Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Fiche de révision : exponentielle et logarithme (Terminale spécialité)
Exponentielle et logarithme sont deux faces du même objet, et c'est précisément pour cela qu'ils se confondent. Les propriétés algébriques se ressemblent, les dérivées se ressemblent, et une copie qui se trompe de sens obtient un résultat d'allure correcte. Au baccalauréat, ces deux fonctions apparaissent dans presque tous les sujets, dans l'analyse comme dans les probabilités.
Cette fiche liste les huit endroits où les points se perdent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui dit quelle méthode employer selon la forme de l'équation, et une étude complète de fonction avec exponentielle décortiquée ligne par ligne, avec la raison de chaque étape.
Le fil du chapitre
L'exponentielle transforme les sommes en produits et le logarithme fait l'inverse. Toutes les erreurs du chapitre viennent d'avoir appliqué une de ces deux règles dans le mauvais sens, ou d'avoir manipulé un logarithme sans avoir écrit son domaine.
Deux fonctions réciproques, deux domaines très différents
•ex est définie sur R et STRICTEMENT POSITIVE : elle ne s'annule jamais, ce qui autorise à diviser par elle sans condition.
•lnx n'est définie que pour x>0. Toute équation ou inéquation avec un logarithme commence par la recherche du domaine, écrite avant tout calcul.
•ln(ex)=x pour tout réel x, et elnx=x pour tout x>0 : chacune défait l'autre.
•Les deux sont strictement croissantes, donc ea=eb⟺a=b et lna=lnb⟺a=b pour a et b strictement positifs, avec conservation du sens dans les inéquations.
Chaque courbe est l'image de l'autre par la symétrie d'axe y=x. L'exponentielle reste au-dessus de l'axe des abscisses, le logarithme reste à droite de l'axe des ordonnées : voilà les deux domaines.
Les courbes sont symétriques par rapport à la droite y=x. Cette symétrie n'est pas une décoration : elle explique que ln ait une asymptote verticale là où ex a une asymptote horizontale.
Les propriétés algébriques, et leur seul sens de lecture
•ea+b=eaeb, e−a=ea1, (ea)n=ean : la SOMME dans l'exposant devient un PRODUIT.
•ln(ab)=lna+lnb, lnba=lna−lnb, ln(an)=nlna, pour a et b strictement positifs : le PRODUIT devient une SOMME.
•Ce qui n'existe pas : ln(a+b) ne se décompose pas, ea+b n'est pas ea+eb, lnblna n'est pas lnba.
•Valeurs à connaître : e0=1, ln1=0, lne=1, et ln2≈0,693.
Le test qui tranche en cinq secondes : essayer avec des nombres. ln(1+1)=ln2≈0,69 alors que ln1+ln1=0. Une propriété fausse se voit toujours sur un exemple numérique.
Les quatre croissances comparées, et ce qu'elles disent
•limx→+∞xnex=+∞ pour tout entier n : l'exponentielle l'emporte sur TOUTE puissance.
•limx→−∞xex=0 : l'exponentielle écrase toute puissance en −∞.
•limx→+∞xlnx=0 : toute puissance l'emporte sur le logarithme.
•limx→0+xlnx=0 : le facteur x l'emporte sur le logarithme qui plonge vers −∞.
Ces quatre limites lèvent des indéterminations ∞∞ ou 0×∞ : elles se CITENT par leur nom, « par croissances comparées », ce qui vaut le point de justification.
Dériver et primitiver ces deux fonctions
•(eu)′=u′eu : l'exponentielle reste intacte, le facteur u′ sort devant.
•(lnu)′=uu′, définie là où u>0 : le logarithme disparaît complètement.
•Primitives immédiates : uu′ a pour primitive ln∣u∣, et u′eu a pour primitive eu.
•Le signe de eu est toujours positif : dans un tableau de signes, un facteur exponentiel se met de côté immédiatement.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Les propriétés, vérifiées sur des nombres
Chaque règle est suivie de sa vérification à la calculatrice. C'est le seul moyen de ne pas confondre les deux sens de lecture, et c'est un contrôle qui prend cinq secondes en épreuve.
L'écriture de départ
Condition
Ce qu'elle devient
ea+b
aucune
eaeb
Exemple : e2+3=e5≈148,41, et e2e3≈7,389×20,086≈148,41. La SOMME des exposants devient un PRODUIT.
ea−b
aucune
ebea
Exemple : e5−3=e2≈7,389, et 20,086148,41≈7,389.
e−a
aucune
ea1
Exemple : e−2≈0,135, l'INVERSE de 7,389 et non son opposé : c'est un nombre strictement positif, comme toute exponentielle.
(ea)n
n entier
ean
Exemple : (e2)3=e6≈403,43. À ne pas confondre avec e23=e8≈2981, qui est une autre fonction.
ln(ab)
a>0 et b>0
lna+lnb
Exemple : ln6≈1,792, et ln2+ln3≈0,693+1,099=1,792. Le PRODUIT devient une SOMME.
lnba
a>0 et b>0
lna−lnb
Exemple : ln23≈0,405, et 1,099−0,693=0,405.
ln(an)
a>0
nlna
Exemple : ln8≈2,079, et 3ln2≈3×0,693=2,079. C'est cette ligne qui fait descendre l'inconnue d'un exposant.
lna
a>0
21lna
Exemple : ln2≈0,347, soit la moitié de 0,693. Une racine est une puissance 21, la ligne précédente suffit.
Valeurs à connaître sans calculatrice : e0=1, ln1=0, lne=1, ln2≈0,693 et ln10≈2,303. Elles suffisent à contrôler l'ordre de grandeur de presque toute réponse du chapitre.
Les trois règles qui n'existent pas, réfutées par un nombre
Ces trois écritures sont les erreurs les plus fréquentes de l'épreuve. Aucune ne demande de démonstration pour être écartée : deux valeurs numériques suffisent, et elles tiennent dans la calculatrice de l'examen.
L'écriture
Ce qu'on croit pouvoir écrire
La vérité
ln(a+b)
lna+lnb
ne se décompose pasrègle inexistante
Exemple : ln(2+3)=ln5≈1,609, alors que ln2+ln3≈1,792. Les deux nombres diffèrent, la règle est donc fausse.
Ce qu'il faut faire : On calcule d'abord la somme, PUIS le logarithme. Si l'énoncé veut une décomposition, il faut d'abord FACTORISER l'intérieur : ln(2x+2x)=ln(4x)=ln4+lnx.
ea+b
ea+eb
c'est un PRODUIT, pas une sommerègle inexistante
Exemple : e2+3≈148,41, alors que e2+e3≈27,47. L'écart est d'un facteur cinq, il ne s'agit pas d'un arrondi.
Ce qu'il faut faire : La bonne ligne est ea+b=eaeb : dans l'exposant, une somme se lit toujours comme un produit.
lnblna
lnba
deux nombres différentsrègle inexistante
Exemple : ln2ln8=3 exactement, alors que ln28=ln4≈1,386. Le premier quotient est d'ailleurs log28, ce qui est encore autre chose.
Ce qu'il faut faire : Le quotient de deux logarithmes ne se simplifie pas. C'est la DIFFÉRENCE lna−lnb qui vaut lnba.
Une règle inventée coûte plus cher qu'un calcul non fait : elle donne un nombre, donc une conclusion, donc toute la fin de l'exercice. Le réflexe qui protège tient en une phrase : dans un logarithme, seul un PRODUIT se casse; dans un exposant, seule une SOMME se casse.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Éclater le logarithme d'une somme
toute la question, souvent 3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ln(x+3)=lnx+ln3. »
Ce qu'il faut écrire
« ln(x+3) ne se décompose pas. En revanche ln(3x)=ln3+lnx, et ln3x=lnx−ln3. »
ln(x+3) et ln3+lnx=ln(3x) sont deux courbes distinctes, qui ne coïncident qu'en un point. La règle du produit n'a jamais rien dit sur une somme.
Pourquoi : Le logarithme transforme les PRODUITS en sommes, jamais les sommes en sommes. Le contrôle numérique est immédiat : ln4≈1,39 alors que ln1+ln3≈1,10.
2.Résoudre une équation avec logarithme sans écrire le domaine
1 à 2 points, et une solution fausse est proposée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ln(x−1)+ln(x−3)=ln3 donne (x−1)(x−3)=3, soit x2−4x=0, donc x=0 ou x=4. »
Ce qu'il faut écrire
« Domaine : x−1>0 ET x−3>0, donc x>3. L'équation devient (x−1)(x−3)=3, soit x2−4x=0, d'où x=0 ou x=4. Seul 4 appartient au domaine : S={4}. »
Pourquoi : Passer à l'exponentielle est une opération valide seulement là où les deux logarithmes existent. La solution x=0 vérifie l'équation transformée et rend les deux logarithmes de départ impossibles : c'est une solution parasite fabriquée par la transformation.
3.Conserver le sens d'une inéquation après division par un logarithme négatif
1 point, et la réponse numérique est de l'autre côté du seuil
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 0,8n≤0,01 donne nln0,8≤ln0,01, donc n≤ln0,8ln0,01≈20,6, donc n=20. »
Ce qu'il faut écrire
« 0,8n≤0,01 donne nln0,8≤ln0,01; comme ln0,8<0, la division RETOURNE l'inégalité : n≥ln0,8ln0,01≈20,6, donc n=21. »
Pourquoi : Le logarithme d'un nombre strictement compris entre 0 et 1 est NÉGATIF. Diviser une inéquation par un nombre négatif en retourne le sens, exactement comme au collège, et c'est ici que la règle est oubliée.
4.Chercher les valeurs qui annulent une exponentielle
0,5 point à chaque fois, et beaucoup de temps perdu
Ce qu'il ne faut pas écrire
« xex=0 donc x=0 ou ex=0, soit x=0 ou x=−∞. »
Ce qu'il faut écrire
« xex=0 : comme ex>0 pour tout réel x, l'équation équivaut à x=0. »
Pourquoi : L'exponentielle est strictement positive sur R : elle ne s'annule jamais et n'a donc pas de racine. Dans un produit ou dans un tableau de signes, un facteur exponentiel se raye tout de suite, ce qui simplifie souvent l'exercice entier.
5.Déclarer indéterminée une croissance comparée
toute la question, alors que la réponse tient en une ligne
Ce qu'il ne faut pas écrire
« limx→+∞x3ex est une forme ∞∞, donc on ne peut pas conclure. »
Ce qu'il faut écrire
« limx→+∞x3ex=+∞ par croissances comparées : l'exponentielle l'emporte sur toute puissance de x. »
Jusqu'à x≈4,5 le cube est au-dessus, et pourtant l'exponentielle finit par passer devant et ne repasse jamais dessous. La croissance comparée décrit ce qui se passe APRÈS le croisement.
Pourquoi : La forme ∞∞ dit seulement que la substitution ne décide pas. Les croissances comparées sont précisément le théorème qui décide, et il suffit de le citer par son nom.
6.Dériver une exponentielle composée en dérivant l'exposant seul
1 point, et le tableau de signes qui suit devient faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f(x)=e3x2 donc f′(x)=e6x. »
Ce qu'il faut écrire
« f(x)=eu avec u=3x2 et u′=6x, donc f′(x)=6xe3x2. »
Pourquoi : L'exponentielle reste INTACTE dans sa dérivée, avec le même exposant : c'est sa propriété fondatrice. Seul un facteur u′ vient se placer devant.
7.Écrire ln(x2)=2lnx sans condition sur x
1 point, et la moitié des solutions disparaît
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ln(x2)=2lnx pour tout réel x non nul. »
Ce qu'il faut écrire
« ln(x2)=2ln∣x∣ pour tout x=0, et ln(x2)=2lnx seulement pour x>0. »
Pourquoi : x2 est positif même quand x est négatif, donc ln(x2) existe pour tout x non nul, alors que lnx n'existe que pour x>0. Les deux membres n'ont pas le même domaine, l'égalité ne peut donc pas être valable partout.
8.Confondre la puissance d'une exponentielle et l'exponentielle d'une somme
toute la question quand elle porte sur une équation à substitution
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (ex)3=ex+ex+ex=3ex. »
Ce qu'il faut écrire
« (ex)3=e3x, tandis que ex+ex+ex=3ex : ce sont deux quantités différentes. »
Pourquoi : Une puissance est un produit répété, pas une somme répétée. La confusion bloque ensuite le changement de variable X=ex, qui est la méthode standard des équations du type e2x−3ex+2=0.
Quelle méthode choisir
Quelle méthode pour une équation ou une inéquation
On regarde ce qui est isolé de chaque côté du signe, et surtout si l'inconnue apparaît une seule fois ou plusieurs.
Si une seule exponentielle de chaque côté, du type eA=eB → supprimer les exponentielles et résoudre A=B, sans condition puisque l'exponentielle est définie partout
Exemple : e2x−1=ex+3 donne 2x−1=x+3, soit x=4
Si un seul logarithme de chaque côté → ÉCRIRE LE DOMAINE, puis supprimer les logarithmes et résoudre, puis éliminer ce qui sort du domaine
Exemple : ln(x−1)=ln(3−x) avec 1<x<3 donne x=2
Si plusieurs logarithmes additionnés ou soustraits → domaine d'abord, puis regrouper en UN seul logarithme avec les propriétés du produit et du quotient
Exemple : ln(x−1)+ln(x−3)=ln3 sur ]3;+∞[
Si l'exponentielle apparaît au carré et au premier degré, du type e2x+bex+c=0 → poser X=ex avec X>0, résoudre le trinôme, puis revenir en gardant les racines POSITIVES
Exemple : e2x−3ex+2=0 donne X=1 ou X=2, donc x=0 ou x=ln2
Si l'inconnue est en exposant d'un nombre, du type qn≤a → prendre le logarithme des deux membres, puis diviser par lnq en surveillant son SIGNE
Exemple : 0,8n≤0,01 donne n≥ln0,8ln0,01, donc n≥21
Si un produit est nul et contient un facteur exponentiel → rayer immédiatement le facteur exponentiel, qui ne s'annule jamais, et résoudre le reste
Exemple : (x−2)ex=0 équivaut à x=2
Toute résolution avec logarithme se termine par une phrase de conclusion qui confronte les solutions trouvées au domaine. Sans elle, une solution parasite reste sur la copie et coûte le point de rigueur.
Quelle croissance comparée selon la forme de l'indétermination
On identifie la fonction qui domine, puis on met en facteur le terme dominant pour retomber sur une limite du cours.
Si xnex ou exxn en +∞ → l'exponentielle gagne : la première tend vers +∞, la seconde vers 0
Exemple : exx5→0 en +∞
Si xnex en −∞ → l'exponentielle écrase la puissance, la limite vaut 0
Exemple : x2ex→0 en −∞
Si xnlnx en +∞ → la puissance gagne, la limite vaut 0
Exemple : xlnx→0 en +∞
Si xnlnx en 0+ → la puissance gagne, la limite vaut 0
Exemple : xlnx→0 en 0+
Si une somme mélange exponentielle et polynôme, du type ex−x3 → mettre en facteur le terme dominant, ici ex, puis appliquer la croissance comparée à ce qui reste
Exemple : ex−x3=ex(1−exx3)→+∞
La phrase « par croissances comparées » doit apparaître sur la copie : c'est le nom du théorème, et le correcteur le cherche. Un résultat juste sans cette mention perd la moitié des points de la question.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre une équation avec logarithmes, du domaine à la conclusion
Quand l'utiliser : Dès qu'un ln contient une expression en x, même dans une simple équation du premier degré.
1Écrire le domaine AVANT tout : « L'équation n'a de sens que si x−1>0 et x−3>0, c'est-à-dire si x>3. »
2Regrouper les logarithmes en un seul avec les propriétés du produit ou du quotient : « ln((x−1)(x−3))=ln3. »
3Supprimer les logarithmes en invoquant la stricte croissance : « la fonction ln étant strictement croissante, cela équivaut à (x−1)(x−3)=3. »
4Résoudre l'équation obtenue, ici un trinôme, et donner TOUTES ses racines.
5Confronter chaque racine au domaine et éliminer explicitement celles qui n'y sont pas.
6Conclure par l'ensemble des solutions.
Phrase de conclusion
Sur ]3;+∞[, l'équation équivaut à x2−4x=0, dont les racines sont 0 et 4; seule 4 appartient au domaine, donc S={4}.
Le piège : Écrire le domaine à la fin, après avoir trouvé les racines. Le correcteur cherche la ligne du domaine AVANT la résolution : c'est elle qui prouve que la transformation était légitime.
Barème : 1 point pour le domaine, 1 point pour le regroupement, 1 point pour la résolution, 1 point pour l'élimination et la conclusion.
Étude d'une fonction avec exponentielle : limites, dérivée, asymptote
Quand l'utiliser : L'exercice d'analyse du sujet, presque toujours une fonction du type P(x)eax ou eaxP(x).
1Donner le domaine, qui est R tout entier dès qu'il n'y a pas de logarithme ni de quotient.
2Calculer les deux limites aux bornes en CITANT la croissance comparée employée pour chacune.
3En déduire l'asymptote éventuelle, avec la phrase qui la nomme et son côté.
4Dériver en appliquant la formule du produit puis en FACTORISANT par l'exponentielle, qui est toujours en facteur commun.
5Rayer le facteur exponentiel du tableau de signes en justifiant : « e−x>0 pour tout réel x, donc f′(x) est du signe de −x. »
6Dresser le tableau de variations avec les limites aux extrémités et la valeur exacte de l'extremum.
Phrase de conclusion
limx→+∞(x+1)e−x=0 par croissances comparées, donc la droite d'équation y=0 est asymptote horizontale à C en +∞.
Le piège : Oublier de factoriser la dérivée par l'exponentielle. Une dérivée laissée sous la forme e−x−(x+1)e−x n'a pas de signe lisible, alors que −xe−x se signe en une ligne.
Barème : 1 point par limite, 1 point pour l'asymptote nommée, 1 point pour la dérivée factorisée, 1 point pour le tableau.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Tester une propriété douteuse sur des nombres
Toute identité algébrique sur ln ou e se vérifie en remplaçant par 1, 2 et 3. Si les deux membres diffèrent une seule fois, la propriété est fausse.
ln(2+3)=ln5≈1,61 contre ln2+ln3≈1,79 : la règle de la somme n'existe pas.
Réinjecter chaque solution dans l'équation de départ
Une solution trouvée après passage à l'exponentielle doit rendre tous les logarithmes de l'énoncé définis ET vérifier l'égalité. C'est le contrôle qui élimine les solutions parasites.
x=0 donnerait ln(−1), qui n'existe pas : la solution est rejetée avant même de vérifier l'égalité.
Vérifier un seuil par ses deux voisins
Après une inéquation résolue au logarithme, calculer la quantité au rang trouvé ET au rang précédent. L'un doit vérifier la condition, l'autre non.
0,821≈0,0092≤0,01 et 0,820≈0,0115>0,01 : le rang 21 est bien le premier.
Contrôler le signe d'un logarithme avant de diviser
lna est négatif dès que 0<a<1, nul en 1, positif au-delà. Un coup d'œil à cette règle décide s'il faut retourner l'inégalité.
ln0,8≈−0,22 : toute division par ce nombre retourne le sens, et c'est là que se joue le point.
Comparer le tableau de variations aux limites annoncées
Une fonction décroissante vers +∞ ne peut pas avoir pour limite +∞. Confronter le sens de variation et la limite attrape les erreurs de croissance comparée.
Une décroissance sur [0;+∞[ depuis f(0)=1 avec une limite annoncée à +∞ : l'incohérence est visible sans refaire un calcul.
L'exercice type décortiqué
Étude d'une fonction avec exponentielle, comme au baccalauréat
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=(x+1)e−x, et C sa courbe représentative.
1. Déterminer les limites de f en −∞ et en +∞, et en déduire l'existence d'une asymptote. 2. Calculer f′(x) et étudier son signe. 3. Dresser le tableau de variations et donner la valeur exacte du maximum. 4. Déterminer l'équation de la tangente au point d'abscisse 0.
Étape 1
En +∞ : f(x)=exx+1=exx+ex1. Or limx→+∞exx=0 par croissances comparées et limx→+∞ex1=0, donc limx→+∞f(x)=0.
Pourquoi
On réécrit le produit en quotient pour retomber exactement sur une limite du cours. Sans cette réécriture, la forme est ∞×0 et la croissance comparée ne s'applique pas telle quelle.
Étape 2
En −∞ : x+1→−∞ et e−x→+∞, donc par produit limx→−∞f(x)=−∞. Il n'y a AUCUNE indétermination ici.
Pourquoi
Il faut le dire : les deux facteurs partent dans le même sens, la forme est −∞×(+∞), qui est déterminée. Chercher une croissance comparée là où il n'y en a pas fait perdre du temps et de la clarté.
Étape 3
De la limite nulle en +∞ on déduit : la droite d'équation y=0, c'est-à-dire l'axe des abscisses, est asymptote horizontale à C en +∞. Il n'y a pas d'asymptote en −∞.
Pourquoi
La phrase nomme la droite, sa nature et le côté. Une asymptote annoncée sans préciser en quel infini elle a lieu ne rapporte que la moitié du point.
Étape 4
f=uv avec u=x+1, u′=1, v=e−x, v′=−e−x. Donc f′(x)=e−x−(x+1)e−x=e−x(1−(x+1))=−xe−x.
Pourquoi
Le −1 de la dérivée de e−x est le facteur intérieur, et la factorisation par e−x est ce qui rend le signe lisible. Ces deux gestes sont l'essentiel de la question.
Étape 5
Comme e−x>0 pour tout réel x, f′(x) est du signe de −x : positif sur ]−∞;0[, nul en 0, négatif sur ]0;+∞[.
Pourquoi
On raye le facteur exponentiel en justifiant qu'il est strictement positif. Cette phrase courte vaut un point entier et évite un tableau de signes à deux lignes.
Étape 6
f croît de −∞ à f(0)=1 sur ]−∞;0], puis décroît de 1 à 0 sur [0;+∞[. Le maximum de f vaut donc exactement 1, atteint en x=0.
Pourquoi
Le tableau reprend les deux limites calculées et la valeur exacte f(0)=(0+1)e0=1. Aucune décimale : le baccalauréat attend la valeur exacte.
Étape 7
Tangente en 0 : f′(0)=−0×e0=0 et f(0)=1, donc T a pour équation y=0×(x−0)+1, soit y=1. La tangente au maximum est horizontale.
Pourquoi
Le résultat était prévisible : au maximum, la dérivée s'annule, donc la tangente est horizontale. Le calcul confirme le tableau, et le tableau confirme le calcul.
Conclusion rédigée
f croît de −∞ jusqu'à son maximum 1 atteint en 0, puis décroît vers 0 sans jamais l'atteindre; l'axe des abscisses est asymptote horizontale en +∞ et la tangente au point (0;1) est la droite horizontale d'équation y=1.
L'erreur classique sur cet exercice : Annoncer limx→+∞f(x)=+∞ parce que x+1 tend vers +∞. Le facteur e−x tend vers 0 et l'emporte : c'est exactement ce que dit la croissance comparée, et c'est la question qui sépare les copies.
À savoir par cœur
•ex>0 toujours : l'exponentielle ne s'annule jamais et se raye d'un produit nul ou d'un tableau de signes.
•lnx n'existe que pour x>0 : le DOMAINE s'écrit avant la première ligne de calcul.
•L'exponentielle transforme les sommes en produits, le logarithme les produits en sommes. ln(a+b) ne se décompose pas.
•(eu)′=u′eu et (lnu)′=uu′ : l'exponentielle survit, le logarithme disparaît.
•Croissances comparées : l'exponentielle bat toute puissance, toute puissance bat le logarithme. On cite le théorème par son nom.
•lnq<0 quand 0<q<1 : diviser une inéquation par ce nombre RETOURNE le sens.
•Équation en e2x et ex : poser X=ex avec X>0, et ne garder que les racines positives.
•Primitive de uu′ : ln∣u∣, avec la valeur absolue tant que le signe de u n'est pas connu.
Questions fréquentes
Peut-on écrire le logarithme d'une somme comme une somme de logarithmes ?
Non, jamais. Le logarithme transforme les produits en sommes, pas les sommes en sommes. Le test numérique le montre en cinq secondes : le logarithme de cinq vaut environ un virgule six, alors que la somme des logarithmes de deux et trois vaut environ un virgule sept neuf. Seules les écritures avec produit, quotient ou puissance se décomposent.
Pourquoi faut-il écrire le domaine avant de résoudre une équation avec logarithme ?
Parce que passer à l'exponentielle élargit l'ensemble des solutions possibles. La nouvelle équation peut avoir des racines pour lesquelles les logarithmes de départ n'existent pas. Le domaine, écrit en première ligne, sert ensuite à éliminer ces solutions parasites, et cette élimination fait partie du barème.
Que veulent dire les croissances comparées ?
Elles disent qui l'emporte quand deux fonctions tendent toutes les deux vers l'infini. L'exponentielle l'emporte sur n'importe quelle puissance de x, et n'importe quelle puissance de x l'emporte sur le logarithme. Elles servent à lever les indéterminations du type infini sur infini, et il faut les citer par leur nom sur la copie.
Comment résoudre une inéquation où l'inconnue est en exposant ?
On prend le logarithme népérien des deux membres, ce qui fait descendre l'exposant devant. On divise ensuite par le logarithme de la base, en surveillant son signe : si la base est comprise entre zéro et un, ce logarithme est négatif et la division retourne le sens de l'inégalité. On conclut enfin sur le plus petit entier qui convient.
L'exponentielle peut-elle valoir zéro ?
Non. Elle est strictement positive pour tout réel, et sa limite en moins l'infini vaut zéro sans jamais l'atteindre. C'est une propriété très utile : dans un produit nul, le facteur exponentiel se raye immédiatement, et dans un tableau de signes il ne contribue pas. Toute équation du type exponentielle égale zéro n'a donc aucune solution.
Comment résoudre une équation avec une exponentielle au carré ?
On pose une inconnue auxiliaire égale à l'exponentielle de x, en notant qu'elle est strictement positive. L'équation devient un trinôme du second degré ordinaire, qu'on résout normalement. On revient ensuite à x en prenant le logarithme de chaque racine, en rejetant les racines négatives ou nulles, qui ne peuvent pas être une exponentielle.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Exponentielle et logarithme
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?
Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.