Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : probabilités et statistiques (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur les probabilités et la statistique, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Les thèmes suivis sont ceux du programme : inférence bayésienne, temps d'attente, corrélation et causalité, répartition des richesses. L'accent est mis sur l'interprétation, car c'est ce que l'épreuve évalue au moins autant que le calcul.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Maths complémentaires en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Probabilités et échantillonnageSeconde, Mathématiques
  2. 2Probabilités conditionnellesPremière, Mathématiques
  3. 3Les variables aléatoiresPremière, Mathématiques
  4. 4Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième, Mathématiques

Rappel de cours

  • Probabilité conditionnelle : PA(B)=P(AB)P(A)P_{A}(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}, et donc P(AB)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B).
  • Formule des probabilités totales : si A1, , AnA_{1},\ \ldots,\ A_{n} partitionnent l'univers, alors P(B)=P(Ai)×PAi(B)P(B)=\sum P(A_{i})\times P_{A_{i}}(B).
  • Inférence bayésienne : une probabilité a priori est mise à jour en probabilité a posteriori par PB(A)=P(A)×PA(B)P(B)P_{B}(A)=\frac{P(A)\times P_{A}(B)}{P(B)}.
  • Loi binomiale B(n, p)\mathcal{B}(n,\ p) : P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}, avec E(X)=npE(X)=np.
  • Temps d'attente, loi géométrique : si chaque essai réussit avec la probabilité pp, alors P(X=k)=(1p)k1pP(X=k)=(1-p)^{k-1}p et E(X)=1pE(X)=\frac{1}{p}.
  • Ajustement affine par moindres carrés : la droite passe toujours par le point moyen (x, y)(\overline{x},\ \overline{y}).
  • Une corrélation forte n'établit jamais une causalité : il peut exister une cause commune, ou le lien peut être fortuit.
  • Indice de Gini : G=12AG=1-2\mathcal{A}, où A\mathcal{A} est l'aire sous la courbe de Lorenz. G=0G=0 correspond à l'égalité parfaite, G=1G=1 à l'inégalité maximale.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Arbre pondéré

Dans une clientèle, 40 % des personnes sont abonnées. Parmi les abonnés, 70 % achètent en ligne ; parmi les non-abonnés, 25 % seulement.

On choisit un client au hasard. On note AA l'événement « le client est abonné » et LL l'événement « le client achète en ligne ».

  • a) Traduisez les données et construisez l'arbre pondéré.
  • b) Calculez P(AL)P(A\cap L) et P(AL)P(\overline{A}\cap L).
  • c) Calculez P(L)P(L).
  • d) Le client choisi achète en ligne. Quelle est la probabilité qu'il soit abonné ? Arrondissez au millième.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(A)=0,4P(A)=0{,}4, PA(L)=0,7P_{A}(L)=0{,}7, PA(L)=0,25P_{\overline{A}}(L)=0{,}25
  • b) 0,280{,}28 et 0,150{,}15
  • c) P(L)=0,43P(L)=0{,}43
  • d) PL(A)0,651P_{L}(A)\approx 0{,}651

a) On traduit chaque pourcentage en distinguant les probabilités SIMPLES des probabilités CONDITIONNELLES, ce qui est l'étape décisive. Le 40 %40\ \% porte sur toute la clientèle, donc P(A)=0,4P(A)=0{,}4 et P(A)=0,6P(\overline{A})=0{,}6. Les deux autres taux portent sur une sous-population, ce sont donc des conditionnelles : PA(L)=0,7P_{A}(L)=0{,}7 et PA(L)=0,25P_{\overline{A}}(L)=0{,}25. L'arbre a deux niveaux et quatre chemins, avec les probabilités simples sur les premières branches et les conditionnelles sur les secondes.

b) On MULTIPLIE le long d'un chemin : P(AL)=P(A)×PA(L)=0,4×0,7=0,28P(A\cap L)=P(A)\times P_{A}(L)=0{,}4\times 0{,}7=0{,}28 et P(AL)=0,6×0,25=0,15P(\overline{A}\cap L)=0{,}6\times 0{,}25=0{,}15. Ces deux nombres se lisent respectivement comme les 28 %28\ \% de clients qui sont abonnés ET achètent en ligne, et les 15 %15\ \% qui achètent en ligne sans être abonnés.

c) On ADDITIONNE les chemins qui mènent au même événement, ce qui est la formule des probabilités totales : P(L)=P(AL)+P(AL)=0,28+0,15=0,43P(L)=P(A\cap L)+P(\overline{A}\cap L)=0{,}28+0{,}15=0{,}43. Quarante-trois clients sur cent achètent donc en ligne, tous profils confondus.

d) La question RETOURNE le conditionnement : on connaissait PA(L)P_{A}(L) et l'on cherche PL(A)P_{L}(A). Par définition, PL(A)=P(AL)P(L)=0,280,430,651P_{L}(A)=\frac{P(A\cap L)}{P(L)}=\frac{0{,}28}{0{,}43}\approx 0{,}651. Sachant que le client achète en ligne, la probabilité qu'il soit abonné passe donc de 0,40{,}4 à environ 0,6510{,}651.

Le mécanisme mérite d'être formulé, car il gouverne tout le chapitre et sera repris à l'exercice 6. Observer un comportement plus fréquent chez les abonnés REND plus probable le fait d'être abonné : l'information reçue met à jour la probabilité de départ. Il faut surtout retenir que PA(L)P_{A}(L) et PL(A)P_{L}(A) sont deux nombres DIFFÉRENTS, ici 0,70{,}7 et 0,6510{,}651, et les confondre est l'erreur qui traverse toute l'inférence bayésienne. On les distingue en se demandant chaque fois quelle population sert de référence, l'ensemble des abonnés dans un cas, l'ensemble des acheteurs en ligne dans l'autre.

Exercice 2 : Formule des probabilités totales

Une entreprise a trois régions de vente. Le Nord représente 45 % du chiffre d'affaires, le Centre 35 % et le Sud 20 %.

Le taux de clients satisfaits est de 80 % au Nord, 90 % au Centre et 70 % au Sud.

  • a) Calculez la probabilité qu'un client pris au hasard soit satisfait.
  • b) Un client est satisfait. Quelle est la probabilité qu'il vienne du Nord ? Arrondissez au millième.
  • c) Même question pour le Centre et pour le Sud.
  • d) Vérifiez que la somme des trois probabilités précédentes vaut 1.
  • e) Quelle région contribue le plus au nombre total de clients satisfaits ? Est-ce celle qui a le meilleur taux ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(S)=0,815P(S)=0{,}815
  • b) 0,442\approx 0{,}442
  • c) 0,387\approx 0{,}387 et 0,172\approx 0{,}172
  • d) Somme exacte 11
  • e) Le Nord, par son volume

a) Les trois régions forment une PARTITION du chiffre d'affaires, ce qu'on vérifie d'abord : 0,45+0,35+0,20=10{,}45+0{,}35+0{,}20=1 ✓. La formule des probabilités totales s'applique donc, avec trois branches au lieu de deux : P(S)=0,45×0,80+0,35×0,90+0,20×0,70=0,36+0,315+0,14=0,815P(S)=0{,}45\times 0{,}80+0{,}35\times 0{,}90+0{,}20\times 0{,}70=0{,}36+0{,}315+0{,}14=0{,}815. Environ 81,5 %81{,}5\ \% des clients sont satisfaits.

b) On retourne le conditionnement comme à l'exercice 1 : PS(Nord)=0,360,8150,442P_{S}(\text{Nord})=\frac{0{,}36}{0{,}815}\approx 0{,}442. Parmi les clients satisfaits, un peu plus de quatre sur dix viennent du Nord.

c) De même PS(Centre)=0,3150,8150,387P_{S}(\text{Centre})=\frac{0{,}315}{0{,}815}\approx 0{,}387 et PS(Sud)=0,140,8150,172P_{S}(\text{Sud})=\frac{0{,}14}{0{,}815}\approx 0{,}172. Le dénominateur est le même pour les trois, seul le numérateur change : c'est la contribution de chaque région au total des satisfaits.

d) 0,442+0,387+0,1721,0010{,}442+0{,}387+0{,}172\approx 1{,}001, l'écart de un millième venant UNIQUEMENT des arrondis. Le calcul exact donne bien une somme égale à 11, puisque 0,36+0,315+0,140,815=0,8150,815=1\frac{0{,}36+0{,}315+0{,}14}{0{,}815}=\frac{0{,}815}{0{,}815}=1 : un client satisfait vient nécessairement de l'une des trois régions, et il n'y a pas d'autre possibilité.

e) C'est le NORD, avec environ 44 %44\ \% des clients satisfaits, alors que son taux de satisfaction n'est que de 80 %80\ \% contre 90 %90\ \% au Centre. Le Nord l'emporte par son VOLUME : ce qui compte est le produit de la part de marché par le taux, soit 0,45×0,80=0,360{,}45\times 0{,}80=0{,}36 contre 0,35×0,90=0,3150{,}35\times 0{,}90=0{,}315, et non le taux seul.

La question e) illustre une distinction qui revient constamment en statistique appliquée, celle entre un TAUX et une CONTRIBUTION. Le Centre est meilleur en qualité, le Nord est plus gros, et le produit des deux décide. Cette lecture a des conséquences pratiques opposées : pour améliorer la satisfaction moyenne de l'entreprise, il vaut mieux agir sur le Nord, dont chaque point gagné vaut 0,450{,}45 point global, que sur le Sud, dont chaque point ne vaut que 0,200{,}20. On retrouvera ce raisonnement de pondération à l'exercice 5 avec la moyenne, et à l'exercice 10 avec l'échantillonnage.

Exercice 3 : Loi binomiale

Un site constate que 25 % des visiteurs créent un compte. On observe 8 visiteurs, considérés comme indépendants.

On note XX le nombre de comptes créés. Les résultats seront arrondis au dix-millième.

  • a) Justifiez que XX suit une loi binomiale et donnez ses paramètres.
  • b) Calculez P(X=2)P(X=2).
  • c) Calculez P(X=0)P(X=0), puis P(X1)P(X\geq 1).
  • d) Calculez E(X)E(X) et interprétez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) B(8;0,25)\mathcal{B}(8\,;0{,}25)
  • b) 0,3115\approx 0{,}3115
  • c) 0,1001\approx 0{,}1001 ; 0,8999\approx 0{,}8999
  • d) E(X)=2E(X)=2

a) Trois conditions doivent être réunies et il faut les énoncer toutes : l'épreuve se RÉPÈTE un nombre fixé de fois, ici 88 ; chaque répétition n'a que deux issues, créer un compte ou non ; les répétitions sont INDÉPENDANTES et la probabilité de succès reste constante à 0,250{,}25. Donc XX suit la loi binomiale B(8;0,25)\mathcal{B}(8\,;\,0{,}25).

b) P(X=2)=(82)×0,252×0,756P(X=2)=\binom{8}{2}\times 0{,}25^{2}\times 0{,}75^{6}. Le coefficient vaut (82)=8×72=28\binom{8}{2}=\frac{8\times 7}{2}=28, et il compte le nombre de FAÇONS de placer les deux succès parmi les huit visiteurs. Ensuite 0,252=0,06250{,}25^{2}=0{,}0625 et 0,7560,1779790{,}75^{6}\approx 0{,}177979, donc P(X=2)28×0,0625×0,1779790,3115P(X=2)\approx 28\times 0{,}0625\times 0{,}177979\approx 0{,}3115.

c) P(X=0)=(80)×0,250×0,758=0,7580,1001P(X=0)=\binom{8}{0}\times 0{,}25^{0}\times 0{,}75^{8}=0{,}75^{8}\approx 0{,}1001, c'est-à-dire aucun succès sur huit tentatives. On passe alors par l'événement CONTRAIRE, réflexe systématique devant un au moins : P(X1)=1P(X=0)10,1001=0,8999P(X\geq 1)=1-P(X=0)\approx 1-0{,}1001=0{,}8999. Calculer directement aurait demandé de sommer huit termes.

d) E(X)=np=8×0,25=2E(X)=np=8\times 0{,}25=2 : sur huit visiteurs, on attend en moyenne deux créations de compte. Cette formule est cohérente avec l'intuition, un quart de huit valant deux, ce qui en fait la plus facile à retenir de tout le chapitre.

Trois remarques utiles. D'abord un contrôle gratuit : la somme de toutes les probabilités P(X=k)P(X=k) pour kk allant de 00 à 88 doit valoir exactement 11 ✓, ce qui permet de vérifier un tableau complet. Ensuite, l'espérance n'est pas en général la valeur la plus PROBABLE : elle l'est ici, P(X=2)0,3115P(X=2)\approx 0{,}3115 dépassant P(X=1)0,2670P(X=1)\approx 0{,}2670 et P(X=3)0,2076P(X=3)\approx 0{,}2076, mais c'est une coïncidence, et espérance et mode restent deux notions distinctes. Enfin, l'hypothèse d'INDÉPENDANCE est celle qui pourrait le plus facilement être fausse en pratique : si les huit visiteurs venaient tous du même lien partagé sur un réseau, leurs comportements seraient corrélés et la loi binomiale ne s'appliquerait plus.

Exercice 4 : Espérance et contrat

Un assureur propose un contrat à 250 dollars par an. La probabilité qu'un assuré déclare un sinistre dans l'année est de 0,050{,}05, et un sinistre coûte 3000 dollars à l'assureur.

On note XX le gain algébrique annuel de l'assureur pour un contrat.

  • a) Établissez la loi de probabilité de XX.
  • b) Calculez E(X)E(X) et interprétez.
  • c) Calculez la prime pure, c'est-à-dire le tarif rendant le contrat équitable.
  • d) Sur 20 000 contrats, quel bénéfice moyen l'assureur peut-il espérer ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) +250+250 avec 0,950{,}95 ; 2750-2\,750 avec 0,050{,}05
  • b) E(X)=100E(X)=100 dollars
  • c) Prime pure 150150 dollars
  • d) 20000002\,000\,000 dollars

a) On raisonne du point de vue de l'ASSUREUR, ce que l'énoncé précise et qui change tous les signes. Sans sinistre, il encaisse la prime et ne verse rien : il gagne 250250 dollars, avec la probabilité 10,05=0,951-0{,}05=0{,}95. Avec sinistre, il encaisse la prime mais verse 30003\,000 dollars : il gagne 2503000=2750250-3\,000=-2\,750 dollars, avec la probabilité 0,050{,}05. Contrôle : 0,95+0,05=10{,}95+0{,}05=1 ✓.

b) E(X)=0,95×250+0,05×(2750)=237,5137,5=100E(X)=0{,}95\times 250+0{,}05\times(-2\,750)=237{,}5-137{,}5=100 dollars. Chaque contrat rapporte donc en moyenne 100100 dollars par an à l'assureur. L'espérance décrit un comportement à LONG TERME et sur un grand nombre de contrats, pas le résultat d'un contrat isolé, qui vaut soit +250+250 soit 2750-2\,750 et jamais 100100.

c) La prime PURE est celle qui rend l'espérance nulle, c'est-à-dire qui couvre exactement le coût moyen du risque : 0,05×3000=1500{,}05\times 3\,000=150 dollars. On le vérifie : avec une prime de 150150, l'espérance vaut 0,95×150+0,05×(2850)=142,5142,5=00{,}95\times 150+0{,}05\times(-2\,850)=142{,}5-142{,}5=0 ✓. Au-delà de ce montant, la différence constitue le CHARGEMENT de l'assureur, ici 250150=100250-150=100 dollars, qui couvre ses frais et sa marge.

d) Sur 2000020\,000 contrats indépendants, le bénéfice moyen espéré vaut 20000×100=200000020\,000\times 100=2\,000\,000 dollars par an. La linéarité de l'espérance permet cette multiplication directe, sans aucune hypothèse supplémentaire.

Le modèle éclaire le métier de l'assurance mieux qu'un long discours. L'assureur ne parie pas, il exploite la LOI DES GRANDS NOMBRES : sur un contrat isolé le résultat est très incertain, mais sur vingt mille contrats la moyenne se rapproche fortement de l'espérance et le bénéfice devient prévisible. C'est aussi pourquoi la mutualisation exige un grand nombre d'assurés et des risques INDÉPENDANTS : une catastrophe naturelle frappant simultanément tous les contrats d'une même région détruirait l'indépendance et donc la prévisibilité, et c'est précisément ce que les réassureurs prennent en charge. Notons enfin que le rapport entre prime commerciale et prime pure, ici 2501501,67\frac{250}{150}\approx 1{,}67, mesure directement le coût de ce service pour l'assuré.

Exercice 5 : Indicateurs d'une série statistique

On relève les durées, en minutes, de dix trajets : 12, 15, 15, 18, 20, 22, 25, 28, 30, 35.

  • a) Calculez la moyenne de cette série.
  • b) Déterminez la médiane.
  • c) Calculez la variance puis l'écart-type, arrondi au millième.
  • d) Déterminez les quartiles Q1Q_{1} et Q3Q_{3}, puis l'écart interquartile.
  • e) Comparez moyenne et médiane. Que cela suggère-t-il sur la forme de la distribution ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 2222 min
  • b) 2121 min
  • c) V=49,6V=49{,}6, σ7,043\sigma\approx 7{,}043 min
  • d) Q1=15Q_{1}=15, Q3=28Q_{3}=28, écart 1313
  • e) Moyenne >> médiane : étirée à droite

a) La somme des dix durées vaut 12+15+15+18+20+22+25+28+30+35=22012+15+15+18+20+22+25+28+30+35=220, donc la moyenne est 22010=22\frac{220}{10}=22 minutes.

b) La série est déjà ordonnée et contient 1010 valeurs, un nombre PAIR : la médiane est la moyenne des cinquième et sixième valeurs, soit 20+222=21\frac{20+22}{2}=21 minutes. Avec un effectif impair, on aurait pris la valeur du milieu directement.

c) On calcule les écarts à la moyenne, on les élève au carré, on somme : (10)2+(7)2+(7)2+(4)2+(2)2+02+32+62+82+132=100+49+49+16+4+0+9+36+64+169=496(-10)^{2}+(-7)^{2}+(-7)^{2}+(-4)^{2}+(-2)^{2}+0^{2}+3^{2}+6^{2}+8^{2}+13^{2}=100+49+49+16+4+0+9+36+64+169=496. La variance vaut 49610=49,6\frac{496}{10}=49{,}6 et l'écart type 49,67,043\sqrt{49{,}6}\approx 7{,}043 minutes. On notera que la variance s'exprime en minutes CARRÉES, ce qui n'a aucun sens concret, et que c'est justement pourquoi on lui préfère l'écart type.

d) Pour Q1Q_{1}, le quart de 1010 vaut 2,52{,}5 : on arrondit à l'entier SUPÉRIEUR et l'on prend la troisième valeur, soit Q1=15Q_{1}=15. Pour Q3Q_{3}, les trois quarts de 1010 valent 7,57{,}5 : on prend la huitième valeur, soit Q3=28Q_{3}=28. L'écart interquartile vaut 2815=1328-15=13 minutes, et il contient par construction la moitié centrale des observations.

e) La moyenne, 2222, dépasse légèrement la médiane, 2121. Cela indique une distribution ÉTIRÉE VERS LA DROITE : quelques trajets longs, comme celui de 3535 minutes, tirent la moyenne vers le haut sans déplacer la médiane, qui est insensible aux valeurs extrêmes.

Le choix entre les deux couples d'indicateurs n'est pas une question de goût, et il faut savoir le justifier. Le couple moyenne et écart type utilise TOUTES les valeurs et se prête au calcul, mais il est sensible aux valeurs aberrantes : remplacer le trajet de 3535 minutes par un de 200200 minutes ferait passer la moyenne de 2222 à 38,538{,}5 alors que la médiane resterait à 2121. Le couple médiane et écart interquartile est ROBUSTE, il résiste aux extrêmes, mais il ignore une partie de l'information. La règle pratique est d'utiliser la moyenne quand la distribution est à peu près symétrique, et la médiane dès qu'elle est étirée d'un côté, ce qui est le cas de presque toutes les données de salaires, de durées ou de revenus, comme le rappellera l'exercice 10.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Inférence bayésienne : filtre anti-spam

Dans une messagerie, 20 % des courriels reçus sont des spams. Le mot « gratuit » apparaît dans 60 % des spams, mais seulement dans 2 % des courriels légitimes.

Un courriel contenant le mot « gratuit » vient d'arriver. On note SS l'événement « le courriel est un spam » et GG l'événement « le courriel contient le mot gratuit ».

  • a) Traduisez les données de l'énoncé.
  • b) Calculez P(G)P(G).
  • c) Calculez PG(S)P_{G}(S), arrondie au millième.
  • d) Comparez la probabilité a priori et la probabilité a posteriori. Commentez la mise à jour.
  • e) Le filtre classe en spam dès que la probabilité a posteriori dépasse 0,90{,}9. Ce courriel est-il classé en spam ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(S)=0,2P(S)=0{,}2, PS(G)=0,6P_{S}(G)=0{,}6, PS(G)=0,02P_{\overline{S}}(G)=0{,}02
  • b) P(G)=0,136P(G)=0{,}136
  • c) PG(S)0,882P_{G}(S)\approx 0{,}882
  • d) De 0,20{,}2 à 0,8820{,}882 ; rapport 3030
  • e) Non : 0,882<0,90{,}882<0{,}9

a) La probabilité A PRIORI est celle que l'on a avant toute observation : P(S)=0,20P(S)=0{,}20, donc P(S)=0,80P(\overline{S})=0{,}80. Les deux autres données sont CONDITIONNELLES, chacune portant sur une sous-population : PS(G)=0,60P_{S}(G)=0{,}60 et PS(G)=0,02P_{\overline{S}}(G)=0{,}02. Il faut bien voir que le 60 %60\ \% ne dit pas que 60 %60\ \% des courriels contiennent le mot, mais que 60 %60\ \% des SPAMS le contiennent.

b) Par la formule des probabilités totales : P(G)=P(S)×PS(G)+P(S)×PS(G)=0,20×0,60+0,80×0,02=0,12+0,016=0,136P(G)=P(S)\times P_{S}(G)+P(\overline{S})\times P_{\overline{S}}(G)=0{,}20\times 0{,}60+0{,}80\times 0{,}02=0{,}12+0{,}016=0{,}136. Un peu moins de 14 %14\ \% des courriels reçus contiennent le mot.

c) PG(S)=P(SG)P(G)=0,120,1360,882P_{G}(S)=\frac{P(S\cap G)}{P(G)}=\frac{0{,}12}{0{,}136}\approx 0{,}882. C'est la probabilité A POSTERIORI, celle que l'on a APRÈS avoir observé le mot.

d) La probabilité de spam passe de 0,200{,}20 avant observation à environ 0,8820{,}882 après, soit une multiplication par plus de QUATRE. L'observation d'un seul mot est donc très informative, et la raison en est claire : le mot est trente fois plus fréquent dans les spams que dans les courriels légitimes, puisque 0,600,02=30\frac{0{,}60}{0{,}02}=30. C'est ce RAPPORT, et non la valeur 0,600{,}60 prise isolément, qui mesure le pouvoir discriminant d'un indice.

e) Non, de peu : 0,8820{,}882 reste inférieur au seuil de 0,90{,}9. Le courriel n'est donc pas classé en spam sur ce seul indice. C'est précisément pourquoi un filtre réel combine PLUSIEURS mots, chaque nouvelle observation prenant pour probabilité a priori celle obtenue à l'étape précédente.

On peut illustrer ce dernier point par un calcul, car il donne tout son sens à la méthode. Si le courriel contenait un second mot, tout aussi discriminant et indépendant du premier, on repartirait d'un a priori de 0,8820{,}882 au lieu de 0,200{,}20 : la nouvelle probabilité vaudrait 0,882×0,600,882×0,60+0,118×0,020,996\frac{0{,}882\times 0{,}60}{0{,}882\times 0{,}60+0{,}118\times 0{,}02}\approx 0{,}996, largement au-dessus du seuil. C'est le principe de l'apprentissage bayésien, où chaque indice AFFINE la conclusion précédente au lieu de repartir de zéro. Une réserve importante toutefois : le calcul suppose l'indépendance des mots sachant la nature du courriel, hypothèse commode mais fausse en pratique, et c'est pourquoi ces filtres sont dits naïfs.

Exercice 7 : Temps d'attente

Un service téléphonique est saturé. À chaque tentative d'appel, la probabilité d'obtenir la ligne est de 0,20{,}2, indépendamment des tentatives précédentes.

On note XX le rang de la première tentative réussie.

  • a) Exprimez P(X=k)P(X=k) en fonction de kk.
  • b) Calculez P(X=1)P(X=1) et P(X=3)P(X=3).
  • c) Calculez P(X>5)P(X>5) et interprétez.
  • d) Calculez P(X10)P(X\leq 10), arrondie au millième.
  • e) Calculez E(X)E(X) et interprétez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(X=k)=0,8k1×0,2P(X=k)=0{,}8^{k-1}\times 0{,}2
  • b) 0,20{,}2 et 0,1280{,}128
  • c) 0,85=0,327680{,}8^{5}=0{,}32768
  • d) 0,893\approx 0{,}893
  • e) E(X)=5E(X)=5

a) Pour que la première réussite ait lieu au rang kk, il faut k1k-1 ÉCHECS consécutifs suivis d'une réussite. Les tentatives étant indépendantes, on multiplie : P(X=k)=0,8k1×0,2P(X=k)=0{,}8^{k-1}\times 0{,}2. C'est la loi géométrique, et l'exposant k1k-1 et non kk est le point à surveiller.

b) P(X=1)=0,80×0,2=0,2P(X=1)=0{,}8^{0}\times 0{,}2=0{,}2, ce qui est bien la probabilité de réussir du premier coup. Et P(X=3)=0,82×0,2=0,64×0,2=0,128P(X=3)=0{,}8^{2}\times 0{,}2=0{,}64\times 0{,}2=0{,}128.

c) L'événement X>5X>5 signifie que les cinq premières tentatives ont TOUTES échoué, ce qui se calcule directement sans sommer : P(X>5)=0,85=0,32768P(X>5)=0{,}8^{5}=0{,}32768. Autrement dit, environ une fois sur trois, cinq tentatives ne suffisent pas. Cette formule P(X>n)=qnP(X>n)=q^{n} est le grand avantage de la loi géométrique.

d) On passe par le contraire : P(X10)=1P(X>10)=10,81010,1074=0,893P(X\leq 10)=1-P(X>10)=1-0{,}8^{10}\approx 1-0{,}1074=0{,}893. Il y a donc près de neuf chances sur dix d'obtenir la ligne en dix tentatives ou moins.

e) E(X)=1p=10,2=5E(X)=\frac{1}{p}=\frac{1}{0{,}2}=5 : il faut en moyenne CINQ tentatives pour obtenir la ligne. Cette formule se retient par le bon sens, une chance sur cinq à chaque coup demandant cinq coups en moyenne.

Un paradoxe apparent mérite d'être levé, car il revient toujours. La valeur la plus PROBABLE est k=1k=1, avec P(X=1)=0,2P(X=1)=0{,}2, alors que la valeur MOYENNE est 55 : la distribution est strictement décroissante, mais sa longue queue à droite tire la moyenne vers le haut. Mode et espérance ne coïncident donc pas, exactement comme moyenne et médiane divergeaient à l'exercice 5. Un second fait surprend souvent, l'ABSENCE DE MÉMOIRE : sachant que les dix premières tentatives ont échoué, la probabilité de réussir à la onzième reste 0,20{,}2, et le nombre de tentatives restantes suit encore la même loi. Le téléphone ne se souvient pas des échecs passés, et croire le contraire est le sophisme du joueur.

Exercice 8 : Ajustement affine, corrélation et causalité

On relève, pour cinq mois consécutifs, le budget publicitaire xx en milliers de dollars et les ventes yy en milliers d'unités.

xx12345
yy2,13,96,27,810,1
  • a) Calculez les moyennes x\overline{x} et y\overline{y}.
  • b) Calculez la pente de la droite d'ajustement par moindres carrés, sachant qu'elle vaut (xix)(yiy)(xix)2\frac{\sum(x_{i}-\overline{x})(y_{i}-\overline{y})}{\sum(x_{i}-\overline{x})^{2}}.
  • c) Déduisez-en l'équation de la droite d'ajustement.
  • d) Estimez les ventes pour un budget de 6 milliers de dollars.
  • e) Le responsable conclut : « augmenter le budget publicitaire cause une hausse des ventes ». Cette conclusion est-elle justifiée par ces données seules ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) x=3\overline{x}=3, y=6,02\overline{y}=6{,}02
  • b) a=1,99a=1{,}99
  • c) y=1,99x+0,05y=1{,}99x+0{,}05
  • d) 11,9911{,}99 milliers d'unités
  • e) Non : corrélation n'est pas causalité

a) x=1+2+3+4+55=155=3\overline{x}=\frac{1+2+3+4+5}{5}=\frac{15}{5}=3 et y=2,1+3,9+6,2+7,8+10,15=30,15=6,02\overline{y}=\frac{2{,}1+3{,}9+6{,}2+7{,}8+10{,}1}{5}=\frac{30{,}1}{5}=6{,}02. Le point moyen G(3;6,02)G(3\,;\,6{,}02) appartiendra nécessairement à la droite d'ajustement, ce qui servira à la question c).

b) On calcule les écarts à la moyenne puis leurs produits : (2)×(3,92)+(1)×(2,12)+0×0,18+1×1,78+2×4,08=7,84+2,12+0+1,78+8,16=19,9(-2)\times(-3{,}92)+(-1)\times(-2{,}12)+0\times 0{,}18+1\times 1{,}78+2\times 4{,}08=7{,}84+2{,}12+0+1{,}78+8{,}16=19{,}9. Le dénominateur vaut (2)2+(1)2+02+12+22=4+1+0+1+4=10(-2)^{2}+(-1)^{2}+0^{2}+1^{2}+2^{2}=4+1+0+1+4=10. La pente est donc a=19,910=1,99a=\frac{19{,}9}{10}=1{,}99.

c) La droite des moindres carrés passe TOUJOURS par le point moyen, propriété qui donne l'ordonnée à l'origine sans calcul supplémentaire : 6,02=1,99×3+b6{,}02=1{,}99\times 3+b, donc b=6,025,97=0,05b=6{,}02-5{,}97=0{,}05. L'équation est y=1,99x+0,05y=1{,}99x+0{,}05. Interprétation : chaque millier de dollars investi s'accompagne d'environ 19901\,990 unités vendues de plus.

d) Pour x=6x=6 : y=1,99×6+0,05=11,94+0,05=11,99y=1{,}99\times 6+0{,}05=11{,}94+0{,}05=11{,}99 milliers d'unités. C'est une EXTRAPOLATION légère, la valeur 66 étant juste au-delà de la plage observée [1;5][1\,;\,5], et elle reste donc raisonnable ; une estimation pour x=50x=50 serait en revanche sans valeur.

e) Non, la conclusion n'est PAS justifiée par ces seules données. Elles montrent une corrélation très forte, mais la corrélation n'établit jamais la CAUSALITÉ. Trois explications alternatives restent ouvertes : une tendance saisonnière qui ferait monter les deux ensemble, une croissance générale du marché qui expliquerait indépendamment les deux hausses, ou même une causalité INVERSE si le budget publicitaire est fixé chaque mois en proportion des ventes du mois précédent. Pour conclure à une causalité, il faudrait une expérience contrôlée, en faisant varier le budget indépendamment du reste, par exemple en le baissant volontairement un mois.

La question e) est celle que l'épreuve valorise, et il vaut la peine de savoir nommer les trois écueils. Le premier est la VARIABLE CACHÉE, ou facteur de confusion, comme la saison ici et la taille de la ville à l'exercice 10. Le deuxième est la CAUSALITÉ INVERSE, où l'on prend l'effet pour la cause. Le troisième est le HASARD, cinq points pouvant s'aligner par coïncidence, ce qui est d'autant plus probable que l'échantillon est petit, et cinq mois c'est très peu. La formulation défendable existe pourtant : on peut écrire que, sur les cinq mois observés, chaque millier de dollars supplémentaire s'est accompagné d'environ deux mille unités vendues de plus, ce qui est vrai et n'engage rien de plus que les données.

Exercice 9 : Courbe de Lorenz et indice de Gini

Dans un pays, la population est partagée en cinq groupes de taille égale, classés du plus pauvre au plus riche. Leurs parts respectives du revenu total sont 5 %, 10 %, 15 %, 25 % et 45 %.

  • a) Calculez les parts cumulées de revenu et donnez les cinq points de la courbe de Lorenz.
  • b) Que vaudrait la courbe de Lorenz dans une situation d'égalité parfaite ?
  • c) Calculez l'aire sous la courbe de Lorenz par la méthode des trapèzes.
  • d) Déduisez-en l'indice de Gini.
  • e) Interprétez la valeur obtenue.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) (0,2;0,05)(0{,}2\,;0{,}05), (0,4;0,15)(0{,}4\,;0{,}15), (0,6;0,30)(0{,}6\,;0{,}30), (0,8;0,55)(0{,}8\,;0{,}55), (1;1)(1\,;1)
  • b) La bissectrice y=xy=x
  • c) Aire 0,310{,}31
  • d) G=0,38G=0{,}38
  • e) Inégalité modérée

a) On CUMULE les parts de gauche à droite : 5 %5\ \%, puis 5+10=15 %5+10=15\ \%, puis 15+15=30 %15+15=30\ \%, puis 30+25=55 %30+25=55\ \%, puis 55+45=100 %55+45=100\ \%. Les points de la courbe de Lorenz sont donc (0,2;0,05)(0{,}2\,;\,0{,}05), (0,4;0,15)(0{,}4\,;\,0{,}15), (0,6;0,30)(0{,}6\,;\,0{,}30), (0,8;0,55)(0{,}8\,;\,0{,}55) et (1;1)(1\,;\,1), en partant de l'origine (0;0)(0\,;\,0). L'abscisse est la part cumulée de POPULATION, l'ordonnée la part cumulée de REVENU.

b) Dans une égalité parfaite, chaque groupe de 20 %20\ \% de la population détiendrait exactement 20 %20\ \% du revenu : les points cumulés seraient (0,2;0,2)(0{,}2\,;\,0{,}2), (0,4;0,4)(0{,}4\,;\,0{,}4) et ainsi de suite, donc la courbe serait la première BISSECTRICE, d'équation y=xy=x. Toute inégalité éloigne la courbe de cette diagonale vers le bas.

c) On additionne les aires des cinq trapèzes de largeur 0,20{,}2, chacun ayant pour hauteurs les deux ordonnées consécutives : 0,2×(0+0,052+0,05+0,152+0,15+0,302+0,30+0,552+0,55+12)=0,2×(0,025+0,1+0,225+0,425+0,775)=0,2×1,55=0,310{,}2\times\left(\frac{0+0{,}05}{2}+\frac{0{,}05+0{,}15}{2}+\frac{0{,}15+0{,}30}{2}+\frac{0{,}30+0{,}55}{2}+\frac{0{,}55+1}{2}\right)=0{,}2\times\left(0{,}025+0{,}1+0{,}225+0{,}425+0{,}775\right)=0{,}2\times 1{,}55=0{,}31.

d) L'indice de Gini est le double de l'aire comprise entre la bissectrice et la courbe. Comme l'aire sous la bissectrice vaut 12\frac{1}{2}, on obtient G=2(120,31)=12×0,31=10,62=0,38G=2\left(\frac{1}{2}-0{,}31\right)=1-2\times 0{,}31=1-0{,}62=0{,}38. Le facteur 22 sert à normaliser l'indice pour qu'il varie entre 00 et 11.

e) Un indice de 0,380{,}38 traduit une inégalité MODÉRÉE. La valeur 00 correspondrait à une égalité parfaite, où la courbe se confondrait avec la bissectrice, et la valeur 11 à une concentration totale, où une seule personne détiendrait tout le revenu. À titre de repère, les pays européens se situent souvent entre 0,250{,}25 et 0,350{,}35, et les pays les plus inégalitaires dépassent 0,550{,}55.

L'intérêt de l'indice de Gini est de résumer toute une courbe par un SEUL nombre, ce qui permet de comparer des pays ou de suivre une évolution. Sa limite est exactement la même : deux courbes de formes très différentes peuvent donner le même indice, l'une traduisant une pauvreté généralisée avec une élite étroite, l'autre une classe moyenne large avec des extrêmes marqués. C'est la raison pour laquelle les économistes publient aussi le rapport entre les revenus du dernier et du premier quintile, qui vaut ici 455=9\frac{45}{5}=9 : les 20 %20\ \% les plus riches perçoivent neuf fois plus que les 20 %20\ \% les plus pauvres. Aucun indicateur unique ne remplace la lecture de la distribution complète, ce que l'exercice 10 rappellera sur les salaires.

0.20.40.60.810.20.40.60.81égalité parfaitecourbe de Lorenzaire AGini = 2 × aire Aplus la courbe s'écarte,plus l'inégalité est forte

Exercice 10 : Lecture critique de statistiques

Chacune des affirmations suivantes, inspirées d'articles de presse, est trompeuse. Expliquez précisément pourquoi.

  • a) « Les villes où il y a le plus de pompiers sont celles où les incendies causent le plus de dégâts : les pompiers aggravent donc les incendies. »
  • b) « Notre sondage réalisé auprès des visiteurs de notre site montre que 92 % des gens adorent notre marque. »
  • c) « Le prix a baissé de 20 % puis augmenté de 20 % : il est revenu à sa valeur initiale. »
  • d) « Le nombre de cas a augmenté de 100 % cette semaine, la situation est hors de contrôle. »
  • e) « La moyenne des salaires de notre entreprise est de 85 000 dollars : nos employés sont bien payés. »

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Variable cachée : la taille de la ville
  • b) Biais de sélection
  • c) 1008096100\to 80\to 96 : 4-4 %
  • d) Pourcentage sans effectif de départ
  • e) Moyenne 120833\approx 120\,833, médiane 4650046\,500 dollars

a) C'est une confusion entre corrélation et causalité, avec une VARIABLE CACHÉE évidente : la taille de la ville. Les grandes villes ont plus de pompiers ET davantage d'incendies importants, ce qui crée un lien statistique parfaitement réel entre les deux. L'interprétation causale est non seulement injustifiée mais inversée, puisque les pompiers réduisent les dégâts. Le test qui démasque ce type d'énoncé consiste à chercher un facteur qui expliquerait les deux à la fois.

b) L'échantillon n'est pas REPRÉSENTATIF : interroger les visiteurs du site d'une marque, c'est par construction interroger des personnes déjà intéressées par elle. C'est un biais de SÉLECTION, et il est ici massif. Pour mesurer l'opinion générale, il faudrait interroger un échantillon tiré au hasard dans la population entière, et non des personnes recrutées sur le lieu même de leur engagement. Le chiffre de 92 %92\ \% peut être exact et ne rien dire de ce qu'il prétend mesurer.

c) Faux. Un prix de 100100 baisse de 20 %20\ \% à 8080, puis augmente de 20 %20\ \% de 8080, soit +16+16, pour atteindre 9696. On ne retrouve pas 100100, il manque 44. Les pourcentages ne s'ADDITIONNENT pas, parce qu'ils s'appliquent à des bases différentes : la seconde hausse porte sur un montant déjà réduit. La règle correcte est multiplicative, 0,8×1,2=0,960{,}8\times 1{,}2=0{,}96, soit une baisse nette de 4 %4\ \%, et le résultat est le même quel que soit l'ordre des deux opérations.

d) L'affirmation est inexploitable sans la valeur ABSOLUE de départ. Passer de 22 à 44 cas est une hausse de 100 %100\ \%, tout comme passer de 50005\,000 à 1000010\,000, et les deux situations n'ont évidemment rien à voir. Un pourcentage de variation doit toujours être accompagné de l'effectif initial, sans quoi il ne renseigne sur rien, et c'est un procédé courant pour dramatiser de petits nombres.

e) La moyenne est très sensible aux valeurs EXTRÊMES. Si quelques dirigeants gagnent plusieurs centaines de milliers de dollars, ils tirent la moyenne vers le haut alors que la majorité gagne bien moins. Avec six salaires valant 4000040\,000, 4200042\,000, 4500045\,000, 4800048\,000, 5000050\,000 et 500000500\,000, la moyenne dépasse 120000120\,000 dollars alors que la médiane, elle, n'est que de 4650046\,500 : c'est cette dernière qui décrit le salarié typique. Il faudrait donc donner la médiane, et idéalement la distribution complète.

Ces cinq énoncés couvrent les cinq façons dont une statistique exacte peut induire en erreur, et il vaut la peine de les nommer pour les repérer. La confusion CAUSALE, l'échantillon BIAISÉ, l'arithmétique des POURCENTAGES, le pourcentage SANS BASE, et l'indicateur MAL CHOISI. Aucun de ces cinq énoncés ne contient de chiffre faux, ce qui est précisément ce qui les rend efficaces : la tromperie est dans l'interprétation, pas dans le calcul. Le réflexe protecteur tient en trois questions à se poser devant toute statistique : sur quelle population a-t-elle été mesurée, par rapport à quoi le pourcentage est-il calculé, et quel indicateur aurait donné une image différente ?

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Même espérance, risques différents

Deux jeux coûtent chacun 22 dollars la partie. Au jeu A, on gagne 33 dollars avec la probabilité 0,50{,}5, sinon rien. Au jeu B, on gagne 5050 dollars avec la probabilité 0,030{,}03, sinon rien.

On note XAX_{A} et XBX_{B} le gain net d'une partie, mise déduite. On rappelle V(X)=E(X2)E(X)2V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2} et σ(X)=V(X)\sigma(X)=\sqrt{V(X)}.

  • a) Donnez la loi de XAX_{A} et calculez E(XA)E(X_{A}).
  • b) Calculez l'écart-type de XAX_{A}.
  • c) Donnez la loi de XBX_{B} et calculez E(XB)E(X_{B}).
  • d) Calculez l'écart-type de XBX_{B}, au centième.
  • e) Quel gain total moyen un joueur peut-il attendre sur 100100 parties, quel que soit le jeu ? Lequel conseiller à un joueur prudent ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) +1+1 ou 2-2 ; E(XA)=0,5E(X_{A})=-0{,}5
  • b) σ(XA)=1,5\sigma(X_{A})=1{,}5
  • c) +48+48 ou 2-2 ; E(XB)=0,5E(X_{B})=-0{,}5
  • d) σ(XB)8,53\sigma(X_{B})\approx 8{,}53
  • e) 50-50 dollars ; le jeu A, moins risqué

a) Gain net 32=+13-2=+1 avec la probabilité 0,50{,}5, 2-2 avec la probabilité 0,50{,}5. E(XA)=0,5×1+0,5×(2)=0,5E(X_{A})=0{,}5\times 1+0{,}5\times(-2)=-0{,}5 dollar. Oublier la mise donnerait E=1,5E=1{,}5 et un jeu faussement avantageux.

b) E(XA2)=0,5×1+0,5×4=2,5E(X_{A}^{2})=0{,}5\times 1+0{,}5\times 4=2{,}5, donc V(XA)=2,50,25=2,25V(X_{A})=2{,}5-0{,}25=2{,}25 et σ(XA)=1,5\sigma(X_{A})=1{,}5 dollar.

c) Gain net +48+48 avec la probabilité 0,030{,}03, 2-2 avec la probabilité 0,970{,}97. E(XB)=0,03×480,97×2=1,441,94=0,5E(X_{B})=0{,}03\times 48-0{,}97\times 2=1{,}44-1{,}94=-0{,}5 dollar : la même espérance qu'au jeu A.

d) E(XB2)=0,03×2304+0,97×4=69,12+3,88=73E(X_{B}^{2})=0{,}03\times 2\,304+0{,}97\times 4=69{,}12+3{,}88=73, donc V(XB)=730,25=72,75V(X_{B})=73-0{,}25=72{,}75 et σ(XB)8,53\sigma(X_{B})\approx 8{,}53 dollars, près de six fois plus qu'au jeu A.

e) Par linéarité, 100×(0,5)=50100\times(-0{,}5)=-50 dollars en moyenne dans les deux cas. Le joueur prudent choisira A : ses résultats restent proches de cette moyenne, alors qu'au jeu B on perd presque toujours, avec de rares gros gains. L'espérance mesure le résultat moyen, l'écart-type la dispersion autour de lui, c'est-à-dire le RISQUE.

Exercice 12 : Répondre au hasard à un QCM

Un QCM comporte 1010 questions indépendantes, chacune à 44 réponses dont une seule est juste. Un élève répond entièrement au hasard. On note XX le nombre de bonnes réponses.

  • a) Quelle est la loi de XX ? Calculez son espérance.
  • b) Calculez la probabilité d'obtenir exactement 55 bonnes réponses, au dix-millième.
  • c) Calculez la probabilité d'obtenir au moins 55 bonnes réponses, au dix-millième.
  • d) Calculez l'écart-type de XX, au millième, sachant que V(X)=np(1p)V(X)=np(1-p).
  • e) Pour décourager le hasard, on attribue 11 point par bonne réponse et on retire 13\frac{1}{3} de point par mauvaise réponse. Exprimez la note NN en fonction de XX et calculez E(N)E(N).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) B(10;0,25)\mathcal{B}(10\,;0{,}25), E(X)=2,5E(X)=2{,}5
  • b) 0,0584\approx 0{,}0584
  • c) 0,0781\approx 0{,}0781
  • d) σ1,369\sigma\approx 1{,}369
  • e) N=4X103N=\frac{4X-10}{3}, E(N)=0E(N)=0

a) Dix répétitions indépendantes d'une épreuve à deux issues, de probabilité de succès 14\frac{1}{4} : XX suit B(10;0,25)\mathcal{B}(10\,;0{,}25) et E(X)=10×0,25=2,5E(X)=10\times 0{,}25=2{,}5.

b) P(X=5)=(105)×0,255×0,755=252×0,000977×0,23730,0584P(X=5)=\binom{10}{5}\times 0{,}25^{5}\times 0{,}75^{5}=252\times 0{,}000977\times 0{,}2373\approx 0{,}0584.

c) P(X5)=P(X=5)++P(X=10)0,0584+0,0162+0,0031+0,0004+0,0781P(X\geq 5)=P(X=5)+\dots+P(X=10)\approx 0{,}0584+0{,}0162+0{,}0031+0{,}0004+\dots\approx 0{,}0781 : moins de 8 %8\ \% de chances d'avoir la moyenne en répondant au hasard.

d) σ(X)=10×0,25×0,75=1,8751,369\sigma(X)=\sqrt{10\times 0{,}25\times 0{,}75}=\sqrt{1{,}875}\approx 1{,}369.

e) N=X13(10X)=4X103N=X-\frac{1}{3}(10-X)=\frac{4X-10}{3}. Par linéarité, E(N)=4×2,5103=0E(N)=\frac{4\times 2{,}5-10}{3}=0. En moyenne, répondre au hasard ne rapporte plus rien : c'est tout l'objet de la pénalité de 13\frac{1}{3}, calculée pour que le gain espéré d'une réponse au hasard, 14×134×13\frac{1}{4}\times 1-\frac{3}{4}\times\frac{1}{3}, soit nul.

Exercice 13 : Sport, musique et indépendance

Dans un lycée de 200200 élèves, 120120 pratiquent un sport, 5050 jouent d'un instrument et 3030 font les deux. On choisit un élève au hasard. On note SS « l'élève pratique un sport » et MM « l'élève joue d'un instrument ».

  • a) Calculez P(S)P(S), P(M)P(M) et P(SM)P(S\cap M).
  • b) Calculez PS(M)P_{S}(M).
  • c) Les événements SS et MM sont-ils indépendants ? Justifiez de deux façons.
  • d) Calculez la probabilité que l'élève pratique un sport ou joue d'un instrument.
  • e) Calculez PM(S)P_{M}(S) et commentez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 0,60{,}6 ; 0,250{,}25 ; 0,150{,}15
  • b) PS(M)=0,25P_{S}(M)=0{,}25
  • c) Oui : P(S)P(M)=P(SM)P(S)P(M)=P(S\cap M)
  • d) 0,70{,}7
  • e) PM(S)=0,6=P(S)P_{M}(S)=0{,}6=P(S)

a) P(S)=120200=0,6P(S)=\frac{120}{200}=0{,}6, P(M)=50200=0,25P(M)=\frac{50}{200}=0{,}25, P(SM)=30200=0,15P(S\cap M)=\frac{30}{200}=0{,}15.

b) Parmi les 120120 sportifs, 3030 jouent d'un instrument : PS(M)=30120=0,25P_{S}(M)=\frac{30}{120}=0{,}25.

c) Oui. Première façon : P(S)×P(M)=0,6×0,25=0,15=P(SM)P(S)\times P(M)=0{,}6\times 0{,}25=0{,}15=P(S\cap M). Seconde façon : PS(M)=0,25=P(M)P_{S}(M)=0{,}25=P(M), savoir qu'un élève est sportif ne change pas la probabilité qu'il soit musicien. Les deux critères sont équivalents.

d) P(SM)=P(S)+P(M)P(SM)=0,6+0,250,15=0,7P(S\cup M)=P(S)+P(M)-P(S\cap M)=0{,}6+0{,}25-0{,}15=0{,}7. Additionner sans retrancher 0,150{,}15 compterait deux fois les élèves qui font les deux.

e) PM(S)=3050=0,6=P(S)P_{M}(S)=\frac{30}{50}=0{,}6=P(S) : l'indépendance marche dans les deux sens. Attention, indépendants ne veut pas dire incompatibles : ici 3030 élèves font les deux, alors que des événements incompatibles n'auraient aucun élève en commun.

Exercice 14 : Le paradoxe de Simpson : deux hôpitaux

Deux hôpitaux publient leurs taux de guérison pour une même opération. On distingue les cas légers et les cas graves.

A : cas légersA : cas gravesB : cas légersB : cas graves
Patients5015015050
Guéris457512820
  • a) Calculez le taux global de guérison de chaque hôpital.
  • b) Calculez le taux de guérison des cas légers dans chaque hôpital, au dixième de pour cent.
  • c) Calculez le taux de guérison des cas graves dans chaque hôpital.
  • d) Quel hôpital est le meilleur ? Expliquez le paradoxe.
  • e) Pour comparer équitablement, on calcule le taux qu'aurait chaque hôpital avec 100100 cas légers et 100100 cas graves. Calculez ces taux, au dixième de pour cent.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) A : 6060 % ; B : 7474 %
  • b) Légers : A 9090 %, B 85,385{,}3 %
  • c) Graves : A 5050 %, B 4040 %
  • d) A meilleur partout ; paradoxe de Simpson
  • e) A : 7070 %, B : 62,762{,}7 %

a) A : 45+75200=120200=60 %\frac{45+75}{200}=\frac{120}{200}=60\ \%. B : 128+20200=148200=74 %\frac{128+20}{200}=\frac{148}{200}=74\ \%. L'hôpital B semble nettement meilleur.

b) A : 4550=90 %\frac{45}{50}=90\ \%. B : 12815085,3 %\frac{128}{150}\approx 85{,}3\ \%. L'hôpital A est meilleur pour les cas légers.

c) A : 75150=50 %\frac{75}{150}=50\ \%. B : 2050=40 %\frac{20}{50}=40\ \%. L'hôpital A est aussi meilleur pour les cas graves.

d) L'hôpital A est meilleur dans CHAQUE catégorie, mais moins bon globalement. Il n'y a pas de contradiction : A soigne surtout des cas graves, 150150 sur 200200, qui guérissent moins souvent partout. Son taux global est une moyenne pondérée tirée vers le bas par cette répartition. C'est le paradoxe de Simpson : regrouper des populations de compositions différentes peut inverser une comparaison. La gravité est ici une variable cachée.

e) A : 90+50200=70 %\frac{90+50}{200}=70\ \%. B : 85,3+4020062,7 %\frac{85{,}3+40}{200}\approx 62{,}7\ \%. À répartition égale, l'hôpital A reprend l'avantage de 7,37{,}3 points. Un classement qui ne tient pas compte de la gravité des cas pénaliserait injustement l'hôpital qui accepte les patients les plus difficiles.

Exercice 15 : Le paradoxe des anniversaires

Dans un groupe de nn personnes, on cherche la probabilité qu'au moins deux d'entre elles aient le même jour d'anniversaire. On suppose les 365365 jours de l'année équiprobables et les anniversaires indépendants, en ignorant le 2929 février.

  • a) Pour n=2n=2, calculez la probabilité que les deux anniversaires soient différents, au dix-millième.
  • b) Justifiez que la probabilité que les nn anniversaires soient tous différents vaut 365365×364365××365n+1365\frac{365}{365}\times\frac{364}{365}\times\cdots\times\frac{365-n+1}{365}.
  • c) Pour n=23n=23, calculez la probabilité qu'au moins deux personnes partagent leur anniversaire, au millième.
  • d) Même question pour n=50n=50.
  • e) Dans un groupe de 2323 personnes, quelle est la probabilité qu'au moins une des 2222 autres ait le même anniversaire que VOUS ? Expliquez l'écart avec c).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 0,9973\approx 0{,}9973
  • b) Produit des probabilités d'éviter les jours pris
  • c) 0,507\approx 0{,}507
  • d) 0,970\approx 0{,}970
  • e) 0,059\approx 0{,}059 : 253253 paires possibles

a) La seconde personne doit éviter le jour de la première : 3643650,9973\frac{364}{365}\approx 0{,}9973.

b) La première personne a 365365 jours possibles, la deuxième doit en éviter 11, la troisième 22, et ainsi de suite jusqu'à la nen^{\text{e}} qui doit en éviter n1n-1. Par indépendance, on multiplie les probabilités successives.

c) Le produit des 2323 facteurs vaut environ 0,49270{,}4927 ; par l'événement contraire, la probabilité d'au moins une coïncidence vaut 10,49270,5071-0{,}4927\approx 0{,}507. Plus d'une chance sur deux avec seulement 2323 personnes : c'est le paradoxe.

d) Pour n=50n=50 : 1k=049365k3650,9701-\prod_{k=0}^{49}\frac{365-k}{365}\approx 0{,}970. Dans une salle de cinquante personnes, une coïncidence est presque certaine.

e) Chacune des 2222 autres personnes a la probabilité 364365\frac{364}{365} de ne pas être née le même jour que vous : 1(364365)220,0591-\left(\frac{364}{365}\right)^{22}\approx 0{,}059. Seulement 6 %6\ \%. En c), la coïncidence peut concerner N'IMPORTE QUELLE paire, et un groupe de 2323 personnes forme (232)=253\binom{23}{2}=253 paires : l'intuition se trompe parce qu'elle pense à sa propre date, pas à toutes les paires.

Chapitre précédent Intégrales et calculs d'aires

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur de maths complémentaires à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.

Site par Studio Squalli