Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les équations différentielles (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les équations différentielles, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Elle couvre l'équation y′=f(x) résolue par une primitive, l'équation homogène y′=ay, l'équation y′=ay+b et sa solution particulière constante, la condition initiale, la structure de l'ensemble des solutions, l'équilibre stable ou instable et l'allure des courbes solutions. L'exercice 0.1 ouvre la série par dix équations à résoudre directement, comme dans les listes des manuels : y′=ay et y′+ay=0 avec une condition initiale, y′=f(x) par une primitive, la solution constante −ab de y′=ay+b, une équation 3y′+2y=6 à ramener à cette forme et une condition donnée en x=1.
À la fin de la série, vous savez vérifier qu'une fonction est solution (exercice 1), calculer un temps de doublement et une demi-vie (exercice 3), résoudre avec une condition initiale décalée et démontrer la structure des solutions (exercice 5), puis modéliser : la loi de refroidissement de Newton identifiée sur une mesure de café (exercice 6), la chute d'un parachutiste avec frottement fluide et sa vitesse limite (exercice 7), une cuve de saumure dont la concentration tend vers celle de l'alimentation (exercice 8) et un lac dont le quota de pêche rend l'équilibre instable (exercice 10). La partie C ajoute la lecture d'une solution sans la calculer (exercice 12) et la recherche d'une solution particulière pour un second membre variable (exercice 13). L'exercice 6 est désormais un problème complet au format du baccalauréat, comme les exercices 10 et 14 : il enchaîne la résolution, les variations et la convexité de la température, la suite géométrique des écarts relevés toutes les dix minutes et le premier relevé sous 25 °C, calculé par logarithme.
Deux réflexes se paient cher au baccalauréat : écrire y=Ceax+b au lieu de y=Ceax−ab, et confondre la limite avec une valeur atteinte. Les exercices 9 et 6 sont construits contre ces deux automatismes. La partie D suit le programme officiel, qui demande l'« allure des courbes » des solutions de y′=ay. Son fil : une équation différentielle décrit toute une FAMILLE de courbes empilées sans se croiser, et la condition initiale choisit l'étage. Les exercices 14 et 15 sont signalés comme des approfondissements : le programme ne demande rien sur l'équation logistique ni sur Torricelli, qu'on ne rencontre que guidées.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•L'équation y′=f(x) se résout en cherchant une primitive : les solutions sont y=F(x)+C, où F est une primitive de f sur l'intervalle considéré.
•Les solutions de y′=ay sur R sont les fonctions x↦Ceax, avec C réel quelconque.
•Les solutions de y′=ay+b (avec a=0) sont les fonctions x↦Ceax−ab. La constante −ab est la solution particulière constante, celle qui annule y′.
•Structure des solutions : si g est une solution particulière de y′=ay+b, toute solution s'écrit y=g+h où h est solution de l'équation homogène y′=ay.
•Pour toute condition initiale y(x0)=y0, il existe une unique solution qui la vérifie : la condition détermine C, et une seule.
•Si a<0, toute solution tend vers −ab quand x→+∞ : c'est un équilibre stable, approché mais jamais atteint, sauf si y0=−ab.
•Si a>0, toute solution autre que la constante −ab s'en éloigne : l'équilibre est instable.
•Méthode standard pour un modèle : poser z=y−ℓ où ℓ est l'équilibre, ce qui ramène à z′=az.
•Allure des solutions de y′=ay : C=y(0) ; la fonction garde le signe de C et varie selon le signe de aC ; en +∞, elle tend vers 0 si a<0 et vers ±∞ si a>0. Deux courbes solutions distinctes ne se coupent jamais.
Calculs : les équations différentielles à résoudre
Exercice 0.1 : Résoudre y' = ay + b avec une condition initiale : dix calculs directs
Pour chaque équation différentielle, d'inconnue une fonction y dérivable sur R, déterminez la solution qui vérifie la condition donnée, puis calculez la valeur demandée.
Une seule méthode pour les dix lignes : mettre l'équation sous la forme y′=ay+b en isolant y′ ; écrire la solution constante −ab, puis toutes les solutions, y=Ceax−ab ; fixer C par la condition initiale, en remplaçant x par la valeur donnée, qui n'est pas toujours 0. Pour y′=f(x), on cherche une primitive de f, et la constante se fixe de la même façon.
a) y′=1,5y avec y(0)=4, puis y(2).
b) y′=−3y avec y(0)=2, puis y(0,5).
c) y′+4y=0 avec y(0)=−1, puis y(0,25).
d) y′=4x3−6x+1 avec y(1)=3, puis y(2).
e) y′=−4y+10 : la valeur de la solution constante.
f) y′=3y−12 avec y(0)=5, puis y(1).
g) y′=−5y+20 avec y(0)=1, puis y(0,2).
h) 3y′+2y=6 avec y(0)=0, puis y(3).
i) y′=2y+4 avec y(1)=0, puis y(0).
j) y′=0,5y−3 avec y(0)=6, puis y(10).
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Réponses
a)y(x)=4e1,5x ; y(2)=4e3≈80,342
b)y(x)=2e−3x ; y(0,5)=2e−1,5≈0,446
c)y(x)=−e−4x ; y(0,25)=−e−1≈−0,368
d)y(x)=x4−3x2+x+4 ; y(2)=10
e)y=25
f)y(x)=e3x+4 ; y(1)=e3+4≈24,086
g)y(x)=4−3e−5x ; y(0,2)=4−3e−1≈2,896
h)y(x)=3−3e−32x ; y(3)=3−3e−2≈2,594
i)y(x)=2e2x−2−2 ; y(0)=2e−2−2≈−1,729
j)y(x)=6 ; y(10)=6
Le geste qui décide de tout : lire a et b sur l'équation écrite SOUS LA FORME y′=ay+b, et seulement sous cette forme. Une équation y′+4y=0 a pour coefficient a=−4, une équation 3y′+2y=6 a pour coefficients a=−32 et b=2 : lire avant d'isoler y′ fausse tout le reste.
a)
Les solutions de y′=1,5y sont y=Ce1,5x, et y(0)=C=4. Donc y(x)=4e1,5x et y(2)=4e3≈80,342.
b)
y=Ce−3x et y(0)=C=2. Donc y(x)=2e−3x et y(0,5)=2e−1,5≈0,446.
c)
y′+4y=0 s'écrit y′=−4y : y=Ce−4x, et y(0)=C=−1. Donc y(x)=−e−4x et y(0,25)=−e−1≈−0,368. Piège : lire a=4 sur y′+4y=0 ; le terme passe de l'autre côté avec son signe.
d)
Ici l'inconnue n'apparaît que par y′ : on cherche une primitive, y(x)=x4−3x2+x+C. Puis y(1)=1−3+1+C=−1+C=3, donc C=4. Ainsi y(x)=x4−3x2+x+4 et y(2)=16−12+2+4=10. Piège : oublier la constante, ou la fixer comme si la condition était donnée en 0.
e)
Une fonction constante c a une dérivée nulle : 0=−4c+10, donc c=410=25=2,5. C'est bien −ab=−−410. Piège : écrire −ab sans garder le signe de a, et trouver −2,5.
f)
Solution constante : 3c−12=0, c=4. Donc y=Ce3x+4, et y(0)=C+4=5 donne C=1. Ainsi y(x)=e3x+4 et y(1)=e3+4≈24,086. Piège : écrire y=Ce3x−12, en recopiant b à la place de −ab.
g)
Solution constante : −5c+20=0, c=4. Donc y=Ce−5x+4, et y(0)=C+4=1 donne C=−3. Ainsi y(x)=4−3e−5x et y(0,2)=4−3e−1≈2,896. La constante C est négative : la solution part SOUS l'équilibre et y monte.
h)
On isole y′ : 3y′=−2y+6, soit y′=−32y+2. Solution constante : c=3. Donc y=Ce−32x+3, et y(0)=C+3=0 donne C=−3. Ainsi y(x)=3−3e−32x et y(3)=3−3e−2≈2,594. Piège : prendre a=−2 et b=6 sans diviser par 3.
i)
Solution constante : 2c+4=0, c=−2. Donc y=Ce2x−2, et la condition est donnée en 1 : y(1)=Ce2−2=0, d'où C=2e−2. Ainsi y(x)=2e2x−2−2 et y(0)=2e−2−2≈−1,729. Piège : écrire C−2=0 comme si x valait 0, ce qui donne C=2 et y(0)=0.
j)
Solution constante : 0,5c−3=0, c=6. La condition initiale vaut justement 6 : y(0)=C+6=6 donne C=0, et la solution est la fonction constante y=6. Donc y(10)=6. Piège : chercher une croissance exponentielle, alors que la solution est posée sur l'équilibre et y reste.
Contrôle : la fonction trouvée doit vérifier la condition initiale ET l'équation. On dérive, et l'on compare y′(x) à ay(x)+b : en h), y′(x)=2e−32x et −32(3−3e−32x)+2=2e−32x. Les deux membres coïncident.
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Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Vérifier qu'une fonction est solution
Dans chaque cas, dites si la fonction proposée est solution de l'équation différentielle donnée sur R, en détaillant le calcul.
a) f(x)=3e2x et l'équation y′=2y.
b) g(x)=5e−0,4x+7 et l'équation y′=−0,4y+2,8.
c) h(x)=xex et l'équation y′=y+ex.
d) k(x)=x2 et l'équation y′=2y.
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Réponses
a)Oui
b)Oui
c)Oui
d)Non : l'égalité ne vaut qu'en 0 et 1
a)
f′(x)=3×2e2x=6e2x et 2f(x)=2×3e2x=6e2x. Les deux expressions coïncident pour TOUT réel x : f est solution. La méthode est toujours la même et ne demande aucune astuce : on calcule les deux membres séparément et l'on compare, sans jamais chercher à résoudre.
b)
g′(x)=5×(−0,4)e−0,4x=−2e−0,4x, la constante 7 disparaissant à la dérivation. D'autre part −0,4g(x)+2,8=−0,4(5e−0,4x+7)+2,8=−2e−0,4x−2,8+2,8=−2e−0,4x. Égalité pour tout x : g est solution. Le nombre 7 n'est pas quelconque, on vérifie que 7=−−0,42,8=−ab : c'est la solution particulière CONSTANTE, autour de laquelle tout le chapitre s'organise.
c)
h′(x)=1×ex+xex=(1+x)ex par la formule du produit, et h(x)+ex=xex+ex=(1+x)ex. Égalité pour tout x : h est solution. Notez que cette équation n'est PAS du type y′=ay+b, son second membre dépendant de x ; on ne saurait donc pas la résoudre au programme de Terminale, mais on sait parfaitement vérifier qu'une fonction donnée en est solution. Vérifier et résoudre sont deux compétences distinctes, et la première est toujours accessible.
d)
k′(x)=2x et 2k(x)=2x2. L'égalité 2x=2x2 équivaut à 2x(1−x)=0, donc elle n'a lieu qu'en x=0 et en x=1. Or une fonction n'est solution que si l'égalité vaut sur TOUT l'intervalle : k n'est donc pas solution. Vérifier en un seul point ne prouve rien, et c'est exactement le piège de la question : un élève qui teste x=1 et trouve 2=2 conclura à tort.
Deux réflexes à installer dès cet exercice, car ils resserviront constamment. D'abord, une équation différentielle est une relation entre une fonction et sa dérivée qui doit être satisfaite PARTOUT sur l'intervalle considéré ; un contre-exemple en un seul point suffit à démolir, une vérification en un seul point ne prouve rien. Ensuite, dans une équation y′=ay+b, la constante −ab est toujours solution, ce que la question b) illustre et que l'exercice 4 démontrera : c'est la valeur d'ÉQUILIBRE, celle pour laquelle la dérivée s'annule et où rien ne bouge plus.
Exercice 2 : Résoudre en cherchant une primitive
Résolvez chaque équation différentielle sur l'intervalle indiqué, puis déterminez l'unique solution vérifiant la condition donnée.
a) y′=3x2−4x+1 sur R, avec y(0)=2.
b) y′=x1 sur ]0;+∞[, avec y(1)=0.
c) y′=e−2x sur R, avec y(0)=1.
d) y′=x2+12x sur R, avec y(0)=5.
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Réponses
a)y(x)=x3−2x2+x+2
b)y(x)=lnx
c)y(x)=23−21e−2x
d)y(x)=ln(x2+1)+5
a)
Quand l'équation s'écrit y′=φ(x), sans y au second membre, résoudre revient simplement à PRIMITIVER : y(x)=x3−2x2+x+C. La condition y(0)=0−0+0+C=2 donne C=2, d'où l'unique solution y(x)=x3−2x2+x+2.
b)
y(x)=lnx+C sur ]0;+∞[, intervalle sur lequel x1 admet bien ln pour primitive. Avec y(1)=ln1+C=0+C=0, on obtient C=0 et y(x)=lnx. La restriction à ]0;+∞[ n'est pas décorative : sur ]−∞;0[ la primitive serait ln(−x), et les deux intervalles doivent être traités séparément puisqu'ils ne se rejoignent pas.
c)
Une primitive de e−2x est −21e−2x, donc y(x)=−21e−2x+C. La condition y(0)=−21+C=1 donne C=23, d'où y(x)=23−21e−2x. Le facteur −21 vient de ce que la dérivée de −2x vaut −2, qu'il faut compenser ; l'oublier est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle se détecte en une ligne par dérivation.
d)
On reconnaît la forme uu′ avec u=x2+1, dont la dérivée est bien 2x et qui est strictement positif sur R : y(x)=ln(x2+1)+C. Avec y(0)=ln1+C=C=5, on obtient y(x)=ln(x2+1)+5.
Ce premier type d'équation ne demande donc rien d'autre que le chapitre des primitives, mais il installe la structure que l'on retrouvera partout. L'ensemble des solutions forme une FAMILLE à un paramètre, dont les courbes se déduisent les unes des autres par translation verticale, et la condition initiale sélectionne exactement une courbe de la famille. Une seule condition suffit, et il n'en faut pas deux, comme l'exercice 9 le rappellera : une équation du premier ordre n'introduit qu'une seule constante d'intégration.
Exercice 3 : L'équation homogène
On rappelle que les solutions de y′=ay sur R sont les fonctions x↦Ceax.
a) Résolvez y′=3y, puis donnez la solution vérifiant y(0)=−2.
b) Résolvez y′+5y=0 avec y(0)=2.
c) Une population vérifie P′=0,25P avec P(0)=100, le temps étant en années. Au bout de combien d'années la population a-t-elle doublé ?
d) Une masse de matière radioactive vérifie m′=−0,1m, le temps étant en jours. Calculez sa demi-vie, puis vérifiez qu'elle ne dépend pas de la masse initiale.
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Réponses
a)y(x)=Ce3x ; y(x)=−2e3x
b)y(x)=2e−5x
c)t=0,25ln2≈2,77 ans
d)T=0,1ln2≈6,93 jours, indépendante de m0
a)
Les solutions sont y(x)=Ce3x, le coefficient 3 allant dans l'EXPOSANT et non devant. La condition y(0)=Ce0=C=−2 donne y(x)=−2e3x. On remarquera que C est toujours la valeur en 0, ce qui rend l'identification immédiate quand la condition est donnée en ce point.
b)
L'équation y′+5y=0 doit d'abord être RÉÉCRITE sous la forme canonique y′=−5y, le terme +5y changeant de signe en passant de l'autre côté. Les solutions sont donc y(x)=Ce−5x, et y(0)=C=2 donne y(x)=2e−5x. Ce changement de signe est l'erreur classique, et un contrôle la détecte : la solution doit DÉCROÎTRE, puisque plus y est grand, plus y′ est négatif.
c)
La solution s'écrit P(t)=100e0,25t, et l'on cherche t tel que P(t)=200, c'est-à-dire e0,25t=2. On applique le logarithme, opération licite car l'exponentielle est strictement positive : 0,25t=ln2, donc t=0,25ln2≈2,77 années, soit environ 2 ans et 9 mois.
d)
m(t)=m0e−0,1t. La demi-vie T vérifie m0e−0,1T=2m0, et m0>0 SE SIMPLIFIE des deux côtés : e−0,1T=21, donc −0,1T=ln21=−ln2 et T=0,1ln2≈6,93 jours. La masse initiale disparaît du calcul, ce qui explique que la demi-vie caractérise le NOYAU et non l'échantillon : un gramme et une tonne du même isotope se désintègrent au même rythme relatif.
Les questions c) et d) reposent sur la même formule, qu'il vaut mieux comprendre une fois que mémoriser deux fois. Le temps de doublement d'une croissance de taux a>0 vaut aln2, et la demi-vie d'une décroissance de taux −a vaut également aln2 : c'est le même nombre, parce que ln2 mesure indifféremment un doublement ou une division par deux, au signe près. On en tire une règle mentale utile, dite règle de 70 : puisque ln2≈0,693≈0,70, un taux de 5% par an double en environ 570=14 ans, un taux de 7% en 10 ans. Le calcul exact donnerait 13,86 ans pour 5% ✓.
Exercice 4 : L'équation avec second membre constant
Pour chaque équation, déterminez d'abord la solution particulière constante, puis l'ensemble des solutions, puis celle qui vérifie la condition initiale.
a) y′=2y+6.
b) y′=−0,5y+4 avec y(0)=2. Donnez la limite de la solution en +∞.
c) Reprenez l'équation de b) avec y(0)=12, et comparez les deux comportements.
d) Démontrez que si y0=−ab, alors la solution est constante.
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Réponses
a)y(x)=Ce2x−3
b)y(x)=8−6e−0,5x, limite 8
c)y(x)=8+4e−0,5x, décroît vers 8
d)La constante −ab est solution ; par unicité, c'est la seule
a)
On cherche d'abord la solution CONSTANTE y=k, dont la dérivée est nulle : 0=2k+6, soit k=−3. Les solutions sont alors y(x)=Ce2x−3, c'est-à-dire la solution générale de l'équation homogène y′=2y à laquelle on AJOUTE la constante trouvée.
b)
La constante vérifie 0=−0,5k+4, soit k=8. Les solutions sont y(x)=Ce−0,5x+8, et la condition y(0)=C+8=2 donne C=−6, d'où y(x)=−6e−0,5x+8. Comme −0,5<0, on a e−0,5x→0 en +∞ et donc limx→+∞y(x)=8, la solution montant depuis 2 vers cette valeur sans jamais l'atteindre.
c)
La constante 8 est la même, seule change la valeur de C : ici C=12−8=4 et y(x)=4e−0,5x+8. La limite est encore 8, mais la solution DÉCROÎT depuis 12. Les deux courbes de b) et c) encadrent donc la droite d'équation y=8 et s'en approchent par des côtés opposés : cette droite est un ÉQUILIBRE STABLE, vers lequel toute solution converge quelle que soit sa valeur de départ.
d)
Si y est la fonction constante égale à −ab, alors y′=0 d'une part, et ay+b=a×(−ab)+b=−b+b=0 d'autre part. L'équation est donc vérifiée, cette constante est bien solution, et elle vaut y0 en 0 par hypothèse. Par UNICITÉ de la solution vérifiant une condition initiale donnée, c'est la seule qui convienne : la solution est constante.
Le schéma général vaut d'être formulé une fois pour toutes, car il gouverne les exercices 6 à 10. La solution s'écrit y(x)=eˊquilibre−ab+eˊcart aˋ l’eˊquilibreCeax, et l'écart à l'équilibre suit exactement l'équation homogène. Le SIGNE de a décide alors de tout. Si a<0, l'écart s'efface et l'équilibre est stable, attirant toutes les solutions : c'est le cas du café qui refroidit, du parachutiste et de la cuve de saumure. Si a>0, l'écart s'amplifie et l'équilibre est instable, repoussant toutes les solutions : c'est le cas du lac de l'exercice 10, où une population légèrement inférieure au seuil s'effondre. Ce seul critère de signe permet de prévoir le comportement AVANT tout calcul.
Exercice 5 : Condition initiale décalée et structure des solutions
La condition initiale n'est pas toujours donnée en 0, et l'ensemble des solutions a une structure qu'il faut savoir démontrer.
a) Déterminez la solution de y′=3y vérifiant y(2)=1.
b) Déterminez la solution de y′=−2y+6 vérifiant y(1)=4.
c) Soient f et g deux solutions de y′=ay+b sur R. Démontrez que f−g est solution de y′=ay.
d) Déduisez-en que toute solution de y′=ay+b s'écrit Ceax−ab, en prenant pour g la solution constante.
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Réponses
a)y(x)=e3(x−2)
b)y(x)=e−2(x−1)+3
c)(f−g)′=a(f−g)
d)f(x)=Ceax−ab, et réciproquement
a)
Les solutions sont y(x)=Ce3x. La condition y(2)=Ce6=1 donne C=e−6, d'où y(x)=e−6e3x=e3x−6=e3(x−2). La dernière écriture est de loin la plus lisible, et elle se contrôle d'un coup d'œil : en x=2 l'exposant s'annule et l'on obtient e0=1 ✓. Prendre l'habitude de factoriser l'exposant fait gagner du temps et évite les erreurs de recopie.
b)
La constante vérifie 0=−2k+6, soit k=3, donc les solutions sont y(x)=Ce−2x+3. La condition y(1)=Ce−2+3=4 donne Ce−2=1, soit C=e2, d'où y(x)=e2e−2x+3=e2−2x+3=e−2(x−1)+3. Contrôle en x=1 : e0+3=4 ✓.
c)
Posons u=f−g. Alors u′=f′−g′=(af+b)−(ag+b)=af−ag=a(f−g)=au. Donc u est solution de l'équation HOMOGÈNE y′=ay. Le second membre constant b s'élimine par différence, et c'est tout le mécanisme : deux solutions de la même équation avec second membre diffèrent par une solution de l'équation sans second membre.
d)
Prenons pour g la fonction constante égale à −ab, qui est bien solution d'après l'exercice 4. Si f est une solution quelconque, alors f−g est solution de y′=ay d'après c), donc il existe un réel C tel que f(x)−(−ab)=Ceax, c'est-à-dire f(x)=Ceax−ab. Réciproquement, toute fonction de cette forme est solution, par le calcul direct de l'exercice 1. On a donc bien décrit TOUTES les solutions, et rien qu'elles. Chaque valeur de C donne une courbe, et c'est la condition initiale qui en choisit une.
La double inclusion de la question d) n'est pas une coquetterie de rédaction : sans le sens réciproque, on aurait montré que les solutions sont NÉCESSAIREMENT de cette forme, sans garantir que toute fonction de cette forme convienne. Sur le fond, ce raisonnement est le même que pour les primitives, où deux primitives d'une même fonction diffèrent d'une constante, ou pour les systèmes linéaires, où l'on ajoute une solution particulière à la solution générale du système homogène. Le principe commun, appelé structure affine de l'ensemble des solutions, se résume en une phrase à retenir : solution générale égale solution particulière plus solution générale de l'homogène.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : La loi de refroidissement de Newton
Un café servi à 85 °C refroidit dans une pièce maintenue à 20 °C. On note θ(t) sa température en degrés Celsius après t minutes.
La loi de Newton affirme que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart avec la température ambiante : θ′(t)=−k(θ(t)−20), où k>0.
Une mesure donne θ(10)=65.
a) On pose z(t)=θ(t)−20. Montrez que z vérifie z′=−kz, et exprimez θ(t) en fonction de k.
b) Déterminez k à partir de la mesure à 10 minutes. Donnez une valeur arrondie à 10−4.
c) Au bout de combien de temps le café atteint-il 40 °C ?
d) Quelle est la limite de θ en +∞ ? Le café atteint-il un jour la température de la pièce ?
e) Calculez θ′(t) et étudiez son signe. Dressez le tableau de variation de θ sur [0;+∞[, en y faisant figurer la limite trouvée en d).
f) Calculez θ′(0) et θ′(30), arrondis au centième, et interprétez-les. Montrez que θ est convexe sur [0;+∞[, puis interprétez ce résultat pour le café.
g) Montrez que, pour tout t≥0, θ(t+10)−20=139(θ(t)−20). On relève la température toutes les dix minutes et l'on pose un=θ(10n)−20 pour tout entier naturel n. Montrez que la suite (un) est géométrique, précisez sa raison et son premier terme, puis calculez la température au bout de 30 minutes, au dixième.
h) Déterminez par le calcul le plus petit entier n tel que un<5, et interprétez-le pour les relevés. Contrôlez ce résultat en résolvant l'équation θ(t)=25.
Voir la correction
Réponses
a)θ(t)=20+65e−kt
b)k=101ln913≈0,0368
c)Environ 32,1 min
d)Limite 20 °C, jamais atteinte
e)θ′(t)=−65ke−kt<0 : θ décroît strictement de 85 vers 20
f)θ′(0)≈−2,39 et θ′(30)≈−0,79 °C/min ; θ′′>0, convexe : refroidissement de moins en moins rapide
g)(un) géométrique de raison 139, u0=65 ; θ(30)≈41,6 °C
h)n=7 : premier relevé sous 25 °C à 70 minutes ; θ(t)=25 pour t≈69,8 min
a)
La constante 20 ayant une dérivée nulle, on a z′=θ′, donc z′=−k(θ−20)=−kz. Le changement de variable a fait DISPARAÎTRE le second membre, ce qui est tout son intérêt. Les solutions sont z(t)=Ce−kt, d'où θ(t)=20+Ce−kt. La condition θ(0)=20+C=85 donne C=65, qui est exactement l'ÉCART initial à la température de la pièce, et non la température initiale. Donc θ(t)=20+65e−kt.
b)
On exploite la mesure : θ(10)=20+65e−10k=65, donc 65e−10k=45 et e−10k=6545=139. En passant au logarithme, −10k=ln139, donc k=101ln913≈0,0368 par minute. L'inversion de la fraction, qui fait passer de 139 à 913, absorbe le signe moins : −ln139=ln913.
c)
On résout 20+65e−kt=40, soit e−kt=6520=134, donc t=k1ln413≈0,036771,1787≈32,1 minutes. Le café passe donc environ 32 minutes au-dessus de 40∘C, ce qui est un ordre de grandeur crédible et valide le modèle.
d)
Comme −k<0, on a e−kt→0 et donc limt→+∞θ(t)=20. Mais le terme 65e−kt est STRICTEMENT POSITIF pour tout t, l'exponentielle ne s'annulant jamais : la température du café reste strictement supérieure à 20∘C à chaque instant. Le modèle décrit donc une limite, pas une valeur atteinte. Au bout de 3 heures, l'écart résiduel vaut encore environ 0,09∘C, indétectable en pratique mais non nul dans le modèle. La vitesse étant proportionnelle à l'écart restant, le refroidissement ralentit sans cesse.
e)
D'après a) et b), θ(t)=20+65e−kt avec k=101ln913>0, puisque 913>1.
La dérivée de t↦e−kt est t↦−ke−kt, donc θ′(t)=−65ke−kt.
Comme k>0 et e−kt>0, on a θ′(t)<0 pour tout t≥0 : θ est strictement décroissante sur [0;+∞[.
Tableau : θ décroît de θ(0)=85 vers la limite 20 trouvée en d), sans jamais l'atteindre.
La loi de Newton donnait ce signe sans calcul : θ′(t)=−k(θ(t)−20) avec θ(t)−20=65e−kt>0.
Piège : dériver e−kt en e−kt. La dérivée de eu est u′eu, ici avec u′=−k.
f)
θ′(0)=−65k≈−2,39 : au moment où il est servi, le café perd environ 2,39 °C par minute.
D'après b), e−30k=(e−10k)3=(139)3, donc θ′(30)=−65k(139)3≈−0,79 : au bout d'une demi-heure, il ne perd plus qu'environ 0,79 °C par minute.
θ′′(t)=−65k×(−k)e−kt=65k2e−kt>0 : θ est convexe sur [0;+∞[.
Interprétation : θ′ est croissante, négative, et tend vers 0. La vitesse de refroidissement ∣θ′(t)∣ diminue : le café refroidit de moins en moins vite, ce que la remarque de d) annonçait.
Piège : lire « θ′ croissante » comme « le café se réchauffe ». θ′ reste négative : la température baisse toujours, mais de moins en moins vite.
g)
Pour tout t≥0, θ(t+10)−20=65e−k(t+10)=65e−kt×e−10k.
D'après b), e−10k=139, et 65e−kt=θ(t)−20 : donc θ(t+10)−20=139(θ(t)−20).
Avec t=10n : un+1=θ(10n+10)−20=139un pour tout entier naturel n. La suite (un) est géométrique de raison q=139≈0,6923 et de premier terme u0=θ(0)−20=65.
Donc un=65(139)n et θ(10n)=20+65(139)n.
Au bout de 30 minutes, n=3 : θ(30)=20+65×2197729=20+1693645≈41,6 °C.
Contrôle : u1=65×139=45, soit θ(10)=65, la mesure de l'énoncé ; et θ(30)>40 concorde avec c), où le café n'atteint 40 °C qu'après 32,1 minutes.
Piège : prendre u0=85. La suite géométrique est celle des ÉCARTS à la température de la pièce, pas celle des températures.
h)
un<5⟺65(139)n<5⟺(139)n<131.
La fonction ln est strictement croissante sur ]0;+∞[ : nln139<ln131=−ln13.
Comme ln139<0, diviser CHANGE le sens de l'inégalité : n>ln139−ln13=ln913ln13≈6,98.
Le plus petit entier est n=7. Contrôle : u6≈7,16≥5 et u7≈4,95<5.
Interprétation : parmi les relevés faits toutes les dix minutes, le premier qui affiche moins de 25 °C est celui pris au bout de 70 minutes.
Contrôle par la fonction : θ(t)=25⟺e−kt=131⟺t=kln13≈69,8 minutes. Le café passe sous 25 °C entre le relevé de la 60e minute et celui de la 70e, ce qui confirme n=7.
Piège : garder le sens de l'inégalité en divisant par ln139, qui est négatif. On obtiendrait n<6,98, absurde pour une suite qui décroît vers 0.
Le coefficient k a une interprétation qu'il faut connaître, car elle donne une intuition immédiate de la vitesse du phénomène. Son inverse τ=k1≈27 minutes est le TEMPS CARACTÉRISTIQUE : c'est la durée au bout de laquelle l'écart initial a été divisé par e, soit réduit d'environ 63%. La demi-vie de l'écart, elle, vaut τln2≈18,8 minutes, et l'on vérifie que θ(18,8)−20≈32,5, exactement la moitié des 65 degrés d'écart initiaux ✓. Une règle pratique en découle, valable pour tout phénomène de ce type : après 3τ le phénomène est achevé à 95%, après 5τ à plus de 99%.
Exercice 7 : Chute avec frottement fluide
Un parachutiste tombe sans vitesse initiale. Sa vitesse v(t), en mètres par seconde après t secondes, vérifie
v′(t)=9,8−0,2v(t), avec v(0)=0.
Le terme −0,2v modélise le frottement de l'air, proportionnel à la vitesse.
a) Déterminez la vitesse limite du parachutiste, c'est-à-dire la solution constante de l'équation.
b) Résolvez l'équation avec la condition initiale, et vérifiez que la vitesse limite est bien la limite de v en +∞.
c) Calculez la vitesse au bout de 5 secondes, arrondie au dixième.
d) Au bout de combien de temps le parachutiste atteint-il 90 % de sa vitesse limite ?
Voir la correction
Réponses
a)49 m/s
b)v(t)=49(1−e−0,2t)
c)v(5)≈31,0 m/s
d)t=0,2ln10≈11,5 s
a)
La solution constante v=ℓ a une dérivée nulle et vérifie donc 0=9,8−0,2ℓ, soit ℓ=0,29,8=49 m/s, soit environ 176 km/h. L'interprétation physique est directe : à cette vitesse, la force de frottement compense exactement le poids, l'accélération s'annule et le mouvement devient uniforme.
b)
On réécrit sous forme canonique, v′=−0,2v+9,8, d'où v(t)=Ce−0,2t+49. La condition v(0)=C+49=0 donne C=−49, et l'on obtient v(t)=49−49e−0,2t=49(1−e−0,2t). Comme −0,2<0, le terme exponentiel tend vers 0 et limt→+∞v(t)=49 m/s ✓, ce qui confirme la question a) : la solution constante est bien la valeur limite.
c)
v(5)=49(1−e−1)≈49×0,6321≈31,0 m/s. Après seulement 5 secondes, le parachutiste est déjà à 63% de sa vitesse limite : le régime s'installe beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine.
d)
On résout 49(1−e−0,2t)=0,9×49. Le facteur 49 SE SIMPLIFIE, ce qui est déjà instructif : 1−e−0,2t=0,9, soit e−0,2t=0,1, donc −0,2t=ln0,1=−ln10 et t=0,2ln10≈11,5 secondes.
Ce dernier calcul mérite un commentaire, car il porte toute la physique de l'exercice. Le temps obtenu ne dépend PAS de 9,8, qui s'est simplifié : seul le coefficient de frottement 0,2 fixe la rapidité avec laquelle le régime s'installe, tandis que la gravité ne fixe que la valeur limite atteinte. On retrouve le temps caractéristique de l'exercice précédent, ici τ=0,21=5 secondes, et la question c) n'est autre que l'évaluation en t=τ, d'où le 63% qui n'est pas une coïncidence mais la valeur universelle 1−e1 ✓. Sur la Lune, avec une gravité six fois moindre mais le même parachute, la vitesse limite serait six fois plus faible et le régime s'installerait exactement aussi vite.
Exercice 8 : La cuve de saumure
Une cuve contient 1 000 litres de solution salée renfermant 20 kg de sel. On y déverse en continu une saumure titrant 0,03 kg de sel par litre, au débit de 10 litres par minute, et on soutire le mélange, supposé homogène à chaque instant, au même débit de 10 litres par minute.
Le volume reste donc constant. On note q(t) la masse de sel présente dans la cuve, en kilogrammes, après t minutes.
a) Justifiez que q′(t)=0,3−0,01q(t).
b) Résolvez cette équation avec la condition initiale.
c) Déterminez la limite de q et interprétez-la en termes de concentration.
d) Au bout de combien de temps la cuve contient-elle 25 kg de sel ?
Voir la correction
Réponses
a)Entrée 0,3 kg/min, sortie 0,01q kg/min
b)q(t)=30−10e−0,01t
c)Limite 30 kg : concentration 0,03 kg/L, celle de l'alimentation
d)t=0,01ln2≈69,3 min
a)
Le sel ENTRANT apporte 0,03×10=0,3 kg par minute, produit de la concentration entrante par le débit. Le sel SORTANT part à la concentration de la cuve, qui vaut 1000q(t) kg par litre puisque le mélange est homogène, au débit de 10 L/min, soit 100010q(t)=0,01q(t) kg par minute. La variation de la masse de sel est la différence entre ce qui entre et ce qui sort : q′(t)=0,3−0,01q(t). C'est un BILAN, et c'est la seule vraie difficulté de l'exercice ; l'égalité des deux débits est ce qui garantit un volume constant et donc un dénominateur fixe.
b)
La solution constante vérifie 0=0,3−0,01k, soit k=30. Les solutions sont q(t)=Ce−0,01t+30, et q(0)=C+30=20 donne C=−10, d'où q(t)=30−10e−0,01t. La masse de sel croît donc de 20 vers 30 kg.
c)
limt→+∞q(t)=30 kg, le terme exponentiel s'effaçant. La concentration limite dans la cuve vaut alors 100030=0,03 kg par litre : c'est EXACTEMENT la concentration de la saumure entrante. À long terme, la cuve finit donc par titrer comme son alimentation, et ce quelle que soit sa charge initiale en sel, celle-ci ne fixant que la valeur de C et non la limite. L'entrée apporte du sel et la sortie en retire : l'équilibre est atteint quand les deux débits se compensent exactement.
d)
On résout 30−10e−0,01t=25, soit 10e−0,01t=5 et e−0,01t=0,5, donc t=0,01ln2≈69,3 minutes. Autrement dit, l'écart à la valeur limite est divisé par deux toutes les 69 minutes environ, ce qui n'est autre que la demi-vie de l'équation homogène associée, exactement la formule de l'exercice 3.
Le résultat de la question c) est plus profond qu'il n'y paraît et vaut d'être retenu comme un principe. Un système ouvert traversé par un flux finit toujours par adopter les caractéristiques de son ALIMENTATION, sa mémoire de l'état initial s'effaçant exponentiellement. Le temps caractéristique vaut ici τ=0,011=100 minutes, ce qui correspond très exactement au temps de renouvellement du volume, soit 10 L/min1000 L=100 min ✓. Cette coïncidence n'en est pas une : le coefficient 0,01 de l'équation EST le débit divisé par le volume. On en tire une règle utilisable sans calcul : plus le renouvellement est rapide, plus vite la cuve oublie son passé.
Exercice 9 : Quatre erreurs à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez.
a) « Les solutions de y′=2y sont les fonctions x↦2ex. »
b) « Les solutions de y′=−3y+12 sont les fonctions x↦Ce−3x+12. »
c) « Puisqu'une condition initiale détermine la solution, deux conditions la déterminent encore mieux : cherchons la solution de y′=2y telle que y(0)=1 et y(1)=3. »
d) « Une solution de y′=ay+b avec a<0 finit par valoir exactement −ab. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : Ce2x
b)Faux : Ce−3x+4
c)Faux : problème surdéterminé, sans solution (y(1)=e2)
d)Faux : c'est une limite, atteinte seulement si C=0
a)
Faux : le coefficient a va dans l'EXPOSANT, pas devant. Les solutions sont x↦Ce2x, avec C réel quelconque. La fonction proposée, f(x)=2ex, vérifie f′(x)=2ex=f(x) et non 2f(x)=4ex : elle est en réalité solution de y′=y. La confusion vient de ce que 2 apparaît dans les deux écritures, mais son rôle diffère du tout au tout : devant, c'est une amplitude choisie par la condition initiale ; dans l'exposant, c'est le taux de croissance imposé par l'équation.
b)
Faux : la solution particulière constante n'est pas b mais −ab=−−312=4. Les solutions sont donc x↦Ce−3x+4. Vérification en une ligne : si y=Ce−3x+4, alors y′=−3Ce−3x=−3(y−4)=−3y+12 ✓. La fonction annoncée, avec +12, serait solution de y′=−3y+36, ce qui n'est pas l'équation posée. Le réflexe protecteur est de toujours vérifier que la constante ANNULE le second membre, ici −3×4+12=0 ✓.
c)
Faux : le problème est SURDÉTERMINÉ et n'admet en général aucune solution. La condition y(0)=1 impose déjà C=1, donc y(x)=e2x et par conséquent y(1)=e2≈7,39, ce qui contredit l'exigence y(1)=3. Une équation différentielle du premier ordre n'introduit qu'UNE seule constante d'intégration : une condition, et une seule, la fixe. En ajouter une seconde ne rend pas la solution plus précise, cela rend le problème impossible, sauf coïncidence.
d)
Faux : c'est une LIMITE, pas une valeur atteinte. La solution s'écrit y(x)=Ceax−ab, et le terme Ceax ne s'annule jamais tant que C=0, l'exponentielle étant strictement positive. Par exemple y(x)=−6e−0,5x+8 vérifie y(x)<8 pour tout x, tout en tendant vers 8. Le seul cas où la valeur d'équilibre est effectivement atteinte est C=0, c'est-à-dire y0=−ab, et la solution est alors constante depuis le début.
Les quatre erreurs se répartissent en deux familles. Les deux premières sont des erreurs de FORME, où l'on place un coefficient au mauvais endroit ; le remède est unique et infaillible, il consiste à dériver la solution annoncée et à vérifier qu'elle satisfait l'équation, opération qui prend deux lignes et ne rate jamais. Les deux dernières sont des erreurs de STATUT, où l'on confond ce qu'un théorème garantit avec ce qu'on aimerait qu'il garantisse : l'unicité vaut pour une condition, pas pour deux, et une limite décrit une tendance, pas un aboutissement.
Exercice 10 : Problème de synthèse : un lac et son quota de pêche
Une population de poissons dans un lac est modélisée par la fonction P, où P(t) est le nombre d'individus après t années. En l'absence de pêche, la population croît au taux annuel de 5 %. Un quota autorise le prélèvement de 400 poissons par an, réparti régulièrement.
Le modèle retenu est donc P′(t)=0,05P(t)−400.
a) Déterminez la population d'équilibre P∗, c'est-à-dire la solution constante.
b) On pose z(t)=P(t)−P∗. Montrez que z′=0,05z, puis exprimez P(t) en fonction de P(0).
c) Le lac compte initialement 9 000 poissons. Décrivez l'évolution et calculez la population après 20 ans.
d) Le lac compte initialement 7 500 poissons. Montrez que la population s'éteint et calculez l'année de l'extinction. Quel quota annuel maximal aurait été soutenable dans ce cas ?
Voir la correction
Réponses
a)P∗=8000
b)P(t)=8000+(P(0)−8000)e0,05t
c)Croissance vers +∞ ; P(20)≈10718
d)Extinction pour t≈55,5, au cours de la 56e année ; quota soutenable 375
a)
La solution constante vérifie 0=0,05P∗−400, soit P∗=0,05400=8000 poissons. L'interprétation est limpide : à cet effectif, la croissance naturelle produit exactement 0,05×8000=400 poissons par an, soit précisément ce que la pêche prélève, et la population reste stationnaire.
b)
z′=P′ puisque P∗ est constante, donc z′=0,05P−400=0,05(P−8000)=0,05z. Ainsi z(t)=z(0)e0,05t, et en revenant à P : P(t)=8000+(P(0)−8000)e0,05t. Tout est déjà contenu dans cette formule, l'ÉCART initial à l'équilibre étant multiplié par un facteur qui grandit sans limite.
c)
Avec P(0)=9000, l'écart initial vaut +1000 et P(t)=8000+1000e0,05t, fonction croissante qui tend vers +∞. Après 20 ans, P(20)=8000+1000e≈8000+2718≈10718 poissons. La population prospère malgré la pêche.
d)
Avec P(0)=7500, l'écart initial vaut −500 et P(t)=8000−500e0,05t, fonction décroissante. Elle s'annule quand 500e0,05t=8000, soit e0,05t=16, donc t=0,05ln16≈55,5 : la population s'éteint au cours de la 56e année. Quant au quota soutenable, il doit placer l'équilibre 0,05Q au plus au niveau de la population de départ, soit 0,05Q≤7500, c'est-à-dire Q≤375 poissons par an.
Ce problème est l'exact contraire des exercices 6 à 8, et c'est ce qui en fait un bon exercice de synthèse. Ici a=0,05>0, donc l'équilibre est INSTABLE : au lieu d'attirer les solutions, il les repousse de part et d'autre. Une population à 8001 poissons croît indéfiniment, une population à 7999 s'éteint, et les deux trajectoires divergent à partir de situations initiales presque identiques. La conclusion pratique est sévère et vaut d'être énoncée : vingt-cinq poissons de trop dans le quota, soit un écart de 6% sur le seuil de 375, suffisent à condamner le lac, non pas immédiatement mais avec une certitude mathématique. C'est le mécanisme général des seuils d'effondrement en écologie, et il explique pourquoi les quotas de pêche sont fixés avec une marge de sécurité plutôt qu'au plus juste.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Ramener à la forme y' = ay + b, et retrouver l'équation
Les équations ne sont pas toujours écrites sous la forme y′=ay+b. On commence donc par les y ramener, en isolant y′.
a) Résolvez 2y′+y=3 avec y(0)=1, puis calculez y(2) au millième.
b) Résolvez y′−4y=−8 avec y(0)=2. Que remarquez-vous ?
c) Résolvez 3y′−6y=0 avec y(1)=e2 et donnez y(0).
d) On sait que f(x)=5−2e−3x est solution d'une équation y′=ay+b. Déterminez a et b.
Voir la correction
Réponses
a)y(x)=3−2e−0,5x, y(2)≈2,264
b)y=2 : solution constante
c)y(x)=e2x, y(0)=1
d)a=−3, b=15
a)
On divise par 2 : y′=−0,5y+1,5. Solution constante : 0=−0,5k+1,5, soit k=3. Solutions : y(x)=Ce−0,5x+3 ; y(0)=C+3=1 donne C=−2. Donc y(x)=3−2e−0,5x et y(2)=3−2e−1≈2,264. Oublier de diviser par 2 et lire a=−1 serait l'erreur : le coefficient de y′ doit valoir 1 AVANT d'identifier a et b.
b)
y′=4y−8, solution constante 0=4k−8, soit k=2. Solutions : y(x)=Ce4x+2 ; y(0)=C+2=2 donne C=0. La solution est la fonction CONSTANTE y=2 : la condition initiale tombe exactement sur l'équilibre, et la solution y reste pour toujours, bien que cet équilibre soit instable (a=4>0).
c)
y′=2y, solutions y(x)=Ce2x. y(1)=Ce2=e2 donne C=1, donc y(x)=e2x et y(0)=1.
d)
f′(x)=−2×(−3)e−3x=6e−3x. Et af(x)+b=5a−2ae−3x+b. L'égalité 6e−3x=−2ae−3x+(5a+b) doit valoir pour TOUT x : on identifie les coefficients de e−3x et les constantes, −2a=6 et 5a+b=0. Donc a=−3 et b=15. Contrôle : la solution constante −ab=5 est bien la limite de f en +∞ ✓, et le taux −3 est bien dans l'exposant ✓.
Deux lectures d'une même formule y(x)=Ceax−ab : dans le sens direct, on part de l'équation pour trouver les solutions ; dans le sens inverse, l'exposant donne a et la constante donne −ab. Au bac, la question d) apparaît souvent sous la forme « montrer que f est solution de... » ou « déterminer l'équation dont f est solution ».
Exercice 12 : Lire une solution sans la calculer
Soit f la solution sur R de l'équation y′=−2y+4 vérifiant f(0)=0.
Les questions a) à c) se traitent SANS calculer f(x) : l'équation donne directement la pente de la courbe en chacun de ses points.
a) Donnez le coefficient directeur de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse 0.
b) Quelle est la pente de la tangente en un point de la courbe d'ordonnée 1,5 ?
c) En dérivant l'équation, exprimez f′′ en fonction de f′. Sachant que f′>0, déduisez-en la convexité de f.
d) Déterminez f(x), puis l'abscisse du point de la courbe d'ordonnée 1,5, et vérifiez la réponse de b).
Voir la correction
Réponses
a)4
b)1
c)f′′=−2f′<0 : concave
d)f(x)=2−2e−2x ; x=ln2
a)
f′(0)=−2f(0)+4=−2×0+4=4.
b)
En un point d'ordonnée f(x)=1,5, l'équation donne f′(x)=−2×1,5+4=1. La pente ne dépend que de la HAUTEUR du point, pas de son abscisse : c'est la propriété qui rend les équations y′=ay+b lisibles sur un graphique.
c)
En dérivant f′=−2f+4 : f′′=−2f′. Si f′>0, alors f′′<0, donc f est CONCAVE. On le comprend sur la courbe : à mesure qu'elle monte vers l'équilibre 2, sa pente −2f+4 diminue, elle s'aplatit.
d)
Solution constante k=2 ; f(x)=Ce−2x+2 et f(0)=C+2=0 donne C=−2 : f(x)=2−2e−2x. On vérifie f′(x)=4e−2x>0 ✓. Ensuite f(x)=1,5⟺e−2x=0,25⟺−2x=−ln4⟺x=2ln4=ln2≈0,693. En ce point, f′(ln2)=4e−2ln2=4×41=1 ✓, ce qui confirme b).
Une équation différentielle est une RÈGLE DE PENTE : en chaque point du plan, elle impose la direction de la tangente. On peut donc répondre à beaucoup de questions (pente, sens de variation, convexité, valeur d'équilibre) avant même de résoudre, et c'est ce que les QCM du bac testent volontiers.
Exercice 13 : Second membre variable : chercher une solution particulière
Pour résoudre y′=ay+φ(x), on cherche UNE solution particulière g de la forme suggérée, puis toutes les solutions s'écrivent y=Ceax+g.
a) On considère (E):y′=2y−4x. Déterminez les réels m et p tels que g(x)=mx+p soit solution de (E).
b) Démontrez que y est solution de (E) si et seulement si y−g est solution de y′=2y. Déduisez-en les solutions de (E).
c) Déterminez la solution de (E) telle que y(0)=3 et calculez y(1) au millième.
d) On considère (F):y′+y=2ex. Déterminez k pour que x↦kex soit solution, puis la solution de (F) telle que y(0)=3, et calculez y(1) au millième.
Voir la correction
Réponses
a)g(x)=2x+1
b)y(x)=Ce2x+2x+1
c)y(x)=2e2x+2x+1, y(1)≈17,778
d)k=1 ; y(x)=2e−x+ex, y(1)≈3,454
a)
g′(x)=m et 2g(x)−4x=2mx+2p−4x=(2m−4)x+2p. L'égalité m=(2m−4)x+2p pour tout x impose, par identification, 2m−4=0 et 2p=m. Donc m=2 et p=1 : g(x)=2x+1. Contrôle : g′=2 et 2(2x+1)−4x=2 ✓.
b)
Comme g′=2g−4x, on a y′−g′=(y′−2y+4x)+2(y−g). Donc y′=2y−4x⟺y′−g′=2(y−g), c'est-à-dire y−g solution de y′=2y. Les solutions de y′=2y étant Ce2x, celles de (E) sont y(x)=Ce2x+2x+1.
c)
y(0)=C+1=3 donne C=2 : y(x)=2e2x+2x+1, et y(1)=2e2+3≈17,778. Le piège est d'écrire y(0)=C=3 en oubliant la valeur g(0)=1 de la solution particulière.
d)
(F) s'écrit y′=−y+2ex. Avec y=kex : kex=−kex+2ex, soit 2k=2 et k=1. Les solutions sont y(x)=Ce−x+ex ; y(0)=C+1=3 donne C=2, donc y(x)=2e−x+ex et y(1)=e2+e≈3,454.
La méthode est la même que pour un second membre constant, qui n'était qu'un cas particulier (la solution particulière était la constante −ab) : solution générale égale solution particulière plus solution de l'équation homogène. L'énoncé indique toujours la FORME à chercher ; le travail est une identification de coefficients, qu'on contrôle en réinjectant.
Exercice 14 : La propagation d'une information
Dans une ville de 100000 habitants, on note f(t) le nombre de personnes, en milliers, ayant entendu parler d'une nouvelle t jours après sa diffusion. On suppose f(0)=1 et, pour tout t≥0, f(t)>0 et f′(t)=0,4f(t)(1−100f(t)).
Cette équation n'est pas du type y′=ay+b à cause du terme en f2. On pose z=f1.
Approfondissement, au-delà du programme : l'équation logistique n'est pas une équation du programme de Terminale, qui s'arrête à y′=ay, y′=ay+b et y′=ay+f ; elle figure parmi ses approfondissements possibles, et aucune connaissance n'est exigible sur elle. Au baccalauréat, elle n'apparaît que guidée, le changement de variable z=f1 étant donné, et tout se ramène alors à une équation y′=ay+b du cours.
a) Montrez que z′=−0,4z+0,004.
b) Résolvez cette équation avec la condition initiale, puis montrez que f(t)=1+99e−0,4t100.
c) Calculez f(5) au millième et la limite de f en +∞. Interprétez.
d) Au bout de combien de jours la moitié de la ville est-elle informée ? Donnez le résultat au centième.
e) Au bout de combien de jours 90% de la ville est-elle informée ?
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Réponses
a)z′=−0,4z+0,004
b)z(t)=0,99e−0,4t+0,01, d'où f(t)=1+99e−0,4t100
c)f(5)≈6,945 milliers ; limite 100 milliers
d)t=0,4ln99≈11,49 jours
e)t=0,4ln891≈16,98 jours
a)
z′=−f2f′=−f20,4f(1−100f)=−0,4(f1−1001)=−0,4z+0,004. Le changement de variable transforme une équation NON linéaire en une équation du type y′=ay+b : c'est tout son intérêt.
b)
Solution constante : 0=−0,4k+0,004, k=0,01. Donc z(t)=Ce−0,4t+0,01, et z(0)=f(0)1=1 donne C=0,99. Ainsi f(t)=0,01+0,99e−0,4t1=1+99e−0,4t100, en multipliant haut et bas par 100. Contrôle : f(0)=100100=1 ✓.
c)
f(5)=1+99e−2100≈6,945 : environ 6945 personnes au bout de cinq jours. Quand t→+∞, e−0,4t→0 et f(t)→100 : toute la ville finit par être informée, sans que ce seuil soit jamais atteint exactement dans le modèle.
f(t)=90⟺1+99e−0,4t=910⟺e−0,4t=8911⟺t=0,4ln891≈16,98 jours. Il faut onze jours et demi pour informer la moitié, puis cinq jours et demi seulement pour passer de 50 à 90% : la diffusion est la plus rapide au milieu, quand il y a à la fois beaucoup d'informés et beaucoup de gens à informer.
Ce modèle, dit logistique, décrit toutes les croissances qui s'épuisent : épidémie, rumeur, adoption d'une technologie. La courbe en S qu'il produit n'est pas exponentielle, même si elle y ressemble au début ; le facteur (1−100f) freine la croissance à l'approche de la saturation. Au bac, le changement de variable z=f1 est toujours donné : il reste à dériver correctement un inverse.
Exercice 15 : La vidange d'un réservoir
Un réservoir cylindrique se vide par un orifice situé au fond. D'après la loi de Torricelli, la hauteur d'eau h(t), en mètres, après t minutes, vérifie h′(t)=−0,2h(t) tant que h(t)>0, avec h(0)=4.
On pose u(t)=h(t).
Approfondissement, au-delà du programme : l'équation de Torricelli h′=−0,2h n'est pas du type y′=ay+b, et aucune connaissance n'est exigible sur une telle équation. Guidée par le changement de variable u=h, elle se ramène à u′=−0,1, c'est-à-dire à la recherche d'une primitive, qui est au programme.
a) Montrez que u′(t)=−0,1 tant que h(t)>0.
b) Déduisez-en u(t) puis h(t).
c) Au bout de combien de minutes le réservoir est-il vide ?
d) Quelle est la hauteur d'eau à la moitié de ce temps ?
e) Au bout de combien de minutes la hauteur est-elle réduite de moitié ? Donnez le résultat au centième.
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Réponses
a)u′=2hh′=−0,1
b)u(t)=2−0,1t, h(t)=(2−0,1t)2
c)20 min
d)1 m
e)t=10(2−2)≈5,86 min
a)
u=h donc, par dérivation d'une composée, u′=2hh′=2h−0,2h=−0,1, la simplification étant licite car h>0.
b)
u′=−0,1 : u est une primitive de la constante −0,1, donc u(t)=−0,1t+C. Avec u(0)=4=2, on obtient u(t)=2−0,1t, et h(t)=u(t)2=(2−0,1t)2, valable tant que 2−0,1t>0.
c)
h(t)=0⟺2−0,1t=0⟺t=20 minutes. Contrairement aux modèles exponentiels des exercices précédents, qui tendent vers leur limite sans l'atteindre, le réservoir se vide en un temps FINI.
d)
h(10)=(2−1)2=1 m. À mi-temps, il ne reste que le QUART de la hauteur initiale : le réservoir se vide vite au début, quand la pression au fond est forte, puis de plus en plus lentement.
e)
h(t)=2⟺2−0,1t=2 (on garde la racine positive, puisque u>0) ⟺t=10(2−2)≈5,86 minutes. La moitié de l'eau part en moins de six minutes, l'autre moitié met plus de quatorze minutes.
Le changement de variable u=h est, comme z=f1, une manière de ramener une équation inconnue à une équation connue, ici la plus simple de toutes, u′= constante. Le réflexe de rédaction est le même : dériver u en fonction de h et h′, remplacer h′ par ce que dit l'équation, simplifier, puis revenir à h en n'oubliant pas le domaine de validité.
Partie D : programme officiel, allure des courbes (/10)
Exercice 16 : L'allure des courbes solutions de y' = ay
On étudie les solutions de l'équation y′=ay, où a est un réel non nul. Le cours donne leur forme, x↦Ceax avec C réel ; on veut ici en lire l'ALLURE, selon le signe de a et selon la condition initiale, sans refaire l'étude de chaque fonction.
La figure représente quatre solutions de y′=0,5y : celles qui valent 2, 1, 0 et −1 en 0.
a) Justifiez que la solution de y′=0,5y qui vaut y0 en 0 est x↦y0e0,5x. Déterminez la solution dont la courbe passe par le point (2;−e).
b) Pour a=0,5, donnez le sens de variation et la limite en +∞ d'une solution, selon le signe de y(0). Reprenez l'étude pour a=−0,5.
c) Démontrez que deux courbes solutions distinctes d'une même équation y′=ay ne se coupent jamais, et qu'une courbe solution autre que celle de la fonction nulle ne coupe jamais l'axe des abscisses.
d) Démontrez que la courbe de x↦2e0,5x se déduit de celle de x↦e0,5x par une translation horizontale, dont vous donnerez le sens et la longueur exacte, puis une valeur approchée au centième.
e) La courbe d'une solution d'une équation y′=ay passe par les points A(0;3) et B(2;0,75). Déterminez a et cette solution, calculez sa valeur en 4, puis décrivez son allure.
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Réponses
a)C=y(0)=y0 ; par (2;−e) : x↦−e0,5x
b)a=0,5 : croissante vers +∞ si y(0)>0, décroissante vers −∞ si y(0)<0 ; a=−0,5 : tend vers 0, décroissante si y(0)>0, croissante si y(0)<0
c)C1eax0=C2eax0 impose C1=C2 ; une solution non nulle garde le signe de C
d)2e0,5x=e0,5(x+2ln2) : translation vers la gauche de 2ln2≈1,39
e)a=−ln2≈−0,693, y=3e−xln2, y(4)=163 ; positive, décroissante, tend vers 0
a)
Les solutions sont les fonctions x↦Ce0,5x. En 0, Ce0=C : la constante est l'ordonnée à l'origine, C=y0. C'est pour cela que les quatre courbes de la figure sont repérées par leur point sur l'axe des ordonnées. La courbe passe par (2;−e) si Ce0,5×2=−e, soit Ce=−e et C=−1 : c'est x↦−e0,5x, la courbe du bas de la figure.
b)
La dérivée de x↦Ceax est x↦aCeax, du signe de a×C puisque eax>0. On le lit aussi sur l'équation elle-même : y′=ay, et y garde le signe de C. Pour a=0,5 : si y(0)>0, la solution est croissante et tend vers +∞ en +∞ ; si y(0)<0, elle est décroissante et tend vers −∞ ; si y(0)=0, c'est la fonction nulle. En −∞, toutes tendent vers 0 : l'axe des abscisses est asymptote à gauche. Pour a=−0,5, tout s'inverse : si y(0)>0, la solution DÉCROÎT et tend vers 0 en +∞ ; si y(0)<0, elle CROÎT vers 0. Toutes les courbes se rapprochent alors de l'axe des abscisses à droite. La règle tient en une ligne : le sens de variation est donné par le signe de aC, la limite en +∞ vaut 0 si a<0, et ±∞, du signe de C, si a>0.
c)
Supposons que les courbes de x↦C1eax et de x↦C2eax aient un point commun d'abscisse x0 : C1eax0=C2eax0. Comme eax0=0, on peut diviser : C1=C2, et c'est la même solution. Deux courbes DISTINCTES n'ont donc aucun point commun : elles s'empilent, et l'ordre qu'elles ont en 0 (2>1>0>−1 sur la figure) est conservé partout. De même, Ceax=0 imposerait C=0 : une solution non nulle ne s'annule jamais et garde, sur tout R, le signe de C. C'est la traduction graphique de l'unicité : par chaque point du plan passe UNE courbe solution, et une seule.
d)
On écrit 2=eln2 : 2e0,5x=e0,5x+ln2=e0,5(x+2ln2). En notant g(x)=e0,5x, on a donc 2e0,5x=g(x+2ln2) : la courbe de x↦2e0,5x est celle de g décalée VERS LA GAUCHE de 2ln2≈1,39. Contrôle : en x=−2ln2, 2e−ln2=2×21=1=g(0) ✓. Toutes les solutions de même signe ont donc la MÊME forme : multiplier par une constante positive, pour une exponentielle, revient à glisser la courbe horizontalement. C'est ce qu'on voit sur la figure, où les courbes y(0)=2 et y(0)=1 ont le même profil décalé.
e)
La solution s'écrit x↦Ceax. Le point A donne C=3. Le point B donne 3e2a=0,75, soit e2a=0,25, donc 2a=ln0,25=−2ln2 et a=−ln2≈−0,693. La solution est x↦3e−xln2, solution de y′=−(ln2)y. En 4 : 3e−4ln2=243=163=0,1875. Allure : a<0 et C>0, donc la fonction est positive, décroissante, et tend vers 0 en +∞ ; l'axe des abscisses est asymptote. Chaque fois que x augmente de 1, la valeur est divisée par eln2=2 : 3, puis 1,5, puis 0,75 ✓, puis 0,375, puis 0,1875.
Ce qu'il faut retenir : avant tout calcul, le signe de a dit si les courbes s'écartent de l'axe ou s'en rapprochent en +∞, et le signe de C dit de quel côté de l'axe on se trouve, pour toujours.
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