Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : cinétique chimique et suivi temporel (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la cinétique chimique et le suivi temporel, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Toute la série tourne autour d'une distinction : la cinétique dit en combien de temps, la thermodynamique dit jusqu'où. Un catalyseur accélère sans rien changer à l'état final, et la température accélère toujours mais ne déplace l'équilibre que dans certains cas.

L'exercice 10 est celui qui montre pourquoi la trempe n'est pas un rituel de laboratoire : sans elle, deux minutes de titrage suffisent à fausser la concentration mesurée de 26 pour cent.

Le programme en vigueur ne connaît qu'une loi de vitesse, celle d'ordre 1, et il écarte en toutes lettres la « vitesse de réaction » : on parle de vitesse volumique de disparition d'un réactif ou d'apparition d'un produit. L'exercice 15, d'ordre 0, l'exercice 14, à ordre apparent, et quelques questions des exercices 4, 7, 11 et 13 vont au-delà ; leur énoncé le signale en dernière ligne.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1L'atome et la classification périodiqueSeconde
  2. 2Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  3. 3Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  4. 4Avancement et dosagesPremière

Rappel de cours

  • • Vitesse volumique de disparition : v=−d[A]dtv=-\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}, lue comme l'opposé de la pente de la TANGENTE. Elle décroît au cours du temps.
  • • Ordre 1 : d[A]dt=−k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A] donne [A]=[A]0e−kt[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}, avec kk en s−1\mathrm{s^{-1}}.
  • • Temps de demi-réaction pour l'ordre 1 : t1/2=ln⁡2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}, INDÉPENDANT de la concentration initiale. C'est le test qui reconnaît un ordre 1.
  • • Linéarisation : si ln⁡[A]\ln[A] est affine du temps, l'ordre est 1 et la pente vaut −k-k ; sinon, l'évolution ne suit pas une loi d'ordre 1. En approfondissement, hors programme : [A][A] affine signe l'ordre 0, 1[A]\dfrac{1}{[A]} affine l'ordre 2.
  • • Après nn demi-vies il reste 12n\dfrac{1}{2^{n}} du réactif : deux demi-vies laissent le quart, pas rien. On considère la transformation finie vers 7 t1/27\,t_{1/2}.
  • • Facteurs cinétiques : concentration, température, catalyseur, surface de contact. Ils changent la DURÉE, pas le rendement.
  • • Catalyseur : ne figure pas dans le bilan, abaisse l'énergie d'activation, accélère autant la réaction inverse, donc ne déplace jamais l'équilibre.
  • • Trempe : refroidissement brutal et dilution, pour figer la composition avant un titrage.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Vitesse volumique de disparition

Pour une transformation en solution de volume constant, la vitesse volumique de disparition d'un réactif AA est v=−d[A]dtv=-\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}, exprimée en mol⋅L−1⋅s−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}.

10020030040050060070080020406080100120t (s)[A] (mmol/L)tangentes en pointillés
  • a) Expliquez la présence du signe moins dans cette définition.
  • b) Comment détermine-t-on graphiquement cette vitesse à un instant donné, à partir de la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) ?
  • c) La concentration passe de 0,1000{,}100 à 0,047 mol/L0{,}047\ \mathrm{mol/L} entre t=0t=0 et t=300 st=300\ \mathrm{s}. Calculez la vitesse moyenne de disparition sur cet intervalle.
  • d) La vitesse instantanée à t=0t=0 vaut 2,5×10−4 mol⋅L−1⋅s−12{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Comparez-la à la vitesse moyenne calculée en c) et expliquez l'écart.
  • e) Comment la vitesse évolue-t-elle au cours du temps pour une transformation classique ? Pourquoi ?
  • f) La figure porte la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) et ses deux tangentes, à t=0t=0 et à t=400 st=400\ \mathrm{s}. Mesurez les deux pentes, déduisez-en les deux vitesses, puis vérifiez que leur rapport est bien celui qu'impose une cinétique d'ordre 1.

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Réponses

  • a) [A][A] diminue : le signe moins rend vv positive
  • b) Opposé de la pente de la tangente
  • c) vmoy=1,8×10−4v_{\mathrm{moy}}=1{,}8\times 10^{-4} mol·L⁻¹·s⁻¹
  • d) v0>vmoyv_{0}>v_{\mathrm{moy}} : la vitesse décroît
  • e) Elle diminue avec les concentrations
  • f) v0=2,5×10−4v_{0}=2{,}5\times 10^{-4}, v400=9,2×10−5v_{400}=9{,}2\times 10^{-5} : rapport e\mathrm{e}

a) La concentration du réactif DIMINUE au cours du temps, donc d[A]dt\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t} est négative. Le signe moins rend la vitesse positive, ce qui est la convention retenue pour une grandeur qui mesure une rapidité.

b) La vitesse à l'instant tt est l'opposé du coefficient directeur de la TANGENTE à la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) en ce point. On trace donc la tangente, on lit deux de ses points pour en calculer la pente, et on change le signe.

c) vmoy=−Δ[A]Δt=−0,047−0,100300−0=0,053300=1,8×10−4 mol⋅L−1⋅s−1v_{\mathrm{moy}}=-\dfrac{\Delta[A]}{\Delta t}=-\dfrac{0{,}047-0{,}100}{300-0}=\dfrac{0{,}053}{300}=1{,}8\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}.

d) La vitesse initiale, 2,5×10−42{,}5\times 10^{-4}, est supérieure à la vitesse moyenne, 1,8×10−41{,}8\times 10^{-4}. C'est logique : la vitesse décroît au cours de l'intervalle, donc la moyenne sur [0 ; 300][0\ ;\ 300] est nécessairement inférieure à la valeur du début. La moyenne lisse une grandeur qui est en réalité maximale au tout début.

e) Elle DIMINUE au cours du temps, et s'annule quand la transformation s'achève. La raison est que la vitesse dépend des concentrations des réactifs : plus ceux-ci sont concentrés, plus les chocs efficaces entre entités sont fréquents. Or les réactifs sont consommés au fur et à mesure, donc leurs concentrations chutent et la vitesse avec elles. C'est pourquoi une courbe de concentration présente toujours une pente forte au départ puis un aplatissement progressif.

f) La première tangente part de (0 ;100)(0\ ;100) et coupe la valeur 40 mmol/L40\ \mathrm{mmol/L} vers t=240 st=240\ \mathrm{s} : sa pente vaut environ 40−100240=−0,25 mmol⋅L−1⋅s−1\dfrac{40-100}{240}=-0{,}25\ \mathrm{mmol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}, soit une vitesse initiale v0=2,5×10−4 mol⋅L−1⋅s−1v_{0}=2{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}, exactement la valeur annoncée en d) ✓. La seconde tangente, au point d'abscisse 400 s400\ \mathrm{s} où la courbe vaut 36,8 mmol/L36{,}8\ \mathrm{mmol/L}, descend de 55,255{,}2 à 9,2 mmol/L9{,}2\ \mathrm{mmol/L} entre t=200t=200 et t=700 st=700\ \mathrm{s} : sa pente vaut 9,2−55,2500=−0,092 mmol⋅L−1⋅s−1\dfrac{9{,}2-55{,}2}{500}=-0{,}092\ \mathrm{mmol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}, soit v400=9,2×10−5 mol⋅L−1⋅s−1v_{400}=9{,}2\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Le rapport des deux vitesses vaut 2,5×10−49,2×10−5≈2,72\dfrac{2{,}5\times 10^{-4}}{9{,}2\times 10^{-5}}\approx 2{,}72, et ce nombre n'est pas quelconque : c'est e\mathrm{e}. Pour une cinétique d'ordre 1, la vitesse est PROPORTIONNELLE à la concentration, v=k [A]v=k\,[A], donc le rapport des vitesses est égal au rapport des concentrations, [A]0[A]400=ek×400=e1=e\dfrac{[A]_{0}}{[A]_{400}}=\mathrm{e}^{k\times 400}=\mathrm{e}^{1}=\mathrm{e} ✓. La figure vérifie donc la loi de vitesse par simple lecture de deux pentes, sans aucun calcul de logarithme.

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Exercice 2 : Le temps de demi-réaction

Le temps de demi-réaction t1/2t_{1/2} est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale.

Une réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1 : [A]=[A]0 e−kt[A]=[A]_{0}\,\mathrm{e}^{-kt}, avec [A]0=0,100 mol/L[A]_{0}=0{,}100\ \mathrm{mol/L} et k=2,5×10−3 s−1k=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}.

  • a) Établissez l'expression de t1/2t_{1/2} en fonction de kk.
  • b) Calculez t1/2t_{1/2} pour cette réaction.
  • c) Calculez la concentration restante à t=600 st=600\ \mathrm{s}.
  • d) Au bout de combien de temps ne reste-t-il plus que 1010 pour cent du réactif ?
  • e) Montrez que la durée nécessaire pour passer de [A]0[A]_{0} à [A]02\dfrac{[A]_{0}}{2} est la même que celle pour passer de [A]02\dfrac{[A]_{0}}{2} à [A]04\dfrac{[A]_{0}}{4}. Cette propriété vaut-elle pour toutes les cinétiques ?

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a)
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e)
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Réponses

  • a) t1/2=ln⁡2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}
  • b) t1/2≈277t_{1/2}\approx 277 s
  • c) 2,2×10−22{,}2\times 10^{-2} mol/L
  • d) t=ln⁡10k≈921t=\dfrac{\ln 10}{k}\approx 921 s
  • e) Même durée à chaque division par deux ; ordre 1 seulement

a) Par définition, [A](t1/2)=[A]02[A]\left(t_{1/2}\right)=\dfrac{[A]_{0}}{2}, donc [A]0e−kt1/2=[A]02[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt_{1/2}}=\dfrac{[A]_{0}}{2}. En simplifiant par [A]0[A]_{0} puis en passant au logarithme : −kt1/2=−ln⁡2-kt_{1/2}=-\ln 2, d'où t1/2=ln⁡2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}.

b) t1/2=0,6932,5×10−3=2,8×102 st_{1/2}=\dfrac{0{,}693}{2{,}5\times 10^{-3}}=2{,}8\times 10^{2}\ \mathrm{s}, soit environ 277 s277\ \mathrm{s} ou un peu plus de quatre minutes et demie.

c) [A](600)=0,100×e−2,5×10−3×600=0,100×e−1,5=0,100×0,223=2,2×10−2 mol/L[A](600)=0{,}100\times\mathrm{e}^{-2{,}5\times 10^{-3}\times 600}=0{,}100\times\mathrm{e}^{-1{,}5}=0{,}100\times 0{,}223=2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

d) On résout e−kt=0,10\mathrm{e}^{-kt}=0{,}10, soit t=ln⁡10k=2,3032,5×10−3=9,2×102 st=\dfrac{\ln 10}{k}=\dfrac{2{,}303}{2{,}5\times 10^{-3}}=9{,}2\times 10^{2}\ \mathrm{s}, soit environ 921 s921\ \mathrm{s}, un peu plus d'un quart d'heure.

e) La durée pour passer d'une concentration CC à C2\dfrac{C}{2} vérifie Ce−kΔt=C2C\mathrm{e}^{-k\Delta t}=\dfrac{C}{2}, et CC se simplifie : Δt=ln⁡2k\Delta t=\dfrac{\ln 2}{k}, quelle que soit la valeur de CC. La durée est donc la même à chaque division par deux, ce qui est la signature d'une cinétique d'ordre 1. Non, cette propriété ne vaut PAS pour toutes les cinétiques : pour un ordre 0, la concentration décroît linéairement et chaque demi-vie successive est deux fois plus courte que la précédente. Le fait que t1/2t_{1/2} soit indépendant de la concentration initiale est précisément ce qui permet de reconnaître un ordre 1.

Exercice 3 : Les facteurs cinétiques

Un facteur cinétique est un paramètre dont la modification change la vitesse d'une transformation, sans nécessairement changer son état final.

  • a) Citez trois facteurs cinétiques et précisez le sens de leur effet.
  • b) Expliquez l'effet de la concentration à l'échelle microscopique.
  • c) Expliquez l'effet de la température à l'échelle microscopique. Deux mécanismes interviennent, lesquels ?
  • d) Qu'est-ce qu'un catalyseur ? Modifie-t-il l'état final du système ?
  • e) Distinguez catalyse homogène, hétérogène et enzymatique, avec un exemple de chacune.

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Réponses

  • a) Concentration, température, catalyseur
  • b) Chocs plus fréquents
  • c) Fréquence et surtout énergie des chocs
  • d) Accélère sans modifier l'état final
  • e) Homogène, hétérogène, enzymatique

a) La CONCENTRATION des réactifs : plus elle est grande, plus la transformation est rapide. La TEMPÉRATURE : plus elle est élevée, plus la transformation est rapide. Le CATALYSEUR : sa présence accélère la transformation. On peut ajouter, pour les réactions hétérogènes, la surface de contact entre les phases.

b) Une transformation résulte de chocs entre entités. Plus les réactifs sont concentrés, plus les entités sont nombreuses par unité de volume, donc plus les chocs sont FRÉQUENTS. La vitesse, qui mesure le nombre de transformations par unité de temps et de volume, augmente donc en conséquence. C'est aussi pourquoi la vitesse diminue naturellement au cours du temps, à mesure que les réactifs s'épuisent.

c) Deux mécanismes se combinent. D'abord la fréquence : à température plus élevée les entités se déplacent plus vite, donc les chocs sont plus nombreux. Ensuite, et c'est le mécanisme dominant, l'ÉNERGIE : un choc n'est efficace que s'il apporte assez d'énergie pour rompre les liaisons, et élever la température augmente fortement la proportion d'entités possédant cette énergie. C'est ce second effet, exponentiel, qui explique qu'une hausse de dix degrés puisse à peu près doubler la vitesse.

d) Un catalyseur est une espèce qui augmente la vitesse d'une transformation sans figurer dans le bilan de l'équation : il est consommé à une étape et régénéré à une autre. Il ne modifie EN RIEN l'état final : ni le taux d'avancement final, ni la constante d'équilibre. Il agit en ouvrant un chemin réactionnel différent, d'énergie d'activation plus faible, ce qui rend les chocs efficaces beaucoup plus probables.

e) La catalyse est HOMOGÈNE quand le catalyseur est dans la même phase que les réactifs, par exemple les ions fer en solution pour la décomposition de l'eau oxygénée. Elle est HÉTÉROGÈNE quand il est dans une phase différente, par exemple le platine solide du pot catalytique agissant sur des gaz. Elle est ENZYMATIQUE quand le catalyseur est une enzyme, protéine d'une sélectivité extrême, comme la catalase qui décompose l'eau oxygénée dans nos cellules des millions de fois plus vite que les ions fer.

Exercice 4 : Une loi de vitesse d'ordre 1

Une réaction admet une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport à AA lorsque v=k[A]v=k[A], où kk est la constante de vitesse.

On garde [A]0=0,100 mol/L[A]_{0}=0{,}100\ \mathrm{mol/L} et k=2,5×10−3 s−1k=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}.

Approfondissement pour la question e) : le programme de Terminale ne connaît que la loi de vitesse d'ordre 1 ; l'ordre 0 n'y figure pas.

  • a) Écrivez l'équation différentielle vérifiée par [A][A].
  • b) Vérifiez que [A]=[A]0 e−kt[A]=[A]_{0}\,\mathrm{e}^{-kt} en est solution et qu'elle respecte la condition initiale.
  • c) Quelle est l'unité de kk pour un ordre 1 ? Justifiez par analyse dimensionnelle.
  • d) Calculez la vitesse à t=0t=0, puis à t=t1/2t=t_{1/2}. Quel rapport les lie ?
  • e) Pour un ordre 0, la loi serait v=kv=k. Quelle serait alors l'unité de kk, et comment la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) se distinguerait-elle ?

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Réponses

  • a) d[A]dt=−k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A]
  • b) Solution vérifiée, [A](0)=[A]0[A](0)=[A]_{0}
  • c) kk en s⁻¹
  • d) 2,5×10−42{,}5\times 10^{-4} puis 1,25×10−41{,}25\times 10^{-4} : rapport 22
  • e) kk en mol·L⁻¹·s⁻¹ ; droite

a) Par définition v=−d[A]dtv=-\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t} et v=k[A]v=k[A], donc d[A]dt=−k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A].

b) En dérivant [A]=[A]0e−kt[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt} : d[A]dt=−k[A]0e−kt=−k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}=-k[A], ce qui est bien l'équation différentielle. Et en t=0t=0, [A]=[A]0e0=[A]0[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{0}=[A]_{0} : la condition initiale est respectée.

c) La vitesse s'exprime en mol⋅L−1⋅s−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}} et la concentration en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}}. De k=v[A]k=\dfrac{v}{[A]} il vient que kk s'exprime en s−1\mathrm{s^{-1}} : c'est l'inverse d'un temps, ce qui est cohérent avec t1/2=ln⁡2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}.

d) À t=0t=0 : v0=k[A]0=2,5×10−3×0,100=2,5×10−4 mol⋅L−1⋅s−1v_{0}=k[A]_{0}=2{,}5\times 10^{-3}\times 0{,}100=2{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. À t1/2t_{1/2}, la concentration a été divisée par deux, donc la vitesse aussi : v=1,25×10−4 mol⋅L−1⋅s−1v=1{,}25\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Le rapport vaut exactement 2, ce qui découle immédiatement de la proportionnalité entre vitesse et concentration.

e) Pour un ordre 0, kk aurait la dimension d'une vitesse, donc s'exprimerait en mol⋅L−1⋅s−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. La courbe serait alors une DROITE décroissante, puisque la vitesse, donc la pente, serait constante jusqu'à épuisement du réactif. C'est une différence visuelle immédiate : une exponentielle qui s'aplatit indéfiniment pour l'ordre 1, une droite qui s'arrête net pour l'ordre 0.

Exercice 5 : Lire une courbe de disparition

Le graphique donne la concentration d'un réactif AA en fonction du temps, pour la réaction d'ordre 1 étudiée précédemment. Les concentrations sont en millimoles par litre.

2004006008001000120020406080100120[A] (mmol/L)t1/22 t1/23 t1/2t (s)
  • a) Lisez la concentration initiale et vérifiez qu'elle correspond bien à 0,100 mol/L0{,}100\ \mathrm{mol/L}.
  • b) Déterminez graphiquement le temps de demi-réaction.
  • c) Lisez les temps auxquels la concentration vaut 2525 puis 12,5 mmol/L12{,}5\ \mathrm{mmol/L}. Que remarquez-vous sur les intervalles successifs ?
  • d) Déduisez de la question b) la valeur de la constante de vitesse.
  • e) La courbe atteint-elle l'axe des abscisses ? Que cela signifie-t-il physiquement, et quelle convention pratique adopte-t-on ?

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Réponses

  • a) 100100 mmol/L =0,100=0{,}100 mol/L
  • b) t1/2≈277t_{1/2}\approx 277 s
  • c) 555555 s et 832832 s : intervalles égaux
  • d) k=2,5×10−3k=2{,}5\times 10^{-3} s⁻¹
  • e) Non ; fin conventionnelle vers 77 à 10 t1/210\,t_{1/2}

a) La courbe part de 100 mmol/L100\ \mathrm{mmol/L}, soit 100×10−3=0,100 mol/L100\times 10^{-3}=0{,}100\ \mathrm{mol/L} : la lecture est cohérente avec l'énoncé.

b) La demi-concentration vaut 50 mmol/L50\ \mathrm{mmol/L}. Les pointillés du graphique donnent l'abscisse correspondante : t1/2≈2,8×102 st_{1/2}\approx 2{,}8\times 10^{2}\ \mathrm{s}, soit environ 277 s277\ \mathrm{s}.

c) On lit environ 555 s555\ \mathrm{s} pour 25 mmol/L25\ \mathrm{mmol/L} et environ 832 s832\ \mathrm{s} pour 12,5 mmol/L12{,}5\ \mathrm{mmol/L}. Les intervalles successifs valent 277277, 278278 puis 277 s277\ \mathrm{s} : ils sont ÉGAUX. Chaque division par deux prend la même durée, ce qui est la signature graphique d'une cinétique d'ordre 1.

d) De t1/2=ln⁡2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k} on tire k=ln⁡2t1/2=0,693277=2,5×10−3 s−1k=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{277}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}, ce qui confirme la valeur annoncée.

e) Non, la courbe ne l'atteint jamais : une exponentielle décroissante tend vers zéro sans jamais s'annuler. Physiquement, cela signifie qu'il reste toujours, en théorie, une trace du réactif. En pratique la transformation est considérée comme terminée au bout de quelques temps de demi-réaction : après 7 t1/27\,t_{1/2} il reste moins de un pour cent du réactif, ce qui est en général sous le seuil de détection. La convention usuelle retient environ 77 à 10 t1/210\ t_{1/2}.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Suivre une décomposition par le gaz dégagé

On décompose 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution d'eau oxygénée à 0,100 mol/L0{,}100\ \mathrm{mol/L} selon 2 H2O2⟶2 H2O+O2\mathrm{2\,H_{2}O_{2}\longrightarrow 2\,H_{2}O+O_{2}}, en présence d'un catalyseur. On recueille le dioxygène formé et on mesure son volume au cours du temps.

Le volume molaire dans les conditions de l'expérience vaut Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}.

  • a) Calculez la quantité initiale de peroxyde d'hydrogène.
  • b) Déterminez le volume de dioxygène recueilli lorsque la transformation est totale.
  • c) Quel volume de gaz correspond au temps de demi-réaction ? Justifiez.
  • d) On mesure ce volume au bout de 277 s277\ \mathrm{s}. Déduisez-en la constante de vitesse, en supposant l'ordre 1.
  • e) Pourquoi le suivi par le volume de gaz est-il particulièrement commode ici ? Citez une limite de la méthode.
  • f) Décrivez l'allure de la courbe V=f(t)V=f(t) et dites à quelle grandeur correspond son asymptote horizontale. Au bout de combien de temps les trois quarts du gaz sont-ils dégagés ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n0=1,00×10−2n_{0}=1{,}00\times 10^{-2} mol
  • b) V∞=120V_{\infty}=120 mL
  • c) 6060 mL
  • d) k=2,5×10−3k=2{,}5\times 10^{-3} s⁻¹
  • e) Continu, non destructif ; gaz peu soluble, TT et pp constantes
  • f) Asymptote 120120 mL ; 555555 s =2 t1/2=2\,t_{1/2}

a) n0=cV=0,100×0,1000=1,00×10−2 moln_{0}=cV=0{,}100\times 0{,}1000=1{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

b) D'après l'équation, deux moles de peroxyde donnent une mole de dioxygène, donc n(O2)=1,00×10−22=5,00×10−3 moln\left(\mathrm{O_{2}}\right)=\dfrac{1{,}00\times 10^{-2}}{2}=5{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. Le volume vaut V=5,00×10−3×24,0=0,120 LV=5{,}00\times 10^{-3}\times 24{,}0=0{,}120\ \mathrm{L}, soit 120 mL120\ \mathrm{mL}.

c) Au temps de demi-réaction, la moitié du réactif a été consommée, donc la moitié du gaz final a été produite : 60 mL60\ \mathrm{mL}. Le volume de gaz est proportionnel à l'avancement, ce qui rend la lecture immédiate.

d) Si t1/2=277 st_{1/2}=277\ \mathrm{s}, alors k=ln⁡2t1/2=0,693277=2,5×10−3 s−1k=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{277}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}.

e) Parce que le dioxygène est le seul produit gazeux et qu'il quitte le milieu réactionnel : sa mesure est directe, continue, et surtout NON DESTRUCTIVE, contrairement à un titrage qui exigerait de prélever et de bloquer la réaction dans chaque échantillon. La limite principale est que le gaz doit être suffisamment peu soluble dans la solution, faute de quoi une partie resterait dissoute et le volume mesuré sous-estimerait l'avancement. Il faut aussi que la température et la pression restent constantes pendant toute la durée du suivi, sans quoi VmV_{m} change en cours de route.

f) La courbe est CROISSANTE et concave : elle monte vite au début, quand le réactif est abondant, puis de plus en plus lentement, et elle s'aplatit sans jamais couper son asymptote horizontale. Cette asymptote est à V∞=120 mLV_{\infty}=120\ \mathrm{mL}, le volume de dioxygène correspondant à la transformation TOTALE, calculé en b). C'est l'image en miroir de la courbe de disparition de l'exercice 5 : à chaque instant, V(t)=V∞(1−e−kt)V(t)=V_{\infty}\left(1-\mathrm{e}^{-kt}\right), donc le gaz manquant est exactement proportionnel au réactif restant. Pour les trois quarts du gaz, on écrit 1−e−kt=0,751-\mathrm{e}^{-kt}=0{,}75, soit e−kt=0,25\mathrm{e}^{-kt}=0{,}25 et t=ln⁡4k=1,3862,5×10−3≈555 st=\dfrac{\ln 4}{k}=\dfrac{1{,}386}{2{,}5\times 10^{-3}}\approx 555\ \mathrm{s}. Ce résultat mérite d'être vu autrement : ln⁡4=2ln⁡2\ln 4=2\ln 2, donc ce temps vaut exactement 2 t1/22\,t_{1/2}. Après une demi-vie il manque la moitié du gaz, après deux demi-vies le quart, après trois le huitième. Le raisonnement en demi-vies successives, valable sur la disparition du réactif, se transporte donc tel quel sur l'apparition du produit, à condition de compter ce qui MANQUE et non ce qui est déjà là.

2004006008001000120020406080100120140t (s)V(O2) (mL)asymptote : 120 mLt1/22 t1/2

Exercice 7 : Vérifier un ordre 1 par linéarisation

Pour tester l'hypothèse d'un ordre 1, on porte ln⁡[A]\ln[A] en fonction du temps. Le tableau donne trois mesures.

Les concentrations sont en mol/L\mathrm{mol/L}.

Approfondissement pour la question e) : les ordres 0 et 2 ne sont pas au programme de Terminale, qui demande seulement de reconnaître si une évolution suit ou non une loi d'ordre 1.

t (s)0300600
[A]0,1000,04720,0223
  • a) Montrez que si [A]=[A]0e−kt[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}, alors ln⁡[A]\ln[A] est une fonction affine du temps. Précisez son coefficient directeur.
  • b) Calculez ln⁡[A]\ln[A] pour les trois mesures.
  • c) Vérifiez l'alignement des trois points en comparant les coefficients directeurs des deux segments.
  • d) Déduisez-en la constante de vitesse et le temps de demi-réaction.
  • e) Que constaterait-on sur ce graphique si la réaction était en réalité d'ordre 0 ? Et d'ordre 2 ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ln⁡[A]=ln⁡[A]0−kt\ln[A]=\ln[A]_{0}-kt : pente −k-k
  • b) −2,303-2{,}303 ; −3,053-3{,}053 ; −3,803-3{,}803
  • c) Deux pentes de −2,50×10−3-2{,}50\times 10^{-3} : alignés
  • d) k=2,50×10−3k=2{,}50\times 10^{-3} s⁻¹, t1/2=277t_{1/2}=277 s
  • e) Courbe incurvée dans les deux cas

a) En prenant le logarithme népérien : ln⁡[A]=ln⁡([A]0e−kt)=ln⁡[A]0−kt\ln[A]=\ln\left([A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}\right)=\ln[A]_{0}-kt. C'est bien une fonction affine du temps, d'ordonnée à l'origine ln⁡[A]0\ln[A]_{0} et de coefficient directeur −k-k.

b) ln⁡(0,100)=−2,303\ln\left(0{,}100\right)=-2{,}303 ; ln⁡(0,0472)=−3,053\ln\left(0{,}0472\right)=-3{,}053 ; ln⁡(0,0223)=−3,803\ln\left(0{,}0223\right)=-3{,}803.

c) Premier segment : −3,053−(−2,303)300−0=−0,750300=−2,50×10−3\dfrac{-3{,}053-\left(-2{,}303\right)}{300-0}=\dfrac{-0{,}750}{300}=-2{,}50\times 10^{-3}. Second segment : −3,803−(−3,053)600−300=−0,750300=−2,50×10−3\dfrac{-3{,}803-\left(-3{,}053\right)}{600-300}=\dfrac{-0{,}750}{300}=-2{,}50\times 10^{-3}. Les deux coefficients sont identiques : les points sont alignés, l'hypothèse d'ordre 1 est validée.

d) Le coefficient directeur vaut −k-k, donc k=2,50×10−3 s−1k=2{,}50\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}. Alors t1/2=ln⁡2k=0,6932,50×10−3=277 st_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}=\dfrac{0{,}693}{2{,}50\times 10^{-3}}=277\ \mathrm{s}.

e) Pour un ordre 0, c'est [A][A] lui-même qui serait affine du temps, donc ln⁡[A]\ln[A] serait une courbe INCURVÉE vers le bas, de plus en plus raide, et non une droite. Pour un ordre 2, c'est 1[A]\dfrac{1}{[A]} qui serait affine du temps, et ln⁡[A]\ln[A] s'incurverait également. La méthode consiste donc à essayer les trois linéarisations et à retenir celle qui donne une droite : c'est une façon de déterminer l'ordre expérimentalement, sans le supposer.

La figure du corrigé met les deux hypothèses côte à côte dans les MÊMES coordonnées, et c'est ce qui rend la méthode concluante. En trait plein, l'ordre 1 : les trois points mesurés tombent sur une droite de pente −k=−2,50×10−3 s−1-k=-2{,}50\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}} et d'ordonnée à l'origine ln⁡[A]0=−2,303\ln[A]_{0}=-2{,}303. En pointillé, ce qu'aurait donné un ordre 0, c'est-à-dire une disparition à vitesse CONSTANTE ajustée pour avoir la même demi-vie : la courbe part du même point, reste d'abord très proche de la droite, puis s'incurve brutalement vers le bas et plonge vers −∞-\infty quand le réactif s'épuise, puisque ln⁡\ln d'une quantité qui atteint zéro n'est pas défini. On retient deux choses. D'abord, deux ou trois points rapprochés ne permettent PAS de trancher, les deux modèles y étant presque confondus : il faut mesurer sur au moins deux ou trois demi-vies. Ensuite, l'ordre se lit sur la forme et non sur la qualité de l'ajustement d'un seul modèle, ce qui est la raison d'être de la linéarisation : elle transforme une question de forme de courbe, difficile à juger à l'œil, en une question d'alignement, que l'œil tranche très bien.

100200300400500600700800-5-4,5-4-3,5-3-2,5-2t (s)ln [A]ordre 1 : une droiteordre 0 : elle s'incurve

Exercice 8 : L'effet de la température

Une règle empirique très utilisée énonce que la vitesse d'une transformation double environ à chaque élévation de dix degrés de la température.

Une réaction demande 40 min40\ \mathrm{min} pour être considérée comme achevée à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}.

  • a) Combien de paliers de dix degrés séparent 2020 de 50 ∘C50\ \mathrm{^{\circ}C} ? Par quel facteur la vitesse est-elle multipliée ?
  • b) Estimez la durée de la transformation à 50 ∘C50\ \mathrm{^{\circ}C}.
  • c) Expliquez, à l'échelle microscopique, pourquoi une hausse modérée de température a un effet aussi marqué.
  • d) On refroidit brutalement un prélèvement dans un bain de glace pour l'analyser. Comment s'appelle cette opération et à quoi sert-elle ?
  • e) La température modifie-t-elle l'état final de la transformation ? Distinguez soigneusement les deux effets possibles.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Trois paliers : ×8\times 8
  • b) 5,05{,}0 min
  • c) Proportion de chocs efficaces
  • d) Trempe : figer la composition
  • e) Toujours la vitesse ; l'état final seulement si limitée

a) De 2020 à 50 ∘C50\ \mathrm{^{\circ}C}, il y a 3030 degrés d'écart, soit TROIS paliers de dix degrés. La vitesse est donc multipliée par 23=82^{3}=8.

b) La durée est divisée par le même facteur : 408=5,0 min\dfrac{40}{8}=5{,}0\ \mathrm{min}. Une réaction qui prenait plus d'une demi-heure se règle en cinq minutes, ce qui explique l'usage systématique du chauffage à reflux en synthèse.

c) Parce qu'un choc entre entités n'est efficace que s'il apporte au moins l'énergie d'activation. Or la distribution des énergies des entités est telle que la PROPORTION de celles qui dépassent ce seuil croît de façon exponentielle avec la température. Une hausse modeste de la température moyenne déplace donc énormément le nombre de chocs efficaces. L'augmentation de la fréquence des chocs, elle, ne varie que comme la racine de la température absolue : elle est très secondaire.

d) C'est une TREMPE, ou blocage cinétique. En refroidissant brutalement, on rend la vitesse pratiquement nulle, ce qui fige la composition du prélèvement au moment du prélèvement. On peut alors prendre tout son temps pour l'analyser, par exemple par titrage, sans que la réaction continue pendant la manipulation et fausse le résultat. La dilution brutale produit le même effet, en agissant sur l'autre facteur cinétique.

e) Il faut distinguer deux choses. La température est un facteur CINÉTIQUE : elle change toujours la vitesse. Mais elle peut aussi, pour une transformation limitée, modifier la CONSTANTE D'ÉQUILIBRE, donc l'état final lui-même. Ce sont deux effets indépendants : chauffer accélère toujours, mais ne déplace l'équilibre que si la réaction met en jeu un échange thermique, et le sens du déplacement dépend alors du caractère endothermique ou exothermique. Pour une transformation totale, en revanche, l'état final ne dépend pas de la température : seule la durée pour l'atteindre change.

La figure du corrigé porte les deux courbes de disparition dans les mêmes axes, avec la fraction de réactif restant en ordonnée. Elle rend visibles les deux idées du chapitre, et il faut les distinguer soigneusement. Premièrement, la TEMPÉRATURE change la vitesse : à 50 ∘C50\ \mathrm{^{\circ}C} le temps de demi-réaction tombe à 0,75 min0{,}75\ \mathrm{min} contre 6,0 min6{,}0\ \mathrm{min} à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}, soit un rapport de 88 ✓, exactement le facteur trouvé en a) par la règle des dix degrés. Deuxièmement, elle ne change PAS l'état final : les deux courbes tendent vers la même valeur, ici zéro puisque la transformation est totale, et la courbe à 50 ∘C50\ \mathrm{^{\circ}C} n'aboutit nulle part ailleurs que la courbe à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}, elle y arrive seulement huit fois plus tôt. Un élève qui répond « à chaud on obtient plus de produit » confond ces deux plans. La nuance à retenir, et c'est ce que demande la question e) : la température ne déplace l'état final que si la transformation est LIMITÉE, c'est-à-dire réversible, car alors elle modifie la constante d'équilibre elle-même. Pour une transformation totale comme celle-ci, elle ne joue que sur la durée du trajet, jamais sur la destination.

24681012141618200,20,40,60,811,2[A]/[A]020 °C : t1/2 = 6,0 min50 °C : t1/2 = 0,75 mint (min)

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Un catalyseur augmente le rendement d'une transformation. »
  • b) « Le temps de demi-réaction est toujours indépendant de la concentration initiale. »
  • c) « Une transformation dont le temps de demi-réaction vaut 277 secondes est totalement terminée au bout de 554 secondes. »
  • d) « La vitesse d'une transformation est constante puisque la constante de vitesse est une constante. »

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Faux : il n'agit que sur la vitesse
  • b) Faux : ordre 1 seulement
  • c) Faux : il reste le quart
  • d) Faux : v=k[A]v=k[A] diminue

a) Faux. Un catalyseur agit exclusivement sur la CINÉTIQUE : il ouvre un chemin réactionnel d'énergie d'activation plus faible, ce qui accélère la transformation. Il ne modifie ni le taux d'avancement final, ni la constante d'équilibre, donc pas le rendement. Il accélère d'ailleurs autant la réaction inverse que la réaction directe, ce qui est précisément la raison pour laquelle l'équilibre reste inchangé. Pour améliorer un rendement, il faut agir sur les quantités, par un excès de réactif ou l'élimination d'un produit.

b) Faux, c'est vrai UNIQUEMENT pour l'ordre 1. La démonstration de l'exercice 2 repose entièrement sur la simplification de la concentration dans Ce−kΔt=C2C\mathrm{e}^{-k\Delta t}=\dfrac{C}{2}, ce qui n'est possible que pour cette loi. Pour un ordre 0, chaque demi-vie successive est deux fois plus courte que la précédente ; pour un ordre 2, elle est deux fois plus longue. C'est justement cette indépendance qui sert de TEST pour reconnaître un ordre 1, et un test n'aurait aucun intérêt s'il était toujours vérifié.

c) Faux. Au bout de 2 t1/22\,t_{1/2}, il reste le QUART du réactif, et non rien : chaque demi-vie divise par deux, donc deux demi-vies divisent par quatre. L'exercice 5 le montre sur le graphique, où la concentration vaut encore 25 mmol/L25\ \mathrm{mmol/L} à 555 s555\ \mathrm{s}. Une exponentielle décroissante ne s'annule d'ailleurs jamais : elle tend vers zéro sans l'atteindre, et l'on considère conventionnellement la transformation achevée au bout de sept à dix temps de demi-réaction, soit ici plus d'une demi-heure.

d) Faux, et cela confond deux grandeurs différentes. La constante de vitesse kk est effectivement constante à température donnée, mais la vitesse vaut v=k[A]v=k[A] : elle est proportionnelle à une concentration qui, elle, DIMINUE au cours du temps. L'exercice 4 le chiffre : la vitesse passe de 2,5×10−42{,}5\times 10^{-4} à 1,25×10−4 mol⋅L−1⋅s−11{,}25\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}} entre l'instant initial et le temps de demi-réaction. C'est d'ailleurs pourquoi toutes les courbes de concentration s'aplatissent progressivement.

Exercice 10 : Doser au bon moment : la trempe

On veut suivre par titrage la disparition d'un réactif au cours d'une transformation lente. Toutes les cinq minutes, on prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} du mélange réactionnel que l'on verse aussitôt dans un bécher contenant de l'eau glacée, avant de titrer.

On reprend la cinétique d'ordre 1 précédente, avec k=2,5×10−3 s−1k=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}} et [A]0=0,100 mol/L[A]_{0}=0{,}100\ \mathrm{mol/L}.

  • a) Expliquez les deux raisons pour lesquelles l'eau glacée bloque la réaction.
  • b) Calculez la concentration attendue dans le prélèvement effectué à t=5,0 mint=5{,}0\ \mathrm{min}.
  • c) Que vaudrait la concentration mesurée si l'expérimentateur mettait 2,0 min2{,}0\ \mathrm{min} à réaliser son titrage SANS avoir fait de trempe ? Calculez l'erreur relative commise.
  • d) Combien de temps faudrait-il attendre pour que la concentration tombe sous 1,0×10−3 mol/L1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} ?
  • e) Proposez une méthode de suivi qui rendrait la trempe inutile, et expliquez pourquoi.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Température abaissée et dilution
  • b) 4,72×10−24{,}72\times 10^{-2} mol/L
  • c) 3,50×10−23{,}50\times 10^{-2} mol/L : erreur 2626 %
  • d) ≈1,84×103\approx 1{,}84\times 10^{3} s ≈31\approx 31 min
  • e) Suivi physique continu

a) Deux facteurs cinétiques sont abaissés d'un coup. D'abord la TEMPÉRATURE, qui chute brutalement, ce qui réduit très fortement la proportion de chocs efficaces. Ensuite la CONCENTRATION, puisque le prélèvement est dilué dans le volume d'eau ajouté, ce qui espace les chocs. La combinaison rend la vitesse pratiquement nulle, et la composition est figée le temps du titrage.

b) t=5,0 min=300 st=5{,}0\ \mathrm{min}=300\ \mathrm{s}, donc [A]=0,100×e−2,5×10−3×300=0,100×e−0,75=4,72×10−2 mol/L[A]=0{,}100\times\mathrm{e}^{-2{,}5\times 10^{-3}\times 300}=0{,}100\times\mathrm{e}^{-0{,}75}=4{,}72\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

c) Sans trempe, la réaction continuerait pendant les 120 s120\ \mathrm{s} du titrage, et la concentration titrée correspondrait en réalité à t=420 st=420\ \mathrm{s} : [A]=0,100×e−1,05=3,50×10−2 mol/L[A]=0{,}100\times\mathrm{e}^{-1{,}05}=3{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. L'erreur relative vaut 4,72−3,504,72=26\dfrac{4{,}72-3{,}50}{4{,}72}=26 pour cent, ce qui est considérable et ruinerait complètement la détermination de kk.

d) On résout 0,100 e−kt=1,0×10−30{,}100\,\mathrm{e}^{-kt}=1{,}0\times 10^{-3}, soit e−kt=0,010\mathrm{e}^{-kt}=0{,}010 et t=ln⁡100k=4,6052,5×10−3=1,84×103 st=\dfrac{\ln 100}{k}=\dfrac{4{,}605}{2{,}5\times 10^{-3}}=1{,}84\times 10^{3}\ \mathrm{s}, soit environ 31 min31\ \mathrm{min}. On remarque que cela correspond à un peu plus de 6,6 t1/26{,}6\ t_{1/2}, cohérent avec la convention des sept demi-vies.

e) Toute méthode de suivi PHYSIQUE et continue, comme la spectrophotométrie si une espèce est colorée, la conductimétrie si des ions apparaissent ou disparaissent, ou la mesure du volume gazeux dégagé comme à l'exercice 6. Ces méthodes mesurent une grandeur directement dans le milieu, sans prélever ni détruire l'échantillon : la réaction n'a pas besoin d'être bloquée puisqu'on la regarde en temps réel. Le titrage, lui, est une méthode chimique destructive qui prend du temps, d'où la nécessité de la trempe.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Vitesses de disparition et d'apparition

En phase gazeuse, à volume constant, le pentaoxyde de diazote se décompose selon 2 N2O5⟶4 NO2+O2\mathrm{2\,N_{2}O_{5}\longrightarrow 4\,NO_{2}+O_{2}}. À un instant donné, la vitesse volumique de disparition de N2O5\mathrm{N_{2}O_{5}} vaut 3,0×10−5 mol⋅L−1⋅s−13{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}.

La vitesse volumique d'apparition d'un produit PP est vP=d[P]dtv_{P}=\dfrac{\mathrm{d}[P]}{\mathrm{d}t}.

Hors programme pour la question d) : le programme de Terminale écarte en toutes lettres la « vitesse de réaction », dérivée de l'avancement, et ne travaille qu'avec les vitesses volumiques de disparition d'un réactif et d'apparition d'un produit, celles des questions a), b), c) et e).

  • a) À l'aide de l'équation, calculez la vitesse d'apparition de NO2\mathrm{NO_{2}} au même instant.
  • b) Calculez la vitesse d'apparition de O2\mathrm{O_{2}}.
  • c) En supposant ces vitesses constantes pendant 100 s100\ \mathrm{s}, de combien la concentration en NO2\mathrm{NO_{2}} augmente-t-elle ?
  • d) Pourquoi définit-on la vitesse de réaction en divisant chaque vitesse par le nombre stœchiométrique de l'espèce ? Que vaut-elle ici ?
  • e) Le réacteur a un volume de 2,0 L2{,}0\ \mathrm{L}. Quelle quantité de dioxygène se forme pendant ces 100 s100\ \mathrm{s} ?

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Réponses

  • a) 6,0×10−56{,}0\times 10^{-5} mol·L⁻¹·s⁻¹
  • b) 1,5×10−51{,}5\times 10^{-5} mol·L⁻¹·s⁻¹
  • c) 6,0×10−36{,}0\times 10^{-3} mol/L
  • d) Grandeur unique : 1,5×10−51{,}5\times 10^{-5} mol·L⁻¹·s⁻¹
  • e) 3,0×10−33{,}0\times 10^{-3} mol

a) Quand 2 mol2\ \mathrm{mol} de N2O5\mathrm{N_{2}O_{5}} disparaissent, 4 mol4\ \mathrm{mol} de NO2\mathrm{NO_{2}} apparaissent : vNO2=42×3,0×10−5=6,0×10−5 mol⋅L−1⋅s−1v_{\mathrm{NO_{2}}}=\dfrac{4}{2}\times 3{,}0\times 10^{-5}=6{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Le dioxyde d'azote apparaît deux fois plus vite que le réactif ne disparaît.

b) vO2=12×3,0×10−5=1,5×10−5 mol⋅L−1⋅s−1v_{\mathrm{O_{2}}}=\dfrac{1}{2}\times 3{,}0\times 10^{-5}=1{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Écrire vO2=2×3,0×10−5v_{\mathrm{O_{2}}}=2\times 3{,}0\times 10^{-5} en multipliant par le rapport inversé est l'erreur classique.

c) Δ[NO2]=6,0×10−5×100=6,0×10−3 mol/L\Delta[\mathrm{NO_{2}}]=6{,}0\times 10^{-5}\times 100=6{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. En réalité la vitesse diminue pendant ces 100 s100\ \mathrm{s}, et ce résultat est une majoration.

d) Les vitesses de disparition et d'apparition dépendent de l'espèce choisie : il y en a trois différentes pour une seule transformation. En les divisant par les nombres stœchiométriques, on obtient une grandeur unique, la même pour toutes les espèces : v=12×3,0×10−5=14×6,0×10−5=11×1,5×10−5=1,5×10−5 mol⋅L−1⋅s−1v=\dfrac{1}{2}\times 3{,}0\times 10^{-5}=\dfrac{1}{4}\times 6{,}0\times 10^{-5}=\dfrac{1}{1}\times 1{,}5\times 10^{-5}=1{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}.

e) Δ[O2]=1,5×10−5×100=1,5×10−3 mol/L\Delta[\mathrm{O_{2}}]=1{,}5\times 10^{-5}\times 100=1{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, donc n=1,5×10−3×2,0=3,0×10−3 moln=1{,}5\times 10^{-3}\times 2{,}0=3{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. La vitesse volumique est une vitesse PAR LITRE : il faut multiplier par le volume pour obtenir une quantité de matière.

Exercice 12 : Suivre une réaction par spectrophotométrie

On mélange de l'eau oxygénée et une solution d'iodure de potassium acidifiée, en excès. La transformation H2O2+2 I−+2 H+⟶I2+2 H2O\mathrm{H_{2}O_{2}+2\,I^{-}+2\,H^{+}\longrightarrow I_{2}+2\,H_{2}O} forme du diiode, seule espèce colorée du milieu. Dans la cuve, la concentration initiale en eau oxygénée vaut 2,0×10−3 mol/L2{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

À la longueur d'onde choisie, l'absorbance suit la loi de Beer-Lambert A=k[I2]A=k[\mathrm{I_{2}}] avec k=250 L/molk=250\ \mathrm{L/mol}.

  • a) Quelle est la concentration finale en diiode ? Déduisez-en l'absorbance finale A∞A_{\infty}.
  • b) À t=120 st=120\ \mathrm{s}, l'absorbance vaut 0,300{,}30. Calculez la concentration en diiode à cet instant.
  • c) Déduisez-en la concentration en eau oxygénée restante, et le pourcentage déjà consommé.
  • d) Quelle absorbance repère le temps de demi-réaction ?
  • e) Comment choisit-on la longueur d'onde de travail ?

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  • a) 2,0×10−32{,}0\times 10^{-3} mol/L ; A∞=0,50A_{\infty}=0{,}50
  • b) 1,2×10−31{,}2\times 10^{-3} mol/L
  • c) 8,0×10−48{,}0\times 10^{-4} mol/L restants ; 6060 % consommés
  • d) A=A∞2=0,25A=\dfrac{A_{\infty}}{2}=0{,}25
  • e) Au maximum d'absorbance du diiode

a) Les ions iodure étant en excès, l'eau oxygénée est limitante. Une mole de H2O2\mathrm{H_{2}O_{2}} donne une mole de I2\mathrm{I_{2}}, donc [I2]∞=2,0×10−3 mol/L[\mathrm{I_{2}}]_{\infty}=2{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et A∞=250×2,0×10−3=0,50A_{\infty}=250\times 2{,}0\times 10^{-3}=0{,}50.

b) [I2]=Ak=0,30250=1,2×10−3 mol/L[\mathrm{I_{2}}]=\dfrac{A}{k}=\dfrac{0{,}30}{250}=1{,}2\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

c) Par la stœchiométrie 1 pour 1, il s'est consommé 1,2×10−3 mol/L1{,}2\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} d'eau oxygénée : il en reste 2,0×10−3−1,2×10−3=8,0×10−4 mol/L2{,}0\times 10^{-3}-1{,}2\times 10^{-3}=8{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}. La consommation atteint 1,22,0=60 %\dfrac{1{,}2}{2{,}0}=60\ \%.

d) Au temps de demi-réaction, l'avancement vaut la moitié de sa valeur finale, donc [I2][\mathrm{I_{2}}] aussi, et l'absorbance, proportionnelle, vaut A∞2=0,25\dfrac{A_{\infty}}{2}=0{,}25. Ici t1/2t_{1/2} est donc inférieur à 120 s120\ \mathrm{s}, puisque A=0,30A=0{,}30 est déjà dépassé.

e) On trace le spectre d'absorption du diiode et l'on se place au MAXIMUM d'absorbance, vers 450 nm450\ \mathrm{nm} pour une solution jaune-brun. C'est là que la mesure est la plus sensible et la moins affectée par une petite erreur de réglage de la longueur d'onde. Les autres espèces, incolores, n'absorbent pas et ne perturbent pas la mesure.

Exercice 13 : Catalyseur ou intermédiaire réactionnel ?

La décomposition de l'eau oxygénée est catalysée par les ions iodure. On propose le mécanisme en deux étapes suivant :

étape 1 : H2O2+I−⟶H2O+IO−\mathrm{H_{2}O_{2}+I^{-}\longrightarrow H_{2}O+IO^{-}} ;

étape 2 : H2O2+IO−⟶H2O+O2+I−\mathrm{H_{2}O_{2}+IO^{-}\longrightarrow H_{2}O+O_{2}+I^{-}}.

Approfondissement pour la question d) : la notion d'étape qui impose sa vitesse à toute la transformation, l'étape cinétiquement déterminante, n'est pas au programme de Terminale. Repérer le catalyseur et l'intermédiaire, questions b) et c), y est en revanche exigible.

  • a) Écrivez l'équation bilan de la transformation.
  • b) Quel est le rôle des ions iodure ? Justifiez.
  • c) Quel est le rôle des ions hypoiodite IO−\mathrm{IO^{-}} ? Justifiez.
  • d) L'étape 1 est beaucoup plus lente que l'étape 2. Laquelle impose la vitesse globale ?
  • e) On introduit 1,0×10−3 mol1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} d'ions iodure. Quelle quantité en reste-t-il quand la décomposition est terminée ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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  • a) 2 H2O2⟶2 H2O+O2\mathrm{2\,H_{2}O_{2}\longrightarrow 2\,H_{2}O+O_{2}}
  • b) I−\mathrm{I^{-}} : catalyseur
  • c) IO−\mathrm{IO^{-}} : intermédiaire réactionnel
  • d) L'étape 1, la plus lente
  • e) 1,0×10−31{,}0\times 10^{-3} mol

a) On additionne les deux étapes et on élimine ce qui apparaît des deux côtés, I−\mathrm{I^{-}} et IO−\mathrm{IO^{-}} : 2 H2O2⟶2 H2O+O2\mathrm{2\,H_{2}O_{2}\longrightarrow 2\,H_{2}O+O_{2}}. Les ions iodure n'apparaissent pas dans le bilan.

b) I−\mathrm{I^{-}} est consommé à l'étape 1 puis RÉGÉNÉRÉ à l'étape 2 : présent au début et à la fin, absent du bilan, il est un CATALYSEUR. Il ouvre un chemin plus rapide sans être consommé globalement.

c) IO−\mathrm{IO^{-}} est FORMÉ à l'étape 1 puis consommé à l'étape 2 : absent au début et à la fin, il est un INTERMÉDIAIRE RÉACTIONNEL. On distingue les deux par l'ordre d'apparition : le catalyseur est consommé d'abord, l'intermédiaire est formé d'abord.

d) L'étape la plus LENTE, l'étape 1 : une chaîne ne va pas plus vite que son maillon le plus lent. Tout IO−\mathrm{IO^{-}} formé est aussitôt consommé par l'étape 2, qui attend l'étape 1. On l'appelle l'étape cinétiquement déterminante.

e) 1,0×10−3 mol1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} : un catalyseur est intégralement régénéré. C'est pourquoi une petite quantité suffit à décomposer beaucoup d'eau oxygénée, chaque ion iodure effectuant le cycle un très grand nombre de fois.

Exercice 14 : La décoloration d'un colorant par l'eau de Javel

Un colorant alimentaire bleu, noté EE, est décoloré par les ions hypochlorite ClO−\mathrm{ClO^{-}} de l'eau de Javel, selon une réaction de stœchiométrie 1 pour 1. On part de [E]0=1,0×10−5 mol/L[E]_{0}=1{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L} et [ClO−]0=1,0×10−2 mol/L[\mathrm{ClO^{-}}]_{0}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. On suppose la loi de vitesse v=k [E] [ClO−]v=k\,[E]\,[\mathrm{ClO^{-}}].

On suit l'absorbance AA du colorant, proportionnelle à [E][E].

Approfondissement pour les questions a), d) et e) : une loi de vitesse qui dépend de deux réactifs et la notion d'ordre apparent ne sont pas au programme de Terminale. Les questions b) et c), qui reconnaissent un ordre 1 par linéarisation et en tirent le temps de demi-réaction, y sont.

t (min)02468
A0,800,530,360,240,16
  • a) Montrez que [ClO−][\mathrm{ClO^{-}}] reste pratiquement constant, et que la loi de vitesse se ramène à v=kapp[E]v=k_{\mathrm{app}}[E] avec kapp=k[ClO−]0k_{\mathrm{app}}=k[\mathrm{ClO^{-}}]_{0}.
  • b) Calculez ln⁡A\ln A à t=0t=0 et à t=8 mint=8\ \mathrm{min}, puis la pente de la droite ln⁡A=f(t)\ln A=f(t). Déduisez-en kappk_{\mathrm{app}}.
  • c) Calculez le temps de demi-réaction.
  • d) Calculez la constante de vitesse kk et précisez son unité.
  • e) On recommence avec [ClO−]0=2,0×10−2 mol/L[\mathrm{ClO^{-}}]_{0}=2{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. Que deviennent kappk_{\mathrm{app}} et le temps de demi-réaction ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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  • a) 0,10{,}1 % d'hypochlorite consommé : ordre 1 apparent
  • b) Pente −0,20-0{,}20 min⁻¹ : kapp=0,20k_{\mathrm{app}}=0{,}20 min⁻¹
  • c) t1/2≈3,4t_{1/2}\approx 3{,}4 min
  • d) k=20k=20 L·mol⁻¹·min⁻¹
  • e) kapp=0,40k_{\mathrm{app}}=0{,}40 min⁻¹, t1/2≈1,7t_{1/2}\approx 1{,}7 min

a) Même si tout le colorant réagit, il ne consomme que 1,0×10−5 mol/L1{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L} d'hypochlorite, soit 0,1 %0{,}1\ \% de la quantité présente : [ClO−]≈[ClO−]0[\mathrm{ClO^{-}}]\approx[\mathrm{ClO^{-}}]_{0} pendant toute l'expérience. Alors v=k[ClO−]0[E]=kapp[E]v=k[\mathrm{ClO^{-}}]_{0}[E]=k_{\mathrm{app}}[E] : c'est une loi d'ordre 1 apparent. L'excès d'un réactif est une méthode pour isoler l'ordre par rapport à l'autre.

b) ln⁡0,80=−0,223\ln 0{,}80=-0{,}223 et ln⁡0,16=−1,833\ln 0{,}16=-1{,}833. Pente : −1,833−(−0,223)8−0=−0,201 min−1\dfrac{-1{,}833-(-0{,}223)}{8-0}=-0{,}201\ \mathrm{min^{-1}}. Les points intermédiaires (−0,635-0{,}635 ; −1,022-1{,}022 ; −1,427-1{,}427) sont alignés avec eux, l'ordre 1 apparent est confirmé, et kapp=0,20 min−1k_{\mathrm{app}}=0{,}20\ \mathrm{min^{-1}}.

c) t1/2=ln⁡2kapp=0,6930,201=3,4 mint_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k_{\mathrm{app}}}=\dfrac{0{,}693}{0{,}201}=3{,}4\ \mathrm{min}. Le tableau le confirme : AA passe de 0,800{,}80 à 0,400{,}40 entre 22 et 4 min4\ \mathrm{min}.

d) k=kapp[ClO−]0=0,201,0×10−2=20 L⋅mol−1⋅min−1k=\dfrac{k_{\mathrm{app}}}{[\mathrm{ClO^{-}}]_{0}}=\dfrac{0{,}20}{1{,}0\times 10^{-2}}=20\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot min^{-1}}. L'unité se retrouve par v=k[E][ClO−]v=k[E][\mathrm{ClO^{-}}] : des mol⋅L−1⋅min−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}} divisés par des mol2⋅L−2\mathrm{mol^{2}\cdot L^{-2}}.

e) kk ne change pas, mais kapp=20×2,0×10−2=0,40 min−1k_{\mathrm{app}}=20\times 2{,}0\times 10^{-2}=0{,}40\ \mathrm{min^{-1}} double, et le temps de demi-réaction est divisé par deux : 1,7 min1{,}7\ \mathrm{min}. Doubler la concentration de l'hypochlorite accélère la décoloration d'un facteur deux, c'est le signe d'un ordre 1 par rapport à lui.

Exercice 15 : L'élimination de l'alcool : une cinétique d'ordre 0

Après un repas arrosé, l'alcoolémie d'un adulte atteint C0=0,80 g/LC_{0}=0{,}80\ \mathrm{g/L} de sang. Le foie élimine ensuite l'éthanol à vitesse CONSTANTE, v=0,15 g⋅L−1⋅h−1v=0{,}15\ \mathrm{g\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}, tant qu'il en reste : les enzymes du foie travaillent à plein régime, quelle que soit la concentration.

On prend t=0t=0 au moment où l'alcoolémie est maximale.

Approfondissement hors programme : la cinétique d'ordre 0 n'est pas au programme de Terminale, qui s'en tient à l'ordre 1. L'exercice montre justement ce que change l'ordre, et la question e) mesure l'erreur d'un modèle d'ordre 1 appliqué à tort.

  • a) Exprimez C(t)C(t). Quel est l'ordre de cette cinétique, et quelle est l'unité de sa constante de vitesse ?
  • b) Au bout de combien de temps l'alcoolémie redescend-elle sous un seuil de 0,50 g/L0{,}50\ \mathrm{g/L} ?
  • c) Au bout de combien de temps l'éthanol est-il entièrement éliminé ?
  • d) Calculez la durée pour passer de 0,800{,}80 à 0,40 g/L0{,}40\ \mathrm{g/L}, puis de 0,400{,}40 à 0,20 g/L0{,}20\ \mathrm{g/L}. Le temps de demi-réaction a-t-il un sens ici ?
  • e) Un élève modélise à tort l'élimination par un ordre 1 de même vitesse initiale, C=C0 e−k′tC=C_{0}\,e^{-k't} avec k′=vC0k'=\dfrac{v}{C_{0}}. Quelle durée prédit-il pour atteindre 0,20 g/L0{,}20\ \mathrm{g/L}, contre combien en réalité ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C=0,80−0,15tC=0{,}80-0{,}15t : ordre 0, kk en g·L⁻¹·h⁻¹
  • b) 2,02{,}0 h
  • c) 5,35{,}3 h
  • d) 2,72{,}7 h puis 1,31{,}3 h : pas de demi-vie constante
  • e) 7,47{,}4 h prédites contre 4,04{,}0 h

a) dCdt=−v\dfrac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}=-v constant, donc C(t)=C0−vt=0,80−0,15 tC(t)=C_{0}-vt=0{,}80-0{,}15\,t : la concentration décroît LINÉAIREMENT. C'est une cinétique d'ordre 0, dont la constante de vitesse est la vitesse elle-même, en g⋅L−1⋅h−1\mathrm{g\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}.

b) 0,80−0,15 t=0,500{,}80-0{,}15\,t=0{,}50 donne t=0,300,15=2,0 ht=\dfrac{0{,}30}{0{,}15}=2{,}0\ \mathrm{h}.

c) C=0C=0 pour t=0,800,15=5,3 ht=\dfrac{0{,}80}{0{,}15}=5{,}3\ \mathrm{h}, environ 5 h 20 min5\ \mathrm{h}\ 20\ \mathrm{min}. Contrairement à une exponentielle, la droite atteint zéro en un temps fini.

d) De 0,800{,}80 à 0,400{,}40 : 0,400,15=2,7 h\dfrac{0{,}40}{0{,}15}=2{,}7\ \mathrm{h}. De 0,400{,}40 à 0,200{,}20 : 0,200,15=1,3 h\dfrac{0{,}20}{0{,}15}=1{,}3\ \mathrm{h}, deux fois moins. Chaque « demi-vie » est deux fois plus courte que la précédente : le temps de demi-réaction dépend de la concentration de départ et ne caractérise plus la transformation. Il n'a de sens intrinsèque que pour l'ordre 1.

e) k′=0,150,80=0,1875 h−1k'=\dfrac{0{,}15}{0{,}80}=0{,}1875\ \mathrm{h^{-1}} et 0,80 e−k′t=0,200{,}80\,e^{-k't}=0{,}20 donne t=ln⁡40,1875=7,4 ht=\dfrac{\ln 4}{0{,}1875}=7{,}4\ \mathrm{h}. En réalité, t=0,600,15=4,0 ht=\dfrac{0{,}60}{0{,}15}=4{,}0\ \mathrm{h}. L'erreur de modèle presque double la durée : l'ordre d'une cinétique n'est pas un détail, et il se détermine par l'expérience.

Chapitre précédent Mouvement dans un champ uniforme Chapitre suivant Déterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validité

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspc-cinetique. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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