Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : cohésion, polarité, dissolution et extraction (Première spécialité)
Voici des exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la cohésion des solides, la polarité, la dissolution et l'extraction, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Ils couvrent l'électronégativité et la polarité d'une liaison puis d'une molécule, les interactions de Van der Waals et la liaison hydrogène, la cohésion des solides ioniques et moléculaires, la dissolution en trois étapes (dissociation, solvatation, dispersion), la concentration effective des ions, la solubilité et la miscibilité, les espèces hydrophiles, lipophiles et amphiphiles, l'extraction liquide-liquide, la chromatographie sur couche mince et les schémas de Lewis.
À la fin de la série, vous savez placer les charges partielles d'une liaison polarisée et dire si une molécule est polaire (exercices 1 et 16), interpréter une température d'ébullition par les interactions en jeu (exercices 2 et 6), écrire une équation de dissolution et en tirer les concentrations effectives (exercices 3 et 7), choisir un solvant extracteur et situer les phases dans l'ampoule à décanter (exercices 5 et 14), contrôler une extraction par chromatographie (exercice 9) et établir le schéma de Lewis d'un ion ou d'une molécule (exercices 11 et 16). Les situations sont concrètes : la glace qui flotte, la caféine extraite d'un thé, la lécithine d'une mayonnaise, la vitamine D prise pendant un repas, l'acide benzoïque recristallisé dans l'eau, la contraction du mélange eau-éthanol.
Le fil de la série : tout se décide au niveau des INTERACTIONS. La nature du solide, sa température de fusion, sa solubilité et le solvant qui l'extrait se déduisent tous de la même question, quelles interactions faut-il rompre et lesquelles peut-on former à la place.
Deux pièges reviennent d'un exercice à l'autre : une molécule à liaisons polarisées peut être apolaire, la géométrie ayant le dernier mot (exercice 1), et la concentration effective d'un ion n'est pas celle du soluté apporté, le coefficient stoechiométrique la multipliant (exercice 8). L'exercice 16, en partie D, fait établir les schémas de Lewis des molécules que le programme nomme, N2, O2, HCl, CH4, NH3, H2O et CO2, puis en déduire la géométrie : ce sont les DIRECTIONS de doublets autour de l'atome central qui la fixent, doublets non liants compris.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•L'électronégativité croît de la gauche vers la droite d'une période et du bas vers le haut d'une colonne.
•Une liaison est polarisée dès que l'écart d'électronégativité dépasse environ 0,5 ; l'atome le plus électronégatif porte δ−.
•Une molécule est polaire si la somme VECTORIELLE des moments dipolaires de liaison est non nulle : la géométrie décide.
•Solide ionique : cohésion par interactions électrostatiques entre ions, températures de fusion élevées.
•Solide moléculaire : cohésion par interactions de Van der Waals, renforcées par les liaisons hydrogène quand un H est lié à N, O ou F.
•Les interactions de Van der Waals croissent avec la taille du nuage électronique et diminuent avec la ramification.
•Dissolution d'un solide ionique : dissociation, solvatation, dispersion. Les molécules d'eau tournent leur oxygène vers un cation, leurs hydrogènes vers un anion.
•Concentration effective : le coefficient stoechiométrique multiplie la concentration de l'ion. Pour CaCl2 de concentration c, [Cl−]=2c.
•Un solvant polaire dissout les espèces ioniques et polaires, un solvant apolaire les espèces apolaires.
•Extraction liquide-liquide : le solvant extracteur doit être non miscible, meilleur solvant de l'espèce, et peu dangereux. La phase la plus dense est en bas, on compare toujours les masses volumiques.
•Schéma de Lewis : compter les électrons de valence, former les doublets, vérifier l'octet ou le duet. Géométrie : les directions de doublets autour de l'atome central s'écartent au maximum, une liaison multiple comptant pour une direction ; on nomme ensuite la forme d'après les seuls atomes, tétraédrique, pyramidale, coudée ou linéaire.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Électronégativité et polarité d'une liaison
L'électronégativité mesure la tendance d'un atome à attirer vers lui le doublet d'une liaison covalente. Elle croît de la gauche vers la droite d'une période et du bas vers le haut d'une colonne.
Une liaison entre deux atomes d'électronégativités différentes est POLARISÉE : elle porte des charges partielles opposées, notées δ+ et δ−.
Électronégativités : H : 2,2 ; C : 2,6 ; N : 3,0 ; O : 3,4 ; Cl : 3,2.
a) Pour chacune des liaisons C−H, O−H, C−Cl et C−C, calculez l'écart d'électronégativité et dites si la liaison est polarisée.
b) Placez les charges partielles δ+ et δ− sur la liaison O−H et sur la liaison C−Cl.
c) La molécule CO2, linéaire, comporte deux liaisons C=O nettement polarisées. Est-elle pour autant une molécule polaire ? Justifiez géométriquement.
d) La molécule d'eau est coudée, d'angle voisin de 105∘. Expliquez pourquoi elle est polaire, contrairement au dioxyde de carbone.
e) Classez ces trois solvants par polarité décroissante et justifiez : eau, cyclohexane, éthanol.
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Réponses
a)0,4 ; 1,2 ; 0,6 ; 0
b)Oδ−−Hδ+ et Cδ+−Clδ−
c)Non : molécule linéaire, moments compensés
d)Molécule coudée : moments non compensés
e)Eau, éthanol, cyclohexane
a)
C−H : ∣2,6−2,2∣=0,4, liaison très faiblement polarisée, considérée comme apolaire en pratique. O−H : ∣3,4−2,2∣=1,2, fortement polarisée. C−Cl : ∣3,2−2,6∣=0,6, polarisée. C−C : écart nul, liaison apolaire par symétrie.
b)
Sur O−H, l'oxygène est le plus électronégatif : il porte δ− et l'hydrogène δ+. Sur C−Cl, le chlore (3,2) l'emporte sur le carbone (2,6) : le chlore porte δ− et le carbone δ+. La règle est invariable, la charge négative va au plus électronégatif.
c)
Non, CO2 n'est PAS polaire. La molécule est linéaire et symétrique : les deux moments dipolaires de liaison, égaux en norme et opposés en sens, se compensent exactement. Le moment dipolaire de la molécule est donc nul, alors même que chaque liaison est très polarisée. Polarité de liaison et polarité de molécule sont deux questions distinctes, et c'est la géométrie qui fait le lien.
d)
Parce que la molécule est COUDÉE : les deux moments dipolaires des liaisons O−H ne sont plus opposés, leur somme vectorielle est non nulle et pointe de l'oxygène vers le milieu des deux hydrogènes. L'eau possède donc un moment dipolaire important, ce qui fait d'elle un excellent solvant des espèces ioniques et polaires.
e)
Eau, puis éthanol, puis cyclohexane. L'eau est très polaire, petite et fortement dipolaire. L'éthanol possède un groupe −OH polaire mais aussi une chaîne carbonée apolaire : il est intermédiaire, ce qui le rend miscible à l'eau comme à beaucoup de composés organiques. Le cyclohexane, uniquement composé de liaisons C−C et C−H, est apolaire.
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Exercice 2 : La cohésion des solides
Un solide tient par des interactions entre ses entités. Dans un solide IONIQUE, ce sont les interactions électrostatiques entre ions de charges opposées. Dans un solide MOLÉCULAIRE, ce sont les interactions de Van der Waals et, quand c'est possible, les liaisons hydrogène.
Une liaison hydrogène s'établit entre un atome d'hydrogène lié à N, O ou F et un doublet non liant porté par un autre atome de N, O ou F.
a) Expliquez la cohésion du chlorure de sodium solide et écrivez la formule de son cristal.
b) Pourquoi la température de fusion d'un solide ionique est-elle en général très supérieure à celle d'un solide moléculaire ? Comparez NaCl (801∘C) et le diiode (114∘C).
c) Parmi CH4, NH3, H2O et CH3−O−CH3, lesquelles peuvent établir des liaisons hydrogène ENTRE ELLES ? Justifiez pour chacune.
d) Les températures d'ébullition sont : CH4, −164∘C ; NH3, −33∘C ; H2O, 100∘C. Interprétez cette progression.
e) Pourquoi la glace est-elle moins dense que l'eau liquide ? Reliez au réseau de liaisons hydrogène.
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Réponses
a)Interactions électrostatiques entre ions ; NaCl(s)
b)Charges entières : 801 contre 114 °C
c)NH3 et H2O seulement
d)+131 °C puis +133 °C : liaisons hydrogène de plus en plus nombreuses
e)Réseau de liaisons hydrogène ouvert dans la glace
a)
Le chlorure de sodium solide est un empilement régulier d'ions Na+ et Cl−, chaque ion étant entouré d'ions de charge opposée. La cohésion vient des interactions ÉLECTROSTATIQUES attractives entre ces charges. La formule du cristal s'écrit NaCl(s), ce qui traduit la proportion et non l'existence d'une molécule : il n'y a pas de molécule de sel.
b)
Parce que les interactions électrostatiques entre ions portant des charges ENTIÈRES sont bien plus intenses que les interactions de Van der Waals, qui ne mettent en jeu que des dipôles instantanés ou permanents. Fondre NaCl demande de vaincre ces attractions fortes, d'où 801∘C, contre 114∘C pour le diiode, solide moléculaire apolaire.
c)
NH3 et H2O : oui, elles portent toutes deux un hydrogène lié à un atome très électronégatif (N ou O) ET des doublets non liants sur cet atome. CH4 : non, aucun hydrogène n'est lié à N, O ou F. CH3−O−CH3 : non, entre molécules identiques, car l'oxygène porte bien des doublets non liants mais aucun hydrogène n'est lié à un atome électronégatif ; en revanche cet éther peut accepter une liaison hydrogène venue de l'eau, ce qui explique sa solubilité.
d)
De CH4 à NH3, on passe d'une molécule apolaire à une molécule polaire capable de liaisons hydrogène : le gain est de 131∘C. De NH3 à H2O, l'eau forme davantage de liaisons hydrogène par molécule, deux hydrogènes et deux doublets non liants, soit un réseau tridimensionnel : 133∘C de plus. Plus les interactions intermoléculaires sont fortes et nombreuses, plus il faut d'énergie pour séparer les molécules.
e)
Dans la glace, chaque molécule d'eau engage QUATRE liaisons hydrogène orientées dans les directions d'un tétraèdre. Ce réseau rigide impose un arrangement ouvert, avec des cavités hexagonales. À l'état liquide, les liaisons hydrogène se font et se défont sans cesse, les molécules peuvent s'empiler plus près les unes des autres : le liquide est plus dense que le solide, contrairement à la quasi-totalité des corps.
Exercice 3 : Dissolution et solvatation
La dissolution d'un solide ionique dans l'eau se décompose en trois étapes : la DISSOCIATION du cristal en ions, la SOLVATATION de chaque ion par les molécules d'eau, puis la DISPERSION des ions solvatés dans tout le volume.
On dissout 8,55g de chlorure de baryum BaCl2 dans l'eau pour obtenir 500,0mL de solution. Masse molaire : M(BaCl2)=208,2g⋅mol−1. Le schéma ci-dessous représente la préparation.
a) Écrivez l'équation de dissolution du chlorure de baryum dans l'eau.
b) Calculez la quantité de matière introduite, puis la concentration en soluté apporté.
c) Déduisez-en les concentrations effectives en ions Ba2+ et Cl−.
d) Comment les molécules d'eau s'orientent-elles autour d'un cation ? Autour d'un anion ? Faites la différence explicitement.
e) Le chlorure de baryum est très soluble dans l'eau et insoluble dans le cyclohexane. Justifiez à partir de la polarité des deux solvants.
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Réponses
a)BaCl2(s)→Ba2+(aq)+2Cl−(aq)
b)n=4,11×10−2 mol ; c=8,21×10−2 mol/L
c)[Ba2+]=8,21×10−2 ; [Cl−]=1,64×10−1 mol/L
d)Oxygène vers le cation, hydrogènes vers l'anion
e)Le cyclohexane apolaire ne solvate pas les ions
a)
BaCl2(s)→Ba2+(aq)+2Cl−(aq). Les états physiques et les charges sont exigés : une équation de dissolution sans (s) ni (aq) est comptée fausse.
b)
n=Mm=208,28,55=4,107×10−2mol. La concentration en soluté apporté vaut c=Vn=0,50004,107×10−2=8,21×10−2mol⋅L−1.
c)
L'équation donne les rapports : [Ba2+]=c=8,21×10−2mol⋅L−1 et [Cl−]=2c=1,64×10−1mol⋅L−1. Confondre concentration en soluté apporté et concentration effective d'un ion est l'erreur la plus fréquente du chapitre : le coefficient stoechiométrique est un facteur MULTIPLICATIF.
d)
Autour d'un CATION, les molécules d'eau présentent leur atome d'oxygène, porteur de la charge partielle négative : le pôle δ− est tourné vers l'ion. Autour d'un ANION, elles présentent au contraire leurs atomes d'hydrogène, porteurs des charges partielles positives. Dans les deux cas l'orientation est dictée par l'attraction électrostatique, mais elle est inversée.
e)
L'eau est un solvant polaire, capable de solvater efficacement les ions et de compenser l'énergie qu'il faut fournir pour dissocier le cristal. Le cyclohexane est apolaire : ses molécules ne portent aucune charge partielle significative, elles ne peuvent pas stabiliser des ions, et l'énergie de dissociation du cristal n'est jamais récupérée. C'est la règle « qui se ressemble se dissout » : un soluté ionique ou polaire exige un solvant polaire.
Exercice 4 : Solubilité et miscibilité
Un soluté se dissout d'autant mieux que ses interactions avec le solvant ressemblent à celles qu'il avait avec lui-même. La règle pratique tient en une phrase : un solvant polaire dissout les espèces ioniques et polaires, un solvant apolaire dissout les espèces apolaires. Le schéma ci-dessous représente les deux tubes décrits plus bas.
Espèce
Formule
Caractère
Éthanol
C2H5OH
polaire, liaison hydrogène
Diiode
I2
apolaire
Chlorure de sodium
NaCl
ionique
Hexane
C6H14
apolaire
Acide éthanoïque
CH3COOH
polaire, liaison hydrogène
a) Prévoyez, pour chacune des cinq espèces, si elle est soluble dans l'eau et si elle l'est dans le cyclohexane.
b) L'éthanol est miscible à l'eau EN TOUTES PROPORTIONS. Justifiez par les interactions en jeu.
c) Le diiode colore le cyclohexane en violet et l'eau en jaune-brun, mais il s'y dissout très peu. Interprétez.
d) Les alcools linéaires deviennent de moins en moins solubles dans l'eau quand la chaîne s'allonge. Expliquez à partir des deux parties de la molécule.
e) Le savon nettoie une tache de graisse dans de l'eau. Expliquez en une phrase, en utilisant les mots hydrophile et lipophile.
e)Chaîne lipophile dans la graisse, tête hydrophile dans l'eau
a)
Éthanol : soluble dans l'eau, et aussi dans le cyclohexane grâce à sa courte chaîne carbonée. Diiode : très peu soluble dans l'eau, très soluble dans le cyclohexane. Chlorure de sodium : très soluble dans l'eau, insoluble dans le cyclohexane. Hexane : insoluble dans l'eau, miscible au cyclohexane. Acide éthanoïque : soluble dans l'eau en toutes proportions ; dans le cyclohexane, sa courte chaîne ne compense qu'en partie le groupe carboxyle très polaire, et sa solubilité y est bien moindre.
b)
L'éthanol porte un groupe −OH qui forme des liaisons hydrogène avec l'eau, exactement du même type que celles que l'eau forme avec elle-même. Il n'y a donc aucun coût énergétique à remplacer une interaction eau-eau par une interaction eau-éthanol, et le mélange se fait sans limite de proportion.
c)
Le diiode est une molécule apolaire, qui n'interagit avec ses voisines que par des forces de Van der Waals. Dans le cyclohexane, apolaire lui aussi, ces interactions sont conservées : la dissolution est facile et la couleur violette est celle du diiode « libre ». Dans l'eau, il faudrait rompre des liaisons hydrogène eau-eau sans rien offrir en échange : la solubilité est très faible, et la teinte jaune-brun trahit d'ailleurs une interaction particulière avec l'eau.
d)
Un alcool possède une tête −OH HYDROPHILE, qui aime l'eau, et une queue carbonée HYDROPHOBE, qui la fuit. Plus la chaîne s'allonge, plus la part hydrophobe l'emporte sur la tête hydrophile : le méthanol et l'éthanol sont miscibles en toutes proportions, le butan-1-ol l'est partiellement, et au-delà de six carbones la solubilité devient négligeable.
e)
Une molécule de savon possède une tête ionique hydrophile et une longue chaîne lipophile : la chaîne se plante dans la graisse pendant que la tête reste dans l'eau, si bien que la graisse est emportée sous forme de micelles dispersées dans l'eau.
Exercice 5 : L'extraction liquide-liquide
Extraire une espèce d'une phase aqueuse consiste à la faire passer dans un solvant extracteur dans lequel elle est bien plus soluble. Le solvant extracteur doit être NON MISCIBLE à l'eau, et l'espèce doit y être nettement plus soluble.
On veut extraire le diiode d'une solution aqueuse. Données à 20∘C : masse volumique de l'eau 1,00, du cyclohexane 0,78, du dichlorométhane 1,33g⋅mL−1.
a) Énoncez les trois critères de choix d'un solvant extracteur.
b) On choisit le cyclohexane. Dans l'ampoule à décanter, quelle phase se trouve au-dessus ? Justifiez par un calcul de comparaison.
c) Même question avec le dichlorométhane. Quelle erreur commet-on si l'on suppose toujours la phase organique au-dessus ?
d) Décrivez le protocole complet, de l'introduction jusqu'à la récupération de la phase organique, en citant deux précautions expérimentales.
e) On extrait avec 20mL de cyclohexane en une fois, ou bien deux fois avec 10mL. Laquelle des deux façons extrait le plus ? Expliquez le principe sans calcul détaillé.
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Réponses
a)Non miscible, meilleure solubilité, peu dangereux
b)Cyclohexane au-dessus
c)Dichlorométhane au fond
d)Dégazer ; retirer le bouchon avant de soutirer
e)Deux extractions de 10 mL
a)
Premièrement, le solvant extracteur doit être NON MISCIBLE au solvant de départ, sans quoi il n'y aurait pas deux phases. Deuxièmement, l'espèce à extraire doit y être BEAUCOUP plus soluble que dans la phase de départ. Troisièmement, il doit être aussi peu dangereux et peu volatil que possible, et ne pas réagir avec l'espèce extraite.
b)
Le cyclohexane a une masse volumique de 0,78g⋅mL−1, inférieure à celle de l'eau, 1,00. La phase organique est donc la phase SUPÉRIEURE, et l'on récupère l'eau par le robinet du bas avant de verser le cyclohexane par le haut.
c)
Le dichlorométhane a une masse volumique de 1,33g⋅mL−1, supérieure à celle de l'eau : la phase organique est alors la phase INFÉRIEURE. Supposer sans vérifier que l'organique est toujours au-dessus conduit à jeter précisément la phase qui contient le produit, et cette erreur coûte tout le travail. On compare toujours les masses volumiques avant d'ouvrir le robinet.
d)
On introduit la solution aqueuse puis le solvant extracteur dans l'ampoule à décanter, bouchon en place. On agite en retournant l'ampoule, en DÉGAZANT régulièrement par le robinet, robinet dirigé vers le haut et loin du visage. On laisse reposer sur un support jusqu'à séparation nette des deux phases, on RETIRE LE BOUCHON, sans quoi rien ne s'écoule, puis on soutire la phase inférieure par le robinet et l'on récupère la phase supérieure par le col.
e)
Deux extractions successives de 10mL extraient PLUS qu'une seule de 20mL. À chaque extraction, l'espèce se répartit entre les deux phases selon un rapport fixe : la première prend une fraction de ce qui reste, la seconde reprend la même fraction du reliquat. Fractionner revient à appliquer deux fois la réduction au lieu d'une, et le résidu final est plus petit. C'est le principe de l'extraction multiple, utilisé systématiquement en synthèse.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : la température d'ébullition dans une famille
Le graphique donne la température d'ébullition des six premiers alcanes linéaires, du méthane à l'hexane. Toutes ces molécules sont apolaires et ne sont liées que par des interactions de Van der Waals.
a) Décrivez l'évolution observée et donnez l'écart entre deux termes consécutifs, en début et en fin de série.
b) Interprétez cette évolution à partir des interactions de Van der Waals et du nombre d'électrons des molécules.
c) À 25∘C et sous pression normale, lesquels de ces six alcanes sont gazeux ? Lesquels sont liquides ?
d) L'éthanol C2H5OH bout à 78∘C alors que le propane C3H8, de masse molaire voisine, bout à −42∘C. Interprétez cet écart de 120∘C.
e) Le 2-méthylpropane bout à −12∘C, le butane linéaire à −1∘C. Les deux ont la même formule brute. Expliquez.
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Réponses
a)Croissance ralentie : 75 puis 33 °C
b)Plus d'électrons, plus de contact
c)Gazeux : C1 à C4 ; liquides : pentane, hexane
d)120 °C : liaisons hydrogène de l'éthanol
e)Ramification : moins de contact, 11 °C de moins
a)
La température d'ébullition croît régulièrement avec le nombre d'atomes de carbone. En début de série, de C1 à C2, l'écart vaut −89−(−164)=75∘C ; en fin de série, de C5 à C6, il n'est plus que de 69−36=33∘C. La croissance est donc de moins en moins rapide.
b)
Les interactions de Van der Waals sont d'autant plus intenses que le nuage électronique est GROS et déformable. Allonger la chaîne augmente le nombre d'électrons et la surface de contact entre molécules voisines : il faut plus d'énergie pour les séparer, donc la température d'ébullition monte. C'est un effet cumulatif, chaque groupe CH2 ajouté apportant sa contribution.
c)
Sont gazeux ceux dont la température d'ébullition est inférieure à 25∘C : le méthane, l'éthane, le propane et le butane, soit C1 à C4. Sont liquides le pentane (36∘C) et l'hexane (69∘C). C'est exactement pourquoi les bouteilles de camping contiennent du propane ou du butane, liquéfiés sous pression, et non du pentane.
d)
Le propane n'établit que des interactions de Van der Waals, faibles. L'éthanol, lui, porte un groupe −OH et forme des LIAISONS HYDROGÈNE entre molécules, bien plus énergétiques. À taille comparable, c'est la nature des interactions, et non la masse molaire, qui décide : d'où les 120∘C d'écart.
e)
Le butane linéaire est allongé, ses molécules peuvent se plaquer les unes contre les autres sur toute leur longueur, la surface de contact est grande. Le 2-méthylpropane est ramifié, donc plus COMPACT et quasi sphérique : la surface de contact entre molécules est plus petite, les interactions de Van der Waals plus faibles, et la température d'ébullition plus basse de 11∘C. À formule brute égale, la ramification abaisse toujours la température d'ébullition.
Exercice 7 : Problème : préparer et diluer une solution ionique
On dispose de sulfate de fer III anhydre Fe2(SO4)3, de masse molaire M=399,9g⋅mol−1, et on veut préparer 250,0mL d'une solution de concentration en soluté apporté c0=2,00×10−2mol⋅L−1.
a) Calculez la masse de solide à peser. Une balance au centigramme suffit-elle ? Justifiez.
b) Écrivez l'équation de dissolution et donnez les concentrations effectives des deux ions.
c) Décrivez le protocole de préparation en nommant la verrerie, puis justifiez l'emploi d'une fiole jaugée plutôt que d'une éprouvette.
d) On veut ensuite 100,0mL d'une solution fille à 5,00×10−3mol⋅L−1. Calculez le facteur de dilution puis le volume de solution mère à prélever.
e) Un élève prélève ce volume à l'éprouvette graduée au lieu d'une pipette jaugée. Quelle conséquence sur la concentration obtenue ? Estimez l'ordre de grandeur de l'erreur relative.
Voir la correction
Réponses
a)m=2,00 g ; balance au centigramme suffisante
b)[Fe3+]=4,00×10−2 ; [SO42−]=6,00×10−2 mol/L
c)Fiole jaugée, précise à 0,1 %
d)Facteur 4,00 ; V0=25,0 mL
e)Environ 2 % : un chiffre significatif perdu
a)
n=c0×V=2,00×10−2×0,2500=5,00×10−3mol, puis m=n×M=5,00×10−3×399,9=2,00g. Une balance au centigramme suffit pour 2,00g ; le milligramme n'apporterait rien, la précision étant limitée par la fiole.
b)
Fe2(SO4)3(s)→2Fe3+(aq)+3SO42−(aq). Donc [Fe3+]=2c0=4,00×10−2mol⋅L−1 et [SO42−]=3c0=6,00×10−2mol⋅L−1. Vérification par l'électroneutralité : les charges positives valent 3×[Fe3+]=3×4,00×10−2=0,120mol⋅L−1 et les charges négatives 2×[SO42−]=2×6,00×10−2=0,120mol⋅L−1 : la solution est bien neutre.
c)
On pèse 2,00g dans une coupelle tarée, on transvase dans une FIOLE JAUGÉE de 250,0mL à l'entonnoir en rinçant la coupelle et l'entonnoir dans la fiole, on ajoute de l'eau distillée jusqu'aux deux tiers, on agite bouchon fermé jusqu'à dissolution complète, puis on complète au TRAIT DE JAUGE, la dernière goutte à la pipette simple, bas du ménisque sur le trait, et l'on homogénéise par retournements. La fiole jaugée est le seul récipient dont le volume est garanti à mieux de 0,1% ; une éprouvette graduée donne au mieux 1%, ce qui ruinerait la concentration annoncée avec trois chiffres significatifs.
d)
Facteur de dilution : c1c0=5,00×10−32,00×10−2=4,00. Le volume à prélever vaut V0=4,00V1=4,00100,0=25,0mL, à prélever à la pipette jaugée de 25,0mL et à introduire dans une fiole de 100,0mL.
e)
La concentration obtenue serait entachée d'une incertitude bien plus grande. Une éprouvette de 25mL donne typiquement ±0,5mL, soit une erreur relative d'environ 250,5=2%, contre environ 250,03=0,1% pour une pipette jaugée. On perdrait donc un chiffre significatif sur la concentration, et l'on ne pourrait plus annoncer 5,00×10−3 mais seulement 5,0×10−3mol⋅L−1.
Exercice 8 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, puis donnez l'énoncé correct.
1) « Une molécule dont toutes les liaisons sont polarisées est nécessairement polaire. »
2) « Dans une solution de CaCl2 à c=0,10mol⋅L−1, on a [Cl−]=0,10mol⋅L−1. »
3) « La phase organique est toujours la phase supérieure dans une ampoule à décanter. »
4) « La liaison hydrogène est une liaison covalente entre un hydrogène et un oxygène. »
Voir la correction
Réponses
1)La géométrie peut compenser : CO2 est apolaire
2)[Cl−]=2c=0,20 mol/L
3)Ce sont les masses volumiques qui décident
4)Interaction intermoléculaire, pas une liaison covalente
1)
FAUX. La polarité d'une MOLÉCULE dépend de la géométrie autant que des liaisons : si les moments dipolaires de liaison se compensent par symétrie, la molécule est apolaire. Le dioxyde de carbone, linéaire, et le tétrachlorométhane, tétraédrique, en sont deux contre-exemples : liaisons très polarisées, molécule apolaire.
2)
FAUX. L'équation de dissolution CaCl2(s)→Ca2+(aq)+2Cl−(aq) impose [Cl−]=2c=0,20mol⋅L−1. Le coefficient stoechiométrique multiplie la concentration de l'ion, il ne la laisse pas inchangée.
3)
FAUX. C'est la comparaison des MASSES VOLUMIQUES qui décide, rien d'autre. Le cyclohexane (0,78) surnage, le dichlorométhane (1,33) se place au fond. Il faut donc vérifier avant chaque extraction quelle phase soutirer.
4)
FAUX. La liaison hydrogène est une INTERACTION intermoléculaire, environ dix à vingt fois moins énergétique qu'une liaison covalente. Elle s'établit entre un atome d'hydrogène déjà lié de façon covalente à N, O ou F et un doublet non liant porté par un autre atome de N, O ou F.
Exercice 9 : Problème : contrôler une extraction par chromatographie
Après l'extraction d'un principe actif, on contrôle le résultat par chromatographie sur couche mince. Trois dépôts sont réalisés : A, l'espèce pure de référence, B, une impureté connue, et M, le mélange extrait.
Le front du solvant a parcouru 5,2cm depuis la ligne de dépôt.
a) Pourquoi la ligne de dépôt doit-elle se trouver AU-DESSUS du niveau de l'éluant dans la cuve ?
b) Le dépôt A donne une tache à 2,4cm et le dépôt B une tache à 4,3cm. Calculez les deux rapports frontaux.
c) Le dépôt M donne DEUX taches, à 2,4 et 4,3cm. Que peut-on conclure sur l'extrait ?
d) Quelle espèce a le plus d'affinité pour la phase fixe ? Justifiez à partir des rapports frontaux.
e) Après une seconde extraction, le chromatogramme de M ne montre plus qu'une seule tache, à 2,4cm. Peut-on affirmer que le produit est pur ? Donnez une limite de cette conclusion.
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Réponses
a)Sinon les dépôts se dissolvent dans l'éluant
b)Rf(A)=0,46 ; Rf(B)=0,83
c)Principe actif et impureté
d)A, le plus retenu
e)Non : il faut un autre éluant ou une mesure physique
a)
Parce que si la ligne de dépôt trempait dans l'éluant, les espèces déposées se dissoudraient directement dans le liquide de la cuve au lieu de migrer sur la plaque. Il n'y aurait ni séparation, ni chromatogramme exploitable, seulement une plaque lavée.
b)
Le rapport frontal est Rf=dfrontdtache. Pour A : 5,22,4=0,46. Pour B : 5,24,3=0,83. Le rapport frontal est sans dimension et toujours compris entre 0 et 1.
c)
L'extrait contient les DEUX espèces : le principe actif recherché, dont la tache est à la même hauteur que celle de A, et l'impureté connue, à la hauteur de celle de B. L'extraction n'est donc pas sélective, elle a entraîné l'impureté avec le produit.
d)
L'espèce A, celle qui a le plus petit rapport frontal. Un composé peu monté est un composé fortement RETENU par la phase fixe, avec laquelle il interagit davantage ; à l'inverse, B, avec Rf=0,83, est surtout entraîné par l'éluant, la phase mobile.
e)
Non, on ne peut pas l'affirmer catégoriquement. Une seule tache prouve seulement qu'aucune autre espèce ne se sépare DANS CES CONDITIONS d'éluant et de phase fixe : deux composés de rapports frontaux voisins donneraient une tache unique. Pour conclure à la pureté, il faudrait refaire la chromatographie avec un éluant de polarité différente, et compléter par une mesure physique comme la température de fusion ou un spectre infrarouge.
Exercice 10 : Problème : choisir un solvant pour une synthèse
Un laboratoire doit recristalliser un solide organique polaire, l'acide benzoïque, pour le purifier. Le principe est simple : on dissout le solide à chaud dans un solvant, on refroidit, et le produit cristallise pendant que les impuretés restent en solution. Le schéma ci-dessous représente l'opération.
Solubilités de l'acide benzoïque : dans l'eau, 1,7g⋅L−1 à 20∘C et 68g⋅L−1 à 95∘C ; dans l'éthanol, 460g⋅L−1 à 20∘C.
a) Quelle propriété doit avoir le solvant de recristallisation ? Comparez l'eau et l'éthanol sur ce critère.
b) On dissout 6,0g d'acide benzoïque brut dans le minimum d'eau à 95∘C. Quel volume d'eau faut-il, au millilitre près ?
c) On refroidit cette solution à 20∘C. Quelle masse d'acide benzoïque cristallise ? Quel est le rendement maximal de l'opération ?
d) Pourquoi ne faut-il ni trop d'eau, ni un refroidissement trop brutal ?
e) Justifiez, à partir de la structure de l'acide benzoïque, qu'il soit si peu soluble dans l'eau froide alors qu'il porte un groupe carboxyle.
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Réponses
a)Peu soluble à froid, très soluble à chaud : l'eau
Le bon solvant de recristallisation dissout très MAL le composé à froid et très BIEN à chaud : c'est cet écart qui fait cristalliser le produit au refroidissement. L'eau convient parfaitement, sa solubilité passant de 1,7 à 68g⋅L−1, soit un facteur 40. L'éthanol ne convient pas : à 460g⋅L−1 dès 20∘C, le produit resterait en solution même à froid et l'on ne récupérerait rien.
b)
Il faut V=sm=686,0=8,8×10−2L, soit 88mL d'eau bouillante.
c)
À 20∘C, ces 88mL ne peuvent plus retenir que 1,7×8,8×10−2=0,15g. Il cristallise donc 6,0−0,15=5,85g, soit environ 5,9g. Le rendement maximal vaut 6,05,85=0,975, soit 97,5%, ce qui est le plafond théorique : les pertes de manipulation le feront baisser.
d)
Trop d'eau ferait que même à froid la solution resterait sous la limite de saturation, et une partie du produit ne cristalliserait jamais : le rendement s'effondrerait. Un refroidissement trop brutal ferait précipiter le solide très vite, en cristaux minuscules qui emprisonnent les impuretés et le solvant : la purification serait moins bonne. On refroidit donc lentement, puis on achève dans un bain de glace.
e)
L'acide benzoïque comporte un groupe carboxyle −COOH, hydrophile et capable de liaisons hydrogène, mais aussi un CYCLE BENZÉNIQUE C6H5− volumineux et apolaire, qui domine largement en taille. La partie hydrophobe l'emporte donc sur la partie hydrophile, exactement comme pour un alcool à longue chaîne, ce qui explique la très faible solubilité dans l'eau froide.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Schémas de Lewis d'ions et lacune électronique
Numéros atomiques : H : 1 ; B : 5 ; N : 7 ; O : 8 ; F : 9. Pour établir un schéma de Lewis, on compte les électrons de valence de tous les atomes, on retire un électron par charge positive et on en ajoute un par charge négative, puis on répartit les doublets.
Un atome entouré de moins de huit électrons, hors hydrogène, présente une LACUNE électronique.
a) Établissez le schéma de Lewis de l'ion oxonium H3O+ : nombre d'électrons de valence, doublets liants et non liants, atome qui porte la charge.
b) Même travail pour l'ion ammonium NH4+, puis donnez sa géométrie.
c) Même travail pour l'ion hydroxyde HO−.
d) Établissez le schéma de Lewis du trifluorure de bore BF3. Combien d'électrons entourent le bore ? Quelle est la géométrie de la molécule ?
e) L'ammoniac NH3 réagit avec BF3 en formant une liaison N−B. Quel atome fournit les deux électrons de cette liaison ? Justifiez.
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Réponses
a)8 électrons : 3 liants, 1 non liant, charge sur O
b)4 doublets liants, charge sur N ; tétraédrique
c)1 liant, 3 non liants, charge sur O
d)24 électrons ; 6 autour du bore, lacune ; plane
e)L'azote, par son doublet non liant
a)
Électrons de valence : 6 pour l'oxygène, 3×1 pour les hydrogènes, moins 1 pour la charge positive, soit 8 électrons et donc 4 doublets. Trois doublets LIANTS relient l'oxygène aux hydrogènes, et il reste 1 doublet NON LIANT sur l'oxygène. L'oxygène, qui partage trois doublets au lieu de deux dans l'eau, porte la charge +. L'ion a la forme d'une pyramide à base triangulaire, comme l'ammoniac.
b)
5+4×1−1=8 électrons, soit 4 doublets, tous LIANTS : aucun doublet non liant sur l'azote. L'azote porte la charge +. Quatre doublets liants qui se repoussent au maximum pointent vers les sommets d'un TÉTRAÈDRE : l'ion ammonium est tétraédrique, comme le méthane.
c)
6+1+1=8 électrons, soit 4 doublets : 1 doublet liant O−H et 3 doublets non liants sur l'oxygène, qui porte la charge −. Compter l'électron de la charge négative est l'étape que l'on oublie : sans lui, on trouverait sept électrons, un nombre impair impossible à répartir en doublets.
d)
3+3×7=24 électrons, soit 12 doublets : 3 doublets liants B−F et 9 doublets non liants, trois sur chaque fluor, qui respectent ainsi l'octet. Le bore n'est entouré que de 3×2=6 électrons : il présente une LACUNE électronique. Sans doublet non liant, les trois liaisons s'écartent au maximum dans un plan, à 120∘ : la molécule est PLANE triangulaire.
e)
L'azote de l'ammoniac porte un doublet non liant, et le bore une lacune : c'est l'AZOTE qui fournit les deux électrons, qui viennent combler la lacune du bore. Le bore est alors entouré de huit électrons. Un doublet non liant et une lacune sont faits pour se rencontrer.
La méthode ne change pas d'une molécule à un ion : on compte les électrons de valence en tenant compte de la charge, on forme les doublets, on vérifie l'octet de chaque atome. Un atome qui garde moins de huit électrons a une lacune, un atome qui partage plus de doublets que d'habitude porte une charge positive.
Exercice 12 : Solution saturée : combien de sel dans l'eau ?
À 20∘C, on peut dissoudre au plus 36,0g de chlorure de sodium dans 100mL d'eau ; au-delà, le solide reste au fond et la solution est dite SATURÉE. À 100∘C, cette limite passe à 39,2g.
On donne M(NaCl)=58,5g/mol, M(saccharose)=342g/mol, et la masse volumique de l'eau salée saturée, 1,20g/mL. On peut dissoudre 200g de saccharose dans 100mL d'eau à 20∘C. Le schéma ci-dessous représente la situation de départ.
a) On verse 50,0g de chlorure de sodium dans 100mL d'eau à 20∘C. Quelle masse se dissout ? Quelle masse reste au fond ?
b) Calculez la quantité de chlorure de sodium dissoute.
c) Calculez le volume de la solution saturée, puis sa concentration en quantité de matière.
d) Le saccharose paraît plus de cinq fois plus soluble que le sel. Comparez les deux solubilités en quantité de matière et expliquez pourquoi un solide moléculaire peut être aussi soluble dans l'eau qu'un solide ionique.
e) On chauffe le mélange de la question a) à 100∘C. Quelle masse supplémentaire se dissout ? Le chlorure de sodium se prête-t-il à une purification par recristallisation dans l'eau ?
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Réponses
a)36,0 g dissous, 14,0 g au fond
b)n=0,615 mol
c)V=113 mL ; c=5,43 mol/L
d)0,585 contre 0,615 mol : presque autant
e)3,2 g de plus ; recristallisation inadaptée
a)
Seuls 36,0g se dissolvent : la solution est saturée, et il reste 50,0−36,0=14,0g de solide au fond. Ajouter du sel à une solution saturée ne change plus sa composition, seulement la quantité de dépôt.
b)
n=58,536,0=0,615mol.
c)
La solution a une masse de 100+36,0=136,0g, puisque 100mL d'eau pèsent 100g. Son volume vaut 1,20136,0=113mL, et non 100mL : le soluté occupe de la place. Donc c=0,11330,615=5,43mol/L. Diviser par 0,100L donnerait 6,15mol/L, une erreur de plus de dix pour cent.
d)
En quantité de matière, 200g de saccharose font 342200=0,585mol : c'est à peu près AUTANT que les 0,615mol de sel. L'écart en masse vient surtout de la masse molaire. Le saccharose se dissout aussi bien parce que ses nombreux groupes hydroxyle forment des liaisons hydrogène avec l'eau, qui remplacent celles qui assurent la cohésion du cristal de sucre.
e)
Il se dissout 39,2−36,0=3,2g de plus ; il reste 10,8g au fond. La solubilité du sel ne gagne que 9 pour cent entre 20 et 100∘C : en refroidissant, presque rien ne recristalliserait. Le chlorure de sodium ne se prête donc PAS à une recristallisation dans l'eau ; on l'obtient au contraire en évaporant l'eau, comme dans les marais salants.
Une solubilité est une LIMITE : tant qu'on reste en dessous tout se dissout, au-delà l'excès reste solide. Pour comparer deux solutés, il faut raisonner en quantité de matière, et pour calculer une concentration, diviser par le volume de SOLUTION, jamais par celui du solvant.
Quatre espèces présentes dans l'alimentation. La vitamine C, C6H8O6, est une petite molécule portant quatre groupes hydroxyle. La vitamine D, C27H44O, possède un unique groupe hydroxyle au bout d'un grand squelette carboné. Le glycérol, C3H8O3, porte trois groupes hydroxyle. La lécithine du jaune d'œuf possède une tête ionique et deux longues chaînes carbonées.
Une espèce est dite HYDROPHILE si elle a de l'affinité pour l'eau, LIPOPHILE si elle en a pour les graisses, AMPHIPHILE si elle possède une partie de chaque sorte. Le schéma ci-dessous représente la lécithine et la mayonnaise.
a) Calculez, pour la vitamine C, le glycérol et la vitamine D, le nombre d'atomes de carbone par groupe hydroxyle.
b) Classez ces trois molécules en hydrosolubles et liposolubles, et justifiez. Pourquoi la vitamine D, qui porte un groupe hydroxyle, n'est-elle pas soluble dans l'eau ?
c) Justifiez que la lécithine est amphiphile. Comment ses molécules s'orientent-elles à la surface d'une gouttelette d'huile dispersée dans l'eau ?
d) Dans une mayonnaise, de l'huile est dispersée en fines gouttelettes dans la phase aqueuse du jaune d'œuf et du vinaigre. Expliquez pourquoi la lécithine empêche les gouttelettes de se rassembler.
e) On conseille de prendre un complément de vitamine D pendant un repas qui contient des graisses, alors qu'un excès de vitamine C est éliminé dans les urines. Interprétez.
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Réponses
a)1,5 ; 1 ; 27
b)Hydrosolubles : vitamine C et glycérol ; liposoluble : vitamine D
c)Tête ionique et chaînes : chaînes dans l'huile
d)Têtes chargées : les gouttelettes se repoussent
e)D liposoluble dans les graisses, C hydrosoluble éliminée
a)
Vitamine C : 46=1,5 carbone par groupe hydroxyle. Glycérol : 33=1. Vitamine D : 127=27. Ce rapport, grossier mais parlant, mesure le poids de la partie carbonée face aux groupes capables de liaisons hydrogène avec l'eau.
b)
La vitamine C et le glycérol, riches en groupes hydroxyle et pauvres en carbone, forment de nombreuses liaisons hydrogène avec l'eau : ils sont HYDROSOLUBLES. La vitamine D possède bien un groupe hydroxyle, mais il est noyé dans un squelette de 27 carbones apolaire, qui interagit avec l'eau bien moins qu'avec une graisse : elle est LIPOSOLUBLE. C'est la PROPORTION des deux parties qui décide, pas la simple présence d'un groupe polaire.
c)
La lécithine possède une tête ionique, hydrophile, et deux longues chaînes carbonées, lipophiles : elle réunit les deux caractères, elle est amphiphile. À la surface d'une gouttelette d'huile, les chaînes plongent DANS l'huile et les têtes restent tournées vers l'eau.
d)
Chaque gouttelette se trouve entourée d'une couche de têtes ioniques de même signe tournées vers l'eau. Deux gouttelettes qui s'approchent se repoussent, et l'huile ne peut plus se rassembler en une couche : l'émulsion est stable. Sans lécithine, l'huile remonte et forme une couche au-dessus de l'eau, comme dans une vinaigrette laissée au repos.
e)
La vitamine D, liposoluble, se dissout dans les graisses du repas, ce qui favorise son passage dans l'organisme ; pour la même raison, elle est stockée dans les tissus graisseux. La vitamine C, hydrosoluble, circule dissoute dans le sang, et l'excès passe dans l'urine, qui est une solution aqueuse. Un sirop de vitamine D serait donc formulé dans une huile, pas dans de l'eau.
Une molécule n'est pas « polaire » ou « apolaire » en bloc : on pèse la partie hydrophile contre la partie lipophile. Quand les deux sont importantes et séparées, la molécule est amphiphile et se place à la frontière entre l'eau et l'huile, ce qui explique savons, émulsions et membranes.
Exercice 14 : Problème : extraire la caféine d'un thé, en une fois ou en deux
Une infusion de 100mL contient 60mg de caféine. On l'extrait avec du dichlorométhane, non miscible à l'eau, de masse volumique 1,33g/mL et de température d'ébullition 40∘C.
Quand les deux phases sont au repos, la concentration en masse de la caféine dans le dichlorométhane est toujours 9 fois plus grande que dans l'eau. On dispose de 20mL de dichlorométhane. Le schéma ci-dessous représente le matériel.
a) Dans l'ampoule à décanter, quelle phase contient la caféine extraite, et se trouve-t-elle en haut ou en bas ?
b) On utilise les 20mL en une seule extraction. On note m la masse de caféine passée dans le solvant. Écrivez l'égalité traduisant le rapport des concentrations, puis calculez m et le pourcentage extrait.
c) On procède maintenant en deux extractions successives de 10mL. Calculez la masse extraite à chaque étape, puis la masse totale et le pourcentage extrait.
d) Pourquoi ne peut-on pas utiliser l'éthanol, où la caféine est pourtant soluble, comme solvant extracteur ?
e) Comment récupérer la caféine dissoute dans le dichlorométhane ? Pourquoi manipule-t-on sous une hotte ?
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Réponses
a)Dichlorométhane, en bas
b)m=38,6 mg, soit 64,3 %
c)28,4+15,0=43,4 mg, soit 72,3 %
d)L'éthanol est miscible à l'eau
e)Évaporer le solvant, sous hotte
a)
La caféine extraite est dans le DICHLOROMÉTHANE. Sa masse volumique, 1,33g/mL, dépasse celle de l'eau : la phase organique est EN BAS, et c'est elle qu'on soutire par le robinet.
b)
Il reste 60−m milligrammes dans les 100mL d'eau. Le rapport des concentrations s'écrit 20m=9×10060−m, soit m=1,8(60−m), d'où 2,8m=108 et m=38,6mg. On extrait 6038,6=64,3 pour cent de la caféine.
c)
Première extraction : 10m1=9×10060−m1, soit 1,9m1=54 et m1=28,4mg ; il reste 31,6mg dans l'eau. Seconde extraction sur ce reste : 1,9m2=0,9×31,6, soit m2=15,0mg. Au total 43,4mg, soit 72,3 pour cent. Avec le MÊME volume de solvant, fractionner l'extraction récupère huit points de plus.
d)
L'éthanol est miscible à l'eau en toutes proportions : il ne se formerait pas deux phases, et la caféine resterait dans un mélange unique d'où rien ne serait séparé. La première qualité d'un solvant extracteur est d'être NON MISCIBLE au solvant de départ.
e)
On évapore le dichlorométhane, par exemple à l'évaporateur rotatif : il bout à 40∘C alors que la caféine est un solide qui reste dans le ballon. On travaille sous hotte parce que le dichlorométhane est très VOLATIL et nocif : ses vapeurs se respirent facilement dès la température ambiante.
Le rapport des concentrations entre les deux phases fixe la FRACTION extraite à chaque passage, jamais la totalité : chaque extraction laisse une part de ce qui reste. Plusieurs petites extractions valent donc mieux qu'une grande, et le calcul le chiffre.
Exercice 15 : Problème : mélanger de l'eau et de l'éthanol
On verse 50,0mL d'éthanol dans 50,0mL d'eau, à 20∘C. Après agitation et retour à 20∘C, l'éprouvette indique un volume de 96,0mL. Le schéma ci-dessous représente les trois éprouvettes.
Masses volumiques à 20∘C : eau 0,998g/mL ; éthanol 0,789g/mL. Le degré alcoolique d'un mélange est le volume d'éthanol pur, en millilitres, contenu dans 100mL de mélange.
a) Calculez les masses d'eau et d'éthanol mélangées.
b) La masse se conserve-t-elle ? Calculez la contraction de volume, en millilitres puis en pourcentage du volume attendu.
c) Calculez la masse volumique du mélange.
d) Proposez une explication de la contraction à l'échelle des molécules.
e) Calculez le degré alcoolique du mélange, puis le pourcentage en masse d'éthanol. Un élève annonce « 50 degrés ». Où est l'erreur ?
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Réponses
a)49,9 g d'eau et 39,5 g d'éthanol
b)Masse conservée ; contraction de 4,0 mL, soit 4,0 %
m(eau)=0,998×50,0=49,9g et m(eˊthanol)=0,789×50,0=39,5g, soit 39,45g avant arrondi.
b)
La masse se conserve TOUJOURS : le mélange pèse 49,9+39,45=89,35g, rien n'est créé ni détruit. Le volume, lui, ne se conserve pas : on attendait 100,0mL et l'on en mesure 96,0, soit une contraction de 4,0mL, c'est-à-dire 4,0 pour cent. Les volumes ne s'additionnent que pour des liquides qui n'interagissent pas plus entre eux qu'avec eux-mêmes.
c)
ρ=96,089,35=0,931g/mL, entre celle de l'éthanol et celle de l'eau, mais pas à mi-chemin des deux.
d)
L'éthanol et l'eau forment entre eux des LIAISONS HYDROGÈNE, grâce au groupe hydroxyle de l'éthanol. Ces interactions rapprochent les molécules des deux espèces, qui s'imbriquent plus étroitement que dans chaque liquide pur : les petites molécules d'eau se logent en partie entre les molécules d'éthanol. Le mélange occupe donc moins de place que les deux liquides séparés.
e)
Le mélange contient 50,0mL d'éthanol pour 96,0mL au total : le degré vaut 96,050,0×100=52,1 degrés. En masse, l'éthanol représente 89,3539,45=44,2 pour cent. L'élève a divisé par le volume ATTENDU, 100mL, au lieu du volume réel du mélange ; il a aussi confondu l'égalité des volumes versés avec l'égalité des proportions en masse, qui est fausse puisque l'éthanol est moins dense.
Au mélange de deux liquides, seule la MASSE se conserve à coup sûr. Un volume ou un pourcentage en volume se calcule toujours avec le volume mesuré du mélange, et une contraction signale des interactions entre les deux espèces plus fortes que dans les liquides purs.
Partie D : complément du programme (/10)
Exercice 16 : Les schémas de Lewis des molécules du programme, et la géométrie qu'ils imposent
Numéros atomiques : H : 1 ; C : 6 ; N : 7 ; O : 8 ; Na : 11 ; P : 15 ; S : 16 ; Cl : 17. Électronégativités : H : 2,2 ; C : 2,6 ; N : 3,0 ; Cl : 3,2.
Autour d'un atome central, les doublets d'électrons, liants ou non liants, se repoussent et s'écartent le plus possible les uns des autres. Une liaison double compte pour une seule direction. On mesure les angles de liaison suivants : 109,5∘ dans CH4, 107∘ dans NH3 et 104,5∘ dans H2O.
a) Établissez les schémas de Lewis de N2, O2 et HCl en comptant d'abord les électrons de valence. Déduisez ensuite de la règle de l'octet les ions monoatomiques stables formés par Na, Cl et O. Que reste-t-il comme électrons à l'ion H+ ?
b) Établissez les schémas de Lewis de CH4, NH3 et H2O. Combien de doublets entourent l'atome central dans chaque cas ? Déduisez-en la géométrie de chaque molécule, et expliquez pourquoi l'angle de liaison diminue de CH4 à H2O.
c) Établissez le schéma de Lewis de CO2. L'atome de carbone y est entouré de quatre doublets liants, comme dans le méthane : pourquoi la molécule n'est-elle pourtant pas tétraédrique ? Donnez l'angle de liaison.
d) Dites si chacune des molécules HCl, CH4 et NH3 est polaire, en vous appuyant sur l'électronégativité ET sur la géométrie.
e) Sans dessiner de schéma, prévoyez la géométrie du sulfure d'hydrogène H2S et de la phosphine PH3 à l'aide du tableau périodique. Justifiez.
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Réponses
a)∣N≡N∣ : 3 liants ; O2 : double liaison et 4 non liants ; HCl : 1 liant, 3 non liants ; Na+, Cl−, O2− ; H+ : aucun électron
b)Quatre doublets autour de l'atome central dans les trois cas ; CH4 tétraédrique, NH3 pyramidale, H2O coudée ; les doublets non liants repoussent plus fort
c)⟨O=C=O⟩ : deux directions seulement autour de C, molécule linéaire, 180∘
d)HCl polaire, CH4 apolaire, NH3 polaire
e)H2S coudée comme l'eau, PH3 pyramidale comme l'ammoniac : même colonne, même schéma
a)
N2 : chaque azote a 5 électrons de valence, soit 10 électrons et 5 doublets. Pour que chaque azote ait son octet, il faut 3 doublets LIANTS entre eux, une liaison triple, et 1 doublet non liant sur chaque atome : ∣N≡N∣. O2 : 12 électrons, 6 doublets, une liaison DOUBLE et 2 doublets non liants par oxygène, soit 4 en tout. HCl : 1+7=8 électrons, 4 doublets, 1 liant et 3 non liants sur le chlore. Les ions suivent la même règle : le sodium, de couche externe 3s1, perd un électron et devient Na+ ; le chlore, à qui il manque un électron, devient Cl− ; l'oxygène, à qui il en manque deux, devient O2−, entouré de 4 doublets non liants. L'ion H+, lui, n'a plus AUCUN électron : c'est un proton seul, et son schéma de Lewis se réduit au symbole.
b)
CH4 : 4+4=8 électrons, 4 doublets liants, aucun non liant. NH3 : 5+3=8 électrons, 3 doublets liants et 1 non liant sur l'azote. H2O : 6+2=8 électrons, 2 liants et 2 non liants sur l'oxygène. Dans les trois cas, QUATRE doublets entourent l'atome central et pointent vers les sommets d'un tétraèdre. Mais la géométrie se NOMME d'après les seuls atomes : CH4 est tétraédrique, NH3 est pyramidale à base triangulaire, H2O est coudée. L'angle diminue parce qu'un doublet non liant, retenu par un seul noyau, est plus proche de l'atome central et repousse plus fort les doublets liants : un doublet non liant les resserre à 107∘, deux à 104,5∘. Oublier les doublets non liants conduirait à une eau linéaire et à un ammoniac plan, deux réponses fausses.
c)
CO2 : 4+2×6=16 électrons, 8 doublets. Le carbone forme deux liaisons DOUBLES, et chaque oxygène garde 2 doublets non liants : ⟨O=C=O⟩, soit 4 doublets non liants en tout. Le carbone est bien entouré de quatre doublets liants, mais ils sont groupés par deux dans chaque double liaison : il n'y a que DEUX directions autour du carbone, et aucune paire libre. Deux directions qui s'écartent au maximum sont opposées : la molécule est linéaire, avec un angle de 180∘. C'est le nombre de DIRECTIONS qui compte, pas le nombre de doublets.
d)
HCl : l'écart d'électronégativité vaut 3,2−2,2=1,0, la liaison est polarisée, et une molécule à une seule liaison ne peut pas compenser son moment dipolaire : HCl est POLAIRE. CH4 : l'écart 2,6−2,2=0,4 rend les liaisons à peine polarisées, et la symétrie tétraédrique annule de toute façon leur somme : la molécule est APOLAIRE. NH3 : l'écart 3,0−2,2=0,8 polarise chaque liaison, et la pyramide n'a pas la symétrie qui les compenserait : les trois moments s'ajoutent vers l'azote, la molécule est POLAIRE. Juger sur la seule électronégativité ne suffit jamais : c'est la géométrie qui tranche.
e)
Le soufre est sous l'oxygène dans la même colonne : il a 6 électrons de valence. H2S a donc le même schéma que l'eau, 2 doublets liants et 2 non liants autour du soufre, et il est COUDÉ. Le phosphore est sous l'azote, avec 5 électrons de valence : PH3 porte 3 doublets liants et 1 non liant, et il est PYRAMIDAL comme l'ammoniac. Deux atomes d'une même colonne ont le même nombre d'électrons de valence, donc des schémas de Lewis de même forme et la même géométrie.
À retenir : on compte les électrons de valence, on forme les doublets, on vérifie l'octet ou le duet, puis on compte les DIRECTIONS de doublets autour de l'atome central, non liants compris. La géométrie se nomme ensuite d'après les seuls atomes.
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