Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les suites numériques (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les suites numériques, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs sur les suites arithmétiques et géométriques, comme dans les listes des manuels : terme général à partir du premier terme et de la raison, raison à partir de deux termes, suite qui commence au rang 1, puis les sommes 1+2+⋯+n et 1+q+⋯+qn, une somme de termes consécutifs comme 7+11+⋯+99 et une somme géométrique de raison −2, chacune avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.
L'exercice 10 traite la suite auxiliaire, le mécanisme qui revient chaque année au contrôle et au baccalauréat : reconnaître qu'une suite définie par un+1=aun+b n'est pas géométrique, et construire celle qui l'est.
La partie D suit le programme de Première en vigueur depuis la rentrée 2026 : une suite définie par un motif géométrique, dont on tire la relation de récurrence et la formule explicite, puis les trois comportements possibles quand n devient grand, limite finie, limite infinie ou absence de limite.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Somme géométrique de raison q=1 : 1+q+q2+⋯+qn=1−q1−qn+1.
•Sens de variation : on étudie le signe de un+1−un ; pour une suite à termes strictement positifs, on peut comparer unun+1 à 1.
•Une suite géométrique de raison strictement négative n'est jamais monotone : ses termes changent de signe alternativement.
•Suite définie par un motif : la relation de récurrence compte ce qu'on AJOUTE d'un rang au suivant, la formule explicite compte le TOUT, souvent de deux façons. Les deux se contrôlent sur les premiers rangs.
•Limite : une suite peut tendre vers un nombre, tendre vers +∞ ou −∞, ou n'avoir AUCUNE limite, comme (−1)n. Croissante ne veut pas dire « tend vers +∞ », et tendre vers +∞ ne veut pas dire croissante.
Calculs : les termes et les sommes à calculer
Exercice 0.1 : Calculer termes et sommes des suites arithmétiques et géométriques : dix calculs directs
Pour chaque ligne, calculez directement le nombre demandé avec les formules du cours, sans écrire tous les termes un par un.
Une seule méthode pour les dix lignes : reconnaître la nature de la suite, écrire la formule du terme général en partant du BON rang initial, un=up+(n−p)r ou vn=vp×qn−p, puis, pour une somme, COMPTER les termes avant d'appliquer 1+2+⋯+n=2n(n+1) ou 1+q+⋯+qn=1−q1−qn+1. Le décompte se fait toujours par « dernier rang moins premier rang plus un ».
a) (un) est arithmétique, de premier terme u0=−4 et de raison r=3. Calculez u25.
b) (un) est arithmétique, avec u5=13 et u12=−8. Calculez sa raison r.
c) (un), définie pour n≥1, est arithmétique, de premier terme u1=2 et de raison 5. Calculez u30.
d) (vn) est géométrique, de premier terme v0=5 et de raison q=−2. Calculez v7.
e) (vn) est géométrique de raison positive, avec v1=3 et v5=48. Calculez sa raison q.
f) (vn) est géométrique de raison q=3, avec v4=162. Calculez v0.
g) Calculez 1+2+3+⋯+60.
h) Calculez 7+11+15+⋯+99, somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique.
i) Calculez 1+(−2)+4+(−8)+⋯+(−2)9.
j) (wn) est définie par wn=5×2n. Calculez w2+w3+⋯+w9.
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Réponses
a)un=−4+3n ; u25=71
b)u12=u5+7r ; r=−3
c)un=2+5(n−1) ; u30=147
d)vn=5×(−2)n ; v7=−640
e)q4=16, q>0 ; q=2
f)v0=q4v4 ; v0=2
g)260×61 ; 1830
h)24 termes, 24×27+99 ; 1272
i)1−(−2)1−(−2)10 ; −341
j)20×2−128−1 ; 5100
Le geste qui décide de tout : compter les rangs. Entre u5 et u12 il y a 7 pas de raison, de u1 à u30 il y en a 29, et la somme de w2 à w9 compte 8 termes. Presque toutes les erreurs du chapitre sont des erreurs d'une unité dans ce décompte.
a)
un=u0+nr=−4+3n, donc u25=−4+75=71.
b)
De u5 à u12, on ajoute 7 fois la raison : u12=u5+7r, soit −8=13+7r, donc r=7−21=−3. Piège : diviser par 12 ou par 5, ou soustraire dans le mauvais sens et trouver +3.
c)
Le premier rang est 1 : un=u1+(n−1)r=2+5(n−1), donc u30=2+29×5=147. Piège : écrire u30=2+30×5=152, comme si la suite commençait au rang 0.
d)
vn=v0qn=5×(−2)n, donc v7=5×(−128)=−640. Piège : (−2)7 est NÉGATIF, l'exposant est impair.
e)
De v1 à v5, on multiplie 4 fois par q : v5=v1q4, soit 48=3q4 et q4=16. Les solutions sont q=2 et q=−2 ; la raison étant positive, q=2. Piège : diviser 16 par 4 et trouver q=4.
f)
v4=v0q4, donc v0=34162=81162=2.
g)
1+2+⋯+60=260×61=1830.
h)
Raison 4 et premier terme 7 : 7+4k=99 donne k=23, donc les rangs vont de 0 à 23 et la somme compte 24 termes. Elle vaut 24×27+99=24×53=1272. Piège : compter 499−7=23 termes, en oubliant le « plus un ».
i)
Somme des puissances de q=−2, de l'exposant 0 à l'exposant 9, soit 10 termes : 1−(−2)1−(−2)10=31−1024=−341. Piège : écrire 31−(−2)9=171, avec l'exposant du dernier terme au lieu du nombre de termes.
j)
w2+⋯+w9=5(22+23+⋯+29)=5×22(1+2+⋯+27)=20×2−128−1=20×255=5100. La somme compte 9−2+1=8 termes, de premier terme w2=20. Piège : partir de w0=5, ou compter 7 termes.
Contrôle : pour une somme courte on écrit les premiers et les derniers termes pour vérifier le décompte (7, 11, 15, ..., 95, 99 : 24 termes) ; pour un terme, on recalcule le précédent à la main (u29=142, et 142+5=147).
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Modes de génération
On considère la suite (un) définie par u0=5 et, pour tout entier naturel n, un+1=3un−4.
On considère aussi la suite (vn) définie explicitement par vn=n2−3n+1.
Ces deux écritures ne sont pas deux notations pour la même chose : elles ne donnent pas accès aux mêmes questions, et c'est tout l'enjeu de l'exercice.
a) Calculez u1, u2, u3 et u4.
b) Calculez v0, v1, v2, v3 et v4.
c) Laquelle des deux suites permet de calculer directement le terme de rang 100 ? Expliquez la différence entre les deux modes de génération.
d) Calculez v100.
e) On remplace u0=5 par u0=2. Calculez les quatre premiers termes de la nouvelle suite et expliquez ce que vous observez.
Voir la correction
Réponses
a)u1=11, u2=29, u3=83, u4=245
b)v0=1, v1=−1, v2=−1, v3=1, v4=5
c)(vn), définie explicitement ; (un) exige tous les termes précédents
d)v100=9701
e)Suite constante égale à 2 : point fixe de x=3x−4
a)
On applique la relation à chaque étape, en réutilisant le terme qui vient d'être trouvé : u1=3×5−4=11 ; u2=3×11−4=29 ; u3=3×29−4=83 ; u4=3×83−4=245. Les termes triplent presque à chaque rang, ce qui annonce une croissance de type géométrique : c'est le 3 qui domine et le −4 qui freine.
b)
Ici, aucun terme n'a besoin du précédent, on remplace simplement n par sa valeur : v0=1 ; v1=1−3+1=−1 ; v2=4−6+1=−1 ; v3=9−9+1=1 ; v4=16−12+1=5. On note que v1=v2 : une suite peut prendre deux fois la même valeur, elle n'a aucune raison d'être injective. Ici c'est la symétrie du trinôme autour de n=1,5 qui l'explique.
c)
Seule (vn) le permet. Elle est définie de façon EXPLICITE : vn s'obtient à partir de n en une seule opération, quel que soit le rang. La suite (un) est définie par RÉCURRENCE : chaque terme n'existe qu'à partir du précédent, donc obtenir u100 demande de calculer les cent termes qui le précèdent, dans l'ordre. C'est exactement pour cela qu'on écrit un algorithme dans les exercices de seuil, et c'est aussi pour cela qu'on cherchera, à l'exercice 10, à transformer une définition par récurrence en formule explicite.
d)
v100=1002−3×100+1=10000−300+1=9701. Le calcul est immédiat, et c'est précisément l'avantage de la forme explicite : le rang 100 ne coûte pas plus cher que le rang 2.
e)
u0=2, puis u1=3×2−4=2, u2=3×2−4=2, u3=2 : la suite est constante. La raison est que 2 vérifie l'équation x=3x−4, dont la solution est x=2 : une fois sur cette valeur, la relation renvoie sur elle-même. On appelle 2 le point fixe de la relation de récurrence. Ce n'est pas une curiosité : le point fixe est exactement le nombre qu'on retranchera à l'exercice 10 pour fabriquer une suite auxiliaire géométrique.
Exercice 2 : Suites arithmétiques
(un) est une suite arithmétique telle que u3=7 et u8=22.
Deux termes suffisent toujours à déterminer entièrement une suite arithmétique, puisqu'elle ne dépend que de deux nombres : un point de départ et une raison.
a) Déterminez la raison r.
b) Déterminez u0, puis l'expression de un en fonction de n.
c) Calculez u20.
d) Calculez la somme u0+u1+⋯+u20.
e) À partir de quel rang a-t-on un>100 ?
Voir la correction
Réponses
a)r=3
b)u0=−2, un=−2+3n
c)u20=58
d)588 (21 termes)
e)À partir du rang 35
a)
Pour passer du rang 3 au rang 8, on ajoute la raison 8−3=5 fois, et non 8 fois : u8=u3+5r. Donc 22=7+5r, soit 5r=15 et r=3. L'erreur classique consiste à écrire u8=u3+8r, ce qui donnerait r=1,875 : un contrôle immédiat consiste à vérifier que la raison trouvée redonne bien les deux termes de l'énoncé.
b)
u3=u0+3r donne 7=u0+9, donc u0=−2. L'expression explicite est un=u0+nr=−2+3n. Vérification sur les deux données de départ : u3=−2+9=7 ✓ et u8=−2+24=22 ✓. Cette vérification coûte cinq secondes et elle attrape la quasi-totalité des erreurs de ce type de question.
c)
u20=−2+3×20=−2+60=58.
d)
Attention au nombre de termes : de u0 à u20, il y en a 21 et non 20, puisqu'on compte aussi le rang 0. La somme d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier : S=21×2u0+u20=21×2−2+58=21×28=588. La justification de cette formule est celle de Gauss : en additionnant la somme à elle-même écrite à l'envers, chaque paire donne u0+u20.
e)
On résout −2+3n>100, soit 3n>102, donc n>34. Le premier entier qui convient est n=35. Vérification aux deux rangs voisins : u34=−2+102=100, qui n'est pas strictement supérieur à 100, et u35=103>100 ✓. Le rang 34 est un piège d'inégalité stricte : c'est le genre de détail qui coûte un point au contrôle.
Exercice 3 : Suites géométriques
(vn) est géométrique de raison q=2 avec v0=3. (wn) est géométrique avec w1=12 et w4=1,5.
Dans une suite géométrique, ce sont les quotients qui sont constants, pas les écarts : toutes les formules du chapitre en découlent.
a) Exprimez vn en fonction de n, puis calculez v10.
b) Calculez la somme v0+v1+⋯+v9.
c) Déterminez la raison de (wn).
d) Déterminez w0, puis exprimez wn en fonction de n.
e) Comparez v0+v1+⋯+v9 et v10. Que remarquez-vous, et pourquoi ?
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Réponses
a)vn=3×2n, v10=3072
b)3069
c)q=0,5
d)w0=24, wn=24×0,5n
e)La somme vaut v10−3 : chaque terme dépasse la somme des précédents
a)
vn=v0×qn=3×2n, donc v10=3×210=3×1024=3072. Le facteur 3 ne s'élève pas à la puissance n : seule la raison le fait. Écrire (3×2)n est l'erreur la plus fréquente, et elle donnerait 610, soit environ 60 millions.
b)
La somme de v0 à v9 comporte 10 termes : S=v0×1−q1−q10=3×1−21−1024=3×−1−1023=3×1023=3069. Contrôle de plausibilité : la somme doit être un peu inférieure au double du dernier terme v9=1536, et 3069<3072 ✓.
c)
De w1 à w4, on multiplie par q trois fois : w4=w1×q3. Donc q3=121,5=0,125=81, d'où q=0,5. On peut prendre la racine cubique sans discuter de signe, contrairement à une racine carrée : tout réel a exactement une racine cubique réelle. Si l'énoncé avait donné w3 au lieu de w4, on aurait eu q2, et il aurait fallu envisager les deux signes.
d)
w1=w0×q donne 12=0,5w0, donc w0=24. Ainsi wn=24×0,5n. Vérification des deux données : w1=24×0,5=12 ✓ et w4=24×0,0625=1,5 ✓.
e)
La somme des dix premiers termes vaut 3069 et v10=3072 : la somme de tout ce qui précède est presque égale au terme suivant, à 3 près, c'est-à-dire à v0 près. Ce n'est pas un hasard, c'est l'identité 1+2+4+⋯+29=210−1 multipliée par 3. Autrement dit, avec une raison 2, chaque terme pèse à lui seul un peu plus que la totalité des précédents : c'est l'image concrète de ce que veut dire une croissance exponentielle, et c'est la même remarque qui explique l'écriture binaire des entiers.
Exercice 4 : Sens de variation
Étudiez le sens de variation de chacune des suites suivantes, définies pour tout entier naturel n. Justifiez à chaque fois par un calcul.
Une suite n'est croissante que si l'inégalité vaut pour TOUS les rangs : constater que les premiers termes montent ne prouve rien, il faut le signe de un+1−un en fonction de n.
a) un=3n−5
b) vn=5×0,8n
c) wn=n2−6n
d) tn=(−2)n
e) Pour la suite (wn), on considère la fonction f(x)=x2−6x. Le minimum de f est-il atteint au même endroit que celui de (wn) ?
c)Décroissante jusqu'à w3=−9, puis croissante : non monotone
d)Ni croissante ni décroissante
e)Oui ici (x=3 est entier), mais ce n'est pas vrai en général
a)
un+1−un=(3(n+1)−5)−(3n−5)=3n+3−5−3n+5=3>0. L'écart est constant et positif, donc la suite est strictement croissante. C'est la définition même d'une suite arithmétique de raison 3 : le signe de la raison donne directement le sens de variation, sans autre calcul.
b)
La suite est géométrique de raison 0,8 et de premier terme 5>0, donc tous ses termes sont strictement positifs. On peut donc comparer le quotient à 1 : vnvn+1=0,8<1, donc chaque terme est plus petit que le précédent et la suite est strictement décroissante. Le passage par le quotient n'est légitime QUE parce que les termes sont positifs : diviser par un terme négatif renverserait l'inégalité, ce qui est le piège de la question d).
c)
wn+1−wn=(n+1)2−6(n+1)−(n2−6n)=n2+2n+1−6n−6−n2+6n=2n−5. Cette quantité est négative pour n≤2 (elle vaut −5, −3, −1) et positive à partir de n=3 (elle vaut 1, 3, 5). La suite décroît donc de w0=0 jusqu'à w3=−9, puis croît indéfiniment : elle n'est pas monotone. Retenir la formulation attendue : une suite qui change de sens en cours de route n'est ni croissante ni décroissante, mais on peut dire qu'elle est décroissante puis croissante.
d)
t0=1, t1=−2, t2=4, t3=−8 : les termes changent de signe à chaque rang, donc ils montent et descendent alternativement. La suite n'est ni croissante ni décroissante. C'est le cas de TOUTE suite géométrique de raison strictement négative, et la valeur absolue de la raison n'y change rien : elle règle la vitesse d'éloignement, pas l'alternance.
e)
Oui ici, mais c'est une coïncidence qui mérite d'être vue. La fonction f atteint son minimum au sommet de la parabole, en x=3, où f(3)=−9. La suite, elle, n'existe qu'aux entiers : son plus petit terme est w3=−9, qui tombe ici exactement sur le sommet parce que 3 est entier. Avec wn=n2−5n, le sommet serait en x=2,5, qui n'est pas un rang : le minimum de la suite serait atteint DEUX fois, en n=2 et n=3, avec la même valeur −6. Une suite hérite du sens de variation de la fonction associée, mais pas nécessairement de la position exacte de son extremum.
Exercice 5 : Calculs de sommes
Calculez chacune des sommes suivantes en identifiant d'abord la nature de la suite concernée.
La difficulté n'est presque jamais la formule, c'est le décompte des termes : une somme qui commence au rang 0 n'a pas le même nombre de termes qu'une somme qui commence au rang 1.
a) S1=1+2+3+⋯+100
b) S2=1+3+5+⋯+99
c) S3=1+21+41+⋯+2101
d) Que semble-t-il se passer pour S3 si on ajoute de plus en plus de termes ?
e) Vérifiez que S2 est un carré parfait. Est-ce un hasard ?
Voir la correction
Réponses
a)5050
b)2500 (50 termes)
c)10242047≈1,999
d)Elle se rapproche de 2 sans l'atteindre
e)2500=502 ; pas un hasard : 1+3+⋯+(2n−1)=n2
a)
Ce sont les cent premiers entiers, une suite arithmétique de raison 1 : S1=100×21+100=50×101=5050. C'est le calcul attribué à Gauss enfant, et sa justification tient en une ligne : en écrivant la somme à l'endroit puis à l'envers et en additionnant terme à terme, on obtient 100 paires valant chacune 101, donc deux fois la somme.
b)
Ce sont les entiers impairs, une suite arithmétique de raison 2 allant de 1 à 99. Le nombre de termes n'est pas 99 : de 1 à 99 avec un pas de 2, il y en a 299−1+1=50. D'où S2=50×21+99=50×50=2500. Le +1 dans le décompte est la source d'erreur numéro un de ce chapitre.
c)
Somme géométrique de raison 21, de premier terme 1. Elle va du rang 0 au rang 10, donc elle compte 11 termes : S3=1−211−(21)11=2(1−20481)=2−10241=10242047≈1,999.
d)
La somme se rapproche de 2 sans jamais l'atteindre. L'écart au but est exactement 2n1 pour une somme allant jusqu'au rang n, et il peut être rendu aussi petit que l'on veut en prenant n assez grand. Image classique : on parcourt la moitié du chemin restant à chaque étape, on s'approche indéfiniment de l'arrivée sans jamais la franchir. En Terminale, on écrira que la somme tend vers 2.
e)
S2=2500=502, et le nombre de termes est justement 50. Ce n'est pas un hasard : la somme des n premiers entiers impairs vaut toujours n2. On le voit sur la formule, n×21+(2n−1)=n×n, et on le voit géométriquement en construisant un carré de côté n par couches successives en forme de L, qui contiennent 1, 3, 5, ... petits carrés. Vérification sur les premiers cas : 1=12, 1+3=4=22, 1+3+5=9=32 ✓. La figure du corrigé montre ces couches en L pour n=7.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Problème : placement et seuil
Une personne place 5000 dollars sur un compte rémunéré à 3 % par an, les intérêts étant capitalisés chaque année.
On note Cn le capital, en dollars, au bout de n années, avec C0=5000.
Capitaliser signifie que les intérêts d'une année rapportent eux-mêmes des intérêts l'année suivante : c'est ce qui rend la suite géométrique plutôt qu'arithmétique.
a) Justifiez que (Cn) est géométrique et donnez sa raison.
b) Exprimez Cn en fonction de n.
c) Calculez le capital au bout de 10 ans, arrondi au centime.
d) Déterminez le nombre d'années nécessaires pour que le capital dépasse 8000 dollars. Justifiez en encadrant par deux valeurs consécutives.
e) Un épargnant affirme qu'en 10 ans à 3 % par an, le capital augmente de 30 %. Corrigez, en donnant le pourcentage exact d'augmentation.
Voir la correction
Réponses
a)Géométrique de raison 1,03
b)Cn=5000×1,03n
c)C10≈6719,58 dollars
d)16 ans (C15≈7789,84, C16≈8023,53)
e)+34,4% environ, pas 30%
a)
Augmenter une quantité de 3 % revient à la multiplier par 1+1003=1,03. Donc Cn+1=Cn+0,03Cn=1,03×Cn : le quotient de deux termes consécutifs est constant, la suite est géométrique de raison q=1,03. Insister sur l'écriture Cn+1=1,03Cn plutôt que sur un simple ajout : c'est elle qui justifie le mot géométrique dans la rédaction attendue.
b)
Cn=C0×qn=5000×1,03n.
c)
C10=5000×1,0310≈6719,58 dollars. On a donc gagné environ 1719,58 dollars d'intérêts, alors qu'un placement sans capitalisation aurait rapporté 10×150=1500 dollars : les 219,58 dollars d'écart sont exactement les intérêts produits par les intérêts.
d)
Il n'y a pas de logarithme en Première, donc on encadre en calculant les termes successifs, ce qui est aussi ce que fera l'algorithme de l'exercice 8. On trouve C15=5000×1,0315≈7789,84, encore inférieur à 8000, et C16=5000×1,0316≈8023,53, qui dépasse 8000. Comme la suite est strictement croissante, l'encadrement suffit à conclure : il faut 16 années. La justification par la croissance n'est pas une formalité, c'est elle qui garantit qu'aucun rang plus petit ne convient.
e)
L'affirmation confond intérêts simples et intérêts composés. Le facteur réel sur dix ans est 1,0310≈1,3439, soit une augmentation d'environ 34,4 %, et non 30 %. La règle à retenir : les pourcentages d'évolution ne s'additionnent pas, leurs coefficients multiplicateurs se multiplient. L'écart, ici de 4,4 points, grandit très vite avec la durée : sur 30 ans, 1,0330≈2,427, soit 142,7 % d'augmentation là où l'addition naïve annoncerait 90 %.
Exercice 7 : Problème : comparer deux offres
Deux entreprises proposent le même salaire de départ de 30 000 dollars pour l'année 0.
Offre A : le salaire augmente de 900 dollars chaque année. Offre B : le salaire augmente de 2,5 % chaque année.
On note An et Bn les salaires proposés au bout de n années.
a) Précisez la nature de chaque suite et exprimez An et Bn en fonction de n.
b) Comparez les deux offres au bout de 5 ans, puis au bout de 10 ans.
c) Déterminez la première année où l'offre B devient plus avantageuse que l'offre A.
d) Expliquez, sans nouveau calcul, pourquoi l'offre B finit nécessairement par dépasser l'offre A.
e) Sur les 16 premières années, quelle offre a rapporté le plus au total ? Le résultat contredit-il la question c) ?
b)A meilleure : 34500 contre 33942, puis 39000 contre 38403
c)La seizième année
d)L'augmentation de B grandit avec le salaire et dépasse 900 dollars
e)A : 588000 ; B : 581407 environ ; pas de contradiction
a)
L'offre A ajoute la même somme chaque année : (An) est arithmétique de raison 900, donc An=30000+900n. L'offre B multiplie par le même coefficient chaque année : (Bn) est géométrique de raison 1,025, donc Bn=30000×1,025n. La première année, B ne rapporte que 30000×0,025=750 dollars de plus, contre 900 pour A : c'est pour cela que A prend l'avantage au début.
b)
A5=30000+4500=34500 et B5≈33942,25 : l'offre A est meilleure, avec environ 558 dollars d'écart. A10=39000 et B10≈38402,54 : A reste meilleure, mais l'écart s'est réduit à environ 597 dollars après avoir culminé vers la huitième année. Le rattrapage est amorcé bien avant d'être visible dans le classement.
c)
On compare année par année, la calculatrice suffisant à ce niveau : A15=43500 et B15≈43448,94, donc A est encore devant de 51 dollars. A16=44400 et B16≈44535,17, donc B passe devant de 135 dollars. La première année où l'offre B est plus avantageuse est la seizième. Rédaction attendue : donner les deux valeurs qui encadrent le changement, pas seulement celle qui convient.
d)
L'offre A progresse d'une quantité constante, 900 dollars, alors que l'offre B progresse de 2,5 % du salaire courant, donc d'une quantité qui grandit avec le salaire lui-même. Or l'augmentation annuelle de B dépasse 900 dollars dès que le salaire dépasse 36000 dollars, ce qui finit par arriver. À partir de là, B gagne plus chaque année que A, et l'écart accumulé se comble puis se creuse en sens inverse. Une croissance géométrique de raison strictement supérieure à 1 finit toujours par dépasser une croissance arithmétique, quel que soit l'avantage de départ.
e)
Le total de A sur les années 0 à 15 vaut 16×230000+43500=588000 dollars. Celui de B vaut 30000×1−1,0251−1,02516≈581406,74 dollars. L'offre A a donc rapporté environ 6593 dollars de plus au total, alors même que B propose un meilleur salaire à partir de la seizième année. Il n'y a aucune contradiction : la question c) compare des salaires annuels à un instant donné, celle-ci compare des cumuls. C'est exactement l'arbitrage réel entre un poste qui paie mieux tout de suite et un poste dont la progression est plus rapide, et la réponse dépend de la durée pendant laquelle on reste.
Exercice 8 : Algorithme de seuil
On reprend le placement de l'exercice 6 : C0=5000 et Cn+1=1,03×Cn.
On donne la fonction Python suivante.
python
def seuil():
C = 5000
n = 0
while C < 8000:
C = C * 1.03
n = n + 1
return n
a) Expliquez ligne par ligne ce que fait cette fonction.
b) Quelle valeur renvoie l'appel seuil() ?
c) Modifiez la fonction pour qu'elle prenne en paramètre le capital visé et renvoie le nombre d'années correspondant.
d) Un élève remplace la condition de la boucle par C > 8000. Que se passe-t-il alors à l'exécution ?
e) Avec quel objectif la fonction modifiée ne s'arrêterait-elle jamais ? Et si la raison valait 0,97 au lieu de 1,03 ?
Voir la correction
Réponses
a)Multiplie le capital par 1,03 et compte les années tant que C<8000
b)16
c)Ajouter un paramètre objectif dans la condition
d)La boucle ne tourne pas : renvoie 0
e)Aucun objectif ne bloque avec 1,03 ; avec 0,97, boucle infinie au-dessus de 5000
a)
La variable C stocke le capital, initialisée à la valeur de départ 5000, et n compte les années écoulées, initialisée à 0. La boucle while teste sa condition AVANT chaque tour : tant que le capital reste strictement inférieur à 8000, on le multiplie par 1,03, ce qui simule une année de plus, et on augmente le compteur de 1. Les deux instructions vont toujours ensemble : c'est ce qui garantit que n compte exactement le nombre de multiplications effectuées. Dès que le capital atteint ou dépasse 8000, la condition devient fausse, la boucle s'arrête et la fonction renvoie n.
b)
L'appel renvoie 16, ce qui confirme par une autre voie le résultat trouvé à la main à l'exercice 6. C'est l'intérêt de l'algorithme : il fait le même encadrement, mais sans risque d'erreur de recopie.
c)
Il suffit d'ajouter un paramètre et de l'utiliser dans la condition, comme ci-dessous. Le reste du corps ne change pas, ce qui est le signe d'une bonne paramétrisation. On peut alors interroger la fonction pour n'importe quel objectif, par exemple seuil(10000) qui renvoie 24.
d)
La condition C>8000 est fausse dès le départ, puisque 5000>8000 est faux. La boucle n'est donc exécutée aucune fois et la fonction renvoie immédiatement 0. Le point à retenir : il n'y a pas de plantage ni de boucle infinie, juste un résultat faux et silencieux, ce qui est le plus difficile à repérer. Un test rapide contre une valeur connue, ici 16, est la seule protection efficace.
e)
Avec la raison 1,03, le capital croît sans borne, donc tout objectif finit par être atteint et la fonction s'arrête toujours : aucun objectif ne la bloque. En revanche, si la raison valait 0,97, le capital décroîtrait à chaque tour et n'atteindrait jamais un objectif supérieur à 5000 : la condition resterait vraie indéfiniment et le programme tournerait sans fin. C'est la question qu'il faut se poser devant toute boucle while : qu'est-ce qui garantit que la condition finira par devenir fausse ?
python
def seuil(objectif):
C = 5000
n = 0
while C < objectif:
C = C * 1.03
n = n + 1
return n
# seuil(8000) renvoie 16
# seuil(10000) renvoie 24
Exercice 9 : Quatre erreurs à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse ou insuffisamment justifiée. Corrigez-la en vous appuyant sur un calcul.
Une affirmation fausse se réfute par un contre-exemple, jamais par une explication seule : c'est le réflexe que cet exercice entraîne.
a) « La suite définie par un=2n+3n est géométrique, car elle est la somme de deux suites géométriques. »
b) « J'ai vérifié que u1−u0=5, u2−u1=5 et u3−u2=5, donc la suite est arithmétique de raison 5. »
c) « Les suites un=3n et un=3n ont le même terme de rang 4. »
d) « Une suite géométrique de raison −3 et de premier terme 2 est croissante, car la raison est plus grande que 1 en valeur absolue. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : quotients 2,5 et 2,6
b)Insuffisant : il faut un+1−un=5 pour tout n
c)Faux : 12 contre 81
d)Faux : 2, −6, 18, ni croissante ni décroissante
a)
Faux. On calcule trois termes : u0=1+1=2, u1=2+3=5, u2=4+9=13. Les quotients successifs valent 25=2,5 et 513=2,6 : ils diffèrent, donc la suite n'est pas géométrique, et le contre-exemple suffit à conclure. La règle générale : la somme de deux suites géométriques de raisons DIFFÉRENTES n'est pas géométrique, car le terme de plus grande raison finit par dominer et le quotient se rapproche de 3 sans jamais être constant. En revanche, la somme de deux suites arithmétiques est toujours arithmétique, et c'est cette dissymétrie qui trompe.
b)
Insuffisant. Vérifier une propriété sur trois écarts ne la démontre pas pour tous les rangs : il faut établir un+1−un=5 pour un n quelconque, à partir de l'expression de la suite. Que ce ne soit pas une chicane de rédaction se voit sur un contre-exemple explicite : la suite un=5n+n(n−1)(n−2)(n−3) a bien u1−u0=5, u2−u1=5 et u3−u2=5, mais u4−u3=29. Le terme ajouté s'annule aux quatre premiers rangs et se réveille ensuite, exactement ce que trois vérifications ne peuvent pas détecter.
c)
Faux, et c'est la confusion centrale du chapitre. Pour un=3n, le rang multiplie : u4=12. Pour un=3n, le rang est en exposant : u4=81. La première suite est arithmétique de raison 3, elle avance de 3 à chaque pas ; la seconde est géométrique de raison 3, elle triple à chaque pas. Au rang 10, l'écart est déjà de 30 contre 59049.
d)
Faux. On calcule les premiers termes : 2, −6, 18, −54. Ils alternent de signe, donc la suite n'est ni croissante ni décroissante. L'erreur consiste à raisonner sur ∣q∣ : la valeur absolue de la raison contrôle la vitesse d'éloignement de zéro, mais c'est le SIGNE de la raison qui décide de la monotonie. Une suite géométrique n'est monotone que si sa raison est strictement positive, et il faut alors encore tenir compte du signe du premier terme.
Exercice 10 : La suite auxiliaire
Une population de poissons est modélisée par la suite (un) définie par u0=500 et, pour tout entier naturel n, un+1=0,8un+300.
On pose, pour tout entier naturel n, vn=un−1500.
Le mécanisme vaut d'être compris une fois pour toutes : il revient à chaque contrôle et à chaque épreuve du baccalauréat sous des habillages différents.
a) Calculez u1 et u2. La suite (un) est-elle géométrique ? Justifiez.
b) Démontrez que (vn) est géométrique et précisez sa raison et son premier terme.
c) Exprimez vn puis un en fonction de n.
d) Vérifiez votre formule sur u1 et u2.
e) Vers quelle valeur la population semble-t-elle se stabiliser ? Justifiez à partir de l'expression de un.
f) D'où vient le nombre 1500 de l'énoncé ? Retrouvez-le sans utiliser les questions précédentes.
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Réponses
a)u1=700, u2=860 ; ni géométrique ni arithmétique
b)Géométrique de raison 0,8, v0=−1000
c)vn=−1000×0,8n, un=1500−1000×0,8n
d)700 et 860 retrouvés
e)Vers 1500 poissons
f)Point fixe : L=0,8L+300 donne L=1500
a)
u1=0,8×500+300=400+300=700 et u2=0,8×700+300=560+300=860. Les quotients valent 500700=1,4 et 700860≈1,23 : ils ne sont pas égaux, donc (un) n'est pas géométrique. Elle n'est pas non plus arithmétique, puisque les écarts 200 et 160 diffèrent. Elle n'entre dans aucun des deux modèles du cours, et c'est précisément pourquoi on lui associe une suite auxiliaire.
b)
On part de la définition de vn+1 et on remplace un+1 par son expression : vn+1=un+1−1500=0,8un+300−1500=0,8un−1200. On met alors 0,8 en facteur, en remarquant que 0,81200=1500 : vn+1=0,8(un−1500)=0,8vn. La suite (vn) est donc géométrique de raison 0,8, de premier terme v0=u0−1500=500−1500=−1000. Le point technique à ne pas rater est cette factorisation : c'est elle qui fait apparaître vn, et elle ne fonctionne que parce que 1500 a été bien choisi.
c)
Comme (vn) est géométrique : vn=v0×0,8n=−1000×0,8n. On revient ensuite à un par un=vn+1500, soit un=1500−1000×0,8n. On a donc transformé une définition par récurrence en formule explicite, ce qui permet maintenant de calculer u100 directement, sans les cent termes précédents.
d)
u1=1500−1000×0,8=1500−800=700 ✓ et u2=1500−1000×0,64=1500−640=860 ✓. Les deux valeurs coïncident avec celles de la question a), ce qui valide la formule. Cette vérification sur deux rangs est le contrôle standard après toute mise en forme explicite.
e)
Comme 0<0,8<1, la quantité 0,8n devient aussi proche de 0 que l'on veut lorsque n grandit : 0,810≈0,107, 0,850≈1,4×10−5. Donc un=1500−1000×0,8n se rapproche de 1500. La population se stabilise autour de 1500 poissons, en croissant sans jamais atteindre cette valeur, puisque le terme retranché reste strictement positif. Interprétation du modèle : chaque année, 20 % de la population disparaît et 300 individus sont réintroduits ; l'équilibre est atteint quand ces deux effets se compensent.
f)
C'est le point fixe de la relation de récurrence, c'est-à-dire la valeur L qui se reproduit elle-même : on résout L=0,8L+300, soit 0,2L=300, donc L=1500. Autrement dit, si la population valait exactement 1500 une année, elle vaudrait encore 1500 l'année suivante, ce qui est la traduction de l'équilibre décrit en e). C'est aussi la recette générale du chapitre : devant un+1=aun+b avec a=1, on calcule L=1−ab et l'on pose vn=un−L, et la suite auxiliaire est toujours géométrique de raison a. Ici 1−0,8300=1500, et l'on retrouve le nombre que l'énoncé donnait sans l'expliquer.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Trois termes consécutifs
Trois nombres a, b, c sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si 2b=a+c, et d'une suite géométrique de termes non nuls si et seulement si b2=ac.
Ces deux critères, qui disent que b est la moyenne arithmétique ou géométrique de ses voisins, suffisent pour chacune des questions.
a) Déterminez x pour que 2, x, 18 soient trois termes consécutifs d'une suite arithmétique.
b) Déterminez les valeurs de x pour que 2, x, 18 soient trois termes consécutifs d'une suite géométrique.
c) Trois termes consécutifs d'une suite arithmétique ont pour somme 15 et pour produit 80. Déterminez-les.
d) Déterminez le réel x pour lequel x, x+6, x+18 sont trois termes consécutifs d'une suite géométrique, puis donnez la raison.
Voir la correction
Réponses
a)x=10
b)x=6 ou x=−6
c)2, 5, 8
d)x=6 : 6, 12, 24, raison 2
a)
2x=2+18=20, donc x=10. La suite avance de 8 à chaque pas : 2, 10, 18 ✓.
b)
x2=2×18=36, donc x=6 ou x=−6. Les deux conviennent : 2, 6, 18 a pour raison 3, et 2, −6, 18 a pour raison −3. Oublier la valeur négative est l'erreur attendue : une raison négative est parfaitement permise, elle fait seulement alterner les signes.
c)
On nomme les termes autour du terme central : b−r, b, b+r. Leur somme vaut 3b=15, donc b=5. Leur produit vaut (5−r)×5×(5+r)=5(25−r2)=80, d'où 25−r2=16, r2=9 et r=±3. Dans les deux cas les trois nombres sont 2, 5, 8, écrits dans un sens ou dans l'autre. Le choix b−r, b, b+r plutôt que a, a+r, a+2r fait disparaître r de la somme : c'est tout le calcul.
d)
Le critère donne (x+6)2=x(x+18), soit x2+12x+36=x2+18x. Les carrés se simplifient : 36=6x, donc x=6. Les termes sont 6, 12, 24, de raison 2. Vérification : 122=144=6×24 ✓.
Ces critères évitent de calculer une raison que l'on ne connaît pas encore : ils portent directement sur les trois nombres. Retenez surtout le réflexe de c), nommer les termes de façon SYMÉTRIQUE autour du terme central ; il sert aussi pour trois termes géométriques, que l'on écrit alors qb, b, bq pour que la raison disparaisse du produit.
Exercice 12 : Quand les écarts forment une suite géométrique
On considère la suite définie par u0=1 et, pour tout entier naturel n, un+1=un+3n.
Elle n'est ni arithmétique ni géométrique, mais ses ÉCARTS successifs forment une suite connue.
a) Calculez u1, u2 et u3.
b) Justifiez que, pour tout entier n≥1, un−u0=30+31+⋯+3n−1.
c) Déduisez-en l'expression de un en fonction de n.
d) Calculez u10.
e) Étudiez le sens de variation de la suite.
Voir la correction
Réponses
a)u1=2, u2=5, u3=14
b)Télescopage des écarts uk+1−uk=3k
c)un=23n+1
d)u10=29525
e)Strictement croissante : un+1−un=3n>0
a)
u1=u0+30=1+1=2 ; u2=u1+31=2+3=5 ; u3=u2+32=5+9=14. On remarque qu'on ajoute 3n pour passer du rang n au rang n+1 : le premier ajout est 30=1, pas 3.
b)
On écrit les égalités u1−u0=30, u2−u1=31, jusqu'à un−un−1=3n−1, et on les additionne membre à membre. Dans la somme de gauche, chaque terme intermédiaire apparaît une fois avec le signe + et une fois avec le signe − : il ne reste que un−u0. On obtient bien un−u0=30+31+⋯+3n−1. Ce procédé porte le nom de télescopage.
c)
La somme de droite est géométrique de raison 3, de premier terme 1, et compte n termes (de l'exposant 0 à l'exposant n−1) : elle vaut 1−31−3n=23n−1. Donc un=1+23n−1=23n+1. La formule reste vraie pour n=0, puisque 21+1=1. Contrôle : u3=227+1=14 ✓.
d)
u10=2310+1=259049+1=29525.
e)
Pour tout n, un+1−un=3n>0 : la suite est strictement croissante. C'est la définition même de la suite qui le donne, sans passer par la formule de c).
Le télescopage est la méthode générale dès que l'énoncé donne un+1−un en fonction de n : on additionne les écarts et l'on calcule une somme de cours. Le seul point délicat est le NOMBRE de termes ; de 30 à 3n−1, il y en a n, et une erreur d'une unité fausse le résultat d'un facteur 3.
Exercice 13 : Sens de variation par le quotient
On considère la suite définie pour tout entier naturel n par un=2nn.
a) Calculez u0, u1, u2 et u3.
b) Justifiez que un>0 pour n≥1, puis montrez que unun+1=2nn+1 pour n≥1.
c) Comparez 2nn+1 à 1 pour n≥1.
d) Déduisez-en le sens de variation de la suite à partir du rang 1.
e) À la calculatrice, déterminez le plus petit entier n≥1 tel que un<0,01. Justifiez en encadrant.
Voir la correction
Réponses
a)0, 21, 21, 83
b)unun+1=2nn+1
c)2nn+1≤1 pour n≥1, égalité en n=1
d)Décroissante à partir du rang 1, strictement dès le rang 2
e)n=10
a)
u0=10=0 ; u1=21 ; u2=42=21 ; u3=83=0,375. La suite commence par monter de u0 à u1, stagne, puis descend : il faudra donc préciser à partir de quel rang on étudie les variations.
b)
Pour n≥1, le numérateur n et le dénominateur 2n sont strictement positifs, donc un>0 et le quotient a un sens. unun+1=2n+1n+1×n2n=nn+1×2n+12n=2nn+1, puisque 2n+12n=21.
c)
2nn+1≤1⟺n+1≤2n⟺n≥1, en multipliant par 2n>0. Le quotient est donc inférieur ou égal à 1 pour tout n≥1, avec égalité seulement pour n=1, et strictement inférieur à 1 dès n≥2.
d)
Les termes étant strictement positifs, unun+1≤1 équivaut à un+1≤un. La suite est donc décroissante à partir du rang 1, et strictement décroissante à partir du rang 2, ce que confirme u1=u2. Le passage par le quotient n'est légitime qu'avec des termes POSITIFS : c'est pourquoi b) commence par le vérifier.
e)
u9=5129≈0,0176>0,01 et u10=102410≈0,00977<0,01. Comme la suite est décroissante à partir du rang 1, tous les termes suivants restent sous 0,01 et aucun rang entre 1 et 9 ne convient : le plus petit entier est n=10.
Deux méthodes existent pour le sens de variation, et le choix se fait sur la forme de la suite. La DIFFÉRENCE un+1−un convient aux sommes et aux polynômes ; le QUOTIENT unun+1 convient aux produits et aux puissances, où il simplifie tout, à condition d'avoir vérifié le signe des termes. Ici la différence donnerait 2n+11−n, correcte aussi, mais plus longue à obtenir.
Exercice 14 : La balle qui rebondit
On lâche une balle d'une hauteur de 10 m. Après chaque impact sur le sol, elle remonte à 60% de la hauteur d'où elle vient de tomber.
On note h0=10 et hn la hauteur, en mètres, atteinte après le n-ième rebond.
La figure ci-dessous représente la situation ; elle n'est pas graduée.
a) Calculez h1 et h2.
b) Précisez la nature de la suite (hn) et exprimez hn en fonction de n.
c) Calculez h5 au centimètre près.
d) À partir de quel rebond la hauteur atteinte est-elle inférieure à 1 cm ? Justifiez en encadrant.
e) Calculez la distance totale parcourue par la balle au moment où elle touche le sol pour la cinquième fois.
f) Montrez que la distance parcourue au moment du n-ième impact vaut 40−30×0,6n−1, et déduisez-en que la balle ne parcourt jamais 40 m.
Voir la correction
Réponses
a)h1=6 m, h2=3,6 m
b)Géométrique de raison 0,6 : hn=10×0,6n
c)h5≈0,78 m
d)À partir du 14e rebond
e)36,112 m
f)Dn=40−30×0,6n−1<40
a)
h1=0,6×10=6 m et h2=0,6×6=3,6 m.
b)
On passe d'une hauteur à la suivante en multipliant par 0,6 : hn+1=0,6hn. La suite est géométrique de raison 0,6 et de premier terme h0=10, donc hn=10×0,6n.
c)
h5=10×0,65=10×0,07776=0,7776 m, soit environ 0,78 m.
d)
1 cm vaut 0,01 m. h13=10×0,613≈0,0131 m, encore au-dessus, et h14=10×0,614≈0,0078 m, en dessous. La suite étant strictement décroissante (raison comprise entre 0 et 1, premier terme positif), aucun rebond avant le quatorzième ne convient et tous les suivants conviennent : c'est à partir du 14e rebond.
e)
Jusqu'au premier impact, la balle descend de 10 m. Entre deux impacts consécutifs, elle monte PUIS redescend : entre le premier et le cinquième impact, il y a quatre rebonds, de hauteurs h1 à h4, parcourus chacun deux fois. D=10+2(6+3,6+2,16+1,296)=10+2×13,056=36,112 m. L'oubli du facteur 2 donne 23,056 m, et compter cinq rebonds au lieu de quatre donne un rebond de trop.
f)
Au n-ième impact, Dn=10+2(h1+⋯+hn−1). La somme est géométrique, de premier terme 6, de raison 0,6, et compte n−1 termes : h1+⋯+hn−1=6×1−0,61−0,6n−1=15(1−0,6n−1). Donc Dn=10+30(1−0,6n−1)=40−30×0,6n−1. Contrôle pour n=5 : 40−30×0,1296=36,112 ✓. Comme 30×0,6n−1>0, on a toujours Dn<40 : la balle rebondit une infinité de fois sans jamais parcourir 40 m.
Ce problème mêle les deux usages d'une suite géométrique : le TERME général pour une hauteur, la SOMME pour une distance cumulée. La traduction de l'énoncé est la vraie difficulté, et un schéma des allers et retours entre le sol et chaque hauteur règle à la fois le facteur 2 et le nombre de rebonds.
Exercice 15 : Les gradins d'un amphithéâtre
Le premier rang d'un amphithéâtre compte 20 places, et chaque rang compte 3 places de plus que le précédent.
On note pn le nombre de places du rang n, pour n≥1, et Sn le nombre total de places des n premiers rangs.
La figure ci-dessous représente les premiers rangs ; elle n'est pas à l'échelle.
a) Précisez la nature de la suite (pn) et exprimez pn en fonction de n.
b) Combien de places compte le quinzième rang ?
c) Combien de places offrent les quinze premiers rangs ?
d) Montrez que Sn=2n(3n+37).
e) Combien de rangs faut-il au minimum pour accueillir 1000 spectateurs ?
f) Pour des raisons de visibilité, un rang ne peut pas dépasser 90 places. Combien de rangs au plus peut-on construire, et quelle est alors la capacité de l'amphithéâtre ?
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Réponses
a)Arithmétique de raison 3 : pn=3n+17
b)62 places
c)615 places
d)Sn=n×220+3n+17
e)21 rangs (S20=970, S21=1050)
f)24 rangs, 1308 places
a)
On ajoute 3 places d'un rang au suivant : (pn) est arithmétique de raison 3 et de premier terme p1=20. Attention, le premier rang porte l'indice 1 : pn=p1+(n−1)×3=3n+17. Écrire pn=20+3n décale tout d'un rang et donne 23 places au premier.
b)
p15=3×15+17=62 places.
c)
La somme de termes arithmétiques vaut le nombre de termes fois la moyenne du premier et du dernier : S15=15×220+62=15×41=615 places.
On cherche le plus petit entier n tel que 2n(3n+37)≥1000, soit 3n2+37n−2000≥0. Le discriminant vaut 372+24000=25369, et la racine positive est 6−37+25369≈20,38. Le trinôme ayant un coefficient dominant positif, il est positif à droite de cette racine : il faut n≥20,38, donc 21 rangs. Contrôle : S20=220×97=970<1000 et S21=221×100=1050≥1000 ✓.
f)
pn≤90⟺3n+17≤90⟺n≤373≈24,33. On peut donc construire au plus 24 rangs, le dernier comptant p24=89 places. La capacité vaut alors S24=224×109=1308 places.
Le problème réunit les deux chapitres de l'année : la somme d'une suite arithmétique produit un trinôme en n, et c'est le second degré qui répond à la question de seuil. Au lieu de résoudre, on peut aussi tabuler Sn à la calculatrice ; mais l'encadrement entre deux rangs consécutifs doit figurer sur la copie, comme en e).
Partie D : programme 2026, motifs et limites (/20)
Exercice 16 : Des allumettes au terme général : une suite définie par un motif
Avec des allumettes toutes identiques, on construit des quadrillages carrés : le quadrillage de rang n compte n carreaux sur chaque côté, donc n2 petits carrés. La figure montre les rangs 1, 2 et 3.
On note mn le nombre d'allumettes du quadrillage de rang n, pour n≥1.
a) Comptez m1, m2 et m3 sur la figure, puis déterminez m4 sans dessiner.
b) Pour passer du rang n au rang n+1, on ajoute une colonne de n carreaux à droite, puis une ligne de n+1 carreaux en haut. Comptez les allumettes ajoutées à chaque étape, d'abord pour passer du rang 3 au rang 4, puis dans le cas général, et déduisez-en que mn+1=mn+4n+4.
c) En comptant séparément les allumettes horizontales et les allumettes verticales, montrez que mn=2n(n+1). Vérifiez que cette formule est compatible avec la relation de b).
d) La suite (mn) est-elle arithmétique ? géométrique ? Justifiez. Que dire de la suite de ses écarts mn+1−mn ?
e) On dispose d'une boîte de 500 allumettes. Quel est le plus grand quadrillage carré qu'on peut construire, et combien d'allumettes reste-t-il ?
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Réponses
a)m1=4, m2=12, m3=24, m4=40
b)Colonne : 2n+1 ; ligne : 2n+3 ; donc mn+1=mn+4n+4
c)(n+1) lignes de n allumettes, deux fois : mn=2n(n+1) ; m100=20200
d)Ni arithmétique ni géométrique ; les écarts 4n+4 forment une suite arithmétique de raison 4
e)Rang 15 : 480 allumettes, il en reste 20
a)
Rang 1 : un carreau, 4 allumettes. Rang 2 : trois lignes horizontales de 2 allumettes et trois colonnes verticales de 2, soit 12. Rang 3 : quatre lignes de 3 et quatre colonnes de 3, soit 24. Pour le rang 4, le même décompte donne cinq lignes de 4 et cinq colonnes de 4, soit 40. Le piège est de compter 4 allumettes par petit carré : 4×4=16 au rang 2, alors que les côtés INTÉRIEURS sont partagés par deux carreaux et ne se comptent qu'une fois.
b)
La colonne ajoutée à droite compte n carreaux empilés : il faut n allumettes verticales pour son bord droit et n+1 allumettes horizontales pour fermer le haut et le bas de chaque carreau, son bord gauche existant déjà. Cela fait 2n+1 allumettes, et l'on a maintenant un rectangle de n+1 carreaux de large. La ligne ajoutée en haut compte n+1 carreaux : n+1 allumettes horizontales pour son bord supérieur et n+2 allumettes verticales, son bord inférieur existant déjà. Cela fait 2n+3. Au total (2n+1)+(2n+3)=4n+4, donc mn+1=mn+4n+4. Du rang 3 au rang 4 : 7 puis 9 allumettes, 16 en tout, et 24+16=40 ✓. Contrôle sur les autres rangs : 4+8=12 et 12+12=24 ✓.
c)
Le quadrillage de rang n a n+1 lignes horizontales, chacune de n allumettes, soit n(n+1) allumettes horizontales ; par symétrie, autant de verticales. Donc mn=2n(n+1), et l'on retrouve m1=4, m2=12, m3=24, m4=40. Compatibilité avec b) : mn+1−mn=2(n+1)(n+2)−2n(n+1)=2(n+1)[(n+2)−n]=4(n+1)=4n+4 ✓. La relation de récurrence dit ce qu'on AJOUTE, la formule explicite ce qu'on a en TOUT : deux lectures de la même figure. Seule la seconde donne m100 sans calculer les 99 termes précédents : m100=2×100×101=20200.
d)
Les écarts valent 8, 12, 16 : ils ne sont pas constants, donc la suite n'est pas arithmétique. Les quotients valent 412=3 et 1224=2 : ils ne sont pas constants, donc elle n'est pas géométrique. En revanche ses écarts 4n+4 forment une suite ARITHMÉTIQUE de raison 4 : c'est la signature d'une formule explicite du second degré en n, ici 2n2+2n.
e)
On cherche le plus grand entier n tel que 2n(n+1)≤500, soit n(n+1)≤250. Comme n(n+1) est proche de n2, on essaie autour de 250≈15,8 : 15×16=240≤250 mais 16×17=272>250. Le plus grand quadrillage est donc de rang 15 : il utilise m15=480 allumettes, et il en reste 500−480=20. Ces 20 allumettes ne suffisent pas pour passer au rang 16, qui en demande 4×15+4=64 de plus.
Le geste du chapitre : pour une suite définie par une figure, on compte ce qui CHANGE d'un rang au suivant pour la récurrence, et on compte le TOUT de deux façons pour la formule explicite. Les deux se contrôlent l'une par l'autre sur les premiers rangs.
Exercice 17 : Limite finie, limite infinie, ou pas de limite du tout
On étudie trois suites définies pour tout entier naturel n : un est le chiffre des unités de 3n ; wn=n+12n+1 ; zn=n+3×(−1)n.
Le but est de CONJECTURER le comportement de chaque suite quand n devient grand, et de réfuter trois idées fausses.
a) Calculez u0 à u7. Expliquez pourquoi le chiffre des unités de 3n+1 ne dépend que de celui de 3n, déduisez-en que la suite se répète de 4 en 4, puis donnez u2026. La suite a-t-elle une limite ?
b) Montrez que wn=2−n+11, puis que la suite (wn) est croissante. Conjecturez sa limite.
c) Déterminez le plus petit entier n tel que wn>1,99. La suite dépasse-t-elle 2 ? Une suite croissante tend-elle toujours vers +∞ ?
d) Calculez z0 à z5. La suite (zn) est-elle monotone ? Montrez que zn≥n−3 pour tout n et conjecturez sa limite.
e) Donnez le premier rang n tel que zn>1000, puis le rang à partir duquel TOUS les termes dépassent 1000. Pourquoi ces deux rangs sont-ils différents ?
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Réponses
a)1,3,9,7,1,3,9,7 ; période 4 ; u2026=9 ; pas de limite, bien que bornée
c)n=100 ; wn<2 toujours : croissante sans tendre vers +∞
d)3,−2,5,0,7,2 : non monotone ; zn≥n−3, donc tend vers +∞
e)Premier dépassement en n=998 ; tous au-delà de 1000 à partir de n=1004
a)
30=1, 31=3, 32=9, 33=27, 34=81, 35=243, 36=729, 37=2187 : u0 à u7 valent 1, 3, 9, 7, 1, 3, 9, 7. Pour obtenir 3n+1, on multiplie 3n par 3, et le chiffre des unités d'un produit ne dépend que des chiffres des unités des facteurs : un+1 est le chiffre des unités de 3un. C'est une relation de récurrence. Comme u4=u0=1, la suite repart du même terme et répète le cycle 1, 3, 9, 7 : elle est périodique de période 4. Or 2026=4×506+2, donc u2026=u2=9. La suite prend les valeurs 1 et 9 une infinité de fois, aussi loin qu'on aille : elle ne se rapproche d'aucun nombre, elle n'a PAS de limite. Pourtant elle est bornée, entre 1 et 9 : être bornée ne suffit pas.
b)
2−n+11=n+12(n+1)−1=n+12n+1=wn. Ensuite wn+1−wn=n+11−n+21=(n+1)(n+2)1>0, donc la suite est strictement croissante. Quand n devient grand, n+11 devient aussi petit qu'on veut : on conjecture que (wn) tend vers 2. Les premiers termes le suggèrent : w0=1, w1=1,5, w9=1,9, w99=1,99.
c)
wn>1,99 équivaut à n+11<0,01, soit n+1>100, donc n≥100. Contrôle : w99=100199=1,99, qui n'est pas strictement supérieur à 1,99, et w100=101201≈1,9901. Le plus petit rang est 100. La suite ne dépasse jamais 2 : wn=2−n+11<2 pour tout n. Voilà une suite croissante qui ne tend PAS vers +∞ : elle monte toujours, mais de moins en moins, et reste sous 2.
d)
z0=0+3=3, z1=1−3=−2, z2=2+3=5, z3=3−3=0, z4=7, z5=2. La suite monte, descend, remonte : elle n'est ni croissante ni décroissante. Comme (−1)n vaut 1 ou −1, 3×(−1)n≥−3, donc zn≥n−3 pour tout n. Or n−3 dépasse n'importe quel nombre quand n est assez grand : on conjecture que (zn) tend vers +∞, bien qu'elle ne soit pas monotone. Sur la figure du corrigé, les points sautent d'une droite en pointillés à l'autre, mais montent tous avec elles.
e)
Pour n pair, zn=n+3>1000 dès n≥998 ; pour n impair, zn=n−3>1000 dès n≥1005. Le premier terme qui dépasse 1000 est donc z998=1001. Mais z999=996 redescend sous 1000, de même que z1001=998 et z1003=1000, qui n'est pas strictement supérieur. À partir de n=1004, en revanche, zn≥n−3≥1001 : TOUS les termes dépassent 1000. Les deux rangs diffèrent parce que la suite n'est pas monotone : dépasser un seuil une fois ne dit pas qu'on y reste. C'est exactement ce que veut dire « tendre vers +∞ » : pour tout seuil, les termes finissent par le dépasser TOUS, à partir d'un certain rang.
Trois idées fausses sont réfutées : une suite bornée peut n'avoir aucune limite (u), une suite croissante peut avoir une limite finie (w), et une suite qui tend vers +∞ n'est pas forcément croissante (z). Une limite se conjecture sur la suite ENTIÈRE, pas sur ses premiers termes.
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