Troisième, programme français à Montréal • Exercices corrigés
Exercices corrigés : développement et factorisation (Troisième)
Ces seize exercices corrigés couvrent le développement, la factorisation, les trois identités remarquables et les équations produit nul, au programme de troisième. Ils s'adressent aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas à Montréal.
Le fil de la série tient en une phrase : développer et factoriser sont la même égalité parcourue dans les deux sens, et c'est la QUESTION posée qui décide du sens à prendre. On développe pour comparer deux expressions ou pour prouver qu'elles sont égales ; on factorise pour calculer vite et surtout pour résoudre, car seule la forme produit livre les solutions grâce à la règle du produit nul.
Deux pièges reviennent dans tout le corrigé et sont désignés à chaque fois. Le premier est le double produit 2ab, ce terme du milieu qui n'apparaît nulle part dans l'écriture (a+b)2 et que l'on oublie pour cette raison même. Le second est le signe moins placé devant une parenthèse, qui change TOUS les signes qu'elle contient et pas seulement le premier.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Développer, c'est passer d'un produit à une somme ; factoriser, c'est passer d'une somme à un produit.
•Double distributivité : (a+b)(c+d)=ac+ad+bc+bd.
•(a+b)2=a2+2ab+b2 et (a−b)2=a2−2ab+b2 : le dernier terme est toujours positif.
•(a−b)(a+b)=a2−b2 : une différence de carrés se factorise, une somme de carrés ne se factorise pas.
•Dans (3x+2)2, le nombre a vaut 3x tout entier, donc a2=9x2.
•Le facteur commun peut être une parenthèse, et un terme écrit seul cache un facteur 1.
•Un signe moins devant une parenthèse change le signe de chacun des termes qu'elle contient.
•Règle du produit nul : un produit est nul si et seulement si l'un au moins de ses facteurs est nul. Elle ne vaut que pour zéro.
•Pour résoudre une équation avec un carré : tout ramener à zéro, factoriser, puis appliquer la règle du produit nul.
•x2=k a deux solutions si k>0, une seule si k=0, aucune si k<0.
•Un contre-exemple numérique suffit à réfuter une égalité ; aucun nombre d'exemples ne suffit à la prouver.
Échauffement : calcul pur (/10)
Exercice 1 : Huit développements et factorisations à la main
Pour les questions 1 à 5, développez et réduisez. Pour les questions 6 à 8, factorisez. Avant de vous lancer, repérez si l'expression a la forme d'une identité remarquable : c'est le gain de temps de tout le chapitre.
1) A=(x+6)2
2) B=(3x−2)2
3) C=(2x+7)(2x−7)
4) D=(x−4)(2x+3)
5) E=(x+1)2−(x−1)2
6) Factorisez F=25x2−16.
7) Factorisez G=4x2−20x+25.
8) Factorisez H=(x+2)(3x−1)+(x+2)(x+5).
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Réponses
1)A=x2+12x+36
2)B=9x2−12x+4
3)C=4x2−49
4)D=2x2−5x−12
5)E=4x
6)F=(5x−4)(5x+4)
7)G=(2x−5)2
8)H=(x+2)(4x+4)=4(x+2)(x+1)
1) (a+b)2=a2+2ab+b2 avec a=x et b=6 : A=x2+2×x×6+36=x2+12x+36. Le piège est x2+36, sans le double produit. Vérification pour x=1 : 72=49 et 1+12+36=49.
2) (a−b)2=a2−2ab+b2 avec a=3x et b=2. Attention, a2=(3x)2=9x2 et non 3x2. B=9x2−12x+4. Vérification pour x=1 : 12=1 et 9−12+4=1.
3) (a+b)(a−b)=a2−b2 avec a=2x et b=7 : C=4x2−49. Les termes en x se sont annulés, −14x+14x=0, et c'est ce qui rend cette identité si rapide.
4) Pas d'identité ici : double distributivité. D=2x2+3x−8x−12=2x2−5x−12. Vérification pour x=1 : (−3)×5=−15 et 2−5−12=−15.
5) On développe chaque carré : (x+1)2=x2+2x+1 et (x−1)2=x2−2x+1. Le moins devant le second carré change tous ses signes : E=x2+2x+1−x2+2x−1=4x. Vérification pour x=3 : 16−4=12 et 4×3=12.
6) 25x2−16 est une différence de deux carrés, (5x)2−42. F=(5x−4)(5x+4). Vérification pour x=1 : 25−16=9 et 1×9=9. Le piège est d'oublier que 25x2 est le carré de 5x, et non de 25x.
7) 4x2=(2x)2, 25=52, et le terme du milieu vaut bien −2×2x×5=−20x : c'est le carré d'une différence. G=(2x−5)2. Vérifier le double produit n'est pas facultatif : 4x2−10x+25 ne se factorise pas ainsi. Vérification pour x=1 : 4−20+25=9 et (−3)2=9.
8) Le facteur commun (x+2) apparaît dans les deux termes. On le met devant et on écrit ce qui reste de chaque terme : H=(x+2)[(3x−1)+(x+5)]=(x+2)(4x+4). On peut aller plus loin, 4x+4=4(x+1), d'où H=4(x+2)(x+1). Vérification pour x=0 : 2×(−1)+2×5=8 et 2×4=8.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 2 : Développer : la double distributivité et le carré
Développer, c'est transformer un PRODUIT en SOMME. Pour un produit de deux parenthèses, chaque terme de la première multiplie chaque terme de la seconde : quatre produits, que l'on réduit ensuite.
Le carré n'échappe pas à la règle : (x+3)2 est le produit (x+3)(x+3), donc il donne lui aussi quatre produits, dont deux sont identiques.
Le carré ci-dessous a pour côté a+b. Il est partagé en quatre morceaux numérotés de 1 à 4.
1) Développez et réduisez A=(x+3)(x+5).
2) Développez et réduisez B=(2x−1)(x+4).
3) Développez C=(x+3)2 en écrivant d'abord ce carré sous la forme d'un produit de deux parenthèses.
4) Sur la figure, donnez l'aire de chacun des quatre morceaux en fonction de a et de b, puis l'aire totale de deux façons différentes.
5) Un élève écrit (x+3)2=x2+9. Calculez les deux membres pour x=2, puis dites quel terme il a perdu.
6) Développez et réduisez D=(x+3)2−(x+5)(x−1).
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Réponses
1)x2+8x+15
2)2x2+7x−4
3)x2+6x+9
4)(a+b)2=a2+2ab+b2
5)25 et 13 : le double produit manque
6)D=2x+14
1) On multiplie chaque terme de la première parenthèse par chaque terme de la seconde : A=x×x+x×5+3×x+3×5=x2+5x+3x+15. Les deux termes en x sont semblables, donc on les additionne : A=x2+8x+15. Vérification numérique, la seule qui protège vraiment : pour x=1, la forme de départ vaut (1+3)(1+5)=4×6=24 et la forme développée vaut 1+8+15=24. Prenez l'habitude de tester avec x=1, c'est instantané et cela attrape presque toutes les erreurs de signe.
2) B=2x×x+2x×4−1×x−1×4=2x2+8x−x−4=2x2+7x−4. Le piège est le signe du −1 : il faut le porter sur les DEUX termes de la seconde parenthèse, pas seulement sur le premier. Vérification pour x=2 : (4−1)(2+4)=3×6=18, et 2×4+14−4=8+14−4=18.
3) C=(x+3)(x+3)=x2+3x+3x+9=x2+6x+9. Le terme 6x vient de deux produits identiques, 3x et 3x, qui se sont additionnés. C'est exactement le double produit, et c'est lui que l'on oublie quand on écrit à tort x2+9.
4) Le morceau 1 est un carré de côté a, son aire vaut a2. Le morceau 2 est un rectangle de dimensions b et a, son aire vaut ab. Le morceau 3 est un rectangle de dimensions a et b, son aire vaut aussi ab. Le morceau 4 est un carré de côté b, son aire vaut b2. En additionnant les quatre morceaux on trouve a2+2ab+b2 ; mais la figure entière est un carré de côté a+b, donc son aire vaut aussi (a+b)2. Comme c'est la même surface, (a+b)2=a2+2ab+b2. Le double produit 2ab n'est pas une bizarrerie de calcul : ce sont les deux rectangles que l'on voit sur le dessin, et qui occupent ici la plus grande partie de la figure.
5) Pour x=2 : (2+3)2=52=25, alors que 22+9=4+9=13. Les deux résultats diffèrent de 12, et 12=2×2×3, c'est-à-dire exactement le double produit 2ab avec a=2 et b=3. L'élève a donc gardé les deux carrés des morceaux 1 et 4 et perdu les deux rectangles 2 et 3. Un seul contre-exemple suffit à démolir une égalité qui se prétend vraie pour tout x : c'est la façon la plus rapide de trancher, en devoir comme au brevet.
6) On développe séparément les deux morceaux. D'une part (x+3)2=x2+6x+9. D'autre part (x+5)(x−1)=x2−x+5x−5=x2+4x−5. Il reste à soustraire, et c'est ici que se joue l'exercice : le signe moins porte sur TOUTE la seconde expression, donc D=x2+6x+9−(x2+4x−5)=x2+6x+9−x2−4x+5. Le −5 devient +5. Les carrés se suppriment et il reste D=2x+14. Vérification pour x=0 : 9−5×(−1)=9+5=14, et 2×0+14=14.
Exercice 3 : Les trois identités remarquables
Trois produits reviennent si souvent qu'on ne les redéveloppe plus terme à terme : (a+b)2=a2+2ab+b2, (a−b)2=a2−2ab+b2 et (a−b)(a+b)=a2−b2.
Tout le travail consiste à repérer qui joue le rôle de a et qui joue le rôle de b, en n'oubliant jamais que le coefficient fait partie de a : dans (3x+2)2, le nombre a vaut 3x et non x.
1) Développez (x+7)2.
2) Développez (x−4)2.
3) Développez (x−6)(x+6).
4) Développez (3x+2)2.
5) Développez (5x−3)(5x+3).
6) Développez et réduisez E=(2x−7)2−(2x+7)2.
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Réponses
1)x2+14x+49
2)x2−8x+16
3)x2−36
4)9x2+12x+4
5)25x2−9
6)E=−56x
1) Ici a=x et b=7, donc (x+7)2=x2+2×x×7+72=x2+14x+49. Contrôle rapide et systématique : le double produit doit être le double du produit des racines carrées des deux termes extrêmes, ici 2x2×49=2×x×7=14x.
2) Avec a=x et b=4, (x−4)2=x2−2×x×4+42=x2−8x+16. Seul le terme du milieu change de signe : le dernier terme reste POSITIF, puisque (−4)2=+16. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle est facile à repérer avec x=0, qui donne 16 des deux côtés. La figure du corrigé montre d'où vient ce signe. Le carré de côté a se partage en quatre morceaux : le carré (a−b)2 en bas à gauche, deux rectangles b(a−b) et le carré b2. Donc a2=(a−b)2+2b(a−b)+b2, et en isolant le morceau cherché, (a−b)2=a2−2ab+2b2−b2=a2−2ab+b2. Le double produit est encore là, simplement soustrait au lieu d'être ajouté.
3) C'est le troisième modèle, celui qui fait disparaître le terme du milieu : (x−6)(x+6)=x2−36. Si l'on développe à la main, on voit pourquoi : x2+6x−6x−36, les deux termes en x sont opposés et s'annulent.
4) Le rôle de a est tenu par 3x tout entier : (3x+2)2=(3x)2+2×3x×2+22=9x2+12x+4. Le carré porte sur le 3 ET sur le x, ce qui donne 9x2 et non 3x2. Vérification pour x=1 : (3+2)2=25 et 9+12+4=25.
5) Avec a=5x et b=3, (5x−3)(5x+3)=(5x)2−32=25x2−9. Là encore, (5x)2=25x2. Vérification pour x=1 : 2×8=16 et 25−9=16.
6) On développe les deux carrés : (2x−7)2=4x2−28x+49 et (2x+7)2=4x2+28x+49. La soustraction porte sur toute la seconde expression : E=4x2−28x+49−4x2−28x−49=−56x. Tout disparaît sauf les doubles produits, qui s'additionnent au lieu de s'annuler parce que le second change de signe. On peut retrouver ce résultat sans rien développer, en reconnaissant une différence de deux carrés avec A=(2x−7) et B=(2x+7) : E=(A−B)(A+B)=(−14)×(4x)=−56x. Vérification pour x=1 : (−5)2−92=25−81=−56.
Exercice 4 : Factoriser par un facteur commun
Factoriser, c'est le chemin inverse : transformer une SOMME en PRODUIT. La première technique consiste à repérer un facteur présent dans tous les termes, puis à le mettre en évidence devant une parenthèse.
Ce facteur commun peut être un nombre, une lettre, ou une parenthèse entière. Et il peut se cacher : un terme écrit seul, comme (2x−1), est en réalité (2x−1)×1.
Les deux rectangles ci-dessous ont la même hauteur x.
1) Factorisez A=7x2+3x.
2) Factorisez B=12x−18.
3) Factorisez C=(x+2)(x−5)+(x+2)(3x+1), puis poussez la factorisation aussi loin que possible.
4) Factorisez D=(2x−1)(x+6)−(2x−1).
5) Factorisez E=(3x+4)2+(3x+4)(x−2), puis poussez la factorisation aussi loin que possible.
6) Sur la figure, donnez l'aire de chaque rectangle, puis l'aire totale de deux façons. Quelle égalité obtenez-vous ?
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Réponses
1)x(7x+3)
2)6(2x−3)
3)4(x+2)(x−1)
4)(2x−1)(x+5)
5)2(3x+4)(2x+1)
6)7x+3x=10x
1) Les deux termes contiennent x : 7x2=x×7x et 3x=x×3. Le facteur commun est donc x, et A=x(7x+3). Contrôle obligatoire : on redéveloppe, x×7x+x×3=7x2+3x, on retombe bien sur l'expression de départ. Attention à ne pas écrire x(7x) en oubliant le second terme : chaque terme de la somme doit laisser une trace dans la parenthèse.
2) Le facteur commun est ici un nombre. On cherche le plus grand diviseur commun de 12 et 18, qui vaut 6 : 12x=6×2x et 18=6×3, donc B=6(2x−3). Écrire B=2(6x−9) ou B=3(4x−6) n'est pas faux, mais la factorisation n'est pas terminée, car la parenthèse peut encore être factorisée.
3) Le facteur commun est la parenthèse (x+2) tout entière : C=(x+2)[(x−5)+(3x+1)]. On réduit ce qui reste dans le crochet : x−5+3x+1=4x−4. Donc C=(x+2)(4x−4). La factorisation n'est pas finie, car 4x−4=4(x−1) : la réponse complète est C=4(x+2)(x−1). Vérification pour x=0 : l'expression de départ vaut 2×(−5)+2×1=−10+2=−8, et 4×2×(−1)=−8.
4) C'est le piège du facteur invisible. Le second terme est (2x−1), c'est-à-dire (2x−1)×1 : ce 1 ne disparaît pas, il reste dans la parenthèse. Donc D=(2x−1)[(x+6)−1]=(2x−1)(x+5). L'erreur classique consiste à écrire (2x−1)(x+6) en croyant que le terme soustrait s'est évaporé. Vérification pour x=1 : 1×7−1=6, et 1×6=6.
5) Le carré (3x+4)2 est le produit (3x+4)×(3x+4), donc (3x+4) est bien facteur commun : E=(3x+4)[(3x+4)+(x−2)]=(3x+4)(4x+2). On termine en sortant le 2 de la seconde parenthèse : E=2(3x+4)(2x+1). Vérification pour x=0 : 16+4×(−2)=16−8=8, et 2×4×1=8.
6) Le rectangle de gauche a pour aire 7×x=7x, celui de droite 3×x=3x, donc l'aire totale vaut 7x+3x. Mais les deux rectangles mis bout à bout forment un seul rectangle de hauteur x et de base 7+3=10, dont l'aire vaut 10x. On obtient 7x+3x=(7+3)x=10x. C'est la factorisation par facteur commun vue en surface : mettre x en évidence, c'est refuser de couper le rectangle et le mesurer d'un seul coup. Pour x=4 par exemple, 28+12=40 et 10×4=40.
Exercice 5 : Factoriser avec une identité remarquable
Quand il n'y a pas de facteur commun, il reste la seconde technique : reconnaître dans la somme l'une des trois identités, lue de droite à gauche. Deux carrés séparés par un signe moins donnent a2−b2=(a−b)(a+b) ; deux carrés séparés par un signe plus, encadrant un double produit, donnent un carré.
La méthode est toujours la même : on écrit chaque terme extrême comme un carré, ce qui livre a et b, puis on VÉRIFIE le terme du milieu avant de conclure.
La figure ci-dessous montre un carré de côté a dont on a retiré, dans un coin, un carré de côté b.
1) Factorisez A=x2−49.
2) Factorisez B=x2+10x+25.
3) Factorisez C=x2−12x+36.
4) Factorisez D=9x2−64.
5) Factorisez E=4x2+20x+25.
6) Sur la figure, exprimez l'aire de la surface grise en fonction de a et de b. En découpant cette surface en deux rectangles puis en les recollant, expliquez pourquoi elle vaut aussi (a+b)(a−b). Vérifiez avec a=9 et b=4.
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Réponses
1)(x−7)(x+7)
2)(x+5)2
3)(x−6)2
4)(3x−8)(3x+8)
5)(2x+5)2
6)81−16=65=13×5
1) On reconnaît une différence de deux carrés : x2 est le carré de x et 49 est le carré de 7. Donc a=x, b=7 et A=(x−7)(x+7). Contrôle par redéveloppement : x2+7x−7x−49=x2−49. L'ordre des deux parenthèses n'a aucune importance, la multiplication étant commutative.
2) Les deux termes extrêmes sont des carrés, x2 et 25=52, et le signe du milieu est un plus. On teste donc (x+5)2, mais on ne conclut qu'après avoir vérifié le double produit : 2×x×5=10x, c'est bien le terme du milieu. Donc B=(x+5)2. Cette vérification n'est pas une formalité : dans x2+7x+25, les termes extrêmes sont les mêmes et pourtant rien ne se factorise ainsi.
3) Mêmes carrés extrêmes, x2 et 36=62, mais le milieu est négatif : on teste (x−6)2. Le double produit vaut 2×x×6=12x, précédé du signe moins, ce qui correspond. Donc C=(x−6)2. Vérification pour x=0 : 36 des deux côtés.
4) 9x2=(3x)2 et 64=82, donc a=3x et b=8 : D=(3x−8)(3x+8). La difficulté est de voir 9x2 comme un carré ; le réflexe est de prendre la racine du coefficient et de garder le x. Vérification pour x=1 : 9−64=−55, et (−5)×11=−55.
5) 4x2=(2x)2 et 25=52, avec un milieu positif : on teste (2x+5)2 et l'on vérifie le double produit, 2×2x×5=20x. C'est exact, donc E=(2x+5)2. Vérification pour x=1 : 4+20+25=49, et 72=49.
6) La surface grise est le grand carré privé du petit, donc son aire vaut a2−b2. Découpons maintenant cette équerre par une horizontale prolongeant le bord inférieur du carré retiré. On obtient un rectangle du bas, de dimensions a et a−b, et un rectangle du haut, de dimensions a−b et b. Les deux ont donc le même côté a−b : on peut faire pivoter le rectangle du haut d'un quart de tour et le recoller contre le rectangle du bas. La figure devient un seul rectangle de hauteur a−b et de base a+b, dont l'aire vaut (a+b)(a−b). Comme on n'a rien ajouté ni enlevé, a2−b2=(a+b)(a−b). Avec a=9 et b=4 : 81−16=65, et (9+4)(9−4)=13×5=65. C'est cette lecture qui explique pourquoi une différence de carrés se factorise toujours, alors qu'une somme de carrés, elle, ne se factorise pas : on ne peut pas recoller deux carrés en un rectangle.
Exercice 6 : Choisir la forme la plus utile
Une expression et sa forme développée sont égales, mais elles ne servent pas à la même chose. Pour calculer vite, on choisit celle qui donne le moins d'opérations, et c'est très souvent la forme factorisée.
Toute la question est donc : que me demande-t-on exactement, et quelle écriture répond le plus court ? Aucune calculatrice n'est nécessaire dans cet exercice.
1) Calculez 1012 sans poser de multiplication, en écrivant 101=100+1.
2) Calculez de même 992.
3) Calculez 101×99.
4) Calculez 532−472.
5) Soit E=(x+4)2−(x+4)(x−3). Factorisez E, puis calculez sa valeur pour x=996.
6) Montrez que pour tout nombre n, (n+1)2−n2=2n+1. Utilisez ce résultat pour calculer 20262−20252.
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Réponses
1)10 201
2)9 801
3)9 999
4)600
5)7(x+4) ; 7 000
6)2n+1 ; 4 051
1) 1012=(100+1)2=1002+2×100×1+12=10000+200+1=10201. Le calcul se fait de tête parce que le carré de 100 et le double produit sont des nombres ronds. Poser la multiplication 101×101 demanderait trois lignes et offrirait trois occasions de se tromper.
2) 992=(100−1)2=10000−200+1=9801. Le signe moins ne porte que sur le double produit : le dernier terme reste +1. C'est la même erreur qu'à l'exercice 3, mais elle devient ici visible, car 9799 n'est manifestement pas un carré.
3) On reconnaît la troisième identité : 101×99=(100+1)(100−1)=1002−12=10000−1=9999. Remarquez au passage que 101×99=9999 est plus petit que 1002=10000 : à somme constante, le produit est maximal quand les deux nombres sont égaux, et il perd exactement le carré de l'écart à la moyenne, ici 12.
4) 532−472=(53+47)(53−47)=100×6=600. Le calcul direct demanderait deux multiplications à deux chiffres et une soustraction ; la forme factorisée le rend immédiat. C'est le signal à retenir : dès qu'on voit une différence de deux carrés, on factorise AVANT de calculer.
5) Le facteur commun est (x+4), donc E=(x+4)[(x+4)−(x−3)]. Dans le crochet, attention au signe : x+4−x+3=7. Le x disparaît et il reste E=7(x+4). Pour x=996 : E=7×1000=7000. La forme développée, E=7x+28, donnerait le même résultat mais en deux opérations au lieu d'une, et la forme de départ demanderait deux multiplications à quatre chiffres.
6) On développe le carré : (n+1)2−n2=n2+2n+1−n2=2n+1. La différence de deux carrés consécutifs est donc toujours un nombre impair, et c'est même ainsi que l'on obtient tous les impairs. On peut aussi factoriser directement : (n+1)2−n2=[(n+1)−n][(n+1)+n]=1×(2n+1), ce qui donne le résultat sans aucun développement. Avec n=2025 : 20262−20252=2×2025+1=4051, qui est aussi la somme 2025+2026. Retenez cette lecture, elle rend le calcul instantané : la différence des carrés de deux entiers consécutifs est égale à leur somme.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 7 : L'équation produit nul
Un produit de facteurs est nul si et seulement si l'un au moins de ses facteurs est nul. C'est la seule règle du chapitre qui permette de RÉSOUDRE, et c'est pour cela que l'on factorise.
Elle ne vaut que pour le nombre zéro. Aucun autre nombre ne possède cette propriété : deux facteurs peuvent parfaitement donner 12 sans qu'aucun des deux ne vaille 12.
1) Résolvez (x−3)(x+7)=0.
2) Résolvez (2x−5)(x+1)=0.
3) Résolvez x(3x−9)=0.
4) Résolvez (x−4)2=0. Combien y a-t-il de solutions ?
5) Résolvez (x−2)(x+2)(2x−1)=0.
6) Pour résoudre (x−3)(x+7)=5, un élève écrit « x−3=5 ou x+7=5 ». Testez ses deux réponses et expliquez son erreur.
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Réponses
1)3 et −7
2)2,5 et −1
3)0 et 3
4)4, solution unique
5)2, −2 et 0,5
6)75 et −25 : la règle ne vaut que pour 0
1) Le produit est nul, donc x−3=0 ou x+7=0, c'est-à-dire x=3 ou x=−7. Le mot « ou » est essentiel : les deux valeurs conviennent séparément, il n'est pas question de choisir. Vérification : pour x=3, le premier facteur vaut 0 et le produit vaut 0 ; pour x=−7, c'est le second facteur qui s'annule. Piège de signe très fréquent : la solution associée au facteur (x+7) est −7 et non +7.
2) 2x−5=0 donne 2x=5 puis x=25=2,5 ; x+1=0 donne x=−1. Les solutions sont 2,5 et −1. Une solution n'a aucune raison d'être entière : il faut résoudre chaque petite équation du premier degré jusqu'au bout.
3) Le premier facteur est x lui-même, ce qui donne x=0, solution que l'on oublie souvent parce qu'elle ne demande aucun calcul. Le second donne 3x−9=0, donc 3x=9 et x=3. Les solutions sont 0 et 3.
4) (x−4)2 est le produit (x−4)(x−4) : les deux facteurs sont identiques, donc les deux conditions se confondent et x=4. Il n'y a qu'UNE solution, même si l'on peut dire qu'elle compte double. C'est le cas particulier à connaître : un carré parfait donne une solution unique, alors qu'une différence de carrés en donne deux.
5) Trois facteurs, donc trois conditions : x−2=0, x+2=0 ou 2x−1=0. Les solutions sont 2, −2 et 0,5. La règle ne se limite pas à deux facteurs, elle vaut pour un produit aussi long que l'on veut.
6) Ses réponses seraient x=8 et x=−2. Testons : pour x=8, (8−3)(8+7)=5×15=75, très loin de 5 ; pour x=−2, (−2−3)(−2+7)=(−5)×5=−25. Aucune des deux ne convient. L'erreur est d'avoir appliqué à 5 une règle qui n'appartient qu'à 0. Zéro est le seul nombre absorbant : un produit ne peut valoir zéro que si un facteur est nul, alors qu'un produit peut valoir 5 d'une infinité de façons, par exemple 10×0,5 ou (−1)×(−5). La bonne méthode consiste à tout ramener à zéro, (x−3)(x+7)−5=0, puis à développer et à factoriser à nouveau si c'est possible.
Exercice 8 : Factoriser pour résoudre
Une équation où l'inconnue apparaît au carré ne se résout pas comme au premier degré : on ne peut pas la ramener à x= quelque chose en déplaçant des termes. La stratégie est toujours la même en trois temps.
On ramène tout d'un même côté pour obtenir zéro de l'autre, on factorise, puis on applique la règle du produit nul. Sans l'étape de factorisation, la troisième est impossible.
1) Résolvez x2=64.
2) Résolvez x2+5x=0.
3) Résolvez x2−10x+25=0.
4) Résolvez (3x+1)2−16=0.
5) Résolvez (x−2)(x+6)=(x−2)(4x−1).
6) Résolvez x2+9=0.
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Réponses
1)8 et −8
2)0 et −5
3)5
4)1 et −35
5)2 et 37
6)Aucune solution
1) On ramène tout à gauche : x2−64=0. C'est une différence de deux carrés, donc (x−8)(x+8)=0, d'où x=8 ou x=−8. Deux solutions, et non une seule : (−8)2=64 tout autant que 82. La touche racine carrée de la calculatrice ne donne que la solution positive, ce qui explique pourquoi la seconde est si souvent perdue.
2) Il n'y a pas d'identité remarquable ici, mais un facteur commun évident, x : x(x+5)=0, donc x=0 ou x=−5. L'erreur à ne surtout pas commettre est de diviser les deux membres par x : on obtiendrait x+5=0 et l'on perdrait la solution x=0. On ne divise jamais par une quantité qui peut être nulle, et c'est précisément le cas de l'inconnue.
3) Les termes extrêmes sont les carrés de x et de 5, le milieu vaut 2×x×5=10x avec un signe moins : c'est (x−5)2. L'équation devient (x−5)2=0, donc x=5, solution unique. On peut vérifier que rien d'autre ne convient : pour tout x différent de 5, (x−5)2 est strictement positif.
4) On reconnaît une différence de deux carrés en posant a=3x+1 et b=4 : (3x+1)2−16=[(3x+1)−4][(3x+1)+4]=(3x−3)(3x+5). L'équation (3x−3)(3x+5)=0 donne 3x=3, soit x=1, ou 3x=−5, soit x=−35. Vérification pour x=1 : (3+1)2−16=16−16=0. Développer d'abord serait une perte de temps, et surtout on retomberait sur une équation du second degré que la troisième ne sait pas résoudre autrement.
5) Ne développez pas et ne simplifiez surtout pas par (x−2). On ramène tout à gauche : (x−2)(x+6)−(x−2)(4x−1)=0. Le facteur commun est (x−2), donc (x−2)[(x+6)−(4x−1)]=0. Dans le crochet, le signe moins porte sur les deux termes : x+6−4x+1=−3x+7. L'équation devient (x−2)(7−3x)=0, d'où x=2 ou x=37. Simplifier par (x−2) au départ aurait fait disparaître la solution x=2, exactement comme diviser par x à la question 2.
6) On isole : x2=−9. Aucun nombre n'a un carré négatif, puisque le carré d'un nombre positif comme celui d'un nombre négatif est positif, et que 02=0. L'équation n'a donc AUCUNE solution. On peut le dire autrement avec la factorisation : x2+9 est une somme de deux carrés, et une somme de carrés ne se factorise pas dans les nombres que l'on connaît en troisième. C'est la différence essentielle entre x2−9, qui donne deux solutions, et x2+9, qui n'en donne aucune : un seul signe sépare les deux situations.
Exercice 9 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.
1) « (x+5)2=x2+25. »
2) « x2+16 se factorise en (x+4)(x−4). »
3) « Pour résoudre (x−1)(x+3)=12, il suffit d'écrire x−1=12 ou x+3=12. »
4) « En développant, 7−(x−3)(x+2)=7−x2−x−6. »
5) « L'équation x2=49 a une seule solution, x=7. »
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Réponses
1)x2+10x+25
2)Somme de carrés : non factorisable
3)−5 et 3
4)−x2+x+13
5)7 et −7
1) FAUX. Le carré d'une somme n'est pas la somme des carrés : (x+5)2=(x+5)(x+5)=x2+5x+5x+25, et les deux termes du milieu s'additionnent au lieu de disparaître. Contre-exemple qui suffit à trancher : pour x=2, le membre de gauche vaut 49 et le membre de droite 29, soit 20 de moins, ce qui est exactement le double produit 2×2×5. Énoncé correct : (x+5)2=x2+10x+25. Cette erreur coûte cher parce qu'elle se propage : une fois le double produit perdu, plus aucune factorisation ni aucune équation de la suite ne peut tomber juste.
2) FAUX, deux fois. D'abord la factorisation (x+4)(x−4) vaut x2−16 et non x2+16 : pour x=0 elle donne −16 alors que l'expression de départ donne +16. Ensuite x2+16 ne se factorise pas du tout : c'est une somme de deux carrés, toujours strictement positive, alors qu'un produit (x+a)(x+b) s'annule forcément quelque part. Énoncé correct : seule la DIFFÉRENCE de deux carrés se factorise, x2−16=(x+4)(x−4).
3) FAUX. La règle du produit nul ne s'applique qu'au nombre zéro. Ses réponses seraient x=13 et x=9, et le test les élimine aussitôt : pour x=13, (13−1)(13+3)=12×16=192, très loin de 12. Énoncé correct : on ramène d'abord tout à zéro, x2+2x−3−12=0, soit x2+2x−15=0, que l'on factorise en (x+5)(x−3)=0 pour trouver x=−5 ou x=3. On vérifie : (3−1)(3+3)=2×6=12.
4) FAUX. Le développement de (x−3)(x+2) est bien x2−x−6, mais ce résultat est PRÉCÉDÉ d'un signe moins qui porte sur les trois termes, pas seulement sur le premier. Il faut écrire 7−(x2−x−6)=7−x2+x+6=−x2+x+13. Contrôle pour x=0 : l'expression de départ vaut 7−(−3)×2=7+6=13, alors que l'écriture fautive donnerait 7−0−0−6=1. Énoncé correct : quand un signe moins précède une parenthèse, tous les signes à l'intérieur changent.
5) FAUX. On ramène à zéro : x2−49=0, c'est une différence de deux carrés, donc (x−7)(x+7)=0 et il y a DEUX solutions, 7 et −7. Le carré efface le signe, et (−7)2=49 tout autant que 72. Énoncé correct : x2=49 a pour solutions 7 et −7. Plus généralement, x2=k a deux solutions si k est strictement positif, une seule si k=0, et aucune si k est négatif.
Exercice 10 : Problème : l'allée autour du bassin
Un jardin contient un bassin carré de x mètres de côté. Le propriétaire fait poser tout autour une allée dallée de 2 mètres de large, comme sur le plan ci-dessous.
L'allée forme donc un cadre : elle entoure le bassin sur les quatre côtés, et déborde de 2 mètres à chaque coin.
1) Exprimez en fonction de x le côté du grand carré formé par le bassin et l'allée.
2) Donnez l'aire de ce grand carré, sous forme développée et réduite.
3) Déduisez-en l'aire de l'allée seule, puis factorisez le résultat.
4) Calculez l'aire de l'allée pour x=6, de deux façons différentes.
5) Le propriétaire dispose de dalles pour 120 mètres carrés d'allée exactement. Quel doit être le côté du bassin ?
6) Un voisin affirme : « si tu doubles le côté de ton bassin, tu doubles aussi la surface d'allée à poser ». A-t-il raison ? Répondez en comparant x=6 et x=12, puis expliquez d'où vient l'écart.
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Réponses
1)x+4
2)x2+8x+16
3)8x+16=8(x+2)
4)64 m²
5)13 m
6)112 et non 128 : faux
1) L'allée ajoute 2 mètres à GAUCHE et 2 mètres à DROITE du bassin, donc le côté augmente de 4 mètres et non de 2 : le grand carré a pour côté x+4. C'est l'erreur numéro un de ce type de problème, et le plan permet de la lever d'un coup d'oeil, en suivant le bord inférieur de part en part.
2) L'aire du grand carré vaut (x+4)2. En développant avec l'identité du carré d'une somme : (x+4)2=x2+2×x×4+42=x2+8x+16.
3) L'allée, c'est le grand carré privé du bassin : son aire vaut (x+4)2−x2=x2+8x+16−x2=8x+16. On factorise en mettant 8 en évidence : l'aire de l'allée vaut 8(x+2). On pouvait aussi factoriser sans rien développer, en reconnaissant une différence de deux carrés : (x+4)2−x2=[(x+4)−x][(x+4)+x]=4(2x+4)=8(x+2), ce qui est plus court et donne évidemment le même résultat.
4) Première façon, avec la formule : 8×6+16=48+16=64 mètres carrés. Seconde façon, directement sur les mesures : le grand carré a pour côté 6+4=10 mètres, donc l'aire de l'allée vaut 102−62=100−36=64 mètres carrés. Les deux méthodes concordent, ce qui valide la formule établie à la question 3. Faire systématiquement ce double calcul sur un cas simple est le meilleur moyen de détecter une erreur de mise en équation.
5) On résout 8x+16=120, donc 8x=104 et x=13. Le bassin doit mesurer 13 mètres de côté. Vérification : le grand carré mesure alors 17 mètres de côté, et 172−132=289−169=120. On pouvait aussi utiliser la forme factorisée, 8(x+2)=120, d'où x+2=15 et x=13, ce qui évite complètement les grands nombres.
6) Il a tort. Pour x=6, l'allée mesure 64 mètres carrés ; pour x=12, elle mesure 8×12+16=96+16=112 mètres carrés, alors que le double de 64 vaut 128. Il manque exactement 16 mètres carrés. L'explication tient dans la forme de l'expression : 8x+16 n'est pas de la forme kx, elle contient un terme constant 16 qui, lui, ne double pas. Ces 16 mètres carrés sont les quatre carrés de 2 mètres de côté situés aux angles de l'allée : ils sont là quelle que soit la taille du bassin, parce qu'ils dépendent de la largeur de l'allée et non du bassin. Seule la partie 8x, faite des quatre bandes le long des côtés, double avec le côté du bassin.
Exercice 11 : Problème : deux programmes de calcul et une preuve
Programme A : choisir un nombre, lui ajouter 3, élever le résultat au carré, puis soustraire 9.
Programme B : choisir un nombre, l'élever au carré, puis ajouter 6 fois le nombre choisi au départ.
Tester ne prouve rien, même sur dix nombres : seul le calcul littéral permet d'affirmer quelque chose sur TOUS les nombres à la fois.
1) Appliquez les deux programmes au nombre 4.
2) Appliquez-les au nombre −2.
3) Démontrez que les deux programmes donnent toujours le même résultat.
4) Factorisez le résultat commun.
5) Quels nombres de départ donnent un résultat nul ?
6) Quels nombres de départ donnent un résultat égal à −9 ? Existe-t-il un nombre de départ donnant un résultat inférieur à −9 ?
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Réponses
1)40 et 40
2)−8 et −8
3)x2+6x dans les deux cas
4)x(x+6)
5)0 et −6
6)−3 ; minimum −9
1) Programme A : 4+3=7, puis 72=49, puis 49−9=40. Programme B : 42=16, puis 16+6×4=16+24=40. Les deux donnent 40.
2) Programme A : −2+3=1, puis 12=1, puis 1−9=−8. Programme B : (−2)2=4, puis 4+6×(−2)=4−12=−8. Les deux donnent −8. Attention au carré d'un nombre négatif, qui est positif : c'est là que se perdent la plupart des copies.
3) Appelons x le nombre choisi. Le programme A produit (x+3)2−9. On développe le carré : (x+3)2=x2+6x+9, donc le programme A donne x2+6x+9−9=x2+6x. Le programme B produit x2+6x directement. Les deux expressions sont identiques pour toute valeur de x, donc les deux programmes donnent toujours le même résultat. Remarquez ce qui s'est passé : le −9 du programme A est précisément là pour effacer le +9 que fabrique le double produit du carré. Les essais des questions 1 et 2 ne prouvaient rien, ils ne faisaient que rendre l'égalité plausible.
4) Le facteur commun des deux termes est x : x2+6x=x(x+6). On dispose donc de trois écritures de la même quantité, (x+3)2−9, x2+6x et x(x+6), et chacune répond à une question différente : la deuxième pour calculer, la troisième pour résoudre, la première pour comparer, comme on va le voir.
5) Le résultat est nul quand x(x+6)=0, donc quand x=0 ou x=−6. C'est la forme factorisée qui répond, et elle seule : sur x2+6x=0 on ne peut rien conclure directement, et sur (x+3)2−9=0 il faudrait d'abord factoriser autrement. Vérification avec le programme A pour x=−6 : −6+3=−3, puis 9, puis 9−9=0.
6) Le résultat vaut −9 quand x2+6x=−9, c'est-à-dire x2+6x+9=0. On reconnaît le carré parfait (x+3)2=0, qui donne une solution unique, x=−3. Et c'est ici que la première écriture devient la plus utile : le résultat commun s'écrit (x+3)2−9, or un carré est toujours positif ou nul, donc (x+3)2−9 est toujours supérieur ou égal à −9. Aucun nombre de départ ne peut donc donner un résultat inférieur à −9, et −9 est le plus petit résultat possible, atteint uniquement pour x=−3. C'est la conclusion du chapitre : on ne factorise ni ne développe par goût, on choisit à chaque question l'écriture qui rend la réponse lisible.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 12 : Réduire une expression, puis la calculer pour une fraction
On considère l'expression E=(2x−3)2−(x+1)(4x−5).
1) Développez (2x−3)2.
2) Développez (x+1)(4x−5).
3) Déduisez-en que E=−11x+14.
4) Calculez E pour x=−21, en utilisant la forme la plus commode.
5) Résolvez l'équation E=0. Donnez la valeur exacte, puis une valeur approchée au centième.
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Réponses
1)4x2−12x+9
2)4x2−x−5
3)E=−11x+14
4)19,5
5)x=1114≈1,27
1) Avec a=2x et b=3 : (2x−3)2=4x2−12x+9.
2) (x+1)(4x−5)=4x2−5x+4x−5=4x2−x−5.
3) La soustraction porte sur les trois termes : E=4x2−12x+9−(4x2−x−5)=4x2−12x+9−4x2+x+5=−11x+14. Les carrés s'éliminent : une expression qui contient deux carrés peut très bien être du premier degré. Vérification pour x=0 : 9−1×(−5)=14 ✓.
4) Avec la forme réduite : E=−11×(−21)+14=5,5+14=19,5. Avec la forme de départ, il aurait fallu calculer (−1−3)2−21×(−7)=16+3,5=19,5 : même résultat, deux fois plus d'opérations et deux occasions de rater un signe.
5) −11x+14=0 donne x=1114≈1,27. La forme réduite rend l'équation du premier degré, que la forme de départ cachait.
Le fil : développer et réduire ne sert pas qu'à écrire autrement, cela révèle la vraie nature d'une expression.
Exercice 13 : Développer un produit de trois facteurs
Pour développer un produit de trois facteurs, on en développe deux, puis on multiplie le résultat par le troisième. Chaque étape est une double distributivité ordinaire.
1) Développez et réduisez (x+1)(x−2).
2) Déduisez-en le développement de F=(x+1)(x−2)(x+3).
3) Développez G=2x(x−3)(x+3) en choisissant l'ordre des calculs.
4) Développez H=x(x+1)(x+2), puis calculez H pour x=10 avec les deux formes.
5) Un élève écrit F=x3−6. Testez pour x=0, puis pour x=1. Que conclure ?
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Réponses
1)x2−x−2
2)x3+2x2−5x−6
3)2x3−18x
4)x3+3x2+2x ; 1 320
5)Égalité fausse : −8=−5
1) (x+1)(x−2)=x2−2x+x−2=x2−x−2.
2) F=(x2−x−2)(x+3)=x3+3x2−x2−3x−2x−6=x3+2x2−5x−6. Vérification pour x=1 : 2×(−1)×4=−8 et 1+2−5−6=−8 ✓.
3) On commence par l'identité remarquable, bien plus rapide : (x−3)(x+3)=x2−9, puis G=2x(x2−9)=2x3−18x. Le produit est commutatif : on a le droit de choisir les deux facteurs qu'on développe d'abord.
4) x(x+1)=x2+x, puis H=(x2+x)(x+2)=x3+2x2+x2+2x=x3+3x2+2x. Pour x=10 : 10×11×12=1320 et 1000+300+20=1320 ✓.
5) Pour x=0 : F=1×(−2)×3=−6 et 0−6=−6, les deux coïncident. Pour x=1 : F=−8 alors que 1−6=−5. L'égalité est fausse. Un seul test qui réussit ne prouve rien : x=0 fait disparaître tous les termes en x et ne contrôle que le terme constant. Un seul test qui échoue, en revanche, suffit à rejeter une égalité.
Le fil : on développe deux facteurs à la fois, en choisissant ceux qui forment une identité remarquable, et l'on vérifie avec une valeur qui ne soit pas 0.
Exercice 14 : Factoriser quand le facteur commun se cache
Dans chaque expression, l'un des termes est une identité remarquable qu'il faut d'abord factoriser : le facteur commun n'apparaît qu'après cette étape.
1) Factorisez A=x2−9+(x−3)(2x+5).
2) Factorisez B=(2x−1)2−(2x−1)(x+4).
3) Factorisez C=4x2−1−(2x+1)(x−3).
4) Factorisez D=(x+2)2−4(x+2).
5) Résolvez l'équation A=0.
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Réponses
1)(x−3)(3x+8)
2)(2x−1)(x−5)
3)(2x+1)(x+2)
4)(x+2)(x−2)
5)3 et −38
1) x2−9=(x−3)(x+3), donc A=(x−3)(x+3)+(x−3)(2x+5)=(x−3)[(x+3)+(2x+5)]=(x−3)(3x+8). Vérification pour x=0 : −9+(−3)×5=−24 et (−3)×8=−24 ✓.
2) Le carré est un produit (2x−1)(2x−1) : B=(2x−1)[(2x−1)−(x+4)]=(2x−1)(x−5). Dans le crochet, le signe moins porte sur x ET sur 4.
3) 4x2−1=(2x−1)(2x+1) fait apparaître le facteur (2x+1) : C=(2x+1)[(2x−1)−(x−3)]=(2x+1)(x+2). Vérification pour x=0 : −1−1×(−3)=2 et 1×2=2 ✓.
4) D=(x+2)[(x+2)−4]=(x+2)(x−2). On peut contrôler en développant : x2+4x+4−4x−8=x2−4 ✓.
5) (x−3)(3x+8)=0 donne x=3 ou 3x=−8, soit x=−38. Sans la factorisation de la question 1, l'équation serait du second degré et hors de portée.
Le fil : avant de chercher un facteur commun, on factorise les identités remarquables isolées ; le facteur commun apparaît souvent à ce moment-là.
Exercice 15 : Problème : deux allées en croix dans un potager
Un potager est un carré de x mètres de côté, avec x>1. Deux allées de 1 m de large, parallèles aux côtés, le traversent d'un bord à l'autre et se croisent. Le reste est cultivé.
1) Exprimez en fonction de x l'aire totale des deux allées.
2) Déduisez-en l'aire cultivée, puis factorisez-la.
3) Expliquez la forme factorisée en déplaçant les quatre parcelles cultivées.
4) Calculez l'aire des allées et l'aire cultivée pour x=12.
5) Quel doit être le côté du potager pour que l'aire cultivée soit de 196 m2 ?
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Réponses
1)2x−1
2)(x−1)2
3)Carré de côté x−1
4)23 m² et 121 m²
5)15 m
1) Chaque allée est un rectangle de x m sur 1 m, d'aire x. Mais les deux allées se chevauchent sur un carré de 1 m de côté, compté deux fois : l'aire des allées vaut x+x−1=2x−1. Le piège est de répondre 2x.
2) Aire cultivée : x2−(2x−1)=x2−2x+1. On reconnaît (x−1)2, avec a=x, b=1 et le double produit 2x.
3) Les quatre parcelles sont des rectangles. En faisant glisser les allées vers deux bords du potager, les parcelles se rejoignent en un seul carré, dont le côté vaut x privé de la largeur d'une allée : x−1. L'aire cultivée est donc (x−1)2, sans calcul. Là où sont placées les allées ne change rien à l'aire cultivée.
5) (x−1)2=196 donne x−1=14 ou x−1=−14. Un côté est positif, donc x−1=14 et x=15 m. Vérification : 142=196 ✓.
Le fil : dans un problème d'aires, la forme factorisée se lit souvent directement sur une figure recomposée.
Exercice 16 : Problème : le nombre pensé
Un magicien propose : « Pense à un nombre entier. Calcule son carré. Retranche le carré du nombre qui le précède. Ajoute 1, puis divise par 2. Donne-moi le résultat. » Il annonce alors le nombre pensé.
1) Appliquez le tour au nombre 7. Que vaut la différence des deux carrés ? Quel est le résultat final ?
2) On note n le nombre pensé. Exprimez la différence des deux carrés en fonction de n.
3) Démontrez que le résultat final est toujours le nombre pensé.
4) Le magicien change de tour : « Calcule le carré du nombre qui SUIT ton nombre, retranche le carré de celui qui le PRÉCÈDE. » Exprimez le résultat en fonction de n. Par quel nombre doit-il diviser pour retrouver n ?
5) Avec ce second tour, un spectateur annonce 2024. Quel nombre avait-il pensé ?
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Réponses
1)13 ; on retrouve 7
2)2n−1
3)22n−1+1=n
4)4n : diviser par 4
5)506
1) 72−62=49−36=13, puis 13+1=14, puis 14÷2=7 : on retrouve 7.
2) n2−(n−1)2=n2−(n2−2n+1)=2n−1. Le signe moins porte sur les trois termes du carré développé.
3) 2n−1+1=2n, puis 2n÷2=n : le résultat est toujours le nombre pensé. Les essais sur 7 ou sur d'autres nombres le laissaient deviner ; seul le calcul avec n le démontre pour tous les entiers.
4) (n+1)2−(n−1)2=n2+2n+1−(n2−2n+1)=4n. On peut aussi y voir une différence de deux carrés : [(n+1)−(n−1)][(n+1)+(n−1)]=2×2n=4n. Le magicien divise par 4.
5) 4n=2024, donc n=506. Vérification : 5072−5052=(507−505)(507+505)=2×1012=2024 ✓.
Le fil : un tour de calcul qui marche toujours est une identité ; le calcul littéral la démontre, et la forme factorisée la rend instantanée.
Les identités remarquables bloquent en troisième à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. Développer et factoriser tombent chaque année au brevet, et ce sont les mêmes gestes qui serviront en Seconde pour le second degré, puis en Première pour la dérivation : un chapitre mal fixé se paie pendant tout le lycée.