Comment savoir laquelle des trois identités il faut utiliser ?
On compte d'abord les termes. Avec deux termes séparés par une soustraction, c'est la différence de deux carrés, à condition que les deux morceaux soient bien des carrés. Avec deux termes séparés par une addition, aucune identité ne s'applique. Avec trois termes, on teste le carré parfait, et le signe du terme du milieu dit s'il s'agit du carré d'une somme ou du carré d'une différence. Ce comptage prend deux secondes et il oriente sans jamais se tromper.
Pourquoi le terme du milieu est-il doublé ?
Parce que le rectangle formé par les deux longueurs apparaît deux fois dans le carré. Si l'on dessine un carré dont le côté est une somme de deux longueurs, puis qu'on le découpe, on obtient quatre morceaux : un carré pour la première longueur, un carré pour la seconde, et deux rectangles identiques. Ces deux rectangles sont le terme du milieu, et c'est précisément celui que l'on oublie lorsqu'on écrit que le carré d'une somme est la somme des carrés.
Pourquoi une somme de deux carrés ne se factorise-t-elle jamais ?
Parce qu'aucun produit de deux expressions du premier degré ne peut la redonner. On peut s'en convaincre sur un exemple : le seul produit qui ressemble à ce qu'on cherche donne une différence, pas une somme, et il suffit de remplacer la lettre par zéro pour voir que les deux résultats sont opposés. Retenez simplement que la différence se factorise et que la somme reste telle quelle : c'est l'une des rares règles du chapitre qui ne souffre aucune exception.
Faut-il d'abord chercher un facteur commun ou une identité ?
Le facteur commun d'abord, toujours. Beaucoup d'expressions semblent ne pas se factoriser parce que leurs deux morceaux ne sont pas des carrés, alors qu'après avoir sorti un facteur, la parenthèse restante en est une. Une fois le facteur sorti, on recommence l'analyse sur la parenthèse, et l'on s'arrête seulement quand plus aucun facteur ne peut être décomposé. La consigne demandant la factorisation la plus complète possible signale justement que plusieurs étapes sont attendues.
Comment rédiger une démonstration qui utilise une identité ?
On commence par nommer l'entier ou les entiers avec des lettres, puis on écrit l'expression demandée sans aucun nombre particulier. On développe avec l'identité, on réduit, et surtout on met en facteur ce qui prouve la propriété annoncée. La conclusion doit être une phrase qui reprend les mots de l'énoncé. C'est cette dernière étape qui rapporte les points : un calcul juste sans conclusion écrite n'obtient presque rien, car le correcteur ne peut pas deviner ce que l'élève a compris.
Les identités servent-elles encore après la troisième ?
Oui, et c'est le chapitre du collège qui ressert le plus. En seconde, elles servent à écrire un trinôme autrement et à calculer avec des racines carrées. En première, tout le second degré repose dessus. Un élève qui ne sait lire les identités que dans le sens du développement se retrouve bloqué dès le premier trimestre de seconde, parce que la factorisation devient le geste attendu par défaut.