Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : primitives et intégration (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les primitives et l'intégration, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Elle couvre les primitives usuelles et les primitives de composées u′un, uu′ et u′eu, le calcul d'une intégrale par une primitive, la linéarité, la relation de Chasles et la positivité de l'intégrale, la valeur moyenne, l'aire entre deux courbes, l'intégration par parties, la fonction définie par une intégrale et les suites d'intégrales. L'exercice 0.1 ouvre la série par douze intégrales à calculer directement, comme dans les listes des manuels : primitives de référence (x3, x23, x2, x3), e1−2x, sin(3x) et cos(2x−3π), puis les formes de composées avec le coefficient à ajuster, la linéarité et une valeur moyenne.
À la fin de la série, vous savez calculer l'aire entre une parabole et une droite (exercice 6), intégrer par parties xex, lnx et xsinx, y compris deux fois de suite (exercices 7 et 13), retrouver le volume d'un réservoir par une primitive et une condition initiale (exercice 8), étudier F(x)=∫0x1+t21dt sans jamais la calculer (exercice 12) et chiffrer la distance parcourue par un parachutiste en chute libre (exercice 15). L'exercice 14, en approfondissement, oppose une aire qui reste finie le long d'une asymptote oblique à une aire qui ne l'est pas. L'exercice 9 traite les pièges : l'intégrale prise pour une aire toujours positive, x21 intégrée à travers 0, et l'intégrale d'un produit prise pour le produit des intégrales.
L'exercice 10 reprend la structure exacte d'une question de baccalauréat : encadrer une suite d'intégrales sans jamais la calculer, puis conclure par le théorème des gendarmes. C'est un raisonnement qui rapporte beaucoup de points et qui s'apprend. La partie D suit le programme officiel de Terminale, qui demande d'« étudier une suite d'intégrales, vérifiant éventuellement une relation de récurrence », et qui fait connaître dans les deux sens le résultat « deux primitives d'une même fonction continue sur un intervalle diffèrent d'une constante ». Son fil : un théorème ne vaut que sous son hypothèse, et une relation exacte n'est pas un calcul sûr.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•F est une primitive de f sur I lorsque F′=f sur I. Deux primitives d'une même fonction diffèrent d'une constante.
•Primitives de composées : u′un a pour primitive n+1un+1, uu′ a pour primitive ln∣u∣, et u′eu a pour primitive eu.
•Si F est une primitive de f sur [a;b], alors ∫abf(x)dx=F(b)−F(a).
•Relation de Chasles : ∫abf+∫bcf=∫acf. Et ∫baf=−∫abf.
•Positivité : si f≥0 sur [a;b] avec a≤b, alors ∫abf≥0. Si f≤g, alors ∫abf≤∫abg.
•Valeur moyenne de f sur [a;b] : μ=b−a1∫abf(x)dx.
•Intégration par parties : ∫abu(x)v′(x)dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x)dx.
•Une intégrale n'est une aire que si la fonction est positive. Sinon elle compte négativement les portions sous l'axe.
•Suite d'intégrales In : on établit la relation de récurrence par une intégration par parties, le sens de variation en comparant les fonctions intégrées, la limite par un encadrement et le théorème des gendarmes.
•Deux primitives d'une même fonction sur un INTERVALLE diffèrent d'une constante, que l'on trouve en évaluant leur différence en un seul point. Sur une réunion d'intervalles, comme R∗, la constante peut changer d'un morceau à l'autre.
Calculs : les intégrales à calculer
Exercice 0.1 : Calculer des intégrales à l'aide des primitives : douze calculs directs
Pour chaque ligne, calculez l'intégrale demandée à l'aide d'une primitive, et donnez sa valeur exacte, ou sa valeur au millième quand elle contient e, ln ou une racine.
Une seule méthode pour les douze lignes : reconnaître la forme de la fonction (fonction de référence, eax+b, cos(ax+b), sin(ax+b), ou l'une des formes u′un, uu′, u′eu), ajuster le coefficient pour que la dérivée de u apparaisse exactement, écrire une primitive F, puis calculer F(b)−F(a) en mettant des parenthèses autour de chaque valeur. On contrôle toujours F en la dérivant avant de remplacer les bornes.
a) ∫−12(x3−3x2+2)dx.
b) ∫14x23dx.
c) ∫19x2dx.
d) ∫1e2x3dx.
e) ∫02e1−2xdx.
f) ∫06πsin(3x)dx.
g) ∫02πcos(2x−3π)dx.
h) ∫01x2(x3+1)3dx.
i) ∫13x2+2xx+1dx.
j) ∫14xexdx.
k) ∫0ln2(ex+e−x)dx.
l) La valeur moyenne de f(x)=(x+1)21 sur [0;3].
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Réponses
a)[4x4−x3+2x]−12=43
b)[−x3]14=49
c)[4x]19=8
d)[3lnx]1e2=6
e)[−2e1−2x]02=2e−2≈3,437
f)[−31cos(3x)]06π=31
g)[21sin(2x−3π)]02π=23≈0,866
h)[12(x3+1)4]01=45
i)[21ln(x2+2x)]13=21ln5≈0,805
j)[2ex]14=2e2−2e≈9,342
k)[ex−e−x]0ln2=23
l)μ=31[−x+11]03=41
Le geste qui décide de tout se fait AVANT d'écrire la primitive : nommer la forme. x23=3x−2 est une puissance, x2(x3+1)3 est un u′u3 à un facteur 3 près, x2+2xx+1 est un uu′ à un facteur 2 près, xex est un u′eu à un facteur 2 près. Le facteur manquant se compense devant la primitive, jamais à l'intérieur.
a)
F(x)=4x4−x3+2x. F(2)=4−8+4=0 et F(−1)=41−(−1)+(−2)=−43, donc l'intégrale vaut 0−(−43)=43. Piège : (−1)3=−1, donc −(−1)3=+1 ; sans parenthèses on écrit F(−1)=41−1−2 et l'on trouve 411.
b)
x23=3x−2 a pour primitive −x3 sur ]0;+∞[. [−x3]14=−43−(−3)=49. Piège : écrire x3 ou 3lnx, le signe moins vient de (x1)′=−x21.
c)
(x)′=2x1, donc x2=4×2x1 a pour primitive 4x. [4x]19=12−4=8. Piège : la primitive 2x, qui oublie le 2 du dénominateur de la dérivée.
d)
[3lnx]1e2=3ln(e2)−3ln1=3×2−0=6. La borne e2 est choisie pour que ln se calcule sans machine.
e)
(eax+b)′=aeax+b avec a=−21, donc une primitive est a1e1−2x=−2e1−2x. [−2e1−2x]02=−2e0−(−2e1)=2e−2≈3,437. Piège : multiplier par −21 au lieu de diviser, ce qui donne 2e−1.
f)
Une primitive de sin(3x) est −31cos(3x). [−31cos(3x)]06π=−31cos2π+31cos0=0+31=31. Piège : la primitive +31cos(3x), qui donne −31 ; la primitive de sin est −cos.
g)
Une primitive de cos(2x−3π) est 21sin(2x−3π). En 2π, l'argument vaut 32π ; en 0, il vaut −3π. L'intégrale vaut 21(23−(−23))=23≈0,866. Piège : sin(−3π)=−23, le sinus est impair.
h)
Avec u=x3+1, u′=3x2, donc x2(x3+1)3=31u′u3, de primitive 31×4u4=12(x3+1)4. [12(x3+1)4]01=1216−1=45. Piège : oublier le 31, ce qui donne 415 ; développer (x3+1)3 marche aussi mais coûte quatre termes.
i)
Avec u=x2+2x, u′=2x+2=2(x+1), donc x2+2xx+1=21⋅uu′, de primitive 21ln(x2+2x) sur [1;3], où u>0. L'intégrale vaut 21(ln15−ln3)=21ln5≈0,805. Piège : oublier le 21, ce qui donne ln5≈1,609.
j)
Avec u=x, u′=2x1, donc xex=2u′eu, de primitive 2ex. [2ex]14=2e2−2e≈9,342. Piège : la primitive ex seule, qui vaut la moitié.
k)
Linéarité : une primitive est ex−e−x, le moins venant de (e−x)′=−e−x. En ln2 : 2−21=23 ; en 0 : 1−1=0. L'intégrale vaut 23. Piège : la primitive ex+e−x, qui donne 21.
l)
μ=3−01∫03(x+1)2dx. Une primitive de (x+1)−2 est −x+11, donc l'intégrale vaut −41+1=43 et μ=31×43=41. Piège : donner l'intégrale 43 sans la diviser par la longueur de l'intervalle.
Contrôle : à chaque ligne, dériver la primitive écrite doit redonner EXACTEMENT la fonction de départ, coefficient compris. C'est là que se voient les facteurs 31, 21 et 2 oubliés des lignes h), i) et j). Pour la valeur, la calculatrice donne l'intégrale directement : elle doit tomber sur la même au millième.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Primitives usuelles
Déterminez une primitive de chaque fonction sur l'intervalle indiqué.
a) f(x)=3x2−4x+5 sur R
b) g(x)=x21 sur ]0;+∞[
c) h(x)=x1 sur ]0;+∞[
d) k(x)=ex sur R
e) m(x)=x1 sur ]0;+∞[
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Réponses
a)x3−2x2+5x
b)−x1
c)lnx
d)ex
e)2x
a)
On remonte la règle (xn)′=nxn−1 à l'envers, ce qui donne ∫xn=n+1xn+1 : F(x)=x3−2x2+5x. Contrôle immédiat par dérivation : F′(x)=3x2−4x+5 ✓, et ce contrôle vaut pour les cinq questions.
b)
On réécrit d'abord en puissance, car la règle ne s'applique qu'à cette forme : g(x)=x−2, dont une primitive est −2+1x−2+1=−1x−1=−x1. Le signe moins est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre, et la dérivation le confirme : (−x1)′=x21 ✓.
c)
H(x)=lnx, puisque x>0 sur cet intervalle. C'est ici que la règle des puissances TOMBE EN PANNE : elle donnerait 0x0, une division par zéro. L'exposant −1 est le seul cas exclu, et c'est précisément le trou que le logarithme vient combler. L'intervalle compte : sur ]−∞;0[, une primitive serait ln(−x) et non lnx, qui n'y est pas défini.
d)
K(x)=ex, la fonction exponentielle étant sa propre dérivée, donc sa propre primitive. C'est le seul cas, à la multiplication par une constante près.
e)
On réécrit encore en puissance : m(x)=x−21, dont une primitive est −21+1x−21+1=21x21=2x. Le facteur 2 surprend souvent : il vient de la division par 21, qui revient à multiplier par 2.
Deux remarques valables pour toute la suite. D'abord, chaque réponse admet une constante arbitraire : les primitives forment une FAMILLE de fonctions parallèles, décalées verticalement, et non une fonction unique. On la précise en écrivant F(x)+C. Ensuite, il existe un contrôle universel qui rend toute erreur impossible à conserver : DÉRIVER sa réponse. Contrairement au reste des mathématiques, la vérification est ici mécanique, rapide et infaillible ; s'en priver en examen est un choix coûteux.
Exercice 2 : Primitives de composées
Reconnaissez à chaque fois la forme u′un, uu′ ou u′eu, puis donnez une primitive.
a) f(x)=2x(x2+1)3
b) g(x)=x2+12x
c) h(x)=3e3x−1
d) k(x)=xex2
e) m(x)=x2+x+32x+1
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Réponses
a)4(x2+1)4
b)ln(x2+1)
c)e3x−1
d)21ex2
e)ln(x2+x+3)
a)
Avec u=x2+1 et u′=2x, l'expression est exactement de la forme u′u3, dont une primitive est 4u4 : on obtient 4(x2+1)4. La méthode est toujours la même, il faut la ritualiser : on repère le u candidat, qui est le contenu de la parenthèse ou du dénominateur, on calcule u′, puis on vérifie que ce u′ figure bien en facteur.
b)
Forme uu′ avec u=x2+1, dont une primitive est lnu : on obtient ln(x2+1). La condition u>0 est ici satisfaite car x2+1≥1, et elle n'est pas facultative : sans elle, la primitive serait ln∣u∣, écriture hors programme en Terminale, et surtout la fonction ne serait pas définie partout.
c)
Forme u′eu avec u=3x−1 et u′=3 : une primitive est e3x−1. Le facteur 3 de l'énoncé n'est pas décoratif, c'est lui qui rend la reconnaissance exacte ; sans lui, il aurait fallu compenser, comme à la question suivante.
d)
Ici le facteur ne colle pas : avec u=x2 on a u′=2x, alors que l'énoncé ne propose que x. On AJUSTE en écrivant k(x)=21×2xex2, ce qui rétablit la forme au facteur 21 près : une primitive est 21ex2. Cette manipulation, qui consiste à faire apparaître la constante manquante et à compenser par son inverse, est le geste le plus rentable du chapitre. Attention, elle ne fonctionne QUE pour une constante : si le facteur manquant dépendait de x, aucun ajustement de ce type ne serait possible.
e)
Forme uu′ avec u=x2+x+3, dont la dérivée est bien 2x+1. Reste à justifier la stricte positivité, car c'est la partie que les copies oublient : le discriminant vaut Δ=12−4×1×3=1−12=−11<0 et le coefficient dominant est positif, donc le trinôme ne s'annule jamais et reste strictement positif sur R. Une primitive est donc ln(x2+x+3).
Le tableau à connaître tient en trois lignes : u′un donne n+1un+1, uu′ donne lnu pour u>0, et u′eu donne eu. Toute la difficulté est de repérer le bon u, et l'indice le plus fiable est le degré : si le numérateur a un degré exactement inférieur d'une unité à celui du dénominateur, la piste du logarithme est la bonne.
Exercice 3 : Calculs d'intégrales
Calculez chaque intégrale en valeur exacte.
a) ∫02(3x2−2x)dx
b) ∫1ex1dx
c) ∫01e2xdx
d) ∫−11x3dx, puis interprétez le résultat.
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Réponses
a)4
b)1
c)2e2−1≈3,195
d)0 ; aire géométrique 21
a)
Une primitive de 3x2−2x est x3−x2, donc ∫02(3x2−2x)dx=[x3−x2]02=(8−4)−(0−0)=4. Le crochet n'est pas une décoration : il rappelle qu'il faut évaluer en la borne HAUTE moins la borne BASSE, dans cet ordre, et l'inversion des deux est l'erreur de signe la plus courante.
b)
Une primitive de x1 sur [1;e], intervalle où x>0, est lnx : l'intégrale vaut lne−ln1=1−0=1. Ce résultat mérite d'être retenu, car il donne la définition géométrique du nombre e : c'est l'abscisse pour laquelle l'aire sous l'hyperbole, à partir de 1, vaut exactement 1.
c)
Forme u′eu à ajuster, comme à l'exercice 2 : une primitive de e2x est 2e2x, donc l'intégrale vaut 2e2−2e0=2e2−1≈3,195. Contrôle de plausibilité : la fonction croît de 1 à e2≈7,39 sur un intervalle de largeur 1, l'aire doit donc se situer entre ces deux valeurs, et 3,195 y est ✓.
d)
Une primitive est 4x4, donc l'intégrale vaut 41−4(−1)4=41−41=0. La fonction cube est IMPAIRE : sur [−1;0] elle est négative et sur [0;1] positive, et les deux contributions, égales en valeur absolue, se compensent exactement. Le résultat nul ne signifie donc PAS que l'aire est nulle : l'aire géométrique vaut 41+41=21, mais l'intégrale, elle, fait un BILAN SIGNÉ.
C'est le point conceptuel le plus important de tout le chapitre, et il sera repris à l'exercice 9. Une intégrale n'est pas une aire : elle coïncide avec l'aire seulement quand la fonction est positive sur tout l'intervalle. Dans le cas général elle compte positivement ce qui est au-dessus de l'axe et négativement ce qui est en dessous. Retenir la propriété générale : l'intégrale sur un intervalle symétrique d'une fonction impaire est toujours nulle, tandis que pour une fonction paire elle vaut le double de celle sur la demi-longueur.
Exercice 4 : Propriétés de l'intégrale
Une fonction f est continue sur [0;5] et vérifie ∫03f(x)dx=7 et ∫35f(x)dx=−2.
Aucune expression de f n'est connue : toutes les réponses s'obtiennent par les propriétés du cours.
a) Calculez ∫05f(x)dx.
b) Calculez ∫50f(x)dx.
c) Calculez ∫03(2f(x)+1)dx.
d) Peut-on affirmer que f est positive sur [0;3] ?
e) Peut-on affirmer que f prend au moins une valeur strictement négative sur [3;5] ?
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Réponses
a)5
b)−5
c)17
d)Non
e)Oui
a)
Par la relation de CHASLES, qui permet de recoller deux intervalles adjacents : ∫05f=∫03f+∫35f=7+(−2)=5. Remarquez que la borne intermédiaire 3 est commune aux deux morceaux, condition indispensable pour appliquer la relation.
b)
Inverser les bornes change le signe : ∫50f=−∫05f=−5. Cette convention n'est pas gratuite, c'est exactement elle qui rend Chasles valable même quand les bornes ne sont pas dans l'ordre croissant.
c)
Par LINÉARITÉ, on sépare la somme et on sort le coefficient : ∫03(2f(x)+1)dx=2∫03f(x)dx+∫031dx=2×7+3=17. L'intégrale de la fonction constante 1 sur [0;3] vaut la LARGEUR de l'intervalle, soit 3, ce qui s'interprète comme l'aire d'un rectangle de hauteur 1. C'est l'oubli de ce terme, ou son remplacement par 1, qui coûte le plus de points ici.
d)
Non. Une intégrale positive n'impose nullement que la fonction le soit : f pourrait plonger sous l'axe sur une partie de [0;3] et compenser largement ailleurs pour que le bilan reste égal à 7. L'implication ne fonctionne que dans un sens : positive sur l'intervalle entraîne intégrale positive, jamais la réciproque.
e)
Oui, et c'est la CONTRAPOSÉE de cette même implication. Si f était positive ou nulle sur tout [3;5], son intégrale sur cet intervalle serait positive ou nulle. Or elle vaut −2<0. Donc f prend nécessairement des valeurs strictement négatives quelque part sur [3;5].
Le contraste entre d) et e) résume la logique du chapitre, et il faut le voir clairement. Le sens « fonction positive donc intégrale positive » est TOUJOURS valable et permet de conclure sur l'intégrale à partir de la fonction. Le sens inverse est FAUX en général, mais sa contraposée reste vraie : une intégrale strictement négative garantit que la fonction descend sous l'axe au moins une fois. Une seule implication, exploitée dans les deux directions correctes.
Exercice 5 : Valeur moyenne
On considère la fonction carré f(x)=x2 sur l'intervalle [0;3].
a) Calculez ∫03x2dx.
b) Déduisez-en la valeur moyenne μ de f sur [0;3].
c) Déterminez la valeur c de [0;3] telle que f(c)=μ.
d) Interprétez géométriquement le nombre μ.
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Réponses
a)9
b)μ=3
c)c=3≈1,732
d)Hauteur du rectangle de base [0;3] de même aire
a)
Une primitive de x2 est 3x3, donc ∫03x2dx=[3x3]03=327−0=9.
b)
Par définition, la valeur moyenne est l'intégrale divisée par la LONGUEUR de l'intervalle : μ=3−01∫03x2dx=39=3. Oublier ce diviseur, et donc confondre valeur moyenne et intégrale, est l'erreur classique ; la formule est exactement celle d'une moyenne ordinaire, une somme divisée par un effectif, mais avec une infinité de valeurs.
c)
On résout c2=3 avec la contrainte c∈[0;3] : c=3≈1,732. La solution −3 est rejetée car elle sort de l'intervalle, et cette vérification fait partie de la réponse. L'existence d'un tel c n'est pas un hasard : c'est le théorème de la moyenne, conséquence directe du théorème des valeurs intermédiaires, puisque f est continue et que μ est comprise entre le minimum 0 et le maximum 9 de f sur [0;3].
d)
Le nombre μ est la hauteur du RECTANGLE de base [0;3] qui aurait exactement la même aire que la région sous la courbe : ce rectangle mesure 3 de large et 3 de haut, donc 9 d'aire, ce qui correspond bien à l'intégrale calculée en a). Autrement dit, on aplatit la région en un rectangle de même aire, et la valeur moyenne en est la hauteur.
Deux contrôles de plausibilité s'imposent, et ils détectent presque toutes les erreurs. La valeur moyenne doit toujours être comprise entre le minimum et le maximum de la fonction sur l'intervalle : ici 0≤3≤9 ✓. Elle ne doit surtout pas être confondue avec la moyenne des valeurs aux bornes, qui donnerait ici 20+9=4,5, une valeur différente. L'écart s'explique : la fonction carré est convexe, elle passe l'essentiel de l'intervalle en dessous de la corde, ce qui tire la vraie moyenne vers le bas.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Aire entre deux courbes
Dans un repère orthonormé d'unité 1 cm, on considère la parabole P d'équation y=x2 et la droite D d'équation y=2x.
a) Déterminez les abscisses des points d'intersection de P et D.
b) Déterminez le signe de 2x−x2 sur l'intervalle délimité par ces deux abscisses, et concluez quelle courbe est au-dessus de l'autre.
c) Calculez l'aire, en centimètres carrés, du domaine compris entre les deux courbes.
d) Un élève calcule ∫02(x2−2x)dx et trouve −34. Son résultat est-il faux ? Que doit-il en faire ?
On résout x2=2x, soit x2−2x=0, c'est-à-dire x(x−2)=0. Les abscisses d'intersection sont 0 et 2. On factorise, on ne divise pas par x : diviser ferait perdre la solution x=0, qui est justement l'une des deux bornes.
b)
2x−x2=x(2−x). Sur [0;2], les deux facteurs sont positifs ou nuls, donc la différence est positive : la DROITE D est au-dessus de la parabole P. Cette étude de signe n'est pas une formalité administrative, c'est elle qui fixe l'ordre de la soustraction à la question suivante.
c)
L'aire s'obtient en intégrant « celle du dessus moins celle du dessous » : ∫02(2x−x2)dx=[x2−3x3]02=(4−38)−0=312−8=34. Le repère étant orthonormé d'unité 1 cm, l'unité d'aire vaut 1 cm2 et l'aire cherchée est de 34 cm2, soit environ 1,33 cm2. Contrôle : la région est contenue dans le rectangle [0;2]×[0;4], d'aire 8, et elle en occupe visiblement une petite part ✓.
d)
Son calcul est JUSTE, et c'est ce qui rend la question intéressante : ∫02(x2−2x)dx vaut bien −34. Son erreur est d'avoir soustrait dans le mauvais ordre, en intégrant la courbe du dessous moins celle du dessus. Le signe négatif est d'ailleurs le symptôme qui aurait dû l'alerter, une aire ne pouvant pas être négative. Il lui suffit de prendre la valeur absolue, ou de refaire la différence dans le bon sens : la réponse à donner est 34 cm2.
La règle générale à retenir est donc : A=∫ab(fdessus(x)−fdessous(x))dx, valable QUEL QUE SOIT le signe des deux fonctions, y compris si les deux courbes sont entièrement sous l'axe des abscisses. Beaucoup d'élèves croient devoir traiter à part le cas des fonctions négatives ; c'est inutile, car la soustraction élimine d'elle-même la position par rapport à l'axe. La seule chose à établir avant de calculer est laquelle des deux courbes est au-dessus, et il faut découper l'intervalle si l'ordre s'inverse en cours de route.
Exercice 7 : Intégration par parties
Calculez chaque intégrale par une intégration par parties. Précisez à chaque fois le choix de u et de v′.
a) ∫01xexdx
b) ∫1elnxdx
c) ∫01xe−xdx
d) Dans la question b), pourquoi choisit-on v′(x)=1 plutôt que u(x)=1 ?
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Réponses
a)1
b)1
c)1−e2≈0,264
d)On sait dériver ln, pas le primitiver
a)
On pose u(x)=x et v′(x)=ex, donc u′(x)=1 et v(x)=ex. La formule ∫abuv′=[uv]ab−∫abu′v donne ∫01xexdx=[xex]01−∫01exdx=(e−0)−[ex]01=e−(e−1)=1. Le choix se justifie : en dérivant x on obtient 1, et le facteur polynomial DISPARAÎT, ce qui est exactement le but de la manœuvre.
b)
On pose u(x)=lnx et v′(x)=1, donc u′(x)=x1 et v(x)=x. Alors ∫1elnxdx=[xlnx]1e−∫1ex×x1dx=(e×1−1×0)−∫1e1dx=e−(e−1)=1. L'astuce consiste à voir lnx comme le produit lnx×1, ce qui n'a rien de naturel et doit être mémorisé comme tel.
c)
On pose u(x)=x et v′(x)=e−x, donc u′(x)=1 et v(x)=−e−x, avec un signe moins à ne pas perdre. Alors ∫01xe−xdx=[−xe−x]01+∫01e−xdx=−e1+[−e−x]01=−e1+(1−e1)=1−e2≈0,2642. Contrôle : la fonction intégrée est positive sur [0;1], donc le résultat doit l'être, et il l'est ✓.
d)
Parce qu'on ne sait pas primitiver ln directement, mais on sait parfaitement le DÉRIVER. En posant u=lnx, c'est la dérivée x1 qui apparaît dans l'intégrale restante, et elle se simplifie avec le x venant de v, ce qui laisse une intégrale triviale. Le choix inverse ne mènerait nulle part : il faudrait déjà disposer d'une primitive de ln, ce qui est justement la question posée. On tournerait en rond.
La règle de choix se formule simplement : on prend pour u ce qui SIMPLIFIE en dérivant, et pour v′ ce qu'on sait primitiver. Un polynôme perd un degré à chaque dérivation et finit par disparaître, un logarithme se transforme en fraction rationnelle : ce sont donc de bons candidats pour u. L'exponentielle, elle, ne change pas en primitivant, ce qui en fait le v′ idéal. Vérification de cohérence entre les questions a) et c) : les deux intégrandes se ressemblent, mais e−x décroît alors que ex croît, d'où un résultat bien plus petit en c), 0,26 contre 1 ✓.
Exercice 8 : Primitive et condition initiale
Un réservoir se remplit. À l'instant t minutes, avec 0≤t≤10, le débit d'entrée est d(t)=0,5t mètres cubes par minute.
On note V(t) le volume, en mètres cubes, présent dans le réservoir à l'instant t. Le réservoir est vide à l'instant initial.
a) Quelle relation lie V et d ?
b) Déterminez l'expression de V(t) en utilisant la condition V(0)=0.
c) Calculez le volume présent au bout de 10 minutes.
d) Retrouvez ce volume en calculant ∫010d(t)dt, et expliquez pourquoi les deux méthodes coïncident.
e) À quel instant le réservoir contient-il 9 mètres cubes ?
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Réponses
a)V′(t)=d(t)
b)V(t)=0,25t2
c)25 m³
d)25 m³ : théorème fondamental, V(10)−V(0)
e)t=6 min
a)
Le débit est la VITESSE DE VARIATION du volume, donc V′(t)=d(t) : la fonction V est une primitive de d. C'est la traduction mathématique de la phrase « le débit dit à quelle vitesse le volume augmente », et tout l'exercice en découle.
b)
Les primitives de d(t)=0,5t sont 0,25t2+C. La condition initiale « le réservoir est vide » se traduit par V(0)=0, d'où 0,25×0+C=0 et C=0. Donc V(t)=0,25t2. La constante C n'est pas un détail théorique : c'est elle qui encode l'état de départ, et une seule condition suffit à la déterminer.
c)
V(10)=0,25×100=25 mètres cubes. Contrôle de plausibilité : le débit varie linéairement de 0 à d(10)=5 m³/min, sa moyenne vaut donc 2,5 m³/min, et sur 10 minutes cela donne 25 m³ ✓. Le raisonnement par débit moyen est valable ici précisément parce que le débit est affine.
d)
∫0100,5tdt=[0,25t2]010=25−0=25, la même valeur. La coïncidence n'en est pas une : c'est le THÉORÈME FONDAMENTAL. L'intégrale de 0 à 10 du débit vaut V(10)−V(0), et comme V(0)=0, elle donne directement V(10). Intégrer un débit sur une durée fournit toujours la quantité accumulée pendant cette durée, et ce fait dépasse largement les réservoirs : intégrer une vitesse donne une distance, intégrer une puissance donne une énergie, intégrer un taux de natalité donne un nombre de naissances.
e)
On résout 0,25t2=9, soit t2=36, donc t=6 minutes, la solution t=−6 étant rejetée car hors de l'intervalle [0;10].
Une remarque sur les unités, souvent négligée alors qu'elle rapporte des points et détecte des erreurs. Le débit s'exprime en m³/min et le temps en min ; l'intégrale multiplie donc des m³/min par des min et donne bien des m³, ce qui est cohérent avec un volume ✓. Cette analyse dimensionnelle est le contrôle le plus rapide sur tout problème d'intégration appliquée : si les unités du résultat ne sont pas celles attendues, le calcul est faux avant même d'être vérifié.
Exercice 9 : Quatre pièges de l'intégration
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez.
a) « Une intégrale représente toujours une aire, donc elle est toujours positive. »
b) « ∫−11x21dx=[−x1]−11=−1−1=−2. »
c) « Une fonction admet une seule primitive. »
d) « ∫abf(x)g(x)dx=(∫abf(x)dx)×(∫abg(x)dx). »
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Réponses
a)Faux : ∫−10x3dx=−41
b)Faux : x21 n'est pas continue sur [−1;1], l'intégrale n'a pas de sens
c)Faux : une infinité de primitives F+C
d)Faux : 31=41
a)
Faux. L'égalité entre intégrale et aire n'est valable QUE si la fonction est positive sur tout l'intervalle, hypothèse que l'affirmation escamote. Contre-exemple : ∫−10x3dx=[4x4]−10=0−41=−41, une valeur négative. Sur une portion où la courbe passe sous l'axe, l'intégrale compte l'aire NÉGATIVEMENT. La formulation correcte est : pour f positive sur [a;b], l'intégrale égale l'aire sous la courbe ; sinon elle égale l'aire au-dessus de l'axe moins l'aire en dessous.
b)
Faux, et le résultat absurde le signale de lui-même : la fonction x21 est strictement positive partout où elle existe, une intégrale négative est donc impossible. L'erreur de fond est que la fonction n'est pas définie en 0, or 0 appartient à l'intervalle [−1;1]. Le théorème fondamental exige la CONTINUITÉ sur tout l'intervalle d'intégration : il ne s'applique pas ici, et cette intégrale n'a aucun sens au programme de Terminale. Le réflexe à acquérir est de vérifier le domaine de définition AVANT de poser un crochet, exactement comme on vérifie les valeurs interdites avant de simplifier une fraction.
c)
Faux. Si F est une primitive de f, alors F+C en est une aussi pour toute constante réelle C, puisque la dérivée d'une constante est nulle. Une fonction continue admet donc une INFINITÉ de primitives, qui diffèrent deux à deux d'une constante et dont les courbes se déduisent l'une de l'autre par translation verticale. Ce qui est unique, en revanche, c'est la primitive prenant une valeur imposée en un point donné : c'est tout le rôle de la condition initiale de l'exercice 8, et c'est aussi pourquoi l'intégrale, elle, ne dépend pas du choix de la primitive, la constante s'éliminant dans la soustraction F(b)−F(a).
d)
Faux, l'intégrale n'est pas multiplicative. Contre-exemple avec f(x)=g(x)=x sur [0;1] : le membre de gauche vaut ∫01x2dx=31≈0,333, alors que le membre de droite vaut 21×21=41=0,25. Les deux diffèrent, l'égalité est donc fausse en général.
On retiendra que l'intégrale est LINÉAIRE, ce qui autorise à séparer une somme et à sortir un coefficient constant, mais rien de plus. Elle ne se distribue ni sur un produit, ni sur un quotient, ni sur une composée. C'est d'ailleurs l'absence de règle du produit qui rend nécessaire l'intégration par parties de l'exercice 7 : celle-ci n'est rien d'autre que la formule de dérivation d'un produit lue à l'envers, et elle donne un résultat bien plus subtil qu'une simple multiplication d'intégrales.
Exercice 10 : Encadrer une suite d'intégrales
Pour tout entier naturel n, on pose In=∫01xne−xdx.
L'objectif est de déterminer la limite de (In) sans jamais calculer In.
a) Justifiez que In≥0 pour tout n.
b) Montrez que pour tout x de [0;1], on a xne−x≤xn.
c) Déduisez-en que In≤n+11.
d) Déterminez la limite de la suite (In).
e) Calculez I0 et vérifiez que l'encadrement est bien respecté pour n=0.
Voir la correction
Réponses
a)Fonction positive, bornes croissantes : In≥0
b)e−x≤1 et xn≥0
c)In≤n+11
d)Limite 0 (gendarmes)
e)I0=1−e1≈0,632∈[0;1]
a)
Sur [0;1], on a xn≥0 et e−x>0, donc la fonction intégrée est positive sur tout l'intervalle. Les bornes étant dans l'ordre croissant, la POSITIVITÉ de l'intégrale donne In≥0. La mention de l'ordre des bornes n'est pas du zèle : c'est elle qui permet d'appliquer la propriété, comme l'a rappelé l'exercice 4.
b)
Pour x∈[0;1], on a −x≤0, donc par croissance de l'exponentielle e−x≤e0=1. On multiplie ensuite les deux membres par xn, qui est POSITIF sur [0;1], ce qui conserve le sens de l'inégalité : xne−x≤xn. La justification du signe du facteur multiplicateur est le point technique que les correcteurs cherchent ici, car multiplier par un nombre négatif renverserait l'inégalité.
c)
Par CROISSANCE de l'intégrale, on peut intégrer une inégalité entre deux fonctions sur un même intervalle, à condition que les bornes soient dans l'ordre croissant : In≤∫01xndx=[n+1xn+1]01=n+11−0=n+11.
d)
On dispose donc de l'encadrement 0≤In≤n+11 valable pour tout n. Les deux bornes tendent vers 0 quand n tend vers +∞, donc par le THÉORÈME DES GENDARMES la suite (In) converge vers 0. On notera que l'objectif est atteint sans avoir jamais calculé In, ce qui était l'enjeu annoncé : encadrer suffit quand on ne cherche qu'une limite.
e)
I0=∫01e−xdx=[−e−x]01=−e1+1=1−e1≈0,632. L'encadrement prédit 0≤I0≤0+11=1, ce qui est bien vérifié ✓.
On peut aller plus loin et comprendre POURQUOI la limite est nulle, ce qui vaut mieux que d'appliquer le théorème mécaniquement. Sur [0;1[, la quantité xn s'écrase vers 0 quand n grandit, le facteur e−x restant borné entre e1 et 1 : la fonction intégrée devient nulle partout sauf au voisinage immédiat de 1, et l'aire correspondante s'évanouit. Contrôle numérique de cohérence avec l'exercice 7 : I1=∫01xe−xdx=1−e2≈0,264, valeur bien inférieure à I0≈0,632 et bien inférieure à sa borne 21 ✓. La suite est d'ailleurs DÉCROISSANTE, puisque xn+1≤xn sur [0;1], ce qui offre un second chemin vers la convergence : décroissante et minorée par 0.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Intégrales de composées et de fonctions trigonométriques
Calculez chaque intégrale en valeur exacte, en reconnaissant d'abord la forme de la fonction à intégrer : u′un, uu′, u′eu, ou une fonction trigonométrique cos(ax+b), sin(ax+b).
a) ∫0πsinxdx
b) ∫04πcos(2x)dx
c) ∫01x2+1xdx
d) ∫01(2x+1)3dx
e) ∫0ln2ex+1exdx
Voir la correction
Réponses
a)2
b)21
c)2ln2≈0,347
d)10
e)ln23≈0,405
a)
Une primitive de sin est −cos : ∫0πsinxdx=[−cosx]0π=−cosπ−(−cos0)=1+1=2. Le signe moins de la primitive est l'erreur classique : avec cos au lieu de −cos, on trouverait −2, une aire négative pour une fonction positive sur [0;π], ce qui doit alerter.
b)
Une primitive de cos(2x) est 21sin(2x), le facteur 21 compensant la dérivée 2 de la fonction intérieure. ∫04πcos(2x)dx=[2sin(2x)]04π=2sin2π−0=21.
c)
Avec u=x2+1>0, u′=2x : la fonction vaut 21×uu′, de primitive 21ln(x2+1). ∫01x2+1xdx=21ln2−21ln1=2ln2≈0,347.
d)
Avec u=2x+1, u′=2 : (2x+1)3=21×u′u3, de primitive 21×4u4=8(2x+1)4. ∫01(2x+1)3dx=834−814=881−1=10. Développer le cube aurait marché aussi, en quatre fois plus de lignes.
e)
Avec u=ex+1>0, u′=ex : forme uu′, de primitive ln(ex+1). ∫0ln2ex+1exdx=ln(eln2+1)−ln(e0+1)=ln3−ln2=ln23≈0,405.
Le réflexe commun aux cinq calculs : on regarde si la dérivée de « ce qui est à l'intérieur » apparaît en facteur, à une constante près. Si oui, on ajuste la constante et la primitive tombe d'un coup ; si non, on pense à l'intégration par parties. Et l'on contrôle le signe du résultat quand la fonction est de signe connu.
Exercice 12 : Une fonction définie par une intégrale
On définit sur R la fonction F par F(x)=∫0x1+t21dt.
On ne connaît aucune primitive de t↦1+t21 parmi les fonctions du programme : tout se fait sans calculer F(x).
a) Que vaut F(0) ? Justifiez que F est dérivable sur R et donnez F′(x), puis F′(1).
b) Déterminez le sens de variation de F.
c) On pose G(x)=F(x)+F(−x). Calculez G′(x) et G(0), puis déduisez-en la parité de F.
d) Donnez l'équation de la tangente à la courbe de F en 0.
e) Démontrez que, pour t∈[0;1], 1−t2≤1+t21≤1, puis encadrez F(1).
Voir la correction
Réponses
a)F(0)=0, F′(x)=1+x21, F′(1)=21
b)Strictement croissante
c)G′=0 et G(0)=0 : F impaire
d)y=x
e)32≤F(1)≤1
a)
F(0)=∫001+t21dt=0, une intégrale entre deux bornes égales étant nulle. La fonction t↦1+t21 est continue sur R (dénominateur jamais nul) ; d'après le théorème fondamental, F est SA primitive qui s'annule en 0, donc F est dérivable et F′(x)=1+x21. En particulier F′(1)=21.
b)
F′(x)=1+x21>0 pour tout réel : F est strictement croissante sur R. Notez qu'on connaît les variations d'une fonction dont on ignore l'expression : la dérivée suffit.
c)
Par dérivation d'une composée, la dérivée de x↦F(−x) est −F′(−x)=−1+x21. Donc G′(x)=1+x21−1+x21=0 : G est constante sur R, égale à G(0)=2F(0)=0. Ainsi F(−x)=−F(x) pour tout x : F est IMPAIRE, et sa courbe est symétrique par rapport à l'origine.
d)
F(0)=0 et F′(0)=1 : la tangente en 0 a pour équation y=x.
e)
Pour t∈[0;1], 1+t2≥1 donne 1+t21≤1. Ensuite 1+t21−(1−t2)=1+t21−(1−t2)(1+t2)=1+t21−(1−t4)=1+t2t4≥0. Par croissance de l'intégrale, les bornes 0<1 étant dans l'ordre : ∫01(1−t2)dt≤F(1)≤∫011dt, soit 1−31≤F(1)≤1, c'est-à-dire 32≤F(1)≤1. On admettra que F(1)=4π≈0,785, qui est bien dans l'encadrement ✓.
Une fonction définie par une intégrale « de a à x » se traite toujours avec le même trio : sa valeur en a est nulle, sa dérivée est la fonction intégrée, et les propriétés de l'intégrale (positivité, croissance) donnent des encadrements sans aucune primitive. Au bac, c'est exactement la situation où l'on demande « montrer que F est croissante » sans jamais pouvoir écrire F.
Exercice 13 : Intégrations par parties au deuxième degré
Chaque calcul demande une intégration par parties, parfois deux. On précisera à chaque fois u et v′.
a) Calculez ∫1exlnxdx.
b) On admet que ∫01xexdx=1. Calculez J=∫01x2exdx.
c) Déterminez les réels a et b tels que x↦(ax+b)ex soit une primitive de x↦xex.
d) Calculez ∫0πxsinxdx.
Voir la correction
Réponses
a)4e2+1≈2,097
b)J=e−2≈0,718
c)a=1, b=−1 : primitive (x−1)ex
d)π
a)
On dérive le logarithme et l'on primitive le polynôme : u=lnx, u′=x1, v′=x, v=2x2. ∫1exlnxdx=[2x2lnx]1e−∫1e2x2×x1dx=2e2−[4x2]1e=2e2−4e2+41=4e2+1≈2,097. Le choix inverse, u=x et v′=lnx, demanderait une primitive de ln : on tournerait en rond.
b)
u=x2, u′=2x, v′=ex, v=ex : J=[x2ex]01−∫012xexdx=e−2∫01xexdx=e−2≈0,718. Le degré du polynôme a baissé d'une unité : une DEUXIÈME intégration par parties, déjà faite ici et admise, le fait disparaître. Pour xnex, il en faut n.
c)
La dérivée de (ax+b)ex est aex+(ax+b)ex=(ax+a+b)ex. Elle doit égaler xex pour tout x : par identification, a=1 et a+b=0, donc b=−1. Une primitive de xex est (x−1)ex, et l'on retrouve ∫01xexdx=[(x−1)ex]01=0−(−1)=1 ✓. Cette méthode par identification est une alternative à l'intégration par parties quand la FORME de la primitive est donnée.
d)
u=x, u′=1, v′=sinx, v=−cosx : ∫0πxsinxdx=[−xcosx]0π+∫0πcosxdx=(−πcosπ)−0+[sinx]0π=π+0=π≈3,142. Le double signe moins, celui de v=−cosx et celui de la formule, se transforme en + : c'est là que se loge l'erreur.
La règle qui guide tous ces choix : on met dans u ce que la dérivation SIMPLIFIE (un polynôme perd un degré, un logarithme devient une fraction) et dans v′ ce qu'on sait primitiver sans le compliquer (exponentielle, sinus, cosinus, puissance). Si après une intégration par parties l'intégrale restante n'est pas plus simple que celle de départ, le choix était mauvais.
Exercice 14 : Une aire qui reste finie, une autre qui ne l'est pas
Soit f la fonction définie sur [0;+∞[ par f(x)=x−1+e−x, et g la fonction définie sur [1;+∞[ par g(x)=x+x1.
Pour un réel λ supérieur à la borne de gauche, on note A(λ) l'aire, en unités d'aire, comprise entre la courbe de f, la droite D d'équation y=x−1 et les droites x=0 et x=λ ; et B(λ) l'aire comprise entre la courbe de g, la droite Δ d'équation y=x et les droites x=1 et x=λ.
Approfondissement, au-delà du programme, pour les questions a) et d) : le programme de Terminale ne définit que les asymptotes PARALLÈLES AUX AXES ; une asymptote oblique comme D ou Δ figure parmi ses approfondissements possibles. Ici, « D est asymptote à la courbe de f en +∞ » signifie seulement que f(x)−(x−1) tend vers 0, et c'est cette limite qu'il faut établir ; les calculs d'aire, eux, sont au programme.
a) Montrez que D est asymptote à la courbe de f en +∞ et précisez leur position relative.
b) Exprimez A(λ) en fonction de λ et calculez A(2) au millième.
c) Déterminez la limite de A(λ) en +∞, puis la valeur de λ pour laquelle A(λ)=0,9.
d) Montrez que Δ est asymptote à la courbe de g, exprimez B(λ) et calculez B(4).
e) Déterminez la limite de B(λ) en +∞, puis la valeur de λ pour laquelle B(λ)=10.
Voir la correction
Réponses
a)f(x)−(x−1)=e−x→0 : asymptote, courbe au-dessus
b)A(λ)=1−e−λ, A(2)≈0,865
c)Limite 1 ; λ=ln10≈2,303
d)B(λ)=2λ−2, B(4)=2
e)Limite +∞ ; λ=36
a)
f(x)−(x−1)=e−x, qui tend vers 0 en +∞ : D est asymptote oblique. Comme e−x>0, la courbe est STRICTEMENT au-dessus de D.
b)
La courbe étant au-dessus, A(λ)=∫0λ(f(x)−(x−1))dx=∫0λe−xdx=[−e−x]0λ=1−e−λ. A(2)=1−e−2≈0,865.
c)
e−λ→0, donc A(λ)→1 : la région entre la courbe et son asymptote, pourtant infiniment longue, a une aire FINIE égale à 1. Ensuite 1−e−λ=0,9⟺e−λ=0,1⟺λ=ln10≈2,303 : dès x≈2,3, on a déjà 90% de l'aire totale.
d)
g(x)−x=x1→0 en +∞ : Δ est asymptote, et la courbe est au-dessus. B(λ)=∫1λx−21dx=[2x]1λ=2λ−2. B(4)=2×2−2=2.
e)
2λ→+∞, donc B(λ)→+∞ : l'aire entre la courbe et son asymptote est cette fois INFINIE. 2λ−2=10⟺λ=6⟺λ=36. Les deux écarts tendent vers 0, mais x1 le fait trop lentement pour que l'aire reste bornée.
Une asymptote dit que l'écart tend vers 0, pas à quelle VITESSE, et c'est la vitesse qui décide si l'aire est finie. Une exponentielle décroissante s'écrase assez vite, x1 non. Au bac, ces aires se calculent toujours sur [a;λ], puis l'on passe à la limite : on n'intègre jamais directement « jusqu'à l'infini ».
Exercice 15 : La chute d'un parachutiste avant l'ouverture
Pendant la chute libre, avant l'ouverture du parachute, la vitesse d'un parachutiste est modélisée par v(t)=50(1−e−0,2t), en mètres par seconde, t étant le temps en secondes depuis le saut.
La distance parcourue entre les instants t1 et t2 est ∫t1t2v(t)dt. Les résultats sont arrondis au centième.
a) Calculez v(0) et v(10), puis la limite de v en +∞.
b) Montrez que D(t)=50t+250e−0,2t est une primitive de v, puis calculez la distance parcourue pendant les dix premières secondes.
c) Déduisez-en la vitesse moyenne sur [0;10].
d) Calculez la distance parcourue entre t=10 et t=20.
e) À quel instant la vitesse atteint-elle 45 m/s ?
Voir la correction
Réponses
a)v(0)=0, v(10)≈43,23 m/s, limite 50 m/s
b)D′(t)=v(t) ; environ 283,83 m
c)Environ 28,38 m/s
d)Environ 470,75 m
e)t=5ln10≈11,51 s
a)
v(0)=50(1−1)=0 : le saut part d'une vitesse verticale nulle. v(10)=50(1−e−2)≈43,23 m/s. Quand t→+∞, e−0,2t→0 et v(t)→50 m/s : c'est la vitesse LIMITE, atteinte quand le frottement de l'air équilibre le poids.
b)
D′(t)=50+250×(−0,2)e−0,2t=50−50e−0,2t=v(t) ✓. La distance vaut D(10)−D(0)=(500+250e−2)−250=250+250e−2≈283,83 m. Oublier D(0)=250, qui n'est pas nul à cause de l'exponentielle, donnerait 533,83 m : plus que si le parachutiste avait chuté à 50 m/s tout du long, ce qui est absurde.
c)
La vitesse moyenne est la valeur moyenne de v : 10−01∫010v(t)dt≈10283,83≈28,38 m/s. Ce n'est pas la moyenne de v(0) et v(10), qui vaudrait 21,62 : la vitesse monte vite au début, ce qui relève la moyenne.
d)
D(20)−D(10)=(1000+250e−4)−(500+250e−2)=500+250e−4−250e−2≈470,75 m. En dix secondes de plus, la distance est bien supérieure à celle des dix premières : le parachutiste va presque à sa vitesse limite, et 470,75 m est proche des 500 m qu'il ferait à 50 m/s.
e)
50(1−e−0,2t)=45⟺e−0,2t=0,1⟺−0,2t=ln0,1=−ln10⟺t=5ln10≈11,51 s.
Intégrer une vitesse donne une distance, exactement comme intégrer un débit donne un volume. La subtilité de ce problème est la primitive qui ne s'annule pas en 0 : on calcule toujours D(t2)−D(t1) en entier, et l'on vérifie le résultat en le comparant à la distance qu'on ferait à vitesse constante maximale, qui en est un majorant évident.
Partie D : programme officiel, suites d'intégrales et primitives (/20)
Exercice 16 : Une suite d'intégrales définie par récurrence : les puissances du logarithme
Pour tout entier naturel n, on pose In=∫1e(lnx)ndx, avec la convention (lnx)0=1.
On établit une relation de récurrence par une intégration par parties, puis on s'en sert pour étudier le sens de variation et la limite de la suite, sans jamais chercher de formule donnant In.
a) Calculez I0, puis I1 par une intégration par parties.
b) En intégrant par parties avec u(x)=(lnx)n+1 et v′(x)=1, démontrez que, pour tout entier naturel n, In+1=e−(n+1)In. Déduisez-en I2 et I3 en valeur exacte.
c) Démontrez que la suite (In) est positive et décroissante. Que peut-on en conclure ?
d) À l'aide de la relation de b) et de c), démontrez que n+2e≤In≤n+1e pour tout entier naturel n. Déterminez la limite de (In), puis celle de (nIn).
e) Un élève programme la relation de b) en partant de la valeur arrondie I0≈1,718. Il obtient I8≈−11,09 et I10≈−1022,47. Expliquez pourquoi ces valeurs sont absurdes, puis montrez que l'erreur commise au départ est multipliée par n! au rang n.
Voir la correction
Réponses
a)I0=e−1≈1,718 et I1=1
b)In+1=e−(n+1)In ; I2=e−2, I3=6−2e
c)0≤In+1≤In : décroissante, minorée par 0, donc convergente
d)n+2e≤In≤n+1e ; limIn=0 et limnIn=e
e)Valeurs négatives, donc absurdes ; δn=(−1)nn!δ0, soit ∣δ10∣≈1023
a)
I0=∫1e1dx=e−1≈1,718. Pour I1=∫1elnxdx, on pose u(x)=lnx, u′(x)=x1, v′(x)=1 et v(x)=x : I1=[xlnx]1e−∫1ex1×xdx=(elne−1×ln1)−(e−1)=e−e+1=1. C'est le calcul de l'exercice 7 b), et c'est aussi le cas n=0 de la relation que la question b) va établir : I1=e−1×I0=e−(e−1)=1 ✓.
b)
La fonction u(x)=(lnx)n+1 est dérivable sur [1;e] : c'est une puissance de ln, et la formule (wn+1)′=(n+1)w′wn avec w=ln donne u′(x)=(n+1)×x1×(lnx)n. Avec v′(x)=1 et v(x)=x : In+1=[x(lnx)n+1]1e−∫1e(n+1)x(lnx)n×xdx. Le crochet vaut e×1n+1−1×0n+1=e, puisque lne=1, ln1=0 et n+1≥1. Dans l'intégrale, le x de v SIMPLIFIE le x1 de u′, et il reste (n+1)∫1e(lnx)ndx=(n+1)In : In+1=e−(n+1)In. C'est tout l'intérêt du choix v′=1, le même qu'en 7 b) : dériver le logarithme le fait disparaître. On en tire I2=e−2I1=e−2≈0,718, puis I3=e−3I2=e−3e+6=6−2e≈0,563.
c)
Positivité : pour x∈[1;e], lnx≥ln1=0 par croissance du logarithme, donc (lnx)n≥0 ; les bornes étant dans l'ordre croissant, la positivité de l'intégrale donne In≥0. Décroissance : sur [1;e], on a aussi lnx≤lne=1. En multipliant l'inégalité lnx≤1 par (lnx)n, qui est POSITIF, le sens est conservé : (lnx)n+1≤(lnx)n. On intègre cette inégalité entre 1 et e : In+1≤In. La suite est décroissante et minorée par 0, donc elle CONVERGE, d'après le théorème de convergence monotone. Ce théorème ne dit pas vers quoi : à ce stade, la limite est un réel positif inconnu. Contrôle sur les valeurs : 1,718>1>0,718>0,563 ✓.
d)
Majoration : In+1≥0 s'écrit e−(n+1)In≥0, soit In≤n+1e. Minoration : In+1≤In s'écrit e−(n+1)In≤In, soit e≤(n+2)In, et In≥n+2e. Les deux bornes tendent vers 0 : d'après le théorème des gendarmes, limIn=0. En multipliant l'encadrement par n>0 : n+2ne≤nIn≤n+1ne, et les deux bornes tendent vers e (on factorise n au dénominateur : n+2ne=1+2/ne). Donc limnIn=e : pour n grand, In se comporte comme ne. Contrôle pour n=3 : 5e≈0,544≤0,563≤4e≈0,680 ✓. Toute l'information est venue de la relation et de c), sans une seule intégrale de plus.
e)
I8<0 contredit la positivité démontrée en c), et I10≈−1022,47 sort de l'encadrement [12e;11e]≈[0,227;0,247] de d). Notons Jn les valeurs calculées et δn=Jn−In l'erreur. Les deux suites vérifient la même relation, Jn+1=e−(n+1)Jn et In+1=e−(n+1)In ; en soustrayant, le e disparaît : δn+1=−(n+1)δn. Par récurrence, δn=(−1)nn!δ0 : c'est vrai pour n=0, et si c'est vrai au rang n, alors δn+1=−(n+1)(−1)nn!δ0=(−1)n+1(n+1)!δ0. Ici δ0=1,718−(e−1)≈−2,82×10−4, et 10!=3628800 : δ10≈−1022,7, exactement l'écart observé. La relation est EXACTE, mais chaque tour multiplie l'erreur par n+1 : dans ce sens, elle est numériquement instable. Lue à l'envers, In=n+1e−In+1, elle DIVISE l'erreur à chaque tour, et c'est ainsi qu'on la programme.
Le schéma d'une suite d'intégrales tient en trois temps : une relation par intégration par parties, le sens de variation en comparant les fonctions intégrées, la limite par un encadrement. Et une relation de récurrence exacte n'est pas pour autant un algorithme sûr.
Exercice 17 : Deux primitives d'une même fonction : une constante, sur un intervalle
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=(x2+1)22x, et les fonctions F et G définies sur R par F(x)=x2+1x2 et G(x)=−x2+11.
Le cours affirme deux choses, qui vont en sens inverse : si F est une primitive de f sur un intervalle I, alors F+C en est une aussi pour toute constante C ; et deux primitives d'une même fonction sur un INTERVALLE diffèrent d'une constante. On les met ici à l'épreuve, hypothèse comprise.
a) Démontrez que F et G sont deux primitives de f sur R.
b) Sans calculer F(x)−G(x) pour x quelconque, déterminez la constante k telle que F=G+k sur R. Vérifiez-la ensuite par le calcul.
c) Déterminez la primitive H de f sur R telle que H(1)=2, puis calculez H(0). Cette primitive est-elle unique ?
d) Sur R∗=]−∞;0[∪]0;+∞[, on pose L(x)=−x1, et K(x)=−x1 si x>0, K(x)=3−x1 si x<0. Vérifiez que K et L sont deux primitives de x↦x21 sur R∗. La différence K−L est-elle constante ? Le cours est-il contredit ?
e) Pour g(x)=sinxcosx, deux élèves proposent comme primitive sur R, l'un A(x)=21sin2x, l'autre B(x)=−21cos2x. Qui a raison ? Déterminez la constante qui sépare leurs réponses.
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Réponses
a)F′=G′=f : deux primitives de f sur R
b)k=F(0)−G(0)=1, et F(x)−G(x)=1 pour tout x
c)H(x)=25−x2+11, H(0)=23 ; unique, car R est un intervalle
d)K′=L′ mais K−L vaut 0 sur ]0;+∞[ et 3 sur ]−∞;0[ ; pas de contradiction, R∗ n'est pas un intervalle
e)Les deux ont raison : A−B=21
a)
F est un quotient vu avec u=x2 et v=x2+1, qui ne s'annule pas : F′(x)=(x2+1)22x(x2+1)−x2×2x=(x2+1)22x3+2x−2x3=(x2+1)22x=f(x). G est de la forme −v1, de dérivée v2v′ : G′(x)=(x2+1)22x=f(x). Deux écritures qui ne se ressemblent pas, une même dérivée : F et G sont deux primitives de f sur R.
b)
F et G sont deux primitives de la même fonction sur R, qui est un INTERVALLE : elles diffèrent d'une constante k, c'est-à-dire que F(x)−G(x)=k pour TOUT réel x. Il suffit donc de calculer cette différence en UN point bien choisi : en 0, F(0)=0 et G(0)=−1, d'où k=0−(−1)=1. Vérification : F(x)−G(x)=x2+1x2+x2+11=x2+1x2+1=1 ✓. Le théorème fait gagner le calcul général : une seule évaluation fixe la constante partout.
c)
Dans l'autre sens du cours, G+C est une primitive de f pour toute constante C, puisque la dérivée d'une constante est nulle ; et d'après b), TOUTE primitive de f sur R s'écrit ainsi. On cherche C tel que G(1)+C=2 : G(1)=−21, donc C=25, et H(x)=25−x2+11. Alors H(0)=25−1=23. On aurait pu partir de F : H=F+23, la même fonction puisque F=G+1. Elle est UNIQUE : si H1 et H2 conviennent, ce sont deux primitives de f sur un intervalle, donc H1−H2 est une constante, qui vaut H1(1)−H2(1)=2−2=0.
d)
Sur chacun des deux morceaux, la constante 3 disparaît en dérivant : K′(x)=x21=L′(x) pour tout x=0. Pourtant K(x)−L(x)=0 si x>0 et K(x)−L(x)=3 si x<0 : la différence n'est PAS constante sur R∗. Le cours n'est pas contredit, car R∗ n'est pas un intervalle : il a un trou en 0. Le théorème s'applique séparément sur ]−∞;0[ et sur ]0;+∞[, avec une constante sur CHACUN, et rien ne relie les deux. C'est la même hypothèse que celle que l'affirmation b) de l'exercice 9 oubliait en intégrant x21 de part et d'autre de 0.
e)
A=21u2 avec u=sinx, donc A′(x)=21×2u′u=cosxsinx=g(x). B=−21w2 avec w=cosx, donc B′(x)=−21×2×(−sinx)cosx=sinxcosx=g(x). Les DEUX élèves ont raison. Le théorème l'annonce avant tout calcul : leurs réponses diffèrent d'une constante, et A(x)−B(x)=21(sin2x+cos2x)=21 pour tout réel x. Contrôle en 0 : A(0)=0 et B(0)=−21 ✓.
Devant deux primitives qui ne se ressemblent pas, le bon réflexe n'est pas de chercher l'erreur mais de calculer leur différence : si elle est constante sur un intervalle, les deux sont justes.
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