Troisième, programme français à Montréal • Exercices corrigés
Exercices corrigés : les trois identités remarquables (Troisième)
Voici dix exercices corrigés sur les trois identités remarquables, au programme de mathématiques de troisième. Ils s'adressent aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas à Montréal, comme à tous ceux qui suivent le programme français.
Les exercices 0.1 et 0.2 ouvrent la série par deux listes de calcul direct sur les identités remarquables, comme dans les manuels : dix développements avec (a+b)2, (a−b)2 et (a−b)(a+b), de (x+8)2 à (5x+2)2, (5−4x)2 et (x+0,5)2, jusqu'à une somme et une différence d'expressions à réduire ; puis dix factorisations, la différence de deux carrés dans les deux ordres comme 100−9x2, le carré parfait reconnu par ses trois conditions comme 16x2−56x+49, le facteur commun avant l'identité dans 5x2−80, et deux blocs au carré comme (4x+1)2−(x+3)2, chacune avec des coefficients à trouver et vérifiés en direct.
Le fil de la série tient en une phrase : avant de calculer quoi que ce soit, il faut DIRE ce que valent a et b, et ce sont des BLOCS. Dans (7x+2)2, le nombre a n'est ni 7 ni x, c'est 7x tout entier, donc son carré vaut 49x2 et non 7x2. Tout ce qui suit, développer, factoriser, calculer de tête, démontrer, n'est que la même égalité lue dans un sens ou dans l'autre.
Trois pièges reviennent d'un exercice à l'autre et sont désignés à chaque fois. Le premier est le carré du coefficient. Le deuxième est le dernier terme d'un carré, toujours positif, même quand le signe du milieu est négatif. Le troisième est la somme de deux carrés, qui ne se factorise jamais, contrairement à la différence.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•(a+b)2=a2+2ab+b2 et (a−b)2=a2−2ab+b2 : le dernier terme est toujours POSITIF, car c'est un carré.
•(a−b)(a+b)=a2−b2 : seule la DIFFÉRENCE de deux carrés se factorise, jamais la somme.
•Le carré porte sur le BLOC entier, coefficient compris : (3x)2=9x2, jamais 3x2.
•Un carré parfait se reconnaît à TROIS conditions : premier terme carré, dernier terme carré et positif, terme du milieu égal au double produit.
•Deux nombres OPPOSÉS ont le même carré : (x−3)2=(3−x)2.
•Pour factoriser, on cherche d'abord un facteur commun, et seulement ensuite une identité. Une factorisation incomplète ne vaut que la moitié des points.
•Un carré donne deux facteurs IDENTIQUES et un terme du milieu ; une différence de carrés donne deux facteurs DIFFÉRENTS et aucun terme du milieu.
•a2−b2 et b2−a2 sont OPPOSÉS, pas égaux.
•Pour démontrer une propriété sur les entiers, on nomme l'entier n, on calcule, puis on MET EN FACTEUR pour conclure.
•Un contre-exemple numérique suffit à réfuter une égalité ; aucun nombre d'exemples ne suffit à la prouver.
Calculs : les développements à calculer
Exercice 0.1 : Développer avec les identités remarquables : dix calculs directs
Développez et réduisez chaque expression à l'aide des identités remarquables, puis donnez les coefficients demandés de la forme réduite. Le « coefficient de x » est le nombre devant x, le « terme constant » est le nombre seul ; un terme absent vaut 0.
Une seule méthode pour les dix lignes. Reconnaître l'identité : (a+b)2=a2+2ab+b2, (a−b)2=a2−2ab+b2 ou (a−b)(a+b)=a2−b2. ÉCRIRE ce que valent a et b, en blocs : dans (5x+2)2, a=5x. Remplacer dans la formule, puis réduire. Pour les deux dernières lignes, on développe chaque morceau séparément, entre parenthèses, avant de réduire.
a) (x+8)2
b) (x−9)2
c) (x−10)(x+10)
d) (5x+2)2
e) (3x−4)2
f) (6x+1)(6x−1)
g) (5−4x)2
h) (x+0,5)2
i) (x+4)2+(x−6)2
j) (x+9)2−(x−9)(x+9)
Voir la correction
Réponses
a)x2+16x+64
b)x2−18x+81
c)x2−100
d)25x2+20x+4
e)9x2−24x+16
f)36x2−1
g)16x2−40x+25
h)x2+x+0,25
i)2x2−4x+52
j)18x+162
Le geste qui décide de tout : écrire a et b AVANT de développer. Tant qu'on sait que a=5x, on ne peut pas écrire 5x2 ; tant qu'on sait que b=4x dans (5−4x)2, on ne peut pas oublier que b2=16x2.
a)
(a+b)2 avec a=x, b=8 : x2+2×x×8+82=x2+16x+64. Piège : x2+64, sans le double produit.
b)
(a−b)2 avec a=x, b=9 : x2−2×x×9+92=x2−18x+81. Piège : −81 ; le dernier terme est un CARRÉ, toujours positif, le signe moins ne porte que sur le double produit.
c)
(a−b)(a+b) avec a=x, b=10 : x2−102=x2−100. Les termes en x s'annulent, −10x+10x=0, donc le coefficient de x vaut 0.
d)
(a+b)2 avec a=5x, b=2 : (5x)2+2×5x×2+22=25x2+20x+4. Piège : 5x2 ; le carré porte sur le 5 aussi, (5x)2=5x×5x=25x2.
e)
(a−b)2 avec a=3x, b=4 : (3x)2−2×3x×4+42=9x2−24x+16. Contrôle pour x=1 : (3−4)2=1 et 9−24+16=1.
f)
(a+b)(a−b) avec a=6x, b=1 : (6x)2−12=36x2−1. Piège : 6x2−1, ou 36x2+1 ; le résultat est une DIFFÉRENCE.
g)
(a−b)2 avec a=5, b=4x : 52−2×5×4x+(4x)2=25−40x+16x2, soit 16x2−40x+25 une fois rangé. L'ordre des termes ne change rien à l'identité ; il faut seulement que b soit le bloc 4x entier.
h)
(a+b)2 avec a=x, b=0,5 : x2+2×x×0,5+0,52=x2+x+0,25. Piège : 0,52=0,25 et non 0,5 ni 1 ; et 2×0,5=1, d'où le terme x tout seul.
i)
Deux carrés développés séparément : (x+4)2=x2+8x+16 et (x−6)2=x2−12x+36. On ajoute : x2+x2+8x−12x+16+36=2x2−4x+52. Les deux x2 ne s'annulent pas, ils s'ajoutent.
j)
(x+9)2=x2+18x+81 et (x−9)(x+9)=x2−81. Le moins devant la seconde expression change TOUS ses signes : x2+18x+81−(x2−81)=x2+18x+81−x2+81=18x+162. Piège : écrire −x2−81 et trouver 18x seul.
Contrôle : on remplace x par 1 dans l'expression de départ et dans la forme réduite, les deux nombres doivent être égaux ; par exemple en g), (5−4)2=1 et 16−40+25=1. Pour h), on prend x=2 : 2,52=6,25 et 4+2+0,25=6,25.
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Calculs : les factorisations à calculer
Exercice 0.2 : Factoriser avec les identités remarquables : dix calculs directs
Factorisez chaque expression à l'aide d'une identité remarquable, en cherchant d'abord un éventuel facteur commun, puis donnez les nombres demandés de la forme factorisée.
Une seule méthode pour les dix lignes. Un facteur commun d'abord, s'il y en a un. Puis on lit l'expression : deux carrés séparés par un MOINS donnent a2−b2=(a−b)(a+b) ; trois termes dont les deux extrêmes sont des carrés positifs donnent (a+b)2 ou (a−b)2, à condition que le terme du milieu soit bien 2ab. On écrit a et b, on VÉRIFIE le double produit, puis on écrit la forme factorisée.
a) x2−144
b) 64x2−25
c) 100−9x2
d) x2+20x+100
e) x2−30x+225
f) 9x2+30x+25
g) 16x2−56x+49
h) 5x2−80
i) (x+1)2−36
j) (4x+1)2−(x+3)2
Voir la correction
Réponses
a)(x−12)(x+12)
b)(8x−5)(8x+5)
c)(10−3x)(10+3x)
d)(x+10)2
e)(x−15)2
f)(3x+5)2
g)(4x−7)2
h)5(x−4)(x+4)
i)(x−5)(x+7)
j)(3x−2)(5x+4)
Le geste qui décide de tout : identifier a et b comme les nombres DONT ON A PRIS LE CARRÉ, pas comme les termes eux-mêmes. Dans 64x2, a=8x et non 64x ; dans (x+1)2, a est le bloc x+1 tout entier. Pour un carré parfait, la vérification du terme du milieu n'est pas facultative.
a)
x2−144=x2−122, avec a=x et b=12 : (x−12)(x+12). Il faut connaître les carrés jusqu'à 152=225.
b)
64x2−25=(8x)2−52, avec a=8x et b=5 : (8x−5)(8x+5). Piège : (64x−25)(64x+25), ou (8x−5)2 ; une différence de deux carrés donne deux facteurs DIFFÉRENTS.
c)
100−9x2=102−(3x)2, avec a=10 et b=3x : (10−3x)(10+3x). Piège : écrire (3x−10)(3x+10), qui se développe en 9x2−100, l'OPPOSÉ de l'expression. Le premier carré reste le premier.
d)
x2=x2, 100=102, et le terme du milieu vaut bien 2×x×10=20x : x2+20x+100=(x+10)2.
e)
x2 et 225=152, et 2×x×15=30x ; le terme du milieu est négatif, donc c'est (a−b)2 : x2−30x+225=(x−15)2. Dans la forme (x+q)2, q=−15. Piège : (x+15)2, qui redonne +30x.
f)
9x2=(3x)2, 25=52, et 2×3x×5=30x : 9x2+30x+25=(3x+5)2. Contrôle pour x=1 : 9+30+25=64 et 82=64.
g)
16x2=(4x)2, 49=72, et 2×4x×7=56x, précédé d'un moins : 16x2−56x+49=(4x−7)2. Contrôle pour x=1 : 16−56+49=9 et (−3)2=9.
h)
Le facteur commun d'abord : 5x2−80=5(x2−16). Puis x2−16=x2−42=(x−4)(x+4). Donc 5x2−80=5(x−4)(x+4). Piège : chercher directement une identité, alors que ni 5x2 ni 80 ne sont des carrés.
i)
(x+1)2−62, avec a=x+1 et b=6 : [(x+1)−6][(x+1)+6]=(x−5)(x+7). Dans la forme (x+r)(x+s) avec r<s : r=−5 et s=7. Contrôle pour x=0 : 1−36=−35 et (−5)×7=−35.
j)
a=4x+1 et b=x+3, deux blocs : [(4x+1)−(x+3)][(4x+1)+(x+3)]. Dans le premier crochet, le moins change les DEUX signes de x+3 : 4x+1−x−3=3x−2. Dans le second : 4x+1+x+3=5x+4. Donc (3x−2)(5x+4). Piège : 4x+1−x+3=3x+4, le moins appliqué au seul x. Contrôle pour x=0 : 1−9=−8 et (−2)×4=−8.
Contrôle : on redéveloppe la forme trouvée, ou plus vite on remplace x par 0 puis par 1 dans l'expression de départ et dans la forme factorisée ; les deux doivent donner le même nombre à chaque fois.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Nommer a et b : ce sont des blocs
Les trois identités s'écrivent avec deux lettres, a et b. Tout le chapitre tient dans une habitude : avant d'écrire quoi que ce soit, DIRE ce que valent a et b.
Et ce sont des BLOCS. Dans (7x+2)2, le nombre a n'est ni 7 ni x : c'est 7x tout entier, donc a2=49x2.
a) Dans (7x+2)2, dites ce que valent a et b, puis développez et réduisez.
b) Dans (4x−9)2, dites ce que valent a et b, puis développez et réduisez.
c) Démontrez que (6−5x)2=(5x−6)2, puis vérifiez les deux écritures pour x=2.
d) Les deux rectangles de la figure sont ceux qui apparaissent dans le développement de (2x+3)2. Donnez l'aire de chacun, puis expliquez pourquoi le terme du milieu vaut 12x et non 6x.
Voir la correction
Réponses
a)a=7x et b=2 ; (7x+2)2=49x2+28x+4
b)a=4x et b=9 ; (4x−9)2=16x2−72x+81
c)Les deux valent 25x2−60x+36, et 16 pour x=2
d)Chaque rectangle vaut 6x, donc 12x en tout ; (2x+3)2=4x2+12x+9
a)
On écrit d'abord a=7x et b=2, et c'est cette ligne qui vaut le premier point. Ensuite (a+b)2=a2+2ab+b2 donne a2=(7x)2=49x2, 2ab=2×7x×2=28x et b2=4. Donc (7x+2)2=49x2+28x+4. Vérification pour x=1 : à gauche (7+2)2=81, à droite 49+28+4=81. Le piège est d'écrire 7x2 au lieu de 49x2, c'est-à-dire d'avoir oublié que le carré porte sur le bloc et donc AUSSI sur le coefficient. Cette seule erreur fait perdre toute la question, parce que le reste du calcul devient faux.
b)
Ici le signe du milieu est négatif, donc on lit (a−b)2=a2−2ab+b2 avec a=4x et b=9. Attention, b vaut 9 et non −9 : le signe est déjà dans la formule. On obtient a2=16x2, 2ab=2×4x×9=72x et b2=81, donc (4x−9)2=16x2−72x+81. Vérification pour x=1 : à gauche (4−9)2=25, à droite 16−72+81=25. Le dernier terme est POSITIF même quand le signe du milieu est négatif : c'est un carré, et un carré n'est jamais négatif. Écrire −81 à la fin est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre.
c)
(6−5x)2=36−60x+25x2 et (5x−6)2=25x2−60x+36 : ce sont les mêmes trois termes, écrits dans l'autre ordre, donc les deux expressions sont égales. La raison de fond est que 6−5x et 5x−6 sont OPPOSÉS, et que deux nombres opposés ont le même carré. Pour x=2 : (6−10)2=(−4)2=16 et (10−6)2=42=16. On peut donc toujours retourner une parenthèse avant d'élever au carré, ce qui évite de manipuler un terme constant devant un terme en x. Le piège serait de croire que le signe se conserve : (6−5x)2 n'est pas l'opposé de (5x−6)2, il lui est ÉGAL.
d)
Chaque rectangle mesure 2x par 3, donc son aire vaut 6x, et les deux ensemble valent 12x. C'est exactement le terme du milieu de (2x+3)2=4x2+12x+9. La figure dit pourquoi le 2 de 2ab est là : le rectangle a×b apparaît DEUX FOIS, une fois en haut à gauche et une fois en bas à droite du carré de côté 2x+3. Un élève qui écrit 4x2+6x+9 n'a compté qu'un seul des deux rectangles. Vérification pour x=1 : (2+3)2=25 et 4+12+9=25, alors que 4+6+9=19 ne convient pas.
Exercice 2 : La différence de deux carrés, dans les deux sens
(a−b)(a+b)=a2−b2. Lue de gauche à droite, elle développe ; lue de droite à gauche, elle factorise. C'est la même égalité.
Seule la DIFFÉRENCE de deux carrés se factorise. La somme, jamais.
a) Développez et réduisez (8x−3)(8x+3).
b) Factorisez x2−121, puis 36x2−49.
c) Factorisez 16−81x2. Attention à l'ordre des deux carrés.
d) Factorisez 49−(2x−5)2, puis poussez la factorisation aussi loin que possible.
Voir la correction
Réponses
a)64x2−9
b)(x−11)(x+11) et (6x−7)(6x+7)
c)(4−9x)(4+9x)
d)(12−2x)(2x+2), soit 4(6−x)(x+1)
a)
On pose a=8x et b=3. Le produit (a−b)(a+b) vaut a2−b2=64x2−9. Il n'y a aucun terme en x : les deux termes croisés, +24x et −24x, s'annulent, et c'est toute la raison d'être de cette identité. Vérification pour x=1 : (8−3)(8+3)=5×11=55 et 64−9=55. Le piège est d'écrire 64x2−9 puis d'ajouter un terme du milieu par réflexe, ou d'écrire 8x2 au lieu de 64x2 : le carré porte encore une fois sur le bloc entier.
b)
Pour x2−121, on cherche deux carrés : x2 est le carré de x et 121 celui de 11, donc x2−121=(x−11)(x+11). Pour 36x2−49, 36x2 est le carré de 6x et 49 celui de 7, donc 36x2−49=(6x−7)(6x+7). Vérification de la seconde pour x=1 : 36−49=−13 et (6−7)(6+7)=−1×13=−13. L'erreur classique est d'écrire (6x−7)2 : ce serait 36x2−84x+49, qui n'a rien à voir. Une différence de deux carrés donne toujours DEUX facteurs différents, jamais un carré.
c)
Ici le carré le plus grand est écrit en premier mais c'est le nombre, pas le terme en x. On garde l'ordre de l'énoncé : a=4 et b=9x, donc 16−81x2=(4−9x)(4+9x). Vérification pour x=1 : 16−81=−65 et (4−9)(4+9)=−5×13=−65. Le piège est d'écrire (9x−4)(9x+4), qui vaut 81x2−16, c'est-à-dire l'OPPOSÉ. Une bonne habitude : écrire a et b en les soulignant dans l'énoncé avant de poser les parenthèses.
d)
Les deux carrés sont 49, carré de 7, et (2x−5)2, carré du bloc 2x−5. Donc 49−(2x−5)2=(7−(2x−5))(7+(2x−5)). On réduit chaque parenthèse : 7−2x+5=12−2x et 7+2x−5=2x+2. On obtient (12−2x)(2x+2). Chaque facteur contient encore un facteur commun : 12−2x=2(6−x) et 2x+2=2(x+1), donc le résultat complet est 4(6−x)(x+1). Vérification pour x=0 : 49−25=24 et 4×6×1=24. Le piège principal est d'oublier de distribuer le signe moins devant la parenthèse, ce qui donne 7−2x−5 au lieu de 7−2x+5 : une seule erreur de signe et les deux facteurs sont faux.
Exercice 3 : Laquelle des trois identités, ou aucune
Les cinq expressions ci-dessous sont bâties avec les mêmes trois nombres, 25, 90 et 81. Elles ne se factorisent pourtant pas toutes, et pas de la même façon.
Un carré parfait se reconnaît à TROIS conditions : premier terme carré, dernier terme carré ET positif, terme du milieu égal au double produit.
a) Pour chacune des expressions 25x2−90x+81, 25x2−90x−81, 25x2−81, 25x2+90x+81 et 25x2+81, dites quelle identité s'applique, ou bien qu'aucune ne s'applique.
b) Factorisez celles qui se factorisent.
c) Dans 25x2−60x+81, le premier et le dernier terme sont des carrés. Est-ce pour autant un carré parfait ? Justifiez par les trois conditions.
d) Vérifiez votre factorisation de 25x2−90x+81 pour x=1.
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Réponses
a)Carré parfait, aucune, différence de deux carrés, carré parfait, aucune
b)(5x−9)2, (5x−9)(5x+9) et (5x+9)2
c)Non : le double produit vaut 90x, pas 60x
d)Les deux membres valent 16
a)
On regarde d'abord le nombre de termes. Avec DEUX termes, seule la différence de deux carrés est possible : 25x2−81 convient, 25x2+81 non, car une somme de deux carrés ne se factorise jamais. Avec TROIS termes, on cherche un carré parfait : 25x2−90x+81 et 25x2+90x+81 conviennent, alors que 25x2−90x−81 est éliminé d'un coup d'oeil, son dernier terme étant négatif. Or dans (a±b)2 le dernier terme est b2, donc toujours positif. Un seul regard sur le signe du dernier terme élimine cette expression sans aucun calcul, et c'est le réflexe à prendre.
b)
Pour 25x2−90x+81 : 25x2=(5x)2, 81=92, et le double produit vaut 2×5x×9=90x, qui est bien le terme du milieu. Le signe du milieu étant négatif, c'est (5x−9)2. De même 25x2+90x+81=(5x+9)2. Enfin 25x2−81=(5x−9)(5x+9). Remarquez que le même couple (5x;9) sert dans les trois cas : une fois les blocs nommés, le reste est mécanique. Le piège est de confondre les deux dernières et d'écrire 25x2−81=(5x−9)2 : un carré donne deux facteurs IDENTIQUES et un terme du milieu, la différence de carrés donne deux facteurs DIFFÉRENTS et aucun terme du milieu.
c)
Non. Les deux premières conditions sont remplies, 25x2=(5x)2 et 81=92, mais la troisième ne l'est pas : le double produit vaut 2×5x×9=90x, alors que l'énoncé propose 60x. L'expression 25x2−60x+81 ne se factorise donc pas avec les identités du programme. C'est exactement le piège que les contrôles posent : deux conditions sur trois suffisent à convaincre un élève pressé, et la vérification du double produit prend cinq secondes. On peut aussi le voir par le calcul : (5x−9)2 vaut 25x2−90x+81, qui n'est pas l'expression proposée.
d)
Pour x=1, l'expression vaut 25−90+81=16, et la forme factorisée vaut (5−9)2=(−4)2=16. Les deux résultats coïncident. Une vérification numérique ne prouve pas l'égalité pour tous les nombres, mais elle attrape presque toutes les erreurs de signe et de coefficient, et elle coûte une ligne. Pour être plus sûr encore, on peut tester une seconde valeur, par exemple x=0 : l'expression vaut 81 et la forme factorisée (−9)2=81.
Exercice 4 : Le facteur commun d'abord, l'identité ensuite
Une expression n'est complètement factorisée que lorsque plus aucun facteur ne peut l'être. La méthode est toujours la même : on cherche d'abord un facteur commun, et seulement ensuite une identité.
Parfois l'ordre s'inverse : l'identité fait apparaître un facteur commun qui n'était pas visible au départ.
a) Factorisez 3x2−75 le plus complètement possible.
b) Factorisez 2x3−50x le plus complètement possible.
c) Factorisez 5x2+30x+45 le plus complètement possible.
d) Factorisez x4−81 en deux étapes, puis dites pourquoi on ne peut pas aller plus loin.
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Réponses
a)3(x−5)(x+5)
b)2x(x−5)(x+5)
c)5(x+3)2
d)(x−3)(x+3)(x2+9) ; x2+9 est une somme de carrés
a)
Le facteur commun saute aux yeux : 3x2−75=3(x2−25). La parenthèse est alors une différence de deux carrés, x2 et 52, donc 3x2−75=3(x−5)(x+5). Vérification pour x=1 : 3−75=−72 et 3×(−4)×6=−72. Celui qui saute le facteur commun cherche en vain deux carrés dans 3x2−75, car 3x2 n'est pas un carré et 75 non plus : il conclut souvent, à tort, que l'expression ne se factorise pas. Sortir le facteur commun coûte une ligne et débloque la suite.
b)
Le facteur commun est 2x : 2x3−50x=2x(x2−25)=2x(x−5)(x+5). Vérification pour x=2 : 16−100=−84 et 4×(−3)×7=−84. Deux erreurs guettent. La première est d'oublier le x dans le facteur commun et de s'arrêter à 2(x3−25x), qui n'est pas factorisé. La seconde est de simplifier par x comme s'il s'agissait d'une équation : ici on transforme une expression, on ne résout rien, donc rien ne disparaît.
c)
Facteur commun 5 : 5x2+30x+45=5(x2+6x+9). La parenthèse vérifie les trois conditions du carré parfait : x2 est un carré, 9=32 aussi, et le double produit vaut 2×x×3=6x, le terme du milieu. Donc 5x2+30x+45=5(x+3)2. Vérification pour x=1 : 5+30+45=80 et 5×16=80. Le piège est d'écrire (5x+3)2 en faisant rentrer le 5 dans la parenthèse : ce serait 25x2+30x+9, qui ne convient pas. Un facteur sorti reste DEVANT.
d)
Ici aucun facteur commun. Mais x4=(x2)2 et 81=92, donc c'est une différence de deux carrés avec a=x2 et b=9 : x4−81=(x2−9)(x2+9). Le premier facteur est encore une différence de deux carrés, donc x4−81=(x−3)(x+3)(x2+9). On s'arrête là : x2+9 est une SOMME de deux carrés, et une somme de carrés ne se factorise jamais. Vérification pour x=2 : 16−81=−65 et (−1)×5×13=−65. L'erreur la plus coûteuse est de s'arrêter après la première étape : la consigne dit « le plus complètement possible », donc une factorisation incomplète perd la moitié des points même si elle est juste.
Exercice 5 : Calcul mental et calcul exact
Les identités servent aussi à calculer vite et juste, sans machine. Le geste est toujours le même : écrire le nombre comme une somme ou une différence commode, puis appliquer l'identité.
Détaillez chaque étape : c'est le raisonnement qui est noté, pas le résultat seul.
a) Calculez 2052 en écrivant 205=200+5.
b) Calculez 38×42 en remarquant que ces deux nombres encadrent 40.
c) Sans poser de multiplication, comparez 49×51 et 502, puis dites de combien ils diffèrent. Généralisez en comparant (n−1)(n+1) et n2.
d) Calculez 20262−20242.
Voir la correction
Réponses
a)42025
b)1596
c)49×51=2499, soit 1 de moins que 2500 ; en général (n−1)(n+1)=n2−1
d)8100
a)
On applique (a+b)2=a2+2ab+b2 avec a=200 et b=5 : 2052=2002+2×200×5+52=40000+2000+25=42025. Les trois morceaux se calculent de tête. Le piège est d'oublier le double produit et d'écrire 40000+25=40025, ce qui fait une erreur de deux mille : l'ordre de grandeur suffit d'ailleurs à la repérer, puisque 2052 doit dépasser 2002=40000 d'environ 2000. Le contrôle rapide consiste à vérifier que le résultat se termine par 25, ce qui est le cas de tout carré d'un nombre finissant par 5.
b)
Les deux facteurs encadrent 40 à la même distance 2, donc 38×42=(40−2)(40+2)=402−22=1600−4=1596. C'est l'identité de la différence de deux carrés lue de gauche à droite. La méthode ne marche que si les deux facteurs sont à la MÊME distance du nombre central : avec 38×43, il n'y a pas de nombre central et l'identité ne s'applique pas. Vérification par un autre chemin : 38×42=38×40+38×2=1520+76=1596.
c)
49 et 51 encadrent 50 à la distance 1, donc 49×51=502−12=2500−1=2499. Le produit est donc INFÉRIEUR au carré, et exactement de 1. En général, (n−1)(n+1)=n2−1 : écarter les deux facteurs de la même quantité fait toujours perdre, et la perte vaut le carré de l'écart. Avec un écart de 3, par exemple, 47×53=2500−9=2491. C'est un résultat utile bien au-delà de ce chapitre : à somme fixée, le produit de deux nombres est maximal lorsqu'ils sont égaux.
d)
Les deux nombres sont des carrés, donc 20262−20242=(2026−2024)(2026+2024)=2×4050=8100. Le calcul direct demanderait deux multiplications à quatre chiffres et une soustraction ; la forme factorisée demande une soustraction, une addition et une multiplication par 2. C'est toute la force de la lecture de droite à gauche. Le piège est d'écrire (2026−2024)2=4, c'est-à-dire de confondre la différence des carrés avec le carré de la différence : ces deux expressions n'ont rien à voir.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Démontrer avec les identités
Une identité est vraie pour TOUS les nombres. C'est ce qui en fait un outil de démonstration : on nomme l'entier n, on calcule, et la conclusion vaut pour tous les cas d'un coup.
Un exemple ne démontre rien, mais un seul contre-exemple suffit à réfuter.
a) Démontrez que la somme des carrés de deux entiers consécutifs est toujours impaire. Vérifiez avec 7 et 8.
b) Démontrez que (n+2)2−n2 est toujours un multiple de 4. Que vaut-il pour n=25 ?
c) On prend un entier n et deux entiers situés à la même distance k de part et d'autre. Démontrez que leur produit est toujours inférieur à n2, et dites de combien.
d) Démontrez que n2+2n+1 n'est jamais un nombre premier lorsque n est un entier supérieur ou égal à 1.
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Réponses
a)La somme vaut 2(n2+n)+1, impaire ; pour 7 et 8 elle vaut 113
b)(n+2)2−n2=4(n+1) ; pour n=25 elle vaut 104
c)(n−k)(n+k)=n2−k2, donc le produit perd exactement k2
d)n2+2n+1=(n+1)2, divisible par n+1
a)
On nomme les deux entiers consécutifs n et n+1. La somme de leurs carrés vaut n2+(n+1)2=n2+n2+2n+1=2n2+2n+1, c'est-à-dire 2(n2+n)+1. Comme n2+n est un entier, cette somme s'écrit « deux fois un entier, plus un » : elle est donc impaire, quel que soit n. Vérification avec 7 et 8 : 49+64=113, qui est bien impair. Le point qui rapporte les points est la MISE EN FACTEUR du 2 à la fin : sans elle, on a calculé sans conclure, et le correcteur ne peut pas deviner. Remarquez aussi que le développement de (n+1)2 doit comporter son double produit 2n, faute de quoi la démonstration tombe.
b)
On développe : (n+2)2−n2=n2+4n+4−n2=4n+4=4(n+1). C'est quatre fois un entier, donc un multiple de 4, quel que soit n. Pour n=25 : 4×26=104, et l'on vérifie directement que 272−252=729−625=104. On pouvait aussi factoriser d'emblée la différence de deux carrés : (n+2)2−n2=((n+2)−n)((n+2)+n)=2(2n+2)=4(n+1), ce qui est plus court et évite tout développement. Les deux chemins sont acceptés ; le second montre qu'on a reconnu l'identité.
c)
Les deux entiers sont n−k et n+k. Leur produit vaut (n−k)(n+k)=n2−k2. Comme k2 est strictement positif dès que k n'est pas nul, ce produit est strictement inférieur à n2, et il lui manque exactement k2. Exemple : autour de n=20 avec k=3, 17×23=391=400−9. La perte ne dépend pas de n, seulement de l'écartement : c'est ce qui surprend le plus. Le piège est de croire que la perte grandit avec n, ce qu'un seul contre-exemple chiffré suffit à écarter.
d)
On reconnaît un carré parfait : n2+2n+1=(n+1)2, puisque 2×n×1=2n. Ce nombre s'écrit donc comme le produit (n+1)×(n+1). Lorsque n≥1, le facteur n+1 vaut au moins 2, et il est strictement inférieur à (n+1)2 : le nombre admet donc un diviseur autre que 1 et lui-même, il n'est pas premier. Vérification pour n=4 : 16+8+1=25=5×5, effectivement pas premier. Attention à la condition n≥1 : pour n=0, on obtient 1, qui n'est pas premier non plus, mais pour une autre raison, et la démonstration par le facteur n+1=1 ne fonctionnerait pas.
Exercice 7 : Le carré inscrit : une identité qui démontre Pythagore
Le grand carré ci-dessous a pour côté a+b. On a placé à l'intérieur quatre triangles rectangles identiques, de côtés de l'angle droit a et b et d'hypoténuse c. Ce qui reste au centre est un carré de côté c.
Sur la figure, a=3 et b=4, mais tous les calculs littéraux valent pour n'importe quelles longueurs.
a) Exprimez l'aire du grand carré à partir de son côté, puis développez.
b) Exprimez cette même aire comme la somme du carré central et des quatre triangles.
c) En égalant les deux expressions, déduisez-en une égalité entre a, b et c.
d) Vérifiez avec a=3 et b=4. Un élève écrit « aire du grand carré =a2+b2 ». Où est son erreur ?
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Réponses
a)(a+b)2=a2+2ab+b2
b)c2+2ab
c)c2=a2+b2
d)Aire 49, carré central 25, donc c=5 ; l'élève a oublié les quatre triangles
a)
Le côté du grand carré vaut a+b, donc son aire vaut (a+b)2. En développant avec l'identité, (a+b)2=a2+2ab+b2. C'est la seule identité utilisée dans tout l'exercice, et c'est elle qui porte la démonstration.
b)
Le grand carré est entièrement recouvert par le carré central et les quatre triangles, sans chevauchement. Le carré central a pour aire c2. Chaque triangle rectangle a pour aire 2a×b, donc les quatre ensemble valent 4×2ab=2ab. L'aire totale s'écrit donc c2+2ab. Le piège est de compter l'aire d'un triangle comme ab : on obtiendrait 4ab et toute la suite serait fausse. Le facteur un demi vient de ce qu'un triangle rectangle est la moitié d'un rectangle.
c)
Les deux expressions décrivent la même aire, donc a2+2ab+b2=c2+2ab. On retranche 2ab de chaque côté et il reste a2+b2=c2. C'est le théorème de Pythagore, obtenu sans aucune mesure : le double produit 2ab, qui est justement le terme que l'on oublie le plus souvent dans l'identité, est ici celui qui s'en va. Autrement dit, ce sont les quatre triangles qui disparaissent des deux côtés de l'égalité.
d)
Avec a=3 et b=4, le grand carré a pour côté 7 et pour aire 49. Les quatre triangles valent 4×23×4=24. Il reste donc 49−24=25 pour le carré central, d'où c=5, et l'on retrouve 32+42=25. L'élève qui écrit « aire du grand carré =a2+b2 » oublie le double produit : il compterait 9+16=25 pour une figure dont l'aire vaut 49. Son erreur est exactement celle du chapitre, écrire (a+b)2=a2+b2, et la figure montre ce qui manque : les deux rectangles a×b que l'on voit en découpant le grand carré.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur, donnez l'écriture correcte et appuyez votre réponse sur un calcul numérique.
Un contre-exemple chiffré vaut une démonstration quand il s'agit de réfuter.
a) « Dans (4x−7)2, on a a=4 et b=7. »
b) « a2−b2 et b2−a2 se factorisent en le même produit. »
c) « (x−3)2 et (3−x)2 sont deux expressions différentes. »
d) « 4x2−12x+9 se factorise en (2x−3)(2x+3). »
e) « 9x2+6x+1 n'est pas un carré parfait, puisque son premier terme n'est pas x2. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : a=4x, le bloc entier ; (4x−7)2=16x2−56x+49
b)Faux : les deux produits sont opposés
c)Faux : elles sont égales, car x−3 et 3−x sont opposés
d)Faux : 4x2−12x+9=(2x−3)2
e)Faux : 9x2+6x+1=(3x+1)2
a)
Faux. Le carré porte sur le bloc tout entier, donc a=4x et non 4. Avec la bonne lecture, a2=16x2, 2ab=2×4x×7=56x et b2=49, donc (4x−7)2=16x2−56x+49. Contrôle pour x=2 : à gauche (8−7)2=1, à droite 64−112+49=1. Celui qui prend a=4 écrit un premier terme en 16 sans x2, ou pire un 4x2 : dans les deux cas la vérification numérique le détrompe immédiatement.
b)
Faux. On a a2−b2=(a−b)(a+b) et b2−a2=(b−a)(b+a). Les seconds facteurs sont identiques, mais les premiers sont OPPOSÉS, donc les deux produits sont opposés, pas égaux. Contre-exemple avec a=5 et b=3 : 25−9=16 et 9−25=−16. La bonne formulation est que b2−a2=−(a2−b2). L'erreur coûte un signe sur toute la suite d'un exercice, et elle est fréquente quand on factorise 16−81x2 en commençant par le terme en x.
c)
Faux. Les nombres x−3 et 3−x sont opposés, et deux nombres opposés ont le MÊME carré. En développant : (x−3)2=x2−6x+9 et (3−x)2=9−6x+x2, ce sont les mêmes trois termes. Contrôle pour x=1 : (−2)2=4 et 22=4. Attention à ne pas étendre la règle à des puissances impaires : (x−3)3 et (3−x)3, eux, sont opposés. La propriété tient au carré, pas à la parenthèse.
d)
Faux, et c'est la confusion la plus coûteuse du chapitre, parce qu'elle mélange les deux identités. L'expression a TROIS termes, donc ce ne peut pas être une différence de deux carrés, qui n'en a que deux. On vérifie les trois conditions du carré parfait : 4x2=(2x)2, 9=32 et 2×2x×3=12x, qui est bien le terme du milieu. Donc 4x2−12x+9=(2x−3)2. Contrôle pour x=1 : l'expression vaut 4−12+9=1, alors que le produit proposé vaut (2−3)(2+3)=−5. Les deux ne coïncident même pas de signe.
e)
Faux. Rien n'oblige le premier terme à être x2 : il suffit qu'il soit un carré. Ici 9x2=(3x)2, 1=12 et le double produit vaut 2×3x×1=6x, qui est le terme du milieu : les trois conditions sont remplies et 9x2+6x+1=(3x+1)2. Contrôle pour x=1 : 9+6+1=16 et (3+1)2=16. Cette affirmation est dangereuse parce qu'elle a l'air méthodique : elle applique une condition qui n'existe pas. La seule question est « est-ce un carré ? », et 9x2 en est un.
Exercice 9 : Problème : trois offres pour un terrain carré
Une commune possède un terrain carré de côté a mètres, avec a supérieur à 5. Trois propriétaires proposent un échange.
Offre A : un carré de côté (a−3) mètres, plus un rectangle de 6 mètres sur a mètres.
Offre B : un carré de côté (a+2) mètres, dont on retire un rectangle de 4 mètres sur a mètres.
Offre C : un rectangle de (a−5) mètres sur (a+5) mètres, plus un rectangle de 4 mètres sur 5 mètres.
a) Exprimez l'aire de chacune des trois offres en fonction de a, sous forme réduite.
b) Classez les trois offres et le terrain actuel, de la plus grande aire à la plus petite. Ce classement dépend-il de a ?
c) Vérifiez vos trois résultats pour a=30.
d) Le vendeur C affirme : « mon offre devient la meilleure si le terrain est très grand ». Répondez-lui, puis dites pour quelles valeurs de a son offre a un sens.
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Réponses
a)A : a2+9 ; B : a2+4 ; C : a2−5
b)A, puis B, puis le terrain actuel, puis C ; le classement ne dépend pas de a
c)Terrain 900, A 909, B 904, C 895
d)Faux : l'écart vaut −5 quel que soit a ; l'offre C exige a>5
a)
Offre A : (a−3)2+6a=a2−6a+9+6a=a2+9. Les deux termes en a se détruisent, et il reste le terrain actuel augmenté de 9 mètres carrés. Offre B : (a+2)2−4a=a2+4a+4−4a=a2+4, même phénomène. Offre C : (a−5)(a+5)+20=a2−25+20=a2−5. Les trois calculs utilisent les trois identités, une chacune, et dans les trois cas le résultat est le terrain actuel plus ou moins un NOMBRE, sans aucun terme en a. C'est cela qu'il faut voir avant de répondre à la suite.
b)
Le terrain actuel vaut a2. On compare donc a2+9, a2+4, a2 et a2−5 : le classement est A, puis B, puis le terrain actuel, puis C. Et il ne dépend PAS de a, puisque la quantité a2 est commune aux quatre et que ce sont les constantes qui les départagent. C'est le point de l'exercice : sans les identités, on comparerait des expressions avec des parenthèses, et il faudrait essayer des valeurs une à une sans jamais être sûr.
c)
Pour a=30, le terrain actuel vaut 900 mètres carrés. Offre A : 272+6×30=729+180=909, ce qui fait bien 900+9. Offre B : 322−4×30=1024−120=904, soit 900+4. Offre C : 25×35+20=875+20=895, soit 900−5. Les trois vérifications tombent juste. Une vérification de ce type coûte trois lignes et attrape toutes les erreurs de signe commises à la question a).
d)
Il a tort. L'écart entre son offre et le terrain actuel vaut −5 mètres carrés, une constante : que le terrain mesure 10 mètres ou 1000 mètres de côté, l'offre C reste inférieure de 5 mètres carrés exactement. Ce qui est vrai, c'est que l'écart devient NÉGLIGEABLE devant l'aire totale, mais ce n'est pas ce qu'il dit. Enfin, son offre n'a de sens que si a−5 est une longueur strictement positive, donc si a>5 : un terrain carré de 4 mètres de côté rendrait le rectangle impossible.
Exercice 10 : Problème : quels entiers sont une différence de deux carrés
Un élève remarque que 9=52−42, que 15=42−12 et que 21=112−102, et il conjecture : « une différence de deux carrés est toujours impaire ».
Dans tout l'exercice, les deux nombres élevés au carré sont des entiers naturels, donc 0 est autorisé. On cherche à savoir quels entiers s'écrivent comme une différence de deux carrés.
a) Calculez 82−62. La conjecture de l'élève est-elle vraie ?
b) Factorisez a2−b2, puis montrez que a−b et a+b sont toujours de même parité.
c) Déduisez-en que a2−b2 est soit impair, soit un multiple de 4. La figure montre les entiers atteignables jusqu'à 20 : lesquels manquent, et pourquoi ?
d) Écrivez 2025 puis 2024 comme une différence de deux carrés.
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Réponses
a)82−62=28, qui est pair : la conjecture est fausse
b)a2−b2=(a−b)(a+b), et leur somme 2a est paire, donc ils ont la même parité
c)Manquent 2, 6, 10, 14 et 18, les nombres pairs non multiples de 4
d)2025=10132−10122 et 2024=5072−5052
a)
82−62=64−36=28, qui est pair. La conjecture est donc FAUSSE, et ce seul contre-exemple suffit à la réfuter : aucun nombre d'exemples favorables n'aurait pu la prouver. On peut aussi retrouver 28 par l'identité : (8−6)(8+6)=2×14=28. Remarquez que les trois exemples de l'élève opposaient un nombre pair et un nombre impair, ce qui explique qu'il n'ait vu que des résultats impairs : sa conjecture vient d'un échantillon mal choisi, pas d'un raisonnement.
b)
a2−b2=(a−b)(a+b). La somme des deux facteurs vaut (a−b)+(a+b)=2a, qui est pair. Or deux entiers dont la somme est paire sont soit tous les deux pairs, soit tous les deux impairs : ils ont donc la même parité. Si l'un était pair et l'autre impair, leur somme serait impaire, ce qui est impossible. On peut aussi le voir directement : a−b et a+b diffèrent de 2b, un nombre pair, donc ajouter 2b ne change pas la parité.
c)
Deux cas seulement. Si a−b et a+b sont tous deux IMPAIRS, leur produit est impair. S'ils sont tous deux PAIRS, chacun contient un facteur 2, donc le produit contient 4 : c'est un multiple de 4. Il n'y a pas d'autre possibilité. Un entier pair qui n'est pas multiple de 4 ne peut donc jamais s'écrire comme une différence de deux carrés. Sur la figure, les entiers sans point sont 2, 6, 10, 14 et 18 : ce sont exactement les pairs non multiples de 4. Tous les autres y sont, par exemple 12=42−22 et 17=92−82.
d)
2025 est impair, donc on le prend comme produit de a−b=1 et a+b=2025. On en tire a=1013 et b=1012, et en effet 10132−10122=1×2025=2025. Pour 2024, qui est pair, il faut deux facteurs pairs : 2024=2×1012, donc a−b=2 et a+b=1012, d'où a=507 et b=505. Vérification : 5072−5052=2×1012=2024. La méthode générale tient en une phrase : on écrit le nombre comme un produit de deux facteurs de même parité, et la demi-somme donne a, la demi-différence donne b.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
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Les identités remarquables bloquent en troisième à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. C'est le chapitre du collège qui ressert le plus au lycée, et un élève qui lit encore les identités de gauche à droite seulement se retrouve bloqué dès la première factorisation du brevet.