Spécialité maths, Première • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : le second degré (Première spécialité)
Le second degré est le chapitre le mieux su et le plus mal rédigé de l'année. Presque toutes les copies calculent Δ correctement, et presque toutes perdent des points ailleurs : dans une factorisation à laquelle il manque le a, dans un tableau de signes construit sur les racines sans regarder le coefficient dominant, dans une inéquation dont on donne les racines en guise de réponse.
Cette fiche ne redit pas le cours. Elle liste les huit endroits précis où les points partent, la phrase exacte à recopier pour chacun, l'arbre qui dit quelle méthode employer selon la FORME de l'équation, et un problème de bénéfice décortiqué étape par étape avec la raison de chaque geste.
Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Le fil du chapitre
Tout le chapitre se joue sur le coefficient a : c'est lui qui oriente la parabole, lui qui donne le signe du trinôme à l'extérieur des racines, et c'est lui qu'on oublie dans la factorisation. Le discriminant, de son côté, répond à une question de NOMBRE de racines, jamais de valeur. Et chaque forme du trinôme répond à une question : on complète le carré pour l'extremum, on factorise à vue quand une racine se voit, et le discriminant ne sert que lorsqu'aucune forme ne se lit.
Le discriminant compte les racines, il ne les donne pas
•Pour ax2+bx+c avec a=0 : Δ=b2−4ac. La condition a=0 est une hypothèse, pas une formalité : si a=0 l'équation est du premier degré et Δ n'a aucun sens.
•Δ>0 : deux racines x1=2a−b−Δ et x2=2a−b+Δ. Δ=0 : une racine double x0=2a−b. Δ<0 : aucune racine RÉELLE.
•Factorisation, seulement si Δ≥0 : ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2). Le facteur a est devant, toujours.
•Somme et produit : x1+x2=a−b et x1x2=ac. Deux nombres de somme S et de produit P sont les racines de x2−Sx+P=0.
Les racines x1 et x2 sont symétriques par rapport à l'axe de la parabole, d'abscisse −2ab : c'est pour cela que leur somme vaut −ab. Ici x2−4x+3 : racines 1 et 3, axe x=2.
Écrire « Δ=100>0, donc deux racines distinctes » avant de calculer rapporte souvent un demi-point de méthode. Le correcteur cherche la phrase qui justifie le nombre de racines, pas seulement le nombre.
Le signe du trinôme se lit sur a, jamais sur les racines
•Quand Δ>0 : le trinôme est du signe de a à l'EXTÉRIEUR des racines, du signe de −a ENTRE les racines.
•Quand Δ=0 : le trinôme est du signe de a partout, et s'annule seulement en x0.
•Quand Δ<0 : le trinôme garde le signe de a sur R tout entier, sans jamais s'annuler.
•Conséquence pratique : x2+x+1>0 a pour ensemble de solutions R, et x2+x+1<0 n'a aucune solution. Le même discriminant négatif donne deux réponses opposées selon le sens de l'inégalité.
Avec a=1>0, le trinôme est positif à l'extérieur de [−1;3] et négatif entre les racines; avec a<0 les deux signes s'échangent.
Le tableau de signes se construit dans cet ordre : racines d'abord, signe de a ensuite, colonnes remplies en partant des extrémités. Jamais l'inverse.
Forme canonique : compléter le carré, puis lire le sommet
•Complétion du carré : x2+2ax=(x+a)2−a2. On prend la MOITIÉ du coefficient de x, et on RETRANCHE le carré qu'on vient d'ajouter : x2+8x+7=(x+4)2−16+7=(x+4)2−9.
•Si a=1, on met a en facteur dans les deux premiers termes d'abord : 2x2−12x+10=2[(x−3)2−9]+10=2(x−3)2−8. Le −9 du crochet est multiplié par 2.
•Sur a(x−α)2+β, le sommet est S(α;β) : β est le MINIMUM si a>0, le MAXIMUM si a<0. Attention au signe : (x+4)2 donne α=−4.
•Le programme ne demande pas la forme canonique dans le cas général. Quand le carré ne se complète pas simplement, l'abscisse du sommet est le MILIEU des racines, ou la valeur qui annule la dérivée 2ax+b, et β=f(α) s'obtient en remplaçant.
x2+8x+7=(x+4)2−9 : le sommet est S(−4;−9). Le +4 dans la parenthèse donne α=−4, de l'autre côté de l'axe des ordonnées.
Un extremum se demande sous vingt formulations : « bénéfice maximal », « aire maximale », « coût minimal ». La forme canonique y répond sans calcul de plus, et elle résout aussi les inéquations du type f(x)<k : 2(x−3)2−8<−6 donne (x−3)2<1.
Les équations qui ne sont pas du second degré, mais qui le deviennent
•Bicarrée ax4+bx2+c=0 : on pose X=x2, on résout en X, puis on REVIENT à x. Une valeur X<0 ne donne aucun x; une valeur X>0 en donne deux, ±X.
•Quotient Q(x)P(x)=0 : on annule le numérateur, on exclut les valeurs qui annulent le dénominateur, et on l'écrit dans la conclusion.
•Position relative de deux courbes Cf et Cg : on étudie le SIGNE de f(x)−g(x), jamais les deux courbes séparément.
•Équation sans terme constant ax2+bx=0 : on factorise par x, ce qui donne x=0 ou x=a−b. Le discriminant fonctionne aussi, mais la factorisation va trois fois plus vite.
f(x)−g(x)=x2−x−2=(x+1)(x−2) est négatif entre −1 et 2 : c'est là que Cf passe sous Cg (zone verte). Ailleurs elle est au-dessus.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Oublier le coefficient a dans la forme factorisée
1 point, et toutes les questions suivantes deviennent fausses
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 2x2−6x+4 a pour racines 1 et 2, donc 2x2−6x+4=(x−1)(x−2). »
Ce qu'il faut écrire
« 2x2−6x+4=2(x−1)(x−2), car la factorisation d'un trinôme s'écrit a(x−x1)(x−x2). »
Mêmes racines 1 et 2, mais pas la même courbe : en x=0, le trinôme vaut 4 (vert) et le produit sans le facteur a vaut 2 (rouge).
Pourquoi : (x−1)(x−2) vaut 2 en x=0 alors que le trinôme y vaut 4 : les deux expressions ne sont pas égales. Le contrôle qui prend trois secondes est de remplacer x par 0 des deux côtés.
2.Perdre le signe de b en calculant b2
toute la question, et la conclusion est exactement l'inverse de la vraie
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour x2−5x+6 : Δ=−52−4×1×6=−25−24=−49, donc aucune racine. »
Ce qu'il faut écrire
« b=−5, donc b2=(−5)2=25 et Δ=25−24=1>0 : deux racines, 2 et 3. »
Pourquoi : −52 et (−5)2 sont deux nombres différents : la calculatrice élève avant de changer le signe. La parade est d'écrire les trois coefficients à part, avec leurs signes, AVANT de remplacer.
3.Traduire « Δ<0 » par « pas de solution » dans une inéquation
toute la question, et c'est le piège le plus rentable des sujets de contrôle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« x2+x+1>0 : Δ=1−4=−3<0, donc il n'y a pas de solution. »
Ce qu'il faut écrire
« Δ=−3<0 et a=1>0, donc le trinôme est strictement positif sur R : l'ensemble des solutions de x2+x+1>0 est R tout entier. »
La parabole ne touche jamais l'axe : c'est cela, Δ<0. Son point le plus bas est à la hauteur 0,75, donc x2+x+1>0 pour TOUT réel x.
Pourquoi : Un discriminant négatif dit qu'il n'y a pas de racine, donc que le trinôme ne CHANGE jamais de signe. Il ne dit rien sur le sens de l'inégalité : selon ce sens, l'ensemble des solutions est soit R, soit l'ensemble vide.
4.Répondre à une inéquation en donnant les racines
1,5 point : la question demandait un intervalle, la copie donne deux nombres
Ce qu'il ne faut pas écrire
« −x2+4x−3≥0 : les racines sont 1 et 3, donc S={1;3}. »
Ce qu'il faut écrire
« a=−1<0, donc le trinôme est positif ENTRE les racines : S=[1;3]. »
Les racines (points rouges) ne sont que les bornes. La parabole est au-dessus de l'axe sur tout le segment vert : S=[1;3].
Pourquoi : Les racines sont les bornes de l'ensemble solution, pas l'ensemble solution. Résoudre une inéquation, c'est toujours produire une réunion d'intervalles, et la moitié du travail consiste à choisir de quel côté des racines on se place.
5.Diviser par x et perdre la racine 0
1 point : une racine sur deux disparaît
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 3x2−12x=0 donc 3x−12=0 donc x=4. »
Ce qu'il faut écrire
« 3x2−12x=3x(x−4)=0, donc x=0 ou x=4. Un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul. »
La parabole coupe l'axe en DEUX points. Diviser par x efface celui d'abscisse 0 (en rouge).
Pourquoi : Diviser par x suppose x=0, ce qui exclut d'office la solution qu'on cherche. On ne divise jamais par une expression contenant l'inconnue dans une équation : on factorise.
6.Résoudre une bicarrée en X et oublier de revenir à x
2 points sur 3 : deux solutions au lieu de quatre, et les deux annoncées sont fausses
Ce qu'il ne faut pas écrire
« x4−5x2+4=0, on pose X=x2 : X=1 ou X=4. Les solutions sont donc 1 et 4. »
Ce qu'il faut écrire
« X=1 ou X=4. Comme X=x2 : x2=1 donne x=−1 ou x=1, et x2=4 donne x=−2 ou x=2. L'équation admet quatre solutions : −2, −1, 1 et 2. »
La courbe de x4−5x2+4 coupe l'axe en quatre points symétriques (vert) ; en x=4 elle vaut 180, loin de l'axe : 4 est une valeur de X, pas de x.
Pourquoi : L'inconnue auxiliaire est un outil, pas une réponse. Chaque valeur strictement positive de X redonne DEUX valeurs de x, opposées; une valeur négative n'en redonne aucune, et cela se dit dans la copie.
7.Écrire x1+x2=ab au lieu de a−b
1 point, plus toute la question de somme et produit qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour 2x2−10x+8 : x1+x2=2−10=−5 et x1x2=28=4. »
Ce qu'il faut écrire
« x1+x2=a−b=210=5 et x1x2=ac=4. Les racines sont 1 et 4, dont la somme vaut bien 5. »
Les racines 1 et 4 de 2x2−10x+8 sont symétriques autour de x=2,5 (vert) : leur somme vaut 5. La formule sans le signe moins mettrait l'axe en −2,5 (rouge), où il n'y a rien.
Pourquoi : Le signe moins fait partie de la formule, il ne vient pas du signe de b. Le contrôle imparable : la somme des racines doit valoir le double de l'abscisse du sommet, et le sommet est du côté où la parabole se creuse.
8.Comparer deux courbes en comparant leurs formes au lieu de leur différence
toute la question : la conclusion peut être juste et la démonstration nulle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La parabole y=x2 monte plus vite que la droite y=2x−1, donc elle est toujours au-dessus. »
Ce qu'il faut écrire
« x2−(2x−1)=x2−2x+1=(x−1)2≥0, donc Cf est au-dessus de D sur R, avec contact au seul point d'abscisse 1. »
La droite y=2x−1 touche la parabole y=x2 au seul point (1;1) et reste en dessous partout ailleurs : la différence (x−1)2 le prouve, pas l'allure.
Pourquoi : Une position relative se démontre par le SIGNE d'une différence, et cette différence est presque toujours un trinôme. C'est le seul endroit du chapitre où Δ=0 a une lecture géométrique : les deux courbes sont tangentes.
9.Compléter le carré sans retrancher ce qu'on a ajouté
toute la question, et le sommet annoncé est faux de la valeur du carré oublié
Ce qu'il ne faut pas écrire
« x2+6x+2=(x+3)2+2. »
Ce qu'il faut écrire
« x2+6x=(x+3)2−9, donc x2+6x+2=(x+3)2−9+2=(x+3)2−7. »
La forme fausse (rouge, en pointillé) est la vraie parabole remontée de 9 : même axe, mais sommet (−3;2) au lieu de (−3;−7), et 11 au lieu de 2 en x=0.
Pourquoi : (x+3)2 contient déjà x2+6x ET un 9 de trop. Le contrôle prend trois secondes : en x=0, le trinôme vaut 2, la forme fausse 11, la forme juste 9−7=2.
10.Laisser le coefficient a hors du crochet en complétant le carré
1 à 2 points, et l'extremum annoncé est faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 2x2−12x+10=2(x−3)2−9+10=2(x−3)2+1. »
Ce qu'il faut écrire
« 2x2−12x+10=2[(x−3)2−9]+10=2(x−3)2−18+10=2(x−3)2−8. Le minimum vaut −8, atteint en 3. »
Pourquoi : Le −9 vient de l'intérieur du crochet, il est donc multiplié par 2 comme le carré. Le contrôle en x=0 : 2×9−8=10, la valeur de départ, alors que la forme fausse donne 19.
11.Calculer un discriminant pour un trinôme qui se factorise à vue
une minute par question, et autant d'occasions de se tromper de signe
« Deux entiers de somme 9 et de produit 20 : 4 et 5. Donc x2−9x+20=(x−4)(x−5). De même x2−49=(x−7)(x+7) et 3x2+5x=x(3x+5). »
Pourquoi : Le résultat est juste, mais le programme demande explicitement la factorisation directe quand elle se voit : racine apparente, coefficient de x nul, racines entières par leur somme −ab et leur produit ac. Le discriminant est le dernier recours.
Quelle méthode choisir
Quelle méthode selon la forme de l'équation
On regarde la FORME écrite au tableau, avant de savoir de quoi parle l'exercice. Le discriminant n'est que la quatrième branche, et c'est la plus lente.
Les trois allures entre lesquelles Δ tranche, toutes avec a>0 : deux points de contact avec l'axe des abscisses, un seul, ou aucun.
Si il n'y a pas de terme constant : ax2+bx=0 → factoriser par x, produit nul
Exemple : 3x2−12x=3x(x−4)=0 donne x=0 ou x=4
Le discriminant marche aussi et donne les mêmes racines, mais on perd une minute et on risque une erreur de signe.
Si il n'y a pas de terme en x : ax2+c=0 → isoler x2, puis conclure selon le signe obtenu
Exemple : 2x2−18=0 donne x2=9, donc x=−3 ou x=3
Si x2 vaut un nombre strictement négatif, il n'y a aucune solution réelle, et c'est cela qu'il faut écrire.
Si le trinôme se factorise à vue, ou une identité remarquable saute aux yeux → factoriser directement, puis produit nul
Exemple : x2−6x+9=(x−3)2=0 donne la racine double 3
Si le trinôme est unitaire et ses racines semblent entières → chercher deux entiers de somme −b et de produit c, par calcul mental
Exemple : x2−9x+20 : somme 9, produit 20, donc 4 et 5, et (x−4)(x−5)
On essaie les couples dont le produit vaut c ; si aucun ne donne la bonne somme, on passe au discriminant.
Si trinôme complet ax2+bx+c avec a=0 → discriminant, en écrivant d'abord les trois coefficients avec leurs signes
Exemple : 2x2−3x−2 : Δ=9+16=25, racines 2 et −21
Si puissances 4 et 2 seulement : ax4+bx2+c=0 → poser X=x2, résoudre en X, PUIS revenir à x pour chaque valeur positive
Exemple : x4−5x2+4=0 donne X=1 ou X=4, donc quatre solutions
Si une fraction Q(x)P(x)=0 ou une racine carrée → poser le domaine AVANT de résoudre, puis annuler le numérateur et vérifier chaque solution
Exemple : x−2x2−4=0 n'a qu'une solution, −2, car 2 est exclue du domaine
Aucune branche ne s'applique ? Vérifier d'abord que a=0 : si le coefficient de x2 dépend d'un paramètre, le cas a=0 se traite à part, en premier degré, et il vaut presque toujours un point à lui seul.
Quel outil selon le verbe de l'énoncé
Les questions du contrôle se ressemblent toutes. Le verbe désigne l'outil, et il n'y en a que six.
Si « résoudre l'équation » → racines, réponse sous forme d'ensemble S={…}
Si « résoudre l'inéquation » ou « étudier le signe » → racines, PUIS tableau de signes construit avec le signe de a, réponse sous forme d'intervalles
Exemple : −x2+4x−3≥0 donne S=[1;3], pas {1;3}
Si « montrer que pour tout réel x » une inégalité est vraie → tout ramener d'un côté, calculer Δ, et conclure sur le signe constant
Exemple : x2+x+1>0 pour tout x car Δ=−3<0 et a=1>0
Si « maximum », « minimum », « optimal », « le plus grand » → forme canonique en complétant le carré ; si le carré ne se complète pas simplement, α est le milieu des racines ou annule la dérivée, puis β=f(α)
Exemple : B(x)=−x2+14x−24=−(x−7)2+25 est maximal en x=7, où B(7)=25
Si « deux nombres dont la somme est S et le produit P » → résoudre x2−Sx+P=0
Exemple : somme 7 et produit 12 donnent 3 et 4
Si Δ<0, c'est que ces deux nombres n'existent pas : S=2 et P=5 est impossible.
Si « position relative », « au-dessus de », « points d'intersection » → étudier le signe de f(x)−g(x)
Exemple : x2−(2x−1)=(x−1)2≥0 : la parabole est au-dessus, tangente en x=1
Le mot « conjecturer » n'appelle aucun calcul de discriminant : il demande la calculatrice et une phrase au conditionnel. C'est la question suivante qui demandera la démonstration, et elle rapporte trois fois plus.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre une inéquation du second degré, rédigée pour le correcteur
Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé contient un signe <, >, ≤ ou ≥ avec un carré, ou demande le signe d'une expression.
1Tout ramener d'un côté, de façon que l'autre membre soit 0. « L'inéquation équivaut à −x2+4x−3≥0. »
2Identifier les coefficients avec leurs signes : « a=−1, b=4, c=−3. » Trois nombres écrits, c'est ce qui empêche l'erreur sur b2.
3Calculer et commenter le discriminant : « Δ=16−12=4>0, donc le trinôme admet deux racines distinctes. »
4Calculer les racines, puis les ranger dans l'ordre croissant. Le tableau se lit de gauche à droite, donc la plus petite d'abord.
5Construire le tableau de signes en écrivant le signe de a dans les cases extérieures, celui de −a dans la case intérieure.
6Conclure par un ensemble de solutions, avec des crochets ouverts ou fermés selon que l'inégalité est stricte ou large.
Phrase de conclusion
Δ=4>0, donc le trinôme s'annule en 1 et en 3; comme a=−1<0, il est positif entre les racines. L'ensemble des solutions est S=[1;3].
Le piège : Recopier le tableau de signes d'un trinôme à a>0 vu en cours quand celui de l'exercice a a<0. Les deux tableaux sont exactement inversés, et la moitié des copies rendent le mauvais.
Barème : En général 0,5 point pour le discriminant, 1 point pour les racines, 1 point pour le tableau, 0,5 point pour l'ensemble de solutions correctement noté.
Discuter le nombre de solutions selon un paramètre
Quand l'utiliser : L'énoncé écrit un m dans l'équation et demande « selon les valeurs de m », ou « pour quelles valeurs de m l'équation admet-elle deux solutions ».
1Traiter d'abord le cas où le coefficient de x2 s'annule, s'il contient le paramètre. « Si m=0, l'équation devient −2x+1=0, du premier degré, de solution unique x=21. »
2Se placer ensuite dans le cas a=0 et écrire Δ EN FONCTION DE m, sans le simplifier trop tôt.
3Reconnaître que Δ(m) est lui-même un trinôme en m, et étudier son signe avec exactement la même méthode qu'à la question précédente.
4Traduire chaque signe de Δ en nombre de solutions, et donner les intervalles de m correspondants.
5Réunir les trois cas dans une conclusion unique, sans oublier le cas écarté au début.
Phrase de conclusion
Pour m=0 l'équation est du premier degré et admet une solution unique; pour m=0, Δ=4−4m, donc l'équation admet deux solutions si m<1, une racine double si m=1, et aucune solution réelle si m>1.
Le piège : Oublier le cas a=0. Il n'est jamais rappelé dans l'énoncé, il vaut souvent un point entier, et c'est la première chose que le correcteur regarde sur ce type de question.
Barème : 1 point pour le cas a=0 traité à part, 1 point pour Δ en fonction de m, 1,5 point pour la discussion complète des trois cas.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Contrôler les racines par leur somme et leur produit
Une fois x1 et x2 trouvées, vérifier mentalement que x1+x2=a−b et x1x2=ac. Deux additions, aucun risque, et cela attrape presque toutes les erreurs de signe.
Des racines annoncées −2 et 3 pour x2−5x+6 : leur somme vaut 1 et non 5, donc l'une des deux est fausse. C'est −2 qui devrait être 2.
Réinjecter une racine dans le trinôme de départ
Remplacer x par la racine trouvée dans l'expression initiale, pas dans une expression intermédiaire. Le résultat doit être exactement 0.
x=23 annoncée racine de 2x2−3x−2 : le calcul donne 29−29−2=−2, donc c'est faux. La bonne racine est 2.
Tester un point de chaque intervalle du tableau de signes
Choisir une valeur simple dans chaque zone du tableau, la plus ronde possible, et calculer le trinôme. Le signe obtenu doit être celui de la case.
Pour −x2+4x−3 avec S=[1;3] : f(0)=−3<0, f(2)=1>0, f(5)=−8<0. Les trois signes confirment le tableau en quinze secondes.
Comparer le sommet trouvé au milieu des racines
L'abscisse du sommet est toujours le milieu des deux racines quand elles existent. Si α=2x1+x2, il y a une erreur quelque part.
Racines 2 et 12, sommet annoncé en α=6 : le milieu vaut 7, donc α est faux, et l'erreur est dans le 2a du dénominateur.
Lire la parabole sur la calculatrice
Entrer le trinôme en Y1, régler la fenêtre, et regarder combien de fois la courbe coupe l'axe. Le nombre de points d'intersection doit correspondre au signe de Δ trouvé.
Une courbe qui ne coupe jamais l'axe alors que la copie annonce Δ=25 : le carré de b a été calculé avec le mauvais signe.
L'exercice type décortiqué
Seuil de rentabilité et bénéfice maximal, comme au contrôle
Une entreprise fabrique x centaines d'objets, avec 0≤x≤14. Son bénéfice, en milliers de dollars, est donné par B(x)=−x2+14x−24.
1. Déterminer les productions pour lesquelles l'entreprise est bénéficiaire. 2. Déterminer la production qui rend le bénéfice maximal, et la valeur de ce bénéfice.
Étape 1
L'entreprise est bénéficiaire lorsque B(x)>0, c'est-à-dire −x2+14x−24>0, avec a=−1, b=14 et c=−24.
Pourquoi
Traduire « bénéficiaire » par une inéquation stricte est la seule difficulté de lecture de l'énoncé, et elle vaut un demi-point. Écrire les trois coefficients avec leurs signes protège du carré de b mal calculé.
Étape 2
Δ=142−4×(−1)×(−24)=196−96=100>0, donc le trinôme admet deux racines distinctes.
Pourquoi
Le double signe moins dans −4ac donne un produit négatif : c'est là que se perdent les points. La phrase « donc deux racines distinctes » n'est pas décorative, c'est elle qui justifie la suite.
Étape 3
x1=−2−14−10=12 et x2=−2−14+10=2. Contrôle : x1+x2=14=a−b et x1x2=24=ac.
Pourquoi
Le dénominateur 2a vaut ici −2, donc la racine « avec le plus » est la plus PETITE. Le contrôle par somme et produit prend cinq secondes et attrape l'inversion.
Étape 4
Comme a=−1<0, le trinôme est positif entre les racines. Donc B(x)>0 pour x∈]2;12[, soit entre 200 et 1200 objets, bornes exclues.
Pourquoi
Le signe de a décide seul du côté. Les bornes sont exclues parce que l'inégalité est stricte : en x=2 et x=12 le bénéfice est nul, l'entreprise n'est ni bénéficiaire ni déficitaire.
Étape 5
Le maximum est atteint au sommet. Complétion du carré : B(x)=−(x2−14x)−24=−[(x−7)2−49]−24=−(x−7)2+25. Donc α=7 et β=25.
Pourquoi
La forme canonique donne le maximum d'un coup, et −(x−7)2≤0 prouve que 25 est bien le plus grand. Autre chemin sans formule : 7 est le milieu des racines 2 et 12, et B(7)=25.
Étape 6
Vérification : 7 est bien le milieu de 2 et 12; B(6)=24 et B(8)=24, tous deux inférieurs à 25; B(0)=−24<0 et B(14)=−24<0, cohérents avec un intervalle de rentabilité intérieur.
Pourquoi
Trois contrôles indépendants qui ne refont pas l'exercice : la symétrie du sommet, deux valeurs encadrantes, et les deux bornes du domaine. Un maximum qui n'est pas le plus grand des trois est un maximum faux.
Conclusion rédigée
L'entreprise est bénéficiaire pour une production strictement comprise entre 200 et 1200 objets, et son bénéfice est maximal pour 700 objets, où il atteint 25 milliers de dollars.
L'erreur classique sur cet exercice : Répondre « la production maximale est 25 » en confondant l'abscisse du sommet et son ordonnée. L'énoncé demande deux choses distinctes, la production et le bénéfice, et la conclusion doit les nommer toutes les deux avec leur unité.
À savoir par cœur
•Δ=b2−4ac, avec b2 calculé sur b ET son signe : (−5)2=25, jamais −25.
•Factorisation : a(x−x1)(x−x2). Le a est devant, et il n'est jamais facultatif.
•Signe du trinôme : celui de a à l'EXTÉRIEUR des racines, celui de −a entre elles.
•Δ<0 ne veut pas dire « pas de solution » : le trinôme garde alors le signe de a sur R tout entier.
•Forme canonique : compléter le carré, x2+2ax=(x+a)2−a2, en retranchant ce qu'on ajoute. Le sommet α est aussi le milieu des racines.
•x1+x2=a−b et x1x2=ac. Deux nombres de somme S et de produit P sont racines de x2−Sx+P=0.
•Bicarrée : poser X=x2, résoudre, puis REVENIR. Chaque X>0 donne deux x, chaque X<0 n'en donne aucun.
•Position relative de deux courbes : signe de la différence, jamais comparaison des formes.
•Factoriser à vue avant tout Δ : racine apparente, x2−k2, deux entiers de somme −b et de produit c.
Questions fréquentes
Comment savoir si un trinôme du second degré a des racines ?
On calcule le discriminant, égal au carré de b moins quatre fois a fois c. S'il est strictement positif il y a deux racines distinctes, s'il est nul il y a une racine double, et s'il est strictement négatif il n'y a aucune racine réelle. Le piège classique est de calculer le carré de b sans tenir compte de son signe.
Pourquoi faut-il garder le coefficient a dans la forme factorisée ?
Parce que sans lui les deux expressions ne sont pas égales. La factorisation s'écrit a multiplié par le produit des deux facteurs contenant les racines. Le contrôle prend trois secondes : on remplace x par zéro dans le trinôme de départ et dans la forme factorisée, et les deux résultats doivent coïncider.
Que faire quand le discriminant est négatif dans une inéquation ?
Le trinôme ne change jamais de signe : il garde partout le signe de a. Si a est positif, l'expression est strictement positive sur tous les réels, donc une inéquation qui demande le signe positif a pour solution l'ensemble des réels, et celle qui demande le signe négatif n'a aucune solution. Discriminant négatif ne signifie donc jamais absence de solution.
Comment trouver le sommet d'une parabole en Première ?
On met le trinôme sous forme canonique en complétant le carré : on prend la moitié du coefficient de x, on écrit le carré correspondant et on retranche ce qu'on a ajouté. Le sommet se lit alors directement. Si les racines sont connues, l'abscisse du sommet est leur milieu, et l'ordonnée s'obtient en remplaçant x par cette valeur. Si a est positif le sommet est un minimum, sinon un maximum.
Comment compléter le carré pour obtenir la forme canonique ?
On regarde les deux premiers termes, x au carré plus un certain nombre de fois x. On prend la moitié de ce nombre : x au carré plus huit x est le début du carré de x plus quatre, qui contient en plus seize. On retranche donc seize, puis on ajoute le terme constant. Si le coefficient de x au carré n'est pas un, on le met d'abord en facteur dans les deux premiers termes, sans oublier de le multiplier ensuite par le nombre retranché.
Comment étudier la position relative de deux courbes ?
On étudie le signe de la différence des deux expressions, jamais les deux courbes séparément. Là où la différence est positive, la première courbe est au-dessus de la seconde. Là où elle s'annule, les courbes se coupent ou se touchent. Cette différence est presque toujours un trinôme, donc on retombe sur le tableau de signes habituel.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Le second degré
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Il manque quelque chose dans cette fiche ?Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?
Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.