Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : évolution temporelle d'un système électrique (Terminale spécialité)
Voici dix exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur l'évolution temporelle d'un système électrique, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le fil de la série : la tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE, et cette seule propriété donne la condition initiale de toutes les résolutions. C'est l'intensité, elle, qui saute à la fermeture de l'interrupteur, et non la tension, contrairement à ce que l'intuition suggère.
Deux pièges reviennent d'un exercice à l'autre : à t=τ la charge n'est qu'à 63% et non terminée, et la moitié de l'énergie fournie par le générateur est toujours dissipée dans la résistance, quelle que soit sa valeur.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Charge d'un condensateur : q=Cu, avec C en farads. En convention récepteur, i=Cdtdu.
•La tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE : elle ne saute jamais, sous peine d'intensité infinie.
•Charge d'un dipôle RC : τdtdu+u=E, de solution u(t)=E(1−e−t/τ).
•Décharge : τdtdu+u=0, de solution u(t)=Ee−t/τ.
•Constante de temps : τ=RC, homogène à un temps. À t=τ, la charge atteint 63% et la décharge a laissé 37%.
•Trois lectures de τ : les 63%, l'intersection de la tangente à l'origine avec l'asymptote, et la règle des 5τ pour la fin pratique du régime transitoire.
•Intensité initiale de charge : i(0)=RE, valeur maximale. En régime permanent, i=0 et le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert.
•Énergie stockée : Ee=21Cu2. Le rendement de la charge à travers une résistance vaut toujours 50%.
•Méthode d'Euler : un+1=un+τE−unΔt, avec un pas au plus égal au centième de τ.
•Durée d'un temporisateur à décharge : T=RCln(UsE).
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Le condensateur et ses relations
Un condensateur est constitué de deux armatures conductrices séparées par un isolant. Il accumule une charge q proportionnelle à la tension entre ses bornes : q=Cu, où C est la capacité, en farads.
En convention récepteur, l'intensité qui le traverse vaut i=dtdq=Cdtdu.
Le circuit ci-dessous associe un générateur idéal de tension E=6,0V, un conducteur ohmique R=10kΩ et un condensateur C=4,7μF.
a) Le condensateur est chargé sous 6,0V. Calculez la charge accumulée sur son armature positive.
b) Vérifiez par une analyse dimensionnelle que le produit RC est homogène à un temps, puis calculez sa valeur.
c) Que vaut i lorsque la tension u aux bornes du condensateur est constante ? Interprétez physiquement.
d) Juste après la fermeture de l'interrupteur, le condensateur étant initialement déchargé, que valent u et i ? Justifiez chacune des deux valeurs.
e) Pourquoi la tension aux bornes d'un condensateur ne peut-elle pas subir de discontinuité ? Que faudrait-il pour cela ?
Voir la correction
Réponses
a)q=2,8×10−5 C
b)[RC]= temps ; τ=47 ms
c)i=0 : interrupteur ouvert
d)u=0, i=RE=0,60 mA
e)Il faudrait une intensité infinie
a) q=Cu=4,7×10−6×6,0=2,8×10−5C, soit 28μC. L'armature négative porte la charge opposée, la charge totale du condensateur restant nulle.
b) u=Ri donne [R]=[I][U] et q=Cu donne [C]=[U][Q]. Donc [RC]=[I][U]×[U][Q]=[I][Q], et comme une intensité est une charge par unité de temps, ce quotient est bien un TEMPS. Numériquement, τ=RC=10×103×4,7×10−6=4,7×10−2s=47ms.
c) Si u est constante, dtdu=0 donc i=0. Physiquement, plus aucune charge n'arrive sur les armatures : le condensateur est chargé, il se comporte comme un interrupteur ouvert en régime permanent.
d) À t=0+, la tension u vaut ENCORE 0, car elle est continue et le condensateur était déchargé. La loi des mailles donne alors E=Ri+u=Ri, d'où i=RE=10×1036,0=6,0×10−4A=0,60mA. C'est l'intensité maximale de toute la charge, et elle ne décroîtra ensuite qu'à mesure que u monte.
e) Parce qu'une discontinuité de u imposerait une dérivée infinie, donc, par i=Cdtdu, une intensité infinie. Il faudrait un générateur capable de débiter un courant infini et un circuit de résistance nulle, ce qui n'existe pas. La continuité de u est donc la condition initiale que l'on utilise systématiquement pour résoudre l'équation différentielle.
Exercice 2 : L'équation différentielle de la charge
À la fermeture de l'interrupteur, le circuit série comporte le générateur, le conducteur ohmique et le condensateur. La loi des mailles suffit à établir l'équation qui gouverne u(t).
a) Écrivez la loi des mailles en fléchant les tensions, puis remplacez uR à l'aide de la loi d'Ohm et de la relation i=Cdtdu.
b) Mettez l'équation sous la forme canonique τdtdu+u=E et identifiez τ.
c) Vérifiez que u(t)=E(1−e−t/τ) est solution, en calculant dtdu et en reportant.
d) Vérifiez que cette solution respecte la condition initiale u(0)=0 et le régime permanent u(∞)=E.
e) Comment l'équation différentielle serait-elle modifiée si le générateur avait une résistance interne r ? Donnez la nouvelle constante de temps.
Voir la correction
Réponses
a)E=RCdtdu+u
b)τ=RC
c)ττEe−t/τ+E−Ee−t/τ=E
d)u(0)=0, u(∞)=E
e)τ=(R+r)C
a) La maille donne E=uR+u. Or uR=Ri et i=Cdtdu, donc E=RCdtdu+u. Toute la difficulté du chapitre est là : il faut exprimer i en fonction de u pour n'avoir qu'une seule inconnue.
b) L'équation s'écrit déjà RCdtdu+u=E, donc τ=RC. La forme canonique impose un coefficient 1 devant u : si ce n'est pas le cas, on divise toute l'équation par ce coefficient avant d'identifier τ.
c) dtdu=E×τ1e−t/τ. En reportant : τ×τEe−t/τ+E(1−e−t/τ)=Ee−t/τ+E−Ee−t/τ=E. L'équation est vérifiée pour tout t, la fonction proposée est bien solution.
d) u(0)=E(1−e0)=E(1−1)=0, la condition initiale est respectée. Quand t→+∞, e−t/τ→0 donc u→E : le condensateur se charge jusqu'à la tension du générateur, ce qui est bien le régime permanent attendu.
e) La maille devient E=ri+Ri+u, soit (R+r)Cdtdu+u=E. La nouvelle constante de temps vaut τ=(R+r)C : la charge est plus LENTE. La tension finale, elle, reste E, car en régime permanent i=0 et la résistance interne ne consomme plus rien.
Exercice 3 : La constante de temps
La constante de temps τ=RC fixe l'échelle de durée du phénomène. Elle se lit sur la courbe de trois façons, et les trois doivent être connues.
Ici E=6,0V, R=10kΩ et C=4,7μF.
a) Calculez u(τ) et vérifiez qu'il vaut bien 63% de E. D'où vient ce nombre ?
b) Montrez que la tangente à l'origine coupe l'asymptote u=E à l'instant t=τ.
c) Au bout de combien de constantes de temps peut-on considérer la charge comme terminée à mieux de 1% ? Justifiez par le calcul.
d) On double la valeur de R. Que deviennent τ, la valeur finale de u et l'intensité initiale ?
e) On double la valeur de C. Mêmes questions. Que dire de la charge finale accumulée ?
Voir la correction
Réponses
a)u(τ)=3,79 V =63,2 % de E
b)Tangente u=τEt atteint E en t=τ
c)ln100=4,6 : règle des 5τ
d)τ=94 ms, u finale 6,0 V, i0=0,30 mA
e)τ=94 ms, i0=0,60 mA, q=56 µC
a) u(τ)=E(1−e−1)=6,0×(1−0,368)=6,0×0,632=3,79V, soit 63,2% de E. Le nombre vient directement de 1−e−1 : il ne dépend ni de R, ni de C, ni de E, ce qui en fait une lecture graphique universelle.
b) La tangente à l'origine a pour pente dtdu0=τE, et passe par l'origine : son équation est u=τEt. Elle atteint la valeur E lorsque τEt=E, c'est-à-dire t=τ. C'est la deuxième lecture graphique, la plus précise à la règle.
c) Il faut e−t/τ<0,01, soit τt>ln(100)=4,6. Cinq constantes de temps suffisent donc largement : à 5τ, l'écart n'est plus que de e−5=0,67%. On retient la règle des 5τ, ici 5×47=235ms.
d) τ=RC double, donc 94ms : la charge est deux fois plus lente. La valeur finale de u reste E=6,0V, car elle ne dépend pas de R. L'intensité initiale RE est DIVISÉE par deux, soit 0,30mA.
e) τ double aussi, 94ms. La valeur finale de u reste 6,0V, et l'intensité initiale RE est INCHANGÉE, puisqu'elle ne dépend pas de C. En revanche la charge finale q=CE double, passant de 28 à 56μC : mêmes tensions, deux fois plus de charges accumulées.
Exercice 4 : La décharge du condensateur
Le condensateur étant chargé sous E=6,0V, on bascule l'interrupteur pour le relier au seul conducteur ohmique R, le générateur étant écarté du circuit.
a) Écrivez la loi des mailles pour ce nouveau circuit, puis l'équation différentielle vérifiée par u(t).
b) Donnez la solution correspondante et vérifiez la condition initiale.
c) Calculez u(τ) et interprétez la valeur 37%.
d) Calculez l'intensité à l'instant initial de la décharge et comparez-la, en valeur absolue et en signe, à celle du début de la charge.
e) Au bout de combien de temps la tension descend-elle sous 0,10V ? Exprimez le résultat en fonction de τ puis en millisecondes.
Voir la correction
Réponses
a)τdtdu+u=0
b)u=Ee−t/τ, u(0)=E
c)u(τ)=2,21 V : 37 %
d)i(0)=−0,60 mA
e)4,09τ≈192 ms
a) La maille sans générateur donne 0=uR+u, soit Ri+u=0 avec i=Cdtdu. D'où RCdtdu+u=0, c'est-à-dire τdtdu+u=0 : la même équation que la charge, mais SANS second membre.
b) u(t)=Ee−t/τ. À t=0, u=E×1=6,0V, ce qui est bien la tension au moment du basculement : la continuité de u garantit qu'elle n'a pas sauté.
c) u(τ)=6,0×e−1=6,0×0,368=2,21V, soit 36,8% de E. C'est le complément du 63% de la charge : 0,632+0,368=1. À la constante de temps, il reste toujours 37% de ce qu'il y avait.
d) i(0)=Cdtdu0=C×(−τE)=−RE=−6,0×10−4A. Même valeur absolue qu'au début de la charge, 0,60mA, mais de signe OPPOSÉ : le courant circule maintenant en sens inverse, le condensateur se vide au lieu de se remplir.
e) On résout 6,0e−t/τ<0,10, soit e−t/τ<601, donc τt>ln(60)=4,09. Il faut environ 4,1τ, c'est-à-dire 4,09×47=192ms.
Exercice 5 : L'énergie stockée dans un condensateur
Un condensateur chargé sous une tension u emmagasine l'énergie Ee=21Cu2. Elle est stockée dans le champ électrique entre les armatures, et restituée intégralement à la décharge, aux pertes près.
a) Calculez l'énergie stockée par le condensateur de 4,7μF chargé sous 6,0V.
b) On double la tension de charge. Par combien l'énergie stockée est-elle multipliée ? Et si l'on double la capacité ?
c) Pendant la charge, le générateur fournit l'énergie W=qE=CE2. Comparez à l'énergie finalement stockée et dites où passe la différence.
d) Calculez la puissance moyenne dissipée dans le conducteur ohmique pendant la charge, en assimilant la durée de charge à 5τ.
e) Ce rendement de charge dépend-il de la valeur de R ? Justifiez et commentez le caractère surprenant du résultat.
Voir la correction
Réponses
a)Ee=8,5×10−5 J
b)×4 ; ×2
c)W=1,69×10−4 J : moitié dissipée par effet Joule
d)P=3,6×10−4 W
e)Non : 50 % quelle que soit R
a) Ee=21×4,7×10−6×(6,0)2=21×4,7×10−6×36=8,5×10−5J, soit 85μJ. C'est très peu : un condensateur de ce type stocke moins d'énergie qu'une pile ne peut en fournir en une microseconde.
b) La tension intervient au CARRÉ : la doubler multiplie l'énergie par 22=4, soit 3,4×10−4J. La capacité, elle, intervient à la puissance un : la doubler ne multiplie l'énergie que par 2. C'est pourquoi les flashs et les défibrillateurs travaillent à haute tension plutôt qu'à forte capacité.
c) Le générateur fournit W=CE2=4,7×10−6×36=1,69×10−4J, soit exactement le DOUBLE de ce qui est stocké. La moitié manquante, 8,5×10−5J, a été dissipée par effet Joule dans le conducteur ohmique pendant toute la durée de la charge.
d) La durée vaut 5τ=5×4,7×10−2=0,235s, et l'énergie dissipée 8,5×10−5J. Donc P=0,2358,5×10−5=3,6×10−4W, soit 0,36mW.
e) Non, il n'en dépend PAS : le rendement de charge d'un condensateur à travers une résistance vaut toujours exactement 50%, quelle que soit R. C'est contre-intuitif, puisqu'on imagine qu'une petite résistance dissiperait moins ; en réalité une petite résistance fait passer un courant plus grand pendant un temps plus court, et le produit Ri2t ne change pas. Seule une charge à courant contrôlé, par une alimentation à découpage, permet de dépasser ces 50%.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : mesurer une capacité inconnue
Un condensateur non marqué est chargé à travers une résistance R=22,0kΩ sous E=5,00V. Un système d'acquisition relève la tension à ses bornes.
t (ms)
0
20
50
100
150
220
400
u (V)
0,00
1,57
3,05
4,32
4,80
4,96
5,00
a) Déterminez τ par la méthode des 63%, en interpolant entre deux points du tableau.
b) Déduisez-en la valeur de la capacité C, puis proposez la valeur normalisée la plus proche parmi 2,2, 3,3 et 4,7μF.
c) Vérifiez votre valeur en testant le point t=100ms avec la loi théorique.
d) Décrivez la seconde méthode, celle de la tangente à l'origine, et dites pourquoi elle est moins précise sur des données expérimentales.
e) On refait la mesure avec R=220kΩ. Que devient τ ? Quel avantage et quel inconvénient cela présente-t-il pour la mesure ?
Voir la correction
Réponses
a)τ≈54 ms
b)C≈2,5 µF : 2,2 µF
c)4,21 V contre 4,32 mesurés
d)Tangente à l'origine, sensible au bruit
e)τ≈543 ms ; courant dix fois plus faible
a) 63% de 5,00V vaut 3,16V. Cette valeur est atteinte entre 50ms (3,05V) et 100ms (4,32V). Une interpolation linéaire donne t=50+50×4,32−3,053,16−3,05=50+50×0,0866=54,3ms. Donc τ≈54ms.
b) C=Rτ=22,0×10354,3×10−3=2,47×10−6F, soit 2,5μF. La valeur normalisée la plus proche est 2,2μF, l'écart de 12% restant compatible avec la tolérance usuelle de ces composants, souvent de ±20%.
c) Avec τ=54,3ms : u(100)=5,00×(1−e−100/54,3)=5,00×(1−0,159)=4,21V. La mesure donne 4,32V, soit un écart de 2,5% : l'accord est correct compte tenu de l'interpolation grossière faite en a).
d) On trace la tangente à la courbe au point t=0 et l'on repère son intersection avec l'asymptote horizontale u=E : l'abscisse de ce point vaut τ. Elle est moins précise sur des données expérimentales parce que la pente en un point unique est très sensible au bruit de mesure et au choix des deux premiers points, alors que la méthode des 63% utilise la position d'un point sur une portion de courbe bien définie.
e) τ est multiplié par dix, soit environ 543ms. L'avantage est que le phénomène devient dix fois plus lent, donc bien plus facile à échantillonner avec un système d'acquisition modeste, et l'incertitude relative sur t diminue. L'inconvénient est que le courant est dix fois plus faible, de l'ordre du dixième de milliampère : la moindre fuite du condensateur ou l'impédance d'entrée du voltmètre devient non négligeable et fausse la mesure.
Exercice 7 : Problème : le flash d'un appareil photo
Un flash stocke son énergie dans un condensateur de C=1,00×103μF chargé sous E=300V à travers une résistance R=2,00kΩ. La décharge se fait dans la lampe, de résistance équivalente r=1,00Ω.
a) Calculez l'énergie stockée par le condensateur une fois chargé.
b) Calculez la constante de temps de la charge, puis la durée pratique de recharge du flash.
c) Calculez la constante de temps de la décharge, puis la durée de l'éclair, prise à 5 constantes de temps.
d) Estimez la puissance moyenne de l'éclair et comparez-la à celle d'une bouilloire électrique, environ 2,0kW.
e) Expliquez, en une phrase de synthèse, pourquoi il faut un condensateur alors qu'une pile fournit elle aussi de l'énergie.
Voir la correction
Réponses
a)Ee=45,0 J
b)τ=2,00 s ; 10,0 s
c)τ=1,00 ms ; 5 ms
d)9,0 kW
e)Il restitue l'énergie très vite
a) Ee=21CE2=21×1,00×10−3×(300)2=45,0J.
b) τcharge=RC=2,00×103×1,00×10−3=2,00s. La charge pratique dure 5τ=10,0s : c'est exactement le temps d'attente entre deux photos au flash, et le sifflement aigu qu'on entend est celui du convertisseur qui élève la tension.
c) τdecharge=rC=1,00×1,00×10−3=1,00×10−3s=1,00ms. L'éclair dure donc environ 5ms, soit deux mille fois moins que la recharge.
d) P=5,00×10−345,0=9,00×103W=9,00kW. C'est quatre fois et demie la puissance d'une bouilloire électrique. Le rapport avec la puissance de charge, 10,045,0=4,50W, vaut deux mille.
e) Parce qu'un condensateur ne fournit pas plus d'énergie qu'une pile, il la restitue infiniment plus VITE : il accumule lentement, à quelques watts, une énergie modeste, puis la libère en quelques millisecondes, ce qui produit une puissance de plusieurs kilowatts qu'aucune pile de cette taille ne pourrait débiter directement.
Exercice 8 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, puis donnez l'énoncé correct.
1) « À la fermeture de l'interrupteur, la tension aux bornes du condensateur vaut immédiatement E. »
2) « La constante de temps τ=RC est la durée au bout de laquelle le condensateur est complètement chargé. »
3) « Un condensateur laisse passer le courant en régime permanent, puisqu'il fait partie du circuit. »
4) « Le rendement énergétique de la charge s'améliore si l'on diminue R. »
Voir la correction
Réponses
1)Faux : u(0)=0, i maximale
2)Faux : 63 % à τ, charge pratique à 5τ
3)Faux : i=0 en régime permanent
4)Faux : 50 % quelle que soit R
1) FAUX. C'est l'INTENSITÉ qui est maximale à la fermeture, i(0)=RE, tandis que la tension u vaut encore zéro : elle est continue, et le condensateur était déchargé. La tension ne tend vers E qu'asymptotiquement.
2) FAUX. À t=τ, la tension n'a atteint que 63% de E. La charge n'est jamais complète au sens strict, la fonction exponentielle ne rejoignant jamais son asymptote ; en pratique on considère la charge terminée au bout de 5τ, où il ne manque plus que 0,7%.
3) FAUX. En régime permanent, u est constante donc dtdu=0 et i=Cdtdu=0 : le condensateur se comporte comme un interrupteur OUVERT. Il ne conduit qu'en régime transitoire, tant que sa tension varie.
4) FAUX. Le rendement de charge vaut exactement 50% quelle que soit R : l'énergie dissipée par effet Joule est toujours égale à l'énergie stockée. Diminuer R raccourcit la charge et augmente le courant, mais le produit dissipé reste le même.
Exercice 9 : Problème : résoudre l'équation par la méthode d'Euler
Quand une équation différentielle n'a pas de solution analytique simple, on l'intègre numériquement. La méthode d'Euler approche la dérivée par un taux de variation : dtdu≈Δtun+1−un.
On reprend E=6,0V, R=10kΩ, C=4,7μF, donc τ=47ms, avec un pas Δt=25ms.
python
E = 6.0 # tension du generateur, en volts
R = 10e3 # resistance, en ohms
C = 4.7e-6 # capacite, en farads
dt = 25e-3 # pas de temps, en secondes
t = 0.0
u = 0.0
while t <= 0.200:
print(round(t * 1000, 1), round(u, 3))
u = u + (E - u) / (R * C) * dt
t = t + dt
a) Partant de τdtdu+u=E, établissez la relation de récurrence un+1=un+τE−unΔt.
b) Calculez à la main u1 et u2, avec u0=0.
c) Comparez u2 à la valeur exacte à t=50ms et calculez l'écart relatif.
d) Le programme affiche 5,99V à t=200ms alors que la valeur exacte est 5,92V. Dans quel sens la méthode se trompe-t-elle, et pourquoi l'écart relatif est-il bien plus petit qu'en c) ?
e) Quelle modification apporter au programme pour améliorer la précision ? Estimez le pas nécessaire pour descendre sous 1% d'écart.
Voir la correction
Réponses
a)un+1=un+τE−unΔt
b)u1=3,19 V, u2=4,69 V
c)Exacte 3,93 V : écart 19 %
d)Surestime ; écart 1,2 %
e)Réduire Δt, vers 1 ms
a) On isole la dérivée : dtdu=τE−u. En remplaçant la dérivée par le taux de variation entre tn et tn+1 : Δtun+1−un=τE−un, d'où un+1=un+τE−unΔt. La pente est évaluée au point de DÉPART de l'intervalle, c'est là toute la méthode et toute son erreur.
b) u1=0+476,0−0×25=0+3,19=3,19V. Puis u2=3,19+476,0−3,19×25=3,19+1,49=4,68V.
c) La valeur exacte vaut u(50)=6,0(1−e−50/47)=6,0×(1−0,345)=3,93V. L'écart relatif est 3,93∣4,68−3,93∣=0,19, soit 19% : c'est énorme, et cela vient d'un pas Δt du même ordre que τ.
d) Le programme affiche plus que la valeur exacte : il SURESTIME, comme au b). La courbe exacte est concave, sa pente diminue au cours du temps ; la méthode d'Euler applique sur tout l'intervalle la pente du DÉBUT, la plus forte, et dépasse donc à chaque pas. L'écart relatif n'est plus que de 5,925,99−5,92=1,2%, parce que les deux courbes tendent vers la même asymptote u=E : la récurrence donne un=E(1−(1−τΔt)n), qui tend elle aussi vers E, et l'écart absolu s'éteint avec le régime transitoire.
e) Il suffit de réduire Δt, en remplaçant dt=25e−3 par une valeur plus petite. L'erreur de la méthode d'Euler est proportionnelle à Δt au premier ordre : passer de 19% à moins de 1% demande de diviser le pas par une vingtaine, soit Δt≈1ms, c'est-à-dire environ 50τ. La règle pratique retenue en classe est de prendre un pas au plus égal au centième de la constante de temps.
python
from math import exp
E, R, C = 6.0, 10e3, 4.7e-6
tau = R * C
for n in range(9):
t = n * 25e-3
exacte = E * (1 - exp(-t / tau))
print(round(t * 1000, 1), round(exacte, 3))
Exercice 10 : Problème : le temporisateur d'un éclairage de cage d'escalier
Un minuteur d'escalier utilise la décharge d'un condensateur pour mesurer une durée. Un appui sur le bouton charge instantanément C sous E=12,0V ; le condensateur se décharge ensuite dans R, et un comparateur éteint la lumière dès que u passe sous Us=3,0V.
a) Exprimez littéralement la durée T d'éclairage en fonction de R, C, E et Us.
b) On veut T=180s avec C=470μF. Calculez la résistance nécessaire.
c) On remplace le condensateur par un modèle de 1000μF, à résistance inchangée. Quelle est la nouvelle durée ?
d) La tension d'alimentation baisse à 10,0V, le seuil restant à 3,0V. De combien la durée change-t-elle, en pourcentage ?
e) Le fabricant veut une durée insensible à la tension d'alimentation. Proposez une modification du seuil et justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)T=RClnUsE
b)R≈276 kΩ
c)383 s
d)156 s : 13 % de moins
e)Seuil proportionnel à E
a) La décharge suit u(t)=Ee−t/RC. On cherche T tel que u(T)=Us : Ee−T/RC=Us, donc e−T/RC=EUs et T=RCln(UsE).
b) ln(3,012,0)=ln(4)=1,386. Donc R=Cln(4)T=470×10−6×1,386180=2,76×105Ω, soit environ 276kΩ.
c) T est proportionnelle à C : T′=180×4701000=383s, soit environ 6min23s. Plus du double, pour un composant qui coûte le même prix.
d) T′=RCln(3,010,0)=RC×1,204. Le rapport à la durée initiale vaut 1,3861,204=0,869 : la durée tombe à 156s, soit 13% de moins. Une simple baisse de tension d'alimentation raccourcit donc sensiblement l'éclairage, ce qui est un défaut de conception.
e) Il faut rendre le seuil PROPORTIONNEL à la tension d'alimentation, par exemple en le produisant par un pont diviseur alimenté par E lui-même, réglé sur Us=4E. Le rapport UsE vaut alors toujours 4, quel que soit E, et T=RCln(4) ne dépend plus que des composants. C'est le principe général des montages dits ratiométriques.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : L'intensité pendant la charge
Un condensateur de capacité C=100μF, initialement déchargé, est chargé à travers un conducteur ohmique R=1,0kΩ par un générateur idéal de tension E=12V. On sait que uC(t)=E(1−e−t/τ) avec τ=RC.
a) Calculez τ, puis exprimez uR(t) et i(t).
b) Calculez l'intensité à l'instant t=0.
c) Calculez l'intensité à l'instant t=τ.
d) À quel instant l'intensité descend-elle à 1,0mA ?
e) Que vaut la tension aux bornes du condensateur à cet instant ?
Voir la correction
Réponses
a)τ=0,10 s ; i=REe−t/τ
b)12 mA
c)4,4 mA
d)t=τln12≈0,25 s
e)uC=11 V
a) τ=RC=1,0×103×100×10−6=0,10s. La loi des mailles donne uR=E−uC=Ee−t/τ, et la loi d'Ohm i=RuR=REe−t/τ. Alors que uC monte, uR et i DÉCROISSENT avec la même constante de temps.
b) i(0)=RE=1,0×10312=1,2×10−2A=12mA : au premier instant, le condensateur déchargé se comporte comme un fil, toute la tension est aux bornes de R.
c) i(τ)=12×e−1=12×0,368=4,4mA, soit 37% de la valeur initiale. Pour l'intensité, c'est le repère des 37% qui donne τ, pas celui des 63%.
d) 12e−t/τ=1,0 donne e−t/τ=121, soit t=τln12=0,10×2,485=0,25s.
e) uR=Ri=1,0×103×1,0×10−3=1,0V, donc uC=E−uR=12−1,0=11V. On pouvait aussi calculer 12(1−121)=11V.
Exercice 12 : Le capteur capacitif d'une touche
Sous une touche de clavier, deux plaques métalliques de surface S=1,0cm2 forment un condensateur plan. Au repos, elles sont séparées de e=0,50mm d'air ; la touche enfoncée les rapproche à e′=0,20mm.
La capacité d'un condensateur plan vaut C=eε0S dans l'air, avec ε0=8,85×10−12F/m. Le circuit de lecture charge ce condensateur à travers R=1,0MΩ et mesure la constante de temps.
a) Calculez la capacité quand la touche est au repos, en picofarads.
b) Calculez la capacité quand la touche est enfoncée.
c) Par quel facteur la capacité est-elle multipliée ? Justifiez-le sans refaire le calcul.
d) Calculez les deux constantes de temps, en microsecondes.
e) Le circuit déclare la touche enfoncée dès que τ dépasse 3,0μs. Ce seuil sépare-t-il bien les deux états ?
Voir la correction
Réponses
a)1,77 pF
b)4,43 pF
c)×2,5=e′e
d)1,77 µs et 4,43 µs
e)Oui, le seuil est entre les deux
a) S=1,0×10−4m2 et e=5,0×10−4m : C=5,0×10−48,85×10−12×1,0×10−4=1,77×10−12F=1,77pF. Les centimètres carrés se convertissent avec 10−4, pas 10−2.
b) C′=2,0×10−48,85×10−12×1,0×10−4=4,43pF.
c) La capacité est inversement proportionnelle à l'écartement : CC′=e′e=0,200,50=2,5. Rapprocher les armatures augmente la capacité.
d) τ=RC=1,0×106×1,77×10−12=1,77×10−6s=1,77μs au repos, et τ′=4,43μs enfoncée.
e) Oui : 1,77μs<3,0μs<4,43μs. Le seuil est placé entre les deux valeurs, avec une marge de chaque côté pour tolérer la dispersion des composants. C'est le même principe qui fait réagir un écran tactile : le doigt, conducteur, modifie la capacité locale, et le circuit détecte la variation de constante de temps.
Exercice 13 : La constante de temps par linéarisation
Un condensateur chargé sous E=5,00V se décharge dans un conducteur ohmique R=100kΩ. On relève la tension à ses bornes.
On rappelle que pour la décharge u(t)=Ee−t/τ.
t (s)
0
2,0
4,0
6,0
8,0
u (V)
5,00
3,27
2,14
1,40
0,911
a) Montrez que lnu est une fonction affine du temps, et précisez sa pente et son ordonnée à l'origine.
b) Calculez lnu à t=8,0s.
c) Déduisez la pente de la droite à partir des points extrêmes, puis la constante de temps.
d) Calculez la capacité du condensateur.
e) Quel avantage la linéarisation présente-t-elle sur la lecture du point à 37% ?
Voir la correction
Réponses
a)lnu=lnE−τt
b)ln0,911=−0,093
c)Pente −0,213 s⁻¹ : τ=4,70 s
d)C=47 µF
e)Tous les points et test du modèle
a) lnu=ln(Ee−t/τ)=lnE−τt. C'est une fonction affine de t, de pente −τ1 et d'ordonnée à l'origine lnE=ln5,00=1,609.
b) ln0,911=−0,093. Le logarithme d'une tension inférieure à 1V est négatif ; il n'y a là rien d'anormal.
c) Pente : 8,0−0−0,093−1,609=−0,213s−1. Donc τ=0,2131=4,70s. Les points intermédiaires, ln3,27=1,185 à 2s et ln2,14=0,761 à 4s, tombent bien sur cette droite, ce qui valide le modèle exponentiel.
d) C=Rτ=100×1034,70=4,70×10−5F=47μF, une valeur normalisée courante.
e) La droite utilise TOUS les points de mesure, et non un seul point lu par interpolation : l'effet des erreurs aléatoires s'atténue. Surtout, l'alignement des points TESTE le modèle : si la décharge n'était pas exponentielle, par exemple à cause d'une fuite ou d'un voltmètre qui consomme, les points s'écarteraient visiblement d'une droite, ce qu'un point isolé ne montre jamais.
Exercice 14 : Le supercondensateur d'un bus électrique
Un bus électrique récupère de l'énergie à chaque arrêt grâce à un module de supercondensateurs de capacité C=63F, dont la tension maximale est Umax=125V.
À l'arrêt, une borne le recharge, depuis une tension nulle, avec une intensité CONSTANTE I=150A. On rappelle q=Cu, i=dtdq et Ee=21Cu2.
a) Montrez que, pendant une charge à intensité constante, u(t)=CIt.
b) Calculez la durée de la recharge complète.
c) Calculez l'énergie stockée à pleine charge, en joules puis en kilowattheures.
d) Le moteur ne peut plus utiliser le module quand sa tension passe sous 62,5V. Quelle fraction de l'énergie stockée est réellement utilisable ?
e) Calculez la puissance moyenne de la recharge. La batterie d'un bus stocke environ 60kWh : quel est le rôle des supercondensateurs ?
Voir la correction
Réponses
a)u=CIt
b)52,5 s
c)4,92×105 J =0,137 kWh
d)75 % utilisables
e)9,4 kW ; fortes puissances brèves
a) i=dtdq=Cdtdu=I, donc dtdu=CI, constante. Avec u(0)=0, u(t)=CIt : la tension croît LINÉAIREMENT, et non en exponentielle comme à travers une résistance.
b) u=Umax pour t=ICUmax=15063×125=52,5s, moins d'une minute d'arrêt.
c) Ee=21×63×1252=4,92×105J. En kilowattheures : 3,6×1064,92×105=0,137kWh.
d) À 62,5V, il reste 21×63×62,52=1,23×105J, le QUART de l'énergie initiale, puisque l'énergie varie comme le carré de la tension. La fraction utilisable vaut donc 1−41=75%, soit 3,69×105J. Répondre 50% en raisonnant sur la tension est le piège.
e) P=52,54,92×105=9,4×103W. Le module stocke 0,13760≈440 fois moins d'énergie que la batterie : il ne sert pas à rouler longtemps, mais à encaisser et restituer très vite de fortes puissances, au freinage et au démarrage, ce qui ménage la batterie.
Exercice 15 : Observer la charge avec un signal créneau
Pour observer à l'oscilloscope la charge et la décharge d'un condensateur, on remplace l'interrupteur par un générateur de signaux créneaux : sa tension vaut E=5,0V pendant une demi-période, puis 0 pendant l'autre. Le circuit série comporte R=1,0kΩ et C=10μF.
Pendant chaque demi-période, la tension u du condensateur évolue exponentiellement vers la tension du générateur, en partant de la valeur atteinte à la fin de la demi-période précédente.
a) Calculez la constante de temps du circuit.
b) Pour voir des charges et des décharges complètes, chaque demi-période doit durer au moins 5τ. Quelle est la fréquence maximale du générateur ?
c) À cette fréquence, calculez la tension atteinte à la fin de la première demi-période, en partant de u=0.
d) On règle maintenant f=500Hz. Calculez la durée d'une demi-période en fonction de τ. En régime établi, u oscille entre umax=1+aE et umin=1+aaE avec a=e−T/(2τ) : calculez ces deux valeurs.
e) Décrivez l'allure de u à 500Hz. Quel usage peut-on faire de ce comportement ?
Voir la correction
Réponses
a)τ=10 ms
b)f≤10 Hz
c)4,97 V
d)2T=10τ ; 2,62 V et 2,38 V
e)Faible oscillation autour de 2,5 V : filtre
a) τ=RC=1,0×103×10×10−6=1,0×10−2s=10ms.
b) 2T≥5τ=50ms, donc T≥100ms et f≤0,1001=10Hz. L'erreur classique est d'imposer T≥5τ : la charge n'occupe que la MOITIÉ de la période.
c) u=5,0(1−e−5)=5,0×0,993=4,97V : la charge est pratiquement complète, à 0,7% près.
d) T=5001=2,0ms, donc 2T=1,0ms=10τ et a=e−0,1=0,905. Alors umax=1,9055,0=2,62V et umin=0,905×2,62=2,38V.
e) Le condensateur n'a jamais le temps de se charger ni de se décharger : u oscille faiblement, en dents de scie presque rectilignes, entre 2,38 et 2,62V, autour de la valeur moyenne du créneau, 2,5V. Le circuit a presque effacé les variations rapides et gardé la moyenne : c'est un FILTRE, qui sert à lisser une tension.
Le dipôle RC bloque votre préparation au Baccalauréat ?
Contactez-moi pour une première séance. C'est le chapitre qui relie l'équation différentielle vue en spécialité mathématiques à un circuit réel, et il tombe régulièrement à l'épreuve écrite.