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Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : suites et modèles discrets (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur les suites et les modèles d'évolution discrets, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le thème « modèles définis par une suite » est le grand absent des annales que l'on trouve en ligne, alors qu'il tombe régulièrement. Toute la série tourne autour d'un seul outil, la suite arithmético-géométrique un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b, et de la question qui compte vraiment dans cette option : le modèle converge-t-il vers un palier, et ce palier est-il stable ?

Rappel de cours

  • Suite arithmétique de raison rr : un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr, et u0+u1++un=(n+1)×u0+un2u_{0}+u_{1}+\dots+u_{n}=(n+1)\times\frac{u_{0}+u_{n}}{2}.
  • Suite géométrique de raison qq : un=u0qnu_{n}=u_{0}q^{n}, et pour q1q\neq 1, 1+q++qn=1qn+11q1+q+\dots+q^{n}=\frac{1-q^{n+1}}{1-q}.
  • Limite de qnq^{n} : 0 si 1<q<1-1<q<1, ++\infty si q>1q>1, pas de limite si q1q\leq -1.
  • Suite arithmético-géométrique un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b avec a1a\neq 1 : on cherche d'abord le point fixe \ell vérifiant =a+b\ell=a\ell+b, soit =b1a\ell=\frac{b}{1-a}, puis on pose vn=unv_{n}=u_{n}-\ell. La suite (vn)(v_{n}) est géométrique de raison aa, donc un=+(u0)anu_{n}=\ell+(u_{0}-\ell)a^{n}.
  • Le point fixe est un palier atteint asymptotiquement lorsque a<1|a|<1 : c'est un équilibre stable. Lorsque a>1|a|>1, l'écart initial est amplifié : l'équilibre est instable.
  • Résoudre qn<sq^{n}<s avec 0<q<10<q<1 : on passe au logarithme, et l'inégalité change de sens car lnq<0\ln q<0, ce qui donne n>lnslnqn>\frac{\ln s}{\ln q}.
  • Un taux de t %t\ \% par période correspond à une multiplication par 1+t1001+\frac{t}{100}, jamais à une addition de taux d'une période à l'autre.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Reconnaître la nature d'une suite

On considère les quatre suites suivantes, définies chacune d'une manière différente.

un=3n+5u_{n}=3n+5 ; vn+1=0,8vnv_{n+1}=0{,}8v_{n} avec v0=200v_{0}=200 ; wn+1=wn+2n+1w_{n+1}=w_{n}+2n+1 avec w0=0w_{0}=0 ; tn=2n+15t_{n}=\frac{2^{n+1}}{5}.

  • a) Pour chacune des quatre suites, dites si elle est arithmétique, géométrique, ou ni l'une ni l'autre. Justifiez à chaque fois.
  • b) Exprimez vnv_{n} en fonction de nn et calculez v5v_{5}.
  • c) Calculez w0w_{0}, w1w_{1}, w2w_{2}, w3w_{3} et w4w_{4}, puis conjecturez une expression de wnw_{n}. Vérifiez la conjecture pour n=5n=5.
  • d) Un élève écrit : « tnt_{n} n'est pas géométrique, car il y a un +1+1 dans l'exposant et une division par 5. » Répondez-lui précisément.
Voir la correction

a) Pour (un)(u_{n}) : un+1un=3(n+1)+5(3n+5)=3u_{n+1}-u_{n}=3(n+1)+5-(3n+5)=3, constante. La suite est arithmétique de raison 3, de premier terme u0=5u_{0}=5. Pour (vn)(v_{n}) : la relation donnée est exactement vn+1=0,8vnv_{n+1}=0{,}8\,v_{n}, donc la suite est géométrique de raison 0,80{,}8. Pour (wn)(w_{n}) : wn+1wn=2n+1w_{n+1}-w_{n}=2n+1, qui dépend de nn, donc elle n'est pas arithmétique ; et les rapports w1w0\frac{w_{1}}{w_{0}} n'existe même pas puisque w0=0w_{0}=0, donc elle n'est pas géométrique. Pour (tn)(t_{n}) : tn+1tn=2n+2/52n+1/5=2\frac{t_{n+1}}{t_{n}}=\frac{2^{n+2}/5}{2^{n+1}/5}=2, constante : elle est géométrique de raison 2.

b) vn=200×0,8nv_{n}=200\times 0{,}8^{n}, donc v5=200×0,85=200×0,32768=65,536v_{5}=200\times 0{,}8^{5}=200\times 0{,}32768=65{,}536.

c) w0=0w_{0}=0, w1=0+1=1w_{1}=0+1=1, w2=1+3=4w_{2}=1+3=4, w3=4+5=9w_{3}=4+5=9, w4=9+7=16w_{4}=9+7=16. On reconnaît les carrés parfaits, donc on conjecture wn=n2w_{n}=n^{2}. Vérification : w5=w4+2×4+1=16+9=25=52w_{5}=w_{4}+2\times 4+1=16+9=25=5^{2}. La conjecture tient. Elle s'explique par l'identité (n+1)2=n2+2n+1(n+1)^{2}=n^{2}+2n+1, qui est exactement la relation de récurrence.

d) L'élève confond la forme d'écriture et la nature de la suite. Une suite est géométrique dès que le rapport de deux termes consécutifs est constant, quelle que soit la façon dont on l'écrit. Ici tn=25×2nt_{n}=\frac{2}{5}\times 2^{n} : le facteur 25\frac{2}{5} est simplement le premier terme t0t_{0}, et il disparaît dans le rapport. Le +1+1 de l'exposant ne fait que décaler la suite d'un rang. La raison est 2 et le premier terme est 0,40{,}4.

Exercice 2 : Variations et limites d'une suite géométrique

On considère les suites définies pour tout entier naturel nn par an=3×0,9na_{n}=3\times 0{,}9^{n}, bn=3×1,1nb_{n}=3\times 1{,}1^{n}, cn=3×(0,5)nc_{n}=3\times(-0{,}5)^{n} et dn=3×(1,5)nd_{n}=3\times(-1{,}5)^{n}.

  • a) Déterminez la limite de (an)(a_{n}) et celle de (bn)(b_{n}), en citant le critère utilisé.
  • b) Calculez c0c_{0}, c1c_{1}, c2c_{2} et c3c_{3}. La suite (cn)(c_{n}) est-elle monotone ? Admet-elle une limite ?
  • c) Calculez d0d_{0}, d1d_{1}, d2d_{2} et d3d_{3}. Que peut-on dire de (dn)(d_{n}) ?
  • d) On pose en=54×0,7ne_{n}=5-4\times 0{,}7^{n}. Montrez que en+1en=1,2×0,7ne_{n+1}-e_{n}=1{,}2\times 0{,}7^{n}, puis déduisez-en le sens de variation de (en)(e_{n}).
  • e) Déterminez la limite de (en)(e_{n}) et justifiez que en<5e_{n}<5 pour tout entier naturel nn.
Voir la correction

a) La limite de qnq^{n} vaut 0 lorsque 1<q<1-1<q<1. Comme 0,90{,}9 est dans cet intervalle, (an)(a_{n}) tend vers 0. Comme 1,1>11{,}1>1, la suite 1,1n1{,}1^{n} tend vers ++\infty, donc (bn)(b_{n}) tend vers ++\infty.

b) c0=3c_{0}=3, c1=1,5c_{1}=-1{,}5, c2=0,75c_{2}=0{,}75, c3=0,375c_{3}=-0{,}375. Les termes changent de signe à chaque rang, donc la suite n'est pas monotone. En revanche cn=3×0,5n|c_{n}|=3\times 0{,}5^{n} tend vers 0, donc (cn)(c_{n}) tend bien vers 0. Une suite peut donc converger sans être monotone.

c) d0=3d_{0}=3, d1=4,5d_{1}=-4{,}5, d2=6,75d_{2}=6{,}75, d3=10,125d_{3}=-10{,}125. La suite alterne de signe et sa valeur absolue 3×1,5n3\times 1{,}5^{n} tend vers ++\infty : les termes oscillent en s'amplifiant. La suite n'a donc pas de limite, ni finie ni infinie. C'est le cas q1q\leq -1.

d) en+1en=(54×0,7n+1)(54×0,7n)=4×0,7n(0,71)=4×0,7n×(0,3)=1,2×0,7ne_{n+1}-e_{n}=\left(5-4\times 0{,}7^{n+1}\right)-\left(5-4\times 0{,}7^{n}\right)=-4\times 0{,}7^{n}\left(0{,}7-1\right)=-4\times 0{,}7^{n}\times(-0{,}3)=1{,}2\times 0{,}7^{n}. Comme 0,7n>00{,}7^{n}>0 pour tout nn, cette différence est strictement positive : la suite (en)(e_{n}) est strictement croissante.

e) 0,7n0{,}7^{n} tend vers 0, donc ene_{n} tend vers 50=55-0=5. Par ailleurs 4×0,7n4\times 0{,}7^{n} est strictement positif pour tout nn, donc en=54×0,7n<5e_{n}=5-4\times 0{,}7^{n}<5. La suite est croissante et majorée par 5, sans jamais atteindre cette valeur : 5 est un palier approché, pas une valeur prise.

Exercice 3 : Somme des termes et plan d'épargne

Un parent verse 1200 dollars au début de chaque année sur un compte rémunéré à 4 % par an, pendant 10 ans. Chaque versement produit des intérêts jusqu'à la fin de la dixième année.

Le premier versement travaille donc 10 ans, le deuxième 9 ans, et ainsi de suite jusqu'au dernier qui ne travaille qu'un an.

  • a) Montrez que le capital acquis vaut S=1200(1,04+1,042++1,0410)S=1200\left(1{,}04+1{,}04^{2}+\dots+1{,}04^{10}\right).
  • b) À l'aide de la formule de la somme des termes d'une suite géométrique, calculez SS au centième de dollar près.
  • c) Quel est le montant total versé ? Quelle part du capital final provient des intérêts ?
  • d) Le parent aurait pu placer 12 000 dollars en une seule fois au début de la première année. Calculez le capital obtenu au bout de 10 ans.
  • e) Expliquez précisément d'où vient l'écart entre les deux stratégies, sans invoquer le taux qui est le même dans les deux cas.
Voir la correction

a) Le versement fait au début de l'année 1 est multiplié par 1,041{,}04 dix fois, il vaut donc 1200×1,04101200\times 1{,}04^{10} à la fin. Celui du début de l'année 2 est multiplié neuf fois, il vaut 1200×1,0491200\times 1{,}04^{9}, et ainsi de suite. Le dernier, fait au début de l'année 10, ne travaille qu'un an et vaut 1200×1,041200\times 1{,}04. En additionnant les dix versements on obtient bien S=1200(1,04+1,042++1,0410)S=1200\left(1{,}04+1{,}04^{2}+\dots+1{,}04^{10}\right).

b) La parenthèse est la somme de dix termes d'une suite géométrique de premier terme 1,041{,}04 et de raison 1,041{,}04, donc elle vaut 1,04×1,041011,0411{,}04\times\frac{1{,}04^{10}-1}{1{,}04-1}. Comme 1,04101,4802441{,}04^{10}\approx 1{,}480244, on obtient 0,4802440,0412,006107\frac{0{,}480244}{0{,}04}\approx 12{,}006107, puis 1,04×12,00610712,4863511{,}04\times 12{,}006107\approx 12{,}486351. Enfin S1200×12,48635114983,62S\approx 1200\times 12{,}486351\approx 14\,983{,}62 dollars.

c) Le total versé est 10×1200=1200010\times 1200=12\,000 dollars. Les intérêts représentent donc 14983,6212000=2983,6214\,983{,}62-12\,000=2\,983{,}62 dollars, soit environ 19,9 % du capital final.

d) Un placement unique de 12 000 dollars pendant 10 ans donne 12000×1,041012000×1,48024417762,9312\,000\times 1{,}04^{10}\approx 12\,000\times 1{,}480244\approx 17\,762{,}93 dollars.

e) L'écart vaut environ 2779,312\,779{,}31 dollars, et il ne vient pas du taux mais du temps de placement. Dans le plan par versements, seule la première tranche de 1200 dollars travaille dix ans ; la dernière ne travaille qu'un an. La durée moyenne de placement d'un dollar y est d'environ cinq ans et demi, contre dix ans dans le placement unique. Autrement dit, ce n'est pas la somme investie qui compte, c'est la somme multipliée par la durée pendant laquelle elle reste investie.

Exercice 4 : Suite arithmético-géométrique : la méthode

On considère la suite définie par u0=8u_{0}=8 et, pour tout entier naturel nn, un+1=0,75un+30u_{n+1}=0{,}75\,u_{n}+30.

Cette suite n'est ni arithmétique ni géométrique : c'est une suite arithmético-géométrique, et toute la méthode consiste à s'y ramener à une suite géométrique.

  • a) Calculez u1u_{1}, u2u_{2} et u3u_{3}. Vérifiez que la suite n'est ni arithmétique ni géométrique.
  • b) Déterminez le réel \ell tel que =0,75+30\ell=0{,}75\ell+30. Que représente-t-il pour la suite ?
  • c) On pose vn=un120v_{n}=u_{n}-120. Montrez que (vn)(v_{n}) est géométrique et précisez sa raison et son premier terme.
  • d) Déduisez-en l'expression de unu_{n} en fonction de nn, puis la limite de (un)(u_{n}).
  • e) Montrez que un+1un=0,25(120un)u_{n+1}-u_{n}=0{,}25\left(120-u_{n}\right) et déduisez-en, à l'aide de la question d), le sens de variation de (un)(u_{n}).
Voir la correction

a) u1=0,75×8+30=36u_{1}=0{,}75\times 8+30=36, u2=0,75×36+30=57u_{2}=0{,}75\times 36+30=57, u3=0,75×57+30=72,75u_{3}=0{,}75\times 57+30=72{,}75. Les différences valent 2828, 2121 puis 15,7515{,}75 : elles ne sont pas constantes, la suite n'est pas arithmétique. Les rapports valent 4,54{,}5 puis 1,5831{,}583\dots : ils ne sont pas constants non plus, elle n'est pas géométrique.

b) =0,75+30\ell=0{,}75\ell+30 donne 0,25=300{,}25\ell=30, soit =120\ell=120. C'est le point fixe : si un terme valait exactement 120, tous les suivants vaudraient 120 également. C'est le seul candidat possible pour une limite finie.

c) vn+1=un+1120=0,75un+30120=0,75un90=0,75(un120)=0,75vnv_{n+1}=u_{n+1}-120=0{,}75u_{n}+30-120=0{,}75u_{n}-90=0{,}75\left(u_{n}-120\right)=0{,}75\,v_{n}. La suite (vn)(v_{n}) est donc géométrique de raison 0,750{,}75, de premier terme v0=u0120=8120=112v_{0}=u_{0}-120=8-120=-112.

d) On a vn=112×0,75nv_{n}=-112\times 0{,}75^{n}, donc un=vn+120=120112×0,75nu_{n}=v_{n}+120=120-112\times 0{,}75^{n}. Vérification : u3=120112×0,421875=12047,25=72,75u_{3}=120-112\times 0{,}421875=120-47{,}25=72{,}75, ce qui correspond bien au a). Comme 0<0,75<10<0{,}75<1, le terme 0,75n0{,}75^{n} tend vers 0 et (un)(u_{n}) tend vers 120, sans jamais l'atteindre puisque 112×0,75n>0112\times 0{,}75^{n}>0.

e) un+1un=0,75un+30un=300,25un=0,25(120un)u_{n+1}-u_{n}=0{,}75u_{n}+30-u_{n}=30-0{,}25u_{n}=0{,}25\left(120-u_{n}\right). D'après la question d), un<120u_{n}<120 pour tout nn, donc 120un>0120-u_{n}>0 et la différence est strictement positive : la suite est strictement croissante. On retrouve la lecture naturelle du modèle : tant qu'on est en dessous du palier, on monte, et d'autant plus vite qu'on en est loin.

Exercice 5 : Recherche de seuil et algorithme

On reprend la suite de l'exercice précédent : u0=8u_{0}=8 et un+1=0,75un+30u_{n+1}=0{,}75\,u_{n}+30, dont on a établi que un=120112×0,75nu_{n}=120-112\times 0{,}75^{n}.

On cherche le plus petit entier nn tel que un>119u_{n}>119. La fonction Python ci-dessous doit renvoyer cet entier, mais deux lignes sont incomplètes.

def seuil():
    u = 8
    n = 0
    while ... :
        u = ...
        n = n + 1
    return n
  • a) Recopiez et complétez les deux lignes incomplètes.
  • b) Résolvez l'inéquation un>119u_{n}>119 par le calcul, en détaillant le passage au logarithme et le changement de sens de l'inégalité.
  • c) Calculez u16u_{16} et u17u_{17} au millième près et vérifiez que votre réponse au b) est cohérente.
  • d) Un élève remplace la condition de la boucle par `while u <= 121:`. Que se passe-t-il à l'exécution ? Justifiez sans exécuter le programme.
  • e) Modifiez la fonction pour qu'elle renvoie à la fois le rang cherché et la valeur de uu atteinte à ce rang.
Voir la correction

a) La boucle doit tourner tant que le seuil n'est pas dépassé, et chaque tour doit appliquer la relation de récurrence. On écrit donc `while u <= 119:` puis `u = 0.75*u + 30`. Attention au sens de la condition : on continue tant que u119u\leq 119, et on sort dès que u>119u>119.

b) un>119u_{n}>119 équivaut à 120112×0,75n>119120-112\times 0{,}75^{n}>119, soit 112×0,75n<1112\times 0{,}75^{n}<1, c'est-à-dire 0,75n<11120{,}75^{n}<\frac{1}{112}. En passant au logarithme népérien, qui est croissant : nln0,75<ln112n\ln 0{,}75<-\ln 112. Comme ln0,750,2877\ln 0{,}75\approx -0{,}2877 est négatif, la division par ln0,75\ln 0{,}75 renverse l'inégalité : n>ln112ln0,75=ln112ln434,71850,2876816,40n>\frac{-\ln 112}{\ln 0{,}75}=\frac{\ln 112}{\ln\frac{4}{3}}\approx\frac{4{,}7185}{0{,}28768}\approx 16{,}40. Le plus petit entier convenable est donc n=17n=17, et la fonction renvoie 17.

c) 0,75160,01002260{,}75^{16}\approx 0{,}0100226 donne u161201,1225118,877u_{16}\approx 120-1{,}1225\approx 118{,}877, qui est bien inférieur à 119. Et 0,75170,00751690{,}75^{17}\approx 0{,}0075169 donne u171200,8419119,158u_{17}\approx 120-0{,}8419\approx 119{,}158, qui dépasse 119. Le rang 17 est donc bien le premier à franchir le seuil.

d) Le programme ne s'arrête jamais. La suite est strictement croissante mais majorée par 120 : elle ne dépasse donc jamais 121, la condition `u <= 121` reste vraie indéfiniment et la boucle tourne sans fin. C'est le piège classique de la recherche de seuil sur une suite convergente : un seuil placé au-delà de la limite rend la boucle infinie. Avant d'écrire un `while`, il faut vérifier que le seuil visé est bien atteignable.

e) Il suffit de renvoyer les deux valeurs : on remplace la dernière ligne par `return n, u`. La fonction renvoie alors le couple (17 ; 119,158)(17\ ;\ 119{,}158) à l'affichage près. On pourrait aussi ajouter un paramètre à la fonction, par exemple `def seuil(cible):`, et utiliser `while u <= cible:` pour la rendre réutilisable avec n'importe quel seuil.

def seuil(cible):
    u = 8
    n = 0
    while u <= cible:
        u = 0.75*u + 30
        n = n + 1
    return n, u

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Doses répétées d'un médicament

Un patient prend 15 milligrammes d'un médicament toutes les six heures. Entre deux prises, l'organisme élimine exactement la moitié de la quantité présente dans le sang.

On note unu_{n} la quantité présente, en milligrammes, juste après la prise numéro n+1n+1. La première prise correspond donc à u0=15u_{0}=15.

La figure représente les droites d'équations y=0,5x+15y=0{,}5x+15 et y=xy=x, ainsi que la construction en escalier des premiers termes à partir de u0u_{0}.

5101520253051015202530y = 0,5x + 15y = xu0 = 15
  • a) Justifiez que, pour tout entier naturel nn, un+1=0,5un+15u_{n+1}=0{,}5\,u_{n}+15, puis calculez u1u_{1}, u2u_{2} et u3u_{3}.
  • b) Expliquez comment la construction en escalier de la figure permet de lire u1u_{1}, u2u_{2} et u3u_{3}, et précisez le rôle de la droite y=xy=x.
  • c) On pose vn=un30v_{n}=u_{n}-30. Montrez que (vn)(v_{n}) est géométrique, puis exprimez unu_{n} en fonction de nn.
  • d) Montrez que la quantité présente dans le sang reste toujours strictement inférieure à 30 milligrammes, quel que soit le nombre de prises.
  • e) Le traitement n'est pleinement efficace qu'au-delà de 29,5 milligrammes. À partir de quelle prise ce seuil est-il dépassé ?
Voir la correction

a) Entre la prise numéro n+1n+1 et la prise numéro n+2n+2, il s'écoule six heures pendant lesquelles l'organisme élimine la moitié de la quantité présente : il en reste donc 0,5un0{,}5\,u_{n}. On administre ensuite 15 milligrammes, d'où un+1=0,5un+15u_{n+1}=0{,}5\,u_{n}+15. On obtient u1=0,5×15+15=22,5u_{1}=0{,}5\times 15+15=22{,}5, u2=0,5×22,5+15=26,25u_{2}=0{,}5\times 22{,}5+15=26{,}25 et u3=0,5×26,25+15=28,125u_{3}=0{,}5\times 26{,}25+15=28{,}125 milligrammes.

b) Partant de u0=15u_{0}=15 sur l'axe des abscisses, on monte verticalement jusqu'à la droite y=0,5x+15y=0{,}5x+15 : l'ordonnée atteinte vaut 0,5u0+150{,}5u_{0}+15, c'est-à-dire u1u_{1}. La droite y=xy=x sert ensuite à reporter cette ordonnée sur l'axe des abscisses : on se déplace horizontalement jusqu'à elle, et l'abscisse du point obtenu vaut de nouveau u1u_{1}. On peut alors recommencer. L'escalier converge visiblement vers le point d'intersection des deux droites, dont l'abscisse est le point fixe du modèle.

c) vn+1=un+130=0,5un+1530=0,5un15=0,5(un30)=0,5vnv_{n+1}=u_{n+1}-30=0{,}5u_{n}+15-30=0{,}5u_{n}-15=0{,}5\left(u_{n}-30\right)=0{,}5\,v_{n}. La suite (vn)(v_{n}) est géométrique de raison 0,50{,}5 et de premier terme v0=1530=15v_{0}=15-30=-15. Donc vn=15×0,5nv_{n}=-15\times 0{,}5^{n} et un=3015×0,5n=30152nu_{n}=30-15\times 0{,}5^{n}=30-\frac{15}{2^{n}}. Vérification : u3=30158=301,875=28,125u_{3}=30-\frac{15}{8}=30-1{,}875=28{,}125, conforme au a).

d) Pour tout entier naturel nn, 152n\frac{15}{2^{n}} est strictement positif, donc un=30152n<30u_{n}=30-\frac{15}{2^{n}}<30. La concentration s'approche du palier de 30 milligrammes sans jamais l'atteindre : le médicament ne s'accumule pas indéfiniment, parce que l'organisme élimine une fraction de ce qui est présent, donc d'autant plus que la quantité est grande. C'est ce mécanisme d'autolimitation qui rend le traitement sûr.

e) On résout 30152n>29,530-\frac{15}{2^{n}}>29{,}5, soit 152n<0,5\frac{15}{2^{n}}<0{,}5, c'est-à-dire 2n>302^{n}>30. Comme 24=162^{4}=16 et 25=322^{5}=32, le plus petit entier convenable est n=5n=5. On vérifie : u4=301516=29,0625u_{4}=30-\frac{15}{16}=29{,}0625, encore inférieur au seuil, et u5=301532=29,53125u_{5}=30-\frac{15}{32}=29{,}53125, qui le dépasse. Comme unu_{n} correspond à la prise numéro n+1n+1, le seuil est franchi à la sixième prise, soit trente heures après le début du traitement.

Exercice 7 : Remboursement d'un emprunt et mensualité minimale

Un emprunt de 20 000 dollars est contracté à un taux mensuel de 0,5 %. Chaque mois, la banque ajoute les intérêts au capital restant dû, puis l'emprunteur verse une mensualité de 400 dollars.

On note unu_{n} le capital restant dû, en dollars, après nn mensualités. Ainsi u0=20000u_{0}=20\,000 et un+1=1,005un400u_{n+1}=1{,}005\,u_{n}-400.

  • a) Calculez u1u_{1} et u2u_{2}. Combien la première mensualité a-t-elle réellement remboursé de capital ?
  • b) Déterminez le point fixe de la relation de récurrence, puis exprimez unu_{n} en fonction de nn.
  • c) Déterminez le nombre de mensualités nécessaires pour éteindre la dette.
  • d) Estimez le coût total du crédit en assimilant toutes les mensualités à 400 dollars, puis expliquez pourquoi cette estimation est légèrement excessive.
  • e) L'emprunteur demande à ne verser que 80 dollars par mois. Montrez que la dette ne sera alors jamais remboursée, et déterminez la mensualité minimale permettant un remboursement.
Voir la correction

a) u1=1,005×20000400=20100400=19700u_{1}=1{,}005\times 20\,000-400=20\,100-400=19\,700 dollars, puis u2=1,005×19700400=19798,5400=19398,5u_{2}=1{,}005\times 19\,700-400=19\,798{,}5-400=19\,398{,}5 dollars. La première mensualité de 400 dollars a d'abord payé 100 dollars d'intérêts, il n'en est resté que 300 pour rembourser du capital : la dette n'a baissé que de 300 dollars.

b) Le point fixe vérifie =1,005400\ell=1{,}005\ell-400, soit 0,005=4000{,}005\ell=400 et =80000\ell=80\,000. En posant vn=un80000v_{n}=u_{n}-80\,000, on obtient vn+1=1,005vnv_{n+1}=1{,}005v_{n}, donc (vn)(v_{n}) est géométrique de raison 1,0051{,}005 et v0=2000080000=60000v_{0}=20\,000-80\,000=-60\,000. Ainsi un=8000060000×1,005nu_{n}=80\,000-60\,000\times 1{,}005^{n}. Vérification : u2=8000060000×1,010025=8000060601,5=19398,5u_{2}=80\,000-60\,000\times 1{,}010025=80\,000-60\,601{,}5=19\,398{,}5, conforme au a).

c) La dette est éteinte lorsque un0u_{n}\leq 0, soit 60000×1,005n8000060\,000\times 1{,}005^{n}\geq 80\,000, c'est-à-dire 1,005n431{,}005^{n}\geq\frac{4}{3}. En passant au logarithme : nln43ln1,0050,287680,004987557,68n\geq\frac{\ln\frac{4}{3}}{\ln 1{,}005}\approx\frac{0{,}28768}{0{,}0049875}\approx 57{,}68. Il faut donc 58 mensualités, soit quatre ans et dix mois. On vérifie que u57271u_{57}\approx 271 dollars est encore positif, tandis que u58u_{58} serait négatif : la 58e mensualité est réduite au solde restant.

d) En comptant 58 mensualités pleines, le total versé serait 58×400=2320058\times 400=23\,200 dollars, pour 20 000 dollars empruntés, soit environ 3200 dollars d'intérêts. L'estimation est légèrement excessive parce que la dernière mensualité n'est pas de 400 dollars : elle se limite au solde de 271 dollars augmenté de ses intérêts, soit environ 272 dollars. Le coût réel est donc plus proche de 57×400+2722307257\times 400+272\approx 23\,072 dollars, et les intérêts d'environ 3070 dollars.

e) Avec une mensualité MM, le point fixe vaut =M0,005=200M\ell=\frac{M}{0{,}005}=200M et un=200M+(20000200M)×1,005nu_{n}=200M+\left(20\,000-200M\right)\times 1{,}005^{n}. Pour M=80M=80, on trouve =16000\ell=16\,000 et un=16000+4000×1,005nu_{n}=16\,000+4\,000\times 1{,}005^{n} : comme 1,005>11{,}005>1, la dette croît indéfiniment. Le remboursement n'est possible que si le coefficient 20000200M20\,000-200M est strictement négatif, c'est-à-dire M>100M>100 dollars. Ce seuil a une lecture immédiate : 100 dollars sont exactement les intérêts du premier mois, 0,005×200000{,}005\times 20\,000. Une mensualité qui ne couvre pas les intérêts ne rembourse rien, et le cas M=100M=100 laisse la dette figée à 20 000 dollars pour toujours.

Exercice 8 : Modèle linéaire contre modèle exponentiel

Deux services de streaming lancés le même mois publient leurs prévisions d'abonnés. Le service A compte 500 abonnés au départ et prévoit d'en gagner 80 de plus chaque mois. Le service B compte 200 abonnés au départ et prévoit une croissance de 12 % par mois.

On note ana_{n} et bnb_{n} les nombres d'abonnés au bout de nn mois.

  • a) Exprimez ana_{n} et bnb_{n} en fonction de nn, en précisant la nature de chaque suite.
  • b) Calculez a6a_{6}, b6b_{6}, a12a_{12} et b12b_{12}, les valeurs de bb étant arrondies à l'unité. Lequel des deux services est en tête au bout d'un an ?
  • c) Déterminez, par balayage à la calculatrice, le premier mois où le service B dépasse le service A. Encadrez votre réponse en donnant les deux nombres d'abonnés au rang précédent.
  • d) Justifiez qu'un modèle géométrique de raison strictement supérieure à 1 finit toujours par dépasser un modèle arithmétique, quels que soient leurs points de départ et leur raison.
  • e) Le service B annonce ses prévisions à cinq ans. Calculez b60b_{60} et commentez la crédibilité de l'annonce, sachant que la ville visée compte 300 000 habitants.
Voir la correction

a) Le service A gagne un nombre fixe d'abonnés chaque mois : la suite (an)(a_{n}) est arithmétique de raison 80 et de premier terme 500, donc an=500+80na_{n}=500+80n. Le service B est multiplié par 1,121{,}12 chaque mois : la suite (bn)(b_{n}) est géométrique de raison 1,121{,}12 et de premier terme 200, donc bn=200×1,12nb_{n}=200\times 1{,}12^{n}.

b) a6=500+480=980a_{6}=500+480=980 abonnés et b6=200×1,126200×1,97382395b_{6}=200\times 1{,}12^{6}\approx 200\times 1{,}97382\approx 395 abonnés. a12=500+960=1460a_{12}=500+960=1460 abonnés et b12=200×1,1212200×3,89598779b_{12}=200\times 1{,}12^{12}\approx 200\times 3{,}89598\approx 779 abonnés. Au bout d'un an, le service A reste largement en tête, avec près du double des abonnés de B.

c) On teste des rangs successifs. Au rang 21 : a21=500+1680=2180a_{21}=500+1680=2180 et b21200×10,80382161b_{21}\approx 200\times 10{,}8038\approx 2161, donc A est encore devant. Au rang 22 : a22=500+1760=2260a_{22}=500+1760=2260 et b22200×12,10032420b_{22}\approx 200\times 12{,}1003\approx 2420, donc B passe devant. Le premier mois où B dépasse A est donc le 22e mois, alors qu'un mois plus tôt il était encore en retard de 19 abonnés environ.

d) Une suite arithmétique croît d'une quantité constante à chaque rang, tandis qu'une suite géométrique de raison q>1q>1 croît d'une quantité bn(q1)b_{n}(q-1), proportionnelle au terme atteint, donc de plus en plus grande. Dès que bn(q1)b_{n}(q-1) dépasse la raison arithmétique, l'écart entre les deux suites augmente à chaque rang et ne cesse plus d'augmenter. Comme qnq^{n} tend vers ++\infty, ce moment finit toujours par arriver, quel que soit l'avantage initial de la suite arithmétique. C'est le principe des croissances comparées : l'exponentielle l'emporte sur le linéaire.

e) b60=200×1,1260200×897,6179500b_{60}=200\times 1{,}12^{60}\approx 200\times 897{,}6\approx 179\,500 abonnés. Le modèle prévoit donc que près de 60 % des habitants de la ville, nourrissons et grands-parents compris, seront abonnés à ce seul service. L'annonce n'est pas crédible : une croissance de 12 % par mois décrit une phase de lancement sur un marché encore vide, pas un régime durable. Dès que le marché sature, le taux de croissance s'effondre. Il faudrait un modèle à palier, par exemple une suite arithmético-géométrique dont le point fixe serait la taille du marché accessible.

51015202560012001800240030003600service Aservice Bcroisement au 22e mois

Exercice 9 : Gestion d'un stock et stabilité de l'équilibre

Une population de poissons pèse 5000 tonnes au départ. Chaque année, elle augmente de 20 % par reproduction naturelle, puis une quantité fixe PP, exprimée en tonnes, est prélevée par la pêche.

On note unu_{n} la biomasse, en tonnes, au bout de nn années : u0=5000u_{0}=5000 et un+1=1,2unPu_{n+1}=1{,}2\,u_{n}-P.

  • a) On fixe P=900P=900. Déterminez le point fixe, exprimez unu_{n} en fonction de nn et décrivez l'évolution du stock.
  • b) On fixe maintenant P=1100P=1100. Exprimez unu_{n} et déterminez au bout de combien d'années le stock est épuisé.
  • c) Déterminez la valeur de PP pour laquelle la biomasse reste exactement constante au fil des années.
  • d) On applique le prélèvement trouvé au c), mais la biomasse réelle de départ n'était que de 4990 tonnes au lieu des 5000 estimées. Exprimez unu_{n} et déterminez au bout de combien d'années le stock s'effondre.
  • e) Comparez avec le modèle de l'exercice 6, dont la raison était 0,50{,}5. Énoncez la règle générale qui décide si un équilibre est stable ou instable, et expliquez ce qu'elle implique pour un gestionnaire de pêcherie.
Voir la correction

a) Le point fixe vérifie =1,2900\ell=1{,}2\ell-900, soit 0,2=9000{,}2\ell=900 et =4500\ell=4500. En posant vn=un4500v_{n}=u_{n}-4500, on obtient une suite géométrique de raison 1,21{,}2 et de premier terme v0=500v_{0}=500, donc un=4500+500×1,2nu_{n}=4500+500\times 1{,}2^{n}. Comme 1,2>11{,}2>1, la biomasse croît sans limite : au bout de dix ans, u10=4500+500×6,19177596u_{10}=4500+500\times 6{,}1917\approx 7596 tonnes. Le prélèvement est trop faible, la population s'accroît indéfiniment, ce qui n'est d'ailleurs pas réaliste sur le long terme.

b) Le point fixe vaut cette fois =11000,2=5500\ell=\frac{1100}{0{,}2}=5500 et v0=50005500=500v_{0}=5000-5500=-500, donc un=5500500×1,2nu_{n}=5500-500\times 1{,}2^{n}. Le stock est épuisé lorsque un0u_{n}\leq 0, soit 1,2n111{,}2^{n}\geq 11, c'est-à-dire nln11ln1,22,39790,1823213,15n\geq\frac{\ln 11}{\ln 1{,}2}\approx\frac{2{,}3979}{0{,}18232}\approx 13{,}15. On vérifie que u13150u_{13}\approx 150 tonnes et que u14u_{14} serait négatif : la pêcherie s'effondre au cours de la quatorzième année.

c) La biomasse reste constante si u0u_{0} est lui-même le point fixe, c'est-à-dire si P0,2=5000\frac{P}{0{,}2}=5000, soit P=1000P=1000 tonnes. C'est exactement la croissance annuelle du stock initial, 0,2×50000{,}2\times 5000 : on ne prélève que ce que la population produit.

d) Avec P=1000P=1000, le point fixe reste 5000, mais v0=49905000=10v_{0}=4990-5000=-10, donc un=500010×1,2nu_{n}=5000-10\times 1{,}2^{n}. Le stock s'annule lorsque 1,2n5001{,}2^{n}\geq 500, soit nln500ln1,26,21460,1823234,09n\geq\frac{\ln 500}{\ln 1{,}2}\approx\frac{6{,}2146}{0{,}18232}\approx 34{,}09 : l'effondrement survient au cours de la 35e année. Une erreur d'estimation de deux pour mille suffit donc à détruire la pêcherie, simplement parce qu'elle est amplifiée d'un facteur 1,21{,}2 chaque année.

e) Dans l'exercice 6, la raison valait 0,50{,}5, inférieure à 1 en valeur absolue : l'écart vn=v0anv_{n}=v_{0}a^{n} tendait vers 0 et le modèle revenait spontanément vers son palier. L'équilibre était stable. Ici la raison vaut 1,21{,}2, supérieure à 1 : l'écart initial est multiplié par 1,21{,}2 chaque année, donc il grandit sans limite quel que soit son signe. L'équilibre est instable. La règle générale est donc : pour un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b avec a1a\neq 1, le point fixe est un équilibre stable si a<1|a|<1, instable si a>1|a|>1. Pour un gestionnaire, la conséquence est claire : viser exactement le prélèvement maximal soutenable est la stratégie la plus dangereuse qui soit, car la moindre erreur de mesure ou de reproduction, dans un sens ou dans l'autre, s'amplifie au lieu de se corriger. Il faut prélever nettement moins et garder une marge.

Exercice 10 : Lecture critique d'un modèle discret

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou trompeuse. Expliquez précisément pourquoi, en appuyant chaque réponse sur un calcul ou un contre-exemple.

  • a) « La suite définie par un+1=1,02unu_{n+1}=1{,}02\,u_{n} augmente de 2 % par an, donc de 20 % au bout de dix ans. »
  • b) « Une suite décroissante et à termes positifs tend nécessairement vers 0. »
  • c) « La suite définie par un+1=0,9un+5u_{n+1}=0{,}9\,u_{n}+5 est décroissante, puisque le coefficient 0,90{,}9 est inférieur à 1. »
  • d) « Le prix d'un article a baissé de 10 % par an pendant cinq ans : il a donc baissé de 50 % au total. »
  • e) « La suite un=1000×0,999nu_{n}=1000\times 0{,}999^{n} est pratiquement constante, puisque la raison est presque égale à 1. »
Voir la correction

a) Les pourcentages ne s'additionnent pas, ils se multiplient. Au bout de dix ans le terme est multiplié par 1,02101,2189941{,}02^{10}\approx 1{,}218994, soit une hausse d'environ 21,9 % et non de 20 %. L'écart, ici modeste, vient des intérêts qui portent eux-mêmes des intérêts, et il grandit très vite avec le nombre de périodes : sur trente ans, 1,02301,8111{,}02^{30}\approx 1{,}811, soit 81,1 % au lieu des 60 % que donnerait l'addition.

b) Faux. La suite un=2+1n+1u_{n}=2+\frac{1}{n+1} est strictement décroissante et à termes strictement positifs, mais elle tend vers 2. Une suite décroissante et minorée converge, mais elle converge vers sa borne inférieure, qui n'a aucune raison d'être nulle. Pour conclure à une limite nulle, il faut un argument supplémentaire, par exemple une majoration par une suite géométrique de raison strictement comprise entre 0 et 1.

c) Faux, cela dépend du premier terme. Le point fixe vaut =510,9=50\ell=\frac{5}{1-0{,}9}=50, et un=50+(u050)×0,9nu_{n}=50+\left(u_{0}-50\right)\times 0{,}9^{n}. Si u0=100u_{0}=100, la suite décroît vers 50 ; mais si u0=10u_{0}=10, alors u1=0,9×10+5=14u_{1}=0{,}9\times 10+5=14, puis u2=17,6u_{2}=17{,}6 : elle croît vers 50. Le coefficient 0,90{,}9 ne décide pas du sens de variation, il décide seulement de la convergence vers le palier et de la vitesse à laquelle on s'en approche. C'est la position de u0u_{0} par rapport à \ell qui donne le sens.

d) Faux, même erreur qu'au a) dans l'autre sens. Le prix est multiplié par 0,90{,}9 cinq fois, donc par 0,95=0,590490{,}9^{5}=0{,}59049 : la baisse totale est de 40,95 % et non de 50 %. Une baisse répétée porte à chaque fois sur un prix déjà diminué, donc elle porte sur une base plus petite. C'est d'ailleurs pour la même raison qu'une baisse de 20 % suivie d'une hausse de 20 % ne ramène pas au prix initial.

e) Faux si l'on regarde le long terme. La raison est strictement inférieure à 1, donc la suite tend vers 0, et un palier n'existe pas. Ce qui est vrai, c'est que la décroissance est lente : u100904,8u_{100}\approx 904{,}8, la baisse n'est que de 9,5 % au bout de cent rangs. Mais u1000367,7u_{1000}\approx 367{,}7 et u50006,7u_{5000}\approx 6{,}7. La leçon est qu'une raison proche de 1 ne change pas la nature du comportement asymptotique, elle ne change que l'échelle de temps sur laquelle il se manifeste. Toute la question est de savoir si l'horizon d'étude est court ou long devant cette échelle.

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