactement l'hypothèse posée à l'exercice 6. Le graphique du corrigé montre l'effet de cette dépendance : sans remise, la loi se resserre autour de son espérance, et ses valeurs extrêmes deviennent plus rares que ne le prévoit la binomiale.
b)
Faux, il manque le coefficient binomial. La formule correcte est P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k : l'expression proposée ne donne la probabilité que d'UN chemin particulier, alors que k succès peuvent se placer de (kn) façons. Contrôle imparable : sans ce facteur, la somme des probabilités ne vaudrait pas 1. Pour n=3 et p=61, on obtiendrait 216125+25+5+1=216156, nettement inférieur à 1.
c)
Faux, pour deux raisons distinctes. D'abord np n'est pas toujours entier : pour B(20;0,04) on trouve np=0,8, qui n'est même pas une valeur possible d'un nombre de succès, alors que le mode vaut 0. Ensuite, même quand np est entier, l'espérance est une MOYENNE et le mode un MAXIMUM : les deux coïncident souvent pour la binomiale, comme à l'exercice 3, mais rien ne l'impose. Le mode est en réalité la partie entière de (n+1)p.
d)
Faux, il manque le facteur (1−p) : la formule est V(X)=np(1−p). La confusion avec l'espérance est la plus fréquente du chapitre. Un contrôle rapide la démasque toujours : pour une binomiale, V(X)<E(X) dès que p>0, puisque np(1−p)<np. Trouver une variance égale à l'espérance signale donc à coup sûr un (1−p) oublié.
Exercice 10 : Loi des grands nombres
On lance n fois une pièce équilibrée et on note Mn la fréquence de piles observée.
L'inégalité de concentration s'écrit P(∣Mn−p∣≥δ)≤nδ2p(1−p), avec ici p=0,5.
a) Écrivez la majoration de P(∣Mn−0,5∣≥0,05) en fonction de n.
b) Déterminez le plus petit entier n pour que cette majoration soit inférieure ou égale à 0,05.
c) Reprenez la question b) avec une majoration inférieure ou égale à 0,01.
d) Que devient la majoration quand n tend vers +∞ ? Énoncez la loi des grands nombres.
e) Pour diviser par 10 la marge d'erreur δ à niveau de confiance égal, par combien faut-il multiplier n ?
f) Quelle taille d'échantillon garantirait une marge de 2 points avec un risque de 5 % ?
Voir la correction
Réponses
a)n100
b)n=2000
c)n=10000
d)Limite 0 : la fréquence se stabilise autour de p
e)Par 100
f)n=12500
a)
Avec p=0,5 on a p(1−p)=0,25, et δ=0,05 donne δ2=0,0025. La majoration vaut donc 0,0025n0,25=n100. Noter qu'elle ne dépend que de n : tout le comportement du problème tient dans ce quotient.
b)
On résout n100≤0,05, soit n≥0,05100=2000. Le plus petit entier est n=2000. Traduction concrète : avec 2000 lancers, la probabilité que la fréquence de piles s'écarte de plus de 5 points de 0,5 est au plus de 5 %.
c)
On résout n100≤0,01, soit n≥10000, donc n=10000. Exiger un risque cinq fois plus petit a coûté cinq fois plus d'expériences : à marge d'erreur fixée, le coût est proportionnel à l'inverse du risque accepté.
d)
La majoration n100 tend vers 0 quand n tend vers +∞. Donc P(∣Mn−p∣≥δ) tend vers 0 pour tout δ>0 fixé : c'est la loi des grands nombres. Énoncé attendu : la fréquence observée Mn se rapproche en probabilité de la probabilité théorique p lorsque le nombre de répétitions augmente. Formulation à ne pas déformer : cela ne signifie pas que l'ÉCART ABSOLU entre le nombre de piles et 2n diminue, qui grandit au contraire comme n, mais que la FRÉQUENCE se stabilise.
e)
La majoration contient δ2 au dénominateur. Diviser δ par 10 multiplie δ2 par 1001, donc multiplie la majoration par 100 : pour la ramener au niveau initial, il faut multiplier n par 100. La précision coûte donc très cher, et gagner un chiffre décimal demande cent fois plus d'expériences. C'est la même loi en n que celle rencontrée à l'exercice 5 avec le rapport Eσ, vue sous un autre angle.
f)
Un sondage à ±2 points, soit δ=0,02, avec un risque de 5 % : la majoration vaut 0,0004n0,25=n625, et la condition n625≤0,05 donne n≥12500 personnes. C'est bien plus que les 1000 personnes des sondages réels, et l'explication tient à la méthode : l'inégalité de concentration est très pessimiste, comme l'exercice 8 l'a montré, alors que les instituts utilisent l'approximation normale, beaucoup plus fine, qui ramène l'effectif nécessaire autour de 2400. L'inégalité donne donc une garantie sûre mais coûteuse, ce qui est exactement son rôle : majorer sans rien supposer.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Répondre au hasard à un QCM
Un QCM comporte 10 questions indépendantes, chacune avec 4 réponses dont une seule est juste. Un élève répond entièrement au hasard. On note X le nombre de bonnes réponses.
Le barème accorde 1 point par bonne réponse et retire 0,5 point par mauvaise réponse. On note N la note obtenue. Les probabilités sont arrondies au dix-millième.
a) Justifiez que X suit une loi binomiale et donnez ses paramètres. Calculez E(X) et V(X).
b) Calculez P(X=5) et P(X≥5).
c) Exprimez N en fonction de X, puis calculez E(N) et V(N).
d) Quelle est la probabilité que l'élève obtienne une note d'au moins 5 ?
e) Quelle est la probabilité qu'il ait au moins une bonne réponse ?
Voir la correction
Réponses
a)X∼B(10;0,25), E=2,5, V=1,875
b)≈0,0584 et ≈0,0781
c)N=1,5X−5, E(N)=−1,25, V(N)≈4,219
d)P(X≥7)≈0,0035
e)≈0,9437
a)
Chaque question est une épreuve à deux issues (juste avec probabilité 41, fausse sinon), les 10 épreuves sont identiques et indépendantes. X∼B(10;0,25). E(X)=10×0,25=2,5 et V(X)=10×0,25×0,75=1,875.
b)
P(X=5)=(510)×0,255×0,755=252×0,255×0,755≈0,0584. À la calculatrice, P(X≤4)≈0,9219, donc P(X≥5)=1−P(X≤4)≈0,0781. Moins de 8% de chances d'avoir la moyenne en répondant au hasard.
c)
Avec X bonnes réponses, il y a 10−X mauvaises : N=X−0,5(10−X)=1,5X−5. Par linéarité de l'espérance, E(N)=1,5E(X)−5=3,75−5=−1,25. Et V(aX+b)=a2V(X) : V(N)=1,52×1,875=2,25×1,875=4,21875. La constante −5 ne change pas la variance, et le coefficient 1,5 intervient AU CARRÉ.
d)
N≥5⟺1,5X−5≥5⟺X≥1,510≈6,67⟺X≥7, puisque X est entier. P(X≥7)=1−P(X≤6)≈0,0035. Avec pénalité, obtenir 5 demande 7 bonnes réponses au lieu de 5 : la probabilité est divisée par plus de vingt.
e)
P(X≥1)=1−P(X=0)=1−0,7510≈1−0,0563=0,9437.
L'espérance négative de c) est le but du barème : répondre au hasard fait perdre des points EN MOYENNE. La transformation affine N=aX+b se traite toujours avec les deux mêmes formules, E(aX+b)=aE(X)+b et V(aX+b)=a2V(X) ; pour une probabilité sur N, on revient à X en résolvant une inéquation, sans oublier que X est entier.
Exercice 12 : Retrouver les paramètres d'une loi binomiale
Dans chaque question, X suit une loi binomiale B(n;p) dont on ne connaît pas les paramètres.
a) On sait que E(X)=12 et V(X)=8,4. Déterminez p puis n.
b) Avec ces paramètres, calculez P(X=12) au dix-millième.
c) On sait que E(X)=3 et σ(X)=1,5. Déterminez p et n.
d) On sait que n=10 et P(X≥1)=0,99. Déterminez p au millième.
e) Peut-on avoir E(X)=4 et V(X)=5 ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)p=0,3, n=40
b)≈0,1366
c)p=0,25, n=12
d)p≈0,369
e)Non : 1−p=45 impossible
a)
E(X)V(X)=npnp(1−p)=1−p, donc 1−p=128,4=0,7 et p=0,3. Puis np=12 donne n=0,312=40. Le quotient de la variance par l'espérance est le geste clé : il élimine n d'un coup.
b)
P(X=12)=(1240)×0,312×0,728≈0,1366. C'est la valeur la plus probable, et elle coïncide ici avec l'espérance.
c)
V(X)=1,52=2,25, donc 1−p=32,25=0,75, p=0,25, puis n=0,253=12. L'erreur à éviter : diviser l'ÉCART-TYPE par l'espérance, ce qui donnerait 1−p=0,5.
d)
P(X≥1)=1−(1−p)10=0,99, donc (1−p)10=0,01. La fonction x↦x10 étant strictement croissante sur [0;1], 1−p=0,01101, que l'on calcule avec le logarithme : ln(1−p)=10ln0,01≈−0,4605, donc 1−p≈0,631 et p≈0,369.
e)
Non : on aurait 1−p=E(X)V(X)=45>1, donc p<0, ce qui est impossible pour une probabilité. Pour une loi binomiale, la variance est TOUJOURS inférieure ou égale à l'espérance.
Les deux formules E(X)=np et V(X)=np(1−p) forment un système de deux équations à deux inconnues, que le quotient EV=1−p résout immédiatement. La question e) donne en prime un contrôle universel : si un calcul fournit une variance supérieure à l'espérance, il y a une erreur quelque part.
Exercice 13 : Seuils de décision sur une loi binomiale
Une machine produit des pièces dont 30% présentent un léger défaut d'aspect. On prélève 20 pièces, et l'on note X le nombre de pièces avec défaut ; on admet que X∼B(20;0,3).
La calculatrice donne les probabilités cumulées suivantes, arrondies au dix-millième : P(X≤2)≈0,0355 ; P(X≤3)≈0,1071 ; P(X≤8)≈0,8867 ; P(X≤9)≈0,9520 ; P(X≤10)≈0,9829.
a) Déterminez le plus petit entier b tel que P(X≤b)≥0,95.
b) Déterminez le plus grand entier a tel que P(X≤a)≤0,05.
c) Calculez P(a<X≤b) et interprétez.
d) Un contrôle trouve 11 pièces avec défaut. Que peut-on penser du réglage de la machine ?
e) Calculez P(X≥10).
Voir la correction
Réponses
a)b=9
b)a=2
c)≈0,9165
d)11>9 : déréglage soupçonné
e)≈0,0480
a)
On parcourt les cumuls croissants : P(X≤8)≈0,8867<0,95 et P(X≤9)≈0,9520≥0,95. Le plus petit entier convenant est b=9.
b)
P(X≤2)≈0,0355≤0,05 mais P(X≤3)≈0,1071>0,05. Le plus grand entier convenant est a=2.
c)
P(2<X≤9)=P(X≤9)−P(X≤2)≈0,9520−0,0355=0,9165. Dans environ 92% des prélèvements, le nombre de pièces avec défaut est compris entre 3 et 9. Attention à la borne gauche : a<X exclut a=2, donc on retranche P(X≤2).
d)
11>b=9 : sous le fonctionnement normal, obtenir 10 défauts ou plus n'arrive que dans P(X≥10)=1−P(X≤9)≈4,8% des cas. Une valeur aussi élevée est donc peu compatible avec un taux de 30% : on a de bonnes raisons de soupçonner un déréglage, sans en avoir la certitude. C'est le principe d'un test : une observation RARE sous l'hypothèse la met en doute, elle ne la réfute pas absolument.
e)
P(X≥10)=1−P(X≤9)≈1−0,9520=0,0480. Le contraire de X≥10 est X≤9, et non X≤10.
Les seuils de décision se lisent sur les probabilités CUMULÉES, jamais sur les probabilités ponctuelles. Le plus petit b avec P(X≤b)≥0,95 se trouve en montant dans le tableau jusqu'au premier cumul qui dépasse 0,95 ; le plus grand a avec P(X≤a)≤0,05, en s'arrêtant au dernier cumul qui reste sous 0,05.
Exercice 14 : La surréservation d'un vol
Une compagnie aérienne exploite un avion de 150 places. Elle sait qu'un passager ayant réservé se présente à l'embarquement avec la probabilité 0,95, indépendamment des autres. Elle vend 155 billets pour un vol. On note X le nombre de passagers qui se présentent.
Les probabilités sont arrondies au dix-millième.
a) Donnez la loi de X, son espérance et son écart-type au millième.
b) Quelle est la probabilité que les 155 passagers se présentent ?
c) On admet que P(X≤150)≈0,8913. Quelle est la probabilité que des passagers soient refusés à l'embarquement ?
d) La compagnie veut que ce risque reste inférieur à 5%. À la calculatrice, pour m billets vendus, on obtient P(Xm≥151)≈0,0161 pour m=153, 0,0478 pour m=154 et 0,1087 pour m=155. Combien de billets peut-elle vendre au maximum ?
e) Avec 154 billets vendus, combien de passagers se présentent en moyenne ?
Voir la correction
Réponses
a)B(155;0,95), E=147,25, σ≈2,713
b)≈0,0004
c)≈0,1087
d)154 billets
e)146,3 passagers
a)
Chaque passager est une épreuve à deux issues (se présente avec probabilité 0,95), identiques et indépendantes, répétées 155 fois : X∼B(155;0,95). E(X)=155×0,95=147,25 et σ(X)=155×0,95×0,05≈2,713.
b)
P(X=155)=0,95155≈0,0004. Même avec 95% de présence individuelle, la présence de TOUS est très improbable.
c)
Des passagers sont refusés si plus de 150 se présentent : P(X≥151)=1−P(X≤150)≈1−0,8913=0,1087. Plus d'un vol sur dix aurait des passagers refusés.
d)
Le risque passe sous 5% pour m=154 (0,0478) mais le dépasse pour m=155 (0,1087). La compagnie peut vendre au maximum 154 billets. On note l'effet d'un seul billet de plus : le risque fait plus que doubler, parce que la moyenne 0,95m se rapproche de la capacité.
e)
E(X154)=154×0,95=146,3 passagers en moyenne. L'avion reste en moyenne rempli à 97,5% contre 95% sans surréservation, pour un risque de refus inférieur à 5% : c'est le compromis économique que calcule la compagnie.
Le problème illustre la différence entre MOYENNE et RISQUE : avec 155 billets, on attend 147 passagers, bien moins que 150, et pourtant le risque de surréservation dépasse 10%. Il faut raisonner sur la queue de la loi, pas sur son espérance, et l'écart-type d'environ 2,7 passagers indique que 150 n'est qu'à un peu plus d'un écart-type de la moyenne.
Exercice 15 : Les tests groupés
Pour dépister une infection touchant 2% d'une population, on mélange les prélèvements de k personnes et l'on fait un seul test sur le mélange. S'il est négatif, les k personnes sont déclarées saines ; s'il est positif, on teste ensuite chacune des k personnes séparément. On suppose les personnes infectées indépendamment les unes des autres et le test fiable.
On note Tk le nombre de tests utilisés pour un groupe de k personnes.
a) Montrez que la probabilité qu'un groupe de k personnes soit positif vaut 1−0,98k. Calculez-la pour k=10 au dix-millième.
b) Tk ne prend que les valeurs 1 et k+1. Montrez que E(Tk)=1+k(1−0,98k) et calculez E(T10) au millième.
c) On dépiste 500 personnes en 50 groupes de 10. Combien de tests faut-il en moyenne ? Comparez avec le dépistage individuel.
d) Le nombre moyen de tests par personne vaut k1+1−0,98k. À la calculatrice, il vaut environ 0,2747 pour k=7, 0,2742 pour k=8 et 0,2774 pour k=9. Quelle taille de groupe choisir ?
e) Sur les 50 groupes de 10, on note Y le nombre de groupes positifs. Donnez la loi de Y et son espérance au centième.
Voir la correction
Réponses
a)1−0,9810≈0,1829
b)E(T10)≈2,829
c)Environ 141,5 tests contre 500
d)k=8
e)B(50;0,1829), E(Y)≈9,15
a)
Un groupe est négatif si ses k membres sont sains, chacun avec la probabilité 0,98, indépendamment : probabilité 0,98k. Le groupe est positif dans le cas contraire, avec la probabilité 1−0,98k. Pour k=10 : 1−0,9810≈1−0,8171=0,1829.
b)
P(Tk=1)=0,98k et P(Tk=k+1)=1−0,98k. Donc E(Tk)=1×0,98k+(k+1)(1−0,98k)=0,98k+(1−0,98k)+k(1−0,98k)=1+k(1−0,98k). Pour k=10 : E(T10)≈1+10×0,1829=2,829 tests.
c)
Par linéarité de l'espérance, 50 groupes demandent en moyenne 50×2,829≈141,5 tests, contre 500 en dépistage individuel. On économise environ 72% des tests.
d)
Le coût moyen par personne est minimal pour k=8, avec environ 0,2742 test par personne, soit une économie d'environ 73%. Les groupes plus petits multiplient les tests de mélange, les plus grands sont trop souvent positifs.
e)
Les 50 groupes sont indépendants et chacun est positif avec la probabilité q=1−0,9810≈0,1829 : Y∼B(50;q), et E(Y)=50q≈9,15 groupes positifs en moyenne, donc environ 91 personnes à retester individuellement.
Cette méthode, due à Robert Dorfman pendant la Seconde Guerre mondiale, a été massivement utilisée lors des épidémies récentes. Elle n'est rentable que si la maladie est RARE : avec une prévalence de 30%, presque tous les groupes seraient positifs et l'on ferait plus de tests qu'en individuel. Le calcul d'espérance de b) est ce qui permet de trancher, pour chaque prévalence, entre les deux stratégies.
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