Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : déterminer la composition d'un système (Terminale spécialité)

Voici dix exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la détermination de la composition d'un système par des méthodes physiques et chimiques, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi en France comme dans les lycées du réseau AEFE. Pour le baccalauréat de juin 2027, aucune partie du programme n'est exclue de l'écrit.

Le fil de la série : entre la grandeur qu'on MESURE et la composition qu'on CHERCHE, il y a toujours une relation, et chaque relation a un domaine. Le titre massique ne donne une concentration qu'avec la densité ; pH=−log⁡(c/c∘)\mathrm{pH}=-\log(c/c^{\circ}) ne vaut pour un acide fort qu'entre deux bornes ; A=εℓcA=\varepsilon\ell c et σ=∑λi[Xi]\sigma=\sum\lambda_{i}[X_{i}] ne tiennent qu'en solution diluée ; PV=nRTPV=nRT ne décrit qu'un gaz sous faible pression. On vérifie qu'on est dans le domaine AVANT de convertir.

Les titrages suivis par pH-métrie et par conductimétrie, qui appartiennent à la même partie du programme, sont traités dans la série acide-base, pKa et titrages. Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1L'atome et la classification périodiqueSeconde
  2. 2Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  3. 3Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  4. 4Avancement et dosagesPremière

Rappel de cours

  • • TITRE MASSIQUE ww : masse de soluté pour 100 g100\ \mathrm{g} de SOLUTION. DENSITÉ : d=ρρeaud=\dfrac{\rho}{\rho_{\text{eau}}}, sans unité. Concentration : c=w d ρeauMc=\dfrac{w\,d\,\rho_{\text{eau}}}{M}, avec ρeau=1 000 g/L\rho_{\text{eau}}=1\,000\ \mathrm{g/L}.
  • • DILUTION : la quantité de soluté se conserve, c0V0=c1V1c_{0}V_{0}=c_{1}V_{1}. On verse toujours l'acide concentré dans l'eau.
  • • pH : pH=−log⁡([H3O+]c∘)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}\right) et [H3O+]=c∘×10−pH[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=c^{\circ}\times 10^{-\mathrm{pH}}, avec c∘=1 mol/Lc^{\circ}=1\ \mathrm{mol/L}. Pour un acide fort, [H3O+]=c[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=c entre environ 10−510^{-5} et 10−2 mol/L10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. Diluer dix fois ajoute 11 au pH.
  • • LEWIS : l'acide carboxylique cède l'hydrogène lié à l'OXYGÈNE ; l'ion carboxylate porte la charge −- sur un oxygène à trois doublets non liants. L'amine capte H+\mathrm{H^{+}} par le doublet non liant de l'azote ; l'ion ammonium a un azote à quatre liaisons, chargé ++.
  • • AMPHOTÈRE : acide d'un couple ET base d'un autre, par exemple H2O\mathrm{H_{2}O}, H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}}, HS−\mathrm{HS^{-}}.
  • • SPECTRES : l'infrarouge identifie des LIAISONS par leur nombre d'onde σ=1λ\sigma=\dfrac{1}{\lambda}, en cm−1\mathrm{cm^{-1}} ; l'UV-visible identifie une espèce par la position de son maximum λmax⁡\lambda_{\max}. Une solution a la couleur complémentaire de celle qu'elle absorbe le plus.
  • • BEER-LAMBERT : A=ε ℓ cA=\varepsilon\,\ell\,c, valable en solution diluée, lumière monochromatique, absorbance modérée. KOHLRAUSCH : σ=∑iλi[Xi]\sigma=\sum_{i}\lambda_{i}[X_{i}], [Xi][X_{i}] en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}, valable en solution diluée. Une mesure doit tomber DANS la gamme d'étalonnage, sinon on dilue.
  • • GAZ PARFAIT : PV=nRTPV=nRT, PP en Pa\mathrm{Pa}, VV en m3\mathrm{m^{3}}, TT en K\mathrm{K} ; valable sous faible pression. Concentration d'un gaz : c=nVc=\dfrac{n}{V}.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Du flacon à la fiole : titre massique et densité d'un acide commercial

L'étiquette d'un flacon d'acide nitrique concentré, HNO3\mathrm{HNO_{3}}, porte : « titre massique w=65,0 %w=65{,}0\ \% ; densité d=1,40d=1{,}40 ». On donne M(HNO3)=63,0 g/molM(\mathrm{HNO_{3}})=63{,}0\ \mathrm{g/mol} et la masse volumique de l'eau ρeau=1,00 kg/L\rho_{\text{eau}}=1{,}00\ \mathrm{kg/L}.

Le titre massique est la masse de soluté contenue dans 100 g100\ \mathrm{g} de SOLUTION ; la densité compare la masse volumique de la solution à celle de l'eau. On veut préparer V1=500,0 mLV_{1}=500{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution S1S_{1} d'acide nitrique de concentration c1=1,00×10−1 mol/Lc_{1}=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol/L}.

  • a) Calculez la masse volumique ρ\rho de la solution commerciale, puis la masse d'un litre de cette solution.
  • b) Calculez la masse d'acide nitrique contenue dans ce litre. Déduisez-en la concentration en masse t0t_{0} de la solution commerciale.
  • c) Établissez l'expression littérale de la concentration en quantité de matière c0c_{0} en fonction de ww, dd, ρeau\rho_{\text{eau}} et MM, puis calculez-la.
  • d) Quel volume V0V_{0} de solution commerciale faut-il prélever pour préparer S1S_{1} ? Décrivez le protocole, verrerie et précaution de sécurité comprises.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) ρ=d×ρeau=1,40 kg/L\rho=d\times\rho_{\text{eau}}=1{,}40\ \mathrm{kg/L} ; un litre de solution pèse 1 400 g1\,400\ \mathrm{g}
  • b) m(HNO3)=0,650×1 400=910 gm(\mathrm{HNO_{3}})=0{,}650\times 1\,400=910\ \mathrm{g}, donc t0=910 g/Lt_{0}=910\ \mathrm{g/L}
  • c) c0=w d ρeauM=91063,0≈14,4 mol/Lc_{0}=\dfrac{w\,d\,\rho_{\text{eau}}}{M}=\dfrac{910}{63{,}0}\approx 14{,}4\ \mathrm{mol/L}
  • d) V0=c1V1c0≈3,46 mLV_{0}=\dfrac{c_{1}V_{1}}{c_{0}}\approx 3{,}46\ \mathrm{mL}, pipette graduée, fiole jaugée de 500,0 mL500{,}0\ \mathrm{mL} déjà à moitié pleine d'eau : l'acide est versé dans l'eau

a) La densité est un rapport sans unité : d=ρρeaud=\dfrac{\rho}{\rho_{\text{eau}}}, donc ρ=d×ρeau=1,40×1,00=1,40 kg/L\rho=d\times\rho_{\text{eau}}=1{,}40\times 1{,}00=1{,}40\ \mathrm{kg/L}. Un litre de solution commerciale a donc une masse msol=ρ×V=1,40 kg=1 400 gm_{\text{sol}}=\rho\times V=1{,}40\ \mathrm{kg}=1\,400\ \mathrm{g}. C'est le premier maillon de la chaîne, et celui qu'on oublie le plus : le titre massique parle de MASSE de solution, alors que la concentration qu'on cherche parle de VOLUME de solution. La densité est précisément la grandeur qui fait passer de l'un à l'autre. Sans elle, le titre massique seul ne permet pas de calculer une concentration.

b) Le titre massique w=65,0 %w=65{,}0\ \% signifie que 65,0 g65{,}0\ \mathrm{g} d'acide nitrique sont contenus dans 100 g100\ \mathrm{g} de solution. Dans les 1 400 g1\,400\ \mathrm{g} d'un litre : m(HNO3)=w×msol=0,650×1 400=910 gm(\mathrm{HNO_{3}})=w\times m_{\text{sol}}=0{,}650\times 1\,400=910\ \mathrm{g}. La concentration en masse est donc t0=910 g/Lt_{0}=910\ \mathrm{g/L}. Le piège classique est d'écrire 650 g/L650\ \mathrm{g/L}, c'est-à-dire d'appliquer le pourcentage à un volume comme s'il s'agissait d'une masse : l'erreur vaut ici un facteur 1,401{,}40, exactement la densité. Elle serait invisible pour une solution de densité voisine de 11, ce qui explique qu'elle survive jusqu'au baccalauréat.

c) On enchaîne les trois conversions sur un volume VV de solution : masse de solution d ρeauVd\,\rho_{\text{eau}}V, masse de soluté w d ρeauVw\,d\,\rho_{\text{eau}}V, quantité de soluté w d ρeauVM\dfrac{w\,d\,\rho_{\text{eau}}V}{M}. En divisant par VV : c0=w d ρeauMc_{0}=\dfrac{w\,d\,\rho_{\text{eau}}}{M}. Attention aux unités : avec ρeau=1 000 g/L\rho_{\text{eau}}=1\,000\ \mathrm{g/L} et MM en g/mol\mathrm{g/mol}, c0c_{0} sort en mol/L\mathrm{mol/L}. Numériquement, c0=0,650×1,40×1 00063,0=91063,0≈14,4 mol/Lc_{0}=\dfrac{0{,}650\times 1{,}40\times 1\,000}{63{,}0}=\dfrac{910}{63{,}0}\approx 14{,}4\ \mathrm{mol/L}. Écrire ρeau=1,00\rho_{\text{eau}}=1{,}00 sans unité donne 0,0144 mol/L0{,}0144\ \mathrm{mol/L}, mille fois trop peu : une concentration de centième de mole par litre pour un produit « concentré » doit alerter.

d) Au cours d'une dilution, la quantité d'acide se conserve : c0V0=c1V1c_{0}V_{0}=c_{1}V_{1}, donc V0=c1V1c0=1,00×10−1×0,500014,44≈3,46×10−3 LV_{0}=\dfrac{c_{1}V_{1}}{c_{0}}=\dfrac{1{,}00\times 10^{-1}\times 0{,}5000}{14{,}44}\approx 3{,}46\times 10^{-3}\ \mathrm{L}, soit 3,46 mL3{,}46\ \mathrm{mL}. Le facteur de dilution vaut c0c1≈144\dfrac{c_{0}}{c_{1}}\approx 144. Protocole : sous la hotte, avec gants et lunettes, on verse environ 250 mL250\ \mathrm{mL} d'eau distillée dans une fiole jaugée de 500,0 mL500{,}0\ \mathrm{mL} ; on prélève 3,46 mL3{,}46\ \mathrm{mL} d'acide commercial à la pipette graduée munie d'une propipette et on les verse dans l'eau ; on complète jusqu'au trait de jauge, on bouche et on homogénéise. On verse TOUJOURS l'acide dans l'eau, jamais l'inverse : la dilution d'un acide concentré libère beaucoup de chaleur, et quelques gouttes d'eau versées sur l'acide peuvent bouillir brutalement et projeter de l'acide.

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Exercice 2 : Le pH d'un acide fort, dilution après dilution

À partir de S1S_{1}, solution d'acide nitrique à c1=1,00×10−1 mol/Lc_{1}=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol/L}, on prépare par dilutions successives d'un facteur 1010 les solutions S2S_{2} à S7S_{7}, de concentrations apportées 10−210^{-2} à 10−7 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}, avec de l'eau distillée restée à l'air. L'acide nitrique est un acide FORT : sa réaction avec l'eau, HNO3+H2O⟶NO3−+H3O+\mathrm{HNO_{3}+H_{2}O\longrightarrow NO_{3}^{-}+H_{3}O^{+}}, est totale.

Le pH de chaque solution est mesuré au pH-mètre étalonné. Pour S1S_{1} à S7S_{7}, on lit 1,081{,}08 ; 2,032{,}03 ; 3,023{,}02 ; 4,014{,}01 ; 5,055{,}05 ; 5,825{,}82 et 5,955{,}95. L'eau distillée seule donne pH=5,9\mathrm{pH}=5{,}9. Le graphique porte le pH mesuré en fonction de −log⁡(c/c∘)-\log(c/c^{\circ}), avec c∘=1 mol/Lc^{\circ}=1\ \mathrm{mol/L} ; la droite en pointillé a pour équation pH=−log⁡(c/c∘)\mathrm{pH}=-\log(c/c^{\circ}).

123456781234567−log(c/c°)pH mesuré
  • a) Quelle valeur de pH la relation pH=−log⁡([H3O+]/c∘)\mathrm{pH}=-\log([\mathrm{H_{3}O^{+}}]/c^{\circ}) prévoit-elle pour S3S_{3} ? Quelle concentration en ions oxonium correspond au pH mesuré pour S4S_{4} ?
  • b) Montrez qu'une dilution d'un facteur 1010 d'une solution d'acide fort doit augmenter son pH d'exactement une unité.
  • c) Pour quelles valeurs de −log⁡(c/c∘)-\log(c/c^{\circ}) la relation est-elle vérifiée à 0,050{,}05 près ? Calculez l'écart pHmesureˊ−pHpreˊvu\mathrm{pH}_{\text{mesuré}}-\mathrm{pH}_{\text{prévu}} pour S1S_{1} et pour S6S_{6}.
  • d) Un élève prolonge la droite et annonce pH=8\mathrm{pH}=8 pour une solution à 10−8 mol/L10^{-8}\ \mathrm{mol/L}. Expliquez pourquoi c'est impossible, et pourquoi S6S_{6} et S7S_{7} ont presque le pH de l'eau distillée.

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a)
b)
c)
Domaine de −log⁡(c/c∘)-\log(c/c^{\circ}) ;
d)
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Réponses

  • a) pH(S3)=3,0\mathrm{pH}(S_{3})=3{,}0 ; [H3O+]=10−4,01≈9,77×10−5 mol/L[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=10^{-4{,}01}\approx 9{,}77\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L}
  • b) −log⁡(c10 c∘)=−log⁡(cc∘)+1-\log\left(\dfrac{c}{10\,c^{\circ}}\right)=-\log\left(\dfrac{c}{c^{\circ}}\right)+1 : le pH augmente de 11
  • c) Pour −log⁡(c/c∘)-\log(c/c^{\circ}) de 22 à 55 ; écarts +0,08+0{,}08 pour S1S_{1} et −0,18-0{,}18 pour S6S_{6}
  • d) Un acide dilué reste acide, pH<7\mathrm{pH}<7 ; vers 10−6 mol/L10^{-6}\ \mathrm{mol/L}, l'acide n'est plus la source principale d'ions oxonium

a) La relation est la définition du pH d'une solution diluée : pH=−log⁡([H3O+]c∘)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}\right). Pour un acide fort, la réaction avec l'eau est totale, donc chaque molécule apportée donne un ion oxonium : [H3O+]=c[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=c. Pour S3S_{3}, c=1,0×10−3 mol/Lc=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et pH=−log⁡(10−3)=3,0\mathrm{pH}=-\log(10^{-3})=3{,}0 ; la mesure donne 3,023{,}02. En sens inverse, [H3O+]=c∘×10−pH[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=c^{\circ}\times 10^{-\mathrm{pH}} : pour S4S_{4}, 10−4,01≈9,77×10−5 mol/L10^{-4{,}01}\approx 9{,}77\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L}, à comparer aux 1,0×10−4 mol/L1{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L} apportées. Le passage par c∘c^{\circ} n'est pas une coquetterie : un logarithme ne s'applique qu'à un nombre sans unité.

b) Après une dilution d'un facteur 1010, c′=c10c'=\dfrac{c}{10}, et l'acide reste entièrement dissocié, donc [H3O+]′=c10[\mathrm{H_{3}O^{+}}]'=\dfrac{c}{10}. Alors pH′=−log⁡(c10 c∘)=−log⁡(cc∘)+log⁡10=pH+1\mathrm{pH}'=-\log\left(\dfrac{c}{10\,c^{\circ}}\right)=-\log\left(\dfrac{c}{c^{\circ}}\right)+\log 10=\mathrm{pH}+1. Diluer dix fois AJOUTE une unité au pH ; cela ne le multiplie ni ne le divise par dix. C'est tout l'intérêt de l'échelle logarithmique : sept dilutions successives, qui divisent la concentration par dix millions, ne déplacent le pH que de sept unités. Sur le graphique, la droite prévue est donc de pente 11.

c) Écarts mesurés moins prévus, de S1S_{1} à S7S_{7} : +0,08+0{,}08 ; +0,03+0{,}03 ; +0,02+0{,}02 ; +0,01+0{,}01 ; +0,05+0{,}05 ; −0,18-0{,}18 ; −1,05-1{,}05. La relation tient à 0,050{,}05 près de S2S_{2} à S5S_{5}, c'est-à-dire pour −log⁡(c/c∘)-\log(c/c^{\circ}) compris entre 22 et 55 : des concentrations de 10−510^{-5} à 10−2 mol/L10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. Le domaine a DEUX bornes. Du côté concentré, S1S_{1} a un pH mesuré trop grand de 0,080{,}08 : à 0,1 mol/L0{,}1\ \mathrm{mol/L}, les ions sont assez proches pour interagir, et la relation, écrite pour une solution diluée, cesse d'être exacte. Du côté dilué, S6S_{6} a un pH trop petit de 0,180{,}18 : il y a PLUS d'ions oxonium que l'acide n'en apporte.

d) Diluer un acide ne peut pas le rendre basique : en ajoutant de l'eau à une solution acide, on s'approche du pH de l'eau, jamais au-delà. Le calcul −log⁡(10−8)=8-\log(10^{-8})=8 suppose que l'acide est la SEULE source d'ions oxonium ; à 10−8 mol/L10^{-8}\ \mathrm{mol/L}, l'eau elle-même en fournit dix fois plus, 10−7 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L} dans l'eau pure. En pratique, l'eau distillée restée à l'air dissout du dioxyde de carbone, un acide faible qui fixe son pH vers 5,95{,}9 : c'est pourquoi S6S_{6} et S7S_{7} plafonnent à 5,825{,}82 et 5,955{,}95. La relation pH-concentration d'un acide fort vaut donc dans un domaine : assez dilué pour que les ions n'interagissent pas, assez concentré pour que l'acide domine toutes les autres sources d'ions oxonium.

Exercice 3 : Schémas de Lewis : l'acide et sa base, l'amine et son ion

Les schémas de Lewis ci-dessous sont ceux de l'acide méthanoïque, présent dans le venin des fourmis et les poils d'ortie, et de l'éthylamine, une amine à l'odeur ammoniacale. Un trait entre deux atomes est un doublet liant, un trait posé contre un seul atome est un doublet non liant. Numéros atomiques : H\mathrm{H} : 11 ; C\mathrm{C} : 66 ; N\mathrm{N} : 77 ; O\mathrm{O} : 88.

L'acide méthanoïque appartient au couple HCOOH/HCOO−\mathrm{HCOOH/HCOO^{-}}, l'éthylamine au couple C2H5NH3+/C2H5NH2\mathrm{C_{2}H_{5}NH_{3}^{+}/C_{2}H_{5}NH_{2}}.

HCOOHacide méthanoïqueHCCNHHHHHHéthylamine
  • a) Pour l'acide méthanoïque, comptez les doublets liants et les doublets non liants. Vérifiez le total à partir des électrons de valence des atomes.
  • b) Quel atome d'hydrogène l'acide méthanoïque cède-t-il ? Représentez le schéma de Lewis et la formule semi-développée de l'ion méthanoate. Combien de doublets non liants porte-t-il ?
  • c) Écrivez la formule semi-développée de l'éthylamine et nommez son groupe caractéristique. Quel doublet capte l'ion H+\mathrm{H^{+}} ? Représentez le schéma de Lewis de l'ion éthylammonium.
  • d) Quel atome porte la charge de l'ion méthanoate, et celle de l'ion éthylammonium ? Justifiez par le décompte des électrons attribués en propre à cet atome.

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a)
b)
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Réponses

  • a) 55 doublets liants et 44 non liants, soit 99 doublets ; 2×1+4+2×6=182\times 1+4+2\times 6=18 électrons de valence
  • b) L'hydrogène lié à l'oxygène ; H−COO−\mathrm{H{-}COO^{-}}, avec 55 doublets non liants
  • c) CH3−CH2−NH2\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}NH_{2}}, groupe amine ; le doublet non liant de l'azote capte H+\mathrm{H^{+}} ; CH3−CH2−NH3+\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}NH_{3}^{+}} n'a plus de doublet non liant
  • d) Charge −- sur l'oxygène à trois doublets non liants (77 électrons pour 66) ; charge ++ sur l'azote à quatre liaisons (44 électrons pour 55)

a) Sur le schéma : H−C\mathrm{H{-}C}, la double liaison C=O\mathrm{C{=}O} qui compte pour deux doublets, C−O\mathrm{C{-}O} et O−H\mathrm{O{-}H}, soit 55 doublets liants ; chaque oxygène porte deux doublets non liants, soit 44. Total : 99 doublets, donc 1818 électrons. Vérification : les électrons de valence sont 11 par hydrogène, 44 pour le carbone (1s22s22p21s^{2}2s^{2}2p^{2}), 66 par oxygène (1s22s22p41s^{2}2s^{2}2p^{4}), soit 2×1+4+2×6=182\times 1+4+2\times 6=18. Chaque atome respecte sa règle : le carbone et les oxygènes sont entourés de quatre doublets (octet), les hydrogènes d'un seul (duet). Ce décompte est le contrôle qui attrape une double liaison oubliée ou un doublet en trop.

b) Les deux hydrogènes ne sont pas équivalents. Celui du groupe carboxyle est lié à un OXYGÈNE, atome très électronégatif qui attire le doublet de la liaison O−H\mathrm{O{-}H} : c'est lui qui part sous forme d'ion H+\mathrm{H^{+}}, en laissant son doublet à l'oxygène. L'hydrogène lié au carbone ne part pas, la liaison C−H\mathrm{C{-}H} étant très peu polarisée. L'ion méthanoate s'écrit donc H−COO−\mathrm{H{-}COO^{-}} : l'oxygène qui portait l'hydrogène a désormais TROIS doublets non liants et une charge −- (voir la figure de correction). L'ion a perdu un PROTON, pas un électron : il garde les 1818 électrons de valence de l'acide, répartis en 44 doublets liants et 2+3=52+3=5 doublets non liants. Le doublet de l'ancienne liaison O−H\mathrm{O{-}H} n'a pas disparu, il est devenu non liant. C'est le geste attendu au baccalauréat : on retire l'hydrogène ET son trait, on ajoute un doublet non liant et la charge sur le même oxygène.

c) Éthylamine : CH3−CH2−NH2\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}NH_{2}}, groupe amine −NH2\mathrm{{-}NH_{2}} porté par une chaîne à deux carbones. L'azote a cinq électrons de valence : trois liaisons et UN doublet non liant. C'est ce doublet qui fait de l'amine une base : il capte un ion H+\mathrm{H^{+}} et devient une quatrième liaison N−H\mathrm{N{-}H}. L'ion éthylammonium CH3−CH2−NH3+\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}NH_{3}^{+}} n'a donc plus aucun doublet non liant, et l'azote y est entouré de quatre doublets liants, toujours l'octet. Les deux couples se lisent en miroir : l'acide carboxylique perd un H+\mathrm{H^{+}} et GAGNE un doublet non liant ; l'amine gagne un H+\mathrm{H^{+}} et PERD son doublet non liant.

d) On attribue à chaque atome ses doublets non liants en entier et la moitié de ses doublets liants, puis on compare à ses électrons de valence. L'oxygène chargé du méthanoate a trois doublets non liants, 66 électrons, et une liaison, 11 électron : 77 électrons pour 66 de valence, un électron en trop, charge −1-1. L'azote de l'éthylammonium a quatre liaisons, 44 électrons, pour 55 de valence : un électron en moins, charge +1+1. La charge n'est donc pas « sur la molécule » en général, elle est localisée sur un atome précis, et c'est là qu'on l'écrit sur un schéma de Lewis. Écrire le −- sur le carbone ou le ++ sur un hydrogène coûte le point du schéma, même si tous les traits sont justes.

HCOO−ion méthanoateHCCNHHHHHHH+ion éthylammonium

Exercice 4 : Une espèce amphotère : acide ou base selon le partenaire

L'acide phosphorique H3PO4\mathrm{H_{3}PO_{4}}, additif de certaines boissons au cola, peut céder successivement trois ions H+\mathrm{H^{+}}. Il donne ainsi l'ion dihydrogénophosphate H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}}, puis l'ion hydrogénophosphate HPO42−\mathrm{HPO_{4}^{2-}}, puis l'ion phosphate, noté PO4 ?\mathrm{PO_{4}^{\,?}} dans cet énoncé.

Une espèce est dite AMPHOTÈRE lorsqu'elle est l'acide d'un couple et la base d'un autre couple : elle peut, selon son partenaire, céder ou capter un ion H+\mathrm{H^{+}}.

  • a) Écrivez les couples acide-base qui relient ces quatre espèces. Combien y en a-t-il ? Quelle est la charge de l'ion phosphate ?
  • b) Quelles espèces de cette famille sont amphotères ? Justifiez en citant leurs deux couples. Pourquoi H3PO4\mathrm{H_{3}PO_{4}} et l'ion phosphate ne le sont-ils pas ?
  • c) Écrivez l'équation de la réaction de l'ion H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}} avec l'ion hydroxyde HO−\mathrm{HO^{-}}, puis avec l'ion oxonium H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}. Quel rôle joue-t-il dans chaque cas ?
  • d) Parmi H2O\mathrm{H_{2}O}, HO−\mathrm{HO^{-}}, H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}, HS−\mathrm{HS^{-}}, NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} et l'ion oxalate C2O42−\mathrm{C_{2}O_{4}^{2-}}, combien d'espèces sont amphotères en solution aqueuse ? On donne les couples H2S/HS−\mathrm{H_{2}S/HS^{-}}, HS−/S2−\mathrm{HS^{-}/S^{2-}} et HC2O4−/C2O42−\mathrm{HC_{2}O_{4}^{-}/C_{2}O_{4}^{2-}}.

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  • a) 33 couples : H3PO4/H2PO4−\mathrm{H_{3}PO_{4}/H_{2}PO_{4}^{-}}, H2PO4−/HPO42−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}/HPO_{4}^{2-}}, HPO42−/PO43−\mathrm{HPO_{4}^{2-}/PO_{4}^{3-}} ; charge −3-3
  • b) H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}} et HPO42−\mathrm{HPO_{4}^{2-}} ; H3PO4\mathrm{H_{3}PO_{4}} n'est qu'acide, PO43−\mathrm{PO_{4}^{3-}} n'est que base
  • c) H2PO4−+HO−⟶HPO42−+H2O\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}+HO^{-}\longrightarrow HPO_{4}^{2-}+H_{2}O} (acide) ; H2PO4−+H3O+⟶H3PO4+H2O\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}+H_{3}O^{+}\longrightarrow H_{3}PO_{4}+H_{2}O} (base)
  • d) 22 espèces : H2O\mathrm{H_{2}O} et HS−\mathrm{HS^{-}}

a) Un couple acide-base relie deux espèces qui diffèrent d'UN ion H+\mathrm{H^{+}}. Trois pertes successives donnent trois couples : H3PO4/H2PO4−\mathrm{H_{3}PO_{4}/H_{2}PO_{4}^{-}}, H2PO4−/HPO42−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}/HPO_{4}^{2-}} et HPO42−/PO43−\mathrm{HPO_{4}^{2-}/PO_{4}^{3-}}. À chaque perte d'un H+\mathrm{H^{+}}, la charge diminue d'une unité : 00, −1-1, −2-2, donc −3-3 pour l'ion phosphate PO43−\mathrm{PO_{4}^{3-}}. On écrit toujours l'acide à gauche de la barre. Le piège est d'écrire un couple H3PO4/HPO42−\mathrm{H_{3}PO_{4}/HPO_{4}^{2-}} : ces deux espèces diffèrent de deux ions H+\mathrm{H^{+}}, elles ne forment pas un couple, et la demi-équation H3PO4=HPO42−+2 H+\mathrm{H_{3}PO_{4}=HPO_{4}^{2-}+2\,H^{+}} n'est pas celle d'un couple acide-base du programme.

b) H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}} est la base du couple H3PO4/H2PO4−\mathrm{H_{3}PO_{4}/H_{2}PO_{4}^{-}} et l'acide du couple H2PO4−/HPO42−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}/HPO_{4}^{2-}} : il est amphotère. De même HPO42−\mathrm{HPO_{4}^{2-}}, base de H2PO4−/HPO42−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}/HPO_{4}^{2-}} et acide de HPO42−/PO43−\mathrm{HPO_{4}^{2-}/PO_{4}^{3-}}. Les deux espèces EXTRÊMES n'appartiennent qu'à un couple : H3PO4\mathrm{H_{3}PO_{4}} n'a pas d'acide conjugué dans la famille, il est seulement acide ; PO43−\mathrm{PO_{4}^{3-}} n'a plus d'hydrogène à céder, il est seulement base. Retenez le critère : une espèce amphotère porte encore un H\mathrm{H} à céder ET peut en capter un. Être chargée ou neutre ne dit rien : l'eau est neutre et amphotère, l'ion H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}} est chargé et amphotère aussi.

c) Face à l'ion hydroxyde, base forte, H2PO4−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}} cède un H+\mathrm{H^{+}} : H2PO4−+HO−⟶HPO42−+H2O\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}+HO^{-}\longrightarrow HPO_{4}^{2-}+H_{2}O}. Il joue le rôle d'ACIDE, les couples mis en jeu étant H2PO4−/HPO42−\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}/HPO_{4}^{2-}} et H2O/HO−\mathrm{H_{2}O/HO^{-}}. Face à l'ion oxonium, acide fort, il capte un H+\mathrm{H^{+}} : H2PO4−+H3O+⟶H3PO4+H2O\mathrm{H_{2}PO_{4}^{-}+H_{3}O^{+}\longrightarrow H_{3}PO_{4}+H_{2}O}. Il joue le rôle de BASE, avec les couples H3PO4/H2PO4−\mathrm{H_{3}PO_{4}/H_{2}PO_{4}^{-}} et H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O}. Vérification sur chaque équation : les charges se conservent, −1−1=−2+0-1-1=-2+0 puis −1+1=0+0-1+1=0+0, et les hydrogènes aussi. C'est exactement ce que veut dire amphotère : le rôle n'est pas une propriété de l'espèce seule, il dépend du partenaire.

d) H2O\mathrm{H_{2}O} est amphotère : base dans H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O}, acide dans H2O/HO−\mathrm{H_{2}O/HO^{-}}. HS−\mathrm{HS^{-}} l'est aussi, grâce aux deux couples fournis. En revanche HO−\mathrm{HO^{-}} n'est que base en solution aqueuse : l'ion O2−\mathrm{O^{2-}} qu'il donnerait en cédant son hydrogène n'existe pas dans l'eau. H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} n'est qu'acide, NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} aussi (sa base est l'ammoniac), et l'ion oxalate n'est que base : il n'a plus d'hydrogène à céder. Il y a donc 22 espèces amphotères. L'erreur fréquente est de compter HO−\mathrm{HO^{-}} « parce qu'il contient un hydrogène » : il faut vérifier que l'espèce appartient à DEUX couples réels du milieu, pas seulement qu'elle porte un hydrogène.

Exercice 5 : Identifier une espèce par son spectre infrarouge : l'odeur du beurre rance

Un beurre oublié hors du réfrigérateur prend une odeur âcre. On isole le composé responsable, de formule brute C4H8O2\mathrm{C_{4}H_{8}O_{2}}. Trois isomères sont candidats : l'acide butanoïque CH3−CH2−CH2−COOH\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}COOH}, l'acétoïne CH3−CO−CH(OH)−CH3\mathrm{CH_{3}{-}CO{-}CH(OH){-}CH_{3}}, qui donne son arôme au beurre frais, et l'éthanoate d'éthyle CH3−COO−CH2−CH3\mathrm{CH_{3}{-}COO{-}CH_{2}{-}CH_{3}}.

Table de données : O−H\mathrm{O{-}H} d'un alcool, bande forte et large entre 32003200 et 3400 cm−13400\ \mathrm{cm^{-1}} ; O−H\mathrm{O{-}H} d'un acide carboxylique, bande forte et très large entre 25002500 et 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}}, qui englobe les bandes C−H\mathrm{C{-}H} ; C−H\mathrm{C{-}H} entre 28502850 et 3000 cm−13000\ \mathrm{cm^{-1}} ; C=O\mathrm{C{=}O} d'un ester entre 17351735 et 1750 cm−11750\ \mathrm{cm^{-1}} ; C=O\mathrm{C{=}O} d'une cétone ou d'un acide entre 17001700 et 1725 cm−11725\ \mathrm{cm^{-1}}. Le spectre du composé isolé est ci-dessous ; comme tout spectre infrarouge, il porte les nombres d'onde DÉCROISSANTS de gauche à droite.

40003500300025002000150010005000 %50 %100 %nombre d'onde (cm⁻¹)transmittance
  • a) Le nombre d'onde est σ=1λ\sigma=\dfrac{1}{\lambda}. Calculez, en micromètres, la longueur d'onde de la bande la plus intense et la plus fine du spectre, située vers 1710 cm−11710\ \mathrm{cm^{-1}}. Dans quel domaine du spectre électromagnétique est-elle ?
  • b) Pour chacun des trois candidats, nommez les groupes caractéristiques et les bandes attendues au-dessus de 1500 cm−11500\ \mathrm{cm^{-1}}.
  • c) Identifiez le composé en exploitant les deux zones utiles du spectre, et éliminez explicitement les deux autres candidats.
  • d) Les trois candidats sont incolores. Un spectre d'absorption limité au visible, de 400400 à 800 nm800\ \mathrm{nm}, aurait-il permis de les distinguer ? Pourquoi le spectre infrarouge y parvient-il ?

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  • a) λ=11 710 cm−1≈5,85×10−4 cm=5,85 μm\lambda=\dfrac{1}{1\,710\ \mathrm{cm^{-1}}}\approx 5{,}85\times 10^{-4}\ \mathrm{cm}=5{,}85\ \mu\mathrm{m} : infrarouge
  • b) Acide : O-H très large et C=O vers 17101710 ; acétoïne : O-H d'alcool vers 33003300 et C=O de cétone ; ester : aucune O-H, C=O vers 17401740
  • c) L'acide butanoïque : bande très large de 25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}} et C=O à 1710 cm−11710\ \mathrm{cm^{-1}}
  • d) Non, aucun n'absorbe dans le visible ; l'infrarouge sonde les LIAISONS, qui diffèrent d'un isomère à l'autre

a) λ=1σ=11 710 cm−1≈5,85×10−4 cm\lambda=\dfrac{1}{\sigma}=\dfrac{1}{1\,710\ \mathrm{cm^{-1}}}\approx 5{,}85\times 10^{-4}\ \mathrm{cm}, soit 5,85×10−6 m=5,85 μm5{,}85\times 10^{-6}\ \mathrm{m}=5{,}85\ \mu\mathrm{m}. C'est bien de l'infrarouge, au-delà de 800 nm=0,8 μm800\ \mathrm{nm}=0{,}8\ \mu\mathrm{m}. L'unité cm−1\mathrm{cm^{-1}} est le piège de conversion : 1 cm=104 μm1\ \mathrm{cm}=10^{4}\ \mu\mathrm{m}, donc λ=1041 710 μm\lambda=\dfrac{10^{4}}{1\,710}\ \mu\mathrm{m}. Retenez aussi le sens : un grand nombre d'onde correspond à une petite longueur d'onde, donc à une énergie plus grande. Les liaisons O−H\mathrm{O{-}H} et C−H\mathrm{C{-}H}, légères et raides, absorbent à gauche du spectre ; les liaisons doubles et l'empreinte digitale, plus à droite.

b) Acide butanoïque : groupe carboxyle −COOH\mathrm{{-}COOH}, famille des acides carboxyliques ; on attend une bande O−H\mathrm{O{-}H} d'acide, très large, de 25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}}, et une bande C=O\mathrm{C{=}O} entre 17001700 et 1725 cm−11725\ \mathrm{cm^{-1}}. Acétoïne : un groupe carbonyle de cétone et un groupe hydroxyle d'alcool ; on attend une bande O−H\mathrm{O{-}H} d'alcool, large, entre 32003200 et 3400 cm−13400\ \mathrm{cm^{-1}}, bien séparée des bandes C−H\mathrm{C{-}H}, et une bande C=O\mathrm{C{=}O} de cétone vers 1715 cm−11715\ \mathrm{cm^{-1}}. Éthanoate d'éthyle : groupe ester −COO−\mathrm{{-}COO{-}}, aucune liaison O−H\mathrm{O{-}H} ; on attend seulement les C−H\mathrm{C{-}H} et un C=O\mathrm{C{=}O} d'ester entre 17351735 et 1750 cm−11750\ \mathrm{cm^{-1}}. Les trois isomères ont la même formule brute et des spectres différents.

c) Au-dessus de 2500 cm−12500\ \mathrm{cm^{-1}}, le spectre montre une bande très large qui descend jusqu'à 2500 cm−12500\ \mathrm{cm^{-1}} et sur laquelle les pics fins des C−H\mathrm{C{-}H} sont posés, vers 29602960 et 2880 cm−12880\ \mathrm{cm^{-1}} : c'est la signature de l'O−H\mathrm{O{-}H} d'un acide. Vers 1710 cm−11710\ \mathrm{cm^{-1}}, une bande fine et intense : un C=O\mathrm{C{=}O} de cétone ou d'acide. L'ester est éliminé deux fois : il n'a pas d'O−H\mathrm{O{-}H} et son C=O\mathrm{C{=}O} serait vers 17401740. L'acétoïne est éliminée par la FORME et la POSITION de la bande O−H\mathrm{O{-}H} : la sienne serait vers 3300 cm−13300\ \mathrm{cm^{-1}}, séparée des C−H\mathrm{C{-}H}, et ne descendrait pas à 25002500. Le composé est l'acide butanoïque, dont l'odeur de beurre rance est bien connue. Le piège est de conclure sur la seule bande C=O\mathrm{C{=}O}, commune aux deux premiers candidats : c'est la zone des O−H\mathrm{O{-}H} qui tranche.

d) Non. Une espèce incolore n'absorbe pas dans le visible : les trois spectres seraient plats entre 400400 et 800 nm800\ \mathrm{nm}, indiscernables. Le spectre UV-visible identifie surtout les espèces colorées, ou celles qui absorbent dans l'ultraviolet, par la position de leur maximum. Le rayonnement infrarouge, lui, fait vibrer les LIAISONS, et chaque type de liaison absorbe dans une plage de nombres d'onde qui lui est propre. Deux isomères, qui ont les mêmes atomes mais pas les mêmes liaisons, ont donc des spectres infrarouges différents : c'est pour cela que l'infrarouge identifie des GROUPES CARACTÉRISTIQUES, et, avec une table, une espèce.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Un colorant rose : l'identifier par son spectre, puis le doser dans son domaine

Un colorant alimentaire liquide, de couleur rose, est vendu en petit flacon. Son étiquette indique : « colorant rouge, 0,80 %0{,}80\ \% en masse ; densité 1,021{,}02 ». Le spectre d'absorption d'une solution diluée de ce colorant est donné ci-dessous.

Longueur d'onde du maximum d'absorption de quelques colorants alimentaires : jaune orangé S, 482 nm482\ \mathrm{nm} ; rouge allura AC, 504 nm504\ \mathrm{nm} ; érythrosine, 527 nm527\ \mathrm{nm} ; bleu brillant FCF, 630 nm630\ \mathrm{nm}.

On se place à λmax⁡\lambda_{\max} et l'on mesure l'absorbance de solutions étalons du colorant identifié, de masse molaire M=880 g/molM=880\ \mathrm{g/mol}, dans une cuve de ℓ=1,00 cm\ell=1{,}00\ \mathrm{cm}. Concentrations en μmol/L\mu\mathrm{mol/L} et absorbances : 22 : 0,1640{,}164 ; 44 : 0,3280{,}328 ; 66 : 0,4920{,}492 ; 88 : 0,6560{,}656 ; 1212 : 0,9840{,}984 ; 2020 : 1,521{,}52 ; 3030 : 1,951{,}95.

4004254504755005255505756006256506757000,20,40,60,81λ (nm)A
  • a) Lisez λmax⁡\lambda_{\max} sur le spectre et identifiez le colorant. Pourquoi la solution paraît-elle rose alors que son maximum d'absorption est dans le vert ?
  • b) Vérifiez que la loi de Beer-Lambert A=ε ℓ cA=\varepsilon\,\ell\,c est suivie par les cinq premiers étalons et calculez ε\varepsilon. Que se passe-t-il pour les deux derniers ? Citez les conditions de validité de la loi.
  • c) À partir de l'étiquette, calculez la concentration en quantité de matière attendue dans le colorant commercial, puis l'absorbance que donnerait la loi pour ce colorant pur. Conclusion ?
  • d) On prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de colorant qu'on complète à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, puis 1,00 mL1{,}00\ \mathrm{mL} de cette solution qu'on complète à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. L'absorbance mesurée vaut 0,7380{,}738. Calculez la concentration du colorant commercial, son titre massique, et l'écart relatif à l'étiquette.

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  • a) λmax⁡≈527 nm\lambda_{\max}\approx 527\ \mathrm{nm} : érythrosine ; elle absorbe le vert, l'œil perçoit la couleur complémentaire, magenta-rose
  • b) Ac=8,2×104\dfrac{A}{c}=8{,}2\times 10^{4} pour les cinq premiers : ε=8,2×104 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon=8{,}2\times 10^{4}\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}} ; à 2020 et 30 μmol/L30\ \mu\mathrm{mol/L} la courbe s'infléchit
  • c) t=8,16 g/Lt=8{,}16\ \mathrm{g/L}, c≈9,27×10−3 mol/Lc\approx 9{,}27\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} ; AA calculée ≈760\approx 760 : hors domaine, il faut diluer
  • d) Facteur 1 0001\,000 : c=9,0×10−3 mol/Lc=9{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, w≈0,78 %w\approx 0{,}78\ \%, écart ≈−3 %\approx -3\ \%

a) Le maximum du spectre se lit vers 527 nm527\ \mathrm{nm}, entre les lignes 525525 et 550550 et tout près de la première : c'est l'érythrosine. Le rouge allura aurait son maximum avant la ligne 525525, à 504 nm504\ \mathrm{nm}, et le jaune orangé encore plus à gauche. Une solution absorbe une partie de la lumière blanche et transmet le reste : l'œil perçoit la couleur COMPLÉMENTAIRE de celle qui est la plus absorbée. Une absorption maximale dans le vert, entre 490490 et 570 nm570\ \mathrm{nm}, donne une teinte magenta, c'est-à-dire rose. Identifier une espèce par son spectre UV-visible, c'est comparer la POSITION de son maximum à une table, pas sa hauteur, qui dépend de la concentration.

b) Pour les cinq premiers étalons, Ac\dfrac{A}{c} vaut 0,1642×10−6=0,98412×10−6=8,2×104 L/mol\dfrac{0{,}164}{2\times 10^{-6}}=\dfrac{0{,}984}{12\times 10^{-6}}=8{,}2\times 10^{4}\ \mathrm{L/mol} : l'absorbance est proportionnelle à la concentration, la loi est suivie. Avec ℓ=1,00 cm\ell=1{,}00\ \mathrm{cm}, ε=8,2×104 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon=8{,}2\times 10^{4}\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}. Pour 20 μmol/L20\ \mu\mathrm{mol/L} la loi prévoit 1,641{,}64 et l'on mesure 1,521{,}52 ; pour 3030, elle prévoit 2,462{,}46 et l'on mesure 1,951{,}95 : la courbe s'infléchit (voir la correction). La loi de Beer-Lambert suppose une solution DILUÉE, une lumière monochromatique et une seule espèce absorbante ; en pratique, au-delà d'une absorbance de l'ordre de 11 à 1,51{,}5, l'appareil reçoit trop peu de lumière pour mesurer juste. Le domaine d'étalonnage utilisable s'arrête donc ici à 12 μmol/L12\ \mu\mathrm{mol/L}.

c) Même chaîne qu'avec une solution commerciale d'acide : un litre de colorant pèse 1,02×1 000=1 020 g1{,}02\times 1\,000=1\,020\ \mathrm{g}, dont 0,0080×1 020=8,16 g0{,}0080\times 1\,020=8{,}16\ \mathrm{g} de colorant. t=8,16 g/Lt=8{,}16\ \mathrm{g/L}, donc c=8,16880≈9,27×10−3 mol/Lc=\dfrac{8{,}16}{880}\approx 9{,}27\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. La loi donnerait A=8,2×104×1,00×9,27×10−3≈760A=8{,}2\times 10^{4}\times 1{,}00\times 9{,}27\times 10^{-3}\approx 760. Ce nombre n'a aucun sens physique : une absorbance de 760760 correspond à une transmission de 10−76010^{-760}, aucun spectrophotomètre ne la mesure, et la concentration est 770770 fois au-dessus du dernier étalon fiable. Conclusion : on ne mesure pas le colorant pur, on le DILUE pour ramener son absorbance dans le domaine de l'étalonnage.

d) Les deux dilutions ont pour facteurs 100,010,0=10\dfrac{100{,}0}{10{,}0}=10 puis 100,01,00=100\dfrac{100{,}0}{1{,}00}=100, soit 1 0001\,000 au total. La solution mesurée a pour concentration cdil=Aε ℓ=0,7388,2×104=9,0×10−6 mol/Lc_{\text{dil}}=\dfrac{A}{\varepsilon\,\ell}=\dfrac{0{,}738}{8{,}2\times 10^{4}}=9{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol/L}, soit 9,0 μmol/L9{,}0\ \mu\mathrm{mol/L}, bien à l'intérieur du domaine linéaire : la mesure est légitime. Le colorant commercial est donc à c=1 000×cdil=9,0×10−3 mol/Lc=1\,000\times c_{\text{dil}}=9{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, soit 9,0×10−3×880=7,92 g/L9{,}0\times 10^{-3}\times 880=7{,}92\ \mathrm{g/L}, et son titre massique vaut w=7,921 020≈7,76×10−3w=\dfrac{7{,}92}{1\,020}\approx 7{,}76\times 10^{-3}, soit 0,78 %0{,}78\ \%. L'écart relatif à l'étiquette est 0,776−0,800,80≈−3 %\dfrac{0{,}776-0{,}80}{0{,}80}\approx -3\ \%. Le piège est de diviser les 7,92 g/L7{,}92\ \mathrm{g/L} par 1 000 g1\,000\ \mathrm{g} au lieu des 1 020 g1\,020\ \mathrm{g} du litre, ce qui donnerait 0,79 %0{,}79\ \%.

481216202428320,40,81,21,622,4pointillés : A = ε ℓ cmesures9,0c (µmol/L)A

Exercice 7 : La loi de Kohlrausch et sa droite d'étalonnage : un engrais au sulfate de magnésium

Un engrais foliaire liquide annonce « sulfate de magnésium heptahydraté, 25 g/L25\ \mathrm{g/L} ». Pour le contrôler, on mesure la conductance GG de solutions étalons de sulfate de magnésium, Mg2++SO42−\mathrm{Mg^{2+}+SO_{4}^{2-}}, avec une cellule conductimétrique de constante kk : G=k σG=k\,\sigma.

Loi de Kohlrausch : σ=∑iλi[Xi]\sigma=\sum_{i}\lambda_{i}[X_{i}], les concentrations étant en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}. Conductivités molaires ioniques : λ(Mg2+)=10,6 mS⋅m2/mol\lambda(\mathrm{Mg^{2+}})=10{,}6\ \mathrm{mS\cdot m^{2}/mol} et λ(SO42−)=16,0 mS⋅m2/mol\lambda(\mathrm{SO_{4}^{2-}})=16{,}0\ \mathrm{mS\cdot m^{2}/mol}. M(MgSO4,7H2O)=246,5 g/molM(\mathrm{MgSO_{4},7H_{2}O})=246{,}5\ \mathrm{g/mol}.

Étalonnage, cc en mmol/L\mathrm{mmol/L} et GG en mS\mathrm{mS} : 1,01{,}0 : 0,2660{,}266 ; 2,02{,}0 : 0,5320{,}532 ; 4,04{,}0 : 1,061{,}06 ; 6,06{,}0 : 1,601{,}60 ; 8,08{,}0 : 2,132{,}13 ; 2020 : 4,604{,}60 ; 4040 : 7,907{,}90. Ces points sont portés sur le graphique.

4812162024283236404424681012c (mmol/L)G (mS)
  • a) Calculez la conductivité théorique d'une solution de sulfate de magnésium à c=1,0 mmol/Lc=1{,}0\ \mathrm{mmol/L}. Déduisez-en la constante de cellule kk, en centimètres.
  • b) Sur quel domaine GG est-elle proportionnelle à cc ? Donnez le coefficient de proportionnalité. Pourquoi la loi de Kohlrausch cesse-t-elle de s'appliquer au-delà ?
  • c) L'engrais, dilué 2020 fois, donne G=1,35 mSG=1{,}35\ \mathrm{mS}. Déterminez la concentration de la solution diluée, puis celle de l'engrais. L'étiquette est-elle respectée ?
  • d) Un élève mesure l'engrais sans le diluer, lit G=14,0 mSG=14{,}0\ \mathrm{mS} et applique la droite. Quelle concentration trouve-t-il ? Commentez.

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  • a) σ=(10,6+16,0)×10−3×1,0=2,66×10−2 S/m\sigma=(10{,}6+16{,}0)\times 10^{-3}\times 1{,}0=2{,}66\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m} ; k=Gσ=1,0×10−2 m=1,0 cmk=\dfrac{G}{\sigma}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{m}=1{,}0\ \mathrm{cm}
  • b) De 00 à 8 mmol/L8\ \mathrm{mmol/L} au moins : G=0,266 cG=0{,}266\,c (GG en mS, cc en mmol/L) ; au-delà, la solution n'est plus assez diluée
  • c) cdil≈5,08 mmol/Lc_{\text{dil}}\approx 5{,}08\ \mathrm{mmol/L}, c≈0,102 mol/Lc\approx 0{,}102\ \mathrm{mol/L} contre 0,101 mol/L0{,}101\ \mathrm{mol/L} annoncés : conforme
  • d) c≈52,6 mmol/Lc\approx 52{,}6\ \mathrm{mmol/L}, environ la moitié de la vraie valeur : droite appliquée hors de son domaine

a) Le sel se dissout selon MgSO4⟶Mg2++SO42−\mathrm{MgSO_{4}\longrightarrow Mg^{2+}+SO_{4}^{2-}}, donc [Mg2+]=[SO42−]=c[\mathrm{Mg^{2+}}]=[\mathrm{SO_{4}^{2-}}]=c. Conversion OBLIGATOIRE : 1,0 mmol/L=1,0×10−3 mol1{,}0\ \mathrm{mmol/L}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} pour 10−3 m310^{-3}\ \mathrm{m^{3}}, soit 1,0 mol/m31{,}0\ \mathrm{mol/m^{3}}. Alors σ=(λ(Mg2+)+λ(SO42−)) c=26,6×10−3×1,0=2,66×10−2 S/m\sigma=(\lambda(\mathrm{Mg^{2+}})+\lambda(\mathrm{SO_{4}^{2-}}))\,c=26{,}6\times 10^{-3}\times 1{,}0=2{,}66\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m}, soit 26,6 mS/m26{,}6\ \mathrm{mS/m}. Le premier étalon donne G=0,266 mSG=0{,}266\ \mathrm{mS}, donc k=Gσ=0,266×10−32,66×10−2=1,0×10−2 mk=\dfrac{G}{\sigma}=\dfrac{0{,}266\times 10^{-3}}{2{,}66\times 10^{-2}}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{m}, soit 1,0 cm1{,}0\ \mathrm{cm}. Garder cc en mol/L\mathrm{mol/L} donnerait une conductivité mille fois trop petite : l'unité de λ\lambda, S⋅m2/mol\mathrm{S\cdot m^{2}/mol}, impose des mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}.

b) Les rapports Gc\dfrac{G}{c} des cinq premiers étalons valent 0,2660{,}266 ; 0,2660{,}266 ; 0,2650{,}265 ; 0,2670{,}267 ; 0,266 mS0{,}266\ \mathrm{mS} par mmol/L\mathrm{mmol/L} : GG est proportionnelle à cc jusqu'à 8 mmol/L8\ \mathrm{mmol/L} au moins, avec G=0,266 cG=0{,}266\,c. À 20 mmol/L20\ \mathrm{mmol/L} le rapport tombe à 0,2300{,}230, à 4040 à 0,1980{,}198 : les points passent sous la droite (voir la correction). La loi de Kohlrausch suppose que chaque ion conduit comme s'il était seul, ce qui n'est vrai que dans une solution DILUÉE ; quand les ions se rapprochent, chacun freine ses voisins de charge opposée et la conductivité croît moins vite que la concentration. Les ions doublement chargés, comme Mg2+\mathrm{Mg^{2+}} et SO42−\mathrm{SO_{4}^{2-}}, s'éloignent de la loi plus tôt que ceux du chlorure de sodium, d'où un domaine d'étalonnage limité ici à une dizaine de mmol/L\mathrm{mmol/L}.

c) G=1,35 mSG=1{,}35\ \mathrm{mS} tombe dans le domaine linéaire : cdil=1,350,266≈5,08 mmol/Lc_{\text{dil}}=\dfrac{1{,}35}{0{,}266}\approx 5{,}08\ \mathrm{mmol/L}. L'engrais est vingt fois plus concentré : c=20×5,08≈101,5 mmol/Lc=20\times 5{,}08\approx 101{,}5\ \mathrm{mmol/L}, soit 0,102 mol/L0{,}102\ \mathrm{mol/L}. L'étiquette annonce 25246,5≈0,101 mol/L\dfrac{25}{246{,}5}\approx 0{,}101\ \mathrm{mol/L} : l'écart est inférieur à 0,1 %0{,}1\ \%, l'engrais est conforme. Remarquez que l'étiquette donne la masse du sel HYDRATÉ : c'est sa masse molaire, 246,5 g/mol246{,}5\ \mathrm{g/mol}, et non celle du sel anhydre, 120,4 g/mol120{,}4\ \mathrm{g/mol}, qui convertit 25 g/L25\ \mathrm{g/L} en concentration. Prendre la mauvaise donnerait 0,208 mol/L0{,}208\ \mathrm{mol/L} et un faux verdict de non-conformité.

d) La droite donne c=14,00,266≈52,6 mmol/Lc=\dfrac{14{,}0}{0{,}266}\approx 52{,}6\ \mathrm{mmol/L}, alors que la vraie concentration vaut 101,5 mmol/L101{,}5\ \mathrm{mmol/L} : l'élève trouve à peu près la moitié, une erreur d'environ 48 %48\ \%. Il a appliqué une relation de proportionnalité à une solution où elle ne tient plus : 101,5 mmol/L101{,}5\ \mathrm{mmol/L} est très au-delà du dernier étalon de la partie linéaire, et même au-delà du dernier étalon mesuré. Toute mesure doit tomber à l'INTÉRIEUR de la gamme d'étalonnage, et dans sa partie linéaire si l'on utilise la droite : c'est exactement pour cela qu'on a dilué vingt fois. Une extrapolation, par la droite ou par la courbe, n'est jamais une mesure.

4812162024283236404424681012G = 0,266 cmesuresc (mmol/L)G (mS)

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur, puis donnez la réponse juste en vous appuyant sur un résultat chiffré des exercices précédents ou sur les données fournies. On prendra R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot mol^{-1}\cdot K^{-1}}, M(H2)=2,0 g/molM(\mathrm{H_{2}})=2{,}0\ \mathrm{g/mol} et M(CO2)=44,0 g/molM(\mathrm{CO_{2}})=44{,}0\ \mathrm{g/mol}.

  • a) « Une solution d'acide nitrique à 65,0 %65{,}0\ \% en masse, de densité 1,401{,}40, contient 650 g650\ \mathrm{g} d'acide par litre. »
  • b) « Diluer dix fois une solution d'acide fort de pH 2,02{,}0 divise son pH par dix : on obtient pH=0,2\mathrm{pH}=0{,}2. »
  • c) « Un colorant d'absorbance calculée 760760 se dose sans dilution : il suffit de prolonger la droite d'étalonnage. »
  • d) « L'acide butanoïque et l'acétoïne ont la même formule brute C4H8O2\mathrm{C_{4}H_{8}O_{2}}, donc le même spectre infrarouge. »
  • e) « À 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} et sous 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} de dihydrogène et 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} de dioxyde de carbone occupent le même volume, puisque la loi des gaz parfaits ne dépend pas de la nature du gaz. »

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d)
e)
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  • a) Un litre pèse 1 400 g1\,400\ \mathrm{g} : il contient 910 g910\ \mathrm{g} d'acide
  • b) Diluer dix fois AJOUTE 11 au pH : pH=3,0\mathrm{pH}=3{,}0
  • c) Hors domaine : on dilue jusqu'à une absorbance comprise dans la gamme linéaire
  • d) Mêmes atomes, liaisons différentes : bande O-H d'acide de 25002500 à 32003200 contre O-H d'alcool vers 3300 cm−13300\ \mathrm{cm^{-1}}
  • e) Même QUANTITÉ de matière, même volume : V(H2)≈120 LV(\mathrm{H_{2}})\approx 120\ \mathrm{L} et V(CO2)≈5,47 LV(\mathrm{CO_{2}})\approx 5{,}47\ \mathrm{L}

a) Le titre massique s'applique à une MASSE de solution, pas à un volume. Un litre de solution de densité 1,401{,}40 pèse 1 400 g1\,400\ \mathrm{g}, et 65,0 %65{,}0\ \% de cette masse font 910 g910\ \mathrm{g} d'acide nitrique (exercice 1). L'affirmation confond 1 L1\ \mathrm{L} de solution avec 1 000 g1\,000\ \mathrm{g} de solution, et l'erreur vaut exactement le facteur d=1,40d=1{,}40.

b) Le pH est un logarithme : diluer dix fois divise [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}] par dix, donc AJOUTE log⁡10=1\log 10=1 au pH. On passe de 2,02{,}0 à 3,03{,}0 (exercice 2). Un pH de 0,20{,}2 correspondrait à une solution plus de soixante fois plus concentrée en ions oxonium que la solution de départ, ce qu'aucune dilution ne peut produire : diluer rapproche toujours le pH de celui de l'eau.

c) La loi de Beer-Lambert n'est vérifiée que dans un domaine : solution diluée, absorbance modérée. Dans l'exercice 6, les points s'écartent de la droite dès 20 μmol/L20\ \mu\mathrm{mol/L}, pour une absorbance d'environ 1,51{,}5. Une absorbance de 760760 n'est ni mesurable ni interprétable. On dilue donc, ici mille fois, pour obtenir A=0,738A=0{,}738, à l'intérieur de la gamme d'étalonnage, puis on multiplie la concentration trouvée par le facteur de dilution.

d) Le spectre infrarouge ne dépend pas de la formule brute mais des LIAISONS. L'acide butanoïque possède un groupe carboxyle, dont la liaison O−H\mathrm{O{-}H} donne une bande très large de 25002500 à 3200 cm−13200\ \mathrm{cm^{-1}} ; l'acétoïne possède un hydroxyle d'alcool, bande vers 3300 cm−13300\ \mathrm{cm^{-1}}, séparée des C−H\mathrm{C{-}H} (exercice 5). C'est justement parce que des isomères ont des spectres différents que la spectroscopie infrarouge sert à identifier.

e) Ce qui ne dépend pas de la nature du gaz, c'est le volume occupé par une même QUANTITÉ DE MATIÈRE : V=nRTPV=\dfrac{nRT}{P}. Le volume molaire vaut Vm=RTP=8,314×293,151,013×105≈2,406×10−2 m3/molV_{m}=\dfrac{RT}{P}=\dfrac{8{,}314\times 293{,}15}{1{,}013\times 10^{5}}\approx 2{,}406\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{3}/mol}, soit 24,06 L/mol24{,}06\ \mathrm{L/mol}. Or 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} de dihydrogène font 5,00 mol5{,}00\ \mathrm{mol}, et 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} de dioxyde de carbone seulement 0,227 mol0{,}227\ \mathrm{mol} : V(H2)≈120 LV(\mathrm{H_{2}})\approx 120\ \mathrm{L} contre V(CO2)≈5,47 LV(\mathrm{CO_{2}})\approx 5{,}47\ \mathrm{L}, vingt-deux fois moins. À masse égale, le gaz le plus léger occupe le plus grand volume.

Exercice 9 : Le cylindre d'une machine à gazéifier : quand le modèle du gaz parfait ne s'applique pas

Une machine à gazéifier l'eau fonctionne avec un cylindre d'acier dont l'étiquette annonce 425 g425\ \mathrm{g} de dioxyde de carbone. Le volume intérieur du cylindre vaut V=0,70 LV=0{,}70\ \mathrm{L}. À 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}, son manomètre indique P=57 barP=57\ \mathrm{bar}, soit 5,7×106 Pa5{,}7\times 10^{6}\ \mathrm{Pa}.

Données : R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot mol^{-1}\cdot K^{-1}} ; M(CO2)=44,0 g/molM(\mathrm{CO_{2}})=44{,}0\ \mathrm{g/mol} ; T(K)=θ(∘C)+273,15T(\mathrm{K})=\theta(\mathrm{^{\circ}C})+273{,}15 ; pression atmosphérique 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. Le modèle du gaz parfait décrit un gaz sous faible pression, dont les molécules sont assez éloignées pour ne pas interagir.

  • a) Appliquez l'équation d'état du gaz parfait au contenu du cylindre. Quelle quantité de matière, puis quelle masse de dioxyde de carbone trouve-t-on ?
  • b) Comparez à l'étiquette en calculant la masse volumique moyenne du contenu. Le fabricant exagère-t-il ? Expliquez l'écart à l'aide du domaine de validité du modèle.
  • c) Tout le dioxyde de carbone finit par sortir, sous la pression atmosphérique et à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Quelle quantité de matière et quel volume de gaz cela représente-t-il ? Pourquoi le modèle s'applique-t-il cette fois ?
  • d) Le cylindre fuit entièrement dans une pièce fermée de 30 m330\ \mathrm{m^{3}}, à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} et 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. Calculez la concentration du dioxyde de carbone ajouté, en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}, puis sa fraction en quantité de matière dans l'air de la pièce. La valeur limite d'exposition professionnelle est de 0,5 %0{,}5\ \% : conclusion ?

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  • a) n=PVRT≈1,64 moln=\dfrac{PV}{RT}\approx 1{,}64\ \mathrm{mol}, soit m≈72 gm\approx 72\ \mathrm{g}
  • b) ρ=4250,70≈607 g/L\rho=\dfrac{425}{0{,}70}\approx 607\ \mathrm{g/L} : le contenu est en grande partie LIQUIDE, le modèle ne s'applique pas
  • c) n≈9,66 moln\approx 9{,}66\ \mathrm{mol} et V≈232 LV\approx 232\ \mathrm{L} ; gaz sous faible pression, modèle valable
  • d) c≈0,322 mol/m3c\approx 0{,}322\ \mathrm{mol/m^{3}} ; fraction ≈0,77 %\approx 0{,}77\ \%, au-dessus de 0,5 %0{,}5\ \% : aérer

a) On convertit tout en unités du système international : P=5,7×106 PaP=5{,}7\times 10^{6}\ \mathrm{Pa}, V=0,70 L=7,0×10−4 m3V=0{,}70\ \mathrm{L}=7{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}}, T=293,15 KT=293{,}15\ \mathrm{K}. Alors n=PVRT=5,7×106×7,0×10−48,314×293,15=3 9902 437≈1,64 moln=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{5{,}7\times 10^{6}\times 7{,}0\times 10^{-4}}{8{,}314\times 293{,}15}=\dfrac{3\,990}{2\,437}\approx 1{,}64\ \mathrm{mol}, et m=nM≈1,64×44,0≈72 gm=nM\approx 1{,}64\times 44{,}0\approx 72\ \mathrm{g}. Le calcul est juste ; c'est son hypothèse qui va tomber. Les erreurs d'unité sont ici les plus coûteuses : le volume en litres donne une réponse mille fois trop grande, la température en degrés Celsius une réponse fausse d'un facteur 14,714{,}7.

b) L'étiquette annonce 425 g425\ \mathrm{g}, près de six fois plus que les 72 g72\ \mathrm{g} calculés. La masse volumique moyenne du contenu vaut 4250,70≈607 g/L\dfrac{425}{0{,}70}\approx 607\ \mathrm{g/L}, alors que le dioxyde de carbone GAZEUX, à la pression atmosphérique, ne pèse qu'environ 1,8 g/L1{,}8\ \mathrm{g/L} : c'est la masse volumique d'un LIQUIDE. À 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}, le dioxyde de carbone se liquéfie vers 57 bar57\ \mathrm{bar}, et le cylindre contient surtout du liquide surmonté d'un peu de gaz ; le manomètre mesure la pression de ce gaz en équilibre avec le liquide. L'équation d'état du gaz parfait ne s'applique ni à un liquide, ni à un gaz sous forte pression où les molécules interagissent. Le fabricant n'exagère rien : c'est le modèle qui a été appliqué hors de son domaine.

c) La quantité de matière se tire de la masse, qui ne dépend d'aucun modèle : n=42544,0≈9,66 moln=\dfrac{425}{44{,}0}\approx 9{,}66\ \mathrm{mol}. Une fois sorti, le gaz est à 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, pression faible où ses molécules sont éloignées : le modèle s'applique. V=nRTP=9,66×8,314×293,151,013×105≈0,232 m3V=\dfrac{nRT}{P}=\dfrac{9{,}66\times 8{,}314\times 293{,}15}{1{,}013\times 10^{5}}\approx 0{,}232\ \mathrm{m^{3}}, soit 232 L232\ \mathrm{L}, c'est-à-dire 24,06 L/mol24{,}06\ \mathrm{L/mol} fois 9,66 mol9{,}66\ \mathrm{mol}. Ces 232 L232\ \mathrm{L} tiennent dans un cylindre de 0,70 L0{,}70\ \mathrm{L} parce qu'ils y sont liquides : c'est tout l'intérêt de la bouteille.

d) La concentration d'un gaz dans un volume se calcule comme celle d'un soluté : c=nV=9,6630≈0,322 mol/m3c=\dfrac{n}{V}=\dfrac{9{,}66}{30}\approx 0{,}322\ \mathrm{mol/m^{3}}. L'air de la pièce contient au total nair=PVRT=1,013×105×308,314×293,15≈1 247 moln_{\text{air}}=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{1{,}013\times 10^{5}\times 30}{8{,}314\times 293{,}15}\approx 1\,247\ \mathrm{mol} de gaz. La fraction de dioxyde de carbone vaut 9,661 247≈7,7×10−3\dfrac{9{,}66}{1\,247}\approx 7{,}7\times 10^{-3}, soit 0,77 %0{,}77\ \% ; pour des gaz parfaits, c'est aussi une fraction en volume. On dépasse la valeur limite de 0,5 %0{,}5\ \% : il faut aérer. Remarquez que nV=PRT\dfrac{n}{V}=\dfrac{P}{RT} pour tout gaz parfait : dans les mêmes conditions, tous les gaz ont la même concentration totale, 41,6 mol/m341{,}6\ \mathrm{mol/m^{3}}, et c'est la fraction qui distingue un polluant de l'air.

Exercice 10 : L'odeur du poisson et le jus de citron : identifier une amine volatile

L'odeur du poisson qui n'est plus frais est due à une amine volatile de formule brute C3H9N\mathrm{C_{3}H_{9}N}. Trois isomères sont possibles : la propan-1-amine CH3−CH2−CH2−NH2\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}NH_{2}}, la N-méthyléthanamine CH3−CH2−NH−CH3\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}NH{-}CH_{3}} et la triméthylamine (CH3)3N\mathrm{(CH_{3})_{3}N}.

Table de données infrarouge : N−H\mathrm{N{-}H} d'une amine, entre 33003300 et 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}}, DEUX bandes fines quand l'azote porte deux hydrogènes, UNE seule quand il en porte un ; C−H\mathrm{C{-}H} entre 27002700 et 3000 cm−13000\ \mathrm{cm^{-1}}. Le spectre du gaz recueilli au-dessus d'un poisson est donné ci-dessous. Données : M(C3H9N)=59,1 g/molM(\mathrm{C_{3}H_{9}N})=59{,}1\ \mathrm{g/mol} ; R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot mol^{-1}\cdot K^{-1}}.

40003500300025002000150010005000 %50 %100 %nombre d'onde (cm⁻¹)transmittance
  • a) Pour chaque isomère, combien de liaisons N−H\mathrm{N{-}H} l'azote porte-t-il, et combien de bandes N−H\mathrm{N{-}H} attend-on dans le spectre ?
  • b) Identifiez l'amine responsable de l'odeur à l'aide du spectre.
  • c) Dans une boîte fermée de 5,0 L5{,}0\ \mathrm{L}, au réfrigérateur à 4 ∘C4\ \mathrm{^{\circ}C} et sous 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, un filet de poisson libère 0,12 mg0{,}12\ \mathrm{mg} de cette amine. Calculez sa concentration dans l'air de la boîte, en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}, puis sa fraction dans cet air, en parties par million (ppm). Le nez la perçoit dès 0,001 ppm0{,}001\ \mathrm{ppm} environ : conclusion ?
  • d) Quelques gouttes de jus de citron, acide, font disparaître l'odeur. Écrivez l'équation de la réaction de l'amine avec l'ion oxonium, représentez le schéma de Lewis de l'ion formé, et expliquez pourquoi l'odeur disparaît.

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  • a) Propan-1-amine : 22 liaisons N-H, deux bandes ; N-méthyléthanamine : 11, une bande ; triméthylamine : 00, aucune
  • b) Aucune bande entre 33003300 et 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}} : la triméthylamine
  • c) c≈4,06×10−4 mol/m3c\approx 4{,}06\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/m^{3}} ; fraction ≈9,2 ppm\approx 9{,}2\ \mathrm{ppm}, près de dix mille fois le seuil
  • d) (CH3)3N+H3O+⟶(CH3)3NH++H2O\mathrm{(CH_{3})_{3}N+H_{3}O^{+}\longrightarrow (CH_{3})_{3}NH^{+}+H_{2}O} ; l'ion, chargé +1+1, reste dissous : il n'est pas volatil

a) On compte les hydrogènes portés par l'AZOTE, pas ceux de la molécule. La propan-1-amine a un groupe −NH2\mathrm{{-}NH_{2}} : deux liaisons N−H\mathrm{N{-}H}, donc deux bandes fines entre 33003300 et 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}}. La N-méthyléthanamine a un groupe −NH−\mathrm{{-}NH{-}} : une seule liaison, une seule bande. La triméthylamine a ses trois liaisons vers des carbones : aucune liaison N−H\mathrm{N{-}H}, aucune bande. Les trois isomères ont neuf hydrogènes chacun ; c'est leur RÉPARTITION qui change, et c'est elle que le spectre infrarouge voit, puisqu'il répond aux liaisons.

b) Le spectre ne montre rien entre 33003300 et 3500 cm−13500\ \mathrm{cm^{-1}} : la ligne de base y est plate. Les seules bandes au-dessus de 2000 cm−12000\ \mathrm{cm^{-1}} sont celles des C−H\mathrm{C{-}H}, entre 27502750 et 30003000. L'amine n'a donc aucune liaison N−H\mathrm{N{-}H} : c'est la triméthylamine. Attention au raisonnement inverse, faux : « pas de bande N−H\mathrm{N{-}H}, donc pas d'amine ». Une amine TERTIAIRE n'a pas de liaison N−H\mathrm{N{-}H}, et l'absence de bande ne prouve rien contre la présence d'azote. Une table se lit dans le sens où elle est écrite : une bande présente prouve une liaison, une bande absente exclut seulement cette liaison.

c) Quantité de matière : n=mM=0,12×10−359,1≈2,03×10−6 moln=\dfrac{m}{M}=\dfrac{0{,}12\times 10^{-3}}{59{,}1}\approx 2{,}03\times 10^{-6}\ \mathrm{mol}. Concentration dans la boîte : c=nV=2,03×10−65,0×10−3≈4,06×10−4 mol/m3c=\dfrac{n}{V}=\dfrac{2{,}03\times 10^{-6}}{5{,}0\times 10^{-3}}\approx 4{,}06\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/m^{3}}. Le gaz parfait donne la quantité totale d'air dans la boîte, à T=277,15 KT=277{,}15\ \mathrm{K} : nair=PVRT=1,013×105×5,0×10−38,314×277,15≈0,220 moln_{\text{air}}=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{1{,}013\times 10^{5}\times 5{,}0\times 10^{-3}}{8{,}314\times 277{,}15}\approx 0{,}220\ \mathrm{mol}. Fraction : 2,03×10−60,220≈9,2×10−6\dfrac{2{,}03\times 10^{-6}}{0{,}220}\approx 9{,}2\times 10^{-6}, soit 9,2 ppm9{,}2\ \mathrm{ppm} (une partie par million vaut 10−610^{-6}). C'est près de dix mille fois le seuil de perception : une quantité invisible à la balance suffit à rendre la boîte malodorante.

d) Le jus de citron apporte des ions oxonium. Le doublet non liant de l'azote capte un ion H+\mathrm{H^{+}} : (CH3)3N+H3O+⟶(CH3)3NH++H2O\mathrm{(CH_{3})_{3}N+H_{3}O^{+}\longrightarrow (CH_{3})_{3}NH^{+}+H_{2}O}, selon le couple (CH3)3NH+/(CH3)3N\mathrm{(CH_{3})_{3}NH^{+}/(CH_{3})_{3}N}. Dans l'ion triméthylammonium, l'azote est lié à quatre atomes, n'a plus de doublet non liant et porte la charge +1+1 (voir la correction). Un ion chargé est entouré de molécules d'eau et reste dissous dans le liquide : il ne passe pas dans l'air, donc il n'atteint pas le nez. L'odeur disparaît sans que l'amine soit détruite : elle a changé de FORME, de la base volatile à l'acide conjugué ionique. Remarquez qu'ici l'ion ammonium ne porte qu'UNE liaison N−H\mathrm{N{-}H} : ce qui définit un ion ammonium n'est pas un nombre d'hydrogènes, c'est l'azote à quatre liaisons et chargé.

NCH₃CH₃CH₃triméthylamineNCH₃CH₃CH₃H+ion triméthylammonium+ H⁺ →
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspc-composition-systeme. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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