Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : les suites numériques (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les suites numériques, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs sur les suites arithmétiques et géométriques, comme dans les listes des manuels : terme général à partir du premier terme et de la raison, raison à partir de deux termes, suite qui commence au rang 11, puis les sommes 1+2+⋯+n1+2+\dots+n et 1+q+⋯+qn1+q+\dots+q^{n}, une somme de termes consécutifs comme 7+11+⋯+997+11+\dots+99 et une somme géométrique de raison −2-2, chacune avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.

L'exercice 10 traite la suite auxiliaire, le mécanisme qui revient chaque année au contrôle et au baccalauréat : reconnaître qu'une suite définie par un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b n'est pas géométrique, et construire celle qui l'est.

La partie D suit le programme de Première en vigueur depuis la rentrée 2026 : une suite définie par un motif géométrique, dont on tire la relation de récurrence et la formule explicite, puis les trois comportements possibles quand nn devient grand, limite finie, limite infinie ou absence de limite.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Le calcul littéral Cinquième
  2. 2 Algorithmique et Scratch Cinquième
  3. 3 Multiplication et division de relatifs Quatrième
  4. 4 Calcul littéral et équations Quatrième
  5. 5 Algorithmique et Scratch Quatrième
  6. 6 La notion de fonction Troisième
  7. 7 Algorithmique et Scratch Troisième
  8. 8 Généralités sur les fonctions Seconde
  9. 9 Algorithmique et Python Seconde

Rappel de cours

  • • Suite arithmétique de raison rr : un+1=un+ru_{n+1}=u_n+r et un=u0+nru_n=u_0+nr, ou un=up+(n−p)ru_n=u_p+(n-p)r.
  • • Suite géométrique de raison qq : un+1=q×unu_{n+1}=q\times u_n et un=u0×qnu_n=u_0\times q^n, ou un=up×qn−pu_n=u_p\times q^{n-p}.
  • • Somme arithmétique : u0+u1+⋯+un=(n+1)×u0+un2u_0+u_1+\dots+u_n=(n+1)\times\frac{u_0+u_n}{2}.
  • • Somme géométrique de raison q≠1q\neq 1 : 1+q+q2+⋯+qn=1−qn+11−q1+q+q^2+\dots+q^n=\frac{1-q^{n+1}}{1-q}.
  • • Sens de variation : on étudie le signe de un+1−unu_{n+1}-u_n ; pour une suite à termes strictement positifs, on peut comparer un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} à 1.
  • • Une suite géométrique de raison strictement négative n'est jamais monotone : ses termes changent de signe alternativement.
  • • Suite définie par un motif : la relation de récurrence compte ce qu'on AJOUTE d'un rang au suivant, la formule explicite compte le TOUT, souvent de deux façons. Les deux se contrôlent sur les premiers rangs.
  • • Limite : une suite peut tendre vers un nombre, tendre vers +∞+\infty ou −∞-\infty, ou n'avoir AUCUNE limite, comme (−1)n(-1)^{n}. Croissante ne veut pas dire « tend vers +∞+\infty », et tendre vers +∞+\infty ne veut pas dire croissante.

Calculs : les termes et les sommes à calculer

Exercice 0.1 : Calculer termes et sommes des suites arithmétiques et géométriques : dix calculs directs

Pour chaque ligne, calculez directement le nombre demandé avec les formules du cours, sans écrire tous les termes un par un.

Une seule méthode pour les dix lignes : reconnaître la nature de la suite, écrire la formule du terme général en partant du BON rang initial, un=up+(n−p)ru_n=u_p+(n-p)r ou vn=vp×qn−pv_n=v_p\times q^{n-p}, puis, pour une somme, COMPTER les termes avant d'appliquer 1+2+⋯+n=n(n+1)21+2+\dots+n=\frac{n(n+1)}{2} ou 1+q+⋯+qn=1−qn+11−q1+q+\dots+q^{n}=\frac{1-q^{n+1}}{1-q}. Le décompte se fait toujours par « dernier rang moins premier rang plus un ».

  • a) (un)(u_n) est arithmétique, de premier terme u0=−4u_0=-4 et de raison r=3r=3. Calculez u25u_{25}.
  • b) (un)(u_n) est arithmétique, avec u5=13u_5=13 et u12=−8u_{12}=-8. Calculez sa raison rr.
  • c) (un)(u_n), définie pour n≥1n\geq 1, est arithmétique, de premier terme u1=2u_1=2 et de raison 55. Calculez u30u_{30}.
  • d) (vn)(v_n) est géométrique, de premier terme v0=5v_0=5 et de raison q=−2q=-2. Calculez v7v_7.
  • e) (vn)(v_n) est géométrique de raison positive, avec v1=3v_1=3 et v5=48v_5=48. Calculez sa raison qq.
  • f) (vn)(v_n) est géométrique de raison q=3q=3, avec v4=162v_4=162. Calculez v0v_0.
  • g) Calculez 1+2+3+⋯+601+2+3+\dots+60.
  • h) Calculez 7+11+15+⋯+997+11+15+\dots+99, somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique.
  • i) Calculez 1+(−2)+4+(−8)+⋯+(−2)91+(-2)+4+(-8)+\dots+(-2)^{9}.
  • j) (wn)(w_n) est définie par wn=5×2nw_n=5\times 2^{n}. Calculez w2+w3+⋯+w9w_2+w_3+\dots+w_9.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
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Réponses

  • a) un=−4+3nu_n=-4+3n ; u25=71u_{25}=71
  • b) u12=u5+7ru_{12}=u_5+7r ; r=−3r=-3
  • c) un=2+5(n−1)u_n=2+5(n-1) ; u30=147u_{30}=147
  • d) vn=5×(−2)nv_n=5\times(-2)^{n} ; v7=−640v_7=-640
  • e) q4=16q^{4}=16, q>0q>0 ; q=2q=2
  • f) v0=v4q4v_0=\frac{v_4}{q^{4}} ; v0=2v_0=2
  • g) 60×612\frac{60\times61}{2} ; 18301830
  • h) 2424 termes, 24×7+99224\times\frac{7+99}{2} ; 12721272
  • i) 1−(−2)101−(−2)\frac{1-(-2)^{10}}{1-(-2)} ; −341-341
  • j) 20×28−12−120\times\frac{2^{8}-1}{2-1} ; 51005100

Le geste qui décide de tout : compter les rangs. Entre u5u_5 et u12u_{12} il y a 77 pas de raison, de u1u_1 à u30u_{30} il y en a 2929, et la somme de w2w_2 à w9w_9 compte 88 termes. Presque toutes les erreurs du chapitre sont des erreurs d'une unité dans ce décompte.

a)

un=u0+nr=−4+3nu_n=u_0+nr=-4+3n, donc u25=−4+75=71u_{25}=-4+75=71.

b)

De u5u_5 à u12u_{12}, on ajoute 77 fois la raison : u12=u5+7ru_{12}=u_5+7r, soit −8=13+7r-8=13+7r, donc r=−217=−3r=\frac{-21}{7}=-3. Piège : diviser par 1212 ou par 55, ou soustraire dans le mauvais sens et trouver +3+3.

c)

Le premier rang est 11 : un=u1+(n−1)r=2+5(n−1)u_n=u_1+(n-1)r=2+5(n-1), donc u30=2+29×5=147u_{30}=2+29\times5=147. Piège : écrire u30=2+30×5=152u_{30}=2+30\times5=152, comme si la suite commençait au rang 00.

d)

vn=v0 qn=5×(−2)nv_n=v_0\,q^{n}=5\times(-2)^{n}, donc v7=5×(−128)=−640v_7=5\times(-128)=-640. Piège : (−2)7(-2)^{7} est NÉGATIF, l'exposant est impair.

e)

De v1v_1 à v5v_5, on multiplie 44 fois par qq : v5=v1 q4v_5=v_1\,q^{4}, soit 48=3q448=3q^{4} et q4=16q^{4}=16. Les solutions sont q=2q=2 et q=−2q=-2 ; la raison étant positive, q=2q=2. Piège : diviser 1616 par 44 et trouver q=4q=4.

f)

v4=v0 q4v_4=v_0\,q^{4}, donc v0=16234=16281=2v_0=\frac{162}{3^{4}}=\frac{162}{81}=2.

g)

1+2+⋯+60=60×612=18301+2+\dots+60=\frac{60\times61}{2}=1830.

h)

Raison 44 et premier terme 77 : 7+4k=997+4k=99 donne k=23k=23, donc les rangs vont de 00 à 2323 et la somme compte 2424 termes. Elle vaut 24×7+992=24×53=127224\times\frac{7+99}{2}=24\times53=1272. Piège : compter 99−74=23\frac{99-7}{4}=23 termes, en oubliant le « plus un ».

i)

Somme des puissances de q=−2q=-2, de l'exposant 00 à l'exposant 99, soit 1010 termes : 1−(−2)101−(−2)=1−10243=−341\frac{1-(-2)^{10}}{1-(-2)}=\frac{1-1024}{3}=-341. Piège : écrire 1−(−2)93=171\frac{1-(-2)^{9}}{3}=171, avec l'exposant du dernier terme au lieu du nombre de termes.

j)

w2+⋯+w9=5(22+23+⋯+29)=5×22(1+2+⋯+27)=20×28−12−1=20×255=5100w_2+\dots+w_9=5\left(2^{2}+2^{3}+\dots+2^{9}\right)=5\times2^{2}\left(1+2+\dots+2^{7}\right)=20\times\frac{2^{8}-1}{2-1}=20\times255=5100. La somme compte 9−2+1=89-2+1=8 termes, de premier terme w2=20w_2=20. Piège : partir de w0=5w_0=5, ou compter 77 termes.

Contrôle : pour une somme courte on écrit les premiers et les derniers termes pour vérifier le décompte (77, 1111, 1515, ..., 9595, 9999 : 2424 termes) ; pour un terme, on recalcule le précédent à la main (u29=142u_{29}=142, et 142+5=147142+5=147).

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Modes de génération

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=5u_0=5 et, pour tout entier naturel nn, un+1=3un−4u_{n+1}=3u_n-4.

On considère aussi la suite (vn)(v_n) définie explicitement par vn=n2−3n+1v_n=n^2-3n+1.

Ces deux écritures ne sont pas deux notations pour la même chose : elles ne donnent pas accès aux mêmes questions, et c'est tout l'enjeu de l'exercice.

  • a) Calculez u1u_1, u2u_2, u3u_3 et u4u_4.
  • b) Calculez v0v_0, v1v_1, v2v_2, v3v_3 et v4v_4.
  • c) Laquelle des deux suites permet de calculer directement le terme de rang 100 ? Expliquez la différence entre les deux modes de génération.
  • d) Calculez v100v_{100}.
  • e) On remplace u0=5u_0=5 par u0=2u_0=2. Calculez les quatre premiers termes de la nouvelle suite et expliquez ce que vous observez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) u1=11u_1=11, u2=29u_2=29, u3=83u_3=83, u4=245u_4=245
  • b) v0=1v_0=1, v1=−1v_1=-1, v2=−1v_2=-1, v3=1v_3=1, v4=5v_4=5
  • c) (vn)(v_n), définie explicitement ; (un)(u_n) exige tous les termes précédents
  • d) v100=9 701v_{100}=9\,701
  • e) Suite constante égale à 22 : point fixe de x=3x−4x=3x-4
a)

On applique la relation à chaque étape, en réutilisant le terme qui vient d'être trouvé : u1=3×5−4=11u_1=3\times 5-4=11 ; u2=3×11−4=29u_2=3\times 11-4=29 ; u3=3×29−4=83u_3=3\times 29-4=83 ; u4=3×83−4=245u_4=3\times 83-4=245. Les termes triplent presque à chaque rang, ce qui annonce une croissance de type géométrique : c'est le 33 qui domine et le −4-4 qui freine.

b)

Ici, aucun terme n'a besoin du précédent, on remplace simplement nn par sa valeur : v0=1v_0=1 ; v1=1−3+1=−1v_1=1-3+1=-1 ; v2=4−6+1=−1v_2=4-6+1=-1 ; v3=9−9+1=1v_3=9-9+1=1 ; v4=16−12+1=5v_4=16-12+1=5. On note que v1=v2v_1=v_2 : une suite peut prendre deux fois la même valeur, elle n'a aucune raison d'être injective. Ici c'est la symétrie du trinôme autour de n=1,5n=1{,}5 qui l'explique.

c)

Seule (vn)(v_n) le permet. Elle est définie de façon EXPLICITE : vnv_n s'obtient à partir de nn en une seule opération, quel que soit le rang. La suite (un)(u_n) est définie par RÉCURRENCE : chaque terme n'existe qu'à partir du précédent, donc obtenir u100u_{100} demande de calculer les cent termes qui le précèdent, dans l'ordre. C'est exactement pour cela qu'on écrit un algorithme dans les exercices de seuil, et c'est aussi pour cela qu'on cherchera, à l'exercice 10, à transformer une définition par récurrence en formule explicite.

d)

v100=1002−3×100+1=10000−300+1=9701v_{100}=100^2-3\times 100+1=10000-300+1=9701. Le calcul est immédiat, et c'est précisément l'avantage de la forme explicite : le rang 100100 ne coûte pas plus cher que le rang 22.

e)

u0=2u_0=2, puis u1=3×2−4=2u_1=3\times 2-4=2, u2=3×2−4=2u_2=3\times 2-4=2, u3=2u_3=2 : la suite est constante. La raison est que 22 vérifie l'équation x=3x−4x=3x-4, dont la solution est x=2x=2 : une fois sur cette valeur, la relation renvoie sur elle-même. On appelle 22 le point fixe de la relation de récurrence. Ce n'est pas une curiosité : le point fixe est exactement le nombre qu'on retranchera à l'exercice 10 pour fabriquer une suite auxiliaire géométrique.

Exercice 2 : Suites arithmétiques

(un)(u_n) est une suite arithmétique telle que u3=7u_3=7 et u8=22u_8=22.

Deux termes suffisent toujours à déterminer entièrement une suite arithmétique, puisqu'elle ne dépend que de deux nombres : un point de départ et une raison.

  • a) Déterminez la raison rr.
  • b) Déterminez u0u_0, puis l'expression de unu_n en fonction de nn.
  • c) Calculez u20u_{20}.
  • d) Calculez la somme u0+u1+⋯+u20u_0+u_1+\dots+u_{20}.
  • e) À partir de quel rang a-t-on un>100u_n>100 ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) r=3r=3
  • b) u0=−2u_0=-2, un=−2+3nu_n=-2+3n
  • c) u20=58u_{20}=58
  • d) 588588 (2121 termes)
  • e) À partir du rang 3535
a)

Pour passer du rang 33 au rang 88, on ajoute la raison 8−3=58-3=5 fois, et non 88 fois : u8=u3+5ru_8=u_3+5r. Donc 22=7+5r22=7+5r, soit 5r=155r=15 et r=3r=3. L'erreur classique consiste à écrire u8=u3+8ru_8=u_3+8r, ce qui donnerait r=1,875r=1{,}875 : un contrôle immédiat consiste à vérifier que la raison trouvée redonne bien les deux termes de l'énoncé.

b)

u3=u0+3ru_3=u_0+3r donne 7=u0+97=u_0+9, donc u0=−2u_0=-2. L'expression explicite est un=u0+nr=−2+3nu_n=u_0+nr=-2+3n. Vérification sur les deux données de départ : u3=−2+9=7u_3=-2+9=7 ✓ et u8=−2+24=22u_8=-2+24=22 ✓. Cette vérification coûte cinq secondes et elle attrape la quasi-totalité des erreurs de ce type de question.

c)

u20=−2+3×20=−2+60=58u_{20}=-2+3\times 20=-2+60=58.

d)

Attention au nombre de termes : de u0u_0 à u20u_{20}, il y en a 2121 et non 2020, puisqu'on compte aussi le rang 00. La somme d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier : S=21×u0+u202=21×−2+582=21×28=588S=21\times\frac{u_0+u_{20}}{2}=21\times\frac{-2+58}{2}=21\times 28=588. La justification de cette formule est celle de Gauss : en additionnant la somme à elle-même écrite à l'envers, chaque paire donne u0+u20u_0+u_{20}.

e)

On résout −2+3n>100-2+3n>100, soit 3n>1023n>102, donc n>34n>34. Le premier entier qui convient est n=35n=35. Vérification aux deux rangs voisins : u34=−2+102=100u_{34}=-2+102=100, qui n'est pas strictement supérieur à 100100, et u35=103>100u_{35}=103>100 ✓. Le rang 3434 est un piège d'inégalité stricte : c'est le genre de détail qui coûte un point au contrôle.

Exercice 3 : Suites géométriques

(vn)(v_n) est géométrique de raison q=2q=2 avec v0=3v_0=3. (wn)(w_n) est géométrique avec w1=12w_1=12 et w4=1,5w_4=1{,}5.

Dans une suite géométrique, ce sont les quotients qui sont constants, pas les écarts : toutes les formules du chapitre en découlent.

  • a) Exprimez vnv_n en fonction de nn, puis calculez v10v_{10}.
  • b) Calculez la somme v0+v1+⋯+v9v_0+v_1+\dots+v_9.
  • c) Déterminez la raison de (wn)(w_n).
  • d) Déterminez w0w_0, puis exprimez wnw_n en fonction de nn.
  • e) Comparez v0+v1+⋯+v9v_0+v_1+\dots+v_9 et v10v_{10}. Que remarquez-vous, et pourquoi ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) vn=3×2nv_n=3\times 2^{n}, v10=3 072v_{10}=3\,072
  • b) 3 0693\,069
  • c) q=0,5q=0{,}5
  • d) w0=24w_0=24, wn=24×0,5nw_n=24\times 0{,}5^{n}
  • e) La somme vaut v10−3v_{10}-3 : chaque terme dépasse la somme des précédents
a)

vn=v0×qn=3×2nv_n=v_0\times q^n=3\times 2^n, donc v10=3×210=3×1024=3072v_{10}=3\times 2^{10}=3\times 1024=3072. Le facteur 33 ne s'élève pas à la puissance nn : seule la raison le fait. Écrire (3×2)n(3\times 2)^n est l'erreur la plus fréquente, et elle donnerait 6106^{10}, soit environ 6060 millions.

b)

La somme de v0v_0 à v9v_9 comporte 1010 termes : S=v0×1−q101−q=3×1−10241−2=3×−1023−1=3×1023=3069S=v_0\times\frac{1-q^{10}}{1-q}=3\times\frac{1-1024}{1-2}=3\times\frac{-1023}{-1}=3\times 1023=3069. Contrôle de plausibilité : la somme doit être un peu inférieure au double du dernier terme v9=1536v_9=1536, et 3069<30723069<3072 ✓.

c)

De w1w_1 à w4w_4, on multiplie par qq trois fois : w4=w1×q3w_4=w_1\times q^3. Donc q3=1,512=0,125=18q^3=\frac{1{,}5}{12}=0{,}125=\frac{1}{8}, d'où q=0,5q=0{,}5. On peut prendre la racine cubique sans discuter de signe, contrairement à une racine carrée : tout réel a exactement une racine cubique réelle. Si l'énoncé avait donné w3w_3 au lieu de w4w_4, on aurait eu q2q^2, et il aurait fallu envisager les deux signes.

d)

w1=w0×qw_1=w_0\times q donne 12=0,5 w012=0{,}5\,w_0, donc w0=24w_0=24. Ainsi wn=24×0,5nw_n=24\times 0{,}5^n. Vérification des deux données : w1=24×0,5=12w_1=24\times 0{,}5=12 ✓ et w4=24×0,0625=1,5w_4=24\times 0{,}0625=1{,}5 ✓.

e)

La somme des dix premiers termes vaut 30693069 et v10=3072v_{10}=3072 : la somme de tout ce qui précède est presque égale au terme suivant, à 33 près, c'est-à-dire à v0v_0 près. Ce n'est pas un hasard, c'est l'identité 1+2+4+⋯+29=210−11+2+4+\dots+2^9=2^{10}-1 multipliée par 33. Autrement dit, avec une raison 22, chaque terme pèse à lui seul un peu plus que la totalité des précédents : c'est l'image concrète de ce que veut dire une croissance exponentielle, et c'est la même remarque qui explique l'écriture binaire des entiers.

Exercice 4 : Sens de variation

Étudiez le sens de variation de chacune des suites suivantes, définies pour tout entier naturel nn. Justifiez à chaque fois par un calcul.

Une suite n'est croissante que si l'inégalité vaut pour TOUS les rangs : constater que les premiers termes montent ne prouve rien, il faut le signe de un+1−unu_{n+1}-u_n en fonction de nn.

  • a) un=3n−5u_n=3n-5
  • b) vn=5×0,8nv_n=5\times 0{,}8^n
  • c) wn=n2−6nw_n=n^2-6n
  • d) tn=(−2)nt_n=(-2)^n
  • e) Pour la suite (wn)(w_n), on considère la fonction f(x)=x2−6xf(x)=x^2-6x. Le minimum de ff est-il atteint au même endroit que celui de (wn)(w_n) ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Strictement croissante (écart 33)
  • b) Strictement décroissante (raison 0,80{,}8, termes positifs)
  • c) Décroissante jusqu'à w3=−9w_3=-9, puis croissante : non monotone
  • d) Ni croissante ni décroissante
  • e) Oui ici (x=3x=3 est entier), mais ce n'est pas vrai en général
a)

un+1−un=(3(n+1)−5)−(3n−5)=3n+3−5−3n+5=3>0u_{n+1}-u_n=\left(3(n+1)-5\right)-(3n-5)=3n+3-5-3n+5=3>0. L'écart est constant et positif, donc la suite est strictement croissante. C'est la définition même d'une suite arithmétique de raison 33 : le signe de la raison donne directement le sens de variation, sans autre calcul.

b)

La suite est géométrique de raison 0,80{,}8 et de premier terme 5>05>0, donc tous ses termes sont strictement positifs. On peut donc comparer le quotient à 11 : vn+1vn=0,8<1\frac{v_{n+1}}{v_n}=0{,}8<1, donc chaque terme est plus petit que le précédent et la suite est strictement décroissante. Le passage par le quotient n'est légitime QUE parce que les termes sont positifs : diviser par un terme négatif renverserait l'inégalité, ce qui est le piège de la question d).

c)

wn+1−wn=(n+1)2−6(n+1)−(n2−6n)=n2+2n+1−6n−6−n2+6n=2n−5w_{n+1}-w_n=(n+1)^2-6(n+1)-(n^2-6n)=n^2+2n+1-6n-6-n^2+6n=2n-5. Cette quantité est négative pour n≤2n\leq 2 (elle vaut −5-5, −3-3, −1-1) et positive à partir de n=3n=3 (elle vaut 11, 33, 55). La suite décroît donc de w0=0w_0=0 jusqu'à w3=−9w_3=-9, puis croît indéfiniment : elle n'est pas monotone. Retenir la formulation attendue : une suite qui change de sens en cours de route n'est ni croissante ni décroissante, mais on peut dire qu'elle est décroissante puis croissante.

d)

t0=1t_0=1, t1=−2t_1=-2, t2=4t_2=4, t3=−8t_3=-8 : les termes changent de signe à chaque rang, donc ils montent et descendent alternativement. La suite n'est ni croissante ni décroissante. C'est le cas de TOUTE suite géométrique de raison strictement négative, et la valeur absolue de la raison n'y change rien : elle règle la vitesse d'éloignement, pas l'alternance.

e)

Oui ici, mais c'est une coïncidence qui mérite d'être vue. La fonction ff atteint son minimum au sommet de la parabole, en x=3x=3, où f(3)=−9f(3)=-9. La suite, elle, n'existe qu'aux entiers : son plus petit terme est w3=−9w_3=-9, qui tombe ici exactement sur le sommet parce que 33 est entier. Avec wn=n2−5nw_n=n^2-5n, le sommet serait en x=2,5x=2{,}5, qui n'est pas un rang : le minimum de la suite serait atteint DEUX fois, en n=2n=2 et n=3n=3, avec la même valeur −6-6. Une suite hérite du sens de variation de la fonction associée, mais pas nécessairement de la position exacte de son extremum.

Exercice 5 : Calculs de sommes

Calculez chacune des sommes suivantes en identifiant d'abord la nature de la suite concernée.

La difficulté n'est presque jamais la formule, c'est le décompte des termes : une somme qui commence au rang 00 n'a pas le même nombre de termes qu'une somme qui commence au rang 11.

  • a) S1=1+2+3+⋯+100S_1=1+2+3+\dots+100
  • b) S2=1+3+5+⋯+99S_2=1+3+5+\dots+99
  • c) S3=1+12+14+⋯+1210S_3=1+\frac{1}{2}+\frac{1}{4}+\dots+\frac{1}{2^{10}}
  • d) Que semble-t-il se passer pour S3S_3 si on ajoute de plus en plus de termes ?
  • e) Vérifiez que S2S_2 est un carré parfait. Est-ce un hasard ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 5 0505\,050
  • b) 2 5002\,500 (5050 termes)
  • c) 2 0471 024≈1,999\frac{2\,047}{1\,024}\approx 1{,}999
  • d) Elle se rapproche de 22 sans l'atteindre
  • e) 2 500=5022\,500=50^{2} ; pas un hasard : 1+3+⋯+(2n−1)=n21+3+\dots+(2n-1)=n^{2}
a)

Ce sont les cent premiers entiers, une suite arithmétique de raison 11 : S1=100×1+1002=50×101=5050S_1=100\times\frac{1+100}{2}=50\times 101=5050. C'est le calcul attribué à Gauss enfant, et sa justification tient en une ligne : en écrivant la somme à l'endroit puis à l'envers et en additionnant terme à terme, on obtient 100100 paires valant chacune 101101, donc deux fois la somme.

b)

Ce sont les entiers impairs, une suite arithmétique de raison 22 allant de 11 à 9999. Le nombre de termes n'est pas 9999 : de 11 à 9999 avec un pas de 22, il y en a 99−12+1=50\frac{99-1}{2}+1=50. D'où S2=50×1+992=50×50=2500S_2=50\times\frac{1+99}{2}=50\times 50=2500. Le +1+1 dans le décompte est la source d'erreur numéro un de ce chapitre.

c)

Somme géométrique de raison 12\frac{1}{2}, de premier terme 11. Elle va du rang 00 au rang 1010, donc elle compte 1111 termes : S3=1−(12)111−12=2(1−12048)=2−11024=20471024≈1,999S_3=\frac{1-\left(\frac{1}{2}\right)^{11}}{1-\frac{1}{2}}=2\left(1-\frac{1}{2048}\right)=2-\frac{1}{1024}=\frac{2047}{1024}\approx 1{,}999.

d)

La somme se rapproche de 22 sans jamais l'atteindre. L'écart au but est exactement 12n\frac{1}{2^{n}} pour une somme allant jusqu'au rang nn, et il peut être rendu aussi petit que l'on veut en prenant nn assez grand. Image classique : on parcourt la moitié du chemin restant à chaque étape, on s'approche indéfiniment de l'arrivée sans jamais la franchir. En Terminale, on écrira que la somme tend vers 22.

e)

S2=2500=502S_2=2500=50^2, et le nombre de termes est justement 5050. Ce n'est pas un hasard : la somme des nn premiers entiers impairs vaut toujours n2n^2. On le voit sur la formule, n×1+(2n−1)2=n×nn\times\frac{1+(2n-1)}{2}=n\times n, et on le voit géométriquement en construisant un carré de côté nn par couches successives en forme de L, qui contiennent 11, 33, 55, ... petits carrés. Vérification sur les premiers cas : 1=121=1^2, 1+3=4=221+3=4=2^2, 1+3+5=9=321+3+5=9=3^2 ✓. La figure du corrigé montre ces couches en L pour n=7n=7.

1357911131 + 3 + 5 + … + 13 = 7² = 49

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Problème : placement et seuil

Une personne place 5000 dollars sur un compte rémunéré à 3 % par an, les intérêts étant capitalisés chaque année.

On note CnC_n le capital, en dollars, au bout de nn années, avec C0=5000C_0=5000.

Capitaliser signifie que les intérêts d'une année rapportent eux-mêmes des intérêts l'année suivante : c'est ce qui rend la suite géométrique plutôt qu'arithmétique.

  • a) Justifiez que (Cn)(C_n) est géométrique et donnez sa raison.
  • b) Exprimez CnC_n en fonction de nn.
  • c) Calculez le capital au bout de 10 ans, arrondi au centime.
  • d) Déterminez le nombre d'années nécessaires pour que le capital dépasse 8000 dollars. Justifiez en encadrant par deux valeurs consécutives.
  • e) Un épargnant affirme qu'en 10 ans à 3 % par an, le capital augmente de 30 %. Corrigez, en donnant le pourcentage exact d'augmentation.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Géométrique de raison 1,031{,}03
  • b) Cn=5 000×1,03nC_n=5\,000\times 1{,}03^{n}
  • c) C10≈6 719,58C_{10}\approx 6\,719{,}58 dollars
  • d) 1616 ans (C15≈7 789,84C_{15}\approx 7\,789{,}84, C16≈8 023,53C_{16}\approx 8\,023{,}53)
  • e) +34,4 %+34{,}4\ \% environ, pas 30 %30\ \%
a)

Augmenter une quantité de 3 % revient à la multiplier par 1+3100=1,031+\frac{3}{100}=1{,}03. Donc Cn+1=Cn+0,03 Cn=1,03×CnC_{n+1}=C_n+0{,}03\,C_n=1{,}03\times C_n : le quotient de deux termes consécutifs est constant, la suite est géométrique de raison q=1,03q=1{,}03. Insister sur l'écriture Cn+1=1,03 CnC_{n+1}=1{,}03\,C_n plutôt que sur un simple ajout : c'est elle qui justifie le mot géométrique dans la rédaction attendue.

b)

Cn=C0×qn=5000×1,03nC_n=C_0\times q^n=5000\times 1{,}03^n.

c)

C10=5000×1,0310≈6719,58C_{10}=5000\times 1{,}03^{10}\approx 6719{,}58 dollars. On a donc gagné environ 1719,581719{,}58 dollars d'intérêts, alors qu'un placement sans capitalisation aurait rapporté 10×150=150010\times 150=1500 dollars : les 219,58219{,}58 dollars d'écart sont exactement les intérêts produits par les intérêts.

d)

Il n'y a pas de logarithme en Première, donc on encadre en calculant les termes successifs, ce qui est aussi ce que fera l'algorithme de l'exercice 8. On trouve C15=5000×1,0315≈7789,84C_{15}=5000\times 1{,}03^{15}\approx 7789{,}84, encore inférieur à 80008000, et C16=5000×1,0316≈8023,53C_{16}=5000\times 1{,}03^{16}\approx 8023{,}53, qui dépasse 80008000. Comme la suite est strictement croissante, l'encadrement suffit à conclure : il faut 1616 années. La justification par la croissance n'est pas une formalité, c'est elle qui garantit qu'aucun rang plus petit ne convient.

e)

L'affirmation confond intérêts simples et intérêts composés. Le facteur réel sur dix ans est 1,0310≈1,34391{,}03^{10}\approx 1{,}3439, soit une augmentation d'environ 34,434{,}4 %, et non 3030 %. La règle à retenir : les pourcentages d'évolution ne s'additionnent pas, leurs coefficients multiplicateurs se multiplient. L'écart, ici de 4,44{,}4 points, grandit très vite avec la durée : sur 3030 ans, 1,0330≈2,4271{,}03^{30}\approx 2{,}427, soit 142,7142{,}7 % d'augmentation là où l'addition naïve annoncerait 9090 %.

Exercice 7 : Problème : comparer deux offres

Deux entreprises proposent le même salaire de départ de 30 000 dollars pour l'année 0.

Offre A : le salaire augmente de 900 dollars chaque année. Offre B : le salaire augmente de 2,5 % chaque année.

On note AnA_n et BnB_n les salaires proposés au bout de nn années.

  • a) Précisez la nature de chaque suite et exprimez AnA_n et BnB_n en fonction de nn.
  • b) Comparez les deux offres au bout de 5 ans, puis au bout de 10 ans.
  • c) Déterminez la première année où l'offre B devient plus avantageuse que l'offre A.
  • d) Expliquez, sans nouveau calcul, pourquoi l'offre B finit nécessairement par dépasser l'offre A.
  • e) Sur les 16 premières années, quelle offre a rapporté le plus au total ? Le résultat contredit-il la question c) ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) An=30 000+900nA_n=30\,000+900n (arithmétique), Bn=30 000×1,025nB_n=30\,000\times 1{,}025^{n} (géométrique)
  • b) A meilleure : 34 50034\,500 contre 33 94233\,942, puis 39 00039\,000 contre 38 40338\,403
  • c) La seizième année
  • d) L'augmentation de B grandit avec le salaire et dépasse 900900 dollars
  • e) A : 588 000588\,000 ; B : 581 407581\,407 environ ; pas de contradiction
a)

L'offre A ajoute la même somme chaque année : (An)(A_n) est arithmétique de raison 900900, donc An=30000+900nA_n=30000+900n. L'offre B multiplie par le même coefficient chaque année : (Bn)(B_n) est géométrique de raison 1,0251{,}025, donc Bn=30000×1,025nB_n=30000\times 1{,}025^n. La première année, B ne rapporte que 30000×0,025=75030000\times 0{,}025=750 dollars de plus, contre 900900 pour A : c'est pour cela que A prend l'avantage au début.

b)

A5=30000+4500=34500A_5=30000+4500=34500 et B5≈33942,25B_5\approx 33942{,}25 : l'offre A est meilleure, avec environ 558558 dollars d'écart. A10=39000A_{10}=39000 et B10≈38402,54B_{10}\approx 38402{,}54 : A reste meilleure, mais l'écart s'est réduit à environ 597597 dollars après avoir culminé vers la huitième année. Le rattrapage est amorcé bien avant d'être visible dans le classement.

c)

On compare année par année, la calculatrice suffisant à ce niveau : A15=43500A_{15}=43500 et B15≈43448,94B_{15}\approx 43448{,}94, donc A est encore devant de 5151 dollars. A16=44400A_{16}=44400 et B16≈44535,17B_{16}\approx 44535{,}17, donc B passe devant de 135135 dollars. La première année où l'offre B est plus avantageuse est la seizième. Rédaction attendue : donner les deux valeurs qui encadrent le changement, pas seulement celle qui convient.

d)

L'offre A progresse d'une quantité constante, 900900 dollars, alors que l'offre B progresse de 2,52{,}5 % du salaire courant, donc d'une quantité qui grandit avec le salaire lui-même. Or l'augmentation annuelle de B dépasse 900900 dollars dès que le salaire dépasse 3600036000 dollars, ce qui finit par arriver. À partir de là, B gagne plus chaque année que A, et l'écart accumulé se comble puis se creuse en sens inverse. Une croissance géométrique de raison strictement supérieure à 11 finit toujours par dépasser une croissance arithmétique, quel que soit l'avantage de départ.

e)

Le total de A sur les années 00 à 1515 vaut 16×30000+435002=58800016\times\frac{30000+43500}{2}=588000 dollars. Celui de B vaut 30000×1−1,025161−1,025≈581406,7430000\times\frac{1-1{,}025^{16}}{1-1{,}025}\approx 581406{,}74 dollars. L'offre A a donc rapporté environ 65936593 dollars de plus au total, alors même que B propose un meilleur salaire à partir de la seizième année. Il n'y a aucune contradiction : la question c) compare des salaires annuels à un instant donné, celle-ci compare des cumuls. C'est exactement l'arbitrage réel entre un poste qui paie mieux tout de suite et un poste dont la progression est plus rapide, et la réponse dépend de la durée pendant laquelle on reste.

24681012141618−800−600−400−200200400n = 16 : B devantA devantB − A (dollars)

Exercice 8 : Algorithme de seuil

On reprend le placement de l'exercice 6 : C0=5000C_0=5000 et Cn+1=1,03×CnC_{n+1}=1{,}03\times C_n.

On donne la fonction Python suivante.

python
def seuil():
    C = 5000
    n = 0
    while C < 8000:
        C = C * 1.03
        n = n + 1
    return n
  • a) Expliquez ligne par ligne ce que fait cette fonction.
  • b) Quelle valeur renvoie l'appel seuil() ?
  • c) Modifiez la fonction pour qu'elle prenne en paramètre le capital visé et renvoie le nombre d'années correspondant.
  • d) Un élève remplace la condition de la boucle par C > 8000. Que se passe-t-il alors à l'exécution ?
  • e) Avec quel objectif la fonction modifiée ne s'arrêterait-elle jamais ? Et si la raison valait 0,97 au lieu de 1,03 ?

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b)
d)
e)
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Réponses

  • a) Multiplie le capital par 1,031{,}03 et compte les années tant que C<8 000C<8\,000
  • b) 1616
  • c) Ajouter un paramètre objectif dans la condition
  • d) La boucle ne tourne pas : renvoie 00
  • e) Aucun objectif ne bloque avec 1,031{,}03 ; avec 0,970{,}97, boucle infinie au-dessus de 5 0005\,000
a)

La variable C stocke le capital, initialisée à la valeur de départ 50005000, et n compte les années écoulées, initialisée à 00. La boucle while teste sa condition AVANT chaque tour : tant que le capital reste strictement inférieur à 80008000, on le multiplie par 1,031{,}03, ce qui simule une année de plus, et on augmente le compteur de 11. Les deux instructions vont toujours ensemble : c'est ce qui garantit que n compte exactement le nombre de multiplications effectuées. Dès que le capital atteint ou dépasse 80008000, la condition devient fausse, la boucle s'arrête et la fonction renvoie n.

b)

L'appel renvoie 1616, ce qui confirme par une autre voie le résultat trouvé à la main à l'exercice 6. C'est l'intérêt de l'algorithme : il fait le même encadrement, mais sans risque d'erreur de recopie.

c)

Il suffit d'ajouter un paramètre et de l'utiliser dans la condition, comme ci-dessous. Le reste du corps ne change pas, ce qui est le signe d'une bonne paramétrisation. On peut alors interroger la fonction pour n'importe quel objectif, par exemple seuil(10000) qui renvoie 2424.

d)

La condition C>8000C>8000 est fausse dès le départ, puisque 5000>80005000>8000 est faux. La boucle n'est donc exécutée aucune fois et la fonction renvoie immédiatement 00. Le point à retenir : il n'y a pas de plantage ni de boucle infinie, juste un résultat faux et silencieux, ce qui est le plus difficile à repérer. Un test rapide contre une valeur connue, ici 1616, est la seule protection efficace.

e)

Avec la raison 1,031{,}03, le capital croît sans borne, donc tout objectif finit par être atteint et la fonction s'arrête toujours : aucun objectif ne la bloque. En revanche, si la raison valait 0,970{,}97, le capital décroîtrait à chaque tour et n'atteindrait jamais un objectif supérieur à 50005000 : la condition resterait vraie indéfiniment et le programme tournerait sans fin. C'est la question qu'il faut se poser devant toute boucle while : qu'est-ce qui garantit que la condition finira par devenir fausse ?

python
def seuil(objectif):
    C = 5000
    n = 0
    while C < objectif:
        C = C * 1.03
        n = n + 1
    return n

# seuil(8000) renvoie 16
# seuil(10000) renvoie 24

Exercice 9 : Quatre erreurs à corriger

Chacune des affirmations suivantes est fausse ou insuffisamment justifiée. Corrigez-la en vous appuyant sur un calcul.

Une affirmation fausse se réfute par un contre-exemple, jamais par une explication seule : c'est le réflexe que cet exercice entraîne.

  • a) « La suite définie par un=2n+3nu_n=2^n+3^n est géométrique, car elle est la somme de deux suites géométriques. »
  • b) « J'ai vérifié que u1−u0=5u_1-u_0=5, u2−u1=5u_2-u_1=5 et u3−u2=5u_3-u_2=5, donc la suite est arithmétique de raison 5. »
  • c) « Les suites un=3nu_n=3n et un=3nu_n=3^n ont le même terme de rang 4. »
  • d) « Une suite géométrique de raison −3-3 et de premier terme 2 est croissante, car la raison est plus grande que 1 en valeur absolue. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Faux : quotients 2,52{,}5 et 2,62{,}6
  • b) Insuffisant : il faut un+1−un=5u_{n+1}-u_n=5 pour tout nn
  • c) Faux : 1212 contre 8181
  • d) Faux : 22, −6-6, 1818, ni croissante ni décroissante
a)

Faux. On calcule trois termes : u0=1+1=2u_0=1+1=2, u1=2+3=5u_1=2+3=5, u2=4+9=13u_2=4+9=13. Les quotients successifs valent 52=2,5\frac{5}{2}=2{,}5 et 135=2,6\frac{13}{5}=2{,}6 : ils diffèrent, donc la suite n'est pas géométrique, et le contre-exemple suffit à conclure. La règle générale : la somme de deux suites géométriques de raisons DIFFÉRENTES n'est pas géométrique, car le terme de plus grande raison finit par dominer et le quotient se rapproche de 33 sans jamais être constant. En revanche, la somme de deux suites arithmétiques est toujours arithmétique, et c'est cette dissymétrie qui trompe.

b)

Insuffisant. Vérifier une propriété sur trois écarts ne la démontre pas pour tous les rangs : il faut établir un+1−un=5u_{n+1}-u_n=5 pour un nn quelconque, à partir de l'expression de la suite. Que ce ne soit pas une chicane de rédaction se voit sur un contre-exemple explicite : la suite un=5n+n(n−1)(n−2)(n−3)u_n=5n+n(n-1)(n-2)(n-3) a bien u1−u0=5u_1-u_0=5, u2−u1=5u_2-u_1=5 et u3−u2=5u_3-u_2=5, mais u4−u3=29u_4-u_3=29. Le terme ajouté s'annule aux quatre premiers rangs et se réveille ensuite, exactement ce que trois vérifications ne peuvent pas détecter.

c)

Faux, et c'est la confusion centrale du chapitre. Pour un=3nu_n=3n, le rang multiplie : u4=12u_4=12. Pour un=3nu_n=3^n, le rang est en exposant : u4=81u_4=81. La première suite est arithmétique de raison 33, elle avance de 33 à chaque pas ; la seconde est géométrique de raison 33, elle triple à chaque pas. Au rang 1010, l'écart est déjà de 3030 contre 5904959049.

d)

Faux. On calcule les premiers termes : 22, −6-6, 1818, −54-54. Ils alternent de signe, donc la suite n'est ni croissante ni décroissante. L'erreur consiste à raisonner sur ∣q∣|q| : la valeur absolue de la raison contrôle la vitesse d'éloignement de zéro, mais c'est le SIGNE de la raison qui décide de la monotonie. Une suite géométrique n'est monotone que si sa raison est strictement positive, et il faut alors encore tenir compte du signe du premier terme.

Exercice 10 : La suite auxiliaire

Une population de poissons est modélisée par la suite (un)(u_n) définie par u0=500u_0=500 et, pour tout entier naturel nn, un+1=0,8un+300u_{n+1}=0{,}8u_n+300.

On pose, pour tout entier naturel nn, vn=un−1500v_n=u_n-1500.

Le mécanisme vaut d'être compris une fois pour toutes : il revient à chaque contrôle et à chaque épreuve du baccalauréat sous des habillages différents.

  • a) Calculez u1u_1 et u2u_2. La suite (un)(u_n) est-elle géométrique ? Justifiez.
  • b) Démontrez que (vn)(v_n) est géométrique et précisez sa raison et son premier terme.
  • c) Exprimez vnv_n puis unu_n en fonction de nn.
  • d) Vérifiez votre formule sur u1u_1 et u2u_2.
  • e) Vers quelle valeur la population semble-t-elle se stabiliser ? Justifiez à partir de l'expression de unu_n.
  • f) D'où vient le nombre 1500 de l'énoncé ? Retrouvez-le sans utiliser les questions précédentes.

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a)
b)
c)
e)
f)
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Réponses

  • a) u1=700u_1=700, u2=860u_2=860 ; ni géométrique ni arithmétique
  • b) Géométrique de raison 0,80{,}8, v0=−1 000v_0=-1\,000
  • c) vn=−1 000×0,8nv_n=-1\,000\times 0{,}8^{n}, un=1 500−1 000×0,8nu_n=1\,500-1\,000\times 0{,}8^{n}
  • d) 700700 et 860860 retrouvés
  • e) Vers 1 5001\,500 poissons
  • f) Point fixe : L=0,8L+300L=0{,}8L+300 donne L=1 500L=1\,500
a)

u1=0,8×500+300=400+300=700u_1=0{,}8\times 500+300=400+300=700 et u2=0,8×700+300=560+300=860u_2=0{,}8\times 700+300=560+300=860. Les quotients valent 700500=1,4\frac{700}{500}=1{,}4 et 860700≈1,23\frac{860}{700}\approx 1{,}23 : ils ne sont pas égaux, donc (un)(u_n) n'est pas géométrique. Elle n'est pas non plus arithmétique, puisque les écarts 200200 et 160160 diffèrent. Elle n'entre dans aucun des deux modèles du cours, et c'est précisément pourquoi on lui associe une suite auxiliaire.

b)

On part de la définition de vn+1v_{n+1} et on remplace un+1u_{n+1} par son expression : vn+1=un+1−1500=0,8un+300−1500=0,8un−1200v_{n+1}=u_{n+1}-1500=0{,}8u_n+300-1500=0{,}8u_n-1200. On met alors 0,80{,}8 en facteur, en remarquant que 12000,8=1500\frac{1200}{0{,}8}=1500 : vn+1=0,8(un−1500)=0,8vnv_{n+1}=0{,}8(u_n-1500)=0{,}8v_n. La suite (vn)(v_n) est donc géométrique de raison 0,80{,}8, de premier terme v0=u0−1500=500−1500=−1000v_0=u_0-1500=500-1500=-1000. Le point technique à ne pas rater est cette factorisation : c'est elle qui fait apparaître vnv_n, et elle ne fonctionne que parce que 15001500 a été bien choisi.

c)

Comme (vn)(v_n) est géométrique : vn=v0×0,8n=−1000×0,8nv_n=v_0\times 0{,}8^n=-1000\times 0{,}8^n. On revient ensuite à unu_n par un=vn+1500u_n=v_n+1500, soit un=1500−1000×0,8nu_n=1500-1000\times 0{,}8^n. On a donc transformé une définition par récurrence en formule explicite, ce qui permet maintenant de calculer u100u_{100} directement, sans les cent termes précédents.

d)

u1=1500−1000×0,8=1500−800=700u_1=1500-1000\times 0{,}8=1500-800=700 ✓ et u2=1500−1000×0,64=1500−640=860u_2=1500-1000\times 0{,}64=1500-640=860 ✓. Les deux valeurs coïncident avec celles de la question a), ce qui valide la formule. Cette vérification sur deux rangs est le contrôle standard après toute mise en forme explicite.

e)

Comme 0<0,8<10<0{,}8<1, la quantité 0,8n0{,}8^n devient aussi proche de 00 que l'on veut lorsque nn grandit : 0,810≈0,1070{,}8^{10}\approx 0{,}107, 0,850≈1,4×10−50{,}8^{50}\approx 1{,}4\times 10^{-5}. Donc un=1500−1000×0,8nu_n=1500-1000\times 0{,}8^n se rapproche de 15001500. La population se stabilise autour de 15001500 poissons, en croissant sans jamais atteindre cette valeur, puisque le terme retranché reste strictement positif. Interprétation du modèle : chaque année, 2020 % de la population disparaît et 300300 individus sont réintroduits ; l'équilibre est atteint quand ces deux effets se compensent.

f)

C'est le point fixe de la relation de récurrence, c'est-à-dire la valeur LL qui se reproduit elle-même : on résout L=0,8L+300L=0{,}8L+300, soit 0,2L=3000{,}2L=300, donc L=1500L=1500. Autrement dit, si la population valait exactement 15001500 une année, elle vaudrait encore 15001500 l'année suivante, ce qui est la traduction de l'équilibre décrit en e). C'est aussi la recette générale du chapitre : devant un+1=aun+bu_{n+1}=au_n+b avec a≠1a\neq 1, on calcule L=b1−aL=\frac{b}{1-a} et l'on pose vn=un−Lv_n=u_n-L, et la suite auxiliaire est toujours géométrique de raison aa. Ici 3001−0,8=1500\frac{300}{1-0{,}8}=1500, et l'on retrouve le nombre que l'énoncé donnait sans l'expliquer.

500100015002000500100015002000y = 0,8x + 300y = xlimite 1500u(0) = 500u(n)u(n+1)

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Trois termes consécutifs

Trois nombres aa, bb, cc sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si 2b=a+c2b=a+c, et d'une suite géométrique de termes non nuls si et seulement si b2=acb^{2}=ac.

Ces deux critères, qui disent que bb est la moyenne arithmétique ou géométrique de ses voisins, suffisent pour chacune des questions.

  • a) Déterminez xx pour que 22, xx, 1818 soient trois termes consécutifs d'une suite arithmétique.
  • b) Déterminez les valeurs de xx pour que 22, xx, 1818 soient trois termes consécutifs d'une suite géométrique.
  • c) Trois termes consécutifs d'une suite arithmétique ont pour somme 1515 et pour produit 8080. Déterminez-les.
  • d) Déterminez le réel xx pour lequel xx, x+6x+6, x+18x+18 sont trois termes consécutifs d'une suite géométrique, puis donnez la raison.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) x=10x=10
  • b) x=6x=6 ou x=−6x=-6
  • c) 22, 55, 88
  • d) x=6x=6 : 66, 1212, 2424, raison 22
a)

2x=2+18=202x=2+18=20, donc x=10x=10. La suite avance de 88 à chaque pas : 22, 1010, 1818 ✓.

b)

x2=2×18=36x^{2}=2\times 18=36, donc x=6x=6 ou x=−6x=-6. Les deux conviennent : 22, 66, 1818 a pour raison 33, et 22, −6-6, 1818 a pour raison −3-3. Oublier la valeur négative est l'erreur attendue : une raison négative est parfaitement permise, elle fait seulement alterner les signes.

c)

On nomme les termes autour du terme central : b−rb-r, bb, b+rb+r. Leur somme vaut 3b=153b=15, donc b=5b=5. Leur produit vaut (5−r)×5×(5+r)=5(25−r2)=80(5-r)\times 5\times(5+r)=5(25-r^{2})=80, d'où 25−r2=1625-r^{2}=16, r2=9r^{2}=9 et r=±3r=\pm 3. Dans les deux cas les trois nombres sont 22, 55, 88, écrits dans un sens ou dans l'autre. Le choix b−rb-r, bb, b+rb+r plutôt que aa, a+ra+r, a+2ra+2r fait disparaître rr de la somme : c'est tout le calcul.

d)

Le critère donne (x+6)2=x(x+18)(x+6)^{2}=x(x+18), soit x2+12x+36=x2+18xx^{2}+12x+36=x^{2}+18x. Les carrés se simplifient : 36=6x36=6x, donc x=6x=6. Les termes sont 66, 1212, 2424, de raison 22. Vérification : 122=144=6×2412^{2}=144=6\times 24 ✓.

Ces critères évitent de calculer une raison que l'on ne connaît pas encore : ils portent directement sur les trois nombres. Retenez surtout le réflexe de c), nommer les termes de façon SYMÉTRIQUE autour du terme central ; il sert aussi pour trois termes géométriques, que l'on écrit alors bq\frac{b}{q}, bb, bqbq pour que la raison disparaisse du produit.

Exercice 12 : Quand les écarts forment une suite géométrique

On considère la suite définie par u0=1u_{0}=1 et, pour tout entier naturel nn, un+1=un+3nu_{n+1}=u_{n}+3^{n}.

Elle n'est ni arithmétique ni géométrique, mais ses ÉCARTS successifs forment une suite connue.

  • a) Calculez u1u_{1}, u2u_{2} et u3u_{3}.
  • b) Justifiez que, pour tout entier n≥1n\geq 1, un−u0=30+31+⋯+3n−1u_{n}-u_{0}=3^{0}+3^{1}+\dots+3^{n-1}.
  • c) Déduisez-en l'expression de unu_{n} en fonction de nn.
  • d) Calculez u10u_{10}.
  • e) Étudiez le sens de variation de la suite.

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a)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) u1=2u_1=2, u2=5u_2=5, u3=14u_3=14
  • b) Télescopage des écarts uk+1−uk=3ku_{k+1}-u_k=3^{k}
  • c) un=3n+12u_n=\frac{3^{n}+1}{2}
  • d) u10=29 525u_{10}=29\,525
  • e) Strictement croissante : un+1−un=3n>0u_{n+1}-u_n=3^{n}>0
a)

u1=u0+30=1+1=2u_{1}=u_{0}+3^{0}=1+1=2 ; u2=u1+31=2+3=5u_{2}=u_{1}+3^{1}=2+3=5 ; u3=u2+32=5+9=14u_{3}=u_{2}+3^{2}=5+9=14. On remarque qu'on ajoute 3n3^{n} pour passer du rang nn au rang n+1n+1 : le premier ajout est 30=13^{0}=1, pas 33.

b)

On écrit les égalités u1−u0=30u_{1}-u_{0}=3^{0}, u2−u1=31u_{2}-u_{1}=3^{1}, jusqu'à un−un−1=3n−1u_{n}-u_{n-1}=3^{n-1}, et on les additionne membre à membre. Dans la somme de gauche, chaque terme intermédiaire apparaît une fois avec le signe ++ et une fois avec le signe −- : il ne reste que un−u0u_{n}-u_{0}. On obtient bien un−u0=30+31+⋯+3n−1u_{n}-u_{0}=3^{0}+3^{1}+\dots+3^{n-1}. Ce procédé porte le nom de télescopage.

c)

La somme de droite est géométrique de raison 33, de premier terme 11, et compte nn termes (de l'exposant 00 à l'exposant n−1n-1) : elle vaut 1−3n1−3=3n−12\frac{1-3^{n}}{1-3}=\frac{3^{n}-1}{2}. Donc un=1+3n−12=3n+12u_{n}=1+\frac{3^{n}-1}{2}=\frac{3^{n}+1}{2}. La formule reste vraie pour n=0n=0, puisque 1+12=1\frac{1+1}{2}=1. Contrôle : u3=27+12=14u_{3}=\frac{27+1}{2}=14 ✓.

d)

u10=310+12=59 049+12=29 525u_{10}=\frac{3^{10}+1}{2}=\frac{59\,049+1}{2}=29\,525.

e)

Pour tout nn, un+1−un=3n>0u_{n+1}-u_{n}=3^{n}>0 : la suite est strictement croissante. C'est la définition même de la suite qui le donne, sans passer par la formule de c).

Le télescopage est la méthode générale dès que l'énoncé donne un+1−unu_{n+1}-u_{n} en fonction de nn : on additionne les écarts et l'on calcule une somme de cours. Le seul point délicat est le NOMBRE de termes ; de 303^{0} à 3n−13^{n-1}, il y en a nn, et une erreur d'une unité fausse le résultat d'un facteur 33.

Exercice 13 : Sens de variation par le quotient

On considère la suite définie pour tout entier naturel nn par un=n2nu_{n}=\frac{n}{2^{n}}.

  • a) Calculez u0u_{0}, u1u_{1}, u2u_{2} et u3u_{3}.
  • b) Justifiez que un>0u_{n}>0 pour n≥1n\geq 1, puis montrez que un+1un=n+12n\frac{u_{n+1}}{u_{n}}=\frac{n+1}{2n} pour n≥1n\geq 1.
  • c) Comparez n+12n\frac{n+1}{2n} à 11 pour n≥1n\geq 1.
  • d) Déduisez-en le sens de variation de la suite à partir du rang 11.
  • e) À la calculatrice, déterminez le plus petit entier n≥1n\geq 1 tel que un<0,01u_{n}<0{,}01. Justifiez en encadrant.

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a)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 00, 12\frac{1}{2}, 12\frac{1}{2}, 38\frac{3}{8}
  • b) un+1un=n+12n\frac{u_{n+1}}{u_n}=\frac{n+1}{2n}
  • c) n+12n≤1\frac{n+1}{2n}\leq 1 pour n≥1n\geq 1, égalité en n=1n=1
  • d) Décroissante à partir du rang 11, strictement dès le rang 22
  • e) n=10n=10
a)

u0=01=0u_{0}=\frac{0}{1}=0 ; u1=12u_{1}=\frac{1}{2} ; u2=24=12u_{2}=\frac{2}{4}=\frac{1}{2} ; u3=38=0,375u_{3}=\frac{3}{8}=0{,}375. La suite commence par monter de u0u_{0} à u1u_{1}, stagne, puis descend : il faudra donc préciser à partir de quel rang on étudie les variations.

b)

Pour n≥1n\geq 1, le numérateur nn et le dénominateur 2n2^{n} sont strictement positifs, donc un>0u_{n}>0 et le quotient a un sens. un+1un=n+12n+1×2nn=n+1n×2n2n+1=n+12n\frac{u_{n+1}}{u_{n}}=\frac{n+1}{2^{n+1}}\times\frac{2^{n}}{n}=\frac{n+1}{n}\times\frac{2^{n}}{2^{n+1}}=\frac{n+1}{2n}, puisque 2n2n+1=12\frac{2^{n}}{2^{n+1}}=\frac{1}{2}.

c)

n+12n≤1  ⟺  n+1≤2n  ⟺  n≥1\frac{n+1}{2n}\leq 1\iff n+1\leq 2n\iff n\geq 1, en multipliant par 2n>02n>0. Le quotient est donc inférieur ou égal à 11 pour tout n≥1n\geq 1, avec égalité seulement pour n=1n=1, et strictement inférieur à 11 dès n≥2n\geq 2.

d)

Les termes étant strictement positifs, un+1un≤1\frac{u_{n+1}}{u_{n}}\leq 1 équivaut à un+1≤unu_{n+1}\leq u_{n}. La suite est donc décroissante à partir du rang 11, et strictement décroissante à partir du rang 22, ce que confirme u1=u2u_{1}=u_{2}. Le passage par le quotient n'est légitime qu'avec des termes POSITIFS : c'est pourquoi b) commence par le vérifier.

e)

u9=9512≈0,0176>0,01u_{9}=\frac{9}{512}\approx 0{,}0176>0{,}01 et u10=101 024≈0,00977<0,01u_{10}=\frac{10}{1\,024}\approx 0{,}00977<0{,}01. Comme la suite est décroissante à partir du rang 11, tous les termes suivants restent sous 0,010{,}01 et aucun rang entre 11 et 99 ne convient : le plus petit entier est n=10n=10.

Deux méthodes existent pour le sens de variation, et le choix se fait sur la forme de la suite. La DIFFÉRENCE un+1−unu_{n+1}-u_{n} convient aux sommes et aux polynômes ; le QUOTIENT un+1un\frac{u_{n+1}}{u_{n}} convient aux produits et aux puissances, où il simplifie tout, à condition d'avoir vérifié le signe des termes. Ici la différence donnerait 1−n2n+1\frac{1-n}{2^{n+1}}, correcte aussi, mais plus longue à obtenir.

Exercice 14 : La balle qui rebondit

On lâche une balle d'une hauteur de 1010 m. Après chaque impact sur le sol, elle remonte à 60 %60\ \% de la hauteur d'où elle vient de tomber.

On note h0=10h_{0}=10 et hnh_{n} la hauteur, en mètres, atteinte après le nn-ième rebond.

La figure ci-dessous représente la situation ; elle n'est pas graduée.

10 mh₁h₂
  • a) Calculez h1h_{1} et h2h_{2}.
  • b) Précisez la nature de la suite (hn)(h_{n}) et exprimez hnh_{n} en fonction de nn.
  • c) Calculez h5h_{5} au centimètre près.
  • d) À partir de quel rebond la hauteur atteinte est-elle inférieure à 11 cm ? Justifiez en encadrant.
  • e) Calculez la distance totale parcourue par la balle au moment où elle touche le sol pour la cinquième fois.
  • f) Montrez que la distance parcourue au moment du nn-ième impact vaut 40−30×0,6n−140-30\times 0{,}6^{n-1}, et déduisez-en que la balle ne parcourt jamais 4040 m.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) h1=6h_1=6 m, h2=3,6h_2=3{,}6 m
  • b) Géométrique de raison 0,60{,}6 : hn=10×0,6nh_n=10\times 0{,}6^{n}
  • c) h5≈0,78h_5\approx 0{,}78 m
  • d) À partir du 1414e rebond
  • e) 36,11236{,}112 m
  • f) Dn=40−30×0,6n−1<40D_n=40-30\times 0{,}6^{n-1}<40
a)

h1=0,6×10=6h_{1}=0{,}6\times 10=6 m et h2=0,6×6=3,6h_{2}=0{,}6\times 6=3{,}6 m.

b)

On passe d'une hauteur à la suivante en multipliant par 0,60{,}6 : hn+1=0,6 hnh_{n+1}=0{,}6\,h_{n}. La suite est géométrique de raison 0,60{,}6 et de premier terme h0=10h_{0}=10, donc hn=10×0,6nh_{n}=10\times 0{,}6^{n}.

c)

h5=10×0,65=10×0,077 76=0,777 6h_{5}=10\times 0{,}6^{5}=10\times 0{,}077\,76=0{,}777\,6 m, soit environ 0,780{,}78 m.

d)

11 cm vaut 0,010{,}01 m. h13=10×0,613≈0,0131h_{13}=10\times 0{,}6^{13}\approx 0{,}0131 m, encore au-dessus, et h14=10×0,614≈0,0078h_{14}=10\times 0{,}6^{14}\approx 0{,}0078 m, en dessous. La suite étant strictement décroissante (raison comprise entre 00 et 11, premier terme positif), aucun rebond avant le quatorzième ne convient et tous les suivants conviennent : c'est à partir du 1414e rebond.

e)

Jusqu'au premier impact, la balle descend de 1010 m. Entre deux impacts consécutifs, elle monte PUIS redescend : entre le premier et le cinquième impact, il y a quatre rebonds, de hauteurs h1h_{1} à h4h_{4}, parcourus chacun deux fois. D=10+2(6+3,6+2,16+1,296)=10+2×13,056=36,112D=10+2(6+3{,}6+2{,}16+1{,}296)=10+2\times 13{,}056=36{,}112 m. L'oubli du facteur 22 donne 23,05623{,}056 m, et compter cinq rebonds au lieu de quatre donne un rebond de trop.

f)

Au nn-ième impact, Dn=10+2(h1+⋯+hn−1)D_{n}=10+2(h_{1}+\dots+h_{n-1}). La somme est géométrique, de premier terme 66, de raison 0,60{,}6, et compte n−1n-1 termes : h1+⋯+hn−1=6×1−0,6n−11−0,6=15(1−0,6n−1)h_{1}+\dots+h_{n-1}=6\times\frac{1-0{,}6^{n-1}}{1-0{,}6}=15\left(1-0{,}6^{n-1}\right). Donc Dn=10+30(1−0,6n−1)=40−30×0,6n−1D_{n}=10+30\left(1-0{,}6^{n-1}\right)=40-30\times 0{,}6^{n-1}. Contrôle pour n=5n=5 : 40−30×0,1296=36,11240-30\times 0{,}1296=36{,}112 ✓. Comme 30×0,6n−1>030\times 0{,}6^{n-1}>0, on a toujours Dn<40D_{n}<40 : la balle rebondit une infinité de fois sans jamais parcourir 4040 m.

Ce problème mêle les deux usages d'une suite géométrique : le TERME général pour une hauteur, la SOMME pour une distance cumulée. La traduction de l'énoncé est la vraie difficulté, et un schéma des allers et retours entre le sol et chaque hauteur règle à la fois le facteur 22 et le nombre de rebonds.

10 m6 m3,6 m× 0,6 à chaque rebond

Exercice 15 : Les gradins d'un amphithéâtre

Le premier rang d'un amphithéâtre compte 2020 places, et chaque rang compte 33 places de plus que le précédent.

On note pnp_{n} le nombre de places du rang nn, pour n≥1n\geq 1, et SnS_{n} le nombre total de places des nn premiers rangs.

La figure ci-dessous représente les premiers rangs ; elle n'est pas à l'échelle.

rang 1 : 20 placesrang 2 : 20 + 3 placesrang n : pₙ places⋮scène
  • a) Précisez la nature de la suite (pn)(p_{n}) et exprimez pnp_{n} en fonction de nn.
  • b) Combien de places compte le quinzième rang ?
  • c) Combien de places offrent les quinze premiers rangs ?
  • d) Montrez que Sn=n(3n+37)2S_{n}=\frac{n(3n+37)}{2}.
  • e) Combien de rangs faut-il au minimum pour accueillir 1 0001\,000 spectateurs ?
  • f) Pour des raisons de visibilité, un rang ne peut pas dépasser 9090 places. Combien de rangs au plus peut-on construire, et quelle est alors la capacité de l'amphithéâtre ?

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a)
b)
c)
e)
f)
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Réponses

  • a) Arithmétique de raison 33 : pn=3n+17p_n=3n+17
  • b) 6262 places
  • c) 615615 places
  • d) Sn=n×20+3n+172S_n=n\times\frac{20+3n+17}{2}
  • e) 2121 rangs (S20=970S_{20}=970, S21=1 050S_{21}=1\,050)
  • f) 2424 rangs, 1 3081\,308 places
a)

On ajoute 33 places d'un rang au suivant : (pn)(p_{n}) est arithmétique de raison 33 et de premier terme p1=20p_{1}=20. Attention, le premier rang porte l'indice 11 : pn=p1+(n−1)×3=3n+17p_{n}=p_{1}+(n-1)\times 3=3n+17. Écrire pn=20+3np_{n}=20+3n décale tout d'un rang et donne 2323 places au premier.

b)

p15=3×15+17=62p_{15}=3\times 15+17=62 places.

c)

La somme de termes arithmétiques vaut le nombre de termes fois la moyenne du premier et du dernier : S15=15×20+622=15×41=615S_{15}=15\times\frac{20+62}{2}=15\times 41=615 places.

d)

Sn=n×p1+pn2=n×20+3n+172=n(3n+37)2S_{n}=n\times\frac{p_{1}+p_{n}}{2}=n\times\frac{20+3n+17}{2}=\frac{n(3n+37)}{2}. Contrôle : S15=15×822=615S_{15}=\frac{15\times 82}{2}=615 ✓.

e)

On cherche le plus petit entier nn tel que n(3n+37)2≥1 000\frac{n(3n+37)}{2}\geq 1\,000, soit 3n2+37n−2 000≥03n^{2}+37n-2\,000\geq 0. Le discriminant vaut 372+24 000=25 36937^{2}+24\,000=25\,369, et la racine positive est −37+25 3696≈20,38\frac{-37+\sqrt{25\,369}}{6}\approx 20{,}38. Le trinôme ayant un coefficient dominant positif, il est positif à droite de cette racine : il faut n≥20,38n\geq 20{,}38, donc 2121 rangs. Contrôle : S20=20×972=970<1 000S_{20}=\frac{20\times 97}{2}=970<1\,000 et S21=21×1002=1 050≥1 000S_{21}=\frac{21\times 100}{2}=1\,050\geq 1\,000 ✓.

f)

pn≤90  ⟺  3n+17≤90  ⟺  n≤733≈24,33p_{n}\leq 90\iff 3n+17\leq 90\iff n\leq\frac{73}{3}\approx 24{,}33. On peut donc construire au plus 2424 rangs, le dernier comptant p24=89p_{24}=89 places. La capacité vaut alors S24=24×1092=1 308S_{24}=\frac{24\times 109}{2}=1\,308 places.

Le problème réunit les deux chapitres de l'année : la somme d'une suite arithmétique produit un trinôme en nn, et c'est le second degré qui répond à la question de seuil. Au lieu de résoudre, on peut aussi tabuler SnS_{n} à la calculatrice ; mais l'encadrement entre deux rangs consécutifs doit figurer sur la copie, comme en e).

24681012141610203040506070p(n) = 3n + 17S(15) = 615 places62rang nplaces du rang

Partie D : programme 2026, motifs et limites (/20)

Exercice 16 : Des allumettes au terme général : une suite définie par un motif

Avec des allumettes toutes identiques, on construit des quadrillages carrés : le quadrillage de rang nn compte nn carreaux sur chaque côté, donc n2n^{2} petits carrés. La figure montre les rangs 11, 22 et 33.

On note mnm_{n} le nombre d'allumettes du quadrillage de rang nn, pour n≥1n\geq 1.

n = 1n = 2n = 3
  • a) Comptez m1m_{1}, m2m_{2} et m3m_{3} sur la figure, puis déterminez m4m_{4} sans dessiner.
  • b) Pour passer du rang nn au rang n+1n+1, on ajoute une colonne de nn carreaux à droite, puis une ligne de n+1n+1 carreaux en haut. Comptez les allumettes ajoutées à chaque étape, d'abord pour passer du rang 33 au rang 44, puis dans le cas général, et déduisez-en que mn+1=mn+4n+4m_{n+1}=m_{n}+4n+4.
  • c) En comptant séparément les allumettes horizontales et les allumettes verticales, montrez que mn=2n(n+1)m_{n}=2n(n+1). Vérifiez que cette formule est compatible avec la relation de b).
  • d) La suite (mn)(m_{n}) est-elle arithmétique ? géométrique ? Justifiez. Que dire de la suite de ses écarts mn+1−mnm_{n+1}-m_{n} ?
  • e) On dispose d'une boîte de 500500 allumettes. Quel est le plus grand quadrillage carré qu'on peut construire, et combien d'allumettes reste-t-il ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) m1=4m_{1}=4, m2=12m_{2}=12, m3=24m_{3}=24, m4=40m_{4}=40
  • b) Colonne : 2n+12n+1 ; ligne : 2n+32n+3 ; donc mn+1=mn+4n+4m_{n+1}=m_{n}+4n+4
  • c) (n+1)(n+1) lignes de nn allumettes, deux fois : mn=2n(n+1)m_{n}=2n(n+1) ; m100=20 200m_{100}=20\,200
  • d) Ni arithmétique ni géométrique ; les écarts 4n+44n+4 forment une suite arithmétique de raison 44
  • e) Rang 1515 : 480480 allumettes, il en reste 2020
a)

Rang 11 : un carreau, 44 allumettes. Rang 22 : trois lignes horizontales de 22 allumettes et trois colonnes verticales de 22, soit 1212. Rang 33 : quatre lignes de 33 et quatre colonnes de 33, soit 2424. Pour le rang 44, le même décompte donne cinq lignes de 44 et cinq colonnes de 44, soit 4040. Le piège est de compter 44 allumettes par petit carré : 4×4=164\times 4=16 au rang 22, alors que les côtés INTÉRIEURS sont partagés par deux carreaux et ne se comptent qu'une fois.

b)

La colonne ajoutée à droite compte nn carreaux empilés : il faut nn allumettes verticales pour son bord droit et n+1n+1 allumettes horizontales pour fermer le haut et le bas de chaque carreau, son bord gauche existant déjà. Cela fait 2n+12n+1 allumettes, et l'on a maintenant un rectangle de n+1n+1 carreaux de large. La ligne ajoutée en haut compte n+1n+1 carreaux : n+1n+1 allumettes horizontales pour son bord supérieur et n+2n+2 allumettes verticales, son bord inférieur existant déjà. Cela fait 2n+32n+3. Au total (2n+1)+(2n+3)=4n+4(2n+1)+(2n+3)=4n+4, donc mn+1=mn+4n+4m_{n+1}=m_{n}+4n+4. Du rang 33 au rang 44 : 77 puis 99 allumettes, 1616 en tout, et 24+16=4024+16=40 ✓. Contrôle sur les autres rangs : 4+8=124+8=12 et 12+12=2412+12=24 ✓.

c)

Le quadrillage de rang nn a n+1n+1 lignes horizontales, chacune de nn allumettes, soit n(n+1)n(n+1) allumettes horizontales ; par symétrie, autant de verticales. Donc mn=2n(n+1)m_{n}=2n(n+1), et l'on retrouve m1=4m_{1}=4, m2=12m_{2}=12, m3=24m_{3}=24, m4=40m_{4}=40. Compatibilité avec b) : mn+1−mn=2(n+1)(n+2)−2n(n+1)=2(n+1)[(n+2)−n]=4(n+1)=4n+4m_{n+1}-m_{n}=2(n+1)(n+2)-2n(n+1)=2(n+1)\left[(n+2)-n\right]=4(n+1)=4n+4 ✓. La relation de récurrence dit ce qu'on AJOUTE, la formule explicite ce qu'on a en TOUT : deux lectures de la même figure. Seule la seconde donne m100m_{100} sans calculer les 9999 termes précédents : m100=2×100×101=20 200m_{100}=2\times 100\times 101=20\,200.

d)

Les écarts valent 88, 1212, 1616 : ils ne sont pas constants, donc la suite n'est pas arithmétique. Les quotients valent 124=3\frac{12}{4}=3 et 2412=2\frac{24}{12}=2 : ils ne sont pas constants, donc elle n'est pas géométrique. En revanche ses écarts 4n+44n+4 forment une suite ARITHMÉTIQUE de raison 44 : c'est la signature d'une formule explicite du second degré en nn, ici 2n2+2n2n^{2}+2n.

e)

On cherche le plus grand entier nn tel que 2n(n+1)≤5002n(n+1)\leq 500, soit n(n+1)≤250n(n+1)\leq 250. Comme n(n+1)n(n+1) est proche de n2n^{2}, on essaie autour de 250≈15,8\sqrt{250}\approx 15{,}8 : 15×16=240≤25015\times 16=240\leq 250 mais 16×17=272>25016\times 17=272>250. Le plus grand quadrillage est donc de rang 1515 : il utilise m15=480m_{15}=480 allumettes, et il en reste 500−480=20500-480=20. Ces 2020 allumettes ne suffisent pas pour passer au rang 1616, qui en demande 4×15+4=644\times 15+4=64 de plus.

Le geste du chapitre : pour une suite définie par une figure, on compte ce qui CHANGE d'un rang au suivant pour la récurrence, et on compte le TOUT de deux façons pour la formule explicite. Les deux se contrôlent l'une par l'autre sur les premiers rangs.

Exercice 17 : Limite finie, limite infinie, ou pas de limite du tout

On étudie trois suites définies pour tout entier naturel nn : unu_{n} est le chiffre des unités de 3n3^{n} ; wn=2n+1n+1w_{n}=\frac{2n+1}{n+1} ; zn=n+3×(−1)nz_{n}=n+3\times(-1)^{n}.

Le but est de CONJECTURER le comportement de chaque suite quand nn devient grand, et de réfuter trois idées fausses.

  • a) Calculez u0u_{0} à u7u_{7}. Expliquez pourquoi le chiffre des unités de 3n+13^{n+1} ne dépend que de celui de 3n3^{n}, déduisez-en que la suite se répète de 44 en 44, puis donnez u2026u_{2026}. La suite a-t-elle une limite ?
  • b) Montrez que wn=2−1n+1w_{n}=2-\frac{1}{n+1}, puis que la suite (wn)(w_{n}) est croissante. Conjecturez sa limite.
  • c) Déterminez le plus petit entier nn tel que wn>1,99w_{n}>1{,}99. La suite dépasse-t-elle 22 ? Une suite croissante tend-elle toujours vers +∞+\infty ?
  • d) Calculez z0z_{0} à z5z_{5}. La suite (zn)(z_{n}) est-elle monotone ? Montrez que zn≥n−3z_{n}\geq n-3 pour tout nn et conjecturez sa limite.
  • e) Donnez le premier rang nn tel que zn>1 000z_{n}>1\,000, puis le rang à partir duquel TOUS les termes dépassent 1 0001\,000. Pourquoi ces deux rangs sont-ils différents ?

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a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 1,3,9,7,1,3,9,71,3,9,7,1,3,9,7 ; période 44 ; u2026=9u_{2026}=9 ; pas de limite, bien que bornée
  • b) wn=2−1n+1w_{n}=2-\frac{1}{n+1}, wn+1−wn=1(n+1)(n+2)>0w_{n+1}-w_{n}=\frac{1}{(n+1)(n+2)}>0 ; limite conjecturée 22
  • c) n=100n=100 ; wn<2w_{n}<2 toujours : croissante sans tendre vers +∞+\infty
  • d) 3,−2,5,0,7,23,-2,5,0,7,2 : non monotone ; zn≥n−3z_{n}\geq n-3, donc tend vers +∞+\infty
  • e) Premier dépassement en n=998n=998 ; tous au-delà de 1 0001\,000 à partir de n=1 004n=1\,004
a)

30=13^{0}=1, 31=33^{1}=3, 32=93^{2}=9, 33=273^{3}=27, 34=813^{4}=81, 35=2433^{5}=243, 36=7293^{6}=729, 37=2 1873^{7}=2\,187 : u0u_{0} à u7u_{7} valent 11, 33, 99, 77, 11, 33, 99, 77. Pour obtenir 3n+13^{n+1}, on multiplie 3n3^{n} par 33, et le chiffre des unités d'un produit ne dépend que des chiffres des unités des facteurs : un+1u_{n+1} est le chiffre des unités de 3un3u_{n}. C'est une relation de récurrence. Comme u4=u0=1u_{4}=u_{0}=1, la suite repart du même terme et répète le cycle 11, 33, 99, 77 : elle est périodique de période 44. Or 2 026=4×506+22\,026=4\times 506+2, donc u2026=u2=9u_{2026}=u_{2}=9. La suite prend les valeurs 11 et 99 une infinité de fois, aussi loin qu'on aille : elle ne se rapproche d'aucun nombre, elle n'a PAS de limite. Pourtant elle est bornée, entre 11 et 99 : être bornée ne suffit pas.

b)

2−1n+1=2(n+1)−1n+1=2n+1n+1=wn2-\frac{1}{n+1}=\frac{2(n+1)-1}{n+1}=\frac{2n+1}{n+1}=w_{n}. Ensuite wn+1−wn=1n+1−1n+2=1(n+1)(n+2)>0w_{n+1}-w_{n}=\frac{1}{n+1}-\frac{1}{n+2}=\frac{1}{(n+1)(n+2)}>0, donc la suite est strictement croissante. Quand nn devient grand, 1n+1\frac{1}{n+1} devient aussi petit qu'on veut : on conjecture que (wn)(w_{n}) tend vers 22. Les premiers termes le suggèrent : w0=1w_{0}=1, w1=1,5w_{1}=1{,}5, w9=1,9w_{9}=1{,}9, w99=1,99w_{99}=1{,}99.

c)

wn>1,99w_{n}>1{,}99 équivaut à 1n+1<0,01\frac{1}{n+1}<0{,}01, soit n+1>100n+1>100, donc n≥100n\geq 100. Contrôle : w99=199100=1,99w_{99}=\frac{199}{100}=1{,}99, qui n'est pas strictement supérieur à 1,991{,}99, et w100=201101≈1,9901w_{100}=\frac{201}{101}\approx 1{,}9901. Le plus petit rang est 100100. La suite ne dépasse jamais 22 : wn=2−1n+1<2w_{n}=2-\frac{1}{n+1}<2 pour tout nn. Voilà une suite croissante qui ne tend PAS vers +∞+\infty : elle monte toujours, mais de moins en moins, et reste sous 22.

d)

z0=0+3=3z_{0}=0+3=3, z1=1−3=−2z_{1}=1-3=-2, z2=2+3=5z_{2}=2+3=5, z3=3−3=0z_{3}=3-3=0, z4=7z_{4}=7, z5=2z_{5}=2. La suite monte, descend, remonte : elle n'est ni croissante ni décroissante. Comme (−1)n(-1)^{n} vaut 11 ou −1-1, 3×(−1)n≥−33\times(-1)^{n}\geq -3, donc zn≥n−3z_{n}\geq n-3 pour tout nn. Or n−3n-3 dépasse n'importe quel nombre quand nn est assez grand : on conjecture que (zn)(z_{n}) tend vers +∞+\infty, bien qu'elle ne soit pas monotone. Sur la figure du corrigé, les points sautent d'une droite en pointillés à l'autre, mais montent tous avec elles.

e)

Pour nn pair, zn=n+3>1 000z_{n}=n+3>1\,000 dès n≥998n\geq 998 ; pour nn impair, zn=n−3>1 000z_{n}=n-3>1\,000 dès n≥1 005n\geq 1\,005. Le premier terme qui dépasse 1 0001\,000 est donc z998=1 001z_{998}=1\,001. Mais z999=996z_{999}=996 redescend sous 1 0001\,000, de même que z1001=998z_{1001}=998 et z1003=1 000z_{1003}=1\,000, qui n'est pas strictement supérieur. À partir de n=1 004n=1\,004, en revanche, zn≥n−3≥1 001z_{n}\geq n-3\geq 1\,001 : TOUS les termes dépassent 1 0001\,000. Les deux rangs diffèrent parce que la suite n'est pas monotone : dépasser un seuil une fois ne dit pas qu'on y reste. C'est exactement ce que veut dire « tendre vers +∞+\infty » : pour tout seuil, les termes finissent par le dépasser TOUS, à partir d'un certain rang.

Trois idées fausses sont réfutées : une suite bornée peut n'avoir aucune limite (uu), une suite croissante peut avoir une limite finie (ww), et une suite qui tend vers +∞+\infty n'est pas forcément croissante (zz). Une limite se conjecture sur la suite ENTIÈRE, pas sur ses premiers termes.

123456789101112131415−4−224681012141618n + 3n − 3nz(n)
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