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Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : probabilités et statistiques (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur les probabilités et la statistique, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Les thèmes suivis sont ceux du programme : inférence bayésienne, temps d'attente, corrélation et causalité, répartition des richesses. L'accent est mis sur l'interprétation, car c'est ce que l'épreuve évalue au moins autant que le calcul.

Rappel de cours

  • Probabilité conditionnelle : PA(B)=P(AB)P(A)P_{A}(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}, et donc P(AB)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B).
  • Formule des probabilités totales : si A1, , AnA_{1},\ \ldots,\ A_{n} partitionnent l'univers, alors P(B)=P(Ai)×PAi(B)P(B)=\sum P(A_{i})\times P_{A_{i}}(B).
  • Inférence bayésienne : une probabilité a priori est mise à jour en probabilité a posteriori par PB(A)=P(A)×PA(B)P(B)P_{B}(A)=\frac{P(A)\times P_{A}(B)}{P(B)}.
  • Loi binomiale B(n, p)\mathcal{B}(n,\ p) : P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}, avec E(X)=npE(X)=np.
  • Temps d'attente, loi géométrique : si chaque essai réussit avec la probabilité pp, alors P(X=k)=(1p)k1pP(X=k)=(1-p)^{k-1}p et E(X)=1pE(X)=\frac{1}{p}.
  • Ajustement affine par moindres carrés : la droite passe toujours par le point moyen (x, y)(\overline{x},\ \overline{y}).
  • Une corrélation forte n'établit jamais une causalité : il peut exister une cause commune, ou le lien peut être fortuit.
  • Indice de Gini : G=12AG=1-2\mathcal{A}, où A\mathcal{A} est l'aire sous la courbe de Lorenz. G=0G=0 correspond à l'égalité parfaite, G=1G=1 à l'inégalité maximale.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Arbre pondéré

Dans une clientèle, 40 % des personnes sont abonnées. Parmi les abonnés, 70 % achètent en ligne ; parmi les non-abonnés, 25 % seulement.

On choisit un client au hasard. On note AA l'événement « le client est abonné » et LL l'événement « le client achète en ligne ».

  • a) Traduisez les données et construisez l'arbre pondéré.
  • b) Calculez P(AL)P(A\cap L) et P(AL)P(\overline{A}\cap L).
  • c) Calculez P(L)P(L).
  • d) Le client choisi achète en ligne. Quelle est la probabilité qu'il soit abonné ? Arrondissez au millième.
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a) P(A)=0,4P(A)=0{,}4 donc P(A)=0,6P(\overline{A})=0{,}6. Ensuite PA(L)=0,7P_{A}(L)=0{,}7 et PA(L)=0,25P_{\overline{A}}(L)=0{,}25. L'arbre a deux niveaux et quatre chemins.

b) P(AL)=0,4×0,7=0,28P(A\cap L)=0{,}4\times 0{,}7=0{,}28 et P(AL)=0,6×0,25=0,15P(\overline{A}\cap L)=0{,}6\times 0{,}25=0{,}15.

c) Par la formule des probabilités totales : P(L)=0,28+0,15=0,43P(L)=0{,}28+0{,}15=0{,}43.

d) PL(A)=0,280,430,651P_{L}(A)=\frac{0{,}28}{0{,}43}\approx 0{,}651. Sachant que le client achète en ligne, la probabilité qu'il soit abonné passe de 0,40{,}4 à environ 0,6510{,}651.

Exercice 2 : Formule des probabilités totales

Une entreprise a trois régions de vente. Le Nord représente 45 % du chiffre d'affaires, le Centre 35 % et le Sud 20 %.

Le taux de clients satisfaits est de 80 % au Nord, 90 % au Centre et 70 % au Sud.

  • a) Calculez la probabilité qu'un client pris au hasard soit satisfait.
  • b) Un client est satisfait. Quelle est la probabilité qu'il vienne du Nord ? Arrondissez au millième.
  • c) Même question pour le Centre et pour le Sud.
  • d) Vérifiez que la somme des trois probabilités précédentes vaut 1.
  • e) Quelle région contribue le plus au nombre total de clients satisfaits ? Est-ce celle qui a le meilleur taux ?
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a) P(S)=0,45×0,80+0,35×0,90+0,20×0,70=0,36+0,315+0,14=0,815P(S)=0{,}45\times 0{,}80+0{,}35\times 0{,}90+0{,}20\times 0{,}70=0{,}36+0{,}315+0{,}14=0{,}815.

b) PS(Nord)=0,360,8150,442P_{S}(\text{Nord})=\frac{0{,}36}{0{,}815}\approx 0{,}442.

c) PS(Centre)=0,3150,8150,387P_{S}(\text{Centre})=\frac{0{,}315}{0{,}815}\approx 0{,}387 et PS(Sud)=0,140,8150,172P_{S}(\text{Sud})=\frac{0{,}14}{0{,}815}\approx 0{,}172.

d) 0,442+0,387+0,1721,0010{,}442+0{,}387+0{,}172\approx 1{,}001, l'écart venant uniquement des arrondis. Le calcul exact donne bien une somme égale à 1, puisqu'un client satisfait vient nécessairement d'une des trois régions.

e) C'est le Nord, avec environ 44 % des clients satisfaits, alors que son taux de satisfaction n'est que de 80 % contre 90 % au Centre. Le Nord l'emporte par son volume : ce qui compte est le produit de la part de marché par le taux, pas le taux seul.

Exercice 3 : Loi binomiale

Un site constate que 25 % des visiteurs créent un compte. On observe 8 visiteurs, considérés comme indépendants.

On note XX le nombre de comptes créés. Les résultats seront arrondis au dix-millième.

  • a) Justifiez que XX suit une loi binomiale et donnez ses paramètres.
  • b) Calculez P(X=2)P(X=2).
  • c) Calculez P(X=0)P(X=0), puis P(X1)P(X\geq 1).
  • d) Calculez E(X)E(X) et interprétez.
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a) Chaque visiteur crée un compte avec la probabilité 0,250{,}25, indépendamment des autres, et on répète 8 fois la même épreuve. Donc XX suit B(8 ; 0,25)\mathcal{B}(8\ ;\ 0{,}25).

b) P(X=2)=(82)×0,252×0,756=28×0,0625×0,1779790,3115P(X=2)=\binom{8}{2}\times 0{,}25^{2}\times 0{,}75^{6}=28\times 0{,}0625\times 0{,}177979\approx 0{,}3115.

c) P(X=0)=0,7580,1001P(X=0)=0{,}75^{8}\approx 0{,}1001, donc P(X1)=10,10010,8999P(X\geq 1)=1-0{,}1001\approx 0{,}8999.

d) E(X)=8×0,25=2E(X)=8\times 0{,}25=2 : sur 8 visiteurs, on attend en moyenne 2 créations de compte.

Exercice 4 : Espérance et contrat

Un assureur propose un contrat à 250 dollars par an. La probabilité qu'un assuré déclare un sinistre dans l'année est de 0,050{,}05, et un sinistre coûte 3000 dollars à l'assureur.

On note XX le gain algébrique annuel de l'assureur pour un contrat.

  • a) Établissez la loi de probabilité de XX.
  • b) Calculez E(X)E(X) et interprétez.
  • c) Calculez la prime pure, c'est-à-dire le tarif rendant le contrat équitable.
  • d) Sur 20 000 contrats, quel bénéfice moyen l'assureur peut-il espérer ?
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a) Sans sinistre, l'assureur gagne 250 dollars, avec la probabilité 0,950{,}95. Avec sinistre, il gagne 2503000=2750250-3000=-2750 dollars, avec la probabilité 0,050{,}05.

b) E(X)=0,95×250+0,05×(2750)=237,5137,5=100E(X)=0{,}95\times 250+0{,}05\times(-2750)=237{,}5-137{,}5=100 dollars. Chaque contrat rapporte en moyenne 100 dollars par an.

c) La prime pure couvre exactement le coût moyen du risque, soit 0,05×3000=1500{,}05\times 3000=150 dollars. Au-delà de ce montant, la différence constitue la marge de l'assureur, ici de 100 dollars.

d) 20 000×100=2 000 00020\ 000\times 100=2\ 000\ 000 dollars de bénéfice moyen annuel.

Exercice 5 : Indicateurs d'une série statistique

On relève les durées, en minutes, de dix trajets : 12, 15, 15, 18, 20, 22, 25, 28, 30, 35.

  • a) Calculez la moyenne de cette série.
  • b) Déterminez la médiane.
  • c) Calculez la variance puis l'écart-type, arrondi au millième.
  • d) Déterminez les quartiles Q1Q_{1} et Q3Q_{3}, puis l'écart interquartile.
  • e) Comparez moyenne et médiane. Que cela suggère-t-il sur la forme de la distribution ?
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a) La somme vaut 220, donc la moyenne est 22010=22\frac{220}{10}=22 minutes.

b) La série est déjà ordonnée et contient 10 valeurs. La médiane est la moyenne des cinquième et sixième valeurs : 20+222=21\frac{20+22}{2}=21 minutes.

c) La somme des carrés des écarts à la moyenne vaut 100+49+49+16+4+0+9+36+64+169=496100+49+49+16+4+0+9+36+64+169=496. La variance est 49610=49,6\frac{496}{10}=49{,}6 et l'écart-type 49,67,043\sqrt{49{,}6}\approx 7{,}043 minutes.

d) Pour Q1Q_{1} : le quart de 10 vaut 2,52{,}5, on prend donc la troisième valeur, soit Q1=15Q_{1}=15. Pour Q3Q_{3} : les trois quarts de 10 valent 7,57{,}5, on prend la huitième valeur, soit Q3=28Q_{3}=28. L'écart interquartile vaut 2815=1328-15=13 minutes.

e) La moyenne (22) dépasse légèrement la médiane (21). Cela indique une distribution étirée vers la droite : quelques trajets longs, comme celui de 35 minutes, tirent la moyenne vers le haut sans déplacer la médiane, qui est insensible aux valeurs extrêmes.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Inférence bayésienne : filtre anti-spam

Dans une messagerie, 20 % des courriels reçus sont des spams. Le mot « gratuit » apparaît dans 60 % des spams, mais seulement dans 2 % des courriels légitimes.

Un courriel contenant le mot « gratuit » vient d'arriver. On note SS l'événement « le courriel est un spam » et GG l'événement « le courriel contient le mot gratuit ».

  • a) Traduisez les données de l'énoncé.
  • b) Calculez P(G)P(G).
  • c) Calculez PG(S)P_{G}(S), arrondie au millième.
  • d) Comparez la probabilité a priori et la probabilité a posteriori. Commentez la mise à jour.
  • e) Le filtre classe en spam dès que la probabilité a posteriori dépasse 0,90{,}9. Ce courriel est-il classé en spam ?
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a) La probabilité a priori est P(S)=0,20P(S)=0{,}20, donc P(S)=0,80P(\overline{S})=0{,}80. Les deux autres données sont conditionnelles : PS(G)=0,60P_{S}(G)=0{,}60 et PS(G)=0,02P_{\overline{S}}(G)=0{,}02.

b) P(G)=0,20×0,60+0,80×0,02=0,12+0,016=0,136P(G)=0{,}20\times 0{,}60+0{,}80\times 0{,}02=0{,}12+0{,}016=0{,}136.

c) PG(S)=0,120,1360,882P_{G}(S)=\frac{0{,}12}{0{,}136}\approx 0{,}882.

d) La probabilité de spam passe de 0,200{,}20 avant observation à environ 0,8820{,}882 après. L'observation d'un seul mot multiplie la probabilité par plus de quatre : le mot « gratuit » est très discriminant, précisément parce qu'il est trente fois plus fréquent dans les spams que dans les courriels légitimes.

e) Non, de peu : 0,8820{,}882 reste inférieur à 0,90{,}9. Le courriel n'est pas classé en spam sur ce seul indice. C'est justement pourquoi un filtre réel combine plusieurs mots, chaque nouvelle observation mettant à jour la probabilité obtenue à l'étape précédente.

Exercice 7 : Temps d'attente

Un service téléphonique est saturé. À chaque tentative d'appel, la probabilité d'obtenir la ligne est de 0,20{,}2, indépendamment des tentatives précédentes.

On note XX le rang de la première tentative réussie.

  • a) Exprimez P(X=k)P(X=k) en fonction de kk.
  • b) Calculez P(X=1)P(X=1) et P(X=3)P(X=3).
  • c) Calculez P(X>5)P(X>5) et interprétez.
  • d) Calculez P(X10)P(X\leq 10), arrondie au millième.
  • e) Calculez E(X)E(X) et interprétez.
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a) Pour que la première réussite ait lieu au rang kk, il faut k1k-1 échecs suivis d'une réussite : P(X=k)=0,8k1×0,2P(X=k)=0{,}8^{k-1}\times 0{,}2.

b) P(X=1)=0,2P(X=1)=0{,}2 et P(X=3)=0,82×0,2=0,64×0,2=0,128P(X=3)=0{,}8^{2}\times 0{,}2=0{,}64\times 0{,}2=0{,}128.

c) X>5X>5 signifie que les cinq premières tentatives ont échoué : P(X>5)=0,85=0,32768P(X>5)=0{,}8^{5}=0{,}32768. Autrement dit, environ une fois sur trois, cinq tentatives ne suffisent pas.

d) P(X10)=1P(X>10)=10,81010,1074=0,893P(X\leq 10)=1-P(X>10)=1-0{,}8^{10}\approx 1-0{,}1074=0{,}893.

e) E(X)=10,2=5E(X)=\frac{1}{0{,}2}=5 : il faut en moyenne 5 tentatives pour obtenir la ligne. On notera que la valeur la plus probable est pourtant k=1k=1 : la distribution est décroissante, mais sa longue queue tire la moyenne vers le haut.

Exercice 8 : Ajustement affine, corrélation et causalité

On relève, pour cinq mois consécutifs, le budget publicitaire xx en milliers de dollars et les ventes yy en milliers d'unités.

xx12345
yy2,13,96,27,810,1
  • a) Calculez les moyennes x\overline{x} et y\overline{y}.
  • b) Calculez la pente de la droite d'ajustement par moindres carrés, sachant qu'elle vaut (xix)(yiy)(xix)2\frac{\sum(x_{i}-\overline{x})(y_{i}-\overline{y})}{\sum(x_{i}-\overline{x})^{2}}.
  • c) Déduisez-en l'équation de la droite d'ajustement.
  • d) Estimez les ventes pour un budget de 6 milliers de dollars.
  • e) Le responsable conclut : « augmenter le budget publicitaire cause une hausse des ventes ». Cette conclusion est-elle justifiée par ces données seules ?
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a) x=1+2+3+4+55=3\overline{x}=\frac{1+2+3+4+5}{5}=3 et y=30,15=6,02\overline{y}=\frac{30{,}1}{5}=6{,}02.

b) Le numérateur vaut (2)(3,92)+(1)(2,12)+0+(1)(1,78)+(2)(4,08)=7,84+2,12+0+1,78+8,16=19,9(-2)(-3{,}92)+(-1)(-2{,}12)+0+(1)(1{,}78)+(2)(4{,}08)=7{,}84+2{,}12+0+1{,}78+8{,}16=19{,}9. Le dénominateur vaut 4+1+0+1+4=104+1+0+1+4=10. La pente est donc 19,910=1,99\frac{19{,}9}{10}=1{,}99.

c) La droite passe par le point moyen : 6,02=1,99×3+b6{,}02=1{,}99\times 3+b, donc b=6,025,97=0,05b=6{,}02-5{,}97=0{,}05. L'équation est y=1,99x+0,05y=1{,}99x+0{,}05.

d) Pour x=6x=6 : y=1,99×6+0,05=11,99y=1{,}99\times 6+0{,}05=11{,}99 milliers d'unités.

e) Non. Les données montrent une corrélation très forte, mais la corrélation ne suffit jamais à établir la causalité. Plusieurs autres explications restent possibles : une tendance saisonnière qui ferait monter les deux ensemble, une croissance générale du marché, ou même une causalité inverse si le budget publicitaire est fixé en proportion des ventes du mois précédent. Pour conclure à une causalité, il faudrait une expérience contrôlée, en faisant varier le budget indépendamment du reste.

Exercice 9 : Courbe de Lorenz et indice de Gini

Dans un pays, la population est partagée en cinq groupes de taille égale, classés du plus pauvre au plus riche. Leurs parts respectives du revenu total sont 5 %, 10 %, 15 %, 25 % et 45 %.

  • a) Calculez les parts cumulées de revenu et donnez les cinq points de la courbe de Lorenz.
  • b) Que vaudrait la courbe de Lorenz dans une situation d'égalité parfaite ?
  • c) Calculez l'aire sous la courbe de Lorenz par la méthode des trapèzes.
  • d) Déduisez-en l'indice de Gini.
  • e) Interprétez la valeur obtenue.
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a) Les parts cumulées sont 5 %, 15 %, 30 %, 55 % et 100 %. Les points de la courbe de Lorenz sont donc (0,2 ; 0,05)(0{,}2\ ;\ 0{,}05), (0,4 ; 0,15)(0{,}4\ ;\ 0{,}15), (0,6 ; 0,30)(0{,}6\ ;\ 0{,}30), (0,8 ; 0,55)(0{,}8\ ;\ 0{,}55) et (1 ; 1)(1\ ;\ 1), en partant de l'origine (0 ; 0)(0\ ;\ 0).

b) Dans une égalité parfaite, chaque groupe de 20 % de la population détiendrait 20 % du revenu : la courbe serait la première bissectrice, d'équation y=xy=x.

c) On additionne les aires des cinq trapèzes de largeur 0,20{,}2 : 0,2×(0+0,052+0,05+0,152+0,15+0,302+0,30+0,552+0,55+12)=0,2×(0,025+0,1+0,225+0,425+0,775)=0,2×1,55=0,310{,}2\times\left(\frac{0+0{,}05}{2}+\frac{0{,}05+0{,}15}{2}+\frac{0{,}15+0{,}30}{2}+\frac{0{,}30+0{,}55}{2}+\frac{0{,}55+1}{2}\right)=0{,}2\times(0{,}025+0{,}1+0{,}225+0{,}425+0{,}775)=0{,}2\times 1{,}55=0{,}31.

d) G=12×0,31=10,62=0,38G=1-2\times 0{,}31=1-0{,}62=0{,}38.

e) Un indice de 0,380{,}38 traduit une inégalité modérée. La valeur 0 correspondrait à une égalité parfaite, où tous auraient le même revenu, et la valeur 1 à une concentration totale, où une seule personne détiendrait tout. À titre de repère, les pays européens se situent souvent entre 0,250{,}25 et 0,350{,}35.

Exercice 10 : Lecture critique de statistiques

Chacune des affirmations suivantes, tirées d'articles réels, est trompeuse. Expliquez précisément pourquoi.

  • a) « Les villes où il y a le plus de pompiers sont celles où les incendies causent le plus de dégâts : les pompiers aggravent donc les incendies. »
  • b) « Notre sondage réalisé auprès des visiteurs de notre site montre que 92 % des gens adorent notre marque. »
  • c) « Le prix a baissé de 20 % puis augmenté de 20 % : il est revenu à sa valeur initiale. »
  • d) « Le nombre de cas a augmenté de 100 % cette semaine, la situation est hors de contrôle. »
  • e) « La moyenne des salaires de notre entreprise est de 85 000 dollars : nos employés sont bien payés. »
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a) C'est une confusion entre corrélation et causalité, avec une cause commune évidente : la taille de la ville. Les grandes villes ont plus de pompiers ET plus d'incendies importants. Le lien statistique est réel, l'interprétation causale est absurde, et elle est même inversée puisque les pompiers réduisent les dégâts.

b) L'échantillon n'est pas représentatif : interroger les visiteurs du site d'une marque, ce sont par construction des personnes déjà intéressées par elle. C'est un biais de sélection. Pour mesurer l'opinion générale, il faudrait interroger un échantillon de la population entière, pas des personnes recrutées sur le lieu même de l'engagement.

c) Faux. Un prix de 100 baisse de 20 % à 80, puis augmente de 20 % de 80, soit +16+16, pour atteindre 96. On ne retrouve pas 100. Les pourcentages ne s'additionnent pas, parce qu'ils s'appliquent à des bases différentes : la seconde hausse porte sur un montant déjà réduit.

d) L'affirmation est inexploitable sans la valeur absolue. Passer de 2 à 4 cas est une hausse de 100 %, tout comme passer de 5000 à 10 000. Un pourcentage de variation doit toujours être accompagné de l'effectif de départ, sans quoi il ne renseigne sur rien.

e) La moyenne est très sensible aux valeurs extrêmes. Si quelques dirigeants gagnent plusieurs centaines de milliers de dollars, ils tirent la moyenne vers le haut alors que la majorité gagne bien moins. Il faudrait donner la médiane, qui indique le salaire du milieu, et idéalement la distribution complète. C'est le même phénomène que celui observé à l'exercice 5.

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