Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : vecteurs et géométrie repérée (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques sur les vecteurs et la géométrie repérée, au niveau de la classe de Seconde du programme français. Elle couvre les coordonnées d'un vecteur et l'égalité de vecteurs, la relation de Chasles, la colinéarité par le déterminant et l'alignement de trois points, le milieu et la distance, les équations cartésienne et réduite d'une droite, la décomposition d'un vecteur et la caractérisation vectorielle du milieu, en seize exercices précédés d'une liste de calculs.
L'exercice 0.1 aligne dix calculs directs dans un repère orthonormé : coordonnées de AB et de 3u−2v, milieu, distance au carré, déterminant, quatrième sommet d'un parallélogramme, point défini par une relation vectorielle, paramètre de colinéarité, coefficient directeur et ordonnée à l'origine. Vous apprenez ensuite à simplifier une somme avec la relation de Chasles (exercice 2), à démontrer un alignement par le déterminant (exercice 3), à trouver le quatrième sommet d'un parallélogramme en respectant l'ordre des lettres (exercice 4), à passer d'un vecteur directeur à une équation de droite (exercice 5), à étudier la position relative de trois droites (exercice 8) et à placer le centre de gravité d'un triangle (exercice 11).
La partie B insiste sur ce que les contrôles évaluent vraiment : démontrer un alignement ou un parallélisme au lieu de le constater, avec le théorème de Varignon (exercice 6), et mener une démonstration vectorielle sans passer par les coordonnées, comme celle de la droite des milieux (exercice 9). Les corrigés pointent la solution qu'on perd en résolvant k2=16 (exercice 10) et le dessin qui suggère un alignement que le calcul dément (exercice 3). La partie C finit sur deux problèmes concrets : un bateau dans le courant (exercice 14) et une antenne à égale distance de trois villages (exercice 15).
Programme 2026 : deux capacités entrent au programme de Seconde, la décomposition d'un vecteur sur deux vecteurs non colinéaires et la caractérisation vectorielle du milieu d'un segment. L'exercice 16 les travaille ensemble, jusqu'à démontrer qu'un quadrilatère est un parallélogramme exactement quand ses diagonales ont le même milieu.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Coordonnées : si A(xA,yA) et B(xB,yB), alors AB a pour coordonnées (xB−xA,yB−yA).
•Deux vecteurs sont égaux lorsqu'ils ont les mêmes coordonnées. AB=DC équivaut à : ABCD est un parallélogramme.
•Relation de Chasles : AB+BC=AC, et AB−AC=CB.
•Colinéarité : u(x,y) et v(x′,y′) sont colinéaires si et seulement si le déterminant xy′−yx′ est nul.
•Milieu de [AB] : (2xA+xB,2yA+yB). Distance : AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2 dans un repère orthonormé.
•Une droite de vecteur directeur u(α,β) admet une équation cartésienne βx−αy+c=0.
•Programme 2026 : si u et v ne sont pas colinéaires, tout vecteur s'écrit d'une seule façon au+bv. I est le milieu de [AB] si et seulement si AI=IB, soit AI=21AB, et alors MA+MB=2MI pour tout point M.
Calculs : les coordonnées à calculer
Exercice 0.1 : Calculer avec les coordonnées de vecteurs : dix calculs directs
Le plan est muni d'un repère orthonormé. Chaque ligne est indépendante des autres et redonne ses propres points. Calculez la grandeur demandée : coordonnées d'un vecteur, d'un milieu ou d'un point, distance au carré, déterminant, valeur d'un paramètre, coefficient directeur ou ordonnée à l'origine d'une droite. Les résultats non entiers se donnent en fraction ou en décimal exact.
Une seule méthode pour les dix lignes : traduire la question en une formule de coordonnées, puis calculer coordonnée par coordonnée. AB(xB−xA;yB−yA), toujours l'ARRIVÉE moins le DÉPART ; le milieu est la moyenne des coordonnées ; det(u,v)=xy′−yx′, nul exactement quand les vecteurs sont colinéaires. Un point défini par une égalité vectorielle se trouve en ajoutant un vecteur aux coordonnées d'un point CONNU.
a) A(5;−3) et B(−2;6). Calculez les coordonnées du vecteur AB.
b) E(−5;2) et F(3;−7). Calculez les coordonnées du milieu I du segment [EF].
c) u(−4;3) et v(2;−5). Calculez les coordonnées du vecteur 3u−2v.
d) G(−3;−2) et H(4;1). Calculez GH2.
e) u(6;−4) et v(−5;3). Calculez det(u,v).
f) A(−2;7) et B(4;−2). Calculez le coefficient directeur de la droite (AB).
g) A(−1;3), B(4;5) et C(7;−2). Calculez les coordonnées du point D tel que ABCD soit un parallélogramme.
h) A(3;−4) et B(−6;5). Calculez les coordonnées du point M tel que AM=−31AB.
i) u(2k+1;−3) et v(5;6), où k est un réel. Calculez la valeur de k pour laquelle u et v sont colinéaires.
j) A(−5;2) et B(3;6). Calculez l'ordonnée à l'origine de la droite (AB).
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Réponses
a)AB(−7;9)
b)I(−1;−25)
c)3u−2v(−16;19)
d)GH2=49+9=58
e)det(u,v)=18−20=−2
f)m=6−9=−23
g)AD=BC(3;−7) ; D(2;−4)
h)−31AB(3;−3) ; M(6;−7)
i)12k+21=0 ; k=−47
j)y=21x+29 ; p=29
Le geste qui décide de tout : écrire la formule AVANT de remplacer, avec l'ordre des points. Un vecteur, c'est l'arrivée moins le départ ; un parallélogramme ABCD se lit dans l'ordre des lettres, AD=BC ; et chaque nombre négatif se remplace entre parenthèses.
a)
AB(−2−5;6−(−3)), soit AB(−7;9). Piège : calculer xA−xB, ce qui donne le vecteur opposé (7;−9).
b)
xI=2−5+3=−1 et yI=22+(−7)=−25, donc I(−1;−25). Piège : la DIFFÉRENCE des coordonnées divisée par 2, qui donne (4;−4,5) et n'est pas un point du segment.
c)
3u(−12;9) et 2v(4;−10), donc 3u−2v(−12−4;9−(−10))=(−16;19). Piège : 9−10=−1 en oubliant que 2v a une ordonnée négative.
d)
GH2=(4−(−3))2+(1−(−2))2=72+32=49+9=58, donc GH=58. Piège : (4−3)2+(1−2)2=2, les signes des coordonnées de G perdus.
e)
det(u,v)=6×3−(−4)×(−5)=18−20=−2. Le déterminant n'est pas nul : u et v ne sont pas colinéaires. Piège : −(−4)×(−5) vaut −20, pas +20.
f)
m=xB−xAyB−yA=4−(−2)−2−7=6−9=−23. Piège : le quotient inversé −96, ou deux soustractions faites dans des ordres différents.
g)
ABCD parallélogramme équivaut à AD=BC. Or BC(7−4;−2−5)=(3;−7), donc D(−1+3;3−7)=(2;−4). Contrôle par les diagonales : le milieu de [AC] est (3;0,5), celui de [BD] aussi. Piège : écrire AB=CD, qui donne D(12;0) et le quadrilatère croisé.
h)
AB(−9;9), donc −31AB(3;−3). On ajoute ce vecteur aux coordonnées de A : M(3+3;−4−3)=(6;−7). Le coefficient négatif envoie M du côté opposé à B. Piège : ajouter le vecteur aux coordonnées de B, ou oublier le signe moins et trouver (0;−1).
i)
det(u,v)=(2k+1)×6−(−3)×5=12k+6+15=12k+21. Colinéaires si et seulement si 12k+21=0, soit k=−1221=−47. Vérification : u(−25;−3)=−21v. Piège : −(−3)×5=−15, qui donne k=43.
j)
Coefficient directeur : m=3−(−5)6−2=84=21. Équation y=21x+p ; on écrit qu'elle passe par B : 6=23+p, donc p=29. L'équation réduite est y=21x+29. Piège : prendre p=2, l'ordonnée de A, qui n'est pas sur l'axe des ordonnées.
Contrôle : on refait le chemin inverse. En a), xA+(−7)=−2=xB ; en b), I est bien le milieu si EI=IF=(4;−29) ; en j), A vérifie aussi l'équation, 21×(−5)+29=2. Un point qui ne revient pas signale presque toujours un signe perdu en remplaçant une coordonnée négative.
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Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Coordonnées et égalité de vecteurs
Le plan est muni d'un repère orthonormé. On donne A(−2,1), B(4,3), C(1,−2) et D(7,0).
Les vecteurs AB et CD sont représentés ci-dessous.
a) Lisez sur la figure les coordonnées de AB et de CD, puis confirmez-les par le calcul à partir des coordonnées des points.
b) Calculez de la même façon les coordonnées de AC et de BD.
c) Que peut-on en déduire pour le quadrilatère ABDC ? Justifiez, et vérifiez que la figure est cohérente avec votre réponse.
d) Calculez les coordonnées du milieu de [AD] et du milieu de [BC]. Que constatez-vous, et pourquoi était-ce prévisible ?
e) Déterminez le point P tel que ABCP soit un parallélogramme. Pourquoi n'est-ce pas le point D ?
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Réponses
a)AB(6;2) et CD(6;2)
b)AC(3;−3) et BD(3;−3)
c)ABDC est un parallélogramme
d)Milieux confondus en (2,5;0,5) : diagonales du parallélogramme
e)P(−5;−4)
a)
Sur la figure, on part de A et on compte 6 vers la droite puis 2 vers le haut pour arriver en B : AB(6;2). De C à D, exactement les mêmes déplacements : CD(6;2). Le calcul confirme, avec la formule coordonnées de l'arrivée moins coordonnées du départ : AB(4−(−2);3−1)=(6;2) ✓ et CD(7−1;0−(−2))=(6;2) ✓. Attention au sens de la soustraction : BA aurait donné (−6;−2), l'opposé.
b)
AC(1−(−2);−2−1)=(3;−3) et BD(7−4;0−3)=(3;−3). Le double signe du premier calcul est le piège habituel : 1−(−2) vaut 3 et non −1.
c)
Comme AB=CD, le quadrilatère ABDC est un parallélogramme. On le confirme par l'autre paire, AC=BD. Sur la figure, les deux flèches ont bien la même longueur, la même direction et le même sens, ce qui est exactement la traduction visuelle de l'égalité de deux vecteurs. Attention à l'ordre des sommets, qui est la difficulté réelle de la question : l'égalité AB=CD fait de [AB] et [CD] deux côtés opposés, donc le quadrilatère se lit en tournant A, B, D, C, et non A, B, C, D. Écrire ABCD donnerait un quadrilatère croisé.
d)
Milieu de [AD] : (2−2+7;21+0)=(2,5;0,5). Milieu de [BC] : (24+1;23+(−2))=(2,5;0,5). Les deux milieux sont CONFONDUS, et c'était prévisible : [AD] et [BC] sont les diagonales du parallélogramme ABDC, et les diagonales d'un parallélogramme se coupent en leur milieu. Cette coïncidence de milieux est d'ailleurs un critère à part entière, souvent plus rapide que l'égalité vectorielle : pour montrer qu'un quadrilatère est un parallélogramme, il suffit de vérifier que ses deux diagonales ont le même milieu.
e)
Le point cherché vérifie AB=PC, où P est le quatrième sommet, ce qui donne (1−xP;−2−yP)=(6;2), donc xP=−5 et yP=−4, soit P(−5;−4). Ce point est différent de D(7;0), et il n'y a là aucune contradiction : à partir de trois points, il existe TROIS quatrièmes points formant un parallélogramme, selon celui des trois côtés que l'on choisit comme diagonale. Le nommer correctement suppose donc toujours de préciser l'ordre des sommets.
Exercice 2 : Relation de Chasles et calcul vectoriel
A, B, C et D sont quatre points quelconques du plan.
La relation de Chasles se lit comme un trajet : on va de A à C en passant par B. Toute la technique consiste à faire apparaître, ou disparaître, un point intermédiaire.
a) Simplifiez AB+BC.
b) Simplifiez AB−AC.
c) Simplifiez AB+CD−CB.
d) On donne u(3;−1) et v(−2;5). Calculez les coordonnées de 2u−3v, puis dites si u et 2u−3v sont colinéaires.
e) Simplifiez AB+BC+CA et interprétez le résultat.
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Réponses
a)AC
b)CB
c)AD
d)(12;−17) ; déterminant −39 : non colinéaires
e)0 : une chaîne fermée
a)
AB+BC=AC par la relation de Chasles : le point B est intermédiaire et disparaît. Repère infaillible : dans une somme, la lettre d'arrivée du premier vecteur doit être la lettre de départ du second, et c'est elle qui s'efface.
b)
Ici les deux vecteurs partent du même point, il n'y a donc rien à enchaîner directement. On transforme la soustraction en addition de l'opposé : −AC=CA, d'où AB−AC=CA+AB=CB. Règle utile à mémoriser sous cette forme : AB−AC=CB, une différence de deux vecteurs de même origine relie leurs extrémités, en partant de celui qu'on retranche.
c)
On commence par retourner le vecteur soustrait : −CB=BC. L'expression devient AB+BC+CD, une chaîne complète où les points intermédiaires B et C s'effacent l'un après l'autre : AC+CD=AD. La méthode générale consiste toujours à tout écrire en additions, puis à ordonner la chaîne.
d)
2u(6;−2) et 3v(−6;15), donc 2u−3v a pour coordonnées (6−(−6);−2−15)=(12;−17). Test de colinéarité par le déterminant, avec u(3;−1) : 3×(−17)−(−1)×12=−51+12=−39, non nul, donc les deux vecteurs ne sont PAS colinéaires. Remarque de méthode : 2u seul serait évidemment colinéaire à u, c'est l'ajout de −3v, non colinéaire à u, qui fait sortir de la droite.
e)
AB+BC+CA=AC+CA=AA=0. Interprétation : en partant de A, en passant par B puis par C et en revenant en A, le déplacement total est nul. Toute chaîne FERMÉE de vecteurs, quel que soit le nombre de points et quelle que soit leur position, a pour somme le vecteur nul. C'est une vérification très utile en fin d'exercice : si une somme de vecteurs qui boucle ne donne pas 0, il y a une erreur de sens quelque part.
Exercice 3 : Colinéarité et alignement
Les quatre vecteurs u, v, w et t sont représentés ci-dessous dans un repère orthonormé, tous d'origine O.
Pour les questions b) à e), utilisez le critère du déterminant et justifiez chaque réponse par un calcul.
a) Lisez sur la figure les coordonnées des quatre vecteurs. Sans aucun calcul, quelle paire semble colinéaire, et pourquoi ?
b) Confirmez que u(3,−2) et v(−9,6) sont colinéaires, et donnez le réel k tel que v=ku.
c) w(4,5) et t(6,7) sont-ils colinéaires ? La figure permettait-elle de trancher ?
d) Les points E(1,2), F(4,−1) et G(−2,5) sont-ils alignés ?
e) Les points H(0,0), I(2,3) et J(4,5) sont-ils alignés ? Placez-les au brouillon avant de calculer : que suggère le dessin, et que dit le calcul ?
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Réponses
a)u et v semblent colinéaires
b)Déterminant 0 ; v=−3u
c)Déterminant −2 : non colinéaires
d)Déterminant 0 : E, F, G alignés
e)Déterminant −2 : non alignés
a)
On lit u(3;−2), v(−9;6), w(4;5) et t(6;7). La paire u et v saute aux yeux : les deux flèches sont portées par une même droite passant par l'origine, en sens opposés, v étant trois fois plus longue (v=−3u). C'est la traduction visuelle de la colinéarité, deux vecteurs colinéaires ayant la même DIRECTION, le sens et la longueur pouvant différer.
b)
Déterminant : 3×6−(−2)×(−9)=18−18=0, donc ils sont colinéaires. Pour trouver k, on compare coordonnée par coordonnée : −9=k×3 donne k=−3, et on vérifie sur la seconde, 6=−3×(−2) ✓. Donc v=−3u. Le signe négatif traduit le sens opposé et le 3 traduit le rapport des longueurs, exactement ce qui était lu sur la figure. Vérifier k sur les DEUX coordonnées est indispensable : c'est cette double vérification qui distingue la colinéarité d'une simple ressemblance.
c)
Déterminant : 4×7−5×6=28−30=−2, non nul, donc w et t ne sont pas colinéaires. La figure ne permettait pas de trancher : les deux flèches ont des directions très proches, 45=1,25 contre 67≈1,167, et paraissent presque portées par la même droite. C'est exactement la situation où le calcul devient indispensable, et où un élève qui se fie au dessin se trompe. Retenir la hiérarchie : le dessin suggère, le déterminant tranche.
d)
EF(4−1;−1−2)=(3;−3) et EG(−2−1;5−2)=(−3;3). Déterminant : 3×3−(−3)×(−3)=9−9=0, donc les vecteurs sont colinéaires et les trois points sont ALIGNÉS. Point de méthode à rédiger correctement : pour tester un alignement, on construit deux vecteurs à partir d'un MÊME point, ici E, sans quoi la conclusion ne porte plus sur les trois points.
e)
HI(2;3) et HJ(4;5). Déterminant : 2×5−3×4=10−12=−2, non nul, donc les points ne sont PAS alignés. Le dessin, lui, suggère très fortement qu'ils le sont, et c'est tout l'intérêt de la question. La figure du corrigé prolonge la droite (HI) : elle passe par le point (4;6), soit une unité au-dessus de J. L'origine de l'illusion est arithmétique : on a bien 4=2×2, mais 5=2×3, et il faut que le rapport soit LE MÊME sur les deux coordonnées. À l'échelle du dessin, une unité d'écart sur une longueur de six passe inaperçue, alors que le déterminant la détecte sans hésiter.
Exercice 4 : Milieux, distances et parallélogrammes
Dans un repère orthonormé, on donne A(−2,1), B(4,3) et C(1,−2).
a) Calculez les distances AB et AC, en valeur exacte simplifiée.
b) Déterminez les coordonnées du point D tel que ABCD soit un parallélogramme.
c) Déterminez les coordonnées du point E tel que ABEC soit un parallélogramme.
d) Les points D et E sont différents. Expliquez pourquoi l'ordre des lettres change la réponse.
e) Vérifiez la réponse b) en montrant que les diagonales de ABCD ont le même milieu.
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Réponses
a)AB=210, AC=32
b)D(−5;−4)
c)E(7;0)
d)L'ordre des lettres fixe les côtés opposés
e)Milieux de [AC] et [BD] : (−0,5;−0,5)
a)
AB(6;2) donc AB=62+22=36+4=40. On simplifie en isolant le plus grand carré parfait facteur : 40=4×10, donc AB=210≈6,32. De même AC(3;−3) donne AC=9+9=18=32≈4,24. Noter que les signes disparaissent, les coordonnées étant élevées au carré : une distance est toujours positive.
b)
ABCD est un parallélogramme lorsque AB=DC, les côtés [AB] et [DC] étant opposés dans cet ordre de lettres. Cela s'écrit (1−xD;−2−yD)=(6;2), d'où 1−xD=6 donc xD=−5, et −2−yD=2 donc yD=−4 : D(−5;−4). Vérification par les diagonales, qui doivent avoir le même milieu : milieu de [AC]=(−0,5;−0,5) et milieu de [BD]=(−0,5;−0,5) ✓.
c)
Cette fois l'ordre des lettres ABEC fait de [AB] et [CE] les côtés opposés, d'où AB=CE, soit (xE−1;yE+2)=(6;2) et donc E(7;0). Le calcul est le même, seule l'équation de départ change.
d)
Dans un parallélogramme, les lettres se lisent en TOURNANT autour de la figure, donc les côtés opposés sont donnés par les paires de lettres consécutives dans cet ordre cyclique. Pour ABCD, les côtés sont [AB] et [CD], ce qui impose AB=DC ; pour ABEC, ce sont [AB] et [EC], d'où AB=CE. Ce ne sont pas les mêmes couples de côtés parallèles, donc le quatrième point n'est pas le même. La leçon générale, déjà rencontrée à l'exercice 1 : trois points donnent naissance à trois parallélogrammes distincts, et seul l'ordre des lettres dit lequel est demandé.
e)
Les diagonales de ABCD sont [AC] et [BD]. Milieu de [AC] : (2−2+1;21+(−2))=(−0,5;−0,5). Milieu de [BD] : (24+(−5);23+(−4))=(−0,5;−0,5). Les deux milieux coïncident ✓ : les diagonales se coupent en leur milieu, donc ABCD est bien un parallélogramme et la réponse b) est confirmée par une méthode indépendante du calcul vectoriel. Pour mémoire, trois points A, B, C donnent trois parallélogrammes, selon le segment choisi comme DIAGONALE : avec [AC] comme diagonale on obtient D(−5;−4), avec [BC] on obtient E(7;0), et avec [AB] le point (1;6), puisque le quatrième sommet vaut alors A+B−C coordonnée par coordonnée. L'ordre des lettres n'est pas un détail de notation : il désigne la diagonale, donc la figure.
Exercice 5 : Équations de droites
On reprend A(−2,1) et B(4,3), et on considère la droite d d'équation 2x+y−4=0.
a) Donnez un vecteur directeur de la droite (AB), puis une équation cartésienne de (AB).
b) Déduisez-en l'équation réduite de (AB).
c) Donnez un vecteur directeur de d et son équation réduite.
d) Les droites (AB) et d sont-elles parallèles ? Justifiez par un déterminant.
e) Déterminez leur point d'intersection et vérifiez-le dans les deux équations.
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Réponses
a)u(3;1) ; x−3y+5=0
b)y=31x+35
c)v(−1;2) ; y=−2x+4
d)Déterminant 7 : sécantes
e)Intersection (1;2)
a)
AB(6;2) est un vecteur directeur de (AB), et tout vecteur colinéaire non nul en est un aussi : on préfère u(3;1), obtenu en divisant par 2, car des nombres plus petits allègent tous les calculs suivants. Une équation cartésienne s'obtient en écrivant que M(x;y) appartient à la droite si AM et u sont colinéaires, c'est-à-dire si leur déterminant est nul : 1×(x+2)−3×(y−1)=0, soit x+2−3y+3=0, donc x−3y+5=0. Vérification avec B, indispensable : 4−3×3+5=4−9+5=0 ✓.
b)
On isole y : x−3y+5=0 donne 3y=x+5, donc y=31x+35. Le coefficient directeur 31 se retrouve directement sur le vecteur directeur u(3;1), comme le quotient 31 de ses deux coordonnées : c'est un contrôle immédiat entre les deux formes.
c)
Pour une équation cartésienne ax+by+c=0, un vecteur directeur est (−b;a). Ici a=2 et b=1, donc v(−1;2) convient. L'équation réduite s'obtient en isolant y : y=−2x+4. Contrôle par le même quotient : −12=−2 ✓, qui est bien le coefficient directeur.
d)
Déterminant de u(3;1) et v(−1;2) : 3×2−1×(−1)=6+1=7, non nul. Les deux droites ne sont donc pas parallèles : elles sont SÉCANTES, et elles se coupent en un unique point. On peut aussi le voir sur les coefficients directeurs, 31 contre −2, qui diffèrent, mais le déterminant est la méthode générale, la seule qui fonctionne encore quand une droite est verticale et n'a pas de coefficient directeur.
e)
On résout le système formé par les deux équations. De d on tire y=4−2x, que l'on reporte dans (AB) : x−3(4−2x)+5=x−12+6x+5=7x−7=0, donc x=1, puis y=4−2=2. Le point d'intersection est (1;2). Double vérification, dans chacune des deux équations : 1−3×2+5=0 ✓ et 2×1+2−4=0 ✓. L'existence d'un point unique confirme la conclusion de la question d), et cette cohérence entre le déterminant et la résolution effective du système est exactement ce que l'exercice 8 exploitera avec trois droites.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Le théorème de Varignon
Dans un repère orthonormé, on considère le quadrilatère ABCD avec A(−4,1), B(2,5), C(6,−1) et D(0,−5).
On note I, J, K et L les milieux respectifs de [AB], [BC], [CD] et [DA].
La figure ci-dessous représente ABCD en trait plein et le quadrilatère IJKL des milieux en pointillés.
a) Calculez les coordonnées de I, J, K et L.
b) Démontrez que IJKL est un parallélogramme.
c) Déterminez la nature du quadrilatère ABCD lui-même.
d) Le résultat de la question b) tient-il pour un quadrilatère quelconque ? Démontrez-le en utilisant la droite des milieux dans les triangles ABC et ACD.
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Réponses
a)I(−1;3), J(4;2), K(3;−3), L(−2;−2)
b)IJ=LK=(5;−1) : parallélogramme
c)ABCD est un carré
d)Oui : IJ=LK=21AC (théorème de Varignon)
a)
On applique la formule du milieu, moyenne des coordonnées, à chaque côté : I(2−4+2;21+5)=(−1;3), J(22+6;25−1)=(4;2), K(26+0;2−1−5)=(3;−3) et L(20−4;2−5+1)=(−2;−2).
b)
IJ(4−(−1);2−3)=(5;−1) et LK(3−(−2);−3−(−2))=(5;−1). Comme IJ=LK, le quadrilatère IJKL est un parallélogramme. Attention à l'ordre des lettres, comme aux exercices 1 et 4 : on compare IJ à LK, et non à KL, pour que les deux côtés opposés soient parcourus dans le même sens, et non dans le sens du contour.
c)
On teste la même condition sur ABCD : AB(2−(−4);5−1)=(6;4) et DC(6−0;−1−(−5))=(6;4). Ces deux vecteurs sont égaux, donc ABCD est lui aussi un parallélogramme. On peut préciser sa nature : AB=36+16=52 et BC=16+36=52, deux côtés consécutifs égaux, donc c'est un LOSANGE. Et les diagonales valent AC=100+4=104 et BD=4+100=104, égales, donc c'est aussi un rectangle : ABCD est un carré, ce que l'exercice 7 retrouvera par une autre voie.
d)
Oui, et c'est le théorème de Varignon : le quadrilatère des milieux est un parallélogramme pour TOUT quadrilatère de départ, aussi irrégulier soit-il. Démonstration. Dans le triangle ABC, les points I et J sont les milieux de [AB] et [BC], donc la droite des milieux donne IJ=21AC. Dans le triangle ACD, les points L et K sont les milieux de [AD] et [DC], donc de même LK=21AC. Les deux vecteurs sont égaux à la même quantité, donc égaux entre eux : IJ=LK, et IJKL est un parallélogramme. Le point remarquable de cette démonstration est qu'elle ne fait intervenir AUCUNE coordonnée et aucune hypothèse sur ABCD : c'est la diagonale [AC] qui sert d'intermédiaire commun aux deux triangles, et c'est elle qui explique le résultat. On vérifie d'ailleurs sur l'exemple : AC(10;−2), dont la moitié vaut (5;−1), exactement IJ ✓.
Exercice 7 : Parallélogramme et centre
Dans un repère orthonormé, on donne A(−4,1), B(2,5) et C(6,−1).
a) Déterminez les coordonnées du point D tel que ABCD soit un parallélogramme.
b) Calculez les coordonnées du centre Ω de ce parallélogramme de deux façons différentes.
c) Le parallélogramme ABCD est-il un losange ? Est-il un rectangle ? Concluez précisément sur sa nature.
d) Retrouvez la conclusion de la question c) autrement, en appliquant la réciproque du théorème de Pythagore dans le triangle ABC.
e) Déterminez le symétrique de A par rapport à Ω. Que constatez-vous ?
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Réponses
a)D(0;−5)
b)Ω(1;0)
c)Losange et rectangle : carré
d)AB2+BC2=104=AC2 : rectangle en B
e)C(6;−1)
a)
ABCD est un parallélogramme lorsque AB=DC. Avec AB(6;4), cela donne (6−xD;−1−yD)=(6;4), donc xD=0 et yD=−5 : D(0;−5).
b)
Le centre d'un parallélogramme est le point d'intersection des diagonales, qui est le milieu de chacune d'elles. Première façon, milieu de [AC] : (2−4+6;21−1)=(1;0). Seconde façon, milieu de [BD] : (22+0;25−5)=(1;0). Les deux calculs donnent bien Ω(1;0) ✓, et cette double lecture est le contrôle standard de toute la question a) : si les deux milieux différaient, c'est que D serait faux.
c)
On compare deux côtés CONSÉCUTIFS : AB=36+16=52 et BC=16+36=52. Ils sont égaux, donc le parallélogramme est un LOSANGE. On compare ensuite les deux DIAGONALES : AC=100+4=104 et BD=4+100=104. Elles sont égales, donc le parallélogramme est aussi un RECTANGLE. Un parallélogramme à la fois losange et rectangle est un CARRÉ : ABCD est un carré. Attention à ne pas comparer AB et CD, qui sont opposés et donc automatiquement égaux dans tout parallélogramme : cela ne prouverait rien.
d)
Dans le triangle ABC : AB2+BC2=52+52=104 et AC2=104. L'égalité de Pythagore est vérifiée, donc par sa RÉCIPROQUE le triangle ABC est rectangle en B. Le losange ABCD possède donc un angle droit, ce qui suffit à en faire un carré. Cette seconde voie est plus économique que la première : elle n'utilise qu'une seule diagonale, au carré, et travailler sur les CARRÉS des longueurs évite tout radical. C'est en général la rédaction la plus rapide pour déterminer la nature d'un quadrilatère.
e)
Le symétrique de A par rapport à Ω est le point A′ tel que Ω soit le milieu de [AA′], donc xA′=2×1−(−4)=6 et yA′=2×0−1=−1 : c'est le point C. Ce n'est pas un hasard : le centre d'un parallélogramme est le milieu de la diagonale [AC], donc A et C sont par construction symétriques par rapport à lui, et de même pour B et D. On dit que Ω est le centre de symétrie du parallélogramme, et cette propriété caractérise les parallélogrammes parmi les quadrilatères.
Exercice 8 : Position relative de trois droites
On considère les droites d1:x−3y+5=0, d2:2x+y−4=0 et d3:2x−6y+1=0.
a) Déterminez les coordonnées du point d'intersection de d1 et d2.
b) Étudiez la position relative de d1 et d3.
c) Le point R(1;2) appartient-il à d3 ?
d) Existe-t-il un point appartenant simultanément aux trois droites ? Justifiez sans calcul supplémentaire.
e) Comment faudrait-il modifier la constante de d3 pour que les trois droites soient concourantes ? Commentez le résultat.
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Réponses
a)R(1;2)
b)Strictement parallèles
c)Non (−9=0)
d)Non
e)c=10 : d3 confondue avec d1, donc jamais concourantes en restant strictement parallèle
a)
On résout le système. De d2 on tire y=4−2x, que l'on reporte dans d1 : x−3(4−2x)+5=x−12+6x+5=7x−7=0, donc x=1, puis y=4−2×1=2. Le point d'intersection est R(1;2). Vérification dans les deux équations : 1−6+5=0 ✓ et 2+2−4=0 ✓.
b)
d1 a pour vecteur directeur u(3;1), lu comme (−b;a) à partir de x−3y+5=0, et d3 a pour vecteur directeur w(6;2). Déterminant : 3×2−1×6=0, donc les droites sont PARALLÈLES. Reste à savoir si elles sont confondues ou strictement parallèles : en multipliant l'équation de d1 par 2 on obtient 2x−6y+10=0, à comparer à 2x−6y+1=0. Les premiers membres coïncident mais pas les constantes, 10=1 : les droites sont donc STRICTEMENT parallèles. Cette seconde étape est obligatoire, un déterminant nul ne distinguant pas les deux cas.
c)
2×1−6×2+1=2−12+1=−9, qui n'est pas nul : le point R n'appartient pas à d3. Cohérent avec la question b), puisque R est sur d1 et que d1 et d3 n'ont aucun point commun.
d)
Non, aucun point n'appartient aux trois droites. Le raisonnement se fait en une ligne, sans nouveau calcul : le seul point commun à d1 et d2 est R, établi en a) ; or la question c) montre que R n'est pas sur d3. Un point commun aux trois devrait en particulier être commun à d1 et d2, donc être R, ce qui est exclu. Il n'y a pas de triangle pour autant : d1 et d3 sont strictement parallèles, et d2 les coupe en deux points distincts.
e)
Il faut et il suffit que d3 passe par R(1;2), tout en gardant les mêmes coefficients 2 et −6 pour rester parallèle à d1. On écrit 2×1−6×2+c=0, soit 2−12+c=0, donc c=10. L'équation devient 2x−6y+10=0, c'est-à-dire exactement le double de celle de d1 : la droite serait alors CONFONDUE avec d1. C'est la seule possibilité, et elle est instructive : une droite parallèle à d1 et passant par un point de d1 ne peut être que d1 elle-même. Autrement dit, tant que d3 reste strictement parallèle à d1, aucun choix de constante ne permet aux trois droites d'être concourantes.
Exercice 9 : La droite des milieux, démontrée vectoriellement
ABC est un triangle quelconque. On note I le milieu de [AB] et J le milieu de [AC].
Les questions a) à c) se démontrent sans coordonnées, uniquement avec la relation de Chasles.
La figure ci-dessous est un schéma sans repère.
a) Exprimez IA en fonction de AB, puis AJ en fonction de AC.
b) En décomposant IJ avec la relation de Chasles, démontrez que IJ=21BC.
c) Quelles deux propriétés géométriques de la droite des milieux ce résultat démontre-t-il d'un seul coup ?
d) Vérifiez le résultat sur l'exemple A(−4,1), B(2,5), C(6,−1).
e) La démonstration suppose-t-elle quelque chose sur la forme du triangle ? Que se passe-t-il si A, B et C sont alignés ?
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Réponses
a)IA=−21AB, AJ=21AC
b)IJ=21(AC−AB)=21BC
c)(IJ)∥(BC) et IJ=21BC
d)IJ(2;−3)=21BC
e)Aucune hypothèse, vrai même pour trois points alignés
a)
I est le milieu de [AB] donc AI=21AB, d'où en changeant de sens IA=−21AB. De même J est le milieu de [AC] donc AJ=21AC. Noter que IA et AI sont opposés : c'est ce changement de signe qui rendra la chaîne de Chasles utilisable.
b)
On insère le point A comme intermédiaire, ce qui est le seul point commun aux deux hypothèses : IJ=IA+AJ=−21AB+21AC=21(AC−AB). Or AC−AB=BA+AC=BC, en réutilisant la règle établie à l'exercice 2. Donc IJ=21BC. Le point de méthode central est le choix du point d'insertion : passer par A fait apparaître exactement les deux vecteurs dont on connaît l'expression.
c)
L'égalité IJ=21BC contient DEUX informations d'un seul coup. D'une part les deux vecteurs sont colinéaires, ce qui signifie que la droite (IJ) est PARALLÈLE à (BC). D'autre part le coefficient 21 donne l'égalité des longueurs IJ=21BC. Ce sont précisément les deux énoncés du théorème de la droite des milieux, vus en Quatrième et démontrés ici en trois lignes. C'est l'intérêt du calcul vectoriel : une seule égalité porte à la fois la direction et la longueur, là où la géométrie classique demandait deux théorèmes distincts.
d)
I milieu de [AB] donne I(2−4+2;21+5)=(−1;3), et J milieu de [AC] donne J(2−4+6;21−1)=(1;0). Donc IJ(1−(−1);0−3)=(2;−3). Par ailleurs BC(6−2;−1−5)=(4;−6), dont la moitié vaut (2;−3) ✓. L'égalité est vérifiée sur cet exemple.
e)
Non, la démonstration ne suppose rien du triangle : elle n'utilise que la définition d'un milieu et la relation de Chasles, toutes deux valables pour trois points quelconques. Elle reste même vraie si les points A, B et C sont ALIGNÉS, cas où le triangle est aplati et où la figure perd son sens, mais où l'égalité vectorielle continue de tenir. C'est un avantage décisif du calcul vectoriel sur le raisonnement figural : il ne dépend d'aucun dessin, donc d'aucun cas particulier oublié. Une démonstration lue sur une figure ne couvre que la configuration dessinée, alors que la chaîne de Chasles les couvre toutes à la fois.
Exercice 10 : Recherche d'un paramètre
Le plan est muni d'un repère orthonormé. Dans chaque question, k désigne un nombre réel. Pensez à chercher toutes les valeurs possibles.
a) Déterminez k pour que les points A(1,2), B(4,−1) et M(k,k+3) soient alignés.
b) Déterminez toutes les valeurs de k pour lesquelles u(k,2) et v(8,k) sont colinéaires.
c) Déterminez toutes les valeurs de k pour lesquelles p(k−1,3) et q(2,k) sont colinéaires. Vous pourrez utiliser l'égalité k2−k−6=(k−3)(k+2), à vérifier en développant.
d) Un élève répond k=4 à la question b). Qu'a-t-il oublié ?
e) Déterminez toutes les valeurs de k pour lesquelles a(k,1) et b(1,k) sont colinéaires.
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Réponses
a)k=0
b)k=−4 ou k=4
c)k=−2 ou k=3
d)Il oublie k=−4
e)k=−1 ou k=1
a)
AB(4−1;−1−2)=(3;−3) et AM(k−1;k+3−2)=(k−1;k+1). L'alignement équivaut à un déterminant nul : 3(k+1)−(−3)(k−1)=3k+3+3k−3=6k. Il s'annule pour k=0, ce qui donne M(0;3). Vérification : AM(−1;1), et le déterminant avec (3;−3) vaut 3×1−(−3)×(−1)=3−3=0 ✓. Noter que l'équation obtenue est du premier degré, d'où une solution unique : c'est le cas général quand le paramètre n'apparaît qu'au degré 1.
b)
Déterminant : k×k−2×8=k2−16. Il s'annule pour k2=16, c'est-à-dire k=4 OU k=−4. Vérification des deux : pour k=4, u(4;2) et v(8;4) avec v=2u ✓ ; pour k=−4, u(−4;2) et v(8;−4) avec v=−2u ✓. Les deux valeurs conviennent, avec des sens opposés.
c)
Déterminant : (k−1)×k−3×2=k2−k−6. En développant, (k−3)(k+2)=k2+2k−3k−6=k2−k−6 : l'équation-produit (k−3)(k+2)=0 donne k=3 ou k=−2. Sans cette égalité donnée, il faudrait la forme canonique ou le discriminant, vus en Première spécialité. Vérification pour k=3 : p(2;3) et q(2;3), effectivement colinéaires et même égaux ✓. Pour k=−2 : p(−3;3) et q(2;−2), et le déterminant vaut (−3)(−2)−3×2=6−6=0 ✓.
d)
Il a oublié la solution négative. De k2=16 on déduit k=4 ou k=−4, car deux nombres opposés ont le même carré : une équation du type k2=a avec a>0 a TOUJOURS deux solutions opposées. L'erreur vient d'une confusion avec la racine carrée, qui ne désigne, elle, que la valeur positive. Réflexe de contrôle : quand le déterminant fait apparaître un k2, on doit s'attendre à deux valeurs, et n'en trouver qu'une doit alerter.
e)
Avec a(k;1) et b(1;k), le déterminant vaut k×k−1×1=k2−1, nul pour k=1 ou k=−1. Pour k=1 les deux vecteurs valent (1;1) et sont égaux ; pour k=−1 ils valent (−1;1) et (1;−1), opposés. Dans les deux cas la colinéarité est bien réalisée, et l'on retrouve la structure des questions b) et c) : quand le paramètre figure dans les deux vecteurs, le déterminant est souvent du second degré, et peut alors donner deux valeurs, une seule ou aucune.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Points définis par une relation vectorielle
Dans un repère orthonormé, on donne A(1;2), B(4;3) et C(2;−1).
Pour trouver un point défini par une égalité vectorielle, on se ramène toujours à un vecteur qui PART d'un point connu : AM=w donne M en ajoutant les coordonnées de w à celles de A.
a) Calculez les coordonnées de AB et de AC.
b) Déterminez les coordonnées du point M tel que AM=2AB−AC.
c) Déterminez les coordonnées du point N tel que NA+NB=0. Que représente N ?
d) Le centre de gravité G du triangle vérifie GA+GB+GC=0. Montrez que AG=31(AB+AC) et déduisez-en les coordonnées de G.
e) On note I le milieu de [BC]. Trouvez le réel k tel que AG=kAI et interprétez.
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Réponses
a)AB(3;1), AC(1;−3)
b)M(6;7)
c)N(2,5;2,5), milieu de [AB]
d)G(37;34)
e)k=32
a)
AB(4−1;3−2)=(3;1) et AC(2−1;−1−2)=(1;−3).
b)
2AB−AC a pour coordonnées (6−1;2−(−3))=(5;5). Comme AM(xM−1;yM−2), on obtient xM−1=5 et yM−2=5, donc M(6;7). L'erreur classique est d'oublier d'ajouter les coordonnées de A et de répondre M(5;5) : ce sont les coordonnées du VECTEUR, pas celles du point.
c)
NA+NB=0 signifie NA=−NB : les deux vecteurs issus de N ont même longueur et des sens opposés, donc N est le MILIEU de [AB]. Par coordonnées : (1−x)+(4−x)=0 et (2−y)+(3−y)=0, soit x=2,5 et y=2,5. Donc N(2,5;2,5), qui est bien (21+4;22+3) ✓.
d)
On fait passer chaque vecteur par A avec la relation de Chasles : GB=GA+AB et GC=GA+AC. La somme devient 3GA+AB+AC=0, donc AG=31(AB+AC). Coordonnées : AB+AC=(4;−2), donc AG(34;−32) et G(1+34;2−32)=(37;34). Contrôle : ce sont les MOYENNES des coordonnées des trois sommets, 31+4+2 et 32+3−1 ✓.
e)
I(24+2;23−1)=(3;1) et AI(2;−1). Or AG(34;−32)=32(2;−1), donc k=32. Interprétation : G est sur la médiane [AI], aux deux tiers en partant du sommet. C'est la propriété classique du centre de gravité, démontrée ici par le calcul, un approfondissement possible du programme de Seconde.
Le fil : une relation vectorielle se transforme par Chasles jusqu'à isoler un vecteur qui part d'un point connu, puis on lit les coordonnées. Le vecteur et le point ont des coordonnées DIFFÉRENTES tant que le point de départ n'est pas l'origine.
Exercice 12 : Nature d'un triangle par les distances
Dans un repère ORTHONORMÉ, on donne A(1;1), B(5;3) et C(3;7).
La formule de distance AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2 n'est valable que dans un repère orthonormé. Pour comparer des longueurs, on travaille sur leurs CARRÉS, ce qui évite tout radical.
a) Calculez AB2, BC2 et AC2.
b) Déterminez la nature précise du triangle ABC.
c) Déterminez le centre et le rayon du cercle circonscrit au triangle ABC.
d) Déterminez les coordonnées du point D tel que ABCD soit un parallélogramme. Quelle est la nature de ABCD ?
AB2=BC2, donc AB=BC : le triangle est ISOCÈLE en B. De plus AB2+BC2=20+20=40=AC2 : par la RÉCIPROQUE du théorème de Pythagore, il est rectangle en B. Le triangle ABC est donc rectangle isocèle en B. On cite la réciproque, et non le théorème lui-même : c'est l'égalité des carrés qui prouve l'angle droit.
c)
Le centre du cercle circonscrit à un triangle rectangle est le MILIEU de l'hypoténuse, ici [AC] : (21+3;21+7)=(2;4). Le rayon est la moitié de AC=40=210, soit 10≈3,16. Contrôle : la distance du centre à B vaut (5−2)2+(3−4)2=10 ✓.
d)
ABCD est un parallélogramme lorsque AB=DC : (4;2)=(3−xD;7−yD), donc D(−1;5). Ce parallélogramme a un angle droit en B et deux côtés consécutifs égaux, AB=BC : c'est un CARRÉ.
e)
Dans un triangle rectangle, les deux côtés de l'angle droit sont base et hauteur : aire =2AB×BC=220×20=220=10 unités d'aire. Aucun radical ne subsiste, parce que 20×20=20.
Méthode à retenir : pour la nature d'un triangle, on calcule les trois carrés de longueurs, on compare deux à deux pour l'isocèle, et l'on teste l'égalité de Pythagore avec le plus grand pour l'angle droit.
Exercice 13 : Droites parallèles, droite verticale et appartenance
Une droite non verticale a une équation réduite y=mx+p, où m est le coefficient directeur et p l'ordonnée à l'origine. Deux droites non verticales sont parallèles si et seulement si elles ont le même coefficient directeur.
a) Déterminez l'équation réduite de la droite d passant par A(2;−1) et de coefficient directeur 3.
b) Déterminez l'équation réduite de la droite d′ parallèle à d et passant par B(−1;4).
c) Donnez une équation de la droite verticale passant par C(5;2). A-t-elle une équation réduite de la forme y=mx+p ?
d) Les points E(4;5) et F(−2;−12) appartiennent-ils à d ?
e) Déterminez l'équation réduite de la droite (GH) avec G(1;4) et H(3;−2), puis le point d'intersection de (GH) et de d.
Voir la correction
Réponses
a)y=3x−7
b)y=3x+7
c)x=5, pas d'équation réduite
d)E∈d, F∈/d
e)(GH) : y=−3x+7 ; intersection (37;0)
a)
d a une équation y=3x+p. Elle passe par A, donc −1=3×2+p, soit p=−7. Équation : y=3x−7. Contrôle : 3×2−7=−1 ✓.
b)
Parallèle à d : même coefficient directeur, donc y=3x+p′. Avec B : 4=3×(−1)+p′, soit p′=7. Équation : y=3x+7. Seule l'ordonnée à l'origine change ; garder aussi p=−7 donnerait la droite d elle-même, qui ne passe pas par B.
c)
Tous les points de cette droite ont pour abscisse 5 : son équation est x=5. Elle n'a PAS d'équation réduite y=mx+p, car à l'abscisse 5 correspondent une infinité d'ordonnées : y n'est pas fonction de x, et le « coefficient directeur » demanderait de diviser par 0.
d)
Pour E : 3×4−7=5, qui est bien l'ordonnée de E, donc E∈d. Pour F : 3×(−2)−7=−13=−12, donc F∈/d. Un point appartient à une droite si et seulement si ses coordonnées vérifient exactement l'équation.
e)
Coefficient directeur : m=xH−xGyH−yG=3−1−2−4=−3. Avec G : 4=−3×1+p, donc p=7, et (GH) : y=−3x+7. Contrôle avec H : −9+7=−2 ✓. Intersection avec d : 3x−7=−3x+7, donc 6x=14, x=37, et y=3×37−7=0. Le point d'intersection est (37;0), sur l'axe des abscisses. Les coefficients directeurs 3 et −3 diffèrent, ce qui garantissait l'existence de ce point unique.
Le point de méthode : on trouve toujours m en premier, par la donnée d'un coefficient, d'une parallèle ou de deux points, puis p en écrivant qu'un point connu est sur la droite, et l'on contrôle avec un deuxième point.
Exercice 14 : Problème : un bateau dans le courant
Un bateau quitte le port O(0;0) dans un repère orthonormé gradué en kilomètres. En une heure, ses moteurs le déplacent du vecteur u(4;3). Un courant marin ajoute, en une heure, le déplacement c(1;−2).
On admet que ces deux déplacements s'ajoutent et restent constants.
a) Quel est le vecteur déplacement réel du bateau en une heure ?
b) Où se trouve le bateau au bout de 3 heures ?
c) À quelle distance du port est-il alors ? Arrondissez au centième de kilomètre.
d) Un phare est situé en P(20;4). Le bateau passera-t-il par le phare en gardant son cap ? Si oui, au bout de combien d'heures ?
e) Le lendemain, avec le même courant, on veut rejoindre en ligne droite l'île I(12;9) en exactement 3 heures. Quel vecteur w les moteurs doivent-ils produire chaque heure ? Quelle est la norme de ce vecteur, au centième ?
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Réponses
a)(5;1)
b)(15;3)
c)234≈15,30 km
d)Oui, au bout de 4 heures
e)w(3;5), norme 34≈5,83
a)
Les deux déplacements s'additionnent : u+c=(4+1;3−2)=(5;1). Le bateau avance de 5 km vers l'est et de 1 km vers le nord chaque heure.
b)
En trois heures, le déplacement total est 3(u+c)=(15;3). Partant de l'origine, le bateau est au point (15;3). Sans courant, il serait en (12;9) : le courant l'a fait dériver de 3 km vers l'est et de 6 km vers le sud.
c)
Distance au port : 152+32=225+9=234≈15,30 km. On ne fait pas 3×5 : la distance parcourue en une heure vaut 26≈5,10 km, pas 5.
d)
Le bateau reste sur la droite passant par O et dirigée par (5;1). Le phare est sur cette droite si OP(20;4) est colinéaire à (5;1) : déterminant 20×1−4×5=0 ✓. Comme (20;4)=4×(5;1), le bateau passe par le phare au bout de 4 heures.
e)
Pour rejoindre I en 3 heures, le déplacement réel doit être 31OI=(4;3) par heure. Or déplacement réel =w+c, donc w=(4;3)−(1;−2)=(3;5). Les moteurs doivent viser un point PLUS au nord que l'île pour compenser le courant. Norme : 9+25=34≈5,83 km par heure. Contrôle : 3×((3;5)+(1;−2))=(12;9) ✓.
Ce problème est la version concrète de la somme de deux vecteurs : on additionne des déplacements, on multiplie par un nombre pour répéter, et la colinéarité dit si l'on reste sur une ligne droite.
Exercice 15 : Problème : une antenne à égale distance de trois villages
Trois villages sont repérés dans un repère orthonormé gradué en kilomètres : A(0;0), B(8;0) et C(2;6). On veut installer une antenne en un point M(x;y) situé à la même distance des trois villages.
On travaille sur les carrés des distances : MA=MB équivaut à MA2=MB2 puisque les distances sont positives.
a) Écrivez l'égalité MA2=MB2 et montrez qu'elle équivaut à x=4.
b) Écrivez l'égalité MA2=MC2 et déduisez-en y.
c) Donnez les coordonnées de M et la distance de l'antenne à chaque village, au centième.
d) Que représente le point M pour le triangle ABC ?
e) L'antenne a une portée de 4,5 km. Un quatrième village situé en D(6;6) est-il couvert ?
Voir la correction
Réponses
a)x=4
b)4x+12y=40, y=2
c)M(4;2), à 20≈4,47 km
d)Centre du cercle circonscrit
e)MD=20≈4,47 km : couvert
a)
MA2=x2+y2 et MB2=(x−8)2+y2=x2−16x+64+y2. L'égalité donne 0=−16x+64, soit x=4. Les termes x2 et y2 s'éliminent : l'équation, en apparence du second degré, est du premier degré. Géométriquement, les points équidistants de A et B forment la médiatrice de [AB], la droite verticale x=4.
b)
MC2=(x−2)2+(y−6)2=x2−4x+4+y2−12y+36. L'égalité avec x2+y2 donne 0=−4x−12y+40, soit 4x+12y=40. Avec x=4 : 12y=24, donc y=2.
c)
M(4;2). Distances : MA=16+4=20, MB=16+4=20, MC=4+16=20 ✓. L'antenne est à 20=25≈4,47 km de chaque village.
d)
M est équidistant des trois sommets : c'est le CENTRE DU CERCLE CIRCONSCRIT au triangle ABC, intersection des médiatrices. Les questions a) et b) ont écrit deux médiatrices, et M est leur point commun.
e)
MD2=(6−4)2+(6−2)2=4+16=20, donc MD=20≈4,47 km, inférieur à 4,5 km : le village D est couvert, de justesse. Il se trouve d'ailleurs exactement sur le cercle circonscrit, à la même distance que les trois autres.
Le fil : une condition d'égalité de distances se traduit par une égalité de CARRÉS, et les termes du second degré disparaissent toujours. C'est ce qui rend la recherche du centre du cercle circonscrit accessible en Seconde.
Partie D : programme 2026 (/10)
Exercice 16 : Décomposer un vecteur, et le milieu en version vectorielle
Le programme 2026 ajoute deux outils. Premier outil : si u et v ne sont PAS colinéaires, tout vecteur w du plan s'écrit d'une seule façon w=au+bv, avec a et b réels. Second outil : I est le milieu de [AB] si et seulement si AI=IB.
Sur le quadrillage ci-dessous, dans un repère d'origine O, sont représentés u(3;1), v(−1;2) et un troisième vecteur w.
a) Lisez les coordonnées de w. En suivant les lignes du quadrillage, trouvez les réels a et b tels que w=au+bv, puis vérifiez par les coordonnées.
b) Calculez le déterminant de u et v. Déterminez ensuite, par le calcul, les réels a et b tels que t=au+bv, où t(−5;3).
c) On remplace v par s(−6;−2). Peut-on encore écrire t sous la forme au+bs ? Justifiez.
d) Soit I le milieu d'un segment [AB]. Justifiez que IA+IB=0 et que AI=21AB, puis démontrez que pour tout point M du plan, MA+MB=2MI.
e) ABCD est un quadrilatère quelconque, I est le milieu de sa diagonale [AC] et J le milieu de sa diagonale [BD]. En appliquant d) avec M=J, démontrez que AB+CD=2IJ. Déduisez-en que ABCD est un parallélogramme si et seulement si ses diagonales ont le même milieu.
f) Vérifiez l'égalité de e) avec A(−3;−1), B(3;−2), C(4;3) et D(−1;4) : calculez les coordonnées de I, de J, de AB+CD et de IJ.
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Réponses
a)w(5;4)=2u+v
b)det(u,v)=7 ; t=−u+2v
c)Non : s=−2u, et t n'est pas colinéaire à u
d)MA+MB=2MI+IA+IB=2MI
e)AB+CD=2IJ ; parallélogramme si et seulement si I=J
f)I(0,5;1), J(1;1), AB+CD=(1;0)=2IJ
a)
On lit w(5;4) : la flèche part de O et arrive au nœud (5;4). Pour décomposer, on cherche un chemin qui n'utilise QUE des déplacements parallèles à u et à v : deux fois u, de O jusqu'au point (6;2), puis une fois v, de (6;2) jusqu'à (5;4). Donc w=2u+v, avec a=2 et b=1. Vérification par les coordonnées : 2u+v a pour coordonnées (2×3−1;2×1+2)=(5;4) ✓. La figure de la correction montre ce chemin : w est la diagonale du parallélogramme construit sur 2u et v, et prendre v d'abord, puis 2u, mène au même point.
b)
det(u,v)=3×2−1×(−1)=6+1=7. Il n'est pas nul, donc u et v ne sont pas colinéaires : l'écriture cherchée existe, et elle est unique. On égale les coordonnées de au+bv, soit (3a−b;a+2b), à celles de t : 3a−b=−5 et a+2b=3. La première donne b=3a+5 ; en remplaçant, a+6a+10=3, donc 7a=−7, a=−1, puis b=2. Ainsi t=−u+2v. Contrôle obligatoire, sur les DEUX coordonnées : −u+2v=(−3−2;−1+4)=(−5;3) ✓. Le 7 du déterminant réapparaît dans la résolution, 7a=−7 : c'est lui qui divise, et c'est pourquoi un déterminant nul rend la décomposition impossible.
c)
s(−6;−2)=−2u : s et u sont colinéaires, leur déterminant 3×(−2)−1×(−6) est nul. Alors, pour tous réels a et b, au+bs=(a−2b)u est TOUJOURS colinéaire à u. Or det(u,t)=3×3−1×(−5)=14=0 : t n'est pas colinéaire à u, et l'écriture est impossible. Deux vecteurs colinéaires ne décrivent qu'une seule direction, ils n'atteignent que les vecteurs de cette direction : l'hypothèse « non colinéaires » n'est pas une précaution de rédaction, c'est la condition même de l'existence.
d)
I milieu de [AB] signifie que AI et IB ont même direction, même sens et même longueur, donc AI=IB. Alors IA+IB=IA+AI=II=0 par la relation de Chasles, et AB=AI+IB=2AI, d'où AI=21AB. Pour un point M quelconque, on insère I par Chasles dans chaque vecteur : MA+MB=(MI+IA)+(MI+IB)=2MI+(IA+IB)=2MI. Le geste à retenir est d'introduire le MILIEU dans les deux vecteurs, pour faire apparaître la somme nulle IA+IB. Le piège est d'écrire MA+MB=AB comme pour un chemin : les deux vecteurs partent du MÊME point M, ils ne se mettent pas bout à bout.
e)
On insère J dans les deux vecteurs : AB+CD=(AJ+JB)+(CJ+JD)=(AJ+CJ)+(JB+JD). Comme J est le milieu de [BD], JB+JD=0. Comme I est le milieu de [AC], la question d) avec M=J donne JA+JC=2JI, donc AJ+CJ=−2JI=2IJ. Finalement AB+CD=2IJ. Or ABCD est un parallélogramme si et seulement si AB=DC, c'est-à-dire AB+CD=0, soit IJ=0, soit I=J : les diagonales ont le même milieu. On vient de démontrer, sans aucune coordonnée, la propriété des diagonales utilisée depuis le collège, et dans les DEUX sens à la fois.
f)
I, milieu de [AC] : (2−3+4;2−1+3)=(0,5;1). J, milieu de [BD] : (23−1;2−2+4)=(1;1). On a AB(6;−1) et CD(−5;1), donc AB+CD=(1;0) ; et IJ(0,5;0), donc 2IJ=(1;0) ✓. Comme I=J, ce quadrilatère n'est pas un parallélogramme, ce que confirme DC(5;−1)=AB. Une vérification numérique ne DÉMONTRE rien, elle contrôle : c'est la démonstration de e), valable pour tout quadrilatère, qui porte le résultat.
Le fil de la partie : un vecteur se DÉCOMPOSE sur deux directions non colinéaires, comme un déplacement sur un quadrillage oblique, et un milieu se TRADUIT par une somme nulle, IA+IB=0, qu'on fait apparaître en insérant le milieu par la relation de Chasles.
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