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Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : cinétique chimique et suivi temporel (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la cinétique chimique et le suivi temporel, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Toute la série tourne autour d'une distinction : la cinétique dit en combien de temps, la thermodynamique dit jusqu'où. Un catalyseur accélère sans rien changer à l'état final, et la température accélère toujours mais ne déplace l'équilibre que dans certains cas.

L'exercice 10 est celui qui montre pourquoi la trempe n'est pas un rituel de laboratoire : sans elle, deux minutes de titrage suffisent à fausser la concentration mesurée de 26 pour cent.

Rappel de cours

  • Vitesse volumique de disparition : v=d[A]dtv=-\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}, lue comme l'opposé de la pente de la TANGENTE. Elle décroît au cours du temps.
  • Ordre 1 : d[A]dt=k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A] donne [A]=[A]0ekt[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}, avec kk en s1\mathrm{s^{-1}}.
  • Temps de demi-réaction pour l'ordre 1 : t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}, INDÉPENDANT de la concentration initiale. C'est le test qui reconnaît un ordre 1.
  • Linéarisation : si ln[A]\ln[A] est affine du temps, l'ordre est 1 et la pente vaut k-k. Si c'est [A][A], l'ordre est 0 ; si c'est 1[A]\dfrac{1}{[A]}, l'ordre est 2.
  • Après nn demi-vies il reste 12n\dfrac{1}{2^{n}} du réactif : deux demi-vies laissent le quart, pas rien. On considère la transformation finie vers 7t1/27\,t_{1/2}.
  • Facteurs cinétiques : concentration, température, catalyseur, surface de contact. Ils changent la DURÉE, pas le rendement.
  • Catalyseur : ne figure pas dans le bilan, abaisse l'énergie d'activation, accélère autant la réaction inverse, donc ne déplace jamais l'équilibre.
  • Trempe : refroidissement brutal et dilution, pour figer la composition avant un titrage.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Vitesse volumique de disparition

Pour une transformation en solution de volume constant, la vitesse volumique de disparition d'un réactif AA est v=d[A]dtv=-\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}, exprimée en molL1s1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}.

  • a) Expliquez la présence du signe moins dans cette définition.
  • b) Comment détermine-t-on graphiquement cette vitesse à un instant donné, à partir de la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) ?
  • c) La concentration passe de 0,1000{,}100 à 0,047 mol/L0{,}047\ \mathrm{mol/L} entre t=0t=0 et t=300 st=300\ \mathrm{s}. Calculez la vitesse moyenne de disparition sur cet intervalle.
  • d) La vitesse instantanée à t=0t=0 vaut 2,5×104 molL1s12{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Comparez-la à la vitesse moyenne calculée en c) et expliquez l'écart.
  • e) Comment la vitesse évolue-t-elle au cours du temps pour une transformation classique ? Pourquoi ?
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a) La concentration du réactif DIMINUE au cours du temps, donc d[A]dt\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t} est négative. Le signe moins rend la vitesse positive, ce qui est la convention retenue pour une grandeur qui mesure une rapidité.

b) La vitesse à l'instant tt est l'opposé du coefficient directeur de la TANGENTE à la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) en ce point. On trace donc la tangente, on lit deux de ses points pour en calculer la pente, et on change le signe.

c) vmoy=Δ[A]Δt=0,0470,1003000=0,053300=1,8×104 molL1s1v_{\mathrm{moy}}=-\dfrac{\Delta[A]}{\Delta t}=-\dfrac{0{,}047-0{,}100}{300-0}=\dfrac{0{,}053}{300}=1{,}8\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}.

d) La vitesse initiale, 2,5×1042{,}5\times 10^{-4}, est supérieure à la vitesse moyenne, 1,8×1041{,}8\times 10^{-4}. C'est logique : la vitesse décroît au cours de l'intervalle, donc la moyenne sur [0 ; 300][0\ ;\ 300] est nécessairement inférieure à la valeur du début. La moyenne lisse une grandeur qui est en réalité maximale au tout début.

e) Elle DIMINUE au cours du temps, et s'annule quand la transformation s'achève. La raison est que la vitesse dépend des concentrations des réactifs : plus ceux-ci sont concentrés, plus les chocs efficaces entre entités sont fréquents. Or les réactifs sont consommés au fur et à mesure, donc leurs concentrations chutent et la vitesse avec elles. C'est pourquoi une courbe de concentration présente toujours une pente forte au départ puis un aplatissement progressif.

Exercice 2 : Le temps de demi-réaction

Le temps de demi-réaction t1/2t_{1/2} est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale.

Une réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1 : [A]=[A]0ekt[A]=[A]_{0}\,\mathrm{e}^{-kt}, avec [A]0=0,100 mol/L[A]_{0}=0{,}100\ \mathrm{mol/L} et k=2,5×103 s1k=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}.

  • a) Établissez l'expression de t1/2t_{1/2} en fonction de kk.
  • b) Calculez t1/2t_{1/2} pour cette réaction.
  • c) Calculez la concentration restante à t=600 st=600\ \mathrm{s}.
  • d) Au bout de combien de temps ne reste-t-il plus que 1010 pour cent du réactif ?
  • e) Montrez que la durée nécessaire pour passer de [A]0[A]_{0} à [A]02\dfrac{[A]_{0}}{2} est la même que celle pour passer de [A]02\dfrac{[A]_{0}}{2} à [A]04\dfrac{[A]_{0}}{4}. Cette propriété vaut-elle pour toutes les cinétiques ?
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a) Par définition, [A](t1/2)=[A]02[A]\left(t_{1/2}\right)=\dfrac{[A]_{0}}{2}, donc [A]0ekt1/2=[A]02[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt_{1/2}}=\dfrac{[A]_{0}}{2}. En simplifiant par [A]0[A]_{0} puis en passant au logarithme : kt1/2=ln2-kt_{1/2}=-\ln 2, d'où t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}.

b) t1/2=0,6932,5×103=2,8×102 st_{1/2}=\dfrac{0{,}693}{2{,}5\times 10^{-3}}=2{,}8\times 10^{2}\ \mathrm{s}, soit environ 277 s277\ \mathrm{s} ou un peu plus de quatre minutes et demie.

c) [A](600)=0,100×e2,5×103×600=0,100×e1,5=0,100×0,223=2,2×102 mol/L[A](600)=0{,}100\times\mathrm{e}^{-2{,}5\times 10^{-3}\times 600}=0{,}100\times\mathrm{e}^{-1{,}5}=0{,}100\times 0{,}223=2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

d) On résout ekt=0,10\mathrm{e}^{-kt}=0{,}10, soit t=ln10k=2,3032,5×103=9,2×102 st=\dfrac{\ln 10}{k}=\dfrac{2{,}303}{2{,}5\times 10^{-3}}=9{,}2\times 10^{2}\ \mathrm{s}, soit environ 921 s921\ \mathrm{s}, un peu plus d'un quart d'heure.

e) La durée pour passer d'une concentration CC à C2\dfrac{C}{2} vérifie CekΔt=C2C\mathrm{e}^{-k\Delta t}=\dfrac{C}{2}, et CC se simplifie : Δt=ln2k\Delta t=\dfrac{\ln 2}{k}, quelle que soit la valeur de CC. La durée est donc la même à chaque halving, ce qui est la signature d'une cinétique d'ordre 1. Non, cette propriété ne vaut PAS pour toutes les cinétiques : pour un ordre 0, la concentration décroît linéairement et chaque demi-vie successive est deux fois plus courte que la précédente. Le fait que t1/2t_{1/2} soit indépendant de la concentration initiale est précisément ce qui permet de reconnaître un ordre 1.

Exercice 3 : Les facteurs cinétiques

Un facteur cinétique est un paramètre dont la modification change la vitesse d'une transformation, sans nécessairement changer son état final.

  • a) Citez trois facteurs cinétiques et précisez le sens de leur effet.
  • b) Expliquez l'effet de la concentration à l'échelle microscopique.
  • c) Expliquez l'effet de la température à l'échelle microscopique. Deux mécanismes interviennent, lesquels ?
  • d) Qu'est-ce qu'un catalyseur ? Modifie-t-il l'état final du système ?
  • e) Distinguez catalyse homogène, hétérogène et enzymatique, avec un exemple de chacune.
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a) La CONCENTRATION des réactifs : plus elle est grande, plus la transformation est rapide. La TEMPÉRATURE : plus elle est élevée, plus la transformation est rapide. Le CATALYSEUR : sa présence accélère la transformation. On peut ajouter, pour les réactions hétérogènes, la surface de contact entre les phases.

b) Une transformation résulte de chocs entre entités. Plus les réactifs sont concentrés, plus les entités sont nombreuses par unité de volume, donc plus les chocs sont FRÉQUENTS. La vitesse, qui mesure le nombre de transformations par unité de temps et de volume, augmente donc en conséquence. C'est aussi pourquoi la vitesse diminue naturellement au cours du temps, à mesure que les réactifs s'épuisent.

c) Deux mécanismes se combinent. D'abord la fréquence : à température plus élevée les entités se déplacent plus vite, donc les chocs sont plus nombreux. Ensuite, et c'est le mécanisme dominant, l'ÉNERGIE : un choc n'est efficace que s'il apporte assez d'énergie pour rompre les liaisons, et élever la température augmente fortement la proportion d'entités possédant cette énergie. C'est ce second effet, exponentiel, qui explique qu'une hausse de dix degrés puisse à peu près doubler la vitesse.

d) Un catalyseur est une espèce qui augmente la vitesse d'une transformation sans figurer dans le bilan de l'équation : il est consommé à une étape et régénéré à une autre. Il ne modifie EN RIEN l'état final : ni le taux d'avancement final, ni la constante d'équilibre. Il agit en ouvrant un chemin réactionnel différent, d'énergie d'activation plus faible, ce qui rend les chocs efficaces beaucoup plus probables.

e) La catalyse est HOMOGÈNE quand le catalyseur est dans la même phase que les réactifs, par exemple les ions fer en solution pour la décomposition de l'eau oxygénée. Elle est HÉTÉROGÈNE quand il est dans une phase différente, par exemple le platine solide du pot catalytique agissant sur des gaz. Elle est ENZYMATIQUE quand le catalyseur est une enzyme, protéine d'une sélectivité extrême, comme la catalase qui décompose l'eau oxygénée dans nos cellules des millions de fois plus vite que les ions fer.

Exercice 4 : Une loi de vitesse d'ordre 1

Une réaction admet une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport à AA lorsque v=k[A]v=k[A], où kk est la constante de vitesse.

On garde [A]0=0,100 mol/L[A]_{0}=0{,}100\ \mathrm{mol/L} et k=2,5×103 s1k=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}.

  • a) Écrivez l'équation différentielle vérifiée par [A][A].
  • b) Vérifiez que [A]=[A]0ekt[A]=[A]_{0}\,\mathrm{e}^{-kt} en est solution et qu'elle respecte la condition initiale.
  • c) Quelle est l'unité de kk pour un ordre 1 ? Justifiez par analyse dimensionnelle.
  • d) Calculez la vitesse à t=0t=0, puis à t=t1/2t=t_{1/2}. Quel rapport les lie ?
  • e) Pour un ordre 0, la loi serait v=kv=k. Quelle serait alors l'unité de kk, et comment la courbe [A]=f(t)[A]=f(t) se distinguerait-elle ?
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a) Par définition v=d[A]dtv=-\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t} et v=k[A]v=k[A], donc d[A]dt=k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A].

b) En dérivant [A]=[A]0ekt[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt} : d[A]dt=k[A]0ekt=k[A]\dfrac{\mathrm{d}[A]}{\mathrm{d}t}=-k[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}=-k[A], ce qui est bien l'équation différentielle. Et en t=0t=0, [A]=[A]0e0=[A]0[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{0}=[A]_{0} : la condition initiale est respectée.

c) La vitesse s'exprime en molL1s1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}} et la concentration en molL1\mathrm{mol\cdot L^{-1}}. De k=v[A]k=\dfrac{v}{[A]} il vient que kk s'exprime en s1\mathrm{s^{-1}} : c'est l'inverse d'un temps, ce qui est cohérent avec t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}.

d) À t=0t=0 : v0=k[A]0=2,5×103×0,100=2,5×104 molL1s1v_{0}=k[A]_{0}=2{,}5\times 10^{-3}\times 0{,}100=2{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. À t1/2t_{1/2}, la concentration a été divisée par deux, donc la vitesse aussi : v=1,25×104 molL1s1v=1{,}25\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Le rapport vaut exactement 2, ce qui découle immédiatement de la proportionnalité entre vitesse et concentration.

e) Pour un ordre 0, kk aurait la dimension d'une vitesse, donc s'exprimerait en molL1s1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. La courbe serait alors une DROITE décroissante, puisque la vitesse, donc la pente, serait constante jusqu'à épuisement du réactif. C'est une différence visuelle immédiate : une exponentielle qui s'aplatit indéfiniment pour l'ordre 1, une droite qui s'arrête net pour l'ordre 0.

Exercice 5 : Lire une courbe de disparition

Le graphique donne la concentration d'un réactif AA en fonction du temps, pour la réaction d'ordre 1 étudiée précédemment. Les concentrations sont en millimoles par litre.

2004006008001000120020406080100t (s)[A] (mmol/L)t1/22 t1/23 t1/2
  • a) Lisez la concentration initiale et vérifiez qu'elle correspond bien à 0,100 mol/L0{,}100\ \mathrm{mol/L}.
  • b) Déterminez graphiquement le temps de demi-réaction.
  • c) Lisez les temps auxquels la concentration vaut 2525 puis 12,5 mmol/L12{,}5\ \mathrm{mmol/L}. Que remarquez-vous sur les intervalles successifs ?
  • d) Déduisez de la question b) la valeur de la constante de vitesse.
  • e) La courbe atteint-elle l'axe des abscisses ? Que cela signifie-t-il physiquement, et quelle convention pratique adopte-t-on ?
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a) La courbe part de 100 mmol/L100\ \mathrm{mmol/L}, soit 100×103=0,100 mol/L100\times 10^{-3}=0{,}100\ \mathrm{mol/L} : la lecture est cohérente avec l'énoncé.

b) La demi-concentration vaut 50 mmol/L50\ \mathrm{mmol/L}. Les pointillés du graphique donnent l'abscisse correspondante : t1/22,8×102 st_{1/2}\approx 2{,}8\times 10^{2}\ \mathrm{s}, soit environ 277 s277\ \mathrm{s}.

c) On lit environ 555 s555\ \mathrm{s} pour 25 mmol/L25\ \mathrm{mmol/L} et environ 832 s832\ \mathrm{s} pour 12,5 mmol/L12{,}5\ \mathrm{mmol/L}. Les intervalles successifs valent 277277, 278278 puis 277 s277\ \mathrm{s} : ils sont ÉGAUX. Chaque division par deux prend la même durée, ce qui est la signature graphique d'une cinétique d'ordre 1.

d) De t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k} on tire k=ln2t1/2=0,693277=2,5×103 s1k=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{277}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}, ce qui confirme la valeur annoncée.

e) Non, la courbe ne l'atteint jamais : une exponentielle décroissante tend vers zéro sans jamais s'annuler. Physiquement, cela signifie qu'il reste toujours, en théorie, une trace du réactif. En pratique la transformation est considérée comme terminée au bout de quelques temps de demi-réaction : après 7t1/27\,t_{1/2} il reste moins de un pour cent du réactif, ce qui est en général sous le seuil de détection. La convention usuelle retient environ 77 à 10 t1/210\ t_{1/2}.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Suivre une décomposition par le gaz dégagé

On décompose 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution d'eau oxygénée à 0,100 mol/L0{,}100\ \mathrm{mol/L} selon 2H2O22H2O+O2\mathrm{2\,H_{2}O_{2}\longrightarrow 2\,H_{2}O+O_{2}}, en présence d'un catalyseur. On recueille le dioxygène formé et on mesure son volume au cours du temps.

Le volume molaire dans les conditions de l'expérience vaut Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}.

  • a) Calculez la quantité initiale de peroxyde d'hydrogène.
  • b) Déterminez le volume de dioxygène recueilli lorsque la transformation est totale.
  • c) Quel volume de gaz correspond au temps de demi-réaction ? Justifiez.
  • d) On mesure ce volume au bout de 277 s277\ \mathrm{s}. Déduisez-en la constante de vitesse, en supposant l'ordre 1.
  • e) Pourquoi le suivi par le volume de gaz est-il particulièrement commode ici ? Citez une limite de la méthode.
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a) n0=cV=0,100×0,1000=1,00×102 moln_{0}=cV=0{,}100\times 0{,}1000=1{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

b) D'après l'équation, deux moles de peroxyde donnent une mole de dioxygène, donc n(O2)=1,00×1022=5,00×103 moln\left(\mathrm{O_{2}}\right)=\dfrac{1{,}00\times 10^{-2}}{2}=5{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. Le volume vaut V=5,00×103×24,0=0,120 LV=5{,}00\times 10^{-3}\times 24{,}0=0{,}120\ \mathrm{L}, soit 120 mL120\ \mathrm{mL}.

c) Au temps de demi-réaction, la moitié du réactif a été consommée, donc la moitié du gaz final a été produite : 60 mL60\ \mathrm{mL}. Le volume de gaz est proportionnel à l'avancement, ce qui rend la lecture immédiate.

d) Si t1/2=277 st_{1/2}=277\ \mathrm{s}, alors k=ln2t1/2=0,693277=2,5×103 s1k=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{277}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}.

e) Parce que le dioxygène est le seul produit gazeux et qu'il quitte le milieu réactionnel : sa mesure est directe, continue, et surtout NON DESTRUCTIVE, contrairement à un titrage qui exigerait de prélever et de bloquer la réaction dans chaque échantillon. La limite principale est que le gaz doit être suffisamment peu soluble dans la solution, faute de quoi une partie resterait dissoute et le volume mesuré sous-estimerait l'avancement. Il faut aussi que la température et la pression restent constantes pendant toute la durée du suivi, sans quoi VmV_{m} change en cours de route.

Exercice 7 : Vérifier un ordre 1 par linéarisation

Pour tester l'hypothèse d'un ordre 1, on porte ln[A]\ln[A] en fonction du temps. Le tableau donne trois mesures.

Les concentrations sont en mol/L\mathrm{mol/L}.

t (s)0300600
[A]0,1000,04720,0223
  • a) Montrez que si [A]=[A]0ekt[A]=[A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}, alors ln[A]\ln[A] est une fonction affine du temps. Précisez son coefficient directeur.
  • b) Calculez ln[A]\ln[A] pour les trois mesures.
  • c) Vérifiez l'alignement des trois points en comparant les coefficients directeurs des deux segments.
  • d) Déduisez-en la constante de vitesse et le temps de demi-réaction.
  • e) Que constaterait-on sur ce graphique si la réaction était en réalité d'ordre 0 ? Et d'ordre 2 ?
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a) En prenant le logarithme népérien : ln[A]=ln([A]0ekt)=ln[A]0kt\ln[A]=\ln\left([A]_{0}\mathrm{e}^{-kt}\right)=\ln[A]_{0}-kt. C'est bien une fonction affine du temps, d'ordonnée à l'origine ln[A]0\ln[A]_{0} et de coefficient directeur k-k.

b) ln(0,100)=2,303\ln\left(0{,}100\right)=-2{,}303 ; ln(0,0472)=3,053\ln\left(0{,}0472\right)=-3{,}053 ; ln(0,0223)=3,803\ln\left(0{,}0223\right)=-3{,}803.

c) Premier segment : 3,053(2,303)3000=0,750300=2,50×103\dfrac{-3{,}053-\left(-2{,}303\right)}{300-0}=\dfrac{-0{,}750}{300}=-2{,}50\times 10^{-3}. Second segment : 3,803(3,053)600300=0,750300=2,50×103\dfrac{-3{,}803-\left(-3{,}053\right)}{600-300}=\dfrac{-0{,}750}{300}=-2{,}50\times 10^{-3}. Les deux coefficients sont identiques : les points sont alignés, l'hypothèse d'ordre 1 est validée.

d) Le coefficient directeur vaut k-k, donc k=2,50×103 s1k=2{,}50\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}}. Alors t1/2=ln2k=0,6932,50×103=277 st_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}=\dfrac{0{,}693}{2{,}50\times 10^{-3}}=277\ \mathrm{s}.

e) Pour un ordre 0, c'est [A][A] lui-même qui serait affine du temps, donc ln[A]\ln[A] serait une courbe INCURVÉE vers le bas, de plus en plus raide, et non une droite. Pour un ordre 2, c'est 1[A]\dfrac{1}{[A]} qui serait affine du temps, et ln[A]\ln[A] s'incurverait également. La méthode consiste donc à essayer les trois linéarisations et à retenir celle qui donne une droite : c'est une façon de déterminer l'ordre expérimentalement, sans le supposer.

Exercice 8 : L'effet de la température

Une règle empirique très utilisée énonce que la vitesse d'une transformation double environ à chaque élévation de dix degrés de la température.

Une réaction demande 40 min40\ \mathrm{min} pour être considérée comme achevée à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}.

  • a) Combien de paliers de dix degrés séparent 2020 de 50 C50\ \mathrm{^{\circ}C} ? Par quel facteur la vitesse est-elle multipliée ?
  • b) Estimez la durée de la transformation à 50 C50\ \mathrm{^{\circ}C}.
  • c) Expliquez, à l'échelle microscopique, pourquoi une hausse modérée de température a un effet aussi marqué.
  • d) On refroidit brutalement un prélèvement dans un bain de glace pour l'analyser. Comment s'appelle cette opération et à quoi sert-elle ?
  • e) La température modifie-t-elle l'état final de la transformation ? Distinguez soigneusement les deux effets possibles.
Voir la correction

a) De 2020 à 50 C50\ \mathrm{^{\circ}C}, il y a 3030 degrés d'écart, soit TROIS paliers de dix degrés. La vitesse est donc multipliée par 23=82^{3}=8.

b) La durée est divisée par le même facteur : 408=5,0 min\dfrac{40}{8}=5{,}0\ \mathrm{min}. Une réaction qui prenait plus d'une demi-heure se règle en cinq minutes, ce qui explique l'usage systématique du chauffage à reflux en synthèse.

c) Parce qu'un choc entre entités n'est efficace que s'il apporte au moins l'énergie d'activation. Or la distribution des énergies des entités est telle que la PROPORTION de celles qui dépassent ce seuil croît de façon exponentielle avec la température. Une hausse modeste de la température moyenne déplace donc énormément le nombre de chocs efficaces. L'augmentation de la fréquence des chocs, elle, ne varie que comme la racine de la température absolue : elle est très secondaire.

d) C'est une TREMPE, ou blocage cinétique. En refroidissant brutalement, on rend la vitesse pratiquement nulle, ce qui fige la composition du prélèvement au moment du prélèvement. On peut alors prendre tout son temps pour l'analyser, par exemple par titrage, sans que la réaction continue pendant la manipulation et fausse le résultat. La dilution brutale produit le même effet, en agissant sur l'autre facteur cinétique.

e) Il faut distinguer deux choses. La température est un facteur CINÉTIQUE : elle change toujours la vitesse. Mais elle peut aussi, pour une transformation limitée, modifier la CONSTANTE D'ÉQUILIBRE, donc l'état final lui-même. Ce sont deux effets indépendants : chauffer accélère toujours, mais ne déplace l'équilibre que si la réaction met en jeu un échange thermique, et le sens du déplacement dépend alors du caractère endothermique ou exothermique. Pour une transformation totale, en revanche, l'état final ne dépend pas de la température : seule la durée pour l'atteindre change.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Un catalyseur augmente le rendement d'une transformation. »
  • b) « Le temps de demi-réaction est toujours indépendant de la concentration initiale. »
  • c) « Une transformation dont le temps de demi-réaction vaut 277 secondes est totalement terminée au bout de 554 secondes. »
  • d) « La vitesse d'une transformation est constante puisque la constante de vitesse est une constante. »
Voir la correction

a) Faux. Un catalyseur agit exclusivement sur la CINÉTIQUE : il ouvre un chemin réactionnel d'énergie d'activation plus faible, ce qui accélère la transformation. Il ne modifie ni le taux d'avancement final, ni la constante d'équilibre, donc pas le rendement. Il accélère d'ailleurs autant la réaction inverse que la réaction directe, ce qui est précisément la raison pour laquelle l'équilibre reste inchangé. Pour améliorer un rendement, il faut agir sur les quantités, par un excès de réactif ou l'élimination d'un produit.

b) Faux, c'est vrai UNIQUEMENT pour l'ordre 1. La démonstration de l'exercice 2 repose entièrement sur la simplification de la concentration dans CekΔt=C2C\mathrm{e}^{-k\Delta t}=\dfrac{C}{2}, ce qui n'est possible que pour cette loi. Pour un ordre 0, chaque demi-vie successive est deux fois plus courte que la précédente ; pour un ordre 2, elle est deux fois plus longue. C'est justement cette indépendance qui sert de TEST pour reconnaître un ordre 1, et un test n'aurait aucun intérêt s'il était toujours vérifié.

c) Faux. Au bout de 2t1/22\,t_{1/2}, il reste le QUART du réactif, et non rien : chaque demi-vie divise par deux, donc deux demi-vies divisent par quatre. L'exercice 5 le montre sur le graphique, où la concentration vaut encore 25 mmol/L25\ \mathrm{mmol/L} à 555 s555\ \mathrm{s}. Une exponentielle décroissante ne s'annule d'ailleurs jamais : elle tend vers zéro sans l'atteindre, et l'on considère conventionnellement la transformation achevée au bout de sept à dix temps de demi-réaction, soit ici plus d'une demi-heure.

d) Faux, et cela confond deux grandeurs différentes. La constante de vitesse kk est effectivement constante à température donnée, mais la vitesse vaut v=k[A]v=k[A] : elle est proportionnelle à une concentration qui, elle, DIMINUE au cours du temps. L'exercice 4 le chiffre : la vitesse passe de 2,5×1042{,}5\times 10^{-4} à 1,25×104 molL1s11{,}25\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}} entre l'instant initial et le temps de demi-réaction. C'est d'ailleurs pourquoi toutes les courbes de concentration s'aplatissent progressivement.

Exercice 10 : Doser au bon moment : la trempe

On veut suivre par titrage la disparition d'un réactif au cours d'une transformation lente. Toutes les cinq minutes, on prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} du mélange réactionnel que l'on verse aussitôt dans un bécher contenant de l'eau glacée, avant de titrer.

On reprend la cinétique d'ordre 1 précédente, avec k=2,5×103 s1k=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{s^{-1}} et [A]0=0,100 mol/L[A]_{0}=0{,}100\ \mathrm{mol/L}.

  • a) Expliquez les deux raisons pour lesquelles l'eau glacée bloque la réaction.
  • b) Calculez la concentration attendue dans le prélèvement effectué à t=5,0 mint=5{,}0\ \mathrm{min}.
  • c) Que vaudrait la concentration mesurée si l'expérimentateur mettait 2,0 min2{,}0\ \mathrm{min} à réaliser son titrage SANS avoir fait de trempe ? Calculez l'erreur relative commise.
  • d) Combien de temps faudrait-il attendre pour que la concentration tombe sous 1,0×103 mol/L1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} ?
  • e) Proposez une méthode de suivi qui rendrait la trempe inutile, et expliquez pourquoi.
Voir la correction

a) Deux facteurs cinétiques sont abaissés d'un coup. D'abord la TEMPÉRATURE, qui chute brutalement, ce qui réduit très fortement la proportion de chocs efficaces. Ensuite la CONCENTRATION, puisque le prélèvement est dilué dans le volume d'eau ajouté, ce qui espace les chocs. La combinaison rend la vitesse pratiquement nulle, et la composition est figée le temps du titrage.

b) t=5,0 min=300 st=5{,}0\ \mathrm{min}=300\ \mathrm{s}, donc [A]=0,100×e2,5×103×300=0,100×e0,75=4,72×102 mol/L[A]=0{,}100\times\mathrm{e}^{-2{,}5\times 10^{-3}\times 300}=0{,}100\times\mathrm{e}^{-0{,}75}=4{,}72\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

c) Sans trempe, la réaction continuerait pendant les 120 s120\ \mathrm{s} du titrage, et la concentration titrée correspondrait en réalité à t=420 st=420\ \mathrm{s} : [A]=0,100×e1,05=3,50×102 mol/L[A]=0{,}100\times\mathrm{e}^{-1{,}05}=3{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. L'erreur relative vaut 4,723,504,72=26\dfrac{4{,}72-3{,}50}{4{,}72}=26 pour cent, ce qui est considérable et ruinerait complètement la détermination de kk.

d) On résout 0,100ekt=1,0×1030{,}100\,\mathrm{e}^{-kt}=1{,}0\times 10^{-3}, soit ekt=0,010\mathrm{e}^{-kt}=0{,}010 et t=ln100k=4,6052,5×103=1,84×103 st=\dfrac{\ln 100}{k}=\dfrac{4{,}605}{2{,}5\times 10^{-3}}=1{,}84\times 10^{3}\ \mathrm{s}, soit environ 31 min31\ \mathrm{min}. On remarque que cela correspond à un peu plus de 6,6 t1/26{,}6\ t_{1/2}, cohérent avec la convention des sept demi-vies.

e) Toute méthode de suivi PHYSIQUE et continue, comme la spectrophotométrie si une espèce est colorée, la conductimétrie si des ions apparaissent ou disparaissent, ou la mesure du volume gazeux dégagé comme à l'exercice 6. Ces méthodes mesurent une grandeur directement dans le milieu, sans prélever ni détruire l'échantillon : la réaction n'a pas besoin d'être bloquée puisqu'on la regarde en temps réel. Le titrage, lui, est une méthode chimique destructive qui prend du temps, d'où la nécessité de la trempe.

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