Spécialité maths, Première • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : le produit scalaire (Première spécialité)
Le produit scalaire est le premier outil du lycée qui relie l'algèbre et la géométrie : il transforme une question d'angle en un calcul de coordonnées, et une question de distance en un produit. Sa difficulté n'est pas technique, elle est de vocabulaire : c'est un nombre, pas un vecteur, et l'angle qu'il utilise n'est jamais celui qu'on croit.
Cette fiche ne redit pas les quatre formules du polycopié. Elle montre les huit endroits où les copies se trompent, la phrase exacte à recopier pour chacun, l'arbre qui dit quelle expression choisir selon les DONNÉES fournies, et un problème de triangle décortiqué étape par étape.
Elle suit le programme de Première en vigueur depuis la rentrée 2026, qui ajoute l'expression des coordonnées dans une base orthonormée par des produits scalaires et la transformation de MA⋅MB par le milieu de [AB].
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Le fil du chapitre
Le produit scalaire de deux vecteurs est un NOMBRE, et un nombre signé : c'est son signe qui dit si l'angle est aigu ou obtus, et son annulation qui dit l'orthogonalité. Toutes les erreurs du chapitre reviennent à le traiter comme un vecteur, ou à utiliser un angle dont les deux côtés ne partent pas du même point.
Quatre expressions du même nombre, et quand choisir laquelle
•Avec les normes et l'angle : u⋅v=∥u∥×∥v∥×cosθ, où θ est l'angle entre les deux vecteurs placés à la MÊME origine.
•Avec les coordonnées, dans un repère ORTHONORMÉ : u⋅v=xx′+yy′.
•Avec le projeté orthogonal : si H est le projeté de C sur la droite (AB), alors AB⋅AC=AB⋅AH, produit de deux mesures algébriques.
•Avec les normes seules : u⋅v=21(∥u+v∥2−∥u∥2−∥v∥2).
Le point H est le projeté orthogonal de C sur (AB) : le produit scalaire AB⋅AC ne dépend que de AH, la partie de AC qui va dans la direction de AB.
Le choix se fait sur les données : un angle donné appelle la première formule, des coordonnées la deuxième, une figure avec une hauteur la troisième. On ne convertit jamais des coordonnées en angle pour utiliser le cosinus.
Un nombre, et son signe a un sens
•u⋅v est un RÉEL : jamais de flèche sur le résultat, jamais de norme autour, jamais de coordonnées.
•u⋅v>0 : l'angle est aigu. u⋅v<0 : l'angle est obtus. u⋅v=0 : les vecteurs sont orthogonaux, ou l'un des deux est nul.
•u⋅u=∥u∥2, ce qui se note u2. C'est le pont entre produit scalaire et longueur.
•Deux vecteurs NON NULS sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul. La précision « non nuls » n'est pas décorative.
Le signe du produit scalaire se lit sur l'angle entre les vecteurs placés à la même origine : aigu, il est positif ; droit, il est nul ; obtus, il est négatif.
Le signe se contrôle sur la figure : si l'angle a l'air aigu et que le calcul donne un nombre négatif, c'est le calcul qui est faux, pas la figure.
Les règles de calcul, et celles qui n'existent pas
•Le produit scalaire est symétrique et se distribue : u⋅(v+w)=u⋅v+u⋅w, et (ku)⋅v=k(u⋅v).
•Identités remarquables vectorielles : ∥u+v∥2=∥u∥2+2u⋅v+∥v∥2, et de même avec un signe moins.
•Ce qui n'existe PAS : la division par un vecteur, la simplification u⋅v=u⋅w⇒v=w, et l'associativité (u⋅v)w=u(v⋅w).
•Ce qui n'existe pas non plus : ∥u+v∥=∥u∥+∥v∥. C'est faux dès que les deux vecteurs ne sont pas de même direction et de même sens.
Un produit scalaire nul ne permet jamais de « simplifier » : u⋅v=0 avec u=0 ne donne pas v=0, mais l'orthogonalité.
Al-Kashi, la médiane, et le cercle de diamètre donné
•Al-Kashi : BC2=AB2+AC2−2×AB×AC×cosA. L'angle est celui du sommet OPPOSÉ au côté cherché.
•Pythagore en est le cas particulier A=90∘, où le terme en cosinus disparaît.
•Médiane : si I est le milieu de [BC], alors AB2+AC2=2AI2+2BC2.
•Cercle de diamètre [AB] : c'est l'ensemble des points M tels que MA⋅MB=0. Son équation développée se ramène à (x−a)2+(y−b)2=r2 par complétion du carré.
Al-Kashi relie le côté [BC] (orange) à l'angle A du sommet qui lui fait face. La médiane [AI] (pointillés) aboutit au milieu I de ce même côté.
Al-Kashi ne sert qu'à deux choses : trouver un côté quand on connaît deux côtés et l'angle entre eux, ou trouver un angle quand on connaît les trois côtés. Dans les deux cas, l'angle et le côté qui se répondent sont opposés.
Coordonnées par produits scalaires, et MA·MB par le milieu
•Dans une base ORTHONORMÉE (e1,e2) : u=(u⋅e1)e1+(u⋅e2)e2. Chaque coordonnée est un produit scalaire, sans système à résoudre.
•La preuve tient en une ligne de bilinéarité : e1⋅e1=1 et e2⋅e1=0. Dans une base non orthonormée, la formule est FAUSSE.
•Si I est le milieu de [AB], alors pour tout point M : MA⋅MB=MI2−4AB2, car IB=−IA.
•Donc MA⋅MB=k équivaut à MI2=k+4AB2 : un cercle de centre I si ce nombre est positif, le point I s'il est nul, l'ensemble vide s'il est négatif.
Les pointillés projettent u sur chaque direction de la base : chaque projection mesure 5, exactement le produit scalaire avec le vecteur unitaire.
Exemple : e1(0,8;0,6), e2(−0,6;0,8) et u(1;7) donnent u⋅e1=5 et u⋅e2=5, donc u=5e1+5e2.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Mettre une flèche sur un produit scalaire
1 point, et toutes les questions suivantes deviennent incohérentes
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u⋅v=w, de coordonnées (3;5). »
Ce qu'il faut écrire
« u⋅v=3×2+5×(−1)=1. Le produit scalaire de deux vecteurs est un NOMBRE réel, il n'a ni direction ni coordonnées. »
Pourquoi : Le produit scalaire n'est pas une multiplication de vecteurs : c'est une opération qui prend deux vecteurs et rend un nombre. Une égalité entre un produit scalaire et un vecteur n'a aucun sens.
2.Prendre l'angle entre deux vecteurs qui ne partent pas du même point
toute la question : le résultat est l'opposé du bon
Ce qu'il ne faut pas écrire
« AB⋅BC=AB×BC×cosB, où B est l'angle du triangle en B. »
Ce qu'il faut écrire
« L'angle B du triangle est celui de BA et BC, donc BA⋅BC=BA×BC×cosB. Et comme AB=−BA, on a AB⋅BC=−BA⋅BC. »
Le petit arc, environ 56∘, est l'angle de AB prolongé et de BC; le grand, environ 124∘, celui de BA et de BC. Deux angles supplémentaires, deux produits scalaires opposés.
Pourquoi : L'angle d'un produit scalaire se lit entre deux vecteurs de MÊME ORIGINE. Changer le sens d'un vecteur remplace l'angle θ par π−θ, donc change le signe du cosinus, donc celui du produit scalaire.
3.Utiliser xx′+yy′ dans un repère qui n'est pas orthonormé
toute la question, et l'erreur est invisible sans relire l'énoncé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Dans le repère (A;AB;AC), u(2;1) et v(1;3) donnent u⋅v=2+3=5. »
Ce qu'il faut écrire
« La formule xx′+yy′ n'est valable que dans un repère ORTHONORMÉ. Ici il faut décomposer : u⋅v=(2AB+AC)⋅(AB+3AC), puis développer. »
Pourquoi : La formule des coordonnées suppose que les vecteurs de base sont orthogonaux et de norme 1. Dès que l'énoncé introduit un repère lié à une figure quelconque, il faut développer par bilinéarité.
4.Se tromper de signe ou d'angle dans Al-Kashi
toute la question, et le résultat est incompatible avec l'inégalité triangulaire
Ce qu'il ne faut pas écrire
« BC2=AB2+AC2+2×AB×AC×cosA. »
Ce qu'il faut écrire
« BC2=AB2+AC2−2×AB×AC×cosA : le signe est MOINS, et l'angle A est celui du sommet opposé au côté [BC]. »
Avec AB=3, AC=5 et A=60∘, le bon signe donne BC=19≈4,36 (vert). Le signe + calcule en fait le triangle d'angle 120∘ (rouge), où BC′=7.
Pourquoi : Le repère qui ne trompe pas : avec A=90∘, le cosinus est nul et la formule doit redonner exactement Pythagore. Un signe plus donnerait un BC toujours plus grand que l'hypoténuse.
5.Additionner les normes d'une somme de vecteurs
toute la question, et le résultat contredit le théorème de Pythagore
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ∥u+v∥=∥u∥+∥v∥, donc ∥u+v∥=3+4=7. »
Ce qu'il faut écrire
« ∥u+v∥2=∥u∥2+2u⋅v+∥v∥2. Avec u et v orthogonaux de normes 3 et 4 : ∥u+v∥2=9+0+16=25, donc la norme vaut 5. »
u et v orthogonaux, de normes 3 et 4 : u+v est l'hypoténuse d'un triangle rectangle, de norme 5. Les normes ne s'additionnent que pour deux vecteurs de même sens.
Pourquoi : La norme n'est pas linéaire. L'égalité n'a lieu que si les deux vecteurs sont colinéaires et de même sens; dans tous les autres cas, la somme des normes est strictement plus grande.
6.Simplifier une égalité de produits scalaires
toute la question, et la conclusion est en général fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u⋅v=u⋅w avec u=0, donc v=w. »
Ce qu'il faut écrire
« u⋅v=u⋅w donne u⋅(v−w)=0, donc u est orthogonal à v−w. On ne peut rien conclure de plus. »
v et w ont le même projeté H sur la direction de u, donc u⋅v=u⋅w, et pourtant v=w : seule leur différence est orthogonale à u.
Pourquoi : Le contre-exemple tient en deux lignes : avec u(1;0), v(2;5) et w(2;−7), les deux produits valent 2 et pourtant les vecteurs sont différents.
7.Lire le rayon d'un cercle sur le second membre sans prendre la racine
1 point, et la figure demandée ensuite est trois fois trop grande
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (x−1)2+(y+2)2=9 : le cercle a pour centre (1;−2) et pour rayon 9. »
Ce qu'il faut écrire
« Le second membre est r2, donc r=9=3 : le cercle a pour centre (1;−2) et pour rayon 3. »
Pourquoi : L'équation d'un cercle est une égalité de CARRÉS de distances. Le repère : le signe des coordonnées du centre est aussi l'opposé de celui qui apparaît dans la parenthèse.
8.Conclure qu'un vecteur est nul parce qu'un produit scalaire l'est
toute la question de lieu géométrique, qui vaut souvent 3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« MA⋅MB=0, donc MA=0 ou MB=0, donc M=A ou M=B. »
Ce qu'il faut écrire
« MA⋅MB=0 signifie que MA et MB sont ORTHOGONAUX, ou que l'un est nul. L'ensemble des points M qui conviennent est le cercle de diamètre [AB], qui contient A et B mais aussi une infinité d'autres points. »
Tous les points du cercle de diamètre [AB] voient [AB] sous un angle droit : le produit scalaire MA⋅MB y est nul sans qu'aucun des deux vecteurs ne le soit.
Pourquoi : La règle du produit nul vaut pour les nombres, pas pour le produit scalaire. Deux vecteurs non nuls peuvent parfaitement avoir un produit scalaire nul : c'est même la définition de l'orthogonalité.
9.Prendre un produit scalaire pour une coordonnée dans une base non orthonormée
toute la question, et les deux coordonnées sont fausses
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Dans la base (,f) avec f(1;1), u(2;6) a pour coordonnées u⋅=2 et u⋅f=8. »
Ce qu'il faut écrire
« La base n'est pas orthonormée : on résout u=x+yf, soit (x+y;y)=(2;6), donc y=6 et x=−4. »
On atteint u par −4 puis 6f : ses coordonnées sont (−4;6). Le produit scalaire u⋅=2 (rouge) est une projection, pas une coordonnée.
Pourquoi : La formule a=u⋅e1 utilise e1⋅e1=1 et e1⋅e2=0. Ici ∥f∥=2 et ⋅f=1 : les deux hypothèses manquent. On vérifie la base AVANT d'appliquer la formule.
10.Prendre la racine de k comme rayon de l'ensemble MA·MB = k
toute la question, et le cercle tracé ne passe par aucun point qui convient
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A(1;2), B(7;2) : l'ensemble des M tels que MA⋅MB=16 est le cercle de centre I(4;2) et de rayon 16=4. »
Ce qu'il faut écrire
« MA⋅MB=MI2−4AB2=MI2−9, donc la condition s'écrit MI2=25 : c'est le cercle de centre I(4;2) et de rayon 5. »
MA⋅MB=16 donne MI2=16+9=25 : cercle de centre I et de rayon 5 (vert). Le rayon 16=4 (rouge) oublie le terme 4AB2.
Pourquoi : Le produit scalaire n'est pas MI2 : il lui manque 4AB2. Contrôle : le point M(9;2), à distance 5 de I, donne MA⋅MB=(−8)×(−2)=16.
Quelle méthode choisir
Quelle expression du produit scalaire selon les données
On regarde ce que l'énoncé FOURNIT, pas ce qu'il demande. Chaque jeu de données appelle exactement une des quatre expressions.
Si des coordonnées, dans un repère orthonormé → xx′+yy′, sans détour par l'angle
Exemple : u(3;5) et v(2;−1) donnent 6−5=1
Si deux longueurs et l'angle entre les deux vecteurs → ∥u∥×∥v∥×cosθ, après avoir vérifié que les deux vecteurs partent du même point
Exemple : AB=5, AC=8, A=60∘ donnent AB⋅AC=20
Si une figure avec une hauteur, un pied de perpendiculaire, un projeté → formule du projeté orthogonal, en repérant d'abord quel point se projette sur quelle droite
Exemple : H projeté de C sur (AB) avec AB=6 et AH=4 donnent AB⋅AC=24
Si les trois longueurs d'un triangle, et l'énoncé demande un angle → Al-Kashi retourné : cosA=2×AB×ACAB2+AC2−BC2
Exemple : AB=5, BC=7, AC=8 donnent cosB=2×5×725+49−64=71
Si une médiane, ou un milieu, et des distances à calculer → théorème de la médiane, AB2+AC2=2AI2+2BC2
Il évite de calculer les coordonnées du milieu puis une distance, ce qui prend trois fois plus de temps.
Si des vecteurs exprimés dans une base non orthonormée liée à la figure → développer par bilinéarité, puis remplacer chaque produit scalaire de base par sa valeur
Exemple : (AB+AC)⋅AB=AB2+AC⋅AB
Si un vecteur à exprimer dans une base orthonormée autre que la base du repère → ses coordonnées sont u⋅e1 et u⋅e2, après avoir vérifié la base
Exemple : u(1;7) dans la base (0,8;0,6), (−0,6;0,8) : coordonnées (5;5)
Aucune branche ne s'applique ? Il manque une donnée, et elle se calcule presque toujours par la formule des normes : u⋅v=21(∥u+v∥2−∥u∥2−∥v∥2).
Quel outil selon le verbe de l'énoncé
Les questions du contrôle se ressemblent toutes. Le verbe désigne l'outil, et il n'y en a que six.
Si « montrer que deux droites sont perpendiculaires » → produit scalaire de deux vecteurs directeurs, et conclure qu'il est nul
Si « calculer une longueur » dans un triangle non rectangle → Al-Kashi, avec l'angle du sommet opposé au côté cherché
Si « calculer un angle » à partir des trois côtés → Al-Kashi retourné, puis la touche arccosinus de la calculatrice, en mode degré si l'énoncé est en degrés
Si « déterminer l'ensemble des points M tels que » → traduire la condition en produit scalaire, développer, et reconnaître une équation de droite ou de cercle
Exemple : MA⋅MB=0 donne le cercle de diamètre [AB]
Si « déterminer une équation du cercle », ou « préciser centre et rayon » → complétion du carré sur x puis sur y, et racine carrée du second membre pour le rayon
Si « montrer que le triangle est rectangle en A » → montrer que AB⋅AC=0, et non que BC2=AB2+AC2, qui est plus long
Les deux méthodes valent, mais la première tient en une ligne quand les coordonnées sont données.
Si « l'ensemble des points M tels que MA⋅MB=k », avec k non nul → introduire le milieu I de [AB] : MI2=k+4AB2, puis discuter le signe
Exemple : AB=6 et k=16 : MI2=25, cercle de centre I et de rayon 5
Le mot « conjecturer » n'appelle aucun calcul : il demande la figure et une phrase au conditionnel. C'est la question suivante qui demandera la démonstration.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre un triangle avec Al-Kashi
Quand l'utiliser : L'énoncé donne deux côtés et l'angle entre eux, ou les trois côtés, et demande la longueur ou l'angle manquant.
1Faire une figure à main levée et y placer les données. Elle sert de contrôle de vraisemblance à la fin.
2Repérer explicitement le sommet OPPOSÉ au côté cherché : c'est l'angle qui entre dans la formule.
3Écrire la formule littérale AVANT de remplacer, avec les bonnes lettres.
4Remplacer, calculer le carré, puis prendre la racine carrée en gardant une valeur exacte si elle existe.
5Vérifier l'inégalité triangulaire sur le résultat, et comparer à la figure.
Phrase de conclusion
D'après le théorème d'Al-Kashi, BC2=AB2+AC2−2×AB×AC×cosA=25+64−40=49, donc BC=7.
Le piège : Prendre la racine carrée avant d'avoir fini le calcul du second membre, ou l'oublier complètement et annoncer BC=49. La formule donne un CARRÉ, et le mot manquant vaut un demi-point.
Barème : 0,5 point pour la formule littérale, 1 point pour le calcul, 0,5 point pour la racine et la conclusion avec l'unité.
Déterminer un lieu géométrique
Quand l'utiliser : L'énoncé dit « déterminer l'ensemble des points M tels que », et donne une condition qui contient un produit scalaire ou des distances.
1Se placer dans un repère orthonormé, ou en introduire un adapté à la figure, et donner les coordonnées des points fixes.
2Poser M(x;y) et exprimer chaque vecteur en coordonnées.
3Traduire la condition en une équation en x et y, puis DÉVELOPPER complètement.
4Reconnaître la forme : si le degré est 1, c'est une droite; s'il y a x2+y2, c'est un cercle et on complète les carrés.
5Conclure en NOMMANT l'objet obtenu, avec son centre et son rayon s'il s'agit d'un cercle, et vérifier deux points particuliers.
Phrase de conclusion
L'ensemble cherché est le cercle de centre Ω(1;−2) et de rayon 3, c'est-à-dire le cercle de diamètre [AB].
Le piège : Arrêter la rédaction sur l'équation développée. Une question de lieu attend le NOM de l'objet, pas une équation : « c'est le cercle de centre ... et de rayon ... » est la phrase qui rapporte les points.
Barème : 0,5 point pour le repère et les coordonnées, 1 point pour la traduction, 1 point pour la complétion des carrés, 0,5 point pour la conclusion nommée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Confronter le signe du produit scalaire à la figure
Regarder l'angle sur le dessin : s'il paraît aigu, le produit scalaire doit être positif; s'il paraît obtus, négatif. Un désaccord signale presque toujours un vecteur pris à l'envers.
Un BA⋅BC trouvé positif alors que l'angle en B est visiblement obtus : c'est AB qui a été utilisé à la place de BA.
Contrôler une longueur par l'inégalité triangulaire
Le côté trouvé par Al-Kashi doit être inférieur à la somme des deux autres et supérieur à leur différence. Deux comparaisons, aucun calcul.
Un BC=11,4 trouvé pour AB=5 et AC=8 : c'est possible seulement si l'angle est obtus. Avec A=60∘, le résultat correct est 7.
Recalculer le produit scalaire par une autre expression
Quand les coordonnées ET les longueurs sont connues, calculer le produit scalaire des deux façons. Les deux résultats doivent coïncider.
u(3;4) et v(4;−3) : par les coordonnées 12−12=0, et les normes valent 5 chacune, donc l'angle est droit. Les deux lectures concordent.
Tester deux points sur l'équation d'un cercle trouvée
Remplacer x et y par les coordonnées de deux points qui doivent appartenir au cercle, en général A et B pour un cercle de diamètre [AB]. L'égalité doit être vérifiée exactement.
Pour le cercle de diamètre [AB] avec A(−2;−2) et B(4;−2), l'équation (x−1)2+(y+2)2=9 est vérifiée par les deux, donc le centre et le rayon sont bons.
Vérifier le mode de la calculatrice avant un arccosinus
Si l'énoncé est en degrés, la calculatrice doit être en degrés. Le test : l'arccosinus de 0,5 doit afficher 60, et non 1,047.
Un angle trouvé à 1,43 alors que le triangle est manifestement obtus : la calculatrice est en radians, et 1,43 rad vaut environ 82 degrés.
L'exercice type décortiqué
Un triangle complet au produit scalaire, comme au contrôle
Dans un triangle ABC, on donne AB=5, AC=8 et A=60∘. On note I le milieu de [BC].
1. Calculer AB⋅AC. 2. En déduire la longueur BC. 3. Calculer BA⋅BC, puis l'angle B arrondi au dixième de degré. 4. Calculer la longueur AI.
Les données de l'énoncé : AB=5, AC=8, A=60∘ et I milieu de [BC]. La longueur BC et la médiane [AI] sont à calculer.
Étape 1
AB⋅AC=AB×AC×cosA=5×8×cos60∘=5×8×21=20.
Pourquoi
Les deux vecteurs partent bien du même point A, donc l'angle du triangle est directement l'angle du produit scalaire. C'est la seule configuration où l'on n'a rien à retourner.
Étape 2
BC2=∥AC−AB∥2=AC2+AB2−2AB⋅AC=64+25−40=49, donc BC=7.
Pourquoi
C'est exactement Al-Kashi, mais démontré à partir de la question précédente : le produit scalaire déjà calculé se réinvestit, ce qui vaut mieux que de réécrire la formule sans lien avec ce qui précède.
Étape 3
BA⋅BC=2AB2+BC2−AC2=225+49−64=5.
Pourquoi
Cette formule vient du développement de ∥BA−BC∥2=AC2. On l'utilise ici parce que les trois longueurs sont maintenant connues et qu'aucun angle en B ne l'est encore.
Étape 4
Or BA⋅BC=BA×BC×cosB, donc cosB=5×75=71, et B≈81,8∘.
Pourquoi
L'angle B est celui de BA et BC, deux vecteurs qui partent de B. Utiliser AB au lieu de BA donnerait −5, donc un cosinus négatif et un angle obtus, ce que la figure dément.
Étape 5
Théorème de la médiane : AB2+AC2=2AI2+2BC2, soit 25+64=2AI2+249, donc 2AI2=64,5 et AI=32,25≈5,68.
Pourquoi
La médiane évite de placer un repère et de calculer les coordonnées de I : deux lignes au lieu de dix. La longueur BC trouvée à la question 2 y entre au carré, ce qui propage une éventuelle erreur, d'où le contrôle qui suit.
Étape 6
Vérification : 7<5+8 et 7>8−5, donc BC est possible; la somme des angles donne C≈180−60−81,8=38,2∘, cohérent avec le fait que [AB] est le plus petit côté; enfin AI≈5,68 est bien compris entre 1∣AB−AC∣ et 2AB+AC=6,5.
Pourquoi
Trois contrôles indépendants et rapides : l'inégalité triangulaire, la somme des angles, et l'encadrement de la médiane par la demi-somme des côtés. Aucun ne demande de refaire un calcul.
Conclusion rédigée
Le produit scalaire AB⋅AC vaut 20, le côté BC mesure exactement 7, l'angle B vaut environ 81,8 degrés, et la médiane AI mesure environ 5,68.
L'erreur classique sur cet exercice : Calculer AB⋅BC à la question 3 au lieu de BA⋅BC. Le résultat est −5 au lieu de 5, le cosinus devient négatif, et l'angle annoncé, environ 98,2 degrés, est le supplémentaire du bon.
À savoir par cœur
•u⋅v est un NOMBRE : jamais de flèche sur le résultat, jamais de coordonnées.
•u⋅v=∥u∥∥v∥cosθ, avec les deux vecteurs partant du MÊME point.
•xx′+yy′ n'est valable que dans un repère ORTHONORMÉ.
•Signe positif : angle aigu. Signe négatif : angle obtus. Nul : vecteurs orthogonaux, ou l'un des deux nul.
•Al-Kashi : BC2=AB2+AC2−2×AB×AC×cosA, avec le MOINS et l'angle opposé au côté cherché.
•Médiane : AB2+AC2=2AI2+2BC2, avec I milieu de [BC].
•∥u+v∥2=∥u∥2+2u⋅v+∥v∥2. La norme d'une somme n'est jamais la somme des normes.
•Cercle de diamètre [AB] : ensemble des M tels que MA⋅MB=0. Dans (x−a)2+(y−b)2=r2, le second membre est r2.
•Base orthonormée : u=(u⋅e1)e1+(u⋅e2)e2. Base quelconque : on résout un système.
•MA⋅MB=MI2−4AB2, avec I milieu de [AB] : cercle, point ou vide selon le signe de k+4AB2.
Questions fréquentes
Le produit scalaire de deux vecteurs est-il un vecteur ?
Non, c'est un nombre réel. L'opération prend deux vecteurs et rend un scalaire, d'où son nom. Écrire une flèche au-dessus du résultat, ou lui donner des coordonnées, rend fausses toutes les questions suivantes. Son signe, lui, a un sens géométrique : positif pour un angle aigu, négatif pour un angle obtus.
Quel angle faut-il prendre dans la formule du produit scalaire ?
Celui que forment les deux vecteurs placés à la même origine. Dans un triangle, l'angle au sommet B est celui des vecteurs qui partent de B, donc de B vers A et de B vers C. Utiliser le vecteur de A vers B au lieu de celui de B vers A remplace l'angle par son supplémentaire et change le signe du résultat.
Quand peut-on utiliser la formule avec les coordonnées ?
Uniquement dans un repère orthonormé, c'est-à-dire dont les deux vecteurs de base sont orthogonaux et de norme un. Dès que l'énoncé introduit un repère lié à une figure quelconque, il faut développer par bilinéarité au lieu de multiplier les coordonnées deux à deux.
Comment savoir si deux droites sont perpendiculaires avec le produit scalaire ?
On prend un vecteur directeur de chacune, on calcule leur produit scalaire, et on conclut qu'elles sont perpendiculaires si et seulement si ce nombre est nul. C'est plus rapide que de comparer des coefficients directeurs, et cela fonctionne même quand l'une des droites est verticale.
Quand utiliser le théorème d'Al-Kashi plutôt que Pythagore ?
Dès que le triangle n'est pas rectangle. Al-Kashi généralise Pythagore en ajoutant un terme correctif qui contient le cosinus de l'angle opposé au côté cherché. Quand cet angle vaut quatre-vingt-dix degrés, le cosinus est nul et on retombe exactement sur Pythagore.
Comment reconnaître un cercle dans une équation développée ?
On cherche la présence de x au carré et de y au carré avec le même coefficient. On regroupe alors les termes en x d'un côté, ceux en y de l'autre, et on complète chaque carré. Si le second membre obtenu est positif, c'est un cercle dont le rayon est sa racine carrée; s'il est nul c'est un point, et s'il est négatif l'ensemble est vide.
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Exercices corrigés : Le produit scalaire
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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