Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Fiche de révision : probabilités et statistiques (maths complémentaires)
Les probabilités des maths complémentaires servent à décider : un test de dépistage, un contrat d'assurance, une surréservation, une pièce suspecte. La difficulté n'est presque jamais le calcul, qui tient en quelques multiplications, mais la lecture : de quel événement parle-t-on, sachant quoi, et quelle expérience produit la variable qu'on étudie.
Cette fiche liste les erreurs qui reviennent, avec la phrase exacte qui les remet : sur les arbres et l'inversion du conditionnement, sur les lois discrètes du programme (uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique), sur les intervalles P(X∈I)≥1−α et sur la corrélation. Elle donne l'arbre de choix d'une loi, la rédaction d'une décision par intervalle, et un test de dépistage décortiqué jusqu'à un résultat qui surprend presque tout le monde.
Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Le fil du chapitre
PA(B) et PB(A) sont deux nombres différents, et les confondre est l'erreur la plus coûteuse du chapitre : c'est elle qui fait croire qu'un test positif signifie presque à coup sûr qu'on est malade. Pour les lois discrètes, le même réflexe de lecture : nommer la loi AVANT de calculer, en disant quelle expérience la produit, puis dire ce qu'un nombre prouve et ce qu'il ne prouve pas.
•Sur une branche partant d'un noeud, on lit une probabilité CONDITIONNELLE, sachant tout ce qui précède sur le chemin.
•La somme des probabilités des branches issues d'un même noeud vaut toujours 1.
•Un CHEMIN complet se calcule en MULTIPLIANT les probabilités rencontrées : c'est P(A∩B)=P(A)×PA(B).
•Plusieurs chemins menant au même événement s'ADDITIONNENT : c'est la formule des probabilités totales.
Les deux premières branches se somment à 1, et les deux branches issues de chaque noeud aussi. Deux chemins mènent à un test positif : c'est leur SOMME qui donnera la probabilité d'un test positif.
La règle tient en deux mots : le long d'un chemin, on multiplie; entre plusieurs chemins, on additionne. Toutes les questions du chapitre se ramènent à ces deux gestes.
Les trois formules, et ce qu'elles ne disent pas
•Conditionnelle : PA(B)=P(A)P(A∩B), donc P(A∩B)=P(A)×PA(B).
•Probabilités totales : si A1,…,An partitionnent l'univers, alors P(B)=∑P(Ai)×PAi(B). Toutes les branches, sans exception.
•Inférence bayésienne : PB(A)=P(B)P(A)×PA(B), ce qui met à jour une probabilité a priori en probabilité a posteriori.
•PA(B) et PB(A) sont deux nombres DIFFÉRENTS : ils ne coïncident que si P(A)=P(B).
•Valeurs prédictives d'un test : VPP=PT(M) et VPN=PT(M). Sensibilité PM(T) et spécificité PM(T) sont des qualités du test ; les valeurs prédictives, elles, dépendent de la prévalence P(M).
Corrélation, ajustement et causalité
•La droite d'ajustement par moindres carrés passe TOUJOURS par le point moyen (x;y), jamais nécessairement par l'origine.
•Un coefficient de corrélation proche de 1 en valeur absolue signale un alignement fort des points, rien de plus.
•Une corrélation forte n'établit JAMAIS une causalité : il peut exister une cause commune, un biais de sélection, ou un lien fortuit.
•Un ajustement n'est valable que sur le domaine des données : extrapoler bien au-delà n'a aucune garantie.
•Un nuage courbé se redresse par CHANGEMENT DE VARIABLE : si les rapports successifs sont à peu près constants, on ajuste z=lny par les moindres carrés, puis l'on revient à y=keax. Un r proche de ±1 ne choisit pas entre deux modèles.
Lois discrètes : la loi se nomme par l'expérience
•Loi UNIFORME sur {1,…,n} : un seul tirage équiprobable, P(X=k)=n1 et E(X)=2n+1, jamais 2n.
•Loi de BERNOULLI de paramètre p : une seule expérience à deux issues, X vaut 1 ou 0 ; E(X)=p, V(X)=p(1−p), σ(X)=p(1−p), maximal pour p=21.
•Coefficient binomial (kn) : le NOMBRE de chemins à k succès dans l'arbre de n épreuves. Triangle de Pascal (kn)=(k−1n−1)+(kn−1), symétrie (kn)=(n−kn).
•Loi BINOMIALE B(n;p) : n épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, on COMPTE les succès. P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k, avec E(X)=np.
•Loi GÉOMÉTRIQUE : on ATTEND le premier succès. P(X=k)=(1−p)k−1p, P(X>n)=(1−p)n, E(X)=p1, et absence de mémoire PX>n(X>n+m)=P(X>m), qui la caractérise.
•Espérance d'un gain : somme des gains multipliés par leurs probabilités, avec les pertes comptées NÉGATIVEMENT.
•Indice de Gini : G=1−2A, où A est l'aire sous la courbe de Lorenz. G=0 correspond à l'égalité parfaite, G=1 à l'inégalité maximale.
Chaque nombre est la somme des deux nombres situés au-dessus, 6+4=10 ; chaque ligne se lit dans les deux sens, (25)=(35)=10, et la ligne n somme à 2n.
Avant toute formule, une phrase : « X compte les succès de n épreuves indépendantes de même probabilité p, donc X suit B(n;p) ». C'est elle que le correcteur cherche d'abord.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Confondre les deux probabilités conditionnelles
toute la question, et une conclusion médicale gravement fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le test détecte 95% des malades, donc un test positif signifie qu'on est malade à 95%. »
Ce qu'il faut écrire
« PM(T)=0,95 et PT(M) sont deux nombres différents. La formule de Bayes donne PT(M)=0,04840,02×0,95≈0,39 : un test positif ne signifie la maladie que dans 39% des cas. »
Pourquoi : La maladie est rare, donc les faux positifs, prélevés sur les 98% de gens sains, sont plus nombreux que les vrais positifs. L'écart entre les deux conditionnelles vient entièrement de cette différence de taille des populations.
2.Oublier une branche dans la formule des probabilités totales
toute la question, et le calcul de Bayes qui suit devient faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« P(T)=P(M)×PM(T)=0,02×0,95=0,019. »
Ce qu'il faut écrire
« Il y a DEUX chemins menant à un test positif : P(T)=0,02×0,95+0,98×0,03=0,019+0,0294=0,0484. Les faux positifs comptent aussi. »
Pourquoi : La formule des probabilités totales additionne TOUS les chemins menant à l'événement. Oublier celui des faux positifs revient à supposer le test parfait, ce qui est précisément ce que l'énoncé nie.
3.Confondre une intersection et une conditionnelle
1 à 2 points, et un arbre mal lu jusqu'au bout
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La probabilité d'être malade ET d'avoir un test positif vaut 0,95. »
Ce qu'il faut écrire
« 0,95 est la probabilité d'un test positif SACHANT qu'on est malade. L'intersection vaut P(M∩T)=P(M)×PM(T)=0,02×0,95=0,019. »
Pourquoi : Une probabilité lue SUR une branche est conditionnelle; une probabilité obtenue en multipliant le long d'un chemin est une intersection. Les deux vivent au même endroit de l'arbre et se lisent différemment.
4.Additionner des probabilités d'événements non incompatibles
1 à 2 points, et parfois une probabilité supérieure à 1
Ce qu'il ne faut pas écrire
« P(A∪B)=P(A)+P(B). »
Ce qu'il faut écrire
« P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B) : on retire l'intersection, comptée deux fois. L'addition simple n'est valable que si A et B sont INCOMPATIBLES. »
Pourquoi : Deux événements qui peuvent se produire ensemble partagent une zone que la somme compte deux fois. Le contrôle est immédiat : une probabilité supérieure à 1 signale toujours cette erreur.
5.Déduire une causalité d'une corrélation
1 à 2 points, sur la question de commentaire
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le coefficient de corrélation vaut 0,98, donc la première grandeur CAUSE la seconde. »
Ce qu'il faut écrire
« Une corrélation forte signale seulement un alignement des points. Elle n'établit aucune causalité : il peut y avoir une cause commune, un biais de sélection, ou une coïncidence. »
Les points sont presque alignés et la droite passe par le point moyen (5;11). Rien ici ne dit laquelle des deux grandeurs agit sur l’autre.
Pourquoi : La corrélation est une propriété du nuage de points, symétrique en les deux variables : elle ne distingue même pas laquelle agirait sur l'autre. Seule une expérience contrôlée, ou un mécanisme connu, établit une causalité.
6.Faire passer la droite d'ajustement par l'origine
1 point, et une prévision décalée sur tout le domaine
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La droite de régression passe par l'origine, donc son équation est y=ax. »
Ce qu'il faut écrire
« Elle passe par le POINT MOYEN (x;y), ce qui n'est l'origine que si les deux moyennes sont nulles. Son équation est y=ax+b, avec b=y−ax. »
Pourquoi : La méthode des moindres carrés minimise la somme des écarts verticaux, ce qui force le passage par le point moyen. Rien n'oblige la droite à passer par l'origine, sauf coïncidence.
7.Calculer une espérance sans compter les pertes négativement
toute la question, et la conclusion sur l'équité est inversée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le joueur gagne 10 avec une probabilité 0,2 et perd 5 avec une probabilité 0,8 : E=10×0,2+5×0,8=6. »
Ce qu'il faut écrire
« Une perte se compte NÉGATIVEMENT : E=10×0,2+(−5)×0,8=2−4=−2. Le jeu est défavorable au joueur. »
Pourquoi : L'espérance est un gain moyen algébrique : les sorties d'argent y entrent avec un signe moins. Une espérance positive annoncée pour un jeu de casino devrait alerter à elle seule.
8.Inverser l'interprétation de l'indice de Gini
1 point, sur la question d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'indice de Gini vaut 0 : la répartition est donc totalement inégale. »
Ce qu'il faut écrire
« G=0 correspond à l'ÉGALITÉ PARFAITE, la courbe de Lorenz étant alors confondue avec la diagonale. G=1 correspond à l'inégalité maximale, une seule personne détenant tout. »
Plus la courbe s’écarte de la diagonale, plus la répartition est inégale. L’aire hachurée donne ici un indice de 31.
Pourquoi : L'indice mesure l'ÉCART à la diagonale d'égalité : plus il est grand, plus la répartition est concentrée. Un pays réel se situe généralement entre 0,25 et 0,60.
9.Prendre n sur 2 pour l'espérance d'une loi uniforme
1 point, et tout calcul de gain moyen qui en découle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« X suit la loi uniforme sur {1,…,12}, donc E(X)=212=6. »
Ce qu'il faut écrire
« E(X)=121(1+2+⋯+12)=121×212×13=213=6,5 : les valeurs vont de 1 à 12, leur milieu est 6,5. »
Pourquoi : La formule 2n serait celle de valeurs allant de 0 à n. La démonstration par 1+2+⋯+n=2n(n+1) tient en une ligne et évite l'erreur.
10.Prendre la symétrie des coefficients pour celle des probabilités
toute la question, et un intervalle faux s'il en dépend
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (15)=(45), donc pour X de loi B(5;0,3), P(X=1)=P(X=4). »
Ce qu'il faut écrire
« Les coefficients sont égaux, mais P(X=1)=5×0,3×0,74≈0,360 alors que P(X=4)=5×0,34×0,7≈0,028. Les probabilités ne sont symétriques que si p=21. »
Pourquoi : (kn) compte des CHEMINS ; la probabilité de chaque chemin, pk(1−p)n−k, n'est la même pour k et n−k que si p=1−p.
11.Donner toute la marge alpha à chaque queue de l'intervalle
toute la question, et la décision qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour X de loi B(100;0,5) et α=0,05 : P(X≤41)≈0,0443≤0,05, donc I=[42;58]. »
Ce qu'il faut écrire
« Les deux queues se partagent α : il faut P(X≤50−h−1)≤0,025. Or P(X≤39)≈0,0176 et P(X≤40)≈0,0284, donc I=[40;60] et P(X∈I)=1−2×0,0176≈0,965. »
Pourquoi : Avec [42;58], P(X∈I)=1−2×0,0443≈0,911 : on ne tient pas 0,95. Un intervalle centré laisse DEUX queues ; seul un intervalle [0;k], comme en surréservation, donne toute la marge à un seul côté.
12.Conclure qu'un résultat dans l'intervalle prouve l'hypothèse
1 point sur la conclusion, souvent la moitié de la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On a obtenu 56 piles sur 100, dans I=[40;60] : la pièce est donc équilibrée. »
Ce qu'il faut écrire
« 56∈[40;60] : au seuil de 5 pour cent, on NE REJETTE PAS l'hypothèse que la pièce est équilibrée. Cela ne prouve pas qu'elle l'est. »
Pourquoi : Une pièce légèrement déséquilibrée tombe très souvent dans I. Seul un résultat hors de I permet de conclure, et encore avec un risque d'erreur de 5 pour cent.
13.Attendre une crue comme un rendez-vous
1 à 2 points sur l'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La crue de période de retour 50 ans n'est pas venue depuis 45 ans : elle est imminente. »
Ce qu'il faut écrire
« La loi géométrique est sans mémoire : la probabilité d'au moins une crue dans les 5 années qui viennent vaut 1−0,985≈0,096, comme à n'importe quel moment. »
Pourquoi : PX>n(X>n+m)=qnqn+m=qm=P(X>m) : le passé ne change rien au temps qu'il reste à attendre. La période de retour p1 est une moyenne, pas un calendrier.
14.Croire qu'une valeur prédictive ne dépend que du test
toute la question d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le test a une sensibilité de 0,9 et une spécificité de 0,95 : un résultat positif est fiable partout. »
Ce qu'il faut écrire
« VPP=0,85x+0,050,9x dépend de la prévalence x : environ 0,15 si x=0,01, environ 0,89 si x=0,3. »
Sensibilité 0,9 et spécificité 0,95 fixées : la valeur prédictive positive monte de 0,15 à 0,89 quand la prévalence passe de 1 à 30 pour cent.
Pourquoi : Sensibilité et spécificité se mesurent SACHANT l'état ; la valeur prédictive se lit SACHANT le résultat, et Bayes y fait entrer la probabilité a priori. Même test, deux populations, deux conclusions.
15.Prendre un coefficient de corrélation proche de 1 pour la preuve du modèle affine
1 à 2 points, et une extrapolation absurde
Ce qu'il ne faut pas écrire
« r≈0,99, donc le modèle affine est le bon, et l'on peut prévoir loin des données. »
Ce qu'il faut écrire
« r mesure l'alignement des données OBSERVÉES. Les points (x;1,2x) pour x de 0 à 5, parfaitement exponentiels, donnent déjà r≈0,991. On choisit le modèle par la forme du nuage et le sens du phénomène. »
Pourquoi : Sur une plage courte, presque toute courbe monotone ressemble à une droite. Des rapports successifs constants signalent une exponentielle : on ajuste alors lny, qui donne r=1 ici.
Quelle méthode choisir
Quelle formule selon la formulation de l'énoncé
Le mot employé dit s'il s'agit d'une intersection, d'une conditionnelle ou d'une réunion.
Si « la probabilité que A ET B se produisent » → INTERSECTION : P(A∩B)=P(A)×PA(B), c'est-à-dire un produit le long d'un chemin
Si « sachant que », « parmi les », « chez les » → CONDITIONNELLE : on se restreint à la sous-population, et la probabilité se lit sur une branche
Exemple : « parmi les malades, 95% ont un test positif » donne PM(T)=0,95
Si « la probabilité que A OU B » → RÉUNION : P(A)+P(B)−P(A∩B), et l'on ne retire rien que si les événements sont incompatibles
Si l'événement peut survenir par plusieurs chemins de l'arbre → probabilités TOTALES : on additionne les produits de tous les chemins qui y mènent
Si l'énoncé donne un résultat et demande la cause → BAYES : PB(A)=P(B)P(A)×PA(B), et le dénominateur se calcule par les probabilités totales
C'est le cas du test de dépistage : on connaît le résultat du test et l'on cherche l'état du patient.
Si l'énoncé demande un nombre de succès sur n essais → loi BINOMIALE; s'il demande le rang du premier succès, loi GÉOMÉTRIQUE
Le repère qui tranche : une conditionnelle change la POPULATION de référence, une intersection non. « Parmi les malades » restreint à une sous-population; « malade et positif » compte dans la population entière.
Comment lire un nuage de points
On regarde d'abord la forme, puis on décide ce qu'on a le droit d'en conclure.
Si les points s'alignent autour d'une droite → ajustement AFFINE, avec une droite qui passe par le point moyen
Si les points s'alignent une fois le logarithme pris en ordonnée → modèle EXPONENTIEL : logy affine en x
Si le coefficient de corrélation est proche de 1 en valeur absolue → l'ajustement affine est pertinent, mais cela ne dit RIEN d'une causalité
Si l'énoncé demande une PRÉVISION dans le domaine des données → interpolation : on substitue dans l'équation de la droite, ce qui est légitime
Si l'énoncé demande une prévision bien au-delà des données → extrapolation : on donne la valeur ET on signale que rien ne garantit la validité du modèle
Si l'énoncé demande de commenter un lien → évoquer explicitement les trois explications possibles : causalité, cause commune, coïncidence
La question de commentaire vaut souvent autant que tous les calculs réunis. Elle attend le mot « corrélation n'est pas causalité », mais accompagné d'une explication concrète tirée du contexte de l'énoncé.
Quelle loi discrète selon l'expérience décrite
On ne regarde pas la formule qu'on aimerait appliquer, on regarde ce que fait l'expérience.
Si un seul tirage, n valeurs équiprobables → loi UNIFORME sur {1,…,n}
Exemple : dé à 12 faces : E=213=6,5
Si une seule expérience, deux issues, succès codé 1 → loi de BERNOULLI de paramètre p
Exemple : p=0,3 : E=0,3, σ=0,21≈0,46
Si « on répète n fois, de façon indépendante, et l'on compte » → loi BINOMIALE B(n;p), coefficients par le triangle de Pascal
Exemple : (25)=10 chemins à deux succès
Si « jusqu'au premier succès », « rang de la première fois » → loi GÉOMÉTRIQUE, avec P(X > n) pour tout « au moins une fois »
Exemple : p=0,02 : P(X>5)=0,985≈0,904
Si l'énoncé dit « sans mémoire » et demande la loi → montrer que P(X>n) est géométrique de raison P(X>1) : c'est la caractérisation
P(X>n+1)=P(X>n)×P(X>1), puis P(X=k)=P(X>k−1)−P(X>k)
Si « construire I tel que P(X∈I)≥1−α » → centré en np si l'on teste une symétrie, deux queues d'au plus 2α ; de la forme [0;k] si un seul côté gêne, une queue d'au plus α
Si aucune branche ne s'applique, les épreuves ne sont sans doute pas indépendantes, ou la probabilité change d'une épreuve à l'autre : aucune de ces lois ne convient, on revient à l'arbre pondéré.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Exploiter un arbre pondéré
Quand l'utiliser : L'exercice type du chapitre : deux caractères croisés, un dépistage, un contrôle qualité.
1DÉFINIR les événements avec des lettres et une phrase : « M : la personne est malade; T : le test est positif ».
2Construire l'arbre en plaçant sur chaque branche la probabilité conditionnelle correspondante, et vérifier que chaque noeud somme à 1.
3Traduire chaque question en événement, en repérant si c'est une intersection, une conditionnelle ou une réunion.
4Calculer les intersections en multipliant le long des chemins.
5Calculer les probabilités totales en additionnant TOUS les chemins menant à l'événement.
6Pour une probabilité inversée, appliquer Bayes, puis INTERPRÉTER le résultat dans le contexte.
Phrase de conclusion
Deux chemins mènent à un test positif, donc P(T)=P(M)×PM(T)+P(M)×PM(T)=0,02×0,95+0,98×0,03=0,0484.
Le piège : Écrire directement les nombres sans définir les événements. Le correcteur ne peut alors pas savoir si 0,95 est une conditionnelle ou une intersection, et le point de rédaction est perdu même si le calcul est juste.
Barème : 0,5 point pour la définition des événements, 1 point pour l'arbre complet, 1 point par probabilité calculée, 1 point pour l'interprétation finale.
Calculer et interpréter une espérance
Quand l'utiliser : Un jeu, un contrat d'assurance, une décision économique.
1Définir la variable aléatoire et dire ce qu'elle mesure, avec son unité.
2Dresser le TABLEAU de la loi : toutes les valeurs possibles, avec leurs probabilités.
3Vérifier que la somme des probabilités vaut exactement 1.
4Calculer E(X)=∑xiP(X=xi), en comptant les pertes NÉGATIVEMENT.
5Donner le résultat avec son unité, et préciser qu'il s'agit d'un gain moyen sur un grand nombre de parties.
6Conclure sur l'équité : un jeu est équitable si et seulement si son espérance est nulle.
Phrase de conclusion
L'espérance vaut E(X)=10×0,2+(−5)×0,8=−2 dollars : sur un grand nombre de parties, le joueur perd en moyenne deux dollars par partie, le jeu lui est donc défavorable.
Le piège : Interpréter l'espérance comme un gain garanti. C'est une moyenne sur un TRÈS GRAND nombre de répétitions : sur une seule partie, elle ne prédit rien, et le joueur peut parfaitement gagner.
Barème : 0,5 point pour la variable définie, 1 point pour le tableau de loi, 1 point pour le calcul avec les signes, 1 point pour l'interprétation.
Construire un intervalle de probabilité au moins 1 − α, puis décider
Quand l'utiliser : Tester une pièce, un dé, un taux annoncé ; régler une surréservation.
1Nommer la loi SOUS L'HYPOTHÈSE testée : « si la pièce est équilibrée, X suit B(100;0,5) ».
2Dire la forme de l'intervalle et pourquoi : centré si les deux écarts comptent, [0;k] si un seul côté pose problème.
3Traduire la condition sur les queues : P(X≤a−1)≤2α de chaque côté pour un intervalle centré, P(X≤k)≥1−α pour [0;k].
4Lire les valeurs P(X≤k) à la calculatrice et donner le PREMIER entier qui convient, avec la valeur voisine qui ne convient pas.
5Énoncer la règle de décision AVANT de regarder l'observation, puis l'appliquer.
Phrase de conclusion
« P(X≤39)≈0,0176≤0,025<P(X≤40)≈0,0284, donc I=[40;60] et P(X∈I)≈0,965≥0,95. L'observation 65 n'appartient pas à I : on rejette l'hypothèse au seuil de 5 pour cent. »
Le piège : Conclure « la pièce est équilibrée » quand l'observation tombe dans I. On écrit seulement qu'on ne rejette pas l'hypothèse.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier que chaque noeud de l'arbre somme à 1
Les branches issues d'un même point forment un système complet : leurs probabilités s'additionnent à 1. Un noeud qui ne somme pas à 1 contient une erreur de lecture.
0,95+0,05=1 pour les malades, et 0,03+0,97=1 pour les sains : l'arbre est cohérent.
Contrôler qu'une probabilité reste entre 0 et 1
Toute probabilité calculée doit tomber dans cet intervalle. Un dépassement signale presque toujours une addition d'événements non incompatibles.
P(A)+P(B)=1,1 pour deux événements compatibles : il fallait retirer l'intersection.
Recouper les probabilités totales
La somme des probabilités de tous les chemins de l'arbre doit valoir exactement 1. C'est le contrôle le plus complet, et il valide l'arbre entier.
0,019+0,001+0,0294+0,9506=1 : les quatre chemins sont corrects.
Comparer les deux probabilités conditionnelles
PA(B) et PB(A) ne coïncident que si P(A)=P(B). Un exercice de dépistage donne toujours deux valeurs très différentes, et il faut vérifier laquelle est demandée.
PM(T)=0,95 contre PT(M)=0,39 : l'écart vient de la rareté de la maladie.
Vérifier que la droite d'ajustement passe par le point moyen
Substituer x dans l'équation trouvée doit donner exactement y. C'est une propriété de la méthode des moindres carrés, et elle valide l'équation.
2×5+1=11=y : l'équation est cohérente avec le nuage.
Une ligne du triangle de Pascal somme à 2 puissance n
L'arbre de n épreuves a 2n chemins, et chaque chemin a un nombre de succès : la somme de la ligne n doit valoir 2n, et la ligne doit se lire à l'identique dans les deux sens.
1+5+10+10+5+1=32=25 ; une ligne 1,5,10,5,1 trahit un coefficient oublié.
Une valeur prédictive positive augmente avec la prévalence
Calculer la valeur prédictive pour deux prévalences : elle doit croître quand la maladie devient plus fréquente. Une VPP égale à la sensibilité signale presque toujours les deux conditionnelles inversées.
0,15 à 1 pour cent, 0,89 à 30 pour cent : cohérent. Trouver 0,9 dans les deux cas, c'est avoir recopié la sensibilité.
L'exercice type décortiqué
Un test de dépistage, comme à l'examen
Une maladie touche 2% d'une population. Un test de dépistage est positif chez 95% des personnes malades, et négatif chez 97% des personnes saines. On choisit une personne au hasard; on note M l'événement « elle est malade » et T l'événement « son test est positif ».
L'arbre part de deux branches : P(M)=0,02 et P(M)=0,98. De M partent PM(T)=0,95 et PM(T)=0,05; de M partent PM(T)=0,03 et PM(T)=0,97.
Pourquoi
Le 0,03 vient de « négatif chez 97% des personnes saines » : c'est le complément à 1, et c'est le taux de faux positifs. Chaque noeud somme bien à 1.
Étape 2
P(M∩T)=P(M)×PM(T)=0,02×0,95=0,019.
Pourquoi
On multiplie le long du chemin : c'est la règle de l'arbre. Ce nombre représente la proportion de VRAIS positifs dans la population entière, soit 1,9 personne sur cent.
Étape 3
Le chemin des faux positifs donne P(M∩T)=0,98×0,03=0,0294.
Pourquoi
Ce nombre est PLUS GRAND que celui des vrais positifs, alors que le taux de faux positifs est de seulement 3% : c'est la taille de la population saine qui l'emporte, et c'est toute l'explication du résultat final.
Étape 4
Par la formule des probabilités totales : P(T)=0,019+0,0294=0,0484. Environ 4,8% des tests sont positifs.
Pourquoi
On additionne les DEUX chemins menant à un test positif. Oublier celui des faux positifs donnerait 0,019 et fausserait tout le calcul de Bayes.
Étape 5
PT(M)=P(T)P(M∩T)=0,04840,019≈0,39.
Pourquoi
C'est la formule de Bayes, écrite sous sa forme la plus simple : une intersection divisée par la probabilité de l'événement conditionnant. Le dénominateur est celui qu'on vient de calculer.
Étape 6
Interprétation : parmi les personnes dont le test est positif, environ 39% seulement sont réellement malades. Une majorité des tests positifs sont donc des FAUX positifs.
Pourquoi
La phrase reformule la conditionnelle dans le contexte : « parmi les personnes dont le test est positif ». C'est ce que le barème appelle interpréter, et c'est un point entier.
Étape 7
Ce résultat surprend parce qu'on confond spontanément PM(T)=0,95 et PT(M)=0,39. La maladie étant rare, les 3% de faux positifs prélevés sur 98% de la population donnent plus de cas que les 95% de vrais positifs prélevés sur 2%.
Pourquoi
L'explication doit être QUANTITATIVE : c'est le rapport des tailles de population, 98 contre 2, qui renverse la conclusion. Sans ce chiffre, la réponse reste une impression.
Étape 8
Contrôle : les quatre chemins somment à 0,019+0,001+0,0294+0,9506=1, ce qui valide l'arbre entier.
Pourquoi
Une addition de quatre nombres qui vérifie l'ensemble du travail. Un total différent de 1 signalerait une branche mal lue ou un produit faux.
Conclusion rédigée
Sur cette population, 4,8% des tests sont positifs, mais seuls 39% des personnes testées positives sont réellement malades : la rareté de la maladie fait que les faux positifs, issus d'une population saine seize fois plus nombreuse, dépassent les vrais positifs.
L'erreur classique sur cet exercice : Répondre 95% à la question 4, en reprenant la donnée de l'énoncé. C'est exactement l'inversion des deux conditionnelles, et elle conduit à une conclusion médicale opposée à la réalité.
À savoir par cœur
•Le long d'un CHEMIN on multiplie, entre plusieurs chemins on ADDITIONNE.
•P(A∩B)=P(A)×PA(B) : une branche porte une conditionnelle, un chemin donne une intersection.
•Probabilités totales : additionner TOUS les chemins menant à l'événement, sans en oublier.
•PA(B) et PB(A) sont DIFFÉRENTS : Bayes fait passer de l'un à l'autre.
•P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B) : on ne retire rien que si les événements sont incompatibles.
•Espérance : les pertes se comptent NÉGATIVEMENT; un jeu est équitable si son espérance est nulle.
•Binomiale : nombre de succès sur n essais, E(X)=np. Géométrique : rang du premier succès, E(X)=p1.
•La droite d'ajustement passe par le POINT MOYEN, pas par l'origine.
•Corrélation n'est jamais causalité : cause commune, biais, ou coïncidence.
•Gini : G=0 pour l'égalité parfaite, G=1 pour l'inégalité maximale.
•Uniforme sur {1,…,n} : E=2n+1. Bernoulli : E=p, σ=p(1−p).
•(kn) compte des chemins : Pascal (k−1n−1)+(kn−1), symétrie (n−kn).
•Géométrique : P(X>n)=(1−p)n ; SANS MÉMOIRE, PX>n(X>n+m)=P(X>m).
•Intervalle centré : chaque queue au plus 2α ; intervalle [0;k] : une seule queue au plus α. Ne pas rejeter n'est pas prouver.
•Une valeur prédictive dépend de la prévalence ; sensibilité et spécificité, non.
Questions fréquentes
Pourquoi un test positif ne signifie-t-il pas qu'on est malade ?
Parce que la probabilité d'être positif sachant qu'on est malade et celle d'être malade sachant qu'on est positif sont deux nombres différents. Quand la maladie est rare, les faux positifs, prélevés sur une immense population saine, deviennent plus nombreux que les vrais positifs, et la probabilité a posteriori chute très en dessous de la sensibilité annoncée.
Comment lit-on un arbre pondéré ?
Chaque branche porte une probabilité conditionnelle, sachant tout ce qui précède sur le chemin. On multiplie les probabilités le long d'un chemin pour obtenir une intersection, et on additionne les chemins qui mènent au même événement. Les branches issues d'un même point somment toujours à un.
Quelle différence entre une intersection et une probabilité conditionnelle ?
Une intersection se calcule dans la population entière : c'est la proportion de gens qui vérifient les deux conditions. Une conditionnelle se calcule dans une sous-population : elle change la référence. Les mots sachant que, parmi les, ou chez les signalent toujours une conditionnelle.
Une corrélation forte prouve-t-elle une causalité ?
Non, jamais. La corrélation décrit seulement l'alignement des points d'un nuage, et elle est symétrique entre les deux variables : elle ne dit même pas laquelle agirait sur l'autre. Trois explications restent possibles : une vraie causalité, une cause commune aux deux grandeurs, ou une coïncidence.
Que veut dire qu'une loi géométrique est sans mémoire ?
Que le temps d'attente restant ne dépend pas du temps déjà écoulé. Si aucun succès n'est venu pendant n essais, la probabilité d'attendre encore m essais est la même qu'au départ. C'est une propriété de la loi géométrique, et c'est même la seule loi à valeurs entières qui l'ait : une crue attendue depuis longtemps n'est pas plus probable l'an prochain.
Comment construire un intervalle I tel que P(X dans I) soit au moins 1 moins alpha pour une loi binomiale ?
On lit les probabilités cumulées P(X inférieur ou égal à k) à la calculatrice. Pour un intervalle centré, on retire deux queues d'au plus alpha sur deux chacune ; pour un intervalle de 0 à k, on prend le plus petit k tel que P(X inférieur ou égal à k) atteigne 1 moins alpha. On donne toujours la valeur voisine qui ne convient pas.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Probabilités et statistiques
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Il manque quelque chose dans cette fiche ?Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?
Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.