Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : évolution temporelle d'un système électrique (Terminale spécialité)

Voici quinze exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur l'évolution temporelle d'un système électrique, le circuit RC, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Ils couvrent le modèle du condensateur et la relation q=Cuq=Cu, l'intensité i=C dudti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}, l'équation différentielle de la charge établie par la loi des mailles, sa solution exponentielle, la charge et la décharge d'un condensateur, la constante de temps τ=RC\tau=RC et ses trois lectures graphiques.

À la fin de la série, vous savez établir l'équation différentielle de la charge d'un dipôle RC (exercice 2), lire la constante de temps par les 63 %63\ \%, par la tangente à l'origine ou par la règle des 5τ5\tau (exercice 3), écrire la loi de décharge (exercice 4), mesurer une capacité inconnue à partir d'un relevé (exercice 6) ou par linéarisation en coordonnées logarithmiques (exercice 13), calculer la durée d'un temporisateur de cage d'escalier (exercice 10), suivre l'intensité pendant la charge (exercice 11) et interpréter un signal créneau à l'oscilloscope (exercice 15). Le flash d'un appareil photo et le supercondensateur d'un bus électrique donnent les autres situations. Le capteur capacitif d'une touche de clavier (exercice 12) se traite comme un sujet de bac : choisir la courbe de charge quand la capacité augmente, lire la constante de temps à 63 %63\ \%, puis lire la touche par deux condensateurs en série. Le temporisateur de l'exercice 10 se traite désormais comme un sujet de bac : il enchaîne la durée d'éclairage, la constante de temps, un second appui pendant la décharge, l'incertitude composée sur la durée et la compatibilité d'une durée chronométrée par le quotient zz.

Le fil de la série : la tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE, et cette seule propriété donne la condition initiale de toutes les résolutions. C'est l'intensité, elle, qui saute à la fermeture de l'interrupteur, et non la tension, contrairement à ce que l'intuition suggère. Deux pièges reviennent d'un exercice à l'autre : à t=τt=\tau la charge n'est qu'à 63 %63\ \% et non terminée, et l'intensité, maximale à la fermeture, s'annule en régime permanent, où le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert. Un troisième vient des copies : quand la capacité change, la valeur finale de uCu_{C} reste EE, seule la durée de la charge change (exercice 12).

L'énergie stockée dans un condensateur, 12Cu2\frac{1}{2}Cu^{2}, et la méthode d'Euler ne sont pas au programme de Terminale. Les exercices qui les emploient, 5, 7, 8, 9 et 14, le signalent en dernière ligne de leur énoncé ; ils restent en ligne pour aller plus loin, et la moitié de l'énergie perdue dans la résistance, quelle que soit sa valeur, y reste un beau résultat.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Tension, intensité et loi d'Ohm Quatrième
  2. 2 Énergie, puissance et conversions Troisième
  3. 3 Signal et capteur : circuits et loi d'Ohm Seconde
  4. 4 La fonction exponentielle Première, Mathématiques
  5. 5 Énergie et circuits Première
  6. 6 Dérivation et trigonométrie Mathématiques
  7. 7 Exponentielle et logarithme Mathématiques
  8. 8 Primitives et intégration Mathématiques
  9. 9 Les équations différentielles Mathématiques

Rappel de cours

  • • Charge d'un condensateur : q=C uq=C\,u, avec CC en farads. En convention récepteur, i=C dudti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}.
  • • La tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE : elle ne saute jamais, sous peine d'intensité infinie.
  • • Charge d'un dipôle RC : τ dudt+u=E\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E, de solution u(t)=E(1−e−t/τ)u(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right).
  • • Décharge : τ dudt+u=0\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=0, de solution u(t)=E e−t/τu(t)=E\,e^{-t/\tau}.
  • • Constante de temps : τ=RC\tau=RC, homogène à un temps. À t=τt=\tau, la charge atteint 63 %63\ \% et la décharge a laissé 37 %37\ \%.
  • • Trois lectures de τ\tau : les 63 %63\ \%, l'intersection de la tangente à l'origine avec l'asymptote, et la règle des 5τ5\tau pour la fin pratique du régime transitoire.
  • • Intensité initiale de charge : i(0)=ERi(0)=\dfrac{E}{R}, valeur maximale. En régime permanent, i=0i=0 et le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert.
  • • Approfondissement, hors programme : énergie stockée Ee=12 C u2E_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,u^{2} ; le rendement de la charge à travers une résistance vaut toujours 50 %50\ \%.
  • • Approfondissement numérique, hors programme : méthode d'Euler un+1=un+E−unτ Δtu_{n+1}=u_{n}+\dfrac{E-u_{n}}{\tau}\,\Delta t, avec un pas au plus égal au centième de τ\tau.
  • • Durée d'un temporisateur à décharge : T=RC ln⁡ ⁣(EUs)T=RC\,\ln\!\left(\dfrac{E}{U_{s}}\right).
  • • Deux condensateurs en série portent la même charge qq (propriété donnée par l'énoncé, hors programme) : U=U1+U2U=U_{1}+U_{2} et U1=U C2C1+C2U_{1}=U\,\dfrac{C_{2}}{C_{1}+C_{2}}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Le condensateur et ses relations

Un condensateur est constitué de deux armatures conductrices séparées par un isolant. Il accumule une charge qq proportionnelle à la tension entre ses bornes : q=C uq=C\,u, où CC est la capacité, en farads.

En convention récepteur, l'intensité qui le traverse vaut i=dqdt=C dudti=\dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}=C\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}.

Le circuit ci-dessous associe un générateur idéal de tension E=6,0 VE=6{,}0\ \mathrm{V}, un conducteur ohmique R=10 kΩR=10\ \mathrm{k\Omega} et un condensateur C=4,7 μFC=4{,}7\ \mathrm{\mu F}.

KRCi+Eu
  • a) Le condensateur est chargé sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}. Calculez la charge accumulée sur son armature positive.
  • b) Vérifiez par une analyse dimensionnelle que le produit RCRC est homogène à un temps, puis calculez sa valeur.
  • c) Que vaut ii lorsque la tension uu aux bornes du condensateur est constante ? Interprétez physiquement.
  • d) Juste après la fermeture de l'interrupteur, le condensateur étant initialement déchargé, que valent uu et ii ? Justifiez chacune des deux valeurs.
  • e) Pourquoi la tension aux bornes d'un condensateur ne peut-elle pas subir de discontinuité ? Que faudrait-il pour cela ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) q=2,8×10−5q=2{,}8\times 10^{-5} C
  • b) [RC]=[RC]= temps ; τ=47\tau=47 ms
  • c) i=0i=0 : interrupteur ouvert
  • d) u=0u=0, i=ER=0,60i=\dfrac{E}{R}=0{,}60 mA
  • e) Il faudrait une intensité infinie
a)

q=C u=4,7×10−6×6,0=2,8×10−5 Cq=C\,u=4{,}7\times 10^{-6}\times 6{,}0=2{,}8\times 10^{-5}\ \mathrm{C}, soit 28 μC28\ \mathrm{\mu C}. L'armature négative porte la charge opposée, la charge totale du condensateur restant nulle.

b)

u=R iu=R\,i donne [R]=[U][I][R]=\dfrac{[U]}{[I]} et q=C uq=C\,u donne [C]=[Q][U][C]=\dfrac{[Q]}{[U]}. Donc [RC]=[U][I]×[Q][U]=[Q][I][RC]=\dfrac{[U]}{[I]}\times \dfrac{[Q]}{[U]}=\dfrac{[Q]}{[I]}, et comme une intensité est une charge par unité de temps, ce quotient est bien un TEMPS. Numériquement, τ=RC=10×103×4,7×10−6=4,7×10−2 s=47 ms\tau=RC=10\times 10^{3}\times 4{,}7\times 10^{-6}=4{,}7\times 10^{-2}\ \mathrm{s}=47\ \mathrm{ms}.

c)

Si uu est constante, dudt=0\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=0 donc i=0i=0. Physiquement, plus aucune charge n'arrive sur les armatures : le condensateur est chargé, il se comporte comme un interrupteur ouvert en régime permanent.

d)

À t=0+t=0^{+}, la tension uu vaut ENCORE 00, car elle est continue et le condensateur était déchargé. La loi des mailles donne alors E=R i+u=R iE=R\,i+u=R\,i, d'où i=ER=6,010×103=6,0×10−4 A=0,60 mAi=\dfrac{E}{R}=\dfrac{6{,}0}{10\times 10^{3}}=6{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{A}=0{,}60\ \mathrm{mA}. C'est l'intensité maximale de toute la charge, et elle ne décroîtra ensuite qu'à mesure que uu monte.

e)

Parce qu'une discontinuité de uu imposerait une dérivée infinie, donc, par i=Cdudti=C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}, une intensité infinie. Il faudrait un générateur capable de débiter un courant infini et un circuit de résistance nulle, ce qui n'existe pas. La continuité de uu est donc la condition initiale que l'on utilise systématiquement pour résoudre l'équation différentielle.

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Exercice 2 : L'équation différentielle de la charge

À la fermeture de l'interrupteur, le circuit série comporte le générateur, le conducteur ohmique et le condensateur. La loi des mailles suffit à établir l'équation qui gouverne u(t)u(t).

Le schéma ci-dessous représente le montage.

KRCi+
  • a) Écrivez la loi des mailles en fléchant les tensions, puis remplacez uRu_{R} à l'aide de la loi d'Ohm et de la relation i=Cdudti=C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}.
  • b) Mettez l'équation sous la forme canonique τ dudt+u=E\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E et identifiez τ\tau.
  • c) Vérifiez que u(t)=E(1−e−t/τ)u(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right) est solution, en calculant dudt\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t} et en reportant.
  • d) Vérifiez que cette solution respecte la condition initiale u(0)=0u(0)=0 et le régime permanent u(∞)=Eu(\infty)=E.
  • e) Comment l'équation différentielle serait-elle modifiée si le générateur avait une résistance interne rr ? Donnez la nouvelle constante de temps.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) E=RCdudt+uE=RC\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u
  • b) τ=RC\tau=RC
  • c) τEτe−t/τ+E−Ee−t/τ=E\tau\dfrac{E}{\tau}e^{-t/\tau}+E-Ee^{-t/\tau}=E
  • d) u(0)=0u(0)=0, u(∞)=Eu(\infty)=E
  • e) τ=(R+r)C\tau=(R+r)C
a)

La maille donne E=uR+uE=u_{R}+u. Or uR=R iu_{R}=R\,i et i=Cdudti=C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}, donc E=RCdudt+uE=RC\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u. Toute la difficulté du chapitre est là : il faut exprimer ii en fonction de uu pour n'avoir qu'une seule inconnue.

b)

L'équation s'écrit déjà RCdudt+u=ERC\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E, donc τ=RC\tau=RC. La forme canonique impose un coefficient 11 devant uu : si ce n'est pas le cas, on divise toute l'équation par ce coefficient avant d'identifier τ\tau.

c)

dudt=E×1τe−t/τ\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=E\times \dfrac{1}{\tau}e^{-t/\tau}. En reportant : τ×Eτe−t/τ+E(1−e−t/τ)=E e−t/τ+E−E e−t/τ=E\tau \times \dfrac{E}{\tau}e^{-t/\tau}+E(1-e^{-t/\tau})=E\,e^{-t/\tau}+E-E\,e^{-t/\tau}=E. L'équation est vérifiée pour tout tt, la fonction proposée est bien solution.

d)

u(0)=E(1−e0)=E(1−1)=0u(0)=E(1-e^{0})=E(1-1)=0, la condition initiale est respectée. Quand t→+∞t\to +\infty, e−t/τ→0e^{-t/\tau}\to 0 donc u→Eu\to E : le condensateur se charge jusqu'à la tension du générateur, ce qui est bien le régime permanent attendu.

e)

La maille devient E=r i+R i+uE=r\,i+R\,i+u, soit (R+r)Cdudt+u=E(R+r)C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E. La nouvelle constante de temps vaut τ=(R+r)C\tau=(R+r)C : la charge est plus LENTE. La tension finale, elle, reste EE, car en régime permanent i=0i=0 et la résistance interne ne consomme plus rien.

KRCi+EuRu

Exercice 3 : La constante de temps

La constante de temps τ=RC\tau=RC fixe l'échelle de durée du phénomène. Elle se lit sur la courbe de trois façons, et les trois doivent être connues.

Ici E=6,0 VE=6{,}0\ \mathrm{V}, R=10 kΩR=10\ \mathrm{k\Omega} et C=4,7 μFC=4{,}7\ \mathrm{\mu F}.

2550751001251501752002252501234567u (V)t (ms)63 % de E
  • a) Calculez u(τ)u(\tau) et vérifiez qu'il vaut bien 63 %63\ \% de EE. D'où vient ce nombre ?
  • b) Montrez que la tangente à l'origine coupe l'asymptote u=Eu=E à l'instant t=τt=\tau.
  • c) Au bout de combien de constantes de temps peut-on considérer la charge comme terminée à mieux de 1 %1\ \% ? Justifiez par le calcul.
  • d) On double la valeur de RR. Que deviennent τ\tau, la valeur finale de uu et l'intensité initiale ?
  • e) On double la valeur de CC. Mêmes questions. Que dire de la charge finale accumulée ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) u(τ)=3,79u(\tau)=3{,}79 V =63,2=63{,}2 % de EE
  • b) Tangente u=Eτtu=\dfrac{E}{\tau}t atteint EE en t=τt=\tau
  • c) ln⁡100=4,6\ln 100=4{,}6 : règle des 5τ5\tau
  • d) τ=94\tau=94 ms, uu finale 6,06{,}0 V, i0=0,30i_{0}=0{,}30 mA
  • e) τ=94\tau=94 ms, i0=0,60i_{0}=0{,}60 mA, q=56q=56 µC
a)

u(τ)=E(1−e−1)=6,0×(1−0,368)=6,0×0,632=3,79 Vu(\tau)=E(1-e^{-1})=6{,}0\times (1-0{,}368)=6{,}0\times 0{,}632=3{,}79\ \mathrm{V}, soit 63,2 %63{,}2\ \% de EE. Le nombre vient directement de 1−e−11-e^{-1} : il ne dépend ni de RR, ni de CC, ni de EE, ce qui en fait une lecture graphique universelle.

b)

La tangente à l'origine a pour pente dudt∣0=Eτ\left.\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}\right|_{0}=\dfrac{E}{\tau}, et passe par l'origine : son équation est u=Eτtu=\dfrac{E}{\tau}t. Elle atteint la valeur EE lorsque Eτt=E\dfrac{E}{\tau}t=E, c'est-à-dire t=τt=\tau. C'est la deuxième lecture graphique, la plus précise à la règle.

c)

Il faut e−t/τ<0,01e^{-t/\tau}<0{,}01, soit tτ>ln⁡(100)=4,6\dfrac{t}{\tau}>\ln(100)=4{,}6. Cinq constantes de temps suffisent donc largement : à 5τ5\tau, l'écart n'est plus que de e−5=0,67 %e^{-5}=0{,}67\ \%. On retient la règle des 5τ5\tau, ici 5×47=235 ms5\times 47=235\ \mathrm{ms}.

d)

τ=RC\tau=RC double, donc 94 ms94\ \mathrm{ms} : la charge est deux fois plus lente. La valeur finale de uu reste E=6,0 VE=6{,}0\ \mathrm{V}, car elle ne dépend pas de RR. L'intensité initiale ER\dfrac{E}{R} est DIVISÉE par deux, soit 0,30 mA0{,}30\ \mathrm{mA}.

e)

τ\tau double aussi, 94 ms94\ \mathrm{ms}. La valeur finale de uu reste 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}, et l'intensité initiale ER\dfrac{E}{R} est INCHANGÉE, puisqu'elle ne dépend pas de CC. En revanche la charge finale q=CEq=CE double, passant de 2828 à 56 μC56\ \mathrm{\mu C} : mêmes tensions, deux fois plus de charges accumulées.

Exercice 4 : La décharge du condensateur

Le condensateur étant chargé sous E=6,0 VE=6{,}0\ \mathrm{V}, on bascule l'interrupteur pour le relier au seul conducteur ohmique RR, le générateur étant écarté du circuit.

2550751001251501752002252501234567u (V)t (ms)37 % de E
  • a) Écrivez la loi des mailles pour ce nouveau circuit, puis l'équation différentielle vérifiée par u(t)u(t).
  • b) Donnez la solution correspondante et vérifiez la condition initiale.
  • c) Calculez u(τ)u(\tau) et interprétez la valeur 37 %37\ \%.
  • d) Calculez l'intensité à l'instant initial de la décharge et comparez-la, en valeur absolue et en signe, à celle du début de la charge.
  • e) Au bout de combien de temps la tension descend-elle sous 0,10 V0{,}10\ \mathrm{V} ? Exprimez le résultat en fonction de τ\tau puis en millisecondes.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) τdudt+u=0\tau\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=0
  • b) u=Ee−t/τu=Ee^{-t/\tau}, u(0)=Eu(0)=E
  • c) u(τ)=2,21u(\tau)=2{,}21 V : 3737 %
  • d) i(0)=−0,60i(0)=-0{,}60 mA
  • e) 4,09 τ≈1924{,}09\,\tau\approx 192 ms
a)

La maille sans générateur donne 0=uR+u0=u_{R}+u, soit R i+u=0R\,i+u=0 avec i=Cdudti=C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}. D'où RCdudt+u=0RC\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=0, c'est-à-dire τdudt+u=0\tau\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=0 : la même équation que la charge, mais SANS second membre.

b)

u(t)=E e−t/τu(t)=E\,e^{-t/\tau}. À t=0t=0, u=E×1=6,0 Vu=E\times 1=6{,}0\ \mathrm{V}, ce qui est bien la tension au moment du basculement : la continuité de uu garantit qu'elle n'a pas sauté.

c)

u(τ)=6,0×e−1=6,0×0,368=2,21 Vu(\tau)=6{,}0\times e^{-1}=6{,}0\times 0{,}368=2{,}21\ \mathrm{V}, soit 36,8 %36{,}8\ \% de EE. C'est le complément du 63 %63\ \% de la charge : 0,632+0,368=10{,}632+0{,}368=1. À la constante de temps, il reste toujours 37 %37\ \% de ce qu'il y avait.

d)

i(0)=Cdudt∣0=C×(−Eτ)=−ER=−6,0×10−4 Ai(0)=C\left.\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}\right|_{0}=C\times \left(-\dfrac{E}{\tau}\right)=-\dfrac{E}{R}=-6{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{A}. Même valeur absolue qu'au début de la charge, 0,60 mA0{,}60\ \mathrm{mA}, mais de signe OPPOSÉ : le courant circule maintenant en sens inverse, le condensateur se vide au lieu de se remplir.

e)

On résout 6,0 e−t/τ<0,106{,}0\,e^{-t/\tau}<0{,}10, soit e−t/τ<160e^{-t/\tau}<\dfrac{1}{60}, donc tτ>ln⁡(60)=4,09\dfrac{t}{\tau}>\ln(60)=4{,}09. Il faut environ 4,1 τ4{,}1\,\tau, c'est-à-dire 4,09×47=192 ms4{,}09\times 47=192\ \mathrm{ms}.

RC12Ki+EuRu

Exercice 5 : L'énergie stockée dans un condensateur

Un condensateur chargé sous une tension uu emmagasine l'énergie Ee=12 C u2E_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,u^{2}. Elle est stockée dans le champ électrique entre les armatures, et restituée intégralement à la décharge, aux pertes près.

Approfondissement : l'énergie stockée Ee=12Cu2E_{e}=\frac{1}{2}Cu^{2} et le bilan énergétique de la charge ne sont pas nommés par le programme de Terminale, qui s'en tient au modèle du condensateur, à la charge, à la décharge et au temps caractéristique. L'exercice reste une extension utile, notamment pour le cégep ou l'université.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

E = 6,0 VKRC = 4,7 µFi+u
  • a) Calculez l'énergie stockée par le condensateur de 4,7 μF4{,}7\ \mathrm{\mu F} chargé sous 6,0 V6{,}0\ \mathrm{V}.
  • b) On double la tension de charge. Par combien l'énergie stockée est-elle multipliée ? Et si l'on double la capacité ?
  • c) Pendant la charge, le générateur fournit l'énergie W=q E=C E2W=q\,E=C\,E^{2}. Comparez à l'énergie finalement stockée et dites où passe la différence.
  • d) Calculez la puissance moyenne dissipée dans le conducteur ohmique pendant la charge, en assimilant la durée de charge à 5τ5\tau.
  • e) Ce rendement de charge dépend-il de la valeur de RR ? Justifiez et commentez le caractère surprenant du résultat.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Ee=8,5×10−5E_{e}=8{,}5\times 10^{-5} J
  • b) ×4\times 4 ; ×2\times 2
  • c) W=1,69×10−4W=1{,}69\times 10^{-4} J : moitié dissipée par effet Joule
  • d) P=3,6×10−4P=3{,}6\times 10^{-4} W
  • e) Non : 5050 % quelle que soit RR
a)

Ee=12×4,7×10−6×(6,0)2=12×4,7×10−6×36=8,5×10−5 JE_{e}=\dfrac{1}{2}\times 4{,}7\times 10^{-6}\times (6{,}0)^{2}=\dfrac{1}{2}\times 4{,}7\times 10^{-6}\times 36=8{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{J}, soit 85 μJ85\ \mathrm{\mu J}. C'est très peu : un condensateur de ce type stocke moins d'énergie qu'une pile ne peut en fournir en une microseconde.

b)

La tension intervient au CARRÉ : la doubler multiplie l'énergie par 22=42^{2}=4, soit 3,4×10−4 J3{,}4\times 10^{-4}\ \mathrm{J}. La capacité, elle, intervient à la puissance un : la doubler ne multiplie l'énergie que par 2. C'est pourquoi les flashs et les défibrillateurs travaillent à haute tension plutôt qu'à forte capacité.

c)

Le générateur fournit W=C E2=4,7×10−6×36=1,69×10−4 JW=C\,E^{2}=4{,}7\times 10^{-6}\times 36=1{,}69\times 10^{-4}\ \mathrm{J}, soit exactement le DOUBLE de ce qui est stocké. La moitié manquante, 8,5×10−5 J8{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{J}, a été dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique pendant toute la durée de la charge.

d)

La durée vaut 5τ=5×4,7×10−2=0,235 s5\tau=5\times 4{,}7\times 10^{-2}=0{,}235\ \mathrm{s}, et l'énergie dissipée 8,5×10−5 J8{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{J}. Donc P=8,5×10−50,235=3,6×10−4 WP=\dfrac{8{,}5\times 10^{-5}}{0{,}235}=3{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{W}, soit 0,36 mW0{,}36\ \mathrm{mW}.

e)

Non, il n'en dépend PAS : le rendement de charge d'un condensateur à travers une résistance vaut toujours exactement 50 %50\ \%, quelle que soit RR. C'est contre-intuitif, puisqu'on imagine qu'une petite résistance dissiperait moins ; en réalité une petite résistance fait passer un courant plus grand pendant un temps plus court, et le produit R i2 tR\,i^{2}\,t ne change pas. Seule une charge à courant contrôlé, par une alimentation à découpage, permet de dépasser ces 50 %50\ \%.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Problème : mesurer une capacité inconnue

Un condensateur non marqué est chargé à travers une résistance R=22,0 kΩR=22{,}0\ \mathrm{k\Omega} sous E=5,00 VE=5{,}00\ \mathrm{V}. Un système d'acquisition relève la tension à ses bornes.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

t (ms)02050100150220400
u (V)0,001,573,054,324,804,965,00
E = 5,00 VKCiR = 22,0 kΩacquisition+u
  • a) Déterminez τ\tau par la méthode des 63 %63\ \%, en interpolant entre deux points du tableau.
  • b) Déduisez-en la valeur de la capacité CC, puis proposez la valeur normalisée la plus proche parmi 2,22{,}2, 3,33{,}3 et 4,7 μF4{,}7\ \mathrm{\mu F}.
  • c) Vérifiez votre valeur en testant le point t=100 mst=100\ \mathrm{ms} avec la loi théorique.
  • d) Décrivez la seconde méthode, celle de la tangente à l'origine, et dites pourquoi elle est moins précise sur des données expérimentales.
  • e) On refait la mesure avec R=220 kΩR=220\ \mathrm{k\Omega}. Que devient τ\tau ? Quel avantage et quel inconvénient cela présente-t-il pour la mesure ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) τ≈54\tau\approx 54 ms
  • b) C≈2,5C\approx 2{,}5 µF : 2,22{,}2 µF
  • c) 4,214{,}21 V contre 4,324{,}32 mesurés
  • d) Tangente à l'origine, sensible au bruit
  • e) τ≈543\tau\approx 543 ms ; courant dix fois plus faible
a)

63 %63\ \% de 5,00 V5{,}00\ \mathrm{V} vaut 3,16 V3{,}16\ \mathrm{V}. Cette valeur est atteinte entre 50 ms50\ \mathrm{ms} (3,05 V3{,}05\ \mathrm{V}) et 100 ms100\ \mathrm{ms} (4,32 V4{,}32\ \mathrm{V}). Une interpolation linéaire donne t=50+50×3,16−3,054,32−3,05=50+50×0,0866=54,3 mst=50+50\times \dfrac{3{,}16-3{,}05}{4{,}32-3{,}05}=50+50\times 0{,}0866=54{,}3\ \mathrm{ms}. Donc τ≈54 ms\tau\approx 54\ \mathrm{ms}.

b)

C=τR=54,3×10−322,0×103=2,47×10−6 FC=\dfrac{\tau}{R}=\dfrac{54{,}3\times 10^{-3}}{22{,}0\times 10^{3}}=2{,}47\times 10^{-6}\ \mathrm{F}, soit 2,5 μF2{,}5\ \mathrm{\mu F}. La valeur normalisée la plus proche est 2,2 μF2{,}2\ \mathrm{\mu F}, l'écart de 12 %12\ \% restant compatible avec la tolérance usuelle de ces composants, souvent de ±20 %\pm 20\ \%.

c)

Avec τ=54,3 ms\tau=54{,}3\ \mathrm{ms} : u(100)=5,00×(1−e−100/54,3)=5,00×(1−0,159)=4,21 Vu(100)=5{,}00\times \left(1-e^{-100/54{,}3}\right)=5{,}00\times (1-0{,}159)=4{,}21\ \mathrm{V}. La mesure donne 4,32 V4{,}32\ \mathrm{V}, soit un écart de 2,5 %2{,}5\ \% : l'accord est correct compte tenu de l'interpolation grossière faite en a).

d)

On trace la tangente à la courbe au point t=0t=0 et l'on repère son intersection avec l'asymptote horizontale u=Eu=E : l'abscisse de ce point vaut τ\tau. Elle est moins précise sur des données expérimentales parce que la pente en un point unique est très sensible au bruit de mesure et au choix des deux premiers points, alors que la méthode des 63 %63\ \% utilise la position d'un point sur une portion de courbe bien définie.

e)

τ\tau est multiplié par dix, soit environ 543 ms543\ \mathrm{ms}. L'avantage est que le phénomène devient dix fois plus lent, donc bien plus facile à échantillonner avec un système d'acquisition modeste, et l'incertitude relative sur tt diminue. L'inconvénient est que le courant est dix fois plus faible, de l'ordre du dixième de milliampère : la moindre fuite du condensateur ou l'impédance d'entrée du voltmètre devient non négligeable et fausse la mesure.

5010015020025030035040012345663 % de E : 3,16 Vτ ≈ 54 mst (ms)u (V)

Exercice 7 : Problème : le flash d'un appareil photo

Un flash stocke son énergie dans un condensateur de C=1,00×103 μFC=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{\mu F} chargé sous E=300 VE=300\ \mathrm{V} à travers une résistance R=2,00 kΩR=2{,}00\ \mathrm{k\Omega}. La décharge se fait dans la lampe, de résistance équivalente r=1,00 Ωr=1{,}00\ \Omega.

Approfondissement pour les questions a) et d) : l'énergie stockée dans un condensateur n'est pas au programme de Terminale. Les questions b) et c), constantes de temps de charge et de décharge, y sont.

E = 300 VRClampe12K+
  • a) Calculez l'énergie stockée par le condensateur une fois chargé.
  • b) Calculez la constante de temps de la charge, puis la durée pratique de recharge du flash.
  • c) Calculez la constante de temps de la décharge, puis la durée de l'éclair, prise à 55 constantes de temps.
  • d) Estimez la puissance moyenne de l'éclair et comparez-la à celle d'une bouilloire électrique, environ 2,0 kW2{,}0\ \mathrm{kW}.
  • e) Expliquez, en une phrase de synthèse, pourquoi il faut un condensateur alors qu'une pile fournit elle aussi de l'énergie.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Ee=45,0E_{e}=45{,}0 J
  • b) τ=2,00\tau=2{,}00 s ; 10,010{,}0 s
  • c) τ=1,00\tau=1{,}00 ms ; 55 ms
  • d) 9,09{,}0 kW
  • e) Il restitue l'énergie très vite
a)

Ee=12 C E2=12×1,00×10−3×(300)2=45,0 JE_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,E^{2}=\dfrac{1}{2}\times 1{,}00\times 10^{-3}\times (300)^{2}=45{,}0\ \mathrm{J}.

b)

τcharge=R C=2,00×103×1,00×10−3=2,00 s\tau_{charge}=R\,C=2{,}00\times 10^{3}\times 1{,}00\times 10^{-3}=2{,}00\ \mathrm{s}. La charge pratique dure 5τ=10,0 s5\tau=10{,}0\ \mathrm{s} : c'est exactement le temps d'attente entre deux photos au flash, et le sifflement aigu qu'on entend est celui du convertisseur qui élève la tension.

c)

τdecharge=r C=1,00×1,00×10−3=1,00×10−3 s=1,00 ms\tau_{decharge}=r\,C=1{,}00\times 1{,}00\times 10^{-3}=1{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{s}=1{,}00\ \mathrm{ms}. L'éclair dure donc environ 5 ms5\ \mathrm{ms}, soit deux mille fois moins que la recharge.

d)

P=45,05,00×10−3=9,00×103 W=9,00 kWP=\dfrac{45{,}0}{5{,}00\times 10^{-3}}=9{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{W}=9{,}00\ \mathrm{kW}. C'est quatre fois et demie la puissance d'une bouilloire électrique. Le rapport avec la puissance de charge, 45,010,0=4,50 W\dfrac{45{,}0}{10{,}0}=4{,}50\ \mathrm{W}, vaut deux mille.

e)

Parce qu'un condensateur ne fournit pas plus d'énergie qu'une pile, il la restitue infiniment plus VITE : il accumule lentement, à quelques watts, une énergie modeste, puis la libère en quelques millisecondes, ce qui produit une puissance de plusieurs kilowatts qu'aucune pile de cette taille ne pourrait débiter directement.

Exercice 8 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, puis donnez l'énoncé correct.

L'affirmation 4), sur le rendement énergétique de la charge, est un approfondissement : l'énergie du condensateur n'est pas au programme de Terminale.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

KRCi+Eu
  • 1) « À la fermeture de l'interrupteur, la tension aux bornes du condensateur vaut immédiatement EE. »
  • 2) « La constante de temps τ=RC\tau=RC est la durée au bout de laquelle le condensateur est complètement chargé. »
  • 3) « Un condensateur laisse passer le courant en régime permanent, puisqu'il fait partie du circuit. »
  • 4) « Le rendement énergétique de la charge s'améliore si l'on diminue RR. »

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1)
2)
3)
4)
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Réponses

  • 1) Faux : u(0)=0u(0)=0, ii maximale
  • 2) Faux : 6363 % à τ\tau, charge pratique à 5τ5\tau
  • 3) Faux : i=0i=0 en régime permanent
  • 4) Faux : 5050 % quelle que soit RR
1)

FAUX. C'est l'INTENSITÉ qui est maximale à la fermeture, i(0)=ERi(0)=\dfrac{E}{R}, tandis que la tension uu vaut encore zéro : elle est continue, et le condensateur était déchargé. La tension ne tend vers EE qu'asymptotiquement.

2)

FAUX. À t=τt=\tau, la tension n'a atteint que 63 %63\ \% de EE. La charge n'est jamais complète au sens strict, la fonction exponentielle ne rejoignant jamais son asymptote ; en pratique on considère la charge terminée au bout de 5τ5\tau, où il ne manque plus que 0,7 %0{,}7\ \%.

3)

FAUX. En régime permanent, uu est constante donc dudt=0\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=0 et i=Cdudt=0i=C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=0 : le condensateur se comporte comme un interrupteur OUVERT. Il ne conduit qu'en régime transitoire, tant que sa tension varie.

4)

FAUX. Le rendement de charge vaut exactement 50 %50\ \% quelle que soit RR : l'énergie dissipée par effet Joule est toujours égale à l'énergie stockée. Diminuer RR raccourcit la charge et augmente le courant, mais le produit dissipé reste le même.

KRCi = 0uR = 0+Eu = E

Exercice 9 : Problème : résoudre l'équation par la méthode d'Euler

Quand une équation différentielle n'a pas de solution analytique simple, on l'intègre numériquement. La méthode d'Euler approche la dérivée par un taux de variation : dudt≈un+1−unΔt\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}\approx \dfrac{u_{n+1}-u_{n}}{\Delta t}.

On reprend E=6,0 VE=6{,}0\ \mathrm{V}, R=10 kΩR=10\ \mathrm{k\Omega}, C=4,7 μFC=4{,}7\ \mathrm{\mu F}, donc τ=47 ms\tau=47\ \mathrm{ms}, avec un pas Δt=25 ms\Delta t=25\ \mathrm{ms}.

Approfondissement numérique : la méthode d'Euler n'est pas une capacité exigible de ce chapitre, où le programme demande d'établir et de résoudre EXACTEMENT l'équation différentielle, comme à l'exercice 2.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

E = 6,0 VKC = 4,7 µFiR = 10 kΩ+u
python
E = 6.0          # tension du generateur, en volts
R = 10e3         # resistance, en ohms
C = 4.7e-6       # capacite, en farads
dt = 25e-3       # pas de temps, en secondes

t = 0.0
u = 0.0
while t <= 0.200:
    print(round(t * 1000, 1), round(u, 3))
    u = u + (E - u) / (R * C) * dt
    t = t + dt
  • a) Partant de τdudt+u=E\tau\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E, établissez la relation de récurrence un+1=un+E−unτΔtu_{n+1}=u_{n}+\dfrac{E-u_{n}}{\tau}\Delta t.
  • b) Calculez à la main u1u_{1} et u2u_{2}, avec u0=0u_{0}=0.
  • c) Comparez u2u_{2} à la valeur exacte à t=50 mst=50\ \mathrm{ms} et calculez l'écart relatif.
  • d) Le programme affiche 5,99 V5{,}99\ \mathrm{V} à t=200 mst=200\ \mathrm{ms} alors que la valeur exacte est 5,92 V5{,}92\ \mathrm{V}. Dans quel sens la méthode se trompe-t-elle, et pourquoi l'écart relatif est-il bien plus petit qu'en c) ?
  • e) Quelle modification apporter au programme pour améliorer la précision ? Estimez le pas nécessaire pour descendre sous 1 %1\ \% d'écart.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) un+1=un+E−unτΔtu_{n+1}=u_{n}+\dfrac{E-u_{n}}{\tau}\Delta t
  • b) u1=3,19u_{1}=3{,}19 V, u2=4,69u_{2}=4{,}69 V
  • c) Exacte 3,933{,}93 V : écart 1919 %
  • d) Surestime ; écart 1,21{,}2 %
  • e) Réduire Δt\Delta t, vers 11 ms
a)

On isole la dérivée : dudt=E−uτ\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=\dfrac{E-u}{\tau}. En remplaçant la dérivée par le taux de variation entre tnt_{n} et tn+1t_{n+1} : un+1−unΔt=E−unτ\dfrac{u_{n+1}-u_{n}}{\Delta t}=\dfrac{E-u_{n}}{\tau}, d'où un+1=un+E−unτΔtu_{n+1}=u_{n}+\dfrac{E-u_{n}}{\tau}\Delta t. La pente est évaluée au point de DÉPART de l'intervalle, c'est là toute la méthode et toute son erreur.

b)

u1=0+6,0−047×25=0+3,19=3,19 Vu_{1}=0+\dfrac{6{,}0-0}{47}\times 25=0+3{,}19=3{,}19\ \mathrm{V}. Puis u2=3,19+6,0−3,1947×25=3,19+1,49=4,68 Vu_{2}=3{,}19+\dfrac{6{,}0-3{,}19}{47}\times 25=3{,}19+1{,}49=4{,}68\ \mathrm{V}.

c)

La valeur exacte vaut u(50)=6,0(1−e−50/47)=6,0×(1−0,345)=3,93 Vu(50)=6{,}0\left(1-e^{-50/47}\right)=6{,}0\times (1-0{,}345)=3{,}93\ \mathrm{V}. L'écart relatif est ∣4,68−3,93∣3,93=0,19\dfrac{|4{,}68-3{,}93|}{3{,}93}=0{,}19, soit 19 %19\ \% : c'est énorme, et cela vient d'un pas Δt\Delta t du même ordre que τ\tau.

d)

Le programme affiche plus que la valeur exacte : il SURESTIME, comme au b). La courbe exacte est concave, sa pente diminue au cours du temps ; la méthode d'Euler applique sur tout l'intervalle la pente du DÉBUT, la plus forte, et dépasse donc à chaque pas. L'écart relatif n'est plus que de 5,99−5,925,92=1,2 %\dfrac{5{,}99-5{,}92}{5{,}92}=1{,}2\ \%, parce que les deux courbes tendent vers la même asymptote u=Eu=E : la récurrence donne un=E(1−(1−Δtτ)n)u_{n}=E\left(1-\left(1-\dfrac{\Delta t}{\tau}\right)^{n}\right), qui tend elle aussi vers EE, et l'écart absolu s'éteint avec le régime transitoire.

e)

Il suffit de réduire Δt\Delta t, en remplaçant dt=25e−3dt = 25e-3 par une valeur plus petite. L'erreur de la méthode d'Euler est proportionnelle à Δt\Delta t au premier ordre : passer de 19 %19\ \% à moins de 1 %1\ \% demande de diviser le pas par une vingtaine, soit Δt≈1 ms\Delta t\approx 1\ \mathrm{ms}, c'est-à-dire environ τ50\dfrac{\tau}{50}. La règle pratique retenue en classe est de prendre un pas au plus égal au centième de la constante de temps.

python
from math import exp

E, R, C = 6.0, 10e3, 4.7e-6
tau = R * C

for n in range(9):
    t = n * 25e-3
    exacte = E * (1 - exp(-t / tau))
    print(round(t * 1000, 1), round(exacte, 3))
2550751001251501752002252501234567u (V)t (ms)

Exercice 10 : Problème : le temporisateur d'un éclairage de cage d'escalier

Un minuteur d'escalier utilise la décharge d'un condensateur pour mesurer une durée. Un appui sur le bouton charge instantanément CC sous E=12,0 VE=12{,}0\ \mathrm{V} ; le condensateur se décharge ensuite dans RR, et un comparateur éteint la lumière dès que uu passe sous Us=3,0 VU_{s}=3{,}0\ \mathrm{V}.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

EboutonCRcomparateur+u
  • a) Exprimez littéralement la durée TT d'éclairage en fonction de RR, CC, EE et UsU_{s}.
  • b) On veut T=180 sT=180\ \mathrm{s} avec C=470 μFC=470\ \mathrm{\mu F}. Calculez la résistance nécessaire.
  • c) On remplace le condensateur par un modèle de 1 000 μF1\,000\ \mathrm{\mu F}, à résistance inchangée. Quelle est la nouvelle durée ?
  • d) La tension d'alimentation baisse à 10,0 V10{,}0\ \mathrm{V}, le seuil restant à 3,0 V3{,}0\ \mathrm{V}. De combien la durée change-t-elle, en pourcentage ?
  • e) Le fabricant veut une durée insensible à la tension d'alimentation. Proposez une modification du seuil et justifiez.
  • f) Montrez que la constante de temps du circuit vaut τ=Tln⁡4\tau=\dfrac{T}{\ln 4}, puis calculez-la. Le condensateur est-il déchargé quand la lumière s'éteint ? Quelle fraction de EE reste-t-il alors à ses bornes ?
  • g) Un usager appuie de nouveau sur le bouton à l'instant t1=100 st_{1}=100\ \mathrm{s}, la lumière étant encore allumée. Calculez la tension uu juste avant cet appui, puis donnez l'instant de l'extinction, compté depuis le premier appui.
  • h) Les composants ont pour incertitudes-types relatives u(R)R=5 %\dfrac{u(R)}{R}=5\ \% et u(C)C=20 %\dfrac{u(C)}{C}=20\ \%, tolérance courante d'un condensateur électrochimique ; EE et UsU_{s} sont supposées exactes. On admet que u(T)T=(u(R)R)2+(u(C)C)2\dfrac{u(T)}{T}=\sqrt{\left(\dfrac{u(R)}{R}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(C)}{C}\right)^{2}}. Calculez u(T)u(T) pour T=180 sT=180\ \mathrm{s}, écrivez le résultat et dites quel composant limite la précision.
  • i) Un électricien chronomètre l'éclairage d'une cage d'escalier équipée de ce minuteur et trouve 2 min 40 s2\ \mathrm{min}\ 40\ \mathrm{s}. À l'aide du quotient ∣Tmes−T∣u(T)\dfrac{|T_{mes}-T|}{u(T)}, dites si cette mesure est compatible avec la durée prévue. Que deviendrait la conclusion avec un condensateur de tolérance 1 %1\ \%, la résistance restant à 5 %5\ \% ?

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
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Réponses

  • a) T=RCln⁡EUsT=RC\ln\dfrac{E}{U_{s}}
  • b) R≈276R\approx 276 kΩ
  • c) 383383 s
  • d) 156156 s : 1313 % de moins
  • e) Seuil proportionnel à EE
  • f) τ=Tln⁡4≈130\tau=\dfrac{T}{\ln 4}\approx 130 s ; il reste 2525 % de EE, condensateur non déchargé
  • g) u(100 s)≈5,56u(100\ \mathrm{s})\approx 5{,}56 V ; extinction à 280280 s
  • h) u(T)≈37u(T)\approx 37 s, T=(180±37)T=(180\pm 37) s ; le condensateur limite
  • i) Quotient ≈0,54\approx 0{,}54 : compatible ; à 11 %, ≈2,2\approx 2{,}2 : plus compatible
a)

La décharge suit u(t)=E e−t/RCu(t)=E\,e^{-t/RC}. On cherche TT tel que u(T)=Usu(T)=U_{s} : E e−T/RC=UsE\,e^{-T/RC}=U_{s}, donc e−T/RC=UsEe^{-T/RC}=\dfrac{U_{s}}{E} et T=RC ln⁡ ⁣(EUs)T=RC\,\ln\!\left(\dfrac{E}{U_{s}}\right).

b)

ln⁡ ⁣(12,03,0)=ln⁡(4)=1,386\ln\!\left(\dfrac{12{,}0}{3{,}0}\right)=\ln(4)=1{,}386. Donc R=TCln⁡(4)=180470×10−6×1,386=2,76×105 ΩR=\dfrac{T}{C\ln(4)}=\dfrac{180}{470\times 10^{-6}\times 1{,}386}=2{,}76\times 10^{5}\ \Omega, soit environ 276 kΩ276\ \mathrm{k\Omega}.

c)

TT est proportionnelle à CC : T′=180×1000470=383 sT'=180\times \dfrac{1000}{470}=383\ \mathrm{s}, soit environ 6 min 23 s6\ \mathrm{min}\ 23\ \mathrm{s}. Plus du double, pour un composant qui coûte le même prix.

d)

T′=RCln⁡ ⁣(10,03,0)=RC×1,204T'=RC\ln\!\left(\dfrac{10{,}0}{3{,}0}\right)=RC\times 1{,}204. Le rapport à la durée initiale vaut 1,2041,386=0,869\dfrac{1{,}204}{1{,}386}=0{,}869 : la durée tombe à 156 s156\ \mathrm{s}, soit 13 %13\ \% de moins. Une simple baisse de tension d'alimentation raccourcit donc sensiblement l'éclairage, ce qui est un défaut de conception.

e)

Il faut rendre le seuil PROPORTIONNEL à la tension d'alimentation, par exemple en le produisant par un pont diviseur alimenté par EE lui-même, réglé sur Us=E4U_{s}=\dfrac{E}{4}. Le rapport EUs\dfrac{E}{U_{s}} vaut alors toujours 44, quel que soit EE, et T=RCln⁡(4)T=RC\ln(4) ne dépend plus que des composants. C'est le principe général des montages dits ratiométriques.

f)

D'après a), T=RCln⁡ ⁣(EUs)=RCln⁡4T=RC\ln\!\left(\dfrac{E}{U_{s}}\right)=RC\ln 4, et RCRC est la constante de temps τ\tau du circuit de décharge : τ=Tln⁡4=1801,386≈130 s\tau=\dfrac{T}{\ln 4}=\dfrac{180}{1{,}386}\approx 130\ \mathrm{s}.

Contrôle avec b) : RC=2,76×105×470×10−6≈130 sRC=2{,}76\times 10^{5}\times 470\times 10^{-6}\approx 130\ \mathrm{s} ✓.

La durée d'éclairage vaut donc T=ln⁡4×τ≈1,39 τT=\ln 4\times\tau\approx 1{,}39\,\tau : la lumière s'éteint un peu après la première constante de temps.

À l'extinction, u(T)=Us=3,0 Vu(T)=U_{s}=3{,}0\ \mathrm{V}, soit UsE=3,012,0=25 %\dfrac{U_{s}}{E}=\dfrac{3{,}0}{12{,}0}=25\ \% de la tension initiale : le condensateur est loin d'être déchargé.

Il ne le serait pratiquement qu'après 5τ≈650 s5\tau\approx 650\ \mathrm{s}, où il reste e−5≈0,7 %e^{-5}\approx 0{,}7\ \% de EE : le minuteur n'exploite que le début de la décharge, celui où uu varie le plus vite.

Piège : confondre TT et τ\tau. La durée d'éclairage dépend du seuil, la constante de temps n'en dépend pas.

g)

Juste avant le second appui, la décharge suit toujours u(t)=E e−t/τu(t)=E\,e^{-t/\tau} : u(t1)=12,0×e−100/130=12,0×0,463≈5,56 Vu(t_{1})=12{,}0\times e^{-100/130}=12{,}0\times 0{,}463\approx 5{,}56\ \mathrm{V}, encore au-dessus du seuil de 3,0 V3{,}0\ \mathrm{V}.

L'appui recharge instantanément le condensateur : uu remonte à E=12,0 VE=12{,}0\ \mathrm{V}, et une décharge identique à la première commence à l'instant t1t_{1}.

La lumière s'éteint quand uu repasse sous UsU_{s}, une durée TT après ce nouveau départ : à t1+T=100+180=280 st_{1}+T=100+180=280\ \mathrm{s} après le premier appui.

Chaque appui relance donc un éclairage complet de 33 min, quelle que soit la tension restante : c'est bien le comportement attendu d'un minuteur d'escalier.

Piège : ne compter que la fin de la première décharge, T−t1=80 sT-t_{1}=80\ \mathrm{s}. Le second appui remet uu à EE, et la décharge repart de zéro.

h)

Formule fournie : u(T)T=0,052+0,202=0,0025+0,0400=0,0425≈0,206\dfrac{u(T)}{T}=\sqrt{0{,}05^{2}+0{,}20^{2}}=\sqrt{0{,}0025+0{,}0400}=\sqrt{0{,}0425}\approx 0{,}206, soit 20,6 %20{,}6\ \%.

u(T)=0,206×180≈37 su(T)=0{,}206\times 180\approx 37\ \mathrm{s}, d'où T=(180±37) sT=(180\pm 37)\ \mathrm{s}, ou T=(1,8±0,4)×102 sT=(1{,}8\pm 0{,}4)\times 10^{2}\ \mathrm{s} avec un seul chiffre significatif sur l'incertitude.

Sous la racine, le condensateur pèse 0,04000{,}0400 contre 0,00250{,}0025 pour la résistance, seize fois plus : c'est le CONDENSATEUR qui limite la précision.

Contrôle : le condensateur seul donnerait déjà 20 %20\ \% ; la résistance n'ajoute que 0,60{,}6 point.

Piège : additionner les pourcentages, 5+20=25 %5+20=25\ \%. La composition en quadrature donne toujours moins que la somme.

i)

Tmes=2×60+40=160 sT_{mes}=2\times 60+40=160\ \mathrm{s}. Quotient : ∣160−180∣37≈0,54\dfrac{|160-180|}{37}\approx 0{,}54.

Il est inférieur à 22 : l'écart de 20 s20\ \mathrm{s} s'explique par la tolérance des composants. La mesure est compatible avec la durée prévue, et rien n'indique une panne.

Avec un condensateur à 1 %1\ \% : u(T)T=0,052+0,012=0,0026≈0,051\dfrac{u(T)}{T}=\sqrt{0{,}05^{2}+0{,}01^{2}}=\sqrt{0{,}0026}\approx 0{,}051, donc u(T)≈9,2 su(T)\approx 9{,}2\ \mathrm{s}, et le quotient vaut 209,2≈2,2\dfrac{20}{9{,}2}\approx 2{,}2.

Il dépasse 22 : avec des composants précis, le même écart ne s'expliquerait plus par leurs tolérances. Il faudrait chercher une autre cause, par exemple une tension d'alimentation un peu basse, qui raccourcit la durée comme en d).

Une même mesure peut donc être compatible ou non selon l'incertitude de la prévision : le quotient compare un écart à une incertitude, jamais un écart seul.

Piège : conclure à un défaut parce que 160≠180160\neq 180. Sans incertitude, un écart ne prouve rien.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : L'intensité pendant la charge

Un condensateur de capacité C=100 μFC=100\ \mathrm{\mu F}, initialement déchargé, est chargé à travers un conducteur ohmique R=1,0 kΩR=1{,}0\ \mathrm{k\Omega} par un générateur idéal de tension E=12 VE=12\ \mathrm{V}. On sait que uC(t)=E(1−e−t/τ)u_{C}(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right) avec τ=RC\tau=RC.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

E = 12 VKR = 1,0 kΩC = 100 µFi+uRuC
  • a) Calculez τ\tau, puis exprimez uR(t)u_{R}(t) et i(t)i(t).
  • b) Calculez l'intensité à l'instant t=0t=0.
  • c) Calculez l'intensité à l'instant t=τt=\tau.
  • d) À quel instant l'intensité descend-elle à 1,0 mA1{,}0\ \mathrm{mA} ?
  • e) Que vaut la tension aux bornes du condensateur à cet instant ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) τ=0,10\tau=0{,}10 s ; i=ERe−t/τi=\dfrac{E}{R}e^{-t/\tau}
  • b) 1212 mA
  • c) 4,44{,}4 mA
  • d) t=τln⁡12≈0,25t=\tau\ln 12\approx 0{,}25 s
  • e) uC=11u_{C}=11 V
a)

τ=RC=1,0×103×100×10−6=0,10 s\tau=RC=1{,}0\times 10^{3}\times 100\times 10^{-6}=0{,}10\ \mathrm{s}. La loi des mailles donne uR=E−uC=E e−t/τu_{R}=E-u_{C}=E\,e^{-t/\tau}, et la loi d'Ohm i=uRR=ERe−t/τi=\dfrac{u_{R}}{R}=\dfrac{E}{R}e^{-t/\tau}. Alors que uCu_{C} monte, uRu_{R} et ii DÉCROISSENT avec la même constante de temps.

b)

i(0)=ER=121,0×103=1,2×10−2 A=12 mAi(0)=\dfrac{E}{R}=\dfrac{12}{1{,}0\times 10^{3}}=1{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{A}=12\ \mathrm{mA} : au premier instant, le condensateur déchargé se comporte comme un fil, toute la tension est aux bornes de RR.

c)

i(τ)=12×e−1=12×0,368=4,4 mAi(\tau)=12\times e^{-1}=12\times 0{,}368=4{,}4\ \mathrm{mA}, soit 37 %37\ \% de la valeur initiale. Pour l'intensité, c'est le repère des 37 %37\ \% qui donne τ\tau, pas celui des 63 %63\ \%.

d)

12 e−t/τ=1,012\,e^{-t/\tau}=1{,}0 donne e−t/τ=112e^{-t/\tau}=\dfrac{1}{12}, soit t=τln⁡12=0,10×2,485=0,25 st=\tau\ln 12=0{,}10\times 2{,}485=0{,}25\ \mathrm{s}.

e)

uR=R i=1,0×103×1,0×10−3=1,0 Vu_{R}=R\,i=1{,}0\times 10^{3}\times 1{,}0\times 10^{-3}=1{,}0\ \mathrm{V}, donc uC=E−uR=12−1,0=11 Vu_{C}=E-u_{R}=12-1{,}0=11\ \mathrm{V}. On pouvait aussi calculer 12(1−112)=11 V12\left(1-\dfrac{1}{12}\right)=11\ \mathrm{V}.

0,050,10,150,20,250,30,350,40,450,52468101214i(τ) = 4,4 mA1,0 mA à 0,25 st (s)i (mA)

Exercice 12 : Le capteur capacitif d'une touche

Sous une touche de clavier, deux plaques métalliques de surface S=1,0 cm2S=1{,}0\ \mathrm{cm^{2}} forment un condensateur plan. Au repos, elles sont séparées de e=0,50 mme=0{,}50\ \mathrm{mm} d'air ; la touche enfoncée les rapproche à e′=0,20 mme'=0{,}20\ \mathrm{mm}.

La capacité d'un condensateur plan vaut C=ε0SeC=\dfrac{\varepsilon_{0}S}{e} dans l'air, avec ε0=8,85×10−12 F/m\varepsilon_{0}=8{,}85\times 10^{-12}\ \mathrm{F/m}. Le circuit de lecture charge ce condensateur à travers R=1,0 MΩR=1{,}0\ \mathrm{M\Omega} et mesure la constante de temps.

repostouche enfoncéee = 0,50 mme' = 0,20 mm
  • a) Calculez la capacité quand la touche est au repos, en picofarads.
  • b) Calculez la capacité quand la touche est enfoncée.
  • c) Par quel facteur la capacité est-elle multipliée ? Justifiez-le sans refaire le calcul.
  • d) Calculez les deux constantes de temps, en microsecondes.
  • e) Le circuit déclare la touche enfoncée dès que τ\tau dépasse 3,0 μs3{,}0\ \mathrm{\mu s}. Ce seuil sépare-t-il bien les deux états ?
  • 12345678910111213140,511,522,533,541234t (µs)uC (V)
    Document 1 : la charge du condensateur de la touche au repos (courbe 1) et trois courbes candidates pour la touche enfoncée.
  • f) Le circuit de lecture charge le condensateur de la touche sous une tension E=3,3 VE=3{,}3\ \mathrm{V}, à travers la résistance R=1,0 MΩR=1{,}0\ \mathrm{M\Omega}. Le document 1 représente la tension uCu_{C} en fonction du temps lorsque la touche est au repos (courbe 1). Choisissez, parmi les courbes 2, 3 et 4, celle qui correspond à la touche enfoncée. Justifiez par l'influence de τ\tau.
  • g) Déterminez graphiquement, sur la courbe choisie, la constante de temps de la touche enfoncée, en faisant apparaître la construction. Comparez au résultat de d).
  • 3,3 VC₁C₂+U₁U₂U
    Document 2 : le circuit de lecture à deux condensateurs en série.
  • h) Un autre clavier lit la touche sans mesurer de durée. Le condensateur de la touche, de capacité C2C_{2}, est monté en série avec un condensateur de référence de capacité C1=3,0 pFC_{1}=3{,}0\ \mathrm{pF} ; l'ensemble est alimenté sous U=3,3 VU=3{,}3\ \mathrm{V}, et un voltmètre mesure la tension U1U_{1} aux bornes de C1C_{1} (document 2). Deux condensateurs montés en série portent la même charge qq. Montrez que U1=U C2C1+C2U_{1}=U\,\dfrac{C_{2}}{C_{1}+C_{2}}.
  • i) Calculez U1U_{1} lorsque la touche est au repos, puis lorsqu'elle est enfoncée.
  • j) Lors d'une frappe, le voltmètre indique U1=1,8 VU_{1}=1{,}8\ \mathrm{V}. Le clavier compte la frappe dès que l'écart entre les armatures de la touche descend sous 0,30 mm0{,}30\ \mathrm{mm}. La frappe est-elle comptée ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
i)
j)
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Réponses

  • a) 1,771{,}77 pF
  • b) 4,434{,}43 pF
  • c) ×2,5=ee′\times 2{,}5=\dfrac{e}{e'}
  • d) 1,771{,}77 µs et 4,434{,}43 µs
  • e) Oui, le seuil est entre les deux
  • f) Courbe 2 : τ\tau passe à 4,434{,}43 µs, charge plus lente, même valeur finale E=3,3E=3{,}3 V
  • g) 0,63 E=2,080{,}63\,E=2{,}08 V, lu à τ≈4,4\tau\approx 4{,}4 µs, en accord avec d)
  • h) U=U1+U2U=U_{1}+U_{2} et q=C1U1=C2U2q=C_{1}U_{1}=C_{2}U_{2}, d'où U1=U C2C1+C2U_{1}=U\,\dfrac{C_{2}}{C_{1}+C_{2}}
  • i) 1,221{,}22 V au repos, 1,971{,}97 V enfoncée
  • j) C2=3,6C_{2}=3{,}6 pF, e≈0,25e\approx 0{,}25 mm <0,30<0{,}30 mm : frappe comptée
a)

S=1,0×10−4 m2S=1{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}} et e=5,0×10−4 me=5{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m} : C=8,85×10−12×1,0×10−45,0×10−4=1,77×10−12 F=1,77 pFC=\dfrac{8{,}85\times 10^{-12}\times 1{,}0\times 10^{-4}}{5{,}0\times 10^{-4}}=1{,}77\times 10^{-12}\ \mathrm{F}=1{,}77\ \mathrm{pF}. Les centimètres carrés se convertissent avec 10−410^{-4}, pas 10−210^{-2}.

b)

C′=8,85×10−12×1,0×10−42,0×10−4=4,43 pFC'=\dfrac{8{,}85\times 10^{-12}\times 1{,}0\times 10^{-4}}{2{,}0\times 10^{-4}}=4{,}43\ \mathrm{pF}.

c)

La capacité est inversement proportionnelle à l'écartement : C′C=ee′=0,500,20=2,5\dfrac{C'}{C}=\dfrac{e}{e'}=\dfrac{0{,}50}{0{,}20}=2{,}5. Rapprocher les armatures augmente la capacité.

d)

τ=RC=1,0×106×1,77×10−12=1,77×10−6 s=1,77 μs\tau=RC=1{,}0\times 10^{6}\times 1{,}77\times 10^{-12}=1{,}77\times 10^{-6}\ \mathrm{s}=1{,}77\ \mathrm{\mu s} au repos, et τ′=4,43 μs\tau'=4{,}43\ \mathrm{\mu s} enfoncée.

e)

Oui : 1,77 μs<3,0 μs<4,43 μs1{,}77\ \mathrm{\mu s}<3{,}0\ \mathrm{\mu s}<4{,}43\ \mathrm{\mu s}. Le seuil est placé entre les deux valeurs, avec une marge de chaque côté pour tolérer la dispersion des composants. C'est le même principe qui fait réagir un écran tactile : le doigt, conducteur, modifie la capacité locale, et le circuit détecte la variation de constante de temps.

f)

D'après d), enfoncer la touche fait passer la constante de temps de 1,771{,}77 à 4,43 μs4{,}43\ \mathrm{\mu s} : τ=RC\tau=RC augmente avec la capacité, donc la charge est plus LENTE et la courbe monte moins vite que la courbe 1.

La valeur finale, elle, ne change pas. En régime permanent l'intensité est nulle, la tension uR=Riu_{R}=Ri aussi, et la loi des mailles donne uC=E=3,3 Vu_{C}=E=3{,}3\ \mathrm{V}, quelle que soit la capacité.

La courbe 4 monte plus vite que la courbe 1 : elle correspondrait à une capacité plus PETITE. La courbe 3 est plus lente, mais elle plafonne vers 1,3 V1{,}3\ \mathrm{V} au lieu de 3,3 V3{,}3\ \mathrm{V} : c'est exclu. Il reste la courbe 2, plus lente et de même valeur finale EE.

Piège : faire baisser la valeur finale quand la capacité change. Ce qui change en régime permanent, c'est la charge stockée q=CEq=CE, qui augmente avec CC, pas la tension.

g)

À t=τt=\tau, la charge atteint 63 %63\ \% de sa valeur finale : 0,63×E=0,63×3,3=2,08 V0{,}63\times E=0{,}63\times 3{,}3=2{,}08\ \mathrm{V}.

On trace l'horizontale uC=2,08 Vu_{C}=2{,}08\ \mathrm{V} jusqu'à la courbe 2, puis on descend verticalement sur l'axe des temps (document du corrigé) : on lit τ≈4,4 μs\tau\approx 4{,}4\ \mathrm{\mu s}.

La même construction sur la courbe 1 donne 1,8 μs1{,}8\ \mathrm{\mu s}. La lecture graphique est en accord avec le calcul de d), τ′=4,43 μs\tau'=4{,}43\ \mathrm{\mu s}, à la précision de la lecture près.

Piège : prendre 63 %63\ \% de la valeur finale de la courbe 1 au lieu de celle de la courbe étudiée. Ici les deux valent EE, mais sur la courbe 3, qui plafonne à 1,3 V1{,}3\ \mathrm{V}, la construction partirait de 0,63×1,3 V0{,}63\times 1{,}3\ \mathrm{V}.

h)

La loi des mailles donne U=U1+U2U=U_{1}+U_{2}, où U2U_{2} est la tension aux bornes de la touche.

Chaque condensateur vérifie q=Cuq=Cu, et les deux portent la même charge qq : q=C1U1=C2U2q=C_{1}U_{1}=C_{2}U_{2}, donc U2=C1C2 U1U_{2}=\dfrac{C_{1}}{C_{2}}\,U_{1}.

En reportant : U=U1+C1C2 U1=U1 C1+C2C2U=U_{1}+\dfrac{C_{1}}{C_{2}}\,U_{1}=U_{1}\,\dfrac{C_{1}+C_{2}}{C_{2}}, d'où U1=U C2C1+C2U_{1}=U\,\dfrac{C_{2}}{C_{1}+C_{2}}.

Contrôle : si la capacité de la touche devenait très grande, U1U_{1} tendrait vers UU ; la touche ne prendrait plus rien de la tension.

L'association de condensateurs en série n'est pas une notion du programme de Terminale : comme dans un sujet de bac, l'énoncé donne la propriété utile, la même charge sur les deux condensateurs.

i)

Touche au repos, C2=1,77 pFC_{2}=1{,}77\ \mathrm{pF} d'après a) : U1=3,3×1,773,0+1,77=3,3×1,774,77≈1,22 VU_{1}=3{,}3\times\dfrac{1{,}77}{3{,}0+1{,}77}=3{,}3\times\dfrac{1{,}77}{4{,}77}\approx 1{,}22\ \mathrm{V}.

Touche enfoncée, C2=4,43 pFC_{2}=4{,}43\ \mathrm{pF} d'après b) : U1=3,3×4,437,43≈1,97 VU_{1}=3{,}3\times\dfrac{4{,}43}{7{,}43}\approx 1{,}97\ \mathrm{V}.

Enfoncer la touche fait donc MONTER U1U_{1} : la touche, de plus grande capacité, garde une plus petite part de la tension, et le condensateur de référence en reçoit davantage. Les capacités peuvent rester en picofarads, puisque seul leur rapport intervient.

Piège : écrire que la tension se partage dans le rapport des capacités, comme pour des résistances en série. C'est l'inverse : le condensateur de plus grande capacité a la plus petite tension.

j)

D'après h), U1(C1+C2)=U C2U_{1}\left(C_{1}+C_{2}\right)=U\,C_{2}, donc C2=C1 U1U−U1=3,0×1,83,3−1,8=5,41,5=3,6 pFC_{2}=\dfrac{C_{1}\,U_{1}}{U-U_{1}}=\dfrac{3{,}0\times 1{,}8}{3{,}3-1{,}8}=\dfrac{5{,}4}{1{,}5}=3{,}6\ \mathrm{pF}.

Le modèle du condensateur plan donne l'écart entre les armatures : e=ε0SC2=8,85×10−12×1,0×10−43,6×10−12≈2,5×10−4 m=0,25 mme=\dfrac{\varepsilon_{0}S}{C_{2}}=\dfrac{8{,}85\times 10^{-12}\times 1{,}0\times 10^{-4}}{3{,}6\times 10^{-12}}\approx 2{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{m}=0{,}25\ \mathrm{mm}.

Cet écart est inférieur à 0,30 mm0{,}30\ \mathrm{mm} : la frappe est comptée.

Contrôle par le seuil : à e=0,30 mme=0{,}30\ \mathrm{mm}, C2=2,95 pFC_{2}=2{,}95\ \mathrm{pF} et U1=3,3×2,955,95≈1,64 VU_{1}=3{,}3\times\dfrac{2{,}95}{5{,}95}\approx 1{,}64\ \mathrm{V}. Le clavier compte la frappe dès que U1U_{1} dépasse 1,64 V1{,}64\ \mathrm{V}, et 1,8 V1{,}8\ \mathrm{V} est bien au-delà. La valeur lue se place aussi entre 1,221{,}22 et 1,97 V1{,}97\ \mathrm{V}, les deux états de i) : la touche est en cours d'enfoncement.

Piège : prendre U2=1,8 VU_{2}=1{,}8\ \mathrm{V} pour la touche. Le voltmètre est aux bornes de C1C_{1} ; la touche a U2=U−U1=1,5 VU_{2}=U-U_{1}=1{,}5\ \mathrm{V}.

12345678910111213140,511,522,533,540,63 E = 2,08 V1,84,412t (µs)uC (V)
Lecture de la constante de temps à 63 % de E, sur la courbe 1 et sur la courbe 2.

Exercice 13 : La constante de temps par linéarisation

Un condensateur chargé sous E=5,00 VE=5{,}00\ \mathrm{V} se décharge dans un conducteur ohmique R=100 kΩR=100\ \mathrm{k\Omega}. On relève la tension à ses bornes.

On rappelle que pour la décharge u(t)=E e−t/τu(t)=E\,e^{-t/\tau}.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

t (s)02,04,06,08,0
u (V)5,003,272,141,400,911
C12KE = 5,00 VR = 100 kΩ+Eu
  • a) Montrez que ln⁡u\ln u est une fonction affine du temps, et précisez sa pente et son ordonnée à l'origine.
  • b) Calculez ln⁡u\ln u à t=8,0 st=8{,}0\ \mathrm{s}.
  • c) Déduisez la pente de la droite à partir des points extrêmes, puis la constante de temps.
  • d) Calculez la capacité du condensateur.
  • e) Quel avantage la linéarisation présente-t-elle sur la lecture du point à 37 %37\ \% ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ln⁡u=ln⁡E−tτ\ln u=\ln E-\dfrac{t}{\tau}
  • b) ln⁡0,911=−0,093\ln 0{,}911=-0{,}093
  • c) Pente −0,213-0{,}213 s⁻¹ : τ=4,70\tau=4{,}70 s
  • d) C=47C=47 µF
  • e) Tous les points et test du modèle
a)

ln⁡u=ln⁡(E e−t/τ)=ln⁡E−tτ\ln u=\ln\left(E\,e^{-t/\tau}\right)=\ln E-\dfrac{t}{\tau}. C'est une fonction affine de tt, de pente −1τ-\dfrac{1}{\tau} et d'ordonnée à l'origine ln⁡E=ln⁡5,00=1,609\ln E=\ln 5{,}00=1{,}609.

b)

ln⁡0,911=−0,093\ln 0{,}911=-0{,}093. Le logarithme d'une tension inférieure à 1 V1\ \mathrm{V} est négatif ; il n'y a là rien d'anormal.

c)

Pente : −0,093−1,6098,0−0=−0,213 s−1\dfrac{-0{,}093-1{,}609}{8{,}0-0}=-0{,}213\ \mathrm{s^{-1}}. Donc τ=10,213=4,70 s\tau=\dfrac{1}{0{,}213}=4{,}70\ \mathrm{s}. Les points intermédiaires, ln⁡3,27=1,185\ln 3{,}27=1{,}185 à 2 s2\ \mathrm{s} et ln⁡2,14=0,761\ln 2{,}14=0{,}761 à 4 s4\ \mathrm{s}, tombent bien sur cette droite, ce qui valide le modèle exponentiel.

d)

C=τR=4,70100×103=4,70×10−5 F=47 μFC=\dfrac{\tau}{R}=\dfrac{4{,}70}{100\times 10^{3}}=4{,}70\times 10^{-5}\ \mathrm{F}=47\ \mathrm{\mu F}, une valeur normalisée courante.

e)

La droite utilise TOUS les points de mesure, et non un seul point lu par interpolation : l'effet des erreurs aléatoires s'atténue. Surtout, l'alignement des points TESTE le modèle : si la décharge n'était pas exponentielle, par exemple à cause d'une fuite ou d'un voltmètre qui consomme, les points s'écarteraient visiblement d'une droite, ce qu'un point isolé ne montre jamais.

123456789−0,50,511,52pente : −0,213 par secondeτ = 1 / 0,213 = 4,70 st (s)ln u

Exercice 14 : Le supercondensateur d'un bus électrique

Un bus électrique récupère de l'énergie à chaque arrêt grâce à un module de supercondensateurs de capacité C=63 FC=63\ \mathrm{F}, dont la tension maximale est Umax⁡=125 VU_{\max}=125\ \mathrm{V}.

À l'arrêt, une borne le recharge, depuis une tension nulle, avec une intensité CONSTANTE I=150 AI=150\ \mathrm{A}. On rappelle q=Cuq=Cu, i=dqdti=\dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t} et Ee=12Cu2E_{e}=\dfrac{1}{2}Cu^{2}.

Approfondissement pour les questions c) à e) : l'énergie stockée dans un condensateur n'est pas au programme de Terminale. Les questions a) et b), charge à intensité constante par q=Cuq=Cu et i=dqdti=\frac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}, y sont.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

borneC = 63 FI = 150 AG+u
  • a) Montrez que, pendant une charge à intensité constante, u(t)=ICtu(t)=\dfrac{I}{C}t.
  • b) Calculez la durée de la recharge complète.
  • c) Calculez l'énergie stockée à pleine charge, en joules puis en kilowattheures.
  • d) Le moteur ne peut plus utiliser le module quand sa tension passe sous 62,5 V62{,}5\ \mathrm{V}. Quelle fraction de l'énergie stockée est réellement utilisable ?
  • e) Calculez la puissance moyenne de la recharge. La batterie d'un bus stocke environ 60 kWh60\ \mathrm{kWh} : quel est le rôle des supercondensateurs ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) u=ICtu=\dfrac{I}{C}t
  • b) 52,552{,}5 s
  • c) 4,92×1054{,}92\times 10^{5} J =0,137=0{,}137 kWh
  • d) 7575 % utilisables
  • e) 9,49{,}4 kW ; fortes puissances brèves
a)

i=dqdt=Cdudt=Ii=\dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}=C\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=I, donc dudt=IC\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=\dfrac{I}{C}, constante. Avec u(0)=0u(0)=0, u(t)=ICtu(t)=\dfrac{I}{C}t : la tension croît LINÉAIREMENT, et non en exponentielle comme à travers une résistance.

b)

u=Umax⁡u=U_{\max} pour t=CUmax⁡I=63×125150=52,5 st=\dfrac{CU_{\max}}{I}=\dfrac{63\times 125}{150}=52{,}5\ \mathrm{s}, moins d'une minute d'arrêt.

c)

Ee=12×63×1252=4,92×105 JE_{e}=\dfrac{1}{2}\times 63\times 125^{2}=4{,}92\times 10^{5}\ \mathrm{J}. En kilowattheures : 4,92×1053,6×106=0,137 kWh\dfrac{4{,}92\times 10^{5}}{3{,}6\times 10^{6}}=0{,}137\ \mathrm{kWh}.

d)

À 62,5 V62{,}5\ \mathrm{V}, il reste 12×63×62,52=1,23×105 J\dfrac{1}{2}\times 63\times 62{,}5^{2}=1{,}23\times 10^{5}\ \mathrm{J}, le QUART de l'énergie initiale, puisque l'énergie varie comme le carré de la tension. La fraction utilisable vaut donc 1−14=75 %1-\dfrac{1}{4}=75\ \%, soit 3,69×105 J3{,}69\times 10^{5}\ \mathrm{J}. Répondre 50 %50\ \% en raisonnant sur la tension est le piège.

e)

P=4,92×10552,5=9,4×103 WP=\dfrac{4{,}92\times 10^{5}}{52{,}5}=9{,}4\times 10^{3}\ \mathrm{W}. Le module stocke 600,137≈440\dfrac{60}{0{,}137}\approx 440 fois moins d'énergie que la batterie : il ne sert pas à rouler longtemps, mais à encaisser et restituer très vite de fortes puissances, au freinage et au démarrage, ce qui ménage la batterie.

10203040506070255075100125150u = (I / C) t : une droitet (s)u (V)

Exercice 15 : Observer la charge avec un signal créneau

Pour observer à l'oscilloscope la charge et la décharge d'un condensateur, on remplace l'interrupteur par un générateur de signaux créneaux : sa tension vaut E=5,0 VE=5{,}0\ \mathrm{V} pendant une demi-période, puis 00 pendant l'autre. Le circuit série comporte R=1,0 kΩR=1{,}0\ \mathrm{k\Omega} et C=10 μFC=10\ \mathrm{\mu F}.

Pendant chaque demi-période, la tension uu du condensateur évolue exponentiellement vers la tension du générateur, en partant de la valeur atteinte à la fin de la demi-période précédente.

Le schéma ci-dessous représente le montage.

GBFR = 1,0 kΩC = 10 µFG+eu
  • a) Calculez la constante de temps du circuit.
  • b) Pour voir des charges et des décharges complètes, chaque demi-période doit durer au moins 5τ5\tau. Quelle est la fréquence maximale du générateur ?
  • c) À cette fréquence, calculez la tension atteinte à la fin de la première demi-période, en partant de u=0u=0.
  • d) On règle maintenant f=500 Hzf=500\ \mathrm{Hz}. Calculez la durée d'une demi-période en fonction de τ\tau. En régime établi, uu oscille entre umax⁡=E1+au_{\max}=\dfrac{E}{1+a} et umin⁡=aE1+au_{\min}=\dfrac{aE}{1+a} avec a=e−T/(2τ)a=e^{-T/(2\tau)} : calculez ces deux valeurs.
  • e) Décrivez l'allure de uu à 500 Hz500\ \mathrm{Hz}. Quel usage peut-on faire de ce comportement ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) τ=10\tau=10 ms
  • b) f≤10f\leq 10 Hz
  • c) 4,974{,}97 V
  • d) T2=τ10\dfrac{T}{2}=\dfrac{\tau}{10} ; 2,622{,}62 V et 2,382{,}38 V
  • e) Faible oscillation autour de 2,52{,}5 V : filtre
a)

τ=RC=1,0×103×10×10−6=1,0×10−2 s=10 ms\tau=RC=1{,}0\times 10^{3}\times 10\times 10^{-6}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{s}=10\ \mathrm{ms}.

b)

T2≥5τ=50 ms\dfrac{T}{2}\geq 5\tau=50\ \mathrm{ms}, donc T≥100 msT\geq 100\ \mathrm{ms} et f≤10,100=10 Hzf\leq\dfrac{1}{0{,}100}=10\ \mathrm{Hz}. L'erreur classique est d'imposer T≥5τT\geq 5\tau : la charge n'occupe que la MOITIÉ de la période.

c)

u=5,0(1−e−5)=5,0×0,993=4,97 Vu=5{,}0\left(1-e^{-5}\right)=5{,}0\times 0{,}993=4{,}97\ \mathrm{V} : la charge est pratiquement complète, à 0,7 %0{,}7\ \% près.

d)

T=1500=2,0 msT=\dfrac{1}{500}=2{,}0\ \mathrm{ms}, donc T2=1,0 ms=τ10\dfrac{T}{2}=1{,}0\ \mathrm{ms}=\dfrac{\tau}{10} et a=e−0,1=0,905a=e^{-0{,}1}=0{,}905. Alors umax⁡=5,01,905=2,62 Vu_{\max}=\dfrac{5{,}0}{1{,}905}=2{,}62\ \mathrm{V} et umin⁡=0,905×2,62=2,38 Vu_{\min}=0{,}905\times 2{,}62=2{,}38\ \mathrm{V}.

e)

Le condensateur n'a jamais le temps de se charger ni de se décharger : uu oscille faiblement, en dents de scie presque rectilignes, entre 2,382{,}38 et 2,62 V2{,}62\ \mathrm{V}, autour de la valeur moyenne du créneau, 2,5 V2{,}5\ \mathrm{V}. Le circuit a presque effacé les variations rapides et gardé la moyenne : c'est un FILTRE, qui sert à lisser une tension.

255075100125150175200123456e(t), créneauu(t)t (ms)u (V)
À 10 Hz10\ \mathrm{Hz}, chaque demi-période dure 5τ5\tau : uu (trait plein) rejoint presque la tension du créneau (pointillés) avant chaque basculement, charges et décharges sont complètes.
0,511,522,533,544,555,56123456e(t)u(t)t (ms)u (V)
À 500 Hz500\ \mathrm{Hz}, une demi-période ne dure que τ10\dfrac{\tau}{10} : en régime établi, uu ondule faiblement autour de la valeur moyenne 2,5 V2{,}5\ \mathrm{V} du créneau. Le circuit lisse la tension.
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspc-circuit-rc. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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