Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : primitives et intégration (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les primitives et l'intégration, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Elle couvre les primitives usuelles et les primitives de composées u′unu'u^{n}, u′u\frac{u'}{u} et u′euu'\mathrm{e}^{u}, le calcul d'une intégrale par une primitive, la linéarité, la relation de Chasles et la positivité de l'intégrale, la valeur moyenne, l'aire entre deux courbes, l'intégration par parties, la fonction définie par une intégrale et les suites d'intégrales. L'exercice 0.1 ouvre la série par douze intégrales à calculer directement, comme dans les listes des manuels : primitives de référence (x3x^{3}, 3x2\frac{3}{x^{2}}, 2x\frac{2}{\sqrt{x}}, 3x\frac{3}{x}), e1−x2\mathrm{e}^{1-\frac{x}{2}}, sin⁡(3x)\sin(3x) et cos⁡(2x−π3)\cos\left(2x-\frac{\pi}{3}\right), puis les formes de composées avec le coefficient à ajuster, la linéarité et une valeur moyenne.

À la fin de la série, vous savez calculer l'aire entre une parabole et une droite (exercice 6), intégrer par parties xexx\mathrm{e}^{x}, ln⁡x\ln x et xsin⁡xx\sin x, y compris deux fois de suite (exercices 7 et 13), retrouver le volume d'un réservoir par une primitive et une condition initiale (exercice 8), étudier F(x)=∫0x11+t2 dtF(x)=\int_{0}^{x}\frac{1}{1+t^{2}}\,dt sans jamais la calculer (exercice 12) et chiffrer la distance parcourue par un parachutiste en chute libre (exercice 15). L'exercice 14, en approfondissement, oppose une aire qui reste finie le long d'une asymptote oblique à une aire qui ne l'est pas. L'exercice 9 traite les pièges : l'intégrale prise pour une aire toujours positive, 1x2\frac{1}{x^{2}} intégrée à travers 00, et l'intégrale d'un produit prise pour le produit des intégrales.

L'exercice 10 reprend la structure exacte d'une question de baccalauréat : encadrer une suite d'intégrales sans jamais la calculer, puis conclure par le théorème des gendarmes. C'est un raisonnement qui rapporte beaucoup de points et qui s'apprend. La partie D suit le programme officiel de Terminale, qui demande d'« étudier une suite d'intégrales, vérifiant éventuellement une relation de récurrence », et qui fait connaître dans les deux sens le résultat « deux primitives d'une même fonction continue sur un intervalle diffèrent d'une constante ». Son fil : un théorème ne vaut que sous son hypothèse, et une relation exacte n'est pas un calcul sûr.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Configurations et trigonométrieSeconde
  2. 2Généralités sur les fonctionsSeconde
  3. 3Fonctions affines et systèmesSeconde
  4. 4Algorithmique et PythonSeconde
  5. 5Les suites numériquesPremière
  6. 6La dérivationPremière
  7. 7La fonction exponentiellePremière
  8. 8La trigonométriePremière
  9. 9Dérivation et trigonométrie
  10. 10Exponentielle et logarithme

Rappel de cours

  • • FF est une primitive de ff sur II lorsque F′=fF'=f sur II. Deux primitives d'une même fonction diffèrent d'une constante.
  • • Primitives de composées : u′unu'u^{n} a pour primitive un+1n+1\frac{u^{n+1}}{n+1}, u′u\frac{u'}{u} a pour primitive ln⁡∣u∣\ln|u|, et u′euu'\mathrm{e}^{u} a pour primitive eu\mathrm{e}^{u}.
  • • Si FF est une primitive de ff sur [a;b][a;b], alors ∫abf(x) dx=F(b)−F(a)\int_{a}^{b}f(x)\,dx=F(b)-F(a).
  • • Relation de Chasles : ∫abf+∫bcf=∫acf\int_{a}^{b}f+\int_{b}^{c}f=\int_{a}^{c}f. Et ∫baf=−∫abf\int_{b}^{a}f=-\int_{a}^{b}f.
  • • Positivité : si f≥0f\geq 0 sur [a;b][a;b] avec a≤ba\leq b, alors ∫abf≥0\int_{a}^{b}f\geq 0. Si f≤gf\leq g, alors ∫abf≤∫abg\int_{a}^{b}f\leq\int_{a}^{b}g.
  • • Valeur moyenne de ff sur [a;b][a;b] : μ=1b−a∫abf(x) dx\mu=\frac{1}{b-a}\int_{a}^{b}f(x)\,dx.
  • • Intégration par parties : ∫abu(x)v′(x) dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x) dx\int_{a}^{b}u(x)v'(x)\,dx=[u(x)v(x)]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'(x)v(x)\,dx.
  • • Une intégrale n'est une aire que si la fonction est positive. Sinon elle compte négativement les portions sous l'axe.
  • • Suite d'intégrales InI_{n} : on établit la relation de récurrence par une intégration par parties, le sens de variation en comparant les fonctions intégrées, la limite par un encadrement et le théorème des gendarmes.
  • • Deux primitives d'une même fonction sur un INTERVALLE diffèrent d'une constante, que l'on trouve en évaluant leur différence en un seul point. Sur une réunion d'intervalles, comme R∗\mathbb{R}^{*}, la constante peut changer d'un morceau à l'autre.

Calculs : les intégrales à calculer

Exercice 0.1 : Calculer des intégrales à l'aide des primitives : douze calculs directs

Pour chaque ligne, calculez l'intégrale demandée à l'aide d'une primitive, et donnez sa valeur exacte, ou sa valeur au millième quand elle contient e\mathrm{e}, ln⁡\ln ou une racine.

Une seule méthode pour les douze lignes : reconnaître la forme de la fonction (fonction de référence, eax+b\mathrm{e}^{ax+b}, cos⁡(ax+b)\cos(ax+b), sin⁡(ax+b)\sin(ax+b), ou l'une des formes u′unu'u^{n}, u′u\frac{u'}{u}, u′euu'\mathrm{e}^{u}), ajuster le coefficient pour que la dérivée de uu apparaisse exactement, écrire une primitive FF, puis calculer F(b)−F(a)F(b)-F(a) en mettant des parenthèses autour de chaque valeur. On contrôle toujours FF en la dérivant avant de remplacer les bornes.

  • a) ∫−12(x3−3x2+2)dx\int_{-1}^{2}\left(x^{3}-3x^{2}+2\right)dx.
  • b) ∫143x2 dx\int_{1}^{4}\frac{3}{x^{2}}\,dx.
  • c) ∫192x dx\int_{1}^{9}\frac{2}{\sqrt{x}}\,dx.
  • d) ∫1e23x dx\int_{1}^{\mathrm{e}^{2}}\frac{3}{x}\,dx.
  • e) ∫02e1−x2 dx\int_{0}^{2}\mathrm{e}^{1-\frac{x}{2}}\,dx.
  • f) ∫0π6sin⁡(3x) dx\int_{0}^{\frac{\pi}{6}}\sin(3x)\,dx.
  • g) ∫0π2cos⁡(2x−π3)dx\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\cos\left(2x-\frac{\pi}{3}\right)dx.
  • h) ∫01x2(x3+1)3dx\int_{0}^{1}x^{2}\left(x^{3}+1\right)^{3}dx.
  • i) ∫13x+1x2+2x dx\int_{1}^{3}\frac{x+1}{x^{2}+2x}\,dx.
  • j) ∫14exx dx\int_{1}^{4}\frac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{\sqrt{x}}\,dx.
  • k) ∫0ln⁡2(ex+e−x)dx\int_{0}^{\ln 2}\left(\mathrm{e}^{x}+\mathrm{e}^{-x}\right)dx.
  • l) La valeur moyenne de f(x)=1(x+1)2f(x)=\frac{1}{(x+1)^{2}} sur [0 ;3][0\,;3].

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
k)
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Réponses

  • a) [x44−x3+2x]−12=34\left[\frac{x^{4}}{4}-x^{3}+2x\right]_{-1}^{2}=\frac{3}{4}
  • b) [−3x]14=94\left[-\frac{3}{x}\right]_{1}^{4}=\frac{9}{4}
  • c) [4x]19=8\left[4\sqrt{x}\right]_{1}^{9}=8
  • d) [3ln⁡x]1e2=6\left[3\ln x\right]_{1}^{\mathrm{e}^{2}}=6
  • e) [−2 e1−x2]02=2e−2≈3,437\left[-2\,\mathrm{e}^{1-\frac{x}{2}}\right]_{0}^{2}=2\mathrm{e}-2\approx 3{,}437
  • f) [−13cos⁡(3x)]0π6=13\left[-\frac{1}{3}\cos(3x)\right]_{0}^{\frac{\pi}{6}}=\frac{1}{3}
  • g) [12sin⁡(2x−π3)]0π2=32≈0,866\left[\frac{1}{2}\sin\left(2x-\frac{\pi}{3}\right)\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}=\frac{\sqrt{3}}{2}\approx 0{,}866
  • h) [(x3+1)412]01=54\left[\frac{(x^{3}+1)^{4}}{12}\right]_{0}^{1}=\frac{5}{4}
  • i) [12ln⁡(x2+2x)]13=12ln⁡5≈0,805\left[\frac{1}{2}\ln\left(x^{2}+2x\right)\right]_{1}^{3}=\frac{1}{2}\ln 5\approx 0{,}805
  • j) [2 ex]14=2e2−2e≈9,342\left[2\,\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\right]_{1}^{4}=2\mathrm{e}^{2}-2\mathrm{e}\approx 9{,}342
  • k) [ex−e−x]0ln⁡2=32\left[\mathrm{e}^{x}-\mathrm{e}^{-x}\right]_{0}^{\ln 2}=\frac{3}{2}
  • l) μ=13[−1x+1]03=14\mu=\frac{1}{3}\left[-\frac{1}{x+1}\right]_{0}^{3}=\frac{1}{4}

Le geste qui décide de tout se fait AVANT d'écrire la primitive : nommer la forme. 3x2=3x−2\frac{3}{x^{2}}=3x^{-2} est une puissance, x2(x3+1)3x^{2}(x^{3}+1)^{3} est un u′u3u'u^{3} à un facteur 33 près, x+1x2+2x\frac{x+1}{x^{2}+2x} est un u′u\frac{u'}{u} à un facteur 22 près, exx\frac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{\sqrt{x}} est un u′euu'\mathrm{e}^{u} à un facteur 22 près. Le facteur manquant se compense devant la primitive, jamais à l'intérieur.

a)

F(x)=x44−x3+2xF(x)=\frac{x^{4}}{4}-x^{3}+2x. F(2)=4−8+4=0F(2)=4-8+4=0 et F(−1)=14−(−1)+(−2)=−34F(-1)=\frac{1}{4}-(-1)+(-2)=-\frac{3}{4}, donc l'intégrale vaut 0−(−34)=340-\left(-\frac{3}{4}\right)=\frac{3}{4}. Piège : (−1)3=−1(-1)^{3}=-1, donc −(−1)3=+1-(-1)^{3}=+1 ; sans parenthèses on écrit F(−1)=14−1−2F(-1)=\frac{1}{4}-1-2 et l'on trouve 114\frac{11}{4}.

b)

3x2=3x−2\frac{3}{x^{2}}=3x^{-2} a pour primitive −3x-\frac{3}{x} sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. [−3x]14=−34−(−3)=94\left[-\frac{3}{x}\right]_{1}^{4}=-\frac{3}{4}-(-3)=\frac{9}{4}. Piège : écrire 3x\frac{3}{x} ou 3ln⁡x3\ln x, le signe moins vient de (1x)′=−1x2\left(\frac{1}{x}\right)'=-\frac{1}{x^{2}}.

c)

(x)′=12x\left(\sqrt{x}\right)'=\frac{1}{2\sqrt{x}}, donc 2x=4×12x\frac{2}{\sqrt{x}}=4\times\frac{1}{2\sqrt{x}} a pour primitive 4x4\sqrt{x}. [4x]19=12−4=8\left[4\sqrt{x}\right]_{1}^{9}=12-4=8. Piège : la primitive 2x2\sqrt{x}, qui oublie le 22 du dénominateur de la dérivée.

d)

[3ln⁡x]1e2=3ln⁡(e2)−3ln⁡1=3×2−0=6\left[3\ln x\right]_{1}^{\mathrm{e}^{2}}=3\ln\left(\mathrm{e}^{2}\right)-3\ln 1=3\times 2-0=6. La borne e2\mathrm{e}^{2} est choisie pour que ln⁡\ln se calcule sans machine.

e)

(eax+b)′=a eax+b\left(\mathrm{e}^{ax+b}\right)'=a\,\mathrm{e}^{ax+b} avec a=−12a=-\frac{1}{2}, donc une primitive est 1ae1−x2=−2 e1−x2\frac{1}{a}\mathrm{e}^{1-\frac{x}{2}}=-2\,\mathrm{e}^{1-\frac{x}{2}}. [−2 e1−x2]02=−2 e0−(−2 e1)=2e−2≈3,437\left[-2\,\mathrm{e}^{1-\frac{x}{2}}\right]_{0}^{2}=-2\,\mathrm{e}^{0}-\left(-2\,\mathrm{e}^{1}\right)=2\mathrm{e}-2\approx 3{,}437. Piège : multiplier par −12-\frac{1}{2} au lieu de diviser, ce qui donne e−12\frac{\mathrm{e}-1}{2}.

f)

Une primitive de sin⁡(3x)\sin(3x) est −13cos⁡(3x)-\frac{1}{3}\cos(3x). [−13cos⁡(3x)]0π6=−13cos⁡π2+13cos⁡0=0+13=13\left[-\frac{1}{3}\cos(3x)\right]_{0}^{\frac{\pi}{6}}=-\frac{1}{3}\cos\frac{\pi}{2}+\frac{1}{3}\cos 0=0+\frac{1}{3}=\frac{1}{3}. Piège : la primitive +13cos⁡(3x)+\frac{1}{3}\cos(3x), qui donne −13-\frac{1}{3} ; la primitive de sin⁡\sin est −cos⁡-\cos.

g)

Une primitive de cos⁡(2x−π3)\cos\left(2x-\frac{\pi}{3}\right) est 12sin⁡(2x−π3)\frac{1}{2}\sin\left(2x-\frac{\pi}{3}\right). En π2\frac{\pi}{2}, l'argument vaut 2π3\frac{2\pi}{3} ; en 00, il vaut −π3-\frac{\pi}{3}. L'intégrale vaut 12(32−(−32))=32≈0,866\frac{1}{2}\left(\frac{\sqrt{3}}{2}-\left(-\frac{\sqrt{3}}{2}\right)\right)=\frac{\sqrt{3}}{2}\approx 0{,}866. Piège : sin⁡(−π3)=−32\sin\left(-\frac{\pi}{3}\right)=-\frac{\sqrt{3}}{2}, le sinus est impair.

h)

Avec u=x3+1u=x^{3}+1, u′=3x2u'=3x^{2}, donc x2(x3+1)3=13u′u3x^{2}(x^{3}+1)^{3}=\frac{1}{3}u'u^{3}, de primitive 13×u44=(x3+1)412\frac{1}{3}\times\frac{u^{4}}{4}=\frac{(x^{3}+1)^{4}}{12}. [(x3+1)412]01=16−112=54\left[\frac{(x^{3}+1)^{4}}{12}\right]_{0}^{1}=\frac{16-1}{12}=\frac{5}{4}. Piège : oublier le 13\frac{1}{3}, ce qui donne 154\frac{15}{4} ; développer (x3+1)3(x^{3}+1)^{3} marche aussi mais coûte quatre termes.

i)

Avec u=x2+2xu=x^{2}+2x, u′=2x+2=2(x+1)u'=2x+2=2(x+1), donc x+1x2+2x=12⋅u′u\frac{x+1}{x^{2}+2x}=\frac{1}{2}\cdot\frac{u'}{u}, de primitive 12ln⁡(x2+2x)\frac{1}{2}\ln\left(x^{2}+2x\right) sur [1 ;3][1\,;3], où u>0u>0. L'intégrale vaut 12(ln⁡15−ln⁡3)=12ln⁡5≈0,805\frac{1}{2}(\ln 15-\ln 3)=\frac{1}{2}\ln 5\approx 0{,}805. Piège : oublier le 12\frac{1}{2}, ce qui donne ln⁡5≈1,609\ln 5\approx 1{,}609.

j)

Avec u=xu=\sqrt{x}, u′=12xu'=\frac{1}{2\sqrt{x}}, donc exx=2u′eu\frac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{\sqrt{x}}=2u'\mathrm{e}^{u}, de primitive 2 ex2\,\mathrm{e}^{\sqrt{x}}. [2 ex]14=2e2−2e≈9,342\left[2\,\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\right]_{1}^{4}=2\mathrm{e}^{2}-2\mathrm{e}\approx 9{,}342. Piège : la primitive ex\mathrm{e}^{\sqrt{x}} seule, qui vaut la moitié.

k)

Linéarité : une primitive est ex−e−x\mathrm{e}^{x}-\mathrm{e}^{-x}, le moins venant de (e−x)′=−e−x\left(\mathrm{e}^{-x}\right)'=-\mathrm{e}^{-x}. En ln⁡2\ln 2 : 2−12=322-\frac{1}{2}=\frac{3}{2} ; en 00 : 1−1=01-1=0. L'intégrale vaut 32\frac{3}{2}. Piège : la primitive ex+e−x\mathrm{e}^{x}+\mathrm{e}^{-x}, qui donne 12\frac{1}{2}.

l)

μ=13−0∫03dx(x+1)2\mu=\frac{1}{3-0}\int_{0}^{3}\frac{dx}{(x+1)^{2}}. Une primitive de (x+1)−2(x+1)^{-2} est −1x+1-\frac{1}{x+1}, donc l'intégrale vaut −14+1=34-\frac{1}{4}+1=\frac{3}{4} et μ=13×34=14\mu=\frac{1}{3}\times\frac{3}{4}=\frac{1}{4}. Piège : donner l'intégrale 34\frac{3}{4} sans la diviser par la longueur de l'intervalle.

Contrôle : à chaque ligne, dériver la primitive écrite doit redonner EXACTEMENT la fonction de départ, coefficient compris. C'est là que se voient les facteurs 13\frac{1}{3}, 12\frac{1}{2} et 22 oubliés des lignes h), i) et j). Pour la valeur, la calculatrice donne l'intégrale directement : elle doit tomber sur la même au millième.

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Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Primitives usuelles

Déterminez une primitive de chaque fonction sur l'intervalle indiqué.

  • a) f(x)=3x2−4x+5f(x)=3x^{2}-4x+5 sur R\mathbb{R}
  • b) g(x)=1x2g(x)=\frac{1}{x^{2}} sur ]0;+∞[]0;+\infty[
  • c) h(x)=1xh(x)=\frac{1}{x} sur ]0;+∞[]0;+\infty[
  • d) k(x)=exk(x)=\mathrm{e}^{x} sur R\mathbb{R}
  • e) m(x)=1xm(x)=\frac{1}{\sqrt{x}} sur ]0;+∞[]0;+\infty[

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a)
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Réponses

  • a) x3−2x2+5xx^{3}-2x^{2}+5x
  • b) −1x-\frac{1}{x}
  • c) ln⁡x\ln x
  • d) exe^{x}
  • e) 2x2\sqrt{x}
a)

On remonte la règle (xn)′=nxn−1\left(x^{n}\right)'=nx^{n-1} à l'envers, ce qui donne ∫xn=xn+1n+1\int x^{n}=\frac{x^{n+1}}{n+1} : F(x)=x3−2x2+5xF(x)=x^{3}-2x^{2}+5x. Contrôle immédiat par dérivation : F′(x)=3x2−4x+5F'(x)=3x^{2}-4x+5 ✓, et ce contrôle vaut pour les cinq questions.

b)

On réécrit d'abord en puissance, car la règle ne s'applique qu'à cette forme : g(x)=x−2g(x)=x^{-2}, dont une primitive est x−2+1−2+1=x−1−1=−1x\frac{x^{-2+1}}{-2+1}=\frac{x^{-1}}{-1}=-\frac{1}{x}. Le signe moins est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre, et la dérivation le confirme : (−1x)′=1x2\left(-\frac{1}{x}\right)'=\frac{1}{x^{2}} ✓.

c)

H(x)=ln⁡xH(x)=\ln x, puisque x>0x>0 sur cet intervalle. C'est ici que la règle des puissances TOMBE EN PANNE : elle donnerait x00\frac{x^{0}}{0}, une division par zéro. L'exposant −1-1 est le seul cas exclu, et c'est précisément le trou que le logarithme vient combler. L'intervalle compte : sur ]−∞;0[]-\infty;0[, une primitive serait ln⁡(−x)\ln(-x) et non ln⁡x\ln x, qui n'y est pas défini.

d)

K(x)=exK(x)=\mathrm{e}^{x}, la fonction exponentielle étant sa propre dérivée, donc sa propre primitive. C'est le seul cas, à la multiplication par une constante près.

e)

On réécrit encore en puissance : m(x)=x−12m(x)=x^{-\frac{1}{2}}, dont une primitive est x−12+1−12+1=x1212=2x\frac{x^{-\frac{1}{2}+1}}{-\frac{1}{2}+1}=\frac{x^{\frac{1}{2}}}{\frac{1}{2}}=2\sqrt{x}. Le facteur 22 surprend souvent : il vient de la division par 12\frac{1}{2}, qui revient à multiplier par 22.

Deux remarques valables pour toute la suite. D'abord, chaque réponse admet une constante arbitraire : les primitives forment une FAMILLE de fonctions parallèles, décalées verticalement, et non une fonction unique. On la précise en écrivant F(x)+CF(x)+C. Ensuite, il existe un contrôle universel qui rend toute erreur impossible à conserver : DÉRIVER sa réponse. Contrairement au reste des mathématiques, la vérification est ici mécanique, rapide et infaillible ; s'en priver en examen est un choix coûteux.

Exercice 2 : Primitives de composées

Reconnaissez à chaque fois la forme u′unu'u^{n}, u′u\frac{u'}{u} ou u′euu'\mathrm{e}^{u}, puis donnez une primitive.

  • a) f(x)=2x(x2+1)3f(x)=2x(x^{2}+1)^{3}
  • b) g(x)=2xx2+1g(x)=\frac{2x}{x^{2}+1}
  • c) h(x)=3e3x−1h(x)=3\mathrm{e}^{3x-1}
  • d) k(x)=xex2k(x)=x\mathrm{e}^{x^{2}}
  • e) m(x)=2x+1x2+x+3m(x)=\frac{2x+1}{x^{2}+x+3}

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) (x2+1)44\frac{(x^{2}+1)^{4}}{4}
  • b) ln⁡(x2+1)\ln(x^{2}+1)
  • c) e3x−1e^{3x-1}
  • d) 12ex2\frac{1}{2}e^{x^{2}}
  • e) ln⁡(x2+x+3)\ln(x^{2}+x+3)
a)

Avec u=x2+1u=x^{2}+1 et u′=2xu'=2x, l'expression est exactement de la forme u′u3u'u^{3}, dont une primitive est u44\frac{u^{4}}{4} : on obtient (x2+1)44\frac{(x^{2}+1)^{4}}{4}. La méthode est toujours la même, il faut la ritualiser : on repère le uu candidat, qui est le contenu de la parenthèse ou du dénominateur, on calcule u′u', puis on vérifie que ce u′u' figure bien en facteur.

b)

Forme u′u\frac{u'}{u} avec u=x2+1u=x^{2}+1, dont une primitive est ln⁡u\ln u : on obtient ln⁡(x2+1)\ln(x^{2}+1). La condition u>0u>0 est ici satisfaite car x2+1≥1x^{2}+1\geq 1, et elle n'est pas facultative : sans elle, la primitive serait ln⁡∣u∣\ln|u|, écriture hors programme en Terminale, et surtout la fonction ne serait pas définie partout.

c)

Forme u′euu'\mathrm{e}^{u} avec u=3x−1u=3x-1 et u′=3u'=3 : une primitive est e3x−1\mathrm{e}^{3x-1}. Le facteur 33 de l'énoncé n'est pas décoratif, c'est lui qui rend la reconnaissance exacte ; sans lui, il aurait fallu compenser, comme à la question suivante.

d)

Ici le facteur ne colle pas : avec u=x2u=x^{2} on a u′=2xu'=2x, alors que l'énoncé ne propose que xx. On AJUSTE en écrivant k(x)=12×2x ex2k(x)=\frac{1}{2}\times 2x\,\mathrm{e}^{x^{2}}, ce qui rétablit la forme au facteur 12\frac{1}{2} près : une primitive est 12ex2\frac{1}{2}\mathrm{e}^{x^{2}}. Cette manipulation, qui consiste à faire apparaître la constante manquante et à compenser par son inverse, est le geste le plus rentable du chapitre. Attention, elle ne fonctionne QUE pour une constante : si le facteur manquant dépendait de xx, aucun ajustement de ce type ne serait possible.

e)

Forme u′u\frac{u'}{u} avec u=x2+x+3u=x^{2}+x+3, dont la dérivée est bien 2x+12x+1. Reste à justifier la stricte positivité, car c'est la partie que les copies oublient : le discriminant vaut Δ=12−4×1×3=1−12=−11<0\Delta=1^{2}-4\times 1\times 3=1-12=-11<0 et le coefficient dominant est positif, donc le trinôme ne s'annule jamais et reste strictement positif sur R\mathbb{R}. Une primitive est donc ln⁡(x2+x+3)\ln(x^{2}+x+3).

Le tableau à connaître tient en trois lignes : u′unu'u^{n} donne un+1n+1\frac{u^{n+1}}{n+1}, u′u\frac{u'}{u} donne ln⁡u\ln u pour u>0u>0, et u′euu'\mathrm{e}^{u} donne eu\mathrm{e}^{u}. Toute la difficulté est de repérer le bon uu, et l'indice le plus fiable est le degré : si le numérateur a un degré exactement inférieur d'une unité à celui du dénominateur, la piste du logarithme est la bonne.

Exercice 3 : Calculs d'intégrales

Calculez chaque intégrale en valeur exacte.

  • a) ∫02(3x2−2x) dx\int_{0}^{2}(3x^{2}-2x)\,dx
  • b) ∫1e1x dx\int_{1}^{\mathrm{e}}\frac{1}{x}\,dx
  • c) ∫01e2x dx\int_{0}^{1}\mathrm{e}^{2x}\,dx
  • d) ∫−11x3 dx\int_{-1}^{1}x^{3}\,dx, puis interprétez le résultat.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 44
  • b) 11
  • c) e2−12≈3,195\frac{e^{2}-1}{2}\approx 3{,}195
  • d) 00 ; aire géométrique 12\frac{1}{2}
a)

Une primitive de 3x2−2x3x^{2}-2x est x3−x2x^{3}-x^{2}, donc ∫02(3x2−2x)dx=[x3−x2]02=(8−4)−(0−0)=4\int_{0}^{2}(3x^{2}-2x)dx=\left[x^{3}-x^{2}\right]_{0}^{2}=(8-4)-(0-0)=4. Le crochet n'est pas une décoration : il rappelle qu'il faut évaluer en la borne HAUTE moins la borne BASSE, dans cet ordre, et l'inversion des deux est l'erreur de signe la plus courante.

b)

Une primitive de 1x\frac{1}{x} sur [1;e][1;\mathrm{e}], intervalle où x>0x>0, est ln⁡x\ln x : l'intégrale vaut ln⁡e−ln⁡1=1−0=1\ln\mathrm{e}-\ln 1=1-0=1. Ce résultat mérite d'être retenu, car il donne la définition géométrique du nombre e\mathrm{e} : c'est l'abscisse pour laquelle l'aire sous l'hyperbole, à partir de 11, vaut exactement 11.

c)

Forme u′euu'\mathrm{e}^{u} à ajuster, comme à l'exercice 2 : une primitive de e2x\mathrm{e}^{2x} est e2x2\frac{\mathrm{e}^{2x}}{2}, donc l'intégrale vaut e22−e02=e2−12≈3,195\frac{\mathrm{e}^{2}}{2}-\frac{\mathrm{e}^{0}}{2}=\frac{\mathrm{e}^{2}-1}{2}\approx 3{,}195. Contrôle de plausibilité : la fonction croît de 11 à e2≈7,39\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39 sur un intervalle de largeur 11, l'aire doit donc se situer entre ces deux valeurs, et 3,1953{,}195 y est ✓.

d)

Une primitive est x44\frac{x^{4}}{4}, donc l'intégrale vaut 14−(−1)44=14−14=0\frac{1}{4}-\frac{(-1)^{4}}{4}=\frac{1}{4}-\frac{1}{4}=0. La fonction cube est IMPAIRE : sur [−1;0][-1;0] elle est négative et sur [0;1][0;1] positive, et les deux contributions, égales en valeur absolue, se compensent exactement. Le résultat nul ne signifie donc PAS que l'aire est nulle : l'aire géométrique vaut 14+14=12\frac{1}{4}+\frac{1}{4}=\frac{1}{2}, mais l'intégrale, elle, fait un BILAN SIGNÉ.

C'est le point conceptuel le plus important de tout le chapitre, et il sera repris à l'exercice 9. Une intégrale n'est pas une aire : elle coïncide avec l'aire seulement quand la fonction est positive sur tout l'intervalle. Dans le cas général elle compte positivement ce qui est au-dessus de l'axe et négativement ce qui est en dessous. Retenir la propriété générale : l'intégrale sur un intervalle symétrique d'une fonction impaire est toujours nulle, tandis que pour une fonction paire elle vaut le double de celle sur la demi-longueur.

-112345-3-2-11234aire comptée NÉGATIVEMENTpositivepositivesous l'axe, la contribution est négative :une intégrale nulle ne veut pas dire une aire nulle

Exercice 4 : Propriétés de l'intégrale

Une fonction ff est continue sur [0;5][0;5] et vérifie ∫03f(x) dx=7\int_{0}^{3}f(x)\,dx=7 et ∫35f(x) dx=−2\int_{3}^{5}f(x)\,dx=-2.

Aucune expression de ff n'est connue : toutes les réponses s'obtiennent par les propriétés du cours.

  • a) Calculez ∫05f(x) dx\int_{0}^{5}f(x)\,dx.
  • b) Calculez ∫50f(x) dx\int_{5}^{0}f(x)\,dx.
  • c) Calculez ∫03(2f(x)+1)dx\int_{0}^{3}\left(2f(x)+1\right)dx.
  • d) Peut-on affirmer que ff est positive sur [0;3][0;3] ?
  • e) Peut-on affirmer que ff prend au moins une valeur strictement négative sur [3;5][3;5] ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 55
  • b) −5-5
  • c) 1717
  • d) Non
  • e) Oui
a)

Par la relation de CHASLES, qui permet de recoller deux intervalles adjacents : ∫05f=∫03f+∫35f=7+(−2)=5\int_{0}^{5}f=\int_{0}^{3}f+\int_{3}^{5}f=7+(-2)=5. Remarquez que la borne intermédiaire 33 est commune aux deux morceaux, condition indispensable pour appliquer la relation.

b)

Inverser les bornes change le signe : ∫50f=−∫05f=−5\int_{5}^{0}f=-\int_{0}^{5}f=-5. Cette convention n'est pas gratuite, c'est exactement elle qui rend Chasles valable même quand les bornes ne sont pas dans l'ordre croissant.

c)

Par LINÉARITÉ, on sépare la somme et on sort le coefficient : ∫03(2f(x)+1)dx=2∫03f(x)dx+∫031 dx=2×7+3=17\int_{0}^{3}(2f(x)+1)dx=2\int_{0}^{3}f(x)dx+\int_{0}^{3}1\,dx=2\times 7+3=17. L'intégrale de la fonction constante 11 sur [0;3][0;3] vaut la LARGEUR de l'intervalle, soit 33, ce qui s'interprète comme l'aire d'un rectangle de hauteur 11. C'est l'oubli de ce terme, ou son remplacement par 11, qui coûte le plus de points ici.

d)

Non. Une intégrale positive n'impose nullement que la fonction le soit : ff pourrait plonger sous l'axe sur une partie de [0;3][0;3] et compenser largement ailleurs pour que le bilan reste égal à 77. L'implication ne fonctionne que dans un sens : positive sur l'intervalle entraîne intégrale positive, jamais la réciproque.

e)

Oui, et c'est la CONTRAPOSÉE de cette même implication. Si ff était positive ou nulle sur tout [3;5][3;5], son intégrale sur cet intervalle serait positive ou nulle. Or elle vaut −2<0-2<0. Donc ff prend nécessairement des valeurs strictement négatives quelque part sur [3;5][3;5].

Le contraste entre d) et e) résume la logique du chapitre, et il faut le voir clairement. Le sens « fonction positive donc intégrale positive » est TOUJOURS valable et permet de conclure sur l'intégrale à partir de la fonction. Le sens inverse est FAUX en général, mais sa contraposée reste vraie : une intégrale strictement négative garantit que la fonction descend sous l'axe au moins une fois. Une seule implication, exploitée dans les deux directions correctes.

Exercice 5 : Valeur moyenne

On considère la fonction carré f(x)=x2f(x)=x^{2} sur l'intervalle [0;3][0;3].

0,511,522,533,512345678910Cf
  • a) Calculez ∫03x2 dx\int_{0}^{3}x^{2}\,dx.
  • b) Déduisez-en la valeur moyenne μ\mu de ff sur [0;3][0;3].
  • c) Déterminez la valeur cc de [0;3][0;3] telle que f(c)=μf(c)=\mu.
  • d) Interprétez géométriquement le nombre μ\mu.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 99
  • b) μ=3\mu=3
  • c) c=3≈1,732c=\sqrt{3}\approx 1{,}732
  • d) Hauteur du rectangle de base [0;3][0;3] de même aire
a)

Une primitive de x2x^{2} est x33\frac{x^{3}}{3}, donc ∫03x2dx=[x33]03=273−0=9\int_{0}^{3}x^{2}dx=\left[\frac{x^{3}}{3}\right]_{0}^{3}=\frac{27}{3}-0=9.

b)

Par définition, la valeur moyenne est l'intégrale divisée par la LONGUEUR de l'intervalle : μ=13−0∫03x2dx=93=3\mu=\frac{1}{3-0}\int_{0}^{3}x^{2}dx=\frac{9}{3}=3. Oublier ce diviseur, et donc confondre valeur moyenne et intégrale, est l'erreur classique ; la formule est exactement celle d'une moyenne ordinaire, une somme divisée par un effectif, mais avec une infinité de valeurs.

c)

On résout c2=3c^{2}=3 avec la contrainte c∈[0;3]c\in[0;3] : c=3≈1,732c=\sqrt{3}\approx 1{,}732. La solution −3-\sqrt{3} est rejetée car elle sort de l'intervalle, et cette vérification fait partie de la réponse. L'existence d'un tel cc n'est pas un hasard : c'est le théorème de la moyenne, conséquence directe du théorème des valeurs intermédiaires, puisque ff est continue et que μ\mu est comprise entre le minimum 00 et le maximum 99 de ff sur [0;3][0;3].

d)

Le nombre μ\mu est la hauteur du RECTANGLE de base [0;3][0;3] qui aurait exactement la même aire que la région sous la courbe : ce rectangle mesure 33 de large et 33 de haut, donc 99 d'aire, ce qui correspond bien à l'intégrale calculée en a). Autrement dit, on aplatit la région en un rectangle de même aire, et la valeur moyenne en est la hauteur.

Deux contrôles de plausibilité s'imposent, et ils détectent presque toutes les erreurs. La valeur moyenne doit toujours être comprise entre le minimum et le maximum de la fonction sur l'intervalle : ici 0≤3≤90\leq 3\leq 9 ✓. Elle ne doit surtout pas être confondue avec la moyenne des valeurs aux bornes, qui donnerait ici 0+92=4,5\frac{0+9}{2}=4{,}5, une valeur différente. L'écart s'explique : la fonction carré est convexe, elle passe l'essentiel de l'intervalle en dessous de la corde, ce qui tire la vraie moyenne vers le bas.

0,511,522,533,512345678910Cfμ = 3aires égalesc = √3

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Aire entre deux courbes

Dans un repère orthonormé d'unité 1 cm, on considère la parabole PP d'équation y=x2y=x^{2} et la droite DD d'équation y=2xy=2x.

-1123-112345PD
  • a) Déterminez les abscisses des points d'intersection de PP et DD.
  • b) Déterminez le signe de 2x−x22x-x^{2} sur l'intervalle délimité par ces deux abscisses, et concluez quelle courbe est au-dessus de l'autre.
  • c) Calculez l'aire, en centimètres carrés, du domaine compris entre les deux courbes.
  • d) Un élève calcule ∫02(x2−2x) dx\int_{0}^{2}(x^{2}-2x)\,dx et trouve −43-\frac{4}{3}. Son résultat est-il faux ? Que doit-il en faire ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) x=0x=0 et x=2x=2
  • b) 2x−x2=x(2−x)≥02x-x^{2}=x(2-x)\geq 0 : DD au-dessus de PP
  • c) 43\frac{4}{3} cm²
  • d) Calcul juste, ordre inversé : l'aire vaut 43\frac{4}{3} cm²
a)

On résout x2=2xx^{2}=2x, soit x2−2x=0x^{2}-2x=0, c'est-à-dire x(x−2)=0x(x-2)=0. Les abscisses d'intersection sont 00 et 22. On factorise, on ne divise pas par xx : diviser ferait perdre la solution x=0x=0, qui est justement l'une des deux bornes.

b)

2x−x2=x(2−x)2x-x^{2}=x(2-x). Sur [0;2][0;2], les deux facteurs sont positifs ou nuls, donc la différence est positive : la DROITE DD est au-dessus de la parabole PP. Cette étude de signe n'est pas une formalité administrative, c'est elle qui fixe l'ordre de la soustraction à la question suivante.

c)

L'aire s'obtient en intégrant « celle du dessus moins celle du dessous » : ∫02(2x−x2)dx=[x2−x33]02=(4−83)−0=12−83=43\int_{0}^{2}(2x-x^{2})dx=\left[x^{2}-\frac{x^{3}}{3}\right]_{0}^{2}=\left(4-\frac{8}{3}\right)-0=\frac{12-8}{3}=\frac{4}{3}. Le repère étant orthonormé d'unité 11 cm, l'unité d'aire vaut 11 cm2^{2} et l'aire cherchée est de 43\frac{4}{3} cm2^{2}, soit environ 1,331{,}33 cm2^{2}. Contrôle : la région est contenue dans le rectangle [0;2]×[0;4][0;2]\times[0;4], d'aire 88, et elle en occupe visiblement une petite part ✓.

d)

Son calcul est JUSTE, et c'est ce qui rend la question intéressante : ∫02(x2−2x)dx\int_{0}^{2}(x^{2}-2x)dx vaut bien −43-\frac{4}{3}. Son erreur est d'avoir soustrait dans le mauvais ordre, en intégrant la courbe du dessous moins celle du dessus. Le signe négatif est d'ailleurs le symptôme qui aurait dû l'alerter, une aire ne pouvant pas être négative. Il lui suffit de prendre la valeur absolue, ou de refaire la différence dans le bon sens : la réponse à donner est 43\frac{4}{3} cm2^{2}.

La règle générale à retenir est donc : A=∫ab(fdessus(x)−fdessous(x))dx\mathcal{A}=\int_{a}^{b}\left(f_{\text{dessus}}(x)-f_{\text{dessous}}(x)\right)dx, valable QUEL QUE SOIT le signe des deux fonctions, y compris si les deux courbes sont entièrement sous l'axe des abscisses. Beaucoup d'élèves croient devoir traiter à part le cas des fonctions négatives ; c'est inutile, car la soustraction élimine d'elle-même la position par rapport à l'axe. La seule chose à établir avant de calculer est laquelle des deux courbes est au-dessus, et il faut découper l'intervalle si l'ordre s'inverse en cours de route.

-1123-112345PD

Exercice 7 : Intégration par parties

Calculez chaque intégrale par une intégration par parties. Précisez à chaque fois le choix de uu et de v′v'.

  • a) ∫01xex dx\int_{0}^{1}x\mathrm{e}^{x}\,dx
  • b) ∫1eln⁡x dx\int_{1}^{\mathrm{e}}\ln x\,dx
  • c) ∫01xe−x dx\int_{0}^{1}x\mathrm{e}^{-x}\,dx
  • d) Dans la question b), pourquoi choisit-on v′(x)=1v'(x)=1 plutôt que u(x)=1u(x)=1 ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 11
  • b) 11
  • c) 1−2e≈0,2641-\frac{2}{e}\approx 0{,}264
  • d) On sait dériver ln⁡\ln, pas le primitiver
a)

On pose u(x)=xu(x)=x et v′(x)=exv'(x)=\mathrm{e}^{x}, donc u′(x)=1u'(x)=1 et v(x)=exv(x)=\mathrm{e}^{x}. La formule ∫abuv′=[uv]ab−∫abu′v\int_{a}^{b}uv'=[uv]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'v donne ∫01xexdx=[xex]01−∫01exdx=(e−0)−[ex]01=e−(e−1)=1\int_{0}^{1}x\mathrm{e}^{x}dx=[x\mathrm{e}^{x}]_{0}^{1}-\int_{0}^{1}\mathrm{e}^{x}dx=(\mathrm{e}-0)-[\mathrm{e}^{x}]_{0}^{1}=\mathrm{e}-(\mathrm{e}-1)=1. Le choix se justifie : en dérivant xx on obtient 11, et le facteur polynomial DISPARAÎT, ce qui est exactement le but de la manœuvre.

b)

On pose u(x)=ln⁡xu(x)=\ln x et v′(x)=1v'(x)=1, donc u′(x)=1xu'(x)=\frac{1}{x} et v(x)=xv(x)=x. Alors ∫1eln⁡x dx=[xln⁡x]1e−∫1ex×1xdx=(e×1−1×0)−∫1e1 dx=e−(e−1)=1\int_{1}^{\mathrm{e}}\ln x\,dx=[x\ln x]_{1}^{\mathrm{e}}-\int_{1}^{\mathrm{e}}x\times\frac{1}{x}dx=(\mathrm{e}\times 1-1\times 0)-\int_{1}^{\mathrm{e}}1\,dx=\mathrm{e}-(\mathrm{e}-1)=1. L'astuce consiste à voir ln⁡x\ln x comme le produit ln⁡x×1\ln x\times 1, ce qui n'a rien de naturel et doit être mémorisé comme tel.

c)

On pose u(x)=xu(x)=x et v′(x)=e−xv'(x)=\mathrm{e}^{-x}, donc u′(x)=1u'(x)=1 et v(x)=−e−xv(x)=-\mathrm{e}^{-x}, avec un signe moins à ne pas perdre. Alors ∫01xe−xdx=[−xe−x]01+∫01e−xdx=−1e+[−e−x]01=−1e+(1−1e)=1−2e≈0,2642\int_{0}^{1}x\mathrm{e}^{-x}dx=[-x\mathrm{e}^{-x}]_{0}^{1}+\int_{0}^{1}\mathrm{e}^{-x}dx=-\frac{1}{\mathrm{e}}+[-\mathrm{e}^{-x}]_{0}^{1}=-\frac{1}{\mathrm{e}}+\left(1-\frac{1}{\mathrm{e}}\right)=1-\frac{2}{\mathrm{e}}\approx 0{,}2642. Contrôle : la fonction intégrée est positive sur [0;1][0;1], donc le résultat doit l'être, et il l'est ✓.

d)

Parce qu'on ne sait pas primitiver ln⁡\ln directement, mais on sait parfaitement le DÉRIVER. En posant u=ln⁡xu=\ln x, c'est la dérivée 1x\frac{1}{x} qui apparaît dans l'intégrale restante, et elle se simplifie avec le xx venant de vv, ce qui laisse une intégrale triviale. Le choix inverse ne mènerait nulle part : il faudrait déjà disposer d'une primitive de ln⁡\ln, ce qui est justement la question posée. On tournerait en rond.

La règle de choix se formule simplement : on prend pour uu ce qui SIMPLIFIE en dérivant, et pour v′v' ce qu'on sait primitiver. Un polynôme perd un degré à chaque dérivation et finit par disparaître, un logarithme se transforme en fraction rationnelle : ce sont donc de bons candidats pour uu. L'exponentielle, elle, ne change pas en primitivant, ce qui en fait le v′v' idéal. Vérification de cohérence entre les questions a) et c) : les deux intégrandes se ressemblent, mais e−x\mathrm{e}^{-x} décroît alors que ex\mathrm{e}^{x} croît, d'où un résultat bien plus petit en c), 0,260{,}26 contre 11 ✓.

Exercice 8 : Primitive et condition initiale

Un réservoir se remplit. À l'instant tt minutes, avec 0≤t≤100\leq t\leq 10, le débit d'entrée est d(t)=0,5td(t)=0{,}5t mètres cubes par minute.

On note V(t)V(t) le volume, en mètres cubes, présent dans le réservoir à l'instant tt. Le réservoir est vide à l'instant initial.

1234567891011123456d(t) = 0,5tt (min)d (m³/min)
  • a) Quelle relation lie VV et dd ?
  • b) Déterminez l'expression de V(t)V(t) en utilisant la condition V(0)=0V(0)=0.
  • c) Calculez le volume présent au bout de 10 minutes.
  • d) Retrouvez ce volume en calculant ∫010d(t) dt\int_{0}^{10}d(t)\,dt, et expliquez pourquoi les deux méthodes coïncident.
  • e) À quel instant le réservoir contient-il 9 mètres cubes ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) V′(t)=d(t)V'(t)=d(t)
  • b) V(t)=0,25t2V(t)=0{,}25t^{2}
  • c) 2525 m³
  • d) 2525 m³ : théorème fondamental, V(10)−V(0)V(10)-V(0)
  • e) t=6t=6 min
a)

Le débit est la VITESSE DE VARIATION du volume, donc V′(t)=d(t)V'(t)=d(t) : la fonction VV est une primitive de dd. C'est la traduction mathématique de la phrase « le débit dit à quelle vitesse le volume augmente », et tout l'exercice en découle.

b)

Les primitives de d(t)=0,5td(t)=0{,}5t sont 0,25t2+C0{,}25t^{2}+C. La condition initiale « le réservoir est vide » se traduit par V(0)=0V(0)=0, d'où 0,25×0+C=00{,}25\times 0+C=0 et C=0C=0. Donc V(t)=0,25t2V(t)=0{,}25t^{2}. La constante CC n'est pas un détail théorique : c'est elle qui encode l'état de départ, et une seule condition suffit à la déterminer.

c)

V(10)=0,25×100=25V(10)=0{,}25\times 100=25 mètres cubes. Contrôle de plausibilité : le débit varie linéairement de 00 à d(10)=5d(10)=5 m³/min, sa moyenne vaut donc 2,52{,}5 m³/min, et sur 1010 minutes cela donne 2525 m³ ✓. Le raisonnement par débit moyen est valable ici précisément parce que le débit est affine.

d)

∫0100,5t dt=[0,25t2]010=25−0=25\int_{0}^{10}0{,}5t\,dt=\left[0{,}25t^{2}\right]_{0}^{10}=25-0=25, la même valeur. La coïncidence n'en est pas une : c'est le THÉORÈME FONDAMENTAL. L'intégrale de 00 à 1010 du débit vaut V(10)−V(0)V(10)-V(0), et comme V(0)=0V(0)=0, elle donne directement V(10)V(10). Intégrer un débit sur une durée fournit toujours la quantité accumulée pendant cette durée, et ce fait dépasse largement les réservoirs : intégrer une vitesse donne une distance, intégrer une puissance donne une énergie, intégrer un taux de natalité donne un nombre de naissances.

e)

On résout 0,25t2=90{,}25t^{2}=9, soit t2=36t^{2}=36, donc t=6t=6 minutes, la solution t=−6t=-6 étant rejetée car hors de l'intervalle [0;10][0;10].

Une remarque sur les unités, souvent négligée alors qu'elle rapporte des points et détecte des erreurs. Le débit s'exprime en m³/min et le temps en min ; l'intégrale multiplie donc des m³/min par des min et donne bien des m³, ce qui est cohérent avec un volume ✓. Cette analyse dimensionnelle est le contrôle le plus rapide sur tout problème d'intégration appliquée : si les unités du résultat ne sont pas celles attendues, le calcul est faux avant même d'être vérifié.

Exercice 9 : Quatre pièges de l'intégration

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez.

  • a) « Une intégrale représente toujours une aire, donc elle est toujours positive. »
  • b) « ∫−111x2 dx=[−1x]−11=−1−1=−2\int_{-1}^{1}\frac{1}{x^{2}}\,dx=\left[-\frac{1}{x}\right]_{-1}^{1}=-1-1=-2. »
  • c) « Une fonction admet une seule primitive. »
  • d) « ∫abf(x)g(x) dx=(∫abf(x) dx)×(∫abg(x) dx)\int_{a}^{b}f(x)g(x)\,dx=\left(\int_{a}^{b}f(x)\,dx\right)\times\left(\int_{a}^{b}g(x)\,dx\right). »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Faux : ∫−10x3 dx=−14\int_{-1}^{0}x^{3}\,dx=-\frac{1}{4}
  • b) Faux : 1x2\frac{1}{x^{2}} n'est pas continue sur [−1;1][-1;1], l'intégrale n'a pas de sens
  • c) Faux : une infinité de primitives F+CF+C
  • d) Faux : 13≠14\frac{1}{3}\neq\frac{1}{4}
a)

Faux. L'égalité entre intégrale et aire n'est valable QUE si la fonction est positive sur tout l'intervalle, hypothèse que l'affirmation escamote. Contre-exemple : ∫−10x3dx=[x44]−10=0−14=−14\int_{-1}^{0}x^{3}dx=\left[\frac{x^{4}}{4}\right]_{-1}^{0}=0-\frac{1}{4}=-\frac{1}{4}, une valeur négative. Sur une portion où la courbe passe sous l'axe, l'intégrale compte l'aire NÉGATIVEMENT. La formulation correcte est : pour ff positive sur [a;b][a;b], l'intégrale égale l'aire sous la courbe ; sinon elle égale l'aire au-dessus de l'axe moins l'aire en dessous.

b)

Faux, et le résultat absurde le signale de lui-même : la fonction 1x2\frac{1}{x^{2}} est strictement positive partout où elle existe, une intégrale négative est donc impossible. L'erreur de fond est que la fonction n'est pas définie en 00, or 00 appartient à l'intervalle [−1;1][-1;1]. Le théorème fondamental exige la CONTINUITÉ sur tout l'intervalle d'intégration : il ne s'applique pas ici, et cette intégrale n'a aucun sens au programme de Terminale. Le réflexe à acquérir est de vérifier le domaine de définition AVANT de poser un crochet, exactement comme on vérifie les valeurs interdites avant de simplifier une fraction.

c)

Faux. Si FF est une primitive de ff, alors F+CF+C en est une aussi pour toute constante réelle CC, puisque la dérivée d'une constante est nulle. Une fonction continue admet donc une INFINITÉ de primitives, qui diffèrent deux à deux d'une constante et dont les courbes se déduisent l'une de l'autre par translation verticale. Ce qui est unique, en revanche, c'est la primitive prenant une valeur imposée en un point donné : c'est tout le rôle de la condition initiale de l'exercice 8, et c'est aussi pourquoi l'intégrale, elle, ne dépend pas du choix de la primitive, la constante s'éliminant dans la soustraction F(b)−F(a)F(b)-F(a).

d)

Faux, l'intégrale n'est pas multiplicative. Contre-exemple avec f(x)=g(x)=xf(x)=g(x)=x sur [0;1][0;1] : le membre de gauche vaut ∫01x2dx=13≈0,333\int_{0}^{1}x^{2}dx=\frac{1}{3}\approx 0{,}333, alors que le membre de droite vaut 12×12=14=0,25\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}=\frac{1}{4}=0{,}25. Les deux diffèrent, l'égalité est donc fausse en général.

On retiendra que l'intégrale est LINÉAIRE, ce qui autorise à séparer une somme et à sortir un coefficient constant, mais rien de plus. Elle ne se distribue ni sur un produit, ni sur un quotient, ni sur une composée. C'est d'ailleurs l'absence de règle du produit qui rend nécessaire l'intégration par parties de l'exercice 7 : celle-ci n'est rien d'autre que la formule de dérivation d'un produit lue à l'envers, et elle donne un résultat bien plus subtil qu'une simple multiplication d'intégrales.

Exercice 10 : Encadrer une suite d'intégrales

Pour tout entier naturel nn, on pose In=∫01xne−x dxI_{n}=\int_{0}^{1}x^{n}\mathrm{e}^{-x}\,dx.

L'objectif est de déterminer la limite de (In)(I_{n}) sans jamais calculer InI_{n}.

  • a) Justifiez que In≥0I_{n}\geq 0 pour tout nn.
  • b) Montrez que pour tout xx de [0;1][0;1], on a xne−x≤xnx^{n}\mathrm{e}^{-x}\leq x^{n}.
  • c) Déduisez-en que In≤1n+1I_{n}\leq\frac{1}{n+1}.
  • d) Déterminez la limite de la suite (In)(I_{n}).
  • e) Calculez I0I_{0} et vérifiez que l'encadrement est bien respecté pour n=0n=0.

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c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Fonction positive, bornes croissantes : In≥0I_{n}\geq 0
  • b) e−x≤1e^{-x}\leq 1 et xn≥0x^{n}\geq 0
  • c) In≤1n+1I_{n}\leq\frac{1}{n+1}
  • d) Limite 00 (gendarmes)
  • e) I0=1−1e≈0,632∈[0;1]I_{0}=1-\frac{1}{e}\approx 0{,}632\in[0;1]
a)

Sur [0;1][0;1], on a xn≥0x^{n}\geq 0 et e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0, donc la fonction intégrée est positive sur tout l'intervalle. Les bornes étant dans l'ordre croissant, la POSITIVITÉ de l'intégrale donne In≥0I_{n}\geq 0. La mention de l'ordre des bornes n'est pas du zèle : c'est elle qui permet d'appliquer la propriété, comme l'a rappelé l'exercice 4.

b)

Pour x∈[0;1]x\in[0;1], on a −x≤0-x\leq 0, donc par croissance de l'exponentielle e−x≤e0=1\mathrm{e}^{-x}\leq\mathrm{e}^{0}=1. On multiplie ensuite les deux membres par xnx^{n}, qui est POSITIF sur [0;1][0;1], ce qui conserve le sens de l'inégalité : xne−x≤xnx^{n}\mathrm{e}^{-x}\leq x^{n}. La justification du signe du facteur multiplicateur est le point technique que les correcteurs cherchent ici, car multiplier par un nombre négatif renverserait l'inégalité.

c)

Par CROISSANCE de l'intégrale, on peut intégrer une inégalité entre deux fonctions sur un même intervalle, à condition que les bornes soient dans l'ordre croissant : In≤∫01xndx=[xn+1n+1]01=1n+1−0=1n+1I_{n}\leq\int_{0}^{1}x^{n}dx=\left[\frac{x^{n+1}}{n+1}\right]_{0}^{1}=\frac{1}{n+1}-0=\frac{1}{n+1}.

d)

On dispose donc de l'encadrement 0≤In≤1n+10\leq I_{n}\leq\frac{1}{n+1} valable pour tout nn. Les deux bornes tendent vers 00 quand nn tend vers +∞+\infty, donc par le THÉORÈME DES GENDARMES la suite (In)(I_{n}) converge vers 00. On notera que l'objectif est atteint sans avoir jamais calculé InI_{n}, ce qui était l'enjeu annoncé : encadrer suffit quand on ne cherche qu'une limite.

e)

I0=∫01e−xdx=[−e−x]01=−1e+1=1−1e≈0,632I_{0}=\int_{0}^{1}\mathrm{e}^{-x}dx=\left[-\mathrm{e}^{-x}\right]_{0}^{1}=-\frac{1}{\mathrm{e}}+1=1-\frac{1}{\mathrm{e}}\approx 0{,}632. L'encadrement prédit 0≤I0≤10+1=10\leq I_{0}\leq\frac{1}{0+1}=1, ce qui est bien vérifié ✓.

On peut aller plus loin et comprendre POURQUOI la limite est nulle, ce qui vaut mieux que d'appliquer le théorème mécaniquement. Sur [0;1[[0;1[, la quantité xnx^{n} s'écrase vers 00 quand nn grandit, le facteur e−x\mathrm{e}^{-x} restant borné entre 1e\frac{1}{\mathrm{e}} et 11 : la fonction intégrée devient nulle partout sauf au voisinage immédiat de 11, et l'aire correspondante s'évanouit. Contrôle numérique de cohérence avec l'exercice 7 : I1=∫01xe−xdx=1−2e≈0,264I_{1}=\int_{0}^{1}x\mathrm{e}^{-x}dx=1-\frac{2}{\mathrm{e}}\approx 0{,}264, valeur bien inférieure à I0≈0,632I_{0}\approx 0{,}632 et bien inférieure à sa borne 12\frac{1}{2} ✓. La suite est d'ailleurs DÉCROISSANTE, puisque xn+1≤xnx^{n+1}\leq x^{n} sur [0;1][0;1], ce qui offre un second chemin vers la convergence : décroissante et minorée par 00.

0,20,40,60,811,20,20,40,60,811,2n = 1n = 2n = 4n = 8sur [0 ; 1], xⁿ DÉCROÎT avec ndonc la suite des intégrales décroîtet tend vers 0

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Intégrales de composées et de fonctions trigonométriques

Calculez chaque intégrale en valeur exacte, en reconnaissant d'abord la forme de la fonction à intégrer : u′unu'u^{n}, u′u\frac{u'}{u}, u′euu'e^{u}, ou une fonction trigonométrique cos⁡(ax+b)\cos(ax+b), sin⁡(ax+b)\sin(ax+b).

  • a) ∫0πsin⁡x dx\int_{0}^{\pi}\sin x\,dx
  • b) ∫0π4cos⁡(2x) dx\int_{0}^{\frac{\pi}{4}}\cos(2x)\,dx
  • c) ∫01xx2+1 dx\int_{0}^{1}\frac{x}{x^{2}+1}\,dx
  • d) ∫01(2x+1)3 dx\int_{0}^{1}(2x+1)^{3}\,dx
  • e) ∫0ln⁡2exex+1 dx\int_{0}^{\ln 2}\frac{e^{x}}{e^{x}+1}\,dx

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 22
  • b) 12\frac{1}{2}
  • c) ln⁡22≈0,347\frac{\ln 2}{2}\approx 0{,}347
  • d) 1010
  • e) ln⁡32≈0,405\ln\frac{3}{2}\approx 0{,}405
a)

Une primitive de sin⁡\sin est −cos⁡-\cos : ∫0πsin⁡x dx=[−cos⁡x]0π=−cos⁡π−(−cos⁡0)=1+1=2\int_{0}^{\pi}\sin x\,dx=\left[-\cos x\right]_{0}^{\pi}=-\cos\pi-(-\cos 0)=1+1=2. Le signe moins de la primitive est l'erreur classique : avec cos⁡\cos au lieu de −cos⁡-\cos, on trouverait −2-2, une aire négative pour une fonction positive sur [0 ;π][0\,;\pi], ce qui doit alerter.

b)

Une primitive de cos⁡(2x)\cos(2x) est 12sin⁡(2x)\frac{1}{2}\sin(2x), le facteur 12\frac{1}{2} compensant la dérivée 22 de la fonction intérieure. ∫0π4cos⁡(2x) dx=[sin⁡(2x)2]0π4=sin⁡π22−0=12\int_{0}^{\frac{\pi}{4}}\cos(2x)\,dx=\left[\frac{\sin(2x)}{2}\right]_{0}^{\frac{\pi}{4}}=\frac{\sin\frac{\pi}{2}}{2}-0=\frac{1}{2}.

c)

Avec u=x2+1>0u=x^{2}+1>0, u′=2xu'=2x : la fonction vaut 12×u′u\frac{1}{2}\times\frac{u'}{u}, de primitive 12ln⁡(x2+1)\frac{1}{2}\ln(x^{2}+1). ∫01xx2+1 dx=12ln⁡2−12ln⁡1=ln⁡22≈0,347\int_{0}^{1}\frac{x}{x^{2}+1}\,dx=\frac{1}{2}\ln 2-\frac{1}{2}\ln 1=\frac{\ln 2}{2}\approx 0{,}347.

d)

Avec u=2x+1u=2x+1, u′=2u'=2 : (2x+1)3=12×u′u3(2x+1)^{3}=\frac{1}{2}\times u'u^{3}, de primitive 12×u44=(2x+1)48\frac{1}{2}\times\frac{u^{4}}{4}=\frac{(2x+1)^{4}}{8}. ∫01(2x+1)3 dx=348−148=81−18=10\int_{0}^{1}(2x+1)^{3}\,dx=\frac{3^{4}}{8}-\frac{1^{4}}{8}=\frac{81-1}{8}=10. Développer le cube aurait marché aussi, en quatre fois plus de lignes.

e)

Avec u=ex+1>0u=e^{x}+1>0, u′=exu'=e^{x} : forme u′u\frac{u'}{u}, de primitive ln⁡(ex+1)\ln(e^{x}+1). ∫0ln⁡2exex+1 dx=ln⁡(eln⁡2+1)−ln⁡(e0+1)=ln⁡3−ln⁡2=ln⁡32≈0,405\int_{0}^{\ln 2}\frac{e^{x}}{e^{x}+1}\,dx=\ln(e^{\ln 2}+1)-\ln(e^{0}+1)=\ln 3-\ln 2=\ln\frac{3}{2}\approx 0{,}405.

Le réflexe commun aux cinq calculs : on regarde si la dérivée de « ce qui est à l'intérieur » apparaît en facteur, à une constante près. Si oui, on ajuste la constante et la primitive tombe d'un coup ; si non, on pense à l'intégration par parties. Et l'on contrôle le signe du résultat quand la fonction est de signe connu.

Exercice 12 : Une fonction définie par une intégrale

On définit sur R\mathbb{R} la fonction FF par F(x)=∫0x11+t2 dtF(x)=\int_{0}^{x}\frac{1}{1+t^{2}}\,dt.

On ne connaît aucune primitive de t↦11+t2t\mapsto\frac{1}{1+t^{2}} parmi les fonctions du programme : tout se fait sans calculer F(x)F(x).

-4-3-2-11234-0,250,250,50,7511,25F(x)xy = 1/(1 + t²)
  • a) Que vaut F(0)F(0) ? Justifiez que FF est dérivable sur R\mathbb{R} et donnez F′(x)F'(x), puis F′(1)F'(1).
  • b) Déterminez le sens de variation de FF.
  • c) On pose G(x)=F(x)+F(−x)G(x)=F(x)+F(-x). Calculez G′(x)G'(x) et G(0)G(0), puis déduisez-en la parité de FF.
  • d) Donnez l'équation de la tangente à la courbe de FF en 00.
  • e) Démontrez que, pour t∈[0 ;1]t\in[0\,;1], 1−t2≤11+t2≤11-t^{2}\leq\frac{1}{1+t^{2}}\leq 1, puis encadrez F(1)F(1).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) F(0)=0F(0)=0, F′(x)=11+x2F'(x)=\frac{1}{1+x^{2}}, F′(1)=12F'(1)=\frac{1}{2}
  • b) Strictement croissante
  • c) G′=0G'=0 et G(0)=0G(0)=0 : FF impaire
  • d) y=xy=x
  • e) 23≤F(1)≤1\frac{2}{3}\leq F(1)\leq 1
a)

F(0)=∫0011+t2 dt=0F(0)=\int_{0}^{0}\frac{1}{1+t^{2}}\,dt=0, une intégrale entre deux bornes égales étant nulle. La fonction t↦11+t2t\mapsto\frac{1}{1+t^{2}} est continue sur R\mathbb{R} (dénominateur jamais nul) ; d'après le théorème fondamental, FF est SA primitive qui s'annule en 00, donc FF est dérivable et F′(x)=11+x2F'(x)=\frac{1}{1+x^{2}}. En particulier F′(1)=12F'(1)=\frac{1}{2}.

b)

F′(x)=11+x2>0F'(x)=\frac{1}{1+x^{2}}>0 pour tout réel : FF est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Notez qu'on connaît les variations d'une fonction dont on ignore l'expression : la dérivée suffit.

c)

Par dérivation d'une composée, la dérivée de x↦F(−x)x\mapsto F(-x) est −F′(−x)=−11+x2-F'(-x)=-\frac{1}{1+x^{2}}. Donc G′(x)=11+x2−11+x2=0G'(x)=\frac{1}{1+x^{2}}-\frac{1}{1+x^{2}}=0 : GG est constante sur R\mathbb{R}, égale à G(0)=2F(0)=0G(0)=2F(0)=0. Ainsi F(−x)=−F(x)F(-x)=-F(x) pour tout xx : FF est IMPAIRE, et sa courbe est symétrique par rapport à l'origine.

d)

F(0)=0F(0)=0 et F′(0)=1F'(0)=1 : la tangente en 00 a pour équation y=xy=x.

e)

Pour t∈[0 ;1]t\in[0\,;1], 1+t2≥11+t^{2}\geq 1 donne 11+t2≤1\frac{1}{1+t^{2}}\leq 1. Ensuite 11+t2−(1−t2)=1−(1−t2)(1+t2)1+t2=1−(1−t4)1+t2=t41+t2≥0\frac{1}{1+t^{2}}-(1-t^{2})=\frac{1-(1-t^{2})(1+t^{2})}{1+t^{2}}=\frac{1-(1-t^{4})}{1+t^{2}}=\frac{t^{4}}{1+t^{2}}\geq 0. Par croissance de l'intégrale, les bornes 0<10<1 étant dans l'ordre : ∫01(1−t2) dt≤F(1)≤∫011 dt\int_{0}^{1}(1-t^{2})\,dt\leq F(1)\leq\int_{0}^{1}1\,dt, soit 1−13≤F(1)≤11-\frac{1}{3}\leq F(1)\leq 1, c'est-à-dire 23≤F(1)≤1\frac{2}{3}\leq F(1)\leq 1. On admettra que F(1)=π4≈0,785F(1)=\frac{\pi}{4}\approx 0{,}785, qui est bien dans l'encadrement ✓.

Une fonction définie par une intégrale « de aa à xx » se traite toujours avec le même trio : sa valeur en aa est nulle, sa dérivée est la fonction intégrée, et les propriétés de l'intégrale (positivité, croissance) donnent des encadrements sans aucune primitive. Au bac, c'est exactement la situation où l'on demande « montrer que FF est croissante » sans jamais pouvoir écrire FF.

Exercice 13 : Intégrations par parties au deuxième degré

Chaque calcul demande une intégration par parties, parfois deux. On précisera à chaque fois uu et v′v'.

  • a) Calculez ∫1exln⁡x dx\int_{1}^{e}x\ln x\,dx.
  • b) On admet que ∫01x ex dx=1\int_{0}^{1}x\,e^{x}\,dx=1. Calculez J=∫01x2ex dxJ=\int_{0}^{1}x^{2}e^{x}\,dx.
  • c) Déterminez les réels aa et bb tels que x↦(ax+b)exx\mapsto(ax+b)e^{x} soit une primitive de x↦x exx\mapsto x\,e^{x}.
  • d) Calculez ∫0πxsin⁡x dx\int_{0}^{\pi}x\sin x\,dx.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) e2+14≈2,097\frac{e^{2}+1}{4}\approx 2{,}097
  • b) J=e−2≈0,718J=e-2\approx 0{,}718
  • c) a=1a=1, b=−1b=-1 : primitive (x−1)ex(x-1)e^{x}
  • d) π\pi
a)

On dérive le logarithme et l'on primitive le polynôme : u=ln⁡xu=\ln x, u′=1xu'=\frac{1}{x}, v′=xv'=x, v=x22v=\frac{x^{2}}{2}. ∫1exln⁡x dx=[x22ln⁡x]1e−∫1ex22×1x dx=e22−[x24]1e=e22−e24+14=e2+14≈2,097\int_{1}^{e}x\ln x\,dx=\left[\frac{x^{2}}{2}\ln x\right]_{1}^{e}-\int_{1}^{e}\frac{x^{2}}{2}\times\frac{1}{x}\,dx=\frac{e^{2}}{2}-\left[\frac{x^{2}}{4}\right]_{1}^{e}=\frac{e^{2}}{2}-\frac{e^{2}}{4}+\frac{1}{4}=\frac{e^{2}+1}{4}\approx 2{,}097. Le choix inverse, u=xu=x et v′=ln⁡xv'=\ln x, demanderait une primitive de ln⁡\ln : on tournerait en rond.

b)

u=x2u=x^{2}, u′=2xu'=2x, v′=exv'=e^{x}, v=exv=e^{x} : J=[x2ex]01−∫012x ex dx=e−2∫01x ex dx=e−2≈0,718J=\left[x^{2}e^{x}\right]_{0}^{1}-\int_{0}^{1}2x\,e^{x}\,dx=e-2\int_{0}^{1}x\,e^{x}\,dx=e-2\approx 0{,}718. Le degré du polynôme a baissé d'une unité : une DEUXIÈME intégration par parties, déjà faite ici et admise, le fait disparaître. Pour xnexx^{n}e^{x}, il en faut nn.

c)

La dérivée de (ax+b)ex(ax+b)e^{x} est aex+(ax+b)ex=(ax+a+b)exae^{x}+(ax+b)e^{x}=(ax+a+b)e^{x}. Elle doit égaler x exx\,e^{x} pour tout xx : par identification, a=1a=1 et a+b=0a+b=0, donc b=−1b=-1. Une primitive de x exx\,e^{x} est (x−1)ex(x-1)e^{x}, et l'on retrouve ∫01x ex dx=[(x−1)ex]01=0−(−1)=1\int_{0}^{1}x\,e^{x}\,dx=\left[(x-1)e^{x}\right]_{0}^{1}=0-(-1)=1 ✓. Cette méthode par identification est une alternative à l'intégration par parties quand la FORME de la primitive est donnée.

d)

u=xu=x, u′=1u'=1, v′=sin⁡xv'=\sin x, v=−cos⁡xv=-\cos x : ∫0πxsin⁡x dx=[−xcos⁡x]0π+∫0πcos⁡x dx=(−πcos⁡π)−0+[sin⁡x]0π=π+0=π≈3,142\int_{0}^{\pi}x\sin x\,dx=\left[-x\cos x\right]_{0}^{\pi}+\int_{0}^{\pi}\cos x\,dx=(-\pi\cos\pi)-0+\left[\sin x\right]_{0}^{\pi}=\pi+0=\pi\approx 3{,}142. Le double signe moins, celui de v=−cos⁡xv=-\cos x et celui de la formule, se transforme en ++ : c'est là que se loge l'erreur.

La règle qui guide tous ces choix : on met dans uu ce que la dérivation SIMPLIFIE (un polynôme perd un degré, un logarithme devient une fraction) et dans v′v' ce qu'on sait primitiver sans le compliquer (exponentielle, sinus, cosinus, puissance). Si après une intégration par parties l'intégrale restante n'est pas plus simple que celle de départ, le choix était mauvais.

Exercice 14 : Une aire qui reste finie, une autre qui ne l'est pas

Soit ff la fonction définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par f(x)=x−1+e−xf(x)=x-1+e^{-x}, et gg la fonction définie sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[ par g(x)=x+1xg(x)=x+\frac{1}{\sqrt{x}}.

Pour un réel λ\lambda supérieur à la borne de gauche, on note A(λ)A(\lambda) l'aire, en unités d'aire, comprise entre la courbe de ff, la droite DD d'équation y=x−1y=x-1 et les droites x=0x=0 et x=λx=\lambda ; et B(λ)B(\lambda) l'aire comprise entre la courbe de gg, la droite Δ\Delta d'équation y=xy=x et les droites x=1x=1 et x=λx=\lambda.

Approfondissement, au-delà du programme, pour les questions a) et d) : le programme de Terminale ne définit que les asymptotes PARALLÈLES AUX AXES ; une asymptote oblique comme DD ou Δ\Delta figure parmi ses approfondissements possibles. Ici, « DD est asymptote à la courbe de ff en +∞+\infty » signifie seulement que f(x)−(x−1)f(x)-(x-1) tend vers 00, et c'est cette limite qu'il faut établir ; les calculs d'aire, eux, sont au programme.

123456-1123456x = λDCgΔCf
  • a) Montrez que DD est asymptote à la courbe de ff en +∞+\infty et précisez leur position relative.
  • b) Exprimez A(λ)A(\lambda) en fonction de λ\lambda et calculez A(2)A(2) au millième.
  • c) Déterminez la limite de A(λ)A(\lambda) en +∞+\infty, puis la valeur de λ\lambda pour laquelle A(λ)=0,9A(\lambda)=0{,}9.
  • d) Montrez que Δ\Delta est asymptote à la courbe de gg, exprimez B(λ)B(\lambda) et calculez B(4)B(4).
  • e) Déterminez la limite de B(λ)B(\lambda) en +∞+\infty, puis la valeur de λ\lambda pour laquelle B(λ)=10B(\lambda)=10.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) f(x)−(x−1)=e−x→0f(x)-(x-1)=e^{-x}\to 0 : asymptote, courbe au-dessus
  • b) A(λ)=1−e−λA(\lambda)=1-e^{-\lambda}, A(2)≈0,865A(2)\approx 0{,}865
  • c) Limite 11 ; λ=ln⁡10≈2,303\lambda=\ln 10\approx 2{,}303
  • d) B(λ)=2λ−2B(\lambda)=2\sqrt{\lambda}-2, B(4)=2B(4)=2
  • e) Limite +∞+\infty ; λ=36\lambda=36
a)

f(x)−(x−1)=e−xf(x)-(x-1)=e^{-x}, qui tend vers 00 en +∞+\infty : DD est asymptote oblique. Comme e−x>0e^{-x}>0, la courbe est STRICTEMENT au-dessus de DD.

b)

La courbe étant au-dessus, A(λ)=∫0λ(f(x)−(x−1))dx=∫0λe−x dx=[−e−x]0λ=1−e−λA(\lambda)=\int_{0}^{\lambda}\left(f(x)-(x-1)\right)dx=\int_{0}^{\lambda}e^{-x}\,dx=\left[-e^{-x}\right]_{0}^{\lambda}=1-e^{-\lambda}. A(2)=1−e−2≈0,865A(2)=1-e^{-2}\approx 0{,}865.

c)

e−λ→0e^{-\lambda}\to 0, donc A(λ)→1A(\lambda)\to 1 : la région entre la courbe et son asymptote, pourtant infiniment longue, a une aire FINIE égale à 11. Ensuite 1−e−λ=0,9  ⟺  e−λ=0,1  ⟺  λ=ln⁡10≈2,3031-e^{-\lambda}=0{,}9\iff e^{-\lambda}=0{,}1\iff\lambda=\ln 10\approx 2{,}303 : dès x≈2,3x\approx 2{,}3, on a déjà 90 %90\ \% de l'aire totale.

d)

g(x)−x=1x→0g(x)-x=\frac{1}{\sqrt{x}}\to 0 en +∞+\infty : Δ\Delta est asymptote, et la courbe est au-dessus. B(λ)=∫1λx−12 dx=[2x]1λ=2λ−2B(\lambda)=\int_{1}^{\lambda}x^{-\frac{1}{2}}\,dx=\left[2\sqrt{x}\right]_{1}^{\lambda}=2\sqrt{\lambda}-2. B(4)=2×2−2=2B(4)=2\times 2-2=2.

e)

2λ→+∞2\sqrt{\lambda}\to+\infty, donc B(λ)→+∞B(\lambda)\to+\infty : l'aire entre la courbe et son asymptote est cette fois INFINIE. 2λ−2=10  ⟺  λ=6  ⟺  λ=362\sqrt{\lambda}-2=10\iff\sqrt{\lambda}=6\iff\lambda=36. Les deux écarts tendent vers 00, mais 1x\frac{1}{\sqrt{x}} le fait trop lentement pour que l'aire reste bornée.

Une asymptote dit que l'écart tend vers 00, pas à quelle VITESSE, et c'est la vitesse qui décide si l'aire est finie. Une exponentielle décroissante s'écrase assez vite, 1x\frac{1}{\sqrt{x}} non. Au bac, ces aires se calculent toujours sur [a ;λ][a\,;\lambda], puis l'on passe à la limite : on n'intègre jamais directement « jusqu'à l'infini ».

Exercice 15 : La chute d'un parachutiste avant l'ouverture

Pendant la chute libre, avant l'ouverture du parachute, la vitesse d'un parachutiste est modélisée par v(t)=50(1−e−0,2t)v(t)=50\left(1-e^{-0{,}2t}\right), en mètres par seconde, tt étant le temps en secondes depuis le saut.

La distance parcourue entre les instants t1t_{1} et t2t_{2} est ∫t1t2v(t) dt\int_{t_{1}}^{t_{2}}v(t)\,dt. Les résultats sont arrondis au centième.

510152025102030405060vt (s)v (m/s)
  • a) Calculez v(0)v(0) et v(10)v(10), puis la limite de vv en +∞+\infty.
  • b) Montrez que D(t)=50t+250e−0,2tD(t)=50t+250e^{-0{,}2t} est une primitive de vv, puis calculez la distance parcourue pendant les dix premières secondes.
  • c) Déduisez-en la vitesse moyenne sur [0 ;10][0\,;10].
  • d) Calculez la distance parcourue entre t=10t=10 et t=20t=20.
  • e) À quel instant la vitesse atteint-elle 4545 m/s ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) v(0)=0v(0)=0, v(10)≈43,23v(10)\approx 43{,}23 m/s, limite 5050 m/s
  • b) D′(t)=v(t)D'(t)=v(t) ; environ 283,83283{,}83 m
  • c) Environ 28,3828{,}38 m/s
  • d) Environ 470,75470{,}75 m
  • e) t=5ln⁡10≈11,51t=5\ln 10\approx 11{,}51 s
a)

v(0)=50(1−1)=0v(0)=50(1-1)=0 : le saut part d'une vitesse verticale nulle. v(10)=50(1−e−2)≈43,23v(10)=50\left(1-e^{-2}\right)\approx 43{,}23 m/s. Quand t→+∞t\to+\infty, e−0,2t→0e^{-0{,}2t}\to 0 et v(t)→50v(t)\to 50 m/s : c'est la vitesse LIMITE, atteinte quand le frottement de l'air équilibre le poids.

b)

D′(t)=50+250×(−0,2)e−0,2t=50−50e−0,2t=v(t)D'(t)=50+250\times(-0{,}2)e^{-0{,}2t}=50-50e^{-0{,}2t}=v(t) ✓. La distance vaut D(10)−D(0)=(500+250e−2)−250=250+250e−2≈283,83D(10)-D(0)=\left(500+250e^{-2}\right)-250=250+250e^{-2}\approx 283{,}83 m. Oublier D(0)=250D(0)=250, qui n'est pas nul à cause de l'exponentielle, donnerait 533,83533{,}83 m : plus que si le parachutiste avait chuté à 5050 m/s tout du long, ce qui est absurde.

c)

La vitesse moyenne est la valeur moyenne de vv : 110−0∫010v(t) dt≈283,8310≈28,38\frac{1}{10-0}\int_{0}^{10}v(t)\,dt\approx\frac{283{,}83}{10}\approx 28{,}38 m/s. Ce n'est pas la moyenne de v(0)v(0) et v(10)v(10), qui vaudrait 21,6221{,}62 : la vitesse monte vite au début, ce qui relève la moyenne.

d)

D(20)−D(10)=(1000+250e−4)−(500+250e−2)=500+250e−4−250e−2≈470,75D(20)-D(10)=\left(1000+250e^{-4}\right)-\left(500+250e^{-2}\right)=500+250e^{-4}-250e^{-2}\approx 470{,}75 m. En dix secondes de plus, la distance est bien supérieure à celle des dix premières : le parachutiste va presque à sa vitesse limite, et 470,75470{,}75 m est proche des 500500 m qu'il ferait à 5050 m/s.

e)

50(1−e−0,2t)=45  ⟺  e−0,2t=0,1  ⟺  −0,2t=ln⁡0,1=−ln⁡10  ⟺  t=5ln⁡10≈11,5150\left(1-e^{-0{,}2t}\right)=45\iff e^{-0{,}2t}=0{,}1\iff -0{,}2t=\ln 0{,}1=-\ln 10\iff t=5\ln 10\approx 11{,}51 s.

Intégrer une vitesse donne une distance, exactement comme intégrer un débit donne un volume. La subtilité de ce problème est la primitive qui ne s'annule pas en 00 : on calcule toujours D(t2)−D(t1)D(t_{2})-D(t_{1}) en entier, et l'on vérifie le résultat en le comparant à la distance qu'on ferait à vitesse constante maximale, qui en est un majorant évident.

Partie D : programme officiel, suites d'intégrales et primitives (/20)

Exercice 16 : Une suite d'intégrales définie par récurrence : les puissances du logarithme

Pour tout entier naturel nn, on pose In=∫1e(ln⁡x)n dxI_{n}=\int_{1}^{\mathrm{e}}(\ln x)^{n}\,dx, avec la convention (ln⁡x)0=1(\ln x)^{0}=1.

On établit une relation de récurrence par une intégration par parties, puis on s'en sert pour étudier le sens de variation et la limite de la suite, sans jamais chercher de formule donnant InI_{n}.

  • a) Calculez I0I_{0}, puis I1I_{1} par une intégration par parties.
  • b) En intégrant par parties avec u(x)=(ln⁡x)n+1u(x)=(\ln x)^{n+1} et v′(x)=1v'(x)=1, démontrez que, pour tout entier naturel nn, In+1=e−(n+1)InI_{n+1}=\mathrm{e}-(n+1)I_{n}. Déduisez-en I2I_{2} et I3I_{3} en valeur exacte.
  • c) Démontrez que la suite (In)(I_{n}) est positive et décroissante. Que peut-on en conclure ?
  • d) À l'aide de la relation de b) et de c), démontrez que en+2≤In≤en+1\frac{\mathrm{e}}{n+2}\leq I_{n}\leq\frac{\mathrm{e}}{n+1} pour tout entier naturel nn. Déterminez la limite de (In)(I_{n}), puis celle de (nIn)(nI_{n}).
  • e) Un élève programme la relation de b) en partant de la valeur arrondie I0≈1,718I_{0}\approx 1{,}718. Il obtient I8≈−11,09I_{8}\approx -11{,}09 et I10≈−1 022,47I_{10}\approx -1\,022{,}47. Expliquez pourquoi ces valeurs sont absurdes, puis montrez que l'erreur commise au départ est multipliée par n!n! au rang nn.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) I0=e−1≈1,718I_{0}=\mathrm{e}-1\approx 1{,}718 et I1=1I_{1}=1
  • b) In+1=e−(n+1)InI_{n+1}=\mathrm{e}-(n+1)I_{n} ; I2=e−2I_{2}=\mathrm{e}-2, I3=6−2eI_{3}=6-2\mathrm{e}
  • c) 0≤In+1≤In0\leq I_{n+1}\leq I_{n} : décroissante, minorée par 00, donc convergente
  • d) en+2≤In≤en+1\frac{\mathrm{e}}{n+2}\leq I_{n}\leq\frac{\mathrm{e}}{n+1} ; lim⁡In=0\lim I_{n}=0 et lim⁡nIn=e\lim nI_{n}=\mathrm{e}
  • e) Valeurs négatives, donc absurdes ; δn=(−1)n n! δ0\delta_{n}=(-1)^{n}\,n!\,\delta_{0}, soit ∣δ10∣≈1 023|\delta_{10}|\approx 1\,023
a)

I0=∫1e1 dx=e−1≈1,718I_{0}=\int_{1}^{\mathrm{e}}1\,dx=\mathrm{e}-1\approx 1{,}718. Pour I1=∫1eln⁡x dxI_{1}=\int_{1}^{\mathrm{e}}\ln x\,dx, on pose u(x)=ln⁡xu(x)=\ln x, u′(x)=1xu'(x)=\frac{1}{x}, v′(x)=1v'(x)=1 et v(x)=xv(x)=x : I1=[xln⁡x]1e−∫1e1x×x dx=(eln⁡e−1×ln⁡1)−(e−1)=e−e+1=1I_{1}=\left[x\ln x\right]_{1}^{\mathrm{e}}-\int_{1}^{\mathrm{e}}\frac{1}{x}\times x\,dx=(\mathrm{e}\ln\mathrm{e}-1\times\ln 1)-(\mathrm{e}-1)=\mathrm{e}-\mathrm{e}+1=1. C'est le calcul de l'exercice 7 b), et c'est aussi le cas n=0n=0 de la relation que la question b) va établir : I1=e−1×I0=e−(e−1)=1I_{1}=\mathrm{e}-1\times I_{0}=\mathrm{e}-(\mathrm{e}-1)=1 ✓.

b)

La fonction u(x)=(ln⁡x)n+1u(x)=(\ln x)^{n+1} est dérivable sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}] : c'est une puissance de ln⁡\ln, et la formule (wn+1)′=(n+1)w′wn(w^{n+1})'=(n+1)w'w^{n} avec w=ln⁡w=\ln donne u′(x)=(n+1)×1x×(ln⁡x)nu'(x)=(n+1)\times\frac{1}{x}\times(\ln x)^{n}. Avec v′(x)=1v'(x)=1 et v(x)=xv(x)=x : In+1=[x(ln⁡x)n+1]1e−∫1e(n+1)(ln⁡x)nx×x dxI_{n+1}=\left[x(\ln x)^{n+1}\right]_{1}^{\mathrm{e}}-\int_{1}^{\mathrm{e}}(n+1)\frac{(\ln x)^{n}}{x}\times x\,dx. Le crochet vaut e×1n+1−1×0n+1=e\mathrm{e}\times 1^{n+1}-1\times 0^{n+1}=\mathrm{e}, puisque ln⁡e=1\ln\mathrm{e}=1, ln⁡1=0\ln 1=0 et n+1≥1n+1\geq 1. Dans l'intégrale, le xx de vv SIMPLIFIE le 1x\frac{1}{x} de u′u', et il reste (n+1)∫1e(ln⁡x)n dx=(n+1)In(n+1)\int_{1}^{\mathrm{e}}(\ln x)^{n}\,dx=(n+1)I_{n} : In+1=e−(n+1)InI_{n+1}=\mathrm{e}-(n+1)I_{n}. C'est tout l'intérêt du choix v′=1v'=1, le même qu'en 7 b) : dériver le logarithme le fait disparaître. On en tire I2=e−2I1=e−2≈0,718I_{2}=\mathrm{e}-2I_{1}=\mathrm{e}-2\approx 0{,}718, puis I3=e−3I2=e−3e+6=6−2e≈0,563I_{3}=\mathrm{e}-3I_{2}=\mathrm{e}-3\mathrm{e}+6=6-2\mathrm{e}\approx 0{,}563.

c)

Positivité : pour x∈[1 ;e]x\in[1\,;\mathrm{e}], ln⁡x≥ln⁡1=0\ln x\geq\ln 1=0 par croissance du logarithme, donc (ln⁡x)n≥0(\ln x)^{n}\geq 0 ; les bornes étant dans l'ordre croissant, la positivité de l'intégrale donne In≥0I_{n}\geq 0. Décroissance : sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}], on a aussi ln⁡x≤ln⁡e=1\ln x\leq\ln\mathrm{e}=1. En multipliant l'inégalité ln⁡x≤1\ln x\leq 1 par (ln⁡x)n(\ln x)^{n}, qui est POSITIF, le sens est conservé : (ln⁡x)n+1≤(ln⁡x)n(\ln x)^{n+1}\leq(\ln x)^{n}. On intègre cette inégalité entre 11 et e\mathrm{e} : In+1≤InI_{n+1}\leq I_{n}. La suite est décroissante et minorée par 00, donc elle CONVERGE, d'après le théorème de convergence monotone. Ce théorème ne dit pas vers quoi : à ce stade, la limite est un réel positif inconnu. Contrôle sur les valeurs : 1,718>1>0,718>0,5631{,}718>1>0{,}718>0{,}563 ✓.

d)

Majoration : In+1≥0I_{n+1}\geq 0 s'écrit e−(n+1)In≥0\mathrm{e}-(n+1)I_{n}\geq 0, soit In≤en+1I_{n}\leq\frac{\mathrm{e}}{n+1}. Minoration : In+1≤InI_{n+1}\leq I_{n} s'écrit e−(n+1)In≤In\mathrm{e}-(n+1)I_{n}\leq I_{n}, soit e≤(n+2)In\mathrm{e}\leq(n+2)I_{n}, et In≥en+2I_{n}\geq\frac{\mathrm{e}}{n+2}. Les deux bornes tendent vers 00 : d'après le théorème des gendarmes, lim⁡In=0\lim I_{n}=0. En multipliant l'encadrement par n>0n>0 : nen+2≤nIn≤nen+1\frac{n\mathrm{e}}{n+2}\leq nI_{n}\leq\frac{n\mathrm{e}}{n+1}, et les deux bornes tendent vers e\mathrm{e} (on factorise nn au dénominateur : nen+2=e1+2/n\frac{n\mathrm{e}}{n+2}=\frac{\mathrm{e}}{1+2/n}). Donc lim⁡nIn=e\lim nI_{n}=\mathrm{e} : pour nn grand, InI_{n} se comporte comme en\frac{\mathrm{e}}{n}. Contrôle pour n=3n=3 : e5≈0,544≤0,563≤e4≈0,680\frac{\mathrm{e}}{5}\approx 0{,}544\leq 0{,}563\leq\frac{\mathrm{e}}{4}\approx 0{,}680 ✓. Toute l'information est venue de la relation et de c), sans une seule intégrale de plus.

e)

I8<0I_{8}<0 contredit la positivité démontrée en c), et I10≈−1 022,47I_{10}\approx -1\,022{,}47 sort de l'encadrement [e12 ;e11]≈[0,227 ;0,247]\left[\frac{\mathrm{e}}{12}\,;\frac{\mathrm{e}}{11}\right]\approx[0{,}227\,;0{,}247] de d). Notons JnJ_{n} les valeurs calculées et δn=Jn−In\delta_{n}=J_{n}-I_{n} l'erreur. Les deux suites vérifient la même relation, Jn+1=e−(n+1)JnJ_{n+1}=\mathrm{e}-(n+1)J_{n} et In+1=e−(n+1)InI_{n+1}=\mathrm{e}-(n+1)I_{n} ; en soustrayant, le e\mathrm{e} disparaît : δn+1=−(n+1)δn\delta_{n+1}=-(n+1)\delta_{n}. Par récurrence, δn=(−1)n n! δ0\delta_{n}=(-1)^{n}\,n!\,\delta_{0} : c'est vrai pour n=0n=0, et si c'est vrai au rang nn, alors δn+1=−(n+1)(−1)nn! δ0=(−1)n+1(n+1)! δ0\delta_{n+1}=-(n+1)(-1)^{n}n!\,\delta_{0}=(-1)^{n+1}(n+1)!\,\delta_{0}. Ici δ0=1,718−(e−1)≈−2,82×10−4\delta_{0}=1{,}718-(\mathrm{e}-1)\approx -2{,}82\times 10^{-4}, et 10!=3 628 80010!=3\,628\,800 : δ10≈−1 022,7\delta_{10}\approx -1\,022{,}7, exactement l'écart observé. La relation est EXACTE, mais chaque tour multiplie l'erreur par n+1n+1 : dans ce sens, elle est numériquement instable. Lue à l'envers, In=e−In+1n+1I_{n}=\frac{\mathrm{e}-I_{n+1}}{n+1}, elle DIVISE l'erreur à chaque tour, et c'est ainsi qu'on la programme.

Le schéma d'une suite d'intégrales tient en trois temps : une relation par intégration par parties, le sens de variation en comparant les fonctions intégrées, la limite par un encadrement. Et une relation de récurrence exacte n'est pas pour autant un algorithme sûr.

Exercice 17 : Deux primitives d'une même fonction : une constante, sur un intervalle

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=2x(x2+1)2f(x)=\frac{2x}{(x^{2}+1)^{2}}, et les fonctions FF et GG définies sur R\mathbb{R} par F(x)=x2x2+1F(x)=\frac{x^{2}}{x^{2}+1} et G(x)=−1x2+1G(x)=-\frac{1}{x^{2}+1}.

Le cours affirme deux choses, qui vont en sens inverse : si FF est une primitive de ff sur un intervalle II, alors F+CF+C en est une aussi pour toute constante CC ; et deux primitives d'une même fonction sur un INTERVALLE diffèrent d'une constante. On les met ici à l'épreuve, hypothèse comprise.

  • a) Démontrez que FF et GG sont deux primitives de ff sur R\mathbb{R}.
  • b) Sans calculer F(x)−G(x)F(x)-G(x) pour xx quelconque, déterminez la constante kk telle que F=G+kF=G+k sur R\mathbb{R}. Vérifiez-la ensuite par le calcul.
  • c) Déterminez la primitive HH de ff sur R\mathbb{R} telle que H(1)=2H(1)=2, puis calculez H(0)H(0). Cette primitive est-elle unique ?
  • d) Sur R∗=]−∞ ;0[∪]0 ;+∞[\mathbb{R}^{*}=\left]-\infty\,;0\right[\cup\left]0\,;+\infty\right[, on pose L(x)=−1xL(x)=-\frac{1}{x}, et K(x)=−1xK(x)=-\frac{1}{x} si x>0x>0, K(x)=3−1xK(x)=3-\frac{1}{x} si x<0x<0. Vérifiez que KK et LL sont deux primitives de x↦1x2x\mapsto\frac{1}{x^{2}} sur R∗\mathbb{R}^{*}. La différence K−LK-L est-elle constante ? Le cours est-il contredit ?
  • e) Pour g(x)=sin⁡xcos⁡xg(x)=\sin x\cos x, deux élèves proposent comme primitive sur R\mathbb{R}, l'un A(x)=12sin⁡2xA(x)=\frac{1}{2}\sin^{2}x, l'autre B(x)=−12cos⁡2xB(x)=-\frac{1}{2}\cos^{2}x. Qui a raison ? Déterminez la constante qui sépare leurs réponses.

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Réponses

  • a) F′=G′=fF'=G'=f : deux primitives de ff sur R\mathbb{R}
  • b) k=F(0)−G(0)=1k=F(0)-G(0)=1, et F(x)−G(x)=1F(x)-G(x)=1 pour tout xx
  • c) H(x)=52−1x2+1H(x)=\frac{5}{2}-\frac{1}{x^{2}+1}, H(0)=32H(0)=\frac{3}{2} ; unique, car R\mathbb{R} est un intervalle
  • d) K′=L′K'=L' mais K−LK-L vaut 00 sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ et 33 sur ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[ ; pas de contradiction, R∗\mathbb{R}^{*} n'est pas un intervalle
  • e) Les deux ont raison : A−B=12A-B=\frac{1}{2}
a)

FF est un quotient uv\frac{u}{v} avec u=x2u=x^{2} et v=x2+1v=x^{2}+1, qui ne s'annule pas : F′(x)=2x(x2+1)−x2×2x(x2+1)2=2x3+2x−2x3(x2+1)2=2x(x2+1)2=f(x)F'(x)=\frac{2x(x^{2}+1)-x^{2}\times 2x}{(x^{2}+1)^{2}}=\frac{2x^{3}+2x-2x^{3}}{(x^{2}+1)^{2}}=\frac{2x}{(x^{2}+1)^{2}}=f(x). GG est de la forme −1v-\frac{1}{v}, de dérivée v′v2\frac{v'}{v^{2}} : G′(x)=2x(x2+1)2=f(x)G'(x)=\frac{2x}{(x^{2}+1)^{2}}=f(x). Deux écritures qui ne se ressemblent pas, une même dérivée : FF et GG sont deux primitives de ff sur R\mathbb{R}.

b)

FF et GG sont deux primitives de la même fonction sur R\mathbb{R}, qui est un INTERVALLE : elles diffèrent d'une constante kk, c'est-à-dire que F(x)−G(x)=kF(x)-G(x)=k pour TOUT réel xx. Il suffit donc de calculer cette différence en UN point bien choisi : en 00, F(0)=0F(0)=0 et G(0)=−1G(0)=-1, d'où k=0−(−1)=1k=0-(-1)=1. Vérification : F(x)−G(x)=x2x2+1+1x2+1=x2+1x2+1=1F(x)-G(x)=\frac{x^{2}}{x^{2}+1}+\frac{1}{x^{2}+1}=\frac{x^{2}+1}{x^{2}+1}=1 ✓. Le théorème fait gagner le calcul général : une seule évaluation fixe la constante partout.

c)

Dans l'autre sens du cours, G+CG+C est une primitive de ff pour toute constante CC, puisque la dérivée d'une constante est nulle ; et d'après b), TOUTE primitive de ff sur R\mathbb{R} s'écrit ainsi. On cherche CC tel que G(1)+C=2G(1)+C=2 : G(1)=−12G(1)=-\frac{1}{2}, donc C=52C=\frac{5}{2}, et H(x)=52−1x2+1H(x)=\frac{5}{2}-\frac{1}{x^{2}+1}. Alors H(0)=52−1=32H(0)=\frac{5}{2}-1=\frac{3}{2}. On aurait pu partir de FF : H=F+32H=F+\frac{3}{2}, la même fonction puisque F=G+1F=G+1. Elle est UNIQUE : si H1H_{1} et H2H_{2} conviennent, ce sont deux primitives de ff sur un intervalle, donc H1−H2H_{1}-H_{2} est une constante, qui vaut H1(1)−H2(1)=2−2=0H_{1}(1)-H_{2}(1)=2-2=0.

d)

Sur chacun des deux morceaux, la constante 33 disparaît en dérivant : K′(x)=1x2=L′(x)K'(x)=\frac{1}{x^{2}}=L'(x) pour tout x≠0x\neq 0. Pourtant K(x)−L(x)=0K(x)-L(x)=0 si x>0x>0 et K(x)−L(x)=3K(x)-L(x)=3 si x<0x<0 : la différence n'est PAS constante sur R∗\mathbb{R}^{*}. Le cours n'est pas contredit, car R∗\mathbb{R}^{*} n'est pas un intervalle : il a un trou en 00. Le théorème s'applique séparément sur ]−∞ ;0[\left]-\infty\,;0\right[ et sur ]0 ;+∞[\left]0\,;+\infty\right[, avec une constante sur CHACUN, et rien ne relie les deux. C'est la même hypothèse que celle que l'affirmation b) de l'exercice 9 oubliait en intégrant 1x2\frac{1}{x^{2}} de part et d'autre de 00.

e)

A=12u2A=\frac{1}{2}u^{2} avec u=sin⁡xu=\sin x, donc A′(x)=12×2u′u=cos⁡xsin⁡x=g(x)A'(x)=\frac{1}{2}\times 2u'u=\cos x\sin x=g(x). B=−12w2B=-\frac{1}{2}w^{2} avec w=cos⁡xw=\cos x, donc B′(x)=−12×2×(−sin⁡x)cos⁡x=sin⁡xcos⁡x=g(x)B'(x)=-\frac{1}{2}\times 2\times(-\sin x)\cos x=\sin x\cos x=g(x). Les DEUX élèves ont raison. Le théorème l'annonce avant tout calcul : leurs réponses diffèrent d'une constante, et A(x)−B(x)=12(sin⁡2x+cos⁡2x)=12A(x)-B(x)=\frac{1}{2}\left(\sin^{2}x+\cos^{2}x\right)=\frac{1}{2} pour tout réel xx. Contrôle en 00 : A(0)=0A(0)=0 et B(0)=−12B(0)=-\frac{1}{2} ✓.

Devant deux primitives qui ne se ressemblent pas, le bon réflexe n'est pas de chercher l'erreur mais de calculer leur différence : si elle est constante sur un intervalle, les deux sont justes.

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