Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : la décroissance radioactive (Terminale spécialité)
Voici quinze exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la décroissance radioactive, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi en France comme dans les lycées du réseau AEFE.
Le fil de la série : la loi de décroissance ne dit RIEN d'un noyau isolé, elle dit tout d'une population. Un noyau n'a ni âge ni mémoire, sa probabilité de se désintégrer par seconde est la constante λ, et c'est pour cela que la demi-vie ne dépend ni du nombre de noyaux, ni de l'ancienneté de l'échantillon, ni de la température.
Deux pièges reviennent d'un exercice à l'autre : l'activité n'est pas une constante de la source, puisque A=λN décroît avec N, et les unités de λ doivent être celles de t dans l'exponentielle, faute de quoi le résultat est faux d'un facteur 86400 ou 3,16×107.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Un noyau ZAX compte Z protons et N=A−Z neutrons. Dans le diagramme (N,Z), les noyaux stables forment la vallée de stabilité, proche de N=Z pour les noyaux légers et au-dessus (N>Z) pour les noyaux lourds.
•Lois de conservation (Soddy) : dans une réaction nucléaire, le nombre de nucléons A et la charge Z se conservent.
•Radioactivité α : émission d'un noyau 24He, surtout pour les noyaux lourds. Radioactivité β− : émission d'un électron −10e, un neutron devient proton, noyaux en excès de neutrons. Radioactivité β+ : émission d'un positon 10e, un proton devient neutron, noyaux en défaut de neutrons.
•Émission γ : désexcitation d'un noyau fils excité par un photon de haute énergie ; ni A ni Z ne changent.
•Loi de décroissance : dtdN=−λN, de solution N(t)=N0e−λt, où λ est la constante radioactive, en s−1 ou dans l'inverse de l'unité de temps choisie.
•Demi-vie : t1/2=λln2. Au bout de n demi-vies, il reste N0/2n noyaux.
•Activité : A=−dtdN=λN, en becquerels (1Bq = une désintégration par seconde, donc λ en s−1). Elle suit la même loi : A(t)=A0e−λt.
•Datation : t=λ1lnNN0=ln2t1/2lnAA0. Une méthode convient quand l'âge cherché est de l'ordre de quelques demi-vies, ni beaucoup plus court, ni beaucoup plus long.
•Linéarisation : lnN=lnN0−λt est une droite de pente −λ.
•Radioprotection : éloigner (le débit de dose décroît avec la distance), limiter la durée d'exposition, interposer un écran adapté (papier pour α, aluminium pour β, plomb ou béton épais pour γ).
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire le diagramme (N,Z) des noyaux légers
La figure place les noyaux légers dans un repère où l'abscisse est le nombre de protons Z et l'ordonnée le nombre de neutrons N. Un point plein représente un noyau stable, un point creux un noyau radioactif. La droite en pointillés est la droite N=Z.
Un noyau en EXCÈS de neutrons par rapport aux isotopes stables de son élément tend à transformer un neutron en proton ; un noyau en DÉFAUT de neutrons tend à transformer un proton en neutron.
a) Combien le carbone (Z=6) possède-t-il d'isotopes stables sur la figure ? Combien de neutrons compte le noyau de carbone 14 ?
b) Où se situe le carbone 14 par rapport aux isotopes stables du carbone ? Quel type de radioactivité faut-il prévoir ?
c) Même question pour l'azote 13, de Z=7.
d) Écrivez l'équation de la désintégration de l'azote 13. Donnez Z et A du noyau fils. Ce noyau fils est-il stable ?
e) Le tritium 13H est radioactif. Quel est son type de désintégration, et quel est le numéro atomique de son noyau fils ?
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Réponses
a)Deux isotopes stables ; N=8 pour le carbone 14
b)Au-dessus de la vallée, excès de neutrons : β−
c)Au-dessous, défaut de neutrons : β+
d)713N→613C+10e ; Z=6, A=13, stable
e)β−, noyau fils 23He, Z=2
a) Sur la verticale Z=6, deux points pleins, en N=6 et N=7 : le carbone a deux isotopes stables, 612C et 613C. Le carbone 14 compte N=A−Z=14−6=8 neutrons. Attention à ne pas confondre A, le nombre de nucléons, avec N, le nombre de neutrons : c'est l'erreur de lecture la plus fréquente sur ce diagramme.
b) Le carbone 14 se trouve AU-DESSUS des deux isotopes stables : il a trop de neutrons pour son nombre de protons. Pour rejoindre la vallée de stabilité, il doit convertir un neutron en proton, ce qui fait passer Z de 6 à 7 et N de 8 à 7 : c'est la radioactivité β−. Sur le diagramme, la transformation se lit comme un pas en diagonale vers la droite et vers le bas, qui arrive en (7;7), l'azote 14 stable.
c) L'azote 13 est en (7;6), AU-DESSOUS des isotopes stables 14N et 15N : il manque un neutron. Un proton se convertit en neutron, Z diminue de 1 et N augmente de 1 : c'est la radioactivité β+, qui émet un positon.
d) 713N→613C+10e. Conservation du nombre de nucléons : 13=13+0. Conservation de la charge : 7=Z+1, donc Z=6, c'est le carbone. Le noyau fils est 613C, en (6;7) : un point plein, il est stable. On vérifie toujours les deux conservations séparément, jamais la seule égalité des A.
e) Le tritium est en (1;2), au-dessus des deux isotopes stables de l'hydrogène, (1;0) et (1;1) : excès de neutrons, donc désintégration β−. 13H→23He+−10e : le noyau fils a Z=1+1=2, c'est l'hélium 3, point plein en (2;1).
Exercice 2 : Écrire une équation de désintégration
On donne quelques numéros atomiques : Ne (Z=10), Ni (Z=28), Pb (Z=82), Po (Z=84), Rn (Z=86), Ra (Z=88), U (Z=92).
Chaque équation s'écrit avec les deux lois de conservation, celle du nombre de nucléons et celle de la charge, puis l'élément se lit dans la liste à partir de son seul numéro atomique.
a) Le polonium 210 est un émetteur α. Écrivez l'équation et donnez A et Z du noyau fils.
b) Le cobalt 60, de Z=27, est un émetteur β−. Donnez A et Z du noyau fils, puis nommez-le.
c) Le sodium 22, de Z=11, est un émetteur β+. Donnez A et Z du noyau fils.
d) Un noyau inconnu émet une particule α et donne du radon 222. Identifiez le noyau père.
e) La famille de l'uranium 238 aboutit au plomb 206, qui est stable, par une suite de désintégrations α et β−. Combien de chacune ?
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Réponses
a)84210Po→82206Pb+24He
b)2860Ni : A=60, Z=28
c)1022Ne : A=22, Z=10
d)Radium 226 : A=226, Z=88
e)8 désintégrations α et 6 désintégrations β−
a) 84210Po→82206Pb+24He. Nucléons : 210=A+4, donc A=206. Charge : 84=Z+2, donc Z=82, le plomb. Une émission α fait reculer de deux cases dans la classification, et c'est ce recul qu'on oublie quand on écrit Z=84 par réflexe.
b) 2760Co→2860Ni+−10e. Nucléons : 60=A+0, donc A=60. Charge : 27=Z−1, donc Z=28 : le noyau fils est le nickel 60. L'électron porte la charge −1, ce qui fait AVANCER d'une case. Le nickel est produit dans un état excité et se désexcite en émettant deux photons γ, ceux qu'utilisait la radiothérapie au cobalt.
c) 1122Na→1022Ne+10e. A=22 et 11=Z+1, donc Z=10, le néon. En β+ comme en β−, le nombre de nucléons ne change pas : seul un nucléon change de nature.
d) ZAX→86222Rn+24He. Nucléons : A=222+4=226. Charge : Z=86+2=88, c'est le radium. Le noyau père est 88226Ra, historiquement la source étudiée par Marie Curie.
e) Les désintégrations β− ne changent pas A, donc toute la perte de nucléons vient des α : 238−206=32=4x, soit x=8 désintégrations α. Ces huit α font baisser la charge de 16, de 92 à 76. Or le plomb a Z=82 : il faut remonter de 6, par y=6 désintégrations β−. Vérification : 92−2×8+6=82. On compte TOUJOURS les α d'abord, sur les nucléons, puisque c'est la seule équation à une inconnue.
Exercice 3 : Établir et exploiter la loi de décroissance
Un échantillon contient à l'instant t=0 une population N0 de noyaux d'iode 131, de demi-vie t1/2=8,02 jours. On admet que, pendant une durée très courte Δt, le nombre de noyaux qui se désintègrent est proportionnel au nombre de noyaux présents et à la durée : ΔN=−λNΔt.
a) Déduisez-en l'équation différentielle vérifiée par N(t) et sa solution.
b) Calculez la constante radioactive λ en j−1, puis en s−1.
c) Quel pourcentage des noyaux initiaux reste-t-il au bout de 30 jours ?
d) Au bout de combien de jours ne reste-t-il plus que 1% des noyaux ?
e) Calculez la constante de temps τ=λ1. Quel pourcentage de noyaux reste-t-il à t=τ ?
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Réponses
a)dtdN=−λN, N(t)=N0e−λt
b)λ=8,64×10−2j−1=1,00×10−6s−1
c)7,5%
d)t=λln100=53,3 jours
e)τ=11,6 jours ; il reste 36,8%
a) En divisant par Δt et en faisant tendre Δt vers zéro : dtdN=−λN. C'est une équation différentielle du type y′=ay avec a=−λ, dont les solutions sont N(t)=Ke−λt. La condition initiale N(0)=N0 donne K=N0, d'où N(t)=N0e−λt. Le signe moins traduit que la population DIMINUE : sans lui, on décrirait une croissance.
b) Par définition de la demi-vie, N(t1/2)=2N0, soit e−λt1/2=21 et λ=t1/2ln2=8,020,693=8,64×10−2j−1. En secondes : 8,02j=8,02×86400=6,93×105s, donc λ=1,00×10−6s−1. Les deux valeurs sont justes, mais elles ne se mélangent pas : λ en j−1 s'utilise avec t en jours.
c) N0N=e−0,0864×30=e−2,59=0,0748, soit 7,5%. Contrôle : 30 jours font un peu moins de quatre demi-vies (4×8,02=32), et 241=6,25% : il doit rester un peu plus, c'est cohérent.
d) e−λt=0,01 donne t=λln100=0,08644,605=53,3 jours, soit environ 6,6 demi-vies. Retenir qu'il faut près de sept demi-vies pour descendre à 1%, et dix pour descendre à un millième.
e) τ=0,08641=11,6 jours. À t=τ, il reste e−1=36,8% des noyaux. La constante de temps est donc plus longue que la demi-vie, τ=ln2t1/2=1,44t1/2 : ce sont deux durées caractéristiques différentes, qu'on ne doit jamais confondre.
Exercice 4 : L'activité du technétium d'une scintigraphie
Pour une scintigraphie osseuse, on injecte à un patient un traceur marqué au technétium 99m, émetteur γ. La figure donne l'activité de la dose en fonction du temps, à partir de sa préparation.
Donnée : 1MBq=106Bq.
a) Définissez l'activité et lisez la demi-vie du technétium 99m sur la courbe.
b) Calculez la constante radioactive en h−1 puis en s−1.
c) Calculez le nombre de noyaux de technétium 99m présents au moment de la préparation.
d) Sans calculatrice, donnez l'activité de la dose 24 heures après la préparation.
e) Au bout de combien de temps l'activité passe-t-elle sous 1MBq ?
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Réponses
a)A en becquerels ; t1/2=6,0 h
b)λ=0,116h−1=3,21×10−5s−1
c)N0=2,49×1013 noyaux
d)50 MBq
e)t=λln800=57,9 h
a) L'activité A est le nombre de désintégrations par seconde, en becquerels. L'activité initiale vaut 800MBq ; la demi-vie est la durée au bout de laquelle elle vaut 400MBq, et la courbe passe à cette valeur pour t1/2=6,0h. On lit la demi-vie sur l'ACTIVITÉ parce que A=λN est proportionnelle à N : les deux grandeurs ont la même demi-vie. Contrôle sur un deuxième point : à 12h, la courbe vaut bien 200MBq.
b) λ=6,0ln2=0,116h−1, et λ=6,0×3600ln2=3,21×10−5s−1. Pour la question suivante, qui fait intervenir des becquerels, seule la valeur en s−1 convient.
c) N0=λA0=3,21×10−5800×106=2,49×1013 noyaux. Avec λ en h−1, on aurait trouvé 6,9×109, un résultat faux d'un facteur 3600 et pourtant d'allure plausible : c'est pour cela que ce piège coûte si cher.
d) 24h représentent 4 demi-vies : A=24800=16800=50MBq. Le patient reste donc faiblement actif pendant une journée, et l'essentiel de la dose a disparu en deux jours.
e) 800e−λt=1 donne t=λln800=0,11556,685=57,9h, soit un peu moins de dix demi-vies (210=1024). Cette durée courte, avec une émission γ seule qui traverse le corps et atteint la caméra, explique le choix de ce noyau en imagerie.
Exercice 5 : Mesurer une demi-vie par linéarisation
Un compteur Geiger placé devant une source de protactinium 234m enregistre le nombre de désintégrations détectées pendant 10 secondes, à différents instants. Le bruit de fond a déjà été retranché.
On note A ce nombre de coups, proportionnel à l'activité de la source.
t (s)
0
30
60
90
120
150
180
A (coups)
480
357
265
197
146
109
81
a) Pourquoi trace-t-on lnA en fonction de t plutôt que A ?
b) Calculez lnA à t=0 et à t=180s.
c) Les points de lnA sont alignés. Déduisez-en la constante radioactive.
d) Calculez la demi-vie du protactinium 234m.
e) On recommence la mesure : on n'obtient pas exactement les mêmes nombres de coups. Pourquoi ?
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Réponses
a)lnA=lnA0−λt est affine : on vérifie la loi par un alignement
b)ln480=6,174 ; ln81=4,394
c)Pente −9,89×10−3, donc λ=9,9×10−3s−1
d)t1/2=70 s
e)Désintégration aléatoire : fluctuations autour de la moyenne
a) A=A0e−λt donne lnA=lnA0−λt : en fonction de t, lnA est une fonction AFFINE. Une droite se reconnaît à l'œil, se vérifie par un alignement et se lit par sa pente, alors qu'on ne sait pas distinguer à l'œil une exponentielle d'une autre courbe décroissante. La linéarisation transforme donc une loi supposée en une loi vérifiée.
b) ln480=6,174 et ln81=4,394. Un logarithme n'a pas d'unité : on prend le logarithme d'un NOMBRE de coups, et l'on doit garder le même intervalle de comptage pour toutes les mesures, sans quoi la droite est décalée.
c) Pente : 180−04,394−6,174=−9,89×10−3s−1. Or la pente vaut −λ, donc λ=9,9×10−3s−1. L'oubli du signe est l'erreur la plus fréquente : une constante radioactive négative décrirait une population qui croît.
d) t1/2=λln2=9,89×10−30,693=70s, soit 1,17 minute. Contrôle direct dans le tableau : entre t=0 et t=60s, le comptage passe de 480 à 265, un peu plus que la moitié, et entre 0 et 90s de 480 à 197, un peu moins : la demi-vie est bien entre 60 et 90s.
e) La désintégration d'un noyau est un phénomène ALÉATOIRE : on ne peut pas prévoir quand un noyau donné se désintégrera, seulement la probabilité qu'il le fasse par seconde. Le nombre de coups fluctue donc autour de sa valeur moyenne, d'autant moins en valeur relative que le comptage est grand. C'est aussi pour cela qu'on retranche le bruit de fond, la radioactivité ambiante qui s'ajoute à celle de la source.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : dater une coulée volcanique au potassium-argon
Le potassium 40 est radioactif, de demi-vie t1/2=1,25×109 ans. On admet que 11% de ses désintégrations produisent de l'argon 40, un gaz, et que les autres produisent du calcium 40, indiscernable du calcium déjà présent dans la roche.
Quand une lave refroidit, les minéraux emprisonnent désormais tout l'argon formé. Dans un échantillon d'une coulée, on mesure le rapport des nombres de noyaux NKNAr=0,0100.
La figure donne ce rapport en fonction de l'âge de la roche, en millions d'années (Ma).
a) Pourquoi une lave en fusion ne contient-elle pas d'argon 40 au moment de sa solidification ?
b) On note N0 le nombre initial de noyaux de potassium 40. Exprimez N0 en fonction de NK et NAr.
c) Calculez la constante radioactive du potassium 40 en an−1.
d) Calculez l'âge de la coulée en millions d'années, puis vérifiez-le sur la figure.
e) Après la solidification, une fissure a laissé s'échapper une partie de l'argon. L'âge calculé est-il trop grand ou trop petit ?
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Réponses
a)L'argon, gaz, s'échappe tant que la roche est liquide
b)N0=NK+0,11NAr
c)λ=5,55×10−10an−1
d)t=λln1,0909=1,57×108 ans, soit 157 Ma
e)Âge sous-estimé
a) L'argon est un gaz noble qui ne se lie à rien : tant que la roche est liquide, il s'échappe, et le chronomètre est remis à zéro. C'est la solidification qui date la roche, pas la formation du potassium. L'hypothèse « aucun argon à t=0 » est la condition initiale de la méthode, exactement comme N(0)=N0 dans la loi de décroissance.
b) Le nombre de noyaux de potassium désintégrés vaut N0−NK, et seuls 11% ont donné de l'argon : NAr=0,11(N0−NK). D'où N0=NK+0,11NAr. Écrire N0=NK+NAr reviendrait à supposer que toute désintégration donne de l'argon, ce qui vieillirait toutes les roches.
c) λ=1,25×109ln2=5,55×10−10an−1. L'âge cherché sortira donc en années, sans conversion.
d) NKN0=1+0,110,0100=1,0909. Or NK=N0e−λt, donc t=λ1lnNKN0=5,55×10−10ln1,0909=5,55×10−100,0870=1,57×108 ans, soit 157 Ma. Sur la figure, l'ordonnée 0,010 correspond bien à une abscisse un peu supérieure à 150 Ma. Cet âge ne représente que 0,13 demi-vie : le potassium 40 convient à des roches de plusieurs millions à plusieurs milliards d'années, pas à un objet de l'Antiquité, où l'argon formé serait indosable.
e) L'argon perdu diminue NAr, donc le rapport mesuré, donc NKN0 et l'âge calculé : la roche paraît plus JEUNE qu'elle n'est, l'âge est sous-estimé. Une méthode de datation hérite toujours du sens de ses fuites, et c'est pour cela qu'on la recoupe par une seconde méthode.
Exercice 7 : Problème : l'iode 131 et la thyroïde
Pour traiter une hyperthyroïdie, un patient avale une gélule d'iodure de sodium marqué à l'iode 131, émetteur β− et γ, d'activité A0=3,7GBq (1GBq=109Bq). L'iode se fixe dans la glande thyroïde, que les électrons émis détruisent en partie.
Données : t1/2=8,02 jours ; M(131I)=131g⋅mol−1 ; NA=6,02×1023mol−1. On ne tient compte que de la décroissance radioactive, et pas de l'élimination de l'iode par l'organisme.
a) Calculez le nombre de noyaux d'iode 131 contenus dans la gélule.
b) Calculez la masse d'iode 131 correspondante, en microgrammes.
c) Au bout de combien de jours l'activité de la gélule passe-t-elle sous 1,0GBq ?
d) Pour une source ponctuelle qui rayonne également dans toutes les directions, par quel facteur le débit de rayonnement reçu est-il divisé quand un proche passe de 1 à 2 mètres du patient ?
e) Pourquoi l'iode 131 se fixe-t-il sur la thyroïde exactement comme l'iode alimentaire, l'iode 127 ?
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Réponses
a)N0=λA0=3,70×1015 noyaux
b)m=8,0×10−7 g =0,80 µg
c)t=λln3,7=15,1 jours
d)Divisé par 4
e)Isotopes : même Z, mêmes propriétés chimiques
a) λ=8,02×86400ln2=1,00×10−6s−1, en secondes puisque l'activité est en becquerels. N0=λA0=1,00×10−63,7×109=3,70×1015 noyaux.
b) n=NAN0=6,02×10233,70×1015=6,14×10−9mol, et m=nM=6,14×10−9×131=8,0×10−7g, soit 0,80μg. Moins d'un microgramme suffit à une activité de plusieurs milliards de becquerels : l'activité se compte en désintégrations, pas en masse, et c'est ce qui rend la radioactivité à la fois si facile à détecter et si dangereuse à ingérer.
c) A0e−λt=1,0 GBq, donc t=λ1ln1,03,7 avec λ=0,0864j−1 : t=0,08641,308=15,1 jours. Le rapport d'activités est sans unité, on peut le calculer en GBq sans rien convertir ; c'est λ qui fixe l'unité du résultat. En pratique l'organisme élimine une partie de l'iode par les urines, et l'activité du patient décroît nettement plus vite que ce calcul.
d) Le rayonnement se répartit sur une sphère de surface 4πd2 : doubler la distance multiplie la surface par 4, et divise donc par 4 la puissance reçue par unité de surface. S'éloigner est le premier geste de radioprotection, et le moins coûteux.
e) L'iode 131 et l'iode 127 sont deux ISOTOPES : même numéro atomique Z=53, même cortège électronique, donc mêmes propriétés chimiques. La thyroïde ne peut pas les distinguer. Seul le noyau diffère, et c'est lui qui se désintègre. Le même raisonnement explique pourquoi on distribue des comprimés d'iode stable en cas d'accident nucléaire : saturer la glande avec l'isotope inoffensif.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, puis donnez l'énoncé correct.
1) « Un noyau de radium formé il y a trois mille ans a plus de chances de se désintégrer dans l'heure qui vient qu'un noyau formé hier. »
2) « L'activité d'une source reste constante tant qu'il lui reste des noyaux radioactifs. »
3) « Dans une désintégration β−, le noyau éjecte un des électrons de son cortège. »
4) « Chauffer une source radioactive accélère sa décroissance, comme pour une réaction chimique. »
5) « Un échantillon deux fois plus gros a une demi-vie deux fois plus longue. »
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Réponses
1)Faux : pas de mémoire, même probabilité λ
2)Faux : A=λN décroît avec N
3)Faux : l'électron naît d'un neutron qui devient proton
4)Faux : λ ne dépend pas de la température
5)Faux : même t1/2, activité double
1) FAUX. Un noyau n'a pas de mémoire : sa probabilité de se désintégrer pendant une seconde est la même, λ, quel que soit son âge. C'est précisément cette absence de vieillissement qui donne une loi exponentielle. Le vieux noyau et le jeune ont exactement les mêmes chances.
2) FAUX. A=λN : l'activité est proportionnelle au nombre de noyaux restants, elle décroît donc avec la même demi-vie qu'eux. Une source étiquetée 37kBq ne l'est qu'à sa date de fabrication.
3) FAUX. L'électron émis naît DANS le noyau, au moment où un neutron se transforme en proton : 01n→11p+−10e. C'est pour cela que Z augmente de 1. Un électron arraché au cortège ne changerait pas l'élément : ce serait une ionisation, un phénomène chimique.
4) FAUX. La constante radioactive ne dépend ni de la température, ni de la pression, ni de l'état chimique de l'atome : la désintégration se joue dans le noyau, à des énergies des millions de fois supérieures à celles de l'agitation thermique. C'est la grande différence avec la cinétique chimique, et c'est ce qui fait des noyaux des horloges fiables.
5) FAUX. La demi-vie est une caractéristique du NOYAU, t1/2=λln2, indépendante de N0. Un échantillon deux fois plus gros a deux fois plus de noyaux et une activité deux fois plus grande, mais il perd la moitié de ses noyaux dans la même durée.
Exercice 9 : Problème : simuler la désintégration en Python
Le programme ci-dessous simule une population de noyaux. À chaque pas de temps d'une seconde, chaque noyau encore présent tire un nombre au hasard entre 0 et 1 : il se désintègre si ce nombre est inférieur à p=0,1.
On raisonne sur les valeurs MOYENNES, celles qu'on obtiendrait en répétant la simulation un très grand nombre de fois.
python
import random
N = 1000 # noyaux au depart
p = 0.1 # probabilite de desintegration pendant un pas de 1 s
for pas in range(1, 21):
survivants = 0
for k in range(N):
if random.random() > p:
survivants = survivants + 1
N = survivants
print(pas, N)
a) Quelle est la probabilité qu'un noyau survive à un pas ? Combien de noyaux restent en moyenne après le premier pas ?
b) Combien de noyaux restent en moyenne après 10 pas ?
c) Au bout de combien de pas la moitié des noyaux a-t-elle disparu, en moyenne ?
d) La population moyenne s'écrit N0e−λt. Calculez la valeur exacte de λ correspondant à cette simulation. Pourquoi est-elle proche de p ?
e) Deux exécutions du programme n'affichent pas les mêmes nombres. Les écarts relatifs entre exécutions sont-ils plus grands avec 1000 ou avec 100000 noyaux au départ ?
Voir la correction
Réponses
a)Survie 0,9 ; 900 noyaux en moyenne
b)1000×0,910=349
c)k=−ln0,9ln2=6,58 pas
d)λ=−ln0,9=0,105s−1≈p car p est petit
e)Avec 1000 noyaux : écart relatif en N1
a) Un noyau survit avec la probabilité 1−p=0,9, indépendamment des autres. En moyenne, il en reste 1000×0,9=900 après le premier pas. Le programme affichera un nombre voisin, 893 ou 907 par exemple, mais pas 900 à coup sûr : c'est tout le sens d'un processus aléatoire.
b) Chaque pas multiplie la population moyenne par 0,9 : N10=1000×0,910=349 noyaux. La population moyenne est une suite GÉOMÉTRIQUE de raison 0,9, version discrète de l'exponentielle décroissante.
c) 0,9k=0,5 donne k=ln0,9ln0,5=−ln0,9ln2=6,58 pas. La demi-vie simulée est donc d'environ 6,6s, et elle ne dépend pas de N0 : on retrouve la propriété fondamentale de la loi.
d) e−λ×1=0,9 donne λ=−ln0,9=0,105s−1. Pour une probabilité petite, −ln(1−p)≈p : la probabilité de désintégration pendant une durée courte Δt vaut λΔt. C'est exactement l'hypothèse ΔN=−λNΔt qui fonde la loi de décroissance, et l'écart entre 0,105 et 0,1 rappelle qu'elle n'est exacte que pour Δt très petit.
e) Avec 100000 noyaux. Les fluctuations autour de la moyenne croissent comme N environ, donc les écarts RELATIFS décroissent comme N1 : de l'ordre de 3% pour 1000 noyaux, 0,3% pour 100000. Un échantillon macroscopique contient plus de 1015 noyaux, et c'est pour cela que sa décroissance paraît parfaitement régulière alors que chaque désintégration est imprévisible.
Exercice 10 : Problème : l'américium d'un détecteur de fumée
Certains détecteurs de fumée contiennent une petite source d'américium 241 (Z=95), émetteur α, d'activité 37kBq à la fabrication. Les particules α ionisent l'air d'une petite chambre ; la fumée qui y entre perturbe le courant d'ions et déclenche l'alarme.
Données : t1/2=432,2 ans ; 1an=3,156×107s ; M(241Am)=241g⋅mol−1 ; NA=6,02×1023mol−1 ; le neptunium a pour numéro atomique Z=93. La figure rappelle le pouvoir de pénétration des trois rayonnements.
a) Écrivez l'équation de désintégration de l'américium 241. Donnez A et Z du noyau fils.
b) Calculez le nombre de noyaux d'américium 241 contenus dans la source neuve.
c) Calculez la masse d'américium correspondante, en microgrammes.
d) De quel pourcentage l'activité a-t-elle diminué au bout de 10 ans, durée de vie du détecteur ?
e) Pourquoi le détecteur fermé ne présente-t-il pas de danger, alors qu'avaler la source en présenterait un ?
Voir la correction
Réponses
a)95241Am→93237Np+24He
b)N=λA=7,28×1014 noyaux
c)m=2,9×10−7 g =0,29 µg
d)Baisse de 1,6%
e)Les α sont arrêtées par le boîtier ; danger interne seulement
a) 95241Am→93237Np+24He. Nucléons : 241=237+4. Charge : 95=93+2. Le noyau fils est le neptunium 237, A=237 et Z=93.
b) λ=432,2×3,156×107ln2=5,08×10−11s−1, puis N=λA=5,08×10−113,7×104=7,28×1014 noyaux. Une activité modeste avec une demi-vie longue exige beaucoup de noyaux : c'est la relation N=ln2At1/2 qui le dit.
c) m=NANM=6,02×10237,28×1014×241=2,91×10−7g, soit 0,29μg. Comparer avec l'iode 131 d'une gélule thérapeutique : cent mille fois moins actif, pour une masse du même ordre, parce que sa demi-vie est vingt mille fois plus longue.
d) A0A=e−λt=2−10/432,2=0,984 : l'activité a diminué de 1,6% seulement. Ce n'est pas la source qui limite la durée de vie d'un détecteur, mais son électronique et l'encrassement de la chambre ; la demi-vie a été choisie pour que le signal soit pratiquement constant.
e) Les particules α sont très ionisantes mais très peu pénétrantes : quelques centimètres d'air ou une feuille de papier les arrêtent, comme le montre la figure, et le boîtier suffit. Ingérée ou inhalée, la source serait au contact direct des cellules, qui recevraient toute l'énergie de chaque particule. Le danger d'un émetteur α est donc interne, celui d'un émetteur γ surtout externe.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Compter en demi-vies : le cobalt 60
Une source de cobalt 60, de demi-vie t1/2=5,27 ans, a une activité de 16MBq à sa mise en service. Les questions a) à d) se traitent sans calculatrice.
a) Quelle est l'activité de la source au bout de 10,54 ans ?
b) Quelle est son activité au bout de 21,08 ans ?
c) Combien de demi-vies entières faut-il attendre pour que l'activité passe sous 1% de sa valeur initiale ?
d) Quel pourcentage des noyaux initiaux s'est désintégré au bout de trois demi-vies ?
e) Calculez la constante radioactive du cobalt 60 en an−1.
Voir la correction
Réponses
a)416=4,0 MBq
b)1616=1,0 MBq
c)n=7 (car 27=128>100), soit 36,9 ans
d)87,5%
e)λ=0,132an−1
a) 10,54=2×5,27 : deux demi-vies. A=2216=4,0MBq. Diviser par 2×2 et non soustraire deux fois la moitié : après une demi-vie il reste 8, et la demi-vie suivante enlève la moitié de 8, pas la moitié de 16.
b) 21,08=4×5,27 : quatre demi-vies, A=2416=1,0MBq.
c) Il faut 2n1<0,01, soit 2n>100. Or 26=64 et 27=128 : il faut n=7 demi-vies, soit 7×5,27=36,9 ans. Retenir 210≈1000 : dix demi-vies divisent par mille.
d) Il reste 231=81=12,5% des noyaux, donc 87,5% se sont désintégrés. La question porte sur les noyaux DISPARUS, pas sur les restants : lire la fin de l'énoncé avant de répondre.
e) λ=5,27ln2=0,132an−1. On garde les années, puisque les durées de l'exercice sont en années.
Exercice 12 : Le fluor 18 de la tomographie par émission de positons
Le fluor 18 (Z=9), émetteur β+ de demi-vie t1/2=109,8 minutes, est produit dans un cyclotron puis livré à un service d'imagerie. Le patient doit recevoir 370MBq au moment de l'injection, qui a lieu 150 minutes après la fin de la production. L'oxygène a pour numéro atomique Z=8.
a) Écrivez l'équation de désintégration du fluor 18. Donnez A et Z du noyau fils.
b) Calculez la constante radioactive du fluor 18 en min−1.
c) Quelle activité faut-il produire pour disposer de 370MBq à l'injection ?
d) Le positon émis rencontre presque aussitôt un électron. Que produit leur rencontre ?
e) Quelle fraction de l'activité injectée subsiste 24 heures plus tard ?
Voir la correction
Réponses
a)918F→818O+10e
b)λ=6,31×10−3min−1
c)370eλ×150=954 MBq
d)Annihilation : deux photons γ opposés
e)1,13×10−4 de l'activité
a) 918F→818O+10e. A=18 et 9=Z+1, donc Z=8 : l'oxygène 18, stable.
b) λ=109,8ln2=6,31×10−3min−1.
c) On remonte le temps : Aprod=Ainje+λt=370×e6,31×10−3×150=370×2,58=954MBq. Le signe de l'exposant est le piège : l'activité à produire est PLUS grande que celle à injecter. Contrôle : 150 minutes font 1,37 demi-vie, et 21,37=2,58.
d) L'électron et le positon s'annihilent : leur masse disparaît et deux photons γ sont émis dans des directions opposées. La caméra détecte ces paires en coïncidence, et c'est la droite qui les relie qui localise la désintégration : d'où le nom de l'examen.
e) 24h=1440min, soit 13,1 demi-vies : A0A=e−6,31×10−3×1440=1,13×10−4. Il reste environ un dix-millième de l'activité : le lendemain de l'examen, le patient n'est pratiquement plus radioactif. C'est la raison d'être d'un traceur à demi-vie courte, et la contrainte qui impose un cyclotron proche du service.
Exercice 13 : Dater une eau souterraine au tritium
Le tritium (3H), de demi-vie t1/2=12,32 ans, est présent dans l'eau de pluie. Une eau qui s'infiltre dans le sol n'en reçoit plus : sa teneur décroît. On mesure la teneur en unités tritium (UT).
Les eaux de pluie de la région étudiée contiennent 10,0 UT ; l'eau d'un puits en contient 3,1 UT. On admet que la teneur des pluies n'a pas changé depuis l'infiltration.
a) Calculez la constante radioactive du tritium en an−1.
b) Calculez le temps de séjour de l'eau du puits dans le sous-sol.
c) Une autre nappe ne contient plus que 0,02 UT, une teneur à la limite de détection. Peut-on la dater au tritium ?
d) Pourquoi le carbone 14, de demi-vie 5730 ans, conviendrait-il mal pour dater l'eau du puits ?
e) Au bout de combien de temps une eau infiltrée aujourd'hui ne contiendra-t-elle plus que 1,0 UT ?
Voir la correction
Réponses
a)λ=5,63×10−2an−1
b)t=λln(10/3,1)=20,8 ans
c)Non : environ 9 demi-vies, eau seulement dite ancienne
d)Demi-vie trop longue : 0,25% de variation en 21 ans
e)λln10=40,9 ans
a) λ=12,32ln2=5,63×10−2an−1.
b) t=λ1ln3,110,0=0,05631,171=20,8 ans. Contrôle en demi-vies : 3,1 UT est un peu moins que 5 UT (une demi-vie, 12 ans) et un peu plus que 2,5 UT (deux demi-vies, 25 ans) : 21 ans est cohérent. Écrire ln103,1 donnerait un âge négatif, qu'on doit reconnaître aussitôt comme une inversion.
c) Non, pas avec une précision utile : 0,0210=500, soit un âge de l'ordre de 9 demi-vies, plus de cent ans, mais la moindre incertitude sur une mesure aussi faible, ou sur la teneur initiale, rend ce nombre inexploitable. On peut seulement conclure que l'eau est ancienne. Une méthode ne date bien que des âges de l'ordre de quelques demi-vies.
d) Sur 21 ans, le carbone 14 ne perd que 1−2−21/5730=0,25% de ses noyaux : une variation bien plus petite que l'incertitude de la mesure. L'horloge ne bouge pas assez pour qu'on la lise. On choisit toujours un noyau dont la demi-vie est comparable à l'âge cherché.
e) t=λln10=0,05632,303=40,9 ans, un peu plus de trois demi-vies (23=8, 24=16).
Exercice 14 : Problème : la pile au plutonium d'une sonde spatiale
Les sondes lointaines, où la lumière du Soleil est trop faible, tirent leur électricité de la chaleur dégagée par du plutonium 238 (Z=94), émetteur α de demi-vie 87,7 ans. Chaque désintégration libère 5,59MeV (1MeV=1,602×10−13J), convertie en chaleur.
Une sonde lancée en 1977 disposait d'une puissance électrique de 470W. On admet que la puissance électrique est proportionnelle à l'activité du plutonium. Données : l'uranium a pour numéro atomique Z=92 ; M=238g⋅mol−1 ; NA=6,022×1023mol−1 ; 1an=3,156×107s.
a) Écrivez l'équation de désintégration du plutonium 238. Donnez A et Z du noyau fils.
b) Quel pourcentage de la puissance initiale reste-t-il en 2025, 48 ans après le lancement ?
c) Calculez l'activité d'un kilogramme de plutonium 238, puis la puissance thermique qu'il dégage.
d) La sonde a besoin d'au moins 200W pour faire fonctionner un instrument. Pendant combien d'années après le lancement la décroissance seule le permet-elle ?
e) La puissance réellement disponible en 2025 est inférieure au résultat de la question b). Qu'est-ce que le modèle néglige ?
Voir la correction
Réponses
a)94238Pu→92234U+24He
b)2−48/87,7=68,4%, environ 322 W
c)A=6,34×1014 Bq ; P=567 W
d)t=λln(470/200)=108 ans
e)La dégradation des thermocouples, pas la décroissance
a) 94238Pu→92234U+24He : noyau fils uranium 234, A=234 et Z=92.
b) P0P=2−48/87,7=e−87,7ln2×48=0,684, soit 68,4%, environ 322W. Une durée de 48 ans, un peu plus de la moitié d'une demi-vie : il reste bien plus que la moitié, c'est cohérent.
c) N=2381000×6,022×1023=2,53×1024 noyaux ; λ=87,7×3,156×107ln2=2,50×10−10s−1 ; A=λN=6,34×1014Bq. Chaque désintégration libère 5,59×1,602×10−13=8,96×10−13J, d'où P=A×E=567W par kilogramme. La puissance thermique d'une source est son activité multipliée par l'énergie d'une désintégration : c'est l'unité du becquerel, des désintégrations PAR SECONDE, qui donne directement des watts.
d) 470e−λt=200 donne t=ln287,7ln200470=7,90×10−30,854=108 ans. La décroissance seule autoriserait cet instrument jusque vers 2085.
e) Le modèle suppose que la conversion de la chaleur en électricité garde le même rendement. Or les thermocouples qui la réalisent se dégradent avec le temps, ce qui fait baisser la puissance électrique plus vite que l'activité. La loi de décroissance, elle, ne vieillit pas : c'est le convertisseur qui vieillit.
Exercice 15 : Problème : les trois gestes de la radioprotection
Un technicien manipule une source de césium 137, émetteur β− et γ, de demi-vie 30,1 ans. À 1,0m de la source et sans protection, le débit de dose vaut 10μSv/h.
On admet que le débit de dose est inversement proportionnel au carré de la distance, et qu'une épaisseur de 6,5mm de plomb divise par deux le débit dû aux photons γ, qui sont seuls à traverser l'écran.
a) Calculez le débit de dose à 3,0m de la source, sans écran.
b) On place un écran de plomb de 13mm entre la source et le technicien, resté à 1,0m. Calculez le nouveau débit de dose.
c) Derrière cet écran, à 1,0m, combien d'heures faut-il pour recevoir 1mSv ?
d) De quel pourcentage le débit de dose de la source diminue-t-il en un an, du seul fait de la décroissance ?
e) Pour diviser la dose reçue par dix, lequel de ces gestes est le plus efficace ?
Voir la correction
Réponses
a)910=1,1 µSv/h
b)410=2,5 µSv/h
c)2,51000=400 h
d)1−2−1/30,1=2,3%
e)S'éloigner à 3,2 m : dose divisée par 10
a) D(3,0)=10×(3,01,0)2=910=1,1μSv/h. Tripler la distance divise par NEUF, pas par trois : c'est la loi de la sphère, et c'est le geste le plus rentable.
b) 13mm=2×6,5mm : deux épaisseurs de demi-atténuation, le débit est divisé par 22=4, soit 2,5μSv/h. La même logique que la demi-vie, appliquée à une épaisseur au lieu d'une durée.
c) 1mSv=1000μSv, et 2,51000=400h. La dose reçue est le débit multiplié par la DURÉE : c'est le troisième geste, limiter le temps passé près de la source.
d) 1−2−1/30,1=0,0228, soit 2,3% par an. La décroissance ne protège de rien à l'échelle d'une journée de travail : on ne compte jamais sur elle pour une source de longue demi-vie, on s'éloigne, on abrège et on s'abrite.
e) S'éloigner de 1 à 3,2m divise la dose par 3,22≈10 ; l'écran de 13mm la divise par 4 ; attendre un an ne gagne que 2,3%. Doubler l'épaisseur de plomb, à 26mm, diviserait par 16 mais au prix d'un écran lourd : dans cette situation, la distance est le geste le plus efficace et le moins coûteux.
La radioactivité bloque votre préparation au Baccalauréat ?
Contactez-moi pour une première séance. C'est le chapitre où la physique de Terminale rejoint l'exponentielle et l'équation différentielle des mathématiques, et il se prête très bien aux exercices sur documents de l'épreuve écrite.