Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : généralités sur les fonctions (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques sur les fonctions, au niveau de la classe de Seconde du programme français. Elle couvre l'ensemble de définition, les images et les antécédents, la lecture et la résolution graphique d'équations et d'inéquations, le tableau de variation et les extremums, les fonctions de référence carré, inverse et valeur absolue, les équations et inéquations avec la racine carrée et le cube, et la position relative de deux courbes par le signe de la différence, en dix-sept exercices répartis en quatre parties.
À la fin de la série, vous savez déterminer un ensemble de définition et calculer des antécédents (exercice 1), résoudre graphiquement f(x)=k et f(x)≥g(x) (exercices 2 et 5), exploiter un tableau de variation pour compter des solutions et lire un maximum ou un minimum (exercice 4), comparer deux courbes par le signe de f(x)−g(x) (exercice 8), résoudre une inéquation avec la fonction inverse (exercice 9) et encadrer f(x) avec une fonction de référence (exercice 12). Les situations concrètes : le coût par personne d'une soirée modélisé par la fonction inverse (exercice 7), la boîte de volume maximal (exercice 14), la distance d'arrêt d'une voiture (exercice 15) et le prix d'une course de coursier à vélo modélisé par une distance (exercice 17).
En Seconde, un sens de variation se démontre en comparant f(a) et f(b), pas avec une dérivée : la partie B entraîne précisément ce raisonnement, qui est le vrai saut de difficulté de l'année. Elle se termine par un problème de synthèse au format contrôle, où la discussion selon un paramètre demande de lire le tableau de variation et non la courbe. Les corrigés traitent les pièges qui coûtent des points : la fonction inverse dite décroissante sur R privé de 0 (exercice 3), multiplier par x sans discuter son signe et perdre la moitié des solutions (exercice 9), un encadrement de x2 quand la fonction change de sens sur l'intervalle (exercice 12).
Programme 2026 : depuis la rentrée 2026, la parité des fonctions et l'étude des fonctions racine carrée et cube ne sont plus au programme de Seconde, ces deux fonctions ne servant plus qu'à résoudre des équations et inéquations du type f(x)=k ou f(x)<k, ce que fait l'exercice 11 ; la comparaison avec x (exercice 3) reste en approfondissement et les encadrements de x et de x3 (exercice 12) préparent la Première spécialité ; les questions e) et f) de l'exercice 3 et l'exercice 13, consacrés à la parité, restent en ligne pour les élèves qui l'ont déjà vue et pour la Première, et la fonction valeur absolue entre parmi les fonctions de référence avec les exercices 16 et 17.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•f(a) est l'image de a ; les antécédents de k sont les solutions de l'équation f(x)=k. Un nombre a au plus une image, mais peut avoir plusieurs antécédents ou aucun.
•L'ensemble de définition exclut les valeurs qui annulent un dénominateur et celles qui rendent négatif ce qui est sous une racine carrée.
•f est croissante sur I lorsque, pour tous a<b de I, on a f(a)≤f(b) ; décroissante lorsque f(a)≥f(b).
•Sur ]0;+∞[ : si 0<x<1 alors x2<x<x, et si x>1 alors x<x<x2. Au programme : la position de y=x et de y=x2 ; la comparaison avec x est un approfondissement depuis 2026.
•La fonction inverse est décroissante sur ]−∞;0[ et décroissante sur ]0;+∞[, mais pas sur la réunion des deux.
•Résoudre f(x)≥g(x) graphiquement, c'est lire les x pour lesquels la courbe de f est au-dessus de celle de g.
•PARITÉ, hors programme de Seconde depuis la rentrée 2026 et gardée pour les exercices 3 et 13 : f est PAIRE lorsque f(−x)=f(x) pour tout x du domaine : sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Les fonctions carré et valeur absolue le sont.
•f est IMPAIRE lorsque f(−x)=−f(x) : sa courbe est symétrique par rapport à l'origine. Les fonctions cube et inverse le sont.
•La parité se teste d'abord sur le DOMAINE : s'il n'est pas symétrique par rapport à 0, la fonction n'est ni paire ni impaire, comme la racine carrée.
•FONCTION VALEUR ABSOLUE (programme 2026) : ∣x∣=x si x≥0 et ∣x∣=−x si x<0. Sa courbe est un V de pointe l'origine, symétrique par rapport à l'axe des ordonnées ; f est décroissante sur ]−∞;0], croissante sur [0;+∞[, de minimum 0. Pour k>0, ∣x−a∣<k équivaut à a−k<x<a+k.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Images, antécédents et ensemble de définition
On considère la fonction f définie par f(x)=x+12x−3.
a) Déterminez l'ensemble de définition de f.
b) Calculez f(0), f(2) et f(3).
c) Déterminez le ou les antécédents de 1 par f.
d) Déterminez le ou les antécédents de 2 par f. Commentez le résultat.
e) Déterminez l'ensemble de définition de g(x)=x−1x.
f) Déterminez l'ensemble de définition de h(x)=x2. Peut-on écrire h(x)=x ?
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Réponses
a)R∖{−1}
b)f(0)=−3, f(2)=31, f(3)=43
c)4
d)Aucun antécédent
e)[0;1[∪]1;+∞[
f)Définie sur R ; non, h(x)=∣x∣
a)
Une fraction n'existe que si son dénominateur est non nul. Ici x+1=0 pour x=−1, donc f est définie sur R PRIVÉ de −1, ce qu'on note R∖{−1} ou ]−∞;−1[∪]−1;+∞[. Déterminer le domaine est toujours la PREMIÈRE chose à faire, avant tout calcul d'image.
b)
On remplace : f(0)=0+12×0−3=1−3=−3 ; f(2)=34−3=31 ; f(3)=46−3=43. Les trois valeurs appartiennent bien au domaine, ce qu'il faut vérifier avant de calculer et non après.
c)
Chercher un ANTÉCÉDENT de 1, c'est résoudre f(x)=1, donc x+12x−3=1. Comme x=−1, on peut multiplier par x+1 : 2x−3=x+1, d'où x=4. L'unique antécédent de 1 est 4. Contrôle : f(4)=55=1 ✓.
d)
De même x+12x−3=2 donne 2x−3=2x+2, soit −3=2 après simplification des 2x : c'est IMPOSSIBLE. Le nombre 2 n'a donc aucun antécédent par f. Ce résultat s'éclaire en réécrivant f(x)=x+12(x+1)−5=2−x+15 : la quantité x+15 ne s'annule jamais, donc f(x) ne vaut jamais exactement 2. La droite d'équation y=2 est une asymptote, notion qui sera nommée en Terminale.
e)
Deux conditions se CUMULENT ici, et il faut les traiter toutes les deux : x≥0 pour que la racine existe, et x=1 pour que le dénominateur ne s'annule pas. L'ensemble de définition est donc [0;1[∪]1;+∞[. Oublier l'une des deux est l'erreur classique de cette question.
f)
Un carré est toujours positif ou nul, donc x2≥0 pour tout réel et h est définie sur R tout entier. En revanche l'écriture h(x)=x est FAUSSE : pour x=−3, on a h(−3)=9=3 et non −3. La bonne écriture est h(x)=∣x∣, car une racine carrée est par définition toujours positive.
Deux réflexes structurent tout ce chapitre. Le premier est de chercher les INTERDICTIONS avant toute chose : un dénominateur ne s'annule pas, une racine carrée exige un radicande positif, et quand les deux apparaissent il faut cumuler. Le second concerne le vocabulaire, source d'erreur permanente : calculer une image est un simple remplacement, alors que chercher un antécédent demande de RÉSOUDRE une équation. Un nombre a toujours au plus une image, mais il peut avoir zéro, un ou plusieurs antécédents, comme le montre le contraste entre c) et d).
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Lecture graphique
La courbe ci-dessous représente une fonction f définie sur [−2,5;2,5] par f(x)=x3−3x.
a) Lisez f(−2), f(0) et f(2), puis vérifiez par le calcul.
b) Déterminez graphiquement les antécédents de 0, puis retrouvez-les par le calcul en factorisant.
c) Résolvez graphiquement l'équation f(x)=2, puis vérifiez que x=−1 et x=2 conviennent.
d) Résolvez graphiquement l'inéquation f(x)>0 sur l'intervalle d'étude.
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Réponses
a)f(−2)=−2, f(0)=0, f(2)=2
b)−3, 0, 3
c)x=−1 (solution double) ou x=2
d)]−3;0[∪]3;2,5]
a)
Lecture graphique puis vérification par le calcul, ce que l'énoncé demande toujours dans cet ordre : f(−2)=(−2)3−3×(−2)=−8+6=−2 ; f(0)=0−0=0 ; f(2)=8−6=2. Les trois valeurs se lisent bien sur la courbe ✓. On remarquera que f(−2)=−f(2), ce qui n'est pas un hasard : cette fonction est impaire, une notion hors programme de Seconde depuis 2026 (voir l'exercice 13).
b)
La courbe coupe l'axe des abscisses en trois points, donc 0 a trois antécédents. Par le calcul, on factorise d'abord par x puis on reconnaît une différence de carrés : x3−3x=x(x2−3)=x(x−3)(x+3). Les antécédents de 0 sont donc −3, 0 et 3, soit environ −1,73, 0 et 1,73, ce qui correspond à la lecture ✓.
c)
La droite d'équation y=2 coupe la courbe en deux points, d'abscisses −1 et 2. Vérification : f(−1)=−1+3=2 ✓ et f(2)=8−6=2 ✓. On peut aller plus loin en factorisant x3−3x−2=(x−2)(x+1)2, ce qui explique pourquoi −1 est une solution DOUBLE : la droite y est tangente à la courbe au lieu de la traverser, et c'est pour cela qu'on ne compte que deux points d'intersection et non trois.
d)
L'inéquation f(x)>0 se lit là où la courbe est strictement AU-DESSUS de l'axe des abscisses. En utilisant la factorisation de b) et l'intervalle d'étude [−2,5;2,5] : la solution est x∈]−3;0[∪]3;2,5]. La borne 2,5 est INCLUSE car elle appartient au domaine d'étude et f(2,5)>0, alors que les bornes −3, 0 et 3 sont exclues puisque la fonction s'y annule.
Une lecture graphique ne se rend jamais seule, et l'énoncé le rappelle à chaque question : le graphique donne la CONJECTURE, le calcul donne la PREUVE. Cela dit, le graphique fait plus que rassurer, il indique COMBIEN de solutions chercher, ce qui évite d'en oublier. Ici il annonce trois antécédents de 0 et deux de 2, et l'on sait donc quand s'arrêter. Le cas de la question c) mérite d'être retenu : une droite horizontale coupe la courbe de x3−3x sur R en un, deux ou trois points, et quand elle la coupe en exactement deux points, c'est le signe d'une solution double, donc d'une tangence.
Exercice 3 : Fonctions de référence
Cet exercice porte sur les fonctions de référence carré et inverse. Les questions a) et b) leur ajoutent la racine carrée, en approfondissement, et les questions e) et f) étudient la parité, hors programme de Seconde depuis 2026.
a) Rangez dans l'ordre croissant x, x2 et x lorsque 0<x<1. Illustrez avec x=0,25.
b) Même question lorsque x>1. Illustrez avec x=4.
c) Comparez a1 et b1 lorsque 0<a<b. Justifiez par le sens de variation de la fonction inverse.
d) Un élève écrit : la fonction inverse est décroissante sur R privé de 0. Donnez un contre-exemple chiffré et corrigez l'énoncé.
e) Pour chacune des fonctions carré, cube et inverse, calculez f(−x) et comparez-le à f(x). Laquelle est PAIRE, c'est-à-dire vérifie f(−x)=f(x) ? Lesquelles sont IMPAIRES, c'est-à-dire vérifient f(−x)=−f(x) ?
f) Traduisez géométriquement chacune des deux propriétés sur la courbe, puis expliquez pourquoi la fonction racine carrée n'est ni paire ni impaire.
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Réponses
a)x2<x<x (0,0625<0,25<0,5)
b)x<x<x2 (2<4<16)
c)a1>b1
d)Contre-exemple : −1<1 et −11<11 ; décroissante sur chaque intervalle séparément
e)Carré paire ; cube et inverse impaires
f)Symétries d'axe (Oy) et de centre O ; domaine de x non symétrique
a)
Pour 0<x<1, l'ordre est x2<x<x. L'illustration avec x=0,25 le rend concret : x2=0,0625, x=0,25 et x=0,5. La raison est que multiplier un nombre plus petit que 1 par lui-même le RAPETISSE, alors que la racine carrée le rapproche de 1 par en dessous.
b)
Pour x>1, l'ordre s'INVERSE complètement : x<x<x2. Illustration avec x=4 : x=2, x=4 et x2=16. Le point de bascule est x=1, où les trois quantités valent 1 : c'est le seul endroit où l'ordre change, et c'est pourquoi les deux questions se distinguent exactement là.
c)
La fonction inverse est DÉCROISSANTE sur ]0;+∞[, donc elle renverse l'ordre : 0<a<b entraîne a1>b1. Il faut citer le sens de variation, c'est lui qui justifie le renversement ; l'affirmer sans justification ne vaut aucun point.
d)
Contre-exemple : −1<1 et pourtant −11=−1 est INFÉRIEUR à 11=1. L'ordre a donc été conservé, ce qui contredirait la décroissance. L'énoncé correct est : la fonction inverse est décroissante sur ]−∞;0[ ET décroissante sur ]0;+∞[, mais pas sur la réunion des deux intervalles. La différence n'est pas une subtilité de rédaction, elle est indispensable, puisque la fonction n'est même pas définie en 0 et qu'aucune comparaison ne peut traverser ce trou.
e)
Pour la fonction carré, f(−x)=(−x)2=x2=f(x) : elle est PAIRE. Pour la fonction cube, f(−x)=(−x)3=−x3=−f(x) : elle est IMPAIRE. Pour la fonction inverse, f(−x)=−x1=−x1=−f(x) : elle est IMPAIRE elle aussi. On le contrôle sur un nombre : (−1,5)2=2,25 comme 1,52, tandis que (−1,5)3=−3,375 est l'opposé de 1,53=3,375. Attention, « impaire » ne veut pas dire « pas paire » : ce sont deux propriétés distinctes, et la plupart des fonctions ne sont ni l'une ni l'autre.
f)
Une fonction paire a une courbe symétrique par rapport à l'AXE DES ORDONNÉES : les points d'abscisses opposées ont la même ordonnée, donc la courbe se replie sur elle-même par pliage le long de l'axe. Une fonction impaire a une courbe symétrique par rapport à l'ORIGINE : les points d'abscisses opposées ont des ordonnées opposées, donc la courbe se superpose à elle-même par un demi-tour autour de O. L'intérêt est concret : il suffit d'étudier la fonction sur les x positifs, l'autre moitié se déduit. La fonction racine carrée, elle, n'est ni paire ni impaire pour une raison qui n'a rien à voir avec un calcul : son ensemble de définition [0;+∞[ n'est pas symétrique par rapport à 0, donc f(−x) n'existe pas dès que x>0. La première chose à regarder est toujours le domaine, jamais la formule.
La question d) énonce une règle qui vaut pour toutes les fonctions de ce chapitre et bien au-delà : un sens de variation s'énonce TOUJOURS sur un INTERVALLE, jamais sur une réunion. Les questions e) et f) en ajoutent une seconde du même genre : une propriété de parité se teste d'abord sur le DOMAINE, ensuite seulement sur la formule.
Exercice 4 : Tableau de variation et extremums
Une fonction f est définie sur [−3;4], et sa courbe se trace d'un seul trait. Le tableau ci-dessous donne ses valeurs aux bornes de ses intervalles de monotonie : f est strictement décroissante sur [−3;−1], strictement croissante sur [−1;2], puis strictement décroissante sur [2;4].
x
−3
−1
2
4
f(x)
5
−2
6
1
a) Donnez le maximum et le minimum de f sur [−3;4], en précisant en quelles valeurs ils sont atteints.
b) Combien l'équation f(x)=0 a-t-elle de solutions ? Justifiez intervalle par intervalle.
c) Combien l'équation f(x)=3 a-t-elle de solutions ?
d) Peut-on comparer f(−2) et f(0) ? Justifiez soigneusement.
Voir la correction
Réponses
a)Maximum 6 en 2, minimum −2 en −1
b)2 solutions
c)3 solutions
d)Non : pas sur la même flèche
a)
Le MAXIMUM de f sur [−3;4] vaut 6, atteint en x=2, et le MINIMUM vaut −2, atteint en x=−1. Ces deux valeurs se trouvent aux changements de sens, mais il fallait aussi comparer aux valeurs des bornes, 5 en −3 et 1 en 4 : elles ne dépassent ni l'une ni l'autre, ce qui confirme la réponse ✓.
b)
On raisonne intervalle par intervalle, et c'est la rédaction attendue. Sur [−3;−1], f décroît continûment de 5 à −2 : elle traverse donc 0 exactement UNE fois. Sur [−1;2], f croît de −2 à 6 : elle traverse 0 une fois de plus. Sur [2;4], f décroît de 6 à 1 en restant strictement POSITIVE : aucune solution. Au total, l'équation f(x)=0 admet 2 solutions.
c)
Même raisonnement avec la valeur 3. Sur [−3;−1], f passe de 5 à −2 et traverse donc 3 : une solution. Sur [−1;2], f passe de −2 à 6 : une solution. Sur [2;4], f passe de 6 à 1, et 3 est bien compris entre ces deux valeurs : une solution encore. Au total, 3 solutions. Le simple changement de la valeur cherchée fait donc passer de deux à trois solutions.
d)
Non, on ne peut PAS comparer. Les nombres −2 et 0 n'appartiennent pas au même intervalle de monotonie : −2 est dans [−3;−1] où f décroît, et 0 est dans [−1;2] où f croît. Le tableau donne seulement f(−2)∈]−2;5[ et f(0)∈]−2;6[, deux encadrements qui se CHEVAUCHENT largement : aucune conclusion n'est possible. Répondre par une intuition tirée du dessin serait une faute de raisonnement.
Le tableau de variation est donc bien plus qu'un résumé, c'est un OUTIL DE DÉNOMBREMENT. Sur chaque intervalle où la fonction est strictement monotone et sa courbe d'un seul trait, une valeur comprise strictement entre les deux extrémités est atteinte exactement une fois, et une valeur extérieure ne l'est jamais. Il suffit donc de comparer la valeur cherchée aux deux bouts de chaque flèche, et d'additionner. Cette méthode se généralisera en Terminale, en spécialité, sous le nom de théorème des valeurs intermédiaires, mais elle s'utilise déjà telle quelle en Seconde. La question d) rappelle en contrepartie sa limite : le tableau ne compare que des nombres situés sur la MÊME flèche.
Exercice 5 : Résolution graphique d'une inéquation
Ci-dessous sont tracées les courbes de f(x)=x2−1 et de g(x)=x+1.
a) Lisez les coordonnées des points d'intersection des deux courbes.
b) Retrouvez ces abscisses par le calcul.
c) Résolvez graphiquement l'inéquation f(x)≥g(x).
d) Retrouvez ce résultat par le calcul en étudiant le signe de f(x)−g(x).
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Réponses
a)(−1;0) et (2;3)
b)(x−2)(x+1)=0 : x=−1 ou x=2
c)]−∞;−1]∪[2;+∞[
d)f(x)−g(x)=(x−2)(x+1)≥0 à l'extérieur de −1 et 2
a)
Les courbes se coupent en deux points, dont on lit les coordonnées : (−1;0) et (2;3). On lit d'abord l'abscisse puis l'ordonnée, et il faut vérifier que le point lu appartient bien aux DEUX courbes.
b)
On résout x2−1=x+1, soit x2−1−(x+1)=0. On reconnaît x2−1=(x−1)(x+1), et x+1 se met en facteur : (x+1)[(x−1)−1]=(x+1)(x−2)=0, d'où x=−1 ou x=2. Les ordonnées s'obtiennent dans la plus simple des deux expressions, ici la droite : g(−1)=0 et g(2)=3 ✓, ce qui confirme la lecture de a).
c)
La parabole est au-dessus de la droite à l'EXTÉRIEUR des deux points d'intersection, ce qui se lit directement sur le graphique. La solution de f(x)≥g(x) est donc ]−∞;−1]∪[2;+∞[, avec des crochets fermés puisque l'inégalité est large et que les deux courbes se touchent en ces points.
d)
On étudie le signe de la DIFFÉRENCE, seule méthode correcte pour comparer deux fonctions : f(x)−g(x)=x2−1−x−1=x2−x−2=(x−2)(x+1). Un tableau de signes à deux lignes donne le signe du produit : x+1 s'annule en −1 et x−2 en 2, tous deux négatifs avant et positifs après. Le produit est donc positif ou nul à l'extérieur de −1 et 2, et négatif entre eux. On retrouve exactement ]−∞;−1]∪[2;+∞[ ✓.
Le geste de la question d) est le plus important du chapitre et sera repris à l'exercice 8 : pour comparer f et g, on ne compare jamais les expressions terme à terme, on étudie le SIGNE de f−g. La raison est qu'une différence positive signifie exactement que la première courbe est au-dessus, et qu'un signe s'étudie par factorisation alors qu'une comparaison directe n'a pas de méthode. On notera aussi la cohérence entre les deux approches : les points d'intersection de c) sont précisément les ZÉROS de la différence en d), et les zones où une courbe domine sont les intervalles où la différence garde un signe constant.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Démontrer un sens de variation
On considère f(x)=x2−4x+1, définie sur R.
La dérivée n'est pas au programme de Seconde : la démonstration doit se faire en comparant f(a) et f(b).
a) Soient a et b deux réels. Montrez que f(b)−f(a)=(b−a)(a+b−4).
b) Déduisez-en que f est décroissante sur ]−∞;2].
c) Démontrez de même que f est croissante sur [2;+∞[.
d) Concluez sur l'extremum de f et comparez f(−3) et f(6) sans les calculer.
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Réponses
a)f(b)−f(a)=(b−a)(a+b−4)
b)a<b≤2 : produit négatif, f décroissante
c)2≤a<b : produit positif, f croissante
d)Minimum f(2)=−3 ; f(−3)=22>f(6)=13
a)
On développe la différence en regroupant astucieusement : f(b)−f(a)=(b2−4b+1)−(a2−4a+1)=b2−a2−4b+4a. Les constantes +1 se compensent. On reconnaît alors une différence de carrés et l'on factorise le reste : b2−a2−4(b−a)=(b−a)(b+a)−4(b−a)=(b−a)(a+b−4) ✓, en mettant (b−a) en évidence.
b)
Soient a et b tels que a<b≤2. Alors b−a>0, le premier facteur est positif. De plus a<2 et b≤2 donnent par addition a+b<4, donc a+b−4<0 et le second facteur est négatif. Le produit (b−a)(a+b−4) est donc NÉGATIF, c'est-à-dire f(b)−f(a)<0, soit f(b)<f(a). Comme a<b entraîne f(b)<f(a), la fonction f est décroissante sur ]−∞;2].
c)
Soient maintenant 2≤a<b. Alors b−a>0 comme précédemment, et a≥2 avec b>2 donnent a+b>4, donc a+b−4>0. Le produit est cette fois POSITIF, donc f(b)>f(a) : la fonction est croissante sur [2;+∞[. Seul le signe du second facteur a changé, et c'est le nombre 2 qui le fait basculer.
d)
La fonction décroît puis croît en changeant de sens en x=2 : elle admet donc un MINIMUM en ce point, égal à f(2)=4−8+1=−3. Pour comparer f(−3) et f(6) sans les calculer, on raisonne sur les DISTANCES au sommet : −3 est à distance 5 de 2, tandis que 6 est à distance 4. La parabole étant tournée vers le haut, l'image est d'autant plus grande qu'on s'éloigne du sommet, donc f(−3)>f(6). Vérification : f(−3)=9+12+1=22 et f(6)=36−24+1=13 ✓.
L'énoncé précise que la dérivée n'est pas au programme, et il faut voir pourquoi cette démonstration est instructive plutôt que pénible. Elle revient à la DÉFINITION même du sens de variation, à savoir la comparaison de f(a) et f(b) pour a<b, alors que la dérivée n'en est qu'un raccourci de calcul. La technique se réutilise telle quelle sur toute fonction polynomiale : on développe f(b)−f(a), on fait apparaître le facteur (b−a), et l'on discute le signe du second facteur. Une remarque enfin sur la question d) : l'argument de la distance au sommet vaut pour TOUTE parabole, et il permet de comparer deux images de tête, sans calcul, ce qui est très utile en contrôle.
Exercice 7 : Problème : coût par personne
Une association loue une salle 200 dollars pour une soirée, puis paie 15 dollars de repas par participant.
On note n le nombre de participants (n≥1) et f(n) le coût total par personne, en dollars.
a) Montrez que f(n)=15+n200.
b) Calculez le coût par personne pour 10, 20 et 50 participants.
c) Justifiez, à l'aide du sens de variation de la fonction inverse, que f est décroissante sur ]0;+∞[.
d) Combien faut-il de participants au minimum pour que le coût par personne ne dépasse pas 20 dollars ?
e) L'association espère descendre à 14 dollars par personne. Est-ce possible ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)f(n)=n200+15n=15+n200
b)35, 25 et 19 dollars
c)n1 décroissante, ×200 puis +15 conservent le sens
d)Au moins 40 participants
e)Non : f(n)>15 toujours
a)
Le coût total se compose de la location, fixe, et des repas, proportionnels au nombre de participants : 200+15n dollars. Ce total est réparti sur n personnes, d'où f(n)=n200+15n=n200+n15n=15+n200 ✓. La séparation en deux termes est ce qui rend la suite lisible : une part fixe par personne de 15 dollars, et une part décroissante.
b)
f(10)=15+10200=15+20=35 dollars ; f(20)=15+10=25 dollars ; f(50)=15+4=19 dollars. Le coût par personne chute rapidement au début puis se tasse, ce qui est le comportement typique d'une fonction inverse.
c)
La fonction inverse n↦n1 est décroissante sur ]0;+∞[. En la multipliant par 200, qui est POSITIF, le sens de variation est conservé, donc n↦n200 est décroissante. Ajouter la constante 15 ne change pas davantage le sens, une translation verticale ne modifiant aucune comparaison. Donc f est décroissante sur ]0;+∞[. Chacune des trois étapes doit être écrite, c'est la rédaction attendue.
d)
On résout f(n)≤20, c'est-à-dire 15+n200≤20, soit n200≤5. Comme n>0, on peut multiplier par n sans changer le sens : 200≤5n, donc n≥40. Il faut au moins 40 participants. Contrôle aux bornes : f(40)=15+5=20 ✓ et f(39)≈20,13>20 ✗.
e)
Non, c'est impossible. Pour tout n>0, la quantité n200 est strictement POSITIVE, donc f(n)>15 quel que soit le nombre de participants. Le coût par personne reste toujours strictement supérieur à 15 dollars et ne peut donc jamais valoir 14 dollars. La valeur 15 est une limite que la fonction approche sans jamais l'atteindre.
La question e) est celle qui distingue les copies, et sa réponse tient à une lecture de la FORME de f plutôt qu'à un calcul. En écrivant f(n)=15+n200, on voit immédiatement que le coût par personne ne peut pas descendre sous le prix du repas, ce qui est d'ailleurs évident dans le contexte : la location se dilue sur un nombre croissant de personnes, mais chaque participant mange toujours pour 15 dollars. Cette concordance entre la lecture algébrique et le bon sens est ce qu'un correcteur cherche. On notera aussi le rendement décroissant : passer de 10 à 20 participants fait gagner 10 dollars par personne, mais passer de 40 à 50 n'en fait plus gagner que 1.
Exercice 8 : Comparer deux fonctions par le signe de la différence
Comparer f et g, c'est étudier le signe de f(x)−g(x).
a) Soient f(x)=x2 et g(x)=2x−1. Étudiez le signe de f(x)−g(x) et concluez sur la position relative des deux courbes.
b) Que se passe-t-il en x=1 ? Interprétez géométriquement.
c) Soient h(x)=x3 et k(x)=x. Factorisez h(x)−k(x) et dressez son tableau de signe.
d) Déduisez-en sur quels intervalles la courbe de h est au-dessus de celle de k.
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Réponses
a)(x−1)2≥0 : parabole au-dessus
b)Contact en (1;1) : droite tangente
c)x(x−1)(x+1) : −, +, −, +
d)[−1;0]∪[1;+∞[
a)
f(x)−g(x)=x2−(2x−1)=x2−2x+1=(x−1)2, en reconnaissant l'identité remarquable. Un CARRÉ est toujours positif ou nul, donc f(x)≥g(x) pour tout réel : la parabole est toujours au-dessus de la droite, sans exception.
b)
En x=1 la différence s'annule, donc les deux courbes se TOUCHENT au point (1;1), puisque f(1)=1 et g(1)=1. Comme la différence ne CHANGE PAS de signe en ce point, restant positive de part et d'autre, les courbes ne se croisent pas : la droite est TANGENTE à la parabole. C'est la même situation qu'à l'exercice 2, où une racine double signalait déjà une tangence.
c)
h(x)−k(x)=x3−x=x(x2−1)=x(x−1)(x+1), en factorisant d'abord par x puis en reconnaissant une différence de carrés. Le tableau de signes se dresse avec les trois racines −1, 0 et 1, et le produit change de signe à chacune : négatif sur ]−∞;−1[, positif sur ]−1;0[, négatif sur ]0;1[, positif sur ]1;+∞[.
d)
La courbe de h est au-dessus de celle de k là où la différence est positive ou nulle, c'est-à-dire sur [−1;0]∪[1;+∞[. Les bornes sont incluses puisqu'aux points −1, 0 et 1 les deux courbes se rencontrent.
Le contraste entre a) et c) mérite d'être relevé, car il porte tout l'enseignement de l'exercice. En a) la différence est un carré : elle ne change JAMAIS de signe, les courbes se frôlent sans se traverser, et une seule zone existe. En c) la différence est un produit de trois facteurs simples : elle change de signe à chaque racine, et les courbes se croisent trois fois. C'est donc la MULTIPLICITÉ des racines qui décide, une racine double donnant une tangence et une racine simple une traversée. Ce critère resservira constamment, et il permet même de prévoir l'allure d'un graphique avant de le tracer : il suffit de factoriser la différence et de compter combien de fois chaque facteur apparaît.
Exercice 9 : Inéquations avec la fonction inverse
Dans ces inéquations, on ne peut pas multiplier par x sans discuter son signe. Traitez systématiquement les deux cas.
a) Résolvez x1≤3 dans R privé de 0.
b) Résolvez x1≥−2 dans R privé de 0.
c) Un élève résout la question a) en multipliant les deux membres par x et trouve x≥31. Quelle partie de l'ensemble solution a-t-il perdue, et pourquoi ?
Voir la correction
Réponses
a)]−∞;0[∪[31;+∞[
b)]−∞;−21]∪]0;+∞[
c)Il perd ]−∞;0[
a)
On DISCUTE le signe de x, car multiplier par une quantité de signe inconnu est interdit. Cas x>0 : en multipliant par x>0 le sens est conservé, 1≤3x, donc x≥31. Cas x<0 : alors x1 est négatif, donc automatiquement inférieur à 3, et l'inéquation est TOUJOURS vraie. L'ensemble solution est donc ]−∞;0[∪[31;+∞[.
b)
Même découpage. Cas x>0 : x1 est positif, donc supérieur à −2, et l'inéquation est toujours vraie. Cas x<0 : en multipliant par x<0 le sens s'INVERSE, 1≤−2x, donc −2x≥1 et x≤−21. L'ensemble solution est ]−∞;−21]∪]0;+∞[.
c)
Il a perdu tout l'intervalle ]−∞;0[. En multipliant par x sans discuter son signe, il a implicitement SUPPOSÉ x>0 et n'a donc traité que la moitié du problème. Or pour x<0 le sens de l'inégalité s'inverse, et surtout tous ces nombres sont en réalité solutions puisque leur inverse est négatif, donc inférieur à 3. Contrôle immédiat qui aurait dû l'alerter : x=−1 donne −11=−1≤3 ✓, alors que −1 ne vérifie pas x≥31 ✗.
La règle est absolue et vaut pour tout le lycée : on ne multiplie JAMAIS les deux membres d'une inéquation par une expression dont on ignore le signe. Deux issues sont possibles, et la première est presque toujours la meilleure en Seconde. Soit on DISCUTE selon le signe, comme ici, en traitant deux cas et en réunissant les ensembles obtenus. Soit on passe tout du même côté et l'on étudie le signe d'un quotient, ce qui donnerait ici x1−3=x1−3x et un tableau de signes à deux lignes. Un dernier contrôle vaut d'être systématisé : tester une valeur dans chaque zone trouvée et une valeur exclue, ce qui prend vingt secondes et détecte immédiatement une moitié d'ensemble oubliée.
Exercice 10 : Problème de synthèse : étude graphique complète
La courbe ci-dessous est celle de la fonction f définie sur l'intervalle [−3;5] par f(x)=3x3−x2−3x+5.
Les deux points marqués sont le maximum et le minimum de f sur cet intervalle. On donne f(−1)=320 et f(3)=−4.
a) Lisez f(0) et f(−3), puis vérifiez ces deux valeurs par le calcul.
b) Dressez le tableau de variation de f sur [−3;5], en y faisant figurer les valeurs aux bornes et aux extremums.
c) Déterminez le nombre de solutions de l'équation f(x)=5 sur [−3;5]. Donnez celle que vous pouvez lire exactement.
d) Discutez, selon les valeurs du réel m, le nombre de solutions de l'équation f(x)=m sur [−3;5].
e) Comparez f(−2) et f(4). Le tableau de variation suffit-il à conclure ? Vérifiez ensuite par le calcul.
f) La courbe de f coupe-t-elle la droite d'équation y=7 ? Justifiez sans aucun nouveau calcul.
Voir la correction
Réponses
a)f(0)=5, f(−3)=−4
b)Croissante de −4 à 320, décroissante jusqu'à −4, croissante jusqu'à 320
c)3 solutions, dont x=0
d)0 si m<−4 ou m>320 ; 2 si m=−4 ou m=320 ; 3 sinon
e)Non ; f(−2)=313>f(4)=−35
f)Non : maximum 320<7
a)
On lit f(0)=5 et f(−3)=−4. Par le calcul : f(0)=0−0−0+5=5 ✓ directement, et f(−3)=3(−3)3−(−3)2−3×(−3)+5=3−27−9+9+5=−9+5=−4 ✓. Les deux termes −9 et +9 se compensent, ce qui rend le calcul plus rapide qu'il n'en a l'air.
b)
La fonction croît de f(−3)=−4 jusqu'au maximum f(−1)=320, décroît jusqu'au minimum f(3)=−4, puis croît de nouveau jusqu'à f(5)=320. On vérifie cette dernière valeur : f(5)=3125−25−15+5=3125−35=3125−105=320 ✓. Le tableau comporte donc trois flèches, et l'on remarquera que les valeurs se répètent : −4 apparaît deux fois et 320 aussi.
c)
La droite d'équation y=5 coupe la courbe une fois sur CHACUN des trois intervalles de monotonie, car 5 est compris strictement entre −4 et 320≈6,67, les deux valeurs extrêmes de chaque flèche. Il y a donc 3 solutions. L'une d'elles se lit exactement, c'est x=0 puisque f(0)=5 ✓ ; les deux autres ne s'obtiendraient qu'approximativement.
d)
On raisonne entièrement sur le tableau de variation. Le minimum de f vaut −4 et son maximum 320. Si m<−4 ou m>320, la droite ne rencontre jamais la courbe : AUCUNE solution. Si m=−4, la droite touche la courbe en x=−3 et en x=3 : DEUX solutions. Si −4<m<320, elle traverse chacune des trois branches monotones : TROIS solutions. Si m=320, elle touche en x=−1 et en x=5 : DEUX solutions.
e)
Le tableau ne suffit PAS. Le nombre −2 appartient à l'intervalle de croissance [−3;−1] et 4 à l'intervalle de croissance [3;5], mais ce ne sont pas les mêmes flèches, et la monotonie ne permet donc aucune comparaison directe, exactement comme à l'exercice 4. Il faut calculer : f(−2)=3−8−4+6+5=3−8+7=313≈4,33 et f(4)=364−16−12+5=364−23=3−5≈−1,67. Donc f(−2)>f(4).
f)
Non, sans aucun nouveau calcul. Le maximum de f sur [−3;5] vaut 320≈6,67, qui est strictement inférieur à 7. Aucune valeur de la fonction n'atteint donc 7, et la courbe reste entièrement en dessous de cette droite. C'est le cas m>320 de la question d), qui a déjà été traité.
La question d) est le cœur de l'exercice et le modèle du genre : elle demande de discuter selon un PARAMÈTRE, et la réponse s'obtient uniquement en comparant m aux valeurs extrêmes du tableau, sans jamais résoudre d'équation. Les cas particuliers m=−4 et m=320 sont ceux que les copies oublient, alors qu'ils sont les plus intéressants : la droite y touche la courbe en un extremum et en une borne de l'intervalle, ce qui donne deux solutions au lieu de trois. La question f) montre en prime le bénéfice de ce travail : une fois la discussion faite, toute question du même type se répond en une ligne.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Racine carrée et cube : équations et inéquations
Le programme 2026 garde pour ces deux fonctions la résolution de f(x)=k et de f(x)<k. On utilise que la fonction racine carrée est définie et croissante sur [0;+∞[, la fonction cube est définie et croissante sur R.
a) Résolvez x=3.
b) Résolvez 2x−1=5.
c) Résolvez x≤2.
d) Résolvez x3=−27.
e) Résolvez x3>8.
Voir la correction
Réponses
a)x=9
b)x=13
c)[0;4]
d)x=−3
e)]2;+∞[
a)
Une racine carrée est positive, et 3≥0 : l'équation a un sens. On élève au carré, ce qui est licite entre nombres positifs : x=9. Contrôle : 9=3 ✓. En revanche x=−3 n'aurait AUCUNE solution.
b)
Condition d'existence : 2x−1≥0, soit x≥21. On élève au carré : 2x−1=25, donc x=13, qui vérifie bien la condition. Contrôle : 26−1=25=5 ✓.
c)
Le domaine impose x≥0. Sur [0;+∞[, la fonction racine est croissante, donc x≤2⟺x≤4. En réunissant les deux conditions : [0;4]. Répondre ]−∞;4] oublie que −1 n'existe pas : le domaine fait partie de la réponse.
d)
La fonction cube est définie sur R et strictement croissante : chaque nombre a exactement UN antécédent. Comme (−3)3=−27, la solution est x=−3. Contrairement à x2=9, il n'y a pas de deuxième solution, et un résultat négatif est permis.
e)
8=23 et la fonction cube est croissante, donc x3>8⟺x>2. Ensemble des solutions : ]2;+∞[. Contrôle : x=−3 donne −27, bien inférieur à 8 ; avec un carré, x=−3 aurait vérifié x2>8 : c'est toute la différence entre une fonction croissante sur R et la fonction carré, qui change de sens en 0.
Le fil : avant de « remonter » une fonction, on regarde son domaine et son sens de variation. Croissante sur son domaine, elle conserve l'ordre et les équations ont une solution au plus ; le domaine, lui, s'ajoute à la réponse.
Exercice 12 : Encadrer avec une fonction de référence
Pour encadrer f(x) quand x est encadré, on utilise le sens de variation de f sur l'intervalle : une fonction croissante CONSERVE l'ordre, une fonction décroissante le RENVERSE. Si f change de sens sur l'intervalle, il faut couper en deux.
Dans chaque cas, donnez le meilleur encadrement possible. Les questions c) et d) utilisent le sens de variation de la racine carrée et du cube : elles dépassent le programme 2026 de Seconde et préparent la Première spécialité.
a) 1≤x≤4 : encadrez x1.
b) −4≤x≤−2 : encadrez x1.
c) 4≤x≤9 : encadrez x.
d) −1≤x≤2 : encadrez x3.
e) −3≤x≤2 : encadrez x2.
Voir la correction
Réponses
a)41≤x1≤1
b)−21≤x1≤−41
c)2≤x≤3
d)−1≤x3≤8
e)0≤x2≤9
a)
La fonction inverse est décroissante sur ]0;+∞[ : elle renverse l'ordre. De 1≤x≤4 on tire 41≤x1≤1. Les bornes ont ÉCHANGÉ leur place : la plus petite valeur de x donne la plus grande image.
b)
La fonction inverse est aussi décroissante sur ]−∞;0[. De −4≤x≤−2 on tire −21≤x1≤−41, soit −21≤x1≤−41. Contrôle : x=−3 donne −31≈−0,33, bien entre −0,5 et −0,25 ✓.
c)
La fonction racine est croissante : 4≤x≤9, soit 2≤x≤3.
d)
La fonction cube est croissante sur R, même quand l'intervalle contient 0 : (−1)3≤x3≤23, soit −1≤x3≤8.
e)
Piège : la fonction carré DÉCROÎT sur [−3;0] puis CROÎT sur [0;2]. Sur [−3;0], x2 va de 9 à 0 ; sur [0;2], de 0 à 4. Le minimum est 0 et le maximum 9 : 0≤x2≤9. Élever les bornes au carré donnerait 4≤x2≤9, faux puisque x=0 est permis.
Retenir la procédure : on écrit le sens de variation sur l'intervalle AVANT d'appliquer la fonction aux bornes, et l'on coupe l'intervalle dès que la fonction y change de sens.
Exercice 13 : Parité : étudier une fonction par le calcul
Une fonction f est paire si son domaine est symétrique par rapport à 0 et si f(−x)=f(x) pour tout x du domaine ; impaire si le domaine est symétrique et f(−x)=−f(x). Pour prouver qu'elle n'est ni l'une ni l'autre, UN contre-exemple suffit.
a) Étudiez la parité de f(x)=x2−3 sur R.
b) Étudiez la parité de g(x)=x3−2x sur R.
c) Étudiez la parité de h(x)=x2+x sur R.
d) Étudiez la parité de k(x)=x−11 sur son domaine.
e) Une fonction paire p vérifie p(2)=5, et une fonction impaire q définie sur R vérifie q(3)=−4. Donnez p(−2), q(−3) et q(0).
Voir la correction
Réponses
a)Paire
b)Impaire
c)Ni paire ni impaire (h(−1)=0, h(1)=2)
d)Ni paire ni impaire (domaine non symétrique)
e)p(−2)=5, q(−3)=4, q(0)=0
a)
Le domaine R est symétrique. f(−x)=(−x)2−3=x2−3=f(x) : f est PAIRE, et sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
b)
g(−x)=(−x)3−2(−x)=−x3+2x=−(x3−2x)=−g(x) : g est IMPAIRE, et sa courbe est symétrique par rapport à l'origine. Contrôle : g(2)=4 et g(−2)=−8+4=−4 ✓.
c)
h(1)=2 et h(−1)=1−1=0. Comme h(−1)=h(1), h n'est pas paire ; comme h(−1)=−h(1), elle n'est pas impaire. Elle n'est NI paire NI impaire, et ce contre-exemple chiffré suffit : une propriété « pour tout x » tombe dès qu'un seul x la met en défaut.
d)
Le domaine est R∖{1}. Il n'est PAS symétrique : −1 en fait partie mais pas 1. La fonction k n'est donc ni paire ni impaire, sans aucun calcul sur la formule.
e)
Par parité, p(−2)=p(2)=5. Par imparité, q(−3)=−q(3)=4. Enfin q(0)=−q(0) donne 2q(0)=0, donc q(0)=0 : la courbe d'une fonction impaire définie en 0 passe toujours par l'origine.
La méthode en trois temps : le domaine d'abord, le calcul de f(−x) ensuite, et un contre-exemple chiffré pour conclure qu'une fonction n'a aucune des deux propriétés.
Exercice 14 : Problème : la boîte de volume maximal
Dans un carton carré de 20 cm de côté, on découpe aux quatre coins un carré de côté x cm, puis on replie les bords pour former une boîte sans couvercle.
On note V(x) le volume de la boîte, en cm³. La calculatrice est autorisée.
La figure montre le carton : les quatre coins grisés sont découpés, puis on replie le long des pointillés.
a) Dans quel intervalle x peut-il varier ? Montrez que V(x)=x(20−2x)2.
b) Calculez V(2), V(4) et V(5).
c) À l'aide d'un tableau de valeurs de pas 0,01 ou de la courbe, donnez une valeur approchée au centième de x qui rend le volume maximal, et le volume correspondant arrondi à l'unité.
d) Pour quelles valeurs de x le volume est-il au moins égal à 500 cm³ ? On admet que V(x)=500 a exactement deux solutions dans l'intervalle, dont l'une vaut 5 ; donnez l'autre au centième.
Voir la correction
Réponses
a)x∈]0;10[
b)512, 576 et 500 cm³
c)x≈3,33, V≈593 cm³
d)De x≈1,91 à x=5
a)
Il faut x>0 et que la base existe : 20−2x>0, soit x<10. Donc x∈]0;10[. La base est un carré de côté 20−2x (on retire x de chaque côté) et la hauteur vaut x : V(x)=x(20−2x)2.
b)
V(2)=2×162=512 ; V(4)=4×122=576 ; V(5)=5×102=500. Le volume augmente puis diminue : couper plus grand donne une boîte plus haute mais une base plus petite.
c)
Le tableau de valeurs montre que V croît jusqu'à environ x≈3,33 puis décroît. Le maximum vaut environ V(3,33)≈593 cm³. Contrôle : V(3)=588 et V(4)=576 sont bien inférieurs. On démontrera en Première, avec la dérivée, que le maximum est atteint exactement en x=310, pour un volume de 2716000≈592,6 cm³.
d)
Le tableau de valeurs montre que V passe au-dessus de 500 une première fois entre 1 et 2 (car V(1)=324 et V(2)=512), puis redescend à 500 en x=5. Par balayage : V(1,90)≈498,6<500 et V(1,92)≈501,4>500, et au centième V(1,91)≈500,0 : la solution vaut environ 1,91. Donc V(x)≥500 pour x compris entre environ 1,91 et 5.
Ce problème montre ce qu'on peut faire sans dérivée : un tableau de valeurs de pas fin localise un maximum et les solutions d'une équation, à condition de lire le SENS de variation pour savoir combien de solutions chercher.
Exercice 15 : Problème : la distance d'arrêt d'une voiture
Pour une voiture roulant à v km/h sur route sèche, on modélise la distance d'arrêt, en mètres, par D(v)=3,6v+200v2 pour 0≤v≤130.
Le premier terme est la distance parcourue pendant une seconde de réaction, le second la distance de freinage.
a) Calculez D(50) et D(100), au centième. La distance d'arrêt double-t-elle quand la vitesse double ?
b) Justifiez que D est croissante sur [0;130].
c) À 130 km/h, quelle part de la distance d'arrêt représente le freinage, au dixième de pourcentage ?
d) Un obstacle apparaît à 50 m. Quelle est la vitesse maximale, en km/h entiers, qui permet de s'arrêter avant lui ?
Voir la correction
Réponses
a)D(50)≈26,39 m, D(100)≈77,78 m : presque triplée
b)Somme de deux fonctions croissantes
c)≈70,1%
d)76 km/h
a)
D(50)=3,650+2002500≈13,89+12,5=26,39 m. D(100)=3,6100+20010000≈27,78+50=77,78 m. Le rapport vaut 26,3977,78≈2,95 : la distance est presque TRIPLÉE. Le terme de réaction double, mais le terme de freinage, proportionnel au CARRÉ de la vitesse, quadruple.
b)
Sur [0;130], v↦3,6v est croissante (fonction linéaire de coefficient positif) et v↦200v2 est croissante (fonction carré sur des nombres positifs, multipliée par un nombre positif). La somme de deux fonctions croissantes est croissante : pour a<b, chaque terme en b dépasse celui en a, donc la somme aussi.
c)
D(130)=3,6130+20016900≈36,11+84,5=120,61 m. Part du freinage : 120,6184,5≈0,701, soit environ 70,1%. À basse vitesse c'est la réaction qui domine, à haute vitesse le freinage.
d)
On cherche la plus grande vitesse telle que D(v)≤50. Comme D est croissante, il y a une seule vitesse limite, et toutes les vitesses inférieures conviennent. Par balayage à la calculatrice : D(76)≈49,99≤50 et D(77)≈51,03>50. La vitesse maximale est 76 km/h. C'est la croissance de D établie en b) qui garantit qu'on peut s'arrêter au premier dépassement.
Le fil : le sens de variation n'est pas un exercice de style, c'est lui qui permet de transformer une inéquation difficile en simple balayage, et de savoir que la réponse est unique.
Partie D : la fonction valeur absolue, programme 2026 (/20)
Exercice 16 : La fonction valeur absolue, nouvelle fonction de référence
Depuis la rentrée 2026, la fonction valeur absolue fait partie des fonctions de référence de Seconde, au même titre que les fonctions carré et inverse. Elle est définie sur R par f(x)=∣x∣, où ∣x∣=x si x≥0 et ∣x∣=−x si x<0.
Sa courbe représentative est tracée ci-dessous dans un repère orthonormé.
a) À l'aide de la définition par cas, calculez f(−2,5), f(0) et f(3), puis contrôlez sur la courbe.
b) Sur l'intervalle [0;+∞[, la courbe se confond avec une droite passant par l'origine : laquelle ? Même question sur ]−∞;0]. Expliquez pourquoi la courbe a la forme d'un V.
c) Placez sur la courbe les points d'abscisses −3 et 3, puis −1,5 et 1,5. Quelle symétrie de la courbe constatez-vous ? Expliquez-la en comparant ∣−x∣ et ∣x∣.
d) Donnez le signe de f(x) selon les valeurs de x, puis dressez le tableau de variations de f sur R. Quel est le minimum de f, et pour quelle valeur de x est-il atteint ?
e) Sans calculatrice, comparez ∣−3,7∣ et ∣−2,9∣ en citant le sens de variation de f. Comparez ensuite ∣−2∣ et ∣1,5∣ : pourquoi le sens de variation ne suffit-il plus ?
f) On sait que −5≤x≤−1. Encadrez ∣x∣. Même question lorsque −2≤x≤3.
Voir la correction
Réponses
a)f(−2,5)=2,5, f(0)=0, f(3)=3
b)y=x sur [0;+∞[, y=−x sur ]−∞;0] : deux demi-droites issues de l'origine
c)Symétrie par rapport à l'axe des ordonnées, car ∣−x∣=∣x∣
d)f(x)≥0 ; décroissante sur ]−∞;0], croissante sur [0;+∞[ ; minimum 0 en x=0
e)∣−3,7∣>∣−2,9∣ ; ∣−2∣>∣1,5∣, hors d'un même intervalle de monotonie
f)1≤∣x∣≤5 ; 0≤∣x∣≤3
a)
Le premier geste est de regarder le SIGNE du nombre, pas son écriture. Comme −2,5<0, on applique le second cas : f(−2,5)=−(−2,5)=2,5. Comme 0≥0, f(0)=0, et comme 3≥0, f(3)=3. Les points (−2,5;2,5), (0;0) et (3;3) sont bien sur le V. La formule ∣x∣=−x pour x<0 fait peur parce qu'elle porte un signe moins, alors qu'elle rend un nombre POSITIF : l'opposé d'un nombre négatif est positif. Écrire ∣x∣=−x n'a donc rien de contradictoire, dès qu'on a dit que x est négatif.
b)
Sur [0;+∞[, f(x)=x : la courbe est la demi-droite portée par la droite d'équation y=x. Sur ]−∞;0], f(x)=−x : c'est la demi-droite portée par la droite d'équation y=−x. Les deux demi-droites partent du même point, l'origine, puisque les deux formules donnent 0 en x=0 : c'est la pointe du V. La fonction valeur absolue est donc AFFINE PAR MORCEAUX, de coefficient directeur −1 à gauche de 0 et 1 à droite. Ce n'est pas une parabole : arrondir le bas du V, c'est confondre avec la fonction carré, et perdre le point du tracé.
c)
On lit f(−3)=3=f(3) et f(−1,5)=1,5=f(1,5) : deux abscisses opposées ont la même image. Les points (−3;3) et (3;3) sont symétriques par rapport à l'axe des ordonnées, comme (−1,5;1,5) et (1,5;1,5), et la courbe entière se replie sur elle-même le long de cet axe. L'explication tient en une ligne : ∣x∣ est la distance entre x et 0 sur la droite graduée, et x et −x sont à la même distance de 0, donc ∣−x∣=∣x∣ pour tout réel x. Le constat sert aussitôt : pour tracer la courbe, on trace la demi-droite y=x sur [0;+∞[ et on la replie. Attention, c'est une symétrie par rapport à l'AXE, pas par rapport à l'origine : le point (−3;−3) n'est pas sur la courbe.
d)
Signe : f(x)≥0 pour tout réel x, et f(x)=0 seulement pour x=0. Une valeur absolue n'est JAMAIS négative, c'est une distance. Variations : sur ]−∞;0], f(x)=−x est une fonction affine de coefficient directeur −1<0, donc f y est décroissante ; sur [0;+∞[, f(x)=x a pour coefficient directeur 1>0, donc f y est croissante. Le tableau de variations porte une flèche qui descend jusqu'à la valeur 0 en x=0, puis une flèche qui remonte. Le minimum de f sur R vaut 0, atteint en x=0. Justifier une variation de la valeur absolue revient toujours à citer le coefficient directeur de la fonction affine qui la représente sur l'intervalle : c'est cette phrase qui est notée, pas la flèche seule.
e)
Les nombres −3,7 et −2,9 sont tous deux dans ]−∞;0], où f est DÉCROISSANTE : elle renverse l'ordre. Comme −3,7<−2,9, on a ∣−3,7∣>∣−2,9∣, soit 3,7>2,9 ✓. Les nombres −2 et 1,5, eux, sont de part et d'autre de 0 : ils ne sont pas dans un même intervalle où f est monotone, et le sens de variation ne permet plus de conclure. Écrire « −2<1,5 donc ∣−2∣<∣1,5∣ » est faux, puisque ∣−2∣=2>1,5=∣1,5∣. On revient à la définition, ou à la distance : −2 est plus loin de 0 que 1,5. La règle est la même que pour la fonction carré : on ne compare deux images par le sens de variation que si les deux nombres sont dans un MÊME intervalle de monotonie.
f)
Sur [−5;−1], f est décroissante, donc elle renverse l'encadrement : −5≤x≤−1 donne ∣−1∣≤∣x∣≤∣−5∣, c'est-à-dire 1≤∣x∣≤5. Garder l'ordre donnerait 5≤∣x∣≤1, un encadrement absurde. Pour −2≤x≤3, l'intervalle CONTIENT 0, où f atteint son minimum. On le coupe en deux : sur [−2;0], 0≤∣x∣≤2 ; sur [0;3], 0≤∣x∣≤3 ; en réunissant, 0≤∣x∣≤3. La réponse fausse la plus fréquente est 2≤∣x∣≤3, obtenue en calculant seulement les images des deux bornes : elle oublie que x=0 est permis et donne ∣x∣=0. Dès qu'un intervalle traverse 0, la borne basse de ∣x∣ est 0.
Le fil de l'exercice : une valeur absolue ne s'obtient pas « en effaçant le signe », elle s'obtient en choisissant le bon CAS selon le signe de x. Toutes les propriétés de la fonction, la forme en V, la symétrie, le minimum, le renversement de l'ordre à gauche de 0, se lisent sur ces deux cas.
Exercice 17 : Résoudre avec la valeur absolue : la courbe, puis le calcul
Pour résoudre graphiquement f(x)=k ou f(x)<k, on trace la droite horizontale d'équation y=k, puis on lit les ABSCISSES des points de la courbe situés sur cette droite, ou strictement en dessous. Les questions a) et b) portent sur la fonction valeur absolue f(x)=∣x∣ de l'exercice 16.
La figure ci-dessous représente, dans un repère orthonormé, la fonction g définie sur R par g(x)=∣x−1∣, ainsi que les droites d'équations y=2 et y=4.
Pour les questions e) et f) : un coursier à vélo part d'un entrepôt situé au kilomètre 6 d'une avenue rectiligne, graduée de 0 à 16. Une course vers l'adresse située au kilomètre x coûte C(x)=4+1,5∣x−6∣ dollars.
a) Sans calcul, en imaginant la droite y=k sur la courbe en V de f(x)=∣x∣, donnez le nombre de solutions des équations ∣x∣=2,5, ∣x∣=0 et ∣x∣=−1.
b) Résolvez l'inéquation ∣x∣<2,5 graphiquement, puis algébriquement en distinguant les cas x≥0 et x<0. Donnez l'ensemble des solutions sous forme d'intervalle.
c) Sur la figure, lisez les coordonnées de la pointe du V de g. Résolvez graphiquement l'équation g(x)=4, puis retrouvez ses solutions par le calcul.
d) Résolvez graphiquement, puis par le calcul, l'inéquation ∣x−1∣≥2.
e) Calculez le prix d'une course vers le kilomètre 2, puis vers le kilomètre 11. Pourquoi la formule contient-elle une valeur absolue ?
f) Pour quelles adresses le prix d'une course ne dépasse-t-il pas 10 dollars ? Pour quelles adresses vaut-il exactement 13 dollars ?
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Réponses
a)Deux solutions, une solution, aucune solution
b)S=]−2,5;2,5[
c)Pointe (1;0) ; x=−3 ou x=5
d)S=]−∞;−1]∪[3;+∞[
e)C(2)=10 dollars, C(11)=11,5 dollars ; le prix dépend de la distance ∣x−6∣
f)x∈[2;10] ; x=0 ou x=12
a)
La courbe de f est un V dont la pointe est l'origine et dont les deux branches montent sans fin. La droite y=2,5 passe au-dessus de la pointe : elle coupe chaque branche une fois, donc ∣x∣=2,5 a DEUX solutions, −2,5 et 2,5. La droite y=0 touche le V en sa seule pointe : ∣x∣=0 a UNE solution, x=0. La droite y=−1 passe sous la pointe et ne rencontre jamais la courbe : ∣x∣=−1 n'a AUCUNE solution, ce qui était prévisible, une valeur absolue n'étant jamais négative. Cette lecture se fait avant tout calcul : elle dit combien de solutions chercher, et un élève qui trouve une solution à ∣x∣=−1 sait aussitôt qu'il s'est trompé.
b)
Graphiquement, on cherche les abscisses des points du V situés STRICTEMENT sous la droite y=2,5. Les branches coupent la droite en x=−2,5 et x=2,5, et la courbe est sous la droite entre ces deux abscisses : S=]−2,5;2,5[, crochets ouverts car l'inégalité est stricte. Algébriquement : si x≥0, ∣x∣=x et l'inéquation devient x<2,5, d'où 0≤x<2,5 ; si x<0, ∣x∣=−x et l'inéquation devient −x<2,5, soit x>−2,5, d'où −2,5<x<0. La réunion des deux cas redonne ]−2,5;2,5[ ✓. Le piège classique est de ne traiter que le cas positif et de répondre x<2,5, ce qui laisse entrer −10, dont la valeur absolue vaut 10. Retenez : pour k>0, ∣x∣<k équivaut à −k<x<k, les solutions sont AUTOUR de 0.
c)
La pointe du V est le point où x−1=0, c'est-à-dire (1;0) : la courbe de g a la forme de celle de f, décalée d'une unité vers la droite. La droite y=4 coupe les branches en x=−3 et x=5. Par le calcul, ∣x−1∣=4 signifie que x−1 vaut 4 ou −4, les deux seuls nombres de valeur absolue 4 : x=5 ou x=−3. Vérification : ∣5−1∣=4 et ∣−3−1∣=∣−4∣=4 ✓. Les deux solutions sont symétriques par rapport à l'abscisse de la pointe, à 4 unités de part et d'autre de 1 : ∣x−1∣ est la distance entre x et 1. Oublier le cas x−1=−4 coûte la moitié de la question.
d)
Graphiquement, on garde les abscisses des points du V situés SUR ou AU-DESSUS de la droite y=2 : la droite coupe la courbe en x=−1 et x=3, et la courbe est au-dessus À L'EXTÉRIEUR de ces deux valeurs. Donc S=]−∞;−1]∪[3;+∞[, crochets fermés en −1 et 3 car l'inégalité est large. Par le calcul : si x≥1, ∣x−1∣=x−1 et x−1≥2 donne x≥3 ; si x<1, ∣x−1∣=1−x et 1−x≥2 donne x≤−1. La réunion redonne le même ensemble ✓. L'erreur à éviter est de répondre [−1;3], qui est l'ensemble des solutions de ∣x−1∣≤2 : ce sont les nombres PROCHES de 1, alors que la question demande les nombres ÉLOIGNÉS de 1. Pour une inéquation « supérieur à » avec k>0, la réponse est une RÉUNION de deux intervalles, jamais un seul.
e)
Vers le kilomètre 2 : C(2)=4+1,5×∣2−6∣=4+1,5×4=10 dollars. Vers le kilomètre 11 : C(11)=4+1,5×∣11−6∣=4+1,5×5=11,5 dollars. La valeur absolue est indispensable parce que le coursier roule jusqu'à l'adresse, qu'elle soit avant ou après l'entrepôt : le prix dépend de la DISTANCE parcourue, ∣x−6∣, et non de la différence x−6, qui est négative pour le kilomètre 2. Sans valeur absolue, la formule 4+1,5(x−6) donnerait −2 dollars pour le kilomètre 2, un prix négatif absurde.
f)
Le prix ne dépasse pas 10 dollars lorsque 4+1,5∣x−6∣≤10, soit 1,5∣x−6∣≤6, soit ∣x−6∣≤4 : l'adresse est à 4 km au plus de l'entrepôt, donc 6−4≤x≤6+4, c'est-à-dire x∈[2;10]. Le prix vaut exactement 13 dollars lorsque 1,5∣x−6∣=9, soit ∣x−6∣=6, donc x=0 ou x=12 ; les deux adresses sont bien sur l'avenue, graduée de 0 à 16, et conviennent toutes les deux. La courbe de C est un V de pointe (6;4), et l'on retrouve les deux lectures de l'exercice : SOUS la droite y=10 ou sur elle, un seul intervalle autour de la pointe ; SUR la droite y=13, deux abscisses symétriques par rapport à 6.
Retenez les trois formes, toutes lisibles sur le V : pour k>0, ∣x−a∣=k donne deux solutions symétriques autour de a ; ∣x−a∣<k donne un intervalle centré en a ; ∣x−a∣≥k donne une réunion de deux intervalles tournés vers l'extérieur. Et si k<0, la droite passe sous la pointe : l'équation n'a aucune solution.
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