Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : mouvement, lois de Newton et champs (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le mouvement, les lois de Newton et les champs, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Deux idées fausses très répandues sont attaquées de front. La première est qu'une vitesse constante en norme impliquerait une absence de force : un satellite en orbite suffit à la réfuter, et l'exercice 2 y revient. La seconde est que les astronautes flotteraient parce que la gravité aurait disparu : l'exercice 8 calcule qu'elle vaut encore 88 pour cent de sa valeur au sol, et qu'il faudrait monter six fois plus haut pour seulement la diviser par deux.
L'exercice 6 chiffre le rapport des deux interactions dans l'atome d'hydrogène, et sa dernière question explique pourquoi la plus faible des deux gouverne néanmoins le système solaire.
L'exercice 16, en partie D, fait interpréter l'électrisation par frottement, par influence et par contact, que le programme de Première nomme explicitement. Le champ d'un condensateur plan, l'accélération d'une particule chargée et la deuxième loi de Newton sous la forme ∑F=ma sont, eux, au programme de Terminale : l'exercice 11 et les questions qui les utilisent sont signalés comme une anticipation.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Vitesse par encadrement : v2≈2τM1M3, et variation de vitesse Δv=v2−v1, qui joint l'extrémité du premier vecteur à celle du second.
•Principe d'inertie : la somme des forces est nulle si et seulement si le VECTEUR vitesse est constant, donc mouvement rectiligne ET uniforme. Une seule des deux conditions ne suffit jamais.
•Gravitation : F=Gd2mAmB, toujours attractive, et les deux forces réciproques ont même norme quelles que soient les masses.
•Champ de pesanteur : g=(RT+h)2GMT, et le poids P=mg n'est rien d'autre que l'attraction gravitationnelle terrestre.
•Coulomb : F=kd2∣qAqB∣, attractive ou répulsive selon les signes. Même structure que la gravitation, mais un signe possible et une intensité sans commune mesure.
•Champ : F=mG pour la gravitation, F=qE pour l'électrostatique. Le champ électrique sort du positif et entre dans le négatif.
•Interactions fondamentales : gravitationnelle et électromagnétique de portée infinie, forte et faible de portée nucléaire.
•Influence électrostatique : approcher un objet chargé d'un objet neutre SÉPARE les charges de ce dernier sans en ajouter ; la charge de signe opposé, plus proche, l'emporte, donc l'objet neutre est attiré. Au contact, la charge se partage et les deux objets se repoussent.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Vecteur vitesse et vecteur variation de vitesse
Sur une chronophotographie, les positions successives d'un mobile sont repérées à intervalles de temps égaux τ. On note M1, M2, M3 trois positions consécutives.
a) Comment estime-t-on le vecteur vitesse v2 au point M2 à partir des positions voisines ? Écrivez la relation.
b) Pourquoi utilise-t-on M1 et M3 plutôt que M2 et M3 ?
c) Définissez le vecteur variation de vitesse Δv entre deux instants et expliquez comment le construire graphiquement.
d) Un mobile a pour vitesses v1(3,0;2,0) et v2(3,0;0,4) en m/s, séparées de τ=0,16s. Calculez Δv puis le vecteur accélération.
e) Le mouvement est-il uniforme ? Rectiligne ? Justifiez chacune des deux réponses séparément.
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Réponses
a)v2≈2τM1M3
b)Intervalle centré : meilleure approximation
c)Δv=v2−v1, qui ferme le triangle
d)Δv(0;−1,6) m/s ; a(0;−10) m/s²
e)Ni uniforme (3,6 puis 3,0 m/s) ni rectiligne
a) On approche la vitesse instantanée en M2 par la vitesse moyenne sur l'intervalle qui l'encadre : v2≈2τM1M3, le déplacement de M1 à M3 s'effectuant pendant deux intervalles.
b) Parce que l'encadrement rend l'approximation bien meilleure. En utilisant M2 et M3, on obtiendrait la vitesse moyenne sur l'intervalle suivant, c'est-à-dire une vitesse représentative d'un instant situé entre M2 et M3, et non de M2 lui-même. En centrant sur M2, les erreurs commises de part et d'autre se compensent au premier ordre.
c) Le vecteur variation de vitesse est simplement Δv=v2−v1. Graphiquement, on trace les deux vecteurs vitesse à partir d'une même origine, puis Δv est le vecteur qui joint l'extrémité de v1 à celle de v2 : il ferme le triangle, dans ce sens et pas dans l'autre.
d) Δv=(3,0−3,0;0,4−2,0)=(0;−1,6)m/s. Le vecteur accélération vaut a=τΔv=(0;0,16−1,6)=(0;−10)m/s2. Il est vertical, dirigé vers le bas, de norme 10m/s2.
e) Le mouvement n'est pas uniforme : la norme de la vitesse passe de 3,02+2,02=3,6m/s à 3,02+0,42=3,0m/s, donc elle diminue. Il n'est pas non plus rectiligne : la direction du vecteur vitesse change, puisque sa composante verticale passe de 2,0 à 0,4 alors que l'horizontale reste constante. Les deux questions sont bien indépendantes : uniforme concerne la NORME, rectiligne concerne la DIRECTION, et un mouvement peut parfaitement être l'un sans être l'autre.
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Exercice 2 : Le principe d'inertie et ses pièges
La première loi de Newton, ou principe d'inertie, énonce que dans un référentiel galiléen, un système est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme si et seulement si la somme des forces qui s'exercent sur lui est nulle.
a) Énoncez la contraposée de cette loi et expliquez à quoi elle sert en pratique.
b) Un palet glisse sur un coussin d'air à vitesse constante en ligne droite. Faites le bilan des forces et vérifiez le principe.
c) Une voiture roule à vitesse constante sur une route rectiligne. La somme des forces est-elle nulle ? Le moteur ne fournit-il donc aucune force ?
d) Un satellite décrit une orbite circulaire à vitesse constante en norme. La somme des forces est-elle nulle ? Justifiez.
e) Pourquoi la loi précise-t-elle « dans un référentiel galiléen » ? Donnez un exemple où l'oublier conduit à une conclusion fausse.
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Réponses
a)Forces non compensées : mouvement non rectiligne uniforme
b)Poids et force du coussin d'air se compensent
c)Somme nulle ; la force motrice compense les frottements
d)Somme non nulle : la direction de la vitesse change
e)La loi n'est valable que dans un référentiel galiléen
a) La contraposée s'énonce : si la somme des forces n'est pas nulle, alors le mouvement n'est ni rectiligne ni uniforme, et réciproquement si le mouvement n'est pas rectiligne uniforme, alors la somme des forces n'est pas nulle. C'est cette seconde formulation qui sert le plus : observer une trajectoire courbe ou une vitesse variable garantit l'existence d'une force résultante non nulle, et permet donc de la chercher.
b) Le palet est soumis à son poids, vertical vers le bas, et à la force pressante du coussin d'air, verticale vers le haut. Le coussin d'air supprimant pratiquement tout frottement, il n'y a pas d'autre force horizontale. Les deux forces verticales se compensent, donc la somme est nulle, ce qui est cohérent avec le mouvement rectiligne uniforme observé.
c) Oui, la somme des forces est bien nulle, et non, cela ne signifie pas que le moteur ne fournit rien. La force motrice transmise par la route aux roues existe bel et bien, mais elle est exactement compensée par les frottements de l'air et de la route. Le bilan nul est celui de la SOMME, pas de chaque force prise isolément. C'est d'ailleurs pourquoi il faut continuer d'appuyer sur l'accélérateur pour maintenir une vitesse constante.
d) Non, elle n'est pas nulle. La vitesse est constante en NORME mais sa DIRECTION change en permanence, puisque la trajectoire est un cercle. Le mouvement n'est donc pas rectiligne, et le principe d'inertie impose une somme des forces non nulle : c'est l'attraction gravitationnelle exercée par la Terre, dirigée vers le centre de l'orbite. Confondre vitesse constante en norme et vecteur vitesse constant est l'erreur la plus fréquente sur cette loi.
e) Parce que la loi est fausse dans un référentiel non galiléen. Dans un train qui freine, un objet posé sur une tablette se met en mouvement vers l'avant alors qu'aucune force horizontale ne s'exerce sur lui : un observateur dans le train conclurait à tort que le principe d'inertie est violé. En réalité c'est le train qui décélère sous lui, et vu du sol, référentiel galiléen, l'objet continue simplement en ligne droite à vitesse constante, conformément à la loi. Le référentiel n'est donc pas un détail de rédaction : c'est la condition de validité de l'énoncé.
Exercice 3 : La loi de gravitation universelle
Deux corps ponctuels de masses mA et mB séparés d'une distance d s'attirent avec une force de norme F=Gd2mAmB, où G=6,67×10−11N⋅m2⋅kg−2.
Données : masse de la Terre MT=5,97×1024kg, masse de la Lune ML=7,35×1022kg, distance Terre-Lune d=3,84×108m, rayon terrestre RT=6,37×106m.
a) Calculez la force gravitationnelle exercée par la Terre sur la Lune.
b) Quelle est la force exercée par la Lune sur la Terre ? Justifiez sans calcul.
c) Représentez les deux forces sur un schéma et précisez leurs caractéristiques.
d) Calculez l'intensité du champ de pesanteur à la surface de la Terre par g=RT2GMT.
e) Montrez que le poids d'un corps de masse m à la surface est bien la force gravitationnelle exercée par la Terre sur ce corps.
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Réponses
a)F=1,98×1020 N
b)Même norme : actions réciproques
c)Même direction, sens opposés, appliquées aux deux centres
d)g=9,81 m/s²
e)F=mRT2GMT=mg : c'est le poids
a) F=6,67×10−11×(3,84×108)25,97×1024×7,35×1022=1,47×10172,93×1037=1,98×1020N.
b) Elle a exactement la même norme, 1,98×1020N, en vertu de la troisième loi de Newton, dite loi des actions réciproques. La formule le montre d'ailleurs directement : elle est symétrique en mA et mB. Le fait que la Terre soit 81 fois plus massive ne change rien à la force ; il change en revanche l'accélération que chacune subit.
c) Les deux forces ont même norme, même direction, celle de la droite joignant les centres des deux astres, et des sens opposés : chacune pointe vers l'autre corps, puisque la gravitation est toujours attractive. Elles s'appliquent en des points différents, les centres respectifs, ce qui est essentiel : elles ne se compensent donc pas, n'agissant pas sur le même système.
d) g=(6,37×106)26,67×10−11×5,97×1024=4,06×10133,98×1014=9,81m/s2, ce qui est bien la valeur usuelle.
e) La force gravitationnelle exercée par la Terre sur un corps de masse m posé à sa surface vaut F=GRT2MTm=m×RT2GMT=mg. On reconnaît l'expression du poids. Le poids n'est donc pas une force d'une nature particulière : c'est le nom que l'on donne à l'attraction gravitationnelle terrestre, et le champ de pesanteur g n'est que le champ gravitationnel de la Terre évalué à sa surface.
Exercice 4 : La loi de Coulomb
Deux charges ponctuelles qA et qB séparées d'une distance d exercent l'une sur l'autre une force de norme F=kd2∣qAqB∣, avec k=8,99×109N⋅m2⋅C−2.
a) Calculez la force entre qA=+2,0μC et qB=−3,0μC distantes de 15cm, et précisez si elle est attractive ou répulsive.
b) Que devient cette force si l'on triple la distance ?
c) Que devient-elle si l'on double simultanément les deux charges, la distance restant celle de la question a) ?
d) Comparez la structure mathématique de la loi de Coulomb et de la loi de gravitation. Quelles sont les deux différences essentielles ?
e) Calculez l'intensité du champ électrostatique créé à 10cm par une charge ponctuelle de 5,0nC.
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Réponses
a)F=2,40 N, attractive
b)0,266 N, divisée par 9
c)9,59 N, multipliée par 4
d)Même structure ; signe et intensité diffèrent
e)E=4,5×103 V/m
a) F=8,99×109×0,1522,0×10−6×3,0×10−6=2,25×10−25,39×10−2=2,40N. Les charges étant de signes opposés, la force est attractive.
b) La force varie comme l'inverse du carré de la distance, donc tripler d divise F par 32=9 : elle vaut alors 0,266N.
c) Le produit des charges est multiplié par 2×2=4, donc la force est multipliée par 4 : elle vaut 9,59N.
d) Les deux lois ont la même structure : une constante multipliée par le produit de deux grandeurs caractéristiques des corps, divisé par le carré de la distance. Les deux différences essentielles sont d'abord le SIGNE : la gravitation est toujours attractive car les masses sont toujours positives, alors que la force électrique peut être attractive ou répulsive selon les signes des charges. Ensuite l'INTENSITÉ : en unités du système international, k dépasse G d'environ vingt ordres de grandeur, et pour des particules comme le proton et l'électron la force électrique devient écrasante, comme l'exercice 6 le chiffrera.
La figure du corrigé compare la vraie loi de Coulomb à ce que donnerait une loi en d1, les deux étant calées pour coïncider à d=5cm, où la force vaut 3,60N. L'écart est spectaculaire de part et d'autre de ce point de rencontre. En rapprochant les charges à 2cm, la loi en carré inverse donne 22,5N contre 9,0N seulement pour la loi en d1 ; en les écartant à 20cm, elle donne 0,22N contre 0,90. Autrement dit, une force en carré inverse est BEAUCOUP plus brutale de près et BEAUCOUP plus faible de loin. La règle pratique à retenir se lit directement sur la courbe pleine : diviser la distance par deux multiplie la force par quatre, et non par deux. C'est aussi ce qui rend cette famille de lois si particulière et si universelle, la gravitation obéissant exactement à la même dépendance : la seule chose qui change d'une interaction à l'autre est la constante devant, jamais l'exposant. On notera enfin que la courbe s'envole vers l'infini quand d tend vers zéro, ce qui n'a pas de sens physique : la loi suppose des charges PONCTUELLES, et elle cesse de s'appliquer dès que la distance devient comparable à la taille des corps chargés.
Exercice 5 : Champs et interactions fondamentales
Un champ associe à chaque point de l'espace une grandeur physique. Le champ de gravitation et le champ électrostatique sont deux champs vectoriels.
a) Citez les quatre interactions fondamentales et précisez leur portée respective.
b) Lesquelles sont responsables de la cohésion d'un noyau atomique ? Expliquez le conflit qui s'y joue.
c) Définissez le champ de gravitation créé par un corps de masse M à la distance r, puis le champ électrostatique créé par une charge q.
d) Comment les lignes de champ d'une charge positive isolée sont-elles orientées ? Et pour une charge négative ?
e) Qu'est-ce qui distingue un champ uniforme d'un champ non uniforme ? Donnez un exemple de chacun.
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Réponses
a)Gravitationnelle et électromagnétique (portée infinie), forte et faible (portée nucléaire)
b)Forte contre électromagnétique
c)G=r2GM ; E=r2k∣q∣
d)Sortantes pour une charge positive, entrantes pour une négative
e)Uniforme : condensateur plan ; non uniforme : charge ponctuelle
a) L'interaction GRAVITATIONNELLE, de portée infinie, toujours attractive. L'interaction ÉLECTROMAGNÉTIQUE, également de portée infinie, attractive ou répulsive. L'interaction FORTE, de portée très courte, de l'ordre du femtomètre, soit la taille d'un noyau. L'interaction FAIBLE, de portée plus courte encore, responsable de certaines désintégrations radioactives.
b) Les interactions forte et électromagnétique. Dans un noyau, les protons se repoussent violemment par répulsion électrostatique, puisqu'ils sont tous positifs et extrêmement proches. C'est l'interaction forte, attractive et bien plus intense à courte distance, qui les maintient assemblés. Le conflit est un rapport de portées : l'interaction forte cesse d'agir au-delà de quelques femtomètres alors que la répulsion électrique, elle, continue. C'est pourquoi les noyaux trop gros deviennent instables, la répulsion finissant par l'emporter, et pourquoi il n'existe pas d'élément stable au-delà du plomb.
c) Le champ de gravitation vaut G=r2GM, dirigé vers le corps qui le crée, et il est tel que la force subie par une masse m vaut F=mG. Le champ électrostatique vaut E=r2k∣q∣, et la force subie par une charge q′ vaut F=q′E. Dans les deux cas, le champ décrit la propriété de l'espace indépendamment du corps qu'on y placera.
d) Pour une charge positive isolée, les lignes de champ sont des demi-droites radiales orientées vers l'extérieur, la charge étant une source : un autre corps positif y serait repoussé. Pour une charge négative, elles sont radiales mais orientées vers la charge, qui se comporte comme un puits. On retiendra que le champ électrique sort du positif et entre dans le négatif.
e) Un champ est uniforme lorsque son vecteur a la même direction, le même sens et la même norme en tout point de la région considérée ; ses lignes de champ sont alors des droites parallèles régulièrement espacées. Le champ entre les deux armatures planes d'un condensateur en est l'exemple type, de même que le champ de pesanteur à l'échelle d'une salle de classe. Un champ non uniforme varie d'un point à l'autre : c'est le cas du champ d'une charge ponctuelle, qui décroît en r21, ou du champ de pesanteur à l'échelle de la Terre entière, dont la direction change avec la latitude.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Les deux forces dans l'atome d'hydrogène
Dans l'atome d'hydrogène, l'électron se trouve à une distance moyenne r=5,3×10−11m du proton.
On donne e=1,602×10−19C, mp=1,673×10−27kg et me=9,109×10−31kg.
a) Calculez la force électrostatique entre le proton et l'électron, et précisez son sens.
b) Calculez la force gravitationnelle entre ces deux mêmes particules.
c) Calculez le rapport de ces deux forces.
d) Que peut-on négliger dans l'étude d'un atome ? Justifiez à partir du rapport obtenu.
e) Pourtant, à l'échelle du système solaire, c'est la gravitation qui gouverne tout et non l'électromagnétisme, bien plus intense. Expliquez ce paradoxe apparent.
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Réponses
a)Fe=8,21×10−8 N, attractive
b)Fg=3,62×10−47 N
c)Rapport 2,3×1039
d)La gravitation est négligeable
e)La matière est neutre, les masses s'additionnent
a) Fe=kr2e2=8,99×109×(5,3×10−11)2(1,602×10−19)2=2,81×10−212,31×10−28=8,21×10−8N. Les charges étant de signes opposés, la force est attractive.
b) Fg=Gr2mpme=6,67×10−11×2,81×10−211,673×10−27×9,109×10−31=3,62×10−47N.
c) FgFe=3,62×10−478,21×10−8=2,3×1039.
d) On peut négliger complètement la gravitation. Le rapport vaut 1039, un nombre sans équivalent en physique : la force gravitationnelle est plus petite que l'incertitude sur n'importe quelle mesure de la force électrique, de très loin. Toute la structure des atomes, des molécules et donc de la chimie entière est gouvernée par la seule interaction électromagnétique.
e) Parce que la matière ordinaire est électriquement NEUTRE. Les charges positives et négatives y sont présentes en nombres égaux, et leurs effets se compensent presque parfaitement à grande distance : la Terre et le Soleil, bien que constitués d'un nombre colossal de charges, n'exercent l'un sur l'autre pratiquement aucune force électrique. La masse, elle, ne se compense jamais puisqu'il n'existe pas de masse négative : toutes les contributions s'additionnent. Une interaction faible mais qui s'accumule finit donc par dominer une interaction intense mais qui s'annule. C'est la neutralité de la matière, et non l'intensité des interactions, qui décide de laquelle gouverne à chaque échelle.
Exercice 7 : Lire une variation de vitesse et remonter à la force
Une balle de masse m=0,15kg est lancée. Le pointage donne deux vecteurs vitesse successifs, séparés de τ=0,16s : v1(3,0;2,0) et v2(3,0;0,4), en m/s.
La figure représente ces deux vecteurs tracés depuis une même origine, ainsi que leur différence.
Anticipation de Terminale pour les questions b) et c) : le vecteur accélération et la deuxième loi de Newton sous la forme ∑F=ma sont au programme de Terminale. En Première, on écrit la relation approchée ∑F≈mΔtΔv, qui conduit ici au même calcul.
a) Vérifiez sur la figure la construction de Δv et donnez ses coordonnées.
b) Calculez le vecteur accélération et sa norme.
c) En admettant que la somme des forces vaut ma, calculez la force subie par la balle et donnez sa direction.
d) Comparez cette force au poids de la balle. Que peut-on en conclure sur les frottements ?
e) Que vaudrait Δv si la balle était en chute libre depuis le début, avec la même durée τ ? La composante horizontale de la vitesse serait-elle modifiée ?
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Réponses
a)Δv(0;−1,6) m/s
b)a(0;−10) m/s², norme 10 m/s²
c)1,5 N vers le bas
d)P=1,47 N : frottements négligeables
e)Δv(0;−1,57) m/s ; horizontale inchangée
a) Sur la figure, Δv joint l'extrémité de v1 à celle de v2. Comme les deux vecteurs ont la même composante horizontale, ce segment est vertical, dirigé vers le bas. Ses coordonnées sont (0;−1,6)m/s.
b) a=τΔv=(0,160;0,16−1,6)=(0;−10)m/s2, de norme 10m/s2, verticale vers le bas.
c) F=ma=0,15×(0;−10)=(0;−1,5)N, soit une force de 1,5N dirigée verticalement vers le bas.
d) Le poids vaut P=mg=0,15×9,81=1,47N, également vertical vers le bas. La force trouvée, 1,5N, lui est égale à moins de 2 pour cent près, écart parfaitement compatible avec la précision d'un pointage. On en conclut que le poids est la seule force notable : les frottements de l'air sont négligeables à cette vitesse pour cet objet. C'est d'ailleurs cohérent avec la composante horizontale de la vitesse, qui reste rigoureusement constante à 3,0m/s : une force de frottement l'aurait freinée.
e) En chute libre, la seule force est le poids, donc a=g et Δv=gτ=(0;−9,81×0,16)=(0;−1,57)m/s, ce qui est bien ce que l'on observe. La composante horizontale ne serait pas modifiée : le poids étant vertical, il n'a aucune composante horizontale et ne peut donc rien changer au mouvement horizontal. C'est exactement l'indépendance des deux mouvements, qui fait qu'une balle lancée horizontalement et une balle lâchée sans vitesse touchent le sol en même temps.
Exercice 8 : La pesanteur en altitude et le mythe de l'apesanteur
La Station spatiale internationale orbite à une altitude h=400km au-dessus de la surface terrestre. On reprend MT=5,97×1024kg et RT=6,37×106m.
a) Calculez l'intensité du champ de pesanteur à l'altitude de la Station.
b) Calculez le rapport de cette valeur à celle mesurée au sol. Exprimez-le en pourcentage.
c) Les astronautes flottent pourtant dans la Station. Expliquez ce phénomène sans invoquer une disparition de la gravité.
d) À quelle altitude le champ de pesanteur serait-il réduit de moitié par rapport au sol ?
e) Calculez le poids d'un astronaute de 75kg à bord de la Station, et commentez le mot « apesanteur ».
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Réponses
a)g=8,69 m/s²
b)88,5 %
c)Chute libre commune : pas de réaction du support
d)h≈2640 km
e)P=652 N : impesanteur, pas apesanteur
a) g(h)=(RT+h)2GMT=(6,37×106+4,00×105)26,67×10−11×5,97×1024=4,58×10133,98×1014=8,69m/s2.
b) g0g(h)=9,818,69=0,885, soit 88,5 pour cent. La gravité terrestre est donc encore présente à près de 90 pour cent à cette altitude : elle n'a pratiquement pas diminué.
c) Parce que la Station ET les astronautes sont tous deux en chute libre autour de la Terre. Ils tombent en permanence vers le centre de la Terre, avec exactement la même accélération 8,69m/s2, mais leur vitesse horizontale est telle qu'ils manquent la Terre indéfiniment : c'est cela, une orbite. Comme l'astronaute et le plancher tombent ensemble, le plancher n'exerce plus aucune force sur lui, et c'est cette absence de réaction du support, et non l'absence de gravité, qui donne la sensation de flotter. On observerait la même chose pendant la chute d'un ascenseur.
d) On cherche h tel que (RT+h)2GMT=21RT2GMT, ce qui donne (RT+h)2=2RT2, soit RT+h=RT2 et h=RT(2−1)=6,37×106×0,414=2,64×106m, soit environ 2640km. Il faut donc monter plus de six fois plus haut que la Station pour seulement diviser la pesanteur par deux.
e) P=mg(h)=75×8,69=652N, contre 736N au sol. L'astronaute pèse donc toujours près de 90 pour cent de son poids terrestre. Le mot apesanteur est donc trompeur : il décrit une SENSATION, celle de ne plus être soutenu, et non une réalité physique. Le terme exact serait impesanteur, ou mieux, chute libre. C'est d'ailleurs pour cela que l'on parle de microgravité dans les publications scientifiques.
La figure du corrigé porte l'intensité du champ de pesanteur en fonction de l'altitude, et elle démolit une idée reçue très répandue. À l'altitude de la Station spatiale internationale, 400km, le champ vaut encore 8,69m⋅s−2, soit 89 pour cent de sa valeur au sol : il n'y a donc AUCUNE apesanteur là-haut, au sens d'une absence de gravitation. La décroissance est lente parce que ce qui compte dans la loi n'est pas l'altitude mais la distance au CENTRE de la Terre : passer de 6370 à 6770km n'est qu'une augmentation de six pour cent, et la loi en carré inverse la traduit en une baisse de onze pour cent seulement. Il faut monter à 2600km pour que le champ soit divisé par deux, et l'orbite géostationnaire, à 36000km, sort largement du cadre de cette figure. Alors pourquoi les astronautes flottent-ils ? Parce qu'ils sont en CHUTE LIBRE : la station et tout ce qu'elle contient tombent ensemble avec la même accélération, et c'est cette égalité des accélérations, non l'annulation du poids, qui supprime toute sensation de pesanteur. On parle donc d'impesanteur et non d'apesanteur, et le même effet s'obtient dans un ascenseur dont le câble casse, ou dans un avion suivant une trajectoire parabolique.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
a) « Un mouvement à vitesse constante en norme se fait forcément sans force. »
b) « La Terre attire la Lune plus fortement que la Lune n'attire la Terre, puisqu'elle est bien plus massive. »
c) « Les astronautes flottent dans la Station spatiale parce qu'il n'y a plus de gravité à cette altitude. »
d) « L'interaction électromagnétique étant bien plus intense que la gravitation, c'est elle qui gouverne le mouvement des planètes. »
Voir la correction
Réponses
a)Le vecteur vitesse doit être constant, direction comprise
b)Même norme, 1,98×1020 N
c)8,69 m/s² à 400 km : chute libre
d)Matière neutre : la gravitation l'emporte à grande échelle
a) Faux. Le principe d'inertie exige que le VECTEUR vitesse soit constant, donc à la fois sa norme ET sa direction. Un satellite en orbite circulaire garde une vitesse constante en norme mais tourne en permanence : son vecteur vitesse change de direction à chaque instant, donc la somme des forces n'est pas nulle. C'est justement l'attraction terrestre qui courbe sa trajectoire. Uniforme et rectiligne sont deux conditions distinctes, et il faut les deux.
b) Faux, les deux forces ont rigoureusement la même norme, 1,98×1020N comme calculé à l'exercice 3. C'est la troisième loi de Newton, et la formule F=Gd2mAmB le montre immédiatement puisqu'elle est symétrique. Ce qui diffère, c'est l'ACCÉLÉRATION que chacun subit : à force égale, a=mF est 81 fois plus petite pour la Terre que pour la Lune. C'est pourquoi on dit que la Lune tourne autour de la Terre, alors qu'en toute rigueur les deux tournent autour de leur centre de masse commun.
c) Faux, et le calcul de l'exercice 8 le réfute : à 400km, la pesanteur vaut encore 8,69m/s2, soit 88,5 pour cent de sa valeur au sol. Il faudrait monter à 2640km pour seulement la diviser par deux. Les astronautes flottent parce qu'ils sont en chute libre en même temps que leur vaisseau : rien ne les soutient, donc ils ne ressentent aucune réaction de support. La gravité, elle, est bien là, et c'est même elle qui les maintient en orbite.
d) Faux, et pourtant la prémisse est exacte : le rapport calculé à l'exercice 6 vaut 2,3×1039 en faveur de l'électromagnétisme. L'erreur est d'oublier que la matière astronomique est électriquement NEUTRE. Les charges positives et négatives s'y compensent presque parfaitement, si bien que la force électrique résultante entre deux astres est négligeable. Les masses, elles, s'additionnent toujours sans jamais se compenser, faute de masse négative. À grande échelle, c'est donc la gravitation qui l'emporte, non par intensité mais par accumulation.
Exercice 10 : Une charge en équilibre dans un champ
Une petite sphère de masse m=2,0g, portant une charge q=+5,0μC, est suspendue à un fil isolant. On établit un champ électrostatique uniforme horizontal E, et le fil s'écarte alors de la verticale d'un angle α=20∘, la sphère restant immobile.
On prendra g=9,81m/s2.
a) Faites le bilan des forces s'exerçant sur la sphère à l'équilibre.
b) Écrivez les deux équations traduisant l'équilibre, en projetant sur l'horizontale et sur la verticale.
c) Déduisez-en une relation entre tanα, q, E, m et g, puis calculez E.
d) Calculez la tension du fil.
e) On remplace la sphère par une autre de charge double mais de masse double également. L'angle change-t-il ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)Poids, force électrique, tension du fil
b)Tsinα=qE ; Tcosα=mg
c)tanα=mgqE ; E=1,43×103 V/m
d)T=2,09×10−2 N
e)Angle inchangé : mq est le même
a) Trois forces : le poids P, vertical vers le bas, de norme mg ; la force électrique F=qE, horizontale, de norme qE et dirigée dans le sens de E puisque la charge est positive ; et la tension T du fil, dirigée selon le fil vers le point d'attache.
b) La sphère étant immobile, la somme des trois forces est nulle. En projetant sur l'horizontale : Tsinα−qE=0. En projetant sur la verticale : Tcosα−mg=0.
c) En divisant membre à membre la première équation par la seconde, la tension inconnue disparaît : TcosαTsinα=mgqE, soit tanα=mgqE. On en tire E=qmgtanα=5,0×10−62,0×10−3×9,81×tan20∘=5,0×10−67,14×10−3=1,4×103V/m.
d) De la projection verticale, T=cosαmg=cos20∘1,962×10−2=0,9401,962×10−2=2,09×10−2N. On vérifie que T>mg, ce qui est attendu : le fil doit soutenir le poids ET s'opposer à la force électrique.
e) L'angle ne change pas. La relation tanα=mgqE ne dépend que du RAPPORT de la charge à la masse. En doublant les deux, ce rapport est inchangé, donc tanα aussi, et l'angle reste 20∘. Seule la tension du fil double, puisqu'elle vaut cosαmg. C'est le même principe que pour la chute libre, où l'accélération ne dépend pas de la masse : dès qu'une force est proportionnelle à la grandeur qui mesure aussi l'inertie ou le poids, cette grandeur se simplifie.
La figure du corrigé isole la boule chargée et porte les trois forces, puis les redessine bout à bout sur la droite. C'est cette seconde construction qui contient la méthode. À l'équilibre, la somme vectorielle des forces est nulle, ce qui signifie exactement que les trois vecteurs mis bout à bout FERMENT un triangle. Ce triangle est rectangle, car le poids est vertical et la force électrique horizontale, et l'angle qu'il fait au sommet est celui du fil avec la verticale, soit 20∘. On lit alors les deux relations sans écrire une seule projection : tan20∘=mgqE, d'où E=qmgtan20∘=1,43×103V/m, et cos20∘=Tmg, d'où T=2,09×10−2N. Deux remarques sur la figure elle-même. Les longueurs des trois flèches sont PROPORTIONNELLES aux valeurs des forces, ce qui permet de vérifier le résultat à la règle : la tension doit être la plus longue puisqu'elle est l'hypoténuse. Et la boule a été extraite de son décor, sans le fil ni le support, parce qu'un diagramme de corps libre ne montre que les forces exercées SUR le système : dessiner par-dessus le montage conduit immanquablement à y ajouter des forces exercées PAR la boule, qui n'ont rien à y faire.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Le champ entre les armatures d'un condensateur plan
Deux plaques métalliques parallèles, distantes de d=2,0cm, sont reliées aux bornes d'un générateur de tension U=400V, la plaque du haut étant positive. Entre les plaques règne un champ électrostatique uniforme de norme E=dU.
Anticipation de Terminale : le champ créé par un condensateur plan, E=dU, et le mouvement d'une particule chargée qu'il accélère sont au programme de Terminale, partie « Mouvement dans un champ uniforme ». En Première, on caractérise un champ électrostatique et la force qE qu'il exerce, ce que font les questions a) à d), l'expression de E étant donnée ; la question e), l'accélération de l'électron, relève de la Terminale.
a) Calculez E. Décrivez les lignes de champ entre les plaques et leur orientation.
b) Un électron se trouve entre les plaques. Calculez la force électrique qu'il subit et donnez son sens.
c) Comparez cette force au poids de l'électron. Que peut-on négliger ?
d) L'électron subit-il la même force près de la plaque du haut, au milieu et près de la plaque du bas ? Que devient E si l'on écarte les plaques à 4,0cm sans changer U ?
e) Calculez l'accélération de l'électron et comparez-la à g.
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Réponses
a)E=2,0×104 V/m ; lignes parallèles, du + vers le −
b)F=3,2×10−15 N vers la plaque positive
c)Rapport 3,6×1014 : poids négligeable
d)Même force partout ; E=1,0×104 V/m
e)a=3,5×1015 m/s²
a) E=2,0×10−2400=2,0×104V/m. Les lignes de champ sont des segments PARALLÈLES, perpendiculaires aux plaques et régulièrement espacés, orientés de la plaque positive vers la plaque négative, donc vers le bas. Oublier de convertir les centimètres donne un champ cent fois trop faible.
b) F=eE=1,602×10−19×2,0×104=3,2×10−15N. L'électron est chargé négativement : F=qE avec q<0 est de sens OPPOSÉ au champ, donc dirigée vers le haut, vers la plaque positive, qui l'attire.
c) P=meg=9,11×10−31×9,81=8,9×10−30N. Le rapport vaut 8,9×10−303,2×10−15=3,6×1014 : le poids est totalement négligeable devant la force électrique.
d) Oui : le champ étant UNIFORME, il a la même valeur en tout point entre les plaques, et la force eE est la même partout. C'est tout l'intérêt de ce dispositif. Si l'on double la distance à tension égale, E=4,0×10−2400=1,0×104V/m : le champ est divisé par deux.
e) a=meF=9,11×10−313,2×10−15=3,5×1015m/s2, soit environ 3,6×1014 fois g, le même rapport qu'en c) puisque les deux accélérations sont mF et mP. Une tension de quelques centaines de volts suffit à accélérer violemment des électrons : c'est le principe des anciens tubes cathodiques.
Entre deux plaques parallèles, E=dU avec d en mètres ; la force sur une charge vaut qE, dans le sens du champ pour une charge positive et en sens contraire pour une charge négative. Pour une particule chargée, le poids ne compte presque jamais.
Exercice 12 : Force et variation de vitesse dans un virage
Une voiture de masse m=1200kg prend un virage. Un pointage vidéo donne, à Δt=2,0s d'intervalle, les vecteurs vitesse v1(15,0;0) et v2(12,0;9,0) en m/s, dans un repère horizontal.
On admet la relation approchée ∑F≈mΔtΔv, valable sur un intervalle de temps court. On prendra g=9,81m/s2.
a) Calculez les normes de v1 et v2. Le mouvement est-il uniforme ? Rectiligne ?
b) Calculez les coordonnées et la norme du vecteur Δv.
c) Déduisez-en les coordonnées et la norme de la somme des forces qui s'exercent sur la voiture.
d) Montrez que Δv est perpendiculaire au vecteur vitesse moyen 2v1+v2. Vers où la somme des forces est-elle dirigée ?
e) Quelle force exercée sur la voiture fournit cette résultante ? Comparez sa norme au poids, puis dites ce qui se passe sur une plaque de verglas.
Voir la correction
Réponses
a)15,0 m/s deux fois : uniforme, non rectiligne
b)Δv(−3,0;9,0) m/s, norme 9,5 m/s
c)∑F(−1800;5400) N, norme 5,7 kN
d)Produit scalaire nul : force vers l'intérieur du virage
e)Frottement latéral, 0,48 fois le poids ; sur le verglas, tout droit
a) v1=15,0m/s et v2=12,02+9,02=225=15,0m/s. La norme est constante : le mouvement est UNIFORME. La direction change : il n'est PAS rectiligne.
b) Δv=v2−v1=(12,0−15,0;9,0−0)=(−3,0;9,0)m/s, de norme 9,0+81=9,5m/s. Le vecteur vitesse a donc varié de près de 10m/s alors que le compteur n'a pas bougé.
c) ∑F≈1200×2,0(−3,0;9,0)=(−1800;5400)N, de norme 18002+54002=5,7×103N.
d) Le vecteur vitesse moyen vaut (13,5;4,5)m/s. Le produit scalaire (−3,0)×13,5+9,0×4,5=−40,5+40,5=0 : les deux vecteurs sont perpendiculaires. La somme des forces est perpendiculaire à la vitesse et dirigée vers l'INTÉRIEUR du virage : elle ne change pas la norme de la vitesse, seulement sa direction.
e) C'est la force de frottement LATÉRALE exercée par la route sur les pneus. Le poids vaut 1200×9,81=1,18×104N : la force nécessaire en représente près de la moitié, 1,18×1045,7×103≈0,48. Sur le verglas, les frottements deviennent trop faibles pour la fournir : la voiture ne peut plus tourner et poursuit presque en ligne droite, conformément au principe d'inertie.
La relation ∑F≈mΔtΔv se lit dans les deux sens : une variation du VECTEUR vitesse, même à norme constante, exige une force, et cette force a la direction de Δv. Dans un virage uniforme, elle pointe vers l'intérieur.
Exercice 13 : Le point où la Terre et la Lune attirent autant
Un engin spatial se trouve sur le segment qui joint le centre de la Terre à celui de la Lune, à la distance x du centre de la Terre. On ne tient compte que de ces deux astres.
Données : G=6,67×10−11N⋅m2⋅kg−2 ; MT=5,97×1024kg ; ML=7,35×1022kg ; distance entre les centres D=3,84×108m.
a) Exprimez les normes des champs de gravitation créés en ce point par la Terre et par la Lune, en fonction de x et D. Quels sont leurs sens ?
b) Montrez que les deux champs se compensent lorsque xD−x=MTML, puis calculez x.
c) Calculez la norme du champ créé par la Terre en ce point et vérifiez que celui de la Lune a la même valeur.
d) Au-delà de ce point, en allant vers la Lune, quel astre attire le plus l'engin ? Quel intérêt pour une mission lunaire ?
e) La position de ce point dépend-elle de la masse de l'engin ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)x2GMT vers la Terre, (D−x)2GML vers la Lune
b)x=3,46×108 m
c)3,3×10−3 N/kg pour les deux
d)La Lune attire le plus au-delà
e)Non : la masse de l'engin se simplifie
a) GT=x2GMT, dirigé vers la Terre, et GL=(D−x)2GML, dirigé vers la Lune. Sur le segment, les deux champs sont donc de SENS OPPOSÉS, ce qui rend une compensation possible.
b) L'égalité x2GMT=(D−x)2GML donne x2(D−x)2=MTML, et comme toutes les longueurs sont positives, xD−x=MTML=5,97×10247,35×1022=0,111. D'où D=x(1+0,111) et x=1,1113,84×108=3,46×108m. Le point est aux neuf dixièmes du trajet : il faut s'approcher tout près de la Lune, qui est 81 fois moins massive, pour que son attraction égale celle de la Terre.
c) GT=(3,46×108)26,67×10−11×5,97×1024=3,3×10−3N/kg. Pour la Lune, D−x=3,8×107m et GL=(3,8×107)26,67×10−11×7,35×1022=3,3×10−3N/kg ✓. C'est environ trois mille fois moins que la pesanteur au sol.
d) Plus près de la Lune, GL augmente et GT diminue : c'est la LUNE qui attire le plus. Un engin qui a franchi ce point « tombe » vers la Lune sans dépenser de carburant ; tout l'effort de propulsion sert à l'amener jusque-là.
e) Non. La force exercée par chaque astre vaut mG : la masse de l'engin multiplie les deux forces de la même façon et disparaît de l'égalité. Seules les masses des astres et leur distance fixent la position du point.
Pour trouver où deux attractions se compensent, on égale les deux champs et l'on prend la racine du rapport des masses : la distance varie comme la RACINE carrée de la masse, pas comme la masse. Le point d'équilibre est toujours plus près du corps le moins massif.
Exercice 14 : Problème : l'expérience de Millikan
Entre deux plaques horizontales distantes de d=1,50cm, on pulvérise de fines gouttelettes d'huile, dont certaines sont électrisées. En réglant la tension U entre les plaques, on immobilise une gouttelette : son poids est alors exactement compensé par la force électrique. On néglige la poussée de l'air.
Données : masse volumique de l'huile ρ=890kg/m3 ; rayon de la gouttelette mesuré au microscope r=1,00×10−6m ; volume d'une sphère 34πr3 ; g=9,81m/s2 ; e=1,602×10−19C. La gouttelette est immobile pour U=342V, la plaque du haut étant positive.
Anticipation de Terminale pour la seule relation qu'utilise la question c) : entre deux plaques parallèles distantes de d et soumises à la tension U, le champ est uniforme et vaut E=dU. Cette relation du condensateur plan est étudiée en Terminale ; elle est donnée ici. L'équilibre de la gouttelette et la quantification de la charge sont au programme de Première.
a) Faites le bilan des forces sur la gouttelette immobile. Quel est le signe de sa charge ?
b) Calculez la masse de la gouttelette et son poids.
c) Montrez que la valeur absolue de sa charge vaut ∣q∣=Umgd, puis calculez-la.
d) Combien de charges élémentaires la gouttelette porte-t-elle ?
e) Trois autres gouttelettes donnent ∣q∣=4,81×10−19, 8,02×10−19 et 1,12×10−18C. Calculez chaque rapport e∣q∣. Quelle propriété de la charge électrique cette expérience a-t-elle établie ?
Voir la correction
Réponses
a)Poids et force électrique ; charge négative
b)m=3,73×10−15 kg ; P=3,66×10−14 N
c)∣q∣=1,60×10−18 C
d)10 charges élémentaires
e)3, 5, 7 : la charge est quantifiée
a) Deux forces : le poids, vertical vers le bas, et la force électrique qE, qui doit donc être verticale vers le HAUT. La plaque du haut étant positive, le champ est dirigé vers le bas. Une force vers le haut, opposée au champ, exige q<0 : la gouttelette est chargée NÉGATIVEMENT, elle a capté des électrons.
b) V=34π(1,00×10−6)3=4,19×10−18m3, donc m=ρV=890×4,19×10−18=3,73×10−15kg et P=mg=3,66×10−14N. Le rayon est au CUBE : une erreur de dix pour cent sur r fait trente pour cent d'erreur sur la masse, et c'est la principale difficulté de l'expérience.
c) À l'équilibre, ∣q∣E=mg avec E=dU, d'où ∣q∣=Umgd=3423,66×10−14×1,50×10−2=1,60×10−18C.
d) e∣q∣=1,602×10−191,60×10−18=10,0 : la gouttelette porte dix électrons en excès.
e) Les rapports valent 1,602×10−194,81×10−19=3,00, puis 5,01 et 6,99 : ce sont, aux incertitudes près, des nombres ENTIERS. Aucune gouttelette ne porte une fraction de e. La charge électrique est QUANTIFIÉE : toute charge est un multiple entier de la charge élémentaire, et c'est en cherchant le plus grand diviseur commun de centaines de mesures que Millikan a déterminé e.
L'expérience repose sur un équilibre, poids contre force électrique dans un champ uniforme, donc sur une seule égalité ∣q∣dU=mg. Tout son intérêt est dans la série de mesures : des charges toutes différentes, mais toutes multiples d'une même valeur.
Exercice 15 : Problème : peser la Terre avec la balance de Cavendish
En 1798, Henry Cavendish mesure la force gravitationnelle entre une grosse sphère de plomb de masse M=158kg et une petite de masse m=0,730kg, dont les centres sont distants de d=0,230m. La force mesurée vaut F=1,45×10−7N.
Données : g=9,81m/s2 au sol ; rayon terrestre RT=6,37×106m ; volume d'une sphère 34πR3 ; masse volumique moyenne des roches de surface 2,7×103kg/m3.
a) Déduisez de la mesure la valeur de la constante de gravitation G.
b) Comparez la force mesurée au poids de la petite sphère. Pourquoi l'expérience est-elle si délicate ?
c) En utilisant g=RT2GMT, calculez la masse de la Terre avec la valeur de G trouvée.
d) Calculez la masse volumique moyenne de la Terre et comparez-la à celle des roches de surface. Que peut-on en conclure sur l'intérieur de la Terre ?
e) Calculez la force d'attraction entre deux élèves de 60kg distants de 1,0m. Pourquoi sent-on l'attraction de la Terre et jamais celle de son voisin ?
Voir la correction
Réponses
a)G=6,65×10−11 SI
b)Poids 7,16 N, 4,9×107 fois la force
c)MT=5,99×1024 kg
d)5,53×103 kg/m³ : intérieur dense
e)2,4×10−7 N : négligeable
a) G=mMFd2=0,730×1581,45×10−7×0,2302=115,37,67×10−9=6,65×10−11N⋅m2⋅kg−2, à 0,3 pour cent de la valeur actuelle.
b) Le poids de la petite sphère vaut 0,730×9,81=7,16N, soit environ 1,45×10−77,16=4,9×107 fois la force mesurée. Il faut détecter une force cinquante millions de fois plus faible que le poids de l'objet qui la subit : le moindre courant d'air, la moindre différence de température ou le passage d'une personne suffisent à fausser la mesure, et Cavendish observait son montage à la lunette depuis une autre pièce.
c) MT=GgRT2=6,65×10−119,81×(6,37×106)2=5,99×1024kg. C'est pourquoi on dit que Cavendish a « pesé la Terre » : g et RT étaient connus, seule G manquait.
d) VT=34π(6,37×106)3=1,08×1021m3 et ρ=1,08×10215,99×1024=5,53×103kg/m3, environ deux fois la masse volumique des roches de surface. L'intérieur de la Terre est donc bien plus dense que sa croûte : c'est l'indice d'un noyau de matériaux lourds, essentiellement du fer.
e) F=6,67×10−11×1,0260×60=2,4×10−7N, l'ordre de grandeur de la force de Cavendish. Le poids d'un élève vaut 589N, plus de deux milliards de fois plus. La loi est la même, mais la masse de la Terre, 1023 fois celle d'un élève, compense très largement sa distance.
La gravitation est la plus faible des interactions : entre objets du quotidien, elle est indétectable sans un montage extrême. Elle ne devient sensible qu'avec une masse astronomique, et une seule mesure de laboratoire suffit alors à remonter à la masse de la planète.
Partie D : complément du programme (/10)
Exercice 16 : La règle, la canette et le pendule : l'influence électrostatique
On frotte une règle en plastique avec un chiffon de laine : la règle acquiert une charge q=−4,0nC. On l'approche, sans la toucher, d'une canette d'aluminium vide, électriquement neutre, couchée sur une table : la canette roule vers la règle.
Données : charge élémentaire e=1,602×10−19C ; constante de la loi de Coulomb k=8,99×109N⋅m2⋅C−2 ; 1nC=10−9C.
a) Au frottement, des électrons sont passés d'un objet à l'autre. Dans quel sens ? Combien d'électrons la règle porte-t-elle en excès ? Quelle est alors la charge du chiffon, s'il était neutre au départ ?
b) L'aluminium est un conducteur : certains de ses électrons se déplacent librement dans tout le métal. Décrivez ce qui se passe dans la canette quand la règle approche, et dites quelle est sa charge totale.
c) On modélise la canette par deux charges ponctuelles : +1,0nC sur le côté proche, à d1=3,0cm de la règle, et −1,0nC sur le côté éloigné, à d2=9,0cm ; la règle est elle-même assimilée à une charge ponctuelle. Calculez les deux forces exercées par la règle, puis leur résultante. Expliquez pourquoi un objet de charge totale nulle est attiré.
d) On remplace la canette par un pendule électrostatique : une petite boule de polystyrène recouverte d'aluminium, neutre, suspendue à un fil isolant. Elle est attirée, touche la règle, puis est aussitôt repoussée. Expliquez ce changement de comportement.
e) La règle attire aussi de petits confettis de papier, qui est un isolant. Qu'est-ce qui distingue ce cas de celui de la canette ? Enfin, que devient la canette si l'on éloigne la règle sans qu'il y ait eu contact ?
Voir la correction
Réponses
a)La règle a gagné des électrons : N=1,602×10−194,0×10−9=2,5×1010 ; chiffon +4,0nC
b)Électrons repoussés côté éloigné : côté proche positif, côté éloigné négatif ; charge totale nulle
c)F1=4,0×10−5N, F2=4,4×10−6N, résultante 3,6×10−5N vers la règle : la charge la plus proche l'emporte
d)Attirée par influence, puis chargée négativement au contact : même signe que la règle, donc repoussée
e)Isolant : chaque molécule se polarise sur place ; règle éloignée, la canette redevient neutre partout
a) La règle est chargée NÉGATIVEMENT : elle a donc gagné des électrons, arrachés à la laine. Le frottement ne crée aucune charge, il en transfère. Le nombre d'électrons en excès vaut N=e∣q∣=1,602×10−194,0×10−9=2,5×1010 électrons, vingt-cinq milliards, ce qui reste infime devant le nombre d'électrons de la règle. La charge se CONSERVE : l'ensemble règle et chiffon était neutre, il le reste, donc le chiffon porte +4,0nC. Une charge positive d'un solide signale toujours des électrons EN MOINS, jamais des protons en plus : les noyaux ne bougent pas.
b) Les électrons libres de l'aluminium sont repoussés par la règle négative : ils migrent vers le côté ÉLOIGNÉ de la canette, qui se charge négativement. Le côté proche, qui les a perdus, se retrouve chargé positivement. C'est l'électrisation PAR INFLUENCE : aucune charge n'a été ajoutée ni retirée, elles ont seulement été séparées. La charge totale de la canette reste donc NULLE. L'erreur fréquente est d'écrire que la règle « donne » des charges à la canette : sans contact, rien ne passe de l'une à l'autre.
c) Force exercée sur la charge positive proche, ATTRACTIVE : F1=kd12∣qq1∣=8,99×109×(3,0×10−2)24,0×10−9×1,0×10−9=4,0×10−5N. Force exercée sur la charge négative éloignée, RÉPULSIVE : F2=8,99×109×(9,0×10−2)24,0×10−18=4,4×10−6N. Les deux forces sont de sens opposés, sur la même droite : la résultante vaut F1−F2=3,6×10−5N, dirigée vers la règle. Tout se joue sur les distances : d2=3d1, donc F2=9F1, puisque la force de Coulomb décroît comme l'inverse du CARRÉ de la distance. Les deux charges induites se compensent, mais la plus proche l'emporte : un objet neutre est toujours ATTIRÉ par un objet chargé, quel que soit le signe de ce dernier.
d) Tant que la boule est neutre, elle est attirée par influence, exactement comme la canette. Au CONTACT, des électrons en excès de la règle passent sur l'aluminium de la boule, conducteur : la boule devient chargée NÉGATIVEMENT, du même signe que la règle. Deux charges de même signe se repoussent : la boule s'écarte aussitôt. C'est l'électrisation par CONTACT, la seule des trois qui partage la charge entre les deux objets. Une boule restée repoussée ne se laisse plus attirer tant qu'elle garde sa charge.
e) Dans le papier, isolant, aucun électron ne traverse l'objet. Chaque molécule se POLARISE sur place : son nuage électronique se décale très légèrement, loin de la règle, et le côté de chaque molécule tourné vers la règle devient un peu positif. L'effet d'ensemble est le même, une charge positive côté règle, une négative de l'autre, plus faible que dans un métal mais suffisante pour soulever un confetti de quelques milligrammes. Si l'on éloigne la règle sans contact, plus rien ne retient les électrons libres de la canette : ils se répartissent de nouveau dans tout le métal, et la canette redevient neutre en tout point. L'influence ne dure que tant que la charge inductrice est là.
À retenir : NEUTRE ne veut pas dire SANS CHARGES. Un objet neutre en contient autant de positives que de négatives ; une charge voisine les SÉPARE, et parce que la force de Coulomb décroît en d21, la charge la plus proche l'emporte toujours.
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