Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : acide-base et oxydo-réduction (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les transformations acide-base et l'oxydo-réduction, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le fil conducteur des deux moitiés est le même : un transfert de particule entre deux couples. Un proton pour l'acide-base, un électron pour l'oxydo-réduction, et dans les deux cas la particule échangée n'apparaît jamais dans l'équation finale. Les espèces amphotères se comportent d'ailleurs de la même façon dans les deux domaines, ce que l'exercice 7 exploite avec le peroxyde d'hydrogène.
L'exercice 8 est celui qui sépare les copies : le graphique montre deux régimes et il faut comprendre que la rupture de pente n'est pas un accident expérimental mais l'instant précis où le réactif limitant change de camp.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Acide-base : un acide cède un proton, une base en capte un. Une réaction met toujours en jeu DEUX couples, et le proton n'apparaît jamais dans l'équation globale.
•Espèce amphotère : appartient à deux couples et joue l'acide ou la base selon le partenaire. Exemples : l'eau, l'ion hydrogénocarbonate.
•pH : pH=−log[H3O+]. Pour un acide fort, [H3O+]=c. Diluer d'un facteur 10 ajoute 1 au pH, mais seulement loin de 10−7mol/L.
•Oxydo-réduction : l'oxydant capte les électrons, le réducteur les cède. Ajuster une demi-équation en quatre étapes : élément principal, oxygène par l'eau, hydrogène par les protons, charge par les électrons.
•Les électrons n'existent pas libres en solution : toujours combiner deux demi-équations pour qu'ils disparaissent.
•Titrage : la réaction support doit être totale, rapide et unique. À l'équivalence, anA=bnB.
•Réactif limitant : comparer les rapports νini, jamais les concentrations seules.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Couples acide-base et transfert de proton
Un acide est une espèce capable de céder un proton H+, une base est une espèce capable d'en capter un. Un couple acide-base se note AH/A−.
a) Donnez la base conjuguée de chacun des acides suivants : HCl, CH3COOH, NH4+ et H3O+.
b) Donnez l'acide conjugué de chacune des bases suivantes : HO−, NH3 et HCO3−.
c) L'ion hydrogénocarbonate HCO3− apparaît dans les deux listes. Comment appelle-t-on une telle espèce ? Donnez les deux couples auxquels elle appartient.
d) Écrivez l'équation de la réaction entre l'acide éthanoïque et l'ion hydroxyde, en faisant apparaître les deux couples mis en jeu.
e) Expliquez pourquoi une réaction acide-base met toujours en jeu exactement deux couples.
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Réponses
a)Cl−, CH3COO−, NH3, H2O
b)H2O, NH4+, H2CO3
c)Amphotère : H2CO3/HCO3− et HCO3−/CO32−
d)CH3COOH+HO−⟶CH3COO−+H2O
e)Un couple cède le proton, un autre le capte
a) On retire un proton à chaque acide : Cl−, CH3COO−, NH3 et H2O.
b) On ajoute un proton à chaque base : H2O, NH4+ et H2CO3, souvent écrit CO2,H2O en solution aqueuse.
c) Une espèce qui peut à la fois céder et capter un proton est dite amphotère, ou ampholyte. L'ion hydrogénocarbonate appartient au couple H2CO3/HCO3−, où il joue le rôle de base, et au couple HCO3−/CO32−, où il joue le rôle d'acide. L'eau est l'autre exemple classique, avec H3O+/H2O et H2O/HO−.
d) Les deux couples sont CH3COOH/CH3COO− et H2O/HO−. Les deux demi-équations s'écrivent CH3COOH⟶CH3COO−+H+ et HO−+H+⟶H2O. En les additionnant, le proton se simplifie et il reste CH3COOH+HO−⟶CH3COO−+H2O.
e) Parce qu'un proton ne peut pas exister seul en solution : il est bien trop réactif pour rester libre. Toute cession de proton doit donc être simultanément une capture par une autre espèce. Il faut par conséquent un couple qui fournit le proton et un couple qui le reçoit, soit exactement deux couples. Le proton n'apparaît que dans les demi-équations, jamais dans l'équation globale, et c'est un bon moyen de vérifier qu'on ne s'est pas trompé.
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Exercice 2 : pH, concentration et dilution
Le pH d'une solution aqueuse est relié à la concentration en ions oxonium par pH=−log[H3O+], la concentration étant exprimée en mol/L.
On dispose d'une solution d'acide chlorhydrique, acide fort, de concentration c=2,5×10−3mol/L.
a) Expliquez ce que signifie « acide fort », puis donnez [H3O+] dans cette solution.
b) Calculez le pH de la solution.
c) On dilue cette solution 10 fois. Calculez le nouveau pH.
d) Généralisez : de combien varie le pH d'une solution d'acide fort quand on la dilue d'un facteur 10 ? Démontrez-le.
e) Un élève dilue 10 000 fois une solution de pH 4 et annonce un pH de 8. Où est l'erreur ?
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Réponses
a)Réaction totale ; [H3O+]=2,5×10−3 mol/L
b)pH=2,60
c)pH=3,60
d)+1 : −log10c=pH+1
e)Le pH tend vers 7 sans le dépasser
a) Un acide fort est un acide dont la réaction avec l'eau est totale : toutes les molécules cèdent leur proton. Chaque molécule de HCl apportant un ion H3O+, on a directement [H3O+]=c=2,5×10−3mol/L.
b) pH=−log(2,5×10−3)=2,60.
c) Après dilution, c′=2,5×10−4mol/L, donc pH′=−log(2,5×10−4)=3,60.
d) Le pH augmente exactement de 1 unité. En effet pH′=−log10c=−logc+log10=pH+1. C'est une conséquence directe de la propriété du logarithme sur un quotient, et cela vaut quelle que soit la concentration de départ, tant que l'acide reste fort et la solution pas trop diluée.
e) Diluer 10 000 fois, c'est diluer quatre fois de suite d'un facteur 10, donc le calcul de l'élève donnerait pH=4+4=8. Le résultat est absurde : diluer un acide ne peut jamais rendre la solution basique. L'erreur est d'oublier l'autoprotolyse de l'eau : quand la solution devient très diluée, les ions H3O+ apportés par l'eau elle-même, de l'ordre de 10−7mol/L, ne sont plus négligeables devant ceux de l'acide. Le pH tend alors vers 7 par valeurs inférieures, sans jamais le dépasser. La règle du plus un par dilution n'est valable que tant qu'on reste loin de 10−7mol/L.
La figure du corrigé porte le pH d'un acide fort en fonction du logarithme de sa concentration, et c'est une DROITE de pente −1. Cela découle immédiatement de la définition : un acide fort est totalement dissocié, donc [H3O+]=c et pH=−logc. Les deux points marqués sont la solution de l'énoncé, c=2,5×10−3mol/L pour un pH de 2,60, et la même solution diluée dix fois, c=2,5×10−4 pour un pH de 3,60. L'écart vertical vaut exactement UNE unité, et c'est la règle à retenir : diluer dix fois un acide fort augmente son pH de 1, cent fois de 2, et ainsi de suite. La pente −1 est aussi un TEST : si l'on mesure le pH d'une solution à plusieurs dilutions et que les points s'alignent avec cette pente, l'acide est fort ; s'ils donnent une pente plus faible en valeur absolue, il est faible, car la dilution y augmente en plus le taux de dissociation et compense partiellement la baisse de concentration. Une limite doit être signalée : la droite ne peut pas être prolongée indéfiniment vers la droite ni vers la gauche. Aux très fortes dilutions, le pH ne dépasse jamais 7, car l'eau elle-même fournit des ions oxonium, et la droite s'infléchit alors vers cette valeur.
Exercice 3 : Couples oxydant-réducteur et demi-équations
Un oxydant capte un ou plusieurs électrons, un réducteur en cède. Un couple se note Ox/Red.
On considère les couples MnO4−/Mn2+, Fe3+/Fe2+ et I2/I−.
a) Dans chaque couple, identifiez l'oxydant et le réducteur.
b) Écrivez la demi-équation électronique du couple Fe3+/Fe2+, puis celle du couple I2/I−.
c) Écrivez la demi-équation du couple MnO4−/Mn2+ en milieu acide, en détaillant les quatre étapes de l'ajustement.
d) Vérifiez la conservation de la charge et celle des éléments dans cette demi-équation.
e) Pourquoi une demi-équation ne peut-elle jamais décrire à elle seule une transformation réelle ?
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Réponses
a)Oxydants MnO4−, Fe3+, I2
b)Fe3++e−=Fe2+ ; I2+2e−=2I−
c)MnO4−+8H++5e−=Mn2++4H2O
d)Charge +2 de chaque côté ; Mn, O et H conservés
e)Les électrons libres n'existent pas en solution
a) L'oxydant est toujours écrit en premier : MnO4−, Fe3+ et I2 sont les oxydants ; Mn2+, Fe2+ et I− sont les réducteurs.
b) Fe3++e−=Fe2+ et I2+2e−=2I−. Le coefficient 2 devant l'ion iodure est imposé par la conservation de l'élément iode.
c) Étape 1, on équilibre l'élément principal : MnO4−=Mn2+, le manganèse est déjà équilibré. Étape 2, on équilibre l'oxygène avec de l'eau : MnO4−=Mn2++4H2O. Étape 3, on équilibre l'hydrogène avec des protons, du côté opposé : MnO4−+8H+=Mn2++4H2O. Étape 4, on équilibre les charges avec des électrons : à gauche −1+8=+7, à droite +2, il faut donc ajouter 5 électrons à gauche. D'où MnO4−+8H++5e−=Mn2++4H2O.
d) Charges : à gauche (−1)+8×(+1)+5×(−1)=−1+8−5=+2 ; à droite +2. Les charges sont conservées. Éléments : un manganèse de chaque côté ; à gauche 4 oxygènes, à droite 4×1=4 ; à gauche 8 hydrogènes, à droite 4×2=8. Tout est conservé.
e) Parce que les électrons libres n'existent pas en solution. Une demi-équation fait apparaître des électrons dans le bilan, ce qui est une fiction commode : dans la réalité, tout électron cédé par un réducteur est immédiatement capté par un oxydant. Il faut donc toujours combiner deux demi-équations, en les multipliant par les coefficients qui font disparaître les électrons, exactement comme le proton disparaît en acide-base. Une demi-équation est un outil de construction, jamais un bilan réel.
Exercice 4 : Construire une équation d'oxydo-réduction
On fait réagir une solution de permanganate de potassium avec une solution contenant des ions fer Fe2+, en milieu acide.
Les couples mis en jeu sont MnO4−/Mn2+ et Fe3+/Fe2+.
a) Identifiez, parmi MnO4− et Fe2+, celui qui joue le rôle d'oxydant et celui qui joue le rôle de réducteur.
b) Rappelez les deux demi-équations, puis combinez-les pour obtenir l'équation de la réaction.
c) Vérifiez la conservation de la charge sur l'équation obtenue.
d) On mélange 10,0mL de permanganate à 2,00×10−2mol/L et 10,0mL de sulfate de fer à 0,200mol/L, en excès d'acide. Déterminez le réactif limitant.
e) La solution de permanganate est violette, celle des ions Mn2+ est incolore. Décrivez ce que l'on observe.
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Réponses
a)Oxydant MnO4−, réducteur Fe2+
b)MnO4−+5Fe2++8H+⟶Mn2++5Fe3++4H2O
c)+17 de chaque côté
d)Permanganate limitant : 2,00×10−4 contre 4,00×10−4
e)Décoloration complète de la solution
a) L'ion permanganate capte des électrons pour devenir Mn2+ : c'est l'oxydant. L'ion Fe2+ cède un électron pour devenir Fe3+ : c'est le réducteur.
b) MnO4−+8H++5e−=Mn2++4H2O et Fe2+=Fe3++e−. Pour éliminer les électrons, on multiplie la seconde par 5 puis on additionne : MnO4−+5Fe2++8H+⟶Mn2++5Fe3++4H2O.
c) À gauche : (−1)+5×(+2)+8×(+1)=−1+10+8=+17. À droite : (+2)+5×(+3)=2+15=+17. Les charges sont bien conservées, ce qui est le contrôle le plus rapide d'une équation d'oxydo-réduction.
d) n(MnO4−)=0,0100×2,00×10−2=2,00×10−4mol et n(Fe2+)=0,0100×0,200=2,00×10−3mol. On compare les rapports aux coefficients : 12,00×10−4=2,00×10−4 pour le permanganate, et 52,00×10−3=4,00×10−4 pour le fer. Le plus petit rapport est celui du permanganate : c'est lui le réactif limitant, bien qu'il soit dix fois moins concentré et que le rapport 5 aurait pu faire croire l'inverse.
e) La solution violette versée se décolore au fur et à mesure : les ions permanganate sont consommés et remplacés par des ions Mn2+ incolores, tandis que les ions Fe3+ formés donnent une teinte légèrement jaunâtre. Comme le permanganate est limitant ici, la décoloration est complète en fin de réaction. C'est précisément cette disparition de couleur qui permet de repérer l'équivalence d'un titrage sans indicateur ajouté.
La figure du corrigé porte les deux quantités de réactifs en fonction de l'avancement, et elle contredit l'intuition de façon instructive. Les ions fer deux partent de 2000μmol, dix fois plus que les 200μmol d'ions permanganate, et pourtant ce sont eux qui restent en excès. La raison est dans les pentes : l'équation consomme CINQ ions fer deux par ion permanganate, donc la droite du fer descend cinq fois plus vite. On lit les deux abscisses d'annulation : 200μmol pour le permanganate contre 400 pour le fer, donc c'est le PERMANGANATE qui limite, et xmax=200μmol. À cet avancement, il reste encore 2000−5×200=1000μmol de fer deux, soit la moitié de la quantité initiale, ce que la figure donne par lecture directe. La règle à retenir est donc que la comparaison se fait sur les quotients νini, ici 52000=400 contre 1200=200, et jamais sur les quantités brutes. C'est aussi ce qui rend ce titrage commode : le permanganate étant en défaut et violet, sa disparition est visible, et l'excès de fer garantit que chaque goutte versée réagit intégralement.
Exercice 5 : Le titrage et son équivalence
Titrer une espèce, c'est déterminer sa quantité de matière en la faisant réagir totalement avec une espèce de concentration connue, appelée réactif titrant.
On note A l'espèce titrée et B le titrant, réagissant selon aA+bB⟶ produits.
a) Quelles sont les trois conditions qu'une réaction doit remplir pour servir de support à un titrage ?
b) Définissez précisément l'équivalence d'un titrage.
c) Établissez la relation entre nA et nB,verseˊ à l'équivalence, en fonction de a et b.
d) On titre VA=20,0mL d'une solution de Fe2+ par du permanganate à cB=2,00×10−2mol/L. L'équivalence est atteinte pour VB=12,4mL. Calculez la concentration en ions Fe2+.
e) Avant de titrer les 20,0mL prélevés, un élève ajoute 30mL d'eau dans le bécher. Le volume à l'équivalence change-t-il ? Et si l'on avait dilué la solution de fer deux fois AVANT d'en prélever 20,0mL ?
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Réponses
a)Totale, rapide, unique
b)Réactifs en proportions stœchiométriques
c)nA=banB
d)c(Fe2+)=6,20×10−2 mol/L
e)12,4 mL avec l'eau ajoutée ; 6,20 mL après dilution préalable
a) La réaction doit être TOTALE, sinon la quantité versée ne correspond pas à la quantité titrée ; RAPIDE, sinon on dépasse l'équivalence avant que la réaction ne se produise ; et UNIQUE, c'est-à-dire que le titrant ne doit réagir qu'avec l'espèce visée. Il faut en outre pouvoir repérer l'équivalence, ici par un changement de couleur.
b) L'équivalence est l'instant où les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation. Avant, le titrant est limitant ; après, c'est l'espèce titrée qui a disparu et le titrant s'accumule. Les deux réactifs sont donc simultanément épuisés à l'équivalence, et c'est cette simultanéité qui rend le repérage possible.
c) Aux proportions stœchiométriques, anA=bnB,verseˊ, donc nA=banB,verseˊ.
d) L'équation est MnO4−+5Fe2++8H+⟶Mn2++5Fe3++4H2O, donc a=5 pour le fer et b=1 pour le permanganate. On a nB=cBVB=2,00×10−2×12,4×10−3=2,48×10−4mol, d'où n(Fe2+)=5×2,48×10−4=1,24×10−3mol. La concentration vaut cA=20,0×10−31,24×10−3=6,20×10−2mol/L.
e) Ajouter de l'eau dans le bécher ne change ni la quantité d'ions Fe2+ présente, ni donc la quantité de permanganate nécessaire pour l'oxyder : le volume à l'équivalence reste 12,4mL. On peut ainsi ajouter de l'eau sans crainte, par exemple pour mieux voir le changement de couleur. En revanche, diluer la solution deux fois AVANT d'en prélever 20,0mL divise par deux la quantité d'ions titrée, et l'équivalence arrive à 6,20mL ; il faut alors multiplier la concentration trouvée par le facteur de dilution. La règle qui tranche les deux cas : le volume à l'équivalence mesure une QUANTITÉ DE MATIÈRE dans le bécher, jamais une concentration.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Le degré d'acidité d'un vinaigre
Un vinaigre du commerce porte l'indication « 5 degrés », ce qui signifie qu'il contient 5,0g d'acide éthanoïque pour 100g de vinaigre. On prendra la masse volumique du vinaigre égale à 1,00g/mL et M(CH3COOH)=60,0g/mol.
On dilue le vinaigre 10 fois, puis on titre VA=10,0mL de la solution diluée par de la soude à cB=0,100mol/L. L'équivalence est obtenue pour VB=8,35mL.
a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage et justifiez qu'elle convient.
b) Calculez la concentration en acide éthanoïque de la solution diluée.
c) Déduisez-en la concentration du vinaigre non dilué, puis sa concentration en masse.
d) Calculez le degré d'acidité du vinaigre et comparez à l'indication de l'étiquette.
e) Pourquoi a-t-on dilué le vinaigre avant de le titrer ? Quel volume à l'équivalence aurait-on obtenu sans dilution ?
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Réponses
a)CH3COOH+HO−⟶CH3COO−+H2O
b)c=8,35×10−2 mol/L
c)c=0,835 mol/L ; γ=50,1 g/L
d)5,0 degrés : conforme
e)VE=83,5 mL sans dilution, trop pour la burette
a) Les couples sont CH3COOH/CH3COO− et H2O/HO−, d'où CH3COOH+HO−⟶CH3COO−+H2O. La réaction entre un acide et l'ion hydroxyde est totale et pratiquement instantanée, et l'ion hydroxyde ne réagit avec rien d'autre dans le vinaigre : les trois conditions du titrage sont remplies.
b) Les coefficients valant 1 de part et d'autre, nA=nB=cBVB=0,100×8,35×10−3=8,35×10−4mol. Donc cdilueˊe=10,0×10−38,35×10−4=8,35×10−2mol/L.
c) Le vinaigre est 10 fois plus concentré : c=10×8,35×10−2=0,835mol/L. En masse, γ=cM=0,835×60,0=50,1g/L.
d) Avec une masse volumique de 1,00g/mL, 100g de vinaigre occupent 100mL. La masse d'acide dans 100mL vaut 1050,1=5,01g. Le degré d'acidité est donc de 5,0 degrés, en excellent accord avec l'étiquette : l'écart relatif est de 0,2 pour cent, bien inférieur à l'incertitude d'une burette graduée.
e) Sans dilution, la concentration aurait été dix fois plus grande, donc le volume à l'équivalence aurait valu 10×8,35=83,5mL, ce qui dépasse la contenance d'une burette de 25mL ou même de 50mL. Il aurait fallu plusieurs remplissages, chacun ajoutant son incertitude de lecture. Diluer ramène le volume équivalent au voisinage du milieu de la burette, là où l'incertitude relative de lecture est la plus faible. C'est un choix de précision, pas une nécessité chimique.
La figure du corrigé porte le degré d'acidité en fonction du volume équivalent, et c'est une droite passant par l'origine, de coefficient 0,6 degré par millilitre. Le calcul le justifie : cvinaigre=10×VAcBVE=10×10,00,100VE=0,100VE avec VE en millilitres, puis la concentration massique vaut 60,0 fois plus, soit 6,0VE grammes par litre, c'est-à-dire 0,6VE gramme pour 100mL, ce qui est le degré. La lecture donne 5,0∘ pour les 8,35mL mesurés, et la figure permet de vérifier n'importe quelle étiquette d'un coup d'œil : un vinaigre annoncé à 6∘ devrait consommer 10,0mL, un vinaigre à 8∘ en consommerait 13,3. L'intérêt de tracer cette droite plutôt que de refaire le calcul à chaque fois est double. Elle rend visible la PROPORTIONNALITÉ, donc le fait qu'une erreur relative de un pour cent sur la burette se transmet telle quelle au degré, sans amplification ni atténuation. Et elle montre le domaine utile de la méthode : pour un vinaigre courant entre 5 et 8∘, le volume équivalent tombe entre 8 et 13mL, ce qui tient dans une burette de 25mL avec une bonne précision de lecture ; un vinaigre beaucoup plus concentré exigerait une dilution plus forte.
Exercice 7 : Doser l'eau oxygénée et vérifier son titre
Une eau oxygénée commerciale est étiquetée « 10 volumes », ce qui signifie qu'un litre de solution libère 10L de dioxygène dans les conditions où Vm=22,4L/mol, selon 2H2O2⟶2H2O+O2.
On dilue la solution 10 fois, puis on titre 10,0mL de solution diluée par du permanganate à 2,00×10−2mol/L en milieu acide. L'équivalence est atteinte pour 17,9mL. Les couples sont MnO4−/Mn2+ et O2/H2O2.
a) Écrivez la demi-équation du couple O2/H2O2, puis l'équation du titrage.
b) Calculez la quantité de permanganate versée à l'équivalence, puis celle de peroxyde d'hydrogène titrée.
c) Déduisez-en la concentration de la solution diluée, puis celle de la solution commerciale.
d) Calculez le nombre de volumes de cette eau oxygénée et comparez à l'étiquette.
e) Dans ce titrage, le peroxyde d'hydrogène joue le rôle de réducteur, alors qu'il est l'oxydant du couple H2O2/H2O. Expliquez.
Voir la correction
Réponses
a)2MnO4−+5H2O2+6H+⟶2Mn2++5O2+8H2O
b)3,58×10−4 mol ; 8,95×10−4 mol
c)8,95×10−2 mol/L ; 0,895 mol/L
d)10,0 volumes : conforme
e)Oxydé par le permanganate, réduit par les iodures
a) Dans le couple O2/H2O2, le peroxyde est le réducteur : H2O2=O2+2H++2e−. En combinant avec la demi-équation du permanganate multipliée par 2 et celle du peroxyde multipliée par 5, les 10 électrons se simplifient : 2MnO4−+5H2O2+6H+⟶2Mn2++5O2+8H2O.
b) n(MnO4−)=2,00×10−2×17,9×10−3=3,58×10−4mol. Les coefficients étant 2 et 5, n(H2O2)=25×3,58×10−4=8,95×10−4mol.
c) cdilueˊe=10,0×10−38,95×10−4=8,95×10−2mol/L, donc la solution commerciale vaut c=10×8,95×10−2=0,895mol/L.
d) D'après l'équation de décomposition, deux moles de peroxyde donnent une mole de dioxygène, donc un litre de solution libère 20,895=0,4475mol de O2, soit 0,4475×22,4=10,0L. L'eau oxygénée fait donc bien 10 volumes, avec un écart de 0,2 pour cent seulement par rapport à l'étiquette : le produit est conforme.
e) Parce que le peroxyde d'hydrogène est amphotère au sens de l'oxydo-réduction : l'oxygène y porte le nombre d'oxydation intermédiaire −I, entre le 0 du dioxygène et le −II de l'eau. Il peut donc être oxydé en O2, et il est alors réducteur, ou réduit en H2O, et il est alors oxydant. Le rôle qu'il joue dépend du partenaire : face au permanganate, oxydant puissant, il est oxydé. Face aux ions iodure, qui sont réducteurs, il est au contraire réduit en eau et joue le rôle d'oxydant. C'est l'exact analogue de l'espèce amphotère en acide-base, comme l'ion hydrogénocarbonate de l'exercice 1.
Exercice 8 : Un détartrant, deux régimes
On verse une masse m de carbonate de calcium CaCO3, principal constituant du calcaire, dans V=100,0mL d'acide chlorhydrique à 0,500mol/L. La réaction est CaCO3(s)+2H+⟶Ca2++CO2(g)+H2O.
On donne M(CaCO3)=100,1g/mol et Vm=24,0L/mol. Le graphique donne le volume de dioxyde de carbone dégagé en fonction de m.
a) Pour m=1,50g, déterminez le réactif limitant et calculez le volume de gaz dégagé. Vérifiez sur le graphique.
b) Calculez la quantité d'ions H+ restant en solution et le pH final, en supposant l'acide fort.
c) Expliquez la présence de deux régimes sur le graphique et déterminez par le calcul la masse à laquelle se produit la rupture de pente.
d) Déterminez le volume maximal de gaz que l'on puisse obtenir avec ces 100,0mL d'acide, quelle que soit la masse de calcaire ajoutée.
e) Calculez le coefficient directeur de la première partie du graphique et interprétez-le physiquement.
Voir la correction
Réponses
a)Carbonate limitant ; 360 mL
b)2,00×10−2 mol d'ions H+ ; pH=0,70
c)Rupture à m=2,50 g
d)600 mL au plus
e)0,240 L/g
a) n(CaCO3)=100,11,50=1,50×10−2mol et n(H+)=0,500×0,1000=5,00×10−2mol. Les rapports valent 11,50×10−2=1,50×10−2 et 25,00×10−2=2,50×10−2 : le carbonate est limitant. Donc xmax=1,50×10−2mol et V(CO2)=1,50×10−2×24,0=0,360L, soit 360mL. Le graphique confirme cette lecture par les pointillés.
b) Il a été consommé 2xmax=3,00×10−2mol d'ions H+, il en reste donc 5,00×10−2−3,00×10−2=2,00×10−2mol, soit une concentration de 0,200mol/L. L'acide étant fort, pH=−log(0,200)=0,70. La solution reste donc très acide, ce qui est cohérent avec le fait que le calcaire était limitant.
c) Tant que le carbonate est limitant, tout ce qu'on en ajoute est consommé et produit du gaz : le volume croît proportionnellement à m. À partir du moment où l'acide devient limitant, ajouter du calcaire ne sert plus à rien, il reste solide au fond, et le volume plafonne. La rupture a lieu lorsque les deux réactifs sont exactement en proportions stœchiométriques, soit Mm=2n(H+)=2,50×10−2mol, donc m=2,50×10−2×100,1=2,50g.
d) Le plateau correspond à la consommation totale de l'acide : xmax=25,00×10−2=2,50×10−2mol, d'où V(CO2)=2,50×10−2×24,0=0,600L, soit 600mL. C'est bien la hauteur du plateau lue sur le graphique.
e) Le coefficient directeur vaut MVm=100,124,0=0,240L/g. Il représente le volume de gaz produit par gramme de calcaire attaqué, tant que l'acide est en excès. Ce nombre ne dépend que de la nature du solide et des conditions de température et de pression, pas de la quantité d'acide : c'est une caractéristique du calcaire, et c'est ce qui permet de doser le calcaire d'un échantillon de sol ou d'une roche par simple mesure du gaz dégagé.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
a) « Diluer un acide 10 000 fois fait passer son pH de 4 à 8. »
b) « Dans une demi-équation, les électrons apparaissent, donc ils circulent réellement dans la solution. »
c) « Le réactif limitant d'un titrage rédox est toujours celui dont la concentration est la plus faible. »
d) « Le peroxyde d'hydrogène est un oxydant, donc il ne peut pas être oxydé. »
Voir la correction
Réponses
a)Le pH tend vers 7 sans le dépasser
b)L'électron passe directement du réducteur à l'oxydant
c)Comparer les rapports νini
d)H2O2 est aussi réducteur du couple O2/H2O2
a) Faux, et le résultat est absurde puisqu'il rendrait une solution acide basique par simple ajout d'eau. La règle du plus une unité de pH par dilution d'un facteur 10 n'est valable que tant que la concentration apportée par l'acide reste grande devant celle des ions H3O+ issus de l'eau elle-même, de l'ordre de 10−7mol/L. En diluant beaucoup, le pH tend vers 7 par valeurs inférieures et ne le dépasse jamais, comme discuté à l'exercice 2.
b) Faux. Les électrons libres n'existent pas en solution aqueuse : ils y seraient immédiatement captés. La demi-équation est un outil de construction qui décompose artificiellement le transfert en deux étapes ; dans la réalité, l'électron passe directement du réducteur à l'oxydant lors de leur rencontre. C'est bien pour cela qu'on ne peut jamais écrire une demi-équation seule comme bilan, et qu'il faut toujours en combiner deux de manière que les électrons disparaissent, comme à l'exercice 4. La situation est différente dans une pile, où les électrons circulent effectivement, mais dans le circuit métallique extérieur, jamais dans la solution.
c) Faux. Il faut comparer les rapports νini, ce qui fait intervenir à la fois la quantité de matière et le coefficient stœchiométrique. L'exercice 4 en donne l'exemple : le permanganate est dix fois moins concentré que le fer, mais son coefficient vaut 1 contre 5, ce qui donne 2,00×10−4 contre 4,00×10−4. Il se trouve qu'ici le permanganate est effectivement limitant, mais si sa concentration avait été de 6,00×10−2mol/L, c'est le fer qui l'aurait été malgré sa concentration bien supérieure.
d) Faux, et c'est même la propriété la plus utile de cette espèce. Le peroxyde d'hydrogène appartient à deux couples : H2O2/H2O, où il est l'oxydant, et O2/H2O2, où il est le réducteur. Il occupe donc une position intermédiaire et peut évoluer dans les deux sens selon son partenaire. L'exercice 7 l'utilise précisément comme réducteur face au permanganate. C'est exactement analogue à l'espèce amphotère de l'acide-base vue à l'exercice 1 : un ion hydrogénocarbonate est acide face à une base et base face à un acide.
Exercice 10 : Analyser un produit de piscine
Un produit de traitement de piscine est une solution d'eau de Javel dont l'espèce active est l'ion hypochlorite ClO−. On veut vérifier sa concentration.
On prélève 10,0mL de produit, on le dilue à 100,0mL, puis on prélève 10,0mL de cette solution diluée que l'on fait réagir avec un excès d'ions iodure en milieu acide, selon ClO−+2I−+2H+⟶Cl−+I2+H2O.
Le diiode formé est ensuite titré par du thiosulfate de sodium à c=0,100mol/L selon I2+2S2O32−⟶2I−+S4O62−. L'équivalence est atteinte pour V=14,0mL.
a) Calculez la quantité de thiosulfate versée à l'équivalence, puis celle de diiode titrée.
b) Déduisez-en la quantité d'ions hypochlorite présente dans les 10,0mL prélevés de solution diluée.
c) Calculez la concentration en ions hypochlorite de la solution diluée, puis celle du produit commercial.
d) Expliquez pourquoi on procède en deux réactions successives plutôt que de titrer directement l'ion hypochlorite.
e) L'étiquette annonce 2,6mol/L. Calculez l'écart relatif et concluez, sachant que le fabricant garantit la valeur à 10 pour cent près.
Voir la correction
Réponses
a)1,40×10−3 mol ; 7,00×10−4 mol
b)n(ClO−)=7,00×10−4 mol
c)7,00×10−2 mol/L ; 0,700 mol/L
d)Titrage indirect : le diiode rend l'équivalence visible
e)Écart de 73 % : non conforme
a) n(S2O32−)=cV=0,100×14,0×10−3=1,40×10−3mol. D'après la seconde équation, deux thiosulfates réagissent avec un diiode, donc n(I2)=21,40×10−3=7,00×10−4mol.
b) D'après la première équation, un ion hypochlorite produit un diiode, donc n(ClO−)=n(I2)=7,00×10−4mol dans les 10,0mL prélevés.
c) cdilueˊe=10,0×10−37,00×10−4=7,00×10−2mol/L. La première dilution, de 10,0 à 100,0mL, a un facteur 10, donc le produit commercial vaut c=10×7,00×10−2=0,700mol/L.
d) Parce que l'ion hypochlorite ne se prête pas à un repérage commode de l'équivalence : ni lui ni les ions chlorure formés ne sont colorés, et il n'existe pas d'indicateur simple. Le passage par le diiode résout le problème : le diiode est intensément coloré en brun, et sa disparition au cours du titrage par le thiosulfate est nette, surtout avec l'empois d'amidon qui bleuit en sa présence. On transforme donc quantitativement l'espèce à doser en une espèce facile à titrer. Cette technique, où l'on titre un intermédiaire formé en quantité connue, s'appelle un titrage INDIRECT ; quand l'intermédiaire est le diiode, on parle d'iodométrie. Il ne faut pas la confondre avec un titrage en retour, où l'on titre l'excès d'un réactif ajouté.
e) L'écart relatif vaut 2,6∣0,700−2,6∣=73 pour cent, très largement au-delà des 10 pour cent garantis. Le produit n'est donc pas conforme, ce qui est plausible pour de l'eau de Javel : l'ion hypochlorite se décompose lentement à la lumière et à la chaleur, et un bidon entamé depuis plusieurs mois perd une part importante de son titre. C'est d'ailleurs pourquoi ces produits portent une date limite d'utilisation et sont vendus en flacons opaques.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Un métal plongé dans une solution d'ions métalliques
Expérience 1 : un clou en fer plongé dans une solution bleue de sulfate de cuivre se couvre d'un dépôt rouge de cuivre, et la solution pâlit.
Expérience 2 : un fil de cuivre plongé dans une solution de sulfate de fer II ne change pas, même après une heure.
Expérience 3 : une lame de zinc plongée dans une solution de sulfate de fer II se couvre d'un dépôt gris de fer.
Masses molaires en g/mol : M(Fe)=55,8 et M(Cu)=63,5.
a) Écrivez l'équation de la réaction de l'expérience 1 à partir des couples Cu2+/Cu et Fe2+/Fe, et identifiez l'oxydant et le réducteur.
b) Après rinçage et séchage, le clou a pris 0,154g. Expliquez pourquoi sa masse AUGMENTE alors que du fer est consommé, puis calculez la quantité de fer oxydée.
c) Déduisez-en la masse de cuivre déposée et la masse de fer passée en solution.
d) En exploitant les trois expériences, classez le fer, le cuivre et le zinc du meilleur au moins bon réducteur.
e) Prévoyez ce qui se passe quand on plonge une lame de zinc dans une solution de sulfate de cuivre, puis un fil de cuivre dans une solution de sulfate de zinc.
Voir la correction
Réponses
a)Fe+Cu2+⟶Fe2++Cu ; oxydant Cu2+
b)+7,7 g par mole ; 2,00×10−2 mol de fer
c)1,27 g de cuivre ; 1,12 g de fer
d)Zinc, fer, cuivre
e)Dépôt de cuivre ; rien avec le sulfate de zinc
a) Les demi-équations sont Fe=Fe2++2e− et Cu2++2e−=Cu. Les électrons se compensent directement : Fe(s)+Cu(aq)2+⟶Fe(aq)2++Cu(s). L'ion cuivre II capte des électrons, c'est l'OXYDANT ; le fer en cède, c'est le RÉDUCTEUR. La solution pâlit parce que les ions Cu2+, responsables de la couleur bleue, disparaissent.
b) Chaque atome de fer qui part en solution est remplacé sur le clou par un atome de cuivre, plus lourd : pour une mole échangée, le clou perd 55,8g et gagne 63,5g, soit un gain net de 7,7g. Le gain mesuré donne donc n=7,70,154=2,00×10−2mol de fer oxydé. Conclure de la prise de masse qu'aucun fer n'a été consommé est le piège de la question.
c) Il se dépose 2,00×10−2mol de cuivre, soit 2,00×10−2×63,5=1,27g, et il part en solution 2,00×10−2×55,8=1,116g de fer, soit 1,12g. Contrôle : 1,27−1,116=0,154g ✓.
d) L'expérience 1 montre que le fer réduit les ions cuivre II : le fer est meilleur réducteur que le cuivre. L'expérience 2 le confirme, puisque le cuivre ne réduit pas les ions fer II. L'expérience 3 montre que le zinc réduit les ions fer II : le zinc est meilleur réducteur que le fer. D'où le classement : zinc, puis fer, puis cuivre.
e) Le zinc étant meilleur réducteur que le cuivre, il réduit les ions cuivre II : la lame se couvre de cuivre et la solution pâlit, selon Zn+Cu2+⟶Zn2++Cu. À l'inverse, le cuivre ne peut pas réduire les ions zinc : il ne se passe RIEN. Un classement établi sur trois expériences en prévoit donc d'autres qu'on n'a pas faites.
Une réaction d'oxydo-réduction spontanée se fait toujours entre le meilleur réducteur et l'oxydant du couple le plus bas dans le classement des réducteurs, jamais dans l'autre sens. Une expérience sans effet visible est aussi une information : elle fixe l'ordre de deux couples.
Exercice 12 : L'éthylotest au dichromate : ajuster puis combiner
Dans un éthylotest chimique, l'éthanol C2H5OH de l'air expiré est oxydé en acide éthanoïque CH3COOH par les ions dichromate Cr2O72−, orange, qui sont réduits en ions chrome III Cr3+, verts. Le milieu est acide.
On donne M(K2Cr2O7)=294,2g/mol et M(C2H5OH)=46,0g/mol.
a) Ajustez la demi-équation du couple Cr2O72−/Cr3+ en détaillant les étapes.
b) Ajustez la demi-équation du couple CH3COOH/C2H5OH.
c) Combinez les deux demi-équations pour obtenir l'équation de la réaction, puis vérifiez la conservation de la charge.
d) Comment l'appareil signale-t-il la présence d'alcool ?
e) Un tube contient 0,50mg de dichromate de potassium. Quelle masse d'éthanol faut-il pour que tout le tube vire ?
a) Le chrome d'abord : Cr2O72−=2Cr3+. Les sept oxygènes avec de l'eau : Cr2O72−=2Cr3++7H2O. Les quatorze hydrogènes avec des protons : Cr2O72−+14H+=2Cr3++7H2O. Les charges enfin : −2+14=+12 à gauche, +6 à droite, il faut six électrons à gauche : Cr2O72−+14H++6e−=2Cr3++7H2O. Oublier le coefficient 2 du chrome dès la première étape fausse tout le reste.
b) Le carbone est équilibré, deux de chaque côté. Il manque un oxygène à droite : CH3COOH=C2H5OH+H2O. À gauche 4 hydrogènes, à droite 6+2=8 : on ajoute 4H+ à gauche. Les charges valent +4 à gauche et 0 à droite : CH3COOH+4H++4e−=C2H5OH+H2O.
c) L'éthanol est oxydé, on écrit donc la seconde demi-équation dans le sens C2H5OH+H2O⟶CH3COOH+4H++4e−. Le plus petit multiple commun de 6 et 4 est 12 : on multiplie la première par 2 et la seconde par 3. En additionnant, 28H+ à gauche et 12H+ à droite laissent 16H+ ; 14H2O à droite et 3H2O à gauche laissent 11H2O. D'où 2Cr2O72−+3C2H5OH+16H+⟶4Cr3++3CH3COOH+11H2O. Charges : 2×(−2)+16=+12 à gauche, 4×(+3)=+12 à droite ✓.
d) Par un changement de couleur : les ions dichromate orange sont remplacés par des ions chrome III verts. La longueur de la zone devenue verte croît avec la quantité d'éthanol, ce qui permet une lecture graduée.
e) n(Cr2O72−)=294,20,50×10−3=1,70×10−6mol. L'équation associe 3 moles d'éthanol à 2 moles de dichromate : n(C2H5OH)=23×1,70×10−6=2,55×10−6mol, soit m=2,55×10−6×46,0=1,17×10−4g, environ 0,12mg. Le rapport 23, et non 32, se vérifie en écrivant 2n(Cr2O72−)=3n(C2H5OH).
La méthode d'ajustement ne change jamais : élément principal, oxygène par l'eau, hydrogène par les protons, charges par les électrons. La combinaison se fait ensuite au plus petit multiple commun des électrons, et le contrôle des charges sur l'équation finale attrape presque toutes les erreurs.
Exercice 13 : Retrouver les couples dans une équation : le cuivre et l'acide nitrique
Le cuivre est attaqué par l'acide nitrique concentré : la solution devient bleue et il se dégage un gaz roux, le dioxyde d'azote. L'équation de la réaction est Cu(s)+4H(aq)++2NO3−(aq)⟶Cu(aq)2++2NO2(g)+2H2O(ℓ).
On donne M(Cu)=63,5g/mol et Vm=24,0L/mol.
a) Identifiez l'oxydant et le réducteur de cette réaction, et les deux couples mis en jeu.
b) Écrivez les deux demi-équations électroniques.
c) Montrez qu'on retrouve l'équation proposée et indiquez le nombre d'électrons échangés par atome de cuivre.
d) On attaque 0,635g de cuivre par un excès d'acide. Calculez le volume de dioxyde d'azote dégagé.
e) Calculez la quantité d'ions H+ consommée. Les ions H+ sont-ils l'oxydant de la réaction ?
Voir la correction
Réponses
a)Réducteur Cu (Cu2+/Cu), oxydant NO3− (NO3−/NO2)
b)Cu=Cu2++2e− ; NO3−+2H++e−=NO2+H2O
c)Nitrate ×2 ; 2 électrons par cuivre
d)V(NO2)=0,480 L
e)4,00×10−2 mol ; H+ n'est pas l'oxydant
a) Le cuivre devient Cu2+ : il perd des électrons, c'est le RÉDUCTEUR, du couple Cu2+/Cu. L'azote passe de l'ion nitrate au dioxyde d'azote, qui a perdu un oxygène : l'ion nitrate est l'OXYDANT, du couple NO3−/NO2. On repère les couples en cherchant les éléments présents sous deux formes différentes de part et d'autre de l'équation, ici le cuivre et l'azote.
b) Cu=Cu2++2e−. Pour le nitrate : oxygène par l'eau, NO3−=NO2+H2O ; hydrogène par les protons, NO3−+2H+=NO2+H2O ; charges, −1+2=+1 à gauche et 0 à droite, d'où NO3−+2H++e−=NO2+H2O.
c) Le cuivre cède 2 électrons et un ion nitrate n'en capte qu'un : on multiplie la demi-équation du nitrate par 2. En additionnant, Cu+2NO3−+4H+⟶Cu2++2NO2+2H2O, c'est l'équation proposée ✓. Chaque atome de cuivre échange 2 électrons.
d) n(Cu)=63,50,635=1,00×10−2mol. L'équation donne deux NO2 par cuivre : n(NO2)=2,00×10−2mol et V=2,00×10−2×24,0=0,480L.
e) Il faut quatre H+ par cuivre : 4×1,00×10−2=4,00×10−2mol. Mais les ions H+ ne sont PAS l'oxydant : ils ne changent pas de forme, ils servent à fixer les oxygènes arrachés au nitrate sous forme d'eau. C'est pourquoi ils apparaissent dans la demi-équation du nitrate et pas dans celle du cuivre.
Retrouver les couples dans une équation donnée, c'est chercher les éléments qui changent de forme ; H+ et H2O ne font qu'équilibrer. La vérification par addition des demi-équations est ensuite la preuve qu'on a bien lu l'équation.
Exercice 14 : Problème : le dioxyde de soufre d'un vin blanc
Le dioxyde de soufre SO2 protège le vin de l'oxydation. Pour doser le dioxyde de soufre libre d'un vin blanc, on titre V=25,0mL de vin acidifié par une solution de diiode à c=7,80×10−3mol/L, en présence d'empois d'amidon, qui prend une teinte bleu foncé en présence de diiode. L'équivalence est repérée pour VE=6,10mL.
Couples : I2/I− et SO42−/SO2. On donne M(SO2)=64,1g/mol.
a) Écrivez les deux demi-équations, puis l'équation de la réaction de titrage.
b) Décrivez le changement de couleur qui signale l'équivalence et expliquez-le.
c) Calculez la quantité de diiode versée à l'équivalence, puis celle de dioxyde de soufre titrée.
d) Calculez la concentration en masse du dioxyde de soufre libre, en mg/L. Le vin contient aussi 50mg/L de dioxyde de soufre lié, que ce titrage ne voit pas ; la réglementation limite le total à 200mg/L. Le vin est-il conforme ?
e) Le vin contient aussi de la vitamine C, qui réduit le diiode. Dans quel sens cela fausse-t-il le résultat ? La lecture de la burette est connue à une goutte près, 0,05mL : quelle incertitude relative cela représente-t-il ?
Voir la correction
Réponses
a)I2+SO2+2H2O⟶2I−+SO42−+4H+
b)Bleu foncé persistant dès que le diiode n'est plus consommé
c)n(I2)=n(SO2)=4,76×10−5 mol
d)122 mg/L libre, 172 mg/L au total : conforme
e)Surestimation ; 0,8 % de lecture
a) I2+2e−=2I− et, pour le soufre, oxygène par l'eau, hydrogène par les protons, charges par les électrons : SO2+2H2O=SO42−+4H++2e−. Les électrons se compensent sans multiplier : I2+SO2+2H2O⟶2I−+SO42−+4H+. Charges : 0 à gauche, −2−2+4=0 à droite ✓.
b) Avant l'équivalence, le dioxyde de soufre est en excès : chaque goutte de diiode est aussitôt consommée et le mélange reste pâle. Dès que tout le dioxyde de soufre a réagi, le diiode versé n'est plus consommé et l'empois d'amidon vire au BLEU FONCÉ, de façon persistante. L'équivalence est la première goutte qui laisse une teinte bleue durable.
c) n(I2)=cVE=7,80×10−3×6,10×10−3=4,76×10−5mol. Les coefficients valant 1 et 1, n(SO2)=4,76×10−5mol.
d) c(SO2)=25,0×10−34,76×10−5=1,90×10−3mol/L et γ=1,90×10−3×64,1=0,122g/L, soit 122mg/L. Avec le dioxyde de soufre lié, le total vaut 122+50=172mg/L, sous la limite de 200mg/L : le vin est conforme.
e) La vitamine C consomme elle aussi du diiode : l'équivalence arrive plus TARD, et le titrage attribue au dioxyde de soufre du diiode qui a servi à autre chose. Le résultat est SURESTIMÉ, c'est une erreur systématique. La goutte représente 6,100,05≈0,8 pour cent du volume à l'équivalence, bien moins que l'erreur possible due à la vitamine C : dans ce dosage, c'est la sélectivité de la réaction qui limite la précision, pas la burette.
Un titrage n'est juste que si la réaction support est UNIQUE : toute autre espèce qui consomme le titrant fausse le résultat dans le même sens, par excès. Le repérage colorimétrique, lui, repose toujours sur la même idée : une espèce colorée qui n'apparaît qu'une fois le réactif titré épuisé.
Exercice 15 : Problème : du zinc sous le cuivre d'une pièce de un cent
Une pièce américaine de un cent, de masse 2,50g, est un disque de zinc recouvert d'une fine couche de cuivre. On entaille sa tranche et on la plonge dans un excès d'acide chlorhydrique : le zinc est attaqué, le cuivre ne l'est pas, et on recueille 0,894L de dihydrogène. Il reste une coque de cuivre.
On donne M(Zn)=65,4g/mol et Vm=24,0L/mol.
a) Écrivez les demi-équations des couples Zn2+/Zn et H+/H2, puis l'équation de l'attaque du zinc. Quel est l'oxydant ?
b) Calculez la quantité de dihydrogène recueillie, puis celle de zinc attaqué.
c) Calculez la masse de zinc de la pièce et son pourcentage en masse.
d) Quel volume minimal d'acide chlorhydrique à 2,0mol/L faut-il ? Pourquoi travaille-t-on en excès ?
e) Quelle masse de cuivre reste-t-il ? Que se serait-il passé si l'on n'avait pas entaillé la tranche ?
Voir la correction
Réponses
a)Zn+2H+⟶Zn2++H2 ; oxydant H+
b)3,73×10−2 mol de H2 et de zinc
c)2,44 g, soit 97,4 %
d)37 mL au minimum ; excès pour doser tout le zinc
e)0,06 g de cuivre ; sans entaille, presque rien
a) Zn=Zn2++2e− et 2H++2e−=H2, d'où Zn(s)+2H(aq)+⟶Zn(aq)2++H2(g). L'OXYDANT est l'ion H+, réduit en dihydrogène ; le zinc est le réducteur. Le cuivre, moins bon réducteur que le dihydrogène, n'est pas attaqué par les ions H+.
b) n(H2)=24,00,894=3,73×10−2mol. L'équation associe un zinc à un dihydrogène : n(Zn)=3,73×10−2mol.
c) m(Zn)=3,725×10−2×65,4=2,44g, soit 2,502,44=97,4 pour cent de la masse de la pièce. Une pièce qui a l'aspect du cuivre est donc presque entièrement en zinc.
d) Il faut deux ions H+ par zinc : n(H+)=2×3,725×10−2=7,45×10−2mol, soit V=2,07,45×10−2=37mL au minimum. On met l'acide en EXCÈS pour que le zinc soit le réactif limitant : c'est la seule façon d'être sûr que le gaz recueilli mesure TOUT le zinc, ce qui est le but de l'expérience.
e) Il reste 2,50−2,44=0,06g de cuivre, soit environ 2,6 pour cent. Sans entaille, la coque de cuivre, que l'acide n'attaque pas, empêcherait l'acide d'atteindre le zinc : il ne se passerait pratiquement rien. Le cuivre protège le zinc comme une peinture.
Quand un seul constituant d'un mélange réagit, le produit formé le dose : mesurer un volume de gaz revient à peser le zinc. Cela n'est vrai que si le constituant dosé est le réactif limitant, d'où l'excès systématique de l'autre réactif.
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