Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : suites et modèles discrets (maths complémentaires)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur les suites et les modèles d'évolution discrets, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
L'exercice 0.1 ouvre la série par onze calculs directs sur les suites arithmétiques et géométriques, comme dans les listes des manuels : un terme de rang donné, une raison retrouvée à partir de deux termes, la somme des termes d'une suite géométrique comme 5+15+45+⋯+10935 et celle d'une suite arithmétique, les limites de 0,92n, de 1,03n et de 4−3×1,05n, la limite d'une somme géométrique de raison 0,25, puis la suite constante et la forme explicite d'une suite arithmético-géométrique, chacun avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.
Les modèles définis par une suite sont peu travaillés dans les ressources gratuites en ligne, alors que l'option y revient toute l'année, en devoir comme en contrôle continu. Toute la série tourne autour d'un seul outil, la suite arithmético-géométrique un+1=aun+b, et de la question qui compte vraiment dans cette option : le modèle converge-t-il vers un palier, et ce palier est-il stable ?
La partie D sort des récurrences affines, comme le programme le demande : une suite un+1=f(un) avec f du second degré, le modèle de Verhulst discret, représentée en escalier et dont on conjecture le comportement. Son fil : une limite éventuelle est un point fixe, mais un point fixe n'est pas forcément la limite, et c'est la pente de f autour de lui qui décide.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Suite arithmétique de raison r : un=u0+nr, et u0+u1+⋯+un=(n+1)×2u0+un.
•Suite géométrique de raison q : un=u0qn, et pour q=1, 1+q+⋯+qn=1−q1−qn+1.
•Limite de qn : 0 si −1<q<1, +∞ si q>1, pas de limite si q≤−1.
•Suite arithmético-géométrique un+1=aun+b avec a=1 : on cherche d'abord le point fixe ℓ vérifiant ℓ=aℓ+b, soit ℓ=1−ab, puis on pose vn=un−ℓ. La suite (vn) est géométrique de raison a, donc un=ℓ+(u0−ℓ)an.
•Le point fixe est un palier atteint asymptotiquement lorsque ∣a∣<1 : c'est un équilibre stable. Lorsque ∣a∣>1, l'écart initial est amplifié : l'équilibre est instable.
•Résoudre qn<s avec 0<q<1 : on passe au logarithme, et l'inégalité change de sens car lnq<0, ce qui donne n>lnqlns.
•Un taux de t% par période correspond à une multiplication par 1+100t, jamais à une addition de taux d'une période à l'autre.
•Suite un+1=f(un) : on trace la courbe de f et la droite y=x, et l'on construit les termes en escalier. Si f est continue et que la suite converge, sa limite ℓ vérifie f(ℓ)=ℓ ; un point fixe n'est pas pour autant toujours atteint.
Calculs : termes, sommes et limites à calculer
Exercice 0.1 : Calculer termes, sommes et limites de suites : onze calculs directs
Pour chaque ligne, calculez le terme, la raison, la somme, la limite ou le nombre demandé, en valeur exacte. Rappels : un=u0+nr pour une suite arithmétique, vn=v0qn pour une suite géométrique, 1+q+⋯+qn=1−q1−qn+1 pour q=1, et une somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes fois la moyenne du premier et du dernier.
Une méthode pour les onze lignes : repérer le premier terme et son INDICE, puis la raison, puis compter les termes, avant d'appliquer une formule. Pour une limite, seule la raison décide : qn tend vers 0 si 0<q<1 et vers +∞ si q>1, et le coefficient devant, s'il est négatif, retourne le signe. Pour une suite arithmético-géométrique un+1=aun+b, on cherche d'abord la suite constante ℓ=aℓ+b.
a) (un) est arithmétique, de premier terme u0=7 et de raison −3 : calculez u20.
b) (vn) est géométrique, de premier terme v1=7 et de raison 2 : calculez v8.
c) (wn) est géométrique, à termes positifs, avec w2=6 et w4=13,5 : calculez sa raison q.
d) Calculez S=5+15+45+⋯+10935, somme de termes consécutifs d'une suite géométrique.
e) Calculez T=4+11+18+⋯+151, somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique.
f) Calculez n→+∞lim0,92n.
g) Calculez n→+∞lim1,03n.
h) Calculez n→+∞lim(4−3×1,05n).
i) Calculez la limite, quand n tend vers +∞, de Sn=3+3×0,25+3×0,252+⋯+3×0,25n.
j) Calculez le réel ℓ tel que ℓ=0,6ℓ+14.
k) (un) est définie par u0=10 et un+1=0,6un+14. Écrivez un=ℓ+c×0,6n avec le ℓ de j) : donnez c, puis calculez u4.
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Réponses
a)u20=7−60=−53
b)v8=7×27=896
c)q2=2,25, q=1,5
d)S=5×238−1=16400
e)T=22×24+151=1705
f)0
g)+∞
h)−∞
i)1−0,253=4
j)ℓ=35
k)un=35−25×0,6n, c=−25 ; u4=31,76
Le geste qui décide de tout : écrire le premier terme AVEC son indice, puis compter. v8 à partir de v1 demande sept multiplications par la raison, pas huit ; une somme de 5 à 5×37 compte huit termes, pas sept. La moitié des erreurs du chapitre sont des erreurs de un sur ces comptes.
a)
u20=u0+20r=7+20×(−3)=7−60=−53.
b)
De v1 à v8 il y a 8−1=7 pas : v8=v1×q7=7×27=7×128=896. Piège : 7×28=1792, qui fait comme si la suite commençait à v0=7.
c)
De w2 à w4 il y a deux pas : w4=w2×q2, donc q2=613,5=2,25 et q=1,5, puisque les termes sont positifs. Piège : 613,5=2,25 pris pour la raison, alors que c'est son carré.
d)
Premier terme 5, raison 3, dernier terme 10935=5×2187=5×37 : les exposants vont de 0 à 7, soit huit termes. S=5×3−138−1=5×26560=16400.
e)
Raison 7, et 151=4+21×7 : il y a 21+1=22 termes. T=22×24+151=22×77,5=1705. Piège : compter 21 termes, en oubliant le premier.
f)
0<0,92<1, donc n→+∞lim0,92n=0, même si la raison est proche de 1.
g)
1,03>1, donc n→+∞lim1,03n=+∞, même si la croissance est lente.
h)
1,05>1, donc 1,05n tend vers +∞, −3×1,05n vers −∞, et 4−3×1,05n vers −∞. Piège : répondre +∞ en ne regardant que la raison, sans le coefficient −3.
i)
Sn=3×1−0,251−0,25n+1=4(1−0,25n+1). Comme 0<0,25<1, 0,25n+1 tend vers 0 et Sn tend vers 0,753=4. Une infinité de termes positifs, et pourtant une somme finie.
j)
ℓ−0,6ℓ=14, soit 0,4ℓ=14 et ℓ=0,414=35. Piège : ℓ=1,614, qui ajoute au lieu de soustraire.
k)
La suite vn=un−35 est géométrique de raison 0,6 et v0=10−35=−25, donc un=35−25×0,6n et c=−25. Puis u4=35−25×0,1296=35−3,24=31,76. Contrôle par la récurrence : u1=20, u2=26, u3=29,6, u4=31,76. Piège : c=10, le premier terme, au lieu de u0−ℓ.
Contrôle : un terme se vérifie en recalculant les deux ou trois premiers à la main, une somme en ajoutant les premiers termes à la calculatrice, et une limite en calculant le terme de rang 100 : 0,92100≈0,0002, 1,03100≈19 et S100 s'affiche 4.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Reconnaître la nature d'une suite
On considère les quatre suites suivantes, définies chacune d'une manière différente.
un=3n+5 ; vn+1=0,8vn avec v0=200 ; wn+1=wn+2n+1 avec w0=0 ; tn=52n+1.
a) Pour chacune des quatre suites, dites si elle est arithmétique, géométrique, ou ni l'une ni l'autre. Justifiez à chaque fois.
b) Exprimez vn en fonction de n et calculez v5.
c) Calculez w0, w1, w2, w3 et w4, puis conjecturez une expression de wn. Vérifiez la conjecture pour n=5.
d) Un élève écrit : « tn n'est pas géométrique, car il y a un +1 dans l'exposant et une division par 5. » Répondez-lui précisément.
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Réponses
a)u arithmétique, v et t géométriques, w ni l'une ni l'autre
b)vn=200×0,8n, v5=65,536
c)0,1,4,9,16 : wn=n2, w5=25
d)Géométrique : raison 2, t0=0,4
a)
Pour (un) : un+1−un=3(n+1)+5−(3n+5)=3, constante. La suite est arithmétique de raison 3, de premier terme u0=5. Pour (vn) : la relation donnée est exactement vn+1=0,8vn, donc la suite est géométrique de raison 0,8. Pour (wn) : wn+1−wn=2n+1, qui dépend de n, donc elle n'est pas arithmétique ; et le rapport w0w1 n'existe même pas puisque w0=0, donc elle n'est pas géométrique. Pour (tn) : tntn+1=2n+1/52n+2/5=2, constante : elle est géométrique de raison 2.
b)
vn=200×0,8n, donc v5=200×0,85=200×0,32768=65,536.
c)
w0=0, w1=0+1=1, w2=1+3=4, w3=4+5=9, w4=9+7=16. On reconnaît les carrés parfaits, donc on conjecture wn=n2. Vérification : w5=w4+2×4+1=16+9=25=52. La conjecture tient. Elle s'explique par l'identité (n+1)2=n2+2n+1, qui est exactement la relation de récurrence.
d)
L'élève confond la forme d'écriture et la nature de la suite. Une suite est géométrique dès que le rapport de deux termes consécutifs est constant, quelle que soit la façon dont on l'écrit. Ici tn=52×2n : le facteur 52 est simplement le premier terme t0, et il disparaît dans le rapport. Le +1 de l'exposant ne fait que décaler la suite d'un rang. La raison est 2 et le premier terme est 0,4.
Exercice 2 : Variations et limites d'une suite géométrique
On considère les suites définies pour tout entier naturel n par an=3×0,9n, bn=3×1,1n, cn=3×(−0,5)n et dn=3×(−1,5)n.
a) Déterminez la limite de (an) et celle de (bn), en citant le critère utilisé.
b) Calculez c0, c1, c2 et c3. La suite (cn) est-elle monotone ? Admet-elle une limite ?
c) Calculez d0, d1, d2 et d3. Que peut-on dire de (dn) ?
d) On pose en=5−4×0,7n. Montrez que en+1−en=1,2×0,7n, puis déduisez-en le sens de variation de (en).
e) Déterminez la limite de (en) et justifiez que en<5 pour tout entier naturel n.
La limite de qn vaut 0 lorsque −1<q<1. Comme 0,9 est dans cet intervalle, (an) tend vers 0. Comme 1,1>1, la suite 1,1n tend vers +∞, donc (bn) tend vers +∞.
b)
c0=3, c1=−1,5, c2=0,75, c3=−0,375. Les termes changent de signe à chaque rang, donc la suite n'est pas monotone. En revanche ∣cn∣=3×0,5n tend vers 0, donc (cn) tend bien vers 0. Une suite peut donc converger sans être monotone.
c)
d0=3, d1=−4,5, d2=6,75, d3=−10,125. La suite alterne de signe et sa valeur absolue 3×1,5n tend vers +∞ : les termes oscillent en s'amplifiant. La suite n'a donc pas de limite, ni finie ni infinie. C'est le cas q≤−1.
d)
en+1−en=(5−4×0,7n+1)−(5−4×0,7n)=−4×0,7n(0,7−1)=−4×0,7n×(−0,3)=1,2×0,7n. Comme 0,7n>0 pour tout n, cette différence est strictement positive : la suite (en) est strictement croissante.
e)
0,7n tend vers 0, donc en tend vers 5−0=5. Par ailleurs 4×0,7n est strictement positif pour tout n, donc en=5−4×0,7n<5. La suite est croissante et majorée par 5, sans jamais atteindre cette valeur : 5 est un palier approché, pas une valeur prise.
Exercice 3 : Somme des termes et plan d'épargne
Un parent verse 1200 dollars au début de chaque année sur un compte rémunéré à 4 % par an, pendant 10 ans. Chaque versement produit des intérêts jusqu'à la fin de la dixième année.
Le premier versement travaille donc 10 ans, le deuxième 9 ans, et ainsi de suite jusqu'au dernier qui ne travaille qu'un an.
La droite du temps ci-dessous représente la situation.
a) Montrez que le capital acquis vaut S=1200(1,04+1,042+⋯+1,0410).
b) À l'aide de la formule de la somme des termes d'une suite géométrique, calculez S au centième de dollar près.
c) Quel est le montant total versé ? Quelle part du capital final provient des intérêts ?
d) Le parent aurait pu placer 12 000 dollars en une seule fois au début de la première année. Calculez le capital obtenu au bout de 10 ans.
e) Expliquez précisément d'où vient l'écart entre les deux stratégies, sans invoquer le taux qui est le même dans les deux cas.
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Réponses
a)Somme des dix versements capitalisés
b)S≈14983,62 dollars
c)12000 versés ; 2983,62 d'intérêts (19,9 %)
d)≈17762,93 dollars
e)Écart 2779,31 : durée de placement
a)
Le versement fait au début de l'année 1 est multiplié par 1,04 dix fois, il vaut donc 1200×1,0410 à la fin. Celui du début de l'année 2 est multiplié neuf fois, il vaut 1200×1,049, et ainsi de suite. Le dernier, fait au début de l'année 10, ne travaille qu'un an et vaut 1200×1,04. En additionnant les dix versements on obtient bien S=1200(1,04+1,042+⋯+1,0410).
b)
La parenthèse est la somme de dix termes d'une suite géométrique de premier terme 1,04 et de raison 1,04, donc elle vaut 1,04×1,04−11,0410−1. Comme 1,0410≈1,480244, on obtient 0,040,480244≈12,006107, puis 1,04×12,006107≈12,486351. Enfin S≈1200×12,486351≈14983,62 dollars.
c)
Le total versé est 10×1200=12000 dollars. Les intérêts représentent donc 14983,62−12000=2983,62 dollars, soit environ 19,9 % du capital final.
d)
Un placement unique de 12 000 dollars pendant 10 ans donne 12000×1,0410≈12000×1,480244≈17762,93 dollars.
e)
L'écart vaut environ 2779,31 dollars, et il ne vient pas du taux mais du temps de placement. Dans le plan par versements, seule la première tranche de 1200 dollars travaille dix ans ; la dernière ne travaille qu'un an. La durée moyenne de placement d'un dollar y est d'environ cinq ans et demi, contre dix ans dans le placement unique. Autrement dit, ce n'est pas la somme investie qui compte, c'est la somme multipliée par la durée pendant laquelle elle reste investie.
Exercice 4 : Suite arithmético-géométrique : la méthode
On considère la suite définie par u0=8 et, pour tout entier naturel n, un+1=0,75un+30.
Cette suite n'est ni arithmétique ni géométrique : c'est une suite arithmético-géométrique, et toute la méthode consiste à s'y ramener à une suite géométrique.
a) Calculez u1, u2 et u3. Vérifiez que la suite n'est ni arithmétique ni géométrique.
b) Déterminez le réel ℓ tel que ℓ=0,75ℓ+30. Que représente-t-il pour la suite ?
c) On pose vn=un−120. Montrez que (vn) est géométrique et précisez sa raison et son premier terme.
d) Déduisez-en l'expression de un en fonction de n, puis la limite de (un).
e) Montrez que un+1−un=0,25(120−un) et déduisez-en, à l'aide de la question d), le sens de variation de (un).
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Réponses
a)36 ; 57 ; 72,75
b)ℓ=120, point fixe
c)vn géométrique de raison 0,75, v0=−112
d)un=120−112×0,75n→120
e)un<120 : strictement croissante
a)
u1=0,75×8+30=36, u2=0,75×36+30=57, u3=0,75×57+30=72,75. Les différences valent 28, 21 puis 15,75 : elles ne sont pas constantes, la suite n'est pas arithmétique. Les rapports valent 4,5 puis 1,583… : ils ne sont pas constants non plus, elle n'est pas géométrique.
b)
ℓ=0,75ℓ+30 donne 0,25ℓ=30, soit ℓ=120. C'est le point fixe : si un terme valait exactement 120, tous les suivants vaudraient 120 également. C'est le seul candidat possible pour une limite finie.
c)
vn+1=un+1−120=0,75un+30−120=0,75un−90=0,75(un−120)=0,75vn. La suite (vn) est donc géométrique de raison 0,75, de premier terme v0=u0−120=8−120=−112.
d)
On a vn=−112×0,75n, donc un=vn+120=120−112×0,75n. Vérification : u3=120−112×0,421875=120−47,25=72,75, ce qui correspond bien au a). Comme 0<0,75<1, le terme 0,75n tend vers 0 et (un) tend vers 120, sans jamais l'atteindre puisque 112×0,75n>0.
e)
un+1−un=0,75un+30−un=30−0,25un=0,25(120−un). D'après la question d), un<120 pour tout n, donc 120−un>0 et la différence est strictement positive : la suite est strictement croissante. On retrouve la lecture naturelle du modèle : tant qu'on est en dessous du palier, on monte, et d'autant plus vite qu'on en est loin.
Exercice 5 : Recherche de seuil et algorithme
On reprend la suite de l'exercice précédent : u0=8 et un+1=0,75un+30, dont on a établi que un=120−112×0,75n.
On cherche le plus petit entier n tel que un>119. La fonction Python ci-dessous doit renvoyer cet entier, mais deux lignes sont incomplètes.
def seuil():
u = 8
n = 0
while ... :
u = ...
n = n + 1
return n
a) Recopiez et complétez les deux lignes incomplètes.
b) Résolvez l'inéquation un>119 par le calcul, en détaillant le passage au logarithme et le changement de sens de l'inégalité.
c) Calculez u16 et u17 au millième près et vérifiez que votre réponse au b) est cohérente.
d) Un élève remplace la condition de la boucle par while u <= 121:. Que se passe-t-il à l'exécution ? Justifiez sans exécuter le programme.
e) Modifiez la fonction pour qu'elle renvoie à la fois le rang cherché et la valeur de u atteinte à ce rang.
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Réponses
a)while u <= 119: et u = 0.75*u + 30
b)n>16,40 : n=17
c)u16≈118,877, u17≈119,158
d)Boucle infinie : u ne dépasse jamais 120
e)return n, u
a)
La boucle doit tourner tant que le seuil n'est pas dépassé, et chaque tour doit appliquer la relation de récurrence. On écrit donc while u <= 119: puis u = 0.75*u + 30. Attention au sens de la condition : on continue tant que u≤119, et on sort dès que u>119.
b)
un>119 équivaut à 120−112×0,75n>119, soit 112×0,75n<1, c'est-à-dire 0,75n<1121. En passant au logarithme népérien, qui est croissant : nln0,75<−ln112. Comme ln0,75≈−0,2877 est négatif, la division par ln0,75 renverse l'inégalité : n>ln0,75−ln112=ln34ln112≈0,287684,7185≈16,40. Le plus petit entier convenable est donc n=17, et la fonction renvoie 17.
c)
0,7516≈0,0100226 donne u16≈120−1,1225≈118,877, qui est bien inférieur à 119. Et 0,7517≈0,0075169 donne u17≈120−0,8419≈119,158, qui dépasse 119. Le rang 17 est donc bien le premier à franchir le seuil.
d)
Le programme ne s'arrête jamais. La suite est strictement croissante mais majorée par 120 : elle ne dépasse donc jamais 121, la condition u <= 121 reste vraie indéfiniment et la boucle tourne sans fin. C'est le piège classique de la recherche de seuil sur une suite convergente : un seuil placé au-delà de la limite rend la boucle infinie. Avant d'écrire un while, il faut vérifier que le seuil visé est bien atteignable.
e)
Il suffit de renvoyer les deux valeurs : on remplace la dernière ligne par return n, u. La fonction renvoie alors le couple (17;119,158) à l'affichage près. On pourrait aussi ajouter un paramètre à la fonction, par exemple def seuil(cible):, et utiliser while u <= cible: pour la rendre réutilisable avec n'importe quel seuil.
def seuil(cible):
u = 8
n = 0
while u <= cible:
u = 0.75*u + 30
n = n + 1
return n, u
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Doses répétées d'un médicament
Un patient prend 15 milligrammes d'un médicament toutes les six heures. Entre deux prises, l'organisme élimine exactement la moitié de la quantité présente dans le sang.
On note un la quantité présente, en milligrammes, juste après la prise numéro n+1. La première prise correspond donc à u0=15.
La figure représente les droites d'équations y=0,5x+15 et y=x, ainsi que la construction en escalier des premiers termes à partir de u0.
a) Justifiez que, pour tout entier naturel n, un+1=0,5un+15, puis calculez u1, u2 et u3.
b) Expliquez comment la construction en escalier de la figure permet de lire u1, u2 et u3, et précisez le rôle de la droite y=x.
c) On pose vn=un−30. Montrez que (vn) est géométrique, puis exprimez un en fonction de n.
d) Montrez que la quantité présente dans le sang reste toujours strictement inférieure à 30 milligrammes, quel que soit le nombre de prises.
e) Le traitement n'est pleinement efficace qu'au-delà de 29,5 milligrammes. À partir de quelle prise ce seuil est-il dépassé ?
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Réponses
a)22,5 ; 26,25 ; 28,125
b)Escalier entre la droite et y=x
c)un=30−15×0,5n
d)un<30 toujours
e)n=5 : sixième prise
a)
Entre la prise numéro n+1 et la prise numéro n+2, il s'écoule six heures pendant lesquelles l'organisme élimine la moitié de la quantité présente : il en reste donc 0,5un. On administre ensuite 15 milligrammes, d'où un+1=0,5un+15. On obtient u1=0,5×15+15=22,5, u2=0,5×22,5+15=26,25 et u3=0,5×26,25+15=28,125 milligrammes.
b)
Partant de u0=15 sur l'axe des abscisses, on monte verticalement jusqu'à la droite y=0,5x+15 : l'ordonnée atteinte vaut 0,5u0+15, c'est-à-dire u1. La droite y=x sert ensuite à reporter cette ordonnée sur l'axe des abscisses : on se déplace horizontalement jusqu'à elle, et l'abscisse du point obtenu vaut de nouveau u1. On peut alors recommencer. L'escalier converge visiblement vers le point d'intersection des deux droites, dont l'abscisse est le point fixe du modèle.
c)
vn+1=un+1−30=0,5un+15−30=0,5un−15=0,5(un−30)=0,5vn. La suite (vn) est géométrique de raison 0,5 et de premier terme v0=15−30=−15. Donc vn=−15×0,5n et un=30−15×0,5n=30−2n15. Vérification : u3=30−815=30−1,875=28,125, conforme au a).
d)
Pour tout entier naturel n, 2n15 est strictement positif, donc un=30−2n15<30. La concentration s'approche du palier de 30 milligrammes sans jamais l'atteindre : le médicament ne s'accumule pas indéfiniment, parce que l'organisme élimine une fraction de ce qui est présent, donc d'autant plus que la quantité est grande. C'est ce mécanisme d'autolimitation qui rend le traitement sûr.
e)
On résout 30−2n15>29,5, soit 2n15<0,5, c'est-à-dire 2n>30. Comme 24=16 et 25=32, le plus petit entier convenable est n=5. On vérifie : u4=30−1615=29,0625, encore inférieur au seuil, et u5=30−3215=29,53125, qui le dépasse. Comme un correspond à la prise numéro n+1, le seuil est franchi à la sixième prise, soit trente heures après le début du traitement.
Exercice 7 : Remboursement d'un emprunt et mensualité minimale
Un emprunt de 20 000 dollars est contracté à un taux mensuel de 0,5 %. Chaque mois, la banque ajoute les intérêts au capital restant dû, puis l'emprunteur verse une mensualité de 400 dollars.
On note un le capital restant dû, en dollars, après n mensualités. Ainsi u0=20000 et un+1=1,005un−400.
La droite du temps ci-dessous représente la situation.
a) Calculez u1 et u2. Combien la première mensualité a-t-elle réellement remboursé de capital ?
b) Déterminez le point fixe de la relation de récurrence, puis exprimez un en fonction de n.
c) Déterminez le nombre de mensualités nécessaires pour éteindre la dette.
d) Estimez le coût total du crédit en assimilant toutes les mensualités à 400 dollars, puis expliquez pourquoi cette estimation est légèrement excessive.
e) L'emprunteur demande à ne verser que 80 dollars par mois. Montrez que la dette ne sera alors jamais remboursée, et déterminez la mensualité minimale permettant un remboursement.
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Réponses
a)19700 puis 19398,5 ; 300 dollars de capital
b)un=80000−60000×1,005n
c)58 mensualités
d)≈23072 dollars, ≈3070 d'intérêts
e)M>100 dollars
a)
u1=1,005×20000−400=20100−400=19700 dollars, puis u2=1,005×19700−400=19798,5−400=19398,5 dollars. La première mensualité de 400 dollars a d'abord payé 100 dollars d'intérêts, il n'en est resté que 300 pour rembourser du capital : la dette n'a baissé que de 300 dollars.
b)
Le point fixe vérifie ℓ=1,005ℓ−400, soit 0,005ℓ=400 et ℓ=80000. En posant vn=un−80000, on obtient vn+1=1,005vn, donc (vn) est géométrique de raison 1,005 et v0=20000−80000=−60000. Ainsi un=80000−60000×1,005n. Vérification : u2=80000−60000×1,010025=80000−60601,5=19398,5, conforme au a).
c)
La dette est éteinte lorsque un≤0, soit 60000×1,005n≥80000, c'est-à-dire 1,005n≥34. En passant au logarithme : n≥ln1,005ln34≈0,00498750,28768≈57,68. Il faut donc 58 mensualités, soit quatre ans et dix mois. On vérifie que u57≈271 dollars est encore positif, tandis que u58 serait négatif : la 58e mensualité est réduite au solde restant.
d)
En comptant 58 mensualités pleines, le total versé serait 58×400=23200 dollars, pour 20 000 dollars empruntés, soit environ 3200 dollars d'intérêts. L'estimation est légèrement excessive parce que la dernière mensualité n'est pas de 400 dollars : elle se limite au solde de 271 dollars augmenté de ses intérêts, soit environ 272 dollars. Le coût réel est donc plus proche de 57×400+272≈23072 dollars, et les intérêts d'environ 3070 dollars.
e)
Avec une mensualité M, le point fixe vaut ℓ=0,005M=200M et un=200M+(20000−200M)×1,005n. Pour M=80, on trouve ℓ=16000 et un=16000+4000×1,005n : comme 1,005>1, la dette croît indéfiniment. Le remboursement n'est possible que si le coefficient 20000−200M est strictement négatif, c'est-à-dire M>100 dollars. Ce seuil a une lecture immédiate : 100 dollars sont exactement les intérêts du premier mois, 0,005×20000. Une mensualité qui ne couvre pas les intérêts ne rembourse rien, et le cas M=100 laisse la dette figée à 20 000 dollars pour toujours.
Exercice 8 : Modèle linéaire contre modèle exponentiel
Deux services de streaming lancés le même mois publient leurs prévisions d'abonnés. Le service A compte 500 abonnés au départ et prévoit d'en gagner 80 de plus chaque mois. Le service B compte 200 abonnés au départ et prévoit une croissance de 12 % par mois.
On note an et bn les nombres d'abonnés au bout de n mois.
a) Exprimez an et bn en fonction de n, en précisant la nature de chaque suite.
b) Calculez a6, b6, a12 et b12, les valeurs de b étant arrondies à l'unité. Lequel des deux services est en tête au bout d'un an ?
c) Déterminez, par balayage à la calculatrice, le premier mois où le service B dépasse le service A. Encadrez votre réponse en donnant les deux nombres d'abonnés au rang précédent.
d) Justifiez qu'un modèle géométrique de raison strictement supérieure à 1 finit toujours par dépasser un modèle arithmétique, quels que soient leurs points de départ et leur raison.
e) Le service B annonce ses prévisions à cinq ans. Calculez b60 et commentez la crédibilité de l'annonce, sachant que la ville visée compte 300 000 habitants.
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Réponses
a)an=500+80n ; bn=200×1,12n
b)980 et 395 ; 1460 et 779 : A en tête
c)Au 22e mois
d)L'accroissement géométrique grandit sans limite
e)b60≈179500 : 60 % de la ville, pas crédible
a)
Le service A gagne un nombre fixe d'abonnés chaque mois : la suite (an) est arithmétique de raison 80 et de premier terme 500, donc an=500+80n. Le service B est multiplié par 1,12 chaque mois : la suite (bn) est géométrique de raison 1,12 et de premier terme 200, donc bn=200×1,12n.
b)
a6=500+480=980 abonnés et b6=200×1,126≈200×1,97382≈395 abonnés. a12=500+960=1460 abonnés et b12=200×1,1212≈200×3,89598≈779 abonnés. Au bout d'un an, le service A reste largement en tête, avec près du double des abonnés de B.
c)
On teste des rangs successifs. Au rang 21 : a21=500+1680=2180 et b21≈200×10,8038≈2161, donc A est encore devant. Au rang 22 : a22=500+1760=2260 et b22≈200×12,1003≈2420, donc B passe devant. Le premier mois où B dépasse A est donc le 22e mois, alors qu'un mois plus tôt il était encore en retard de 19 abonnés environ.
d)
Une suite arithmétique croît d'une quantité constante à chaque rang, tandis qu'une suite géométrique de raison q>1 croît d'une quantité bn(q−1), proportionnelle au terme atteint, donc de plus en plus grande. Dès que bn(q−1) dépasse la raison arithmétique, l'écart entre les deux suites augmente à chaque rang et ne cesse plus d'augmenter. Comme qn tend vers +∞, ce moment finit toujours par arriver, quel que soit l'avantage initial de la suite arithmétique. C'est le principe des croissances comparées : l'exponentielle l'emporte sur le linéaire.
e)
b60=200×1,1260≈200×897,6≈179500 abonnés. Le modèle prévoit donc que près de 60 % des habitants de la ville, nourrissons et grands-parents compris, seront abonnés à ce seul service. L'annonce n'est pas crédible : une croissance de 12 % par mois décrit une phase de lancement sur un marché encore vide, pas un régime durable. Dès que le marché sature, le taux de croissance s'effondre. Il faudrait un modèle à palier, par exemple une suite arithmético-géométrique dont le point fixe serait la taille du marché accessible.
Exercice 9 : Gestion d'un stock et stabilité de l'équilibre
Une population de poissons pèse 5000 tonnes au départ. Chaque année, elle augmente de 20 % par reproduction naturelle, puis une quantité fixe P, exprimée en tonnes, est prélevée par la pêche.
On note un la biomasse, en tonnes, au bout de n années : u0=5000 et un+1=1,2un−P.
a) On fixe P=900. Déterminez le point fixe, exprimez un en fonction de n et décrivez l'évolution du stock.
b) On fixe maintenant P=1100. Exprimez un et déterminez au bout de combien d'années le stock est épuisé.
c) Déterminez la valeur de P pour laquelle la biomasse reste exactement constante au fil des années.
d) On applique le prélèvement trouvé au c), mais la biomasse réelle de départ n'était que de 4990 tonnes au lieu des 5000 estimées. Exprimez un et déterminez au bout de combien d'années le stock s'effondre.
e) Comparez avec le modèle de l'exercice 6, dont la raison était 0,5. Énoncez la règle générale qui décide si un équilibre est stable ou instable, et expliquez ce qu'elle implique pour un gestionnaire de pêcherie.
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Réponses
a)un=4500+500×1,2n : croissance sans limite
b)un=5500−500×1,2n : épuisé la 14e année
c)P=1000 t
d)un=5000−10×1,2n : effondrement la 35e année
e)Stable si ∣a∣<1, instable si ∣a∣>1
a)
Le point fixe vérifie ℓ=1,2ℓ−900, soit 0,2ℓ=900 et ℓ=4500. En posant vn=un−4500, on obtient une suite géométrique de raison 1,2 et de premier terme v0=500, donc un=4500+500×1,2n. Comme 1,2>1, la biomasse croît sans limite : au bout de dix ans, u10=4500+500×6,1917≈7596 tonnes. Le prélèvement est trop faible, la population s'accroît indéfiniment, ce qui n'est d'ailleurs pas réaliste sur le long terme.
b)
Le point fixe vaut cette fois ℓ=0,21100=5500 et v0=5000−5500=−500, donc un=5500−500×1,2n. Le stock est épuisé lorsque un≤0, soit 1,2n≥11, c'est-à-dire n≥ln1,2ln11≈0,182322,3979≈13,15. On vérifie que u13≈150 tonnes et que u14 serait négatif : la pêcherie s'effondre au cours de la quatorzième année.
c)
La biomasse reste constante si u0 est lui-même le point fixe, c'est-à-dire si 0,2P=5000, soit P=1000 tonnes. C'est exactement la croissance annuelle du stock initial, 0,2×5000 : on ne prélève que ce que la population produit.
d)
Avec P=1000, le point fixe reste 5000, mais v0=4990−5000=−10, donc un=5000−10×1,2n. Le stock s'annule lorsque 1,2n≥500, soit n≥ln1,2ln500≈0,182326,2146≈34,09 : l'effondrement survient au cours de la 35e année. Une erreur d'estimation de deux pour mille suffit donc à détruire la pêcherie, simplement parce qu'elle est amplifiée d'un facteur 1,2 chaque année.
e)
Dans l'exercice 6, la raison valait 0,5, inférieure à 1 en valeur absolue : l'écart vn=v0an tendait vers 0 et le modèle revenait spontanément vers son palier. L'équilibre était stable. Ici la raison vaut 1,2, supérieure à 1 : l'écart initial est multiplié par 1,2 chaque année, donc il grandit sans limite quel que soit son signe. L'équilibre est instable. La règle générale est donc : pour un+1=aun+b avec a=1, le point fixe est un équilibre stable si ∣a∣<1, instable si ∣a∣>1. Pour un gestionnaire, la conséquence est claire : viser exactement le prélèvement maximal soutenable est la stratégie la plus dangereuse qui soit, car la moindre erreur de mesure ou de reproduction, dans un sens ou dans l'autre, s'amplifie au lieu de se corriger. Il faut prélever nettement moins et garder une marge.
Exercice 10 : Lecture critique d'un modèle discret
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou trompeuse. Expliquez précisément pourquoi, en appuyant chaque réponse sur un calcul ou un contre-exemple.
a) « La suite définie par un+1=1,02un augmente de 2 % par an, donc de 20 % au bout de dix ans. »
b) « Une suite décroissante et à termes positifs tend nécessairement vers 0. »
c) « La suite définie par un+1=0,9un+5 est décroissante, puisque le coefficient 0,9 est inférieur à 1. »
d) « Le prix d'un article a baissé de 10 % par an pendant cinq ans : il a donc baissé de 50 % au total. »
e) « La suite un=1000×0,999n est pratiquement constante, puisque la raison est presque égale à 1. »
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Réponses
a)Faux : +21,9 %
b)Faux : 2+n+11→2
c)Faux : dépend de u0 (u0=10 donne une suite croissante)
d)Faux : −40,95 %
e)Faux : u1000≈367,7, limite 0
a)
Les pourcentages ne s'additionnent pas, ils se multiplient. Au bout de dix ans le terme est multiplié par 1,0210≈1,218994, soit une hausse d'environ 21,9 % et non de 20 %. L'écart, ici modeste, vient des intérêts qui portent eux-mêmes des intérêts, et il grandit très vite avec le nombre de périodes : sur trente ans, 1,0230≈1,811, soit 81,1 % au lieu des 60 % que donnerait l'addition.
b)
Faux. La suite un=2+n+11 est strictement décroissante et à termes strictement positifs, mais elle tend vers 2. Une suite décroissante et minorée converge, mais elle converge vers sa borne inférieure, qui n'a aucune raison d'être nulle. Pour conclure à une limite nulle, il faut un argument supplémentaire, par exemple une majoration par une suite géométrique de raison strictement comprise entre 0 et 1.
c)
Faux, cela dépend du premier terme. Le point fixe vaut ℓ=1−0,95=50, et un=50+(u0−50)×0,9n. Si u0=100, la suite décroît vers 50 ; mais si u0=10, alors u1=0,9×10+5=14, puis u2=17,6 : elle croît vers 50. Le coefficient 0,9 ne décide pas du sens de variation, il décide seulement de la convergence vers le palier et de la vitesse à laquelle on s'en approche. C'est la position de u0 par rapport à ℓ qui donne le sens.
d)
Faux, même erreur qu'au a) dans l'autre sens. Le prix est multiplié par 0,9 cinq fois, donc par 0,95=0,59049 : la baisse totale est de 40,95 % et non de 50 %. Une baisse répétée porte à chaque fois sur un prix déjà diminué, donc elle porte sur une base plus petite. C'est d'ailleurs pour la même raison qu'une baisse de 20 % suivie d'une hausse de 20 % ne ramène pas au prix initial.
e)
Faux si l'on regarde le long terme. La raison est strictement inférieure à 1, donc la suite tend vers 0, et un palier n'existe pas. Ce qui est vrai, c'est que la décroissance est lente : u100≈904,8, la baisse n'est que de 9,5 % au bout de cent rangs. Mais u1000≈367,7 et u5000≈6,7. La leçon est qu'une raison proche de 1 ne change pas la nature du comportement asymptotique, elle ne change que l'échelle de temps sur laquelle il se manifeste. Toute la question est de savoir si l'horizon d'étude est court ou long devant cette échelle.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Une épargne qui augmente chaque semaine
Une élève dépose 5 dollars dans sa tirelire la première semaine, puis chaque semaine 2 dollars de plus que la semaine précédente. On note un le dépôt de la semaine n, avec u1=5.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Quelle est la nature de la suite (un) ? Calculez u10.
b) Calculez le dépôt de la 52e semaine.
c) Calculez la somme totale épargnée au bout de 52 semaines.
d) Montrez que la somme épargnée au bout de n semaines vaut n(n+4), puis déterminez au bout de combien de semaines elle dépasse 1000 dollars.
e) Son frère dépose chaque semaine la même somme, 56 dollars, ce qui lui donne le même total au bout d'un an. Lequel des deux atteint 1000 dollars le premier ?
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Réponses
a)Arithmétique de raison 2 ; u10=23
b)u52=107
c)2912 dollars
d)Sn=n(n+4) : 30 semaines
e)Le frère, dès 18 semaines
a)
On ajoute 2 à chaque semaine : la suite est arithmétique de raison 2 et de premier terme u1=5, donc un=5+2(n−1) et u10=5+18=23 dollars. Le premier terme est u1 et non u0 : il y a n−1 augmentations entre la semaine 1 et la semaine n.
b)
u52=5+2×51=107 dollars.
c)
La somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier : S=52×25+107=52×56=2912 dollars.
d)
Sn=n×25+5+2(n−1)=n×22n+8=n(n+4). On cherche n(n+4)>1000 : S29=29×33=957 et S30=30×34=1020. Il faut 30 semaines. On pouvait aussi résoudre n2+4n−1000=0, de racine positive ≈29,7.
e)
Le frère a 56n dollars au bout de n semaines et dépasse 1000 dès n=18, puisque 56×18=1008. Il y arrive douze semaines avant sa sœur : à total égal au bout de l'année, celui qui épargne régulièrement dès le début a plus d'argent pendant presque toute l'année, les dépôts croissants de sa sœur ne le rattrapant qu'à la fin.
Exercice 12 : La légende de l'échiquier
Selon la légende, l'inventeur des échecs demanda pour récompense un grain de blé sur la première case de l'échiquier, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite en doublant jusqu'à la 64e case.
On prend une masse de 0,05g par grain et une production mondiale de blé d'environ 8×108 tonnes par an.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Combien de grains y a-t-il sur la 64e case ? Donnez l'ordre de grandeur.
b) Montrez que le nombre total de grains vaut 264−1 et donnez-en l'ordre de grandeur.
c) Calculez la masse totale de blé, en tonnes.
d) Combien d'années de production mondiale faudrait-il ?
e) À partir de quelle case le total accumulé dépasse-t-il une tonne ?
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Réponses
a)263≈9,2×1018
b)264−1≈1,8×1019
c)≈9,2×1011 tonnes
d)≈1150 ans
e)25e case
a)
La case n porte 2n−1 grains, donc la 64e en porte 263≈9,2×1018.
b)
C'est la somme des 64 premiers termes d'une suite géométrique de premier terme 1 et de raison 2 : 1+2+⋯+263=2−1264−1=264−1≈1,8×1019. On remarque que la dernière case porte à elle seule plus de la moitié du total.
8×1089,2×1011≈1150 ans de production mondiale actuelle : la récompense était impossible à payer.
e)
Une tonne vaut 106g, soit 0,05106=2×107 grains. Il faut 2n−1≥2×107, soit n≥ln2ln(2×107+1)≈24,3 : dès la 25e case, soit à peine plus du tiers de l'échiquier.
Exercice 13 : Le flocon de Koch : un périmètre infini autour d'une aire finie
On part d'un triangle équilatéral de côté 1. À chaque étape, on remplace chaque segment par quatre segments trois fois plus courts, en dessinant un petit triangle équilatéral vers l'extérieur sur le tiers central. Après l'étape n, on note Nn le nombre de côtés, Pn le périmètre et An l'aire.
On rappelle qu'un triangle équilatéral de côté s a pour aire 43s2 ; on note A0=43.
La figure donne les trois premières étapes de la construction.
a) Justifiez que Nn=3×4n et calculez N3.
b) Montrez que Pn=3×(34)n et calculez P3, au millième.
c) À partir de quelle étape le périmètre dépasse-t-il 100 ? Quelle est la limite de (Pn) ?
d) À l'étape k, on ajoute Nk−1 triangles de côté (31)k. Montrez que l'aire ajoutée vaut 3A0(94)k−1.
e) Déduisez-en la limite de An en fonction de A0, puis sa valeur au millième.
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Réponses
a)N3=192
b)P3≈7,111
c)Étape 13 ; Pn→+∞
d)3×4k−1×9kA0 ✓
e)An→58A0≈0,693
a)
Chaque segment en devient quatre : Nn+1=4Nn, suite géométrique de raison 4 et de premier terme N0=3. N3=3×64=192.
b)
Le nombre de côtés est multiplié par 4 et leur longueur divisée par 3 : le périmètre est multiplié par 34 à chaque étape. P3=3×2764≈7,111.
c)
3(34)n>100 donne n>ln(4/3)ln(100/3)≈12,2 : dès l'étape 13. Comme 34>1, (Pn) tend vers +∞ : le périmètre dépasse n'importe quelle longueur.
d)
Aire ajoutée : Nk−1×A0×(31)2k=3×4k−1×9kA0=93A0×9k−14k−1=3A0(94)k−1. Un triangle de côté divisé par 3k a une aire divisée par 9k, et non par 3k.
e)
An=A0+3A0(1+94+⋯+(94)n−1). Comme 94<1, la somme tend vers 1−941=59, donc An tend vers A0(1+53)=58A0≈0,693. Le flocon a une aire finie, 1,6 fois celle du triangle de départ, et un périmètre infini : il tient dans le disque circonscrit au triangle, mais on ne pourrait pas en faire le tour.
Exercice 14 : Les lapins de Fibonacci et le nombre d'or
En 1202, Fibonacci modélise une population de lapins par la suite F1=1, F2=1 et Fn+2=Fn+1+Fn : chaque terme est la somme des deux précédents.
a) Calculez les termes jusqu'à F10.
b) Calculez F11, F12, puis le quotient F11F12 au cent-millième.
c) On note φ=21+5, le nombre d'or. Calculez φ au millionième et vérifiez que φ2=φ+1. Pourquoi cette égalité explique-t-elle le résultat de b) ?
d) On admet que Fn est l'entier le plus proche de 5φn. Calculez F20 par cette formule.
e) La suite (Fn) est-elle géométrique ? Combien de chiffres F50 compte-t-il ?
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Réponses
a)F10=55
b)89, 144 ; quotient ≈1,61798
c)φ≈1,618034, φ2=φ+1
d)F20=6765
e)Non géométrique ; F50 a 11 chiffres
a)
1,1,2,3,5,8,13,21,34,55 : F10=55.
b)
F11=34+55=89 et F12=55+89=144. 89144≈1,61798.
c)
φ≈1,618034, et φ2=46+25=23+5=φ+1 ✓. Si le quotient FnFn+1 tend vers une limite q, en divisant Fn+2=Fn+1+Fn par Fn+1 on obtient à la limite q=1+q1, soit q2=q+1 : la limite positive est φ, et le quotient 1,61798 en est déjà très proche.
d)
φ20≈15127,0 et 515127,0≈6765,00003 : F20=6765. L'erreur est minuscule, parce que le terme correctif, en (21−5)n, tend vers 0.
e)
Non : F2F3=2 mais F3F4=1,5, le quotient n'est pas constant. Elle se comporte pourtant presque comme une suite géométrique de raison φ. log10(5φ50)=50log10φ−log105≈10,45−0,35=10,10, donc F50 compte 11 chiffres ; en effet F50=12586269025.
Exercice 15 : Un budget carbone et une somme géométrique
Un pays émet 400 millions de tonnes de CO2 l'année 0 et s'engage à réduire ses émissions de 4% chaque année. On note en les émissions de l'année n, en millions de tonnes, et Sn=e0+e1+⋯+en le total émis de l'année 0 à l'année n incluse.
a) Exprimez en et calculez e10, au dixième.
b) Au bout de combien d'années les émissions annuelles sont-elles divisées par deux ?
c) Montrez que Sn=10000(1−0,96n+1) et calculez S9, total des dix premières années.
d) Vers quelle valeur Sn tend-il ? Interprétez.
e) Pour tenir son objectif, le pays ne doit pas émettre plus de 6000 millions de tonnes au total. En quelle année ce budget est-il dépassé ? Quel taux de réduction annuel aurait permis de ne jamais le dépasser ?
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Réponses
a)en=400×0,96n ; e10≈265,9
b)17 ans
c)S9≈3351,7
d)Limite 10000 Mt
e)Année 22 ; il fallait r≥6,7 %
a)
Suite géométrique de raison 0,96 : en=400×0,96n et e10=400×0,9610≈265,9 millions de tonnes. Baisser de 4% par an pendant 10 ans ne fait pas baisser de 40%, mais de 33,5%.
b)
0,96n≤0,5 donne n≥ln0,96ln0,5≈16,98 : 17 ans.
c)
Somme de n+1 termes d'une suite géométrique de premier terme 400 et de raison 0,96 : Sn=400×1−0,961−0,96n+1=10000(1−0,96n+1). S9=10000(1−0,9610)≈3351,7 millions de tonnes.
d)
0,96n+1 tend vers 0, donc Sn tend vers 10000 millions de tonnes. Même en réduisant indéfiniment, le pays émettra au total 25 fois ses émissions actuelles : c'est le cumul qui compte pour le climat, pas le rythme d'une année.
e)
Sn>6000 équivaut à 0,96n+1<0,4, soit n+1>ln0,96ln0,4≈22,4 : n+1=23, le budget est dépassé au cours de l'année 22. Vérification : S21≈5927 et S22≈6089. Avec un taux r, la limite vaut r400, et r400≤6000 impose r≥151≈6,7% par an.
Partie D : une récurrence non affine (/10)
Exercice 16 : Des lièvres sur une île : le modèle de Verhulst discret
On introduit 50 lièvres sur une île sans prédateur. On modélise l'effectif un au bout de n années par le modèle de Verhulst discret : u0=50 et un+1=un+0,0016un(500−un). Le nombre 500 représente la capacité d'accueil de l'île. On note f(x)=x+0,0016x(500−x), de sorte que un+1=f(un).
La figure représente la courbe de f et la droite d'équation y=x, en pointillés, dans un repère orthonormé.
a) Montrez que f(x)=1,8x−0,0016x2, puis calculez u1, u2 et u3, au centième.
b) Construisez sur la figure les premiers termes de la suite, en escalier, à partir de u0 placé sur l'axe des abscisses. Conjecturez le sens de variation et la limite de (un).
c) Déterminez les réels x tels que f(x)=x, et interprétez-les dans le contexte.
d) Étudiez le sens de variation de f sur [0;600], puis montrez que, si 0≤x≤500, alors x≤f(x)≤500. En quoi cela étaye-t-il la conjecture du b) ?
e) Sur une autre île, plus fertile, le modèle devient vn+1=g(vn) avec g(x)=x+0,005x(500−x) et v0=50. Un programme affiche les termes de v20 à v27 : 350,62 ; 612,50 ; 267,97 ; 578,86 ; 350,62 ; 612,50 ; 267,97 ; 578,86. Quel est le point fixe non nul de g ? Que conjecturez-vous ? Calculez f′(500) et g′(500) et rapprochez-les de la règle de stabilité de l'exercice 9.
b)Escalier croissant vers (500;500) : (un) croissante, limite conjecturée 500
c)x=0 ou x=500 : île vide, île à sa capacité
d)f croissante sur [0;562,5] ; x≤f(x)≤500 : suite croissante, majorée par 500
e)Point fixe 500 ; cycle de quatre valeurs, pas de limite ; f′(500)=0,2, g′(500)=−1,5
a)
f(x)=x+0,8x−0,0016x2=1,8x−0,0016x2. Alors u1=f(50)=90−4=86, u2=f(86)=154,8−11,8336≈142,97 et u3=f(u2)≈224,64. On calcule u3 à partir de la valeur NON arrondie de u2, sinon les arrondis s'accumulent d'un terme à l'autre. La récurrence n'est pas affine : aucune suite auxiliaire ne la rend géométrique, et il n'y a pas de formule explicite de un.
b)
On place u0=50 sur l'axe des abscisses, on monte verticalement jusqu'à la courbe de f : l'ordonnée atteinte est u1. On la reporte sur l'axe des abscisses grâce à la droite y=x, en se déplaçant horizontalement jusqu'à elle, puis on remonte jusqu'à la courbe pour obtenir u2, et ainsi de suite (figure de la correction). L'escalier monte et se resserre vers le point d'intersection (500;500) : on conjecture que (un) est croissante et converge vers 500. La population augmente vite au début, puis ralentit à l'approche de la capacité de l'île.
c)
f(x)=x équivaut à 0,0016x(500−x)=0, soit x=0 ou x=500. Ce sont les deux effectifs qui ne bougent pas d'une année sur l'autre : l'île vide, et l'île à sa capacité d'accueil. Si la suite converge, sa limite est un point fixe de f, puisque f est continue ; la conjecture désigne 500, le seul compatible avec une suite croissante partie de 50.
d)
f′(x)=1,8−0,0032x, positif pour x≤0,00321,8=562,5 : f est croissante sur [0;562,5] et décroissante ensuite, avec un maximum f(562,5)=506,25. Si 0≤x≤500, d'une part f(x)−x=0,0016x(500−x)≥0, donc f(x)≥x ; d'autre part f croissante sur [0;500] donne f(x)≤f(500)=500. Comme u0=50 est dans [0;500], tous les termes y restent, et chacun est supérieur ou égal au précédent : la suite est croissante et ne dépasse jamais 500. C'est ce que l'escalier montrait ; le programme de l'option demande de conjecturer la limite, et ces deux propriétés rendent la conjecture 500 très solide.
e)
g(x)=x donne encore x=0 ou x=500 : même capacité d'accueil. Pourtant les termes affichés ne s'en approchent pas : ils reviennent tous les quatre rangs (v24=v20, v25=v21...). On conjecture que (vn) n'a PAS de limite et finit par parcourir un cycle de quatre valeurs, la population dépassant la capacité de l'île puis s'effondrant. Pentes au point fixe : f′(500)=1,8−1,6=0,2 et g′(x)=1+2,5−0,01x, donc g′(500)=3,5−5=−1,5. Près de 500, f et g se comportent comme la récurrence affine de coefficient cette pente : l'exercice 9 dit qu'un équilibre est stable si ce coefficient est entre −1 et 1, instable sinon. Avec 0,2, l'écart à 500 est divisé par cinq à chaque année ; avec −1,5, il change de signe et grossit, et la suite ne peut pas se poser sur l'équilibre.
À retenir : pour un+1=f(un), on trace l'escalier entre la courbe et la droite y=x ; une limite éventuelle est un point fixe, mais un point fixe n'est pas forcément la limite.
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