Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : structure des entités organiques et synthèse (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la structure des entités organiques et la synthèse, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le fil de la série : une synthèse se lit en étapes, transformation, isolement, purification, analyse, et chaque étape se justifie par une propriété physico-chimique des espèces en présence ; le rendement, lui, se calcule toujours sur le réactif limitant. Une confusion revient à chaque contrôle : chauffer à reflux accélère la transformation sans perte de matière, mais ne change pas l'état final.
L'exercice 10 est celui qui ressemble le plus à une vraie question de chimiste : trois tests, trois éliminations, et une seule structure qui survit.
La formule topologique, l'isomérie de constitution, la famille des esters et les chaînes insaturées ou cycliques ne sont pas au programme de spécialité de Première : la Première se limite aux squelettes saturés et à quatre familles, alcool, aldéhyde, cétone et acide carboxylique. Les exercices 3 et 8, et les questions qui touchent ces notions, sont donc signalés comme une anticipation de la Terminale.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Familles au programme de Première : alcool −OH en -ol ; aldéhyde −CHO en bout de chaîne, en -al ; cétone −CO− à l'intérieur, en -one ; acide carboxylique −COOH en -oïque.
•Nomenclature : la chaîne principale porte le groupe caractéristique, et on numérote pour lui donner le plus PETIT indice possible.
•Reflux : le réfrigérant condense les vapeurs et les renvoie au ballon, ce qui permet de chauffer sans perte de matière. Pierres ponce ajoutées à froid.
•Chromatographie : Rf=Hh, compris entre 0 et 1. La position identifie l'espèce, l'intensité de la tache renseigne sur la quantité.
•Rendement : η=mtheˊoriquemobtenue, calculé sur le réactif limitant. Chauffer ne le change pas.
•Anticipation de Terminale : représentation topologique (chaque sommet et chaque extrémité est un carbone, les hydrogènes portés par les carbones ne sont pas écrits) ; ester −COO− en -oate de -yle ; isomérie de constitution de chaîne, de position ou de fonction ; rendement augmenté par l'excès d'un réactif ou l'élimination d'un produit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Des formules et une représentation topologique
On considère la molécule de butan-2-ol, de formule semi-développée CH3−CHOH−CH2−CH3.
Anticipation de Terminale pour les questions c) et e) : la représentation topologique est au programme de Terminale, partie « Élaborer des stratégies en synthèse organique ». En Première, on travaille avec les formules brute, développée et semi-développée, questions a), b) et d).
a) Donnez sa formule brute et calculez sa masse molaire, avec M(C)=12,0, M(H)=1,0 et M(O)=16,0g/mol.
b) Écrivez sa formule développée, en faisant apparaître toutes les liaisons.
c) Donnez sa représentation topologique et rappelez les deux conventions qui la régissent.
d) Combien d'atomes de carbone la chaîne principale comporte-t-elle ? Quel est le nom du squelette carboné correspondant ?
e) Pourquoi la représentation topologique est-elle systématiquement préférée en chimie organique ?
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Réponses
a)C4H10O ; M=74,0 g/mol
b)Quatre liaisons par carbone, deux pour l'oxygène
c)Zigzag à quatre sommets, OH sur le deuxième
d)Quatre carbones : squelette du butane
e)Seuls le squelette et les groupes caractéristiques restent visibles
a) On compte les atomes : quatre carbones, un oxygène, et pour les hydrogènes 3+1+1+2+3=10. La formule brute est donc C4H10O. Sa masse molaire vaut M=4×12,0+10×1,0+16,0=74,0g/mol.
b) La formule développée fait apparaître les quatre liaisons de chaque carbone et les deux de l'oxygène : chaque CH3 montre trois liaisons C−H, le carbone porteur du groupe hydroxyle montre une liaison vers H, une vers OH et deux vers les carbones voisins, et ainsi de suite. Aucune liaison n'est sous-entendue.
c) En représentation topologique, on dessine une ligne brisée où chaque extrémité et chaque sommet représente un atome de carbone. Les deux conventions sont : les atomes de carbone et les atomes d'hydrogène qui leur sont liés ne sont pas écrits, et tous les autres atomes, appelés hétéroatomes, le sont explicitement avec leurs hydrogènes. Le butan-2-ol se dessine donc comme une ligne brisée à quatre sommets portant un OH sur le deuxième.
d) La chaîne principale comporte quatre atomes de carbone, ce qui correspond au préfixe but. Le squelette est donc celui du butane, chaîne linéaire saturée à quatre carbones, et c'est ce préfixe que l'on retrouve dans le nom butan-2-ol.
e) Parce qu'elle fait disparaître ce qui est prévisible et laisse voir ce qui compte. Les carbones et leurs hydrogènes se déduisent de la règle de tétravalence, donc les écrire est redondant. Ce qui reste visible est exactement l'information utile : la forme du squelette et la position des groupes caractéristiques. Sur une molécule de vingt carbones, la formule développée devient illisible alors que la topologique reste immédiatement interprétable, et c'est elle qui permet de comparer deux molécules d'un coup d'oeil.
La figure du corrigé donne la représentation TOPOLOGIQUE du butan-2-ol, et il faut en comprendre les trois conventions, car elles sont la source de la plupart des erreurs de lecture. Premièrement, chaque EXTRÉMITÉ et chaque SOMMET de la ligne brisée représente un atome de carbone, jamais écrit : la chaîne dessinée ici en compte quatre, ce que confirme le préfixe « butan ». Deuxièmement, les atomes d'hydrogène liés aux carbones ne sont pas représentés du tout ; on les rétablit mentalement en complétant chaque carbone à quatre liaisons, ce qui donne trois hydrogènes sur C1 et sur C4, deux sur C3, et un seul sur C2 puisqu'il porte déjà le groupe hydroxyle. Troisièmement, tout atome AUTRE que le carbone et que ses hydrogènes est écrit explicitement, ici le OH accroché au deuxième sommet. On vérifie alors la formule brute : quatre carbones, 3+1+2+3=9 hydrogènes sur les carbones plus celui du groupe hydroxyle, soit dix, et un oxygène : C4H10O ✓. La ligne est dessinée en zigzag et non droite, et ce n'est pas un choix esthétique : l'angle des liaisons autour d'un carbone tétraédrique vaut environ 109∘, et le zigzag en rend compte, alors qu'une ligne droite suggérerait à tort un alignement.
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Exercice 2 : Groupes caractéristiques et familles
Un groupe caractéristique est un atome ou un groupe d'atomes qui confère à la molécule des propriétés spécifiques. Il définit la famille fonctionnelle.
Anticipation de Terminale pour les questions c), d) et e) en ce qui concerne l'ester : la famille des esters est au programme de Terminale, partie « Élaborer des stratégies en synthèse organique ». La Première se limite à quatre familles, alcool, aldéhyde, cétone et acide carboxylique, et à des molécules possédant un seul groupe caractéristique, ce qui place aussi la molécule à deux familles de la question e) au-delà.
a) Donnez le nom de la famille et la terminaison du nom associées au groupe −OH porté par un carbone tétragonal.
b) Distinguez l'aldéhyde de la cétone : même groupe carbonyle, deux familles. Sur quoi repose la distinction ?
c) Donnez le groupe caractéristique et la terminaison de l'acide carboxylique, puis de l'ester.
d) Identifiez la famille de chacune des molécules suivantes : CH3−CO−CH3, CH3−CH2−COOH, CH3−CHO et CH3−COO−CH3.
e) La molécule HO−CH2−CH2−COOH appartient à deux familles. Lesquelles ? Comment la nomme-t-on alors ?
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Réponses
a)Alcools, terminaison -ol
b)Position du carbonyle : bout de chaîne (-al) ou intérieur (-one)
c)−COOH, acide -oïque ; −COO−, -oate de -yle
d)Cétone, acide carboxylique, aldéhyde, ester
e)Alcool et acide : acide 3-hydroxypropanoïque
a) Le groupe hydroxyle −OH sur un carbone tétragonal caractérise la famille des alcools, dont le nom se termine en -ol, comme dans butan-2-ol.
b) Les deux familles portent le même groupe carbonyle C=O. La distinction porte sur la position de ce groupe dans la chaîne : s'il est en bout de chaîne, le carbone portant aussi un hydrogène, c'est un aldéhyde, terminaison -al ; s'il est à l'intérieur de la chaîne, encadré par deux carbones, c'est une cétone, terminaison -one. Un aldéhyde s'écrit donc −CHO et une cétone −CO−.
c) L'acide carboxylique porte le groupe −COOH, réunion d'un carbonyle et d'un hydroxyle sur le même carbone, et son nom se termine par -oïque, précédé du mot acide. L'ester porte le groupe −COO− inséré entre deux chaînes carbonées, et son nom se termine en -oate de -yle.
d) CH3−CO−CH3 est une cétone, la propanone, puisque le carbonyle est encadré par deux carbones. CH3−CH2−COOH est un acide carboxylique, l'acide propanoïque. CH3−CHO est un aldéhyde, l'éthanal, le carbonyle étant en bout de chaîne. CH3−COO−CH3 est un ester, l'éthanoate de méthyle.
e) Elle porte à la fois un groupe hydroxyle et un groupe carboxyle : elle appartient donc à la famille des alcools et à celle des acides carboxyliques. Quand plusieurs familles coexistent, une seule impose la terminaison, selon un ordre de priorité où l'acide carboxylique l'emporte sur l'alcool. Le nom se termine donc par -oïque et l'autre groupe devient un préfixe hydroxy : cette molécule est l'acide 3-hydroxypropanoïque.
Exercice 3 : Combien d'isomères pour une même formule brute ?
Deux molécules isomères ont la même formule brute mais des formules développées différentes. On s'intéresse à la formule brute C4H10O, celle du butan-2-ol de l'exercice 1.
Anticipation de Terminale : l'isomérie de constitution, et la famille des éthers qu'elle fait intervenir ici, sont au programme de Terminale, partie « Élaborer des stratégies en synthèse organique ». La question e), mêmes masses molaires et propriétés physiques différentes, se relie en Première aux interactions entre entités.
a) Rappelez ce que sont les trois types d'isomérie de constitution.
b) Écrivez les quatre alcools de formule C4H10O et nommez-les.
c) Écrivez les trois éthers de même formule brute.
d) Combien y a-t-il d'isomères au total ? Classez les couples suivants selon le type d'isomérie : butan-1-ol et butan-2-ol ; butan-1-ol et 2-méthylpropan-1-ol ; butan-1-ol et éthoxyéthane.
e) Ces isomères ont exactement la même masse molaire. Ont-ils pour autant les mêmes propriétés physiques ? Justifiez sur un exemple.
a) L'isomérie de CHAÎNE, quand le squelette carboné diffère, linéaire ou ramifié. L'isomérie de POSITION, quand le même groupe caractéristique occupe une place différente sur le même squelette. L'isomérie de FONCTION, quand les groupes caractéristiques eux-mêmes diffèrent, donc les familles.
b) Sur la chaîne linéaire à quatre carbones : le butan-1-ol CH3−CH2−CH2−CH2OH et le butan-2-ol CH3−CHOH−CH2−CH3. Sur la chaîne ramifiée à trois carbones portant un méthyle : le 2-méthylpropan-1-ol (CH3)2CH−CH2OH et le 2-méthylpropan-2-ol (CH3)3C−OH. Cela fait quatre alcools.
c) Un éther possède un oxygène inséré entre deux chaînes carbonées : CH3−CH2−O−CH2−CH3, l'éthoxyéthane ; CH3−O−CH2−CH2−CH3, le 1-méthoxypropane ; et CH3−O−CH(CH3)2, le 2-méthoxypropane. Cela fait trois éthers.
d) Au total 4+3=7 isomères. Le couple butan-1-ol et butan-2-ol relève de l'isomérie de position, le groupe hydroxyle ayant changé de carbone sur le même squelette. Le couple butan-1-ol et 2-méthylpropan-1-ol relève de l'isomérie de chaîne, le squelette passant de linéaire à ramifié. Le couple butan-1-ol et éthoxyéthane relève de l'isomérie de fonction, l'alcool devenant un éther.
e) Non, et l'écart peut être considérable. Le butan-1-ol bout vers 118∘C alors que l'éthoxyéthane bout vers 35∘C, pour la même masse molaire de 74,0g/mol. La raison tient aux liaisons hydrogène : le groupe hydroxyle de l'alcool porte un hydrogène lié à un oxygène, ce qui permet aux molécules de s'attirer fortement entre elles, alors que l'oxygène de l'éther, sans hydrogène propre, ne le permet pas. La masse molaire ne détermine donc pas les propriétés : c'est la nature et la position du groupe caractéristique qui les gouvernent, et c'est précisément pourquoi on classe les molécules par famille.
La figure du corrigé organise le dénombrement en ARBRE, et c'est la seule façon fiable de n'oublier aucun isomère. On descend en deux temps. Premier niveau, la FAMILLE : avec un oxygène et une formule saturée, il n'y a que deux possibilités, l'oxygène porte un hydrogène et l'on a un alcool, ou il est inséré entre deux carbones et l'on a un éther-oxyde. Second niveau, à l'intérieur de chaque famille, le SQUELETTE puis la POSITION du groupe. Pour les alcools, le squelette linéaire à quatre carbones donne le butan-1-ol et le butan-2-ol, deux positions non équivalentes seulement, car les positions 3 et 4 redonnent les mêmes molécules lues à l'envers ; le squelette ramifié, le 2-méthylpropane, donne le 2-méthylpropan-1-ol et le 2-méthylpropan-2-ol. Cela fait quatre. Pour les éthers-oxydes, il faut répartir quatre carbones de part et d'autre de l'oxygène : deux et deux donnent l'éthoxyéthane, trois et un donnent le 1-méthoxypropane si le méthoxy est en bout de chaîne et le 2-méthoxypropane s'il est au milieu, ce qui fait trois. Total sept ✓. L'erreur classique consiste à énumérer au hasard et à s'arrêter quand on ne trouve plus rien, ce qui donne presque toujours cinq ou six ; l'arbre garantit l'exhaustivité parce qu'à chaque niveau on épuise une liste FINIE de choix.
Exercice 4 : Nommer et représenter
La nomenclature systématique suit trois étapes : repérer la chaîne principale, la numéroter de façon à donner le plus petit indice au groupe caractéristique, puis nommer les ramifications par ordre alphabétique.
Anticipation de Terminale pour la seule question d) : le propanoate d'éthyle est un ester, famille au programme de Terminale. Les questions a), b), c) et e) portent sur les familles de Première.
a) Nommez la molécule CH3−CH(CH3)−CH2−CH2OH.
b) Nommez la molécule CH3−CH2−CO−CH(CH3)−CH3.
c) Donnez la formule semi-développée de l'acide 2-méthylbutanoïque.
d) Donnez la formule semi-développée du propanoate d'éthyle.
e) Un élève propose le nom 3-méthylbutan-4-ol pour la molécule de la question a). Corrigez et expliquez la règle enfreinte.
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Réponses
a)3-méthylbutan-1-ol
b)2-méthylpentan-3-one
c)CH3−CH2−CH(CH3)−COOH
d)CH3−CH2−COO−CH2−CH3
e)3-méthylbutan-1-ol : plus petit indice au groupe hydroxyle
a) La chaîne principale porte le groupe hydroxyle et comprend quatre carbones : c'est un butanol. On numérote depuis l'extrémité la plus proche du groupe hydroxyle, qui reçoit donc l'indice 1. Le méthyle se trouve alors sur le carbone 3. Le nom est le 3-méthylbutan-1-ol.
b) Le groupe carbonyle est à l'intérieur de la chaîne : c'est une cétone. La chaîne principale compte cinq carbones, c'est donc une pentanone. En numérotant depuis l'extrémité qui donne le plus petit indice au carbonyle, celui-ci porte l'indice 3 dans un sens et 3 dans l'autre ; on départage alors sur la ramification, qui doit avoir le plus petit indice possible. Le nom est la 2-méthylpentan-3-one.
c) L'acide 2-méthylbutanoïque a une chaîne principale de quatre carbones terminée par −COOH, avec un méthyle sur le carbone 2, celui qui suit immédiatement le groupe acide : CH3−CH2−CH(CH3)−COOH.
d) Un ester en -oate de -yle : la partie propanoate vient de l'acide propanoïque, à trois carbones, et la partie éthyle est la chaîne portée par l'oxygène. Cela donne CH3−CH2−COO−CH2−CH3.
e) Le nom correct est 3-méthylbutan-1-ol. La règle enfreinte est celle du sens de numérotation : la chaîne doit être numérotée de manière à donner le plus PETIT indice possible au groupe caractéristique, ici l'hydroxyle. L'élève a numéroté depuis l'autre extrémité, ce qui donne l'indice 4 à l'hydroxyle au lieu de 1. Ce n'est pas une question de goût : la molécule serait nommée différemment par deux chimistes, et la nomenclature perdrait son unique raison d'être, qui est qu'un nom désigne une seule molécule et une molécule un seul nom.
Exercice 5 : Le montage à reflux et le suivi de la synthèse
Une synthèse organique se déroule en trois temps : la transformation, le traitement du mélange réactionnel, puis l'identification et l'analyse du produit obtenu.
a) Décrivez le montage à chauffage à reflux et expliquez le rôle du réfrigérant.
b) Pourquoi chauffer, alors que le chauffage ne modifie pas le rendement d'une réaction limitée ?
c) Quel est le rôle des pierres ponce, et pourquoi les ajoute-t-on toujours avant de chauffer ?
d) Citez deux techniques de séparation utilisées lors du traitement et précisez ce que chacune sépare.
e) Expliquez le principe d'une chromatographie sur couche mince et définissez le rapport frontal.
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Réponses
a)Le réfrigérant condense les vapeurs, qui retombent
b)Chauffer accélère, sans changer l'état final
c)Régulariser l'ébullition ; toujours à froid
d)Filtration : solide et liquide ; extraction : solubilités
e)Rf=Hh, entre 0 et 1
a) Le mélange réactionnel est placé dans un ballon surmonté d'un réfrigérant vertical, l'ensemble étant chauffé par un chauffe-ballon. Les vapeurs qui s'échappent du mélange montent dans le réfrigérant, s'y condensent au contact des parois froides et retombent dans le ballon. Le réfrigérant empêche donc toute perte de matière volatile, ce qui permet de chauffer longtemps sans que le milieu s'appauvrisse.
b) Parce que chauffer agit sur la CINÉTIQUE, pas sur l'état final. Une élévation de température augmente la fréquence et l'énergie des chocs entre molécules, donc la vitesse de la réaction : on atteint l'état final en quelques dizaines de minutes au lieu de plusieurs jours. Le taux d'avancement final, lui, reste imposé par la réaction elle-même. On chauffe pour gagner du temps, jamais pour gagner du rendement.
c) Les pierres ponce sont poreuses et libèrent de fines bulles d'air qui amorcent l'ébullition en des points multiples. Sans elles, le liquide peut dépasser sa température d'ébullition sans bouillir, état instable dit de surchauffe, puis se vaporiser brutalement en projetant du liquide brûlant hors du montage. On les ajoute toujours À FROID, avant de chauffer : les jeter dans un liquide déjà surchauffé déclencherait précisément l'ébullition explosive que l'on cherche à éviter.
d) La filtration, sur büchner par exemple, sépare un solide d'un liquide et sert à récupérer un produit qui a cristallisé. L'extraction par solvant, réalisée en ampoule à décanter, sépare deux espèces dissoutes en exploitant leur solubilité différente dans deux solvants non miscibles : le produit passe dans la phase où il est le plus soluble, les impuretés restant dans l'autre.
e) On dépose sur une plaque, un peu au-dessus du bas, une goutte de chaque échantillon à comparer, puis on place la plaque dans une cuve contenant un éluant. L'éluant monte par capillarité et entraîne les espèces plus ou moins loin selon leur affinité relative pour l'éluant et pour la phase fixe de la plaque. Le rapport frontal d'une espèce est Rf=Hh, où h est la distance parcourue par la tache depuis la ligne de dépôt et H celle parcourue par le front du solvant. C'est un nombre compris entre 0 et 1, caractéristique de l'espèce dans des conditions données.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : La synthèse de l'aspirine et son rendement
On synthétise l'aspirine en faisant réagir l'acide salicylique avec l'anhydride éthanoïque, selon une réaction de rapport stœchiométrique 1 pour 1 qui produit également de l'acide éthanoïque.
On introduit m=5,00g d'acide salicylique et V=7,0mL d'anhydride éthanoïque de masse volumique ρ=1,08g/mL. Masses molaires en g/mol : acide salicylique 138,1, anhydride éthanoïque 102,1, aspirine 180,2.
a) Calculez les quantités de matière initiales des deux réactifs.
b) Déterminez le réactif limitant et justifiez le choix de l'expérimentateur.
c) Calculez la masse d'aspirine attendue si la réaction est totale.
d) La masse d'aspirine sèche recueillie après recristallisation est de 5,20g. Calculez le rendement.
e) Citez trois causes distinctes pouvant expliquer que le rendement ne soit pas de 100 pour cent.
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Réponses
a)3,62×10−2 mol et 7,40×10−2 mol
b)Acide salicylique limitant, anhydride en excès
c)mth=6,52 g
d)η=79,7 %
e)Transformation non totale, pertes matérielles, recristallisation
a) nsal=138,15,00=3,62×10−2mol. Pour l'anhydride, la masse vaut m=ρV=1,08×7,0=7,56g, donc nanh=102,17,56=7,40×10−2mol.
b) Les coefficients valant 1 de part et d'autre, on compare directement : 3,62×10−2<7,40×10−2, donc l'acide salicylique est limitant. Ce choix est délibéré : l'anhydride est mis en excès, à environ deux équivalents, pour déplacer la transformation aussi loin que possible et s'assurer que le réactif coûteux, ici l'acide salicylique, soit entièrement converti.
c) xmax=3,62×10−2mol, donc mtheˊorique=3,62×10−2×180,2=6,52g.
d) η=mtheˊoriquemobtenue=6,525,20=0,797, soit un rendement de 79,7 pour cent, ce qui est un bon résultat pour une synthèse de travaux pratiques.
e) Premièrement, la transformation peut ne pas être totale, une partie des réactifs restant présente à l'état final. Deuxièmement, des pertes matérielles se produisent à chaque manipulation : produit resté sur les parois, passé à travers le filtre, ou redissous par un excès de solvant de lavage. Troisièmement, la recristallisation elle-même sacrifie du produit : une fraction de l'aspirine reste dissoute dans les eaux mères, et c'est le prix à payer pour éliminer les impuretés. On notera que ces trois causes sont de natures différentes, chimique, technique et méthodologique, et que seule la première dépend de la réaction.
Exercice 7 : Lire une chromatographie
À l'issue de la synthèse précédente, on réalise une chromatographie sur couche mince. Trois dépôts sont effectués : A est l'acide salicylique de départ, B est un échantillon d'aspirine pure du commerce, et C est le produit brut obtenu avant recristallisation.
Le front du solvant a parcouru 8,0cm depuis la ligne de dépôt.
a) Sur le chromatogramme, la tache du dépôt A est à 2,8cm de la ligne de dépôt. Calculez son rapport frontal.
b) La tache du dépôt B est à 5,44cm. Calculez son rapport frontal.
c) Interprétez le dépôt C : combien d'espèces contient-il, et lesquelles ?
d) Que conclure sur la synthèse et sur la nécessité de la recristallisation ?
e) Pourquoi la ligne de dépôt doit-elle être tracée au crayon à papier, et pourquoi doit-elle rester au-dessus du niveau de l'éluant dans la cuve ?
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Réponses
a)Rf(A)=0,35
b)Rf(B)=0,68
c)Deux espèces : aspirine et acide salicylique
d)Synthèse réussie mais produit impur : recristalliser
e)Graphite immobile ; dépôts au-dessus de l'éluant
a) Rf(A)=Hh=8,02,8=0,35.
b) Rf(B)=8,05,44=0,68.
c) Le dépôt C présente DEUX taches, l'une à la même hauteur que celle de A et l'autre à la même hauteur que celle de B. Le produit brut contient donc deux espèces : de l'aspirine formée, identifiée par comparaison avec l'échantillon pur, et de l'acide salicylique n'ayant pas réagi, identifié par comparaison avec le réactif de départ.
d) La synthèse a bien fonctionné puisque l'aspirine est présente, mais elle est incomplète ou mal purifiée puisque le réactif de départ subsiste. La recristallisation est donc indispensable : elle éliminera l'acide salicylique résiduel pour ne conserver que l'aspirine. Une chromatographie du produit recristallisé ne devrait plus montrer qu'une seule tache, à la hauteur de celle de B, et c'est exactement le critère de pureté que l'on cherche.
e) Au crayon à papier parce que le graphite est constitué de carbone pur, insoluble dans l'éluant : il ne migre pas et ne pollue pas la plaque. Un stylo à encre, lui, laisserait migrer ses propres colorants et créerait des taches parasites, faussant complètement la lecture. Quant au niveau de l'éluant, il doit rester SOUS la ligne de dépôt : si les dépôts trempaient dans le solvant, les espèces se dissoudraient directement dans la cuve au lieu d'être entraînées le long de la plaque, et il n'y aurait aucune séparation. Ces deux précautions ont la même logique : ne laisser migrer que ce que l'on veut observer.
Exercice 8 : L'arôme de banane, une estérification limitée
L'éthanoate de 3-méthylbutyle possède l'odeur de la banane. On le prépare en chauffant à reflux du 3-méthylbutan-1-ol avec de l'acide éthanoïque en présence d'acide sulfurique concentré.
On introduit V1=10,0mL d'alcool de masse volumique 0,81g/mL et V2=15,0mL d'acide de masse volumique 1,05g/mL. Masses molaires en g/mol : alcool 88,1, acide 60,0, ester 130,2.
Anticipation de Terminale : la famille des esters, l'estérification comme transformation limitée et l'augmentation du rendement par l'excès d'un réactif ou l'élimination d'un produit sont au programme de Terminale, partie « Élaborer des stratégies en synthèse organique ». En Première, la synthèse d'un ester peut servir de support au calcul d'un rendement, questions b), c) et d), sans que la famille soit exigible.
a) Écrivez l'équation de la réaction d'estérification en formules semi-développées.
b) Calculez les quantités de matière initiales et déterminez le réactif limitant.
c) Calculez la masse d'ester attendue si la transformation était totale.
d) On recueille 7,80g d'ester. Calculez le rendement et commentez sa valeur.
e) Quel est le rôle de l'acide sulfurique ? Modifie-t-il le rendement ? Proposez deux moyens d'améliorer réellement le rendement.
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Réponses
a)Acide éthanoïque et 3-méthylbutan-1-ol ⇌ ester et eau
d)η=65,2 % : pertes de traitement, l'équilibre permettait près de 90 %
e)Catalyseur sans effet sur l'état final ; excès de réactif ou élimination d'un produit
a) CH3−COOH+HO−CH2−CH2−CH(CH3)−CH3⇌CH3−COO−CH2−CH2−CH(CH3)−CH3+H2O. La double flèche rappelle que la transformation n'est pas totale.
b) Pour l'alcool, m=0,81×10,0=8,10g donc n=88,18,10=9,19×10−2mol. Pour l'acide, m=1,05×15,0=15,75g donc n=60,015,75=0,2625mol. Les coefficients valant 1, l'alcool est limitant, l'acide étant en excès d'environ 2,9 équivalents.
c) xmax=9,19×10−2mol, donc mtheˊorique=9,19×10−2×130,2=11,97g.
d) η=11,977,80=0,652, soit 65,2 pour cent. Il faut comparer cette valeur à ce que l'équilibre permet. Avec un mélange équimolaire et un alcool primaire, le taux d'avancement final plafonne vers 67 pour cent ; mais ici l'acide est en excès de près de trois équivalents, ce qui déplace l'équilibre et le porte vers 90 pour cent, comme le montre la figure. L'écart entre 90 et 65 pour cent n'est donc pas imposé par la réaction : il vient des pertes du traitement, lavages, décantation, séchage et distillation, où l'ester volatil et légèrement soluble s'échappe à chaque étape. Le résultat reste honorable pour une synthèse de travaux pratiques.
e) L'acide sulfurique est un CATALYSEUR : il accélère considérablement la réaction, qui demanderait sinon plusieurs jours, mais il ne déplace pas l'équilibre et ne modifie donc pas le rendement d'un iota. Pour améliorer réellement le rendement, il faut agir sur l'état final lui-même, ce qu'un catalyseur ne fait jamais. Deux moyens : mettre l'un des réactifs en large excès, ce qui a d'ailleurs été fait ici avec l'acide, ce qui déplace l'équilibre vers la formation de l'ester ; ou éliminer un produit au fur et à mesure de sa formation, en distillant l'eau ou l'ester s'il est le plus volatil, ce qui empêche la réaction inverse et permet d'approcher les 100 pour cent.
La figure du corrigé porte la proportion d'ester formé au cours du temps, dans deux conditions, et elle montre ce que « transformation limitée » veut dire concrètement. Les deux courbes croissent puis PLAFONNENT : au bout d'un temps suffisant, plus rien ne bouge, alors qu'il reste des réactifs dans le ballon. C'est la signature d'une transformation limitée, à distinguer soigneusement d'une transformation simplement lente, où la courbe continuerait de monter vers 100 pour cent. Avec un mélange équimolaire, le plateau est à 67 pour cent : un tiers de l'alcool reste intact quel que soit le temps d'attente, et chauffer plus longtemps ou ajouter un catalyseur n'y changera rien, car ces deux actions ne modifient que la VITESSE, donc la pente au départ, jamais la hauteur du plateau. Avec trois moles d'acide par mole d'alcool, le plateau monte à 90 pour cent : c'est un levier réellement efficace, à la portée de n'importe quel montage, et il fonctionne parce qu'un excès de réactif déplace l'état final. Un dernier point mérite d'être noté, car il explique le montage utilisé au laboratoire : on peut aussi éliminer l'eau formée au fur et à mesure, par distillation, et le plateau monte alors au-delà de 95 pour cent avec un simple mélange équimolaire.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat des exercices précédents.
Anticipation de Terminale pour les affirmations a) et c) : l'isomérie de constitution et le rôle d'un catalyseur sur un équilibre sont au programme de Terminale. Les affirmations b) et d), sur le chauffage à reflux et la chromatographie, sont au programme de Première.
a) « Deux isomères ont la même formule brute, donc la même masse molaire, donc les mêmes propriétés physiques. »
b) « Chauffer à reflux augmente le rendement d'une synthèse. »
c) « Un catalyseur déplace l'équilibre vers les produits, c'est pourquoi on en ajoute. »
d) « Sur une chromatographie, l'espèce qui migre le plus haut est celle qui est présente en plus grande quantité. »
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Réponses
a)Ce sont les groupes caractéristiques qui gouvernent les propriétés
b)Chauffer change la durée, pas le rendement
c)Un catalyseur ne déplace pas l'équilibre
d)La hauteur identifie, l'intensité renseigne sur la quantité
a) Faux à la dernière étape du raisonnement. Même formule brute et même masse molaire, oui : le butan-1-ol et l'éthoxyéthane pèsent tous deux 74,0g/mol. Mêmes propriétés, non : leurs températures d'ébullition sont respectivement d'environ 118 et 35∘C, soit plus de 80 degrés d'écart. La cause est la liaison hydrogène, que le groupe hydroxyle de l'alcool permet et que l'oxygène de l'éther ne permet pas. Ce sont la nature et la position du groupe caractéristique qui gouvernent les propriétés, pas la masse.
b) Faux. Chauffer agit sur la vitesse, donc sur la DURÉE nécessaire pour atteindre l'état final, et non sur cet état final lui-même. Une estérification équimolaire chauffée atteindra ses 67 pour cent en une heure au lieu de plusieurs jours, mais elle atteindra les mêmes 67 pour cent. Le réfrigérant à reflux sert d'ailleurs uniquement à permettre ce chauffage sans perte de matière volatile. C'est la même confusion cinétique-thermodynamique que celle du taux d'avancement.
c) Faux, et c'est exactement ce qu'un catalyseur ne fait pas. Un catalyseur augmente la vitesse des deux réactions, directe et inverse, dans la même proportion : l'équilibre est atteint plus vite mais il est rigoureusement le même. L'exercice 8 le montre : l'acide sulfurique rend l'estérification praticable en une séance, mais la limite imposée par l'équilibre reste la même, avec ou sans lui. Pour déplacer réellement l'équilibre, il faut modifier les quantités présentes, par un excès de réactif ou par l'élimination d'un produit.
d) Faux, ces deux choses n'ont aucun rapport. La hauteur de migration dépend de l'AFFINITÉ de l'espèce pour l'éluant relativement à la phase fixe, une propriété qualitative qui l'identifie : c'est le rapport frontal. La quantité présente se traduit, elle, par l'INTENSITÉ de la tache, pas par sa position. Sur le chromatogramme de l'exercice 7, l'aspirine monte à Rf=0,68 et l'acide salicylique à 0,35 quelles que soient leurs proportions dans le brut ; c'est bien pourquoi on peut comparer un dépôt inconnu à un dépôt de référence sans rien savoir des concentrations.
Exercice 10 : Identifier un produit inconnu
Une bouteille non étiquetée contient un liquide organique incolore. On sait seulement qu'il s'agit d'une molécule de formule brute C3H6O.
Trois tests sont réalisés. Test 1 : le liquide ne réagit pas avec le sodium métallique. Test 2 : il donne un précipité jaune avec la 2,4-dinitrophénylhydrazine, réactif caractéristique du groupe carbonyle. Test 3 : il ne réduit pas la liqueur de Fehling.
Anticipation de Terminale pour la seule question e) : le prop-2-én-1-ol possède une chaîne insaturée, et les squelettes insaturés sont au programme de Terminale. La Première se limite aux squelettes saturés.
a) Calculez la masse molaire de la molécule.
b) Que conclure du test 1 ?
c) Que conclure du test 2 ?
d) Que conclure du test 3 ? Identifiez la molécule et donnez son nom et sa formule semi-développée.
e) Un camarade propose le prop-2-én-1-ol CH2=CH−CH2OH, qui a la même formule brute. Montrez que les trois tests suffisent à l'éliminer, et dites lequel est décisif.
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Réponses
a)M=58,0 g/mol
b)Pas de groupe hydroxyle
c)Groupe carbonyle : aldéhyde ou cétone
d)Cétone : propanone CH3−CO−CH3
e)Le test 1 élimine le prop-2-én-1-ol à lui seul
a) M=3×12,0+6×1,0+16,0=58,0g/mol.
b) Le sodium métallique réagit vivement avec les alcools en libérant du dihydrogène. L'absence de réaction montre donc que la molécule ne possède PAS de groupe hydroxyle : ce n'est ni un alcool, ni un acide carboxylique.
c) Le précipité jaune signe la présence d'un groupe carbonyle C=O. La molécule est donc un aldéhyde ou une cétone. Combiné au test 1, cela exclut définitivement l'alcool et l'acide.
d) La liqueur de Fehling est réduite par les aldéhydes, qui donnent alors un précipité rouge brique, mais pas par les cétones. L'absence de réaction élimine donc l'aldéhyde : la molécule est une CÉTONE. Avec trois carbones seulement, une seule cétone est possible, le carbonyle devant être encadré par deux carbones : c'est la propanone, CH3−CO−CH3, plus connue sous le nom d'acétone.
e) Le prop-2-én-1-ol porte un groupe hydroxyle. Il réagirait donc avec le sodium en dégageant du dihydrogène, ce que le test 1 exclut : le test 1 est décisif à lui seul. Les deux autres le confirment par l'absurde, puisque cette molécule ne possède pas de groupe carbonyle et ne donnerait donc aucun précipité jaune au test 2, contrairement à ce qui est observé. On notera l'intérêt de la démarche : chaque test élimine une famille, et l'intersection des trois conclusions ne laisse qu'une seule structure possible compte tenu de la formule brute.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Lire un spectre infrarouge
Un spectre infrarouge porte la transmittance en fonction du nombre d'onde σ=λ1, en cm−1 ; chaque bande d'absorption signale une liaison.
Table simplifiée : O−H d'un alcool, bande forte et large entre 3200 et 3400cm−1 ; O−H d'un acide carboxylique, bande très large entre 2500 et 3200cm−1 ; C−H, entre 2800 et 3000cm−1 ; C=O, bande fine et intense entre 1650 et 1750cm−1.
Trois flacons contiennent, dans le désordre, le propan-1-ol, la propanone et l'acide propanoïque. Spectre 1 : bande large vers 3300cm−1, bandes vers 2900cm−1, rien vers 1700cm−1. Spectre 2 : bandes vers 2950cm−1, bande fine et intense à 1715cm−1, rien au-dessus de 3000cm−1. Spectre 3 : bande très large de 2500 à 3200cm−1 et bande intense à 1710cm−1.
a) Quelle molécule donne le spectre 1 ? Justifiez.
b) Quelle molécule donne le spectre 2 ? Justifiez.
c) Quelle molécule donne le spectre 3 ? Justifiez.
d) Calculez la longueur d'onde correspondant à la bande à 1715cm−1, en micromètres, et vérifiez qu'elle appartient au domaine infrarouge.
e) Le spectre infrarouge suffit-il à distinguer le propanal de la propanone ?
Voir la correction
Réponses
a)Propan-1-ol : O−H d'alcool, pas de C=O
b)Propanone : C=O sans O−H
c)Acide propanoïque : C=O et O−H très large
d)λ=5,83 µm, dans l'infrarouge
e)Non : mêmes liaisons, il faut un test chimique
a) Le spectre 1 montre la bande large d'un O−H d'alcool et aucune bande C=O : c'est le PROPAN-1-OL. La largeur de la bande vient des liaisons hydrogène entre molécules, qui font varier légèrement la force de chaque liaison O−H.
b) Le spectre 2 montre une bande C=O et aucune bande O−H : c'est la PROPANONE, seule des trois molécules à posséder un carbonyle sans hydroxyle.
c) Le spectre 3 réunit une bande C=O et la bande O−H très large et décalée vers les bas nombres d'onde propre au groupe carboxyle : c'est l'ACIDE PROPANOÏQUE. La présence simultanée des deux bandes est la signature d'un acide, pas celle d'un mélange d'alcool et de cétone, car la bande O−H n'est pas au même endroit.
d) λ=σ1=17151cm=5,83×10−4cm=5,83×10−6m, soit 5,83μm. Cette valeur est bien supérieure à 0,8μm, limite du rouge visible : on est dans l'infrarouge ✓. Le piège est l'unité : σ est en cm−1, donc σ1 sort en centimètres.
e) Non. Le propanal et la propanone possèdent tous deux une liaison C=O et aucune liaison O−H : leurs spectres ont les mêmes grandes bandes, à quelques dizaines de cm−1 près. Pour trancher, on utilise un test chimique qui distingue un aldéhyde d'une cétone, comme la liqueur de Fehling, que seul le propanal réduit.
Un spectre infrarouge se lit par ZONES : on regarde d'abord au-dessus de 3000cm−1 pour la présence d'un O−H et sa forme, puis vers 1700cm−1 pour un C=O. Il identifie des liaisons, donc des familles, mais il ne distingue pas deux familles qui ont les mêmes liaisons.
Exercice 12 : La chaîne principale n'est pas toujours celle qu'on écrit
La chaîne principale d'un alcane est la chaîne carbonée la PLUS LONGUE, quelle que soit la façon dont la formule est écrite. Pour un alcool, c'est la plus longue chaîne qui contient le carbone portant le groupe hydroxyle.
a) Nommez l'alcane CH3−CH(CH2−CH3)−CH2−CH3.
b) Nommez l'alcane CH3−CH(CH3)−CH(CH3)−CH3.
c) Nommez l'alcool CH3−CH2−CH(CH2−CH2−CH3)−CH2OH.
d) Écrivez la formule semi-développée du 4-éthyl-2-méthylhexane et donnez sa formule brute.
e) Un élève nomme « 1-méthylbutane » la molécule CH3−CH2−CH2−CH2−CH3. Quel est le nom correct, et pourquoi un méthyle ne peut-il jamais porter l'indice 1 ?
a) Écrite en ligne, la chaîne semble compter quatre carbones avec un éthyle. Mais en suivant l'éthyle, on trouve une chaîne de CINQ carbones, CH3−CH2−CH−CH2−CH3, portant un méthyle sur le carbone central. Le nom est le 3-MÉTHYLPENTANE, et non le 2-éthylbutane. Un éthyle en position 2 est toujours le signe qu'on n'a pas pris la plus longue chaîne.
b) La chaîne la plus longue compte quatre carbones et porte deux méthyles, sur les carbones 2 et 3 quel que soit le sens de numérotation. On regroupe les ramifications identiques avec le préfixe di : le nom est le 2,3-DIMÉTHYLBUTANE.
c) La chaîne doit contenir le carbone du groupe hydroxyle. Depuis ce carbone, la branche propyle donne HOCH2−CH−CH2−CH2−CH3, soit cinq carbones, alors que la branche éthyle n'en donne que quatre. La chaîne principale est donc un pentanol, numéroté depuis le groupe hydroxyle, qui porte l'indice 1, avec un éthyle sur le carbone 2 : c'est le 2-ÉTHYLPENTAN-1-OL.
d) On écrit d'abord la chaîne de six carbones, puis on place un méthyle sur le carbone 2 et un éthyle sur le carbone 4 : CH3−CH(CH3)−CH2−CH(CH2−CH3)−CH2−CH3. On compte 6+1+2=9 carbones ; pour un alcane, le nombre d'hydrogènes vaut 2×9+2=20. La formule brute est C9H20. Les ramifications sont citées dans l'ordre ALPHABÉTIQUE, éthyle avant méthyle, et non dans l'ordre des indices.
e) La molécule est une chaîne linéaire de cinq carbones : c'est le PENTANE. Un méthyle porté par le carbone 1 prolongerait simplement la chaîne d'un carbone, qui deviendrait alors la chaîne principale : il n'y aurait plus de ramification du tout. C'est la même erreur qu'en a), vue sous un autre angle.
Avant de nommer, on cherche la plus longue chaîne en suivant CHAQUE ramification jusqu'au bout, sans se fier à la façon dont la formule est alignée. Deux signaux d'alarme : un méthyle en position 1, un éthyle en position 2.
Exercice 13 : Chaînes saturées, insaturées et cycliques
Un alcane est un hydrocarbure à chaîne SATURÉE et non cyclique ; sa formule brute est CnH2n+2. Une double liaison C=C ou un cycle retire deux hydrogènes à cette formule.
On donne M(C)=12,0 et M(H)=1,0g/mol.
Anticipation de Terminale pour les questions c), d) et e) : l'isomérie de constitution et les squelettes insaturés ou cycliques sont au programme de Terminale, partie « Élaborer des stratégies en synthèse organique ». La Première se limite aux squelettes saturés, questions a) et b).
a) Donnez la formule brute et la masse molaire de l'octane, l'alcane à huit carbones.
b) Un alcane a pour masse molaire 72,0g/mol. Déterminez sa formule brute.
c) Écrivez les formules semi-développées de tous les isomères de cet alcane et nommez-les.
d) Le cyclohexane et l'hex-1-ène CH2=CH−CH2−CH2−CH2−CH3 ont-ils la même formule brute ? Lequel est saturé ?
e) Un hydrocarbure a pour formule C4H8. Peut-il s'agir d'un alcane ? Que peut-on en conclure sur sa chaîne ?
Voir la correction
Réponses
a)C8H18 ; 114,0 g/mol
b)14n+2=72 : C5H12
c)Pentane, 2-méthylbutane, 2,2-diméthylpropane
d)Tous deux C6H12 ; le cyclohexane est saturé
e)Pas un alcane : une double liaison ou un cycle
a) Avec n=8 : 2n+2=18, d'où C8H18 et M=8×12,0+18×1,0=114,0g/mol.
b) M=12,0n+1,0(2n+2)=14,0n+2,0. On résout 14,0n+2,0=72,0 : n=5. L'alcane est C5H12. La formule générale transforme une masse molaire en nombre de carbones, à condition de savoir que la molécule est un alcane.
c) Trois squelettes seulement : la chaîne linéaire, le PENTANE CH3−CH2−CH2−CH2−CH3 ; une chaîne de quatre carbones avec un méthyle, le 2-MÉTHYLBUTANE CH3−CH(CH3)−CH2−CH3 ; une chaîne de trois carbones avec deux méthyles sur le carbone central, le 2,2-DIMÉTHYLPROPANE C(CH3)4. Placer le méthyle sur le carbone 3 d'un butane redonne le 2-méthylbutane lu à l'envers : ce n'est pas un quatrième isomère.
d) Le cyclohexane compte six CH2 : C6H12. L'hex-1-ène compte 2+1+2+2+2+3=12 hydrogènes : C6H12 aussi. Ce sont donc des ISOMÈRES. Le cyclohexane est SATURÉ, il n'a que des liaisons simples, mais cyclique ; l'hex-1-ène est insaturé. Une formule en CnH2n ne dit donc pas à elle seule s'il y a un cycle ou une double liaison.
e) Un alcane à quatre carbones aurait 2×4+2=10 hydrogènes ; il en manque deux. Ce n'est pas un alcane : la molécule possède soit une double liaison C=C, comme le but-1-ène, soit un cycle, comme le cyclobutane.
La formule CnH2n+2 est un étalon : chaque paire d'hydrogènes manquante signale une double liaison ou un cycle. Pour dénombrer les isomères, on raccourcit la chaîne principale d'un carbone à la fois et l'on place les ramifications sans jamais en mettre une au bout.
Exercice 14 : Problème : fabriquer un savon
La tristéarine est un corps gras : c'est un triester du glycérol et de l'acide stéarique, de masse molaire 891,5g/mol. Chauffée à reflux avec une solution d'hydroxyde de sodium, elle subit une saponification : triester+3HO−⟶glyceˊrol+3C17H35COO−, les ions carboxylate formant avec les ions sodium le savon, le stéarate de sodium (M=306,5g/mol).
On chauffe 20,0g de tristéarine avec 50,0mL de solution d'hydroxyde de sodium à 2,50mol/L, puis on verse le mélange dans une solution concentrée de chlorure de sodium : le savon précipite. Après filtration, lavage et séchage, on obtient 16,5g de savon.
Anticipation de Terminale pour la seule question a) : le groupe ester n'est nommé qu'en Terminale. La synthèse d'un savon et son rendement, questions b) à e), sont au programme de Première.
a) Combien la tristéarine possède-t-elle de groupes ester ? Justifiez le coefficient 3 de l'équation.
b) Calculez les quantités de matière initiales et déterminez le réactif limitant.
c) Calculez la masse de savon attendue si la transformation est totale.
d) Calculez le rendement de la synthèse.
e) Quelle quantité d'ions hydroxyde reste-t-il en fin de réaction ? Pourquoi le lavage du savon est-il indispensable, et à quoi sert la solution de chlorure de sodium ?
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Réponses
a)Trois groupes ester, donc trois HO−
b)2,24×10−2 mol de tristéarine, limitante ; 0,125 mol de HO−
c)20,6 g de savon
d)η=80,0 %
e)5,77×10−2 mol de soude à laver ; l'eau salée fait précipiter le savon
a) Un TRIester porte trois groupes ester −COO−, un par chaîne d'acide stéarique accrochée au glycérol. Chaque groupe ester est coupé par un ion hydroxyde et libère un ion carboxylate : il faut donc trois ions hydroxyde par molécule de tristéarine, et il se forme trois ions stéarate.
b) n(triester)=891,520,0=2,24×10−2mol et n(HO−)=2,50×0,0500=0,125mol. On compare les rapports aux nombres stœchiométriques : 12,24×10−2 contre 30,125=4,17×10−2. La TRISTÉARINE est limitante, et xmax=2,24×10−2mol.
c) Il se forme 3xmax=6,73×10−2mol de stéarate de sodium, soit m=6,73×10−2×306,5=20,6g. Oublier le facteur 3 donnerait 6,88g et un rendement impossible, supérieur à 100 pour cent : c'est un contrôle gratuit.
d) η=20,616,5=0,800, soit 80,0 pour cent. Les pertes viennent surtout de la filtration et du savon resté dissous.
e) Il reste 0,125−3×2,24×10−2=5,77×10−2mol d'ions hydroxyde, près de la moitié de la quantité introduite. Le savon brut est donc imprégné de soude, corrosive pour la peau : le lavage est indispensable avant tout usage. La solution concentrée de chlorure de sodium sert à faire PRÉCIPITER le savon, beaucoup moins soluble dans l'eau salée que dans l'eau pure ; c'est le relargage, qui permet de séparer le savon du glycérol et de l'excès de soude restés en solution.
Le coefficient stœchiométrique se lit sur la structure : trois groupes ester, trois ions hydroxyde, trois ions carboxylate. Un réactif mis en large excès pour garantir une transformation complète se retrouve dans le produit brut, et le traitement a précisément pour rôle de l'en débarrasser.
Exercice 15 : Problème : synthétiser le 2-chloro-2-méthylpropane
On agite dans une ampoule à décanter 20,0mL de 2-méthylpropan-2-ol avec 60mL d'acide chlorhydrique concentré à 12mol/L, à température ambiante : (CH3)3C−OH+HCl⟶(CH3)3C−Cl+H2O. Après décantation, lavage et séchage, on recueille 17,0mL de 2-chloro-2-méthylpropane.
Données : 2-méthylpropan-2-ol, M=74,1g/mol, ρ=0,786g/mL, soluble dans l'eau, Teˊb=82∘C ; 2-chloro-2-méthylpropane, M=92,6g/mol, ρ=0,851g/mL, insoluble dans l'eau, Teˊb=51∘C ; la phase aqueuse acide a une masse volumique voisine de 1,1g/mL.
a) Calculez les quantités de matière initiales et déterminez le réactif limitant.
b) Calculez la masse puis le volume de produit attendus si la transformation est totale.
c) Calculez le rendement, d'abord avec les masses puis avec les volumes. Pourquoi les deux calculs donnent-ils le même résultat ?
d) Dans l'ampoule à décanter, la phase organique est-elle au-dessus ou au-dessous ? Justifiez.
e) Quelle modification du spectre infrarouge prouve que l'alcool a été transformé ? Par quelle technique purifier le produit, et pourquoi fonctionne-t-elle ici ?
Voir la correction
Réponses
a)0,212 mol d'alcool, limitant ; 0,72 mol de HCl
b)19,6 g, soit 23,1 mL
c)η=73,6 % par les masses comme par les volumes
d)Phase organique au-dessus : 0,851 contre 1,1 g/mL
e)Bande O−H disparue ; distillation, 51 contre 82 °C
a) m(alcool)=0,786×20,0=15,7g, donc n=74,115,72=0,212mol. n(HCl)=12×0,060=0,72mol. Les coefficients valant 1, l'ALCOOL est limitant et xmax=0,212mol. L'acide, peu coûteux, est mis en large excès.
b) mth=0,2121×92,6=19,6g et Vth=0,85119,64=23,1mL. Le volume attendu est plus grand que celui de l'alcool introduit, parce que chaque molécule est plus lourde et que la masse volumique n'augmente pas autant.
c) mexp=17,0×0,851=14,5g, donc η=19,6414,47=0,736, soit 73,6 pour cent. Avec les volumes, 23,0817,0=0,736 aussi : les deux volumes concernent le MÊME liquide, de même masse volumique, qui se simplifie dans le quotient. Ce ne serait plus vrai en comparant le volume de produit à celui du réactif.
d) Le produit est insoluble dans l'eau et de masse volumique 0,851g/mL, inférieure à celle de la phase aqueuse, voisine de 1,1g/mL : la phase organique est AU-DESSUS. C'est la masse volumique qui décide, pas la quantité de chaque phase ; on vérifie en ajoutant une goutte d'eau, qui rejoint la phase du bas.
e) La bande large du O−H d'alcool, entre 3200 et 3400cm−1, doit DISPARAÎTRE du spectre du produit, qui ne garde que les bandes C−H : sa persistance signalerait de l'alcool non transformé. Pour purifier, on distille : le produit bout à 51∘C et l'alcool à 82∘C, un écart de plus de 30 degrés qui permet de recueillir le produit dans les premières fractions.
Une synthèse se juge sur trois pièces : un rendement calculé à partir du réactif limitant, une séparation qui exploite les propriétés physiques, masse volumique et solubilité pour la décantation, température d'ébullition pour la distillation, et une preuve d'identité, ici la disparition d'une bande infrarouge.
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