Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : le produit scalaire (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur le produit scalaire, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Tout le chapitre tient dans une idée : le produit scalaire a plusieurs expressions équivalentes, et savoir choisir la bonne selon les données de l'énoncé est ce qui sépare une copie rapide d'une copie bloquée.
Rappel de cours
•Avec les normes et l'angle : u⋅v=∥u∥×∥v∥×cos(θ).
•Avec les coordonnées dans un repère orthonormé : u⋅v=xx′+yy′.
•Avec les normes seules : u⋅v=21(∥u+v∥2−∥u∥2−∥v∥2).
•Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul.
•Al-Kashi : BC2=AB2+AC2−2×AB×AC×cos(A). Le théorème de Pythagore en est le cas particulier A=90∘.
•Théorème de la médiane : si I est le milieu de [AB], alors MA2+MB2=2MI2+2AB2.
•Le cercle de diamètre [AB] est l'ensemble des points M tels que MA⋅MB=0.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Produit scalaire et coordonnées
Le plan est muni d'un repère orthonormé. On donne u(3,−2), v(4,6), w(1,5) et t(−2,3).
a) Calculez u⋅v. Que peut-on en conclure ?
b) Calculez w⋅t.
c) Calculez les normes ∥w∥ et ∥t∥.
d) Déduisez-en une valeur exacte du cosinus de l'angle entre w et t, puis la mesure de cet angle en degrés.
Voir la correction
a) u⋅v=3×4+(−2)×6=12−12=0. Les deux vecteurs sont donc orthogonaux.
b) w⋅t=1×(−2)+5×3=−2+15=13.
c) ∥w∥=1+25=26 et ∥t∥=4+9=13.
d) cos(θ)=26×1313=33813=13213=21=22. L'angle mesure donc exactement 45∘.
Exercice 2 : Produit scalaire, normes et angle
On utilise ici l'expression u⋅v=∥u∥×∥v∥×cos(θ), où θ désigne l'angle entre les deux vecteurs.
a) ∥u∥=5, ∥v∥=3 et θ=60∘. Calculez u⋅v.
b) Mêmes normes, mais θ=120∘. Calculez u⋅v et commentez le signe.
c) Mêmes normes, mais θ=90∘. Que vaut le produit scalaire ?
d) On sait que ∥u∥=4, ∥v∥=6 et u⋅v=−12. Déterminez θ.
e) Un élève affirme que ∥u∥=3, ∥v∥=4 et u⋅v=20 est possible. Réfutez.
Voir la correction
a) u⋅v=5×3×cos(60∘)=15×21=7,5.
b) cos(120∘)=−21, donc u⋅v=−7,5. Le produit scalaire est négatif parce que l'angle est obtus : les deux vecteurs pointent globalement en sens opposés.
c) cos(90∘)=0, donc le produit scalaire est nul : c'est le cas d'orthogonalité.
d) cos(θ)=4×6−12=−21, donc θ=120∘.
e) Impossible. Comme ∣cos(θ)∣≤1, on a toujours ∣u⋅v∣≤∥u∥×∥v∥, soit ici au plus 3×4=12. La valeur 20 dépasse ce maximum.
Exercice 3 : Développer avec le produit scalaire
On donne ∥u∥=3, ∥v∥=4 et u⋅v=5.
a) Développez ∥u+v∥2 en fonction de ∥u∥, ∥v∥ et u⋅v, puis calculez ∥u+v∥.
b) Faites de même pour ∥u−v∥.
c) Calculez (u+v)⋅(u−v) et exprimez le résultat en fonction des normes seules.
d) Retrouvez u⋅v à partir de ∥u+v∥, ∥u∥ et ∥v∥.
Voir la correction
a) ∥u+v∥2=∥u∥2+2u⋅v+∥v∥2=9+10+16=35, donc ∥u+v∥=35.
b) ∥u−v∥2=∥u∥2−2u⋅v+∥v∥2=9−10+16=15, donc ∥u−v∥=15.
c) (u+v)⋅(u−v)=∥u∥2−∥v∥2=9−16=−7. Les termes croisés se compensent, exactement comme dans l'identité (a+b)(a−b)=a2−b2.
d) u⋅v=21(∥u+v∥2−∥u∥2−∥v∥2)=21(35−9−16)=210=5. On retrouve bien la donnée de l'énoncé.
Exercice 4 : Projeté orthogonal
Dans un repère orthonormé, on donne A(1,2), B(5,4) et C(3,6).
On note H le projeté orthogonal de C sur la droite (AB).
a) Calculez les coordonnées de AB et AC, puis le produit scalaire AB⋅AC.
b) Calculez ∥AB∥.
c) Sachant que AH=∥AB∥2AB⋅ACAB, déterminez les coordonnées de H.
d) Vérifiez que HC est bien orthogonal à AB.
Voir la correction
a) AB(4,2) et AC(2,4). Donc AB⋅AC=4×2+2×4=8+8=16.
b) ∥AB∥=16+4=20=25.
c) ∥AB∥2=20, donc le coefficient vaut 2016=0,8. Ainsi AH=0,8×(4,2)=(3,2;1,6), d'où H(1+3,2;2+1,6)=(4,2;3,6).
d) HC=(3−4,2;6−3,6)=(−1,2;2,4). Le produit scalaire avec AB(4,2) vaut −1,2×4+2,4×2=−4,8+4,8=0 : les vecteurs sont bien orthogonaux.
Exercice 5 : Équations de cercles
Le plan est muni d'un repère orthonormé.
a) Déterminez une équation du cercle de centre Ω(2,−1) et de rayon 3, sous forme développée.
b) Le point P(5,−1) appartient-il à ce cercle ? Et le point Q(0,0) ?
c) On considère l'équation x2+y2−6x+4y+9=0. Montrez qu'il s'agit d'un cercle et donnez son centre et son rayon.
d) L'équation x2+y2−2x+4y+10=0 définit-elle un cercle ? Justifiez.
Voir la correction
a) (x−2)2+(y+1)2=9. En développant : x2−4x+4+y2+2y+1=9, soit x2+y2−4x+2y−4=0.
b) Pour P : 25+1−20−2−4=0, donc P appartient au cercle. Pour Q : 0+0−0+0−4=−4=0, donc Q n'y appartient pas.
c) On regroupe et on complète les carrés : x2−6x=(x−3)2−9 et y2+4y=(y+2)2−4. L'équation devient (x−3)2−9+(y+2)2−4+9=0, soit (x−3)2+(y+2)2=4. C'est le cercle de centre (3,−2) et de rayon 2.
d) x2−2x=(x−1)2−1 et y2+4y=(y+2)2−4. L'équation devient (x−1)2+(y+2)2=−5. Une somme de carrés ne peut pas être négative : aucun point ne convient, l'ensemble est vide. Ce n'est donc pas un cercle.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Résoudre un triangle avec Al-Kashi
Dans un triangle ABC, on donne AB=7, AC=5 et l'angle A=60∘.
a) Calculez BC2 à l'aide de la formule d'Al-Kashi, puis donnez BC en valeur exacte et arrondie au millième.
b) Calculez cos(B), puis la mesure de B arrondie au dixième de degré.
c) Déduisez-en C et vérifiez la somme des angles.
d) Le triangle est-il rectangle ? Justifiez.
Voir la correction
a) BC2=AB2+AC2−2×AB×AC×cos(60∘)=49+25−2×35×21=74−35=39. Donc BC=39≈6,245.
b) Al-Kashi appliqué à l'angle B : AC2=AB2+BC2−2×AB×BC×cos(B), soit 25=49+39−1439cos(B). On en tire cos(B)=143963≈0,7206, donc B≈43,9∘.
c) C=180∘−60∘−43,9∘≈76,1∘. On peut le confirmer par Al-Kashi : cos(C)=2×5×3925+39−49=103915≈0,2402, ce qui donne bien environ 76,1∘.
d) Non. Aucun angle ne vaut 90∘, et on le voit aussi sur les longueurs : le plus grand côté est AB=7, or AC2+BC2=25+39=64 alors que AB2=49. L'égalité de Pythagore n'est pas vérifiée.
Exercice 7 : Théorème de la médiane
Dans un repère orthonormé, on donne A(−2,1) et B(4,5). On note I le milieu de [AB] et M le point de coordonnées (5,−1).
a) Calculez les coordonnées de I et la longueur AB.
b) Calculez MA2, MB2 et MI2.
c) Vérifiez l'égalité MA2+MB2=2MI2+2AB2.
d) Déterminez l'ensemble des points N du plan tels que NA2+NB2=100. Précisez sa nature et ses éléments caractéristiques.
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a) I(2−2+4,21+5)=(1,3). AB(6,4) donc AB=36+16=52, et AB2=52.
b) MA2=(5+2)2+(−1−1)2=49+4=53. MB2=(5−4)2+(−1−5)2=1+36=37. MI2=(5−1)2+(−1−3)2=16+16=32.
c) Membre de gauche : 53+37=90. Membre de droite : 2×32+252=64+26=90. L'égalité est vérifiée.
d) D'après le théorème de la médiane, NA2+NB2=2NI2+26. L'équation devient 2NI2+26=100, soit NI2=37, donc NI=37. L'ensemble cherché est le cercle de centre I(1,3) et de rayon 37.
Exercice 8 : Un lieu géométrique
Dans un repère orthonormé, on donne A(−1,2) et B(5,4).
On cherche l'ensemble E des points M(x,y) du plan tels que MA⋅MB=0.
a) Exprimez les coordonnées de MA et MB en fonction de x et y.
b) Montrez que la condition s'écrit x2+y2−4x−6y+3=0.
c) Mettez cette équation sous forme canonique et identifiez E.
d) Retrouvez le résultat sans calcul, à l'aide d'une propriété du cours.
Voir la correction
a) MA(−1−x,2−y) et MB(5−x,4−y).
b) Le produit scalaire vaut (−1−x)(5−x)+(2−y)(4−y). On développe : (−1−x)(5−x)=−5+x−5x+x2=x2−4x−5 et (2−y)(4−y)=8−2y−4y+y2=y2−6y+8. La somme donne x2+y2−4x−6y+3, et la condition est bien que cette expression soit nulle.
c) x2−4x=(x−2)2−4 et y2−6y=(y−3)2−9. L'équation devient (x−2)2+(y−3)2−10=0, soit (x−2)2+(y−3)2=10. L'ensemble E est le cercle de centre (2,3) et de rayon 10.
d) Le cours dit que l'ensemble des points M tels que MA⋅MB=0 est le cercle de diamètre [AB]. Son centre est le milieu de [AB], soit (2,3), et son rayon vaut 2AB=236+4=240=10. On retrouve exactement le même cercle.
Exercice 9 : Les diagonales d'un losange
ABCD est un losange, c'est-à-dire un parallélogramme dont les quatre côtés ont la même longueur.
La démonstration de la question b) doit être menée vectoriellement, sans coordonnées.
a) Exprimez AC et BD en fonction de AB et AD.
b) Calculez AC⋅BD et démontrez que les diagonales d'un losange sont perpendiculaires.
c) Vérifiez ce résultat sur l'exemple A(0,0), B(4,3), C(8,0), D(4,−3), après avoir contrôlé qu'il s'agit bien d'un losange.
d) La réciproque est-elle vraie ? Un parallélogramme dont les diagonales sont perpendiculaires est-il nécessairement un losange ?
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a) Comme ABCD est un parallélogramme, AC=AB+AD. Par ailleurs BD=BA+AD=AD−AB.
b) AC⋅BD=(AB+AD)⋅(AD−AB)=∥AD∥2−∥AB∥2. Dans un losange les côtés sont de même longueur, donc ∥AD∥=∥AB∥ et le produit scalaire est nul : les diagonales sont perpendiculaires.
c) AB(4,3) de norme 5, BC(4,−3) de norme 5, CD(−4,−3) de norme 5, DA(−4,3) de norme 5 : c'est bien un losange. Ensuite AC(8,0) et BD(0,−6), dont le produit scalaire vaut 8×0+0×(−6)=0. Les diagonales sont bien perpendiculaires.
d) Oui. Le calcul de la question b) reste valable dans tout parallélogramme : AC⋅BD=∥AD∥2−∥AB∥2. Si ce produit est nul, alors ∥AD∥=∥AB∥, donc deux côtés consécutifs sont égaux, ce qui caractérise le losange. L'équivalence est donc complète.
Exercice 10 : Quatre pièges du produit scalaire
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Donnez un contre-exemple précis et corrigez.
a) « Si u⋅v=0, alors u=0 ou v=0. »
b) « Si u⋅v=u⋅w avec u non nul, alors v=w. »
c) « Le produit scalaire de deux vecteurs est toujours positif. »
d) « La formule d'Al-Kashi et le théorème de Pythagore sont deux résultats sans rapport. »
Voir la correction
a) Faux. Avec u(1,0) et v(0,1), le produit scalaire vaut 0 alors qu'aucun des deux n'est nul. Le produit scalaire n'est pas intègre : un produit scalaire nul signifie orthogonalité, pas nullité.
b) Faux. Avec u(1,0), v(1,5) et w(1,−3) : les deux produits scalaires valent 1, pourtant v=w. On ne peut pas simplifier par u. La conclusion correcte est que v−w est orthogonal à u.
c) Faux. Avec u(1,0) et v(−3,0), le produit vaut −3. Le signe du produit scalaire est celui du cosinus de l'angle : il est négatif dès que l'angle est obtus.
d) Faux. Pythagore est exactement le cas particulier d'Al-Kashi pour A=90∘ : le terme −2×AB×AC×cos(A) s'annule alors, et il reste BC2=AB2+AC2.
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