Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : aspects énergétiques mécaniques et électriques (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les aspects énergétiques des phénomènes mécaniques et électriques, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le résultat le plus utile de la série est celui de l'exercice 2 : la distance de freinage est proportionnelle au CARRÉ de la vitesse, donc elle quadruple quand la vitesse double. Elle passe de 19 mètres à 77 mètres entre 50 et 100 kilomètres par heure, et croire qu'elle ne fait que doubler revient à se tromper de près de 40 mètres.

L'exercice 7 vaut aussi la peine : il montre que le rendement n'est jamais une propriété de l'appareil seul. Le même transfert de chaleur vers la pièce est une perte pour un chauffe-eau et exactement le but recherché pour un radiateur.

L'exercice 16, en partie D, revient à la définition que le programme demande de savoir relier : une intensité est un DÉBIT de charges, I=QΔtI=\dfrac{Q}{\Delta t}. L'éclair y transporte moins de charge qu'une minute de recharge, et les électrons d'un câble avancent de quelques dixièmes de millimètre par seconde.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Circuits électriques et sécuritéCinquième
  2. 2Tension, intensité et loi d'OhmQuatrième
  3. 3Énergie, puissance et conversionsTroisième
  4. 4Signal et capteur : circuits et loi d'OhmSeconde

Rappel de cours

  • • Travail d'une force constante : W=F dcos⁡αW=F\,d\cos\alpha, grandeur SCALAIRE en joules. Nul si la force est perpendiculaire au déplacement, moteur si positif, résistant si négatif.
  • • Énergie cinétique : Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}, donc doubler la vitesse quadruple l'énergie et la distance de freinage.
  • • Théorème de l'énergie cinétique : la variation d'énergie cinétique égale la somme des travaux des forces.
  • • Énergie mécanique : Em=Ec+mgzE_{m}=E_{c}+mgz, conservée si seul le poids travaille. Le travail du poids ne dépend que du dénivelé, jamais du chemin.
  • • Vitesse en chute libre : v=2ghv=\sqrt{2gh}, indépendante de la masse.
  • • Électricité : P=UI=RI2P=UI=RI^{2}, E=PΔtE=P\Delta t, et 1 kWh=3,6×106 J1\ \mathrm{kWh}=3{,}6\times 10^{6}\ \mathrm{J}. Les pertes en ligne dépendent du carré du COURANT, d'où le transport à haute tension.
  • • Caractéristique : droite passant par l'origine pour un conducteur ohmique, courbe pour une lampe dont la résistance croît avec la température.
  • • Rendement : η=EutileEconsommeˊe\eta=\dfrac{E_{\mathrm{utile}}}{E_{\mathrm{consommée}}}. Rien n'est détruit ; ce qui n'est pas utile est simplement parti ailleurs, généralement en chaleur.
  • • Intensité : débit de charges, I=QΔtI=\dfrac{Q}{\Delta t}, en ampères si QQ est en coulombs et Δt\Delta t en secondes. Porteurs de charge : électrons libres dans un métal, qui se déplacent en sens inverse du sens conventionnel du courant ; ions dans une solution.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Le travail d'une force constante

Le travail d'une force constante F⃗\vec{F} pour un déplacement rectiligne d⃗\vec{d} vaut W=F dcos⁡αW=F\,d\cos\alpha, où α\alpha est l'angle entre la force et le déplacement.

  • a) Une caisse est tirée sur d=12 md=12\ \mathrm{m} par une force de 250 N250\ \mathrm{N} inclinée de α=30∘\alpha=30^{\circ} au-dessus de l'horizontale. Calculez le travail de cette force.
  • b) Calculez le travail de cette même force si elle est perpendiculaire au déplacement. Commentez.
  • c) Calculez-le si α=120∘\alpha=120^{\circ}. Comment qualifie-t-on un tel travail ?
  • d) La caisse a une masse de 40 kg40\ \mathrm{kg}. Calculez le travail du poids lors de ce déplacement horizontal.
  • e) Le travail est-il une grandeur vectorielle ? Que représente-t-il physiquement ?

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Réponses

  • a) W=2,60×103W=2{,}60\times 10^{3} J, moteur
  • b) W=0W=0 : force perpendiculaire
  • c) W=−1,50×103W=-1{,}50\times 10^{3} J, résistant
  • d) Travail du poids nul
  • e) Grandeur scalaire : énergie transférée par la force

a) W=250×12×cos⁡30∘=3000×0,866=2,60×103 JW=250\times 12\times\cos 30^{\circ}=3000\times 0{,}866=2{,}60\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Le travail est positif : la force est dite motrice, elle favorise le déplacement.

b) Si α=90∘\alpha=90^{\circ}, alors cos⁡α=0\cos\alpha=0 et W=0W=0. Une force perpendiculaire au déplacement ne travaille pas : elle peut dévier le mouvement mais elle ne transfère aucune énergie. C'est exactement le cas de la force magnétique, ou de la tension d'un fil pour un pendule.

c) W=3000×cos⁡120∘=3000×(−0,5)=−1,50×103 JW=3000\times\cos 120^{\circ}=3000\times\left(-0{,}5\right)=-1{,}50\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Un travail négatif est dit résistant : la force s'oppose au déplacement et retire de l'énergie au système, comme le font les frottements.

d) Le poids est vertical et le déplacement horizontal, donc α=90∘\alpha=90^{\circ} et W=0W=0. Le poids ne travaille pas lors d'un déplacement horizontal, quelle que soit la masse : c'est pourquoi porter une valise sur un quai plat ne coûte, en principe, aucun travail au sens de la physique.

e) Non, le travail est une grandeur SCALAIRE, exprimée en joules, alors que la force et le déplacement sont des vecteurs. Le cosinus est précisément ce qui transforme deux vecteurs en un nombre. Physiquement, le travail mesure l'énergie transférée au système par cette force au cours du déplacement : positif, la force en donne ; négatif, elle en prend.

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Exercice 2 : Énergie cinétique et distance de freinage

L'énergie cinétique d'un système de masse mm animé de la vitesse vv vaut Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}. Le théorème de l'énergie cinétique énonce que sa variation est égale à la somme des travaux des forces appliquées.

On considère une voiture de masse m=1200 kgm=1200\ \mathrm{kg}.

  • a) Calculez son énergie cinétique à 50 km/h50\ \mathrm{km/h}, puis à 100 km/h100\ \mathrm{km/h}.
  • b) Par quel facteur l'énergie cinétique est-elle multipliée quand la vitesse double ? Justifiez algébriquement.
  • c) La force de freinage vaut 6,0×103 N6{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{N}. Calculez la distance de freinage depuis 50 km/h50\ \mathrm{km/h}, en appliquant le théorème de l'énergie cinétique.
  • d) Calculez-la depuis 100 km/h100\ \mathrm{km/h} et comparez.
  • e) Une campagne de sécurité routière affirme qu'à vitesse double, la distance de freinage double. Corrigez et expliquez pourquoi l'erreur est dangereuse.

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Réponses

  • a) 1,16×1051{,}16\times 10^{5} J et 4,63×1054{,}63\times 10^{5} J
  • b) Facteur 44 : vv au carré
  • c) d=19,3d=19{,}3 m
  • d) d=77,2d=77{,}2 m, quatre fois plus
  • e) La distance quadruple, elle ne double pas

a) À 50 km/h50\ \mathrm{km/h}, soit 503,6=13,9 m/s\dfrac{50}{3{,}6}=13{,}9\ \mathrm{m/s} : Ec=0,5×1200×13,92=1,16×105 JE_{c}=0{,}5\times 1200\times 13{,}9^{2}=1{,}16\times 10^{5}\ \mathrm{J}. À 100 km/h100\ \mathrm{km/h}, soit 27,8 m/s27{,}8\ \mathrm{m/s} : Ec=0,5×1200×27,82=4,63×105 JE_{c}=0{,}5\times 1200\times 27{,}8^{2}=4{,}63\times 10^{5}\ \mathrm{J}.

b) Par 4. En effet Ec(2v)=12m(2v)2=12m×4v2=4Ec(v)E_{c}\left(2v\right)=\dfrac{1}{2}m\left(2v\right)^{2}=\dfrac{1}{2}m\times 4v^{2}=4E_{c}(v) : la vitesse intervient au carré, donc la doubler quadruple l'énergie.

c) Pendant le freinage, seule la force de freinage travaille, avec un travail résistant −fd-fd, et la vitesse finale est nulle. Le théorème donne 0−Ec=−fd0-E_{c}=-fd, donc d=Ecf=1,16×1056,0×103=19,3 md=\dfrac{E_{c}}{f}=\dfrac{1{,}16\times 10^{5}}{6{,}0\times 10^{3}}=19{,}3\ \mathrm{m}.

d) d=4,63×1056,0×103=77,2 md=\dfrac{4{,}63\times 10^{5}}{6{,}0\times 10^{3}}=77{,}2\ \mathrm{m}, soit exactement quatre fois la distance précédente.

e) La distance de freinage ne double pas, elle QUADRUPLE, car elle est proportionnelle à l'énergie cinétique, donc au carré de la vitesse. Passer de 5050 à 100 km/h100\ \mathrm{km/h} fait passer la distance de 19 m19\ \mathrm{m} à 77 m77\ \mathrm{m}, soit près de 60 m60\ \mathrm{m} de plus. L'erreur est dangereuse parce qu'elle conduit à sous-estimer massivement la distance nécessaire : un conducteur qui croit avoir besoin de 39 m39\ \mathrm{m} en aura en réalité besoin de 7777, et l'écart est exactement la zone dans laquelle l'accident se produit. C'est aussi pourquoi l'énergie à dissiper lors d'un choc à 100 km/h100\ \mathrm{km/h} est quatre fois celle d'un choc à 5050.

La figure du corrigé porte la distance de freinage en fonction de la vitesse, et c'est une PARABOLE, non une droite. C'est toute la difficulté du sujet pour l'intuition : on se représente volontiers la distance d'arrêt comme proportionnelle à la vitesse, alors qu'elle est proportionnelle à son CARRÉ, parce que c'est l'énergie cinétique qu'il faut dissiper et qu'elle vaut 12mv2\frac{1}{2}mv^{2}. On lit sur la figure 19 m19\ \mathrm{m} à 50 km/h50\ \mathrm{km/h} et 77 m77\ \mathrm{m} à 100 km/h100\ \mathrm{km/h} : doubler la vitesse ne double pas la distance, il la QUADRUPLE. Trois conséquences concrètes se lisent sur cette courbe. Passer de 5050 à 60 km/h60\ \mathrm{km/h}, dix kilomètres par heure de plus, ajoute 8,5 m8{,}5\ \mathrm{m}, alors que passer de 120120 à 130130 en ajoute 1919 : le même excès de vitesse coûte deux fois plus cher en distance à vitesse élevée. Ensuite, la distance tracée ici est la seule distance de FREINAGE ; il faut y ajouter la distance parcourue pendant le temps de réaction, environ une seconde, soit 14 m14\ \mathrm{m} à 50 km/h50\ \mathrm{km/h} et 2828 à 100100, qui elle est bien proportionnelle à la vitesse. Enfin la courbe suppose une force de freinage constante de 6 kN6\ \mathrm{kN} ; sur route mouillée cette force chute d'environ un tiers, et toute la parabole se dilate d'autant.

2040608010012014020406080100120140160distance de freinage (m)doubler la vitesse quadruple la distance50 km/h : 19 m100 km/h : 77 mvitesse (km/h)

Exercice 3 : Énergie mécanique et sa conservation

L'énergie potentielle de pesanteur vaut Epp=mgzE_{pp}=mgz, l'origine des altitudes étant choisie librement. L'énergie mécanique est Em=Ec+EppE_{m}=E_{c}+E_{pp}.

Une balle de masse m=0,20 kgm=0{,}20\ \mathrm{kg} est lâchée sans vitesse initiale depuis une hauteur h=5,0 mh=5{,}0\ \mathrm{m}, les frottements étant négligés. On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez l'énergie mécanique de la balle au moment du lâcher, en prenant le sol comme origine des altitudes.
  • b) Justifiez que l'énergie mécanique se conserve pendant la chute.
  • c) Calculez la vitesse de la balle en arrivant au sol.
  • d) Calculez l'énergie cinétique, l'énergie potentielle et la vitesse après 3,0 m3{,}0\ \mathrm{m} de chute, soit à 2,0 m2{,}0\ \mathrm{m} du sol.
  • e) Montrez que la vitesse au sol ne dépend pas de la masse. Quelle expérience célèbre cela illustre-t-il ?

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Réponses

  • a) Em=9,81E_{m}=9{,}81 J
  • b) Seul le poids travaille : EmE_{m} constante
  • c) v=9,90v=9{,}90 m/s
  • d) Epp=3,92E_{pp}=3{,}92 J, Ec=5,89E_{c}=5{,}89 J, v=7,67v=7{,}67 m/s
  • e) v=2ghv=\sqrt{2gh} : indépendante de mm (Galilée)

a) Au lâcher, la vitesse est nulle donc Ec=0E_{c}=0, et Epp=mgh=0,20×9,81×5,0=9,81 JE_{pp}=mgh=0{,}20\times 9{,}81\times 5{,}0=9{,}81\ \mathrm{J}. L'énergie mécanique vaut donc Em=9,81 JE_{m}=9{,}81\ \mathrm{J}.

b) La seule force qui travaille est le poids, puisque les frottements sont négligés. Or le travail du poids est exactement compensé par la variation d'énergie potentielle de pesanteur, par construction de cette dernière. L'énergie mécanique, somme des deux termes, reste donc constante tout au long de la chute : ce qui est perdu en énergie potentielle est intégralement gagné en énergie cinétique.

c) Au sol, z=0z=0 donc Epp=0E_{pp}=0 et toute l'énergie mécanique est cinétique : Ec=9,81 JE_{c}=9{,}81\ \mathrm{J}. De Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2} on tire v=2Ecm=2×9,810,20=98,1=9,90 m/sv=\sqrt{\dfrac{2E_{c}}{m}}=\sqrt{\dfrac{2\times 9{,}81}{0{,}20}}=\sqrt{98{,}1}=9{,}90\ \mathrm{m/s}.

d) À z=2,0 mz=2{,}0\ \mathrm{m} : Epp=0,20×9,81×2,0=3,92 JE_{pp}=0{,}20\times 9{,}81\times 2{,}0=3{,}92\ \mathrm{J}. L'énergie mécanique étant conservée, Ec=9,81−3,92=5,89 JE_{c}=9{,}81-3{,}92=5{,}89\ \mathrm{J}, d'où v=2×5,890,20=7,67 m/sv=\sqrt{\dfrac{2\times 5{,}89}{0{,}20}}=7{,}67\ \mathrm{m/s}. On notera qu'après 6060 pour cent de la hauteur de chute, la vitesse vaut déjà 7777 pour cent de la vitesse finale, et à mi-hauteur exacte 12≈71\frac{1}{\sqrt{2}}\approx 71 pour cent : la vitesse croît comme la racine de la hauteur de chute, donc vite au début.

e) En écrivant la conservation, 12mv2=mgh\dfrac{1}{2}mv^{2}=mgh, la masse se simplifie de part et d'autre et il reste v=2gh=2×9,81×5,0=9,90 m/sv=\sqrt{2gh}=\sqrt{2\times 9{,}81\times 5{,}0}=9{,}90\ \mathrm{m/s}, indépendante de mm. Cela illustre l'expérience attribuée à Galilée, qui aurait lâché deux boules de masses différentes du haut de la tour de Pise et constaté qu'elles arrivaient ensemble. C'est la même raison qui rend l'accélération de chute libre indépendante de la masse : le poids et l'inertie croissent tous deux proportionnellement à mm.

Exercice 4 : Puissance électrique et effet Joule

La puissance électrique reçue par un dipôle vaut P=UIP=UI, et l'énergie transférée pendant une durée Δt\Delta t vaut E=PΔtE=P\Delta t. Pour un conducteur ohmique, cette énergie est intégralement dissipée en chaleur : c'est l'effet Joule.

Un radiateur fonctionne sous U=230 VU=230\ \mathrm{V} et est traversé par un courant I=4,5 AI=4{,}5\ \mathrm{A}.

  • a) Calculez la puissance électrique du radiateur.
  • b) Calculez sa résistance, puis vérifiez la puissance par la relation P=RI2P=RI^{2}.
  • c) Calculez l'énergie consommée en 2,0 h2{,}0\ \mathrm{h}, en joules puis en kilowattheures.
  • d) Le kilowattheure est facturé 0,100{,}10 dollar. Calculez le coût de ces deux heures de chauffage.
  • e) Pourquoi transporte-t-on l'électricité sous très haute tension sur les lignes ? Justifiez à l'aide de P=RI2P=RI^{2}.

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Réponses

  • a) P=1,04×103P=1{,}04\times 10^{3} W
  • b) R=51,1 ΩR=51{,}1\ \Omega ; RI2=1 035RI^{2}=1\,035 W
  • c) 7,45×1067{,}45\times 10^{6} J, soit 2,072{,}07 kWh
  • d) 0,210{,}21 dollar
  • e) Pertes en RI2RI^{2} : haute tension pour un faible courant

a) P=UI=230×4,5=1,04×103 WP=UI=230\times 4{,}5=1{,}04\times 10^{3}\ \mathrm{W}, soit environ 1035 W1035\ \mathrm{W}.

b) La loi d'Ohm donne R=UI=2304,5=51,1 ΩR=\dfrac{U}{I}=\dfrac{230}{4{,}5}=51{,}1\ \Omega. Vérification : P=RI2=51,1×4,52=51,1×20,25=1035 WP=RI^{2}=51{,}1\times 4{,}5^{2}=51{,}1\times 20{,}25=1035\ \mathrm{W}, identique au résultat précédent, ce qui est attendu puisque RI2=(RI)I=UIRI^{2}=\left(RI\right)I=UI.

c) Δt=2,0 h=7200 s\Delta t=2{,}0\ \mathrm{h}=7200\ \mathrm{s}, donc E=1035×7200=7,45×106 JE=1035\times 7200=7{,}45\times 10^{6}\ \mathrm{J}. En kilowattheures, E=1,035 kW×2,0 h=2,07 kWhE=1{,}035\ \mathrm{kW}\times 2{,}0\ \mathrm{h}=2{,}07\ \mathrm{kWh}. On vérifie que 7,45×1063,6×106=2,07\dfrac{7{,}45\times 10^{6}}{3{,}6\times 10^{6}}=2{,}07.

d) Coût =2,07×0,10=0,21=2{,}07\times 0{,}10=0{,}21 dollar. Le kilowattheure est l'unité pratique de facturation précisément parce que le joule serait d'un ordre de grandeur absurde pour un usage domestique.

e) Parce que les pertes en ligne valent Pperte=RI2P_{\mathrm{perte}}=RI^{2} : elles dépendent du carré du COURANT, et non de la tension. Or pour transporter une puissance P=UIP=UI donnée, augmenter UU permet de diminuer II dans la même proportion. Multiplier la tension par 10 divise donc le courant par 10 et les pertes par 100. C'est pourquoi les lignes à haute tension fonctionnent à plusieurs centaines de kilovolts, la tension étant ramenée à 230 V230\ \mathrm{V} par des transformateurs seulement à l'arrivée.

Exercice 5 : Caractéristiques : ohmique ou non ?

La caractéristique d'un dipôle est la courbe donnant l'intensité qui le traverse en fonction de la tension à ses bornes. Le graphique compare celle d'un conducteur ohmique et celle d'une lampe à incandescence.

12345620406080100120140160U (V)I (mA)conducteur ohmiquelampe
  • a) Identifiez laquelle des deux courbes est celle du conducteur ohmique et justifiez.
  • b) Déterminez graphiquement la résistance du conducteur ohmique.
  • c) Pour la lampe, calculez la résistance sous 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V} puis sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}, en lisant les intensités correspondantes.
  • d) Comment la résistance de la lampe évolue-t-elle avec la tension ? Proposez une explication physique.
  • e) Peut-on parler de la résistance de la lampe sans autre précision ? Que faut-il toujours indiquer ?

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Réponses

  • a) La droite passant par l'origine
  • b) R≈47 ΩR\approx 47\ \Omega
  • c) 30 Ω30\ \Omega sous 2,02{,}0 V, 50 Ω50\ \Omega sous 6,06{,}0 V
  • d) La résistance augmente avec la température du filament
  • e) Préciser le point de fonctionnement

a) C'est la courbe en trait plein, qui est une DROITE passant par l'origine. La loi d'Ohm U=RIU=RI impose en effet une proportionnalité entre tension et intensité, donc une caractéristique rectiligne issue de l'origine. La courbe en pointillés, incurvée, ne peut pas correspondre à un conducteur ohmique.

b) On lit un point commode de la droite, par exemple U=6,0 VU=6{,}0\ \mathrm{V} et I=128 mAI=128\ \mathrm{mA}. Alors R=UI=6,00,128=47 ΩR=\dfrac{U}{I}=\dfrac{6{,}0}{0{,}128}=47\ \Omega. On peut vérifier sur un autre point : le rapport doit être identique, c'est justement ce qui caractérise un dipôle ohmique.

c) Sous 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V}, la lampe est traversée par environ 66 mA66\ \mathrm{mA}, donc R=2,00,066=30 ΩR=\dfrac{2{,}0}{0{,}066}=30\ \Omega. Sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}, l'intensité vaut environ 121 mA121\ \mathrm{mA}, donc R=6,00,121=50 ΩR=\dfrac{6{,}0}{0{,}121}=50\ \Omega.

d) La résistance AUGMENTE avec la tension, passant de 3030 à 50 Ω50\ \Omega. L'explication est thermique : sous une tension plus élevée, la puissance dissipée par effet Joule est plus grande, donc le filament s'échauffe et atteint plusieurs milliers de degrés. Or la résistivité des métaux croît avec la température, les vibrations du réseau cristallin gênant davantage le passage des électrons. La résistance mesurée à chaud est ainsi plusieurs fois celle mesurée à froid.

e) Non. Pour un dipôle non ohmique, la résistance n'est pas une constante du composant : elle dépend du point de fonctionnement. Il faut donc toujours préciser sous quelle tension, ou pour quelle intensité, la résistance a été déterminée. C'est exactement pourquoi on trace une caractéristique complète plutôt que de se contenter d'une mesure unique : pour un conducteur ohmique un seul point suffirait, pour une lampe il en faut toute une courbe.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Une descente avec frottements

Une luge et son passager, de masse totale m=60 kgm=60\ \mathrm{kg}, partent sans vitesse du sommet d'une piste et arrivent en bas avec une vitesse v=15 m/sv=15\ \mathrm{m/s}. Le dénivelé est h=25 mh=25\ \mathrm{m} et la longueur de la piste est L=100 mL=100\ \mathrm{m}.

On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez l'énergie potentielle de pesanteur perdue au cours de la descente.
  • b) Calculez l'énergie cinétique acquise en bas de la piste.
  • c) Déduisez-en l'énergie dissipée par les frottements et calculez le rendement énergétique de la descente.
  • d) En supposant la force de frottement constante le long de la piste, calculez sa valeur.
  • e) Quelle vitesse aurait-on atteinte sans aucun frottement ? Le résultat dépend-il de la forme de la piste ?

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d)
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Réponses

  • a) Epp=1,47×104E_{pp}=1{,}47\times 10^{4} J
  • b) Ec=6,75×103E_{c}=6{,}75\times 10^{3} J
  • c) 7,97×1037{,}97\times 10^{3} J dissipés ; rendement 45,945{,}9 %
  • d) f=79,7f=79{,}7 N
  • e) 22,122{,}1 m/s, quelle que soit la forme de la piste

a) ΔEpp=mgh=60×9,81×25=1,47×104 J\Delta E_{pp}=mgh=60\times 9{,}81\times 25=1{,}47\times 10^{4}\ \mathrm{J}, soit 14 715 J14\,715\ \mathrm{J} perdus en descendant.

b) Ec=12mv2=0,5×60×152=6,75×103 JE_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}=0{,}5\times 60\times 15^{2}=6{,}75\times 10^{3}\ \mathrm{J}.

c) L'énergie mécanique n'est pas conservée : la différence est partie en chaleur. Edissipeˊe=14 715−6 750=7,97×103 JE_{\mathrm{dissipée}}=14\,715-6\,750=7{,}97\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Le rendement vaut η=6 75014 715=0,459\eta=\dfrac{6\,750}{14\,715}=0{,}459, soit 45,945{,}9 pour cent : plus de la moitié de l'énergie disponible a été perdue en frottements.

d) La force de frottement est opposée au déplacement, donc son travail vaut −fL-fL. En identifiant à l'énergie dissipée : fL=7 965fL=7\,965, d'où f=7 965100=79,7 Nf=\dfrac{7\,965}{100}=79{,}7\ \mathrm{N}.

e) Sans frottement, toute l'énergie potentielle deviendrait cinétique : 12mv2=mgh\dfrac{1}{2}mv^{2}=mgh donne v=2gh=2×9,81×25=22,1 m/sv=\sqrt{2gh}=\sqrt{2\times 9{,}81\times 25}=22{,}1\ \mathrm{m/s}, contre 15 m/s15\ \mathrm{m/s} réellement observés. Ce résultat ne dépend PAS de la forme de la piste : le travail du poids ne dépend que du dénivelé, jamais du chemin suivi, ce qui est la définition même d'une force conservative. Une piste droite et une piste sinueuse de même dénivelé donneraient la même vitesse finale en l'absence de frottements. Avec frottements, en revanche, la longueur parcourue intervient, et c'est bien ce que montre la question d).

La figure du corrigé porte la vitesse le long de la pente dans les deux hypothèses, et l'écart entre les deux courbes EST l'énergie dissipée. Sans frottement, l'énergie mécanique se conserve et la vitesse suit v=2g hv=\sqrt{2g\,h}, soit 22,1 m/s22{,}1\ \mathrm{m/s} en bas des 25 m25\ \mathrm{m} de dénivelé. Avec les frottements, la luge n'atteint que 15,0 m/s15{,}0\ \mathrm{m/s}. La comparaison énergétique donne Epp=14 715 JE_{pp}=14\,715\ \mathrm{J} au départ contre Ec=6 750 JE_{c}=6\,750\ \mathrm{J} à l'arrivée, donc 7 965 J7\,965\ \mathrm{J} dissipés, soit 5454 pour cent de l'énergie initiale, et une force de frottement moyenne de 7 965100=79,7 N\dfrac{7\,965}{100}=79{,}7\ \mathrm{N}. Deux lectures fines méritent d'être signalées. Les deux courbes ont la forme d'une racine carrée et non d'une droite : la vitesse croît vite au début puis de plus en plus lentement, parce que c'est le carré de la vitesse, non la vitesse, qui croît proportionnellement à la distance. Et l'écart vertical entre les deux courbes s'ÉLARGIT tout du long, ce qui est logique puisque l'énergie dissipée s'accumule avec la distance parcourue, alors qu'un frottement qui n'agirait que sur les premiers mètres donnerait deux courbes parallèles.

1020304050607080901004812162024vitesse (m/s)sans frottement : 22,1 m/s en basavec frottement : 15,0 m/sdistance parcourue (m)

Exercice 7 : Le rendement d'un chauffe-eau

Un chauffe-eau électrique de puissance P=2400 WP=2400\ \mathrm{W} doit porter 150 L150\ \mathrm{L} d'eau de 15 ∘C15\ \mathrm{^{\circ}C} à 60 ∘C60\ \mathrm{^{\circ}C}.

On donne la capacité thermique massique de l'eau c=4185 J⋅kg−1⋅K−1c=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}} et sa masse volumique 1,0 kg/L1{,}0\ \mathrm{kg/L}.

  • a) Calculez l'énergie thermique nécessaire pour chauffer cette eau, en joules puis en kilowattheures.
  • b) Calculez la durée du chauffage en supposant le rendement parfait.
  • c) Le rendement réel est de 9090 pour cent. Calculez l'énergie électrique réellement consommée et la durée effective.
  • d) À 0,100{,}10 dollar le kilowattheure, calculez le coût réel d'un tel chauffage.
  • e) Où passent les 1010 pour cent perdus ? Un radiateur électrique a-t-il, lui aussi, un rendement inférieur à 100 pour cent ?

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b)
c)
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e)
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Réponses

  • a) Q=2,82×107Q=2{,}82\times 10^{7} J, soit 7,857{,}85 kWh
  • b) 3,273{,}27 h
  • c) 8,728{,}72 kWh ; 3,633{,}63 h
  • d) 0,870{,}87 dollar
  • e) Chaleur perdue hors de l'eau ; le radiateur est à 100100 %

a) La masse d'eau vaut m=150 kgm=150\ \mathrm{kg} et ΔT=60−15=45 K\Delta T=60-15=45\ \mathrm{K}. Alors Q=mcΔT=150×4185×45=2,82×107 JQ=mc\Delta T=150\times 4185\times 45=2{,}82\times 10^{7}\ \mathrm{J}. En kilowattheures : 2,82×1073,6×106=7,85 kWh\dfrac{2{,}82\times 10^{7}}{3{,}6\times 10^{6}}=7{,}85\ \mathrm{kWh}.

b) Avec un rendement parfait, Δt=QP=2,82×1072400=1,18×104 s\Delta t=\dfrac{Q}{P}=\dfrac{2{,}82\times 10^{7}}{2400}=1{,}18\times 10^{4}\ \mathrm{s}, soit 3,27 h3{,}27\ \mathrm{h}, environ trois heures et seize minutes.

c) L'énergie électrique consommée est E=Qη=2,82×1070,90=3,14×107 JE=\dfrac{Q}{\eta}=\dfrac{2{,}82\times 10^{7}}{0{,}90}=3{,}14\times 10^{7}\ \mathrm{J}, soit 8,72 kWh8{,}72\ \mathrm{kWh}. La durée devient Δt=3,14×1072400=1,31×104 s\Delta t=\dfrac{3{,}14\times 10^{7}}{2400}=1{,}31\times 10^{4}\ \mathrm{s}, soit 3,63 h3{,}63\ \mathrm{h}, environ trois heures et trente-huit minutes.

d) Coût =8,72×0,10=0,87=8{,}72\times 0{,}10=0{,}87 dollar par chauffe complète.

e) Les pertes partent en chaleur vers l'extérieur du ballon, à travers son isolation, et un peu dans les canalisations. Ce n'est donc pas de l'énergie détruite mais de la chaleur qui n'a pas servi à chauffer l'eau visée. Un radiateur électrique, lui, a un rendement de 100100 pour cent au sens strict : tout ce qu'il consomme finit en chaleur DANS la pièce, ce qui est précisément le but recherché. La différence entre les deux cas tient à la définition de l'énergie utile : pour le chauffe-eau, seule la chaleur communiquée à l'eau compte, alors que pour le radiateur, toute la chaleur émise compte. Le rendement n'est jamais une propriété de l'appareil seul, il dépend de ce que l'on considère comme utile.

Exercice 8 : Comparer deux carburants

L'énergie libérée par la combustion d'un carburant se mesure par son pouvoir calorifique massique. Celui de l'essence vaut 45 MJ/kg45\ \mathrm{MJ/kg} et celui de l'éthanol 27 MJ/kg27\ \mathrm{MJ/kg}.

Masses volumiques : essence 0,75 kg/L0{,}75\ \mathrm{kg/L}, éthanol 0,79 kg/L0{,}79\ \mathrm{kg/L}. Une voiture consomme 7,0 L7{,}0\ \mathrm{L} d'essence aux 100 km100\ \mathrm{km}.

  • a) Calculez la masse d'essence consommée aux 100 km100\ \mathrm{km}, puis l'énergie libérée par sa combustion.
  • b) Calculez le pouvoir calorifique de chaque carburant par litre, et non par kilogramme.
  • c) Quel volume d'éthanol faudrait-il pour libérer la même énergie que les 7,0 L7{,}0\ \mathrm{L} d'essence ?
  • d) Calculez le rapport des volumes et commentez pour un automobiliste.
  • e) L'éthanol est pourtant présenté comme une solution intéressante. Citez deux arguments qui ne sont pas énergétiques.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 5,255{,}25 kg ; 236236 MJ
  • b) 33,833{,}8 et 21,321{,}3 MJ/L
  • c) 11,111{,}1 L d'éthanol
  • d) Rapport 1,581{,}58
  • e) Carbone issu de la biomasse, ressource renouvelable

a) m=ρV=0,75×7,0=5,25 kgm=\rho V=0{,}75\times 7{,}0=5{,}25\ \mathrm{kg}. L'énergie libérée vaut E=5,25×45×106=2,36×108 JE=5{,}25\times 45\times 10^{6}=2{,}36\times 10^{8}\ \mathrm{J}, soit 236 MJ236\ \mathrm{MJ} pour 100 km100\ \mathrm{km}.

b) Pour l'essence, 45×0,75=33,75 MJ/L45\times 0{,}75=33{,}75\ \mathrm{MJ/L}. Pour l'éthanol, 27×0,79=21,3 MJ/L27\times 0{,}79=21{,}3\ \mathrm{MJ/L}. C'est cette grandeur, et non le pouvoir calorifique massique, qui intéresse l'automobiliste, puisqu'un réservoir se remplit en litres et non en kilogrammes.

c) V=236×10621,3×106=11,1 LV=\dfrac{236\times 10^{6}}{21{,}3\times 10^{6}}=11{,}1\ \mathrm{L}.

d) Le rapport vaut 11,17,0=1,58\dfrac{11{,}1}{7{,}0}=1{,}58. Il faut donc environ 5858 pour cent de volume en plus pour parcourir la même distance. Concrètement, un automobiliste passant à l'éthanol pur verrait sa consommation affichée grimper de 7,07{,}0 à 11,1 L11{,}1\ \mathrm{L} aux cent kilomètres, et son autonomie chuter d'autant à réservoir égal. Pour que le changement soit intéressant, il faut donc que le litre d'éthanol coûte au moins 1,581{,}58 fois moins cher.

e) Premièrement, l'éthanol est produit à partir de biomasse, donc le dioxyde de carbone libéré lors de sa combustion a été prélevé dans l'atmosphère par la plante quelques mois plus tôt, alors que celui de l'essence provient d'un carbone fossile stocké depuis des millions d'années : le bilan carbone n'est pas le même. Deuxièmement, c'est une ressource renouvelable et productible localement, ce qui réduit la dépendance aux importations. On peut ajouter que sa combustion émet moins de particules et de composés soufrés. Aucun de ces arguments n'est énergétique, et c'est précisément le point : un carburant ne se juge pas uniquement à son contenu énergétique.

La figure du corrigé porte l'énergie disponible en fonction du volume de carburant, pour les deux combustibles. Ce sont deux DROITES passant par l'origine, puisque l'énergie est proportionnelle au volume, et leurs pentes sont les énergies par litre : 33,8 MJ/L33{,}8\ \mathrm{MJ/L} pour l'essence contre 21,321{,}3 pour l'éthanol. Le rapport des pentes, 1,581{,}58, est le seul chiffre à retenir : il faut 5858 pour cent de volume en plus d'éthanol pour disposer de la même énergie. La lecture graphique le confirme, les 7 L7\ \mathrm{L} d'essence de l'énoncé, soit 236 MJ236\ \mathrm{MJ}, exigent 11,1 L11{,}1\ \mathrm{L} d'éthanol. Il faut cependant se garder d'en conclure que l'éthanol est un mauvais carburant, et c'est l'occasion de séparer deux notions. Le pouvoir calorifique par unité de MASSE de l'éthanol, 27 MJ/kg27\ \mathrm{MJ/kg}, est inférieur à celui de l'essence, 45 MJ/kg45\ \mathrm{MJ/kg}, parce que sa molécule contient déjà un atome d'oxygène, donc une partie du carbone est déjà oxydée et ne peut plus fournir d'énergie. Mais l'éthanol est plus DENSE, 0,790{,}79 contre 0,750{,}75, ce qui rattrape légèrement l'écart par litre. Et son indice d'octane est plus élevé, ce qui autorise un taux de compression supérieur et donc un meilleur rendement du moteur : la consommation réelle augmente en pratique d'environ trente pour cent et non de cinquante-huit.

246810121460120180240300360420480énergie disponible (MJ)essence : 33,8 MJ/L (trait plein)éthanol : 21,3 MJ/L (pointillés)7 L d'essence= 11,1 L d'éthanolvolume (L)

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Une force qui s'exerce sur un système en mouvement travaille nécessairement. »
  • b) « À vitesse double, la distance de freinage double. »
  • c) « La résistance d'une lampe est une constante, comme celle de tout dipôle. »
  • d) « Un chauffe-eau de rendement 90 pour cent détruit 10 pour cent de l'énergie qu'il consomme. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Une force perpendiculaire ne travaille pas
  • b) La distance quadruple
  • c) Résistance constante pour un conducteur ohmique seulement
  • d) Les 1010 % sont transférés, pas détruits

a) Faux. Le travail vaut W=Fdcos⁡αW=Fd\cos\alpha, et il est nul dès que la force est perpendiculaire au déplacement, quelle que soit son intensité. L'exercice 1 le montre avec le poids lors d'un déplacement horizontal : la caisse pèse 40 kg40\ \mathrm{kg} et pourtant le poids ne travaille pas du tout. C'est également le cas de la force magnétique sur une charge, et de la tension du fil d'un pendule. Une force peut donc agir en permanence sans transférer la moindre énergie.

b) Faux, elle QUADRUPLE. La distance de freinage est proportionnelle à l'énergie cinétique à dissiper, donc au carré de la vitesse. L'exercice 2 le chiffre : 19,3 m19{,}3\ \mathrm{m} à 50 km/h50\ \mathrm{km/h} contre 77,2 m77{,}2\ \mathrm{m} à 100 km/h100\ \mathrm{km/h}, soit exactement quatre fois plus. Croire que la distance double conduit à sous-estimer de près de 40 m40\ \mathrm{m} la distance nécessaire, ce qui est précisément la marge dans laquelle se produit l'accident.

c) Faux, et c'est vrai seulement pour les conducteurs OHMIQUES. Une lampe à incandescence n'en est pas un : sa caractéristique est incurvée, et l'exercice 5 montre que sa résistance passe d'environ 30 Ω30\ \Omega sous 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V} à environ 50 Ω50\ \Omega sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}. La cause est thermique : le filament chauffe, et la résistivité des métaux croît avec la température. Pour un dipôle non ohmique, on ne peut donc jamais parler de la résistance sans préciser le point de fonctionnement.

d) Faux, et cette formulation viole la conservation de l'énergie. Rien n'est détruit : les 1010 pour cent manquants sont partis en chaleur vers l'extérieur du ballon, à travers son isolation, au lieu de chauffer l'eau visée. L'énergie a changé de destination, pas disparu. Le rendement ne mesure d'ailleurs pas une destruction mais une PROPORTION D'ÉNERGIE UTILE, et l'exercice 7 montre que cette notion dépend de ce qu'on décide d'appeler utile : le même transfert vers la pièce est une perte pour un chauffe-eau et exactement le but recherché pour un radiateur.

Exercice 10 : Une voiture électrique

Une voiture électrique embarque une batterie de capacité 60 kWh60\ \mathrm{kWh} et consomme en moyenne 18 kWh18\ \mathrm{kWh} aux 100 km100\ \mathrm{km}.

On rappelle qu'un kilowattheure vaut 3,6×106 J3{,}6\times 10^{6}\ \mathrm{J}.

  • a) Calculez l'autonomie théorique du véhicule.
  • b) Convertissez la capacité de la batterie en joules, puis en mégajoules.
  • c) Calculez la durée d'une charge complète sur une borne domestique de 7,4 kW7{,}4\ \mathrm{kW}.
  • d) Une borne rapide délivre 150 kW150\ \mathrm{kW}. Calculez le temps nécessaire pour recharger 8080 pour cent de la batterie.
  • e) Une voiture à essence consomme 236 MJ236\ \mathrm{MJ} aux 100 km100\ \mathrm{km}, comme calculé à l'exercice 8. Comparez à la consommation électrique et expliquez l'écart.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 333333 km
  • b) 2,16×1082{,}16\times 10^{8} J, soit 216216 MJ
  • c) 8,18{,}1 h
  • d) 1919 min pour 4848 kWh
  • e) 64,864{,}8 contre 236236 MJ : rendement du moteur

a) L'autonomie vaut 6018×100=333 km\dfrac{60}{18}\times 100=333\ \mathrm{km}.

b) 60 kWh=60×3,6×106=2,16×108 J60\ \mathrm{kWh}=60\times 3{,}6\times 10^{6}=2{,}16\times 10^{8}\ \mathrm{J}, soit 216 MJ216\ \mathrm{MJ}.

c) Δt=607,4=8,1 h\Delta t=\dfrac{60}{7{,}4}=8{,}1\ \mathrm{h}, soit environ huit heures et six minutes. C'est compatible avec une charge de nuit, ce qui est précisément l'usage visé pour ce type de borne.

d) Il faut recharger 0,80×60=48 kWh0{,}80\times 60=48\ \mathrm{kWh}, donc Δt=48150=0,32 h\Delta t=\dfrac{48}{150}=0{,}32\ \mathrm{h}, soit 19 min19\ \mathrm{min}. On ne recharge que 8080 pour cent parce que la puissance de charge doit être fortement réduite au-delà pour préserver la batterie.

e) La voiture électrique consomme 18 kWh18\ \mathrm{kWh}, soit 64,8 MJ64{,}8\ \mathrm{MJ} aux 100 km100\ \mathrm{km}, contre 236 MJ236\ \mathrm{MJ} pour la voiture à essence : environ 3,63{,}6 fois moins. L'écart ne vient pas d'une magie mais du RENDEMENT de la conversion. Un moteur thermique transforme en mouvement environ 3030 pour cent de l'énergie de combustion, le reste partant en chaleur par l'échappement et le radiateur, alors qu'un moteur électrique atteint plus de 9090 pour cent. Il faut toutefois préciser que ce bilan compte l'énergie à l'entrée du véhicule : pour être complet, il faudrait aussi tenir compte du rendement de production de l'électricité, qui dépend entièrement du mix énergétique du pays.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Une pile réelle : tension à vide et résistance interne

Une pile se modélise par une source idéale de tension EE en série avec une résistance interne rr : la tension à ses bornes, quand elle débite un courant II, vaut U=E−rIU=E-rI.

Pour une pile plate : E=4,50 VE=4{,}50\ \mathrm{V} et r=1,50 Ωr=1{,}50\ \Omega. Sa capacité, indiquée par le fabricant, vaut 1,2 A⋅h1{,}2\ \mathrm{A\cdot h}.

  • a) Calculez la tension aux bornes de la pile quand elle ne débite aucun courant, puis quand elle débite I=0,300 AI=0{,}300\ \mathrm{A}.
  • b) Calculez l'intensité de court-circuit, quand les bornes sont reliées par un fil de résistance négligeable. Quelle puissance est alors dissipée dans la pile ?
  • c) On branche la pile sur un conducteur ohmique de résistance R=13,5 ΩR=13{,}5\ \Omega. Montrez que I=ER+rI=\dfrac{E}{R+r} et calculez II et UU.
  • d) Faites le bilan de puissance : puissance fournie par la source idéale, puissance reçue par RR, puissance dissipée dans la pile. Calculez le rendement.
  • e) Combien de temps la pile peut-elle alimenter ce conducteur ohmique ? Quelle énergie lui fournit-elle ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 4,504{,}50 V à vide ; 4,054{,}05 V sous 0,3000{,}300 A
  • b) Icc=3,00I_{cc}=3{,}00 A ; 13,513{,}5 W dans la pile
  • c) I=0,300I=0{,}300 A ; U=4,05U=4{,}05 V
  • d) 1,35=1,215+0,1351{,}35=1{,}215+0{,}135 W ; rendement 90,090{,}0 %
  • e) 4,04{,}0 h ; 17,517{,}5 kJ

a) À vide, I=0I=0 donc U=E=4,50 VU=E=4{,}50\ \mathrm{V} : un voltmètre, qui ne prélève presque aucun courant, mesure EE. Pour I=0,300 AI=0{,}300\ \mathrm{A} : U=4,50−1,50×0,300=4,05 VU=4{,}50-1{,}50\times 0{,}300=4{,}05\ \mathrm{V}. La tension aux bornes baisse dès que la pile débite.

b) En court-circuit, U=0U=0 donc E=rIccE=rI_{cc} et Icc=4,501,50=3,00 AI_{cc}=\dfrac{4{,}50}{1{,}50}=3{,}00\ \mathrm{A}. Toute la puissance est alors dissipée dans la pile : rIcc2=1,50×3,002=13,5 WrI_{cc}^{2}=1{,}50\times 3{,}00^{2}=13{,}5\ \mathrm{W}, qui la font chauffer dangereusement et la vident en quelques minutes.

c) La tension aux bornes de la pile est aussi celle du conducteur ohmique : E−rI=RIE-rI=RI, d'où I=ER+r=4,5015,0=0,300 AI=\dfrac{E}{R+r}=\dfrac{4{,}50}{15{,}0}=0{,}300\ \mathrm{A} et U=RI=13,5×0,300=4,05 VU=RI=13{,}5\times 0{,}300=4{,}05\ \mathrm{V}, cohérent avec a).

d) Puissance fournie par la source idéale : EI=4,50×0,300=1,35 WEI=4{,}50\times 0{,}300=1{,}35\ \mathrm{W}. Puissance reçue par RR : UI=4,05×0,300=1,215 WUI=4{,}05\times 0{,}300=1{,}215\ \mathrm{W}. Puissance dissipée dans la pile : rI2=1,50×0,3002=0,135 WrI^{2}=1{,}50\times 0{,}300^{2}=0{,}135\ \mathrm{W}. On vérifie 1,215+0,135=1,351{,}215+0{,}135=1{,}35 ✓. Le rendement vaut 1,2151,35=0,900\dfrac{1{,}215}{1{,}35}=0{,}900, soit 90,0 %90{,}0\ \%.

e) La capacité de 1,2 A⋅h1{,}2\ \mathrm{A\cdot h} à 0,300 A0{,}300\ \mathrm{A} donne 1,20,300=4,0 h\dfrac{1{,}2}{0{,}300}=4{,}0\ \mathrm{h}, soit 14 400 s14\,400\ \mathrm{s}. L'énergie reçue par le conducteur vaut 1,215×14 400=1,75×104 J1{,}215\times 14\,400=1{,}75\times 10^{4}\ \mathrm{J}, environ 17,5 kJ17{,}5\ \mathrm{kJ} : c'est très peu, une pile est une réserve d'énergie chère et modeste.

Une source réelle perd une partie de sa puissance dans sa propre résistance interne : la tension disponible diminue quand le courant augmente. Le bilan EI=UI+rI2EI=UI+rI^{2} est la conservation de l'énergie écrite en puissances.

Exercice 12 : Le travail du poids ne dépend pas du chemin

Un cycliste et son vélo, de masse totale m=80 kgm=80\ \mathrm{kg}, montent un col : le pied est à l'altitude 650 m650\ \mathrm{m}, le sommet à 1 750 m1\,750\ \mathrm{m}, et la route mesure 18 km18\ \mathrm{km}. La montée dure 1 h 30 min1\ \mathrm{h}\ 30\ \mathrm{min}.

Données : g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}} ; le rendement des muscles vaut 25 %25\ \% ; 1 kcal=4,18 kJ1\ \mathrm{kcal}=4{,}18\ \mathrm{kJ}.

  • a) Calculez le travail du poids pendant la montée. Est-il moteur ou résistant ?
  • b) Un téléphérique relie les mêmes points par un câble de 3 km3\ \mathrm{km}. Le travail du poids d'un passager de même masse est-il différent ? Justifiez.
  • c) Calculez la puissance moyenne que le cycliste doit fournir, au minimum, rien que pour s'élever.
  • d) Calculez l'énergie dépensée par son organisme pour cette seule élévation, en joules puis en kilocalories.
  • e) Dans la descente, quelle vitesse atteindrait-il en bas sans aucun frottement ? Il arrive en réalité à 15 m/s15\ \mathrm{m/s}. Quelle part de l'énergie a été dissipée ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) W=−8,63×105W=-8{,}63\times 10^{5} J, résistant
  • b) Le même : seul le dénivelé compte
  • c) 160160 W au minimum
  • d) 3,45×1063{,}45\times 10^{6} J, soit 826826 kcal
  • e) 147147 m/s sans frottement ; 9999 % dissipés

a) Le déplacement est dirigé globalement vers le haut, le poids vers le bas : W=−mg (zsommet−zpied)=−80×9,81×1 100=−8,63×105 JW=-mg\,(z_{\mathrm{sommet}}-z_{\mathrm{pied}})=-80\times 9{,}81\times 1\,100=-8{,}63\times 10^{5}\ \mathrm{J}. Le travail est RÉSISTANT. La longueur de la route n'intervient pas : seul compte le dénivelé.

b) Non : il vaut aussi −8,63×105 J-8{,}63\times 10^{5}\ \mathrm{J}. Le travail du poids ne dépend que de la différence d'altitude entre le départ et l'arrivée, jamais du chemin suivi ; c'est ce qui fait du poids une force CONSERVATIVE, et c'est pourquoi on peut lui associer une énergie potentielle.

c) La montée dure 5 400 s5\,400\ \mathrm{s} : P=8,63×1055 400=160 WP=\dfrac{8{,}63\times 10^{5}}{5\,400}=160\ \mathrm{W}. C'est un minimum : il faut y ajouter la puissance perdue contre les frottements de l'air et du sol.

d) Avec un rendement de 25 %25\ \%, l'organisme dépense 8,63×1050,25=3,45×106 J\dfrac{8{,}63\times 10^{5}}{0{,}25}=3{,}45\times 10^{6}\ \mathrm{J}, soit 3,45×1034,18=826 kcal\dfrac{3{,}45\times 10^{3}}{4{,}18}=826\ \mathrm{kcal}. Les trois quarts partent en chaleur, d'où la transpiration.

e) Sans frottement, 12mv2=mgh\dfrac{1}{2}mv^{2}=mgh donne v=2×9,81×1 100=147 m/sv=\sqrt{2\times 9{,}81\times 1\,100}=147\ \mathrm{m/s}, soit 529 km/h529\ \mathrm{km/h}, une valeur absurde. À 15 m/s15\ \mathrm{m/s}, l'énergie cinétique finale ne vaut que 12×80×152=9,0×103 J\dfrac{1}{2}\times 80\times 15^{2}=9{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{J} : les frottements de l'air et les freins ont dissipé 8,63×105−9,0×103=8,54×105 J8{,}63\times 10^{5}-9{,}0\times 10^{3}=8{,}54\times 10^{5}\ \mathrm{J}, soit 99 %99\ \% de l'énergie potentielle, transformée en chaleur dans l'air et dans les patins.

Le travail du poids se calcule avec le seul dénivelé, W=mg (zdeˊpart−zarriveˊe)W=mg\,(z_{\mathrm{départ}}-z_{\mathrm{arrivée}}), quel que soit le trajet. Les frottements, eux, dépendent du chemin : ce sont eux qui rendent la conservation de l'énergie mécanique fausse dans la plupart des situations réelles.

Exercice 13 : Bilan de puissance d'un moteur électrique

Un petit treuil électrique, alimenté sous U=12,0 VU=12{,}0\ \mathrm{V}, est traversé par un courant I=2,50 AI=2{,}50\ \mathrm{A}. Il soulève une charge de masse m=2,00 kgm=2{,}00\ \mathrm{kg} à la vitesse constante v=1,20 m/sv=1{,}20\ \mathrm{m/s}. La résistance de ses bobinages vaut r=0,80 Ωr=0{,}80\ \Omega.

On prendra g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez la puissance électrique reçue par le moteur.
  • b) Justifiez que la force exercée par le câble sur la charge vaut mgmg, puis calculez la puissance mécanique utile.
  • c) Calculez le rendement du moteur.
  • d) Calculez la puissance perdue, puis la part due à l'effet Joule dans les bobinages. D'où vient le reste ?
  • e) La charge monte de 3,00 m3{,}00\ \mathrm{m}. Calculez la durée de la montée, l'énergie électrique consommée et l'énergie potentielle gagnée par la charge.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Pe=30,0P_{e}=30{,}0 W
  • b) F=mgF=mg ; Pu=23,5P_{u}=23{,}5 W
  • c) η=78,5\eta=78{,}5 %
  • d) 6,56{,}5 W perdus : 5,05{,}0 W par effet Joule, 1,51{,}5 W de frottements
  • e) 2,502{,}50 s ; 75,075{,}0 J consommés, 58,958{,}9 J gagnés

a) Pe=UI=12,0×2,50=30,0 WP_{e}=UI=12{,}0\times 2{,}50=30{,}0\ \mathrm{W}.

b) La charge monte à vitesse constante en ligne droite : d'après le principe d'inertie, les forces qu'elle subit se compensent, et la force du câble compense exactement le poids, F=mg=19,6 NF=mg=19{,}6\ \mathrm{N}. La puissance d'une force parallèle au déplacement vaut FvFv : Pu=mgv=2,00×9,81×1,20=23,5 WP_{u}=mgv=2{,}00\times 9{,}81\times 1{,}20=23{,}5\ \mathrm{W}.

c) η=23,530,0=0,785\eta=\dfrac{23{,}5}{30{,}0}=0{,}785, soit 78,5 %78{,}5\ \%.

d) Puissance perdue : 30,0−23,5=6,5 W30{,}0-23{,}5=6{,}5\ \mathrm{W}. Effet Joule : rI2=0,80×2,502=5,0 WrI^{2}=0{,}80\times 2{,}50^{2}=5{,}0\ \mathrm{W}. Le reste, environ 1,5 W1{,}5\ \mathrm{W}, est perdu en frottements mécaniques dans le moteur et le treuil. Toutes ces pertes finissent en chaleur.

e) Durée : 3,001,20=2,50 s\dfrac{3{,}00}{1{,}20}=2{,}50\ \mathrm{s}. Énergie électrique : 30,0×2,50=75,0 J30{,}0\times 2{,}50=75{,}0\ \mathrm{J}. Énergie potentielle gagnée : mgh=2,00×9,81×3,00=58,9 Jmgh=2{,}00\times 9{,}81\times 3{,}00=58{,}9\ \mathrm{J}, qui est bien Pu×2,50 sP_{u}\times 2{,}50\ \mathrm{s} ✓. Le rapport 58,975,0\dfrac{58{,}9}{75{,}0} redonne le rendement.

Un convertisseur se décrit par une chaîne : puissance reçue, puissance utile, puissance perdue, avec Prec\cue=Putile+PperdueP_{\mathrm{reçue}}=P_{\mathrm{utile}}+P_{\mathrm{perdue}}. Le rendement se calcule indifféremment avec des puissances ou avec des énergies sur la même durée.

Exercice 14 : Problème : une trottinette électrique en côte

Une trottinette électrique, avec son conducteur, a une masse de 90 kg90\ \mathrm{kg}. Sa batterie délivre 36,0 V36{,}0\ \mathrm{V} et a une capacité de 10,0 A⋅h10{,}0\ \mathrm{A\cdot h}. L'ensemble moteur et électronique a un rendement de 80 %80\ \%.

Elle monte une côte à la vitesse constante de 5,0 m/s5{,}0\ \mathrm{m/s} : la route s'élève de 6,0 m6{,}0\ \mathrm{m} tous les 100 m100\ \mathrm{m} parcourus. Les frottements de l'air et du sol valent au total 25 N25\ \mathrm{N}. On prendra g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez l'énergie stockée dans la batterie, en wattheures puis en joules.
  • b) Chaque mètre parcouru élève l'ensemble de 0,060 m0{,}060\ \mathrm{m}. Montrez que la puissance nécessaire pour vaincre le poids vaut mg×0,060×vmg\times 0{,}060\times v, puis calculez la puissance mécanique totale à fournir.
  • c) Calculez la puissance électrique prélevée sur la batterie et l'intensité du courant débité.
  • d) Calculez la durée de fonctionnement et la distance parcourue si toute la batterie est utilisée en montée.
  • e) Même calcul de distance sur le plat, à la même vitesse. Commentez, puis dites ce qu'un freinage récupératif peut apporter dans la descente.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 360360 Wh, soit 1,30×1061{,}30\times 10^{6} J
  • b) 265+125=390265+125=390 W
  • c) 487487 W ; 13,513{,}5 A
  • d) 4444 min et 13,313{,}3 km
  • e) 41,541{,}5 km sur le plat ; récupération dans la descente

a) E=36,0×10,0=360 W⋅hE=36{,}0\times 10{,}0=360\ \mathrm{W\cdot h}, soit 360×3 600=1,30×106 J360\times 3\,600=1{,}30\times 10^{6}\ \mathrm{J}. Multiplier une tension par une capacité en ampères-heures donne directement des wattheures.

b) En une seconde, la trottinette parcourt 5,0 m5{,}0\ \mathrm{m} et s'élève de 0,30 m0{,}30\ \mathrm{m} : le travail du poids est −mg×0,30-mg\times 0{,}30 par seconde, d'où une puissance à fournir mg×0,060×v=90×9,81×0,060×5,0=265 Wmg\times 0{,}060\times v=90\times 9{,}81\times 0{,}060\times 5{,}0=265\ \mathrm{W}. Contre les frottements : 25×5,0=125 W25\times 5{,}0=125\ \mathrm{W}. Total : 390 W390\ \mathrm{W}.

c) Pe=3900,80=487 WP_{e}=\dfrac{390}{0{,}80}=487\ \mathrm{W} et I=48736,0=13,5 AI=\dfrac{487}{36{,}0}=13{,}5\ \mathrm{A}. On divise par le rendement : la batterie doit fournir plus que ce que la route reçoit.

d) Δt=1,30×106487=2,66×103 s\Delta t=\dfrac{1{,}30\times 10^{6}}{487}=2{,}66\times 10^{3}\ \mathrm{s}, environ 44 min44\ \mathrm{min}, et la distance vaut 5,0×2 660=1,33×104 m5{,}0\times 2\,660=1{,}33\times 10^{4}\ \mathrm{m}, soit 13,3 km13{,}3\ \mathrm{km} de montée continue.

e) Sur le plat, seuls les frottements comptent : 125 W125\ \mathrm{W} mécaniques, 156 W156\ \mathrm{W} électriques, 1,30×106156=8,29×103 s\dfrac{1{,}30\times 10^{6}}{156}=8{,}29\times 10^{3}\ \mathrm{s} et 41,5 km41{,}5\ \mathrm{km}. La côte divise l'autonomie par plus de trois : l'essentiel de l'énergie sert à monter le poids. Dans la descente, le poids devient moteur : un freinage récupératif fait fonctionner le moteur en générateur et recharge la batterie avec une partie de l'énergie potentielle, au lieu de la dissiper en chaleur dans les freins.

En côte, l'énergie potentielle gagnée domine vite le budget : la puissance contre le poids vaut mgmg multiplié par la vitesse VERTICALE. Chaque étage de la chaîne se traite ensuite par un rendement, en divisant quand on remonte vers la source.

Exercice 15 : Problème : un choc à 50 km/h, avec ou sans ceinture

Une voiture roulant à 50 km/h50\ \mathrm{km/h} percute un mur. Un passager de masse m=70 kgm=70\ \mathrm{kg}, attaché par sa ceinture, s'arrête sur une distance de 0,60 m0{,}60\ \mathrm{m} grâce à l'écrasement de l'avant du véhicule et à l'allongement de la ceinture. Sans ceinture, il continue à 50 km/h50\ \mathrm{km/h} jusqu'à heurter le tableau de bord, qui l'arrête sur 5,0 cm5{,}0\ \mathrm{cm}.

On prendra g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}} et l'on supposera la force d'arrêt constante.

  • a) Calculez l'énergie cinétique du passager juste avant le choc.
  • b) De quelle hauteur faudrait-il tomber pour arriver au sol avec la même vitesse ?
  • c) Avec la ceinture, calculez la force moyenne exercée sur le passager par le théorème de l'énergie cinétique. Comparez-la à son poids.
  • d) Même calcul sans ceinture. Par combien la force est-elle multipliée ?
  • e) Que devient la force avec ceinture si le choc a lieu à 100 km/h100\ \mathrm{km/h} ? Pourquoi un coussin gonflable de sécurité réduit-il la force subie ?

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a)
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d)
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Réponses

  • a) Ec=6,75×103E_{c}=6{,}75\times 10^{3} J
  • b) h=9,8h=9{,}8 m
  • c) 1,1×1041{,}1\times 10^{4} N, 1616 fois le poids
  • d) 1,35×1051{,}35\times 10^{5} N, 1212 fois plus
  • e) 4,5×1044{,}5\times 10^{4} N ; le coussin allonge la distance d'arrêt

a) v=503,6=13,9 m/sv=\dfrac{50}{3{,}6}=13{,}9\ \mathrm{m/s} et Ec=12×70×13,92=6,75×103 JE_{c}=\dfrac{1}{2}\times 70\times 13{,}9^{2}=6{,}75\times 10^{3}\ \mathrm{J}.

b) En chute libre, mgh=12mv2mgh=\dfrac{1}{2}mv^{2} donne h=v22g=13,922×9,81=9,8 mh=\dfrac{v^{2}}{2g}=\dfrac{13{,}9^{2}}{2\times 9{,}81}=9{,}8\ \mathrm{m} : c'est une chute du troisième étage d'un immeuble.

c) Toute l'énergie cinétique est retirée par le travail résistant de la force d'arrêt : 0−Ec=−Fd0-E_{c}=-Fd, donc F=6,75×1030,60=1,1×104 NF=\dfrac{6{,}75\times 10^{3}}{0{,}60}=1{,}1\times 10^{4}\ \mathrm{N}. Le poids vaut 70×9,81=687 N70\times 9{,}81=687\ \mathrm{N} : la force atteint 1616 fois le poids, supportable par la ceinture, le bassin et le thorax.

d) F=6,75×1030,050=1,35×105 NF=\dfrac{6{,}75\times 10^{3}}{0{,}050}=1{,}35\times 10^{5}\ \mathrm{N}, soit près de 200200 fois le poids. La force est multipliée par 0,600,050=12\dfrac{0{,}60}{0{,}050}=12 : la même énergie est dissipée sur une distance douze fois plus courte. À ce niveau, les blessures sont souvent mortelles.

e) L'énergie cinétique varie comme le carré de la vitesse : elle est multipliée par 44, et la force avec ceinture aussi, 4,5×104 N4{,}5\times 10^{4}\ \mathrm{N} sur la même distance. Un coussin gonflable ne supprime pas l'énergie à dissiper, mais il ALLONGE la distance d'arrêt de la tête et du thorax et répartit la force sur une grande surface : pour un même travail FdFd, une distance plus grande donne une force plus petite.

Le théorème de l'énergie cinétique relie la force d'arrêt à la distance d'arrêt : F=EcdF=\dfrac{E_{c}}{d}. Toute la sécurité passive, zones déformables, ceintures et coussins gonflables, consiste à augmenter dd, faute de pouvoir diminuer EcE_{c} au moment du choc.

Partie D : complément du programme (/10)

Exercice 16 : Le courant, un débit de charges : du câble à l'éclair

L'intensité II d'un courant continu est le DÉBIT de charges électriques à travers une section du conducteur : si une charge QQ traverse cette section pendant la durée Δt\Delta t, alors I=QΔtI=\dfrac{Q}{\Delta t}, avec QQ en coulombs, Δt\Delta t en secondes et II en ampères.

Données : charge élémentaire e=1,602×10−19 Ce=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C} ; dans le cuivre, on compte n=8,5×1028n=8{,}5\times 10^{28} électrons libres par mètre cube.

  • a) Un câble de recharge est parcouru par un courant d'intensité I=2,0 AI=2{,}0\ \mathrm{A}. Calculez la charge qui traverse une section du câble en 1,01{,}0 minute, puis le nombre d'électrons correspondant.
  • b) Dans les fils métalliques, les porteurs de charge sont des électrons libres. Dans quel sens se déplacent-ils dans le circuit extérieur au générateur, par rapport au sens conventionnel du courant ?
  • c) On fait passer le même courant dans de l'eau salée, entre deux plaques. Qui sont les porteurs de charge ? Dans quel sens se déplacent les ions chlorure Cl−\mathrm{Cl^{-}} par rapport au courant ?
  • d) Un éclair d'orage transporte une charge de 15 C15\ \mathrm{C} en 0,50 ms0{,}50\ \mathrm{ms}. Calculez l'intensité moyenne du courant, en kiloampères. Combien de temps le câble de la question a) mettrait-il à faire passer la même charge ?
  • e) Le câble de la question a) est un fil de cuivre de section S=1,0 mm2S=1{,}0\ \mathrm{mm^{2}}. Les électrons y avancent tous à la même vitesse moyenne vv. En comptant ceux qui traversent la section pendant Δt\Delta t, montrez que I=n e S vI=n\,e\,S\,v, puis calculez vv en mm/s\mathrm{mm/s}. Combien de temps, en heures, un électron met-il pour avancer d'un mètre ? Pourquoi la lampe s'allume-t-elle pourtant dès qu'on ferme l'interrupteur ?

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Réponses

  • a) Q=I Δt=120 CQ=I\,\Delta t=120\ \mathrm{C} ; N=Qe=7,5×1020N=\dfrac{Q}{e}=7{,}5\times 10^{20} électrons
  • b) De la borne −- vers la borne ++ à l'extérieur du générateur, en sens inverse du courant
  • c) Les ions Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl−\mathrm{Cl^{-}} ; les ions chlorure vont en sens inverse du courant
  • d) I=3,0×104 A=30 kAI=3{,}0\times 10^{4}\ \mathrm{A}=30\ \mathrm{kA} ; le câble fait passer 15 C15\ \mathrm{C} en 7,5 s7{,}5\ \mathrm{s}
  • e) I=neSvI=neSv, v=1,5×10−4 m/s=0,15 mm/sv=1{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{m/s}=0{,}15\ \mathrm{mm/s} ; environ 1,91{,}9 h pour un mètre ; tous les électrons du circuit se mettent en mouvement ensemble

a) Par définition du débit, Q=I ΔtQ=I\,\Delta t, avec la durée en SECONDES : Q=2,0×60=1,2×102 CQ=2{,}0\times 60=1{,}2\times 10^{2}\ \mathrm{C}. Chaque électron porte la charge ee en valeur absolue, donc N=Qe=1201,602×10−19=7,5×1020N=\dfrac{Q}{e}=\dfrac{120}{1{,}602\times 10^{-19}}=7{,}5\times 10^{20} électrons en une minute. Garder la minute comme unité donnerait 2,0 C2{,}0\ \mathrm{C}, soixante fois trop peu : l'ampère est un coulomb PAR SECONDE.

b) Le sens conventionnel du courant va de la borne ++ vers la borne −- à l'extérieur du générateur. Les électrons, de charge négative, se déplacent en sens INVERSE : de la borne −- vers la borne ++ dans le circuit extérieur. Le sens conventionnel a été fixé au XIXe siècle, avant la découverte de l'électron ; on l'a gardé, et il décrit le déplacement qu'aurait une charge POSITIVE.

c) L'eau salée ne contient pas d'électrons libres : les porteurs de charge sont les IONS, sodium Na+\mathrm{Na^{+}} et chlorure Cl−\mathrm{Cl^{-}}. Les cations se déplacent dans le sens du courant, vers la plaque reliée à la borne −- ; les ions chlorure, négatifs, se déplacent en sens INVERSE du courant, vers la plaque reliée à la borne ++. Les deux mouvements contribuent au même courant : une charge positive qui avance dans un sens équivaut, pour le débit, à une charge négative qui recule.

d) I=QΔt=150,50×10−3=3,0×104 AI=\dfrac{Q}{\Delta t}=\dfrac{15}{0{,}50\times 10^{-3}}=3{,}0\times 10^{4}\ \mathrm{A}, soit 30 kA30\ \mathrm{kA}, quinze mille fois le courant du câble. Pourtant la charge transportée est modeste : le câble la fait passer en Δt=QI=152,0=7,5 s\Delta t=\dfrac{Q}{I}=\dfrac{15}{2{,}0}=7{,}5\ \mathrm{s}. Ce qui rend l'éclair redoutable n'est pas la QUANTITÉ de charge, c'est le DÉBIT : la même charge passe quinze mille fois plus vite.

e) Pendant Δt\Delta t, les électrons qui traversent la section SS sont ceux qui s'en trouvaient à moins de v Δtv\,\Delta t : ils occupent un cylindre de volume S v ΔtS\,v\,\Delta t et sont au nombre de n S v Δtn\,S\,v\,\Delta t. La charge qui passe vaut donc Q=n e S v ΔtQ=n\,e\,S\,v\,\Delta t, et I=QΔt=n e S vI=\dfrac{Q}{\Delta t}=n\,e\,S\,v. D'où v=In e S=2,08,5×1028×1,602×10−19×1,0×10−6=1,5×10−4 m/sv=\dfrac{I}{n\,e\,S}=\dfrac{2{,}0}{8{,}5\times 10^{28}\times 1{,}602\times 10^{-19}\times 1{,}0\times 10^{-6}}=1{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{m/s}, soit 0,15 mm/s0{,}15\ \mathrm{mm/s}, la section devant être convertie en m2\mathrm{m^{2}}. Pour avancer d'un mètre, un électron met 11,47×10−4≈6,8×103 s\dfrac{1}{1{,}47\times 10^{-4}}\approx 6{,}8\times 10^{3}\ \mathrm{s}, près de deux heures. La lampe s'allume pourtant aussitôt parce que le fil est DÉJÀ plein d'électrons libres : à la fermeture, ils se mettent en mouvement tous ensemble, dans tout le circuit, comme l'eau d'un tuyau déjà plein sort au robinet dès qu'on l'ouvre. Ce qui se propage vite, c'est la mise en mouvement, pas les électrons eux-mêmes.

À retenir : une intensité est un DÉBIT de charges, I=QΔtI=\dfrac{Q}{\Delta t}, avec Δt\Delta t en secondes. Un courant intense peut transporter peu de charge, et un courant ordinaire est fait d'électrons qui avancent à peine.

Isens du courantélectronsSlongueur v Δt
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Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1spc-energie. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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