Spécialité maths, Première • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : les suites numériques (Première spécialité)
Les suites ne sont pas un chapitre difficile, c'est un chapitre où l'on perd des points par mécanique : un indice décalé d'une unité, un terme oublié dans une somme, une raison confondue avec un taux d'évolution. Chacune de ces erreurs coûte une question entière, et aucune ne vient d'une incompréhension du cours.
Cette fiche ne redit pas les formules du polycopié. Elle montre les huit endroits où les copies se trompent, la phrase exacte à recopier pour chacun, l'arbre qui reconnaît la nature d'une suite sur sa FORME, et un problème de comparaison de salaires décortiqué étape par étape.
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Le fil du chapitre
Une seule question commande tout le chapitre, et on se la pose trop tard : la suite est-elle arithmétique ou géométrique ? Elle se tranche sur la DIFFÉRENCE ou le QUOTIENT de deux termes consécutifs, jamais sur l'allure des premiers termes, et le reste du chapitre n'est que la formule correspondante appliquée au bon rang. Et quand la suite vient d'une figure, on compte ce qu'on AJOUTE pour la récurrence et le TOUT pour la formule explicite ; quand n devient grand, on regarde la suite entière, jamais ses premiers termes.
Arithmétique ou géométrique : deux tests, une seule réponse
•Arithmétique : un+1−un=r, la même DIFFÉRENCE à chaque rang. Le terme général est un=u0+nr.
•Géométrique : unun+1=q, le même QUOTIENT à chaque rang. Le terme général est un=u0×qn.
•On reconnaît une arithmétique à son écriture affine en n, et une géométrique à son n en EXPOSANT : un=3n+2 est arithmétique de raison 3, un=2×3n est géométrique de raison 3, pas 2.
•Une suite peut n'être ni l'une ni l'autre, et c'est le cas le plus fréquent au contrôle : un=n2 n'est ni arithmétique, ni géométrique.
Même premier terme : les points pleins restent sur la droite en pointillés, c'est l'arithmétique; les cercles s'en écartent de plus en plus, c'est la géométrique.
Calculer u1−u0 et u2−u1 ne DÉMONTRE rien : c'est une conjecture. La démonstration se fait sur un+1−un ou unun+1, avec n quelconque.
Les formules explicites, et le rang de départ
•À partir de u0 : un=u0+nr et un=u0×qn.
•À partir de u1 : un=u1+(n−1)r et un=u1×qn−1. Le −1 n'est pas une variante, c'est le nombre de pas réellement effectués.
•Cas général, le plus sûr : un=up+(n−p)r et un=up×qn−p. On l'écrit avec p et on remplace, plutôt que de retenir deux formules.
•Le repère qui ne trompe pas : de up à un il y a n−p pas, donc n−p additions de r ou n−p multiplications par q.
De u1 à u5, on ajoute r quatre fois, pas cinq : u5=u1+4r. Le nombre de pas est la différence des indices.
Un énoncé qui commence par « on note u1 le montant de la première année » impose u1 comme premier terme. Recopier machinalement u0+nr décale toute la copie d'un an.
Les deux sommes, et le nombre de termes
•Arithmétique : up+⋯+un=(nombre de termes)×2premier+dernier.
•Géométrique de raison q=1 : u0+u1+⋯+un=u0×1−q1−qn+1.
•Nombre de termes de up à un : c'est n−p+1, et non n−p. De u0 à u10 il y a ONZE termes.
•Le n+1 en exposant dans la somme géométrique n'est pas une coquille : c'est le nombre de termes, et il vaut toujours un de plus que le dernier indice quand on part de u0.
De u0 à u10 : onze barres. Leur somme vaut onze fois la moyenne du premier et du dernier terme, 11×15=165.
Contrôle en trois secondes : la somme de termes tous compris entre 10 et 20, au nombre de 11, est comprise entre 110 et 220. Un résultat hors de cet encadrement est faux.
Sens de variation : le signe d'une différence
•Méthode universelle : étudier le signe de un+1−un. Positif pour tout n : croissante. Négatif pour tout n : décroissante.
•Arithmétique : le sens est celui de r, et c'est immédiat.
•Géométrique à termes strictement POSITIFS : croissante si q>1, décroissante si 0<q<1, constante si q=1.
•Géométrique de raison q<0 : la suite n'est NI croissante NI décroissante, ses termes changent de signe à chaque rang. La question du sens de variation n'a alors pas de réponse.
Deux géométriques à termes positifs : la raison 1,3>1 fait monter (bleu), la raison 0,7, comprise entre 0 et 1, fait descendre (orange).
La comparaison de unun+1 à 1 n'est valable que si tous les termes sont strictement positifs. Diviser par un terme négatif retourne l'inégalité et fausse la conclusion.
D'une figure à une formule : ce qu'on ajoute, ce qu'on a en tout
•Relation de récurrence : on compte ce qui CHANGE d'un rang au suivant. Pour un quadrillage d'allumettes n×n, on ajoute une colonne (2n+1 allumettes) puis une ligne (2n+3) : mn+1=mn+4n+4.
•Formule explicite : on compte le TOUT, de préférence de deux façons. n+1 lignes de n allumettes, horizontales puis verticales : mn=2n(n+1).
•Les deux se contrôlent l'une par l'autre : m1=4, m2=12, m3=24, m4=40 des deux côtés.
•Des écarts qui forment une suite arithmétique signalent une formule explicite du second degré en n.
En trait plein, le quadrillage de rang 2 et ses 12 allumettes ; en pointillés, les 12 allumettes ajoutées pour passer au rang 3, soit 4×2+4 : m3=12+12=24.
Seule la formule explicite donne un terme lointain sans calculer les précédents : m100=20200.
Quand n devient grand : limite finie, infinie, ou aucune
•Limite finie : les termes se rapprochent autant qu'on veut d'un nombre. wn=2−n+11 tend vers 2 sans jamais l'atteindre.
•Limite +∞ : pour TOUT seuil, les termes finissent par le dépasser TOUS, à partir d'un certain rang. zn=n+3(−1)n≥n−3 tend vers +∞.
•Pas de limite : la suite oscille sans se rapprocher de rien. Le chiffre des unités de 3n répète 1, 3, 9, 7 ; (−1)n alterne entre 1 et −1.
•En Première, une limite se CONJECTURE sur des termes éloignés, une expression transformée ou une figure : on écrit « il semble que la suite tende vers... ».
wn=2−n+11 se rapproche de la droite y=2 autant qu'on veut, sans jamais l'atteindre : sa limite est 2.
Monotone et convergente sont deux questions séparées : une suite croissante peut avoir une limite finie.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Suite arithmétique : tout se lit sur un seul exemple, u0=5 et r=3
La colonne de droite n'est pas une formule de plus, c'est le nombre que la formule produit sur cet exemple. Une formule mal recopiée se voit immédiatement sur ce nombre.
Ce qu'on cherche
La formule
Sur l'exemple
La reconnaître
un+1−un constant
8−5=3, puis 11−8=3
Exemple : On teste la DIFFÉRENCE sur au moins deux couples consécutifs. Un seul couple ne prouve rien : 5, 8, 16 commence pareil et n'est pas arithmétique.
Le terme général
un=u0+nr
un=5+3n, donc u10=35
Exemple : Le rang de départ décide de la formule : avec un premier terme u1, ce serait un=u1+(n−1)r, soit u10=5+27=32, une réponse différente.
Passer d'un rang à un autre
un=up+(n−p)r
u10=u4+6×3=17+18=35
Exemple : On ne repart pas de u0 quand l'énoncé donne u4=17 : cette formule évite un calcul et une erreur.
La somme
2nombre de termes×(premier+dernier)
211×(5+35)=220
Exemple : De u0 à u10 il y a ONZE termes, pas dix. C'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre.
Le sens de variation
le signe de r
r=3>0, donc croissante
Exemple : Ici la suite monte de 3 à chaque rang. Aucune dérivée, aucune étude de fonction : pour une suite arithmétique, le signe de la raison suffit et se rédige en une ligne.
La limite
±∞ selon le signe de r
+∞ puisque r>0
Exemple : Une suite arithmétique de raison non nulle ne converge jamais : elle avance de 3 à chaque rang, indéfiniment.
Ces six lignes se recopient à l'identique avec u1 comme premier terme, à condition de remplacer n par n−1 PARTOUT, y compris dans le nombre de termes de la somme.
Suite géométrique : le même travail sur u0=5 et q=2
Même exemple filé, même lecture. La différence tient à une seule chose : on multiplie au lieu d'additionner, et cela change la limite du tout au tout.
Ce qu'on cherche
La formule
Sur l'exemple
La reconnaître
unun+1 constant
510=2, puis 1020=2
Exemple : On teste le QUOTIENT, pas la différence. Une suite dont les différences 5, 10, 20 augmentent n'est pas arithmétique pour autant, elle est géométrique.
Le terme général
un=u0×qn
un=5×2n, donc u10=5120
Exemple : L'exposant est le RANG, pas le rang moins un, tant que le premier terme est u0.
La somme
premier×1−q1−qnb de termes
5×1−21−211=10235
Exemple : Onze termes, donc l'exposant 11 et non 10. Le contrôle est immédiat : la somme doit dépasser le dernier terme, 5120, et c'est le cas.
Le sens de variation
le signe de u0 et la place de q
q=2>1 et u0>0, donc croissante
Exemple : Avec q=0,5 la même suite décroîtrait, et avec q<0 elle changerait de signe à chaque rang, sans être monotone du tout.
La limite
0 si ∣q∣<1, ±∞ si ∣q∣>1
+∞ puisque q=2
Exemple : Avec q=0,5, la limite serait 0 : u10=5×0,510≈0,00488. C'est le seul cas de convergence d'une suite géométrique non constante.
Le test qui tranche entre les deux natures se fait TOUJOURS sur deux couples de termes consécutifs, différence puis quotient. Une suite peut n'être ni l'une ni l'autre, et l'énoncé attend alors qu'on le dise.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Écrire u0+nr alors que l'énoncé part de u1
1 point, et tous les résultats numériques de l'exercice sont décalés d'un an
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le premier versement est u1=500 et augmente de 30 par an, donc un=500+30n. »
Ce qu'il faut écrire
« un=u1+(n−1)r=500+30(n−1), car de u1 à un il y a n−1 augmentations. »
Pourquoi : Le nombre de pas est la différence des indices, pas l'indice d'arrivée. Le contrôle qui ne rate jamais : remplacer n par 1 dans la formule trouvée, on doit retomber sur le premier terme donné.
2.Compter un terme de moins dans une somme
1 point, et l'erreur relative dépasse souvent cinq pour cent, donc la conclusion du problème change
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La somme de u0 à u20 vaut 20×2u0+u20. »
Ce qu'il faut écrire
« De u0 à u20 il y a 21 termes, donc la somme vaut 21×2u0+u20. »
Pourquoi : Le nombre de termes de up à un vaut n−p+1. C'est le même comptage que les jours entre deux dates : du 1er au 5, il y a cinq jours, pas quatre.
3.Affirmer la nature d'une suite sur ses trois premiers termes
1,5 point : la nature est peut-être juste, la démonstration ne vaut rien
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u0=1, u1=3, u2=5 : la suite est arithmétique de raison 2. »
Ce qu'il faut écrire
« Pour tout entier n, un+1−un=⋯=2, donc (un) est arithmétique de raison 2. » Les trois premiers termes servent à CONJECTURER, jamais à démontrer.
Pourquoi : La suite un=n2−2n+1 donne 1, 0, 1, 4 : trois termes ne disent rien du quatrième. Une nature de suite est une propriété valable à TOUS les rangs, donc elle se démontre avec un n quelconque.
4.Confondre le taux d'évolution et la raison
toute la question : avec q=0,05 la population disparaît au lieu de croître
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La population augmente de 5% par an, donc la suite est géométrique de raison 0,05. »
Ce qu'il faut écrire
« Une hausse de 5% multiplie par 1+1005=1,05 : la suite est géométrique de raison q=1,05. »
Une hausse de 5% multiplie par 1,05 : la suite monte (vert). Avec la raison 0,05, elle s'effondre dès le deuxième terme (rouge).
Pourquoi : La raison est le coefficient MULTIPLICATEUR, le taux est ce qui s'ajoute. Une baisse de 20% donne q=0,80, et deux baisses de 20% donnent 0,64, pas 0,60 : les pourcentages ne s'additionnent pas.
5.Déclarer décroissante une géométrique de raison négative
1 point, et le tableau de variations demandé ensuite est impossible à remplir
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La raison vaut −0,8, et −0,8<1, donc la suite est décroissante. »
Ce qu'il faut écrire
« La raison est négative, donc les termes changent de signe à chaque rang : la suite n'est ni croissante ni décroissante. En revanche ∣un∣ décroît vers 0. »
Mêmes valeurs absolues, deux comportements sans rapport : en points pleins la raison 0,8 fait descendre régulièrement, en cercles la raison −0,8 fait alterner les signes.
Pourquoi : La règle « croissante si q>1, décroissante si 0<q<1 » ne vaut que pour des termes strictement positifs, c'est-à-dire pour q>0. Une raison négative sort complètement du cadre de la monotonie.
6.Comparer unun+1 à 1 sans vérifier le signe des termes
1 point de rigueur, et la conclusion est fausse dès que les termes sont négatifs
Ce qu'il ne faut pas écrire
« unun+1=0,9<1, donc la suite est décroissante. »
Ce qu'il faut écrire
« Tous les termes sont strictement positifs, et unun+1=0,9<1, donc la suite est décroissante. » La phrase sur le signe est une hypothèse, pas une politesse.
Pourquoi : Avec un=−2×0,9n, le quotient vaut aussi 0,9, et pourtant la suite CROÎT vers 0. Multiplier une inégalité par un nombre négatif en retourne le sens, et c'est exactement ce que fait la division par un.
7.Renvoyer la valeur atteinte au lieu du rang, dans un algorithme de seuil
1 point sur 2, et la réponse au problème n'est pas donnée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u←5000; tant que u<8000, faire u←1,04u; renvoyer u. »
Ce qu'il faut écrire
« u←5000; n←0; tant que u<8000, faire u←1,04u puis n←n+1; renvoyer n. »
Le rang 11 est encore sous la barre, le rang 12 la franchit : c'est 12 que l'algorithme doit renvoyer, et non la valeur 8005 atteinte à ce rang.
Pourquoi : Une question de seuil demande une DATE, donc un rang. Le compteur s'incrémente juste après la mise à jour de u, de sorte que le rang renvoyé soit celui du premier dépassement et non celui d'avant.
8.Oublier le premier terme dans la somme géométrique
toute la question : le résultat est divisé par le premier terme
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La somme des dix premiers termes vaut 1−1,051−1,0510. »
Ce qu'il faut écrire
« La somme des dix premiers termes vaut u0×1−1,051−1,0510, soit 28000×12,578=352181 dollars environ. »
Pourquoi : La formule 1−q1−qn+1 somme les puissances de q, c'est-à-dire une suite de premier terme 1. Il faut la multiplier par le vrai premier terme, et l'exposant est le NOMBRE de termes.
9.Compter quatre allumettes par carreau
toute la question, et les suivantes qui s'appuient sur la formule
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le quadrillage de rang n a n2 carreaux de 4 allumettes, donc mn=4n2. »
Ce qu'il faut écrire
« Les côtés intérieurs sont partagés par deux carreaux. On compte les lignes : n+1 lignes de n allumettes, horizontales et verticales, donc mn=2n(n+1), et m2=12, pas 16. »
Dans le quadrillage de rang 2, les quatre allumettes intérieures (rouge) servent à deux carreaux : 4×4=16 les compte deux fois, il y en a 12.
Pourquoi : Un décompte « par morceau » compte deux fois tout ce qui est partagé. Le contrôle sur la figure est immédiat : au rang 2, on voit 12 allumettes, et 4n2=16.
10.Croire qu'une suite bornée a forcément une limite
la question de conjecture entière
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le chiffre des unités de 3n reste entre 1 et 9, donc la suite converge. »
Ce qu'il faut écrire
« La suite répète 1, 3, 9, 7 : elle prend les valeurs 1 et 9 une infinité de fois et ne se rapproche d'aucun nombre. Elle est bornée et n'a pas de limite. »
Le chiffre des unités de 3n reste entre 1 et 9 mais répète 1, 3, 9, 7 sans se rapprocher d'aucun nombre : bornée, sans limite.
Pourquoi : Rester dans un intervalle ne dit pas qu'on se rapproche d'un point de cet intervalle. Le repère : deux valeurs différentes atteintes aussi loin qu'on veut interdisent toute limite.
11.Confondre croissante et tendant vers plus l'infini
1 à 2 points, et la conjecture annoncée est fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« wn=n+12n+1 est croissante, donc elle tend vers +∞. » ou « zn=n+3(−1)n n'est pas croissante, donc elle ne tend pas vers +∞. »
Ce qu'il faut écrire
« wn=2−n+11<2 : croissante, elle tend vers 2. Et zn≥n−3 : elle tend vers +∞ en oscillant ; tous ses termes dépassent 1000 à partir du rang 1004. »
Les points de zn=n+3(−1)n sautent d'une droite en pointillés à l'autre : la suite n'est pas monotone, et pourtant elle monte avec n−3 vers +∞.
Pourquoi : Le sens de variation dit si l'on monte, la limite dit où l'on va. Une suite peut monter de moins en moins vite sous un plafond, ou monter en zigzag : on regarde la suite entière, par une expression transformée ou un encadrement.
Quelle méthode choisir
Reconnaître la nature d'une suite sur sa forme
On regarde comment la suite est ÉCRITE, avant de calculer quoi que ce soit. Trois écritures possibles : explicite, par récurrence, ou par une phrase.
Si explicite affine en n : un=an+b → arithmétique de raison a et de premier terme b
Exemple : un=3n+2 est arithmétique de raison 3, avec u0=2
Si explicite avec n en EXPOSANT : un=k×an → géométrique de raison a et de premier terme k
Exemple : un=2×3n est géométrique de raison 3, pas 2
La raison est la base de la puissance. Le facteur devant est le premier terme, il n'intervient jamais dans la nature.
Si récurrence un+1=un+c avec c constant → arithmétique de raison c
Si récurrence un+1=kun avec k constant → géométrique de raison k
Si récurrence un+1=aun+b avec a=1 et b=0 → ni l'une ni l'autre; l'énoncé fournit alors une suite auxiliaire vn=un−ℓ qui, elle, est géométrique
Exemple : un+1=0,8un+60 avec vn=un−300 donne vn+1=0,8vn
Le nombre ℓ à retrancher est toujours donné par l'énoncé en Première. On ne le cherche pas, on le vérifie.
Si une phrase : « augmente de r chaque année » ou « augmente de t% chaque année » → arithmétique de raison r dans le premier cas, géométrique de raison 1+100t dans le second
Exemple : « +5% par an » donne q=1,05; « +50 euros par an » donne r=50
Si une figure ou un comptage qui dépend du rang : allumettes, carreaux, points → récurrence en comptant ce qu'on ajoute d'un rang au suivant, formule explicite en comptant le tout
Exemple : quadrillage d'allumettes : mn+1=mn+4n+4 et mn=2n(n+1)
Aucune branche ne s'applique ? La suite n'est ni arithmétique ni géométrique, et c'est une réponse recevable : on l'écrit, avec un contre-exemple chiffré à l'appui. Une suite comme un=n2 vaut 0, 1, 4, 9, de différences 1, 3, 5.
Quelle formule selon la question posée
Une fois la nature établie, la question désigne exactement une formule. Il n'y en a que cinq dans tout le chapitre.
Si « calculer u20 », « quelle sera la valeur en 2040 » → formule explicite, après avoir vérifié le rang de départ
Exemple : u1=500 et r=30 donnent u20=500+30×19=1070
Si « total », « cumul », « somme des versements » → formule de somme, en comptant d'abord le NOMBRE de termes
Exemple : de u0 à u9 il y a 10 termes, donc S=10×2u0+u9
Si « à partir de quelle année », « le plus petit entier n tel que » → algorithme de seuil, ou tableau de valeurs à la calculatrice, avec les deux rangs voisins écrits sur la copie
Exemple : 5000×1,04n≥8000 est vrai à partir de n=12, faux en n=11
Si « comparer deux offres », « à partir de quand A dépasse-t-elle B » → exprimer les deux suites, puis comparer terme à terme dans un tableau de valeurs
Exemple : 30000+1200n contre 28000×1,05n : la seconde passe devant au rang 6
Une géométrique de raison supérieure à 1 finit TOUJOURS par dépasser une arithmétique croissante, quel que soit son retard initial.
Si « étudier le sens de variation » → signe de un+1−un, et pour une géométrique, signe de la raison AVANT sa comparaison à 1
Si « conjecturer la limite », « que se passe-t-il quand n devient grand » → calculer des termes éloignés ou transformer l'expression, puis dire si la suite se rapproche d'un nombre, dépasse tout seuil ou oscille
Exemple : wn=n+12n+1=2−n+11 semble tendre vers 2
Le mot « conjecturer » n'appelle aucune formule : il demande la calculatrice et une phrase au conditionnel. C'est la question suivante qui demandera la démonstration.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Démontrer qu'une suite est géométrique
Quand l'utiliser : L'énoncé pose une suite auxiliaire vn et demande de montrer qu'elle est géométrique. C'est la question la mieux barémée du chapitre et la plus mal rédigée.
1Partir de vn+1, jamais de vn. « vn+1=un+1−300. »
2Remplacer un+1 par la relation de récurrence donnée. « vn+1=0,8un+60−300=0,8un−240. »
3Factoriser pour faire apparaître vn tout entier. « vn+1=0,8(un−300)=0,8vn. »
4Conclure avec la raison ET le premier terme : les deux sont exigés, et le premier terme se calcule à part.
5Écrire la forme explicite de vn, puis revenir à un par un=vn+300.
Phrase de conclusion
Pour tout entier n, vn+1=0,8vn : la suite (vn) est géométrique de raison 0,8 et de premier terme v0=u0−300.
Le piège : Conclure « donc (vn) est géométrique » sans donner le premier terme. La forme explicite vn=v0×qn en a besoin, et le demi-point part avec lui.
Barème : En général 0,5 point pour le départ sur vn+1, 1 point pour la factorisation, 0,5 point pour la raison et le premier terme énoncés ensemble.
Répondre à une question de seuil
Quand l'utiliser : L'énoncé demande « à partir de quelle année », « au bout de combien de temps », ou « le plus petit entier n tel que ».
1Traduire la question en inéquation portant sur un, avec le bon sens et la bonne borne. « On cherche le plus petit entier n tel que un≥8000. »
2Choisir l'outil : tableau de valeurs à la calculatrice, ou algorithme, ou inéquation résolue si le programme le permet. Les trois sont acceptés.
3Donner le rang trouvé, puis ÉCRIRE les deux valeurs voisines : celle du rang trouvé et celle du rang précédent.
4Traduire le rang dans le langage de l'énoncé : une année, un nombre de mois, une date, avec l'unité.
Phrase de conclusion
On a u11≈7697<8000 et u12≈8005≥8000 : le plus petit entier cherché est n=12, c'est-à-dire au cours de la douzième année.
Le piège : Donner le rang sans les deux valeurs voisines. Le mot « plus petit » de l'énoncé exige la preuve que le rang précédent ne convient pas, et cette preuve vaut la moitié des points.
Barème : 1 point pour la mise en inéquation, 1 point pour le rang, 1 point pour les deux valeurs encadrantes et la phrase de conclusion datée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Remplacer n par le rang de départ dans la formule trouvée
La formule explicite doit redonner exactement le premier terme donné par l'énoncé. Un seul calcul, aucune réflexion, et cela attrape tous les décalages d'indice.
un=500+30n avec u1=500 annoncé : la formule donne u1=530, donc elle est fausse. La bonne est 500+30(n−1).
Encadrer une somme par ses termes extrêmes
Une somme de N termes tous compris entre m et M vaut entre Nm et NM. Deux multiplications qui valident l'ordre de grandeur sans refaire le calcul.
Onze termes compris entre 3 et 43 : la somme est entre 33 et 473. Un résultat de 1200 signale un nombre de termes doublé.
Faire afficher la suite par la calculatrice
Sur TI, menu SUITE : entrer u(n+1) ou la formule explicite, régler n du premier rang, puis lire la TABLE. Sur Casio, le menu RECUR fait la même chose. Les dix premiers termes en trente secondes.
Une table qui affiche 520 en deuxième position alors que la copie a calculé 500 dit que le rang de départ n'est pas le bon.
Vérifier un rang de seuil par ses deux voisins
Le rang n trouvé doit vérifier la condition, et n−1 doit NE PAS la vérifier. Deux calculs à la calculatrice, et le mot « plus petit » est démontré.
5000×1,0412≈8005≥8000 et 5000×1,0411≈7697<8000 : le rang 12 est bien le premier.
Contrôler qu'une raison en pourcentage est proche de 1
Un taux d'évolution annuel donne toujours une raison voisine de 1 : 1,05 pour une hausse de cinq pour cent, 0,97 pour une baisse de trois. Une raison de 0,05 ou de 5 signale une confusion entre taux et coefficient.
Une population de 10000 habitants qui tombe à 500 en un an avec « une baisse de cinq pour cent » : la raison utilisée était 0,05 au lieu de 0,95.
L'exercice type décortiqué
Comparer deux offres de salaire, comme au contrôle
Deux entreprises proposent un poste. L'offre A verse 30000 dollars la première année, puis augmente de 1200 dollars par an. L'offre B verse 28000 dollars la première année, puis augmente de 5% par an. On note an et bn les salaires de l'année de rang n, avec n=0 pour la première année.
1. Donner la nature de chaque suite, puis an et bn en fonction de n. 2. À partir de quelle année l'offre B verse-t-elle davantage que l'offre A ? 3. Comparer les totaux perçus sur les dix premières années.
Étape 1
(an) est arithmétique de raison 1200 et de premier terme a0=30000, donc an=30000+1200n. (bn) est géométrique de raison q=1,05 et de premier terme b0=28000, donc bn=28000×1,05n.
Pourquoi
« Augmente de 1200 dollars » est une addition, « augmente de 5% » est une multiplication : c'est le seul mot de l'énoncé qui décide de la nature. Le rang 0 est imposé par l'énoncé, donc les formules sont celles de u0, sans −1.
Étape 2
a5=36000 et b5=28000×1,055≈35736 : l'offre A reste devant. a6=37200 et b6=28000×1,056≈37523 : l'offre B passe devant.
Pourquoi
On encadre le rang cherché avec les deux valeurs voisines, exactement comme pour un seuil. Écrire seulement le rang 6 sans montrer que le rang 5 ne convient pas coûte la moitié des points.
Étape 3
L'offre B verse davantage à partir du rang 6, c'est-à-dire à partir de la septième année.
Pourquoi
La traduction du rang en année est la question réelle. Avec n=0 pour la première année, le rang 6 est la septième année : c'est le décalage que le correcteur cherche sur la copie.
Étape 4
Total A sur dix ans, de a0 à a9 : dix termes, a9=30000+1200×9=40800, donc SA=10×230000+40800=354000 dollars.
Pourquoi
Le nombre de termes est 9−0+1=10, pas 9. Et le dernier terme est a9, pas a10 : dix années à partir de la première se terminent au rang 9.
Étape 5
Total B : SB=28000×1−1,051−1,0510≈28000×12,578≈352181 dollars.
Pourquoi
L'exposant 10 est le NOMBRE de termes, et le facteur 28000 devant est indispensable : la fraction seule sommerait les puissances de 1,05 à partir de 1.
Étape 6
Vérification : SA et SB sont tous deux voisins de dix fois un salaire moyen d'environ 35000 dollars, soit 350000; et SA−SB≈1819 dollars, un écart faible, cohérent avec deux offres qui se croisent au milieu de la période.
Pourquoi
L'ordre de grandeur se contrôle en une multiplication, sans refaire la somme. Un total de 35000 ou de 3500000 signalerait un facteur oublié ou un nombre de termes faux.
Conclusion rédigée
L'offre B verse un salaire annuel supérieur à celui de l'offre A à partir de la septième année, mais sur les dix premières années le cumul reste à l'avantage de l'offre A, avec 354000 dollars contre environ 352181 dollars.
L'erreur classique sur cet exercice : Répondre « l'offre B est meilleure » dès qu'on a trouvé le rang 6, sans faire la question sur les totaux. Dépasser annuellement et rapporter davantage au total sont deux choses différentes, et l'exercice est construit exactement sur cet écart.
À savoir par cœur
•Arithmétique : même DIFFÉRENCE, un=u0+nr. Géométrique : même QUOTIENT, un=u0×qn.
•De up à un il y a n−p pas, donc un=up+(n−p)r ou un=up×qn−p.
•Nombre de termes de up à un : n−p+1. De u0 à u10, ONZE termes.
•Somme arithmétique : nombre de termes multiplié par la demi-somme des extrêmes.
•Somme géométrique : u0×1−q1−qn+1, avec l'exposant égal au nombre de termes.
•Une hausse de t% donne q=1+100t, une baisse donne q=1−100t. Jamais q=100t.
•Une nature de suite se démontre sur un+1−un ou unun+1 avec n quelconque, jamais sur trois termes.
•Une géométrique de raison négative n'est ni croissante ni décroissante : elle alterne.
•Suite définie par un motif : récurrence = ce qu'on ajoute, explicite = le tout compté deux fois.
•Une suite peut n'avoir aucune limite, (−1)n ; croissante n'implique pas limite infinie.
Questions fréquentes
Comment savoir si une suite est arithmétique ou géométrique ?
On calcule la différence de deux termes consécutifs et leur quotient, avec un rang quelconque et non trois valeurs particulières. Si la différence est constante la suite est arithmétique, si le quotient est constant elle est géométrique. Une écriture affine en n annonce une arithmétique, un n placé en exposant annonce une géométrique.
Combien y a-t-il de termes dans une somme de suite ?
Le nombre de termes vaut le dernier indice moins le premier, plus un. De rang zéro à rang dix il y a onze termes, et non dix. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle se contrôle sur un petit exemple : de rang zéro à rang deux il y a bien trois termes.
Comment trouver la formule d'une suite définie par une figure ?
On dessine les premiers rangs et on compte. Pour la relation de récurrence, on regarde ce qu'il faut AJOUTER pour passer d'un rang au suivant. Pour la formule explicite, on compte le tout, de préférence en rangeant les éléments par lignes ou par colonnes. On vérifie enfin que les deux formules donnent les mêmes premiers termes, et on se méfie des éléments partagés, qu'on compterait deux fois.
Une suite a-t-elle toujours une limite ?
Non. Une suite peut tendre vers un nombre, tendre vers plus ou moins l'infini, ou n'avoir aucune limite, comme moins un puissance n qui alterne entre un et moins un, ou une suite géométrique de raison inférieure à moins un, qui change de signe à chaque rang et n'est ni croissante ni décroissante. Être bornée ne suffit pas pour avoir une limite, et une suite croissante peut très bien avoir une limite finie.
Comment trouver à partir de quelle année une suite dépasse un seuil ?
Deux méthodes acceptées. Soit un tableau de valeurs à la calculatrice, dont on relève le premier rang qui franchit le seuil. Soit un algorithme avec une boucle qui répète la relation tant que le seuil n'est pas atteint, en comptant les tours et en renvoyant le compteur. Dans les deux cas, on écrit sur la copie la valeur du rang trouvé ET celle du rang précédent.
Comment démontrer qu'une suite auxiliaire est géométrique ?
On part de la suite auxiliaire au rang n plus un, on remplace le terme de la suite initiale par sa relation de récurrence, puis on factorise jusqu'à faire réapparaître la suite auxiliaire au rang n. On conclut en donnant la raison et le premier terme, les deux étant exigés pour écrire ensuite la forme explicite.
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Exercices corrigés : Les suites numériques
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