Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : géométrie dans l'espace (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur la géométrie dans l'espace, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
L'exercice 9 est le grand classique du baccalauréat : un cube muni d'un repère, la diagonale (AG) orthogonale au plan (BDE), puis le calcul d'une distance. Tout le chapitre y passe en une seule question.
Rappel de cours
•Dans un repère de l'espace, AB a pour coordonnées (xB−xA,yB−yA,zB−zA).
•Trois vecteurs sont coplanaires lorsque l'un s'écrit comme combinaison linéaire des deux autres. Sinon ils forment une base de l'espace.
•Représentation paramétrique de la droite passant par A et de vecteur directeur u(a,b,c) : x=xA+at, y=yA+bt, z=zA+ct, avec t réel.
•Produit scalaire dans un repère orthonormé : u⋅v=xx′+yy′+zz′. Norme : ∥u∥=x2+y2+z2.
•Un vecteur n est normal à un plan lorsqu'il est orthogonal à deux vecteurs directeurs non colinéaires de ce plan.
•Le plan de vecteur normal n(a,b,c) passant par A a pour équation a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=0, soit ax+by+cz+d=0.
•Distance d'un point M au plan d'équation ax+by+cz+d=0 : a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣.
•Deux droites de l'espace qui ne sont ni parallèles ni sécantes existent : elles sont non coplanaires.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Vecteurs de l'espace
L'espace est muni d'un repère orthonormé. On donne A(1,2,−1), B(3,−1,2), C(0,4,1) et D(2,1,4).
a) Calculez les coordonnées de AB et CD. Que peut-on en déduire pour le quadrilatère ABDC ?
b) Vérifiez votre conclusion en calculant AC et BD.
c) Les vecteurs u(2,−4,6) et v(−1,2,−3) sont-ils colinéaires ?
d) Les vecteurs w(1,2,3) et t(2,4,7) sont-ils colinéaires ?
Voir la correction
a) AB(2,−3,3) et CD(2,−3,3). Les deux vecteurs sont égaux, donc ABDC est un parallélogramme.
b) AC(−1,2,2) et BD(−1,2,2) : ils sont également égaux, ce qui confirme le parallélogramme.
c) On cherche k tel que v=ku : −1=2k donne k=−21, et on vérifie 2=−21×(−4) ainsi que −3=−21×6. Les trois coordonnées sont cohérentes : les vecteurs sont colinéaires.
d) On aurait k=12=2 sur la première coordonnée et k=24=2 sur la deuxième, mais 37=2 sur la troisième. Les vecteurs ne sont pas colinéaires : dans l'espace, il faut vérifier les trois coordonnées.
Exercice 2 : Coplanarité et base de l'espace
On considère les vecteurs u(1,0,1), v(0,1,1), w(1,1,2) et w′(1,1,3).
a) Justifiez que u et v ne sont pas colinéaires.
b) Déterminez deux réels a et b tels que w=au+bv, s'ils existent. Concluez sur la coplanarité de u, v et w.
c) Reprenez la question b) avec w′.
d) Que peut-on dire du triplet (u,v,w′) ?
Voir la correction
a) Si v=ku, la première coordonnée donnerait 0=k, donc v serait nul, ce qui est faux. Ils ne sont pas colinéaires.
b) au+bv a pour coordonnées (a,b,a+b). L'égalité avec w(1,1,2) donne a=1, b=1 et a+b=2, ce qui est cohérent. Donc w=u+v : les trois vecteurs sont coplanaires.
c) Avec w′(1,1,3) : les deux premières coordonnées imposent a=1 et b=1, mais alors a+b=2=3. Le système est incompatible : w′ n'est pas combinaison linéaire de u et v, les trois vecteurs ne sont pas coplanaires.
d) Trois vecteurs non coplanaires de l'espace forment une base : tout vecteur de l'espace se décompose de manière unique sur (u,v,w′).
Exercice 3 : Représentation paramétrique d'une droite
On considère la droite d passant par A(1,2,−1) et de vecteur directeur u(2,−3,3).
a) Donnez une représentation paramétrique de d.
b) Le point B(3,−1,2) appartient-il à d ? Justifiez en donnant la valeur du paramètre.
c) Le point E(5,−4,4) appartient-il à d ?
d) Déterminez les coordonnées du point de d d'abscisse 7.
Voir la correction
a) x=1+2t, y=2−3t, z=−1+3t, avec t décrivant R.
b) On résout 1+2t=3, ce qui donne t=1. On vérifie alors les deux autres : y=2−3=−1 et z=−1+3=2. Les trois coordonnées correspondent, donc B appartient à d, pour t=1.
c) 1+2t=5 donne t=2. Alors y=2−6=−4, ce qui convient, mais z=−1+6=5 alors que le point a pour cote 4. Le point E n'appartient donc pas à d : il ne suffit pas que deux coordonnées conviennent.
d) 1+2t=7 donne t=3, d'où y=2−9=−7 et z=−1+9=8. Le point cherché est (7,−7,8).
Exercice 4 : Produit scalaire dans l'espace
L'espace est rapporté à un repère orthonormé.
a) Calculez u⋅v pour u(1,2,−1) et v(3,−1,1). Que peut-on en conclure ?
b) Calculez ∥u∥ et ∥v∥.
c) Pour a(2,1,−2) et b(1,3,1), calculez a⋅b et ∥a∥.
d) Déterminez une valeur approchée au centième de degré de l'angle entre a et b.
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a) u⋅v=1×3+2×(−1)+(−1)×1=3−2−1=0. Les deux vecteurs sont orthogonaux.
b) ∥u∥=1+4+1=6 et ∥v∥=9+1+1=11.
c) a⋅b=2+3−2=3. ∥a∥=4+1+4=9=3.
d) ∥b∥=1+9+1=11, donc cos(θ)=3113=111≈0,3015. L'angle mesure environ 72,45∘.
Exercice 5 : Équation cartésienne d'un plan
L'espace est rapporté à un repère orthonormé.
a) Déterminez une équation cartésienne du plan P passant par A(1,2,−1) et de vecteur normal n(2,−1,3).
b) Vérifiez que le point A appartient bien à P.
c) Le point F(2,4,0) appartient-il à P ?
d) Donnez un vecteur normal au plan Q d'équation x+2y−z+5=0, puis vérifiez que G(0,0,5) appartient à Q.
e) Les plans P et Q sont-ils perpendiculaires ?
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a) L'équation s'écrit 2(x−1)−1(y−2)+3(z+1)=0, soit 2x−2−y+2+3z+3=0, c'est-à-dire 2x−y+3z+3=0.
b) 2×1−2+3×(−1)+3=2−2−3+3=0 : le point A appartient bien à P.
c) 2×2−4+3×0+3=4−4+0+3=3=0 : le point F n'appartient pas à P.
d) Les coefficients de x, y et z donnent directement un vecteur normal : m(1,2,−1). Pour G : 0+0−5+5=0, donc G appartient à Q.
e) Deux plans sont perpendiculaires lorsque leurs vecteurs normaux sont orthogonaux. Ici n⋅m=2×1+(−1)×2+3×(−1)=2−2−3=−3=0. Les plans ne sont donc pas perpendiculaires.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Intersection d'une droite et d'un plan
On considère le plan P d'équation 2x−y+3z+3=0 et la droite d de représentation paramétrique x=2+t, y=1−t, z=3+2t, avec t réel.
a) Donnez un vecteur directeur u de d et un vecteur normal n de P.
b) Calculez u⋅n. Que peut-on en déduire sur la position relative de d et P ?
c) Déterminez les coordonnées du point d'intersection de d et P.
d) Vérifiez que ce point appartient bien à la fois à d et à P.
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a) u(1,−1,2) se lit sur les coefficients du paramètre, et n(2,−1,3) sur les coefficients de l'équation du plan.
b) u⋅n=2+1+6=9=0. Le vecteur directeur n'est pas orthogonal au vecteur normal, donc la droite n'est pas parallèle au plan : elle le coupe en un unique point.
c) On remplace dans l'équation du plan : 2(2+t)−(1−t)+3(3+2t)+3=4+2t−1+t+9+6t+3=9t+15. On résout 9t+15=0, donc t=−35. Les coordonnées sont alors x=2−35=31, y=1+35=38 et z=3−310=−31.
d) Le point (31,38,−31) correspond à t=−35 dans la représentation paramétrique, donc il appartient à d. Pour le plan : 32−38−1+3=−36+2=−2+2=0. Il appartient bien aux deux.
Exercice 7 : Positions relatives de plans
On considère les plans P1:2x−y+3z+3=0, P2:4x−2y+6z−1=0 et P3:x+y−z=0.
a) Donnez un vecteur normal à chacun de ces trois plans.
b) Étudiez la position relative de P1 et P2. Sont-ils confondus ?
c) Étudiez la position relative de P1 et P3.
d) Le point H(1,2,3) appartient-il à P3 ? Et à P1 ?
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a) n1(2,−1,3), n2(4,−2,6) et n3(1,1,−1).
b) n2=2n1 : les vecteurs normaux sont colinéaires, donc les plans sont parallèles. Sont-ils confondus ? En multipliant l'équation de P1 par 2 on obtient 4x−2y+6z+6=0, dont le terme constant vaut 6 et non −1. Les deux plans sont donc strictement parallèles, sans point commun.
c) n1⋅n3=2−1−3=−2. Les vecteurs normaux ne sont pas colinéaires (on le voit aussi car 12=1−1), donc les plans ne sont pas parallèles : ils se coupent selon une droite.
d) Pour P3 : 1+2−3=0, donc H appartient à P3. Pour P1 : 2−2+9+3=12=0, donc H n'appartient pas à P1. Le point H n'est donc pas sur la droite d'intersection.
Exercice 8 : Projeté orthogonal et distance à un plan
On considère le plan P d'équation 2x−y+3z+3=0 et le point M(3,1,−2).
On note H le projeté orthogonal de M sur P.
a) Calculez la distance de M au plan P, en valeur exacte puis arrondie au millième.
b) Donnez une représentation paramétrique de la droite passant par M et orthogonale à P.
c) Déterminez les coordonnées de H.
d) Vérifiez que H appartient à P, puis que la distance MH correspond bien au résultat de la question a).
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a) 4+1+9∣2×3−1+3×(−2)+3∣=14∣6−1−6+3∣=142=714≈0,535.
b) La droite a pour vecteur directeur le vecteur normal n(2,−1,3) et passe par M : x=3+2t, y=1−t, z=−2+3t.
c) On reporte dans l'équation du plan : 2(3+2t)−(1−t)+3(−2+3t)+3=6+4t−1+t−6+9t+3=14t+2. On résout 14t+2=0, donc t=−71. Les coordonnées sont x=3−72=719, y=1+71=78 et z=−2−73=−717.
d) Vérification dans P : 738−78−751+3=738−8−51+21=70=0. Ensuite MH(−72,71,−73), de norme 714+1+9=714. C'est bien la distance trouvée en a).
Exercice 9 : L'exercice du cube
ABCDEFGH est un cube d'arête 1. On se place dans le repère orthonormé d'origine A tel que B(1,0,0), D(0,1,0) et E(0,0,1).
Les autres sommets sont alors C(1,1,0), F(1,0,1), G(1,1,1) et H(0,1,1).
a) Calculez les coordonnées de AG, BD et BE.
b) Démontrez que AG est orthogonal à BD et à BE. Que peut-on en déduire ?
c) Déduisez-en une équation cartésienne du plan (BDE).
d) Calculez la distance du point A au plan (BDE).
e) Déterminez les coordonnées du point d'intersection de la droite (AG) et du plan (BDE).
Voir la correction
a) AG(1,1,1), BD(−1,1,0) et BE(−1,0,1).
b) AG⋅BD=−1+1+0=0 et AG⋅BE=−1+0+1=0. Le vecteur AG est donc orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (BDE) : la droite (AG) est orthogonale au plan (BDE), et AG en est un vecteur normal.
c) Le plan a pour vecteur normal (1,1,1) et passe par B(1,0,0) : son équation est 1(x−1)+1(y−0)+1(z−0)=0, soit x+y+z−1=0. On vérifie avec D : 0+1+0−1=0, et avec E : 0+0+1−1=0.
d) 1+1+1∣0+0+0−1∣=31=33≈0,577.
e) La droite (AG) a pour représentation paramétrique x=t, y=t, z=t. En reportant : t+t+t−1=0, donc t=31. Le point d'intersection est (31,31,31). C'est le centre de gravité du triangle BDE, ce qui est cohérent avec la symétrie de la figure.
Exercice 10 : Quatre affirmations sur l'espace
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez.
a) « Deux droites de l'espace qui ne sont pas parallèles sont sécantes. »
b) « Trois vecteurs non nuls et deux à deux non colinéaires forment toujours une base de l'espace. »
c) « Un plan admet un unique vecteur normal. »
d) « Deux équations cartésiennes différentes définissent toujours deux plans différents. »
Voir la correction
a) Faux. C'est vrai dans le plan, pas dans l'espace : deux droites peuvent n'être ni parallèles ni sécantes, on dit alors qu'elles sont non coplanaires. Contre-exemple dans le cube de l'exercice 9 : la droite (AB) a pour vecteur directeur (1,0,0) et la droite (DH) a pour vecteur directeur (0,0,1), donc elles ne sont pas parallèles. Un point de (AB) s'écrit (t,0,0) et un point de (DH) s'écrit (0,1,s) : l'égalité imposerait 0=1, ce qui est impossible. Les deux droites n'ont donc aucun point commun.
b) Faux. Trois vecteurs peuvent être deux à deux non colinéaires tout en étant coplanaires. Contre-exemple de l'exercice 2 : u(1,0,1), v(0,1,1) et w(1,1,2) ne sont deux à deux pas colinéaires, pourtant w=u+v : ils sont coplanaires et ne forment pas une base.
c) Faux. Si n est normal à un plan, alors kn l'est aussi pour tout réel k non nul. Un plan admet donc une infinité de vecteurs normaux, tous colinéaires entre eux. Exemple : (2,−1,3) et (4,−2,6) sont tous deux normaux au plan 2x−y+3z+3=0.
d) Faux. Multiplier une équation par un réel non nul donne une équation différente du même plan. Ainsi 2x−y+3z+3=0 et 4x−2y+6z+6=0 décrivent exactement le même plan. En revanche 4x−2y+6z−1=0 décrit un plan strictement parallèle, comme vu à l'exercice 7.
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