Me contacter

Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : acide-base et oxydo-réduction (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les transformations acide-base et l'oxydo-réduction, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le fil conducteur des deux moitiés est le même : un transfert de particule entre deux couples. Un proton pour l'acide-base, un électron pour l'oxydo-réduction, et dans les deux cas la particule échangée n'apparaît jamais dans l'équation finale. Les espèces amphotères se comportent d'ailleurs de la même façon dans les deux domaines, ce que l'exercice 7 exploite avec le peroxyde d'hydrogène.

L'exercice 8 est celui qui sépare les copies : le graphique montre deux régimes et il faut comprendre que la rupture de pente n'est pas un accident expérimental mais l'instant précis où le réactif limitant change de camp.

Rappel de cours

  • Acide-base : un acide cède un proton, une base en capte un. Une réaction met toujours en jeu DEUX couples, et le proton n'apparaît jamais dans l'équation globale.
  • Espèce amphotère : appartient à deux couples et joue l'acide ou la base selon le partenaire. Exemples : l'eau, l'ion hydrogénocarbonate.
  • pH : pH=log[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]. Pour un acide fort, [H3O+]=c\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=c. Diluer d'un facteur 10 ajoute 1 au pH, mais seulement loin de 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}.
  • Oxydo-réduction : l'oxydant capte les électrons, le réducteur les cède. Ajuster une demi-équation en quatre étapes : élément principal, oxygène par l'eau, hydrogène par les protons, charge par les électrons.
  • Les électrons n'existent pas libres en solution : toujours combiner deux demi-équations pour qu'ils disparaissent.
  • Titrage : la réaction support doit être totale, rapide et unique. À l'équivalence, nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b}.
  • Réactif limitant : comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}}, jamais les concentrations seules.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Couples acide-base et transfert de proton

Un acide est une espèce capable de céder un proton H+\mathrm{H^{+}}, une base est une espèce capable d'en capter un. Un couple acide-base se note AH/A\mathrm{AH/A^{-}}.

  • a) Donnez la base conjuguée de chacun des acides suivants : HCl\mathrm{HCl}, CH3COOH\mathrm{CH_{3}COOH}, NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} et H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}.
  • b) Donnez l'acide conjugué de chacune des bases suivantes : HO\mathrm{HO^{-}}, NH3\mathrm{NH_{3}} et HCO3\mathrm{HCO_{3}^{-}}.
  • c) L'ion hydrogénocarbonate HCO3\mathrm{HCO_{3}^{-}} apparaît dans les deux listes. Comment appelle-t-on une telle espèce ? Donnez les deux couples auxquels elle appartient.
  • d) Écrivez l'équation de la réaction entre l'acide éthanoïque et l'ion hydroxyde, en faisant apparaître les deux couples mis en jeu.
  • e) Expliquez pourquoi une réaction acide-base met toujours en jeu exactement deux couples.
Voir la correction

a) On retire un proton à chaque acide : Cl\mathrm{Cl^{-}}, CH3COO\mathrm{CH_{3}COO^{-}}, NH3\mathrm{NH_{3}} et H2O\mathrm{H_{2}O}.

b) On ajoute un proton à chaque base : H2O\mathrm{H_{2}O}, NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} et H2CO3\mathrm{H_{2}CO_{3}}, souvent écrit CO2,H2O\mathrm{CO_{2},H_{2}O} en solution aqueuse.

c) Une espèce qui peut à la fois céder et capter un proton est dite amphotère, ou ampholyte. L'ion hydrogénocarbonate appartient au couple H2CO3/HCO3\mathrm{H_{2}CO_{3}/HCO_{3}^{-}}, où il joue le rôle de base, et au couple HCO3/CO32\mathrm{HCO_{3}^{-}/CO_{3}^{2-}}, où il joue le rôle d'acide. L'eau est l'autre exemple classique, avec H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O} et H2O/HO\mathrm{H_{2}O/HO^{-}}.

d) Les deux couples sont CH3COOH/CH3COO\mathrm{CH_{3}COOH/CH_{3}COO^{-}} et H2O/HO\mathrm{H_{2}O/HO^{-}}. Les deux demi-équations s'écrivent CH3COOHCH3COO+H+\mathrm{CH_{3}COOH\longrightarrow CH_{3}COO^{-}+H^{+}} et HO+H+H2O\mathrm{HO^{-}+H^{+}\longrightarrow H_{2}O}. En les additionnant, le proton se simplifie et il reste CH3COOH+HOCH3COO+H2O\mathrm{CH_{3}COOH+HO^{-}\longrightarrow CH_{3}COO^{-}+H_{2}O}.

e) Parce qu'un proton ne peut pas exister seul en solution : il est bien trop réactif pour rester libre. Toute cession de proton doit donc être simultanément une capture par une autre espèce. Il faut par conséquent un couple qui fournit le proton et un couple qui le reçoit, soit exactement deux couples. Le proton n'apparaît que dans les demi-équations, jamais dans l'équation globale, et c'est un bon moyen de vérifier qu'on ne s'est pas trompé.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 2 : pH, concentration et dilution

Le pH d'une solution aqueuse est relié à la concentration en ions oxonium par pH=log[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right], la concentration étant exprimée en mol/L\mathrm{mol/L}.

On dispose d'une solution d'acide chlorhydrique, acide fort, de concentration c=2,5×103 mol/Lc=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

  • a) Expliquez ce que signifie « acide fort », puis donnez [H3O+]\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right] dans cette solution.
  • b) Calculez le pH de la solution.
  • c) On dilue cette solution 10 fois. Calculez le nouveau pH.
  • d) Généralisez : de combien varie le pH d'une solution d'acide fort quand on la dilue d'un facteur 10 ? Démontrez-le.
  • e) Un élève dilue 10 000 fois une solution de pH 4 et annonce un pH de 8. Où est l'erreur ?
Voir la correction

a) Un acide fort est un acide dont la réaction avec l'eau est totale : toutes les molécules cèdent leur proton. Chaque molécule de HCl\mathrm{HCl} apportant un ion H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}, on a directement [H3O+]=c=2,5×103 mol/L\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=c=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

b) pH=log(2,5×103)=2,60\mathrm{pH}=-\log\left(2{,}5\times 10^{-3}\right)=2{,}60.

c) Après dilution, c=2,5×104 mol/Lc'=2{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}, donc pH=log(2,5×104)=3,60\mathrm{pH}'=-\log\left(2{,}5\times 10^{-4}\right)=3{,}60.

d) Le pH augmente exactement de 1 unité. En effet pH=logc10=logc+log10=pH+1\mathrm{pH}'=-\log\dfrac{c}{10}=-\log c+\log 10=\mathrm{pH}+1. C'est une conséquence directe de la propriété du logarithme sur un quotient, et cela vaut quelle que soit la concentration de départ, tant que l'acide reste fort et la solution pas trop diluée.

e) Diluer 10 000 fois, c'est diluer quatre fois de suite d'un facteur 10, donc le calcul de l'élève donnerait pH=4+4=8\mathrm{pH}=4+4=8. Le résultat est absurde : diluer un acide ne peut jamais rendre la solution basique. L'erreur est d'oublier l'autoprotolyse de l'eau : quand la solution devient très diluée, les ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} apportés par l'eau elle-même, de l'ordre de 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}, ne sont plus négligeables devant ceux de l'acide. Le pH tend alors vers 7 par valeurs inférieures, sans jamais le dépasser. La règle du plus un par dilution n'est valable que tant qu'on reste loin de 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 3 : Couples oxydant-réducteur et demi-équations

Un oxydant capte un ou plusieurs électrons, un réducteur en cède. Un couple se note Ox/Red\mathrm{Ox/Red}.

On considère les couples MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}/Mn^{2+}}, Fe3+/Fe2+\mathrm{Fe^{3+}/Fe^{2+}} et I2/I\mathrm{I_{2}/I^{-}}.

  • a) Dans chaque couple, identifiez l'oxydant et le réducteur.
  • b) Écrivez la demi-équation électronique du couple Fe3+/Fe2+\mathrm{Fe^{3+}/Fe^{2+}}, puis celle du couple I2/I\mathrm{I_{2}/I^{-}}.
  • c) Écrivez la demi-équation du couple MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}/Mn^{2+}} en milieu acide, en détaillant les quatre étapes de l'ajustement.
  • d) Vérifiez la conservation de la charge et celle des éléments dans cette demi-équation.
  • e) Pourquoi une demi-équation ne peut-elle jamais décrire à elle seule une transformation réelle ?
Voir la correction

a) L'oxydant est toujours écrit en premier : MnO4\mathrm{MnO_{4}^{-}}, Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} et I2\mathrm{I_{2}} sont les oxydants ; Mn2+\mathrm{Mn^{2+}}, Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} et I\mathrm{I^{-}} sont les réducteurs.

b) Fe3++e=Fe2+\mathrm{Fe^{3+}+e^{-}=Fe^{2+}} et I2+2e=2I\mathrm{I_{2}+2\,e^{-}=2\,I^{-}}. Le coefficient 2 devant l'ion iodure est imposé par la conservation de l'élément iode.

c) Étape 1, on équilibre l'élément principal : MnO4=Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}=Mn^{2+}}, le manganèse est déjà équilibré. Étape 2, on équilibre l'oxygène avec de l'eau : MnO4=Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}=Mn^{2+}+4\,H_{2}O}. Étape 3, on équilibre l'hydrogène avec des protons, du côté opposé : MnO4+8H+=Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}+8\,H^{+}=Mn^{2+}+4\,H_{2}O}. Étape 4, on équilibre les charges avec des électrons : à gauche 1+8=+7-1+8=+7, à droite +2+2, il faut donc ajouter 5 électrons à gauche. D'où MnO4+8H++5e=Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}+8\,H^{+}+5\,e^{-}=Mn^{2+}+4\,H_{2}O}.

d) Charges : à gauche (1)+8×(+1)+5×(1)=1+85=+2\left(-1\right)+8\times\left(+1\right)+5\times\left(-1\right)=-1+8-5=+2 ; à droite +2+2. Les charges sont conservées. Éléments : un manganèse de chaque côté ; à gauche 4 oxygènes, à droite 4×1=44\times 1=4 ; à gauche 8 hydrogènes, à droite 4×2=84\times 2=8. Tout est conservé.

e) Parce que les électrons libres n'existent pas en solution. Une demi-équation fait apparaître des électrons dans le bilan, ce qui est une fiction commode : dans la réalité, tout électron cédé par un réducteur est immédiatement capté par un oxydant. Il faut donc toujours combiner deux demi-équations, en les multipliant par les coefficients qui font disparaître les électrons, exactement comme le proton disparaît en acide-base. Une demi-équation est un outil de construction, jamais un bilan réel.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 4 : Construire une équation d'oxydo-réduction

On fait réagir une solution de permanganate de potassium avec une solution contenant des ions fer Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}, en milieu acide.

Les couples mis en jeu sont MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}/Mn^{2+}} et Fe3+/Fe2+\mathrm{Fe^{3+}/Fe^{2+}}.

  • a) Identifiez, parmi MnO4\mathrm{MnO_{4}^{-}} et Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}, celui qui joue le rôle d'oxydant et celui qui joue le rôle de réducteur.
  • b) Rappelez les deux demi-équations, puis combinez-les pour obtenir l'équation de la réaction.
  • c) Vérifiez la conservation de la charge sur l'équation obtenue.
  • d) On mélange 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de permanganate à 2,00×102 mol/L2{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} et 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de sulfate de fer à 0,200 mol/L0{,}200\ \mathrm{mol/L}, en excès d'acide. Déterminez le réactif limitant.
  • e) La solution de permanganate est violette, celle des ions Mn2+\mathrm{Mn^{2+}} est incolore. Décrivez ce que l'on observe.
Voir la correction

a) L'ion permanganate capte des électrons pour devenir Mn2+\mathrm{Mn^{2+}} : c'est l'oxydant. L'ion Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} cède un électron pour devenir Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} : c'est le réducteur.

b) MnO4+8H++5e=Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}+8\,H^{+}+5\,e^{-}=Mn^{2+}+4\,H_{2}O} et Fe2+=Fe3++e\mathrm{Fe^{2+}=Fe^{3+}+e^{-}}. Pour éliminer les électrons, on multiplie la seconde par 5 puis on additionne : MnO4+5Fe2++8H+Mn2++5Fe3++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}+5\,Fe^{2+}+8\,H^{+}\longrightarrow Mn^{2+}+5\,Fe^{3+}+4\,H_{2}O}.

c) À gauche : (1)+5×(+2)+8×(+1)=1+10+8=+17\left(-1\right)+5\times\left(+2\right)+8\times\left(+1\right)=-1+10+8=+17. À droite : (+2)+5×(+3)=2+15=+17\left(+2\right)+5\times\left(+3\right)=2+15=+17. Les charges sont bien conservées, ce qui est le contrôle le plus rapide d'une équation d'oxydo-réduction.

d) n(MnO4)=0,0100×2,00×102=2,00×104 moln\left(\mathrm{MnO_{4}^{-}}\right)=0{,}0100\times 2{,}00\times 10^{-2}=2{,}00\times 10^{-4}\ \mathrm{mol} et n(Fe2+)=0,0100×0,200=2,00×103 moln\left(\mathrm{Fe^{2+}}\right)=0{,}0100\times 0{,}200=2{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. On compare les rapports aux coefficients : 2,00×1041=2,00×104\dfrac{2{,}00\times 10^{-4}}{1}=2{,}00\times 10^{-4} pour le permanganate, et 2,00×1035=4,00×104\dfrac{2{,}00\times 10^{-3}}{5}=4{,}00\times 10^{-4} pour le fer. Le plus petit rapport est celui du permanganate : c'est lui le réactif limitant, bien qu'il soit dix fois moins concentré et que le rapport 5 aurait pu faire croire l'inverse.

e) La solution violette versée se décolore au fur et à mesure : les ions permanganate sont consommés et remplacés par des ions Mn2+\mathrm{Mn^{2+}} incolores, tandis que les ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} formés donnent une teinte légèrement jaunâtre. Comme le permanganate est limitant ici, la décoloration est complète en fin de réaction. C'est précisément cette disparition de couleur qui permet de repérer l'équivalence d'un titrage sans indicateur ajouté.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 5 : Le titrage et son équivalence

Titrer une espèce, c'est déterminer sa quantité de matière en la faisant réagir totalement avec une espèce de concentration connue, appelée réactif titrant.

On note AA l'espèce titrée et BB le titrant, réagissant selon aA+bBa\,A+b\,B\longrightarrow produits.

  • a) Quelles sont les trois conditions qu'une réaction doit remplir pour servir de support à un titrage ?
  • b) Définissez précisément l'équivalence d'un titrage.
  • c) Établissez la relation entre nAn_{A} et nB,verseˊn_{B,\mathrm{versé}} à l'équivalence, en fonction de aa et bb.
  • d) On titre VA=20,0 mLV_{A}=20{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution de Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} par du permanganate à cB=2,00×102 mol/Lc_{B}=2{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. L'équivalence est atteinte pour VB=12,4 mLV_{B}=12{,}4\ \mathrm{mL}. Calculez la concentration en ions Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}.
  • e) Pourquoi le volume versé à l'équivalence ne dépend-il pas du fait que la solution titrée ait été diluée avant le titrage, si l'on titre toujours le même prélèvement ?
Voir la correction

a) La réaction doit être TOTALE, sinon la quantité versée ne correspond pas à la quantité titrée ; RAPIDE, sinon on dépasse l'équivalence avant que la réaction ne se produise ; et UNIQUE, c'est-à-dire que le titrant ne doit réagir qu'avec l'espèce visée. Il faut en outre pouvoir repérer l'équivalence, ici par un changement de couleur.

b) L'équivalence est l'instant où les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation. Avant, le titrant est limitant ; après, c'est l'espèce titrée qui a disparu et le titrant s'accumule. Les deux réactifs sont donc simultanément épuisés à l'équivalence, et c'est cette simultanéité qui rend le repérage possible.

c) Aux proportions stœchiométriques, nAa=nB,verseˊb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B,\mathrm{versé}}}{b}, donc nA=abnB,verseˊn_{A}=\dfrac{a}{b}\,n_{B,\mathrm{versé}}.

d) L'équation est MnO4+5Fe2++8H+Mn2++5Fe3++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}+5\,Fe^{2+}+8\,H^{+}\longrightarrow Mn^{2+}+5\,Fe^{3+}+4\,H_{2}O}, donc a=5a=5 pour le fer et b=1b=1 pour le permanganate. On a nB=cBVB=2,00×102×12,4×103=2,48×104 moln_{B}=c_{B}V_{B}=2{,}00\times 10^{-2}\times 12{,}4\times 10^{-3}=2{,}48\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}, d'où n(Fe2+)=5×2,48×104=1,24×103 moln\left(\mathrm{Fe^{2+}}\right)=5\times 2{,}48\times 10^{-4}=1{,}24\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. La concentration vaut cA=1,24×10320,0×103=6,20×102 mol/Lc_{A}=\dfrac{1{,}24\times 10^{-3}}{20{,}0\times 10^{-3}}=6{,}20\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

e) Attention, l'énoncé décrit un cas précis : si l'on dilue la solution puis que l'on en prélève le même VOLUME, alors la quantité titrée diminue et le volume à l'équivalence diminue d'autant. Ce qui ne change pas, c'est le résultat final si l'on tient compte du facteur de dilution. En revanche, si l'on dilue et que l'on titre la TOTALITÉ de la solution diluée, la quantité de matière est inchangée et le volume à l'équivalence est rigoureusement le même : ajouter de l'eau n'ajoute ni ne retire de matière. C'est d'ailleurs pourquoi on peut diluer sans crainte pour amener le volume à l'équivalence dans une plage commode, à condition de titrer tout le prélèvement.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Le degré d'acidité d'un vinaigre

Un vinaigre du commerce porte l'indication « 5 degrés », ce qui signifie qu'il contient 5,0 g5{,}0\ \mathrm{g} d'acide éthanoïque pour 100 g100\ \mathrm{g} de vinaigre. On prendra la masse volumique du vinaigre égale à 1,00 g/mL1{,}00\ \mathrm{g/mL} et M(CH3COOH)=60,0 g/molM\left(\mathrm{CH_{3}COOH}\right)=60{,}0\ \mathrm{g/mol}.

On dilue le vinaigre 10 fois, puis on titre VA=10,0 mLV_{A}=10{,}0\ \mathrm{mL} de la solution diluée par de la soude à cB=0,100 mol/Lc_{B}=0{,}100\ \mathrm{mol/L}. L'équivalence est obtenue pour VB=8,35 mLV_{B}=8{,}35\ \mathrm{mL}.

  • a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage et justifiez qu'elle convient.
  • b) Calculez la concentration en acide éthanoïque de la solution diluée.
  • c) Déduisez-en la concentration du vinaigre non dilué, puis sa concentration en masse.
  • d) Calculez le degré d'acidité du vinaigre et comparez à l'indication de l'étiquette.
  • e) Pourquoi a-t-on dilué le vinaigre avant de le titrer ? Quel volume à l'équivalence aurait-on obtenu sans dilution ?
Voir la correction

a) Les couples sont CH3COOH/CH3COO\mathrm{CH_{3}COOH/CH_{3}COO^{-}} et H2O/HO\mathrm{H_{2}O/HO^{-}}, d'où CH3COOH+HOCH3COO+H2O\mathrm{CH_{3}COOH+HO^{-}\longrightarrow CH_{3}COO^{-}+H_{2}O}. La réaction entre un acide et l'ion hydroxyde est totale et pratiquement instantanée, et l'ion hydroxyde ne réagit avec rien d'autre dans le vinaigre : les trois conditions du titrage sont remplies.

b) Les coefficients valant 1 de part et d'autre, nA=nB=cBVB=0,100×8,35×103=8,35×104 moln_{A}=n_{B}=c_{B}V_{B}=0{,}100\times 8{,}35\times 10^{-3}=8{,}35\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}. Donc cdilueˊe=8,35×10410,0×103=8,35×102 mol/Lc_{\mathrm{diluée}}=\dfrac{8{,}35\times 10^{-4}}{10{,}0\times 10^{-3}}=8{,}35\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

c) Le vinaigre est 10 fois plus concentré : c=10×8,35×102=0,835 mol/Lc=10\times 8{,}35\times 10^{-2}=0{,}835\ \mathrm{mol/L}. En masse, γ=cM=0,835×60,0=50,1 g/L\gamma=cM=0{,}835\times 60{,}0=50{,}1\ \mathrm{g/L}.

d) Avec une masse volumique de 1,00 g/mL1{,}00\ \mathrm{g/mL}, 100 g100\ \mathrm{g} de vinaigre occupent 100 mL100\ \mathrm{mL}. La masse d'acide dans 100 mL100\ \mathrm{mL} vaut 50,110=5,01 g\dfrac{50{,}1}{10}=5{,}01\ \mathrm{g}. Le degré d'acidité est donc de 5,05{,}0 degrés, en excellent accord avec l'étiquette : l'écart relatif est de 0,20{,}2 pour cent, bien inférieur à l'incertitude d'une burette graduée.

e) Sans dilution, la concentration aurait été dix fois plus grande, donc le volume à l'équivalence aurait valu 10×8,35=83,5 mL10\times 8{,}35=83{,}5\ \mathrm{mL}, ce qui dépasse la contenance d'une burette de 25 mL25\ \mathrm{mL} ou même de 50 mL50\ \mathrm{mL}. Il aurait fallu plusieurs remplissages, chacun ajoutant son incertitude de lecture. Diluer ramène le volume équivalent au voisinage du milieu de la burette, là où l'incertitude relative de lecture est la plus faible. C'est un choix de précision, pas une nécessité chimique.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 7 : Doser l'eau oxygénée et vérifier son titre

Une eau oxygénée commerciale est étiquetée « 10 volumes », ce qui signifie qu'un litre de solution libère 10 L10\ \mathrm{L} de dioxygène dans les conditions où Vm=22,4 L/molV_{m}=22{,}4\ \mathrm{L/mol}, selon 2H2O22H2O+O2\mathrm{2\,H_{2}O_{2}\longrightarrow 2\,H_{2}O+O_{2}}.

On dilue la solution 10 fois, puis on titre 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de solution diluée par du permanganate à 2,00×102 mol/L2{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} en milieu acide. L'équivalence est atteinte pour 17,9 mL17{,}9\ \mathrm{mL}. Les couples sont MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}/Mn^{2+}} et O2/H2O2\mathrm{O_{2}/H_{2}O_{2}}.

  • a) Écrivez la demi-équation du couple O2/H2O2\mathrm{O_{2}/H_{2}O_{2}}, puis l'équation du titrage.
  • b) Calculez la quantité de permanganate versée à l'équivalence, puis celle de peroxyde d'hydrogène titrée.
  • c) Déduisez-en la concentration de la solution diluée, puis celle de la solution commerciale.
  • d) Calculez le nombre de volumes de cette eau oxygénée et comparez à l'étiquette.
  • e) Dans ce titrage, le peroxyde d'hydrogène joue le rôle de réducteur, alors qu'il est l'oxydant du couple H2O2/H2O\mathrm{H_{2}O_{2}/H_{2}O}. Expliquez.
Voir la correction

a) Dans le couple O2/H2O2\mathrm{O_{2}/H_{2}O_{2}}, le peroxyde est le réducteur : H2O2=O2+2H++2e\mathrm{H_{2}O_{2}=O_{2}+2\,H^{+}+2\,e^{-}}. En combinant avec la demi-équation du permanganate multipliée par 2 et celle du peroxyde multipliée par 5, les 10 électrons se simplifient : 2MnO4+5H2O2+6H+2Mn2++5O2+8H2O\mathrm{2\,MnO_{4}^{-}+5\,H_{2}O_{2}+6\,H^{+}\longrightarrow 2\,Mn^{2+}+5\,O_{2}+8\,H_{2}O}.

b) n(MnO4)=2,00×102×17,9×103=3,58×104 moln\left(\mathrm{MnO_{4}^{-}}\right)=2{,}00\times 10^{-2}\times 17{,}9\times 10^{-3}=3{,}58\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}. Les coefficients étant 2 et 5, n(H2O2)=52×3,58×104=8,95×104 moln\left(\mathrm{H_{2}O_{2}}\right)=\dfrac{5}{2}\times 3{,}58\times 10^{-4}=8{,}95\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}.

c) cdilueˊe=8,95×10410,0×103=8,95×102 mol/Lc_{\mathrm{diluée}}=\dfrac{8{,}95\times 10^{-4}}{10{,}0\times 10^{-3}}=8{,}95\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, donc la solution commerciale vaut c=10×8,95×102=0,895 mol/Lc=10\times 8{,}95\times 10^{-2}=0{,}895\ \mathrm{mol/L}.

d) D'après l'équation de décomposition, deux moles de peroxyde donnent une mole de dioxygène, donc un litre de solution libère 0,8952=0,4475 mol\dfrac{0{,}895}{2}=0{,}4475\ \mathrm{mol} de O2\mathrm{O_{2}}, soit 0,4475×22,4=10,0 L0{,}4475\times 22{,}4=10{,}0\ \mathrm{L}. L'eau oxygénée fait donc bien 10 volumes, avec un écart de 0,20{,}2 pour cent seulement par rapport à l'étiquette : le produit est conforme.

e) Parce que le peroxyde d'hydrogène est amphotère au sens de l'oxydo-réduction : l'oxygène y porte le nombre d'oxydation intermédiaire I-\mathrm{I}, entre le 00 du dioxygène et le II-\mathrm{II} de l'eau. Il peut donc être oxydé en O2\mathrm{O_{2}}, et il est alors réducteur, ou réduit en H2O\mathrm{H_{2}O}, et il est alors oxydant. Le rôle qu'il joue dépend du partenaire : face au permanganate, oxydant puissant, il est oxydé. Face aux ions iodure, il est réducteur du couple et joue l'oxydant. C'est l'exact analogue de l'espèce amphotère en acide-base, comme l'ion hydrogénocarbonate de l'exercice 1.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 8 : Un détartrant, deux régimes

On verse une masse mm de carbonate de calcium CaCO3\mathrm{CaCO_{3}}, principal constituant du calcaire, dans V=100,0 mLV=100{,}0\ \mathrm{mL} d'acide chlorhydrique à 0,500 mol/L0{,}500\ \mathrm{mol/L}. La réaction est CaCO3(s)+2H+Ca2++CO2(g)+H2O\mathrm{CaCO_{3(s)}+2\,H^{+}\longrightarrow Ca^{2+}+CO_{2(g)}+H_{2}O}.

On donne M(CaCO3)=100,1 g/molM\left(\mathrm{CaCO_{3}}\right)=100{,}1\ \mathrm{g/mol} et Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}. Le graphique donne le volume de dioxyde de carbone dégagé en fonction de mm.

0.511.522.533.540.10.20.30.40.50.60.7m (g)V(CO2) (L)carbonate limitantacide limitant
  • a) Pour m=1,50 gm=1{,}50\ \mathrm{g}, déterminez le réactif limitant et calculez le volume de gaz dégagé. Vérifiez sur le graphique.
  • b) Calculez la quantité d'ions H+\mathrm{H^{+}} restant en solution et le pH final, en supposant l'acide fort.
  • c) Expliquez la présence de deux régimes sur le graphique et déterminez par le calcul la masse à laquelle se produit la rupture de pente.
  • d) Déterminez le volume maximal de gaz que l'on puisse obtenir avec ces 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} d'acide, quelle que soit la masse de calcaire ajoutée.
  • e) Calculez le coefficient directeur de la première partie du graphique et interprétez-le physiquement.
Voir la correction

a) n(CaCO3)=1,50100,1=1,50×102 moln\left(\mathrm{CaCO_{3}}\right)=\dfrac{1{,}50}{100{,}1}=1{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et n(H+)=0,500×0,1000=5,00×102 moln\left(\mathrm{H^{+}}\right)=0{,}500\times 0{,}1000=5{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. Les rapports valent 1,50×1021=1,50×102\dfrac{1{,}50\times 10^{-2}}{1}=1{,}50\times 10^{-2} et 5,00×1022=2,50×102\dfrac{5{,}00\times 10^{-2}}{2}=2{,}50\times 10^{-2} : le carbonate est limitant. Donc xmax=1,50×102 molx_{\max}=1{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et V(CO2)=1,50×102×24,0=0,360 LV\left(\mathrm{CO_{2}}\right)=1{,}50\times 10^{-2}\times 24{,}0=0{,}360\ \mathrm{L}, soit 360 mL360\ \mathrm{mL}. Le graphique confirme cette lecture par les pointillés.

b) Il a été consommé 2xmax=3,00×102 mol2x_{\max}=3{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} d'ions H+\mathrm{H^{+}}, il en reste donc 5,00×1023,00×102=2,00×102 mol5{,}00\times 10^{-2}-3{,}00\times 10^{-2}=2{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, soit une concentration de 0,200 mol/L0{,}200\ \mathrm{mol/L}. L'acide étant fort, pH=log(0,200)=0,70\mathrm{pH}=-\log\left(0{,}200\right)=0{,}70. La solution reste donc très acide, ce qui est cohérent avec le fait que le calcaire était limitant.

c) Tant que le carbonate est limitant, tout ce qu'on en ajoute est consommé et produit du gaz : le volume croît proportionnellement à mm. À partir du moment où l'acide devient limitant, ajouter du calcaire ne sert plus à rien, il reste solide au fond, et le volume plafonne. La rupture a lieu lorsque les deux réactifs sont exactement en proportions stœchiométriques, soit mM=n(H+)2=2,50×102 mol\dfrac{m}{M}=\dfrac{n\left(\mathrm{H^{+}}\right)}{2}=2{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, donc m=2,50×102×100,1=2,50 gm=2{,}50\times 10^{-2}\times 100{,}1=2{,}50\ \mathrm{g}.

d) Le plateau correspond à la consommation totale de l'acide : xmax=5,00×1022=2,50×102 molx_{\max}=\dfrac{5{,}00\times 10^{-2}}{2}=2{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, d'où V(CO2)=2,50×102×24,0=0,600 LV\left(\mathrm{CO_{2}}\right)=2{,}50\times 10^{-2}\times 24{,}0=0{,}600\ \mathrm{L}, soit 600 mL600\ \mathrm{mL}. C'est bien la hauteur du plateau lue sur le graphique.

e) Le coefficient directeur vaut VmM=24,0100,1=0,240 L/g\dfrac{V_{m}}{M}=\dfrac{24{,}0}{100{,}1}=0{,}240\ \mathrm{L/g}. Il représente le volume de gaz produit par gramme de calcaire attaqué, tant que l'acide est en excès. Ce nombre ne dépend que de la nature du solide et des conditions de température et de pression, pas de la quantité d'acide : c'est une caractéristique du calcaire, et c'est ce qui permet de doser le calcaire d'un échantillon de sol ou d'une roche par simple mesure du gaz dégagé.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Diluer un acide 10 000 fois fait passer son pH de 4 à 8. »
  • b) « Dans une demi-équation, les électrons apparaissent, donc ils circulent réellement dans la solution. »
  • c) « Le réactif limitant d'un titrage rédox est toujours celui dont la concentration est la plus faible. »
  • d) « Le peroxyde d'hydrogène est un oxydant, donc il ne peut pas être oxydé. »
Voir la correction

a) Faux, et le résultat est absurde puisqu'il rendrait une solution acide basique par simple ajout d'eau. La règle du plus une unité de pH par dilution d'un facteur 10 n'est valable que tant que la concentration apportée par l'acide reste grande devant celle des ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} issus de l'eau elle-même, de l'ordre de 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}. En diluant beaucoup, le pH tend vers 7 par valeurs inférieures et ne le dépasse jamais, comme discuté à l'exercice 2.

b) Faux. Les électrons libres n'existent pas en solution aqueuse : ils y seraient immédiatement captés. La demi-équation est un outil de construction qui décompose artificiellement le transfert en deux étapes ; dans la réalité, l'électron passe directement du réducteur à l'oxydant lors de leur rencontre. C'est bien pour cela qu'on ne peut jamais écrire une demi-équation seule comme bilan, et qu'il faut toujours en combiner deux de manière que les électrons disparaissent, comme à l'exercice 4. La situation est différente dans une pile, où les électrons circulent effectivement, mais dans le circuit métallique extérieur, jamais dans la solution.

c) Faux. Il faut comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}}, ce qui fait intervenir à la fois la quantité de matière et le coefficient stœchiométrique. L'exercice 4 en donne l'exemple : le permanganate est dix fois moins concentré que le fer, mais son coefficient vaut 1 contre 5, ce qui donne 2,00×1042{,}00\times 10^{-4} contre 4,00×1044{,}00\times 10^{-4}. Il se trouve qu'ici le permanganate est effectivement limitant, mais si sa concentration avait été de 6,00×102 mol/L6{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, c'est le fer qui l'aurait été malgré sa concentration bien supérieure.

d) Faux, et c'est même la propriété la plus utile de cette espèce. Le peroxyde d'hydrogène appartient à deux couples : H2O2/H2O\mathrm{H_{2}O_{2}/H_{2}O}, où il est l'oxydant, et O2/H2O2\mathrm{O_{2}/H_{2}O_{2}}, où il est le réducteur. Il occupe donc une position intermédiaire et peut évoluer dans les deux sens selon son partenaire. L'exercice 7 l'utilise précisément comme réducteur face au permanganate. C'est exactement analogue à l'espèce amphotère de l'acide-base vue à l'exercice 1 : un ion hydrogénocarbonate est acide face à une base et base face à un acide.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 10 : Analyser un produit de piscine

Un produit de traitement de piscine est une solution d'eau de Javel dont l'espèce active est l'ion hypochlorite ClO\mathrm{ClO^{-}}. On veut vérifier sa concentration.

On prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de produit, on le dilue à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, puis on prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution diluée que l'on fait réagir avec un excès d'ions iodure en milieu acide, selon ClO+2I+2H+Cl+I2+H2O\mathrm{ClO^{-}+2\,I^{-}+2\,H^{+}\longrightarrow Cl^{-}+I_{2}+H_{2}O}.

Le diiode formé est ensuite titré par du thiosulfate de sodium à c=0,100 mol/Lc=0{,}100\ \mathrm{mol/L} selon I2+2S2O322I+S4O62\mathrm{I_{2}+2\,S_{2}O_{3}^{2-}\longrightarrow 2\,I^{-}+S_{4}O_{6}^{2-}}. L'équivalence est atteinte pour V=14,0 mLV=14{,}0\ \mathrm{mL}.

  • a) Calculez la quantité de thiosulfate versée à l'équivalence, puis celle de diiode titrée.
  • b) Déduisez-en la quantité d'ions hypochlorite présente dans les 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} prélevés de solution diluée.
  • c) Calculez la concentration en ions hypochlorite de la solution diluée, puis celle du produit commercial.
  • d) Expliquez pourquoi on procède en deux réactions successives plutôt que de titrer directement l'ion hypochlorite.
  • e) L'étiquette annonce 2,6 mol/L2{,}6\ \mathrm{mol/L}. Calculez l'écart relatif et concluez, sachant que le fabricant garantit la valeur à 10 pour cent près.
Voir la correction

a) n(S2O32)=cV=0,100×14,0×103=1,40×103 moln\left(\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}\right)=cV=0{,}100\times 14{,}0\times 10^{-3}=1{,}40\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. D'après la seconde équation, deux thiosulfates réagissent avec un diiode, donc n(I2)=1,40×1032=7,00×104 moln\left(\mathrm{I_{2}}\right)=\dfrac{1{,}40\times 10^{-3}}{2}=7{,}00\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}.

b) D'après la première équation, un ion hypochlorite produit un diiode, donc n(ClO)=n(I2)=7,00×104 moln\left(\mathrm{ClO^{-}}\right)=n\left(\mathrm{I_{2}}\right)=7{,}00\times 10^{-4}\ \mathrm{mol} dans les 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} prélevés.

c) cdilueˊe=7,00×10410,0×103=7,00×102 mol/Lc_{\mathrm{diluée}}=\dfrac{7{,}00\times 10^{-4}}{10{,}0\times 10^{-3}}=7{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. La première dilution, de 10,010{,}0 à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, a un facteur 10, donc le produit commercial vaut c=10×7,00×102=0,700 mol/Lc=10\times 7{,}00\times 10^{-2}=0{,}700\ \mathrm{mol/L}.

d) Parce que l'ion hypochlorite ne se prête pas à un repérage commode de l'équivalence : ni lui ni les ions chlorure formés ne sont colorés, et il n'existe pas d'indicateur simple. Le passage par le diiode résout le problème : le diiode est intensément coloré en brun, et sa disparition au cours du titrage par le thiosulfate est nette, surtout avec l'empois d'amidon qui bleuit en sa présence. On transforme donc quantitativement l'espèce à doser en une espèce facile à titrer. Cette technique de titrage indirect, où l'on dose un intermédiaire produit en quantité connue, s'appelle un titrage en retour ou une iodométrie.

e) L'écart relatif vaut 0,7002,62,6=73\dfrac{\left|0{,}700-2{,}6\right|}{2{,}6}=73 pour cent, très largement au-delà des 10 pour cent garantis. Le produit n'est donc pas conforme, ce qui est plausible pour de l'eau de Javel : l'ion hypochlorite se décompose lentement à la lumière et à la chaleur, et un bidon entamé depuis plusieurs mois perd une part importante de son titre. C'est d'ailleurs pourquoi ces produits portent une date limite d'utilisation et sont vendus en flacons opaques.

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur de spécialité physique-chimie à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.

Site par Studio Squalli