Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : les variables aléatoires (Première spécialité)

Une variable aléatoire n'est pas un nombre : c'est une FONCTION qui attribue un nombre à chaque issue d'une expérience. Tout le chapitre consiste à résumer cette fonction par deux indicateurs, un centre et une dispersion, et l'essentiel des points se perd sur la nature exacte de ces deux nombres.

Cette fiche ne redit pas les formules du polycopié. Elle montre les huit endroits où les copies se trompent, la phrase exacte à recopier pour chacun, l'arbre qui dit quelle formule employer selon la question posée, et un problème de prime d'assurance décortiqué étape par étape.

Le fil du chapitre

L'espérance est une moyenne sur un très grand nombre de répétitions, pas une valeur que XX prend, et encore moins la plus probable. Elle ne dit rien du risque : c'est la variance qui le mesure, et c'est pourquoi deux jeux de même espérance peuvent être opposés.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Première

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Probabilités et échantillonnageSeconde
  2. 2Probabilités conditionnelles
  3. 3Statistiques et probabilitésQuatrième
  4. 4Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième

L'essentiel

L'espérance est une moyenne, pas une valeur de XX

  • La loi de probabilité de XX donne toutes les valeurs prises par XX et leurs probabilités. La somme de ces probabilités vaut TOUJOURS 11, et c'est le premier contrôle à faire.
  • E(X)=xipiE(X)=\sum x_{i}\,p_{i} : chaque valeur est pondérée par sa probabilité. C'est la valeur moyenne obtenue sur un très grand nombre de répétitions.
  • E(X)E(X) n'est pas forcément une valeur que XX peut prendre : une famille peut avoir 2,12{,}1 enfants en moyenne.
  • E(X)E(X) n'est pas non plus la valeur la plus probable. La valeur la plus probable est celle de plus grande probabilité, et elle porte un autre nom.
12345670.10.20.30.40.50.60.7E(X) = 2,3
La variable prend les valeurs 11, 22 et 66 avec les probabilités 0,50{,}5, 0,30{,}3 et 0,20{,}2. L'espérance 2,32{,}3 tombe entre deux barres : ni une valeur prise, ni la plus probable, qui est 11.

Une espérance se commente toujours en français : « sur un grand nombre de parties, le joueur perd en moyenne 0,300{,}30 dollar par partie ». Cette phrase vaut un point et elle est absente d'une copie sur deux.

Variance et écart-type : la dispersion, pas le centre

  • V(X)=E(X2)(E(X))2V(X)=E\left(X^{2}\right)-\left(E(X)\right)^{2}, où E(X2)=xi2piE\left(X^{2}\right)=\sum x_{i}^{2}\,p_{i} : on élève les VALEURS au carré, jamais l'espérance déjà calculée.
  • V(X)0V(X)\ge 0 toujours. Une variance négative signale une erreur, en général l'inversion des deux termes de la formule.
  • σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)} : l'écart-type s'exprime dans la même unité que XX, contrairement à la variance.
  • Deux variables peuvent avoir la même espérance et des écarts-types très différents : l'espérance dit le centre, l'écart-type dit le risque.

Pour une variable à DEUX valeurs séparées d'une distance dd, avec probabilités pp et 1p1-p, la variance vaut p(1p)d2p(1-p)d^{2}. Ce raccourci évite le tableau des carrés et se vérifie en dix secondes.

Transformation affine : le coefficient au carré

  • E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=a\,E(X)+b : l'espérance suit la transformation exactement.
  • V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}\,V(X) : le coefficient est ÉLEVÉ AU CARRÉ, et la constante bb disparaît.
  • σ(aX+b)=aσ(X)\sigma(aX+b)=\left|a\right|\,\sigma(X) : la valeur absolue n'est pas décorative, un écart-type est toujours positif.
  • Ajouter une constante déplace le centre sans changer la dispersion : V(X+b)=V(X)V(X+b)=V(X), quel que soit bb.

Le sens physique : décaler tous les résultats de 1010 ne change rien à leur écartement; les doubler double l'écartement, donc quadruple la variance qui est un carré.

Gain algébrique et jeu équitable

  • Le gain ALGÉBRIQUE est ce que le joueur reçoit MOINS ce qu'il a misé. La mise se retranche sur toutes les issues, y compris celles où le joueur gagne.
  • Un jeu est équitable lorsque l'espérance du gain algébrique du joueur est NULLE.
  • Une espérance négative signifie que le joueur perd en moyenne, donc que l'organisateur gagne. C'est le cas de tous les jeux d'argent réels.
  • Une question du type « quelle mise rend le jeu équitable » se résout en posant la mise comme inconnue, en écrivant l'espérance en fonction d'elle, puis en résolvant une équation du premier degré.

Se demander qui parle : l'énoncé peut demander le gain du JOUEUR ou celui de l'ORGANISATEUR. Les deux sont opposés, et l'un des deux est demandé, pas l'autre.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Prendre l'espérance pour une valeur que XX atteint

le temps perdu à refaire un calcul juste, et souvent une réponse raturée puis fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« E(X)=2,3E(X)=2{,}3, or XX ne prend jamais la valeur 2,32{,}3, donc il y a une erreur dans mon calcul. »

Ce qu'il faut écrire

« E(X)=2,3E(X)=2{,}3 : sur un grand nombre de répétitions, la valeur moyenne obtenue est 2,32{,}3. Ce n'est pas une valeur prise par XX, et il n'y a aucune raison qu'elle le soit. »

Pourquoi : L'espérance est une moyenne pondérée : comme toute moyenne, elle tombe entre les valeurs extrêmes sans avoir à coïncider avec l'une d'elles. Le nombre moyen d'enfants par famille en est l'exemple courant.

2. Confondre l'espérance et la valeur la plus probable

toute la question, et l'écart peut être considérable

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La valeur la plus probable est 11 avec 0,50{,}5, donc E(X)=1E(X)=1. »

Ce qu'il faut écrire

« La valeur la plus probable est 11, mais l'espérance vaut 1×0,5+2×0,3+6×0,2=2,31\times 0{,}5+2\times 0{,}3+6\times 0{,}2=2{,}3 : TOUTES les valeurs comptent, chacune pondérée par sa probabilité. »

Pourquoi : Une valeur rare mais très grande tire fortement l'espérance vers le haut. Ici 66 n'a qu'une probabilité de 0,20{,}2 et fournit pourtant plus de la moitié de l'espérance.

3. Élever l'espérance au carré au lieu des valeurs

toute la question, et la variance trouvée vaut systématiquement zéro

Ce qu'il ne faut pas écrire

« V(X)=E(X2)(E(X))2V(X)=E\left(X^{2}\right)-\left(E(X)\right)^{2} avec E(X2)=(E(X))2=5,29E\left(X^{2}\right)=\left(E(X)\right)^{2}=5{,}29, donc V(X)=0V(X)=0. »

Ce qu'il faut écrire

« E(X2)=12×0,5+22×0,3+62×0,2=8,9E\left(X^{2}\right)=1^{2}\times 0{,}5+2^{2}\times 0{,}3+6^{2}\times 0{,}2=8{,}9, donc V(X)=8,95,29=3,61V(X)=8{,}9-5{,}29=3{,}61 et σ(X)=1,9\sigma(X)=1{,}9. »

Pourquoi : E(X2)E\left(X^{2}\right) est la moyenne des CARRÉS, (E(X))2\left(E(X)\right)^{2} est le carré de la moyenne : les deux ne coïncident que si XX est constante. Une variance nulle signifierait justement que XX ne varie pas.

4. Sortir le coefficient de la variance sans l'élever au carré

toute la question, et l'écart-type qui en découle est faux d'un facteur trois

Ce qu'il ne faut pas écrire

« V(3X+5)=3V(X)+5V(3X+5)=3V(X)+5. »

Ce qu'il faut écrire

« V(3X+5)=32V(X)=9V(X)V(3X+5)=3^{2}\,V(X)=9\,V(X) : le coefficient est élevé au carré et la constante disparaît. »

Pourquoi : La variance est une moyenne de CARRÉS d'écarts : multiplier les valeurs par 33 multiplie les écarts par 33, donc leurs carrés par 99. Et ajouter 55 déplace tout le monde de la même quantité, sans changer aucun écart.

5. Oublier la valeur absolue dans l'écart-type d'une transformation

1 point, et le résultat contredit la définition même de l'écart-type

Ce qu'il ne faut pas écrire

« σ(2X+7)=2σ(X)=3,8\sigma(-2X+7)=-2\,\sigma(X)=-3{,}8. »

Ce qu'il faut écrire

« σ(2X+7)=2σ(X)=2×1,9=3,8\sigma(-2X+7)=\left|-2\right|\,\sigma(X)=2\times 1{,}9=3{,}8. Un écart-type est une racine carrée, donc toujours positif. »

Pourquoi : L'écart-type mesure un écartement, qui n'a pas de signe. Le repère : V(2X+7)=4V(X)V(-2X+7)=4V(X), et la racine carrée de 4V(X)4V(X) vaut 2V(X)2\sqrt{V(X)}, jamais 2V(X)-2\sqrt{V(X)}.

6. Oublier la mise dans le gain algébrique

toute la question, et l'espérance trouvée est décalée de la valeur de la mise

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le joueur mise 22 dollars et remporte 1010 dollars s'il gagne, donc son gain vaut 1010. »

Ce qu'il faut écrire

« Le gain ALGÉBRIQUE vaut 102=810-2=8 dollars s'il gagne, et 02=20-2=-2 dollars s'il perd. La mise se retranche sur TOUTES les issues. »

Pourquoi : La mise est versée avant de connaître le résultat : elle est perdue dans tous les cas, y compris quand le joueur gagne. Le contrôle : l'issue la plus défavorable doit donner un gain NÉGATIF, égal à l'opposé de la mise.

7. Supposer l'équiprobabilité quand la loi ne l'est pas

toute la question, et la loi obtenue ne correspond à aucune expérience

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La somme de deux dés prend les valeurs de 22 à 1212, soit onze valeurs, donc chacune a la probabilité 111\frac{1}{11}. »

Ce qu'il faut écrire

« Il y a 3636 issues équiprobables pour le COUPLE de dés, mais elles ne se répartissent pas également sur les sommes : P(S=2)=136P(S=2)=\frac{1}{36} alors que P(S=7)=636P(S=7)=\frac{6}{36}. »

123456789101112131234567vraie loiloi uniforme
En hauteur, le nombre d'issues sur 3636 qui donnent chaque somme. La ligne en pointillés est ce que donnerait une loi uniforme sur onze valeurs : elle ne colle à aucune barre.

Pourquoi : L'équiprobabilité porte sur les ISSUES de l'expérience, pas sur les valeurs de la variable. Une même valeur peut être atteinte par plusieurs issues, et c'est le nombre d'issues qui donne la probabilité.

8. Croire qu'une même espérance signifie un même risque

toute la question de comparaison, qui est celle qui vaut le plus de points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les deux jeux ont pour espérance 22, donc ils sont équivalents pour le joueur. »

Ce qu'il faut écrire

« Les deux jeux ont la même espérance 22, mais des écarts-types de 0,820{,}82 et 1,631{,}63 : le second est deux fois plus dispersé, donc deux fois plus risqué. »

X : écart-type 0,82Y : écart-type 1,63
Les deux lois ont la même espérance 22, marquée par la verticale en pointillés. Celle du bas serre ses valeurs autour du centre, celle du haut les écarte deux fois plus : même centre, risque double.

Pourquoi : L'espérance est un centre, elle ne dit rien de l'écartement autour de ce centre. C'est exactement la raison d'être de la variance, et les sujets construisent presque toujours deux variables de même espérance pour l'évaluer.

9. Annoncer la variance là où l'énoncé demande l'écart-type

1 point, et le résultat est absurde au regard des sommes en jeu

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'écart-type du gain vaut 465600465\,600 dollars. »

Ce qu'il faut écrire

« La variance vaut 465600465\,600, donc l'écart-type vaut 465600682\sqrt{465\,600}\approx 682 dollars. C'est lui qui s'exprime en dollars, comme le gain. »

Pourquoi : La variance est en dollars CARRÉS, une unité sans signification concrète. L'écart-type ramène la dispersion à l'unité de la variable, et c'est pour cela que les énoncés le demandent presque toujours.

Quelle méthode choisir

Quelle formule selon la question posée

On regarde ce que la question demande, en un mot. Il n'y a que six formules dans tout le chapitre, et chacune répond à un mot précis.

  • Si « déterminer la loi de probabilité » tableau à deux lignes, valeurs puis probabilités, et somme des probabilités vérifiée à 11

  • Si « en moyenne », « espérance », « à long terme » E(X)=xipiE(X)=\sum x_{i}p_{i}, suivie d'une phrase d'interprétation

    Exemple : 1×0,5+2×0,3+6×0,2=2,31\times 0{,}5+2\times 0{,}3+6\times 0{,}2=2{,}3

  • Si « variance », « dispersion » V(X)=E(X2)(E(X))2V(X)=E\left(X^{2}\right)-\left(E(X)\right)^{2}, avec les valeurs élevées au carré dans la première somme

    Pour une variable à deux valeurs séparées de dd, le raccourci p(1p)d2p(1-p)d^{2} va cinq fois plus vite.

  • Si « écart-type », « risque », « régularité » σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}, à donner avec l'unité de XX

  • Si la question porte sur aX+baX+b et non sur XX E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b, V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X), σ(aX+b)=aσ(X)\sigma(aX+b)=\left|a\right|\sigma(X)

    Exemple : V(3X+5)=9V(X)V(3X+5)=9V(X), et non 3V(X)+53V(X)+5

  • Si « le jeu est-il équitable », « quelle mise rendrait le jeu équitable » poser le gain ALGÉBRIQUE, écrire son espérance, et résoudre E=0E=0

    Exemple : une prime pp avec E(G)=p120E(G)=p-120 donne p=120p=120 pour l'équité

Aucune branche ne s'applique ? La question porte probablement sur la loi elle-même, et il faut alors revenir au dénombrement des issues, jamais au comptage des valeurs.

Comment établir la loi selon la forme de l'énoncé

On repère comment l'expérience est décrite, car c'est cela qui dit où chercher les probabilités.

  • Si un tirage dans une urne, un jet de dé, un tirage de carte dénombrer les ISSUES favorables à chaque valeur, et diviser par le nombre total d'issues

    Exemple : somme de deux dés : 3636 issues, dont 66 donnent la somme 77

  • Si un arbre pondéré, ou une succession d'épreuves multiplier le long de chaque chemin, puis additionner les chemins qui donnent la même valeur

  • Si un tableau d'effectifs diviser chaque effectif par l'effectif total, et vérifier que la somme fait 11

  • Si un jeu avec une mise établir d'abord la loi du gain BRUT, puis retrancher la mise à toutes les valeurs pour obtenir le gain algébrique

    Retrancher la mise ne change pas les probabilités : c'est une transformation affine avec a=1a=1, donc la variance est inchangée.

  • Si une situation d'assurance, de garantie, de contrat deux issues seulement en général, sinistre ou pas, et la loi tient en deux colonnes

    Exemple : G=pG=p avec la probabilité 0,970{,}97, et G=p4000G=p-4000 avec la probabilité 0,030{,}03

Le tableau de loi se présente toujours en deux lignes, valeurs en haut et probabilités en bas, avec les valeurs rangées dans l'ordre croissant. Cette présentation vaut un demi-point de forme.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Établir et présenter une loi de probabilité

Quand l'utiliser : La première question de presque tous les exercices du chapitre, et celle dont dépendent toutes les autres.

  1. 1 Dire ce que XX représente, en une phrase, même si l'énoncé l'a déjà dit. « XX désigne le gain algébrique du joueur, en dollars. »
  2. 2 Donner l'ensemble des valeurs prises par XX, rangées dans l'ordre croissant.
  3. 3 Calculer chaque probabilité séparément, en justifiant le dénombrement ou le chemin de l'arbre.
  4. 4 Présenter le résultat dans un tableau à deux lignes.
  5. 5 VÉRIFIER que la somme des probabilités vaut exactement 11, et l'écrire.

Phrase de conclusion

La variable aléatoire XX prend les valeurs 2-2, 33 et 88, avec les probabilités respectives 12\frac{1}{2}, 13\frac{1}{3} et 16\frac{1}{6}, dont la somme vaut bien 11.

Le piège : Oublier une valeur possible, en particulier celle qui correspond à « ne rien gagner ». Le contrôle de la somme à 11 la fait apparaître immédiatement.

Barème : 0,5 point pour les valeurs, 1,5 point pour les probabilités, 0,5 point pour la présentation en tableau et la vérification de la somme.

Répondre à une question de jeu équitable

Quand l'utiliser : L'énoncé demande si le jeu est équitable, ou quelle mise le rendrait équitable, ou quelle prime assure un bénéfice donné.

  1. 1 Poser l'inconnue explicitement. « Soit pp la prime annuelle, en dollars. »
  2. 2 Établir la loi du gain algébrique EN FONCTION de cette inconnue, en retranchant la mise sur toutes les issues.
  3. 3 Calculer l'espérance et la simplifier jusqu'à une expression du premier degré en pp.
  4. 4 Écrire l'équation demandée : E=0E=0 pour l'équité, E=kE=k pour un bénéfice moyen de kk.
  5. 5 Résoudre, puis conclure par une phrase en français avec l'unité et le sens du résultat.

Phrase de conclusion

L'espérance du gain de la compagnie vaut E(G)=p120E(G)=p-120; le contrat est équitable lorsque E(G)=0E(G)=0, c'est-à-dire pour une prime de 120120 dollars, et tout ce qui est facturé au-delà constitue le bénéfice moyen par contrat.

Le piège : Calculer l'espérance du gain du JOUEUR quand l'énoncé demande celui de l'organisateur, ou l'inverse. Les deux sont opposés, et une seule des deux réponses est acceptée.

Barème : 0,5 point pour l'inconnue posée, 1 point pour la loi en fonction de pp, 1 point pour l'espérance, 0,5 point pour l'équation résolue et la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

La prime d'assurance, comme au contrôle

Une compagnie assure des clients contre un sinistre dont la probabilité annuelle est de 0,030{,}03. En cas de sinistre, elle rembourse 40004\,000 dollars. Chaque client verse une prime annuelle de pp dollars. On note GG le gain algébrique de la compagnie sur un contrat, en dollars.

1. Donner la loi de GG en fonction de pp. 2. Exprimer E(G)E(G) en fonction de pp. 3. Déterminer la prime qui rend le contrat équitable. 4. Déterminer la prime qui assure un bénéfice moyen de 3030 dollars par contrat, puis calculer l'écart-type du gain pour cette prime.

Étape 1

S'il n'y a pas de sinistre, la compagnie encaisse la prime : G=pG=p, avec la probabilité 0,970{,}97. S'il y a sinistre, elle encaisse la prime et verse 40004\,000 : G=p4000G=p-4\,000, avec la probabilité 0,030{,}03.

Pourquoi

La prime est encaissée dans les DEUX cas, y compris celui du sinistre : c'est exactement le piège du gain algébrique, mise comprise. La somme des deux probabilités vaut 11, le tableau est complet.

Étape 2

E(G)=0,97p+0,03(p4000)=0,97p+0,03p120=p120E(G)=0{,}97\,p+0{,}03\left(p-4\,000\right)=0{,}97p+0{,}03p-120=p-120.

Pourquoi

Les deux termes en pp se regroupent parce que leurs coefficients totalisent 11 : c'est vrai chaque fois que la mise est encaissée sur toutes les issues, et cela simplifie tout le reste de l'exercice.

Étape 3

Le contrat est équitable lorsque E(G)=0E(G)=0, soit p120=0p-120=0, donc p=120p=120 dollars.

Pourquoi

L'équité se définit sur l'espérance du gain ALGÉBRIQUE, pas sur l'égalité des probabilités. Ici 120120 dollars est exactement le coût moyen d'un sinistre, 0,03×40000{,}03\times 4\,000.

Étape 4

Pour un bénéfice moyen de 3030 dollars : p120=30p-120=30, donc p=150p=150 dollars.

Pourquoi

L'équation est du premier degré, et sa forme vient entièrement de la question 2. On ne recalcule pas l'espérance, on réutilise l'expression déjà obtenue.

Étape 5

Pour p=150p=150, GG vaut 150150 avec la probabilité 0,970{,}97 et 3850-3\,850 avec la probabilité 0,030{,}03. Les deux valeurs sont séparées de 40004\,000, donc V(G)=0,03×0,97×40002=465600V(G)=0{,}03\times 0{,}97\times 4\,000^{2}=465\,600, et σ(G)=465600682\sigma(G)=\sqrt{465\,600}\approx 682 dollars.

Pourquoi

Le raccourci p(1p)d2p(1-p)d^{2} évite le tableau des carrés, où 385023\,850^{2} est une source d'erreur de saisie. L'écart-type se donne en dollars, la variance non.

Étape 6

Vérification par la formule générale : E(G2)=0,97×1502+0,03×38502=21825+444675=466500E\left(G^{2}\right)=0{,}97\times 150^{2}+0{,}03\times 3\,850^{2}=21\,825+444\,675=466\,500, et 466500302=465600466\,500-30^{2}=465\,600. Interprétation : la compagnie gagne en moyenne 3030 dollars par contrat, mais avec un écart-type de 682682 dollars, donc l'équilibre ne tient que sur un très grand nombre de contrats.

Pourquoi

Les deux méthodes donnent le même nombre, ce qui valide le raccourci. Et l'interprétation est la réponse réelle de l'exercice : une espérance de 3030 dollars adossée à un écart-type vingt fois plus grand ne signifie rien sur un contrat isolé.

Conclusion rédigée

Le gain de la compagnie a pour espérance p120p-120; le contrat est équitable pour une prime de 120120 dollars, il rapporte 3030 dollars en moyenne pour une prime de 150150 dollars, et l'écart-type du gain vaut alors environ 682682 dollars.

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire G=4000G=-4\,000 en cas de sinistre, en oubliant que la prime est encaissée quand même. L'espérance devient 0,97p1200{,}97p-120, l'équation d'équité donne 123,7123{,}7 au lieu de 120120, et toutes les questions suivantes suivent l'erreur.

À savoir par cœur

  • La somme des probabilités d'une loi vaut TOUJOURS 11. C'est le premier contrôle, et il attrape la valeur oubliée.
  • E(X)=xipiE(X)=\sum x_{i}p_{i} : une moyenne pondérée, qui n'est ni une valeur prise par XX, ni la plus probable.
  • V(X)=E(X2)(E(X))2V(X)=E\left(X^{2}\right)-\left(E(X)\right)^{2} : on élève les VALEURS au carré, pas l'espérance déjà calculée.
  • σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}, dans la même unité que XX. La variance, elle, est dans l'unité au carré.
  • E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b, mais V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X) et σ(aX+b)=aσ(X)\sigma(aX+b)=\left|a\right|\sigma(X).
  • Ajouter une constante ne change pas la dispersion : V(X+b)=V(X)V(X+b)=V(X).
  • Gain algébrique : la mise se retranche sur TOUTES les issues. Jeu équitable : espérance du gain nulle.
  • Variable à deux valeurs séparées de dd, de probabilités pp et 1p1-p : V=p(1p)d2V=p(1-p)d^{2}.

Questions fréquentes

L'espérance est-elle une valeur que la variable peut prendre ?

Non, pas nécessairement. C'est une moyenne pondérée, donc elle tombe entre la plus petite et la plus grande valeur, sans avoir à coïncider avec l'une d'elles. Une famille peut compter deux virgule un enfants en moyenne. L'espérance n'est pas non plus la valeur la plus probable, qui est simplement celle de plus grande probabilité.

Comment calculer la variance sans se tromper ?

On calcule d'abord la moyenne des carrés des valeurs, c'est-à-dire la somme de chaque valeur élevée au carré et multipliée par sa probabilité. On en retranche ensuite le carré de l'espérance. L'erreur classique consiste à élever au carré l'espérance déjà calculée dans les deux termes, ce qui donne toujours zéro.

Pourquoi le coefficient est-il au carré dans la variance ?

Parce que la variance est une moyenne de carrés d'écarts. Multiplier toutes les valeurs par trois multiplie les écarts par trois, donc leurs carrés par neuf. Ajouter une constante déplace toutes les valeurs de la même quantité et ne change donc aucun écart : la constante disparaît de la variance.

Qu'est-ce qu'un gain algébrique dans un jeu ?

C'est ce que le joueur reçoit moins ce qu'il a misé. La mise étant versée avant de connaître le résultat, elle se retranche sur toutes les issues, y compris celles où le joueur gagne. Le contrôle immédiat : l'issue la plus défavorable doit donner un gain négatif, égal à l'opposé de la mise.

Quand un jeu est-il équitable ?

Quand l'espérance du gain algébrique du joueur est nulle. Si elle est négative, le joueur perd en moyenne et l'organisateur gagne. Pour trouver la mise qui rend un jeu équitable, on pose cette mise comme inconnue, on écrit l'espérance en fonction d'elle, et on résout une équation du premier degré.

Deux jeux de même espérance sont-ils équivalents ?

Non. L'espérance donne le centre, elle ne dit rien de l'écartement autour de ce centre. Deux jeux peuvent avoir la même espérance et des écarts-types très différents : le plus dispersé est le plus risqué. C'est exactement la raison d'être de la variance, et les sujets construisent souvent ce cas de figure.

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Exercices corrigés : Les variables aléatoires

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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