Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : combinatoire et dénombrement (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur la combinatoire et le dénombrement, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Elle couvre le principe multiplicatif, les k-uplets ou listes avec et sans répétition, les permutations et la factorielle, les combinaisons et les coefficients binomiaux (nk)\binom{n}{k}, les parties d'un ensemble et leur nombre 2n2^{n}, et la formule de Pascal. À la fin de la série, vous savez compter des menus et des plaques d'immatriculation (exercice 1), des podiums et des codes (exercice 2), les anagrammes de TRIANGLE (exercice 3), des groupes de travail et des poignées de main (exercice 4), les parties de cardinal pair d'un ensemble (exercice 5), puis des comités sous contrainte par l'événement contraire (exercice 7) et des mains de cinq cartes, du full aux quatre as (exercice 10).

Tout le chapitre tient dans une seule question : est-ce que l'ordre compte, et est-ce qu'on peut répéter ? L'exercice 6 pose les quatre réponses possibles sur la même urne pour que la comparaison soit visible, et l'exercice 9 démonte le double comptage du « au moins un as », l'erreur qui coûte le plus de points au baccalauréat. Les classiques de la partie C ajoutent les lettres répétées et les chemins sur un quadrillage (exercice 11), les diagonales d'un polygone et les équipes avec ou sans nom (exercice 12), les codes PIN et les mots de passe (exercice 13), une urne tricolore avec et sans remise (exercice 14) et le loto (exercice 15). Comme au bac, où le dénombrement sert un exercice de probabilités, trois exercices se prolongent avec les outils de Première : le comité (exercice 7) par un bureau compté de deux façons, un test d'indépendance et la loi de l'écart à la parité, la main de cinq cartes (exercice 10) par la loi et l'espérance du nombre d'as puis une probabilité conditionnelle, et l'urne tricolore (exercice 14) par un jeu dont on étudie la loi du gain, l'espérance et la mise équitable.

La partie D suit le programme à la lettre : les deux démonstrations exigibles du chapitre, la somme d'une ligne du triangle de Pascal par dénombrement et la formule de Pascal par le calcul, puis les algorithmes du programme en Python, triangle de Pascal, parties et permutations. Son fil : une identité entre coefficients binomiaux se démontre en comptant le même ensemble de deux façons, le calcul la confirme, et l'algorithme la met en œuvre. Le binôme de Newton de l'exercice 8 n'est pas au programme de spécialité : il y est signalé comme approfondissement.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Probabilités et arbres à deux épreuves Troisième
  2. 2 Pourcentages et évolutions Seconde
  3. 3 Probabilités, modèle et loi des grands nombres Seconde
  4. 4 Les statistiques descriptives Seconde
  5. 5 Tableaux croisés et fréquences conditionnelles Seconde
  6. 6 Probabilités conditionnelles et arbres pondérés Seconde
  7. 7 Probabilités conditionnelles Première

Rappel de cours

  • • Principe multiplicatif : si un choix se fait en kk étapes indépendantes offrant n1, n2, …, nkn_{1},\ n_{2},\ \dots,\ n_{k} possibilités, le nombre total de résultats est n1×n2×⋯×nkn_{1}\times n_{2}\times\cdots\times n_{k}.
  • • Listes (l'ordre compte) de kk éléments d'un ensemble à nn éléments : nkn^{k} avec répétition, et n(n−1)⋯(n−k+1)=n!(n−k)!n(n-1)\cdots(n-k+1)=\frac{n!}{(n-k)!} sans répétition.
  • • Permutations : une liste de tous les éléments d'un ensemble à nn éléments, il y en a n!n!. Par convention 0!=10!=1.
  • • Combinaisons (l'ordre ne compte pas, pas de répétition) : (nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}, c'est le nombre de parties à kk éléments d'un ensemble à nn éléments.
  • • Symétrie (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k} et formule de Pascal (n−1k−1)+(n−1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}.
  • • Un ensemble à nn éléments possède 2n2^{n} parties, et ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n}.
  • • Approfondissement, hors programme de spécialité (programme de maths expertes) : binôme de Newton, (a+b)n=∑k=0n(nk)akbn−k(a+b)^{n}=\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}a^{k}b^{n-k}.
  • • Quand une contrainte commence par « au moins », passez presque toujours par l'événement contraire : compter directement conduit au double comptage.
  • • Démonstrations exigibles : ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n} PAR DÉNOMBREMENT, en comptant les parties d'un ensemble à nn éléments de deux façons, et la relation de Pascal par le calcul (réduction au dénominateur k! (n−k)!k!\,(n-k)!) comme par un argument de comptage.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Le principe multiplicatif

Un restaurant propose 4 entrées, 6 plats et 3 desserts.

  • a) Combien de menus complets (une entrée, un plat, un dessert) peut-on composer ?
  • b) Un client choisit une formule à deux services : soit entrée et plat, soit plat et dessert. Combien de formules possibles ?
  • c) Une plaque d'immatriculation est formée de 3 lettres suivies de 3 chiffres. Combien de plaques différentes peut-on fabriquer ?
  • d) Reprenez la question c) en imposant que les 3 lettres soient deux à deux distinctes.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 7272 menus
  • b) 4242 formules
  • c) 17 576 00017\,576\,000 plaques
  • d) 15 600 00015\,600\,000 plaques
a)

Composer un menu, c'est faire trois choix SUCCESSIFS et indépendants : l'entrée n'influence pas les plats disponibles. Le principe multiplicatif donne 4×6×3=724\times 6\times 3=72 menus. Le mot clé qui déclenche la multiplication est « et » : une entrée ET un plat ET un dessert.

b)

Les deux formules sont EXCLUSIVES, un client prenant l'une ou l'autre mais pas les deux, et l'on additionne donc les deux comptages : 4×6+6×3=24+18=424\times 6+6\times 3=24+18=42 formules. Le mot clé est ici « ou ». Il faut retenir la double règle qui structure tout le chapitre : le principe multiplicatif s'applique à l'intérieur d'un cas, entre des choix successifs, et le principe additif entre des cas disjoints. Une vérification s'impose toujours avant d'additionner, celle de la disjonction : si un même objet pouvait relever des deux cas, il serait compté deux fois, comme le montrera l'exercice 9.

c)

Chaque position de lettre offre 2626 choix et chaque position de chiffre en offre 1010, la répétition étant autorisée puisque rien ne l'interdit : 263×103=17 576×1 000=17 576 00026^{3}\times 10^{3}=17\,576\times 1\,000=17\,576\,000 plaques. L'exposant compte les POSITIONS et la base compte les VALEURS disponibles ; l'inversion des deux est une erreur si fréquente qu'elle fait l'objet d'une question entière à l'exercice 9.

d)

Les trois lettres forment maintenant une liste SANS répétition : la première offre 2626 choix, la deuxième seulement 2525 puisqu'une lettre est déjà utilisée, la troisième 2424. Cela donne 26×25×24=15 60026\times 25\times 24=15\,600 possibilités pour les lettres, puis 15 600×1 000=15 600 00015\,600\times 1\,000=15\,600\,000 plaques au total. On en perd donc 1 976 0001\,976\,000, soit environ 11,2 %11{,}2\ \% du total.

Ce pourcentage de perte est instructif et vaut d'être compris plutôt que subi. Il est faible parce que le réservoir de lettres, 2626, est grand devant le nombre de tirages, 33 : la probabilité de tomber deux fois sur la même lettre reste modeste. Si l'on tirait 33 lettres parmi un alphabet de 44 symboles seulement, la proportion de listes sans répétition tomberait à 4×3×243=2464=37,5 %\frac{4\times 3\times 2}{4^{3}}=\frac{24}{64}=37{,}5\ \%, et la perte dépasserait 60 %60\ \%. Plus le nombre de tirages se rapproche de la taille du réservoir, plus l'écart entre les deux modèles se creuse, ce que la question d) de l'exercice 2 va chiffrer sur un cas concret.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Listes avec et sans répétition

Soit EE un ensemble à 8 éléments.

  • a) Combien y a-t-il de listes de 3 éléments de EE, les répétitions étant autorisées ?
  • b) Combien y a-t-il de listes de 3 éléments de EE deux à deux distincts ? Exprimez le résultat à l'aide de factorielles.
  • c) Huit coureurs disputent une finale. Combien de podiums différents (or, argent, bronze) peut-on obtenir ?
  • d) Un code d'accès comporte 4 chiffres. On en choisit un au hasard. Quelle est la probabilité que ses 4 chiffres soient deux à deux distincts ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 83=5128^{3}=512
  • b) 8×7×6=8!5!=3368\times 7\times 6=\frac{8!}{5!}=336
  • c) 336336 podiums
  • d) 0,5040{,}504
a)

Trois choix libres parmi 88, la répétition étant autorisée : 83=5128^{3}=512 listes. On parle de pp-uplet, ou de liste avec répétition, et le modèle est celui du tirage AVEC REMISE.

b)

Sans répétition, chaque tirage réduit le réservoir d'une unité : 8×7×6=3368\times 7\times 6=336 listes. En factorielles, ce produit s'écrit 8!5!=40 320120=336\frac{8!}{5!}=\frac{40\,320}{120}=336, l'écriture n!(n−k)!\frac{n!}{(n-k)!} signifiant qu'on prend le produit descendant depuis nn et qu'on ÉLAGUE les facteurs de trop. Cette écriture n'est pas plus pratique à calculer que le produit direct, mais elle est indispensable pour la relation démontrée à l'exercice 6.

c)

Un podium est exactement une liste de 33 coureurs distincts pris parmi 88, car l'ordre des médailles COMPTE, l'or n'étant pas l'argent, et un coureur ne peut occuper deux places : 8×7×6=3368\times 7\times 6=336 podiums. C'est rigoureusement le même calcul qu'en b), sur un autre habillage. Ce constat est le cœur du chapitre : les énoncés varient à l'infini, les modèles sont au nombre de quatre, et tout l'exercice consiste à reconnaître lequel s'applique.

d)

Il y a 104=10 00010^{4}=10\,000 codes au total, chaque position offrant 1010 chiffres avec répétition. Les codes à chiffres deux à deux distincts sont au nombre de 10×9×8×7=5 04010\times 9\times 8\times 7=5\,040. La probabilité vaut donc 5 04010 000=0,504\frac{5\,040}{10\,000}=0{,}504, soit à peine plus d'une chance sur deux. La situation étant d'équiprobabilité, on est bien fondé à calculer le quotient des cardinaux.

Ce résultat surprend presque toujours, et c'est ce qui en fait un bon exercice : on s'attend intuitivement à une probabilité proche de 11, puisqu'il y a « beaucoup » de chiffres. La raison de l'écart est que la contrainte se resserre à chaque tirage. Le premier chiffre est libre, le deuxième a 910\frac{9}{10} de chances d'être neuf, le troisième 810\frac{8}{10}, le quatrième 710\frac{7}{10}, et le produit 1×0,9×0,8×0,7=0,5041\times 0{,}9\times 0{,}8\times 0{,}7=0{,}504 retrouve exactement le résultat ✓. Avec un code à 55 chiffres, on tomberait à 0,30240{,}3024, et dès 1111 chiffres la probabilité serait nulle, faute de chiffres disponibles.

Exercice 3 : Permutations et anagrammes

On considère le mot TRIANGLE, dont les 8 lettres sont deux à deux distinctes. Une anagramme est une permutation quelconque de ces 8 lettres, qu'elle ait un sens ou non.

  • a) De combien de façons peut-on ranger 7 livres différents sur une étagère ?
  • b) Combien le mot TRIANGLE possède-t-il d'anagrammes ?
  • c) Combien d'anagrammes de TRIANGLE commencent par une voyelle ?
  • d) Combien d'anagrammes de TRIANGLE ont leurs trois voyelles côte à côte ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 7!=5 0407!=5\,040
  • b) 8!=40 3208!=40\,320
  • c) 3×7!=15 1203\times 7!=15\,120
  • d) 6!×3!=4 3206!\times 3!=4\,320
a)

Ranger 77 livres différents, c'est les PERMUTER : 7!=5 0407!=5\,040 rangements. Une permutation n'est qu'un cas particulier de liste sans répétition, celui où l'on prend tous les éléments, avec k=nk=n.

b)

Le mot TRIANGLE comptant 88 lettres deux à deux distinctes, il possède 8!=40 3208!=40\,320 anagrammes. L'hypothèse de distinction est cruciale : pour un mot comportant des lettres répétées, comme MATHEMATIQUES, il faudrait diviser par les factorielles des multiplicités, sans quoi on compterait plusieurs fois la même anagramme.

c)

Les voyelles de TRIANGLE sont I, A et E, soit 33 voyelles pour 55 consonnes. On choisit la première lettre parmi ces 33, puis on permute librement les 77 lettres restantes : 3×7!=3×5 040=15 1203\times 7!=3\times 5\,040=15\,120 anagrammes. Contrôle de cohérence : cela représente exactement 38\frac{3}{8} du total, ce qui est conforme à l'intuition puisque chaque lettre a la même chance d'occuper la première place ✓.

d)

On applique la méthode du BLOC, qui est le geste à retenir pour toutes les contraintes d'adjacence. On agglomère les 33 voyelles en un seul objet ; il reste alors 66 objets à permuter, à savoir le bloc et les 55 consonnes T, R, N, G et L, soit 6!6! dispositions. Mais à l'intérieur du bloc, les 33 voyelles peuvent encore être permutées de 3!3! façons, et ces permutations internes donnent des mots différents. Le total est donc 6!×3!=720×6=4 3206!\times 3!=720\times 6=4\,320 anagrammes, soit environ 10,7 %10{,}7\ \% du total.

Le facteur 3!3! interne est l'oubli classique de cette question, et il divise la réponse par six. Un contrôle de plausibilité le détecte : sur 40 32040\,320 anagrammes, obtenir seulement 720720 avec les voyelles groupées reviendrait à 1,8 %1{,}8\ \%, ce qui est bien trop peu quand on songe qu'il y a 66 positions de départ possibles pour un bloc de trois lettres dans un mot de huit. La méthode du bloc se retient donc en deux temps, toujours dans le même ordre : permuter les objets EXTÉRIEURS en comptant le bloc pour un, puis permuter l'INTÉRIEUR du bloc, et multiplier.

Exercice 4 : Combinaisons : quand l'ordre ne compte pas

Une classe compte 30 élèves.

  • a) Combien de groupes de travail de 4 élèves peut-on former ?
  • b) On veut désigner un président, un secrétaire et un trésorier, trois rôles distincts tenus par trois élèves différents. Combien de bureaux possibles ?
  • c) Dix personnes se saluent, chacune serrant la main de chacune des autres exactement une fois. Combien de poignées de main ?
  • d) Sans calculer les deux nombres, expliquez pourquoi (3026)=(304)\binom{30}{26}=\binom{30}{4}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) (304)=27 405\binom{30}{4}=27\,405
  • b) 30×29×28=24 36030\times 29\times 28=24\,360
  • c) (102)=45\binom{10}{2}=45
  • d) Choisir 2626 présents, c'est choisir 44 absents
a)

Un groupe de travail n'a pas de hiérarchie : l'ordre à l'intérieur du groupe ne compte PAS, et l'on utilise donc une combinaison. (304)=30×29×28×274!=657 72024=27 405\binom{30}{4}=\frac{30\times 29\times 28\times 27}{4!}=\frac{657\,720}{24}=27\,405 groupes. La technique de calcul à la main mérite d'être notée : on écrit au numérateur kk facteurs descendants depuis nn, et au dénominateur k!k!, ce qui évite de manipuler 30!30!, un nombre à trente-trois chiffres.

b)

Ici l'ordre COMPTE, car les trois rôles ne sont pas interchangeables : être président n'est pas être trésorier. On dénombre donc une liste sans répétition : 30×29×28=24 36030\times 29\times 28=24\,360 bureaux. Comparaison éclairante avec (303)=4 060\binom{30}{3}=4\,060 : le rapport vaut exactement 24 3604 060=6=3!\frac{24\,360}{4\,060}=6=3!, qui est le nombre de façons de distribuer trois rôles distincts à un trio donné.

c)

Une poignée de main est une PAIRE non ordonnée, puisque A serrant la main de B est le même événement que B serrant la main de A : (102)=10×92=45\binom{10}{2}=\frac{10\times 9}{2}=45 poignées de main. La division par 22 corrige précisément le double comptage qu'aurait produit le raisonnement naïf « chacune des 1010 personnes serre 99 mains ».

d)

Choisir les 2626 élèves qui font partie de la délégation revient EXACTEMENT à choisir les 44 qui n'en font pas partie : les deux comptages décrivent la même situation vue des deux côtés, et à chaque choix de 2626 correspond un unique choix de 44, et réciproquement. D'où la symétrie (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}, ici (3026)=(304)=27 405\binom{30}{26}=\binom{30}{4}=27\,405.

Cette symétrie n'est pas qu'une élégance théorique, c'est un outil de calcul. Elle permet de toujours se ramener au plus petit des deux indices, donc de multiplier quatre facteurs au lieu de vingt-six. Elle explique aussi la forme en cloche du triangle de Pascal, dont chaque ligne est symétrique et culmine en son milieu, propriété qui sera exploitée à l'exercice 9. Enfin, la question d) illustre le raisonnement le plus puissant de la combinatoire : établir une BIJECTION entre deux façons de compter, plutôt que calculer les deux nombres et constater leur égalité.

Exercice 5 : Les parties d'un ensemble

Soit E={1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5}E=\{1\ ;\ 2\ ;\ 3\ ;\ 4\ ;\ 5\}.

  • a) Combien EE possède-t-il de parties ? Justifiez par un raisonnement de choix, sans énumérer.
  • b) Donnez le nombre de parties de EE de cardinal 00, 11, 22, 33, 44 puis 55, et vérifiez que la somme redonne le résultat de a).
  • c) Combien EE possède-t-il de parties de cardinal pair ?
  • d) Un ensemble a 1 024 parties. Quel est son cardinal ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 25=322^{5}=32
  • b) 11, 55, 1010, 1010, 55, 11 : somme 3232
  • c) 1616
  • d) 1010 éléments
a)

Construire une partie de EE, c'est prendre chaque élément l'un après l'autre et décider s'il y appartient OU NON : deux choix indépendants, répétés 55 fois. Le principe multiplicatif donne 25=322^{5}=32 parties. Ce raisonnement, qui remplace une énumération fastidieuse par une suite de décisions binaires, est le prototype du dénombrement par choix. L'ensemble vide, obtenu en refusant tous les éléments, et EE lui-même, obtenu en les acceptant tous, sont bien comptés parmi les 3232.

b)

On classe les parties par cardinal : (50)=1\binom{5}{0}=1 pour la partie vide, (51)=5\binom{5}{1}=5, (52)=10\binom{5}{2}=10, (53)=10\binom{5}{3}=10, (54)=5\binom{5}{4}=5 et (55)=1\binom{5}{5}=1. La somme vaut 1+5+10+10+5+1=321+5+10+10+5+1=32, en accord avec a) ✓. On vient d'illustrer l'identité ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n}, et surtout de la DÉMONTRER : les deux questions comptent le même ensemble de deux manières, globalement puis par tranches, et l'égalité des résultats est automatique.

c)

Un cardinal pair correspond à k∈{0 ; 2 ; 4}k\in\{0\,;\,2\,;\,4\}, d'où 1+10+5=161+10+5=16 parties. On obtient exactement la moitié du total, et ce n'est pas une coïncidence : 16=24=25−116=2^{4}=2^{5-1}. Les parties de cardinal impair sont elles aussi au nombre de 5+10+1=165+10+1=16 ✓, et l'égalité vaut pour tout ensemble NON VIDE, ce que l'exercice 8 démontrera par le binôme.

d)

On cherche nn tel que 2n=1 0242^{n}=1\,024. Comme 210=1 0242^{10}=1\,024, l'ensemble possède 1010 éléments. On peut aussi le lire comme une équation logarithmique, n=ln⁡1 024ln⁡2=10n=\frac{\ln 1\,024}{\ln 2}=10, mais la reconnaissance directe des puissances de 22 est plus rapide et il vaut la peine de les connaître jusqu'à 2102^{10}.

Une intuition à conserver : le nombre de parties CROÎT DE FAÇON EXPONENTIELLE avec la taille de l'ensemble, alors que le nombre de parties d'un cardinal fixé ne croît que polynomialement. Un ensemble à 2020 éléments a déjà plus d'un million de parties, et un ensemble à 3030 éléments plus d'un milliard. C'est ce qui rend toute énumération exhaustive impraticable dès que nn dépasse la trentaine, et c'est pour cela que l'on compte au lieu d'énumérer.

chaque élément de E est dans la partie, ou il n'y est pas1ouinon×2ouinon×3ouinon×4ouinon×5ouinon2 × 2 × 2 × 2 × 2 = 2⁵ = 32 parties

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Les quatre modèles sur la même urne

Une urne contient 10 boules numérotées de 1 à 10. On en prélève 3 selon quatre protocoles différents.

Pour chaque protocole, dites si l'ordre compte et si la répétition est possible, puis donnez le nombre de résultats.

  • a) On tire une boule, on note son numéro, on la remet, et on recommence trois fois.
  • b) On tire trois boules une à une sans remise, en notant l'ordre de sortie.
  • c) On plonge la main et on retire trois boules d'un seul coup.
  • d) Vérifiez que les résultats de b) et de c) sont liés par un facteur simple, et expliquez ce facteur.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 103=1 00010^{3}=1\,000
  • b) 720720
  • c) (103)=120\binom{10}{3}=120
  • d) 720=120×3!720=120\times 3!
a)

On tire avec REMISE et l'on note l'ordre de sortie : l'ordre compte, la répétition est possible. C'est une liste de 33 éléments parmi 1010 avec répétition, soit 103=1 00010^{3}=1\,000 résultats. La remise est ce qui rend la répétition possible ; c'est le seul détail de l'énoncé à surveiller.

b)

On tire SANS remise en notant l'ordre : l'ordre compte, la répétition est impossible. C'est une liste sans répétition, soit 10×9×8=72010\times 9\times 8=720 résultats, ce qui s'écrit aussi 10!7!\frac{10!}{7!}.

c)

On retire les trois boules d'un seul coup : il n'y a plus d'ordre de sortie, et une boule ne peut évidemment pas être prise deux fois. L'ordre ne compte pas, la répétition est impossible : c'est une combinaison, (103)=10×9×83!=7206=120\binom{10}{3}=\frac{10\times 9\times 8}{3!}=\frac{720}{6}=120 résultats.

d)

On constate que 720=120×6=120×3!720=120\times 6=120\times 3!. L'explication est directe : à chaque poignée de 33 boules correspondent 3!=63!=6 ordres de sortie possibles, de sorte que le tirage successif sans remise compte SIX FOIS chaque poignée. C'est la relation générale n!(n−k)!=(nk)×k!\frac{n!}{(n-k)!}=\binom{n}{k}\times k!, et c'est elle qui justifie le k!k! au dénominateur de la combinaison : la combinaison n'est rien d'autre que la liste ordonnée dont on a effacé l'ordre.

Le quatrième modèle, celui où l'ordre ne compte pas mais où la répétition est possible, n'est pas au programme de Terminale, et c'est heureux car sa formule est nettement moins naturelle que les trois autres. La méthode de travail à retenir tient donc en deux questions à se poser AVANT tout calcul, dans cet ordre. L'ordre compte-t-il, c'est-à-dire deux tirages contenant les mêmes objets rangés autrement sont-ils différents ? La répétition est-elle possible, autrement dit y a-t-il remise ? Les réponses fixent le modèle, et le modèle fixe la formule. Un mot d'énoncé suffit souvent à trancher : « successivement » ou « rangés » annoncent l'ordre, « simultanément » ou « une poignée » l'excluent, « avec remise » autorise la répétition.

la même urne de 10 boules, quatre protocolesavec remisesans remisel'ordre comptel'ordre ne compte pasa) 1 00010³b) 72010 × 9 × 8horsprogrammec) 120C(10,3)d) 720 = 120 × 3! : effacer l'ordre divise par 3!

Exercice 7 : Dénombrer sous contrainte

Un club de 13 membres, 7 femmes et 6 hommes, élit un comité de 5 personnes. Tous les membres sont éligibles et le comité n'a pas de rôles distincts.

  • a) Combien de comités différents peut-on former ?
  • b) Combien de comités comptent exactement 3 femmes ?
  • c) Combien de comités comptent au moins une femme ?
  • d) Combien de comités comptent au moins 3 femmes ?
  • e) Une fois élu, le comité désigne en son sein un président et un secrétaire, deux personnes distinctes. Combien de bureaux différents (un comité, son président et son secrétaire) peut-on obtenir ? Montrez que l'on trouve le même nombre en choisissant d'abord le président et le secrétaire parmi les 1313 membres.
  • f) On choisit désormais un comité au hasard parmi les 1 2871\,287 comités, tous équiprobables. Alice et Bruno sont deux membres du club. On note AA l'événement « Alice fait partie du comité » et BB l'événement « Bruno fait partie du comité ». Calculez P(A)P(A) et P(A∩B)P(A\cap B). Les événements AA et BB sont-ils indépendants ?
  • g) On note FF le nombre de femmes du comité, HH son nombre d'hommes, et T=∣F−H∣T=|F-H| l'écart à la parité. Montrez que TT prend les valeurs 11, 33 et 55, puis donnez la loi de TT.
  • h) Calculez E(T)E(T).
  • i) Le comité est aussi équilibré que possible, c'est-à-dire T=1T=1. Quelle est la probabilité que les femmes y soient majoritaires ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
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Réponses

  • a) (135)=1 287\binom{13}{5}=1\,287
  • b) 35×15=52535\times 15=525
  • c) 1 287−6=1 2811\,287-6=1\,281
  • d) 525+210+21=756525+210+21=756
  • e) 1 287×5×4=13×12×(113)=25 7401\,287\times 5\times 4=13\times 12\times\binom{11}{3}=25\,740 bureaux
  • f) P(A)=513P(A)=\frac{5}{13}, P(A∩B)=539≠25169P(A\cap B)=\frac{5}{39}\ne\frac{25}{169} : pas indépendants
  • g) P(T=1)=105143P(T=1)=\frac{105}{143}, P(T=3)=35143P(T=3)=\frac{35}{143}, P(T=5)=3143P(T=5)=\frac{3}{143}
  • h) E(T)=225143≈1,5734E(T)=\frac{225}{143}\approx 1{,}5734
  • i) PT=1(F=3)=59≈0,5556P_{T=1}(F=3)=\frac{5}{9}\approx 0{,}5556
a)

Le comité n'a pas de rôles distincts, donc l'ordre ne compte pas : (135)=1 287\binom{13}{5}=1\,287 comités.

b)

On décompose en deux choix indépendants, puis on multiplie : 33 femmes parmi 77, soit (73)=35\binom{7}{3}=35, et 22 hommes parmi 66, soit (62)=15\binom{6}{2}=15. Le principe multiplicatif donne 35×15=52535\times 15=525 comités. La règle de rédaction à respecter est de traiter séparément chaque catégorie et de MULTIPLIER les comptages ; additionner reviendrait à compter des comités qui n'auraient que des femmes ou que des hommes.

c)

« Au moins une » appelle presque toujours le passage par l'événement CONTRAIRE, qui est ici « aucune femme », c'est-à-dire un comité entièrement masculin : (65)=6\binom{6}{5}=6 comités. Il reste 1 287−6=1 2811\,287-6=1\,281 comités comptant au moins une femme. Le comptage direct aurait exigé la somme des cinq cas, avec 11, 22, 33, 44 puis 55 femmes, soit cinq produits de combinaisons au lieu d'une soustraction.

d)

Ici le contraire n'est pas plus court, car il compte trois cas lui aussi. On somme donc directement les trois cas DISJOINTS. Trois femmes : (73)(62)=35×15=525\binom{7}{3}\binom{6}{2}=35\times 15=525. Quatre femmes : (74)(61)=35×6=210\binom{7}{4}\binom{6}{1}=35\times 6=210. Cinq femmes : (75)(60)=21×1=21\binom{7}{5}\binom{6}{0}=21\times 1=21, le facteur (60)=1\binom{6}{0}=1 correspondant à l'unique façon de ne choisir aucun homme. Total : 525+210+21=756525+210+21=756 comités.

e)

Première façon : on choisit le comité, (135)=1 287\binom{13}{5}=1\,287 possibilités, puis son président parmi ses 55 membres et son secrétaire parmi les 44 restants.

Le principe multiplicatif donne 1 287×5×4=25 7401\,287\times 5\times 4=25\,740 bureaux. Les deux rôles sont distincts : ici l'ordre compte, c'est un arrangement de 22 parmi 55.

Seconde façon : président et secrétaire parmi les 1313 membres, 13×12=15613\times 12=156 possibilités, puis les 33 autres membres du comité parmi les 1111 restants, (113)=165\binom{11}{3}=165.

On retrouve 156×165=25 740156\times 165=25\,740 : les deux comptages décrivent le même ensemble de bureaux.

Piège : écrire (132)\binom{13}{2} pour le président et le secrétaire. Cela compterait des paires sans rôle, et diviserait le résultat par 22.

f)

Un comité contenant Alice est formé d'Alice et de 44 membres parmi les 1212 autres : (124)=495\binom{12}{4}=495 comités, donc P(A)=4951 287=513≈0,3846P(A)=\frac{495}{1\,287}=\frac{5}{13}\approx 0{,}3846.

Par symétrie, P(B)=513P(B)=\frac{5}{13} : chaque membre a 55 chances sur 1313 d'être élu, puisque 55 places sont à pourvoir pour 1313 membres.

Un comité contenant Alice et Bruno est complété par 33 membres parmi les 1111 autres : (113)=165\binom{11}{3}=165, donc P(A∩B)=1651 287=539≈0,1282P(A\cap B)=\frac{165}{1\,287}=\frac{5}{39}\approx 0{,}1282.

Or P(A)×P(B)=25169≈0,1479≠539P(A)\times P(B)=\frac{25}{169}\approx 0{,}1479\ne\frac{5}{39} : AA et BB ne sont pas indépendants.

Lecture : PA(B)=P(A∩B)P(A)=412=13<513P_{A}(B)=\frac{P(A\cap B)}{P(A)}=\frac{4}{12}=\frac{1}{3}<\frac{5}{13}. Si Alice occupe une place, il en reste 44 pour 1212 candidats : sa présence réduit les chances de Bruno.

Piège : conclure à l'indépendance parce qu'Alice et Bruno « ne s'influencent pas ». L'indépendance se démontre par le calcul, et les places limitées créent ici une dépendance.

g)

F+H=5F+H=5, donc F−H=2F−5F-H=2F-5 est impair : T=∣2F−5∣T=|2F-5| vaut 55 pour F=0F=0 ou F=5F=5, 33 pour F=1F=1 ou F=4F=4, 11 pour F=2F=2 ou F=3F=3.

Nombre de comités selon FF, comme en b) : (7F)(65−F)\binom{7}{F}\binom{6}{5-F}, soit 66, 105105, 420420, 525525, 210210 et 2121 pour FF allant de 00 à 55.

P(T=1)=420+5251 287=9451 287=105143≈0,7343P(T=1)=\frac{420+525}{1\,287}=\frac{945}{1\,287}=\frac{105}{143}\approx 0{,}7343.

P(T=3)=105+2101 287=3151 287=35143≈0,2448P(T=3)=\frac{105+210}{1\,287}=\frac{315}{1\,287}=\frac{35}{143}\approx 0{,}2448.

P(T=5)=6+211 287=271 287=3143≈0,0210P(T=5)=\frac{6+21}{1\,287}=\frac{27}{1\,287}=\frac{3}{143}\approx 0{,}0210.

Contrôle : 945+315+27=1 287945+315+27=1\,287. Les cas F=kF=k et F=5−kF=5-k ont des effectifs différents (525525 et 420420 par exemple), parce que le club compte plus de femmes que d'hommes : on additionne, on ne double pas.

h)

E(T)=1×9451 287+3×3151 287+5×271 287=945+945+1351 287=2 0251 287=225143≈1,5734E(T)=1\times\frac{945}{1\,287}+3\times\frac{315}{1\,287}+5\times\frac{27}{1\,287}=\frac{945+945+135}{1\,287}=\frac{2\,025}{1\,287}=\frac{225}{143}\approx 1{,}5734.

En moyenne, sur un grand nombre de tirages, l'écart à la parité vaut un peu plus de 1,51{,}5 : la plupart des comités sont à 33 contre 22, et un sur quatre environ est à 44 contre 11.

i)

Sachant T=1T=1, le comité compte 33 femmes et 22 hommes, ou 22 femmes et 33 hommes. Les femmes sont majoritaires dans le premier cas.

PT=1(F=3)=P(F=3)P(T=1)=525945=59≈0,5556P_{T=1}(F=3)=\frac{P(F=3)}{P(T=1)}=\frac{525}{945}=\frac{5}{9}\approx 0{,}5556.

Le résultat dépasse 12\frac{1}{2} : les deux répartitions sont aussi équilibrées l'une que l'autre, mais le club compte 77 femmes pour 66 hommes, et (73)(62)=525\binom{7}{3}\binom{6}{2}=525 dépasse (72)(63)=420\binom{7}{2}\binom{6}{3}=420.

Piège : répondre 12\frac{1}{2} par symétrie. La symétrie entre femmes et hommes n'existe pas dans ce club.

Une vérification globale valide l'ensemble de l'exercice, et il faut prendre l'habitude de la faire. En sommant sur toutes les valeurs possibles du nombre de femmes, de 00 à 55, on doit retrouver le total de la question a) : (70)(65)+(71)(64)+(72)(63)+(73)(62)+(74)(61)+(75)(60)=6+105+420+525+210+21=1 287\binom{7}{0}\binom{6}{5}+\binom{7}{1}\binom{6}{4}+\binom{7}{2}\binom{6}{3}+\binom{7}{3}\binom{6}{2}+\binom{7}{4}\binom{6}{1}+\binom{7}{5}\binom{6}{0}=6+105+420+525+210+21=1\,287 ✓, exactement (135)\binom{13}{5}. Cette identité porte un nom, la formule de Vandermonde, et elle exprime simplement que tout comité possède un nombre de femmes bien déterminé : la partition selon ce nombre est complète et sans recouvrement.

Exercice 8 : Formule de Pascal et binôme de Newton

On rappelle la formule de Pascal : pour 1≤k≤n−11\leq k\leq n-1, (n−1k−1)+(n−1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}.

Les questions c) et d) utilisent la formule du binôme de Newton, qui n'est pas au programme de spécialité : elle est au programme de maths expertes, dans le chapitre des nombres complexes. En spécialité, la somme des coefficients binomiaux se démontre par dénombrement (exercice 16), et la formule de Pascal aussi par le calcul (exercice 17).

  • a) Vérifiez la formule de Pascal sur (62)+(63)\binom{6}{2}+\binom{6}{3}.
  • b) Démontrez la formule de Pascal par un argument de dénombrement. Indication : dans un ensemble à nn éléments, distinguez un élément aa et séparez les parties à kk éléments selon qu'elles contiennent aa ou non.
  • c) Développez (x+2)5(x+2)^{5} à l'aide du binôme de Newton.
  • d) Déduisez de la formule du binôme la valeur de ∑k=0n(nk)\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k} et celle de ∑k=0n(−1)k(nk)\sum_{k=0}^{n}(-1)^{k}\binom{n}{k} pour n≥1n\geq 1.

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) 15+20=35=(73)15+20=35=\binom{7}{3}
  • b) Partition selon que la partie contient aa ou non
  • c) x5+10x4+40x3+80x2+80x+32x^{5}+10x^{4}+40x^{3}+80x^{2}+80x+32
  • d) 2n2^{n} et 00
a)

(62)=15\binom{6}{2}=15 et (63)=20\binom{6}{3}=20, donc la somme vaut 3535. Et (73)=35\binom{7}{3}=35 ✓. La formule est vérifiée sur ce cas, ce qui ne la démontre évidemment pas, mais rassure sur son énoncé.

b)

Soit EE un ensemble à nn éléments et aa l'un d'eux, fixé une fois pour toutes. Les parties de EE à kk éléments se répartissent en deux familles DISJOINTES selon qu'elles contiennent aa ou non. Celles qui contiennent aa : il reste à choisir les k−1k-1 autres éléments parmi les n−1n-1 restants, il y en a donc (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1}. Celles qui ne contiennent pas aa : les kk éléments sont tous pris parmi les n−1n-1 autres, il y en a (n−1k)\binom{n-1}{k}. Comme toute partie à kk éléments appartient à exactement une des deux familles, la partition est complète et le principe additif donne (n−1k−1)+(n−1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}.

c)

(x+2)5=∑k=05(5k)xk25−k=x5+10x4+40x3+80x2+80x+32(x+2)^{5}=\sum_{k=0}^{5}\binom{5}{k}x^{k}2^{5-k}=x^{5}+10x^{4}+40x^{3}+80x^{2}+80x+32. Le détail du coefficient de x2x^{2}, souvent raté : il vaut (52)×25−2=10×8=80\binom{5}{2}\times 2^{5-2}=10\times 8=80. Deux contrôles rapides valident le développement : la somme des coefficients doit valoir (1+2)5=243(1+2)^{5}=243, et l'on a bien 1+10+40+80+80+32=2431+10+40+80+80+32=243 ✓ ; le terme constant doit valoir 25=322^{5}=32 ✓.

d)

En prenant a=b=1a=b=1 dans (a+b)n=∑k=0n(nk)akbn−k(a+b)^{n}=\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}a^{k}b^{n-k}, il vient ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n}, ce qui redonne par une tout autre voie le nombre de parties d'un ensemble à nn éléments établi à l'exercice 5. En prenant a=−1a=-1 et b=1b=1, on obtient ∑k=0n(−1)k(nk)=(1−1)n=0n=0\sum_{k=0}^{n}(-1)^{k}\binom{n}{k}=(1-1)^{n}=0^{n}=0 pour n≥1n\geq 1.

Cette seconde identité mérite d'être traduite, car sous sa forme brute elle ne dit rien à personne. En séparant les termes de rang pair et de rang impair, elle affirme que leurs deux sommes sont ÉGALES : un ensemble non vide possède exactement autant de parties de cardinal pair que de cardinal impair. C'est précisément ce que l'exercice 5 avait constaté sur n=5n=5, avec 1616 et 1616. La restriction n≥1n\geq 1 n'est pas cosmétique : pour n=0n=0, la somme se réduit au terme (00)=1\binom{0}{0}=1 et vaut 11, pas 00, l'ensemble vide n'ayant qu'une partie, de cardinal pair.

11112113311464115101051chaque nombre est la SOMME des deux au-dessusformule de Pascal : C(4,1) + C(4,2) = C(5,2), soit 4 + 6 = 10n = 0n = 5

Exercice 9 : Quatre comptages faux

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez le comptage correct.

  • a) « Le nombre de façons de choisir un trio d'élèves parmi 20, sans distribution de rôles, est 20×19×1820\times 19\times 18. »
  • b) « Les coefficients (10k)\binom{10}{k} augmentent quand kk augmente, donc (107)>(106)\binom{10}{7}>\binom{10}{6}. »
  • c) « Un code à 4 chiffres, chaque chiffre allant de 0 à 9 : il y a 4104^{10} codes possibles. »
  • d) « Le nombre de mains de 5 cartes contenant au moins un as, dans un jeu de 52 cartes, est 4×(514)4\times\binom{51}{4} : on choisit l'as, puis les 4 autres cartes. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Faux : (203)=1 140\binom{20}{3}=1\,140
  • b) Faux : (107)=120<(106)=210\binom{10}{7}=120<\binom{10}{6}=210
  • c) Faux : 104=10 00010^{4}=10\,000
  • d) Faux : (525)−(485)=886 656\binom{52}{5}-\binom{48}{5}=886\,656
a)

Faux. Sans distribution de rôles, l'ordre ne compte pas et la réponse est (203)=1 140\binom{20}{3}=1\,140. Le produit 20×19×18=6 84020\times 19\times 18=6\,840 correspond au comptage des trios ORDONNÉS, et il compte donc chaque trio 3!=63!=6 fois, une fois par ordre d'énumération : on vérifie que 6 840=6×1 1406\,840=6\times 1\,140 ✓. La question à se poser est toujours la même : deux réponses contenant les mêmes personnes rangées autrement décrivent-elles la même situation ? Ici oui, donc combinaison.

b)

Faux. Les coefficients binomiaux ne croissent pas indéfiniment : la ligne nn du triangle de Pascal croît jusqu'à son MILIEU puis décroît, par la symétrie (nk)=(nn−k)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k} établie à l'exercice 4. Ici (106)=210\binom{10}{6}=210 et (107)=120\binom{10}{7}=120, l'inégalité annoncée est donc inversée. Le maximum de la ligne est atteint en k=5k=5, avec (105)=252\binom{10}{5}=252. On aurait d'ailleurs pu conclure sans calcul par la symétrie : (107)=(103)\binom{10}{7}=\binom{10}{3} et (106)=(104)\binom{10}{6}=\binom{10}{4}, et il est clair que choisir 44 objets offre plus de possibilités que d'en choisir 33 dans cette zone de la ligne.

c)

Faux, la base et l'exposant ont été intervertis. Il y a 44 POSITIONS, chacune offrant 1010 VALEURS, donc 104=10 00010^{4}=10\,000 codes. La valeur annoncée, 410=1 048 5764^{10}=1\,048\,576, est plus de cent fois trop grande et ne compte rien qui figure dans l'énoncé. Le contrôle mental qui évite cette erreur est de tester sur un cas minuscule : avec un code à 22 chiffres, on sait qu'il y a 100100 possibilités, de 0000 à 9999, ce qui vaut 10210^{2} et non 2102^{10}.

d)

Faux, et c'est le DOUBLE COMPTAGE classique. Le raisonnement « on choisit l'as, puis les quatre autres cartes » compte deux fois une main contenant deux as, selon lequel des deux joue le rôle de l'as désigné, et trois fois une main en contenant trois. Le bon comptage passe par l'événement contraire, comme à l'exercice 7 : (525)−(485)=2 598 960−1 712 304=886 656\binom{52}{5}-\binom{48}{5}=2\,598\,960-1\,712\,304=886\,656 mains contiennent au moins un as. La formule fausse donne 4×(514)=4×249 900=999 6004\times\binom{51}{4}=4\times 249\,900=999\,600, soit 112 944112\,944 mains en trop.

On peut même retrouver cet excès à la main, ce qui confirme le diagnostic plutôt que de se contenter de l'affirmer. Les mains à exactement 22 as sont comptées une fois de trop, celles à 33 as deux fois de trop, celles à 44 as trois fois de trop, ce qui donne un excès de 1×(42)(483)+2×(43)(482)+3×(44)(481)=103 776+2×4 512+3×48=103 776+9 024+144=112 9441\times\binom{4}{2}\binom{48}{3}+2\times\binom{4}{3}\binom{48}{2}+3\times\binom{4}{4}\binom{48}{1}=103\,776+2\times 4\,512+3\times 48=103\,776+9\,024+144=112\,944 ✓, exactement l'écart constaté. La leçon générale est qu'un comptage qui commence par « on choisit un élément particulier, puis le reste » doit toujours être suspecté de double comptage, sauf si l'élément choisi est identifiable de façon UNIQUE dans le résultat final.

Exercice 10 : Problème de synthèse : une main de cinq cartes

On distribue au hasard une main de 5 cartes dans un jeu de 52 cartes bien battu. Le jeu contient 4 as et 13 hauteurs différentes, chacune présente en 4 exemplaires.

Toutes les mains sont équiprobables. Donnez les probabilités sous forme de fraction puis en valeur décimale arrondie.

  • a) Combien de mains différentes peut-on recevoir ?
  • b) Quelle est la probabilité de recevoir exactement 2 as ?
  • c) Un « full » est une main formée d'un brelan (3 cartes de même hauteur) et d'une paire (2 cartes d'une autre hauteur). Combien y a-t-il de fulls, et quelle est leur probabilité ?
  • d) Quelle est la probabilité de recevoir les 4 as ? Comparez-la au résultat de la question b) et commentez.
  • e) On note XX le nombre d'as de la main. Donnez la loi de XX sous forme de tableau, en vérifiant que vous retrouvez les résultats de b) et de d).
  • f) Montrez que E(X)=513E(X)=\frac{5}{13}, et interprétez ce résultat.
  • g) La main contient au moins un as. Quelle est la probabilité qu'elle en contienne exactement deux ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
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Réponses

  • a) (525)=2 598 960\binom{52}{5}=2\,598\,960
  • b) 103 7762 598 960≈0,0399\frac{103\,776}{2\,598\,960}\approx 0{,}0399
  • c) 3 7443\,744 fulls, probabilité ≈0,00144\approx 0{,}00144
  • d) 4848 mains, probabilité ≈1,85×10−5\approx 1{,}85\times 10^{-5}
  • e) P(X=0)≈0,6588P(X=0)\approx 0{,}6588, P(X=1)≈0,2995P(X=1)\approx 0{,}2995, P(X=2)≈0,0399P(X=2)\approx 0{,}0399, P(X=3)≈0,0017P(X=3)\approx 0{,}0017, P(X=4)≈1,85×10−5P(X=4)\approx 1{,}85\times 10^{-5}
  • f) E(X)=999 6002 598 960=513≈0,3846E(X)=\frac{999\,600}{2\,598\,960}=\frac{5}{13}\approx 0{,}3846
  • g) PX≥1(X=2)=103 776886 656≈0,1170P_{X\ge 1}(X=2)=\frac{103\,776}{886\,656}\approx 0{,}1170
a)

Une main est une partie à 55 éléments d'un ensemble à 5252 éléments, l'ordre de distribution ne comptant pas puisque le joueur range ses cartes comme il veut : (525)=2 598 960\binom{52}{5}=2\,598\,960 mains.

b)

On choisit 22 as parmi les 44 et 33 cartes parmi les 4848 qui ne sont pas des as, puis on multiplie : (42)×(483)=6×17 296=103 776\binom{4}{2}\times\binom{48}{3}=6\times 17\,296=103\,776 mains. La probabilité vaut 103 7762 598 960≈0,0399\frac{103\,776}{2\,598\,960}\approx 0{,}0399, soit environ 4 %4\ \%. Le point à surveiller est de bien prendre les trois autres cartes parmi 4848 et non parmi 5050 : sinon on autoriserait un troisième as et l'on compterait plusieurs fois les mêmes mains, exactement comme au piège de l'exercice 9.

c)

On construit le full en quatre étapes. Hauteur du brelan : 1313 possibilités. Ses 33 cartes parmi les 44 de cette hauteur : (43)=4\binom{4}{3}=4. Hauteur de la paire, choisie parmi les 1212 hauteurs restantes : 1212 possibilités. Ses 22 cartes parmi 44 : (42)=6\binom{4}{2}=6. Total : 13×4×12×6=3 74413\times 4\times 12\times 6=3\,744 fulls, de probabilité 3 7442 598 960≈0,00144\frac{3\,744}{2\,598\,960}\approx 0{,}00144, soit environ une main sur 694694. Attention à ne pas écrire (132)\binom{13}{2} pour le choix des deux hauteurs : le brelan et la paire ne sont PAS interchangeables, un full de rois par les dames n'étant pas un full de dames par les rois, et l'ordre des deux hauteurs compte donc bel et bien ici.

d)

Il faut prendre les 44 as, ce qui ne laisse aucune liberté, puis une carte quelconque parmi les 4848 autres : (44)×(481)=1×48=48\binom{4}{4}\times\binom{48}{1}=1\times 48=48 mains, de probabilité 482 598 960≈1,85×10−5\frac{48}{2\,598\,960}\approx 1{,}85\times 10^{-5}, soit environ une main sur 54 14554\,145.

e)

Une main contient entre 00 et 44 as : XX prend les valeurs 00, 11, 22, 33 et 44.

Avoir exactement kk as, c'est choisir kk as parmi 44 et les 5−k5-k autres cartes parmi les 4848 qui ne sont pas des as : (4k)(485−k)\binom{4}{k}\binom{48}{5-k} mains, sur (525)=2 598 960\binom{52}{5}=2\,598\,960.

k=0k=0 : (485)=1 712 304\binom{48}{5}=1\,712\,304, P(X=0)≈0,6588P(X=0)\approx 0{,}6588.

k=1k=1 : 4×(484)=4×194 580=778 3204\times\binom{48}{4}=4\times 194\,580=778\,320, P(X=1)≈0,2995P(X=1)\approx 0{,}2995.

k=2k=2 : 6×17 296=103 7766\times 17\,296=103\,776, P(X=2)≈0,0399P(X=2)\approx 0{,}0399, le résultat de b).

k=3k=3 : 4×(482)=4×1 128=4 5124\times\binom{48}{2}=4\times 1\,128=4\,512, P(X=3)≈0,0017P(X=3)\approx 0{,}0017.

k=4k=4 : 4848 mains, P(X=4)≈1,85×10−5P(X=4)\approx 1{,}85\times 10^{-5}, le résultat de d).

Contrôle : 1 712 304+778 320+103 776+4 512+48=2 598 9601\,712\,304+778\,320+103\,776+4\,512+48=2\,598\,960, la somme des probabilités vaut bien 11.

Piège : prendre les cartes restantes parmi 5151 ou 4747 cartes. Pour « exactement kk as », elles se prennent parmi les 4848 cartes qui ne sont pas des as, sinon on autorise des as en plus.

f)

E(X)=∑k P(X=k)=0×1 712 304+1×778 320+2×103 776+3×4 512+4×482 598 960E(X)=\sum k\,P(X=k)=\frac{0\times 1\,712\,304+1\times 778\,320+2\times 103\,776+3\times 4\,512+4\times 48}{2\,598\,960}.

Le numérateur vaut 778 320+207 552+13 536+192=999 600778\,320+207\,552+13\,536+192=999\,600, et 999 6002 598 960=513≈0,3846\frac{999\,600}{2\,598\,960}=\frac{5}{13}\approx 0{,}3846.

Interprétation : sur un très grand nombre de donnes, une main contient en moyenne 513\frac{5}{13} d'as, soit environ un as toutes les deux ou trois mains. Ce n'est pas une valeur que XX prend.

Contrôle d'intuition : chacune des 55 cartes est un as avec la probabilité 452=113\frac{4}{52}=\frac{1}{13}, et 5×113=5135\times\frac{1}{13}=\frac{5}{13}. Ce raisonnement par somme sera justifié au chapitre des sommes de variables aléatoires.

Remarque : 999 600=4×(514)999\,600=4\times\binom{51}{4}, le faux comptage de l'exercice 9. Ce comptage compte une main kk fois si elle contient kk as : il ne donne pas le nombre de mains avec au moins un as, mais la somme ∑k×(nombre de mains aˋ k as)\sum k\times(\text{nombre de mains à }k\text{ as}), qui est le numérateur de l'espérance.

g)

On cherche PX≥1(X=2)=P(X=2)P(X≥1)P_{X\ge 1}(X=2)=\frac{P(X=2)}{P(X\ge 1)}, car l'événement X=2X=2 est inclus dans X≥1X\ge 1.

Par l'événement contraire, comme à l'exercice 9 : 2 598 960−1 712 304=886 6562\,598\,960-1\,712\,304=886\,656 mains ont au moins un as, et P(X≥1)≈0,3412P(X\ge 1)\approx 0{,}3412.

En équiprobabilité, on compte dans le nouvel univers : PX≥1(X=2)=103 776886 656=1 0819 236≈0,1170P_{X\ge 1}(X=2)=\frac{103\,776}{886\,656}=\frac{1\,081}{9\,236}\approx 0{,}1170.

Savoir qu'il y a un as fait passer la probabilité d'en avoir deux de 4 %4\ \% environ à près de 12 %12\ \%.

Piège : diviser par 2 598 9602\,598\,960, ce qui redonne P(X=2)P(X=2), ou remplacer 886 656886\,656 par le faux comptage 999 600999\,600 : on obtiendrait 0,10380{,}1038, faux.

La comparaison avec la question b) est frappante : passer de 22 as à 44 as divise la probabilité par plus de 2 0002\,000. La raison est arithmétique et vaut d'être formulée, car elle explique la hiérarchie des mains au poker. Chaque as supplémentaire doit être puisé dans un vivier de 44 cartes seulement, alors que la carte ordinaire qu'il remplace était choisie parmi 4848 : le rapport de rareté est de l'ordre de douze à chaque étape, et il se cumule multiplicativement. C'est le même mécanisme qui rend le full, à 0,14 %0{,}14\ \%, bien plus rare qu'une main à deux as, à 4 %4\ \%, alors que les deux paraissent également « spéciales ». Contrôle global de l'exercice : en sommant sur le nombre d'as, de 00 à 44, on doit retrouver le total, et en effet ∑k=04(4k)(485−k)=2 598 960\sum_{k=0}^{4}\binom{4}{k}\binom{48}{5-k}=2\,598\,960 ✓.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Lettres répétées et chemins sur un quadrillage

Quand des objets identiques sont permutés, certaines permutations donnent le même résultat : on compte alors les POSITIONS des objets d'un même type plutôt que les objets eux-mêmes.

La figure montre le quadrillage de la question b), un chemin possible et le point (2 ;1)(2\,;1) de la question c).

exemple de chemin(0 ; 0)(2 ; 1)(5 ; 3)
  • a) Combien le mot ELLIPSE possède-t-il d'anagrammes ?
  • b) Sur un quadrillage, on va du point (0 ;0)(0\,;0) au point (5 ;3)(5\,;3) en ne faisant que des pas d'une unité vers la droite ou vers le haut. Combien de chemins différents existe-t-il ?
  • c) Combien de ces chemins passent par le point (2 ;1)(2\,;1) ?
  • d) Combien existe-t-il de mots de 1010 bits (suites de 00 et de 11) contenant exactement quatre 11 ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 7!2! 2!=1 260\frac{7!}{2!\,2!}=1\,260
  • b) (83)=56\binom{8}{3}=56
  • c) 3×10=303\times 10=30
  • d) (104)=210\binom{10}{4}=210
a)

ELLIPSE compte 77 lettres : E deux fois, L deux fois, I, P et S une fois. Si les 77 lettres étaient distinctes, il y aurait 7!=5 0407!=5\,040 permutations. Mais échanger les deux E, ou les deux L, redonne le même mot : chaque anagramme est comptée 2!×2!=42!\times 2!=4 fois. Il y en a donc 7!2! 2!=5 0404=1 260\frac{7!}{2!\,2!}=\frac{5\,040}{4}=1\,260. Autre méthode, qui ne laisse aucune place au doute : on choisit les places des deux E, (72)=21\binom{7}{2}=21, puis celles des deux L parmi les 55 restantes, (52)=10\binom{5}{2}=10, puis on range I, P, S dans les 33 places restantes, 3!=63!=6 : 21×10×6=1 26021\times 10\times 6=1\,260 ✓.

b)

Un chemin comporte exactement 55 pas vers la droite et 33 pas vers le haut, soit 88 pas. Il est entièrement déterminé par le choix des 33 pas « haut » parmi les 88 : (83)=56\binom{8}{3}=56 chemins. C'est un comptage d'anagrammes du mot DDDDDHHH, et l'on retrouve 8!5! 3!=56\frac{8!}{5!\,3!}=56.

c)

On découpe en deux trajets indépendants. De (0 ;0)(0\,;0) à (2 ;1)(2\,;1) : 33 pas dont 11 vers le haut, (31)=3\binom{3}{1}=3 chemins. De (2 ;1)(2\,;1) à (5 ;3)(5\,;3) : 33 pas à droite et 22 vers le haut, (52)=10\binom{5}{2}=10 chemins. Principe multiplicatif : 3×10=303\times 10=30 chemins. Additionner 3+103+10 serait l'erreur : chaque début se combine avec chaque fin.

d)

Un mot est déterminé par les positions de ses quatre 11 parmi les 1010 : (104)=210\binom{10}{4}=210 mots. C'est la même structure que b), et c'est pour cela que les coefficients binomiaux apparaissent dans la loi binomiale : un résultat avec kk succès sur nn épreuves est un mot de nn lettres contenant kk fois la lettre « succès ».

Trois habillages, un seul modèle : on a nn places et l'on choisit celles qu'occupe un type d'objet. Dès que des objets sont identiques, le bon réflexe est de compter des places, c'est-à-dire des combinaisons, plutôt que de permuter puis de diviser en espérant n'avoir rien oublié.

Exercice 12 : Diagonales, triangles et équipes

Pour chaque question, commencez par décider si l'ordre compte, puis si des regroupements identiques sont comptés plusieurs fois.

La figure représente un décagone convexe et l'une de ses diagonales.

  • a) Combien un polygone convexe à 1010 côtés possède-t-il de diagonales ?
  • b) On place 1010 points sur un cercle. Combien de triangles ont leurs trois sommets parmi ces points ?
  • c) On répartit 1212 élèves en trois groupes de 44 nommés A, B et C. Combien de répartitions possibles ?
  • d) Même question si les trois groupes ne portent pas de nom.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 3535 diagonales
  • b) (103)=120\binom{10}{3}=120 triangles
  • c) 495×70=34 650495\times 70=34\,650
  • d) 34 6506=5 775\frac{34\,650}{6}=5\,775
a)

Un segment joignant deux sommets correspond à une paire de sommets : (102)=45\binom{10}{2}=45 segments. Parmi eux, 1010 sont des côtés. Il reste 45−10=3545-10=35 diagonales. Formule générale : (n2)−n=n(n−3)2\binom{n}{2}-n=\frac{n(n-3)}{2}, et pour n=10n=10, 10×72=35\frac{10\times 7}{2}=35 ✓.

b)

Trois points distincts d'un cercle ne sont jamais alignés : chaque choix de 33 points donne un triangle, et l'ordre des sommets ne compte pas. (103)=120\binom{10}{3}=120 triangles.

c)

On remplit les groupes l'un après l'autre : 44 élèves parmi 1212 pour A, (124)=495\binom{12}{4}=495 ; 44 parmi les 88 restants pour B, (84)=70\binom{8}{4}=70 ; les 44 derniers vont en C, 11 façon. Total : 495×70=34 650495\times 70=34\,650 répartitions.

d)

Sans noms, les répartitions qui ne diffèrent que par l'étiquetage des groupes sont identiques. Or les trois groupes peuvent être étiquetés de 3!=63!=6 façons : chaque répartition sans nom est comptée 66 fois en c). Il y en a donc 34 6506=5 775\frac{34\,650}{6}=5\,775.

La division de d) est de la même famille que celle qui transforme une liste en combinaison : on compte d'abord une version « étiquetée », plus facile, puis l'on divise par le nombre d'étiquetages qui donnent le même objet. Cette division n'est légitime que si CHAQUE objet est compté exactement le même nombre de fois, ce qui est le cas ici car les trois groupes ont la même taille ; avec des groupes de tailles 55, 44 et 33, les noms seraient inutiles et il ne faudrait pas diviser.

Exercice 13 : Codes et mots de passe sous contraintes

Un code PIN est une suite de 44 chiffres de 00 à 99. Un mot de passe est une suite de 66 caractères pris parmi les 2626 lettres minuscules et les 1010 chiffres.

  • a) Combien de codes PIN comportent au moins deux chiffres identiques ?
  • b) Combien de codes PIN ont leurs chiffres rangés dans l'ordre strictement croissant (comme 1379) ?
  • c) Combien de codes PIN contiennent exactement une fois le chiffre 7 ?
  • d) Combien de mots de passe contiennent au moins un chiffre ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 10 000−5 040=4 96010\,000-5\,040=4\,960
  • b) (104)=210\binom{10}{4}=210
  • c) 4×93=2 9164\times 9^{3}=2\,916
  • d) 366−266=1 867 866 56036^{6}-26^{6}=1\,867\,866\,560
a)

« Au moins deux identiques » est le contraire de « quatre chiffres deux à deux distincts ». Il y a 104=10 00010^{4}=10\,000 codes, dont 10×9×8×7=5 04010\times 9\times 8\times 7=5\,040 à chiffres distincts. Donc 10 000−5 040=4 96010\,000-5\,040=4\,960 codes ont au moins une répétition.

b)

Choisir un code strictement croissant revient à choisir un ENSEMBLE de 44 chiffres distincts : une fois l'ensemble choisi, il n'y a qu'une seule façon de le ranger dans l'ordre croissant. Il y en a donc (104)=210\binom{10}{4}=210. C'est un exemple où l'ordre « ne compte pas » alors que le résultat est une liste : l'ordre est imposé, donc il n'apporte aucun choix.

c)

On choisit la position du 7 parmi les 44 : 44 façons. Les 33 autres positions reçoivent chacune un chiffre différent de 7 : 93=7299^{3}=729 façons. Total : 4×729=2 9164\times 729=2\,916 codes. Prendre 10310^{3} au lieu de 939^{3} compterait des codes contenant plusieurs 7.

d)

Le contraire de « au moins un chiffre » est « uniquement des lettres » : 266=308 915 77626^{6}=308\,915\,776 mots de passe. Il y en a 366=2 176 782 33636^{6}=2\,176\,782\,336 au total, donc 2 176 782 336−308 915 776=1 867 866 5602\,176\,782\,336-308\,915\,776=1\,867\,866\,560 contiennent au moins un chiffre, soit environ 86 %86\ \%.

Deux automatismes suffisent : « au moins » se traite par le contraire, et une contrainte d'ordre (croissant, décroissant) transforme une liste en combinaison. Le dénombrement direct de d), cas par cas selon le nombre de chiffres, demanderait six calculs au lieu d'une soustraction.

Exercice 14 : Une urne tricolore

Une urne contient 1212 boules indiscernables au toucher : 55 rouges, 44 vertes et 33 bleues. On tire simultanément 33 boules. Tous les tirages sont équiprobables.

Les probabilités sont données en fraction irréductible puis arrondies au dix-millième.

Sur la figure, R, V et B désignent les boules rouges, vertes et bleues.

RRRRRVVVVBBB5 R, 4 V, 3 B
  • a) Combien de tirages différents sont possibles ?
  • b) Quelle est la probabilité d'obtenir trois boules de la même couleur ?
  • c) Quelle est la probabilité d'obtenir trois boules de couleurs différentes ?
  • d) Quelle est la probabilité d'obtenir au moins une boule rouge ?
  • e) On tire maintenant les 33 boules successivement AVEC remise. Quelle est la probabilité d'obtenir trois couleurs différentes ?
  • f) On organise un jeu avec le tirage simultané des questions a) à d). Le joueur paie 22 dollars, puis il reçoit 2020 dollars si les trois boules sont de la même couleur, 66 dollars si elles sont de trois couleurs différentes, et rien sinon. On note GG le gain algébrique du joueur, mise déduite. À l'aide des questions b) et c), donnez la loi de GG.
  • g) Montrez que E(G)=1E(G)=1. Le jeu est-il favorable au joueur ?
  • h) L'organisateur garde les mêmes lots mais fixe la mise à mm dollars. Exprimez l'espérance du gain en fonction de mm, puis déterminez la mise qui rend le jeu équitable.
  • i) Avec la mise de 22 dollars, le joueur a obtenu un gain strictement positif. Quelle est la probabilité que ses trois boules soient rouges ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
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Réponses

  • a) (123)=220\binom{12}{3}=220
  • b) 344≈0,0682\frac{3}{44}\approx 0{,}0682
  • c) 311≈0,2727\frac{3}{11}\approx 0{,}2727
  • d) 3744≈0,8409\frac{37}{44}\approx 0{,}8409
  • e) 524≈0,2083\frac{5}{24}\approx 0{,}2083
  • f) G∈{18;4;−2}G\in\{18;4;-2\}, de probabilités 344\frac{3}{44}, 311\frac{3}{11}, 2944\frac{29}{44}
  • g) E(G)=1>0E(G)=1>0 : jeu favorable au joueur
  • h) Espérance 3−m3-m ; mise équitable 33 dollars
  • i) PG>0(RRR)=215≈0,1333P_{G>0}(\text{RRR})=\frac{2}{15}\approx 0{,}1333
a)

Tirage simultané : l'ordre ne compte pas, pas de répétition. (123)=220\binom{12}{3}=220 tirages.

b)

Trois cas disjoints : 33 rouges, (53)=10\binom{5}{3}=10 ; 33 vertes, (43)=4\binom{4}{3}=4 ; 33 bleues, (33)=1\binom{3}{3}=1. Total 1515 tirages, probabilité 15220=344≈0,0682\frac{15}{220}=\frac{3}{44}\approx 0{,}0682.

c)

Une rouge parmi 55, une verte parmi 44, une bleue parmi 33 : 5×4×3=605\times 4\times 3=60 tirages. Probabilité 60220=311≈0,2727\frac{60}{220}=\frac{3}{11}\approx 0{,}2727. On ne multiplie PAS par 3!3! : le tirage est simultané, une poignée « rouge, verte, bleue » ne dépend pas d'un ordre.

d)

Contraire : aucune rouge, donc 33 boules parmi les 77 non rouges, (73)=35\binom{7}{3}=35 tirages. Probabilité 1−35220=185220=3744≈0,84091-\frac{35}{220}=\frac{185}{220}=\frac{37}{44}\approx 0{,}8409.

e)

Il y a 123=1 72812^{3}=1\,728 tirages ordonnés avec remise. Pour trois couleurs différentes, on choisit l'ordre des couleurs, 3!=63!=6, puis une boule de chaque couleur, 5×4×3=605\times 4\times 3=60 : 360360 tirages. Probabilité 3601 728=524≈0,2083\frac{360}{1\,728}=\frac{5}{24}\approx 0{,}2083. Ici le facteur 3!3! est indispensable, car l'univers est formé de tirages ORDONNÉS : numérateur et dénominateur doivent être comptés dans le même modèle.

f)

Le joueur reçoit 2020, 66 ou 00 dollars et paie toujours 22 dollars : GG prend les valeurs 1818, 44 et −2-2.

P(G=18)P(G=18) est la probabilité de trois boules de la même couleur, calculée en b) : 15220=344≈0,0682\frac{15}{220}=\frac{3}{44}\approx 0{,}0682.

P(G=4)P(G=4) est la probabilité de trois couleurs différentes, calculée en c) : 60220=311≈0,2727\frac{60}{220}=\frac{3}{11}\approx 0{,}2727.

Les deux événements sont incompatibles ; il reste 220−15−60=145220-15-60=145 tirages sans lot : P(G=−2)=145220=2944≈0,6591P(G=-2)=\frac{145}{220}=\frac{29}{44}\approx 0{,}6591.

Contrôle : 344+1244+2944=1\frac{3}{44}+\frac{12}{44}+\frac{29}{44}=1.

Piège : oublier la mise. GG est un gain mise déduite, la valeur 00 n'est pas prise : celui qui ne gagne rien a perdu 22 dollars.

g)

Par définition de l'espérance : E(G)=18×344+4×1244+(−2)×2944=54+48−5844=4444=1E(G)=18\times\frac{3}{44}+4\times\frac{12}{44}+(-2)\times\frac{29}{44}=\frac{54+48-58}{44}=\frac{44}{44}=1.

E(G)>0E(G)>0 : le jeu est favorable au joueur. Sur un grand nombre de parties, il gagne en moyenne 11 dollar par partie, et l'organisateur le perd.

Le lot de 2020 dollars n'en est pas la cause : il ne sort que 33 fois sur 4444. C'est le lot de 66 dollars, plus modeste mais quatre fois plus probable, qui pèse le plus dans l'espérance des lots.

h)

Notons LL le lot reçu, avant mise : E(L)=20×15220+6×60220=300+360220=660220=3E(L)=20\times\frac{15}{220}+6\times\frac{60}{220}=\frac{300+360}{220}=\frac{660}{220}=3.

Le gain vaut L−mL-m, donc son espérance vaut E(L)−m=3−mE(L)-m=3-m. Contrôle avec g) : pour m=2m=2, on retrouve 3−2=13-2=1.

Le jeu est équitable quand l'espérance du gain est nulle : 3−m=03-m=0, soit une mise de 33 dollars.

Au-delà de 33 dollars, le jeu devient défavorable au joueur, et c'est l'organisateur qui gagne en moyenne.

i)

L'événement G>0G>0 réunit les deux cas gagnants, qui sont incompatibles : 15+60=7515+60=75 tirages, donc P(G>0)=75220P(G>0)=\frac{75}{220}.

Trois boules rouges : (53)=10\binom{5}{3}=10 tirages, et ces tirages sont tous gagnants (trois boules de la même couleur), donc P(RRR∩G>0)=10220P(\text{RRR}\cap G>0)=\frac{10}{220}.

Par définition de la probabilité conditionnelle : PG>0(RRR)=10/22075/220=1075=215≈0,1333P_{G>0}(\text{RRR})=\frac{10/220}{75/220}=\frac{10}{75}=\frac{2}{15}\approx 0{,}1333.

En situation d'équiprobabilité, conditionner revient à compter dans le nouvel univers : 1010 tirages favorables parmi les 7575 gagnants.

Piège : diviser par 220220, ce qui donne P(RRR)≈0,0455P(\text{RRR})\approx 0{,}0455, ou par 1515, ce qui donne la probabilité sachant trois boules de la même couleur, 23\frac{2}{3}. La condition est « gain positif », qui compte aussi les 6060 tirages tricolores.

La règle d'or d'un calcul de probabilité par dénombrement : l'univers et l'événement se comptent avec le MÊME modèle, ordonné ou non. Mélanger un univers en combinaisons et un événement en listes donne des probabilités fausses, parfois supérieures à 11. La comparaison de c) et e) montre aussi que la remise change le résultat, ici de 0,270{,}27 à 0,210{,}21 : sans remise, une boule tirée ne peut pas ressortir, ce qui favorise la variété.

Exercice 15 : Le loto

Une grille de loto consiste à choisir 55 numéros distincts parmi 4949, puis un « numéro chance » parmi 1010. Le tirage officiel suit les mêmes règles, et toutes les combinaisons sont équiprobables.

Les probabilités sont arrondies à quatre chiffres significatifs.

  • a) Combien existe-t-il de grilles différentes ?
  • b) Quelle est la probabilité de gagner le premier rang (les 55 bons numéros et le bon numéro chance) ?
  • c) Quelle est la probabilité d'avoir exactement 33 bons numéros parmi les 55, quel que soit le numéro chance ?
  • d) Quelle est la probabilité d'avoir au moins un bon numéro parmi les 55 ?
  • e) Combien faudrait-il jouer de grilles différentes, en moyenne, pour avoir une chance sur deux de gagner le premier rang ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 19 068 84019\,068\,840 grilles
  • b) ≈5,244×10−8\approx 5{,}244\times 10^{-8}
  • c) ≈0,004961\approx 0{,}004961
  • d) ≈0,4305\approx 0{,}4305
  • e) 9 534 4209\,534\,420 grilles
a)

Les 55 numéros forment une combinaison, (495)=1 906 884\binom{49}{5}=1\,906\,884 ; le numéro chance est un choix indépendant parmi 1010. Total : 1 906 884×10=19 068 8401\,906\,884\times 10=19\,068\,840 grilles.

b)

Une seule grille gagne : probabilité 119 068 840≈5,244×10−8\frac{1}{19\,068\,840}\approx 5{,}244\times 10^{-8}. Pour se représenter ce nombre : c'est à peu près la probabilité de tirer au hasard un habitant désigné dans un pays de dix-neuf millions d'habitants.

c)

On choisit 33 numéros parmi les 55 gagnants, (53)=10\binom{5}{3}=10, et 22 parmi les 4444 perdants, (442)=946\binom{44}{2}=946. Le numéro chance est libre et s'élimine : on peut raisonner sur les (495)\binom{49}{5} combinaisons seulement. Probabilité 10×9461 906 884=9 4601 906 884≈0,004961\frac{10\times 946}{1\,906\,884}=\frac{9\,460}{1\,906\,884}\approx 0{,}004961, soit environ une grille sur 200200.

d)

Contraire : aucun bon numéro, donc 55 numéros parmi les 4444 perdants, (445)=1 086 008\binom{44}{5}=1\,086\,008. Probabilité 1−1 086 0081 906 884≈0,43051-\frac{1\,086\,008}{1\,906\,884}\approx 0{,}4305. Plus de quatre grilles sur dix ont au moins un bon numéro, ce qui explique l'impression fréquente « d'être passé près ».

e)

Chaque grille différente a la probabilité 119 068 840\frac{1}{19\,068\,840} de gagner, et des grilles différentes sont des événements incompatibles : avec NN grilles distinctes, la probabilité vaut N19 068 840\frac{N}{19\,068\,840}. Elle atteint 12\frac{1}{2} pour N=9 534 420N=9\,534\,420 grilles, soit la moitié de toutes les grilles possibles.

Le loto est un bon terrain pour vérifier ses modèles : les numéros forment une combinaison, le numéro chance un choix indépendant, et le calcul d'un rang se fait en choisissant séparément dans les numéros gagnants et dans les perdants, exactement comme les femmes et les hommes d'un comité. Contrôle global : en sommant sur le nombre de bons numéros de 00 à 55, ∑k=05(5k)(445−k)=(495)\sum_{k=0}^{5}\binom{5}{k}\binom{44}{5-k}=\binom{49}{5} ✓.

Partie D : démonstrations et algorithmes du programme (/30)

Exercice 16 : La somme d'une ligne du triangle de Pascal, démontrée par dénombrement

Soit nn un entier naturel non nul et E={a1, a2, …, an}E=\{a_{1},\ a_{2},\ \dots,\ a_{n}\} un ensemble à nn éléments. On veut démontrer, sans aucun calcul algébrique, que (n0)+(n1)+⋯+(nn)=2n\binom{n}{0}+\binom{n}{1}+\dots+\binom{n}{n}=2^{n}, en comptant de deux façons un même ensemble : celui des parties de EE.

Cette démonstration est exigible au programme de spécialité ; la formule du binôme de Newton, qui donne le même résultat, n'y est pas.

  • a) À chaque partie AA de EE, on associe le mot de nn lettres, chacune égale à 00 ou à 11, dont la ii-ième lettre vaut 11 si ai∈Aa_{i}\in A et 00 sinon. Justifiez que chaque mot correspond à une et une seule partie, puis déduisez-en le nombre de parties de EE. Donnez sa valeur pour n=6n=6.
  • b) Comptez maintenant les parties de EE selon leur nombre d'éléments kk, puis concluez la démonstration. Vérifiez l'égalité obtenue pour n=6n=6 en donnant (62)\binom{6}{2} et (63)\binom{6}{3}.
  • c) Sans calculer aucun coefficient binomial au-delà de (71)\binom{7}{1}, dites combien un ensemble à 77 éléments possède de parties ayant au moins 22 éléments.
  • d) Une application propose 88 options d'affichage, chacune activée ou non. Combien de configurations différentes existe-t-il ? Combien comportent au plus 22 options activées ? Au moins 33 ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Bijection parties / mots de nn bits : 2n2^{n} parties ; 6464 pour n=6n=6
  • b) Parties classées par cardinal, familles disjointes : ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n} ; (62)=15\binom{6}{2}=15, (63)=20\binom{6}{3}=20
  • c) 128−1−7=120128-1-7=120
  • d) 256256 configurations ; 3737 au plus deux options ; 219219 au moins trois
a)

Le mot se lit comme une fiche d'appartenance : sa ii-ième lettre répond à la question « aia_{i} est-il dans AA ? ». Deux parties différentes diffèrent par au moins un élément, donc leurs mots diffèrent au moins par une lettre : deux parties distinctes ont deux mots distincts. Inversement, un mot quelconque désigne la partie formée des aia_{i} dont la lettre vaut 11 : tout mot provient d'une partie. La correspondance est donc une bijection, et il y a autant de parties que de mots. Un mot est une liste de nn lettres prises dans {0 ;1}\{0\,;1\}, avec répétition : par le principe multiplicatif, il y en a 2×2×⋯×2=2n2\times 2\times\cdots\times 2=2^{n}. Donc EE possède 2n2^{n} parties ; pour n=6n=6, 26=642^{6}=64. C'est le même compte que les chemins d'un arbre à nn niveaux et deux branches par nœud, ou que les issues de nn épreuves de Bernoulli successives.

b)

Pour kk entier entre 00 et nn, les parties à kk éléments sont par définition les combinaisons de kk éléments de EE : il y en a (nk)\binom{n}{k}. Chaque partie a un nombre d'éléments et un seul, donc les n+1n+1 familles « parties à kk éléments » sont deux à deux DISJOINTES et recouvrent toutes les parties. Le principe additif donne le nombre total de parties : (n0)+(n1)+⋯+(nn)\binom{n}{0}+\binom{n}{1}+\dots+\binom{n}{n}. On a compté le même ensemble de deux façons, donc les deux résultats sont égaux : ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n}. Pour n=6n=6 : 1+6+15+20+15+6+1=64=261+6+15+20+15+6+1=64=2^{6} ✓, avec (62)=15\binom{6}{2}=15 et (63)=20\binom{6}{3}=20. Les deux mots qui portent la démonstration sont « disjointes » et « recouvrent » : sans eux, l'addition ne serait pas justifiée, et c'est sur eux que le correcteur met le point.

c)

Un ensemble à 77 éléments possède 27=1282^{7}=128 parties. On retire celles qui ont moins de 22 éléments : la partie vide, (70)=1\binom{7}{0}=1, et les (71)=7\binom{7}{1}=7 singletons. Il reste 128−1−7=120128-1-7=120 parties. C'est l'événement contraire appliqué aux parties : calculer directement (72)+(73)+⋯+(77)\binom{7}{2}+\binom{7}{3}+\dots+\binom{7}{7} demanderait six coefficients, le contraire en demande deux.

d)

Une configuration est exactement la partie formée des options activées : il y en a 28=2562^{8}=256. Au plus 22 options activées, c'est 00, 11 ou 22 options, trois cas disjoints : (80)+(81)+(82)=1+8+28=37\binom{8}{0}+\binom{8}{1}+\binom{8}{2}=1+8+28=37 configurations. Au moins 33 options activées, c'est le contraire de « au plus 22 » : 256−37=219256-37=219 configurations. Contrôle : 37+219=25637+219=256, et la somme de toute la ligne 88 du triangle vaut bien 282^{8}, ce que la démonstration vient d'établir.

À retenir : le programme veut une démonstration PAR DÉNOMBREMENT. Écrire « d'après la formule du binôme avec a=b=1a=b=1 » donne le bon résultat par un outil qui n'est pas au programme de spécialité, et ne répond pas à la consigne.

Exercice 17 : La formule de Pascal démontrée par le calcul

Pour des entiers n⩾2n\geqslant 2 et 1⩽k⩽n−11\leqslant k\leqslant n-1, on veut démontrer par le calcul la relation de Pascal (n−1k−1)+(n−1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}, à partir de la formule (nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}.

L'exercice 8 l'a démontrée par un argument de comptage ; le programme demande les deux démonstrations.

  • a) Écrivez (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1} et (n−1k)\binom{n-1}{k} à l'aide de factorielles. Par quel nombre faut-il multiplier le numérateur et le dénominateur de chacune de ces deux fractions pour obtenir le dénominateur commun k! (n−k)!k!\,(n-k)! ?
  • b) Achevez la démonstration, et dites à quel endroit servent les hypothèses k⩾1k\geqslant 1 et k⩽n−1k\leqslant n-1.
  • c) Vérifiez la relation pour n=9n=9 et k=4k=4 en calculant (83)\binom{8}{3}, (84)\binom{8}{4} et (94)\binom{9}{4}.
  • d) La ligne n=8n=8 du triangle de Pascal est 1, 8, 28, 56, 70, 56, 28, 8, 11,\ 8,\ 28,\ 56,\ 70,\ 56,\ 28,\ 8,\ 1. Construisez la ligne n=9n=9 à l'aide de la relation de Pascal, puis donnez la somme de ses termes.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) (n−1k−1)=(n−1)!(k−1)! (n−k)!\binom{n-1}{k-1}=\frac{(n-1)!}{(k-1)!\,(n-k)!}, facteur kk ; (n−1k)=(n−1)!k! (n−1−k)!\binom{n-1}{k}=\frac{(n-1)!}{k!\,(n-1-k)!}, facteur n−kn-k
  • b) (n−1)! (k+n−k)k! (n−k)!=n!k! (n−k)!=(nk)\frac{(n-1)!\,(k+n-k)}{k!\,(n-k)!}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}=\binom{n}{k} ; hypothèses nécessaires pour que les deux coefficients existent
  • c) 56+70=126=(94)56+70=126=\binom{9}{4}
  • d) 1, 9, 36, 84, 126, 126, 84, 36, 9, 11,\ 9,\ 36,\ 84,\ 126,\ 126,\ 84,\ 36,\ 9,\ 1 ; somme 512=29512=2^{9}
a)

Avec n−1n-1 à la place de nn : (n−1k−1)=(n−1)!(k−1)! ((n−1)−(k−1))!=(n−1)!(k−1)! (n−k)!\binom{n-1}{k-1}=\frac{(n-1)!}{(k-1)!\,\left((n-1)-(k-1)\right)!}=\frac{(n-1)!}{(k-1)!\,(n-k)!} et (n−1k)=(n−1)!k! (n−1−k)!\binom{n-1}{k}=\frac{(n-1)!}{k!\,(n-1-k)!}. Le point délicat est la parenthèse : (n−1)−(k−1)=n−k(n-1)-(k-1)=n-k, et non n−k−2n-k-2. Pour le dénominateur commun, on utilise k!=k×(k−1)!k!=k\times(k-1)! et (n−k)!=(n−k)×(n−k−1)!(n-k)!=(n-k)\times(n-k-1)! : on multiplie la première fraction, en haut et en bas, par kk, et la seconde par n−kn-k. Chaque fraction reçoit le facteur qui MANQUE à son dénominateur, jamais le même pour les deux.

b)

(n−1k−1)+(n−1k)=k (n−1)!k! (n−k)!+(n−k) (n−1)!k! (n−k)!=(n−1)! (k+(n−k))k! (n−k)!\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\frac{k\,(n-1)!}{k!\,(n-k)!}+\frac{(n-k)\,(n-1)!}{k!\,(n-k)!}=\frac{(n-1)!\,\left(k+(n-k)\right)}{k!\,(n-k)!}. On factorise (n−1)!(n-1)! au numérateur plutôt que de développer : k+(n−k)=nk+(n-k)=n, et n×(n−1)!=n!n\times(n-1)!=n!. Donc la somme vaut n!k! (n−k)!=(nk)\frac{n!}{k!\,(n-k)!}=\binom{n}{k}, ce qu'il fallait démontrer. Les hypothèses servent dès la première ligne : (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1} n'a de sens que si k−1⩾0k-1\geqslant 0, soit k⩾1k\geqslant 1, et (n−1k)\binom{n-1}{k} que si k⩽n−1k\leqslant n-1, pour que (n−1−k)!(n-1-k)! soit la factorielle d'un entier naturel. Une copie qui les omet perd le point de rigueur.

c)

(83)=8×7×63×2×1=56\binom{8}{3}=\frac{8\times 7\times 6}{3\times 2\times 1}=56, (84)=8×7×6×54×3×2×1=70\binom{8}{4}=\frac{8\times 7\times 6\times 5}{4\times 3\times 2\times 1}=70 et (94)=9×8×7×624=126\binom{9}{4}=\frac{9\times 8\times 7\times 6}{24}=126. Et 56+70=12656+70=126 ✓. On simplifie toujours avant de multiplier : 9×8×7×624=9×2×7=126\frac{9\times 8\times 7\times 6}{24}=9\times 2\times 7=126, sans passer par 9!=362 8809!=362\,880.

d)

Chaque terme intérieur de la ligne 99 est la somme des deux termes de la ligne 88 situés au-dessus de lui, et les deux bords valent 11 : 11, 1+8=91+8=9, 8+28=368+28=36, 28+56=8428+56=84, 56+70=12656+70=126, 70+56=12670+56=126, 56+28=8456+28=84, 28+8=3628+8=36, 8+1=98+1=9, 11. La ligne 99 est donc 1, 9, 36, 84, 126, 126, 84, 36, 9, 11,\ 9,\ 36,\ 84,\ 126,\ 126,\ 84,\ 36,\ 9,\ 1 : elle a DIX termes, un de plus que la précédente, et elle est symétrique comme toutes les lignes, (9k)=(99−k)\binom{9}{k}=\binom{9}{9-k}. On y relit (94)=126\binom{9}{4}=126 de c). La somme vaut 512=29512=2^{9}, exactement le double de la somme de la ligne 88, 256256 : chaque terme de la ligne 88 est utilisé deux fois dans la construction, une fois vers la gauche et une fois vers la droite.

Les deux démonstrations de la relation de Pascal ne disent pas la même chose. Le calcul montre qu'elle est VRAIE ; le comptage de l'exercice 8 montre POURQUOI : une partie à kk éléments contient un élément fixé, ou ne le contient pas. Le programme demande de savoir faire les deux.

Exercice 18 : Trois algorithmes du programme : triangle de Pascal, parties et permutations

Le programme de spécialité propose trois algorithmes de dénombrement. Les trois fonctions Python ci-dessous les mettent en œuvre ; une ligne de la première est à compléter.

Une liste de listes représente une liste de parties ou de permutations. Pour une liste E, l'écriture E[:i] + E[i + 1:] désigne la liste E privée de son élément d'indice i.

python
def ligne_pascal(n):
    L = [1]
    for i in range(n):
        ...
    return L

def paires(E):
    P = []
    for i in range(len(E)):
        for j in range(i + 1, len(E)):
            P.append([E[i], E[j]])
    return P

def permutations(E):
    if len(E) <= 1:
        return [E]
    P = []
    for i in range(len(E)):
        reste = E[:i] + E[i + 1:]
        for p in permutations(reste):
            P.append([E[i]] + p)
    return P
  • a) La ligne manquante de ligne_pascal doit remplacer la liste L, qui contient la ligne ii du triangle, par la ligne i+1i+1. Quelle ligne convient ?
  • b) Que renvoie ligne_pascal(7) ? Donnez son nombre d'éléments et son terme d'indice 33, le premier terme ayant l'indice 00.
  • c) On appelle paires(E) avec une liste E de 1010 éléments distincts. Combien de listes la fonction renvoie-t-elle ? Même question si l'on remplace range(i + 1, len(E)) par range(len(E)). Écrivez sur le même modèle une fonction triplets(E) qui génère les parties à 33 éléments : combien de listes renvoie-t-elle pour 1010 éléments ?
  • d) Combien de listes renvoie permutations([1, 2, 3, 4, 5]) ? Combien d'entre elles commencent par 11 ? Expliquez comment la fonction met en œuvre le principe multiplicatif.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) L = [1] + [L[k - 1] + L[k] for k in range(1, len(L))] + [1]
  • b) [1, 7, 21, 35, 35, 21, 7, 1] : 88 éléments, terme d'indice 33 égal à (73)=35\binom{7}{3}=35
  • c) 45=(102)45=\binom{10}{2} ; 100100 avec la double boucle complète ; triplets : 120=(103)120=\binom{10}{3}
  • d) 5!=1205!=120 permutations, dont 4!=244!=24 commencent par 11
a)

La bonne ligne est L = [1] + [L[k - 1] + L[k] for k in range(1, len(L))] + [1]. Elle écrit la relation de Pascal : chaque terme intérieur de la ligne suivante est la somme des deux termes voisins de la ligne courante, (i+1k)=(ik−1)+(ik)\binom{i+1}{k}=\binom{i}{k-1}+\binom{i}{k}, et l'on ajoute un 11 à chaque bord, puisque (i+10)=(i+1i+1)=1\binom{i+1}{0}=\binom{i+1}{i+1}=1. La nouvelle ligne a donc un terme de plus que l'ancienne. La ligne L = [L[k] + L[k + 1] for k in range(len(L))] lit L[k + 1] au-delà de la fin de la liste et provoque une erreur d'indice ; même corrigée, elle raccourcirait la ligne au lieu de l'allonger. La ligne L.append(L[-1] + L[-2]) est celle de la suite de Fibonacci, qui n'a rien à voir.

b)

La boucle s'exécute 77 fois à partir de la ligne 00, [1] : elle renvoie la ligne 77, [1, 7, 21, 35, 35, 21, 7, 1], soit 88 éléments. Le terme d'indice 33 est (73)=35\binom{7}{3}=35. Le piège est le décalage : la ligne nn a n+1n+1 termes, et le terme d'indice kk est (nk)\binom{n}{k}, pas (nk+1)\binom{n}{k+1}. Contrôle : 1+7+21+35+35+21+7+1=128=271+7+21+35+35+21+7+1=128=2^{7}.

c)

La double boucle ne retient que les couples d'indices i<ji<j : chaque paire {E[i], E[j]}\{E[i],\ E[j]\} est produite une seule fois, dans un seul ordre, et jamais avec deux fois le même élément. Elle renvoie donc autant de listes que de parties à 22 éléments : (102)=45\binom{10}{2}=45. Avec range(len(E)), la boucle intérieure parcourt tous les jj : elle produit tous les couples (i, j)(i,\ j), soit 10×10=10010\times 10=100 listes, dont les 1010 couples (i, i)(i,\ i) et chaque paire en double. On compterait alors des listes avec répétition, pas des parties. Pour les parties à 33 éléments, on impose i<j<ki<j<k par trois boucles imbriquées (voir la fonction triplets du programme corrigé) : elle renvoie (103)=120\binom{10}{3}=120 listes. Imposer des indices STRICTEMENT croissants, c'est exactement choisir sans ordre et sans répétition.

d)

La fonction choisit le premier élément de toutes les façons possibles, puis complète par toutes les permutations des éléments restants. Pour 55 éléments : 55 choix du premier, puis 4!=244!=24 permutations du reste, soit 5×24=120=5!5\times 24=120=5! listes, dont 2424 commencent par 11. Chaque appel récursif ajoute un facteur au produit 5×4×3×2×15\times 4\times 3\times 2\times 1 : c'est le principe multiplicatif, écrit comme une boucle qui appelle la même fonction sur une liste plus courte. Le cas de base, une liste d'au plus un élément, renvoie une seule permutation, ce qui correspond à 1!=0!=11!=0!=1.

Les trois fonctions produisent les objets eux-mêmes, alors que les formules les comptent. Leurs longueurs, (n2)\binom{n}{2}, (n3)\binom{n}{3} et n!n!, sont un contrôle des formules, et elles montrent pourquoi on compte au lieu d'énumérer : la liste des permutations de 1212 éléments en contiendrait 479 001 600479\,001\,600.

python
def ligne_pascal(n):
    L = [1]
    for i in range(n):
        L = [1] + [L[k - 1] + L[k] for k in range(1, len(L))] + [1]
    return L

def triplets(E):
    T = []
    for i in range(len(E)):
        for j in range(i + 1, len(E)):
            for k in range(j + 1, len(E)):
                T.append([E[i], E[j], E[k]])
    return T

print(ligne_pascal(7))                    # [1, 7, 21, 35, 35, 21, 7, 1]
print(len(paires(list(range(10)))))      # 45
print(len(triplets(list(range(10)))))    # 120
print(len(permutations([1, 2, 3, 4, 5])))  # 120
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Session 2026 • 6 exercices
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspe-denombrement. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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