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Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : mouvement, lois de Newton et champs (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le mouvement, les lois de Newton et les champs, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Deux idées fausses très répandues sont attaquées de front. La première est qu'une vitesse constante en norme impliquerait une absence de force : un satellite en orbite suffit à la réfuter, et l'exercice 2 y revient. La seconde est que les astronautes flotteraient parce que la gravité aurait disparu : l'exercice 8 calcule qu'elle vaut encore 88 pour cent de sa valeur au sol, et qu'il faudrait monter six fois plus haut pour seulement la diviser par deux.

L'exercice 6 chiffre le rapport des deux interactions dans l'atome d'hydrogène, et sa dernière question explique pourquoi la plus faible des deux gouverne néanmoins le système solaire.

Rappel de cours

  • Vitesse par encadrement : v2M1M32τ\vec{v_{2}}\approx\dfrac{\overrightarrow{M_{1}M_{3}}}{2\tau}, et variation de vitesse Δv=v2v1\Delta\vec{v}=\vec{v_{2}}-\vec{v_{1}}, qui joint l'extrémité du premier vecteur à celle du second.
  • Principe d'inertie : la somme des forces est nulle si et seulement si le VECTEUR vitesse est constant, donc mouvement rectiligne ET uniforme. Une seule des deux conditions ne suffit jamais.
  • Gravitation : F=GmAmBd2F=G\dfrac{m_{A}m_{B}}{d^{2}}, toujours attractive, et les deux forces réciproques ont même norme quelles que soient les masses.
  • Champ de pesanteur : g=GMT(RT+h)2g=\dfrac{GM_{T}}{\left(R_{T}+h\right)^{2}}, et le poids P=mgP=mg n'est rien d'autre que l'attraction gravitationnelle terrestre.
  • Coulomb : F=kqAqBd2F=k\dfrac{\left|q_{A}q_{B}\right|}{d^{2}}, attractive ou répulsive selon les signes. Même structure que la gravitation, mais un signe possible et une intensité sans commune mesure.
  • Champ : F=mG\vec{F}=m\vec{\mathcal{G}} pour la gravitation, F=qE\vec{F}=q\vec{E} pour l'électrostatique. Le champ électrique sort du positif et entre dans le négatif.
  • Interactions fondamentales : gravitationnelle et électromagnétique de portée infinie, forte et faible de portée nucléaire.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Vecteur vitesse et vecteur variation de vitesse

Sur une chronophotographie, les positions successives d'un mobile sont repérées à intervalles de temps égaux τ\tau. On note M1M_{1}, M2M_{2}, M3M_{3} trois positions consécutives.

  • a) Comment estime-t-on le vecteur vitesse v2\vec{v_{2}} au point M2M_{2} à partir des positions voisines ? Écrivez la relation.
  • b) Pourquoi utilise-t-on M1M_{1} et M3M_{3} plutôt que M2M_{2} et M3M_{3} ?
  • c) Définissez le vecteur variation de vitesse Δv\Delta\vec{v} entre deux instants et expliquez comment le construire graphiquement.
  • d) Un mobile a pour vitesses v1(3,0 ; 2,0)\vec{v_{1}}\,(3{,}0\ ;\ 2{,}0) et v2(3,0 ; 0,4)\vec{v_{2}}\,(3{,}0\ ;\ 0{,}4) en m/s\mathrm{m/s}, séparées de τ=0,16 s\tau=0{,}16\ \mathrm{s}. Calculez Δv\Delta\vec{v} puis le vecteur accélération.
  • e) Le mouvement est-il uniforme ? Rectiligne ? Justifiez chacune des deux réponses séparément.
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a) On approche la vitesse instantanée en M2M_{2} par la vitesse moyenne sur l'intervalle qui l'encadre : v2M1M32τ\vec{v_{2}}\approx\dfrac{\overrightarrow{M_{1}M_{3}}}{2\tau}, le déplacement de M1M_{1} à M3M_{3} s'effectuant pendant deux intervalles.

b) Parce que l'encadrement rend l'approximation bien meilleure. En utilisant M2M_{2} et M3M_{3}, on obtiendrait la vitesse moyenne sur l'intervalle suivant, c'est-à-dire une vitesse représentative d'un instant situé entre M2M_{2} et M3M_{3}, et non de M2M_{2} lui-même. En centrant sur M2M_{2}, les erreurs commises de part et d'autre se compensent au premier ordre.

c) Le vecteur variation de vitesse est simplement Δv=v2v1\Delta\vec{v}=\vec{v_{2}}-\vec{v_{1}}. Graphiquement, on trace les deux vecteurs vitesse à partir d'une même origine, puis Δv\Delta\vec{v} est le vecteur qui joint l'extrémité de v1\vec{v_{1}} à celle de v2\vec{v_{2}} : il ferme le triangle, dans ce sens et pas dans l'autre.

d) Δv=(3,03,0 ; 0,42,0)=(0 ; 1,6) m/s\Delta\vec{v}=\left(3{,}0-3{,}0\ ;\ 0{,}4-2{,}0\right)=\left(0\ ;\ -1{,}6\right)\ \mathrm{m/s}. Le vecteur accélération vaut a=Δvτ=(0 ; 1,60,16)=(0 ; 10) m/s2\vec{a}=\dfrac{\Delta\vec{v}}{\tau}=\left(0\ ;\ \dfrac{-1{,}6}{0{,}16}\right)=\left(0\ ;\ -10\right)\ \mathrm{m/s^{2}}. Il est vertical, dirigé vers le bas, de norme 10 m/s210\ \mathrm{m/s^{2}}.

e) Le mouvement n'est pas uniforme : la norme de la vitesse passe de 3,02+2,02=3,6 m/s\sqrt{3{,}0^{2}+2{,}0^{2}}=3{,}6\ \mathrm{m/s} à 3,02+0,42=3,0 m/s\sqrt{3{,}0^{2}+0{,}4^{2}}=3{,}0\ \mathrm{m/s}, donc elle diminue. Il n'est pas non plus rectiligne : la direction du vecteur vitesse change, puisque sa composante verticale passe de 2,02{,}0 à 0,40{,}4 alors que l'horizontale reste constante. Les deux questions sont bien indépendantes : uniforme concerne la NORME, rectiligne concerne la DIRECTION, et un mouvement peut parfaitement être l'un sans être l'autre.

Exercice 2 : Le principe d'inertie et ses pièges

La première loi de Newton, ou principe d'inertie, énonce que dans un référentiel galiléen, un système est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme si et seulement si la somme des forces qui s'exercent sur lui est nulle.

  • a) Énoncez la contraposée de cette loi et expliquez à quoi elle sert en pratique.
  • b) Un palet glisse sur un coussin d'air à vitesse constante en ligne droite. Faites le bilan des forces et vérifiez le principe.
  • c) Une voiture roule à vitesse constante sur une route rectiligne. La somme des forces est-elle nulle ? Le moteur ne fournit-il donc aucune force ?
  • d) Un satellite décrit une orbite circulaire à vitesse constante en norme. La somme des forces est-elle nulle ? Justifiez.
  • e) Pourquoi la loi précise-t-elle « dans un référentiel galiléen » ? Donnez un exemple où l'oublier conduit à une conclusion fausse.
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a) La contraposée s'énonce : si la somme des forces n'est pas nulle, alors le mouvement n'est ni rectiligne ni uniforme, et réciproquement si le mouvement n'est pas rectiligne uniforme, alors la somme des forces n'est pas nulle. C'est cette seconde formulation qui sert le plus : observer une trajectoire courbe ou une vitesse variable garantit l'existence d'une force résultante non nulle, et permet donc de la chercher.

b) Le palet est soumis à son poids, vertical vers le bas, et à la force pressante du coussin d'air, verticale vers le haut. Le coussin d'air supprimant pratiquement tout frottement, il n'y a pas d'autre force horizontale. Les deux forces verticales se compensent, donc la somme est nulle, ce qui est cohérent avec le mouvement rectiligne uniforme observé.

c) Oui, la somme des forces est bien nulle, et non, cela ne signifie pas que le moteur ne fournit rien. La force motrice transmise par la route aux roues existe bel et bien, mais elle est exactement compensée par les frottements de l'air et de la route. Le bilan nul est celui de la SOMME, pas de chaque force prise isolément. C'est d'ailleurs pourquoi il faut continuer d'appuyer sur l'accélérateur pour maintenir une vitesse constante.

d) Non, elle n'est pas nulle. La vitesse est constante en NORME mais sa DIRECTION change en permanence, puisque la trajectoire est un cercle. Le mouvement n'est donc pas rectiligne, et le principe d'inertie impose une somme des forces non nulle : c'est l'attraction gravitationnelle exercée par la Terre, dirigée vers le centre de l'orbite. Confondre vitesse constante en norme et vecteur vitesse constant est l'erreur la plus fréquente sur cette loi.

e) Parce que la loi est fausse dans un référentiel non galiléen. Dans un train qui freine, un objet posé sur une tablette se met en mouvement vers l'avant alors qu'aucune force horizontale ne s'exerce sur lui : un observateur dans le train conclurait à tort que le principe d'inertie est violé. En réalité c'est le train qui décélère sous lui, et vu du sol, référentiel galiléen, l'objet continue simplement en ligne droite à vitesse constante, conformément à la loi. Le référentiel n'est donc pas un détail de rédaction : c'est la condition de validité de l'énoncé.

Exercice 3 : La loi de gravitation universelle

Deux corps ponctuels de masses mAm_{A} et mBm_{B} séparés d'une distance dd s'attirent avec une force de norme F=GmAmBd2F=G\dfrac{m_{A}m_{B}}{d^{2}}, où G=6,67×1011 Nm2kg2G=6{,}67\times 10^{-11}\ \mathrm{N\cdot m^{2}\cdot kg^{-2}}.

Données : masse de la Terre MT=5,97×1024 kgM_{T}=5{,}97\times 10^{24}\ \mathrm{kg}, masse de la Lune ML=7,35×1022 kgM_{L}=7{,}35\times 10^{22}\ \mathrm{kg}, distance Terre-Lune d=3,84×108 md=3{,}84\times 10^{8}\ \mathrm{m}, rayon terrestre RT=6,37×106 mR_{T}=6{,}37\times 10^{6}\ \mathrm{m}.

  • a) Calculez la force gravitationnelle exercée par la Terre sur la Lune.
  • b) Quelle est la force exercée par la Lune sur la Terre ? Justifiez sans calcul.
  • c) Représentez les deux forces sur un schéma et précisez leurs caractéristiques.
  • d) Calculez l'intensité du champ de pesanteur à la surface de la Terre par g=GMTRT2g=\dfrac{GM_{T}}{R_{T}^{2}}.
  • e) Montrez que le poids d'un corps de masse mm à la surface est bien la force gravitationnelle exercée par la Terre sur ce corps.
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a) F=6,67×1011×5,97×1024×7,35×1022(3,84×108)2=2,93×10371,47×1017=1,98×1020 NF=6{,}67\times 10^{-11}\times\dfrac{5{,}97\times 10^{24}\times 7{,}35\times 10^{22}}{\left(3{,}84\times 10^{8}\right)^{2}}=\dfrac{2{,}93\times 10^{37}}{1{,}47\times 10^{17}}=1{,}98\times 10^{20}\ \mathrm{N}.

b) Elle a exactement la même norme, 1,98×1020 N1{,}98\times 10^{20}\ \mathrm{N}, en vertu de la troisième loi de Newton, dite loi des actions réciproques. La formule le montre d'ailleurs directement : elle est symétrique en mAm_{A} et mBm_{B}. Le fait que la Terre soit 81 fois plus massive ne change rien à la force ; il change en revanche l'accélération que chacune subit.

c) Les deux forces ont même norme, même direction, celle de la droite joignant les centres des deux astres, et des sens opposés : chacune pointe vers l'autre corps, puisque la gravitation est toujours attractive. Elles s'appliquent en des points différents, les centres respectifs, ce qui est essentiel : elles ne se compensent donc pas, n'agissant pas sur le même système.

d) g=6,67×1011×5,97×1024(6,37×106)2=3,98×10144,06×1013=9,81 m/s2g=\dfrac{6{,}67\times 10^{-11}\times 5{,}97\times 10^{24}}{\left(6{,}37\times 10^{6}\right)^{2}}=\dfrac{3{,}98\times 10^{14}}{4{,}06\times 10^{13}}=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}, ce qui est bien la valeur usuelle.

e) La force gravitationnelle exercée par la Terre sur un corps de masse mm posé à sa surface vaut F=GMTmRT2=m×GMTRT2=mgF=G\dfrac{M_{T}m}{R_{T}^{2}}=m\times\dfrac{GM_{T}}{R_{T}^{2}}=mg. On reconnaît l'expression du poids. Le poids n'est donc pas une force d'une nature particulière : c'est le nom que l'on donne à l'attraction gravitationnelle terrestre, et le champ de pesanteur gg n'est que le champ gravitationnel de la Terre évalué à sa surface.

Exercice 4 : La loi de Coulomb

Deux charges ponctuelles qAq_{A} et qBq_{B} séparées d'une distance dd exercent l'une sur l'autre une force de norme F=kqAqBd2F=k\dfrac{\left|q_{A}q_{B}\right|}{d^{2}}, avec k=8,99×109 Nm2C2k=8{,}99\times 10^{9}\ \mathrm{N\cdot m^{2}\cdot C^{-2}}.

  • a) Calculez la force entre qA=+2,0 μCq_{A}=+2{,}0\ \mathrm{\mu C} et qB=3,0 μCq_{B}=-3{,}0\ \mathrm{\mu C} distantes de 15 cm15\ \mathrm{cm}, et précisez si elle est attractive ou répulsive.
  • b) Que devient cette force si l'on triple la distance ?
  • c) Que devient-elle si l'on double simultanément les deux charges, la distance restant celle de la question a) ?
  • d) Comparez la structure mathématique de la loi de Coulomb et de la loi de gravitation. Quelles sont les deux différences essentielles ?
  • e) Calculez l'intensité du champ électrostatique créé à 10 cm10\ \mathrm{cm} par une charge ponctuelle de 5,0 nC5{,}0\ \mathrm{nC}.
Voir la correction

a) F=8,99×109×2,0×106×3,0×1060,152=5,39×1022,25×102=2,40 NF=8{,}99\times 10^{9}\times\dfrac{2{,}0\times 10^{-6}\times 3{,}0\times 10^{-6}}{0{,}15^{2}}=\dfrac{5{,}39\times 10^{-2}}{2{,}25\times 10^{-2}}=2{,}40\ \mathrm{N}. Les charges étant de signes opposés, la force est attractive.

b) La force varie comme l'inverse du carré de la distance, donc tripler dd divise FF par 32=93^{2}=9 : elle vaut alors 0,266 N0{,}266\ \mathrm{N}.

c) Le produit des charges est multiplié par 2×2=42\times 2=4, donc la force est multipliée par 4 : elle vaut 9,59 N9{,}59\ \mathrm{N}.

d) Les deux lois ont la même structure : une constante multipliée par le produit de deux grandeurs caractéristiques des corps, divisé par le carré de la distance. Les deux différences essentielles sont d'abord le SIGNE : la gravitation est toujours attractive car les masses sont toujours positives, alors que la force électrique peut être attractive ou répulsive selon les signes des charges. Ensuite l'INTENSITÉ : la constante kk est environ vingt ordres de grandeur au-dessus de GG rapportée aux masses en jeu, ce qui rend la force électrique écrasante à l'échelle atomique, comme l'exercice 6 le chiffrera.

e) E=kqr2=8,99×109×5,0×1090,102=44,951,0×102=4,5×103 V/mE=k\dfrac{\left|q\right|}{r^{2}}=8{,}99\times 10^{9}\times\dfrac{5{,}0\times 10^{-9}}{0{,}10^{2}}=\dfrac{44{,}95}{1{,}0\times 10^{-2}}=4{,}5\times 10^{3}\ \mathrm{V/m}.

Exercice 5 : Champs et interactions fondamentales

Un champ associe à chaque point de l'espace une grandeur physique. Le champ de gravitation et le champ électrostatique sont deux champs vectoriels.

  • a) Citez les quatre interactions fondamentales et précisez leur portée respective.
  • b) Lesquelles sont responsables de la cohésion d'un noyau atomique ? Expliquez le conflit qui s'y joue.
  • c) Définissez le champ de gravitation créé par un corps de masse MM à la distance rr, puis le champ électrostatique créé par une charge qq.
  • d) Comment les lignes de champ d'une charge positive isolée sont-elles orientées ? Et pour une charge négative ?
  • e) Qu'est-ce qui distingue un champ uniforme d'un champ non uniforme ? Donnez un exemple de chacun.
Voir la correction

a) L'interaction GRAVITATIONNELLE, de portée infinie, toujours attractive. L'interaction ÉLECTROMAGNÉTIQUE, également de portée infinie, attractive ou répulsive. L'interaction FORTE, de portée très courte, de l'ordre du femtomètre, soit la taille d'un noyau. L'interaction FAIBLE, de portée plus courte encore, responsable de certaines désintégrations radioactives.

b) Les interactions forte et électromagnétique. Dans un noyau, les protons se repoussent violemment par répulsion électrostatique, puisqu'ils sont tous positifs et extrêmement proches. C'est l'interaction forte, attractive et bien plus intense à courte distance, qui les maintient assemblés. Le conflit est un rapport de portées : l'interaction forte cesse d'agir au-delà de quelques femtomètres alors que la répulsion électrique, elle, continue. C'est pourquoi les noyaux trop gros deviennent instables, la répulsion finissant par l'emporter, et pourquoi il n'existe pas d'élément stable au-delà du plomb.

c) Le champ de gravitation vaut G=GMr2\mathcal{G}=\dfrac{GM}{r^{2}}, dirigé vers le corps qui le crée, et il est tel que la force subie par une masse mm vaut F=mG\vec{F}=m\vec{\mathcal{G}}. Le champ électrostatique vaut E=kqr2E=\dfrac{k\left|q\right|}{r^{2}}, et la force subie par une charge qq' vaut F=qE\vec{F}=q'\vec{E}. Dans les deux cas, le champ décrit la propriété de l'espace indépendamment du corps qu'on y placera.

d) Pour une charge positive isolée, les lignes de champ sont des demi-droites radiales orientées vers l'extérieur, la charge étant une source : un autre corps positif y serait repoussé. Pour une charge négative, elles sont radiales mais orientées vers la charge, qui se comporte comme un puits. On retiendra que le champ électrique sort du positif et entre dans le négatif.

e) Un champ est uniforme lorsque son vecteur a la même direction, le même sens et la même norme en tout point de la région considérée ; ses lignes de champ sont alors des droites parallèles régulièrement espacées. Le champ entre les deux armatures planes d'un condensateur en est l'exemple type, de même que le champ de pesanteur à l'échelle d'une salle de classe. Un champ non uniforme varie d'un point à l'autre : c'est le cas du champ d'une charge ponctuelle, qui décroît en 1r2\dfrac{1}{r^{2}}, ou du champ de pesanteur à l'échelle de la Terre entière, dont la direction change avec la latitude.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Les deux forces dans l'atome d'hydrogène

Dans l'atome d'hydrogène, l'électron se trouve à une distance moyenne r=5,3×1011 mr=5{,}3\times 10^{-11}\ \mathrm{m} du proton.

On donne e=1,602×1019 Ce=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C}, mp=1,673×1027 kgm_{p}=1{,}673\times 10^{-27}\ \mathrm{kg} et me=9,109×1031 kgm_{e}=9{,}109\times 10^{-31}\ \mathrm{kg}.

  • a) Calculez la force électrostatique entre le proton et l'électron, et précisez son sens.
  • b) Calculez la force gravitationnelle entre ces deux mêmes particules.
  • c) Calculez le rapport de ces deux forces.
  • d) Que peut-on négliger dans l'étude d'un atome ? Justifiez à partir du rapport obtenu.
  • e) Pourtant, à l'échelle du système solaire, c'est la gravitation qui gouverne tout et non l'électromagnétisme, bien plus intense. Expliquez ce paradoxe apparent.
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a) Fe=ke2r2=8,99×109×(1,602×1019)2(5,3×1011)2=2,31×10282,81×1021=8,21×108 NF_{e}=k\dfrac{e^{2}}{r^{2}}=8{,}99\times 10^{9}\times\dfrac{\left(1{,}602\times 10^{-19}\right)^{2}}{\left(5{,}3\times 10^{-11}\right)^{2}}=\dfrac{2{,}31\times 10^{-28}}{2{,}81\times 10^{-21}}=8{,}21\times 10^{-8}\ \mathrm{N}. Les charges étant de signes opposés, la force est attractive.

b) Fg=Gmpmer2=6,67×1011×1,673×1027×9,109×10312,81×1021=3,62×1047 NF_{g}=G\dfrac{m_{p}m_{e}}{r^{2}}=6{,}67\times 10^{-11}\times\dfrac{1{,}673\times 10^{-27}\times 9{,}109\times 10^{-31}}{2{,}81\times 10^{-21}}=3{,}62\times 10^{-47}\ \mathrm{N}.

c) FeFg=8,21×1083,62×1047=2,3×1039\dfrac{F_{e}}{F_{g}}=\dfrac{8{,}21\times 10^{-8}}{3{,}62\times 10^{-47}}=2{,}3\times 10^{39}.

d) On peut négliger complètement la gravitation. Le rapport vaut 103910^{39}, un nombre sans équivalent en physique : la force gravitationnelle est plus petite que l'incertitude sur n'importe quelle mesure de la force électrique, de très loin. Toute la structure des atomes, des molécules et donc de la chimie entière est gouvernée par la seule interaction électromagnétique.

e) Parce que la matière ordinaire est électriquement NEUTRE. Les charges positives et négatives y sont présentes en nombres égaux, et leurs effets se compensent presque parfaitement à grande distance : la Terre et le Soleil, bien que constitués d'un nombre colossal de charges, n'exercent l'un sur l'autre pratiquement aucune force électrique. La masse, elle, ne se compense jamais puisqu'il n'existe pas de masse négative : toutes les contributions s'additionnent. Une interaction faible mais qui s'accumule finit donc par dominer une interaction intense mais qui s'annule. C'est la neutralité de la matière, et non l'intensité des interactions, qui décide de laquelle gouverne à chaque échelle.

Exercice 7 : Lire une variation de vitesse et remonter à la force

Une balle de masse m=0,15 kgm=0{,}15\ \mathrm{kg} est lancée. Le pointage donne deux vecteurs vitesse successifs, séparés de τ=0,16 s\tau=0{,}16\ \mathrm{s} : v1(3,0 ; 2,0)\vec{v_{1}}\,(3{,}0\ ;\ 2{,}0) et v2(3,0 ; 0,4)\vec{v_{2}}\,(3{,}0\ ;\ 0{,}4), en m/s\mathrm{m/s}.

La figure représente ces deux vecteurs tracés depuis une même origine, ainsi que leur différence.

12340.511.522.5v1v2Δvvx (m/s)vy (m/s)
  • a) Vérifiez sur la figure la construction de Δv\Delta\vec{v} et donnez ses coordonnées.
  • b) Calculez le vecteur accélération et sa norme.
  • c) En admettant que la somme des forces vaut mam\vec{a}, calculez la force subie par la balle et donnez sa direction.
  • d) Comparez cette force au poids de la balle. Que peut-on en conclure sur les frottements ?
  • e) Que vaudrait Δv\Delta\vec{v} si la balle était en chute libre depuis le début, avec la même durée τ\tau ? La composante horizontale de la vitesse serait-elle modifiée ?
Voir la correction

a) Sur la figure, Δv\Delta\vec{v} joint l'extrémité de v1\vec{v_{1}} à celle de v2\vec{v_{2}}. Comme les deux vecteurs ont la même composante horizontale, ce segment est vertical, dirigé vers le bas. Ses coordonnées sont (0 ; 1,6) m/s\left(0\ ;\ -1{,}6\right)\ \mathrm{m/s}.

b) a=Δvτ=(00,16 ; 1,60,16)=(0 ; 10) m/s2\vec{a}=\dfrac{\Delta\vec{v}}{\tau}=\left(\dfrac{0}{0{,}16}\ ;\ \dfrac{-1{,}6}{0{,}16}\right)=\left(0\ ;\ -10\right)\ \mathrm{m/s^{2}}, de norme 10 m/s210\ \mathrm{m/s^{2}}, verticale vers le bas.

c) F=ma=0,15×(0 ; 10)=(0 ; 1,5) N\vec{F}=m\vec{a}=0{,}15\times\left(0\ ;\ -10\right)=\left(0\ ;\ -1{,}5\right)\ \mathrm{N}, soit une force de 1,5 N1{,}5\ \mathrm{N} dirigée verticalement vers le bas.

d) Le poids vaut P=mg=0,15×9,81=1,47 NP=mg=0{,}15\times 9{,}81=1{,}47\ \mathrm{N}, également vertical vers le bas. La force trouvée, 1,5 N1{,}5\ \mathrm{N}, lui est égale à moins de 2 pour cent près, écart parfaitement compatible avec la précision d'un pointage. On en conclut que le poids est la seule force notable : les frottements de l'air sont négligeables à cette vitesse pour cet objet. C'est d'ailleurs cohérent avec la composante horizontale de la vitesse, qui reste rigoureusement constante à 3,0 m/s3{,}0\ \mathrm{m/s} : une force de frottement l'aurait freinée.

e) En chute libre, la seule force est le poids, donc a=g\vec{a}=\vec{g} et Δv=gτ=(0 ; 9,81×0,16)=(0 ; 1,57) m/s\Delta\vec{v}=\vec{g}\tau=\left(0\ ;\ -9{,}81\times 0{,}16\right)=\left(0\ ;\ -1{,}57\right)\ \mathrm{m/s}, ce qui est bien ce que l'on observe. La composante horizontale ne serait pas modifiée : le poids étant vertical, il n'a aucune composante horizontale et ne peut donc rien changer au mouvement horizontal. C'est exactement l'indépendance des deux mouvements, qui fait qu'une balle lancée horizontalement et une balle lâchée sans vitesse touchent le sol en même temps.

Exercice 8 : La pesanteur en altitude et le mythe de l'apesanteur

La Station spatiale internationale orbite à une altitude h=400 kmh=400\ \mathrm{km} au-dessus de la surface terrestre. On reprend MT=5,97×1024 kgM_{T}=5{,}97\times 10^{24}\ \mathrm{kg} et RT=6,37×106 mR_{T}=6{,}37\times 10^{6}\ \mathrm{m}.

  • a) Calculez l'intensité du champ de pesanteur à l'altitude de la Station.
  • b) Calculez le rapport de cette valeur à celle mesurée au sol. Exprimez-le en pourcentage.
  • c) Les astronautes flottent pourtant dans la Station. Expliquez ce phénomène sans invoquer une disparition de la gravité.
  • d) À quelle altitude le champ de pesanteur serait-il réduit de moitié par rapport au sol ?
  • e) Calculez le poids d'un astronaute de 75 kg75\ \mathrm{kg} à bord de la Station, et commentez le mot « apesanteur ».
Voir la correction

a) g(h)=GMT(RT+h)2=6,67×1011×5,97×1024(6,37×106+4,00×105)2=3,98×10144,58×1013=8,69 m/s2g(h)=\dfrac{GM_{T}}{\left(R_{T}+h\right)^{2}}=\dfrac{6{,}67\times 10^{-11}\times 5{,}97\times 10^{24}}{\left(6{,}37\times 10^{6}+4{,}00\times 10^{5}\right)^{2}}=\dfrac{3{,}98\times 10^{14}}{4{,}58\times 10^{13}}=8{,}69\ \mathrm{m/s^{2}}.

b) g(h)g0=8,699,81=0,885\dfrac{g(h)}{g_{0}}=\dfrac{8{,}69}{9{,}81}=0{,}885, soit 88,588{,}5 pour cent. La gravité terrestre est donc encore présente à près de 90 pour cent à cette altitude : elle n'a pratiquement pas diminué.

c) Parce que la Station ET les astronautes sont tous deux en chute libre autour de la Terre. Ils tombent en permanence vers le centre de la Terre, avec exactement la même accélération 8,69 m/s28{,}69\ \mathrm{m/s^{2}}, mais leur vitesse horizontale est telle qu'ils manquent la Terre indéfiniment : c'est cela, une orbite. Comme l'astronaute et le plancher tombent ensemble, le plancher n'exerce plus aucune force sur lui, et c'est cette absence de réaction du support, et non l'absence de gravité, qui donne la sensation de flotter. On observerait la même chose pendant la chute d'un ascenseur.

d) On cherche hh tel que GMT(RT+h)2=12GMTRT2\dfrac{GM_{T}}{\left(R_{T}+h\right)^{2}}=\dfrac{1}{2}\dfrac{GM_{T}}{R_{T}^{2}}, ce qui donne (RT+h)2=2RT2\left(R_{T}+h\right)^{2}=2R_{T}^{2}, soit RT+h=RT2R_{T}+h=R_{T}\sqrt{2} et h=RT(21)=6,37×106×0,414=2,64×106 mh=R_{T}\left(\sqrt{2}-1\right)=6{,}37\times 10^{6}\times 0{,}414=2{,}64\times 10^{6}\ \mathrm{m}, soit environ 2640 km2\,640\ \mathrm{km}. Il faut donc monter plus de six fois plus haut que la Station pour seulement diviser la pesanteur par deux.

e) P=mg(h)=75×8,69=652 NP=mg(h)=75\times 8{,}69=652\ \mathrm{N}, contre 736 N736\ \mathrm{N} au sol. L'astronaute pèse donc toujours près de 9090 pour cent de son poids terrestre. Le mot apesanteur est donc trompeur : il décrit une SENSATION, celle de ne plus être soutenu, et non une réalité physique. Le terme exact serait impesanteur, ou mieux, chute libre. C'est d'ailleurs pour cela que l'on parle de microgravité dans les publications scientifiques.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Un mouvement à vitesse constante en norme se fait forcément sans force. »
  • b) « La Terre attire la Lune plus fortement que la Lune n'attire la Terre, puisqu'elle est bien plus massive. »
  • c) « Les astronautes flottent dans la Station spatiale parce qu'il n'y a plus de gravité à cette altitude. »
  • d) « L'interaction électromagnétique étant bien plus intense que la gravitation, c'est elle qui gouverne le mouvement des planètes. »
Voir la correction

a) Faux. Le principe d'inertie exige que le VECTEUR vitesse soit constant, donc à la fois sa norme ET sa direction. Un satellite en orbite circulaire garde une vitesse constante en norme mais tourne en permanence : son vecteur vitesse change de direction à chaque instant, donc la somme des forces n'est pas nulle. C'est justement l'attraction terrestre qui courbe sa trajectoire. Uniforme et rectiligne sont deux conditions distinctes, et il faut les deux.

b) Faux, les deux forces ont rigoureusement la même norme, 1,98×1020 N1{,}98\times 10^{20}\ \mathrm{N} comme calculé à l'exercice 3. C'est la troisième loi de Newton, et la formule F=GmAmBd2F=G\dfrac{m_{A}m_{B}}{d^{2}} le montre immédiatement puisqu'elle est symétrique. Ce qui diffère, c'est l'ACCÉLÉRATION que chacun subit : à force égale, a=Fma=\dfrac{F}{m} est 81 fois plus petite pour la Terre que pour la Lune. C'est pourquoi on dit que la Lune tourne autour de la Terre, alors qu'en toute rigueur les deux tournent autour de leur centre de masse commun.

c) Faux, et le calcul de l'exercice 8 le réfute : à 400 km400\ \mathrm{km}, la pesanteur vaut encore 8,69 m/s28{,}69\ \mathrm{m/s^{2}}, soit 88,588{,}5 pour cent de sa valeur au sol. Il faudrait monter à 2640 km2\,640\ \mathrm{km} pour seulement la diviser par deux. Les astronautes flottent parce qu'ils sont en chute libre en même temps que leur vaisseau : rien ne les soutient, donc ils ne ressentent aucune réaction de support. La gravité, elle, est bien là, et c'est même elle qui les maintient en orbite.

d) Faux, et pourtant la prémisse est exacte : le rapport calculé à l'exercice 6 vaut 2,3×10392{,}3\times 10^{39} en faveur de l'électromagnétisme. L'erreur est d'oublier que la matière astronomique est électriquement NEUTRE. Les charges positives et négatives s'y compensent presque parfaitement, si bien que la force électrique résultante entre deux astres est négligeable. Les masses, elles, s'additionnent toujours sans jamais se compenser, faute de masse négative. À grande échelle, c'est donc la gravitation qui l'emporte, non par intensité mais par accumulation.

Exercice 10 : Une charge en équilibre dans un champ

Une petite sphère de masse m=2,0 gm=2{,}0\ \mathrm{g}, portant une charge q=+5,0 μCq=+5{,}0\ \mathrm{\mu C}, est suspendue à un fil isolant. On établit un champ électrostatique uniforme horizontal E\vec{E}, et le fil s'écarte alors de la verticale d'un angle α=20\alpha=20^{\circ}, la sphère restant immobile.

On prendra g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Faites le bilan des forces s'exerçant sur la sphère à l'équilibre.
  • b) Écrivez les deux équations traduisant l'équilibre, en projetant sur l'horizontale et sur la verticale.
  • c) Déduisez-en une relation entre tanα\tan\alpha, qq, EE, mm et gg, puis calculez EE.
  • d) Calculez la tension du fil.
  • e) On remplace la sphère par une autre de charge double mais de masse double également. L'angle change-t-il ? Justifiez.
Voir la correction

a) Trois forces : le poids P\vec{P}, vertical vers le bas, de norme mgmg ; la force électrique F=qE\vec{F}=q\vec{E}, horizontale, de norme qEqE et dirigée dans le sens de E\vec{E} puisque la charge est positive ; et la tension T\vec{T} du fil, dirigée selon le fil vers le point d'attache.

b) La sphère étant immobile, la somme des trois forces est nulle. En projetant sur l'horizontale : TsinαqE=0T\sin\alpha-qE=0. En projetant sur la verticale : Tcosαmg=0T\cos\alpha-mg=0.

c) En divisant membre à membre la première équation par la seconde, la tension inconnue disparaît : TsinαTcosα=qEmg\dfrac{T\sin\alpha}{T\cos\alpha}=\dfrac{qE}{mg}, soit tanα=qEmg\tan\alpha=\dfrac{qE}{mg}. On en tire E=mgtanαq=2,0×103×9,81×tan205,0×106=7,14×1035,0×106=1,4×103 V/mE=\dfrac{mg\tan\alpha}{q}=\dfrac{2{,}0\times 10^{-3}\times 9{,}81\times\tan 20^{\circ}}{5{,}0\times 10^{-6}}=\dfrac{7{,}14\times 10^{-3}}{5{,}0\times 10^{-6}}=1{,}4\times 10^{3}\ \mathrm{V/m}.

d) De la projection verticale, T=mgcosα=1,962×102cos20=1,962×1020,940=2,09×102 NT=\dfrac{mg}{\cos\alpha}=\dfrac{1{,}962\times 10^{-2}}{\cos 20^{\circ}}=\dfrac{1{,}962\times 10^{-2}}{0{,}940}=2{,}09\times 10^{-2}\ \mathrm{N}. On vérifie que T>mgT>mg, ce qui est attendu : le fil doit soutenir le poids ET s'opposer à la force électrique.

e) L'angle ne change pas. La relation tanα=qEmg\tan\alpha=\dfrac{qE}{mg} ne dépend que du RAPPORT de la charge à la masse. En doublant les deux, ce rapport est inchangé, donc tanα\tan\alpha aussi, et l'angle reste 2020^{\circ}. Seule la tension du fil double, puisqu'elle vaut mgcosα\dfrac{mg}{\cos\alpha}. C'est le même principe que pour la chute libre, où l'accélération ne dépend pas de la masse : dès qu'une force est proportionnelle à la grandeur qui mesure aussi l'inertie ou le poids, cette grandeur se simplifie.

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