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Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : aspects énergétiques mécaniques et électriques (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les aspects énergétiques des phénomènes mécaniques et électriques, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le résultat le plus utile de la série est celui de l'exercice 2 : la distance de freinage est proportionnelle au CARRÉ de la vitesse, donc elle quadruple quand la vitesse double. Elle passe de 19 mètres à 77 mètres entre 50 et 100 kilomètres par heure, et croire qu'elle ne fait que doubler revient à se tromper de près de 40 mètres.

L'exercice 7 vaut aussi la peine : il montre que le rendement n'est jamais une propriété de l'appareil seul. Le même transfert de chaleur vers la pièce est une perte pour un chauffe-eau et exactement le but recherché pour un radiateur.

Rappel de cours

  • Travail d'une force constante : W=FdcosαW=F\,d\cos\alpha, grandeur SCALAIRE en joules. Nul si la force est perpendiculaire au déplacement, moteur si positif, résistant si négatif.
  • Énergie cinétique : Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}, donc doubler la vitesse quadruple l'énergie et la distance de freinage.
  • Théorème de l'énergie cinétique : la variation d'énergie cinétique égale la somme des travaux des forces.
  • Énergie mécanique : Em=Ec+mgzE_{m}=E_{c}+mgz, conservée si seul le poids travaille. Le travail du poids ne dépend que du dénivelé, jamais du chemin.
  • Vitesse en chute libre : v=2ghv=\sqrt{2gh}, indépendante de la masse.
  • Électricité : P=UI=RI2P=UI=RI^{2}, E=PΔtE=P\Delta t, et 1 kWh=3,6×106 J1\ \mathrm{kWh}=3{,}6\times 10^{6}\ \mathrm{J}. Les pertes en ligne dépendent du carré du COURANT, d'où le transport à haute tension.
  • Caractéristique : droite passant par l'origine pour un conducteur ohmique, courbe pour une lampe dont la résistance croît avec la température.
  • Rendement : η=EutileEconsommeˊe\eta=\dfrac{E_{\mathrm{utile}}}{E_{\mathrm{consommée}}}. Rien n'est détruit ; ce qui n'est pas utile est simplement parti ailleurs, généralement en chaleur.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Le travail d'une force constante

Le travail d'une force constante F\vec{F} pour un déplacement rectiligne d\vec{d} vaut W=FdcosαW=F\,d\cos\alpha, où α\alpha est l'angle entre la force et le déplacement.

  • a) Une caisse est tirée sur d=12 md=12\ \mathrm{m} par une force de 250 N250\ \mathrm{N} inclinée de α=30\alpha=30^{\circ} au-dessus de l'horizontale. Calculez le travail de cette force.
  • b) Calculez le travail de cette même force si elle est perpendiculaire au déplacement. Commentez.
  • c) Calculez-le si α=120\alpha=120^{\circ}. Comment qualifie-t-on un tel travail ?
  • d) La caisse a une masse de 40 kg40\ \mathrm{kg}. Calculez le travail du poids lors de ce déplacement horizontal.
  • e) Le travail est-il une grandeur vectorielle ? Que représente-t-il physiquement ?
Voir la correction

a) W=250×12×cos30=3000×0,866=2,60×103 JW=250\times 12\times\cos 30^{\circ}=3000\times 0{,}866=2{,}60\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Le travail est positif : la force est dite motrice, elle favorise le déplacement.

b) Si α=90\alpha=90^{\circ}, alors cosα=0\cos\alpha=0 et W=0W=0. Une force perpendiculaire au déplacement ne travaille pas : elle peut dévier le mouvement mais elle ne transfère aucune énergie. C'est exactement le cas de la force magnétique, ou de la tension d'un fil pour un pendule.

c) W=3000×cos120=3000×(0,5)=1,50×103 JW=3000\times\cos 120^{\circ}=3000\times\left(-0{,}5\right)=-1{,}50\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Un travail négatif est dit résistant : la force s'oppose au déplacement et retire de l'énergie au système, comme le font les frottements.

d) Le poids est vertical et le déplacement horizontal, donc α=90\alpha=90^{\circ} et W=0W=0. Le poids ne travaille pas lors d'un déplacement horizontal, quelle que soit la masse : c'est pourquoi porter une valise sur un quai plat ne coûte, en principe, aucun travail au sens de la physique.

e) Non, le travail est une grandeur SCALAIRE, exprimée en joules, alors que la force et le déplacement sont des vecteurs. Le cosinus est précisément ce qui transforme deux vecteurs en un nombre. Physiquement, le travail mesure l'énergie transférée au système par cette force au cours du déplacement : positif, la force en donne ; négatif, elle en prend.

Exercice 2 : Énergie cinétique et distance de freinage

L'énergie cinétique d'un système de masse mm animé de la vitesse vv vaut Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}. Le théorème de l'énergie cinétique énonce que sa variation est égale à la somme des travaux des forces appliquées.

On considère une voiture de masse m=1200 kgm=1200\ \mathrm{kg}.

  • a) Calculez son énergie cinétique à 50 km/h50\ \mathrm{km/h}, puis à 100 km/h100\ \mathrm{km/h}.
  • b) Par quel facteur l'énergie cinétique est-elle multipliée quand la vitesse double ? Justifiez algébriquement.
  • c) La force de freinage vaut 6,0×103 N6{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{N}. Calculez la distance de freinage depuis 50 km/h50\ \mathrm{km/h}, en appliquant le théorème de l'énergie cinétique.
  • d) Calculez-la depuis 100 km/h100\ \mathrm{km/h} et comparez.
  • e) Une campagne de sécurité routière affirme qu'à vitesse double, la distance de freinage double. Corrigez et expliquez pourquoi l'erreur est dangereuse.
Voir la correction

a) À 50 km/h50\ \mathrm{km/h}, soit 503,6=13,9 m/s\dfrac{50}{3{,}6}=13{,}9\ \mathrm{m/s} : Ec=0,5×1200×13,92=1,16×105 JE_{c}=0{,}5\times 1200\times 13{,}9^{2}=1{,}16\times 10^{5}\ \mathrm{J}. À 100 km/h100\ \mathrm{km/h}, soit 27,8 m/s27{,}8\ \mathrm{m/s} : Ec=0,5×1200×27,82=4,63×105 JE_{c}=0{,}5\times 1200\times 27{,}8^{2}=4{,}63\times 10^{5}\ \mathrm{J}.

b) Par 4. En effet Ec(2v)=12m(2v)2=12m×4v2=4Ec(v)E_{c}\left(2v\right)=\dfrac{1}{2}m\left(2v\right)^{2}=\dfrac{1}{2}m\times 4v^{2}=4E_{c}(v) : la vitesse intervient au carré, donc la doubler quadruple l'énergie.

c) Pendant le freinage, seule la force de freinage travaille, avec un travail résistant fd-fd, et la vitesse finale est nulle. Le théorème donne 0Ec=fd0-E_{c}=-fd, donc d=Ecf=1,16×1056,0×103=19,3 md=\dfrac{E_{c}}{f}=\dfrac{1{,}16\times 10^{5}}{6{,}0\times 10^{3}}=19{,}3\ \mathrm{m}.

d) d=4,63×1056,0×103=77,2 md=\dfrac{4{,}63\times 10^{5}}{6{,}0\times 10^{3}}=77{,}2\ \mathrm{m}, soit exactement quatre fois la distance précédente.

e) La distance de freinage ne double pas, elle QUADRUPLE, car elle est proportionnelle à l'énergie cinétique, donc au carré de la vitesse. Passer de 5050 à 100 km/h100\ \mathrm{km/h} fait passer la distance de 19 m19\ \mathrm{m} à 77 m77\ \mathrm{m}, soit près de 60 m60\ \mathrm{m} de plus. L'erreur est dangereuse parce qu'elle conduit à sous-estimer massivement la distance nécessaire : un conducteur qui croit avoir besoin de 39 m39\ \mathrm{m} en aura en réalité besoin de 7777, et l'écart est exactement la zone dans laquelle l'accident se produit. C'est aussi pourquoi l'énergie à dissiper lors d'un choc à 100 km/h100\ \mathrm{km/h} est quatre fois celle d'un choc à 5050.

Exercice 3 : Énergie mécanique et sa conservation

L'énergie potentielle de pesanteur vaut Epp=mgzE_{pp}=mgz, l'origine des altitudes étant choisie librement. L'énergie mécanique est Em=Ec+EppE_{m}=E_{c}+E_{pp}.

Une balle de masse m=0,20 kgm=0{,}20\ \mathrm{kg} est lâchée sans vitesse initiale depuis une hauteur h=5,0 mh=5{,}0\ \mathrm{m}, les frottements étant négligés. On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez l'énergie mécanique de la balle au moment du lâcher, en prenant le sol comme origine des altitudes.
  • b) Justifiez que l'énergie mécanique se conserve pendant la chute.
  • c) Calculez la vitesse de la balle en arrivant au sol.
  • d) Calculez l'énergie cinétique, l'énergie potentielle et la vitesse à mi-parcours, soit à 2,0 m2{,}0\ \mathrm{m} du sol.
  • e) Montrez que la vitesse au sol ne dépend pas de la masse. Quelle expérience célèbre cela illustre-t-il ?
Voir la correction

a) Au lâcher, la vitesse est nulle donc Ec=0E_{c}=0, et Epp=mgh=0,20×9,81×5,0=9,81 JE_{pp}=mgh=0{,}20\times 9{,}81\times 5{,}0=9{,}81\ \mathrm{J}. L'énergie mécanique vaut donc Em=9,81 JE_{m}=9{,}81\ \mathrm{J}.

b) La seule force qui travaille est le poids, puisque les frottements sont négligés. Or le travail du poids est exactement compensé par la variation d'énergie potentielle de pesanteur, par construction de cette dernière. L'énergie mécanique, somme des deux termes, reste donc constante tout au long de la chute : ce qui est perdu en énergie potentielle est intégralement gagné en énergie cinétique.

c) Au sol, z=0z=0 donc Epp=0E_{pp}=0 et toute l'énergie mécanique est cinétique : Ec=9,81 JE_{c}=9{,}81\ \mathrm{J}. De Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2} on tire v=2Ecm=2×9,810,20=98,1=9,90 m/sv=\sqrt{\dfrac{2E_{c}}{m}}=\sqrt{\dfrac{2\times 9{,}81}{0{,}20}}=\sqrt{98{,}1}=9{,}90\ \mathrm{m/s}.

d) À z=2,0 mz=2{,}0\ \mathrm{m} : Epp=0,20×9,81×2,0=3,92 JE_{pp}=0{,}20\times 9{,}81\times 2{,}0=3{,}92\ \mathrm{J}. L'énergie mécanique étant conservée, Ec=9,813,92=5,89 JE_{c}=9{,}81-3{,}92=5{,}89\ \mathrm{J}, d'où v=2×5,890,20=7,67 m/sv=\sqrt{\dfrac{2\times 5{,}89}{0{,}20}}=7{,}67\ \mathrm{m/s}. On notera qu'à mi-hauteur environ, la vitesse vaut déjà 7777 pour cent de la vitesse finale : la chute est plus rapide au début qu'on ne l'imagine.

e) En écrivant la conservation, 12mv2=mgh\dfrac{1}{2}mv^{2}=mgh, la masse se simplifie de part et d'autre et il reste v=2gh=2×9,81×5,0=9,90 m/sv=\sqrt{2gh}=\sqrt{2\times 9{,}81\times 5{,}0}=9{,}90\ \mathrm{m/s}, indépendante de mm. Cela illustre l'expérience attribuée à Galilée, qui aurait lâché deux boules de masses différentes du haut de la tour de Pise et constaté qu'elles arrivaient ensemble. C'est la même raison qui rend l'accélération de chute libre indépendante de la masse : le poids et l'inertie croissent tous deux proportionnellement à mm.

Exercice 4 : Puissance électrique et effet Joule

La puissance électrique reçue par un dipôle vaut P=UIP=UI, et l'énergie transférée pendant une durée Δt\Delta t vaut E=PΔtE=P\Delta t. Pour un conducteur ohmique, cette énergie est intégralement dissipée en chaleur : c'est l'effet Joule.

Un radiateur fonctionne sous U=230 VU=230\ \mathrm{V} et est traversé par un courant I=4,5 AI=4{,}5\ \mathrm{A}.

  • a) Calculez la puissance électrique du radiateur.
  • b) Calculez sa résistance, puis vérifiez la puissance par la relation P=RI2P=RI^{2}.
  • c) Calculez l'énergie consommée en 2,0 h2{,}0\ \mathrm{h}, en joules puis en kilowattheures.
  • d) Le kilowattheure est facturé 0,100{,}10 dollar. Calculez le coût de ces deux heures de chauffage.
  • e) Pourquoi transporte-t-on l'électricité sous très haute tension sur les lignes ? Justifiez à l'aide de P=RI2P=RI^{2}.
Voir la correction

a) P=UI=230×4,5=1,04×103 WP=UI=230\times 4{,}5=1{,}04\times 10^{3}\ \mathrm{W}, soit environ 1035 W1035\ \mathrm{W}.

b) La loi d'Ohm donne R=UI=2304,5=51,1 ΩR=\dfrac{U}{I}=\dfrac{230}{4{,}5}=51{,}1\ \Omega. Vérification : P=RI2=51,1×4,52=51,1×20,25=1035 WP=RI^{2}=51{,}1\times 4{,}5^{2}=51{,}1\times 20{,}25=1035\ \mathrm{W}, identique au résultat précédent, ce qui est attendu puisque RI2=(RI)I=UIRI^{2}=\left(RI\right)I=UI.

c) Δt=2,0 h=7200 s\Delta t=2{,}0\ \mathrm{h}=7200\ \mathrm{s}, donc E=1035×7200=7,45×106 JE=1035\times 7200=7{,}45\times 10^{6}\ \mathrm{J}. En kilowattheures, E=1,035 kW×2,0 h=2,07 kWhE=1{,}035\ \mathrm{kW}\times 2{,}0\ \mathrm{h}=2{,}07\ \mathrm{kWh}. On vérifie que 7,45×1063,6×106=2,07\dfrac{7{,}45\times 10^{6}}{3{,}6\times 10^{6}}=2{,}07.

d) Coût =2,07×0,10=0,21=2{,}07\times 0{,}10=0{,}21 dollar. Le kilowattheure est l'unité pratique de facturation précisément parce que le joule serait d'un ordre de grandeur absurde pour un usage domestique.

e) Parce que les pertes en ligne valent Pperte=RI2P_{\mathrm{perte}}=RI^{2} : elles dépendent du carré du COURANT, et non de la tension. Or pour transporter une puissance P=UIP=UI donnée, augmenter UU permet de diminuer II dans la même proportion. Multiplier la tension par 10 divise donc le courant par 10 et les pertes par 100. C'est pourquoi les lignes à haute tension fonctionnent à plusieurs centaines de kilovolts, la tension étant ramenée à 230 V230\ \mathrm{V} par des transformateurs seulement à l'arrivée.

Exercice 5 : Caractéristiques : ohmique ou non ?

La caractéristique d'un dipôle est la courbe donnant l'intensité qui le traverse en fonction de la tension à ses bornes. Le graphique compare celle d'un conducteur ohmique et celle d'une lampe à incandescence.

12345620406080100120140U (V)I (mA)conducteur ohmiquelampe
  • a) Identifiez laquelle des deux courbes est celle du conducteur ohmique et justifiez.
  • b) Déterminez graphiquement la résistance du conducteur ohmique.
  • c) Pour la lampe, calculez la résistance sous 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V} puis sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}, en lisant les intensités correspondantes.
  • d) Comment la résistance de la lampe évolue-t-elle avec la tension ? Proposez une explication physique.
  • e) Peut-on parler de la résistance de la lampe sans autre précision ? Que faut-il toujours indiquer ?
Voir la correction

a) C'est la courbe en trait plein, qui est une DROITE passant par l'origine. La loi d'Ohm U=RIU=RI impose en effet une proportionnalité entre tension et intensité, donc une caractéristique rectiligne issue de l'origine. La courbe en pointillés, incurvée, ne peut pas correspondre à un conducteur ohmique.

b) On lit un point commode de la droite, par exemple U=6,0 VU=6{,}0\ \mathrm{V} et I=128 mAI=128\ \mathrm{mA}. Alors R=UI=6,00,128=47 ΩR=\dfrac{U}{I}=\dfrac{6{,}0}{0{,}128}=47\ \Omega. On peut vérifier sur un autre point : le rapport doit être identique, c'est justement ce qui caractérise un dipôle ohmique.

c) Sous 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V}, la lampe est traversée par environ 66 mA66\ \mathrm{mA}, donc R=2,00,066=30 ΩR=\dfrac{2{,}0}{0{,}066}=30\ \Omega. Sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}, l'intensité vaut environ 121 mA121\ \mathrm{mA}, donc R=6,00,121=50 ΩR=\dfrac{6{,}0}{0{,}121}=50\ \Omega.

d) La résistance AUGMENTE avec la tension, passant de 3030 à 50 Ω50\ \Omega. L'explication est thermique : sous une tension plus élevée, la puissance dissipée par effet Joule est plus grande, donc le filament s'échauffe et atteint plusieurs milliers de degrés. Or la résistivité des métaux croît avec la température, les vibrations du réseau cristallin gênant davantage le passage des électrons. La résistance mesurée à chaud est ainsi plusieurs fois celle mesurée à froid.

e) Non. Pour un dipôle non ohmique, la résistance n'est pas une constante du composant : elle dépend du point de fonctionnement. Il faut donc toujours préciser sous quelle tension, ou pour quelle intensité, la résistance a été déterminée. C'est exactement pourquoi on trace une caractéristique complète plutôt que de se contenter d'une mesure unique : pour un conducteur ohmique un seul point suffirait, pour une lampe il en faut toute une courbe.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Une descente avec frottements

Une luge et son passager, de masse totale m=60 kgm=60\ \mathrm{kg}, partent sans vitesse du sommet d'une piste et arrivent en bas avec une vitesse v=15 m/sv=15\ \mathrm{m/s}. Le dénivelé est h=25 mh=25\ \mathrm{m} et la longueur de la piste est L=100 mL=100\ \mathrm{m}.

On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez l'énergie potentielle de pesanteur perdue au cours de la descente.
  • b) Calculez l'énergie cinétique acquise en bas de la piste.
  • c) Déduisez-en l'énergie dissipée par les frottements et calculez le rendement énergétique de la descente.
  • d) En supposant la force de frottement constante le long de la piste, calculez sa valeur.
  • e) Quelle vitesse aurait-on atteinte sans aucun frottement ? Le résultat dépend-il de la forme de la piste ?
Voir la correction

a) ΔEpp=mgh=60×9,81×25=1,47×104 J\Delta E_{pp}=mgh=60\times 9{,}81\times 25=1{,}47\times 10^{4}\ \mathrm{J}, soit 14715 J14\,715\ \mathrm{J} perdus en descendant.

b) Ec=12mv2=0,5×60×152=6,75×103 JE_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}=0{,}5\times 60\times 15^{2}=6{,}75\times 10^{3}\ \mathrm{J}.

c) L'énergie mécanique n'est pas conservée : la différence est partie en chaleur. Edissipeˊe=147156750=7,97×103 JE_{\mathrm{dissipée}}=14\,715-6\,750=7{,}97\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Le rendement vaut η=675014715=0,459\eta=\dfrac{6\,750}{14\,715}=0{,}459, soit 45,945{,}9 pour cent : plus de la moitié de l'énergie disponible a été perdue en frottements.

d) La force de frottement est opposée au déplacement, donc son travail vaut fL-fL. En identifiant à l'énergie dissipée : fL=7965fL=7\,965, d'où f=7965100=79,7 Nf=\dfrac{7\,965}{100}=79{,}7\ \mathrm{N}.

e) Sans frottement, toute l'énergie potentielle deviendrait cinétique : 12mv2=mgh\dfrac{1}{2}mv^{2}=mgh donne v=2gh=2×9,81×25=22,1 m/sv=\sqrt{2gh}=\sqrt{2\times 9{,}81\times 25}=22{,}1\ \mathrm{m/s}, contre 15 m/s15\ \mathrm{m/s} réellement observés. Ce résultat ne dépend PAS de la forme de la piste : le travail du poids ne dépend que du dénivelé, jamais du chemin suivi, ce qui est la définition même d'une force conservative. Une piste droite et une piste sinueuse de même dénivelé donneraient la même vitesse finale en l'absence de frottements. Avec frottements, en revanche, la longueur parcourue intervient, et c'est bien ce que montre la question d).

Exercice 7 : Le rendement d'un chauffe-eau

Un chauffe-eau électrique de puissance P=2400 WP=2400\ \mathrm{W} doit porter 150 L150\ \mathrm{L} d'eau de 15 C15\ \mathrm{^{\circ}C} à 60 C60\ \mathrm{^{\circ}C}.

On donne la capacité thermique massique de l'eau c=4185 Jkg1K1c=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}} et sa masse volumique 1,0 kg/L1{,}0\ \mathrm{kg/L}.

  • a) Calculez l'énergie thermique nécessaire pour chauffer cette eau, en joules puis en kilowattheures.
  • b) Calculez la durée du chauffage en supposant le rendement parfait.
  • c) Le rendement réel est de 9090 pour cent. Calculez l'énergie électrique réellement consommée et la durée effective.
  • d) À 0,100{,}10 dollar le kilowattheure, calculez le coût réel d'un tel chauffage.
  • e) Où passent les 1010 pour cent perdus ? Un radiateur électrique a-t-il, lui aussi, un rendement inférieur à 100 pour cent ?
Voir la correction

a) La masse d'eau vaut m=150 kgm=150\ \mathrm{kg} et ΔT=6015=45 K\Delta T=60-15=45\ \mathrm{K}. Alors Q=mcΔT=150×4185×45=2,82×107 JQ=mc\Delta T=150\times 4185\times 45=2{,}82\times 10^{7}\ \mathrm{J}. En kilowattheures : 2,82×1073,6×106=7,85 kWh\dfrac{2{,}82\times 10^{7}}{3{,}6\times 10^{6}}=7{,}85\ \mathrm{kWh}.

b) Avec un rendement parfait, Δt=QP=2,82×1072400=1,18×104 s\Delta t=\dfrac{Q}{P}=\dfrac{2{,}82\times 10^{7}}{2400}=1{,}18\times 10^{4}\ \mathrm{s}, soit 3,27 h3{,}27\ \mathrm{h}, environ trois heures et seize minutes.

c) L'énergie électrique consommée est E=Qη=2,82×1070,90=3,14×107 JE=\dfrac{Q}{\eta}=\dfrac{2{,}82\times 10^{7}}{0{,}90}=3{,}14\times 10^{7}\ \mathrm{J}, soit 8,72 kWh8{,}72\ \mathrm{kWh}. La durée devient Δt=3,14×1072400=1,31×104 s\Delta t=\dfrac{3{,}14\times 10^{7}}{2400}=1{,}31\times 10^{4}\ \mathrm{s}, soit 3,63 h3{,}63\ \mathrm{h}, environ trois heures et trente-huit minutes.

d) Coût =8,72×0,10=0,87=8{,}72\times 0{,}10=0{,}87 dollar par chauffe complète.

e) Les pertes partent en chaleur vers l'extérieur du ballon, à travers son isolation, et un peu dans les canalisations. Ce n'est donc pas de l'énergie détruite mais de la chaleur qui n'a pas servi à chauffer l'eau visée. Un radiateur électrique, lui, a un rendement de 100100 pour cent au sens strict : tout ce qu'il consomme finit en chaleur DANS la pièce, ce qui est précisément le but recherché. La différence entre les deux cas tient à la définition de l'énergie utile : pour le chauffe-eau, seule la chaleur communiquée à l'eau compte, alors que pour le radiateur, toute la chaleur émise compte. Le rendement n'est jamais une propriété de l'appareil seul, il dépend de ce que l'on considère comme utile.

Exercice 8 : Comparer deux carburants

L'énergie libérée par la combustion d'un carburant se mesure par son pouvoir calorifique massique. Celui de l'essence vaut 45 MJ/kg45\ \mathrm{MJ/kg} et celui de l'éthanol 27 MJ/kg27\ \mathrm{MJ/kg}.

Masses volumiques : essence 0,75 kg/L0{,}75\ \mathrm{kg/L}, éthanol 0,79 kg/L0{,}79\ \mathrm{kg/L}. Une voiture consomme 7,0 L7{,}0\ \mathrm{L} d'essence aux 100 km100\ \mathrm{km}.

  • a) Calculez la masse d'essence consommée aux 100 km100\ \mathrm{km}, puis l'énergie libérée par sa combustion.
  • b) Calculez le pouvoir calorifique de chaque carburant par litre, et non par kilogramme.
  • c) Quel volume d'éthanol faudrait-il pour libérer la même énergie que les 7,0 L7{,}0\ \mathrm{L} d'essence ?
  • d) Calculez le rapport des volumes et commentez pour un automobiliste.
  • e) L'éthanol est pourtant présenté comme une solution intéressante. Citez deux arguments qui ne sont pas énergétiques.
Voir la correction

a) m=ρV=0,75×7,0=5,25 kgm=\rho V=0{,}75\times 7{,}0=5{,}25\ \mathrm{kg}. L'énergie libérée vaut E=5,25×45×106=2,36×108 JE=5{,}25\times 45\times 10^{6}=2{,}36\times 10^{8}\ \mathrm{J}, soit 236 MJ236\ \mathrm{MJ} pour 100 km100\ \mathrm{km}.

b) Pour l'essence, 45×0,75=33,75 MJ/L45\times 0{,}75=33{,}75\ \mathrm{MJ/L}. Pour l'éthanol, 27×0,79=21,3 MJ/L27\times 0{,}79=21{,}3\ \mathrm{MJ/L}. C'est cette grandeur, et non le pouvoir calorifique massique, qui intéresse l'automobiliste, puisqu'un réservoir se remplit en litres et non en kilogrammes.

c) V=236×10621,3×106=11,1 LV=\dfrac{236\times 10^{6}}{21{,}3\times 10^{6}}=11{,}1\ \mathrm{L}.

d) Le rapport vaut 11,17,0=1,58\dfrac{11{,}1}{7{,}0}=1{,}58. Il faut donc environ 5858 pour cent de volume en plus pour parcourir la même distance. Concrètement, un automobiliste passant à l'éthanol pur verrait sa consommation affichée grimper de 7,07{,}0 à 11,1 L11{,}1\ \mathrm{L} aux cent kilomètres, et son autonomie chuter d'autant à réservoir égal. Pour que le changement soit intéressant, il faut donc que le litre d'éthanol coûte au moins 1,581{,}58 fois moins cher.

e) Premièrement, l'éthanol est produit à partir de biomasse, donc le dioxyde de carbone libéré lors de sa combustion a été prélevé dans l'atmosphère par la plante quelques mois plus tôt, alors que celui de l'essence provient d'un carbone fossile stocké depuis des millions d'années : le bilan carbone n'est pas le même. Deuxièmement, c'est une ressource renouvelable et productible localement, ce qui réduit la dépendance aux importations. On peut ajouter que sa combustion émet moins de particules et de composés soufrés. Aucun de ces arguments n'est énergétique, et c'est précisément le point : un carburant ne se juge pas uniquement à son contenu énergétique.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Une force qui s'exerce sur un système en mouvement travaille nécessairement. »
  • b) « À vitesse double, la distance de freinage double. »
  • c) « La résistance d'une lampe est une constante, comme celle de tout dipôle. »
  • d) « Un chauffe-eau de rendement 90 pour cent détruit 10 pour cent de l'énergie qu'il consomme. »
Voir la correction

a) Faux. Le travail vaut W=FdcosαW=Fd\cos\alpha, et il est nul dès que la force est perpendiculaire au déplacement, quelle que soit son intensité. L'exercice 1 le montre avec le poids lors d'un déplacement horizontal : la caisse pèse 40 kg40\ \mathrm{kg} et pourtant le poids ne travaille pas du tout. C'est également le cas de la force magnétique sur une charge, et de la tension du fil d'un pendule. Une force peut donc agir en permanence sans transférer la moindre énergie.

b) Faux, elle QUADRUPLE. La distance de freinage est proportionnelle à l'énergie cinétique à dissiper, donc au carré de la vitesse. L'exercice 2 le chiffre : 19,3 m19{,}3\ \mathrm{m} à 50 km/h50\ \mathrm{km/h} contre 77,2 m77{,}2\ \mathrm{m} à 100 km/h100\ \mathrm{km/h}, soit exactement quatre fois plus. Croire que la distance double conduit à sous-estimer de près de 40 m40\ \mathrm{m} la distance nécessaire, ce qui est précisément la marge dans laquelle se produit l'accident.

c) Faux, et c'est vrai seulement pour les conducteurs OHMIQUES. Une lampe à incandescence n'en est pas un : sa caractéristique est incurvée, et l'exercice 5 montre que sa résistance passe d'environ 30 Ω30\ \Omega sous 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V} à environ 50 Ω50\ \Omega sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}. La cause est thermique : le filament chauffe, et la résistivité des métaux croît avec la température. Pour un dipôle non ohmique, on ne peut donc jamais parler de la résistance sans préciser le point de fonctionnement.

d) Faux, et cette formulation viole la conservation de l'énergie. Rien n'est détruit : les 1010 pour cent manquants sont partis en chaleur vers l'extérieur du ballon, à travers son isolation, au lieu de chauffer l'eau visée. L'énergie a changé de destination, pas disparu. Le rendement ne mesure d'ailleurs pas une destruction mais une PROPORTION D'ÉNERGIE UTILE, et l'exercice 7 montre que cette notion dépend de ce qu'on décide d'appeler utile : le même transfert vers la pièce est une perte pour un chauffe-eau et exactement le but recherché pour un radiateur.

Exercice 10 : Une voiture électrique

Une voiture électrique embarque une batterie de capacité 60 kWh60\ \mathrm{kWh} et consomme en moyenne 18 kWh18\ \mathrm{kWh} aux 100 km100\ \mathrm{km}.

On rappelle qu'un kilowattheure vaut 3,6×106 J3{,}6\times 10^{6}\ \mathrm{J}.

  • a) Calculez l'autonomie théorique du véhicule.
  • b) Convertissez la capacité de la batterie en joules, puis en mégajoules.
  • c) Calculez la durée d'une charge complète sur une borne domestique de 7,4 kW7{,}4\ \mathrm{kW}.
  • d) Une borne rapide délivre 150 kW150\ \mathrm{kW}. Calculez le temps nécessaire pour recharger 8080 pour cent de la batterie.
  • e) Une voiture à essence consomme 236 MJ236\ \mathrm{MJ} aux 100 km100\ \mathrm{km}, comme calculé à l'exercice 8. Comparez à la consommation électrique et expliquez l'écart.
Voir la correction

a) L'autonomie vaut 6018×100=333 km\dfrac{60}{18}\times 100=333\ \mathrm{km}.

b) 60 kWh=60×3,6×106=2,16×108 J60\ \mathrm{kWh}=60\times 3{,}6\times 10^{6}=2{,}16\times 10^{8}\ \mathrm{J}, soit 216 MJ216\ \mathrm{MJ}.

c) Δt=607,4=8,1 h\Delta t=\dfrac{60}{7{,}4}=8{,}1\ \mathrm{h}, soit environ huit heures et six minutes. C'est compatible avec une charge de nuit, ce qui est précisément l'usage visé pour ce type de borne.

d) Il faut recharger 0,80×60=48 kWh0{,}80\times 60=48\ \mathrm{kWh}, donc Δt=48150=0,32 h\Delta t=\dfrac{48}{150}=0{,}32\ \mathrm{h}, soit 19 min19\ \mathrm{min}. On ne recharge que 8080 pour cent parce que la puissance de charge doit être fortement réduite au-delà pour préserver la batterie.

e) La voiture électrique consomme 18 kWh18\ \mathrm{kWh}, soit 64,8 MJ64{,}8\ \mathrm{MJ} aux 100 km100\ \mathrm{km}, contre 236 MJ236\ \mathrm{MJ} pour la voiture à essence : environ 3,63{,}6 fois moins. L'écart ne vient pas d'une magie mais du RENDEMENT de la conversion. Un moteur thermique transforme en mouvement environ 3030 pour cent de l'énergie de combustion, le reste partant en chaleur par l'échappement et le radiateur, alors qu'un moteur électrique atteint plus de 9090 pour cent. Il faut toutefois préciser que ce bilan compte l'énergie à l'entrée du véhicule : pour être complet, il faudrait aussi tenir compte du rendement de production de l'électricité, qui dépend entièrement du mix énergétique du pays.

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