Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : la géométrie repérée (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur la géométrie repérée, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix équations de droites et de cercles à écrire directement, comme dans les listes des manuels : équation cartésienne par deux points, par un vecteur directeur ou par un vecteur normal, perpendiculaire et parallèle à une droite donnée comme x+3y−4=0, équation réduite, équation développée d'un cercle de centre et rayon donnés, centre et rayon retrouvés par complétion du carré, y compris pour 2x2+2y2+4x−12y−30=0, et position d'un point par rapport à un cercle, chacune avec un nombre à trouver et vérifié en direct.
Toute la difficulté du chapitre tient dans une confusion de deux lettres : dans ax+by+c=0, le couple (a;b) est un vecteur normal, pas un vecteur directeur. L'exercice 9 la met à nu, et l'exercice 2 montre pourquoi cette distinction est justement ce qui rend les perpendiculaires faciles.
Le programme de Première en vigueur depuis la rentrée 2026 demande le vecteur normal, les coordonnées du projeté orthogonal d'un point sur une droite (exercice 13), l'équation d'un cercle et l'étude d'une configuration dans un repère. L'intersection d'un cercle avec une droite n'y figure qu'en approfondissement, pour une droite parallèle à un axe : les exercices 6, 11 et 12 le signalent en dernière ligne de leur énoncé.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une droite de vecteur directeur u(α;β) admet une équation cartésienne de la forme βx−αy+c=0.
•Réciproquement, la droite d'équation ax+by+c=0 (avec (a;b)=(0;0)) admet n(a;b) pour vecteur normal et u(−b;a) pour vecteur directeur.
•Une équation cartésienne n'est jamais unique : la multiplier par un réel non nul décrit la même droite.
•Deux vecteurs u(x;y) et v(x′;y′) sont colinéaires si et seulement si xy′−yx′=0. Deux droites sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires.
•Deux droites sont perpendiculaires si et seulement si le produit scalaire de leurs vecteurs directeurs est nul.
•Le cercle de centre Ω(a;b) et de rayon r a pour équation (x−a)2+(y−b)2=r2. On revient à cette forme depuis l'équation développée par complétion du carré.
•Après complétion du carré, si le second membre est strictement négatif l'ensemble est vide, et s'il est nul il se réduit à un point.
•M appartient au cercle de diamètre [AB] si et seulement si MA⋅MB=0.
Calculs : les équations à écrire
Exercice 0.1 : Écrire des équations de droites et de cercles : dix calculs directs
Le plan est muni d'un repère orthonormé. Pour chaque ligne, écrivez l'équation demandée sous la forme imposée par l'énoncé et donnez le nombre demandé : le terme constant c, les coordonnées d'un centre, un rayon, ou la position d'un point.
Deux gestes pour les dix lignes. Pour une droite : trouver un vecteur normal n(a;b), écrire ax+by+c=0, puis calculer c en remplaçant par les coordonnées d'un point de la droite ; un vecteur directeur u(p;q) donne le vecteur normal (q;−p). Pour un cercle : passer de (x−xΩ)2+(y−yΩ)2=r2 à la forme développée, ou revenir en arrière en complétant les carrés, x2+2kx=(x+k)2−k2.
a) La droite (AB) avec A(2;1) et B(5;7), sous la forme 2x−y+c=0 : donnez c.
b) La droite passant par C(−3;2) de vecteur directeur u(2;5), sous la forme 5x−2y+c=0 : donnez c.
c) La droite passant par D(4;−1) de vecteur normal n(3;2), sous la forme 3x+2y+c=0 : donnez c.
d) La perpendiculaire à la droite d'équation x+3y−4=0 passant par E(2;−1), sous la forme 3x−y+c=0 : donnez c.
e) La parallèle à la droite d'équation 4x−5y+3=0 passant par F(3;−2), sous la forme 4x−5y+c=0 : donnez c.
f) L'équation réduite y=mx+p de la droite d'équation 3x−4y+8=0 : donnez m et p.
g) Le cercle de centre Ω(−4;1) et de rayon 2, sous la forme x2+y2+8x−2y+c=0 : donnez c.
h) Le centre du cercle d'équation 2x2+2y2+4x−12y−30=0 : donnez ses coordonnées.
i) Le rayon du cercle d'équation x2+y2−8x+2y+5=0.
j) La position du point P(4;3) par rapport au cercle d'équation x2+y2−6x+2y−10=0.
Voir la correction
Réponses
a)2x−y−3=0 ; c=−3
b)5x−2y+19=0 ; c=19
c)3x+2y−10=0 ; c=−10
d)3x−y−7=0 ; c=−7
e)4x−5y−22=0 ; c=−22
f)y=43x+2 ; m=43, p=2
g)x2+y2+8x−2y+13=0 ; c=13
h)(x+1)2+(y−3)2=25 ; Ω(−1;3)
i)(x−4)2+(y+1)2=12 ; r=23≈3,464
j)(4−3)2+(3+1)2=17<20 ; P à l'intérieur
Le geste qui décide de tout : dans ax+by+c=0, le couple (a;b) est un vecteur NORMAL. Une fois ce vecteur trouvé, il ne reste que c, qu'un seul point donne. Côté cercle, le geste symétrique est la complétion du carré : on regroupe les termes en x, puis ceux en y, et l'on fait apparaître (x−xΩ)2 et (y−yΩ)2.
a)
AB(3;6) est directeur, et n(2;−1) lui est orthogonal, puisque 3×2+6×(−1)=0 : d'où la forme 2x−y+c=0. Avec A : 2×2−1+c=0, donc c=−3. Vérification avec B : 10−7−3=0.
b)
Le vecteur directeur (2;5) donne le vecteur normal (5;−2), d'où 5x−2y+c=0. Avec C : 5×(−3)−2×2+c=0, soit −19+c=0 et c=19. Piège : prendre (2;5) lui-même comme coefficients, c'est-à-dire confondre directeur et normal.
c)
Le vecteur normal donne directement 3x+2y+c=0. Avec D : 12−2+c=0, donc c=−10.
d)
Le vecteur normal (1;3) de la droite donnée est DIRECTEUR de la perpendiculaire ; un vecteur normal de celle-ci est donc (3;−1), d'où 3x−y+c=0. Avec E : 6+1+c=0, donc c=−7. Piège : garder (1;3) comme vecteur normal, ce qui donne une parallèle.
e)
Deux droites parallèles ont le même vecteur normal (4;−5) : 4x−5y+c=0. Avec F : 12+10+c=0, donc c=−22. Piège : recopier c=3, qui redonne la droite de départ.
f)
On isole y : −4y=−3x−8, puis on divise par −4 : y=43x+2. Donc m=43 et p=2. Piège : diviser −3x par −4 et garder le signe moins, ce qui donne m=−43.
g)
(x+4)2+(y−1)2=4, soit x2+8x+16+y2−2y+1−4=0, donc c=16+1−4=13. Piège : ajouter r2 au lieu de le retrancher, ce qui donne 21.
h)
On divise d'abord par 2 : x2+y2+2x−6y−15=0. Puis x2+2x=(x+1)2−1 et y2−6y=(y−3)2−9, d'où (x+1)2+(y−3)2=25. Centre Ω(−1;3), rayon 5. Piège : prendre l'opposé de la moitié des coefficients AVANT de diviser par 2, ce qui donne (−2;6) ; la règle ne vaut qu'une fois x2 et y2 de coefficient 1.
i)
x2−8x=(x−4)2−16 et y2+2y=(y+1)2−1, d'où (x−4)2+(y+1)2=16+1−5=12. Le rayon vaut 12=23≈3,464. Piège : donner 12, qui est le CARRÉ du rayon.
j)
(x−3)2+(y+1)2=9+1+10=20 : centre (3;−1), rayon 20. Pour P : (4−3)2+(3+1)2=1+16=17<20, donc P est à l'INTÉRIEUR du cercle. Directement sur la forme développée : 16+9−24+6−10=−3, négatif, même conclusion.
Contrôle : une droite trouvée doit être vérifiée par le point donné (le premier membre s'annule) et par son vecteur, normal ou directeur, dont le produit scalaire avec le vecteur attendu est nul ; un cercle développé se vérifie en y remplaçant un point évident, comme (xΩ+r;yΩ), qui doit donner 0.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Vecteur directeur et équation cartésienne
Le plan est muni d'un repère orthonormé. On considère les points A(−1;3) et B(3;5).
a) Déterminez les coordonnées du vecteur AB, puis donnez un vecteur directeur de la droite (AB) à coordonnées entières les plus petites possibles.
b) Déterminez une équation cartésienne de la droite (AB), et vérifiez que les deux points la satisfont.
c) Déduisez-en l'équation réduite de (AB).
d) Déterminez une équation cartésienne de la droite passant par C(2;−1) et de vecteur directeur u(3;−4).
Voir la correction
Réponses
a)AB(4;2), directeur (2;1)
b)x−2y+7=0
c)y=21x+27
d)4x+3y−5=0
a)
On soustrait les coordonnées de l'origine à celles de l'extrémité : AB(3−(−1);5−3), soit AB(4;2), en prenant garde au double signe moins. En divisant par 2, le vecteur u(2;1) est lui aussi un vecteur directeur de (AB) : un vecteur directeur n'est défini qu'à un FACTEUR non nul près, et l'on choisit toujours le représentant à coordonnées entières les plus petites, qui simplifie tous les calculs suivants.
b)
Le passage du directeur à l'équation se fait en ÉCHANGEANT les coordonnées et en changeant un signe : à partir de u(2;1), on écrit 1×x−2×y+c=0, soit x−2y+c=0. Le point A donne −1−2×3+c=0, donc c=7 et une équation cartésienne est x−2y+7=0. Vérification avec B, qui n'a pas servi : 3−10+7=0 ✓.
c)
On isole y : de x−2y+7=0 on tire 2y=x+7, donc y=21x+27. Contrairement à l'équation cartésienne, l'équation RÉDUITE est unique, mais elle n'existe que pour une droite non verticale. Vérification : en x=−1 on obtient −21+27=3 ✓, et en x=3 on obtient 23+27=5 ✓.
d)
Même méthode avec u(3;−4) : on échange et l'on change un signe, ce qui donne −4x−3y+c=0. On préfère écrire 4x+3y+c′=0 en multipliant tout par −1, afin d'avoir un premier coefficient positif. Le point C donne 4×2+3×(−1)+c′=8−3+c′=0, donc c′=−5. Une équation cartésienne est 4x+3y−5=0.
Le lien entre les deux écritures est la seule chose à retenir, et il vaut mieux le formuler une fois pour toutes : dans ax+by+c=0, le couple (a;b) est un vecteur NORMAL, et (−b;a) est un vecteur DIRECTEUR. On passe donc de l'un à l'autre en échangeant les deux coordonnées et en changeant un seul signe. Le contrôle est gratuit et infaillible : le produit scalaire du normal et du directeur doit être nul, ici 4×3+3×(−4)=0 ✓. Cette lecture directe est ce qui rend la géométrie repérée si économique, à condition de ne jamais confondre les deux vecteurs, confusion que l'exercice 9 reprendra.
Exercice 2 : Vecteur normal, parallèles et perpendiculaires
On considère la droite d d'équation 3x−2y+6=0.
a) Donnez un vecteur normal et un vecteur directeur de d.
b) Déterminez une équation cartésienne de la droite d′ perpendiculaire à d passant par A(1;4).
c) Déterminez une équation cartésienne de la droite d′′ parallèle à d passant par B(0;5).
d) Vérifiez par le produit scalaire que d et d′ sont bien perpendiculaires.
Voir la correction
Réponses
a)Normal (3;−2), directeur (2;3)
b)d′ : 2x+3y−14=0
c)d′′ : 3x−2y+10=0
d)(2;3)⋅(3;−2)=0
a)
Dans ax+by+c=0, le couple des coefficients de x et de y donne directement le vecteur NORMAL : n(3;−2). Un vecteur DIRECTEUR s'obtient en échangeant les coordonnées et en changeant un signe : u(2;3). Aucun calcul n'est nécessaire, uniquement une lecture, et c'est ce qui rend la suite rapide.
b)
La droite d′ est perpendiculaire à d, donc son vecteur DIRECTEUR est un vecteur normal de d, à savoir n(3;−2). On applique alors la règle de l'exercice 1 : une équation de d′ est de la forme −2x−3y+c=0, qu'on réécrit 2x+3y+c′=0. Le point A donne 2×1+3×4+c′=2+12+c′=0, donc c′=−14 et d′ a pour équation 2x+3y−14=0.
c)
Deux droites parallèles ont la même DIRECTION, donc le même vecteur normal : d′′ a une équation de la forme 3x−2y+c=0, avec exactement les mêmes coefficients que d. Le point B donne 3×0−2×5+c=−10+c=0, donc c=10 et d′′ a pour équation 3x−2y+10=0. Seule la CONSTANTE change, et c'est la signature du parallélisme : deux équations qui ne diffèrent que par leur terme constant décrivent deux droites parallèles distinctes.
d)
Un vecteur directeur de d est u(2;3) et un vecteur directeur de d′ est v(3;−2), lu sur son équation 2x+3y−14=0 par la même règle. Leur produit scalaire vaut 2×3+3×(−2)=6−6=0 ✓, donc les deux droites sont bien perpendiculaires.
Le tableau à installer tient en deux lignes et évite tout calcul de pente. Deux droites sont PARALLÈLES lorsque leurs normaux sont colinéaires, ce qui se voit à des coefficients (a;b) proportionnels ; elles sont PERPENDICULAIRES lorsque leurs normaux sont orthogonaux, c'est-à-dire lorsque aa′+bb′=0. On vérifie ici sur d et d′ : 3×2+(−2)×3=0 ✓. L'avantage de raisonner sur les vecteurs plutôt que sur les coefficients directeurs est décisif, car il traite sans cas particulier les droites verticales, pour lesquelles la pente n'existe pas.
Exercice 3 : Positions relatives de deux droites
On considère les droites d'équations
d1:2x−3y+1=0, d2:−4x+6y+5=0, d3:4x−6y+2=0 et d4:x+y−4=0.
a) Étudiez la position relative de d1 et d2.
b) Étudiez la position relative de d1 et d3.
c) Montrez que d1 et d4 sont sécantes et déterminez les coordonnées de leur point d'intersection.
d) Vérifiez que le point trouvé appartient bien aux deux droites.
Voir la correction
Réponses
a)Déterminant nul, constantes non proportionnelles : strictement parallèles
b)Confondues
c)Sécantes en I(511;59)
d)I vérifie les deux équations
a)
Un vecteur directeur de d1 est u1(3;2) et un vecteur directeur de d2 est u2(−6;−4). Le DÉTERMINANT vaut 3×(−4)−2×(−6)=−12+12=0, donc les deux directeurs sont colinéaires et les droites sont parallèles. Reste à savoir si elles sont confondues. En multipliant d1 par −2 on obtient −4x+6y−2=0, qui a les mêmes coefficients que d2 mais une constante différente, −2 contre +5. Les droites sont donc STRICTEMENT parallèles.
b)
L'équation de d3 est exactement celle de d1 multipliée par 2, puisque 2×(2x−3y+1)=4x−6y+2. Cette fois TOUS les coefficients, terme constant compris, sont proportionnels avec le même facteur : les deux droites sont CONFONDUES. C'est le rappel que l'équation cartésienne n'est pas unique, contrairement à l'équation réduite, et l'exercice 9 y reviendra.
c)
Un vecteur directeur de d4 est u4(−1;1). Le déterminant avec u1(3;2) vaut 3×1−2×(−1)=3+2=5=0, donc les droites sont SÉCANTES et l'on peut chercher leur point d'intersection. On résout le système par substitution : de d4 on tire x=4−y, que l'on reporte dans d1 : 2(4−y)−3y+1=8−2y−3y+1=9−5y=0, donc y=59. Alors x=4−59=520−9=511. Le point d'intersection est I(511;59).
d)
La vérification doit porter sur les DEUX équations, la substitution n'en ayant réellement utilisé qu'une. Dans d1 : 2×511−3×59+1=522−27+5=50=0 ✓. Dans d4 : 511+59−4=520−4=4−4=0 ✓. Le point convient.
La méthode générale se résume en deux temps, et il faut les mener dans cet ordre. Premier temps, le DÉTERMINANT des deux directeurs : s'il est non nul les droites sont sécantes, et l'on résout le système ; s'il est nul elles sont parallèles, et l'on ne résout rien. Second temps, uniquement dans le cas parallèle, on teste un POINT de la première dans la seconde pour distinguer strictement parallèles et confondues. Tester le déterminant en premier évite de se lancer dans une résolution qui n'aboutira pas, et c'est le réflexe qui distingue une copie efficace d'une copie laborieuse.
Exercice 4 : Équation de cercle et complétion du carré
Le plan est muni d'un repère orthonormé.
a) Donnez l'équation du cercle de centre Ω(2;−3) et de rayon 5, sous forme canonique puis développée.
b) L'équation x2+y2−6x+4y−3=0 est-elle celle d'un cercle ? Si oui, donnez son centre et son rayon.
c) Même question pour x2+y2+2x−8y+20=0.
d) Le point A(6;1) appartient-il au cercle de la question b) ? S'il n'y appartient pas, précisez s'il est intérieur ou extérieur.
Voir la correction
Réponses
a)(x−2)2+(y+3)2=25, soit x2+y2−4x+6y−12=0
b)Cercle de centre (3;−2) et de rayon 4
c)(x+1)2+(y−4)2=−3 : ensemble vide
d)Non : 18>16, A est extérieur
a)
La forme canonique traduit directement ΩM=r élevée au carré : (x−2)2+(y+3)2=25, le +3 venant de y−(−3). En développant : x2−4x+4+y2+6y+9=25, soit x2+y2−4x+6y+13−25=0, c'est-à-dire x2+y2−4x+6y−12=0.
b)
On complète les carrés, en prenant à chaque fois la moitié du coefficient et en retranchant son carré : x2−6x=(x−3)2−9 et y2+4y=(y+2)2−4. L'équation devient (x−3)2−9+(y+2)2−4−3=0, soit (x−3)2+(y+2)2=16. C'est bien un cercle, de centre Ω(3;−2) et de rayon 16=4.
c)
Même traitement : x2+2x=(x+1)2−1 et y2−8y=(y−4)2−16. L'équation devient (x+1)2−1+(y−4)2−16+20=0, soit (x+1)2+(y−4)2=−3. Une somme de deux carrés ne peut pas être strictement NÉGATIVE : l'ensemble des points est VIDE. Conclure trop vite à un cercle de rayon 20 centré en (−1;4), en lisant le rayon sur la constante de l'équation développée, est l'erreur emblématique du chapitre.
d)
On calcule (6−3)2+(1+2)2=9+9=18. Or le rayon au carré vaut 16, et 18>16 : le point A n'appartient pas au cercle, il lui est EXTÉRIEUR. Sa distance au centre vaut 18=32≈4,24, contre un rayon de 4 : il dépasse d'environ 0,24 unité.
Le second membre obtenu après complétion des carrés décide donc de tout, et il joue ici le rôle que le discriminant joue pour un trinôme. S'il est strictement positif, on a un cercle de rayon sa racine carrée ; s'il est nul, l'ensemble se réduit au SEUL point central, cas rarement évoqué mais parfaitement possible ; s'il est strictement négatif, l'ensemble est vide. Il faut donc toujours compléter les carrés AVANT d'annoncer un centre et un rayon, jamais l'inverse. La question d) donne en prime le critère de position, valable pour tout point : on compare la valeur de l'expression développée à zéro, négative à l'intérieur, nulle sur le cercle, positive à l'extérieur.
Exercice 5 : Appartenance et intersections
On considère la droite d d'équation 3x+4y−12=0.
a) Déterminez les coordonnées des points d'intersection de d avec les deux axes du repère.
b) Le point A(2;1,5) appartient-il à d ?
c) Déterminez les coordonnées du point d'intersection de d avec la droite d′ d'équation x−y+1=0.
d) Déterminez le réel m pour que le point M(m;2m) appartienne à d.
Voir la correction
Réponses
a)(4;0) et (0;3)
b)Oui
c)(78;715)
d)m=1112
a)
Avec l'axe des ABSCISSES, tous les points ont une ordonnée nulle : on pose y=0, ce qui donne 3x−12=0, donc x=4 et le point est (4;0). Avec l'axe des ORDONNÉES, on pose x=0 : 4y−12=0, donc y=3 et le point est (0;3). Ces deux points suffisent d'ailleurs à tracer la droite, et c'est la méthode la plus rapide pour la représenter.
b)
On remplace les coordonnées dans l'équation : 3×2+4×1,5−12=6+6−12=0. Le point A appartient donc bien à d. Tester l'appartenance revient toujours à cela, substituer et comparer à zéro, sans jamais passer par l'équation réduite.
c)
De d′ on tire y=x+1, que l'on reporte dans d : 3x+4(x+1)−12=3x+4x+4−12=7x−8=0, donc x=78. Alors y=78+1=715. Le point d'intersection est (78;715). Vérification dans d, qui n'a pas servi à isoler : 3×78+4×715−12=724+60−84=0 ✓.
d)
Le point M est décrit par un PARAMÈTRE, mais la méthode ne change pas : on substitue ses coordonnées dans l'équation et l'on résout en m. Cela donne 3m+4×2m−12=3m+8m−12=11m−12=0, donc m=1112≈1,09. Le point cherché est alors (1112;1124).
La question d) mérite d'être relue, car elle contient une idée qui dépasse l'exercice. Écrire M(m;2m), c'est décrire l'ensemble des points dont l'ordonnée vaut le double de l'abscisse, c'est-à-dire la droite d'équation y=2x. Chercher pour quel m ce point appartient à d revient donc à chercher l'INTERSECTION de d avec cette droite, exactement comme en c) mais sous un habillage paramétrique. On vérifie la cohérence : 1124=2×1112 ✓. Reconnaître qu'une famille de points paramétrée est en réalité une droite, ou une courbe, transforme une question de calcul en une question de position.
Partie B : Niveau contrôle (/50)
Exercice 6 : Les trois positions d'une droite et d'un cercle
On considère le cercle C de centre Ω(1;2) et de rayon 5, d'équation (x−1)2+(y−2)2=25.
Approfondissement, au-delà du programme : le programme de Première 2026 ne cite l'intersection d'un cercle et d'une droite qu'en approfondissement possible, et pour une droite PARALLÈLE À UN AXE, comme aux questions b) et c). La droite oblique de la question a) va au-delà, et la formule de la distance d'un point à une droite utilisée en d) n'est pas au programme : on passe par le projeté orthogonal, comme à l'exercice 13.
a) Déterminez les points d'intersection de C avec la droite Δ d'équation y=x+6.
b) Étudiez l'intersection de C avec la droite verticale d'équation x=6.
c) Étudiez l'intersection de C avec la droite verticale d'équation x=7.
d) Reliez les trois résultats à la distance du centre Ω à chacune des trois droites.
Voir la correction
Réponses
a)(1;7) et (−4;2)
b)Tangente en (6;2)
c)Aucun point commun
d)Distances 25≈3,54<5, 5=5, 6>5
a)
On SUBSTITUE y=x+6 dans l'équation du cercle, ce qui ramène le problème à une équation à une seule inconnue : (x−1)2+(x+6−2)2=25, soit (x−1)2+(x+4)2=25. En développant : x2−2x+1+x2+8x+16=25, donc 2x2+6x−8=0, que l'on simplifie par 2 en x2+3x−4=0. Le discriminant vaut 9+16=25>0, d'où x=2−3±5, soit x=1 et x=−4. Les points d'intersection sont (1;7) et (−4;2), obtenus en reportant dans y=x+6.
b)
On substitue x=6 : (6−1)2+(y−2)2=25, soit 25+(y−2)2=25, donc (y−2)2=0 et y=2. Il y a un SEUL point d'intersection, (6;2) : la droite est TANGENTE au cercle. On reconnaît la signature d'une racine double, exactement comme un discriminant nul pour une parabole et une droite.
c)
On substitue x=7 : (7−1)2+(y−2)2=25, soit 36+(y−2)2=25, donc (y−2)2=−11, ce qui est impossible, un carré ne pouvant être négatif. La droite et le cercle n'ont AUCUN point commun.
d)
Les deux droites verticales sont à distance ∣6−1∣=5 et ∣7−1∣=6 du centre, la distance d'un point à une droite verticale se lisant sur les seules abscisses. Le rayon vaut 5 : la première est exactement à distance égale au rayon, d'où la tangence, et la seconde est plus éloignée que le rayon, d'où l'absence d'intersection. Pour Δ, la distance vaut 1+1∣1−1×2+6∣=25≈3,54, inférieure à 5, ce que confirme le discriminant strictement positif ✓.
La règle générale est donc parfaitement parallèle à celle du second degré, et il vaut mieux la voir ainsi qu'apprendre deux choses séparées. On compare la DISTANCE du centre à la droite au RAYON : inférieure, il y a deux points d'intersection ; égale, il y a tangence en un point unique ; supérieure, il n'y a rien. Ces trois cas correspondent exactement au discriminant strictement positif, nul ou strictement négatif de l'équation obtenue par substitution, et les deux méthodes sont donc interchangeables. La méthode par la distance est plus rapide quand on ne demande que le NOMBRE de points ; la substitution est obligatoire dès qu'on veut leurs coordonnées.
Exercice 7 : Tangente à un cercle en un point
On reprend le cercle C de centre Ω(1;2) et de rayon 5, et on considère le point A(4;6).
a) Vérifiez que A appartient à C.
b) Déterminez une équation cartésienne de la tangente à C en A.
c) Le point B(8;3) appartient-il à cette tangente ? Appartient-il au cercle ?
d) Démontrez qu'une tangente à un cercle n'a qu'un seul point commun avec lui.
Voir la correction
Réponses
a)9+16=25 : A∈C
b)3x+4y−36=0
c)B sur la tangente, pas sur le cercle (extérieur)
d)ΩM2=r2+AM2>r2 pour M=A
a)
(4−1)2+(6−2)2=32+42=9+16=25, qui est bien le rayon au carré. Donc A appartient à C. On reconnaît le triplet (3;4;5), ce qui est le signe que l'énoncé a choisi ses nombres pour que tout tombe juste.
b)
La tangente en A est perpendiculaire au rayon [ΩA], donc le vecteur ΩA(3;4) en est un vecteur NORMAL. Par la lecture directe de l'exercice 1, une équation est de la forme 3x+4y+c=0, et le point A donne 3×4+4×6+c=12+24+c=0, soit c=−36. La tangente a donc pour équation 3x+4y−36=0. Aucun calcul de pente n'a été nécessaire, ce qui traite au passage sans cas particulier une éventuelle tangente verticale.
c)
Pour la tangente : 3×8+4×3−36=24+12−36=0, donc B appartient bien à la tangente. Pour le cercle : (8−1)2+(3−2)2=49+1=50=25, donc B n'appartient pas au cercle. Comme 50>25, il lui est EXTÉRIEUR, ce qui est cohérent avec la question suivante : hormis le point de contact, tous les points d'une tangente sont extérieurs au cercle.
d)
Soit M un point de la tangente distinct de A. Le triangle ΩAM est rectangle en A, puisque la tangente est perpendiculaire au rayon en ce point. Le théorème de Pythagore donne alors ΩM2=ΩA2+AM2=r2+AM2. Or AM=0 puisque M est distinct de A, donc AM2>0 et ΩM2>r2, c'est-à-dire ΩM>r. Le point M est donc strictement extérieur au cercle, et le seul point commun à la tangente et au cercle est A.
La démonstration de d) est un bel exemple de ce que la géométrie repérée n'est PAS toujours le meilleur outil : on aurait pu substituer l'équation de la tangente dans celle du cercle et montrer que le discriminant est nul, mais cela demanderait une page de calculs pour un résultat que Pythagore donne en trois lignes, et surtout la démonstration par Pythagore vaut pour un cercle quelconque alors que le calcul ne vaudrait que pour celui-ci. Le contrôle numérique le confirme sur le point B : ΩB2=50=r2+AB2=25+25 ✓, avec AB=(8−4)2+(3−6)2=16+9=5.
Exercice 8 : Le cercle de diamètre donné
On considère les points A(−2;1) et B(4;5), et le cercle C′ de diamètre [AB].
a) Déterminez les coordonnées du centre I de C′ et son rayon sous forme exacte.
b) Déduisez-en une équation de C′.
c) Vérifiez que le point M(−2;5) appartient à C′, à la fois par l'équation et par le produit scalaire MA⋅MB.
d) Le point N(0;0) appartient-il à C′ ? Que peut-on dire de l'angle ANB ?
Voir la correction
Réponses
a)I(1;3), rayon 13
b)(x−1)2+(y−3)2=13
c)9+4=13 et MA⋅MB=0
d)Non ; NA⋅NB=−3 : angle obtus, N intérieur
a)
Le centre d'un cercle de diamètre [AB] est le MILIEU de ce diamètre : I(2−2+4;21+5), soit I(1;3). La longueur AB vaut (4−(−2))2+(5−1)2=36+16=52=213, donc le rayon, qui en est la moitié, vaut 13≈3,61. On simplifie 52 en 213 précisément pour que la division par deux tombe juste.
b)
C′ a donc pour équation (x−1)2+(y−3)2=13, le rayon au carré valant (13)2=13. Contrôle immédiat sur les deux extrémités du diamètre, qui doivent appartenir au cercle : pour A, (−2−1)2+(1−3)2=9+4=13 ✓, et pour B, (4−1)2+(5−3)2=9+4=13 ✓.
c)
PAR L'ÉQUATION : (−2−1)2+(5−3)2=9+4=13, donc M appartient au cercle. PAR LE PRODUIT SCALAIRE : MA(−2−(−2);1−5)=(0;−4) et MB(4−(−2);5−5)=(6;0), donc MA⋅MB=0×6+(−4)×0=0. Les deux méthodes concordent ✓, comme le prévoit la caractérisation du cercle de diamètre [AB] : un point y appartient si et seulement si il voit le diamètre sous un angle droit.
d)
Par l'équation : (0−1)2+(0−3)2=1+9=10=13, donc N n'appartient pas à C′. Le produit scalaire le confirme : NA(−2;1) et NB(4;5) donnent −8+5=−3=0. L'angle ANB n'est donc pas droit ; comme le produit scalaire est strictement NÉGATIF, cet angle est OBTUS, et le point N se trouve à l'intérieur du cercle, ce que confirme 10<13.
La coïncidence des deux méthodes n'en est pas une, et il vaut la peine de comprendre pourquoi. En développant MA⋅MB avec M(x;y), on obtient exactement x2+y2−2x−6y−3, c'est-à-dire l'équation développée du cercle ✓. Le produit scalaire N'EST DONC PAS un autre chemin vers le même résultat, c'est littéralement la même expression écrite autrement. Cela fournit en prime un critère de position bien plus riche que l'appartenance : le signe du produit scalaire dit où se trouve le point, négatif à l'intérieur avec un angle obtus, nul sur le cercle avec un angle droit, positif à l'extérieur avec un angle aigu.
Exercice 9 : Quatre erreurs à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez par un exemple chiffré.
a) « Une droite n'a qu'une seule équation cartésienne. »
b) « Le vecteur u(a;b) est un vecteur directeur de la droite d'équation ax+by+c=0. »
c) « L'équation x2+y2−4x+2y+10=0 est celle du cercle de centre (2;−1) et de rayon 10. »
d) « Deux droites de coefficients directeurs différents peuvent être parallèles. »
Voir la correction
Réponses
a)Une infinité d'équations cartésiennes ; l'équation réduite est unique
b)(a;b) est normal ; directeur (−b;a)
c)(x−2)2+(y+1)2=−5 : ensemble vide
d)Coefficients différents : sécantes, ici en (5;11)
a)
Faux : multiplier une équation par un réel non nul donne une écriture différente de la MÊME droite, puisque les points qui l'annulent sont exactement les mêmes. Ainsi 2x−3y+1=0 et 4x−6y+2=0 décrivent la même droite, comme l'a montré l'exercice 3. Ce qui est unique, c'est l'équation RÉDUITE y=mx+p, et encore seulement pour une droite non verticale : une droite verticale n'en a aucune.
b)
Faux : le vecteur u(a;b) est un vecteur NORMAL, pas directeur. Un vecteur directeur est v(−b;a), obtenu en échangeant et en changeant un signe. Exemple avec 3x−2y+6=0 : le vecteur (3;−2) est normal, et le directeur est (2;3). La vérification est concrète : le point (0;3) appartient à la droite, et (0+2;3+3)=(2;6) y appartient aussi ✓, alors que (0+3;3−2)=(3;1) n'y appartient pas, puisque 9−2+6=13=0 ✗.
c)
Faux, et l'erreur est double. La complétion du carré donne (x−2)2−4+(y+1)2−1+10=0, soit (x−2)2+(y+1)2=−5. Le second membre est strictement négatif : l'ensemble est VIDE, ce n'est pas un cercle, et la question du rayon ne se pose donc même pas. Le réflexe fautif consiste à lire le rayon directement sur la constante de l'équation développée, alors que celle-ci ne devient le rayon au carré qu'APRÈS avoir absorbé les termes issus des deux complétions.
d)
Faux : dans un repère, deux droites non verticales sont parallèles SI ET SEULEMENT SI elles ont le même coefficient directeur. Des coefficients différents garantissent donc au contraire qu'elles sont sécantes. Exemple : y=2x+1 et y=3x−4 se coupent, et l'on trouve le point en résolvant 2x+1=3x−4, soit x=5 et y=11, d'où le point (5;11) ✓.
Les affirmations a) et c) partagent une même origine, la confusion entre une ÉCRITURE et l'OBJET qu'elle décrit : une droite n'est pas son équation, et une équation de cercle n'est pas un cercle tant qu'on n'a pas vérifié le signe du second membre. Les affirmations b) et d) portent sur les deux façons de décrire une direction, par un vecteur ou par une pente, et il vaut mieux privilégier le VECTEUR : il ne connaît aucun cas particulier, alors que le coefficient directeur n'existe pas pour une droite verticale, ce qui oblige à traiter cette situation à part chaque fois.
Exercice 10 : Problème de synthèse : les trois hauteurs d'un triangle
Dans un repère orthonormé, on considère le triangle ABC avec A(0;0), B(6;0) et C(2;4).
a) Déterminez une équation cartésienne de chacun des trois côtés du triangle.
b) Déterminez une équation de la hauteur issue de A, puis de celle issue de B.
c) Déterminez les coordonnées de l'orthocentre H, point d'intersection de ces deux hauteurs.
d) Déterminez la hauteur issue de C et vérifiez qu'elle passe par H. Qu'a-t-on ainsi démontré sur cet exemple ?
Voir la correction
Réponses
a)(AB) : y=0 ; (AC) : 2x−y=0 ; (BC) : x+y−6=0
b)Hauteur de A : y=x ; hauteur de B : x+2y−6=0
c)H(2;2)
d)x=2 passe par H : les hauteurs sont concourantes
a)
(AB) : les deux points ont une ordonnée nulle, l'équation est donc y=0, c'est l'axe des abscisses. (AC) : AC(2;4), soit le vecteur directeur simplifié (1;2), d'où une équation de la forme 2x−y+c=0 ; le point A(0;0) donne c=0, donc (AC) a pour équation 2x−y=0. (BC) : BC(−4;4), soit le directeur (−1;1), d'où une équation x+y+c=0 ; le point B donne 6+c=0, donc (BC) a pour équation x+y−6=0.
b)
La hauteur issue de A est perpendiculaire à (BC), donc elle est DIRIGÉE par le vecteur normal de (BC), à savoir (1;1). Une équation est alors de la forme x−y+c=0 ; le point A donne c=0, donc cette hauteur a pour équation x−y=0, c'est-à-dire y=x. De même la hauteur issue de B est perpendiculaire à (AC), dont un vecteur normal est (2;−1) ; ce vecteur dirige donc la hauteur, dont une équation est −x−2y+c=0, réécrite x+2y+c′=0 ; le point B donne 6+c′=0, donc cette hauteur a pour équation x+2y−6=0.
c)
On résout le système formé par y=x et x+2y−6=0. En substituant : x+2x−6=3x−6=0, donc x=2 et y=2. L'orthocentre est H(2;2).
d)
La hauteur issue de C est perpendiculaire à (AB), qui est horizontale : c'est donc la droite VERTICALE passant par C, d'équation x=2. Le point H(2;2) vérifie bien cette équation ✓, donc la troisième hauteur passe par H. On a ainsi vérifié sur cet exemple que les trois hauteurs d'un triangle sont CONCOURANTES, et que leur point de concours est l'orthocentre.
Trois remarques pour finir. D'abord, il ne s'agit que d'une vérification sur un exemple, pas d'une démonstration : le théorème général se démontre en gardant A, B et C littéraux, et le calcul reste faisable par la même méthode. Ensuite, la troisième hauteur était en réalité prévisible sans calcul, puisque deux hauteurs suffisent toujours à déterminer l'orthocentre et que le théorème garantit le passage de la troisième ; la question d) est donc une vérification, ce qui explique qu'elle soit si courte. Enfin, H est ici INTÉRIEUR au triangle, ce qui correspond au fait que ABC a tous ses angles aigus : on le contrôle par les produits scalaires en chaque sommet, AB⋅AC=12>0, BA⋅BC=24>0 et CA⋅CB=8>0 ✓. Dans un triangle obtusangle, l'orthocentre sort du triangle, et dans un triangle rectangle il tombe exactement sur le sommet de l'angle droit.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Les tangentes de direction donnée
On considère le cercle C d'équation x2+y2−2x+4y−15=0 et, pour tout réel c, la droite dc d'équation y=2x+c, parallèle à la droite d'équation y=2x.
Approfondissement, au-delà du programme : l'intersection d'un cercle et d'une droite oblique, et la formule de la distance d'un point à une droite utilisée pour le contrôle de la question c), ne sont pas au programme de Première.
a) Déterminez le centre Ω et le rayon de C.
b) Montrez que les abscisses des points communs à C et dc sont les solutions de 5x2+(4c+6)x+c2+4c−15=0, et que le discriminant de cette équation vaut −4(c2+8c−84).
c) Déduisez-en les valeurs de c pour lesquelles dc est tangente à C.
d) Déterminez les deux points de contact. Que remarquez-vous ?
e) Pour quelles valeurs de c la droite dc coupe-t-elle le cercle en deux points ?
On complète les carrés : x2−2x=(x−1)2−1 et y2+4y=(y+2)2−4. L'équation devient (x−1)2+(y+2)2=20 : centre Ω(1;−2), rayon 20=25≈4,47.
b)
On remplace y par 2x+c : x2+(2x+c)2−2x+4(2x+c)−15=0, soit x2+4x2+4cx+c2−2x+8x+4c−15=0, c'est-à-dire 5x2+(4c+6)x+c2+4c−15=0. Son discriminant vaut (4c+6)2−20(c2+4c−15)=16c2+48c+36−20c2−80c+300=−4c2−32c+336=−4(c2+8c−84).
c)
La droite est tangente quand l'équation a une racine DOUBLE, c'est-à-dire quand le discriminant est nul : c2+8c−84=0, de discriminant 64+336=400, donc c=2−8±20, soit c=6 ou c=−14. Les deux tangentes sont y=2x+6 et y=2x−14. Contrôle par la distance : 5∣2×1−(−2)+c∣=5∣4+c∣ vaut 510=25 pour c=6 comme pour c=−14 ✓.
d)
Pour c=6, la racine double est x=−104c+6=−1030=−3, et y=2×(−3)+6=0 : T1(−3;0). Pour c=−14, x=−10−50=5 et y=10−14=−4 : T2(5;−4). Le milieu de [T1T2] est (1;−2)=Ω : les points de contact sont DIAMÉTRALEMENT opposés, et T1T2(8;−4) est bien perpendiculaire à la direction (1;2) des tangentes ✓.
e)
Deux points communs quand le discriminant est strictement positif : −4(c+14)(c−6)>0, soit (c+14)(c−6)<0, c'est-à-dire −14<c<6. Les droites de la famille balaient le plan ; seules celles comprises entre les deux tangentes coupent le cercle.
Deux méthodes équivalentes décident de la position d'une droite et d'un cercle : le discriminant de l'équation obtenue par substitution, et la comparaison de la distance du centre au rayon. La première donne en plus les points ; la seconde est plus rapide quand on ne veut que les valeurs du paramètre.
Exercice 12 : L'intersection de deux cercles
On considère les cercles C1 d'équation x2+y2=25 et C2 d'équation x2+y2−12x+23=0.
Approfondissement, au-delà du programme : l'intersection de deux cercles n'est pas au programme de Première, qui s'en tient à l'équation d'un cercle, à son centre et à son rayon, comme à la question a).
a) Donnez le centre et le rayon de chacun des deux cercles.
b) En soustrayant les deux équations membre à membre, montrez que tout point commun vérifie x=4.
c) Déterminez les points d'intersection des deux cercles.
d) Comparez la distance entre les centres à la somme et à la différence des rayons. Est-ce cohérent avec c) ?
e) Calculez la longueur de la corde commune et justifiez qu'elle est perpendiculaire à la droite des centres.
Voir la correction
Réponses
a)O(0;0), rayon 5 ; Ω(6;0), rayon 13
b)12x−23=25 donne x=4
c)(4;3) et (4;−3)
d)5−13<6<5+13 : sécants
e)Corde de longueur 6 sur x=4, perpendiculaire à l'axe des abscisses
a)
C1 : centre O(0;0), rayon 5. Pour C2, x2−12x=(x−6)2−36 donne (x−6)2+y2=13 : centre Ω(6;0), rayon 13≈3,61.
b)
Un point commun vérifie les deux équations, donc aussi leur différence : (x2+y2)−(x2+y2−12x+23)=25−0, soit 12x−23=25 et x=4. Les termes du second degré disparaissent : c'est ce qui rend la méthode efficace, deux cercles ayant les mêmes coefficients devant x2 et y2.
c)
On reporte x=4 dans C1 : 16+y2=25, y2=9, y=±3. Les points d'intersection sont (4;3) et (4;−3). Vérification dans C2 : 16+9−48+23=0 ✓.
d)
OΩ=6. La somme des rayons vaut 5+13≈8,61 et leur différence 5−13≈1,39. Comme 1,39<6<8,61, les cercles sont SÉCANTS en deux points, ce qui confirme c). Si la distance avait égalé la somme, ils auraient été tangents extérieurement ; au-delà, disjoints.
e)
La corde commune joint (4;3) et (4;−3) : elle mesure 6 et porte la droite d'équation x=4, verticale. La droite des centres est l'axe des abscisses, horizontal : les deux sont perpendiculaires. C'est général : chaque centre est à égale distance des deux points d'intersection, donc la droite des centres est la médiatrice de la corde commune.
La soustraction des équations transforme un système de deux équations du second degré en une équation de DROITE, sur laquelle se trouvent tous les points communs. On revient ensuite dans l'une des deux équations, et il reste un second degré à une inconnue, dont le discriminant dit s'il y a zéro, un ou deux points.
Exercice 13 : Le symétrique d'un point par rapport à une droite
On considère la droite d d'équation x+2y−5=0 et le point A(5;5).
a) Vérifiez que A n'appartient pas à d.
b) Déterminez une équation cartésienne de la droite Δ passant par A et perpendiculaire à d.
c) Déterminez les coordonnées du projeté orthogonal H de A sur d.
d) Calculez la distance du point A à la droite d, au centième.
e) Déterminez les coordonnées du symétrique A′ de A par rapport à d, et vérifiez que A′ est bien à la même distance de d que A.
Voir la correction
Réponses
a)5+10−5=10=0
b)Δ : 2x−y−5=0
c)H(3;1)
d)AH=25≈4,47
e)A′(1;−3)
a)
5+2×5−5=10=0 : A∈/d.
b)
Un vecteur normal de d est n(1;2) ; il DIRIGE Δ. Un vecteur normal de Δ est donc (2;−1), et Δ a une équation de la forme 2x−y+c=0. Avec A : 10−5+c=0, c=−5. Δ : 2x−y−5=0.
c)
H est l'intersection de d et Δ. De Δ, y=2x−5, que l'on reporte dans d : x+4x−10−5=0, x=3, puis y=1. H(3;1). Vérification : 3+2−5=0 ✓ et 6−1−5=0 ✓.
d)
La distance de A à d est AH=(5−3)2+(5−1)2=20=25≈4,47. C'est la plus courte distance de A à un point de d, par Pythagore dans tout triangle AHM rectangle en H.
e)
H est le milieu de [AA′], donc A′=2H−A, coordonnée par coordonnée : A′(2×3−5;2×1−5)=(1;−3). Vérification : A′∈Δ car 2+3−5=0 ✓, et HA′=4+16=25=AH ✓. L'expression x+2y−5 vaut 10 en A et −10 en A′ : même valeur absolue, signe opposé, les deux points sont de part et d'autre de d.
Le projeté orthogonal est la clé de trois questions à la fois : la distance à une droite (AH), le point de la droite le plus proche (H), et la symétrie axiale (A′=2H−A). La perpendiculaire se construit sans aucune pente, en faisant du vecteur normal de d le vecteur directeur de Δ.
Exercice 14 : Le plus court chemin qui passe par la rivière
Une rivière rectiligne suit l'axe des abscisses d'un repère orthonormé, l'unité étant le kilomètre. Une maison est en A(1;3) et un champ en B(7;1), du même côté de la rivière. Un fermier part de la maison, va puiser de l'eau en un point M(x;0) de la rive, puis rejoint le champ.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Exprimez la longueur L(x)=AM+MB du trajet. Calculez-la, au centième, pour M(1;0) puis pour M(7;0).
b) On note B′ le symétrique de B par rapport à l'axe des abscisses. Donnez ses coordonnées et justifiez que MB=MB′ pour tout point M de la rive.
c) Déterminez une équation cartésienne de la droite (AB′), puis les coordonnées du point M0 où elle coupe la rive.
d) Justifiez que L(x)≥AB′ pour tout x, puis donnez la longueur minimale du trajet au centième.
e) Calculez L(4) au centième et vérifiez qu'elle est bien supérieure au minimum.
Voir la correction
Réponses
a)L(1)≈9,08 km, L(7)≈7,71 km
b)B′(7;−1) ; la rive est la médiatrice de [BB′]
c)(AB′) : 2x+3y−11=0 ; M0(5,5;0)
d)L≥AB′=52≈7,21 km
e)L(4)≈7,40 km
a)
L(x)=(x−1)2+9+(x−7)2+1. Pour M(1;0) : L(1)=3+37≈9,08 km. Pour M(7;0) : L(7)=45+1≈7,71 km. Descendre juste en face du champ est déjà bien meilleur que descendre en face de la maison.
b)
B′(7;−1). Pour M(x;0) : MB2=(x−7)2+12 et MB′2=(x−7)2+(−1)2, qui sont égaux. La rive est la MÉDIATRICE de [BB′] : tous ses points sont à égale distance de B et de B′.
c)
AB′(6;−4), ou le vecteur directeur (3;−2). Une équation est de la forme 2x+3y+c=0 ; avec A : 2+9+c=0, c=−11. (AB′) : 2x+3y−11=0, et B′ vérifie 14−3−11=0 ✓. Sur la rive y=0 : 2x=11, x=5,5. M0(5,5;0).
d)
Par b), L(x)=AM+MB′, et l'inégalité triangulaire donne AM+MB′≥AB′, avec égalité si et seulement si M est sur le segment [AB′], donc en M0. La longueur minimale vaut AB′=36+16=52≈7,21 km. On vérifie : L(5,5)=4,52+9+1,52+1≈5,41+1,80=7,21 ✓.
e)
L(4)=9+9+9+1=18+10≈4,24+3,16=7,40 km, supérieure de près de 200 m au minimum.
C'est le problème de Héron d'Alexandrie, et c'est aussi la loi de la réflexion de la lumière : le trajet le plus court fait des angles égaux avec la rive, puisque (AM0) et (M0B) sont symétriques. La symétrie remplace une minimisation difficile, avec deux racines carrées, par une simple droite : c'est l'idée à retenir.
Exercice 15 : Le bateau et la zone du radar
Un radar côtier, placé à l'origine O d'un repère orthonormé dont l'unité est le kilomètre, détecte les bateaux jusqu'à 10 km. Un bateau se déplace en ligne droite ; t heures après midi, il se trouve au point P(−12+8t;2+2t), pour t≥0.
Pour la dernière vérification de la question e), la formule de la distance d'un point à une droite n'est pas au programme : le programme demande de passer par le projeté orthogonal de O sur δ, comme à l'exercice 13, et l'on trouve H(−1720;1780) puis OH=1720.
a) À midi, le bateau est-il détecté ? Donnez sa distance au radar au centième.
b) Montrez que la trajectoire du bateau est portée par la droite δ d'équation x−4y+20=0.
c) Montrez que OP2=68t2−184t+148, puis déterminez au centième d'heure les instants où le bateau entre dans la zone et en sort.
d) Combien de temps le bateau reste-t-il détecté ? Donnez la durée au centième d'heure.
e) À quel instant le bateau est-il au plus près du radar, et à quelle distance, au centième ? Retrouvez cette distance comme distance de O à la droite δ.
Voir la correction
Réponses
a)Non : OP=148≈12,17 km
b)(−12+8t)−4(2+2t)+20=0
c)t1≈0,29 h et t2≈2,41 h
d)Environ 2,12 h
e)À t≈1,35 h, à 1720≈4,85 km
a)
P(0)=(−12;2) et OP=144+4=148≈12,17 km >10 : le bateau n'est pas encore détecté.
b)
(−12+8t)−4(2+2t)+20=−12+8t−8−8t+20=0 pour tout t : tous les points P sont sur δ.
c)
OP2=(−12+8t)2+(2+2t)2=144−192t+64t2+4+8t+4t2=68t2−184t+148. Le bateau est à la limite de la zone quand OP2=100 : 68t2−184t+48=0, soit 17t2−46t+12=0. Δ=2116−816=1300, et t=3446±1300, soit t1≈0,29 h et t2≈2,41 h. Il entre dans la zone vers 12 h 18 et en sort vers 14 h 25.
d)
Il est détecté tant que OP2≤100, c'est-à-dire entre les racines : t2−t1=3421300≈2,12 h, environ 2 h 07.
e)
OP2=68t2−184t+148 est un trinôme de coefficient dominant positif, minimal à son sommet t=136184≈1,35 h, le milieu de t1 et t2. La valeur minimale vaut 148−4×681842≈23,53, donc OPmin≈4,85 km. La distance de O à δ vaut 1+16∣0−0+20∣=1720≈4,85 km ✓.
Le problème réunit la géométrie repérée et le second degré : une distance au carré le long d'une trajectoire rectiligne est un trinôme en t. Ses racines donnent les instants de franchissement, son sommet l'instant d'approche maximale, et la distance point-droite confirme le minimum sans aucun calcul de temps.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous cherchez un tuteur de spécialité maths en Première à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.